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Énergie-Hydrogène : quel avenir ?

  • Énergie-Hydrogène : quel avenir ?
    • par Frédéric Gonand professeur d’économie à l’Université Paris Dauphine-PSL dans l’Opinion. 
    • L’hydrogène comme source d’énergie : l’hypothèse est relancée et prend beaucoup d’ampleur. Les attraits de la solution ne manquent pas. La combustion de l’hydrogène n’émet pas de CO2 ni de particules fines. L’hydrogène favorise le développement des sources intermittentes d’énergie électrique (éolien, photovoltaïque) grâce au stockage de leur pic de production d’électricité transformé en gaz par électrolyse de l’eau. Il peut être transporté par les gazoducs déjà existant et qui ont actuellement besoin d’être remplis. Il peut contribuer à renforcer la sécurité énergétique.
    • Dans le secteur de l’énergie, l’hydrogène produit par électrolyse à partir d’eau et d’électricité peut être combiné avec du CO2 pour produire du méthane de synthèse utilisable notamment dans la chimie. C’est le power-to-gas. Toutefois, ces transformations en série butent sur des problèmes physiques qui dégradent l’intérêt économique de l’activité. La transformation d’électricité en hydrogène consomme environ 30 % de l’énergie initiale, et celle en méthane de synthèse n’a un rendement que de 60 % au mieux. Ces pertes liées à la conversion contribuent à des coûts de production élevés de la filière : le coût complet de production d’hydrogène d’origine renouvelable est le triple, voir le quadruple, de celui du gaz naturel.
    • Coût d’investissement. Même si la tendance est à la baisse, l’écart est très important. L’hydrogène est aussi plus coûteux à liquéfier que le gaz naturel, donc plus coûteux à transporter sur longue distance. Au total, les coûts d’investissement élevés du power-to-gas ne peuvent être amortis qu’à condition de fonctionner au moins 50 % du temps – or de tels besoins de modulation ne devraient apparaître que vers 2035. Le modèle d’affaire ne deviendrait soutenable qu’en cas de décarbonation totale du secteur de l’énergie, et/ou à partir d’une taxe carbone supérieure à 300 euros/tCO2.
    • A moins long terme, la demande d’hydrogène pourrait décoller dans la sidérurgie. La production d’une tonne d’acier émet environ 1,5 tonne de CO2. La sidérurgie fabrique de la fonte en réduisant les oxydes de fer grâce à la combustion du coke : elle est responsable aujourd’hui de 7 % des émissions mondiales de CO2. La R&D du secteur développe de nouveaux hauts fourneaux électriques à gaz naturel qui réduisent de plus de moitié les émissions de CO2, et même des hauts fourneaux à hydrogène qui suppriment pratiquement toutes les émissions.
    • Le tournant est amorcé : Thyssenkrupp Steel Europe envisage, dans le cadre de sa stratégie tkH2steel, une conversion d’environ un tiers de sa capacité de production totale. A long terme, il pourrait être possible de produire tout l’acier primaire avec de l’hydrogène. De grandes quantités d’électricité à faible teneur en carbone seraient alors nécessaires (environ 2 500 TWh/an, soit 10 % de la production mondiale d’électricité), si possible à bas prix. Au final, les transformations de la production d’acier pourraient faire naître d’ici dix ans une demande structurelle importante pour l’hydrogène et l’électricité… et rentabiliseraient alors le power-to-gas.
    • Frédéric Gonand est professeur d’économie à l’Université Paris Dauphine-PSL.

Hydrogène : quel avenir ?

  • Hydrogène : quel avenir ?
    • par Frédéric Gonand professeur d’économie à l’Université Paris Dauphine-PSL dans l’Opinion. 
    • L’hydrogène comme source d’énergie : l’hypothèse est relancée et prend beaucoup d’ampleur. Les attraits de la solution ne manquent pas. La combustion de l’hydrogène n’émet pas de CO2 ni de particules fines. L’hydrogène favorise le développement des sources intermittentes d’énergie électrique (éolien, photovoltaïque) grâce au stockage de leur pic de production d’électricité transformé en gaz par électrolyse de l’eau. Il peut être transporté par les gazoducs déjà existant et qui ont actuellement besoin d’être remplis. Il peut contribuer à renforcer la sécurité énergétique.
    • Dans le secteur de l’énergie, l’hydrogène produit par électrolyse à partir d’eau et d’électricité peut être combiné avec du CO2 pour produire du méthane de synthèse utilisable notamment dans la chimie. C’est le power-to-gas. Toutefois, ces transformations en série butent sur des problèmes physiques qui dégradent l’intérêt économique de l’activité. La transformation d’électricité en hydrogène consomme environ 30 % de l’énergie initiale, et celle en méthane de synthèse n’a un rendement que de 60 % au mieux. Ces pertes liées à la conversion contribuent à des coûts de production élevés de la filière : le coût complet de production d’hydrogène d’origine renouvelable est le triple, voir le quadruple, de celui du gaz naturel.
    • Coût d’investissement. Même si la tendance est à la baisse, l’écart est très important. L’hydrogène est aussi plus coûteux à liquéfier que le gaz naturel, donc plus coûteux à transporter sur longue distance. Au total, les coûts d’investissement élevés du power-to-gas ne peuvent être amortis qu’à condition de fonctionner au moins 50 % du temps – or de tels besoins de modulation ne devraient apparaître que vers 2035. Le modèle d’affaire ne deviendrait soutenable qu’en cas de décarbonation totale du secteur de l’énergie, et/ou à partir d’une taxe carbone supérieure à 300 euros/tCO2.
    • A moins long terme, la demande d’hydrogène pourrait décoller dans la sidérurgie. La production d’une tonne d’acier émet environ 1,5 tonne de CO2. La sidérurgie fabrique de la fonte en réduisant les oxydes de fer grâce à la combustion du coke : elle est responsable aujourd’hui de 7 % des émissions mondiales de CO2. La R&D du secteur développe de nouveaux hauts fourneaux électriques à gaz naturel qui réduisent de plus de moitié les émissions de CO2, et même des hauts fourneaux à hydrogène qui suppriment pratiquement toutes les émissions.
    • Le tournant est amorcé : Thyssenkrupp Steel Europe envisage, dans le cadre de sa stratégie tkH2steel, une conversion d’environ un tiers de sa capacité de production totale. A long terme, il pourrait être possible de produire tout l’acier primaire avec de l’hydrogène. De grandes quantités d’électricité à faible teneur en carbone seraient alors nécessaires (environ 2 500 TWh/an, soit 10 % de la production mondiale d’électricité), si possible à bas prix. Au final, les transformations de la production d’acier pourraient faire naître d’ici dix ans une demande structurelle importante pour l’hydrogène et l’électricité… et rentabiliseraient alors le power-to-gas.
    • Frédéric Gonand est professeur d’économie à l’Université Paris Dauphine-PSL.

Conseil d’Etat: Quel avenir ?

Conseil d’Etat: Quel avenir ? 

 

La dualité des ordres de juridiction – justice judiciaire et justice administrative – est de fait caduque. Tout en appelant à les fusionner, l’ex-magistrat Philippe Mettoux insiste sur le rôle et le savoir spécifiques que doit conserver cette institution créée par Napoléon.

 

Tribune.

 

Deux éminents professeurs de droit Martin Collet et Camille Broyelle s’inquiètent, dans une tribune au Monde, La critique du Conseil d’Etat « vise à détruire l’institution sans jamais poser la véritable question : et le coup d’après, quel est-il ? », publiée le 13 avril 2021, que « des discours antiélite et antisystème ambiants », qui peuvent notamment s’exprimer en soutien à la réforme de l’Ecole nationale d’administration (ENA), ne sapent le crédit et détruisent insidieusement cette institution remarquable, imaginée par Napoléon, il y a plus de deux cents ans, qu’est le Conseil d’Etat.

Dans leur « scénario catastrophe », les deux universitaires imaginent « la suppression du Conseil d’Etat et l’attribution de ses compétences au juge judiciaire »« la dévolution de ses missions de conseil juridique à des cabinets d’avocats ou d’audit » et se révèlent des avocats zélés d’un dualisme juridictionnel qui n’a plus guère de sens, ni même de réalité.


Au moment même où la haute juridiction prend un ascendant juridictionnel important et assume un rôle de régulateur social évident (la dernière illustration étant la suspension des règles de calcul du montant de l’allocation-chômage), n’est-ce pas un leurre en effet de considérer que droit public et droit privé sont les deux piliers intangibles du système juridique français ?

L’apparente clarté de cette affirmation n’est-elle pas qu’un « faux-semblant » ou un « mirage », selon les propres termes d’un autre professeur de droit de grand renom, Roland Drago ? Nous vivons en réalité, non pas sous l’empire du principe de dualité des ordres de juridiction (justice judiciaire et justice administrative, la première sous l’autorité de la Cour de cassation et la seconde sous celle du Conseil d’Etat), mais déjà sous celui d’un unique ordre de juridictions, répété deux fois, dupliqué, redondant.

Sans méconnaître la puissance de l’enracinement de la séparation du public et du privé dans l’imaginaire juridique français, reconnaissons que la distinction se meurt, voire qu’elle est morte… Certes, tel un beau jardin à la française, notre système juridique s’est organisé en constituant des ensembles spécifiques et autonomes de règles, mais la réalité d’un dualisme juridique entre droit public et droit privé est vite devenue trompeuse.

 

Plus encore, la multiplicité des hypothèses dans lesquelles le juge judiciaire applique le droit administratif, voire – plus rarement – l’inverse, a achevé la confusion. Le droit administratif est à l’évidence un « droit spécial », mais le monopole de son application par le juge administratif a été depuis longtemps aboli. Tantôt appliquée par le juge administratif, tantôt appliquée par le juge judiciaire, cette dualité de la justice administrative révèle, par là même, la faiblesse de la dualité des ordres juridictionnels et la contredit même.

Finances-Bitcoin et cryptomonnaies : quel avenir

Finances-Bitcoin et cryptomonnaies : quel avenir

Un article dePaul Vigna Dans le Wall Street Journal qui s’interrogent sur l’avenir du bitcoins et plus généralement des cryptomonnaies (Extrait)

Pour beaucoup d’investisseurs, en annonçant sur le réseau social à l’oiseau que Tesla n’accepterait plus le bitcoin pour le paiement de ses voitures électriques, le milliardaire a provoqué la plus forte baisse subie cette année par la cryptomonnaie. Début juin, Elon Musk en a remis une couche en publiant un tweet dans lequel figuraient un mème évoquant une rupture amoureuse, #bitcoin et un émoji « cœur brisé ». Le bitcoin a perdu 30 % depuis le tweet du 12 mai.

Dimanche, Elon Musk a déclaré que Tesla accepterait les paiements en bitcoin quand le data mining se mettrait davantage aux énergies renouvelables.

Lundi, la cryptomonnaie s’est adjugé quelque 8 % par rapport à son cours de vendredi, à environ 39 816 dollars. Le milliardaire a également indiqué que Tesla n’avait cédé qu’environ 10 % de son stock de bitcoins en fin de premier trimestre et que l’objectif était de prouver que la cryptomonnaie « pouvait être liquidée facilement, sans perturber le marché ».

Fin mars, le constructeur automobile détenait l’équivalent de 1,3 milliard de dollars en bitcoins ; les achats annoncés en février avaient pour but « de diversifier et optimiser le rendement de la trésorerie », a-t-il précisé.

Rares sont les entreprises qui se ruent sur le bitcoin. D’après un sondage réalisé en février dernier par le cabinet Gartner, seuls 5 % des directeurs financiers interrogés prévoyaient d’acheter du bitcoin pour leur entreprise cette année

Le spécialiste des logiciels MicroStrategy et une poignée d’autres sociétés, dont le fournisseur d’applications de paiement Square, ont réalisé des investissements similaires. Certains affirment qu’ils ont choisi le bitcoin comme réserve de valeur, dépeignant la cryptomonnaie en version moderne de l’or.

Mais détenir du bitcoin peut constituer un risque comptable : la cryptomonnaie et les autres actifs numériques sont considérés comme des « actifs incorporels à durée de vie indéfinie », et non comme des devises. Si leur valeur passe en dessous du prix d’achat, même de façon temporaire, l’entreprise doit passer une dépréciation.

Il faut aussi réaliser un test de dépréciation au moins une fois par an (ou dès que le cours passe en dessous de la valeur comptable). Le bitcoin était du genre volatil, les revalorisations trimestrielles sont devenues la règle. Une fois la charge comptable passée, la juste valeur de l’actif est ajustée. En revanche, si le cours monte, l’entreprise ne peut pas enregistrer de gain, elle doit pour cela attendre de céder l’actif.

Tesla, qui n’a pas répondu aux demandes de commentaire, devrait enregistrer un bénéfice de 96 cents par action au deuxième trimestre, selon les analystes interrogés par FactSet.

Conjuguée à ce type de traitement comptable, la volatilité du bitcoin complique la tâche des responsables qui veulent gérer les avoirs en cryptomonnaies comme on gère de la trésorerie, ce qui les rend moins pertinentes comme actifs de réserve, souligne Jennifer Stevens, professeur de comptabilité à l’université d’Ohio.

« La comptabilisation ne cadre pas tellement avec l’objectif sous-jacent », indique-t-elle.

De toute façon, rares sont les entreprises qui se ruent sur le bitcoin. D’après un sondage réalisé en février dernier par le cabinet Gartner, seuls 5 % des directeurs financiers interrogés prévoyaient d’acheter du bitcoin pour leur entreprise cette année. Et 84 % des responsables sondés indiquaient qu’ils n’avaient jamais envisagé d’en détenir.

Tesla a annoncé un premier investissement de 1,5 milliard de dollars en bitcoin le 8 février, sans préciser combien le constructeur en avait acheté ni à quel cours moyen. Sa politique d’investissement avait été modifiée en janvier et, entre le 1er janvier et le 8 février, le bitcoin valait en moyenne autour de 35 400 dollars, selon CoinDesk, ce qui signifie qu’après réduction de la position, Tesla détient probablement autour de 37 000 bitcoins.

Lundi soir, la cryptomonnaie valait un peu moins de 40 000 dollars, après être tombée à 30 202 dollars en mai.

Selon Dan Ives, analyste chez Wedbush Securities, il est donc fort probable que Tesla passe une dépréciation sur son portefeuille de bitcoins ce trimestre.

Pour lui, les achats ont probablement été réalisés en janvier et sont donc aujourd’hui détenus à perte.

« Si le bitcoin vaut autour ou moins de 30 000 dollars [à la fin du deuxième trimestre], la dépréciation risque d’être importante », prévient-il. Elle pourrait être du même ordre que la plus-value de 101 millions de dollars que Tesla a enregistrée au premier trimestre sur des cessions d’actifs, selon lui.

« Ce qui était un atout pour le groupe est devenu un frein », résume-t-il.

De fait, ces derniers temps, les résultats de Tesla ont été dopés par des gains non récurrents. Outre la plus-value sur la cession des bitcoins au premier trimestre, le groupe a gagné 518 millions de dollars en vendant des crédits aux autres constructeurs automobiles pour leur permettre d’atteindre leurs objectifs d’émissions.

Ces opérations lui ont permis d’enregistrer un bénéfice net de 438 millions de dollars, soit 93 cents par action.

Si tel devait être le cas, Tesla ne serait pas la première entreprise contrainte de passer une dépréciation importante sur son portefeuille de bitcoins.

 

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Marion Issard)

Bitcoin et cryptomonnaies : quel avenir

Un article dePaul Vigna Dans le Wall Street Journal qui s’interrogent sur l’avenir du bitcoins et plus généralement des cryptomonnaies (Extrait)

Pour beaucoup d’investisseurs, en annonçant sur le réseau social à l’oiseau que Tesla n’accepterait plus le bitcoin pour le paiement de ses voitures électriques, le milliardaire a provoqué la plus forte baisse subie cette année par la cryptomonnaie. Début juin, Elon Musk en a remis une couche en publiant un tweet dans lequel figuraient un mème évoquant une rupture amoureuse, #bitcoin et un émoji « cœur brisé ». Le bitcoin a perdu 30 % depuis le tweet du 12 mai.

Dimanche, Elon Musk a déclaré que Tesla accepterait les paiements en bitcoin quand le data mining se mettrait davantage aux énergies renouvelables.

Lundi, la cryptomonnaie s’est adjugé quelque 8 % par rapport à son cours de vendredi, à environ 39 816 dollars. Le milliardaire a également indiqué que Tesla n’avait cédé qu’environ 10 % de son stock de bitcoins en fin de premier trimestre et que l’objectif était de prouver que la cryptomonnaie « pouvait être liquidée facilement, sans perturber le marché ».

Fin mars, le constructeur automobile détenait l’équivalent de 1,3 milliard de dollars en bitcoins ; les achats annoncés en février avaient pour but « de diversifier et optimiser le rendement de la trésorerie », a-t-il précisé.

Rares sont les entreprises qui se ruent sur le bitcoin. D’après un sondage réalisé en février dernier par le cabinet Gartner, seuls 5 % des directeurs financiers interrogés prévoyaient d’acheter du bitcoin pour leur entreprise cette année

Le spécialiste des logiciels MicroStrategy et une poignée d’autres sociétés, dont le fournisseur d’applications de paiement Square, ont réalisé des investissements similaires. Certains affirment qu’ils ont choisi le bitcoin comme réserve de valeur, dépeignant la cryptomonnaie en version moderne de l’or.

Mais détenir du bitcoin peut constituer un risque comptable : la cryptomonnaie et les autres actifs numériques sont considérés comme des « actifs incorporels à durée de vie indéfinie », et non comme des devises. Si leur valeur passe en dessous du prix d’achat, même de façon temporaire, l’entreprise doit passer une dépréciation.

Il faut aussi réaliser un test de dépréciation au moins une fois par an (ou dès que le cours passe en dessous de la valeur comptable). Le bitcoin était du genre volatil, les revalorisations trimestrielles sont devenues la règle. Une fois la charge comptable passée, la juste valeur de l’actif est ajustée. En revanche, si le cours monte, l’entreprise ne peut pas enregistrer de gain, elle doit pour cela attendre de céder l’actif.

Tesla, qui n’a pas répondu aux demandes de commentaire, devrait enregistrer un bénéfice de 96 cents par action au deuxième trimestre, selon les analystes interrogés par FactSet.

Conjuguée à ce type de traitement comptable, la volatilité du bitcoin complique la tâche des responsables qui veulent gérer les avoirs en cryptomonnaies comme on gère de la trésorerie, ce qui les rend moins pertinentes comme actifs de réserve, souligne Jennifer Stevens, professeur de comptabilité à l’université d’Ohio.

« La comptabilisation ne cadre pas tellement avec l’objectif sous-jacent », indique-t-elle.

De toute façon, rares sont les entreprises qui se ruent sur le bitcoin. D’après un sondage réalisé en février dernier par le cabinet Gartner, seuls 5 % des directeurs financiers interrogés prévoyaient d’acheter du bitcoin pour leur entreprise cette année. Et 84 % des responsables sondés indiquaient qu’ils n’avaient jamais envisagé d’en détenir.

Tesla a annoncé un premier investissement de 1,5 milliard de dollars en bitcoin le 8 février, sans préciser combien le constructeur en avait acheté ni à quel cours moyen. Sa politique d’investissement avait été modifiée en janvier et, entre le 1er janvier et le 8 février, le bitcoin valait en moyenne autour de 35 400 dollars, selon CoinDesk, ce qui signifie qu’après réduction de la position, Tesla détient probablement autour de 37 000 bitcoins.

Lundi soir, la cryptomonnaie valait un peu moins de 40 000 dollars, après être tombée à 30 202 dollars en mai.

Selon Dan Ives, analyste chez Wedbush Securities, il est donc fort probable que Tesla passe une dépréciation sur son portefeuille de bitcoins ce trimestre.

Pour lui, les achats ont probablement été réalisés en janvier et sont donc aujourd’hui détenus à perte.

« Si le bitcoin vaut autour ou moins de 30 000 dollars [à la fin du deuxième trimestre], la dépréciation risque d’être importante », prévient-il. Elle pourrait être du même ordre que la plus-value de 101 millions de dollars que Tesla a enregistrée au premier trimestre sur des cessions d’actifs, selon lui.

« Ce qui était un atout pour le groupe est devenu un frein », résume-t-il.

De fait, ces derniers temps, les résultats de Tesla ont été dopés par des gains non récurrents. Outre la plus-value sur la cession des bitcoins au premier trimestre, le groupe a gagné 518 millions de dollars en vendant des crédits aux autres constructeurs automobiles pour leur permettre d’atteindre leurs objectifs d’émissions.

Ces opérations lui ont permis d’enregistrer un bénéfice net de 438 millions de dollars, soit 93 cents par action.

Si tel devait être le cas, Tesla ne serait pas la première entreprise contrainte de passer une dépréciation importante sur son portefeuille de bitcoins.

 

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Marion Issard)

Avenir :« Le destin final de l’Univers dépend de l’énergie sombre »

Avenir :« Le destin final de l’Univers dépend de l’énergie sombre »

Le cosmos disparaîtra un jour. Mais quand ? Et comment ? L’astrophysicien Jean-Pierre Luminet décrit dans le Monde  les différents scénarios possibles.

 

Directeur de recherche du CNRS au Laboratoire d’astrophysique de Marseille, Jean-Pierre Luminet a rédigé plusieurs ouvrages sur la cosmologie, comme Le Destin de l’Univers (Fayard, 2006) ou, plus récemment, L’Ecume de l’espace-temps (Odile Jacob, 2020).

 

A l’échelle des temps cosmologiques, la disparition de la vie sur Terre dans quelques centaines de millions d’années est une prédiction à très court terme et la mort du Soleil dans environ 5 milliards d’années, un scénario à brève échéance. A long terme, c’est l’Univers lui-même qui va « mourir ». Quelles hypothèses les théoriciens ont-ils élaborées à ce sujet ?

Avant toute chose, je tiens à signaler un fait intéressant : à peu près à la même époque où le Soleil se transformera en géante rouge, la Voie lactée et la galaxie d’Andromède, qui sont actuellement en phase de rapprochement, devraient fusionner. Or les collisions entre galaxies produisent des flambées de nouvelles étoiles. Au moment où le Soleil mourra, ailleurs, dans les zones de contact entre la Voie lactée et la galaxie d’Andromède, naîtront donc de nombreuses étoiles…


Pour en revenir aux scénarios d’évolution de l’Univers, il y en a trois. Le premier, c’est celui de l’« Univers fermé », le deuxième, celui de l’« Univers ouvert décéléré » et le troisième, celui de l’« Univers ouvert accéléré ». Chaque scénario dépend des paramètres fondamentaux de l’Univers, à savoir, essentiellement, la répartition de la matière et de l’énergie.

Il prévoit qu’à une phase d’expansion succède une phase de contraction. Celle-ci commence quand l’Univers a environ 60 milliards d’années (il en a un peu moins de 14 aujourd’hui), à un moment où toutes les étoiles de type solaire se sont transformées en naines blanches et toutes les étoiles massives en étoiles à neutrons ou en trous noirs.


Lors de cette contraction, l’Univers repasse plus ou moins par les mêmes stades que lors de la première partie de sa vie, mais à l’envers. Sauf que, bien sûr, les étoiles mortes ne se rallument pas. Au fur et à mesure que la matière se rapproche sous l’effet de la contraction, les trous noirs grossissent de plus en plus. La température moyenne du cosmos se réchauffe. Cent millions d’années avant la fin, l’Univers est mille fois plus petit qu’aujourd’hui et les galaxies fusionnent. Un mois avant la fin, c’est au tour des trous noirs de fusionner entre eux. A la fin, il ne reste plus que des quarks, des particules fondamentales, puis tout devient quantique.( la suite dans le monde)

Mayotte : quel avenir ?

Mayotte : quel avenir ?

 

Mieux insérer les femmes, les jeunes et les natifs de l’étranger – venant des Comores – sur le marché du travail à Mayotte permettrait de lutter plus efficacement contre la pauvreté, estime, dans une tribune au « Monde », l’économiste François Hermet.

 

Tribune.

 

Violence et pauvreté vont souvent de pair. Les débats autour de la commémoration du 10e anniversaire de la départementalisation de Mayotte sont révélateurs de l’exaspération d’une population toujours frappée par les inégalités et la pauvreté. Afin de réduire celles-ci, l’essentiel des mesures continue de s’articuler autour de l’augmentation des transferts publics, orientés notamment vers la santé et l’éducation.

Ce mécanisme est supposé reproduire à Mayotte un processus de rattrapage du niveau de vie, déjà initié pour les quatre premiers départements d’outre-mer (DOM), vers la moyenne métropolitaine.


Néanmoins, cette efficacité des transferts doit être relativisée : parmi les causes reconnues de la pauvreté figure celle relative à l’exclusion du marché du travail. Le diagnostic du marché du travail constitue alors un préalable pour s’assurer de la cohérence des politiques mises en place sur cet étroit territoire (374 km²) du canal de Mozambique.

Au niveau macroéconomique, c’est sur le marché du travail que se forme, en effet, la principale source de revenu des ménages ; et il existe un consensus chez les économistes pour considérer que c’est fondamentalement le « bon » fonctionnement de ce marché qui détermine à terme la capacité d’une économie à produire de la richesse et du bien-être pour la population.

Les administrations publiques, plus de la moitié du PIB

Il est donc manifeste que le développement de « l’île aux parfums » se jugera à l’aune de sa capacité à insérer sa population de façon durable dans l’emploi. Malgré une croissance forte de l’ordre de 7 % par an ces dernières années, Mayotte reste aujourd’hui structurellement à mi-chemin entre pays du Sud et pays du Nord. Coexistent une activité de subsistance (agriculture, pêche) et une activité de services principalement non marchands dominée par des administrations publiques (plus de la moitié du produit intérieur brut).


Il n’est pas certain que cette forte croissance économique, dopée par d’importants transferts publics, se retrouve ipso facto dans les chiffres de l’emploi et du chômage. Cela requiert par exemple une certaine proximité de la population locale avec les emplois créés.

A Mayotte, les statistiques disponibles montrent qu’une grande partie de la population est touchée par le chômage. Déjà le plus élevé d’Europe, le taux de chômage officiel aux alentours de 30 % sous-estime nettement la situation car il repose sur une faible participation au marché du travail.

Bitcoin: avenir ou pure spéculation

Bitcoin:   avenir ou pure spéculation

Le bitcoin a été clairement conçu pour être libre des autorités financières centrales comme les gouvernements, les banques et les banques centrales. Il est «peer-to-peer», ce qui signifie qu’il peut être transféré directement entre les utilisateurs en ligne sans aucun intermédiaire.

Le Bitcoin est basé sur la technologie blockchain qui agit comme un registre public des transactions et est sécurisé par une cryptographie avancée qui offre aux utilisateurs un degré d’anonymat.

Comme il n’y a pas d’autorité centrale régissant l’offre, la valeur du bitcoin dépend de la confiance des gens en lui, et à ce jour, il a principalement été utilisé pour la spéculation par les traders financiers plutôt que pour le commerce et les paiements dans le monde réel.

Le Bitcoin s’est fortement mobilisé, bondissant de plus de 300% en 2020, dépassant son record pour atteindre 42000 dollars en janvier et dépassant même les 47000 dollars.

Une volatilité extrême

En 2013, par exemple, le bitcoins à commencé à environ 13 $ et a grimpé à plus de 1000 $ en décembre. En 2017, il est passé d’environ 1000 $ à environ 20000 $. Au début de 2020, il avait chuté sous les 4000 dollars à un moment donné avant sa hausse vertigineuse à près de 45000 dollars lundi.

Les nouveaux bitcoins sont générés dans un processus appelé «extraction», qui implique des individus ou des groupes utilisant de grandes quantités de puissance de calcul pour résoudre des équations mathématiques complexes afin de construire la blockchain et gagner des récompenses sous la forme de nouvelles pièces.

Bitcoin a été conçu pour être créé à un taux fixe, ce qui signifie que les mineurs doivent se concurrencer pour gagner des pièces. Le nombre de bitcoins créés chaque année diminue automatiquement au fil du temps et l’émission se terminera avec un total de 21 millions de bitcoins en circulation.

Plus le temps passe, plus les ordinateurs doivent travailler dur pour extraire de nouveaux bitcoins. Il y a actuellement plus de 18 millions de bitcoins en circulation.

Quel avenir ?

La crypto-monnaie, conçue à l’origine pour subvertir l’établissement, a parcouru un long chemin depuis ses racines de contre-culture, avec des institutions financières telles que les hedge funds et les grandes entreprises qui dirigent le marché.

Certains experts du secteur considèrent Musk et Tesla comme accélérant son inclusion dans le courant dominant de la finance.

«Cela change certainement la donne», a déclaré Eric Turner, vice-président de l’intelligence de marché de la société de recherche et de données sur les crypto-monnaies Messari.

«Je pense que nous assisterons à une accélération des entreprises qui cherchent à allouer à Bitcoin maintenant que Tesla a fait le premier pas. L’une des plus grandes entreprises au monde possède désormais Bitcoin et, par extension, chaque investisseur qui possède Tesla (ou même juste un fonds S&P 500) y est également exposé.

Mais si l’histoire du bitcoin nous a appris quelque chose, il faut s’attendre à l’inattendu.

Tunisie : la répression comme avenir

Tunisie : la répression comme avenir

Ecrivains, cinéastes, politiques, universitaires… Des personnalités du monde de la culture, de la politique et de la recherche, originaires de dix-neuf pays, dénoncent dans une tribune au « Monde » la répression qui s’est abattue lors des récentes manifestations contre les violences policières en Tunisie.

Tribune

 

En Tunisie, ces derniers jours, une répression aveugle et des vagues d’arrestations se sont abattues sur des centaines de jeunes des quartiers populaires dans de nombreuses villes à travers tout le pays. Ces jeunes qui subissent une paupérisation croissante ne font que réclamer ce qui, il y a dix ans, a donné lieu à la « révolution pour la dignité », à savoir leur droit au travail, à la liberté, à la justice et à l’égalité.

Nous, personnalités, organisations, associations et syndicats, de par le monde – du Maghreb et d’Europe, en particulier –, exprimons notre indignation et notre solidarité. Nous rappelons, avec force, au gouvernement tunisien qu’il est tenu de respecter les principes consacrés par la Constitution de 2014 qui font obligation à l’Etat tunisien de respecter la dignité de ses citoyens. Nous condamnons le recours aux mauvais traitements, à la torture et aux procédures judiciaires expéditives.

Nous considérons que l’absence de toute remise en cause des choix économiques et sociaux de l’ancien régime de la part des gouvernements tunisiens qui se sont succédé depuis 2011 n’a fait qu’appauvrir davantage la population, particulièrement les catégories sociales précaires, et a contraint des milliers de jeunes et d’adultes à des petits boulots précaires, alimentant ainsi les circuits de l’économie informelle ou de l’extrémisme religieux. Une telle situation ne pouvait qu’aboutir à la confrontation avec le pouvoir qui, aujourd’hui encore et de nouveau, ne répond à leur désarroi et à leurs revendications légitimes que par la répression.

Ces mouvements des jeunes Tunisiennes et Tunisiens sont révélateurs non seulement de l’impasse économique et sociale dans laquelle le gouvernement tunisien a plongé la société, mais aussi de l’indifférence de l’Union européenne et des gouvernements qui la composent, en maintenant la dette qui pèse sur le pays. Plus que jamais, il est nécessaire d’abroger cette dette et de donner des perspectives à la jeunesse tunisienne de vivre et travailler au pays.

Au nom de notre attachement aux principes de justice et de liberté pour tous les peuples, et au droit de la jeunesse à une vie digne et décente, nous appelons le gouvernement tunisien à libérer toutes les personnes injustement arrêtées et à prendre des mesures correspondant aux aspirations du peuple tunisien et aux objectifs de sa révolution.

Nous appelons également toutes celles et tous ceux épris de démocratie, de liberté et de justice en Europe et de par le monde à faire pression sur les autorités tunisiennes afin que la révolution de 2011 ne se transforme pas en un cauchemar où les pratiques répressives du passé tiendraient lieu de réponse aux aspirations légitimes du peuple tunisien.

Avenir de Trump : la prison ?

Avenir de Trump : la  prison ?

Trump  en s’enfonçant dans le déni de démocratie tente en fait de solidifier ce populisme qui pourrait lui être encore utile à l’avenir. Le problème est qu’il n’est pas certain de n’être pas poursuivi pour deux nombreux délits dont il est l’auteur.

Il y a d’abord ce déni de démocratie assez inédit qui voit deux responsables politiques se déclarer vainqueurs de la même élection. Si la situation perdure, ce pourrait être une sorte de sédition qui mériterait alors des poursuites judiciaires.

Plus vraisemblable sont d’autres procédures relatives aux activités financières de Trump notamment dans le domaine fiscal. Pour l’instant le président est soupçonné de comportements délictueux dans ses propres affaires mais aussi d’infractions graves à la législation fiscale puisqu’il n’aurait pas payé d’impôt pendant des années.

Jusque-là Trump bénéficiait  de l’immunité présidentielle. A New York, Donald Trump est visé par deux enquêtes qui pourraient chacune lui valoir des poursuites : la première, pénale et initiée par le procureur de Manhattan Cyrus Vance, repose sur des soupçons de fraude fiscale, d’arnaque à l’assurance et de manipulations comptables. La seconde, au civil, a été lancée par la procureure de l’Etat de New York Letitia James. Il s’agit de déterminer si la Trump Organization a menti sur la taille de ses actifs pour obtenir des prêts et avantages fiscaux.

Surtout, ces deux procédures ne relèvent pas de la justice fédérale et concernent des faits antérieurs à son élection, ce qui les place hors de portée d’un éventuel « pardon présidentiel » qu’un successeur conciliant pourrait lui accorder. « Il a tellement d’affaires criminelles sur le dos ! » a réagi l’ex-procureur fédéral Nick Ackerman, connu pour avoir travaillé sur l’affaire du Watergate, interrogé par le Huffington Post.

 

Le président pourrait en outre être accusé de corruption pour avoir gracié son conseiller Roger Stone, et d’extorsion, cette fois pour avoir, au cours de son mandat, tenté d’obliger l’Ukraine à salir la réputation Joe Biden.

Autant de procédures qui pourraient mettre un terme définitif au projet de trame et à sa réputation.

Avenir nucléaire : le projet Iter

Avenir nucléaire : le projet Iter

Un article très intéressant des les Échos qui fait le point sur le projet nucléaire Iter. Alternative à la fission nucléaire, ce projet expérimental pourrait permettre de produire une énergie décarbonée, abondante, sûre et pratiquement sans déchet. Encore faut-il que l’ambitieux chantier, qui a déjà pris quelques années de retard, arrive à terme et que cette nouvelle technologie démontre sa rentabilité.

1 – Qu’est-ce que la fusion nucléaire ?

La fusion nucléaire est différente de la fission nucléaire, qui est le processus exploité dans les centrales nucléaires d’aujourd’hui. « Le principe de la fission est de casser des noyaux lourds et de récupérer l’énergie générée par cette rupture. Tandis que pour la fusion, on fait chauffer des noyaux légers afin qu’ils aillent suffisamment vite et qu’ils fusionnent, ce qui va aussi libérer de l’énergie », schématise Jérôme Bucalossi, directeur de l’Institut de Recherche sur la Fusion par confinement Magnétique (IRFM) au Commissariat à l’énergie atomique (CEA).

Pour faire simple, une centrale à fusion nucléaire consiste à reproduire sur Terre une réaction à l’oeuvre dans les étoiles. « Dans notre Soleil, les noyaux d’hydrogène fusionnent pour former des atomes d’hélium, explique Jérôme Bucalossi. Ici, on fait fusionner du deutérium et du tritium, car c’est la réaction la plus facile à obtenir en laboratoire ».

Pour arriver à cette réaction, une température très élevée est nécessaire : de l’ordre de 150 millions de degrés Celsius. Lorsqu’un gaz est porté à très haute température, les électrons sont arrachés de leur orbite dans l’atome et le gaz se transforme en plasma. C’est dans ce milieu que les noyaux légers peuvent fusionner.

2 – Comment « mettre en boîte » l’énergie des étoiles  ?

Pour « mettre en boîte » un soleil miniature, cette boîte doit être incroyablement résistante. C’est le rôle du tokamak, la machine au coeur de la centrale qui utilise des champs magnétiques pour confiner et contrôler le plasma chaud.

Inventé dès les années 50 par des physiciens soviétiques – d’où son nom, qui est un acronyme russe -, ce dispositif est une chambre à vide en forme d’anneau entourée d’énormes bobines magnétiques. Le plasma – composé de particules électriquement chargées – est en effet sensible à ce champ magnétique, qui le maintient à l’écart des parois de l’enceinte.

 

Les parois du tokamak vont ensuite absorber sous forme de chaleur l’énergie créée par la réaction de fusion. Cette chaleur est transformée en vapeur, puis, grâce à des turbines et à des alternateurs, on obtient de l’électricité.

3 – En quoi consiste le projet Iter ?

Bien qu’il soit implanté en France, Iter est un projet international dans lequel sont engagés 35 pays, dont l’Union européenne, la Russie, la Chine, les Etats-Unis, la Corée du Sud, le Japon et l’Inde. Il s’agit d’un projet strictement scientifique et aucune exploitation commerciale n’est encore prévue. Son tokamak, le plus grand jamais construit, a pour ambitieuse mission de démontrer que la fusion nucléaire peut constituer une source d’énergie à grande échelle.

L’idée est née en novembre 1985, lors du sommet de Genève, quand Mikhaïl Gorbatchev a proposé au président américain Ronald Reagan de travailler ensemble à la conception d’un réacteur de fusion nucléaire à des fins pacifiques « pour le bien de l’humanité ». Plus de trente ans après, leur idée a rallié toutes les grandes puissances et commence à prendre forme non loin de Cadaraches, le lieu d’implantation choisi en 2005.

4 – La fusion nucléaire est-elle la source d’énergie parfaite ?

Sur le papier, la fusion nucléaire semble être une source d’énergie idéale. De très grandes quantités d’énergie sont libérées par ce processus, ce qui permettrait de satisfaire définitivement les besoins énergétiques de l’humanité.

Les centrales n’émettent pas de CO2 et génèrent seulement de l’hélium, un gaz inoffensif. De plus, le dispositif est « intrinsèquement sûr », selon Jérôme Bucalossi. « Toute perturbation va refroidir le plasma, et donc arrêter la réaction de fusion. Il n’y a pas d’emballement possible », explique-t-il.

 

Le tokamak devient à terme un déchet radioactif.CEA

Pour ne rien gâcher, le processus nécessite de manipuler « des quantités de matières très faibles ». « On parle de grammes de deuterium, précise le responsable au CEA, donc une énergie très concentrée qui permet d’alimenter beaucoup d’habitations ». Ce deuterium est « abondant dans l’eau de mer » et « réparti assez uniformément dans la planète ».

Toutefois, le réacteur devient à terme un déchet radioactif, car il produit des neutrons énergétiques qui vont « activer les parois de la machine, c’est-à-dire la rendre radioactive ». Cela dit, la radioactivité de ces éléments « pourrait être désactivée en une dizaine d’années, un siècle maximum ».

5 – Cette technologie est-elle prête ?

Le principal défaut de la fusion nucléaire est qu’elle n’est pas encore bien maîtrisée. On doit chauffer en continu le plasma – et donc lui apporter en continu de l’énergie – pour que les réactions de fusion se maintiennent et produisent à leur tour de l’énergie.

Pour Iter, les concepteurs espèrent que l’énergie produite sera 10 fois supérieure à l’énergie injectée : 50 mégawatts injectés pour 500 produits. Un objectif encore jamais atteint par les précédents réacteurs de recherche construits ces dernières années. Le record est actuellement détenu par JET, qui est parvenu à restituer seulement 70 % de l’énergie injectée : 24 mégawatts injectés pour 16 mégawatts produits.

 

Le volume de plasma d’Iter sera dix fois plus grand que celui de JET, le plus grand des tokamaks aujourd’hui en activité.

« Combien de jours ou années peut-on maintenir le facteur 10 ? Les parois de la machine sont confrontées à des flux de chaleur intense. Le plasma provoque une érosion. S’il faut changer le réacteur tous les ans, économiquement ce sera difficilement viable », pointe Jérôme Bucalossi.

Ce sont ces défauts qui font dire aux associations environnementales, telles que Greenpeace France, que le projet Iter est un mirage scientifique en plus d’être un gouffre financier.

6 – Pourquoi le projet a-t-il pris tant de retard ?

Projet pharaonique impliquant plusieurs pays et nombreux partenaires industriels, Iter a déjà pris cinq ans de retard, avec un triplement du budget initial, à plus de 20 milliards d’euros désormais.

« C’est un projet international, il a fallu du temps pour former les équipes avec les sept partenaires, apprendre à travailler ensemble, finaliser le design du réacteur, créer les chaînes de productions, s’adresser aux partenaires locaux… », énumère Jérôme Bucalossi. Plus d’un million de composants ont été fabriqués dans les usines des membres du projet, dans le monde entier, puis acheminés vers le site. « Il y a des composants de taille immense, qu’il faut ajuster de manière millimétrique ».

 

Lancé il y a quasiment 15 ans, le projet Iter a ainsi pu débuter cet été l’assemblage de son réacteur. « Les premières bobines et premiers éléments du cryostat sont arrivés. L’assemblage va durer jusqu’à fin 2025, indique Jérôme Bucalossi. Ensuite la mise en route va être assez longue. Entre les premiers allumages de plasma dans la chambre à vide jusqu’à ce que l’on obtienne le facteur Q = 10, il faudra environ dix ans d’expérimentation ». Les campagnes expérimentales à pleine puissance sont ainsi prévues à partir de 2035.

En cas de succès d’Iter, un autre projet, encore plus ambitieux, doit voir le jour : DEMO. La fusion nucléaire entamera alors son passage à l’échelle industrielle.

 

Avenir EDF : le découpage par appartement

Avenir EDF : le découpage par appartement

 

Initialement on avait prévu le découpage en deux avec d’un côté la production et de l’autre la distribution ouverte davantage à la concurrence. Maintenant, on envisage de couper en trois l’entreprise en mettant aussi à part les activités de production hydroélectrique d’EDF .

Ce qui est en cause c’est la position hégémonique d’EDF est aussi ses piètres performances financières voire techniques pour l’EPR. Ce dossier se négocie avec l’union européenne. Indéniablement la gestion globale de d’EDF  laisse à désirer et elle a aussi perdu en maîtrise technique.

Ceci étant, EDF a longtemps été une vache à lait pour l’État qui a pompé les retours financiers. Ce qui explique aussi le manque d’investissement et maintenant une mise à niveau très coûteuse. Le problème pour l’avenir sera assez comparable à celui des télécoms. En effet, on a confié la gestion du réseau cuivre, c’est-à-dire la production technique hard à Orange et on a favorisé le développement de la privatisation des services. Le problème c’est que le réseau cuivre n’a jamais été entretenu par Orange ou alors à la marge car les opérateurs autres qu’Orange ne voulaient pas payer pour une infrastructure pourtant indispensable.

Le problème risque de ce reproduire EDF réduite à la fonction de production. Tout dépendra de la rémunération et des tarifs de cette production. Ou alors il faudra sérieusement recapitaliser EDF à la fois face à un mur de dettes actuelles et de dettes futures pour sécuriser les centrales et les mettre aux nouvelles normes aussi à investir dans les EPR.

 

En l’état actuel du dossier on envisage un EDF Bleu regroupant le nucléaire, les barrages et RTE et un EDF Vert regroupant les énergies renouvelables et Enedis), un nouveau scénario à l’étude consisterait à loger l’activité hydraulique dans un troisième pôle, EDF Azur.

 

Un avenir pour les batteries européennes ?

Un avenir pour les batteries européennes ? 

Yann Ménière, le chef économiste de l’Office européen des brevets (OEB) estime qu’il y a un avenir pour les nouvelles batteries à l’échelle européenne dans une interview à l’Opinion

Le monde innove-t-il toujours autant en matière de batteries électriques ?

De plus en plus ! La batterie suscite beaucoup d’intérêt car son poids est appelé à grandir considérablement si on veut satisfaire les objectifs de la transition énergétique. L’agence internationale de l’énergie (AIE) estime que près de 10 000 GWh de batteries et autres formes de stockage d’énergie seront nécessaires chaque année d’ici à 2040, contre environ 200 GWh aujourd’hui, ce qui implique 50 fois plus de déploiements annuels !

Quels sont les grands domaines d’innovation dans ce secteur ?

On distingue trois vagues d’innovation pour les batteries rechargeables. La première a eu lieu au début des années 2000, lors du développement de la mobilité électronique, (ordinateurs, téléphones portables…), avec un leadership des entreprises japonaises. Depuis les années 2010, une deuxième vague plus puissante, liée au véhicule électrique, a renforcé la domination asiatique. Elle a aussi marqué l’irruption des constructeurs automobiles, allemands et américains notamment, parmi les principaux déposants de brevets. Cette vague d’innovations a fait de la technologie lithium-ion le standard technologique pour ces batteries. La troisième vague à venir, tout aussi puissante, concerne les batteries « stationnaires ». Elles sont utilisées pour absorber les surplus d’électricité des énergies renouvelables, à l’image des « powerwall » de Tesla. Ce sont des batteries intégrées qui rendent le réseau électrique plus efficace. Leur déploiement d’ici à 2040 sera aussi massif que celui des batteries pour voitures aujourd’hui.

Actuellement, neuf des dix grands acteurs mondiaux du marché des batteries sont asiatiques. Leur suprématie est-elle inévitable dans ce domaine ?

L’enjeu de l’innovation réside dans les prochaines générations de batteries. Aujourd’hui, le leadership asiatique est écrasant. C’est un gros sujet de souveraineté industrielle puisque non seulement l’Asie fabrique les batteries, mais elle contrôle la technologie et possède les brevets. Pour l’avenir, il y a deux champs de bataille : l’amélioration de la technologie lithium-ion si l’on veut produire ces batteries à grande échelle, et le développement de technologies très différentes. Pour ce qui concerne le lithium-ion, on cherche notamment à supprimer un matériau cher et polluant, le cobalt. Parmi les solutions d’avenir se trouvent le LFP (lithium, fer, phosphate) et le NCA (technologie sur laquelle travaillent Tesla et Panasonic). Les Américains sont en pointe, et dans les deux cas l’Europe fait moins mauvaise figure que dans la batterie « classique » au lithium. Hors du domaine du lithium-ion, la technologie Redox-flow permet de surmonter les risques d’embrasement et pourrait être déployée à grande échelle. Là aussi les Américains sont en avance, et l’Europe a sa carte à jouer.

Dans ce contexte, l’Airbus de la batterie a-t-il une chance de décoller ?

L’histoire des batteries se répète toujours: elle débute dans des universités et des start-up, puis les grands industriels exploitent la technologie. Ces universités ou centres de recherche, on les trouve en Europe et aux Etats-Unis. En France, le CEA est le principal déposant de brevets dans les batteries, sans oublier le CNRS. Mais l’Europe a failli dans le passé car les industriels ne se sont pas approprié la technologie. Le fait d’avoir un « Airbus », qui organise la mise en contact du monde industriel, des universités et des start-up prouve qu’on a pris conscience du problème. C’est une réponse pertinente.

Mais la Chine investit massivement, l’Airbus de la batterie ne rassemble pour le moment que la France et l’Allemagne…

La dynamique des brevets est très instructive. La Chine, qui a entamé son décollage en 2009 seulement, a déjà doublé les Etats-Unis. Quel est l’enseignement ? Rattraper, c’est possible, c’est ce que font les Chinois. Mais il faut s’en donner les moyens, prioriser ce secteur comme stratégique et y investir massivement avec un double objectif : développer la recherche fondamentale, ce en quoi l’Europe n’est pas mauvaise. Et surtout industrialiser ces technologies, là est le nôtre vrai défi.

Face à la pile à combustible, n’y a-t-il pas un sujet de compétitivité environnementale de la batterie électrique ?

Tout à fait. Une partie de l’innovation porte là-dessus. Outre la question du cobalt à éliminer, les efforts portent sur le recyclage. On peut prolonger la durée de vie et améliorer la compétitivité d’une batterie de voiture en la transformant en batterie stationnaire. Les industriels y travaillent. Quant à l’hydrogène, il sera sans doute une solution à l’horizon de dix, vingt ans. Dans l’intervalle, on va avoir besoin de batteries propres et sûres, avant de migrer vers l’hybride électrique/hydrogène. Les deux sujets sont complémentaires.

 

Economie-Encore un avenir pour l’industrie française ?

Economie-Encore un avenir pour l’industrie française ?

C’est l’interrogation d’Olivier Minaud, Directeur des opérations chez Wilo France dans une chronique de la Tribune.

 

La part de l’industrie manufacturière dans l’économie française a diminué de moitié, de 22,3 % à 11,2 %, alors que sur la même période le secteur tertiaire a, à l’inverse, pris davantage de poids dans l’économie française. La diminution de la part de l’industrie dans le PIB a surtout été marquée entre 2000 et 2007 en raison notamment de la baisse des prix des biens de l’industrie qui nécessitent de moins en moins de travail humain, et entre 2007 et 2014 car l’industrie manufacturière, en particulier traditionnelle comme la sidérurgie, les chantiers navals, a été durement touchée par la crise économique.

« En tant qu’industriels, nous figurons parmi les professionnels les mieux préparés à une crise sanitaire. La gestion des risques et la protection des équipes font partie intégrante du quotidien. C’est pourquoi il a été possible de rapidement mettre en œuvre des mesures sanitaires pour assurer la santé des collaborateurs, puis s’adapter pour maintenir une activité. Ce fut le cas de l’ensemble des industries de première nécessité, mais aussi de nombreuses industries de « seconde ligne », celles produisant des biens d’utilité publique et qui ont décidé de maintenir leur usine ouverte pour continuer de respecter leurs engagements sociétaux et économiques.

Dans la gestion de cette crise, la confiance apparaît comme le premier facteur clé de réussite pour de nombreux industriels. La confiance dans un réseau de partenaires d’abord, qu’il s’agisse de fournisseurs de composants ou bien de sociétés de services et de maintenance, qui a permis d’adapter intelligemment et de concert les niveaux d’activité. Mais aussi, la relation de confiance nouée avec les collaborateurs, les partenaires sociaux et les instances représentatives du personnel, sans laquelle il aurait été difficile de faire respecter des mesures, parfois strictes, dans le but de préserver la santé tout en maintenant l’activité. C’est cette même confiance qui permet la bonne gestion des cas personnels de chaque collaborateur lorsque nécessaire et la mise en place d’organisation du travail plus flexible. Enfin, la confiance accordée par les clients en l’entreprise, ses valeurs et ses capacités de production et livraison, est cruciale pour sécuriser les carnets de commandes.

Cette confiance est issue d’une culture d’entreprise qui se bâtit dans le temps et s’appuie sur la cohérence économique, sociale et environnementale du projet. Elle constitue une base stable et solide et semble être un facteur sine qua non pour traverser les possibles crises.

Le deuxième facteur clé de réussite, mis en exergue par cette nouvelle crise, est l’agilité. Les méthodes de travail doivent être repensées en ce sens. Dans des marchés si tendus, l’hyperréactivité est de mise et elle ne se fera pas sans polyvalence. D’un côté, les directions doivent être en mesure d’adapter les organisations de travail aux conditions en temps réel et, de l’autre, les collaborateurs doivent être formés et acquérir les compétences nécessaires afin de pouvoir s’adapter à un environnement de travail plus flexible mais aussi afin de préserver leur employabilité dans une industrie en pleine transformation.

 

L’agilité, c’est également ce qui a permis à de nombreuses entreprises non-familières avec le télétravail de déployer des accès distants robustes et sécurisés en un temps record. Il a souvent été dit que le monde du travail, tel que nous le connaissions jusqu’ici, est d’ailleurs devenu obsolète depuis l’instauration massive du télétravail. Mais cela mériterait d’être nuancé. Penser que le télétravail fonctionnera forcément sur le long terme, car il a su le faire pendant un trimestre ne reflète pas la complexité du monde du travail. Pour éviter un possible décrochage, nous devons à présent nous mettre autour de la table pour savoir comment utiliser l’expérience de ces derniers mois afin de mieux travailler et collaborer à l’avenir. Notre économie est déconfinée peu à peu, il faut à présent déconfiner le travail de manière progressive, en prenant du recul sur la situation pour allier technologie, collaboration et lien social.

La régionalisation des productions est depuis plusieurs années déjà une tendance importante, pour des raisons aussi bien économiques qu’écologiques. La crise que nous connaissons est venue accentuer cette tendance via une prise de conscience forte des citoyens quant aux enjeux environnementaux et aux enjeux de sécurité d’approvisionnement national et européen. Pour relever ce défi et respecter ses responsabilités, l’industrie française, et plus largement européenne, doit s’adapter afin d’éviter une récession.

Le secteur industriel français est marqué par la présence de grands groupes renommés, mais il est également porté par une multitude d’entreprises de tailles intermédiaires, ainsi qu’un maillage de petites entreprises spécialisées dans le secteur des services industriels (laverie, entretien, etc.). Et c’est précisément ce maillage que nous avons la responsabilité de préserver aujourd’hui. En temps de crise, les industriels tendent à réduire, voire annuler, certains contrats auprès de partenaires externes afin de se concentrer sur leur cœur de métier. Une récession pourrait venir mettre à mal temporairement cet écosystème d’emplois et causer la fermeture de certaines entreprises de petites tailles.

Pour éviter cela, la vie industrielle doit reprendre son cours au plus tôt, en respectant les mesures de gestion du risque sanitaire. À ce titre, reprendre dès à présent les recrutements est primordial, y compris les contrats d’apprentissage. L’attrait pour une industrie plus responsable est un facteur clé pour le recrutement des nouvelles générations. Pour faire prospérer l’industrie française, la formation est donc l’un des enjeux majeurs. Pourtant, elle risque d’être mise à mal par les difficultés financières des industriels. Toute une génération d’apprentis ne pourrait, potentiellement, pas être formée dans de bonnes conditions.

Cette crise a entraîné une prise de conscience face à la nécessité d’apporter plus de cohérence dans nos politiques et nos projets industriels. De nouvelles vocations vont naître de ce terreau fertile. Les métiers industriels sont des métiers d’avenir. Animés par des enjeux en matière d’amélioration de conditions de travail, d’impact environnemental ou encore de sécurité d’approvisionnement, ils sont porteurs de sens.

À la crise sanitaire va probablement se succéder une crise économique et, à terme, une crise écologique. L’industrie pourrait cascader de crises en crises si nous n’agissons pas. Les plans nationaux de relance sont, sans nul doute, nécessaires sur le court terme, mais ils ne sont pas suffisants ou fiables sur le long terme. Pour faire face à de grandes puissances industrielles étrangères ayant établi des stratégies claires, les gouvernements européens doivent s’engager sur des plans d’investissement visant à résoudre les problématiques actuelles tout en dessinant l’industrie de demain. Un véritable projet industriel européen doit naître, axé sur la sécurité, la réduction de l’impact climatique et le respect des valeurs humanistes qui nous définissent.

Filière hydrogène : quel avenir ?

Filière hydrogène : quel avenir ?

 

Le gouvernement prévoit de mettre 2 milliards sur la filière hydrogène immédiatement et plus de 5 milliards plus tard. Une filière stratégique car non seulement elle pourrait assurer l’indépendance énergétique mais aussi supprimer toute conséquence environnementale néfaste ( pour l’hydrogène verte)  L’hydrogène est déjà utilisé dans des trains, des autocars, des automobiles ou même des scooters. L’hydrogène peut être utilisé dans le transport mais aussi comme moyen de chauffage. la question de la sécurité est de mieux en mieux prise en charge ;  se pose surcout le problème de sa compétitivité car produire de l’hydrogène coute cher. .Une voiture a hydrogène coute le double d’une  voiture purement électrique.  Il s’agit de questions techniques mais aussi d’économie d’échelle car l’hydrogène est utilisé aujourd’hui de manière très marginale.   La question est de savoir si cette filière peut prendre une dimension de masse voir éventuellement se substituer à la voiture purement électrique utilisant des batteries ( sources Natura sciences et  le Figaro).

 

L’hydrogène est l’élément chimique le plus abondant de l’univers. Il s’agit d’un corps simple, gazeux, qui entre notamment dans la composition de l’eau. «Chaque molécule d’eau est le fruit de la combinaison entre 1 atome d’oxygène et 2 atomes d’hydrogène. On trouve aussi de l’hydrogène dans les hydrocarbures (pétrole et gaz) qui sont issus de la combinaison d’atomes de carbone et d’hydrogène», explique l’IFP énergie nouvelle (IFPEN), sur son site. L’hydrogène n’est pas une source d’énergie directe mais plutôt un vecteur énergétique. Dans les transports il est par exemple utilisé dans une pile à combustible pour générer de l’énergie.

 

L’hydrogène n’existe pas à l’état pur. Pour le produire, il faut utiliser des procédés chimiques pour séparer l’hydrogène des éléments auxquels il est associé. Il faut pour cela une source d’hydrogène et une source d’énergie. L’hydrogène peut ainsi être fabriqué par «vaporeformage de gaz naturel, électrolyse de l’eau, gazéification et pyrolyse de la biomasse, décomposition thermochimique ou photochimique de l’eau, production biologique à partir d’algues ou de bactéries», énumère l’Ademe,

Avant d’utiliser l’hydrogène, il faut le produire. Et c’est là que le bât blesse ! Il est aujourd’hui synthétisé à hauteur de 95 % à partir d’énergies fossiles. Pour ce faire, il faut beaucoup d’énergie et les émissions de CO2 sont importantes. Les techniques les plus utilisées sont le reformage, le vaporeformage et la gazéification. Une transition est donc à effectuer vers des modes de productions plus « propres ».

 

Replacer le pétrole et le gaz par l’hydrogène ne présente un intérêt que lorsqu’on peut le produire de façon décarbonée. Air Liquide a mis en place l’initiative Blue Hydrogen afin que 50 % de ses applications d’hydrogène énergie soient couvertes par des moyens bas carbone ou zéro carbone d’ici 2020. « On essaye de trouver le juste compromis entre faible teneur carbone et les contraintes économiques acceptables pour l’ensemble des applications », affirme Jean-Baptiste Mossa.

 

De nombreux travaux sont menés pour produire de l’hydrogène plus « propre » à partir de méthane, de biomasse et de déchets. En effet, il est possible de faire fermenter des bioressources. Les gaz de fermentations sont récupérables et filtrables pour concentrer le méthane qui servira à produire l’hydrogène. Couplé à un mode de capture du CO2, les émissions seraient nulles. Des travaux sont menés en France sur cette technique.L’hydrogène peut également être produit par électrolyse de l’eau. En utilisant de l’électricité d’origine renouvelable, il est possible de produire de l’hydrogène décarboné. Des démonstrateurs sont en cours. D’autres solutions de stockage sont à l’étude. Au Canada, par exemple, un barrage hydraulique alimente un électrolyseur pour produire de l’hydrogène.L’hydrogène est aussi produit dans des process industriels : il s’agit de l’l’hydrogène « fatal » produit, par exemple, lors de la fabrication du chlore ou de l’ammoniac. Faute de valorisation, cette hydrogène est aujourd’hui brûlé et donc perdu. « Rien qu’en Europe, il y a moyen de faire rouler 2 millions de véhicules de piles à hydrogène avec de l’hydrogène fatal ; en France, 330 000 véhicules ! », affirme Bertrand Chauvet, Responsable du marketing de SymbioFCell. Pourquoi ne pas le récupérer ?Mais finalement, la révolution de l’hydrogène proviendra peut-être de la croûte terrestre. Alors que l’on pensait que l’hydrogène n’existait pas pur à l’état naturel, à part dans des sources inexploitables découvertes en mer, IFP Energies nouvelles a mis en évidence des émanations naturelles continues d’hydrogène sur terre.

 

Comme le précise l’IFPEN, «la molécule d’hydrogène, composée de deux atomes d’hydrogène, est particulièrement énergétique: 1 kg d’hydrogène libère environ trois fois plus d’énergie qu’1 kg d’essence». De plus, l’hydrogène, lorsqu’il est produit à partir de ressources renouvelables, est considéré comme non polluant. «Les rejets d’un véhicule à hydrogène sont composés uniquement d’eau. Il n’y a aucune émission de particule nocive ou de Co²», affirme Erwin Penfornis, directeur du marché hydrogène chez Air Liquide. Autre avantage selon le spécialiste: «Avec l’hydrogène, il y a plus d’autonomie et c’est plus rapide à recharger. Il faut compter un temps de recharge d’environ 3 minutes dans une station de remplissage».

 

L’hydrogène est aussi considéré comme un moyen durable de stocker de l’énergie. «On peut stocker les surplus d’énergies renouvelables pour pouvoir les réutiliser plus tard, ce qui n’est pas possible avec l’électricité. C’est un enjeu énorme permettant d’intégrer plus de renouvelable dans la consommation énergétique», assure Erwin Penfornis. «Des pays comme le Japon ont compris qu’ils allaient avoir besoin de ce vecteur énergétique qui peut être produit ailleurs, stocké et transporté par navire, camion ou par pipeline. C’est pour cela que le Japon est le pays le plus avancé dans ce secteur de l’hydrogène», explique-t-on chez Air Liquide. Le groupe a d’ailleurs annoncé l’an dernier la création d’une société commune avec 10 entreprises japonaises pour accélérer le développement du réseau de stations de recharge d’hydrogène dans l’archipel. Objectif: construire un réseau de 320 stations d’ici 2025, et 900 d’ici 2030.

 

Pour le moment, la consommation mondiale d’hydrogène reste encore faible: environ 56 millions de tonnes, soit moins de 2% de la consommation mondiale d’énergie. Mais d’après une étude réalisée par le Hydrogen Council avec McKinsey, l’hydrogène pourrait représenter près d’un cinquième de l’énergie totale consommée à l’horizon 2050. «Cela permettrait de contribuer à hauteur de 20% à la diminution requise pour limiter le réchauffement climatique à 2°C», explique l’Hydrogen Council, qui considère que l’hydrogène pourrait alimenter 10 à 15 millions de voitures et 500.000 camions d’ici à 2030. Selon cette étude, la demande annuelle d’hydrogène pourrait globalement être multipliée par dix d’ici à 2050 et représenter 18% de la demande énergétique finale totale dans le scénario des 2°C. À cet horizon, l’hydrogène pourrait générer un chiffre d’affaires de 2500 milliards de dollars et créer plus de 30 millions d’emplois.

«Cette molécule est utilisée depuis longtemps dans l’industrie comme matière première. Air Liquide par exemple en fournit depuis 50 ans à des secteurs comme le raffinage, la chimie ou le domaine spatial. L’hydrogène est notamment le carburant de lancement de la fusée Ariane depuis des décennies», explique Erwin Penfornis. Mais son utilisation est très large. «L’hydrogène a la capacité d’alimenter tous les usages énergétiques comme le transport ou le chauffage», ajoute le spécialiste.

C’est surtout dans les transports que son usage évolue. «L’hydrogène, stocké dans des réservoirs, est transformé en électricité grâce à une pile à combustible», explique-t-on chez Air Liquide.

 

Quel avenir pour l’industrie française ?

Quel  avenir pour l’industrie française ?

C’est l’interrogation d’Olivier Minaud, Directeur des opérations chez Wilo France dans une chronique de la tribune.

 

La part de l’industrie manufacturière dans l’économie française a diminué de moitié, de 22,3 % à 11,2 %, alors que sur la même période le secteur tertiaire a, à l’inverse, pris davantage de poids dans l’économie française. La diminution de la part de l’industrie dans le PIB a surtout été marquée entre 2000 et 2007 en raison notamment de la baisse des prix des biens de l’industrie qui nécessitent de moins en moins de travail humain, et entre 2007 et 2014 car l’industrie manufacturière, en particulier traditionnelle comme la sidérurgie, les chantiers navals, a été durement touchée par la crise économique.

« En tant qu’industriels, nous figurons parmi les professionnels les mieux préparés à une crise sanitaire. La gestion des risques et la protection des équipes font partie intégrante du quotidien. C’est pourquoi il a été possible de rapidement mettre en œuvre des mesures sanitaires pour assurer la santé des collaborateurs, puis s’adapter pour maintenir une activité. Ce fut le cas de l’ensemble des industries de première nécessité, mais aussi de nombreuses industries de « seconde ligne », celles produisant des biens d’utilité publique et qui ont décidé de maintenir leur usine ouverte pour continuer de respecter leurs engagements sociétaux et économiques.

Dans la gestion de cette crise, la confiance apparaît comme le premier facteur clé de réussite pour de nombreux industriels. La confiance dans un réseau de partenaires d’abord, qu’il s’agisse de fournisseurs de composants ou bien de sociétés de services et de maintenance, qui a permis d’adapter intelligemment et de concert les niveaux d’activité. Mais aussi, la relation de confiance nouée avec les collaborateurs, les partenaires sociaux et les instances représentatives du personnel, sans laquelle il aurait été difficile de faire respecter des mesures, parfois strictes, dans le but de préserver la santé tout en maintenant l’activité. C’est cette même confiance qui permet la bonne gestion des cas personnels de chaque collaborateur lorsque nécessaire et la mise en place d’organisation du travail plus flexible. Enfin, la confiance accordée par les clients en l’entreprise, ses valeurs et ses capacités de production et livraison, est cruciale pour sécuriser les carnets de commandes.

Cette confiance est issue d’une culture d’entreprise qui se bâtit dans le temps et s’appuie sur la cohérence économique, sociale et environnementale du projet. Elle constitue une base stable et solide et semble être un facteur sine qua non pour traverser les possibles crises.

Le deuxième facteur clé de réussite, mis en exergue par cette nouvelle crise, est l’agilité. Les méthodes de travail doivent être repensées en ce sens. Dans des marchés si tendus, l’hyperréactivité est de mise et elle ne se fera pas sans polyvalence. D’un côté, les directions doivent être en mesure d’adapter les organisations de travail aux conditions en temps réel et, de l’autre, les collaborateurs doivent être formés et acquérir les compétences nécessaires afin de pouvoir s’adapter à un environnement de travail plus flexible mais aussi afin de préserver leur employabilité dans une industrie en pleine transformation.

 

L’agilité, c’est également ce qui a permis à de nombreuses entreprises non-familières avec le télétravail de déployer des accès distants robustes et sécurisés en un temps record. Il a souvent été dit que le monde du travail, tel que nous le connaissions jusqu’ici, est d’ailleurs devenu obsolète depuis l’instauration massive du télétravail. Mais cela mériterait d’être nuancé. Penser que le télétravail fonctionnera forcément sur le long terme, car il a su le faire pendant un trimestre ne reflète pas la complexité du monde du travail. Pour éviter un possible décrochage, nous devons à présent nous mettre autour de la table pour savoir comment utiliser l’expérience de ces derniers mois afin de mieux travailler et collaborer à l’avenir. Notre économie est déconfinée peu à peu, il faut à présent déconfiner le travail de manière progressive, en prenant du recul sur la situation pour allier technologie, collaboration et lien social.

La régionalisation des productions est depuis plusieurs années déjà une tendance importante, pour des raisons aussi bien économiques qu’écologiques. La crise que nous connaissons est venue accentuer cette tendance via une prise de conscience forte des citoyens quant aux enjeux environnementaux et aux enjeux de sécurité d’approvisionnement national et européen. Pour relever ce défi et respecter ses responsabilités, l’industrie française, et plus largement européenne, doit s’adapter afin d’éviter une récession.

Le secteur industriel français est marqué par la présence de grands groupes renommés, mais il est également porté par une multitude d’entreprises de tailles intermédiaires, ainsi qu’un maillage de petites entreprises spécialisées dans le secteur des services industriels (laverie, entretien, etc.). Et c’est précisément ce maillage que nous avons la responsabilité de préserver aujourd’hui. En temps de crise, les industriels tendent à réduire, voire annuler, certains contrats auprès de partenaires externes afin de se concentrer sur leur cœur de métier. Une récession pourrait venir mettre à mal temporairement cet écosystème d’emplois et causer la fermeture de certaines entreprises de petites tailles.

Pour éviter cela, la vie industrielle doit reprendre son cours au plus tôt, en respectant les mesures de gestion du risque sanitaire. À ce titre, reprendre dès à présent les recrutements est primordial, y compris les contrats d’apprentissage. L’attrait pour une industrie plus responsable est un facteur clé pour le recrutement des nouvelles générations. Pour faire prospérer l’industrie française, la formation est donc l’un des enjeux majeurs. Pourtant, elle risque d’être mise à mal par les difficultés financières des industriels. Toute une génération d’apprentis ne pourrait, potentiellement, pas être formée dans de bonnes conditions.

Cette crise a entraîné une prise de conscience face à la nécessité d’apporter plus de cohérence dans nos politiques et nos projets industriels. De nouvelles vocations vont naître de ce terreau fertile. Les métiers industriels sont des métiers d’avenir. Animés par des enjeux en matière d’amélioration de conditions de travail, d’impact environnemental ou encore de sécurité d’approvisionnement, ils sont porteurs de sens.

À la crise sanitaire va probablement se succéder une crise économique et, à terme, une crise écologique. L’industrie pourrait cascader de crises en crises si nous n’agissons pas. Les plans nationaux de relance sont, sans nul doute, nécessaires sur le court terme, mais ils ne sont pas suffisants ou fiables sur le long terme. Pour faire face à de grandes puissances industrielles étrangères ayant établi des stratégies claires, les gouvernements européens doivent s’engager sur des plans d’investissement visant à résoudre les problématiques actuelles tout en dessinant l’industrie de demain. Un véritable projet industriel européen doit naître, axé sur la sécurité, la réduction de l’impact climatique et le respect des valeurs humanistes qui nous définissent.

Encore un avenir pour l’industrie française ?

Encore un avenir pour l’industrie française ?

C’est l’interrogation d’Olivier Minaud, Directeur des opérations chez Wilo France dans une chronique de la tribune.

La part de l’industrie manufacturière dans l’économie française a diminué de moitié, de 22,3 % à 11,2 %, alors que sur la même période le secteur tertiaire a, à l’inverse, pris davantage de poids dans l’économie française. La diminution de la part de l’industrie dans le PIB a surtout été marquée entre 2000 et 2007 en raison notamment de la baisse des prix des biens de l’industrie qui nécessitent de moins en moins de travail humain, et entre 2007 et 2014 car l’industrie manufacturière, en particulier traditionnelle comme la sidérurgie, les chantiers navals, a été durement touchée par la crise économique.

« En tant qu’industriels, nous figurons parmi les professionnels les mieux préparés à une crise sanitaire. La gestion des risques et la protection des équipes font partie intégrante du quotidien. C’est pourquoi il a été possible de rapidement mettre en œuvre des mesures sanitaires pour assurer la santé des collaborateurs, puis s’adapter pour maintenir une activité. Ce fut le cas de l’ensemble des industries de première nécessité, mais aussi de nombreuses industries de « seconde ligne », celles produisant des biens d’utilité publique et qui ont décidé de maintenir leur usine ouverte pour continuer de respecter leurs engagements sociétaux et économiques.

Dans la gestion de cette crise, la confiance apparaît comme le premier facteur clé de réussite pour de nombreux industriels. La confiance dans un réseau de partenaires d’abord, qu’il s’agisse de fournisseurs de composants ou bien de sociétés de services et de maintenance, qui a permis d’adapter intelligemment et de concert les niveaux d’activité. Mais aussi, la relation de confiance nouée avec les collaborateurs, les partenaires sociaux et les instances représentatives du personnel, sans laquelle il aurait été difficile de faire respecter des mesures, parfois strictes, dans le but de préserver la santé tout en maintenant l’activité. C’est cette même confiance qui permet la bonne gestion des cas personnels de chaque collaborateur lorsque nécessaire et la mise en place d’organisation du travail plus flexible. Enfin, la confiance accordée par les clients en l’entreprise, ses valeurs et ses capacités de production et livraison, est cruciale pour sécuriser les carnets de commandes.

Cette confiance est issue d’une culture d’entreprise qui se bâtit dans le temps et s’appuie sur la cohérence économique, sociale et environnementale du projet. Elle constitue une base stable et solide et semble être un facteur sine qua non pour traverser les possibles crises.

Le deuxième facteur clé de réussite, mis en exergue par cette nouvelle crise, est l’agilité. Les méthodes de travail doivent être repensées en ce sens. Dans des marchés si tendus, l’hyperréactivité est de mise et elle ne se fera pas sans polyvalence. D’un côté, les directions doivent être en mesure d’adapter les organisations de travail aux conditions en temps réel et, de l’autre, les collaborateurs doivent être formés et acquérir les compétences nécessaires afin de pouvoir s’adapter à un environnement de travail plus flexible mais aussi afin de préserver leur employabilité dans une industrie en pleine transformation.

 

L’agilité, c’est également ce qui a permis à de nombreuses entreprises non-familières avec le télétravail de déployer des accès distants robustes et sécurisés en un temps record. Il a souvent été dit que le monde du travail, tel que nous le connaissions jusqu’ici, est d’ailleurs devenu obsolète depuis l’instauration massive du télétravail. Mais cela mériterait d’être nuancé. Penser que le télétravail fonctionnera forcément sur le long terme, car il a su le faire pendant un trimestre ne reflète pas la complexité du monde du travail. Pour éviter un possible décrochage, nous devons à présent nous mettre autour de la table pour savoir comment utiliser l’expérience de ces derniers mois afin de mieux travailler et collaborer à l’avenir. Notre économie est déconfinée peu à peu, il faut à présent déconfiner le travail de manière progressive, en prenant du recul sur la situation pour allier technologie, collaboration et lien social.

La régionalisation des productions est depuis plusieurs années déjà une tendance importante, pour des raisons aussi bien économiques qu’écologiques. La crise que nous connaissons est venue accentuer cette tendance via une prise de conscience forte des citoyens quant aux enjeux environnementaux et aux enjeux de sécurité d’approvisionnement national et européen. Pour relever ce défi et respecter ses responsabilités, l’industrie française, et plus largement européenne, doit s’adapter afin d’éviter une récession.

Le secteur industriel français est marqué par la présence de grands groupes renommés, mais il est également porté par une multitude d’entreprises de tailles intermédiaires, ainsi qu’un maillage de petites entreprises spécialisées dans le secteur des services industriels (laverie, entretien, etc.). Et c’est précisément ce maillage que nous avons la responsabilité de préserver aujourd’hui. En temps de crise, les industriels tendent à réduire, voire annuler, certains contrats auprès de partenaires externes afin de se concentrer sur leur cœur de métier. Une récession pourrait venir mettre à mal temporairement cet écosystème d’emplois et causer la fermeture de certaines entreprises de petites tailles.

Pour éviter cela, la vie industrielle doit reprendre son cours au plus tôt, en respectant les mesures de gestion du risque sanitaire. À ce titre, reprendre dès à présent les recrutements est primordial, y compris les contrats d’apprentissage. L’attrait pour une industrie plus responsable est un facteur clé pour le recrutement des nouvelles générations. Pour faire prospérer l’industrie française, la formation est donc l’un des enjeux majeurs. Pourtant, elle risque d’être mise à mal par les difficultés financières des industriels. Toute une génération d’apprentis ne pourrait, potentiellement, pas être formée dans de bonnes conditions.

Cette crise a entraîné une prise de conscience face à la nécessité d’apporter plus de cohérence dans nos politiques et nos projets industriels. De nouvelles vocations vont naître de ce terreau fertile. Les métiers industriels sont des métiers d’avenir. Animés par des enjeux en matière d’amélioration de conditions de travail, d’impact environnemental ou encore de sécurité d’approvisionnement, ils sont porteurs de sens.

À la crise sanitaire va probablement se succéder une crise économique et, à terme, une crise écologique. L’industrie pourrait cascader de crises en crises si nous n’agissons pas. Les plans nationaux de relance sont, sans nul doute, nécessaires sur le court terme, mais ils ne sont pas suffisants ou fiables sur le long terme. Pour faire face à de grandes puissances industrielles étrangères ayant établi des stratégies claires, les gouvernements européens doivent s’engager sur des plans d’investissement visant à résoudre les problématiques actuelles tout en dessinant l’industrie de demain. Un véritable projet industriel européen doit naître, axé sur la sécurité, la réduction de l’impact climatique et le respect des valeurs humanistes qui nous définissent.

Energie–L’hydrogène : quel avenir ?

Energie–L’hydrogène : quel avenir ?

L’hydrogène est déjà utilisé dans des trains, des autocars, des automobiles ou même des scooters. L’hydrogène peut être utilisé dans le transport mais aussi comme moyen de chauffage. Ila question de la sécurité est de mieux en mieux prise en charge ;  se pose surcout le problème de sa compétitivité car produire de l’hydrogène coute cher. .Une voiture a hydrogène coute le double d’une voiture purement électrique.  Il s’agit de questions techniques mais aussi d’économie d’échelle car l’hydrogène est utilisé aujourd’hui de manière très marginale.   La question est de savoir si cette filière peut prendre une dimension de masse voir éventuellement se substituer à la voiture purement électrique utilisant des batteries ( sources Natura sciences et  le Figaro).

 

L’hydrogène est l’élément chimique le plus abondant de l’univers. Il s’agit d’un corps simple, gazeux, qui entre notamment dans la composition de l’eau. «Chaque molécule d’eau est le fruit de la combinaison entre 1 atome d’oxygène et 2 atomes d’hydrogène. On trouve aussi de l’hydrogène dans les hydrocarbures (pétrole et gaz) qui sont issus de la combinaison d’atomes de carbone et d’hydrogène», explique l’IFP énergie nouvelle (IFPEN), sur son site. L’hydrogène n’est pas une source d’énergie directe mais plutôt un vecteur énergétique. Dans les transports il est par exemple utilisé dans une pile à combustible pour générer de l’énergie.

 

L’hydrogène n’existe pas à l’état pur. Pour le produire, il faut utiliser des procédés chimiques pour séparer l’hydrogène des éléments auxquels il est associé. Il faut pour cela une source d’hydrogène et une source d’énergie. L’hydrogène peut ainsi être fabriqué par «vaporeformage de gaz naturel, électrolyse de l’eau, gazéification et pyrolyse de la biomasse, décomposition thermochimique ou photochimique de l’eau, production biologique à partir d’algues ou de bactéries», énumère l’Ademe,

Avant d’utiliser l’hydrogène, il faut le produire. Et c’est là que le bât blesse ! Il est aujourd’hui synthétisé à hauteur de 95 % à partir d’énergies fossiles. Pour ce faire, il faut beaucoup d’énergie et les émissions de CO2 sont importantes. Les techniques les plus utilisées sont le reformage, le vaporeformage et la gazéification. Une transition est donc à effectuer vers des modes de productions plus « propres ».

Replacer le pétrole et le gaz par l’hydrogène ne présente un intérêt que lorsqu’on peut le produire de façon décarbonée. Air Liquide a mis en place l’initiative Blue Hydrogen afin que 50 % de ses applications d’hydrogène énergie soient couvertes par des moyens bas carbone ou zéro carbone d’ici 2020. « On essaye de trouver le juste compromis entre faible teneur carbone et les contraintes économiques acceptables pour l’ensemble des applications », affirme Jean-Baptiste Mossa.

De nombreux travaux sont menés pour produire de l’hydrogène plus « propre » à partir de méthane, de biomasse et de déchets. En effet, il est possible de faire fermenter des bioressources. Les gaz de fermentations sont récupérables et filtrables pour concentrer le méthane qui servira à produire l’hydrogène. Couplé à un mode de capture du CO2, les émissions seraient nulles. Des travaux sont menés en France sur cette technique.L’hydrogène peut également être produit par électrolyse de l’eau. En utilisant de l’électricité d’origine renouvelable, il est possible de produire de l’hydrogène décarboné. Des démonstrateurs sont en cours. D’autres solutions de stockage sont à l’étude. Au Canada, par exemple, un barrage hydraulique alimente un électrolyseur pour produire de l’hydrogène.L’hydrogène est aussi produit dans des process industriels : il s’agit de l’l’hydrogène « fatal » produit, par exemple, lors de la fabrication du chlore ou de l’ammmoniac. Faute de valorisation, cette hydrogène est aujourd’hui brûlé et donc perdu. « Rien qu’en Europe, il y a moyen de faire rouler 2 millions de véhicules de piles à hydrogène avec de l’hydrogène fatal ; en France, 330 000 véhicules ! », affirme Bertrand Chauvet, Responsable du marketing de SymbioFCell. Pourquoi ne pas le récupérer ?Mais finalement, la révolution de l’hydrogène proviendra peut-être de la croûte terrestre. Alors que l’on pensait que l’hydrogène n’existait pas pur à l’état naturel, à part dans des sources inexploitables découvertes en mer, IFP Energies nouvelles a mis en évidence des émanations naturelles continues d’hydrogène sur terre.

Comme le précise l’IFPEN, «la molécule d’hydrogène, composée de deux atomes d’hydrogène, est particulièrement énergétique: 1 kg d’hydrogène libère environ trois fois plus d’énergie qu’1 kg d’essence». De plus, l’hydrogène, lorsqu’il est produit à partir de ressources renouvelables, est considéré comme non polluant. «Les rejets d’un véhicule à hydrogène sont composés uniquement d’eau. Il n’y a aucune émission de particule nocive ou de Co²», affirme Erwin Penfornis, directeur du marché hydrogène chez Air Liquide. Autre avantage selon le spécialiste: «Avec l’hydrogène, il y a plus d’autonomie et c’est plus rapide à recharger. Il faut compter un temps de recharge d’environ 3 minutes dans une station de remplissage».

 

L’hydrogène est aussi considéré comme un moyen durable de stocker de l’énergie. «On peut stocker les surplus d’énergies renouvelables pour pouvoir les réutiliser plus tard, ce qui n’est pas possible avec l’électricité. C’est un enjeu énorme permettant d’intégrer plus de renouvelable dans la consommation énergétique», assure Erwin Penfornis. «Des pays comme le Japon ont compris qu’ils allaient avoir besoin de ce vecteur énergétique qui peut être produit ailleurs, stocké et transporté par navire, camion ou par pipeline. C’est pour cela que le Japon est le pays le plus avancé dans ce secteur de l’hydrogène», explique-t-on chez Air Liquide. Le groupe a d’ailleurs annoncé l’an dernier la création d’une société commune avec 10 entreprises japonaises pour accélérer le développement du réseau de stations de recharge d’hydrogène dans l’archipel. Objectif: construire un réseau de 320 stations d’ici 2025, et 900 d’ici 2030.

 

Pour le moment, la consommation mondiale d’hydrogène reste encore faible: environ 56 millions de tonnes, soit moins de 2% de la consommation mondiale d’énergie. Mais d’après une étude réalisée par le Hydrogen Council avec McKinsey, l’hydrogène pourrait représenter près d’un cinquième de l’énergie totale consommée à l’horizon 2050. «Cela permettrait de contribuer à hauteur de 20% à la diminution requise pour limiter le réchauffement climatique à 2°C», explique l’Hydrogen Council, qui considère que l’hydrogène pourrait alimenter 10 à 15 millions de voitures et 500.000 camions d’ici à 2030. Selon cette étude, la demande annuelle d’hydrogène pourrait globalement être multipliée par dix d’ici à 2050 et représenter 18% de la demande énergétique finale totale dans le scénario des 2°C. À cet horizon, l’hydrogène pourrait générer un chiffre d’affaires de 2500 milliards de dollars et créer plus de 30 millions d’emplois.

«Cette molécule est utilisée depuis longtemps dans l’industrie comme matière première. Air Liquide par exemple en fournit depuis 50 ans à des secteurs comme le raffinage, la chimie ou le domaine spatial. L’hydrogène est notamment le carburant de lancement de la fusée Ariane depuis des décennies», explique Erwin Penfornis. Mais son utilisation est très large. «L’hydrogène a la capacité d’alimenter tous les usages énergétiques comme le transport ou le chauffage», ajoute le spécialiste.

 

 

C’est surtout dans les transports que son usage évolue. «L’hydrogène, stocké dans des réservoirs, est transformé en électricité grâce à une pile à combustible», explique-t-on chez Air Liquide.

Energie- L’hydrogène : quel avenir ?

Energie- L’hydrogène : quel avenir ?

L’hydrogène est déjà utilisé dans des trains, des autocars, des automobiles ou même des scooters. L’hydrogène peut être utilisé dans le transport mais aussi comme moyen de chauffage. Ila question de la sécurité est de mieux en mieux prise en charge ;  se pose surcout le problème de sa compétitivité car produire de l’hydrogène coute cher. .Une voiture a hydrogène coûte le double d’une voiture purement électrique.  Il s’agit de questions techniques mais aussi d’économie d’échelle car l’hydrogène est utilisé aujourd’hui de manière très marginale.   La question est de savoir si cette filière peut prendre une dimension de masse voir éventuellement se substituer à la voiture purement électrique utilisant des batteries ( sources Natura sciences et  le Figaro).

 

L’hydrogène est l’élément chimique le plus abondant de l’univers. Il s’agit d’un corps simple, gazeux, qui entre notamment dans la composition de l’eau. «Chaque molécule d’eau est le fruit de la combinaison entre 1 atome d’oxygène et 2 atomes d’hydrogène. On trouve aussi de l’hydrogène dans les hydrocarbures (pétrole et gaz) qui sont issus de la combinaison d’atomes de carbone et d’hydrogène», explique l’IFP énergie nouvelle (IFPEN), sur son site. L’hydrogène n’est pas une source d’énergie directe mais plutôt un vecteur énergétique. Dans les transports il est par exemple utilisé dans une pile à combustible pour générer de l’énergie.

 

L’hydrogène n’existe pas à l’état pur. Pour le produire, il faut utiliser des procédés chimiques pour séparer l’hydrogène des éléments auxquels il est associé. Il faut pour cela une source d’hydrogène et une source d’énergie. L’hydrogène peut ainsi être fabriqué par «vaporeformage de gaz naturel, électrolyse de l’eau, gazéification et pyrolyse de la biomasse, décomposition thermochimique ou photochimique de l’eau, production biologique à partir d’algues ou de bactéries», énumère l’Ademe,

Avant d’utiliser l’hydrogène, il faut le produire. Et c’est là que le bât blesse ! Il est aujourd’hui synthétisé à hauteur de 95 % à partir d’énergies fossiles. Pour ce faire, il faut beaucoup d’énergie et les émissions de CO2 sont importantes. Les techniques les plus utilisées sont le reformage, le vaporeformage et la gazéification. Une transition est donc à effectuer vers des modes de productions plus « propres ».

Replacer le pétrole et le gaz par l’hydrogène ne présente un intérêt que lorsqu’on peut le produire de façon décarbonée. Air Liquide a mis en place l’initiative Blue Hydrogen afin que 50 % de ses applications d’hydrogène énergie soient couvertes par des moyens bas carbone ou zéro carbone d’ici 2020. « On essaye de trouver le juste compromis entre faible teneur carbone et les contraintes économiques acceptables pour l’ensemble des applications », affirme Jean-Baptiste Mossa.

De nombreux travaux sont menés pour produire de l’hydrogène plus « propre » à partir de méthane, de biomasse et de déchets. En effet, il est possible de faire fermenter des bioressources. Les gaz de fermentations sont récupérables et filtrables pour concentrer le méthane qui servira à produire l’hydrogène. Couplé à un mode de capture du CO2, les émissions seraient nulles. Des travaux sont menés en France sur cette technique.L’hydrogène peut également être produit par électrolyse de l’eau. En utilisant de l’électricité d’origine renouvelable, il est possible de produire de l’hydrogène décarboné. Des démonstrateurs sont en cours. D’autres solutions de stockage sont à l’étude. Au Canada, par exemple, un barrage hydraulique alimente un électrolyseur pour produire de l’hydrogène.L’hydrogène est aussi produit dans des process industriels : il s’agit de l’l’hydrogène « fatal » produit, par exemple, lors de la fabrication du chlore ou de l’ammmoniac. Faute de valorisation, cette hydrogène est aujourd’hui brûlé et donc perdu. « Rien qu’en Europe, il y a moyen de faire rouler 2 millions de véhicules de piles à hydrogène avec de l’hydrogène fatal ; en France, 330 000 véhicules ! », affirme Bertrand Chauvet, Responsable du marketing de SymbioFCell. Pourquoi ne pas le récupérer ?Mais finalement, la révolution de l’hydrogène proviendra peut-être de la croûte terrestre. Alors que l’on pensait que l’hydrogène n’existait pas pur à l’état naturel, à part dans des sources inexploitables découvertes en mer, IFP Energies nouvelles a mis en évidence des émanations naturelles continues d’hydrogène sur terre.

Comme le précise l’IFPEN, «la molécule d’hydrogène, composée de deux atomes d’hydrogène, est particulièrement énergétique: 1 kg d’hydrogène libère environ trois fois plus d’énergie qu’1 kg d’essence». De plus, l’hydrogène, lorsqu’il est produit à partir de ressources renouvelables, est considéré comme non polluant. «Les rejets d’un véhicule à hydrogène sont composés uniquement d’eau. Il n’y a aucune émission de particule nocive ou de Co²», affirme Erwin Penfornis, directeur du marché hydrogène chez Air Liquide. Autre avantage selon le spécialiste: «Avec l’hydrogène, il y a plus d’autonomie et c’est plus rapide à recharger. Il faut compter un temps de recharge d’environ 3 minutes dans une station de remplissage».

 

L’hydrogène est aussi considéré comme un moyen durable de stocker de l’énergie. «On peut stocker les surplus d’énergies renouvelables pour pouvoir les réutiliser plus tard, ce qui n’est pas possible avec l’électricité. C’est un enjeu énorme permettant d’intégrer plus de renouvelable dans la consommation énergétique», assure Erwin Penfornis. «Des pays comme le Japon ont compris qu’ils allaient avoir besoin de ce vecteur énergétique qui peut être produit ailleurs, stocké et transporté par navire, camion ou par pipeline. C’est pour cela que le Japon est le pays le plus avancé dans ce secteur de l’hydrogène», explique-t-on chez Air Liquide. Le groupe a d’ailleurs annoncé l’an dernier la création d’une société commune avec 10 entreprises japonaises pour accélérer le développement du réseau de stations de recharge d’hydrogène dans l’archipel. Objectif: construire un réseau de 320 stations d’ici 2025, et 900 d’ici 2030.

 

Pour le moment, la consommation mondiale d’hydrogène reste encore faible: environ 56 millions de tonnes, soit moins de 2% de la consommation mondiale d’énergie. Mais d’après une étude réalisée par le Hydrogen Council avec McKinsey, l’hydrogène pourrait représenter près d’un cinquième de l’énergie totale consommée à l’horizon 2050. «Cela permettrait de contribuer à hauteur de 20% à la diminution requise pour limiter le réchauffement climatique à 2°C», explique l’Hydrogen Council, qui considère que l’hydrogène pourrait alimenter 10 à 15 millions de voitures et 500.000 camions d’ici à 2030. Selon cette étude, la demande annuelle d’hydrogène pourrait globalement être multipliée par dix d’ici à 2050 et représenter 18% de la demande énergétique finale totale dans le scénario des 2°C. À cet horizon, l’hydrogène pourrait générer un chiffre d’affaires de 2500 milliards de dollars et créer plus de 30 millions d’emplois.

«Cette molécule est utilisée depuis longtemps dans l’industrie comme matière première. Air Liquide par exemple en fournit depuis 50 ans à des secteurs comme le raffinage, la chimie ou le domaine spatial. L’hydrogène est notamment le carburant de lancement de la fusée Ariane depuis des décennies», explique Erwin Penfornis. Mais son utilisation est très large. «L’hydrogène a la capacité d’alimenter tous les usages énergétiques comme le transport ou le chauffage», ajoute le spécialiste.

 

 

C’est surtout dans les transports que son usage évolue. «L’hydrogène, stocké dans des réservoirs, est transformé en électricité grâce à une pile à combustible», explique-t-on chez Air Liquide.

 

Avenir industrie automobile française : une crise qui va durer 10 ans

Avenir industrie automobile française : une crise qui va durer 10 ans

 

Selon les consultants du cabinet AlixPartners., près un pic des ventes à 2,7 millions de véhicules en 2019, celles-ci vont tomber à 1,8 million en 2020. Elles retrouveraient en 2022 leur niveau de 2016, soit 2,4 millions d’unités vendues. Le retour de la croissance n’étant pas attendu avant 2030. Le marché «ne devrait pas être en croissance malgré le maintien des lancements de nouveaux véhicules», estime Laurent Petizon, le directeur associé d’AlixPartners.

La France ne se relèvera pas au même rythme que l’Europe, dont les ventes devraient croître de 7,7 % par an de 2020 à 2025. D’après les prévisions d’AlixPartners, le marché sera soutenu par les ventes de SUV – électrifiés pour la plupart – qui devraient en 2030 représenter 43 % du marché, contre 21 % en 2015. Autre effet de la crise du Covid-19, le volume de production dans l’Hexagone va plonger à 1,5 million d’unités (2,2 millions en 2019) et se stabiliser à 1,8

 

Plusieurs concertations ont lieu avec les partenaires pour soutenir l’emploi, dont une sur les modalités d’un dispositif d’activité partielle, qui sera mis en place par un accord collectif d’entreprise ou de branche. Il donnerait lieu à une indemnisation en contrepartie du maintien dans l’emploi.

En avril, 8,6 millions de salariés étaient au chômage partiel, a rappelé la ministre, qui n’a pas encore les chiffres de mai.

Depuis le début de la crise en mars, le gouvernement a mis en place un régime exceptionnel de chômage partiel pour éviter les licenciements.

Depuis le 1e juin, la prise en charge par l’État et l’Unedic a baissé de 100% à 85% de l’indemnité versée au salarié, à l’exception des secteurs faisant l’objet de restrictions en raison de la crise sanitaire comme le tourisme ou la restauration.

« Ce dispositif permettra de garder son emploi, à l’entreprise de garder ses compétences », a expliqué la ministre.

 

Parmi les contreparties pour l’entreprise, le maintien dans l’emploi mais aussi,  »s’il y a une baisse de salaire pendant la crise (à l’issue de la crise, NDLR), on fait plus d’intéressement. Ce sera négocié dans l’entreprise ».

 

 

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