Archive pour le Tag 'bâclé'

Réforme SNCF : un rapport trop partiel et un peu bâclé

Réforme SNCF : un rapport trop partiel et un peu bâclé

 

 

 

Rapport intéressant mais trop partiel et pour tout dire en peu bâclé même si globalement la problématique est abordée mais un peu simplifiée.   Une quarantaine de mesures sont proposées par Jean Cyrille Spinetta, qui a dirigé avec un certain brio Air France. Pourtant ce rapport apparaît trop partiel car Spinetta a rendu un rapport avec trois mois d’avance en se contentant  de ramasser toutes les évidences voire les banalités, aussi les remèdes bateaux dont certains pertinents d’autres très discutables et même contradictoires. . Il ne fait pas le lien avec la politique globale des transports, le développement durable ou encore l’aménagement du territoire. Ce caractère trop partiel est souvent inévitable quand on centre un rapport sur la seule gestion d’une entreprise alors  qu’il s’agit de redéfinir le rôle du rail (et pas seulement de la SNCF) en rapport aux autres modes de transport, à la solidarité territoriale  et aux enjeux écologiques. . Le fait d’attirer l’attention sur l’importance de la dette SNCF ne crédibilise pas pour autant l’analyse ou les solutions. En effet cette affaire de dette traîne depuis de 50 ans. Elle est  surtout liée au mode de financement du mode et à l’imputation des charges d’infrastructure. Il y a longtemps que l’État aurait du remettre les choses à plat, ce qu’on fait les Allemands en reprenant la totalité de la dette mais en imposant ensuite des critères de qualité et de gestion. La SNCF n’est certainement pas un modèle de gestion cependant elle ne saurait être tenue pour responsable d’un endettement qui découle surtout de décisions  du pouvoir politique concernant les grands investissements notamment les TGV (demain la mobilité urbaine)  La perspective de fermer les petites lignes non rentables n’est pas non plus une solution très nouvelle. Depuis notamment 1938,  elle a été largement pratiquée au point que le rail a disparu de la plupart des cantons en France,  on pourrait sans doute imaginer d’autres solutions que la suppression avec notamment d’autres modes de gestion passant par exemple par la privatisation et de nouveaux modes d’exploitation. . La proposition de supprimer le statut de cheminot est plus difficilement contestable surtout quand cette perspective n’est envisagée que pour les nouveaux entrants. De ce point de vue,  il ne faut pas confondre le concept de service public avec le statut de l’entreprise et la nature des conditions sociales des personnels. Un rapport qui met le doigt sur les fragilités bien connues de l’entreprise dans certaines solutions mérite d’être retenues  et discutées  mais dont  d’autres paraissent s inscrire dans le  strict intérêt financier de l’entreprise. Il paraît clair que Jean Cyrille Spinetta, très habile négociateur à Air France, s’y serait pris d’une autre façon s’il avait été en charge des négociations avec les syndicats. Mais en tant qu’expert largemenet inspiré par le gouvernemenet,  il n’a pas pris de pincettes se laissant même aller à quelques provocations. Pour résumer,  L‘ancien PDG d‘Air France, Jean-Cyril Spinetta fait 43 recommandations pour l‘avenir du transport ferroviaire, fragilisé financièrement et confronté à d‘importants défis avant l‘ouverture à la concurrence. “Trois milliards d‘euros de déficit de financement chaque année, c‘est un problème extrêmement concret et extrêmement lourd, qui appelle à l’évidence des décisions urgentes”, a-t-il dit lors d‘une conférence de presse. “Le rapport démontre sans ambiguïté la nécessité et l’urgence d’engager sans tarder une refondation de notre système ferroviaire”. Le rapport recommande d‘examiner la pertinence de maintenir des lignes peu utilisées, d‘envisager de ne plus embaucher sous le statut de cheminot et d‘enrayer l‘expansion des lignes TGV. Il suggère d‘autoriser la SNCF à recourir à des plans de départs volontaires, qui pourraient concerner 5.000 personnes. Il recommande de redresser les finances par des mesures de compétitivité et des ajustements des péages, redevances et dividendes. Une transformation qui passerait par la transformation de SNCF Réseau en société nationale à capitaux publics, associée à une garantie qu‘elle reste 100% publique. Pour donner de l‘air à SNCF Réseau, il propose de transférer à l‘Etat une partie de sa dette, qui s’élève à 46 milliards d‘euros, soit plus de deux points de produit intérieur brut. Il souligne cependant que ce transfert, qu‘il soit fait d‘un coup ou sur plusieurs années, s‘ajouterait en totalité au déficit public l‘année de cette décision, une gageure alors que la France vient de revenir sous la limite européenne de 3%. Concernant la mise en concurrence, qui doit commencer en 2019 et s‘achever au plus tard en 2023 pour les lignes subventionnées, selon un accord conclu au niveau européen, le rapport se penche sur la délicate question du transfert des personnels vers les nouveaux opérateurs. Il propose de garantir le maintien de leur rémunération nette, de leur ancienneté et de droits spécifiques concernant la retraite, la garantie d‘emploi et les facilités de circulation. Les arbitrages du gouvernement seront intégrés au projet de loi mobilités, prévu pour avril, qui comportera d‘autres chapitres importants comme les grands projets d‘infrastructure.

Edouard Philippe a précisé qu‘il recevrait la semaine prochaine la direction de la SNCF, les organisations syndicales représentatives, les régions, les usagers, l’établissement public de sécurité ferroviaire et l’autorité de régulation. “Le gouvernement présentera ensuite les thèmes qui seront abordés et la méthode de concertation qui sera suivie”, poursuit-il dans un communiqué. Il promet qu‘aucune décision sur le réseau ne sera prise sans “discussion étroite” avec les régions et les territoires.

Le référendum bâclé : ou la démocratie néandertalienne

Le référendum bâclé : ou la démocratie néandertalienne

 

 

Il est clair que le référendum ne saurait être considéré comme le nec plus ultra de la démocratie au contraire on peut légitimement considérer que le recours aux référendums bâclés relève d’une conception néandertalienne de la démocratie. Une démocratie qu’on réduit à un choix entre pour ou contre, comme si  la problématique était aussi simple. D’une certaine manière c’est le refus de la complexité à la  dimension sociale, économique, environnemental, financière et sociétale et qui se caractérise par un environnement organisationnel systémique. Du coup pour faire semblant de satisfaire aux contraintes démocratiques on simplifie la problématique jusqu’au ridicule. Exemple pour le brexit  avec l’argument massif des partisans de la séparation avec l’union économique : voter contre le brexit (c’est-à-dire se maintenir dans l’union économique)  s’est encourager l’immigration en Grande Bretagne. Faut-il rappeler que la Grande-Bretagne ne fait pas parti de l’espace Schengen. Le fait de quitter l’union européenne ne changera rien pour l’essentiel de l’immigration en provenance de l’Afrique ou des pays en guerre avec l’État islamique. Bien entendu d’autres facteurs explicatifs que l’immigration devraient être pris en compte pour comprendre les enjeux d’une appartenance à l’union économique européenne. Ce qui caractérise la qualité d’une démocratie, c’est le haut niveau du débat qui précède une éventuelle consultation. Un débat approfondi sur chacun des  éléments constitutifs de la problématique et sur leur interaction. Et non un agglomérat réducteur, au surplus mensonger, démagogique qui sollicite les plus bas intérêts et  les plus bas instincts. Réduire la démocratie à un vote contre simplificateur constitue une insulte au concept même de démocratie dont l’objet ne saurait être   d’encourager les clivages mais de trouver les compromis constructifs et unificateurs. Enfin on sait bien que la plupart des référendums sont instrumentalisés à des fins politiciennes et que leur objet initial est détourné de sorte que la consultation se réduit souvent à une forme d’expression de mécontentements qui n’ont pas grand-chose à voir avec le questionnement du référendum. Notons enfin que la démocratie directe est souvent l’outil de manipulation le plus utilisé dans les dictatures.

 

Régions : un redécoupage bâclé

Régions : un redécoupage bâclé

En quelques jours et même quelques heures, Hollande a redécoupé la France. Un redécoupage qui souvent ne tient pas compte de réalités économiques, culturelles notamment historiques. Sur  le plan économique il aurait par exemple fallu tenir compte des flux de biens autour des grands pôles logistique (donc des zones de production et de distribution) :  à peine une dizaine en France. Sur le plan culturel, aucune identité commune ne justifie certains rapprochements. Exemple la fameuse région centre, Poitou, Charentes, Limousin. La région la plus vaste de France qui en fait ressemble à une réserve d’indiens. Historiquement la région centre ne ressemblait déjà à rien, cette fois ce sera moins que rien. En fait Hollande a slalomé entre les procurations électorales des barons, les susceptibilités et les réalités. Alors que 7 des 22 régions actuelles resteraient seules, selon la réforme voulue par l’Elysée, un seul cas propose la fusion de trois d’entre elles : le Poitou-Charentes, le Centre et le Limousin. Résultat : une vaste région grande comme l’Autriche qui s’étend du bassin parisien à l’estuaire de la Gironde – en passant par la Corrèze -, sans capitale « naturelle ». Ses deux principales villes, Limoges et Tours, ne sont en effet pas parmi les 20 plus peuplées de France. Les responsables PS actuels des trois régions ont tenté de faire valoir les points positifs de cet alliage inattendu. La surprise est surtout pour le Limousin, qui pensait rejoindre l’Aquitaine. Le président socialiste de la région, Jean-Paul Denanot, affirmait lundi encore que cette fusion était « actée ». Ses services font désormais savoir que l’union avec le Poitou-Charentes permet tout de même l’accès espéré à la façade atlantique. A la tête du Poitou-Charentes, le successeur de Ségolène Royal, Jean-François Macaire, s’est félicité que sa région n’a pas été démantelée mais compte déjà sur « des évolutions » au Parlement. Enfin, François Bonneau, pour la région Centre, s’est également réjouit d’un territoire « tourné vers l’Ouest ». Mais le choix de François Hollande n’est pas du goût de tout le monde, en particulier des responsables UMP qui jugent cet ensemble incohérent. Les élus du Poitou-Charentes, notamment, regardaient déjà vers l’Aquitaine. « Socialisme féodal! », s’est insurgé sur Twitter l’ex-Premier ministre et sénateur de la Vienne, Jean-Pierre Raffarin. Le président du conseil général de Charente-Maritime, Dominique Bussereau a évoqué au Parisien une « magouille politique » entre les « trois copains de la promotion Voltaire de l’ENA » : François Hollande (Limousin), Ségolène Royal (Poitou-Charentes) et Michel Sapin (Centre). Statu quo pour l’une des régions qui alimentait le plus de crispations sur son sort. Entre la Bretagne, qui ne voulait pas d’elle, et la nouvelle région à l’Est qui englobe le Poitou-Charentes, les Pays-de-la-Loire resteront entre eux. A sa tête, le socialiste Jacques Auxiette, qui s’était prononcé pour une union avec l’ancienne région de Ségolène Royal, a estimé « raisonnable » la nouvelle carte. Il est surtout satisfait que l’unité de cette région ait été préservée, avant tout en ce qui concerne la Loire-Atlantique, dont le retour en Bretagne était évoqué. « Hollande confirme Vichy », s’est ainsi insurgé le député breton Marc Le Fur (UMP). Président PS de la région, Pierrick Massiot a quant à lui demandé un vote dans le département nantais. Egalement très en colère, le député EELV de la Loire-Atlantique, François de Rugy a regretté que cette nouvelle carte ait été « faite sur un coin de table ». Partisan lui aussi du rattachement du département à la Bretagne, il estime « incompréhensible » le maintien de la région Pays-de-la-Loire, « complètement artificielle » selon lui. Les partisans d’une fusion Bretagne-Pays-de-la-Loire, parmi lesquels l’ex-Premier ministre et maire de Nantes Jean-Marc Ayrault, en sont aussi pour leurs frais. « François Hollande fait du François Hollande, une politique du ni-ni », a résumé le président UMP du conseil général de Vendée, Bruno Retailleau. Autre surprise de taille : la région Picardie va devoir fusionner, non pas avec le Nord-Pas-de-Calais comme l’Elysée le souhaitait dans un premier temps, mais avec… la Champagne-Ardenne. Le président PS du conseil régional de Picardie, Claude Gewerc, s’est dit ainsi « très surpris » de cette union. « J’ai beaucoup de respect pour la Champagne, mais je ne comprends pas bien la cohérence », a-t-il déclaré, ajoutant que ce scénario « n’a jamais été évoqué » lors de ses discussions avec le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Avec sept départements, cette grande région aura un poids démographique modeste (3,3 millions d’habitants) mais son territoire sera très hétérogène : il s’étendra sur plus de 450 km entre le plateau de Langres, en Haute-Marne, et la baie de Somme. L’ensemble sera également frontalier de la Belgique, via les Ardennes. Une fusion « aberrante » pour le député UMP de la Haute-Marne Luc Chatel, qui a estimé que la logique de sa région était « le grand Est ». Un axe « Nord-Est » avec la Lorraine, mais sans l’Alsace, c’est aussi ce que souhaite le président PS de Champagne-Ardenne, Jean-Paul Bachy. Mais ce dernier dit désormais « chiche » à une union avec la Picardie. Député UMP du Pas-de-Calais, Daniel Fasquelle, affirme quant à lui « qu’il aurait été beaucoup plus cohérent de rattacher la Picardie, au moins la Somme, au Nord-Pas-de-Calais ».

 




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