Archive pour le Tag 'banque'

Nouvelle-Zélande : attaque informatique de la Banque centrale

Nouvelle-Zélande : attaque informatique de la Banque centrale

 

Une attaque très grave de la Banque centrale de Nouvelle-Zélande par des pirates informatiques aujourd’hui encore non identifiés. On pense évidemment au service d’espionnage russe ou chinois. L’objectif est souvent de déstabiliser les économies et la démocratie des pays visés. L’Australie par exemple subit de nombreuses attaques de la part des Chinois quant à la Russie elle attaque un peu tous azimuts.  Il serait temps que l’ONU se préoccupe de ces piratages et mette  en place des mesures de contrôle et de répression. Pour l’instant cette question centrale n’est même pas à l’ordre du jour.

 

Un service tiers de partage de fichiers utilisé par la banque centrale pour partager et stocker certaines informations sensibles a fait l’objet d’un accès illégal, a indiqué la banque dans un communiqué.

Le gouverneur de la RBNZ, Adrian Orr, a déclaré que la violation avait été contenue, mais a ajouté qu’il faudrait du temps pour comprendre toutes les implications de cette violation.

« La nature et l’étendue des informations potentiellement accessibles sont encore en cours de détermination, mais elles peuvent inclure des informations commercialement et personnellement sensibles », a déclaré Orr dans un communiqué.

En août, l’opérateur de la bourse néo-zélandaise a été touché par des cyberattaques. InPhySec, une société de cybersécurité indépendante chargée d’examiner les cyberattaques, a déclaré que le volume, la sophistication et la persistance des attaques étaient sans précédent pour la Nouvelle-Zélande.

Dans un rapport sur la stabilité financière de novembre 2019, la RBNZ a averti que la fréquence et la gravité des incidents de cybersécurité étaient à la hausse en Nouvelle-Zélande.

En février de l’année dernière, la banque a déclaré dans un rapport que le coût attendu des cyberincidents pour le secteur bancaire et des assurances se situait entre 80 millions de NZD (58 millions de dollars) et 140 millions de NZD par an.

«Des événements plus extrêmes ont une faible probabilité mais sont toujours plausibles», a déclaré la banque dans ce rapport.

Stabilité financière : pour la Banque de France, tout va bien….. pour l’instant !

Stabilité financière : pour la Banque de France, tout va bien….. pour l’instant !

 

La Banque de France, évidemment sous tutelle de l’État, se veut rassurante quant au risque financier qui pourrait découler de non-remboursement de crédits accordés. La Banque de France diffuse donc un air d’optimisme mais en prenant de solides précautions oratoires pour ne pas évacuer une vague d’insolvabilité.

 « Selon la durée de la crise sanitaire, nous avons des situations actuellement sous contrôle qui pourraient passer à des situations d’insolvabilité », note Sylvie Goulard, sous-gouverneure de la Banque de France. Mais, à la fin de l’année 2020, la matrice des risques apparaît globalement stable d’un semestre à l’autre.

 

Sans surprise, le principal point d’inquiétude concerne la hausse de l’endettement brut des sociétés non financières, en partie liée aux mesures de soutien des pouvoirs publics. La dette brute des entreprises a augmenté de 175 milliards d’euros entre mars et septembre 2020 (soit 2,5 fois plus vite que sur la même période en 2019), dont 121 milliards pour les seuls prêts garantis par l’Etat (PGE), .

Le prêt garanti par l’Etat est un prêt de trésorerie d’un an. Ce prêt de trésorerie pourra couvrir jusqu’à trois mois de chiffre d’affaires, soit un quart du chiffre d’affaires annuel. « Ce dispositif s’inscrit dans le pont aérien de cash que nous avons déployé pour que l’entrepreneur puisse avoir, en prêt, l’équivalent de trois mois de chiffre d’affaires, qu’il n’a pas pu réaliser », résume Nicolas Dufourcq, le patron de Bpifrance. Les entreprises souhaitant emprunter moins que trois mois de chiffre d’affaires en auront la possibilité.

Pour les jeunes pousses innovantes, qui n’ont souvent pas, ou très peu, de chiffre d’affaires, un autre critère est retenu. Le prêt pourra ainsi couvrir jusqu’à deux années de masse salariale, hors cotisations patronales. « Les start-up ne sont pas les oubliées du système », a ainsi souligné Nicolas Dufourcq. Ce plafond est également retenu pour les entreprises créées depuis le 1er janvier 2019.

Le prêt bénéficie d’une garantie de l’Etat à hauteur de 70 à 90%, selon la taille de l’entreprise. Les banques conservent ainsi une part du risque associé, mais celle-ci est minimisée pour les inciter à prêter. Dans les détails, les entreprises ayant moins de 5.000 salariés et faisant moins de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires bénéficieront d’une garantie de l’Etat de 90%.

Celles qui comptent plus de 5.000 salariés et qui réalisent plus d’1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires pourront bénéficier d’une garantie publique de 80%. Ce pourcentage descend à 70% pour les entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur à 5 milliards d’euros. La garantie est donc plus faible pour les plus grandes entreprises.

Le système se veut le plus accommodant possible pour les entreprises. Aucun remboursement ne sera exigé la première année. Ensuite, l’entreprise pourra décider, à l’issue des douze premiers mois, d’amortir le prêt sur une durée de 1, 2, 3, 4 ou 5 années supplémentaires. « Pas question de créer un autre mur pour l’entreprise », a souligné Sébastien Raspiller, à la direction générale du Trésor.

États-Unis : la banque centrale très accommodante jusqu’à la reprise économique

États-Unis : la banque centrale très accommodante jusqu’à la reprise économique

 

La banque centrale américaine (Fed) a indiqué qu’elle déverserait toutes les liquidités nécessaires tant que la reprise ne sera pas solide. Par exemple les taux des fonds fédéraux seront maintenus à zéro. Par ailleurs, la banque va continuer sa politique de rachat massif de titres.

Les achats de titres réalisés par la banque centrale se poursuivront donc au rythme actuel de 120 milliards de dollars (99 milliards d’euros) par mois “jusqu’à ce que des progrès supplémentaires substantiels aient été accomplis vers les objectifs de plein emploi et de stabilité des prix” qu’elle s’est fixés, explique-t-elle dans un communiqué adopté à l’unanimité.

La Fed compte sur une reprise de la croissance à hauteur de 4 % environ en 2021.

La Fed a annoncé ses décisions alors que le Congrès semblait se rapprocher d’un compromis sur un plan de relance économique de 900 milliards de dollars, jugé indispensable par beaucoup d’observateurs pour pallier l’expiration le 26 décembre de plusieurs dispositifs exceptionnels d’indemnisation du chômage.

Jerome Powell a jugé que le rythme de la reprise restait trop lent et rappelé que le nombre d’Américains qui occupent un emploi ou qui en cherchent un était toujours inférieur à son niveau d’avant la crise sanitaire.

Un risque d’inflation post-Covid (Banque d’Angleterre)

Un risque d’inflation post-Covid (Banque d’Angleterre)

 

Alors que la problématique de gestion de la dette immense du coronavirus  est posée, la question semble pour l’instant mise sous le tapis. Certains osent quand même prédire qu’une telle dette ne pourra être amortie que sur une période très longue de 20 à 25 ans.

D’autres comme l’Italie demandent  l’annulation pure et simple ! Une position que même la France ne défend pas. La vérité sans doute, c’est  que comme lors de toute crise de cette nature avec la reprise économique, l’inflation va reprendre de la force en même temps que les taux d’intérêt provoquant vraisemblablement une dévaluation de fait des monnaies. Sans parler de l’hypothèse d’un éclatement du système financier.

D’où cet appel de la banque d’Angleterre pour une surveillance toute particulière de l’inflation après la reprise économique. “Quand la reprise économique va gagner en vitesse l’an prochain, il sera important que les banques centrales restent concentrées sur leur mandat visant à garantir la stabilité des prix sur le moyen terme”, a-t-il dit dans un discours prononcé sur internet pour l’University College de Londres.

L’appel aura des difficultés à être entendu surtout si la fragilité du système bancaire est mis en cause par la montagne d’actifs pourris qui restera après la vague de faillites.

Creval (banque italienne) : rachat par le Crédit Agricole ?

Creval (banque italienne) : rachat par le Crédit Agricole ?

Cette fois il semble bien que le crédit agricole réussira à racheter une banque italienne. L’affaire n’est pas encore réussie mais le principe semble acquis. Reste à se mettre d’accord sur le prix Crédit Agricole Italia, filiale à 75,6% de Crédit Agricole, propose Creval  10,50 euros par action, soit une prime de 21,4% par rapport au dernier cours officiel de Creval.

L’action Creval s’échangeait à 11,40 euros (+0,46%) à 15h35 GMT à la Bourse de Milan, ce qui pourrait donner à penser que le marché mise sur un relèvement de l’offre.

“Il y aura une résistance ferme de Creval jusqu’à ce qu’un meilleur prix soit trouvé”, a déclaré l’une des sources.

Elle a ajouté que le prix était trop bas au regard des incitations fiscales mises en place par le gouvernement pour encourager une fusion des banques.

Le conseil d’administration de Creval s’est réuni mercredi pour discuter de l’OPA de la filiale de la banque verte, considérée comme “inattendue et sans accord préalable”.

L’administrateur délégué de Crédit Agricole Italia, Giampiero Maioli, estime cependant que l’offre de la deuxième banque française est amicale.

Creval est entré dans le viseur de Crédit agricole après l’échec des discussions en vue d’un rapprochement avec Banco BPM, la troisième banque italienne, dont les actifs sont évalués à 187 milliards d’euros contre 24 milliards pour la banque lombarde.

La banque centrale incite les gouvernements à prolonger sur l’année 2021 les mesures prises en 2020.

 La banque centrale incite les gouvernements à prolonger sur l’année 2021 les mesures prises en 2020.

 

Faute de cela la croissance dans l’union économique pourrait perdre de 2 à 4 %.

« L’arrêt simultané des mesures de politique économique pourrait déclencher un recul prolongé sur le chemin de la reprise », a déclaré la BCE. « De tels effets de falaise (« cliff edge ») se feraient sentir essentiellement au premier semestre 2021″.

Mais pour contrebalancer son discours, la banque centrale a toutefois averti que le maintien de ces mesures sur une trop longue période pourrait également freiner la croissance à long terme et mettre en danger la stabilité financière en maintenant sous perfusion des entreprises non performantes et en favorisant une mauvaise allocation des capitaux.

« Il existe des risques à court terme substantiels liés au retrait du soutien politique mais les risques à moyen terme d’un soutien politique prolongé ne doivent pas non plus être ignorés », a-t-elle ajouté.

 

Un joueur de foot BRYAN SOUMARÉ, finance une banque alimentaire pour les plus démunis

Un joueur de foot BRYAN SOUMARÉ, finance une banque alimentaire pour les plus démunis  

 

De quoi réconcilier certains avec le foot qui considèrent  les salaires de certaines stars COMME INDECENTS

 Le jeune milieu de terrain (21 ans), BRYAN SOUMARÉ,  prêté à Sochaux cette saison, s’est proposé de venir en aide aux gens dans le besoin, notamment d’offrir des denrées alimentaires aux plus démunis. Il explique son geste à RMC Sport. 

 

Bryan Soumaré, cette initiative d’aider les gens dans le besoin, d’où est-elle partie ?

En fait, j’étais sur Facebook. J’ai vu un post de mon ancien coéquipier et capitaine (ndlr, Rachid Mourabit, de l’Olympique Saint-Quentin) à l’époque où j’étais amateur. J’ai souhaité relayer son message sur Twitter et Facebook, lui montrer mon soutien. A partir de là, cette initiative a pris une ampleur énorme.

Vous ne vous y attendiez pas du tout ?

Je ne m’y attendais pas du tout, pas à ce niveau-là en tout cas. Je ne pensais pas que tout le monde allait me soutenir comme ça. Après, tant mieux, cela donne de la visibilité à la publication. Certains pourraient s’en inspirer. 

Vous êtes un joueur de football professionnel certes, mais qui n’a pas les émoluments les plus clinquants. Votre démarche est touchante de sincérité. C’est peut-être cela aussi qui a touché ?

C’est peut-être ça, surtout que je suis très sincère dans cette démarche, je tiens absolument à ce projet. C’est peut-être pour ça, aussi.

Si dans la situation où nous vivons tu ne peux pas travailler et que tu n’as pas à manger, n’hésite pas et n’aie pas honte de m’écrire en privé.
Pâtes, riz, oeufs, lait ou quelque chose comme ça je peux t’offrir…
Ne vas pas au lit et encore moins avec tes enfants, sans manger.

— Soumaré Bryan (@Bryan_Smr) November 9, 2020

De quelle manière cette démarche va-t-elle se concrétiser ?

Actuellement, je suis à Belfort, à côté de Sochaux. Celui qui est vraiment dans le besoin à côté de Sochaux, Belfort, voire les alentours, je serais prêt à lui donner ce dont il a besoin. Pour ceux qui sont un peu plus loin, parce que j’ai reçu énormément de messages, le but serait de créer une cagnotte pour récolter un maximum de fonds et ensuite se rapprocher d’une association qui vient en aide aux plus démunis.

C’est quelque chose que vous aviez déjà fait, aller au soutien des associations, aider les gens dans le besoin?

Pas à cette échelle. Je sais que j’ai déjà rendu beaucoup de services à des gens, des amis, mais pas à cette échelle, dans une initiative de cette ampleur. J’ai relayé le message de mon ami parce que ça me tenait à coeur. J’ai connu des galères aussi quand j’étais plus petit, je sais ce que c’est que de manquer de quelque chose. Voir des gens qui n’ont rien dans leur assiette en France, en 2020, ça me touche énormément.

Le contexte très particulier, très pesant, de la crise sanitaire, qui plonge certains de nos concitoyens dans la détresse, comment le vis-tu ?

Cela me touche énormément. Il y a des gens qui n’ont pas trop les moyens. Si en plus de cela, on les empêche de travailler… Je n’imagine même pas une famille de quatre enfants qui essaye tant bien que mal de les nourrir… Pour moi, c’est le pire du pire.

Les personnes qui ont choisi de t’écrire ce lundi soir, à la suite de ton message, sont-elles nombreuses ?

Quand je vous dis très, très nombreux, c’est vraiment très, très nombreux. Après, il n’y a pas que des appels à l’aide, il y aussi des messages de soutien, de footballeurs professionnels notamment. Des footballeurs très, très connus comme Jules Koundé, qui m’a envoyé un message. Hassane Kamara, Théo Sainte-Luce et Kévin Fortuné également. Ils m’ont proposé leur aide si j’en avais besoin, qu’ils seraient là pour moi. Ils m’ont dit qu’ils me soutenaient à fond dans cette démarche. Franchement, ça m’a vraiment touché de leur part.

Turquie : Erdogan limoge à nouveau le gouverneur de la Banque centrale

Turquie : Erdogan limoge à nouveau le gouverneur de la Banque centrale

Du fait des politiques agressives et improductives d’Erdogan, la Turquie subit une très grave crise économique interne qui se traduit notamment par un écoulement de sa monnaie et de son économie. La livre turque a clôturé vendredi à 8,5445 pour un dollar après avoir touché un point bas record de 8,58. Elle a plongé de 30% depuis le début de l’année, de 10% au cours des deux dernières semaines. Pour remédier à cette crise économique et financière Erdogan prend encore une mesure radicale en remplaçant un nouveau le patron de la banque centrale turque. Le quatrième changement de titulaire en cinq ans.

Les analystes considèrent Naci Agbal, bien que proche de Recep Tayyip Erdogan, comme un gestionnaire capable qui pourrait adopter une approche plus orthodoxe de la politique monétaire que son prédécesseur.

Murat Uysal avait été nommé à la tête de la banque centrale en juillet 2019 par le chef de l’Etat, mécontent que cette dernière ne baisse pas les taux d’intérêt pour stimuler l’économie.

“La gestion d’Uysal a été catastrophique. Agbal, ça pourrait être pire, évidemment”, a commenté sur Twitter Timothy Ash, de BlueBay Asset Management. “Il a une réputation de technocrate décent et il paraît qualifié pour le poste”, a-t-il toutefois ajouté.

Recep Tayyip Erdogan ne cesse de réclamer l’abaissement des taux d’intérêt. Le week-end dernier, il a affirmé que la Turquie livrait une guerre économique contre ceux qui tentent de l’enfermer “dans le triangle diabolique des taux d’intérêt, des taux de change et de l’inflation”.

A la dépréciation de la devise turque s’ajoute une inflation de près de 12%, bien au-dessus de l’objectif d’environ 5% fixé par la banque centrale. Le pays avait réussi l’an dernier à sortir de la récession mais la pandémie de coronavirus a tout remis en cause.

Le mois dernier, la Banque de Turquie n’a pas procédé à un relèvement de ses taux d’intérêt contrairement aux attentes, les maintenant à 10,25%, ce qui a contribué à une nouvelle baisse de la livre sur les marchés des changes. Un mois plus tôt, elle avait au contraire surpris les marchés en relevant ses taux.

Les opérateurs s’inquiètent de la baisse des réserves de change, des atteintes à l’indépendance de la banque centrale et du risque toujours latent de sanctions occidentales contre le pays en raison de sa politique étrangère et de défense.

Pour Erik Meyersson, économiste à Handelsbank, même si Murat Uysal était à blâmer pour sa gestion, la banque centrale est pieds et poings liés à Recep Tayyip Erdogan et son gouverneur “n’est qu’une marionnette”.

Écroulement de la monnaie et de l’économie turque : Erdogan limoge encore le gouverneur de la Banque centrale

Écroulement de la monnaie et de l’économie turque : Erdogan limoge le gouverneur de la Banque centrale

Du fait des politiques agressives et improductives d’Erdogan, la Turquie subit une très grave crise économique interne qui se traduit notamment par un écoulement de sa monnaie et de son économie. La livre turque a clôturé vendredi à 8,5445 pour un dollar après avoir touché un point bas record de 8,58. Elle a plongé de 30% depuis le début de l’année, de 10% au cours des deux dernières semaines. Pour remédier à cette crise économique et financière Erdogan prend encore une mesure radicale en remplaçant un nouveau le patron de la banque centrale turque. Le quatrième changement de titulaire en cinq ans.

Les analystes considèrent Naci Agbal, bien que proche de Recep Tayyip Erdogan, comme un gestionnaire capable qui pourrait adpoter une approche plus orthodoxe de la politique monétaire que son prédécesseur.

Murat Uysal avait été nommé à la tête de la banque centrale en juillet 2019 par le chef de l’Etat, mécontent que cette dernière ne baisse pas les taux d’intérêt pour stimuler l’économie.

“La gestion d’Uysal a été catastrophique. Agbal, ça pourrait être pire, évidemment”, a commenté sur Twitter Timothy Ash, de BlueBay Asset Management. “Il a une réputation de technocrate décent et il paraît qualifié pour le poste”, a-t-il toutefois ajouté.

Recep Tayyip Erdogan ne cesse de réclamer l’abaissement des taux d’intérêt. Le week-end dernier, il a affirmé que la Turquie livrait une guerre économique contre ceux qui tentent de l’enfermer “dans le triangle diabolique des taux d’intérêt, des taux de change et de l’inflation”.

A la dépréciation de la devise turque s’ajoute une inflation de près de 12%, bien au-dessus de l’objectif d’environ 5% fixé par la banque centrale. Le pays avait réussi l’an dernier à sortir de la récession mais la pandémie de coronavirus a tout remis en cause.

Le mois dernier, la Banque de Turquie n’a pas procédé à un relèvement de ses taux d’intérêt contrairement aux attentes, les maintenant à 10,25%, ce qui a contribué à une nouvelle baisse de la livre sur les marchés des changes. Un mois plus tôt, elle avait au contraire surpris les marchés en relevant ses taux.

Les opérateurs s’inquiètent de la baisse des réserves de change, des atteintes à l’indépendance de la banque centrale et du risque toujours latent de sanctions occidentales contre le pays en raison de sa politique étrangère et de défense.

Pour Erik Meyersson, économiste à Handelsbank, même si Murat Uysal était à blâmer pour sa gestion, la banque centrale est pieds et poings liés à Recep Tayyip Erdogan et son gouverneur “n’est qu’une marionnette”.

PEL: les pleurs de la Banque de France pour réduire les taux

PEL: les pleurs de la Banque de France pour réduire les taux

 

Une nouvelle fois la Banque de France pleure sur l’exceptionnelle importance (!) des taux de l’épargne concernant notamment les plans d’épargne-logement. Avec des calculs de coin de table qui reposent sur une mobilisation théorique des encours, la Banque de France estime que ce plan d’épargne fait perdre entre 4 et 8 milliards à l’économie. Le scandale est en effet énorme puisque la rémunération des livrets A qui serait aussi concerné par la réduction des taux d’intérêt est actuellement de 1 % !

 

Officiellement ,sur un an, les prix à la consommation augmenteraient de 0,1 % en septembre 2020, après +0,2 % le mois précédent. Une inflation toutefois méthodologiquement très discutable car la crise a modifié considérablement la structure de consommation et les prix de l’alimentation sont loin d’avoir diminué ( les produits frais ont augmenté de 2,3 % en septembre). Notons aussi que pendant des années l’inflation a nettement dépassé le taux d’intérêt consenti aux épargnants. La Banque de France s’intéresse particulièrement au plan d’épargne logement nouveaux et surtout anciens (par rapport à 2016 ).

 

Le taux appliqué aux nouveaux PEL souscrits depuis 2016 est de 1%, «le coût effectif de la ressource pour les banques». Mais, selon la formule de la Banque de France, il devrait être de 0,3%. Si la rémunération de l’ensemble des PEL était fixée à 1%, ce sont quelque 6 milliards d’euros ((3,13%-1%)* 284,3) qui pourraient être injectés dans l’économie française, selon les calculs du Figaro. Et même 8 milliards d’euros ((3,13%-0,3%)* 284,3) dans le cas où l’on appliquerait le taux de 0,3% que la Banque de France juge souhaitable.

La Banque de France a particulièrement dans le viseur les PEL souscrits avant 2011, année où la révision annuelle de la rémunération des plans a été introduite. On en compte 3,7 millions (pour un encours total de 115,5 milliards d’euros) qui affichent une rémunération moyenne de 4,44% (en pondérant par l’encours). Autant de plans qui n’ont pas été concernés par la réforme de 2011. Si leur taux moyen était de 1%, comme celui appliqué depuis 2016, le gain pour l’économie serait de 4 milliards d’euros ((4,44%-1%)*115,5), selon la Banque de France.

 

Le superviseur financier se dit «préoccupé» par le coût du stock de PEL aux taux particulièrement élevés, qui «accroît le coût des ressources disponibles pour le financement de l’économie par les établissements bancaires». «Ces droits acquis pèsent sur le financement de l’économie française», déplore le gouverneur de la banque centrale François Villeroy de Galhau toujours très attentif aux intérêts des banques.

L’alerte de la Banque de France sur les dépenses est assez maladroite

L’alerte de la Banque de France sur les dépenses est assez maladroite

 

L ‘alerte que vient de lancer le patron de la Banque de France sur le niveau des dépenses n’est pas très opportun au moment où les agences de notation procèdent à une nouvelle évaluation des capacités financières des Etats suite à la crise du coronavirus.

L’avertissement du patron de la banque de France n’a heureusement pas été entendu par l’agence de notation S&P qui vient de procéder à une nouvelle évaluation de la France. Certes la dérive financière de la France est indéniable et avec la crise l’endettement pourrait dépasser nettement les 100 % du PIB. Toutefois cette évolution n’est pas particulière à la France même s’il faut reconnaître que structurellement la France a depuis longtemps un taux d’endettement critique. Le problème c’est l’opportunité de cette alerte. Peut-être de la part du patron de la banque de France pour faire plaisir aux orthodoxes de la banque centrale européenne ou tout simplement pour des raisons existentielles car on ne voit  plus très bien à quoi sert la Banque de France alors que la banque centrale européenne gère désormais la monnaie.

L’agence de notation S&P  a en effet  maintenu la perspective de la France à «stable». S&P estime en effet que «les récentes réformes économiques, budgétaires et structurelles mises en place par le gouvernement ont amélioré la capacité de l’économie à résister aux effets négatifs de la pandémie de covid-19», précise-t-elle dans un communiqué. L’agence de notation Fitch avait, elle, abaissé en mai la perspective de la France, tout en gardant sa note AA. L’agence S&P rejoint à peu près les prévisions du gouvernement qui prévoit une baisse de croissance de leurs 2 % en 2020 et un redressements autour de 8 % en 2021.

 

« Nous ne pouvons pas tout nous offrir, tout le temps », a déclaré le patron de la Banque de France, en rappelant que les dépenses publiques de la France ont augmenté « de 1% en moyenne, après inflation » au cours des dix dernières années. Aujourd’hui, « les dépenses hors Covid augmentent encore plus vite qu’avant, que le 1% », a mis en garde le gouverneur de la Banque de France en citant une étude du Haut conseil des finances publiques. La France a dévoilé un plan de soutien de 100 milliards d’euros le mois dernier, ce qui correspond à 4% du produit intérieur brut (PIB). Curieusement le patron de la Banque de France alterne entre des messages excessivement optimistes comme par exemple les perspectives de reprise de la croissance qui sont loin d’être évidente et la critique sur la dérive financière.

 

En outre le patron de la Banque de France en rajoute une couche en attirant l’attention sur les risques d’augmentation des taux d’intérêt pour la France. Ce que n’envisage pas pour l’instant les agences de notation.

Croissance France : la méthode Coué pour la Banque de France

Croissance France : la méthode Coué pour la Banque de France

 

Depuis presque un mois, la plupart des institutions et autres administrations de l’État ne cessent de diffuser un vent d’optimisme sur la rapidité de la reprise. Quand on examine de près les chiffres pourtant rien n’indique un redressement significatif qui permettrait de retrouver un niveau d’activité proche de l’année 2019. Tout repose en fait sur une hypothétique croissance en 2021 et 2022 et non pas sur les chiffres les indicateurs les plus récents. On sait évidemment que le second trimestre a été particulièrement catastrophique mais juillet n’a pas été fameux non plus accusant un recul de 7 % après un recul de 9 % en juin. En juin, les économistes de l’institution anticipaient un recul du PIB de 10,3 % pour l’année. Trois mois plus tard, ils révisent leur estimation à la baisse et tablent dorénavant sur une contraction « limitée » à 8,7 %. En faite une différence de l’ordre de 1 % soit l’épaisseur du trait. Toutes les institutions y compris le gouvernement jouent sur cette épaisseur du trait pour tenter d’impulser un certain vent d’optimisme. Le problème, d’ailleurs reconnu, c’est que l’industrie manufacturière souffre de l’atonie de ces carnets de commandes et que la consommation est toujours dans une posture très attentiste

Au dernier trimestre, nous attendons maintenant une perte d’activité entre -3,5 % et -4 % », notent les experts de la banque centrale.

Tombée très fort au printemps, l’économie retrouverait cette fois-ci des couleurs plus rapidement que ses pairs. « Nous reviendrions un peu plus tôt au niveau d’avant-crise que la moyenne de la zone euro », avance Olivier Garnier. Ce que démentent tous les indicateurs en particulier ceux de l’Allemagne.. Notons que la Banque de France prévoit de retrouver le niveau d’activité de 2019 débuts 2021 tandis que la banque centrale européenne indique à travers la voix de Christine Lagarde, qu’« il n’y aura pas de retour à la situation pré-Covid avant la fin 2022 » pour la zone euro.

Les économistes en général actent un scénario moins mauvais que prévu mais qui reste dramatique avec la disparition de 800.000 postes en 2020 que le pays peinera à recréer. Fin 2022, quelque 100.000 postes manqueront toujours à l’appel selon la Banque de France. Une prévision qui s’appuie encore sur pas grand-chose sinon la méthode Coué.

La « banque du climat » pour la relance verte…. ou grise

La « banque du climat » pour la relance verte…. ou grise

 

La banque du “climat” formée par Bpifrance et la Banque des Territoires déclare qu’elle va investir 40 milliards d’euros dans la transition énergétique.  Le problème c’est qu’il est bien difficile de distinguer ce qui est réellement vert ou gris. Car l’enveloppe est aussi destinée à favoriser l’innovation et les territoires. Pas forcément des activités toujours très vertes. D’ailleurs certaines activités considérées comme vertes peuvent être très discutables comme par exemple l’automobile à batteries électriques classiques ou les éoliennes.

 

Quant à la rénovation énergétique , elle est loin d’avoir fait la preuve de son efficacité économique. Elle est le plus souvent sans doute utile voire nécessaire pour diminuer la consommation d’énergie mais difficilement amortissable.

 

Cette stratégie climat de la banque verte, qui s’inscrit dans le plan de relance, repose sur trois grands piliers. Le premier, doté de 20 milliards d’euros, vise à accélérer la transition des entreprises et des territoires, notamment via la rénovation énergétique des bâtiments industriels, des logements sociaux et des bâtiments publics.

Le deuxième, doté de 14,5 milliards d’euros, a pour ambition de doper la production des énergies renouvelables afin d’atteindre 8,8 GW de puissance installée.

« Collectivement, Bpifrance et la Banque des Territoires vont donc être responsables de 33% de la production d’énergies vertes dans le pays ». Des chiffres 

Réactiver le lien entre banque centrale et Trésor public

Réactiver le lien entre banque centrale et Trésor public 

Les économistes Jean-Michel Servet et André Tiran plaident, dans une tribune au « Monde », en faveur de l’application de la « théorie monétaire moderne » pour sortir du dilemme de la dette, et dont les propositions apparaissent comme les seules qui offrent une véritable issue à la crise.

Tribune. La plupart des contributions sur la crise économique actuelle et ses issues portent sur l’affectation des moyens à tel type de dépenses et d’investissements, en particulier pour répondre à la double contrainte de permettre la transition écologique et d’assurer la survie des activités, des entreprises et de la population qui subissent de fortes pertes de revenu.

Le financement par endettement à moyen et long termes implique un pari : celui que l’injection monétaire impulsera un rebond économique qui dégagera des ressources nouvelles et, par conséquent, des capacités de prélèvements fiscaux additionnels permettant de rembourser les échéances de la dette.

Mais on peut en douter : une large partie des dépenses financées a pour but, a priori louable, de couvrir des déficits publics et privés et de réparer des dégâts environnementaux, en résumé de maintenir les capacités de croissance potentielle, mais pas de les augmenter. Pas de surcroît de recettes fiscales en vue, donc.

Par ailleurs, ce déficit financier accru n’est supportable que si les taux d’intérêt demeurent faibles, voire négatifs, et parce que de nouvelles dettes semblent pouvoir remplacer indéfiniment les anciennes. Les plus lucides des observateurs, comprenant les risques de cette situation et l’impossibilité de s’en extraire, proposent alors que les banques centrales annulent les dettes qu’elles détiennent par les avances qu’elles ont faites aux Etats ; des dettes qui ne rapportent rien pour la plupart.

 

Cette annulation affecterait le bilan des banques centrales, mais pas leurs revenus. Toute annulation de dettes détenues par un acteur public augmente la capacité du débiteur à rembourser ses dettes, et agit donc de fait dans l’intérêt d’acteurs privés. 

Les partisans de cette annulation l’assimilent à la supposée générosité d’un « don ». Ils se réfèrent même à l’anthropologue Marcel Mauss (1872-1950), mais oublient une leçon essentielle de son Essai sur le don (1923-1924). Tout don appelle sous une forme ou une autre un contre-don et, pour l’illustrer, Mauss cite un proverbe inuit selon lequel « les dons font les esclaves comme les fouets font les chiens ».

On peut imaginer les négociations qui entoureraient ces annulations, et les contreparties en termes de politique sociale, économique, commerciale, monétaire et financière qui pourraient alors être exigées dans la gestion publique : le prix risquerait d’en être une régression sociale durable suivie de troubles politiques internes et extérieurs profonds.

Reprise économique : le bla-bla de la Banque de France

Reprise économique : le bla-bla de la Banque de France

 

 Optimisme forcé du côté de la banque de France qui multiplie le bla-bla pour ne rien dire. -Témoin cette déclaration » La reprise économique en France se passe globalement conformément aux prévisions même s’il est possible que 2020 soit un peu meilleure” que prévu, a déclaré jeudi François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France.

 

“En gros, (…) la reprise se passe à peu près selon nos prévisions et donc, vu d’aujourd’hui, il n’y a pas de raison de penser que les chiffres vont changer significativement”, a dit François Villeroy de Galhau lors d’une intervention à l’université d’été du Medef, en rappelant que la Banque de France prévoyait fin juin une récession de 10% en 2020 avant une croissance de 7% en 2021 et de 4% en 2022. Le pompon avec cette incantation finale :

“S’il y a changement, c’est sans doute que 2020 soit un peu meilleure que prévu et que du coup, mécaniquement, le rebond sur 2021, 2022 soit un peu moins fort que prévu dans les chiffres que j’ai cités”, a-t-il ajouté.

La banque africaine de développement en prise avec ses vieux démons

La  banque africaine de développement en prise avec ses vieux démons

 

Une information du journal l’Opinion rend compte de la nouvelle crise qui affecte la banque africaine de développement en prise avec ses vieux démons. Trois experts de haut niveau (Mary Robinson, Hassan B. Jallow et Leonard F. McCarthy) passent en revue depuis lundi la gestion de la Banque africaine de développement (BAD) à la suite d’accusations qui visent le président nigérian de cette institution panafricaine fondée en 1964, Akinwumi Adesina.

« Jamais, dans l’histoire de la BAD, notre linge sale n’a autant été lavé en public, confie un cadre de la Banque africaine de développement. L’institution importe moins que la survie de son président. » Depuis le printemps, les pro et anti-Akinwumi Adesina s’affrontent via la presse. Celle-ci relate les développements d’un bras de fer mobilisant une armada de politiques, lobbyistes et juristes, de Lagos à Washington en passant par Abidjan, siège de la banque de financement des projets en Afrique.

A l’origine de cette guerre sans merci, les comportements « contraires à l’éthique » d’Adesina révélés par Le Monde, début avril. Dans une lettre envoyée aux gouverneurs de la BAD, plusieurs lanceurs d’alerte (des employés agissant sous le sceau du secret) l’accusent de favoritisme dans de nombreuses nominations de hauts responsables, en particulier de compatriotes nigérians (un beau-frère, un ami d’enfance, d’anciens collaborateurs…). « Environ 25 % des nouveaux managers recrutés » pour la période 2016-2018 « ont été des Nigérians », expliquent ces lanceurs d’alerte. Ils ne représentaient auparavant que 9 % des embauches, soit l’équivalent de la quote-part du Nigeria dans l’actionnariat.

Autre reproche : la nomination et la promotion de personnes soupçonnées ou reconnues coupables de fraudes, dont certaines ont obtenu de juteuses indemnités de départ sans être sanctionnées. Akinwumi Adesina est aussi soupçonné de s’être enrichi (non-reversement à l’institution des récompenses de deux prix internationaux totalisant 750 000 dollars, utilisation des ressources de la banque pour faire réaliser sa biographie Against all odds tout en conservant la propriété intellectuelle et les droits d’auteur).

L’histoire avait pourtant bien débuté pour l’économiste agricole de 60 ans. Après avoir décoché un doctorat à l’université Purdue aux Etats-Unis, il occupe différentes fonctions dans les organisations internationales avant que Goodluck Jonathan, l’ex-président nigérian, en fasse son ministre de l’Agriculture en 2011. Deux ans plus tard, il est consacré « personnalité africaine de l’année » par le magazine Forbes.

Tambour battant. Il est ainsi connu lorsque son pays présente sa candidature à la présidence de la BAD, en 2015. Soutenu par plusieurs pays africains et européens dont la France – il parle parfaitement français –, il est élu alors que les Etats-Unis appuient Cristina Duarte, ministre cap-verdienne des Finances.

Adesina débute son mandat tambour battant. Prêcheur ayant rodé ses discours dans les églises, il sait capter le public et se mettre en scène. Rapidement, il accroît la visibilité internationale de la banque. Toujours tiré à quatre épingles, adepte du nœud papillon, il cherche trop la lumière pour ses détracteurs et ne délivre pas assez, même s’il est toujours sur la photo aux côtés de Trump, Kagamé, Trudeau ou des stars… de la NBA. Voulant réorganiser la BAD, il se sépare de nombreux collaborateurs dont plusieurs vice-présidents et directeurs de département, attisant des rancœurs en interne.

« Adesina s’est lancé dans l’hyper-extension en faisant beaucoup de communication mais la structure a du mal à suivre. Et comme le président a viré pas mal de personnes, il y a des trous dans la raquette»

En octobre 2019, il annonce une augmentation de capital géante de 115 milliards de dollars. Objectif : porter ce capital à 208 milliards de dollars d’ici à 2030. Peu de pays, en dehors de l’Allemagne, y répondent favorablement. En 2018, les actionnaires africains et étrangers n’avaient pas libéré plus de 7 milliards. Et le portefeuille de projet de la BAD est de la taille de celui de l’Agence française de développement, soit 27 milliards de dollars pour la période 2019-2021.

La BAD reste une institution multilatérale de taille moyenne. Elle ne pèse pas lourd face à la Banque mondiale dont elle a besoin pour cofinancer des projets. « Adesina s’est lancé dans l’hyper-extension en faisant beaucoup de communication mais la structure a du mal à suivre, estime un actionnaire de l’institution. Et comme le président a viré pas mal de personnes, il y a des trous dans la raquette. Enfin, le board est sur son dos, notamment en matière de gouvernance ».

Malgré les soupçons, l’institution conserve sa note AAA. La France et l’Allemagne souhaitent éviter, autant que possible, toute déstabilisation financière et un conflit entre actionnaires africains et étrangers. Les Etats-Unis sont dans une posture plus offensive, soutenus par le Japon et les pays nordiques. Leur représentant à la BAD, l’homme d’affaires J. Steven Dowd, proche de Donald Trump, et le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, ont rapidement demandé une enquête indépendante. Leur compatriote, David Malpass, président de la Banque mondiale, est assez critique envers la BAD, accusée de laxisme dans l’attribution de ses crédits.

Intérim. Seul candidat en lice pour sa succession et fort du soutien des pays d’Afrique de l’ouest et de l’Union africaine, Adesina était, en janvier, quasiment assuré de rempiler. Ce n’est plus cas. Les pays d’Afrique australe aimeraient récupérer le poste. Ceux de l’Afrique du nord et de l’est sont divisés.

Akinwumi Adesina s’est donc lancé dans un combat acharné. Il mobilise ses réseaux au sein de la BAD pour y découvrir les lanceurs d’alerte. Et fait jouer ses soutiens, dont son compatriote Olesegun Obansanjo qui a mobilisé plusieurs ex-présidents africains. Il est allé rendre visite au président de son pays, Muhammadu Buhari, qui lui a renouvelé son appui.

Jouant la victime d’un complot ourdi par la Maison Blanche, il convoque régulièrement la mémoire de Nelson Mandela et de Martin Luther King. En vain, puisqu’il n’a pu s’opposer in fine à l’ouverture d’une enquête. Un panel de trois personnes mené par l’avocate Mary Robinson, ancienne présidente d’Irlande, a commencé cette semaine ses investigations. Nul ne sait quand il rendra ses conclusions.

En raison de la crise sanitaire, une réunion extraordinaire des gouverneurs par visioconférence est prévue le 27 juillet pour étudier les modalités de l’élection du futur patron de la BAD. Cela nécessitera une modification des statuts pour l’organiser sans la présence physique des gouverneurs des 80 pays actionnaires (54 pays africains, 26 pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie). Le mandat d’Adesina s’achève le 31 août. Il aura besoin de 51 % des voix des actionnaires pour réaliser un second mandat. Or les non-Africains disposent de plus de 40 % des suffrages, ce qui le handicape. S’il n’atteint pas la majorité ou si le scrutin est repoussé, un président intérimaire devrait être nommé.

BCE : une politique aussi accommodante que celle de la banque fédérale américaine ?

BCE : une politique aussi accommodante que celle de la banque fédérale américaine ?

Très récemment la banque fédérale américaine (FED) a déclaré qu’elle conduirait une politique aussi accommodante que possible pour soutenir l’économie. Il a même été précisé que toutes les liquidités seraient accordées et que par exemple il n’y aurait aucune limitation au rachat d’obligations. En clair que la banque fédérale ferait tourner autant que nécessaire la planche à billets. En réponse la banque centrale européenne par la voie François Villeroy de Galhau, membre du conseil des gouverneurs de l’institution reprend à peu près le même discours en affirmant que la politique de la banque centrale européenne serait tout aussi accommodante et même qu’elle est prête à innover davantage avec ses outils de politique monétaire si nécessaire, a déclaré jeudi François Villeroy de Galhau, membre du conseil des gouverneurs de l’institution. D’une certaine manière c’est un peu une compétition qui s’installe entre les grandes banques centrales en matière de gestion très accommodant des liquidités. Il est clair cependant que le moment venu des ajustements ce produiront via les parités, l’inflation via  l’éclatement de bulles ( exemple soutien à certains secteurs structurellement défaillants qui ne pourront jamais rembourser leurs dettes )

Banque HSBC: 250 postes supprimés en France

Banque HSBC: 250 postes supprimés en France

La perspective de suppression de postes de la branche française de HSBC pose la question de savoir si cette  de banque compte effectivement s’ancrer davantage sur l’Europe continentale ou au contraire se replier en Grande-Bretagne. Certes des plans d’ajustement des effectifs étaient prévus depuis longtemps mais maintenant ils semblent s’accélérer.  HSBC promet cependant à ses clients d’être en quelque sorte une banque d’accès à l’Europe.

Une affaire qui est loin d’être résolue tellement les divergences sont grandes entre l’union européenne et la Grande-Bretagne précisément sur l’accès au marché financier européen par les Britanniques en cas de no deal.  La banque britannique a relancé mi-juin son programme de 35.000 suppressions d’emplois sur trois ans, qui avait été suspendu au plus fort de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus, venue s’ajouter aux difficultés que traversait déjà le groupe bancaire. En France cela se traduirait par la suppression de 255 postes sur 678 pour les activités de banque de marchés surtout.

Elle ajoute que sa stratégie vise à garantir que HSBC soit une banque internationale de premier plan en Europe, en créant “une banque continentale européenne intégrée ancrée à Paris” permettant notamment aux clients de HSBC à travers le monde d’avoir accès à l’Europe continentale.

La plus grande crise mondiale depuis 150 ans ( Banque mondiale)

La plus grande crise mondiale depuis 150 ans ( Banque mondiale)

La Banque mondiale estime ainsi qu’entre 70 et 100 millions de personnes pourraient basculer dans l’extrême pauvreté, effaçant ainsi les progrès réalisés les trois dernières années dans la lutte contre la pauvreté.

Avant cette crise sanitaire, l’institution tablait sur une nouvelle baisse en 2020 de la proportion de la population mondiale vivant avec moins de 1,90 dollar par jour.

La pandémie qui s’est déclenchée en fin d’année dernière en Chine touche la très grande majorité des pays dans le monde.

Elle a fait plus de 400.000 morts selon le recensement des chiffres officiels par l’AFP.

Pour freiner la contamination et surtout éviter que les systèmes de santé ne soient totalement débordés, de nombreux pays ont pris des mesures de confinement qui ont mis leur économie respective à genoux.

Et si la Banque mondiale prévoit un rebond en 2021, le risque d’une deuxième vague d’infections, en l’absence de vaccin, n’est pas écarté, ce qui pourrait miner la reprise.

Si la Chine, deuxième puissance économique mondiale, est quasiment la seule des grandes économies à afficher de la croissance cette année, le ralentissement est tel qu’il va contrarier la reprise dans les pays en développement, a mis en garde l’institution de Bretton Woods.

Pour les seules économies avancées dont la consommation et l’offre se sont effondrées sous l’effet de la paralysie du secteur des transports, de l’hôtellerie et de la restauration ainsi que des loisirs, la contraction s’élèvera à 7%, estime pour l’heure la Banque mondiale.

Le PIB des marchés émergents et les économies en développement devraient reculer de 2,5%, « la première contraction pour ce groupe de pays depuis au moins soixante ans ».

Ayhan Kose, directeur des perspectives de développement, a souligné au cours de la conférence téléphonique, la difficulté de faire des prévisions pour une crise s’apparentant à un désastre naturel.

Aussi l’institution a-t-elle prévu un scénario du pire: en cas de seconde vague de la pandémie ou si les autorités étaient contraintes de reprendre des mesures de confinement, le PIB mondial pourrait alors se contracter de 8%.

« Ces interruptions de l’activité pourraient forcer des entreprises à cesser leur activité et à rembourser leur dette », mettent en garde les auteurs du rapport, alors que l’endettement des entreprises privées étaient déjà un sujet de préoccupation avant la crise sanitaire.

Enfin, quand bien même, la reprise avec un taux de croissance de 4,2% l’année prochaine se matérialisait, « dans de nombreux pays, les profondes récessions provoquées par le Covid-19 devraient peser sur la capacité de croissance pour les années à venir », note le rapport.

La semaine dernière, le président de la Banque Mondiale, David Malpass, avait, lui, déploré le manque d’investissements qui va ralentir la reprise.

 

Banque centrale Chine: « des ajustements anticycliques » type planche à billets

Banque centrale Chine: « des ajustements anticycliques » type planche à billets 

 

En termes techno, la Banque centrale chinoise a annoncé dimanche qu’elle assouplirait sa politique monétaire et intensifierait les ajustements anticycliques pour soutenir l’économie réelle et écarter les risques financiers. En clair comme la plupart des autres banques centrales, elle va faire tourner la planche à billets avec le risque évidemment d’une baisse de la valeur du Yuan; baisse  qui pourrait constituer un avantage de compétitivité en matière de commerce international.

La Banque populaire de Chine (BPC) a déclaré qu’elle continuerait d’approfondir les réformes des taux de prêts, d’améliorer le mécanisme de transmission de la politique monétaire et de faire baisser les taux de prêts.

Elle aidera aussi les entreprises privées à lever des fonds via des financements par action et des ventes d’obligations.

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