Archive pour le Tag 'Bayrou'

Après Bayrou : vers une longue crise de régime

Après Bayrou : vers une longue crise de régime

Le passage de Bayrou comme premier ministre n’aura sans doute pas laissé une grande marque dans l’histoire politique mais ce départ marque vraisemblablement l’entrée du pays dans une crise de régime durable. Bayrou sera bien sûr remplacé comme l’ont été Barnier, Attal, Borne et Édouard Philippe. Mais le futur premier ministre sera soumis aux mêmes contraintes que Bayrou.

Des contraintes caractérisées par un extrême éclatement des forces politiques françaises et leur incapacité à dépasser leurs clivages pour former une majorité. Le futur premier ministre, comme Bayrou, comme les autres, ne disposera d’aucune majorité à l’assemblée. Il faudra faire du coup par coup pendant quelques mois et ce premier ministre sera lui aussi rapidement remercié.

L’hypothèse d’une dissolution de l’assemblée nationale ne résoudra rien. On risque vraisemblablement de retrouver les mêmes clivages à l’issue de nouvelles élections et donc l’immobilisme. Reste l’hypothèse d’un départ prématuré de l’actuel chef de l’État. Le problème c’est que le nouveau président risque d’être affronté à la même incapacité de s’appuyer sur une majorité cohérente…..et courageuse. En outre en précipitant la fin de Macron, le pays s’engage dans une voie d’instabilité durable. Inévitablement un nouveau chef de l’État rencontrera les mêmes problèmes pour constituer un soutien majoritaire cohérent à l’Assemblée nationale.

En outre, un départ avancé de Macron ouvrirait la porte à une pratique de limitation du mandat présidentiel en fonction de l’humeur du moment. En clair en l’état actuel des forces politiques, la Ve République est en train de devenir obsolète. L’impuissance du président, son incroyable impopularité, des premiers ministres éphémères avec une assemblée nationale éclatée et irresponsable constituent des caractéristiques de l’obsolescence constitutionnelle de la Ve République .

La situation se complique d’autant plus que les Français eux-mêmes montrent leur incapacité à comprendre les enjeux actuels notamment comme le risque de conflit militaire en Europe, le danger de l’ogre économique chinois, la montée des autoritarismes dans le monde, la mise en cause des valeurs républicaines et démocratiques, la place de l’immigration. Sans parler au plan socio-économique d’une perte de compétitivité dramatique et de finances publiques à la dérive.

Et de ce point de vue les Français portent aussi une grande responsabilité dans cette crise. Pour faire court, les Français ne sont d’accord que pour manifester des oppositions contradictoires. En cause en particulier une méconnaissance crasse de la problématique économique qui conditionne en grande partie le contexte social et financier.

Bayrou : un projet de budget déjà techniquement et politiquement obsolète

Bayrou : un projet de budget déjà techniquement et politiquement obsolète

Le seul intérêt du débat autour du projet de budget deux Bayrou aura sans doute été de favoriser une plus grande sensibilisation sur la situation assez dramatique des finances de la France. Pour le reste, on peut légitimement considérer que ce projet du Premier ministre est à la fois obsolète du point de vue technique et politique.

Sur le plan technique , les prévisions de recettes vont se révéler assez rapidement obsolètes. En effet les rentrées fiscales en dépit de la non révision des barèmes vont se montrer assez inférieures aux prévisions. En cause une croissance qui ne sera pas au rendez-vous. Au mieux il faut s’attendre à une stagnation de l’économie. On sait en effet que la consommation alimente surtout la croissance en France. Les salaires et les prestations sociales désindexées donc vont diminuer et affecter négativement la dynamique de l’activité économique donc aussi les ressources fiscales.

L’environnement international et les mesures douanières de Trump vont aussi constituer un environnement défavorable aux échanges et aux croissances internes. Le pouvoir d’achat des particuliers mais aussi des entreprises sera affecté par la hausse des droits de douane. Le problème des finances publiques de la France est double il s’agit de réduire des dépenses qui actuellement produisent un déficit annuel de leurs 150 milliards par an . D’où la nécessité d’emprunter pour boucher les trous avec une perspective de charge financière de 100 milliards d’ici 2030, soit le premier budget du pays. Les mesures Bayrou ( 43 milliards d’économies théoriques) sont loin d’être à la hauteur des enjeux.

Pour résumer il propose le blocage des salaires et des prestations sociales, la hausse des impôts sur le revenu provoqué par le figeage du barème et la suppression de deux jours fériés. Le très net tassement de la croissance voire sa régression vont venir peser négativement sur les dépenses sociales. Les incertitudes politiques par ailleurs vont encourager l’attentisme aussi bien dans le domaine des investissements que dans celui de la consommation.

Mais ce budget va surtout souffrir du climat politique délétère et n’a aucune chance d’être soutenu par une majorité dans une l’assemblée nationale complètement irresponsable. Pire une motion de censure paraît incontournable pour des motifs d’orientations tout autant que par vraie démagogie en perspective des prochaines élections municipales. Au final après plusieurs semaines de discussions assez inutiles, la France risque d’être condamnée à se passer de budget voté par l’Assemblée nationale. On devra alors se soumettre encore à une loi spéciale, vraie année blanche celle-là, qui ne va pas rassurer à l’intérieur du pays mais aussi qui ne va pas satisfaire les investisseurs extérieurs et notamment les prêteurs quant à la vraie volonté de réformer en profondeur et de manière durable la gestion financière du pays.

La France vit au-dessus de ses moyens depuis 30 à 50 ans, du fait d’une dépense incontrôlée; tout autant que par son insuffisance de production de richesses : de l’ordre de 15 % en moins par rapport aux voisins européens. Il faudrait aussi faire le lien avec les autres facteurs explicatifs du déclassement de la France comme par exemple l’écroulement du niveau scolaire et la dépréciation de la valeur travail.

Financement politique : Bayrou pour une “banque de la démocratie”

Financement politique : Bayrou pour une “banque de la démocratie”

Interrogé à propos de l’enquête concernant le financement du rassemblement national, François Bayrou a réitéré sa proposition de création d’une banque pour financer les partis politiques.

Sur LCI, François Bayrou s’est dit jeudi «déterminé à proposer la banque de la démocratie», qui pourrait selon lui être «adossée à la Caisse des dépôts et consignations». Une initiative qui doit permettre aux partis politiques de se financer. Cette banque, l’un des chevaux de bataille du premier ministre depuis longtemps, devra «prendre en charge le prêt que vous auriez obtenu autrement auprès de banques privées», a-t-il affirmé.

Déficits et budget: Bayrou veut des efforts de tous

Sur LCI, le Premier ministre a dressé les vagues contours des pistes pour réduire la dette publique, sans les dévoiler. L’objectif serait de ramener le déficit public à 4,6% du PIB d’ici 2026.

Le déficit est « à 5,8% » du produit intérieur brut, « nous allons cette année passer à 5,4% et l’année prochaine, (…) nous allons aller vers 4,6% », a-t-il affirmé, en soulignant que « le gouvernement va dire ce que sont les contraintes, les efforts nécessaires de tous mais sans dévoiler ses pistes.

Le Premier ministre a expliqué vouloir que « tout le monde participe » à l’effort d’économie d’environ 40 milliards d’euros pour le prochain budget. « Il peut y avoir ici ou là des efforts particuliers mais je ne crois pas que ce soit par l’impôt que l’on résout des problèmes de cet ordre », a-t-il ajouté, avançant la piste d’une réduction des « dépenses publiques », comme « certaines dépenses sociales », qui « devront être contrôlées ». « Si la prospérité venait des impôts, puisque nous avons les impôts les plus importants du monde, nous serions les plus riches du monde », a-t-il fini, en appelant au « bon sens ».

Sondage politique: Bayrou remonte !

Sondage politique: Bayrou remonte !

La cote de confiance du premier ministre remonte de quatre points pour s’établir à 18 %.

Curieusement l’accord de confiance du Premier ministre remonte. ; Peut-être la récompense de son immobilisme quand les propositions de redressement fusent de toutes parts et souvent de manière contradictoire. Sans parler de l’activisme maladif de Macron qui continue d’agacer.

BAROMÈTRE popularité. Macron et Bayrou toujours très bas

BAROMÈTRE popularité. Macron et Bayrou toujours très bas

Entre entre 70 et 80 % d’opinions défavorables pour les chefs de l’exécutif. Un désavœu qui explique largement l’immobilisme actuel.

Dans le baromètre mensuel Ipsos-Cesi école d’ingénieurs pour « La Tribune Dimanche », le Président enregistre toujours un fort taux d’opinions défavorables quand le Premier ministre poursuit sa chute.

Le Président enregistre 71% d’opinions défavorables, selon ce sondage Ipsos-Cesi, école d’ingénieurs pour La Tribune Dimanche, soit un point de plus qu’en avril.

Le Premier ministre enregistre 20% d’opinions favorables, soit quatre points de moins qu’en avril.

Affaire Betharram : Bayrou très offensif surtout vis-à-vis de LFI

Affaire Betharram : Bayrou très offensif surtout vis-à-vis de LFI

Un premier ministre cette fois très percutant et qui a mis en cause l’instrumentalisation politique de cette affaire. Le Premier ministre n’a pas hésité à attaquer plusieurs personnes pour se défendre au cours de l’audition. Il a directement mis en cause le travail de cette commission d’enquête parlementaire notamment les représentants de LFI.

François Bayrou a fortement accusé le co-rapporteur Paul Vannier de « déformer la réalité à chaque intervention » de ses propos. Le Premier ministre a insisté que « (s)a version n’a pas varié » et que les « affirmations » du député insoumis « sont biaisées ». « Je ne laisserai pas prospérer la méthode du rapporter », s’est défendu François Bayrou. Plus tard, le Premier ministre a encore accusé Paul Vannier d’avoir mené une « campagne » l’ayant « ciblé » pour le « détruire ».

À plusieurs reprises, le chef du gouvernement a attaqué les propos de Françoise Gullung, ex-professeure dans les années 1990 et lanceuse d’alerte dans cette affaire. François Bayrou s’est dit « sali » par « les affabulations sous serment » de son témoignage devant cette commission d’enquête. Françoise Gullung avait décrit une scène mettant en cause Élisabeth Bayrou, l’épouse de François Bayrou, qui y enseignait le catéchisme.

Enfin, le Premier ministre a attaqué Médiapart, alors que la commission s’est basée sur plusieurs enquêtes du média. Une méthode décriée par François Bayrou, dénonçant « des informations biaisées ». Le Premier ministre a dénoncé une « méthode qui consiste à édifier Mediapart en autorité de la République ».

« Je ne lis pas Mediapart, c’est une hygiène personnelle, vous, vous en faites la Bible et les prophètes! », a argumenté François Bayrou.

Vers la fin de son propos, François Bayrou a considéré que cette audition a pour but de « le coincer pour l’obliger à démissionner ».
« Il s’agissait d’une chose, pardon de parler un peu trivialement, il s’agissait de me coincer pour m’obliger à démissionner », a déploré le chef du gouvernement.

« Je suis l’accusé dans cette affaire? Je vous ai entendu dire dix fois ‘nous ne sommes pas un tribunal’. Vous vous comportez comment là? Vous essayez de nourrir un scandale avec des méthodes (…) grossières et faibles », a aussi déploré François Bayrou, en s’adressant à Paul Vannier.

Budget : Macron fusille le projet le référendum de Bayrou

Budget : Macon fusille le projet le référendum de Bayrou

Par avance Macon a déjà fusillé le projet de référendum de Bayrou sur le budget. Deux raisons à cela d’abord cette idée ne vient pas de l’Élysée ! Ensuite la faisabilité d’une telle consultation est très douteuse. Enfin ce référendum risque de se transformer en consultation pour condamner le pouvoir en place a commencer par le président de la république qui parle souvent de référendum mais n’en décide jamais.

Emmanuel Macron estime donc qu’il est « difficile » à ce stade de se prononcer sur l’idée d’un référendum avancée par le premier ministre François Bayrou pour faire adopter un «plan d’ensemble» sur la réduction des déficits et de la dette, a indiqué dimanche un proche du président. «Le premier ministre évoque un plan de réformes et d’économies et il est difficile de dire quoi que ce soit tant que ce plan n’est pas présenté», a dit ce proche à l’AFP.

Le premier ministre François Bayrou a évoqué la possibilité de tenir un référendum sur «un plan cohérent, avec des propositions claires, lisibles» visant à réduire les déficits et la dette, dans un entretien au Journal du Dimanche (JDD). «C’est un plan d’ensemble que je veux soumettre, il demandera des efforts à tout le monde, et par l’ampleur qui doit être la sienne, il ne peut réussir si le peuple français ne le soutient pas», a-t-il déclaré.

40 milliards d’euros à trouver pour respecter ses objectifs
François Bayrou, qui a prévenu Emmanuel Macron de sa proposition, a rappelé que la tenue d’un référendum était une prérogative du chef de l’État. «Le gouvernement propose, le président décide. Mais la question de l’adhésion des Français aux réformes est bien la question centrale», a-t-il dit.

Le gouvernement de François Bayrou, qui est parvenu à faire adopter les budgets 2025 de l’État et de la sécurité sociale en début d’année, en échappant à une série de motions de censure, est désormais engagé dans la préparation du budget pour 2026. Il estime qu’il lui faut trouver 40 milliards d’euros pour respecter ses objectifs de réduction du déficit public, et entend présenter ses propositions pour le budget 2026 d’ici au 14 juillet.

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Un référendum sur le budget ! ou l’illusion démocratique (Bayrou)

Un référendum sur le budget ! ou l’illusion démocratique (Bayrou)

Quand le pouvoir politique n’a plus ni courage et ou ni d’idées, il sollicite une nouvelle fois l’hypothèse d’un référendum. Il est évident que la complexité de la problématique budgétaire rendrait impossible toute consultation. En outre la question tournerait vite autour de « voulez-vous ou non des impôts supplémentaires ? » Bref, il y aurait vite un détournement de consultation. C’est pourtant ce qu’envisage ce premier ministre réduit à l’immobilisme presque total faute de soutien politique.

Cette affaire de nouveau référendum d’une certaine manière ressemble aussi à l’autre consultation envisagée par Macron sur les horaires scolaires. Le procédé marque de courage évident. En plus une arnaque politique car ces référendums ne se dérouleront pas; ils tourneraient vite à une consultation pour ou contre le pouvoir en place.

En multipliant les pseudos initiatives de référendum et autres conventions citoyennes, le pouvoir politique discrédite en même temps la démocratie représentative. Le travail des élus est de proposer avant les élections et de décider ensuite et non de tourner autour du pot en envisageant une démocratie directe impossible et dangereuse.

Le Premier ministre François Bayrou a pourtant évoqué la possibilité de tenir un référendum sur «un plan cohérent, avec des propositions claires, lisibles» visant à réduire les déficits et la dette, dans un entretien au Journal du Dimanche (JDD) mis en ligne samedi soir.

«C’est un plan d’ensemble que je veux soumettre, il demandera des efforts à tout le monde, et par l’ampleur qui doit être la sienne, il ne peut réussir si le peuple français ne le soutient pas», a-t-il déclaré, tout en rappelant qu’«un référendum ne peut être décidé que par le président de la République». «Le gouvernement propose, le président décide. Mais la question de l’adhésion des Français aux réformes est bien la question centrale», a-t-il poursuivi.

Sondage popularité : Bayrou à 14 % !

Sondage popularité : Bayrou à 14 % !

À 14%, Bayrou bat tous les records d’impopularité
. Pour gagner du temps le premier ministre actuel choisit la stratégie de l’immobilisme. Ce que lui reprochent la plupart des tendances de l’opinion.

Avec un tel score évidemment le premier ministre ne joue plus les fusibles. Le problème c’est que le président n’envisage pas de dissoudre ce gouvernement pas plus que l’Assemblée nationale faute de majorité possible. Bref la France s’enfonce dans le ventre mou de l’attentisme alors que l’activité économique ralentit et frôle désormais la stagnation. ( 0,1 % de croissance du pib au premier trimestre.

Sondage popularité : Bayrou encore encore en baisse

Sondage popularité : Bayrou encore encore en baisse


Dans le dernier baromètre réalisé par l’institut de sondages et l’école d’ingénieurs Cesi pour La Tribune Dimanche, le Premier ministre s’enfonce un peu plus dans l’impopularité avec seulement 24 % d’avis favorables.

Parmi les personnes interrogées, 67 % expriment un avis défavorable à son endroit, soit 3 points de plus qu’en mars, et seuls 24 % un avis favorable. Phénomène plus alarmant encore pour le centriste : il chute essentiellement chez les sympathisants de son fragile socle parlementaire, à savoir ceux de Renaissance, du MoDem, d’Horizons et des Républicains.

Bayrou : l’immobilisme pour durer ?

Bayrou : l’immobilisme pour durer ?

En dépassant les 100 jours à Matignon, François Bayrou a brisé la malédiction qui pesait sur les premiers ministres d’Emmanuel Macron, dont chaque chef de gouvernement restait en poste moins de temps que le précédent. S’il a d’ores et déjà tenu plus longtemps que Michel Barnier et survécu à l’adoption du budget, François Bayrou reste dans une position précaire : faute d’un contrat de gouvernement dans sa coalition et d’un vrai accord de non-censure avec une partie de l’opposition, la seule façon – temporaire – d’échapper à l’instabilité semble l’immobilisme. La formule politique adaptée à l’absence de majorité n’est pas encore née.

par Damien Lecomte
Docteur en sciences politiques, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne dans The Conversation

François Bayrou a surmonté l’épreuve budgétaire avec succès : les motions de censure n’ont été votées ni par le RN, incontournable pour renverser le gouvernement, ni par les socialistes, fracturant le NFP. Et celle déposée par le PS pour exprimer son désaccord sur la « submersion migratoire » n’avait aucune chance d’être votée par les députés d’extrême droite. Le plus dur de l’affaire Bétharram semble, pour l’instant, derrière lui. Néanmoins, l’Assemblée nationale paraît désormais tourner à vide et le gouvernement piégé dans une cacophonie paralysante.

Le régime politique français est coincé dans un entre-deux. La vieille Ve République est en train de mourir, la nouvelle tarde à naître, et dans ce clair-obscur… on s’ennuie ferme.

Un calendrier parlementaire dévitalisé
Le gouvernement use de sa maîtrise de l’agenda pour éviter les sujets politiques les plus clivants, susceptibles de réunir les groupes d’opposition contre lui. Résultat : un calendrier parlementaire occupé par de nombreux textes modestes et sectoriels : interdire la discrimination des salariés engagés dans un projet d’adoption ou de PMA, affirmer l’importance du parcours inclusif des élèves handicapés, créer la notion d’homicide routier pour lutter contre les violences routières, préserver les droits des victimes dépositaires de plaintes classées sans suite.

D’où l’impression tenace de « flottement » qui pèse sur le Parlement et sur le gouvernement, dans une conjoncture internationale qui redonne, en revanche, de la visibilité au président de la République. Le « programme de travail » dégainé par le premier ministre, pour démentir les accusations d’inaction, peine à sortir du flou.

Renvoyer aux partenaires sociaux le dossier si sensible des retraites permet à François Bayrou, en valorisant la démocratie sociale, de se délester en partie d’une décision forcément risquée. Mais dès lors que le premier ministre s’avance un tant soit peu sur les prochaines conclusions du « conclave », il prend le risque de donner, tant au PS qu’au RN, des raisons de le censurer.

Faute d’un accord solide de non-censure avec l’un ou l’autre, le gouvernement est contraint de naviguer à vue. Il ne peut cependant repousser indéfiniment le moment de vérité que seront les discussions budgétaires pour 2026. Il n’aura pas cette fois-ci l’avantage de l’urgence créée par une précédente censure, et ses talents de négociateurs seront mis à l’épreuve.

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Le premier ministre peut encore placer ses espoirs dans les intérêts des uns et des autres à éviter une crise politique à court terme, surtout une fois que le droit de dissolution sera de nouveau disponible à partir de juillet prochain. Le PS est pour l’heure occupé par son propre congrès, et ses relations distendues avec le NFP peuvent l’inciter à traiter le risque de dissolution avec une certaine prudence. Le RN reste en quête de respectabilité et si Marine Le Pen place ses maigres espoirs de retrouver son éligibilité dans une décision rapide de la Cour d’appel, des élections anticipées la desserviraient.

François Bayrou continue néanmoins de ménager les susceptibilités du parti d’extrême droite et de sa cheffe. D’où sa position d’équilibriste sur la condamnation judiciaire de Marine Le Pen, critiquée jusqu’au sein de sa propre base parlementaire.

Un gouvernement indiscipliné et une coalition désorientée
La situation de François Bayrou est d’autant plus précaire que sa propre coalition reste fragile et dissonante. Le « socle commun » inventé par Michel Barnier n’a jamais pris le temps de mettre au clair ce qu’il avait en commun, en dehors de sa volonté d’empêcher le NFP et le RN de prendre le pouvoir. Cette « coalition des perdants » ne s’appuie pas sur un contrat formalisé de gouvernement ; ses contradictions internes limitent d’autant plus ses capacités à trouver des accords avec les groupes d’opposition.

Au sein même du « bloc central », le premier ministre, président du MoDem, fait face à la rivalité des chefs des deux autres partis qui le composent, candidats potentiels à la succession d’Emmanuel Macron : Gabriel Attal, désormais secrétaire général de Renaissance, et Édouard Philippe, fondateur du parti Horizons, qui a ouvertement exprimé son scepticisme quant à la capacité du gouvernement de sortir de l’inaction.

Mais la principale difficulté reste le mariage de raison avec Les Républicains, eux-mêmes déchirés par la rivalité entre leur principal ministre, Bruno Retailleau, et le président du groupe à l’Assemblée nationale Laurent Wauquiez. Les différences d’approche entre les centristes et les conservateurs sont susceptibles de bloquer certains dossiers, et d’abord la réforme du mode de scrutin. L’adoption d’une représentation proportionnelle est voulue par François Bayrou, mais la droite y est très hostile. Les atermoiements et les ambivalences du premier ministre sur l’interdiction du voile dans le sport illustrent cette tension entre l’aile conservatrice et l’aile plus libérale de la coalition gouvernementale.

Lors de la constitution du gouvernement Bayrou, l’entrée ou le maintien de « poids lourds » de la vie politique était un choix affirmé du premier ministre. Mais celui-ci se retrouve débordé par les fortes personnalités qui composent son équipe et qui suivent leurs propres agendas ; il peine à déterminer le bon équilibre entre la liberté de parole inédite concédée à ses ministres et le minimum de solidarité gouvernementale à exiger. La question du voile révèle notamment une ligne de facture entre la numéro deux du gouvernement, Élisabeth Borne, plus modérée, et les trois ministres suivants dans l’ordre protocolaire, le trio Valls-Retailleau-Darmanin, sur une ligne plus dure.

La nouvelle République n’est pas encore née
Après soixante années de domination du fait majoritaire (1962-2022), le plus souvent autour du président, notre régime connaît la plus grande fragmentation parlementaire de son histoire. L’absence de majorité n’est-elle qu’une parenthèse que refermeront les prochaines élections ? ou la Ve République est-elle entrée dans une phase nouvelle et durable ? Dans cette hypothèse, d’autres pratiques seraient nécessaires pour ne pas osciller en permanence de l’instabilité à l’immobilisme. De vraies discussions de fond entre les forces politiques parlementaires, au sein du « Front républicain » sorti vainqueur des législatives, pour un contrat de législature même minimal, aurait été la condition pour éviter la paralysie.

La plupart des régimes parlementaires européens ont l’habitude des négociations entre partis et des coalitions post-électorales. La centralité de l’élection présidentielle et le scrutin majoritaire des législatives freinent l’adaptation de la France à la culture du compromis et de la délibération parlementaire. Le régime semble piégé dans une phase de transition, où les passages en force du gouvernement ne sont plus aussi faciles – comme l’a montré la censure de Michel Barnier –, mais où les discussions interpartisanes peinent à être productives. D’où un gouvernement qui paraît condamné à faire le dos rond en évitant les sujets qui fâchent. La stratégie d’évitement ne peut toutefois fonctionner que pendant un temps. Si le morcellement politique devait devenir la norme, l’adaptation à la délibération parlementaire deviendrait indispensable.

Vers la fin rapide de Bayrou ?

Vers la fin rapide de Bayrou ?

Près de quatre mois après sa nomination à Matignon, le premier ministre inquiète à force de pratiquer le refus d’obstacle. Revenu de tout et ne se faisant d’illusions sur personne, il dispose cependant de quelques cartes pour trouver un chemin, estime dans sa chronique Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».

Mal-aimé, mal compris, de moins en moins respecté. Cette accumulation de « mal » et de « moins » à propos de François Bayrou, qui a une haute conscience de sa valeur et réfléchit depuis des années au destin du pays, interpelle. Les Français, de plus en plus critiques, ne comprennent pas ce que le premier ministre a en tête ni où il veut les conduire. Son parti, le MoDem, a du mal à le suivre, notamment quand, à rebours de la réserve attendue, il émet, en tant que citoyen, des doutes sur l’inéligibilité immédiate qui a frappé Marine Le Pen dans le cadre du procès en première instance des assistants du Front national (devenu Rassemblement national) au Parlement européen.

Au sein du couple exécutif, l’Elysée a repris l’ascendant et exerce une pression visible sur celui qui est soupçonné de procrastiner, alors que la foudre trumpiste s’est abattue sur la France et l’Europe. Financement des dépenses militaires, consolidation du modèle social, reconstruction de la souveraineté…, tout est à repenser, alors que le pays, surendetté, doit honorer des remboursements de plus en plus lourds qui obèrent ses marges de manœuvre. Or, rien de substantiel n’est encore sorti des cartons de Matignon ni de l’ordre du jour du Parlement.

Tous ceux qui, dans le bloc central, rêvent d’un destin présidentiel le soulignent en moquant l’enlisement qui menace Matignon. Tous actionnent, par contraste, la figure du sauveur bonapartiste qui, le moment venu, n’aura pas la main qui tremble. Ainsi d’Edouard Philippe, qui, lors d’un congrès de son parti Horizons, a annoncé, le 16 mars, que s’il remportait l’élection présidentielle, il organiserait dans la foulée deux référendums, pour modifier le système des retraites et réorganiser administrativement le pays, et utiliserait les ordonnances pour réformer la justice, l’éducation et la santé.

Indifférent à la pression, François Bayrou fait du François Bayrou. Il ne parle que pour s’acheter du temps, comme il l’a encore fait, le 6 avril, dans Le Parisien Dimanche : trois longues pages d’explications et de justifications, dans lesquelles il met notamment en avant le choc économique induit par le relèvement des droits de douane, alerte sur l’effet récessif que le coup de force de Donald Trump risque de produire, mais sans les assortir d’annonce particulière. A l’entendre, les Français ont à peine pris conscience de l’effort qu’ils vont devoir consentir face à l’ampleur de la catastrophe mondiale en train de se produire.

Sondage politique : Bayrou encore en baisse

Sondage politique : Bayrou encore en baisse

D’après un sondage Odoxa pour la chaîne Public Sénat et la presse quotidienne régionale François Bayrou a perdu sept points depuis sa nomination en décembre.

Emmanuel Macron est un bon président pour 29% des Français, une hausse de 4 points en un mois, tandis que François Bayrou recule à nouveau (23%, -4) et que Marine Le Pen devance Édouard Philippe dans le classement des cotes d’adhésion d’un sondage Odoxa publié lundi.

Par ailleurs, dans le classement des cotes d’adhésion, Marine Le Pen (37%), en hausse de 4 points en février, dépasse «symboliquement» l’ancien Premier ministre Édouard Philippe (36%), qui occupait la tête depuis son départ de Matignon en 2020.

Le président du Rassemblement national Jordan Bardella est troisième (35%) devant l’ancien Premier ministre Gabriel Attal (34%) et le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (33%).

Par ailleurs, à la question: «entre Jordan Bardella et Marine Le Pen qui appréciez-vous le plus, ou, à défaut, qui rejetez-vous le moins ?», 31% des Français optent pour le président du RN contre 16% pour la triple candidate à l’élection présidentielle. Proportion identique parmi les sympathisants du RN (60% pour M. Bardella contre 32% pour Mme Le Pen).

Sondage réalisé par internet les 26 et 27 mars auprès d’un échantillon de 1.005 Français représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur entre 2,5 et 3 points.

Sondage François Bayrou: Près de 80 % des Français mécontents

Sondage François Bayrou: Près de 80 % des Français mécontents


Près de 80 % des Français sont mécontents du premier ministre. Il est clair que François Bayrou n’a pas accédé à la responsabilité de premier ministre dans les meilleures conditions faute de majorité à l’Assemblée nationale. Mais force est de constater qu’après trois mois de pouvoir il n’a guère donné des raisons d’espérer à l’opinion publique du fait de ses différentes contradictions, de ses hésitations voire de son immobilisme.

Tout semble indiquer maintenant que le sort de François Bayrou pourrait être scellé par une prochaine motion de censure au plus tard au moment de la dissolution de l’assemblée. Sans doute même avant si François Bayrou se montre toujours aussi ambigu et inefficace. Voir notamment à cet égard l’affaire de la réforme des retraites qui mécontente une large majorité de Français

Selon la dernière enquête Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro, 81% des Français expriment leur déception face au bilan du premier ministre et 57% se disent favorables à une censure.

«Jamais un chef de gouvernement n’aura été aussi fragilisé aussi rapidement», avance Céline Bracq, directrice générale d’Odoxa. Laquelle pointe un premier ministre à la fois «majoritairement rejeté dans l’opinion» et «marginalisé au sein même de la majorité présidentielle», où…

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