Archive pour le Tag 'aussi'

Page 2 sur 19

L’ inflation vient aussi du tape-à-l’œil

L’ inflation vient aussi  du tape-à-l’œil

Ce qui se passe avec les cryptos ou les NFT vaut pour la consommation en général : des produits complètement inutiles qui ne provoquent que de fausses satisfactions estime un papier de l’Opinion

La grande différence avec les années 1970 est qu’il n’y a pas aujourd’hui une inflation mais deux. La première est la hausse des prix traditionnelle. Les entreprises font grimper les étiquettes pour rattraper leurs coûts qui augmentent. L’énergie en est la cause première, comme il y a un demi-siècle, et d’une façon générale les matières premières. Il est une autre cause aujourd’hui à cette traditionnelle inflation : l’excès de monnaie qui provient des politiques « accommodantes » des banques centrales depuis la crise Internet de 2000. L’argent trop abondant a provoqué des bulles, dans la Bourse ou l’immobilier par exemple, et a poussé les investisseurs dans des projets parfaitement inutiles comme les cryptomonnaies.

Le risque de cette hausse des prix est, lui aussi, traditionnel : les salariés réclament des compensations de rémunération qui font encore monter les coûts, ce qui déclenche la fameuse « spirale », qui est à proprement parler « l’inflation ». Les manières de s’y opposer sont, elles aussi, éprouvées : une hausse des taux d’intérêt pour étouffer le feu, une politique budgétaire « restrictive » et le maintien d’un « retard » des salaires, ce qui a pour effet de faire payer la crise aux salariés et aux retraités.

Mais nous vivons une autre inflation, inédite : les produits plus chers. Normalement, les économistes évaluent à 2% l’an l’amélioration des biens et des services, le progrès technique si l’on veut. D’où la non moins fameuse norme des banques centrales – viser une inflation de 2%. Mais ce qui se passe en ce moment est un bouleversement bien supérieur, provoqué par plusieurs causes : l’écologie, la modification de la concurrence et ce qu’on peut nommer la société du tape-à-l’œil.

Il faut inventer un mélange inédit de technologie et de marketing de la sobriété. Quand on parle de réindustrialisation, c’est de cela qu’il devrait s’agir. La France pourrait devenir le pays qui refait du simple, utile et beau

L’écologie, tout monde l’a vu. Une pomme bio coûte nettement plus cher puisque l’éleveur renonce à des traitements chimiques qui avaient élevé ses rendements. L’agriculture « durable » prétend lutter contre le « productivisme » mais tant qu’elle n’a pas trouvé comment remonter sa productivité, elle sera nettement plus chère. La voiture électrique est 50% plus coûteuse qu’une voiture à essence, affirme Carlos Tavares, patron de Stellantis (Peugeot, Citroën, Fiat, Chrysler…). On ajoutera que les constructeurs se sont engagés simultanément dans un autre renchérissement des voitures, avec le digital. Ils veulent vendre des salons vidéo sur roues, bourrés d’écrans, qui se conduisent plus ou moins tout seuls.

L’électrique et l’autonomie sont les deux moteurs qui font partir les prix comme des fusées. On observe la même évolution avec les produits électroniques comme les téléphones : ils devraient baisser de prix au fur et à mesure que les puces deviennent plus puissantes (loi de Moore) mais c’est le contraire qui se passe. Pour augmenter les tarifs, les fabricants les complexifient à loisir afin de nous donner plusieurs caméras et des millions de possibilités dont l’utilisateur normal ne maîtrise qu’un centième, non sans s’en agacer.

La deuxième cause est la concurrence qui a disparu ou s’est affaiblie dans beaucoup de secteurs, selon les économistes comme Thomas Philippon. Les grands groupes qui tiennent serrés leurs marchés sont des « price makers » inflationnistes. Mais pas seulement. La mondialisation a poussé tous les producteurs des pays développés confrontés aux pays à bas coûts de main-d’œuvre vers le haut de gamme où les marges sont considérablement meilleures. C’est ce qui explique que les voitures, les réfrigérateurs, les téléviseurs et même les poêles deviennent de plus en plus complexes.

La troisième est la place qu’occupe le clinquant dans nos sociétés et nos publicités. En 1970, la ménagère de moins de 50 ans était la cible, la classe moyenne accédait à la société de consommation. Aujourd’hui, c’est fait. Il faut l’attirer vers le plus et le plus cher, la publicité vante les stars du foot et du rap, et des influenceuses font mousser le luxe tapageur de Dubaï. Ce qui se passe avec les cryptos ou les NFT vaut pour la consommation en général : des produits complètement inutiles qui ne provoquent que de fausses satisfactions.

Comment lutter contre cette inflation-là ? C’est plus difficile que de relever les taux d’intérêt. Il faut inventer un mélange inédit de technologie et de marketing de la sobriété. Quand on parle de réindustrialisation, c’est de cela qu’il devrait s’agir. La France pourrait devenir le pays qui refait du simple, utile et beau, selon le modèle du britannique Terence Conran, fondateur d’Habitat.

Un service humain personnalisé constituera le véritable haut de gamme de demain. Avoir quelqu’un de disponible et compétent au bout de la ligne pour soi-même réparer ses outils donnera le luxe de la liberté. L’anti-tape-à-l’œil et l’anti-sourde oreille du call center sont l’avenir du marketing

Simple : Henry Ford a fait passer le prix d’une voiture de 27 000 dollars à 5 000 avec la Ford T, devenue accessible à ses propres ouvriers. Le chemin inverse de celui des constructeurs d’aujourd’hui. La technologie devrait faire demi-tour et redécouvrir le goût du pas cher et du véritablement utile. Simple : on devrait redonner aux utilisateurs du réparable les plaisirs du Solex. Simple : on devrait cesser de tout confier aux machines, son chemin au GPS, ses vacances à des algorithmes.

Il n’y a pas que l’automobile concernée. L’habitat, le principal facteur de perte de pouvoir d’achat des populations, l’est aussi. Se loger coûte cinq à dix fois plus cher du fait de la spéculation mais aussi de la complexification des normes. Le bâtiment a besoin d’une révolution du simple et beau. Le ciment émet du CO2, il faut industrialiser les nouvelles maisons en bois préfabriquées en usines. L’Etat devrait inverser sa logique « écologique » du plus compliqué et plus cher, pour promouvoir un urbanisme utile et beau et lui-même se simplifier, comme le demande si justement Gaspard Koenig. Si l’on produit des voitures propres et des maisons vertes, pas chères, les gens seront contents.

Ces gens y sont-ils prêts ? Sûrement, si l’on casse la logique du toujours plus cher pour accompagner les produits simples par un service humain personnalisé, qui constituera le véritable haut de gamme de demain. Inversion du regard sur la consommation : avoir quelqu’un de disponible et compétent au bout de la ligne pour soi-même réparer ses outils donnera le luxe de la liberté. L’anti-tape-à-l’œil et l’anti-sourde oreille du call center sont l’avenir du marketing.

Redonner du pouvoir d’achat en luttant contre l’inflation des produits inutiles et retrouver le pouvoir du bon achat : la politique économique des années qui viennent ne consistera pas à imposer de l’austérité traditionnelle mais devra construire la sobriété technique et sensée. Et cette désinflation-là sera salutaire pour les salariés.

Déficit du commerce extérieur : Le résultat aussi des doctrines économiques françaises

Déficit du commerce extérieur : Le résultat aussi des doctrines économiques françaises

 

Les économistes André et Thomas Grjebine considèrent, dans une tribune au « Monde », que le déficit commercial français s’explique par la divergence des stratégies et des doctrines économiques au sein de la zone euro – exportations en Allemagne, soutien de la demande en France.

 

Une zone monétaire comme la zone euro est condamnée à la crise si les priorités économiques des pays qui la composent sont fondamentalement différentes. Or, depuis 1945, l’Allemagne pratique une politique néomercantiliste, et la France une politique de soutien de la demande, avec, par intervalles, des politiques plus restrictives quand la contrainte extérieure devient trop forte.

Ces stratégies opposées, à la source de nos déficits extérieurs persistants et des excédents allemands, ont des fondements théoriques divergents. Du XVIe à la première moitié du XVIIIe siècle, le mercantilisme a accompagné les débuts de l’industrie française. Il s’agissait à la fois d’organiser une politique industrielle tournée vers la production de biens destinés à l’exportation et de décourager les importations de produits finis, via des mesures protectionnistes. L’Allemagne s’inspire de cette doctrine depuis des décennies, sinon depuis Bismarck (1815-1898). Son mercantilisme ne s’exprime pas tant par des mesures protectionnistes que par une politique de l’offre s’appuyant sur une compression de la demande, qui vise à la fois à assurer la compétitivité des entreprises (avec notamment des longues phases de modération salariale) et à limiter les importations. Le consensus social permet d’appliquer cette stratégie avec l’accord des syndicats, soucieux de préserver la compétitivité de l’industrie allemande.

Si l’équilibre extérieur est une priorité pour l’Allemagne, c’est, pour la France, davantage une variable d’ajustement. On peut y voir l’influence des théories classiques du commerce international, qui a toujours été très forte auprès des économistes français. Les théories de « l’avantage absolu » d’Adam Smith (1723-1790) et plus encore de « l’avantage comparatif » de David Ricardo (1772-1823) ont été construites en réaction aux théories mercantilistes en vogue à l’époque : il s’agissait de passer d’un monde où chacun essaie de maximiser ses surplus commerciaux à un monde où chacun a intérêt à l’échange. Peu importe ce que l’on produit, la division du travail doit permettre à chaque pays de s’enrichir, chacun se spécialisant dans les productions pour lesquelles il dispose d’un avantage comparatif. Dans un monde où chacun a intérêt à l’échange, les déficits commerciaux ne sont plus un problème : ils sont mêmes avantageux, car ils permettent de « vivre au-dessus de ses moyens », c’est-à-dire de pouvoir consommer plus que ce qui est produit.

En réalité, ces mécanismes n’ont jamais fonctionné comme Ricardo et ses successeurs les ont décrits. La nature des produits qu’un pays exporte est loin d’être indifférente, et, en pratique, la plupart des pays se sont développés via une stratégie de montée en gamme dans les exportations. Par ailleurs, ces approches néoclassiques négligent les effets dynamiques des déficits commerciaux sur les structures de production, et en particulier le fait que les déficits extérieurs et la désindustrialisation sont intimement liés.

Ukraine: Premier terrain aussi de guerre climatique

Ukraine: Premier terrain aussi de guerre climatique

 

L’Ukraine, premier théâtre du nouveau conflit mondial climatique impliqué de renoncer  renoncer plus rapidement et durablement aux énergies fossiles, en basculant vers le tout électrique dopé au nucléaire et aux énergies renouvelables. Par Alexis Normand, cofondateur de Greenly

« Mission impossible ? » Pas sans un électrochoc dont la guerre en Ukraine est déjà l’avant-signe manifeste, et le symbole plus profond d’une fracturation pérenne entre démocraties pro-transition énergétique et pétro-dictatures. La survie même de ces kleptocraties dépend de la perpétuation d’une économie extractive. Les démocraties n’en sont pas moins menacées, car l’afflux de réfugiés climatiques poussera chaque nation à se barricader, établissant une distinction entre apatrides et citoyens poussés vers les extrêmes. Cette fracture marquerait la fin de l’égalisation progressive des conditions, identifiée par Tocqueville  comme un mouvement irrépressible de l’Histoire. En fait, le réchauffement climatique, couplé à une moindre capacité de redistribuer les ressources dans un monde contraint par ses limitations physiques, mettrait fin brutalement à la dynamique de l’Occident.

Vladimir Poutine ne s’y est pas trompé en élevant la portée symbolique du conflit à une guerre mondiale contre « l’Ouest décadent », hypocrite donneur de leçons, car incapable de défendre son modèle matérialiste face aux montées des extrêmes. La crise des gilets jaunes a montré le caractère explosif d’une transition désordonnée, qui ferait porter son coût sur les plus vulnérables, avec la tentation d’amalgamer insécurité économique et identitaire. Pour les émules de Poutine, comme Mme Le Pen et consort, la défense de l’identité nationale et celle du prix à la pompe sont un seul et même combat.

L’Europe libérale a une occasion historique unique de tout changer pour continuer à prospérer. Elle s’apprête à déclarer un embargo sur le pétrole russe, au risque d’exacerber ses tensions internes, puisqu’elle n’a pas encore déployé à l’échelle du continent les technologies de demain. Le mix énergétique composé du nucléaire, de l’hydrogène et des renouvelables existe déjà mais doit gagner le combat idéologique de l’opinion publique.

Cette guerre, accélérateur de l’Histoire, se gagnera sur le terrain économique, en œuvrant à marche forcée au découplage, anti-historique mais inévitable, entre croissance et augmentation de nos budgets carbone .

Poutine, tenant d’une Realpolitik réactualisée, a fait le pari que la transition énergétique était impossible. Il pensait avoir les mains libres pour s’approprier les ressources ukrainiennes, comptant sur le soutien « sans limite » de la Chine, et gardant l’Europe sous la dépendance de son gaz. Pour gagner la guerre, cette dernière devra retrouver sa souveraineté énergétique. Dans un monde où les énergies fossiles conditionneraient la vraie puissance, la puissance du bloc sino-russe se trouverait renforcée par cette nouvelle fracture, en augmentant la part des ressources sous contrôle. La bataille de l’Ukraine serait le premier conflit d’une guerre plus longue dont l’enjeu s’étend aux autres ressources stratégiques, en particulier les terres rares, essentielles à la production de batteries et à l’électrification du monde.

A court terme, la substitution du gaz russe par du charbon, en Allemagne ou en Pologne, repousse d’autant leurs ambitions de décarbonation. La conversion de l’Europe entière au nucléaire est improbable à court terme vue l’hostilité des opinions publiques. Le renouvelable ne suffit pas encore aux besoins, ni en Europe, ni en Chine. Une impasse, et autant de certitudes bousculées par les combats en Ukraine.

Techniquement, le dernier rapport du GIEC montre que c’est possible en opérant une bascule massive et coordonnée vers les énergies décarbonées, doublée d’un effort d’électrification de l’ensemble des secteurs, dans les transports, l’industrie, le logement, l’agriculture… Politiquement, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, où le capital politique en faveur d’un effort de guerre comparable au Victory Program grandit de jour en jour.

Sommes-nous préparés aux conflits engendrés par la transition et la dépendance toujours plus persistante aux énergies fossiles ? Il faudra compter sur l’hostilité croissante de la Chine avec l’extension de la taxe carbone aux frontières, si elle ne renonce pas plus vite au charbon. Privées de leur principale ressource, les pétro-monarchies du Golfe pourraient s’effondrer en entraînant avec elles l’Egypte et le Levant. Aux Etats-Unis et en Europe, les coûts de la transition font déjà monter les extrêmes.

L’acte I est en train de se jouer devant des spectateurs impuissants tandis que les rebondissements et les dialogues de sourds minent la scène internationale. Les démocraties comprennent pourtant que l’immense défi technologique de la transition est aussi une nécessité politique. C’est toute l’urgence de la planification écologique que le nouveau gouvernement français devra mettre en œuvre, en invoquant les mânes de Jean Monnet, premier Commissaire au Plan, et père fondateur de l’Europe. La France dispose d’atouts importants, un parc nucléaire certes vieillissant, mais consistant, une population éduquée, une croyance dans l’innovation et la rupture… Elle peut s’engager davantage dans le mix énergétique, accélérer dans le développement de la filière batterie ou hydrogène. En redonnant du sens à l’économie, la France retrouve son identité universaliste. Avec l’Europe comme caisse de résonance, elle doit oser une diplomatie planétaire porteuse d’une nouvelle valeur partagée, la Responsabilité. Finalement, le pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde n’est peut-être pas qu’un mythe gaullien. Quel dénouement pour l’acte II ?

Le néocolonialisme aussi de la Chine

Le néocolonialisme aussi de la Chine

Dans son livre « Un autre monde. L’ère des dictateurs », Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », reprend une centaine de ses textes de référence sur la politique internationale et développe une réflexion éclairante sur la montée en puissance de Pékin ces dernières années. Extraits.

 

 

A Pékin, comme ailleurs, on gamberge sur la lente décadence de l’Occident ; on spécule avec gourmandise sur la sinisation à grands pas du monde globalisé. Le discours officiel célèbre le retour du pays à son rang traditionnel de grande puissance. L’émergence économique répare les humiliations qu’Américains, Européens et Japonais ont infligées aux Chinois de 1850 à 1949.

Ce « siècle de malheurs » ne se reproduira pas : la puissance militaire retrouvée est là pour le garantir. C’est parce qu’elle était faible à l’intérieur, politiquement divisée, misérable et mal gouvernée que la Chine a ouvert la voie aux exploiteurs étrangers – ces barbares. Catéchisme historique imposé à des centaines de millions de jeunes Chinois : le PCC [Parti communiste chinois] a sauvé la Chine de la désunion et de l’aliénation.

Grâce à la domination qu’il veut acquérir dans les secteurs-clés des hautes technologies, le pays ralliera deux objectifs : devenir une économie de relative opulence ; être indépendant dans la maîtrise du high-tech, l’instrument de la puissance de demain. Le gigantisme de son marché intérieur et les performances de son tissu industriel lui permettront de continuer à séduire consommateurs et investisseurs étrangers.

Interprétation optimiste de ces ambitions : l’empire du Milieu veut, sur la scène internationale, disposer d’une capacité d’influence à la hauteur de son poids économique. Rien d’extraordinaire. En somme, une grande puissance entend légitimement prendre la place qui lui revient. Mais à quelle fin ? Eliminer tout ce que les Chinois perçoivent comme un obstacle à leur montée en puissance ? Dominer le monde comme les Etats-Unis d’après 1945, en devenant à leur tour le grand prescripteur de normes ? Aller jusqu’au bout du déplacement de pouvoir en cours pour priver l’Amérique du leadership mondial qu’elle exerce, de bon ou de mauvais gré, depuis soixante-dix ans ?

 

[Le sinologue] François Godement esquisse une réponse : « Le débat demeure ouvert sur le fait de savoir si la Chine veut être au premier rang du monde pour diriger celui-ci ou pour laisser les autres se débrouiller, y compris sur bien des aspects de l’ordre international. Il ne me paraît pas évident que la Chine veuille se charger du fardeau de l’empire, pour paraphraser Kipling et son “fardeau de l’homme blanc”. »

L’un des spécialistes de la Chine parmi les plus écoutés aux Etats-Unis, Rush Doshi, répond différemment. « Nous avons affaire à un pays qui est peut-être moins intéressé par une forme de coexistence avec nous et plus par une forme de domination sur nous », dit-il. En 2021, Doshi publie un livre au titre sans ambiguïté : The Long Game : China’s Grand Strategy to Displace American Order (« la stratégie de la Chine pour évincer l’ordre américain », OUP USA, non traduit).

Russie et l’Ukraine: Une guerre aussi de générations

 Russie et l’Ukraine:  Une guerre aussi de générations

Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine, a 44 ans ; Vladimir Poutine, son homologue russe, en a 69. Le conflit entre les deux pays n’oppose pas seulement deux Etats, mais aussi deux générations, avec des modes de fonctionnement et des visions du monde profondément divergents.(le monde)

Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine : 44 ans. Denys Chmyhal, son premier ministre : 46 ans. Dmytro Kouleba et Denys Monastyrsky, respectivement ministres des affaires étrangères et de l’intérieur : 41 ans. Chef des services secrets, conseillers du président, procureure générale : tous nés dans les années 1970. La liste pourrait encore s’allonger, et il ne s’agit pas seulement de Kiev. Au fil des avancées (et des reculs) de l’armée russe, on a pu découvrir, dans les régions, des maires ou des gouverneurs intrépides et ayant le sens de l’initiative – à MykolaïvDnipro ou dans les banlieues nord de Kiev… La plupart sont des quadragénaires ou des trentenaires.

Le contraste est saisissant avec l’équipe au pouvoir à Moscou. Vladimir Poutine a 69 ans. La moyenne d’âge de son conseil de sécurité, organe qui joue un rôle central dans le dossier ukrainien, s’établit à 62 ans. L’administration présidentielle, qui détient l’essentiel du pouvoir et qui avait été présentée comme fortement renouvelée, a une moyenne d’âge de 59 ans. Vladimir Poutine en est bien conscient, qui n’a dû cesser depuis son retour au pouvoir en 2012 de reculer ou d’abolir les limites d’âge légales pour les hautes fonctions administratives.

L’âge ne dit pas tout – celui de l’équipe dirigeante américaine rivalise d’ailleurs avec les moyennes russes –, et l’on pourrait surtout remarquer la faible proportion de femmes (plus élevée côté ukrainien). Mais cet élément est tout sauf anodin : le conflit entre l’Ukraine et la Russie n’oppose pas seulement deux pays, mais aussi deux générations, avec des modes de fonctionnement et des visions du monde profondément divergents.

Fin 2021, les chercheurs Maria Snegovaya et Kirill Petrov avaient étudié les parcours professionnels et familiaux du « top 100 » de l’élite russe, pour en conclure que, trente ans après la fin de l’URSS, 60 % de ses membres étaient encore issus de la Nomenklatura soviétique (qui représentait de 1 % à 3 % de la population soviétique).

A cela, il faut ajouter la surreprésentation des siloviki, les « hommes à épaulettes », eux-mêmes héritiers du KGB et des autres organes de sécurité soviétiques, qui constituent un tiers de ce top 100. Le renouvellement existe, mais de manière faussée : les portes sont ouvertes avant tout aux propres enfants de l’élite, même si des technocrates compétents sont parfois promus, notamment aux postes de gouverneurs.

La nostalgie affichée pour l’ère communiste n’est pas uniquement de façade – drapeaux rouges et portraits de Staline. Le vocabulaire, les références de l’URSS abreuvent la classe dirigeante russe. Le ministre de la défense, Sergueï Choïgou, 66 ans, l’homme qui a bâti l’armée « moderne » déployée en Ukraine, défendait encore, fin 2021, un plan aux accents soviétiques : la construction de cinq métropoles d’un million d’habitants en Sibérie…

 

 

Envol de l’inflation :le résultat aussi de la spéculation et de l’irresponsabilité

Envol de l’inflation :le résultat aussi de la spéculation et de l’irresponsabilité

 

Parmi les facteurs explicatifs de l’envolée de l’inflation on trouve évidemment des éléments objectifs comme l’augmentation de certaines matières premières industrielles ou  alimentaires par exemple. Les conséquences aussi des dysfonctionnements logistiques liés en particulier à des relocalisations et des retards de production. Enfin il y a l’envol des prix de l’énergie. Mais beaucoup en profitent pour ajouter de l’inflation à l’inflation. C’est le cas des producteurs qui rationnent leur livraison sans autre motif que de faire monter les prix. Même chose pour des intermédiaires et sans parler du caractère irresponsable de nombre de consommateurs qui se sont précipités sur certains produits comme l(huile et la moutarde et de la farine. On objectera que la météo va sans doute aussi prochainement contribuer à des réductions de certaines productions. Tout cela ne justifie pas des rétentions spéculatives et des stockages inutiles.

 

En avril, l’inflation a atteint 4,8 %, un plus haut depuis novembre 1985, a confirmé l’Insee ce vendredi. L’énergie, qui s’envole de 27 % depuis un an, demeure le principal moteur des hausses, mais plus le seul. Les prix de l’alimentation (+ 3,8 %) et des services (+ 3 %) sont en effet à leur tour contaminés par le mouvement. À ce stade où l’inflation tend à se généraliser à l’ensemble du panier de consommation, un changement de psychologie s’observe. Les économistes parlent de régime d’inflation pour caractériser ce climat dangereux où les anticipations des acteurs - consommateurs comme producteurs - viennent autogénérer les hausses de prix.L’exemple de l’huile de tournesol, un des produits dont l’augmentation en rayon depuis six mois est la plus frappante, est symptomatique de ce nouvel équilibre. Les hausses actuelles de prix s’expliquent essentiellement par les anticipations tout au long de la chaîne de production de futures pénuries.

Inflation :le résultat aussi de la spéculation et de l’irresponsabilité

Inflation :le résultat aussi de la spéculation et de l’irresponsabilité

 

Parmi les facteurs explicatifs de l’envolée de l’inflation on trouve évidemment des éléments objectifs comme l’augmentation de certaines matières premières industrielles ou  alimentaires par exemple. Les conséquences aussi des dysfonctionnements logistiques liés en particulier à des relocalisations et des retards de production. Enfin il y a l’envol des prix de l’énergie. Mais beaucoup en profitent pour ajouter de l’inflation à l’inflation. C’est le cas des producteurs qui rationnent leur livraison sans autre motif que de faire monter les prix. Même chose pour des intermédiaires et sans parler du caractère irresponsable de nombre de consommateurs qui se sont précipités sur certains produits comme l(huile et la moutarde et de la farine. On objectera que la météo va sans doute aussi prochainement contribuer à des réductions de certaines productions. Tout cela ne justifie pas des rétentions spéculatives et des stockages inutiles.

 

En avril, l’inflation a atteint 4,8 %, un plus haut depuis novembre 1985, a confirmé l’Insee ce vendredi. L’énergie, qui s’envole de 27 % depuis un an, demeure le principal moteur des hausses, mais plus le seul. Les prix de l’alimentation (+ 3,8 %) et des services (+ 3 %) sont en effet à leur tour contaminés par le mouvement. À ce stade où l’inflation tend à se généraliser à l’ensemble du panier de consommation, un changement de psychologie s’observe. Les économistes parlent de régime d’inflation pour caractériser ce climat dangereux où les anticipations des acteurs - consommateurs comme producteurs - viennent autogénérer les hausses de prix.L’exemple de l’huile de tournesol, un des produits dont l’augmentation en rayon depuis six mois est la plus frappante, est symptomatique de ce nouvel équilibre. Les hausses actuelles de prix s’expliquent essentiellement par les anticipations tout au long de la chaîne de production de futures pénuries.

Economie-Croissance presque nulle aussi au second trimestre (Banque de France)

Economie-Croissance presque nulle aussi au second trimestre (Banque de France)

La Banque de France a estimé mercredi que l’économie française devrait croître encore à un rythme modéré, de 0,2%, au deuxième trimestre après environ 0.25% au premier. Lundi, l’Insee avait publié une prévision de croissance de 0,25% pour le deuxième trimestre, après la stagnation du produit intérieur brut (PIB) enregistrée au premier, signe du net ralentissement de l’activité économique après la forte reprise de 2021.Bref des différences infimes mais qui confirme qu’on est loin des prévisions de 4 % de croissance  retenus par le gouvernement alors que l’inflation flambe et devrait atteindre autour de 5 % fins 2022

Urkaine: l’annexion aussi de la région de Kherson

Urkaine:  l’annexion aussi de la région de Kherson

La politique d’extension guerrière de la Russie continue. Ainsi la région ukrainienne de Kherson, occupée par les Russes depuis début mars, va demander à être annexée par la Russie, a affirmé mercredi un de ses responsables prorusses, alors que les livraisons de gaz russe à l’Allemagne transitant par l’Ukraine étaient pour la première fois affectées par le conflit.

« Il y aura une demande (adressée au président russe) pour intégrer la région de Kherson en tant que sujet à part entière de la Fédération de Russie », a déclaré Kirill Stremooussov, chef adjoint de l’administration de la cité côtière de Kherson, seule ville ukrainienne d’importance dont les Russes aient revendiqué le contrôle total en deux mois et demi de guerre en Ukraine

Croissance aussi presque nulle au second trimestre (Banque de France)

Croissance aussi presque nulle au second trimestre (banque de France)

La Banque de France a estimé mercredi que l’économie française devrait croître encore à un rythme modéré, de 0,2%, au deuxième trimestre après environ 0.25% au premier. Lundi, l’Insee avait publié une prévision de croissance de 0,25% pour le deuxième trimestre, après la stagnation du produit intérieur brut (PIB) enregistrée au premier, signe du net ralentissement de l’activité économique après la forte reprise de 2021.Bref des différences infimes mais qui confirme qu’on est loin des prévisions de 4 % de croissance  retenus par le gouvernement alors que l’inflation flambe et devrait atteindre autour de 5 % fins 2022

Croissance : les États-Unis aussi vers la récession

Croissance : les États-Unis aussi vers la récession

Par Alex Domash, Harvard Kennedy School et Lawrence H. Summers, Harvard Kennedy School.( dans la Tribune, extrait)

.

Le président de la Fed, Jerome Powell a estimé qu’il y avait de « bonnes chances » de parvenir à un « atterrissage en douceur » de l’économie américaine. Selon lui, ce relèvement des taux ne devrait pas conduire à une récession ou à une aggravation du chômage si « les conditions économiques et financières évoluent de manière cohérente » avec les attentes de la banque centrale.

 

Nos recherches récentes suggèrent toutefois que cet « atterrissage en douceur » reste hautement improbable et qu’il existe bel et bien une forte probabilité de récession dans un avenir proche.

En effet, une inflation élevée et un faible taux de chômage constituent deux puissants prédicteurs de futures récessions. Depuis les années 1950, chaque fois que l’inflation a dépassé 4 % et que le taux de chômage a été inférieur à 5 %, l’économie américaine a connu une récession dans les deux ans.

Or, l’inflation est aujourd’hui de 8,5 % sur un an et le taux de chômage de 3,6 %, ce qui laisse penser qu’une récession sera très difficile à éviter.

L’inflation reste fondamentalement causée par un excès d’argent par rapport aux biens disponibles à l’achat. Or, à court terme, l’offre de biens dans l’économie demeure plus ou moins fixe – la politique budgétaire ou monétaire ne peut rien y changer. Le travail de la Fed consiste donc à gérer la demande totale dans l’économie afin qu’elle s’équilibre avec l’offre disponible.

Lorsque la demande dépasse trop l’offre, l’économie commence à surchauffer et les prix augmentent fortement. Selon notre évaluation, les mesures de cette surchauffe, telles que la forte croissance de la demande, la diminution des stocks et la hausse des salaires - ont commencé à se manifester dans l’économie tout au long de l’année 2021. Mais le nouveau cadre opérationnel que la Fed a adopté en août 2020 l’a empêchée d’agir jusqu’à ce qu’une inflation soutenue soit déjà apparente.

Par conséquent, la banque centrale américaine apparaît aujourd’hui très en retard dans sa réponse à la surchauffe de l’économie.

 

Néanmoins, l’histoire des « atterrissages en douceur » n’incite pas à l’optimisme. En effet, nous avons constaté que, chaque fois que la Fed avait freiné suffisamment fort pour enrayer l’inflation de manière significative, l’économie était entrée en récession. Bien que certains aient affirmé qu’il y a déjà eu plusieurs exemples d’atterrissage en douceur au cours des 60 dernières années, notamment en 1965, 1984 et 1994, nous montrons dans notre analyse que ces périodes ne ressemblent guère au moment actuel.

Dans ces trois épisodes, la Fed opérait en effet dans une économie où le chômage était nettement plus élevé, la hausse des prix moindre et la croissance des salaires plus faible. Dans ces exemples historiques, la banque centrale avait également augmenté les taux d’intérêt bien au-delà du taux d’inflation – contrairement à aujourd’hui, où l’inflation est de 8,5 % alors que les taux d’intérêt devraient rester inférieurs à 3 % jusqu’en 2023.

En conséquence, il y a peu de raisons d’être optimiste quant à la possibilité de ralentir l’inflation pour atteindre la fourchette de 2 % visée par la Fed. Selon notre analyse, la croissance actuelle des salaires implique une inflation supérieure à 5 %. L’histoire montre également que la croissance des salaires ne ralentit pas sans une augmentation significative du chômage et une récession.

L’économie américaine reste en outre confrontée à des pressions inflationnistes supplémentaires dues à la hausse des prix des céréales et de l’énergie en raison de la guerre en Ukraine et à de nouvelles perturbations de la chaîne d’approvisionnement, le Covid-19 imposant de nouveaux blocages en Chine. Ces facteurs menacent d’exacerber encore plus l’inflation au cours de l’année à venir.

Selon notre évaluation, ce problème d’inflation apparaît donc peu susceptible d’être résolu sans un ralentissement économique significatif. Dans l’ensemble, la combinaison d’une économie en surchauffe, de la hausse des salaires, du retard de la politique de la Fed et des récents chocs d’offre signifie qu’une récession dans les deux prochaines années est certainement plus probable qu’improbable.

_______

Par Alex Domash, Research Fellow, Harvard Kennedy School et Lawrence H. Summers, Charles W. Eliot University Professor, Harvard Kennedy School

La version originale de cet article a été publiée en anglais.

Alex Domash et Lawrence H. Summers,

Le retour aussi de Hollande ?

Le retour aussi de Hollande ?

La gauche en miettes mais qui paradoxalement pourrait se réunir le temps d’un scrutin en oubliant toutes ses contradictions fait rêver même ce qui ont contribué à la tuer. Ainsi après le retour de Chevènement, 83 ans, désormais rallié à Macron,  c’est François Hollande qui veut faire entendre sa voix et qui rêve de prendre le leadership d’une gauche en voie de disparition. Un rêve qu’il entretient depuis qu’il est parti de l’Élysée.

Pour tuer définitivement la gauche il n’y a sans doute pas mieux que la réapparition des vieux crocodiles qui ne peuvent se résoudre à abandonner l’espérance du pouvoir. À la fois pathétique et ridicule

Évoqué lors des discussions quant à son bilan, François Hollande doit lui s’exprimer ce jeudi matin. Pas d’annonce de création de mouvement à attendre, selon son entourage, qui glisse: « Il attendra la fin des pourparlers pour cela. » Il ne devrait pas non plus évoquer une éventuelle participation aux législatives, mais, de même source, « il ne laissera pas la gauche réformiste disparaître, il va taper fort ».

« Demain, il posera les bonnes questions. Les discussions, c’est dans l’objectif de gouverner ensemble, donc il ne suffit pas d’avoir 10 points d’accord sur un programme. Quid des alliances internationales? De l’OTAN? », soulève-t-on aussi.

Sur la prise de parole de François Hollande, ce commentaire d’un socialiste participant aux négociations, lapidaire: « C’est 3615 j’existe ». « Ce n’est pas parce qu’il vend des bouquins qu’il a un espace électoral. »

Sondage Débat Macron-Le Pen : Évaluation plus serrée mais toujours aussi nulle

 Sondage Débat Macron-Le Pen : Évaluation plus serrée mais toujours aussi nulle

 

 Indiscutablement d’après la presse des financiers, Macron a remporté sans discussion le débat face à une Le Pen effectivement très insuffisante même si elle est en léger progrès. L’évaluation de ces débats est plus serrée qu’en 2017. Mais il faut tenir compte que seulement 15 millions de personnes ont suivi la confrontation. Autant dire que la grande majorité des Français n’attendait pas grand-chose du débat pas plus d’ailleurs sans doute que de l’élection ; les abstentionnistes et les non-inscrits vont constituer nettement le parti majoritaire en France.

D’après une enquête Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro, Emmanuel Macron remporte le duel de l’entre-deux-tours d’une très courte tête : il a convaincu 56% des sondés, contre 72% en 2017.Un sondage qui porte cependant sur une audience assez faible et qui forcément ne tient pas compte de ceux qui n’ont pas regardé la télévision.

Pas de vainqueur par KO. C’est le principal enseignement tiré par l’institut Odoxa et Backbone Consulting après une enquête réalisée pour Le Figaro à l’issue du débat de l’entre-deux-tours. Selon le sondage, Emmanuel Macron est, d’une courte tête, le candidat qui s’est montré le plus convaincant aux yeux des Français mercredi soir. Près d’un tiers d’entre eux partage cet avis (30%) contre 23% pour Marine Le Pen, tandis que près d’un Français sur deux (47%) ne distingue aucun gagnant ou a ignoré le débat. Le président sortant ne devance son adversaire que de 7%, alors que l’écart était de près de 30 points en 2017.

À

Si on se concentre sur les Français ayant choisi entre l’un ou l’autre des deux candidats, 56% estiment que le président candidat a été le plus convaincant, contre 44% pour Marine Le Pen. Il y a cinq ans, le même sondage réalisé à l’issue du débat d’entre-deux-tours donnait le candidat En Marche vainqueur à 72%, contre 28% pour la candidate RN. Dans le détail des treize grands thèmes abordés lors du débat, le match s’avère encore plus serré : en moyenne, 48% des Français jugent qu’Emmanuel Macron a été le plus convaincant, contre 47% qui donnent l’avantage à Marine Le Pen.

 

Les domaines dans lesquels le président sortant a pris le dessus sont la place de la France à l’international (62%), la manière de gouverner et le fonctionnement des institutions (57%), ainsi que la croissance et la compétitivité de l’économie (55%). La candidate RN s’est en revanche montrée meilleure aux yeux des sondés sur les questions liées à l’immigration (57%), la sécurité (57%), les retraites (56%) et le pouvoir d’achat (54%).

 

Sur le fond, c’est Emmanuel Macron qui l’a emporté : 62% des Français qui ont regardé le débat estiment qu’il a montré qu’il maîtrisait le plus ses dossiers, 61% jugent qu’il a le plus montré la stature d’un président et 57% trouvent qu’il a plus montré qu’il savait où il allait. En revanche, sur la forme, c’est Marine Le Pen qui a davantage gardé son sang-froid aux yeux des Français : 57% estiment qu’elle a été la plus calme et qu’elle s’est le mieux maîtrisée.

 

Parmi les électeurs ayant voté pour un autre candidat au premier tour, ceux de Fabien Roussel, Anne Hidalgo, Yannick Jadot ont été les plus convaincus par la performance d’Emmanuel Macron (40% contre 10% pour Marine Le Pen), suivis par les électeurs de Valérie Pécresse (36% contre 16%). Côté Marine Le Pen, 52% des électeurs d’Eric Zemmour ont jugé qu’elle était la plus convaincante. Ils ne sont que 7% à avoir préféré la prestation du président candidat. Les électeurs insoumis, qui disposent d’un rôle clé pour le second tour, sont plus partagés : 29% ont trouvé Emmanuel Macron plus convaincant, contre 21% pour Marine Le Pen.

Les sondés se sont montrés relativement satisfaits de ce débat d’entre-deux-tours. Près de 6 sur 10 estiment qu’il a abordé les principales préoccupations des Français (66%) et l’ont trouvé intéressant (58%). Pour autant, 3 électeurs sur 4 (76%) affirment qu’il ne changera pas l’issue de leur vote.

Macron: Taubira…..aussi !

Macron:  Taubira…..aussi !

 

 

Dans une tribune au « Monde », l’ancienne garde des sceaux estime que, si la tentation de l’abstention peut exister pour le second tour de l’élection présidentielle, il est néanmoins nécessaire de voter pour Emmanuel Macron le 24 avril, car une présidence d’extrême droite ne fait pas peser le même risque pour tous.

 

Ou le cri attendrissant mais peu convaincant d’une grande bourgeoise d’extrême-gauche pour les pauvres afin de justifier son vote pour Macron. NDLR

 

 

Tribune.

 

Non, ce ne peut être projet contre projet. Ceux qui sont favorables au projet de M. Macron l’ont déjà choisi au premier tour.

Arithmétiquement, c’est une fois de plus aux électrices et aux électeurs de gauche qu’il est demandé et à qui il reviendra de consentir à un immense effort de responsabilité.

Dialectiquement, la tentation peut exister : laisser s’accomplir la part aléatoire et aventureuse d’une stratégie de dualité progressisme-populisme, aussi sommaire qu’insincère, tactiquement nourrie durant ce quinquennat. Et qui s’avère aussi périlleuse qu’elle le promettait.

 

Politiquement, les antagonismes demeurent. Les désaccords sont tenaces. Ils sont très loin d’être insignifiants. Pour les deux millions d’enfants pauvres dans notre pays riche. Les lycéens que Parcoursup continuera de maltraiter. Ceux qui renonceront à l’université par manque de ressources. Pour les étudiants qui sacrifient déjà leurs études à des jobs. Les femmes qui perçoivent moins que le smic pour des journées de plus de dix heures, en travail et en transport. Pour les travailleurs pauvres. Les sans-abri. Les mal-logés. Les sans-services-publics. Les sans-emploi-en-traversant-la-rue. Les allocataires suspectés. Les chômeurs radiés à l’usure. Les réfugiés dressés contre les exilés, détresse contre détresse. Pour les enseignants mal rémunérés qui ne le seront correctement que s’ils travaillent davantage. Pour les soignants pressurés. Pour celles et ceux que le travail pénible ou de nuit use plus vite que les autres, qui auront droit à la retraite après que la mort aura emporté beaucoup d’entre eux.

Le retour à la proportionnelle et à la IVe République ?

Le retour à la proportionnelle et à la IVe République ?

D’une certaine manière c’est ce que propose un article du Monde qui s’inquiète de l’insuffisance de représentation des partis contestataires. Le journal Le Monde fait l’impasse sur le fait que la France s’appuie sur un régime présidentiel et non sur un régime parlementaire comme  sous la IVe République. En outre, la représentation politique après les élections présidentielles va elle aussi se transformer rendant plus cohérente la représentation nationale et la présence politique locale.La crise démocratique évoquée par l’article du « Monde » est sans doute autrement plus complexe et plus profond eque la répartition de sièges dans la représentation nationale

Alors que les partis LR et PS restent bien représentés malgré un poids électoral réel minime, les partis dits « contestataires » ne disposent pas de la visibilité en rapport avec leurs scores électoraux.

 

La quasi-disparition des deux grandes formations politiques qui s’étaient partagé l’alternance au cours des quarante dernières années restera comme l’un des faits majeurs du premier tour de l’élection présidentielle, dimanche 10 avril. Le Parti socialiste (PS), qui avait entamé sa descente aux enfers il y a cinq ans, l’achève avec le score historiquement bas d’Anne Hidalgo (1,75 %). La maire de Paris se retrouve en dixième position, deux rangs derrière son concurrent communiste, Fabien Roussel.Avec un léger décalage dans le temps, Les Républicains (LR) enregistrent à leur tour une spectaculaire dégringolade qui compromet leurs chances de rebond. Avec 4,78 % des suffrages exprimés, Valérie Pécresse réalise le plus mauvais score de la droite républicaine sous la Ve République, 15 points en dessous de celui de François Fillon, en 2017. La candidate éconduite se voit dans l’obligation de lancer une souscription pour tenter de rembourser l’emprunt personnel qu’elle a levé pour faire campagne.

Le décalage entre ce que ces deux partis prétendaient représenter et leur poids électoral réel incite à s’interroger sur les limites du système représentatif actuel : certes, LR et le PS tiennent encore les régions. Ils restent localement bien implantés, mais, sur le plan national, ils sont devenus des coquilles vides sans leader, ni projet, ni stratégie.

LR n’en compte pas moins une centaine de députés dans l’Assemblée nationale sortante, et le Parti socialiste a pu constituer en 2017, avec les apparentés, un groupe de 28 députés, plus nombreux que celui de La France insoumise (17 élus). Le Rassemblement national n’a quant à lui que 8 élus, qui siègent chez les non-inscrits, faute de pouvoir constituer son propre groupe. Ces deux partis pèsent pourtant aujourd’hui chacun plus de 20 % des suffrages exprimés.

Certes, tout va changer dans la prochaine Assemblée qui sera élue en juin, mais, loin de corriger ces distorsions, le fait majoritaire risque de les aggraver. Pour passer le cap du second tour, il faut recueillir 12,5 % des voix des inscrits, ce qui équivaut à 25 % des suffrages exprimés si l’abstention est de l’ordre de 50 %. La barre est tellement haute que les prétendants vont chercher à se mettre sous la protection des gagnants. La nouvelle majorité risque d’être obèse, l’opposition réduite à la portion congrue.

En parallèle à la chute de LR et du PS, la montée des partis dits « contestataires », pratiquement continue depuis 1988, est une autre forme d’alerte. Toutes tendances confondues, ceux-ci pèsent aujourd’hui plus de 50 % des suffrages exprimés sans disposer de la visibilité en rapport avec leur poids. Cette distorsion nourrit un fort ressentiment chez une partie des électeurs qui ont l’impression d’être devenus invisibles.

Le fonctionnement insatisfaisant de la vie démocratique n’est pas une problématique nouvelle. Le sujet est évoqué à chaque nouveau quinquennat mais le soufflé retombe vite, face aux autres urgences à résoudre et au manque de consensus sur la direction à suivre. Cette fois, il est urgent de s’y pencher collectivement et d’examiner un panel de solutions qui, de la proportionnelle aux conventions citoyennes en passant par les consultations, doivent viser à réimpliquer les citoyens. Si ce travail n’est pas entrepris, les tensions risquent de monter d’un cran.

Le Monde

Le Pen aussi chez les sympathisants des syndicats !

Le Pen aussi chez les sympathisants des syndicats !

 

Preuve que les anciens clivages sociologiques sont de moins en moins pertinents, des sympathisants des syndicats traditionnellement opposés à l’extrême droite commencent à voter pour Marine Le Pen. Selon l’enquête réalisée par Harris Interactive à l’issue du 1er tour de la Présidentielle auprès de 6500 personnes inscrites sur les listes électorales, plus d’un sympathisant sur cinq d’un syndicat de salariés a déposé ce dimanche dans l’urne un bulletin Marine Le Pen. Précisément 21%, soit 8 points de plus qu’en 2017.

La percée de la candidate d’extrême droite est particulièrement nette à la CGT où elle a séduit désormais 22% des militants, contre 15% il y a 5 ans, mais également chez FO (31% aujourd’hui, versus 24% en 2017) et à la CFTC (29%, contre 14% le 23 avril 2017). Plus surprenant, Marine Le Pen a également séduit ce dimanche 15% des sympathisants CFDT, soit deux fois plus qu’il y a 5 ans.

Ces résultats interpellent quand on connaît la position des principaux syndicats de salariés, CFDT et CGT en tête dont la lutte contre l’extrême droite fait partie de l’ADN, à l’égard du Rassemblement national

Anne Hidalgo paye aussi sa politique catastrophique à Paris

Anne Hidalgo paye aussi sa politique catastrophique à Paris

 

 

ENTRETIEN - Au premier tour de l’élection présidentielle, la maire de Paris Anne Hidalgo a recueilli à peine plus de 2% des suffrages dans sa ville. Le journaliste et historien Didier Rykner y voit une conséquence directe de la politique que mène l’élue .

Didier Rykner est journaliste et historien de l’art français. Engagé pour la défense du patrimoine, il publie régulièrement ses enquêtes et analyses sur le site La Tribune de l’art . Il a publié La disparition de Paris, aux éditions Les belles lettres.

 

LE FIGARO. – La maire de Paris Anne Hidalgo recueille 22.936 voix dans la capitale, soit 2,17% des suffrages. Comment l’expliquez-vous ?

Didier RYKNER. - Il y a plusieurs raisons. On ne peut évidemment exclure l’affaiblissement du parti socialiste qui était déjà historiquement bas lors de la dernière présidentielle. Mais un score aussi dérisoire a surtout deux explications : une campagne totalement ratée où elle a passé son temps à se contredire et à se ridiculiser (elle est allée jusqu’à se demander pourquoi Paris avait une histoire !) et un bilan catastrophique dans la gestion de sa ville que les autres régions ont découvert grâce notamment aux réseaux sociaux, largement repris par les journaux.

N’est-ce pas réducteur d’imputer le résultat à sa politique à la tête de Paris ?

Comme je le disais, ce n’est certainement pas la seule raison, mais cela a forcément compté. La meilleure preuve en est son score à peine supérieur à la moyenne nationale à Paris même. Je crois que jamais un maire sortant candidat à la présidentielle n’avait terminé à un tel niveau. Le communiste Robert Hue, en 2002, avait obtenu 3,2 % en 2002, mais dans sa ville, Montigny-lès-Cormeilles, il avait réuni 16,15 % des voix… Quand on fédère aussi peu d’électeurs dans sa propre ville, on doit s’interroger. Cela pose indubitablement la question de sa légitimité. Cela pose surtout celle de l’élection parisienne, qui comme à Lyon et Marseille ne se fait pas avec un scrutin de liste direct, mais par arrondissement, de manière indirecte. Comme les électeurs de toutes les villes de France, les Parisiens ont le droit de choisir directement leur maire.

À la saleté des rues, à l’abandon du patrimoine, au non-entretien de l’espace public, au bétonnage qu’on voit ici comme ailleurs s’ajoutent des questions de sécurité, notamment liées au crack, qui aggravent encore la situation.

 

Même dans les arrondissements où elle est d’habitude plébiscitée, Anne Hidalgo ne franchit jamais la barre des 3 % : 2,39 % dans le 18e, 2,26 % dans le 19e et 2,40 % dans le 20e. Quelle est la particularité de ces arrondissements ? Quel est le bilan d’Anne Hidalgo dans ces secteurs ?

Le bilan d’Anne Hidalgo est désastreux dans tout Paris, et il l’est particulièrement dans ces arrondissements. À la saleté des rues, à l’abandon du patrimoine, au non-entretien de l’espace public, au bétonnage qu’on voit ici comme ailleurs s’ajoutent des questions de sécurité, notamment liées au crack, qui aggravent encore la situation. Ces arrondissements ont l’impression d’être abandonnés encore plus que les autres.

Quels sont les chantiers entrepris par l’actuelle municipalité, entre 2020 et aujourd’hui, qui ont pu influer sur le vote des Parisiens ?

Il y a tellement à dire que j’ai écrit tout un livre sur ce sujet, et que je pourrais y rajouter un tome 2 ! La municipalité n’écoute rien ni personne et poursuit ses projets sans écouter la population. Les Parisiens ne veulent pas de tours, comme l’avait montré une consultation faite par Bertrand Delanoë, et pourtant on construit des tours et on lance même le chantier de la tour Triangle peu avant les élections et alors qu’une enquête du parquet financier est en cours ! Les Parisiens veulent des arbres, et pourtant on les coupe comme je l’ai montré en photos dans La Disparition de Paris ! Les Parisiens veulent une ville propre, des rues en bon état, un mobilier urbain respecté, des monuments restaurés, et pourtant la mairie s’en fiche ! Tout cela a influencé le vote des Parisiens. Anne Hidalgo ne peut s’en prendre qu’à elle-même.

Et maintenant, que va-t-il se passer ?

Maintenant, j’espère qu’enfin une opposition crédible va se créer à Paris. Nous ne voulons pas de politique politicienne. Il faudrait que le mouvement citoyen qui s’est créé autour de #saccageparis, et qui comporte des personnalités remarquables, dont certaines d’ailleurs avaient voté Hidalgo en 2014 et qui ont depuis réalisé leur erreur, se fédère davantage. Il y a beaucoup de jeunes de moins de quarante ans dans l’opposition à la mairie actuelle. Ils sont l’avenir de Paris.


Mali : juger aussi les criminels de guerre russes

Mali : juger aussi les criminels de guerre russes

 

 

L’armée malienne et des miliciens russes sont accusés d’avoir tués des centaines d’habitants de Moura, fin mars. Comme en Ukraine, des forces aux ordres de Vladimir Poutine sont impliquées. La Cour pénale internationale se doit d’enquêter et de traduire en justice les dirigeants incriminés.

 

Editorial du « Monde ».

 

Certaines concomitances renforcent le caractère tragique de l’actualité. Au moment même où, dimanche 3 avril, à Boutcha, en Ukraine, étaient découverts des centaines de cadavres de civils après le départ de l’armée russe, un autre massacre était révélé : celui dont ont été victimes, entre le 27 et le 31 mars, des centaines d’habitants de Moura, un village situé au centre du Mali. Dans cette zone contrôlée par des djihadistes affiliés à Al-Qaida, les forces armées maliennes et des paramilitaires blancs identifiés comme appartenant au groupe russe Wagner ont, lors d’une opération antiterroriste, tué des centaines d’habitants.

Des soldats maliens et des miliciens russes ont rassemblé des hommes et procédé à des exécutions sommaires. Des fosses communes auraient été creusées par les villageois eux-mêmes. Ce scénario de l’horreur, recoupé par plusieurs sources, s’est soldé par la mort de « 203 combattants », selon le communiqué triomphant de l’armée malienne, qui se félicite d’avoir « procédé aux nettoyages systématiques de toute la zone ». Un bilan que l’ONG Human Rights Watch porte à « environ 300 hommes civils, dont certains soupçonnés d’être des combattants islamistes ».

La résonance entre le massacre de Boutcha et celui de Moura ne se limite pas à leur simultanéité et à une logique comparable, qui évoque clairement des crimes de guerre. Elle tient à l’implication, dans les deux cas, de forces aux ordres de Vladimir Poutine, puisque sont avérés les liens de la milice Wagner avec le président russe. Seule différence notable : alors que les événements d’Ukraine sont amplement médiatisés, images et témoignages de journalistes à l’appui, ceux du Mali se sont déroulés sans aucun témoin extérieur. La présence du millier de mercenaires russes continue même d’être niée par les militaires putschistes au pouvoir à Bamako.

Tout se passe comme si le départ programmé des troupes françaises de l’opération « Barkhane » précipitait la fuite en avant autoritaire des militaires maliens et leur collaboration avec le régime russe. Le Mali, où des médias sont bâillonnés et les voix discordantes menacées, est en proie à un inquiétant déchaînement de violence. Recrudescence de la violence djihadiste d’un côté, massacres de civils perpétrés par l’armée malienne épaulée par Wagner de l’autre, avec un niveau de brutalité jamais atteint.

L’arrivée des mercenaires russes, connus pour leurs exactions en Libye et en Centrafrique, accélère une dérive marquée par une logique de « nettoyage ». Particulièrement alarmant apparaît le déferlement de ferveur patriotique que la junte malienne parvient à susciter à chaque « succès éclatant » des forces armées, dans un pays secoué depuis plus d’une décennie par le djihadisme et menacé d’éclatement.

En Afrique comme en Ukraine, les responsables de crimes de guerre doivent être jugés. La justice internationale doit être dotée de tous les moyens pour enquêter sur les massacres qui, en suscitant haine et désir de vengeance, ne font qu’alimenter une spirale de violence destructrice. Les exemples de l’ancien président du Liberia Charles Taylor, condamné à cinquante ans de prison en 2012 pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, ou celui de l’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic, poursuivi pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, mort en 2006 en prison, montrent que des dirigeants impliqués dans de telles atteintes à la vie humaine peuvent être dûment traduits en justice.

Des exactions russes aussi au Mali ?

Des exactions russes aussi au Mali ?

 

 

D’après l’armée malienne, plus de 200 personnes considérées comme des terroristes auraient été tuése. En fait il pourrait aussi s’agir de civils victimes de soldats maliens mais surtout des mercenaires russes du groupe wagner. . Vendredi, l’état-major malien invitait «les populations à la retenue contre les spéculations diffamatoires à l’encontre» des forces armées maliennes. Mais les réactions internationales, de Washington à Paris en passant par l’Union européenne et les Nations unies, témoignent que cette version des faits est vivement contestée. La France s’est ainsi dite «préoccupée par les informations faisant état d’exactions massives dans le village de Moura par des éléments des forces armées maliennes accompagnées de mercenaires russes du groupe Wagner, et qui auraient causé la mort de centaines de civils», a indiqué un communiqué du Quai d’Orsay.

 

Dès samedi, la Minusma avait pour sa part indiqué être «informée des confrontations» entre l’armée malienne et des groupes extrémistes et reconnu être «très préoccupée par les allégations de violences» contre des civils. Idem du côté du département d’État américain, qui avait jugé dimanche «extrêmement dérangeantes» ces allégations, en citant elle aussi la société Wagner. «Ces informations contradictoires illustrent le besoin urgent pour les autorités de transition malienne de donner un accès libre, sûr et sans entrave aux enquêteurs dans la zone où ces événements tragiques se sont déroulés». Les violences djihadistes ont fait des dizaines de morts civils au cours des dernières semaines dans le centre-est du Mali et la région dite des trois frontières (entre Mali, Niger et Burkina Faso), selon la Minusma.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé l’armée malienne et ses «partenaires bilatéraux», dans un rapport remis récemment au Conseil de sécurité, à respecter lors des opérations antiterroristes leurs «obligations internationales».

 

Avec la fin des hivers, la fin aussi des fruits ?

Avec la fin des hivers, la fin aussi des fruits ?

 

Cette année encore les fruits seront rares car les fleurs ont été gelées par le froid de dimanche à lundi. La nuit de dimanche à lundi a enregistré les températures les plus froides pour un mois d’avril depuis 1947, a annoncé lundi matin à l’AFP Météo France,Les températures les plus basses ont été enregistrées en Champagne, où elles sont descendues jusque -9 degrés Celsius, alors que le gel a touché la quasi-totalité du pays, à l’exception de Paris intra-muros et des littoraux méditerranéens et de la Manche.

Faute d’hiver, la végétation a prit l’habitude d’avoir un mois d’avance mais les gelées tardives sont fatales à la floraison prématurée.
Ce froid et mortel pour la plupart des fruits. Dans de nombreuses régions il faudra s’habituer à ne plus en cultiver ou alors à trouver de nouvelles souches plus tardives et ou plus résistantes.

À l’inverse évidemment comme la température globalement évolue à la hausse il faudra faire face paradoxalement au pic d’été qui alimente la sécheresse

«Le gel a touché plus de 90% du pays et était plus ou moins intense selon les zones», a précisé à l’AFP le prévisionniste de Météo France Patrick Galois, «il y a eu une chute rapide des températures durant la nuit mais cela se réchauffe rapidement». Des records ont été battus notamment à Mourmelon (Marne, -9,3 degrés), Châteauroux (Indre, -5,6 degrés) ou encore à Vannes (Morbihan, -3,2 degrés). «Dès le lever du soleil, les températures vont remonter et devraient être positives à peu près partout vers 10H00», a ajouté Patrick Galois. Selon Météo France, la couche d’air très frais, très fine, se dissipe rapidement avec l’apparition du soleil et demande assez peu d’énergie pour être réduite.

 


12345...19



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol