Archive pour le Tag 'Banlieues'

Banlieues : nouvel avertissement de Gérard Collomb à Macron

Banlieues : nouvel avertissement de Gérard Collomb à Macron

Sur Europe 1, l’ancien ministre de l’Intérieur réitère son avertissement à Macron concernant la situation explosive de certains quartiers notamment en banlieue.  «Je pense qu’aujourd’hui on a laissé se ghettoïser un certain nombre de quartiers», a estimé Gérard Collomb. «Si on ne change pas la population, si on ne remixe pas, on aura des difficultés importantes», poursuit l’ancien ministre qui estime que la France est aujourd’hui «au pied du mur». Alors que l’ancien ministre de l’Intérieur suppose que le chef de l’État «n’avait peut-être pas perçu la réalité de la situation au départ», il assure qu’il en a «aujourd’hui pleinement conscience».  Une découverte un peu tardive qui concerne les quartiers sensibles de toutes les  villes. Officiellement on compte près de 800 quartiers sensibles en France ;  en fait,  il y en a bien davantage et chaque ville (même les plus petites de 10 000 à 30 000 habitants) est affectée. Ce qui caractérise ces zones c’est d’abord leur état juridique de non-droit : les services officiels hésitent à s’y rendre. C’est surtout le marché généralisé de la drogue avec souvent des échoppes sur le bord des trottoirs au vu de tous. On vient y faire son marché. Ensuite la violence précisément entre bandes pour se partager le gâteau. Le chômage est un mal endémique avec 25 à 30 % de jeunes sans emploi dont beaucoup ont abandonné l’école avant 12 ans. Avec aussi en toile de fond un communautarisme qui refoule les valeurs et les usages de la république aux frontières du quartier. Dans ces zones, à partir d’une certaine heure dans la soirée il ne fait pas bon de se promener à pied. Régulièrement des violences sont signalées : violence verbale, violence physique avec la distraction préférée qui consiste à brûler des voitures. Les municipalités locales, les services officiels et la presse sont relativement complices et font tout pour qu’on évite de parler de ces différents débordements. Encore une fois, il ne s’agit pas seulement des quartiers des grandes villes type Paris, Marseille ou Lyon mais de toutes les villes moyennes et même petites. Des sortes de zones hors la république que les services officiels finalement tolèrent en considérant qu’ainsi on arrive à circonscrire le mal géographiquement. Un aveuglement, une hypocrisie et un manque de courage qui fait honte à la république et menace évidemment la cohésion de la société. Comment nous élites pourrait-il d’ailleurs connaître cette réalité puisque pour la quasi-totalité il n’habite pas dans ces zones et ne fréquentent pas les habitants qui y résident.

Banlieues: «C’est le vide sidéral»

Banlieues: «C’est le vide sidéral»

 

Inutile de tourner autour du pot, Macron a enterré sans ménagement pour son auteur le rapport Borloo. Certes on ne pouvait pas attendre à une reprise intégrale de ce plan très ambitieux, certes ce plan faisait suite à bien d’autres qui n’ont pas toujours montré uen grande efficacité mais Macron a non seulement enterré le rapport Borloo mais aussi la problématique renvoyée à une question subalterne ; Il faudra donc attendre une future explosion ou la répétition d’actes inqualifiables comme à Marseille ou la police a été visée par des armes lourdes pour que Macron manifeste un peu de considération des ces zones en déshérence économique et républicaine ; Les organisations de gauche et les ONG ont clairement affiché leurs grandes déceptions. A droite c’est aussi la même tonalité.

«Il n’y a aucun engagement concret, et c’est le vide sidéral. Pourquoi avoir fait appel à Jean-Louis Borloo, alors qu’on le dénigre tant aujourd’hui?» s’est interrogé le député LR Damien Abad. «Jean-Louis Borloo, comme beaucoup de maires de France dans des villes de banlieue, a-t-il souligné, n’a aucune leçon à recevoir de celles et ceux qui n’ont pas vécu en banlieue.»

Porte-parole des Républicains, Lydia Guirous s’est étonnée, comme d’autres, qu’Emmanuel Macron reprenne «la rhétorique des associations communautaristes». «Faut-il être “racisé.e” pour parler de banlieues?» s’est-elle interrogée alors qu’Emmanuel Macron a souligné qu’un échange de rapport entre «deux mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers» n’aurait «aucun sens». «Je trouve extrêmement choquant que Macron évoque un argument racial digne des Indigènes de la République, en délégitimant toute solution pour les banlieues qui émanerait de “mâles blancs”, a commenté Marine Le Pen. La présidente du FN y voit «la consécration du communautarisme au sommet de l’État». À gauche, le maire PCF de Montreuil (Seine-Saint-Denis), Patrice Bessac, ironisait dans la cour de l’Élysée: «Plus les discours sont longs et moins il y a de pognon…» Lui aussi a entendu «un discours de la méthode et pas d’action». «Quand il s’agit des entreprises, des grosses fortunes de ce pays, là il y a des objectifs très précis.

 

 

Banlieues : on verra plus tard (Macron)

Banlieues : on verra plus tard (Macron)

 

C’est en substance ce qu’a dit Macron à propos des banlieues suite au rapport Borloo. Surtout pas de plan mais quelques annonces en juillet. Deux raisons à cela, l’Elysée a désapprouvé le plan très ambitieux de Borloo jugé trop couteux, seconde raison plus fondamentale celle-là : la banlieue pour Macron n’est pas vraiment la priorité. Il est plus à l’aise pour parler des start-ups et des premiers de cordée que des exclus, des paumés ou tout simplement des pauvres.  Plus de 5,5 millions de personnes vivent dans ces quartiers qui affichent encore des taux de chômage et de pauvreté nettement supérieurs à la moyenne nationale et comptent toujours deux fois moins de médecins généralistes, près de cinq fois moins de crèches. l’avait laissé entendre l’Elysée ces derniers jours, le chef de l’Etat n’a repris que partiellement les mesures du plan de l’ancien ministre de la Ville Jean-Louis Borloo, (à peine 5 mesures sur 19 !). En gros on retiendra la création de 1300 poste de policiers en plus (13

par département !), des stages pour les enfants de 3ème et des places de crèches. La plupart des mesures de formation t d’insertion du rapport Borloo ont été balayées. D’où la colère des maires et ONG concernées.

Banlieues : nouveau risque d’échec (Borloo)

Banlieues : nouveau risque d’échec (Borloo)

Borloo veut faire bonne mine mais la vérité c’est qu’à l’Elysée on veut procéder à l’enterrement de son rapport trop ambitieux. Et Borloo d’avertir  sur son plan banlieues : « Ils prennent le risque de créer un problème politique là où il n’y en avait pas » Borloo, qui croyait inspirer le gouvernement, a vu ses espoirs rétrécir.  Son plan sera « un élément parmi d’autres », relativise l’Élysée. « Cela fait un peu ‘on va dans les banlieues et on fout un coup de peinture’ », tacle un proche du gouvernement. Que retiendra au final le chef de l’État? Borloo confie qu’on est « dans le très haut de la fourchette » et que deux tiers de ses propositions feraient l’objet d’un « consensus ministériel », selon la terminologie officielle. Mais dans l’entourage de l’ancien ministre, que l’on sent plus inquiet qu’en colère, on décrit des troupes élyséennes divisées en deux camps, l’un s’activant à faire échouer son plan. « Ils prennent le risque de créer un problème politique là où il n’y en avait pas », estime Borloo.

« On ne va pas faire un catalogue de mesures, même s’il y aura des annonces très concrètes, dit-on à l’Élysée. On va éviter de faire des plans avec plusieurs milliards sur dix ou quinze ans. »En calait on va enterrer le rapport Borloo.

Banlieues : « Attention aux effets d’annonce » (Bruno Beschizza)

Banlieues : « Attention aux effets d’annonce » (Bruno Beschizza)

Bruno Beschizza, maire Les Républicains d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis se méfie des effets d’annonce. Après le rapport Borloo. Interview JDD.

 

« Près de 6 millions d’habitants vivent dans une forme de relégation » voire, parfois, « d’amnésie de la Nation », écrit Jean-Louis Borloo dans son rapport. Le rejoignez-vous sur son constat?
Le propos est excessif, mais il cherche à éveiller les consciences, quitte à provoquer, afin de susciter une réaction. Jean-Louis Borloo propose, le gouvernement dispos. Quand on connaît l’ancien ministre, on sait qu’il cherche par sa présentation à accrocher. Après, sur le fond, je suis globalement d’accord avec le constat. Et la plupart des propositions qu’il fait vont dans le bon sens. Ma principale crainte, c’est le plan à plusieurs milliards d’euros souhaité par Jean-Louis Borloo.

 

48 milliards d’euros d’investissements de la part de l’Etat, des collectivités locales et des entreprises privées, c’est une enveloppe considérable…
Je fais partie de ces maires qui, ont, en tant que candidats aux municipales de 2014, défendu le bilan de l’Anru 1 [le dispositif lancé par Jean-Louis Borloo en 2004 et qui a créé l'Anru, l'Agence nationale pour la rénovation urbaine, NDLR]. J’ai cru en l’Anru 2, le programme de renouvellement urbain lancé par François Hollande en 2014. A l’époque, 5 milliards d’euros était annoncés. J’ai cru en Emmanuel Macron qui, en novembre dernier à Clichy-sous-Bois, chez nous en Seine-Saint-Denis, a annoncé que le budget de l’Anru 2 passerait de 5 à 10 milliards d’euros. Mais ces chiffres faramineux ne se traduisent pas sur le terrain. En 2020, au moment des prochaines municipales, il n’y aura toujours aucune réalisation concrète dans le quartier classé « Anru 2″ de ma ville d’Aulnay.

 

 

Qu’est-ce qui bloque?
L’argent n’arrive pas pour des raisons essentiellement administratives. L’Anru est devenue un monstre technocratique. J’ai fait une dizaine de comités d’engagement où le maire se retrouve à expliquer et réexpliquer ses projets pour ensuite devoir mandater des bureaux d’études, puis créer des services pour gérer les procédures. Aujourd’hui, quand je vais dans le quartier classé « Anru 2″, je ne peux pas dire « ça, c’est un projet qu’a permis l’action de l’Etat ». Jean-Louis Borloo, dans son rapport, indique qu’il faut d’abord terminer la rénovation des quartiers de « l’Anru 1″ puis de « l’Anru 2″. Mais dans certains cas, cette rénovation n’a même pas commencé! Si déjà une enveloppe de dix milliards d’euros ne trouve aucune traduction dans le réel, pourquoi promettre plus?

 

Le problème vient-il de la seule agence Anru?
La complexité administrative est à tous les niveaux. Nous devons par exemple détruire une barre d’immeuble à Aulnay. Ça fait deux ans que le projet est annoncé, mais nous avons des problèmes de marchés publics, de délais, de décisions administratives… Et pendant ce temps-là, les habitants attendent et ne comprennent pas. Les quartiers populaires sont qualifiés par Jean-Louis Borloo de territoires extra-ordinaires, mais l’Etat leur applique tous les blocages administratifs du droit commun. Bien sûr qu’il faut repenser la structure de l’Anru, mais il y a un problème, plus général et très français, de normes trop lourdes. Résultat : on ne participe pas à recrédibiliser la parole politique auprès des citoyens.

 

 

Le gouvernement a déjà entrepris plusieurs réformes, comme le dédoublement des classes de CP en zones d’éducation prioritaire ou encore la mise en place de la police de sécurité du quotidien (PSQ). Quel bilan faites-vous de ces mesures?
Ce sont de bonnes mesures et je suis le premier, bien que je ne sois pas de leur camp politique, à avoir proposé ma ville pour les expérimenter. Mais le dédoublement des classes de CP, ce n’est pas seulement trouver des professeurs en plus. Il faut aussi faire des travaux dans les écoles. L’Etat demande aux collectivités de les faire, alors qu’il nous retire de l’argent par ailleurs. Aulnay fait partie des laboratoires de la PSQ. Celle-ci a été annoncée le 15 août 2017, mais elle a été repoussée en octobre 2017. En février dernier, on nous a dit que concrètement, tout ça ne se fera qu’au mois de septembre 2018. Non seulement les effets d’annonce ne suivent pas, mais ils font perdre du crédit à l’élu local qui s’est engagé en soutenant ces processus.

 

Jean-Louis Borloo émet notamment l’idée d’une académie des leaders inspirée de l’ENA. Faut-il faire émerger une élite des quartiers?
Le constat est juste : peu de hauts fonctionnaires ont un vécu des quartiers ou des villes populaires. Mais je crois quand même dans le concours à la française. De plus, de nombreux dispositifs existent déjà, comme les cadets de la République [pour devenir gardien de la paix, NDLR], les internats d’excellence ou la formation Sciences Po [pour les jeunes issus des banlieues]. Et presque à chaque fois, la logique financière a abouti à un flop. Plutôt qu’un dispositif novateur, commençons d’abord par mettre de l’argent pour faire avancer ce qui existe.

 

Dans cette logique, pronostiqueriez-vous l’échec du prochain plan banlieues?
Si j’étais pessimiste, j’aurai déjà démissionné comme Stéphane Gatignon [le maire de Sevran, en Seine-Saint-Denis, a quitté ses fonctions avec fracas le 27 mars dernier, NDLR]. Ce n’est pas le cas. De plus, je n’aime pas les gens qui vivent sur l’idée que rien n’a été fait. Ce n’est pas vrai. Beaucoup d’argent public a été donné, investi depuis 2004. Et les choses évoluent. Il ne faut pas noircir le tableau. En revanche, au-delà des problèmes financiers et technocratiques, l’Etat n’a pas mesuré, et ne mesure peut-être pas encore, l’ampleur du retard pris.

 

Y a-t-il eu un rendez-vous raté entre Emmanuel Macron et les banlieues?
Moi, je me retrouve, en tant qu’élu Les Républicains, entre mon parti qui ne parle que de la France rurale et un Président qui ne s’adresse qu’aux grandes métropoles. De nombreux responsables au pouvoir, opposition comprise, ne connaissent pas, n’ont pas l’expérience des quartiers populaires. Certes Emmanuel Macron n’a jamais vécu en banlieue, mais même autour de lui, dans son gouvernement, personne ne comprend une partie de la population. Prenons l’exemple d’un Julien Denormandie [le secrétaire d'Etat qui chapeaute notamment le dossier du logement, NDLR] : il a une belle mécanique intellectuelle, mais il lui manque un vécu d’élu local.

 

 

Et vous diriez la même chose de Laurent Wauquiez?
Je ne suis pas convaincu que les instances dirigeantes de mon parti soient capables de parler des villes populaires. Le sujet ne doit d’ailleurs pas être abordé de manière partisane.

 

Dans son rapport, Jean-Louis Borloo reprend à Manuel Valls l’expression « apartheid » en évoquant « les idées d’inégalité des sexes et de séparation des genres dans l’espace public ». Ce mot vous choque-t-il?
Ce mot m’a toujours gêné. Il est tellement fort, connoté qu’il amène toujours à un débat caricatural. Quand Manuel Valls a utilisé ce mot, en janvier 2015, il parlait du problème de la reconstitution de l’offre [du logement social]. Alors Premier ministre, il défendait l’idée de reconstruire un logement social détruit en dehors du quartier dans lequel il se trouvait. Jean-Louis Borloo utilise aujourd’hui ce mot pour faire de la communication, pour choquer. Moi, je n’ai pas envie de le faire. Tout comme je souhaite bannir du débat des mots comme « stigmatisation ». Oui, nous avons aujourd’hui de l’illettrisme et même de l’illectronisme [une méconnaissance d'Internet et de maîtrise de l'information numérique, NDLR]. Oui, nous avons des inégalités entre les sexes, des problèmes de mobilité chez les femmes. Arrêtons d’utiliser des mots qui renvoient nos quartiers à l’image d’un zoo.

 

6 propositions à retenir du rapport Borloo :

  1. Relancer tous les projets de rénovation urbaine, à l’arrêt faute de budgets
  2. Doubler le nombre d’apprentis et d’alternants en trois ans et déployer à titre provisoire 720 conseillers supplémentaires de Pôle emploi
  3. Créer 30.000 postes et 300 maisons d’assistantes maternelles
  4. Développer la télémédecine et ouvrir 200 maisons de santé supplémentaire
  5. Ouvrir une Académie des leaders, une sorte d’ENA des banlieues

Banlieues : un plan de 48 milliards d’euros (Borloo)

 Banlieues : un plan de 48 milliards d’euros (Borloo)

Borloo propose, un grand plan 48 milliards d’euros d’investissements supplémentaires pour la qualité urbaine. Un chiffre que Jean-Louis Borloo a lancé devant les maires des grandes villes réunis vendredi à Dijon.les pistes de ce plan :

 

-des investissements avec une relance des grandes opérations de renouvellement urbain, via « des procédures d’instruction et de validation des projets significativement allégés ».

- de la souplesse  ensuite, en faisant davantage confiance aux initiatives locales et associatives (et donc… un peu moins aux grands opérateurs nationaux comme l’Afpa ou les Greta) dans le champ de l’insertion professionnelle ou de la « lutte contre l’illettrisme et l’illectronisme » (la fracture numérique).

- Du « décloisonnement » enfin :

« Il ne doit plus y avoir de chasses gardées, le projet de Borloo, c’est de s’attaquer à tout, sinon la République se meurt », précise-t-on parmi ses conseillers.

En matière éducative, cela reviendrait, par exemple, à réviser en profondeur la politique de ressources humaines de l’Education nationale, permettant de déployer des professeurs motivés et formés dans les zones d’éducation prioritaire. Ou à lancer un vaste plan de lutte contre le décrochage en partenariat avec les associations avec pour objectif de « remettre en activité, d’ici 2020, les 170.000 jeunes qui sortent chaque année sans qualification du système scolaire ».

En attendant les  grands édiles ont signé un appel commun, le « pacte de Dijon », pour que l’Etat donne « un nouveau souffle à la politique de la ville ». Le document appelle notamment à clarifier les responsabilités des collectivités locales et de l’État en matière de développement économique, d’accès à l’emploi, de formation, de renouvellement urbain, de désenclavement des quartiers populaires ou d’action sociale. Un appel qui reprend les travaux menés par Jean-Louis Borloo depuis l’automne. L’ancien ministre a d’ailleurs estimé à Dijon que le système actuel était « épuisé, éparpillé, sans stratégie », avant d’appeler à « totalement changer la méthode ».

Salafisme, violence, drogue, le résultat du mépris des banlieues

Salafisme, violence, drogue, le résultat du mépris des banlieues

 

Les plans banlieues ont succédé aux plans banlieues le plus souvent pour répondre à une montée du s jet dans l’actualité médiatique. Ensuite, le soufflet est retombé et  les zones de non droit livrées  à la régulation des délinquants. L’enjeu, ces évidemment de faire péter le ghetto comme l’indique le maire de Sevran mais c’est à la fois trop complexe et trop couteux, en plus politiquement sans grand retour car « ces gens là » ne votent guère. En outre, bien peu de responsables nationaux connaissent vraiment la problématique, peu ont approché ces banlieues et encore moins ont résidé à proximité. Du coup,  c’est sans  doute 500 zones urbaines sensibles qui se sont développées et caractérisées le commerce de drogue comme mode de régulation économique et sociale. Un terreau sur lequel prospère l’extrémisme religieux qui en profite, exploite la misère, l’ignorance et la marginalité de toute une jeunesse. Il est clair que le gouvernemenet Macron n’est pas taillé pour aborder cette problématique. Les ministres sociologiquement sont plus à même d’aborder le développement des métropoles branchée, hyper numérisée et aux Startups et entreprises  internationalisées. A coté, se sont développé des centaines de  banlieues qui sont de véritables barils de poudre, des zones de non-droit délaissées  économiquement et socialement où les trafics en tous genres constituent l’activité principale. La responsabilité en incombe à l’État tout autant qu’aux élus locaux. Depuis des dizaines d’années, les plans banlieue se sont accumulés, des plans souvent élaborés à l’occasion de poussées de fièvre ou à l’occasion d’élection mais sans lendemain. Des plans qui se réduisaient souvent à financer des animateurs sociaux pour masquer la misère autant que la colère. Mais pas vraiment de plan relatif au développement économique, à la refonte de l’urbanisme et à la formation de jeunes non seulement sans diplôme mais sans maîtrise des fondamentaux. Une sorte d’économie et de société parallèle s’est alors imposée. Une situation sur laquelle on a fermé les yeux et qui a même parfois été encouragée par des élus locaux dans un but électoraliste. S’y ajoutent évidemment un autre facteur déterminant à savoir l’échec patent de l’institution scolaire transformée souvent en garderie dans les zones les plus difficiles. Une institution scolaire déjà incapable de transmettre les fondamentaux sur le reste des territoires. (20 à 30 % des élèves entrant en secondaire ne maîtrisent  ni la langue ni les bases du calcul)  du fait des dégâts du pédagogisme et du laxisme disciplinaire. La  responsabilité de la dégradation des banlieues n’incombe pas seulement à l’institution scolaire, aussi bien sûr aux parents, aux responsables locaux et nationaux et à la société toute entière.

Banlieues abandonnées : Le maire de Sevran démissionne

Banlieues abandonnées : Le maire de Sevran démissionne

C’est  un soutien de Macron maire d’une ville de banlieue difficile qui démissionne en raison de désintérêt de l’Etat  vis-à-vis des banlieues en général. Il a été notamment déçu par la rencontre avec le ministre de la cohésion du territoire « où le Ministre semblait plus   intéressé par son chien que par ce que disait les maires des banlieues de l’association blanc-bleu –zèbre ». Il faut rappeler que Jacques Mézard, ministre des territoires  a été mis à là un peu par hasard. L’ancien sénateur du Cantal qui ne connait pas grand chose aux banlieues a suppléé Richard Ferrand pris dans les affaires.

Le maire de Sevran  explique au Monde les raisons de son départ.

Pourquoi renoncez-vous à votre mandat de maire de Sevran avant son terme ?

J’ai été élu à 31 ans, cela fait donc dix-sept ans que j’exerce cette fonction. Dix-sept ans durant lesquels on s’est battus comme des fous pour transformer Sevran, attirer de grands projets, comme l’arrivée du métro, faire exister la ville en dehors de la rubrique faits divers. Mon but a toujours été de péter le ghetto, mais je crois que, malgré les déclarations qui vont dans ce sens, les gouvernements successifs ne partagent pas cet objectif. On continue à faire de la banlieue un monde parallèle, structuré comme une société précaire qui ne s’en sort que grâce aux solidarités, à la débrouille, à la démerde. Je pense aujourd’hui que cette situation arrange tout le monde. Alors, à un moment, on fatigue, on perd le jus…

Vous n’y croyez plus ?

En novembre 2012, j’ai mené une grève de la faim pour obtenir le remboursement des sommes dues par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine, l’ANRU, et de meilleures dotations pour les villes pauvres et notamment pour Sevran. Cette action extrême montrait qu’à ce moment-là j’y croyais encore. J’avais dit, en y mettant fin au bout de six jours, que je démissionnerai le jour où je n’y croirais plus. Nous y sommes. Aujourd’hui, les villes de banlieue sont tenues à la gorge et on nous traite comme si nous étions aussi riches que Puteaux. La loi de finances 2018 nous impose de ne pas augmenter nos budgets de fonctionnement…

 

Banlieues : des discours comme d’habitude mais peu d’action (Philippe Acensi)

 

Ce que constate en substance  Philippe Acensi, le président de l’association « Bleu blanc zèbre ». (Association de maires) qui s’exprime dans une interview du JDD.

 

Pourquoi la réunion jeudi soir avec le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard s’est-elle mal passée?
Nous sommes un peu dans une impasse.  Au-delà de cette rencontre, cela fait plusieurs mois que nous travaillons pour produire des solutions pour les quartiers. Des villes comme Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) ou Grigny (Essonne) sont au bord de la rupture. Il n’y a eu, par exemple, aucun signe après la suppression des emplois aidés. Nous sommes à la fois un peu abattus et inquiets quant à la suite. Nous avons fait des propositions fortes. Il faut désormais rentrer dans la phase d’action. Nous voulons voir le plus rapidement possible les ministres concernés par le plan Banlieue – éducation nationale, emploi, insertion – avec le ministre de la Ville et leur dire : « Qu’est-ce que vous avez envie de faire pour les quartiers français, pour la jeunesse de ce pays, pour supprimer le décalage qui existe entre les quartiers et le reste de la population? »

Quelle va être votre prochaine action?
L’une de nos propositions est de mettre en place un réseau de 5.000 coachs pour l’insertion des jeunes par le sport. Mardi prochain, le 27 mars, nous réunissons plus de 400 coachs issus de toute la France à Montreuil. Un certain nombre d’élus seront présents, le préfet de région Michel Cadot et une quinzaine de maires également. Il faut arriver à réinstaller de grandes dynamiques. Nous avons des propositions sur l’illettrisme, sur les femmes isolées… Dans les quartiers populaires, beaucoup de gens font déjà des choses. Faisons leur confiance! Nous sommes dans une forme d’impatience. Notre sujet n’est pas de tirer sur l’ambulance. J’ai vraiment envie qu’on nous donne la possibilité de faire exploser tous ces projets dans le bon sens.

Avez-vous l’impression que le gouvernement n’apporte que peu d’attention à ce sujet?
Nous avons besoin de savoir ce qu’il va se passer. Nous n’avons pas fait tout ce chemin pour rien! Nous ne sommes pas des activistes stériles, nous avons vraiment envie de passer à la phase d’action. Il y a urgence quand on connaît les problèmes aujourd’hui dans la plupart des quartiers français. Cette réunion [avec Jacques Mézard] n’a pas donné que des bons signes. Nous avons été refroidis.

Quelle est l’échéance de ce plan Banlieues?
Le président de la République avait parlé de fin mars. Nous attendons avec impatience le rapport de Jean-Louis Borloo début avril. Nous attendons beaucoup de ce rapport. Nous ferons aussi nos propositions le 12 avril prochain à Paris ; les Etats généraux se réuniront à l’espace Japy (11e arrondissement de Paris).

 

Jean-Louis Borloo vous a-t-il consulté pour son rapport?
On est main dans la main presque jour et nuit depuis plusieurs mois. Les Etats généraux sont allés le chercher car nous pensions que c’était le seul homme politique avec une vraie légitimité sur le sujet. Nous allons arriver à un point de convergence où tout le monde est prêt. Maintenant, il faut que nous sachions où l’on va, quelles propositions sont retenues. Je ne peux pas croire que ce travail reste lettre morte.

 

Sinon?
Le pays ferait une énorme erreur, car il y a une inquiétude et un risque d’explosion sociale majeur. Ce qui est en train de se passer est un énorme gâchis pour la jeunesse des quartiers. Il faut récréer des passerelles entre le monde économique et la jeunesse, de redonner la possibilité à tous ces grands acteurs d’accompagner la jeunesse. Nous sommes aussi à deux doigts d’un très grand projet nouveau et innovant pour les quartiers populaires. Ça peut basculer dans un sens ou dans un autre.

 

Vous vous réunissez cette semaine. Quelle va être la suite?
Nous nous réunissons mercredi pour décider de la suite. Nous avons déjà envoyé un courrier à Jean-Louis Borloo [suite à la réunion avec Jacques Mézard] pour lui faire part de nos inquiétudes et de notre incertitude quant à l’avenir de nos travaux. Mercredi, nous allons acter la date de restitution de nos propositions lors des Etats généraux du 12 avril prochain et entendre les uns et les autres. Après la réunion de jeudi, nous ne nous sommes pas dit qu’on arrêtait tout, mais nous avons été refroidis.

 

Plan Banlieues : des discours comme d’habitude mais peu d’action (Philippe Acensi)

Plan Banlieues : des discours comme d’habitude mais peu d’action (Philippe Acensi)

Ce que constate en substance  Philippe Acensi, le président de l’association « Bleu blanc zèbre ». (Association de maires) qui s’exprime dans une interview du JDD.

 

Pourquoi la réunion jeudi soir avec le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard s’est-elle mal passée?
Nous sommes un peu dans une impasse.  Au-delà de cette rencontre, cela fait plusieurs mois que nous travaillons pour produire des solutions pour les quartiers. Des villes comme Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) ou Grigny (Essonne) sont au bord de la rupture. Il n’y a eu, par exemple, aucun signe après la suppression des emplois aidés. Nous sommes à la fois un peu abattus et inquiets quant à la suite. Nous avons fait des propositions fortes. Il faut désormais rentrer dans la phase d’action. Nous voulons voir le plus rapidement possible les ministres concernés par le plan Banlieue – éducation nationale, emploi, insertion – avec le ministre de la Ville et leur dire : « Qu’est-ce que vous avez envie de faire pour les quartiers français, pour la jeunesse de ce pays, pour supprimer le décalage qui existe entre les quartiers et le reste de la population? »

Quelle va être votre prochaine action?
L’une de nos propositions est de mettre en place un réseau de 5.000 coachs pour l’insertion des jeunes par le sport. Mardi prochain, le 27 mars, nous réunissons plus de 400 coachs issus de toute la France à Montreuil. Un certain nombre d’élus seront présents, le préfet de région Michel Cadot et une quinzaine de maires également. Il faut arriver à réinstaller de grandes dynamiques. Nous avons des propositions sur l’illettrisme, sur les femmes isolées… Dans les quartiers populaires, beaucoup de gens font déjà des choses. Faisons leur confiance! Nous sommes dans une forme d’impatience. Notre sujet n’est pas de tirer sur l’ambulance. J’ai vraiment envie qu’on nous donne la possibilité de faire exploser tous ces projets dans le bon sens.

Avez-vous l’impression que le gouvernement n’apporte que peu d’attention à ce sujet?
Nous avons besoin de savoir ce qu’il va se passer. Nous n’avons pas fait tout ce chemin pour rien! Nous ne sommes pas des activistes stériles, nous avons vraiment envie de passer à la phase d’action. Il y a urgence quand on connaît les problèmes aujourd’hui dans la plupart des quartiers français. Cette réunion [avec Jacques Mézard] n’a pas donné que des bons signes. Nous avons été refroidis.

Quelle est l’échéance de ce plan Banlieues?
Le président de la République avait parlé de fin mars. Nous attendons avec impatience le rapport de Jean-Louis Borloo début avril. Nous attendons beaucoup de ce rapport. Nous ferons aussi nos propositions le 12 avril prochain à Paris ; les Etats généraux se réuniront à l’espace Japy (11e arrondissement de Paris).

 

Jean-Louis Borloo vous a-t-il consulté pour son rapport?
On est main dans la main presque jour et nuit depuis plusieurs mois. Les Etats généraux sont allés le chercher car nous pensions que c’était le seul homme politique avec une vraie légitimité sur le sujet. Nous allons arriver à un point de convergence où tout le monde est prêt. Maintenant, il faut que nous sachions où l’on va, quelles propositions sont retenues. Je ne peux pas croire que ce travail reste lettre morte.

Sinon?
Le pays ferait une énorme erreur, car il y a une inquiétude et un risque d’explosion sociale majeur. Ce qui est en train de se passer est un énorme gâchis pour la jeunesse des quartiers. Il faut récréer des passerelles entre le monde économique et la jeunesse, de redonner la possibilité à tous ces grands acteurs d’accompagner la jeunesse. Nous sommes aussi à deux doigts d’un très grand projet nouveau et innovant pour les quartiers populaires. Ça peut basculer dans un sens ou dans un autre.

Vous vous réunissez cette semaine. Quelle va être la suite?
Nous nous réunissons mercredi pour décider de la suite. Nous avons déjà envoyé un courrier à Jean-Louis Borloo [suite à la réunion avec Jacques Mézard] pour lui faire part de nos inquiétudes et de notre incertitude quant à l’avenir de nos travaux. Mercredi, nous allons acter la date de restitution de nos propositions lors des Etats généraux du 12 avril prochain et entendre les uns et les autres. Après la réunion de jeudi, nous ne nous sommes pas dit qu’on arrêtait tout, mais nous avons été refroidis.

Violences à Saint-Denis : le résultat de la politique des banlieues et de l’échec scolaire

violences à Saint-Denis : le résultat de la politique des banlieues et de l’échec  scolaire

 

On ne peut sans doute pas réduire le phénomène de violence du lycée de Saint-Denis à quelques facteurs explicatifs trop simplistes. Comme souvent pour les problèmes complexes, il y a interaction de différents facteurs, des facteurs économiques, sociaux, politiques et sociétaux. Pour autant, la politique des banlieues- comme la politique de l’institution scolaire -mérite notamment d’être mise en cause. Depuis longtemps,  certaines banlieues sont de véritables barils de poudre, des zones de non-droit délaissées  économiquement et socialement où les trafics en tous genres constituent l’activité principale. La responsabilité en incombe à l’État tout autant qu’aux élus locaux. Depuis des dizaines d’années, les plans banlieue se sont accumulés, des plans souvent élaborés à l’occasion de poussées de fièvre ou à l’occasion d’élection mais sans lendemain. Des plans qui se réduisaient souvent à financer des animateurs sociaux pour masquer la misère autant que la colère. Mais pas vraiment de plan relatif au développement économique, à la refonte de l’urbanisme et à la formation de jeunes non seulement sans diplôme mais sans maîtrise des fondamentaux. Une sorte de ’économie et de société parallèle se sont alors imposées. Une situation sur laquelle on a fermé les yeux et qui a même parfois été encouragée par des élus locaux dans un but électoraliste. S’y ajoutent évidemment un autre facteur déterminant à savoir l’échec patent de l’institution scolaire transformée souvent en garderie dans les zones les plus difficiles. Une institution scolaire déjà incapable de transmettre les fondamentaux sur le reste des territoires. (20 à 30 % des élèves entrant en secondaire ne maîtrise ni la langue ni les bases du calcul)  du faîte des dégâts du pédagogisme et du laxisme disciplinaire. Du coup les violences inadmissibles constatées dans un lycée de Saint-Denis illustre bien la chienlit de certaines banlieues. Cette fois comme l’indique le monde Un « seuil symbolique » vient d’être franchi dans « l’escalade de la violence » ….. En septembre, c’est l’agression d’un surveillant qui avait mis le feu aux poudres. Ces jours-ci, si l’« affaire Théo » a sans doute pu jouer comme un déclencheur, à l’image des blocus d’établissements organisés en région parisienne ces dernières semaines pour dénoncer les violences policières, ce n’est pas selon eux le problème de fond. « On est dans une institution scolaire qui ne remplit plus ses missions et qui met les gamins en situation d’échec », analyse un personnel du lycée. « Les pouvoirs publics se renvoient la balle, distinguant violences scolaires et violences urbaines, le lycée de la cité, « nos » élèves et « ces » jeunes, mais les frontières sont perméables », martèlent des professeurs. « Si l’institution n’écoute pas les lanceurs d’alerte sur la situation dans les banlieues, reprend Aurélie Gigot, si elle refuse toute réflexion de fond sur les inégalités territoriales, on va dans le mur ».

Banlieues : la chienlit encouragée par un débat manichéen

Banlieues : la chienlit encouragée par un débat manichéen
Le résultat de la plupart des débats contradictoires et partisans sur la banlieue non seulement va renforcer les clivages mais enfoncer encore un peu plus ces territoires perdus. Pour les uns, il faut à tout prix donner raison à la police ; pour les autres au contraire, dénoncer les répressions policières quotidiennes. Des partis pris très manichéens qui ne feront qu’enfoncer un peu plus les banlieues dans la déshérence économique, sociale et sociétale. Pour caricaturer, d’un côté les bobos gauchistes qui remettent en cause le principe d’ordre, de l’autre les xénophobes qui tapent sur les immigrés. Avec en toile de fond une instrumentalisation politique d’événements dont les facteurs explicatifs sont nombreux et très anciens. Bien entendu, on ne saurait tolérer les bavures policières qui mettent en cause les libertés individuelles et prennent parfois la forme de violences inexcusables. Ces bavures méritent d’être sévèrement sanctionnées. Pour autant, il faut souvent un grand courage au service de l’ordre pour pénétrer dans certaines zones de non-droit transformées en comptoirs de la drogue et trafics en tout genre. Des zones socialement sinistrées dont le taux de chômage atteint parfois 70 % chez les jeunes. Des générations perdues faute de qualification professionnelle et faute même de formation initiale. Les responsabilités sont multiples, les gouvernements successifs avec leur fumeux plans banlieue, les collectivités locales complices tacites du développement de zones de non-droit, les parents bien sûr, aussi le laxisme et l’inefficacité du système éducatif. Les événements d’Aulnay-sous-Bois, comme d’autres précédemment ont donné un coup de projecteur sur une problématique des banlieues dont la page sera vite tournée. La plupart de ceux qui s’expriment sur cette question : politiques, sociologues, élus locaux et autres vedettes du showbiz ne mettent pas les pieds dans ces territoires, dans ces cités, dans ces HLM où des bandes de désœuvrés imposent leurs lois. Ils n’y résident pas, n’envoient pas leurs enfants dans les écoles proches et ne fréquentent pas quotidiennement ces populations. Les principales victimes sont les habitants eux-mêmes de ces zones, c’est-à-dire 80 à 90 % de résidents qui courbent l’échine en traversant le hall de leur HLM pour ne pas attirer l’attention des petits caïds qui régulent la vie sociétale de ces quartiers. Encore une fois, les responsabilités sont multiples et on ne réglera pas cette question d’un coup de baguette magique ou avec des choix simplistes se limitant soit à imposer l’ordre par la force, soit accepter (voire encourager) le désordre. Le symbole des voitures brûlées pour caractériser ce désordre est assez significatif de la méconnaissance de la vie réelle dans ces zones. Des voitures qui sont brûlées à l’occasion des manifestations qui se déroulent actuellement dans certaines banlieues. Mais on oublie qu’en temps « normal », chaque nuit ou presque, des voitures sont brûlées sans parler évidemment des autres exactions souvent autrement plus importantes. Certains élus locaux ont même pris le parti d’acheter la complicité des journalistes locaux pour éviter d’en parler. Le manichéisme de certains analystes nourrit surtout une grande méconnaissance de la réalité des banlieues et loin d’éclaircir la question, on obscurcit encore davantage une problématique aux multiples dimensions : économique, sociale, sociétale et culturelle. Bref la caricature et la chienlit.

 

Aulnay-Banlieues : le manichéisme irresponsable ou la chienlit

Aulnay-Banlieues : le manichéisme  irresponsable ou la chienlit

Le résultat de la plupart des débats contradictoires et partisans sur la banlieue non seulement va renforcer les clivages mais enfoncer encore un peu plus ces territoires perdus. Pour les uns,  il faut à tout prix donner raison à la police, pour les autres au contraire dénoncer les répressions policières quotidiennes. Des partis pris très manichéens qui ne feront qu’enfoncer un peu plus les banlieues dans la déshérence économique, sociale et sociétale. Pour caricaturer, d’un côté les sociologues de gauche qui remettent en cause le principe d’ordre, de l’autre les xénophobes qui tapent sur les immigrés. Avec en toile de fond une instrumentalisation politique d’événements dont les facteurs explicatifs sont nombreux et très anciens. Bien entendu on ne saurait tolérer les bavures policières qui mettent en cause les libertés individuelles et prennent parfois la forme de violences inexcusables. Pour autant il faut souvent un grand courage au service de l’ordre pour pénétrer dans certaines zones de non-droit transformé en comptoirs de la drogue et trafics en tout genre. Des zones socialement sinistrées dont le taux de chômage atteint parfois 70 % chez les jeunes. Des générations perdues faute de qualification professionnelle et faute même de formation initiale. Les responsabilités sont multiples, les gouvernements successifs avec leur fumeux plans banlieue, les collectivités locales complices tacites du développement de zones de non-droit, les parents bien sûr, aussi le laxisme et l’inefficacité du système éducatif. Les événements d’Aulnay-sous-Bois, comme d’autres précédemment ont donné un coup de projecteur sur une problématique des banlieues dont la page sera vite tournée. La plupart de ceux qui s’expriment sur cette question : politique, sociologues, élus locaux et autres « experts » non jamais mis les pieds dans ces territoires, dans ces cités, dans ces HLM où des bandes de désœuvrés imposent leurs lois. Ils n’y résident pas, n’envoient pas leurs enfants dans les écoles proches et ne fréquentent pas quotidiennement ces populations. Les principales victimes sont les habitants eux-mêmes de ces zones, c’est-à-dire 80 à 90 % de résidents qui courbent l’échine en traversant le hall de leur HLM pour ne pas attirer l’attention des petits caïds qui régulent la vie sociétale de ces quartiers. Encore une fois, les responsabilités sont multiples et on ne réglera pas cette question d’un coup de baguette magique ou avec des choix simplistes se résumant soit à imposer l’ordre par la force,  soit accepter (voire encourager) le désordre. Le symbole des voitures brûlées pour caractériser ce désordre est assez significatif de la méconnaissance de la vie réelle dans ces zones. Des voitures qui sont brûlées à l’occasion des manifestations qui se déroulent actuellement dans certaines banlieues. Mais on oublie qu’en temps  «  normal » chaque nuit ou presque des voitures sont brûlées sans parler évidemment des autres exactions souvent autrement plus importantes. Certains élus locaux ont même pris le parti d’acheter la complicité des journalistes locaux pour éviter d’en parler. Le manichéisme de certains analystes nourrit surtout une grande méconnaissance de la réalité des banlieues et  loin d’éclaircir la problématique, on  obscurcit encore davantage l’analyse d’une question aux multiples dimensions : économique, sociale, sociétale et culturelle. Bref la chienlit.

«Pour une vraie offensive anti-racaille dans les banlieues» (Malek Boutih)

«Pour une vraie offensive anti-racaille dans les banlieues» (Malek Boutih)

 

Malek Boutih, député PS de l’Essonne qu’on ne peut soupçonner d’être de droite reprend la sémantique de Sarkozy en considérant qu’il faut nettoyer la racaille dans les banlieues. Pour autant il marche sur des œufs et demeure plus que prudent à l’égard de la nécessité de renforcer le dispositif pénal pour punir plus sévèrement les délinquants et les criminels. Bref toute la contradiction de la gauche qui lève le tabou du déni de non-droit de certaines zones mais hésite à prendre les mesures nécessaires pour rétablir l’ordre républicain. Le constat est quand même pertinent quand l’ancien président de SOS racisme dénonce une certaine complicité des élus avec les délinquants, une complicité tacite voir active. Sur RTL, Malek Boutih A estimé que les forces de l’ordre sont confrontées à un «nouveau gangstérisme né de la prohibition de la drogue, de l’abandon des territoires, d’une décentralisation qui fait qu’on a des élus locaux parfois, soit qui parlementent avec les voyous, soit les laissent faire, soit qui disent «Il me faut de l’argent, de l’argent»». «La politique du chèque, c’est une politique d’échec», a asséné le soutien de Manuel Valls pour qui «les voyous dont il est question, ce ne sont pas simplement des délinquants, ce sont des gens dont je rappelle qu’une partie d’entre eux aide des terroristes qui assassinent des Français et des policiers.» Pour autant, il se dit contre les «gadgets» tels que «les peines de plus en plus répressives» qui ne dissuadent pas les fauteurs de trouble. «L’urgence, elle est qu’on ait une politique qui s’arrête de s’occuper de ceux qui sont à la marge, et qu’on s’occupe de tous les jeunes de banlieue qui ne sont pas des voyous», milite Malek Boutih. Selon lui, «le contrôle des voyous viendra d’un travail de police et de justice, mais aussi du fait que la population les rejette. Or, aujourd’hui, ils sont parfois comme des poissons dans l’eau dans certains quartiers».

(Avec Le Figaro)

 

 

Politique des banlieues : un raté national (Cambadélis)

Politique des banlieues : un raté national (Cambadélis)

Après Malek Bouthie, c’est Cambadélis qui adresse u carton jaune au gouvernement à propos des banlieues. Selon le premier secrétaire du Parti socialiste, la politique menée pour les banlieues est « un raté national ». Il considère que «   on ne s’occupe pas des banlieues où vivent de très nombreux Français, et ceci depuis très longtemps ». Le député de Paris assure ne pas vouloir « laisser ces populations, ces Français, ces citoyens au bord du chemin ». Jean-Christophe Cambadélis semble par ailleurs ne pas s’inquiéter del’accueil très froid reçu par François Hollande lors de son déplacement à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), alors qu’il y avait obtenu 65% des voix lors de la dernière présidentielle. « On verra le score à la prochaine présidentielle, élude-t-il. Ça peut être un score hautement majoritaire. Parce que ce n’est pas ce que proposent la droite et l’extrême droite qui va répondre aux problèmes des quartiers« . L’élu considère toutefois que le Président aurait dû aller « beaucoup plus souvent » en banlieue depuis le début de son mandat.

Après Hollande, Valls en visite électorale dan les banlieues

Après Hollande, Valls en visite électorale dan les banlieues

 

Près la visite chahutée de Hollnde en Seine St Denis, Valls veut monter que, lui, peut rendre une visite apaisée aux banlieues difficiles. Même sans effet d’annonce. De toute évidence Valls se prépare pour le cas où en 2017….Manuel Valls a donc tenté lundi aux Mureaux (Yvelines) de répondre à l’impatience des territoires défavorisés déçus par les politiques gouvernementales, promettant d’ »agir » encore pour enrayer le « sentiment d’abandon » de ces quartiers. A la veille du dixième anniversaire du début de la vague de violences qui avait embrasé les banlieues en 2005, le Premier ministre et dix-sept membres du gouvernement ont fait le point sur le plan lancé au printemps dernier lors d’un premier comité interministériel sur l’égalité et la mixité sociale.   »Dix ans après, nous sommes ici aux Mureaux, pas pour annoncer un nouveau plan Marshall ou pour injecter de nouveaux milliards pour acheter la paix sociale », a-t-il déclaré en référence au projet annoncé par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était au pouvoir et raboté faute de moyens budgétaires. « Nous sommes ici, ensemble, pour agir. » Il a dit comprendre l’impatience des citoyens dans l’attente des résultats de la Politique de la ville lancée il y a 30 ans, qui comprend notamment des programmes de rénovation urbaine et de lutte contre le chômage.   »Même si nous agissons depuis longtemps (…), même si nous avons mis des moyens mérités, nécessaires, indispensables, les résultats, tout le monde le sait, ne sont pas encore la hauteur des attentes », a dit le chef du gouvernement.  A l’occasion de ce déplacement, le gouvernement a publié une première liste noire de 36 communes dans lesquelles l’Etat compte reprendre la main pour compenser le refus de la mairie de respecter le quota de 20% à 25% de logements sociaux imposé par la loi Solidarité et renouvellement urbain (SUR).  Y figurent notamment Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), berceau électoral du président des Républicains, Nicolas Sarkozy, et Fréjus (Var), ville dirigée par le Front national.   Programmé le jour du lancement de la campagne des élections régionales des 6 et 13 décembre, ce déplacement était l’occasion de s’adresser à des habitants de quartiers souvent déçus par la politique du gouvernement socialiste, qui y avait fait de bons scores lors des scrutins de 2012.

Banlieues : « ce ne sont plus des émeutiers, ce sont des terroristes »(Boutih)

Banlieues : « ce ne sont plus des émeutiers, ce sont des terroristes »(Boutih)

Le député PS de l’Essonne juge que « les choses sont plus difficiles aujourd’hui » dans certains quartiers de banlieue.  « C’est plus difficile aujourd’hui qu’avant », a-t-il déclaré ce dimanche 25 octobre sur BFMTV. L’ancien président de SOS Racisme estime que la situation a évolué « dans le mauvais sens ». Toutefois, il juge nécessaire de « faire attention aux raccourcis, on ne peut pas faire porter au président de la République la responsabilité de la situation« . « Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installé depuis plusieurs années qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant ces quartiers produisent des terroristes« , pense l’élu francilien. « C’est donc extrêmement différent, dix ans après ce ne sont plus des émeutiers, ce sont des terroristes« , insiste-t-il.  Malek Boutih dénonce une mauvaise compréhension du problème : « Tant qu’on n’a pas le bon diagnostic, on se trompe dans les traitements qu’on donne », avertit-il. « Pour l’essentiel des observateurs, au-delà des clivages, la question de la banlieue a toujours été vécue comme ‘ce sont les quartiers pauvres et modestes, quand l’économie ira mieux, ça ira mieux dans ces quartiers’ », estime le député. « Il y a une dimension économique qui est réelle (…), mais ce n’est pas le cœur de la dérégulation. La réponse, elle est politique », affirme Malek Boutih.  « Finalement, ces quartiers, c’est le point le plus déformant d’une évolution générale de la société », estime-t-il encore. Il y voit « un peu l’avant-garde de tous les problèmes qu’on connaît : développement de la violence, individualisation, perte de repères, perte de confiance dans la politique ». En juillet, Malek Boutih avait remis au Premier ministre Manuel Valls un rapport controversé : « Génération radicale ». Il s’y inquiétait de la radicalisation djihadiste de certains jeunes Français.

Hollande soutient les banlieues …et les zones rurales ?

Hollande soutient les banlieues …et les zones rurales ?

 

Hoolnde a encouragé la ration d’entreprise’ dans les banlieues en se rendant à L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne). C’est bien mais on se demande quand il se préoccupera aussi des zones rurales en plein désertification voir article) . Hollande  a supervisé la signature d’une levée de fonds de 44 millions d’euros par Impact Partenaires impliquant des banques comme BNP Paribas et des sociétés d’assurances comme Axa, mais aussi la Banque publique d’investissement à hauteur de 13 millions d’euros. Ce fonds permettra d’investir entre 200.000 et un million d’euros dans des PME ayant un chiffre d’affaires compris entre un et 10 millions d’euros afin de soutenir leur développement.  « Nous sommes dans un moment essentiel, celui de la reprise des investissements mais il ne peut pas y avoir d’investissement sans financement. C’est tout le sens de cette initiative », a souligné le chef de l’Etat.  François Hollande a visité l’entreprise de vêtements de style sportswear Wrung, créée en 1995 par cinq amis graffeurs et qui compte désormais 16 salariés, pour un chiffre d’affaires annuel de cinq millions d’euros. « C’est dans les quartiers que les jeunes veulent faire le plus pour la création d’entreprise. C’est là qu’il y a la plus grande envie d’entreprendre, donc on ne doit pas laisser passer cette chance », a dit François Hollande. Selon des données fournies par l’Elysée, le taux de création d’entreprises dans les 1.500 quartiers relevant de la politique de la ville est le double de la moyenne nationale. Alors qu’un habitant sur deux a moins de 25 ans dans ces territoires, plus de la moitié des jeunes souhaitent créer leur entreprise, ajoute-t-on.

 

Chômage : 30% des jeunes dans le monde arabe….comme dans nos banlieues

Chômage :  30% des jeunes dans le monde arabe….comme dans nos banlieues

 

 Une info de l’AFP sans doute pour étonner voire indigner , 30% de jeunes dans les pays arabes sont au chômage. Une information sur une situation pourtant très proche de celle de la France dans nos banlieues. Et fait moins connu  de celle de nos jeunes dans les zones rurales défavorisées. L I n’y a donc pas lieu de regarder avec condescendance ce qui se passe d’as les pays arabes. N’oublions pas que le taux officiel du chômage en France est de 10% , ceste une  moyenne, il y a beaucoup de dispersion autour de cette moyenne. Une moyenne par ailleurs faussée par le faiat que nombre de jeunes ( et d’autres)  ne figurent pas sur les listes de pôle emploi ,‘simplement parce qu’ils ne peuvent toucher aucune indemnité. En fait le taux réel de chômage est de l’ordre de 15% Certes il ya des causes spécifiques dans les pays arabes mais pour les jeunes cela ne change pas grand-chose en matière d’emploi.   Plus de 30% des jeunes arabes sont donc au chômage en raison des conflits dans leurs pays et du manque d’investissements créateurs d’emplois, a indiqué dimanche un responsable arabe. « Le taux de chômage parmi les jeunes arabes jusqu’à l’âge de 30 ans dépasse 30%. Les troubles et le manque d’investissements ont favorisé l’augmentation du nombre des chômeurs », a déclaré à l’AFP le directeur général de l’Organisation arabe du travail, Ahmad Mohammed Luqman. Il a ajouté qu’un grand nombre de diplômés ne parviennent pas à trouver un emploi car leurs spécialisations ne sont pas demandées dans le secteur privé. « En raison des troubles dans plusieurs pays arabes, le nombre des chômeurs arabes a bondi de 2 millions depuis 2011, totalisant les 20 millions », a précisé M. Luqman en marge d’une conférence arabe sur le marché de l’emploi qui se tient à Koweït. A l’ouverture de cette conférence, M. Luqman a indiqué que le taux de chômage dans le monde arabe avait atteint 17% en 2014, soit « trois fois plus que le taux moyen du chômage dans le monde ». « Le nombre de chômeurs va certainement encore augmenter cette année et l’année prochaine », a-t-il dit sans fournir de chiffres. Le directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Guy Ryder, a prévenu que la persistance du chômage des jeunes menaçait la stabilité de la région. « Les pays arabes font face à la tâche urgente et inévitable de répondre à la crise aiguë du chômage », a déclaré M. Ryder. « Ne pas offrir (aux jeunes) des opportunités d’un emploi décent, c’est une menace potentielle pour la stabilité de nos sociétés », a-t-il ajouté. Les difficultés économiques se sont accentuées dans les pays touchés par le Printemps arabe, qui a commencé en 2011 en Tunisie avant de s’étendre à l’Egypte, à la Libye, à la Syrie et au Yémen.

 

Banlieues : encore une nouvelle loi

 

Une loi de plus pour les banlieues, cette fois à partir du seul critère de banlieue pauvre. Alors que le climat reste explosif dans les quartiers populaires, comme l’ont rappelé les violences commises à Trappes (Yvelines) en juillet, le président François Hollande a réuni mercredi un séminaire gouvernemental sur la politique de la Ville.  Et le ministre en charge de ce portefeuille, François Lamy , présentera au Conseil des ministres un texte très technique en gestation depuis plusieurs mois.   »Ce projet de loi n’est pas l’alpha et l’oméga de la réponse publique dans les quartiers, il s’agit de réformer les outils de la politique de la Ville », a-t-il déclaré à l’AFP en espérant que les parlementaires puissent l’examiner à l’automne.  Depuis des années, les dispositifs se sont empilés au gré des réformes et des crises pour aboutir à un mille-feuille indigeste, où s’enchevêtrent sans se superposer les Zones urbaines sensibles (ZUS), les Contrats urbains de solidarité (Cucs), les Zones de redynamisation urbaine (ZRU), les Zones franches urbaines (ZFU).  Dans un souci de simplification, le projet de loi prévoit de les remplacer par des « quartiers prioritaires », dont le nombre devrait être de 1.300 contre 2.500 Cucs, ce qui permettra d’éviter un saupoudrage des crédits.  La réforme, envisagée par le précédent gouvernement, avait achoppé en 2009 face à la bronca des élus locaux, soucieux de ne pas perdre de précieux subsides. Pour éviter un tel scénario, le ministre a multiplié les rencontres et il ne rendra publique la nouvelle liste qu’en octobre.  Elle sera établie sur un seul critère, inscrit dans le projet de loi: la pauvreté. Feront partie de la nouvelle carte les zones où la moitié de la population perçoit moins de 60% du revenu fiscal médian, soit moins de 11.000 euros. Exit donc la présence de grands ensembles ou d’autres indicateurs sociaux (taux de propriétaires, de familles monoparentales, chômage…).  Cette définition devrait faire entrer dans la politique de la Ville des quartiers de Guéret (Creuse), Auch (Gers) ou Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) bien qu’ils soient situés dans des régions rurales. « Le critère de pauvreté est le plus englobant », a justifié François Lamy en soulignant, par exemple, que le Nord-Pas de Calais n’avait pas de grands ensembles malgré une grande précarité.  Certes les problématiques à Auch et à Trappes ne sont pas les mêmes, a-t-il reconnu. « Mais c’est déjà le cas entre les Zus de Brest et de Sevran (Seine-Saint-Denis) et tout s’affine ensuite au niveau local dans les contrats passés avec les élus. »  La politique de la Ville se construit en effet autour de contrats passés entre l’Etat et les élus locaux. Le projet de loi prévoit de les réunir dans un contrat de ville unique, signé au niveau de l’agglomération avec l’ensemble des acteurs locaux (Etat, élus mais aussi organismes sociaux, pôle de transport…).  Autre volet de la loi: la rénovation urbaine. Un grand chantier pour les quartiers avait été lancé en 2003 par Jean-Louis Borloo alors ministre de la Cohésion sociale. Il devait totaliser 40 milliards d’euros d’investissements, dont 12 milliards de subventions de l’Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU).  Censé se terminer au 31 décembre, il reste inachevé. Le projet de loi reporte à 2015 sa date de clôture et lance dès 2014 un nouveau programme – qui devrait porter sur 230 nouveaux quartiers – avec un concours de l’ANRU porté à 5 milliards d’euros « ce qui devrait permettre de lever deux à trois fois plus » de fonds, selon le ministre.  Enfin, le projet de loi prévoit une dotation spécifique pour la politique de la Ville. Elle remplacera la Dotation de développement urbain (DDU) qui s’élevait à 75 millions d’euros partagés entre les 100 communes les plus pauvres ayant une Zus.

 

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