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Permis de conduire : la révolte corpo des auto-écoles

Permis de conduire : la révolte corpo des auto-écoles

Le lobby des auto-écoles ne fait pas dans la dentelle, il considère que la perspective de formation en ligne pour le code de la route va augmenter le nombre de tués. En réalité, la question n’est pas sécuritaire mais économique. En effet l’obtention du permis de conduire devient d’un coût exorbitant pour les plus défavorisés notamment pour les jeunes. Et ne parlons pas du permis poids lourd qui heureusement est souvent cofinancé par les entreprises elles-mêmes. On se demande comment les auto-écoles peuvent prétendre mieux former à l’apprentissage du code que les plates-formes en ligne. Nombres d’enseignements se font désormais par voie d’Internet. En outre il ne s’agit pas d’apprentissage de la conduite proprement dite. En effet en dépit des réformes successives on apprend surtout aux candidats du permis à de conduire une machine et non à gérer une politique de risques. Par ailleurs le cout actuel du permis de conduire est scandaleux puisqu’il faut compter en moyenne de presque 2000 euros.  Une somme souvent inaccessible pour de nombreux jeunes qui pourtant ont un besoin incontournable de la voiture pour accéder à l’emploi. Puisqu’il s’agit d’un enjeu de société, l’apprentissage du code devrait être gratuit et dispensé notamment dans toutes les écoles. Le lobby des auto-écoles proteste donc contre l’agrément national qui va être accordé aux plates-formes en ligne pour l’apprentissage du code de la route.

. «Un agrément national signifie en effet que l’on n’a plus besoin de justifier d’une adresse et d’un établissement pour demander à travailler dans un département comme c’est le cas aujourd’hui», fulmine Patrice Bessone, le président du CNPA Éducation-Routière. Or pour ce dernier, sans local, on brade l’enseignement. «On empêche le développement des outils qui améliorent l’apprentissage comme le recours aux simulateurs de conduite», dit-il en pestant contre ce modèle en ligne, véritable miroir aux alouettes, selon lui. «Ces start-up affirment casser les prix. Mais des élèves mal formés vont rater leur permis et, devant le repasser, paieront finalement bien plus cher qu’avec une auto-école classique», dit-il. Cet enseignement via des plateformes, va jeter, selon lui, sur les routes des jeunes moins aguerris. La porte ouverte à davantage d’accidents. L’autre proposition qui ne passe pas concerne la possibilité pour l’élève de s’inscrire directement sur une plate-forme afin de passer les épreuves du permis. Aujourd’hui, les auto-écoles ont la main sur cette gestion en décidant qu’un candidat est prêt ou non à la conduite.

 

Auto-écoles : la révolte corpo

 

Auto-écoles : la révolte  corpo

 

Une révolte corpo,  une de plus. Même si le projet du gouvernement comporte des contradictions ; Ainsi par exemple on ne saurait imputer le délai exorbitant pour passer le permis aux auto- écoles mais à l’administration et à ses inspecteurs. Pour le reste , on ne fera croire à personne que le permis actuel répond à une problématique de sécurité. Les auto-écoles préfèrent à l’examen du permis pas à la gestion des risques en situation réelle. Le regretté Jean Paul Beltoise ( Champion de F1) a milité toute sa vie pour que le permis se déroule en situation de risques sur des circuits (en vain). La conduite pro, la vraie, celle des chauffeurs de poids lourds ou de cars par exmeple est essentiellement fondée sur la capacité à anticiper l’attitude des autres usagers, à gèrer le risque en situations extrêmes, celles qui sont responsables  l’accidentologie grave. . C’est le cœur de la problématique de la conduite et non se limiter à tenir, un volant, passer des vitesses ou reconnaître des panneaux. Tout cela surtout pour justifier le coût exorbitant de 1500 euros en moyenne.   Les moniteurs d’auto-écoles remettent le couvert. Après avoir manifesté à Paris vendredi pour contester la réforme du permis de conduire inscrite dans projet de loi Macron, ils annoncent leur intention d’élargir le mouvement à toute la France ce lundi. Outre Paris, des rassemblement sont prévus à Marseille, Lyon, Grenoble, Bordeaux, Lorient, Limoges, Tarbes, Clermont-Ferrand, Alés, Tours, Nancy, Carcassonne et l’Ile de La Réunion, à l’appel des organisations professionnelles Unic, CNPA et Unidec. Les trois principaux réseaux d’auto-écoles, ECF, CER et City’Zen, appellent également à se joindre au mouvement. Vendredi, déjà, 860 véhicules d’auto-écoles selon la police se sont retrouvés à proximité de la Tour Eiffel. Ils seront beaucoup plus nombreux lundi, promet Frédéric Martinez, directeur du réseau ECF.  La profession se mobilise pour faire évoluer le contenu de la loi Macron, dont l’examen se poursuivra la semaine prochaine à l’Assemblée nationale. Cette dernière prévoit d’imposer un délai maximum de 45 jours entre deux passages de l’examen de conduite et le recours à des agents d’entreprises publiques, comme ceux de La Poste, pour pallier le nombre insuffisant d’inspecteurs pour l’examen du code. La loi prévoit aussi de supprimer l’obligation des 20 heures de cours minimum avant présentation à l’examen, une mesure «démagogique», selon les professionnels. Pour Frédéric Martinez, il n’est pas possible, en moins de vingt heures, d’aborder le nouveau référentiel pour l’éducation à la mobilisation citoyenne, mis en place en 2014 pour valoriser un comportement responsable du futur automobiliste.  Les professionnels refusent également que l’évaluation initiale puisse se faire à distance, sans contact direct avec un professionnel, comme le prévoit la loi. «C’est comme un devis. On ne peut pas demander à un peintre ou un maçon de faire un devis sans avoir vu l’appartement», s’insurge le directeur du réseau ECF. «La loi Macron est une déclaration de guerre ouverte contre les professionnels de l’apprentissage à la conduite», résume Philippe Colombani, président de l’Unic, dans un communiqué. Le mouvement de lundi aura pour objectif de mettre la pression sur le gouvernement à la veille d’une réunion entre les organisations syndicales et le rapporteur thématique du projet de loi Macron, le député PS Gilles Savary. Les auto-écoles appellent le premier ministre, Manuel Valls, à arbitrer en leur faveur.




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