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Pouvoir d’achat des salariés: Faut-il attendre une nouvelle loi ?

Pouvoir d’achat des salariés: Faut-il attendre  une nouvelle loi ?

 

Il est clair que le pouvoir d’achat des salariés va être durement impacté par l’inflation. En moyenne la baisse ce revenu pourrait atteindre de leur de 2000 € sur une année. Le réajustement des salaires s’impose donc. Mais il n’est nul besoin d’attendre une hypothétique loi ( qui ne va prévoir que des primes) pour augmenter dés maintenant des rémunérations du travail, soutient l’entrepreneur Benjamin Suchar, dans une tribune au « Monde ». Il invite les patrons à s’en saisir, sans attendre l’adoption d’une nouvelle loi en la matière.

 

Dire que le pouvoir d’achat des Français est sous pression est un euphémisme : il est attaqué par l’inflation. Quoi de plus frustrant pour les millions de salariés qui font la compétitivité de nos entreprises que de sentir la valeur de leur travail et de leur engagement leur échapper dans des hausses de prix qui touchent tous les moments de la vie – à commencer par leurs déplacements, l’alimentation, le logement.

Les députés ont commencé l’examen en séance publique du projet de loi pour la protection du pouvoir d’achat, très attendu depuis de longues semaines. La plupart des mesures étaient déjà connues : promotion des revenus d’activité et partage de la valeur ajoutée, revalorisation des retraites et des prestations sociales, prolongation du bouclier tarifaire jusqu’à la fin de l’année 2022, un chèque alimentaire pour les foyers les plus modestes versé à la rentrée scolaire, triplement de la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat accordée par les entreprises, une indemnité carburant pouvant aller jusqu’à 300 euros… Dans une Assemblée nationale aux dynamiques et aux intentions encore incertaines, la majorité multiplie les discussions avec les oppositions, mais arrivera-t-elle à dégager un consensus afin que ce texte soit adopté rapidement ? Risque-t-on l’enlisement ?

Dans ce contexte, il paraît surprenant que les patrons attendent eux aussi l’issue des débats avec tant d’impatience. Ces dernières semaines, ils n’ont cessé de réclamer dans la presse de nouveaux chèques, des aides et des réductions d’impôts, tout en répétant que l’augmentation des salaires nourrit l’inflation.

Pour la génération d’entrepreneurs dont je fais partie, l’inflation galopante était rangée au rayon des livres d’histoire. Aujourd’hui, l’histoire se rappelle à nous avec une force inattendue qui impose d’agir. Dialoguer avec le gouvernement, avec le Parlement, faire des propositions, prendre toute sa part dans le débat, c’est de la responsabilité des entreprises et de leurs représentants, et il n’y a rien à redire à cela. Mais la première des responsabilités pour un chef d’entreprise ne devrait-elle pas être devant ses salariés ?

Pourquoi attendre un texte de loi, qui pourrait faire l’objet de longues tractations ? Pourquoi les mêmes patrons qui savent énergiquement dénoncer une intervention trop forte de l’Etat demandent aujourd’hui de nouveaux dispositifs ?

De nombreuses solutions existent pour défendre le pouvoir d’achat, elles sont à la disposition des entreprises et la réalité est qu’elles sont trop peu utilisées. Méconnues ? Peut-être. Complexes à mettre en place ? Possible. Cependant, face à la crise inédite devant laquelle nous nous trouvons, ces excuses ne peuvent plus faire office de justification à l’inaction. N’ajoutons pas l’inflation législative − spécialité bien française − à l’inflation monétaire. La situation exige de commencer par utiliser les dispositifs existants !

Prix-Une inflation encore plus forte à attendre

Prix-Une inflation encore plus forte à attendre 

Aux Etats-Unis et, dans une moindre mesure, en Europe, les Banques Centrales sont sur le point d’accélérer leur mouvement de normalisation. Pourtant, nous pensons que le pic inflationniste est proche d’être atteint. Par Emmanuel Auboyneau, Gérant associé d’Amplegest.

 

Le consensus table désormais sur la mise en œuvre de l’une des hausses à hauteur de 250 points de base pour les taux courts américains d’ici à la fin de l’année, ce qui implique une nette augmentation du rythme des relèvements. En Europe, la BCE qui ne devait pas agir avant 2023 pourrait désormais procéder à sa première hausse aux alentours de septembre 2022. Le contexte inflationniste justifie cet ajustement rapide, avec des rythmes de hausse des prix très supérieurs aux objectifs des Banques Centrales. L’institution monétaire chinoise qui avait déjà remonté ses taux, peut désormais se consacrer à la préservation de la croissance domestique, menacée à court terme par la résurgence de la pandémie.

Les deux incertitudes liées à la durée de la guerre en Ukraine et à l’importance de la vague de Covid en Chine rendent l’analyse aléatoire à court terme. Dans les deux cas, une amélioration rapide aurait des effets désinflationnistes immédiats (via les matières premières pour l’Ukraine et le rétablissement de la chaîne d’approvisionnement pour la Chine). Un prolongement de ces deux aléas ne ferait qu’arrimer l’inflation à des hauts niveaux.

Pourtant, il semblerait qu’un pic soit proche pour l’inflation mondiale. Tout d’abord, on remarque une augmentation récente de la production de pétrole dans le monde (notamment aux Etats-Unis avec la réouverture de puits exploitant le pétrole de schiste). Dans le même temps la demande stagne voire décroit légèrement. Un éventuel boycott du pétrole russe pourrait contrer cette tendance mais on constate que le monde finit toujours par s’adapter aux évènements, fussent-ils une guerre. Une baisse ou même une stagnation du prix des matières premières, compte tenu des effets de base, provoquerait une décrue de la partie conjoncturelle de l’inflation. C’est une hypothèse crédible à l’horizon du second semestre 2022.

La partie plus structurelle de l’inflation liée aux salaires, aux loyers ou au sous-investissement des entreprises touche surtout les Etats-Unis, même si en Europe la perception de l’inflation par les ménages provoque davantage de revendications salariales. On constate toutefois un ralentissement de la progression du salaire horaire américain, qui reste autour de +6%. Les loyers américains sont tirés par la pénurie de logements, qui mettra du temps à se résorber. L’inflation structurelle aux Etats-Unis est bien installée mais ne devrait pas s’accélérer à court-terme.

 

L’activité économique, qui était jugée trop forte par les Banques Centrales, va ralentir sous l’effet conjugué des politiques monétaires et des évènements internationaux. Mais la croissance mondiale reste solide. La valeur du PIB américain au premier trimestre (-1,4%) ne doit pas être surinterprétée car largement dépendante d’un effet commerce extérieur (-3,2%) et stocks (-0,8%). Les composantes internes de l’activité sont toujours fortes : la consommation tient à des hauts niveaux, aidée par une épargne abondante et l’investissement des entreprises accélère pour faire face au déficit d’offre par rapport à la demande. En Europe la croissance est également en léger repli mais les dernières statistiques de la consommation, des commandes de biens d’équipement ainsi que du niveau d’emploi laissent augurer d’une activité toujours solide. Une aggravation ou une extension du conflit ukrainien serait en revanche un facteur de faiblesse de l’activité.

Le contexte de hausse des taux et les évènements internationaux ont provoqué une baisse de l’ensemble des actifs risqués : les obligations ont subi des replis significatifs en avril alors que les marchés actions ont poursuivi leur déclin. La période reste compliquée et nous incite à une certaine prudence à court terme. Pourtant, la publication des bénéfices pour le premier trimestre 2022 est globalement rassurante et nous conforte dans notre volonté de conserver à moyen terme nos positions sur de belles sociétés à forte visibilité. Ces périodes de volatilité sont propices à quelques mouvements opportunistes sur les portefeuilles risqués pour tenir compte des exagérations constatées, tout en restant focalisés sur les actifs de qualité.

Emmanuel Auboyneau

Une inflation encore plus forte à attendre

Une inflation encore plus forte à attendre 

Aux Etats-Unis et, dans une moindre mesure, en Europe, les Banques Centrales sont sur le point d’accélérer leur mouvement de normalisation. Pourtant, nous pensons que le pic inflationniste est proche d’être atteint. Par Emmanuel Auboyneau, Gérant associé d’Amplegest.

 

Le consensus table désormais sur la mise en œuvre de l’une des hausses à hauteur de 250 points de base pour les taux courts américains d’ici à la fin de l’année, ce qui implique une nette augmentation du rythme des relèvements. En Europe, la BCE qui ne devait pas agir avant 2023 pourrait désormais procéder à sa première hausse aux alentours de septembre 2022. Le contexte inflationniste justifie cet ajustement rapide, avec des rythmes de hausse des prix très supérieurs aux objectifs des Banques Centrales. L’institution monétaire chinoise qui avait déjà remonté ses taux, peut désormais se consacrer à la préservation de la croissance domestique, menacée à court terme par la résurgence de la pandémie.

Les deux incertitudes liées à la durée de la guerre en Ukraine et à l’importance de la vague de Covid en Chine rendent l’analyse aléatoire à court terme. Dans les deux cas, une amélioration rapide aurait des effets désinflationnistes immédiats (via les matières premières pour l’Ukraine et le rétablissement de la chaîne d’approvisionnement pour la Chine). Un prolongement de ces deux aléas ne ferait qu’arrimer l’inflation à des hauts niveaux.

Pourtant, il semblerait qu’un pic soit proche pour l’inflation mondiale. Tout d’abord, on remarque une augmentation récente de la production de pétrole dans le monde (notamment aux Etats-Unis avec la réouverture de puits exploitant le pétrole de schiste). Dans le même temps la demande stagne voire décroit légèrement. Un éventuel boycott du pétrole russe pourrait contrer cette tendance mais on constate que le monde finit toujours par s’adapter aux évènements, fussent-ils une guerre. Une baisse ou même une stagnation du prix des matières premières, compte tenu des effets de base, provoquerait une décrue de la partie conjoncturelle de l’inflation. C’est une hypothèse crédible à l’horizon du second semestre 2022.

La partie plus structurelle de l’inflation liée aux salaires, aux loyers ou au sous-investissement des entreprises touche surtout les Etats-Unis, même si en Europe la perception de l’inflation par les ménages provoque davantage de revendications salariales. On constate toutefois un ralentissement de la progression du salaire horaire américain, qui reste autour de +6%. Les loyers américains sont tirés par la pénurie de logements, qui mettra du temps à se résorber. L’inflation structurelle aux Etats-Unis est bien installée mais ne devrait pas s’accélérer à court-terme.

 

L’activité économique, qui était jugée trop forte par les Banques Centrales, va ralentir sous l’effet conjugué des politiques monétaires et des évènements internationaux. Mais la croissance mondiale reste solide. La valeur du PIB américain au premier trimestre (-1,4%) ne doit pas être surinterprétée car largement dépendante d’un effet commerce extérieur (-3,2%) et stocks (-0,8%). Les composantes internes de l’activité sont toujours fortes : la consommation tient à des hauts niveaux, aidée par une épargne abondante et l’investissement des entreprises accélère pour faire face au déficit d’offre par rapport à la demande. En Europe la croissance est également en léger repli mais les dernières statistiques de la consommation, des commandes de biens d’équipement ainsi que du niveau d’emploi laissent augurer d’une activité toujours solide. Une aggravation ou une extension du conflit ukrainien serait en revanche un facteur de faiblesse de l’activité.

Le contexte de hausse des taux et les évènements internationaux ont provoqué une baisse de l’ensemble des actifs risqués : les obligations ont subi des replis significatifs en avril alors que les marchés actions ont poursuivi leur déclin. La période reste compliquée et nous incite à une certaine prudence à court terme. Pourtant, la publication des bénéfices pour le premier trimestre 2022 est globalement rassurante et nous conforte dans notre volonté de conserver à moyen terme nos positions sur de belles sociétés à forte visibilité. Ces périodes de volatilité sont propices à quelques mouvements opportunistes sur les portefeuilles risqués pour tenir compte des exagérations constatées, tout en restant focalisés sur les actifs de qualité.

Emmanuel Auboyneau

Aides aux entreprises : ne pas attendre

Aides aux entreprises : ne pas attendre

 

Curieusement après le conseil de défense de lundi, le Premier ministre n’a décidé que des mesures relativement anecdotiques face à l’amplification de la crise sanitaire. La préoccupation première du gouvernement étant  surtout de limiter le mécontentement de l’opinion publique.

À tel point qu’on a oublié de vraiment traiter le problème de l’obligation de la vaccination en entreprise. Pire, pas un mot n’a été prononcé à propos du soutien nécessaire aux différentes activités qui vont être lourdement impactées par l’absentéisme.

Certes le gouvernement reconnaît que la crise sanitaire risque de provoquer un absentéisme dans des activités notamment essentielles, pour autant il n’en tire aucune conclusion pour aider les entreprises à passer un cap qui risque de durer encore des semaines et des mois.

Il est clair que l’économie française, comme d’autres, va se trouver lourdement impactées par l’envolée quasi exponentielle des contaminations. La traduction concrète de la montée de la pandémie va se traduire par la multiplication d’arrêts maladie qui vont porter un rude coup à l’activité des entreprises, à leur résultat et à la croissance.

Le président de la CPME, François Asselin, est revenu ce mardi sur les nouveaux critères d’accès aux aides économiques via le fonds de solidarité. « Actuellement, il faut justifier d’une baisse de 65 % du chiffre d’affaires sur le mois pour bénéficier des mesures de soutien », a reproché le dirigeant patronal à Elisabeth Borne, demandant que le seuil de déclenchement soit « abaissé à 30 % ». S’il ne fixe pas de cible, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, juge lui aussi que « le taux mis en place il y a à peine quinze jours est trop élevé ».

Il y a évidemment urgence pour que le gouvernement traite des conditions de soutien à l’activité et à l’emploi d’une part avec le patronat, d’autre part avec les syndicats. Ou alors on va attendre que des millions de salariés soient en situation d’arrêt de maladie pour traiter évidemment trop tard une question centrale.

Coronavirus: nouveau durcissement à attendre

Coronavirus: nouveau durcissement à attendre

Le président de la république a annoncé un durcissement des mesures de prévention concernant le Coronavirus. Cela en raison de la très grande progression des contaminations.

En effet on a enregistré 18.746 cas de contamination au nouveau coronavirus en 24 heures, une augmentation sans précédent depuis le débit de l’épidémie, d’après les statistiques du ministère de la santé. Emmanuel Macron a jugé inévitable, mercredi, d’imposer de nouvelles restrictions pour freiner la propagation du coronavirus en France, dans les zones du territoire les plus exposées à l’épidémie.

“L’épidémie continue de monter. Il y a de légers mieux dans les territoires où on a commencé à freiner les choses (…) mais le virus circule plus vite depuis plusieurs semaines”, a constaté le président de la République dans une interview à TF1 et France 2.

“Dans les endroits où ça circule trop vite, et en particulier où ça circule beaucoup chez les personnes âgées qui sont les plus vulnérables, et où l’on voit de plus en plus de lits occupés aux urgences, on doit aller vers plus de restrictions”, a précisé Emmanuel Macron.

En clair plusieurs zones devraient passer dès aujourd’hui en alerte maximale avec donc des contraintes supplémentaires sur les lieux de rassemblement.

L’industrie automobile: d’autres plans d’austérité à attendre

L’industrie automobile:  d’autres plans d’austérité à attendre

Dans le journal la tribune, José Baghdad, responsable du secteur automobile chez PwC estime que le secteur automobile va connaître de nouveaux bouleversements liés évidemment à la crise sanitaire mais plus fondamentalement à des causes structurelles qui remettent en cause le rapport de l’automobile à la mobilité. Pour lui , secteur est contraint d’ajuster des surcapacités industrielles, et d’autres fermetures d’usines pourraient suivre celle de Bridgestone à Béthune.

 

- » Nous avons établi un scénario assez conservateur compte tenu de l’aléa autour des conditions sanitaires. Mais globalement, nous n’attendons pas de retour au niveau d’avant crise du marché automobile avant 2022. Avec quelques exceptions, puisque par exemple en Chine, nous observons d’ores et déjà une forte dynamique, similaire à celle enregistrée en 2019. Si bien que nous tablons sur une baisse limitée de 16% sur l’ensemble de l’année pour le marché chinois. Le marché européen, au contraire, devrait être plus marqué, avec une baisse significative de l’ordre de 28%. En Europe, le deuxième semestre a bien démarré, mais nous n’observons pas de phénomène de rattrapage. »

600 000 emplois supprimés au premier semestre et autant à attendre début 2021

600 000 emplois supprimés au premier semestre et autant à attendre début 2021

 

 

Alors que le système de chômage partiel agit comme une sorte de bouclier contre les licenciements, malgré tout, nombre d’entreprises ajuste leurs effectifs. Ainsi depuis le début de l’année 600 000 emplois ont été supprimés. On sait que le système de chômage partiel doit prendre fin presque partout à la fin de l’année. Conclusion, le processus d’allègement des effectifs va s’amplifier début 2021.

Un phénomène incontournable quand on sait qu’il va manquer en 2021 5 % de croissance par rapport à 2019. Cette baisse de 5 % du PIB se traduit mécaniquement par une hausse supplémentaire du chômage de l’ordre d’un million . D’où évidemment l’inquiétude particulière des ménages qui sont essentiellement sensibles à cet indicateur qui va peser sur le pouvoir d’achat et qui amène ceux qui le peuvent à privilégier l’épargne plutôt que la consommation.

 La seule question qui se pose est de savoir si le pouvoir actuel est en capacité de réinstaller la confiance pour faciliter la consommation premier soutien de la croissance puisque les investissements et les exportations sont eux nettement à la traîne.

Retraites- Attendre le 7 janvier pour la reprise des négociations est irresponsable

Attendre le  7 janvier pour la reprise des négociations est irresponsable

 

Face au blocage persistant, le gouvernement a annoncé une nouvelle séries de discussions avec les partenaires sociaux qui s’ouvriront seulement le 7 janvier. On peut légitimement se demander à quoi joue le gouvernement. En effet, il aura fallu attendre mardi 24  pour que le Premier ministre se réveille pour indiquer que la reprise des négociations aura lieu dans une quinzaine de jours à savoir le 7 janvier. Une attitude évidemment complètement irresponsable. On comprend mal que le gouvernement se soit mis en vacances alors que le pays est affecté par des troubles sociaux. Il est clair qu’en la  circonstance le gouvernement a choisi la stratégie du pourrissement. Le problème c’est que cette même stratégie du pourrissement a été utilisée sans succès vis-à-vis des gilets jaunes et que le pays s’est enfoncé dans la chienlit pendant  des mois. Ce qui risque de se reproduire avec ce qu’on peut appeler maintenant les gilets rouges. Le gouvernement joue dangereusement avec le feu. Il ne faut guère espérer que les radicaux gauchistes atténuent leur action. Certes la participation aux grèves va connaître sans doute des mouvements de yo-yo sur une tendance baissière mais elle risque d’être compensée par le réveil de certaines catégories sociales qui pourraient protester non seulement vis-à-vis des retraites mais de manière plus générale vis-à-vis des conditions de travail et des salaires ( hôpital ou enseignement par exemple).

En dépit des appels à la trêve lancés par l’exécutif pour les fêtes de fin d’année, les transports restent donc très perturbés et le ton est monté d’un cran dans le secteur de l’énergie avec le vote par les salariés de la mise à l’arrêt de plusieurs raffineries. Face au blocage persistant, le gouvernement a enfin annoncé une nouvelle séries de discussions avec les partenaires sociaux qui s’ouvriront le 7 janvier. Elles se déclineront ensuite pendant tout le mois avec les ministres et secrétaires d’Etat concernés et porteront sur quatre chantiers : pénibilité, transitions vers le futur système unique de retraites par points, minimum contributif et fins de carrière. Le Premier ministre Edouard Philippe présentera également dans la semaine du 6 janvier une “méthode de travail” pour l’équilibre financier du système, a précisé Matignon dans un communiqué. Une nouvelle journée interprofessionnelle de manifestations et de grève est d’ores et déjà prévue le 9 janvier à l’appel de l’intersyndicale mobilisée contre la réforme (CGT-FO-FSU-Solidaires-FIDL-MNL-UNEF-Unl).

Dans le collimateur des manifestants et des grévistes, la réforme du système des retraites voulue par Emmanuel Macron qui prévoit le remplacement des 42 régimes existants par un système universel par points, un changement perçu par ses détracteurs comme la porte ouverte à une précarisation des retraités. Le gouvernement continue de défendre l’instauration d’un âge pivot à 64 ans à l’échéance 2027, une option qu’il juge “juste” pour rééquilibrer financièrement le système mais un casus belli pour les syndicats réformateurs au premier rang desquels la CFDT. On peut quand même s’interroger pourquoi on attend encore 15 jours pour négocier alors qu’une partie des transports bloque la vie économique et sociale.

Aix-politique gouvernementale : attendre 15 ou 20 ans ! (Philippe)

Aix-politique gouvernementale : attendre 15 ou 20 ans ! (Philippe)

Avec un certain humour mais aussi un certain culot Philippe a développé son discours sur la méthode et en a profité pour faire fait son propre éloge lors des journées économiques d’Aix en Provence. Il a conclu en affirmant qu’il faudrait attendre 15 ou 20 ans pour voir les effets concrets de la politique gouvernementale. Ce décalage de l’évaluation dans le temps, témoigne peut être des doutes du Premier ministre que traduisent des sondages.  «Dans ce monde qui est marqué à son commencement par la colère, ce qui paye in fine, ce qui assure et la gloire et le succès, c’est la ténacité», a assuré le chef du gouvernement, alors que l’exécutif subit actuellement une baisse dans les sondages. Une colère «potentiellement dévastatrice», a-t-il même indiqué. Avant d’ajouter, plus grave, voire de prévenir: «le monde qui vient est un monde dangereux pas seulement sur le mode de la remise en cause du multilatéralisme et des guerres économiques. C’est aussi un monde dangereux tout court. Et dans un monde dangereux tout court, il est préférable d’être stable sur ses appuis et préparé».  Et pour se faire, Édouard Philippe n’a pas, de son propre aveu, 40 options. Il faut «regarder avec lucidité la situation du pays telle qu’elle est», une situation qu’il ne juge «pas réjouissante». Avant, là encore, d’expliciter: «C’est un pays dans lequel depuis très longtemps, il y a eu une forme de renoncement à prendre des décisions parfois difficiles à assumer, parfois difficiles à expliquer». Le constat du chef du gouvernement est d’ailleurs sans appel. Pour lui, le modèle français est «un système extrêmement ambitieux en termes de solidarité (…) mais dont on ne peut pas dire que les effets et l’efficacité sont au rendez-vous», avant de citer, en exemple de ce modèle inefficace selon lui, «une école qui ne fonctionne pas comme elle devrait fonctionner». D’où «la division par deux des classes de CP et CE1», mesure du programme du président Macron qu’il a citée deux fois au cours de sa courte prise de parole dont Edouard Philippe est persuadé qu’elle portera ses fruits mais dont il faudra attendre «15 ou 20 ans pour véritablement en voir les effets» concrets.

Alors, pour convaincre, et parce qu’on vit en démocratie et qu’il est naturel -«et c’est tant mieux», a-t-il deux fois insisté- que les gens n’aient pas les mêmes avis ou les mêmes perceptions, il faut «expliquer» la politique menée. «Et quand vous avez fini, il faut recommencer», a-t-il ajouté,

Code du travail: attendre début octobre (CFDT)

Code du travail: attendre début octobre (CFDT)

 

 

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a demandé dimanche au gouvernement d’attendre « fin septembre-début octobre » pour réformer le code du travail par ordonnances, « le temps de la concertation nécessaire ». Souhaitant aller vite, l’Elysée a précisé cette semaine vouloir une ratification des ordonnances « d’ici la fin de l’été », soit avant le 21 septembre. « Il ne faut pas passer des ordonnances en août (…) on peut être rapide sans être précipité », a déclaré Laurent Berger, invité du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro. « Il faut aller vers fin septembre-début octobre pour qu’on ait le temps de discuter du fond des sujets » et notamment « ce qui doit être traité » dans le code du travail, la branche ou l’entreprise, a-t-il ajouté. Sur cette question, la CFDT estime que « le code du travail doit garantir un socle important de droits », auxquels aucun accord de branche ou d’entreprise ne peut déroger, parmi lesquels « le salaire minimum » et « la sécurité au travail ». Ensuite, les branches professionnelles doivent déterminer les « classifications, les déroulements de carrière », a-t-il ajouté en estimant que « l’organisation du travail, la responsabilité sociale, les conditions de travail » devaient se négocier au niveau de l’entreprise. Mais « cette négociation doit être menée avec des représentants des organisations syndicales ». « Un référendum sans être passé par un accord, non », a-t-il prévenu alors qu’Emmanuel Macron a promis, pendant sa campagne, le référendum d’entreprise à l’initiative de l’employeur. Le numéro un de la CFDT, qui sera reçu lundi par le Premier ministre, entend à cette occasion « lui apporter un gros dossier avec un tas de propositions » sur « tous les sujets y compris la question européenne, la protection sociale, l’outre-mer ». Il a cité la création d’une « assurance chômage européenne ». La CFDT viendra aussi avec des « contrepropositions » sur les projets auxquels le syndicat est hostile, comme la barémisation des indemnités prud’homales pour licenciements abusifs. L’objectif est que « si des projets devaient se mettre en place, ce soit le moins difficile possible pour les travailleurs sur ces sujets là », a expliqué M. Berger.

BCE : il est urgent d’attendre

BCE : il est urgent d’attendre

C’est en substance ce que dit la BCE après sa dernière réunion. Certes la banque centrale européenne constate bien des risques importants de ralentissement économique mais en même temps mesure tout autant les limites d’une politique monétaire. Pour parler plus clair les experts de la banque centrale européenne sont dans le potage et ne savent plus quel moyen employé pour tenter d’influencer à la fois l’inflation et la croissance La Banque centrale européenne a donc jugé prématuré d’agir lors de sa réunion de politique monétaire de juillet, la première après le vote des Britanniques en faveur d’une sortie de l’Union européenne, montre le compte-rendu de cette réunion publié jeudi. En dépit de la politique accommodante de la banque centrale européenne, l’union économique ne parvient pas à relancer la croissance et l’inflation. Pour la croissance,  il faudra sans doute s’habituer à une croissance molle pendant de nombreux mois voir plusieurs années, sans doute autour de à 1,3 % pour la croissance et de 0,3 % pour l’inflation annuelle. Cela démontre à l’évidence les limites d’une politique monétaire qui n’est pas articulée avec une politique budgétaire dynamique et avec des réformes structurelles. Toute la problématique tourne autour de la faiblesse de la demande. La banque centrale européenne a beau se montrer accommodante cela ne relance pas pour autant la demande de crédit destiné au seul investissement. Aussi bien des entreprises que des ménages.  La Banque centrale européenne semble donc avoir épuisé son arsenal pour relancer l’inflation dans la zone euro, montre une enquête Reuters publiée jeudi. La BCE a gonflé ses achats d’actifs pour les porter à 80 milliards d’euros mensuels, a offert aux banques des refinancements à bas coûts et a réduit son taux de facilité de dépôt à -0,4%. Malgré tout cela, les 60 économistes interrogés par Reuters s’attendent à voir l’inflation dans l’union monétaire plafonner à 0,3% cette année et 1,3% l’an prochain. L’objectif de la BCE d’une hausse des prix très légèrement inférieure à 2% ne devrait pas, selon eux, être atteint avant 2019, au plus tôt. Après un bon début d’année, la croissance en zone euro ralentit et devrait, selon l’enquête Reuters, se situer autour de 0,3% par trimestre jusqu’à la fin de l’année et de 0,4%, toujours par trimestre, l’an prochain. « Nos prévisions indiquent que la morosité de l’économie de la zone euro, qui paraissait s’estomper, va persister plus longtemps que ce à quoi nous nous attendions, ainsi que la BCE », écrit dans une note Paul Mortimer-Lee, économiste de marché chez BNP Paribas. « Plutôt qu’au Brexit, cela est dû à l’érosion de certains des facteurs temporaires qui ont stimulé la croissance cette année », ajoute-t-il. Face à cette situation la banque centrale a décidé qu’il était urgent d’attendre :

« forward guidance » de la BCE : urgent d’attendre !

« forward guidance » de la BCE : urgent d’attendre !

 

À l’occasion de la réunion du Conseil des gouverneurs de jeudi 21 mars, la BCE ne devrait pas annoncer grand-chose de nouveau. Elle devrait ce contenter de répéter ce qui a déjà été dit le 10 mars avec la promesse de maintenir les taux et le rachat de dettes y compris privées mais sans modalités ni dates.  Pour les taux c’est comme le temps nécessaire pour refroidir le temps du canon : un certain temps ! Quant au rachat de dettes nouvelles en demeurera encore dans le flou. Pourtant la situation économique supposerait des mesures plus radicales dans la mesure où les perspectives de croissance sont moins bonnes encore que prévu à l’intérieur de l’union européenne (autour de 1,5 % pour la progression du PIB) et il ne faut guère attendre de soutien de l’extérieur en l’état actuel de l’environnement international lui aussi assez mollasson comme en témoignent les prévisions en baisse élaborées  par le FMI. Au sein de la BCE certains sont persuadés qu’il faudrait des mesures beaucoup plus radicales pour relancer la croissance mais ils se heurtent évidemment à l’opposition de certains pays notamment de l’Allemagne qui ne veut pas en entendre parler. Une Allemagne qui conteste de plus en plus la stratégie de la banque centrale européenne et dont  certains représentants demandent même que le président actuel soit remplacé par un Allemand ! La réunion du 21 avril Devrait donc n’être qu’un point d’étape pour la BCE. Six semaines après l’annonce, le 10 mars dernier, d’une nouvelle série de mesures dont certaines restent à préciser dans leurs modalités et à mettre en place, Mario Draghi devrait donc demeurer immobile, cette fois. Pas de baisse de taux, ni de nouvelles décisions majeures à attendre, donc. Et ce pourrait être le cas pendant plusieurs mois, si l’on en croit Frédérik Ducrozet, économiste chez Pictet Wealth Management à Genève et fin observateur de la BCE. « Les signaux récents envoyés par la BCE suggèrent qu’il faudrait un choc significatif pour aller au-delà de l’ajustement des outils existants et pour considérer plus de mesures radicales », écrit-il ce lundi dans une note. La BCE s’est, il est vrai, beaucoup avancé le 10 mars. Pour l’instant, la priorité est donc d’achever la construction de ces mesures, ce qui n’est pas une tâche minime. Un point reste encore assez obscur : le rachat d’obligations d’entreprises non-financières de la zone euro qui doit commencer « vers la fin du deuxième trimestre ». Quel sera la taille des achats de la BCE sur le marché de la dette privée ? Comment ces achats se répartiront-ils selon les pays, les secteurs et les degrés de risque ? Quelle est la définition des « entreprises non financière qu’appliquera la BCE ? Un des éléments les plus attendus de ce 21 avril concerne ces modalités, mais aussi les moyens que la BCE se donnera pour contourner un des écueils les plus importants de ce programme : le manque de liquidités de ce marché et la possibilité d’une « dépendance » du marché vis-à-vis de ces rachats. Si Mario Draghi se montre clair sur ces points, le marché pourrait réagir positivement. Mais c’est une vraie gageure pour la BCE qui, sans doute, préférera rester dans le flou comme elle l’a été dans le cas des rachats de prêts titrisés (ABS) afin de ne pas se lier les mains et maintenir un difficile équilibre entre l’incitation des investisseurs à venir sur ce marché et la « subvention » pure et simple à ce même marché. Le prix de cette prudence pourrait être une certaine déception des investisseurs à court terme. Le Conseil des gouverneurs préférera également sans doute attendre de voir quel sera en juin le résultat du premier « TLTRO II », acronyme barbare désignant des prêts de quatre ans accordés aux banques et incluant une subvention aux prêts à l’économie réelle sous forme de « remise » de la différence entre le taux demandé, qui est la taux de référence de la BCE, soit 0 %, et le taux de dépôt, actuellement à -0,4 %. Autrement dit, une banque qui empruntera auprès de la BCE et remplira les critères demandés de distributions de crédit, pourrait avoir à rembourser moins que la somme empruntée.

Qu’attendre La loi Travail : rien du tout ! (Guillaume Sarlat)

Qu’attendre La loi Travail : rien du tout ! (Guillaume Sarlat)

Guillaume Sarlat est polytechnicien et inspecteur des Finances, il dénonce la démarche et l’efficacité de la loi travail dans une interview au Figaro.

 

Depuis trois semaines, le projet de loi du gouvernement dit «loi Travail» fait l’actualité politique et économique en France. Il faut dire que le scénario est riche et les acteurs hauts en couleur. Un texte qui fuite sous différentes versions avant qu’il ne soit formellement présenté. Une Ministre qui ne connaît pas très bien le droit du travail. Une concertation précipitée et organisée à chaud. Un conseiller de la Ministre qui démissionne de son cabinet parce qu’il est opposé au texte. Des négociations avec un syndicaliste étudiant encore en licence à 27 ans. Un rétropédalage en urgence sur l’utilisation du 49-3, puis sur une partie du texte lui-même…

Avec la perspective des présidentielles, la question qui accapare les débats est: est-ce que cette séquence est bonne pour François Hollande? En apparence non. Comme souvent depuis 4 ans, c’est l’amateurisme et l’impréparation qui dominent à première vue, sur un projet de loi pourtant présenté comme majeur. Mais à l’analyse, le bilan pour François Hollande est plus positif qu’il n’y paraît.

 

Ce projet de loi lui permet de faire diversion.

D’abord, ce projet de loi lui permet de faire diversion. François Hollande s’était engagé à inverser la courbe de chômage et à ne se représenter en 2017 que s’il y parvenait. Or il est maintenant clair qu’il n’y aura pas d’inflexion dans la dynamique du chômage d’ici à l’élection présidentielle: l’économie française ne crée pas assez d’emplois. Grâce au rapport de Robert Badinter et d’Antoine Lyon-Caen sur le droit du travail, François Hollande a replacé le débat sur un terrain qu’il maîtrise: la loi. Il pourra dire qu’il a agi jusqu’au dernier moment contre le chômage, même si les résultats n’ont pas été là.

Ensuite, ce projet de loi affaiblit la position des Républicains. En baissant massivement les charges sociales sur les bas salaires avec le CICE puis le pacte de responsabilité et de solidarité, Hollande avait déjà emprunté aux Républicains l’une de leurs mesures économiques phares. Avec la simplification du droit du Travail, c’est leur deuxième priorité économique qu’Hollande fait sienne, condamnant les candidats aux primaires de la droite à se prononcer ces derniers jours en faveur de la loi Travail.

Ce projet de loi renforce également la position de François Hollande en cas de primaire à gauche car Manuel Valls et Emmanuel Macron, ses deux seuls concurrents sérieux, soutiennent ce projet de loi et donc sont engagés à ses côtés.

Enfin, en réduisant le 14 mars la portée du texte par rapport à ses premières versions, François Hollande peut se targuer d’avoir tenu compte de l’opinion des Français: dans les sondages portant sur la première mouture du texte, deux personnes interrogées sur trois disaient en effet y être défavorables. Ce nouveau texte permettra aux soi-disant «frondeurs» du Parti Socialiste et aux partenaires sociaux, en mal de soutiens et de mobilisation, de sauver la face en disant qu’ils ont obtenu des concessions. Et il permettra à François Hollande de dire qu’il réforme la France sans la brutaliser, ce qui pourra être utile le moment venu face à Nicolas Sarkozy, Alain Juppé ou Marine Le Pen.

Ce projet de loi est donc sans doute un bon coup tactique pour Hollande. Certes. Mais la question à se poser est plutôt: est-ce une bonne réforme pour l’économie française et les Français?

Qu’y a-t-il dans cette loi finalement? Diverses mesures qui viennent diminuer les droits des salariés, notamment sur le temps de travail, les heures supplémentaires, les congés ou encore la mécanique des accords avec le patronat, où les accords d’entreprises devraient désormais primer sur les accords de branches ; la création d’un référendum d’entreprise ; et un recours plus facile au licenciement économique, les difficultés des entreprises étant désormais appréciées au plan national. Le plafonnement obligatoire des indemnités de licenciement, déjà censuré dans le cadre de la loi Macron par le Conseil constitutionnel, a en revanche été retiré du projet de loi.

Que peut-on attendre de cette loi pour la croissance et l’emploi en France ? En pratique très peu de choses, voire rien du tout.

Que peut-on attendre de cette loi pour la croissance et l’emploi en France? En pratique très peu de choses, voire rien du tout.

Si la croissance faible et le chômage de masse en France provenaient d’un problème de compétitivité-prix, cela se saurait. Ces dernières années l’économie française a en effet bénéficié de 30 milliards d’exonérations de charges sociales supplémentaires sur les bas salaires, d’un pétrole à 30$, d’un euro autour de 1,1$ et d’une liquidité de la BCE chaque jour plus abondante. Sans que cela permette de créer des emplois en France. On imagine mal que des assouplissements marginaux du temps de travail ou des congés y arrivent.

La loi Travail n’est malheureusement qu’une nouvelle étape dans la politique low cost / low innovation en place depuis plusieurs dizaines d’années en France.

Les exonérations de charges sur les bas salaires ont été le pilier de cette politique depuis 1993 et les allègements Balladur, suivis des allègements Juppé en 1996, Aubry entre 1998 et 2002, Fillon entre 2003 et 2005, et bien sûr l’apothéose avec François Hollande et le CICE (2012) puis le pacte de responsabilité et de solidarité (2013).

Difficile désormais d’aller plus loin en matière d’exonérations de charges sociales sur les bas salaires, avec un budget de 50 milliards d’euros (premier budget des dépenses publiques, devant l’enseignement scolaire) et des charges sociales patronales désormais nulles au niveau du SMIC depuis le 1er janvier 2015.

C’est donc la déconstruction du droit du Travail qui a pris le relais dans la politique low cost / low innovation. Le droit du Travail était déjà moins protecteur qu’on ne peut le penser, notamment parce qu’il permet de contourner les droits offerts aux contrats à durée indéterminée (CDI) par les contrats de stagiaires et de CDD (contrats à durée déterminée, utilisables en cas de «surcroît d’activité» sans que celui-ci soit nécessairement exceptionnel). Et en 2008 Sarkozy a introduit la rupture conventionnelle et assoupli les règles d’organisation du temps de travail. Puis Hollande a assoupli le recours aux CDD en 2015 en autorisant deux renouvellements.

Ces politiques low cost / low innovation sont les piliers du libéralisme à la française, ce modèle très favorable aux grands groupes qui leur permet de se concentrer sur l’optimisation à court terme de leurs coûts, aux détriments des PME et des salariés, et de transférer tous leurs coûts sociaux à un Etat Samu social hypertrophié et inefficace.

Agir pour le Travail en France, c’est donc sortir de ce libéralisme à la française, en finir avec l’irresponsabilité sociale des acteurs économiques et notamment des grands groupes, et l’inefficacité des acteurs publics.

Les mesures d’une loi pour le Travail seraient donc bien différentes de la «loi Travail» qui nous est proposée aujourd’hui.

Une loi pour le Travail responsabiliserait les entreprises. D’abord en créant des contre-pouvoirs aux patrons, seuls maîtres à bord dans les entreprises. Ceci passe par le développement d’un véritable actionnariat salarié, aujourd’hui réduit à des dispositifs de défiscalisation et de rétention des cadres sans participation aux décisions de l’entreprise, et par une réforme de la gouvernance des entreprises françaises, aujourd’hui totalement déséquilibrée en faveur du patronat.

Ensuite, en responsabilisant les entreprises spécifiquement sur leurs comportements d’employeur, avec une modulation des cotisations sociales en fonction des impacts pour la collectivité de leurs politiques sociales: turnover, formations, licenciements etc.

Une loi pour le Travail moderniserait également les services publics liés à l’emploi.

L’inefficacité notoire de l’AFPA et de Pôle Emploi devrait conduire à s’interroger sur l’existence même non pas des services publics de la formation continue ou du placement, mais des opérateurs publics qui en ont la charge.

Et la complexité des règles fiscales et sociales devrait inviter à considérer un système de prélèvements plus simple, où les exonérations seraient l’exception et non la règle, pour une transparence et une facilité d’utilisation plus grandes, notamment pour les PME.

Les politiques, dont François Hollande et son gouvernement, sont tellement bien installés, depuis si longtemps et avec tellement de confort dans le libéralisme à la française qu’on ne peut rien attendre d’eux.

Il est également peu probable que le salut vienne des syndicats. Certes ils ont proposé il y a quelques jours dans la négociation une taxation des CDD pour responsabiliser les entreprises. L’objectif est bon, mais malheureusement la mesure est mauvaise: le fait d’utiliser des CDD n’est pas un mal en soi, si c’est justifié. Et ils ont également proposé que la «garantie jeunes», le nom d’emprunt du RMI jeunes créé par François Hollande, soit généralisée, dans la plus pure logique de l’Etat Samu social…

Avec ou sans la loi Travail, avec ou sans réélection de François Hollande, les politiques low cost / low innovation, la croissance faible et le chômage de masse ont donc encore de beaux jours devant eux…

 

 

Corse : « Ne pas attendre de nous d’être garants de l’unité de la république » (Talamoni)… tu m’étonnes !

Corse : « Ne pas attendre de nous d’être garants de l’unité de la république » (Talamoni)… tu m’étonnes !

Alors que la Corse est comme sur le continent en prise avec des conflits identitaires, Talamoni ne peut s’empêcher d’en rajouter une couche comme s’il était déjà investi de la mission de négocier l’indépendance de la Corse.  Faut-il d’abord rappeler qu’il n’a aucune compétence pour traiter des questions régaliennes aussi que la » très grande majorité » des corses  indépendantistes est à laquelle il se réfère ne représente que 5 % des électeurs.  De ce point de vue l’amalgame pernicieux qu’il opère  entre indépendantistes et autonomistes vise  sans doute à cacher sa très faible représentativité.  À l’occasion de la visite du ministre de l’intérieur, il aurait mieux fait une nouvelle fois de se taire, lui, le Mandela d’opérette du peuple corse, pourtant élu de la république et  qui veut rendre officielle une langue comprise par moins de 10 % de la population !  .Bernard Cazeneuve s’est donc rendu à Ajaccio mercredi dans le quartier sensible où des pompiers avaient été agressés la nuit de Noël, ce qui avait provoqué plusieurs jours de manifestations et de débordements racistes. Le ministre de l’Intérieur a affiché la fermeté du gouvernement et rencontré les responsables locaux. « Un échange apaisé », selon le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni.  Bernard Cazeneuve a condamné dans un discours ce midi à Ajaccio les agressions de deux pompiers et d’un policier le 24 décembre dans un quartier sensible de la ville et les « violences gratuites » qui ternissent l’image de la Corse. Le ministre de l’Intérieur a aussi martelé combien le respect et la fraternité sont d’importantes valeurs. Il a satisfait l’Assemblée en annonçant un plan d’action pour le quartier des Jardins de l’Empereur, avec à la fois plus de sécurité dans la copropriété, et plus de moyens pour les associations du quartier. Pour le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, « le ministre de l’Intérieur est venu prendre acte de l’apaisement qui était opéré depuis plusieurs heures et auquel nous (les élus locaux) avons largement contribué et c’est très bien« , a-t-il réagi mercredi soir sur France info. « Cela nous a donné l’occasion d’avoir un échange avec lui à la préfecture. Un échange apaisé au cours duquel nous avons réaffirmé que nous étions disponibles pour le dialogue, que nous avons été mandatés par les Corses pour défendre un certain nombre d’idées et que, bien entendu, c’est sur la base de ce mandat que nous voulons discuter avec Paris dans les semaines à venir« , indique-t-il. « Mais encore une fois, nous pensons qu’il faut aujourd’hui construire de façon apaisée un dialogue qui permette de mettre en place les bases d’une solution politique de manière générale« , poursuit Jean-Guy Talamoni. « L’Etat doit incarner et faire respecter l’unité de la République tout en prenant en compte la riche singularité de votre île« , a également insisté le ministre de l’Intérieur, tout en prenant soin de féliciter les élus nationalistes pour leur victoire aux régionales et de leur adresser ses vœux de succès.  »Je crois que personne n’attend de nous que nous soyons garants de l’unité de la République française« , répond  Jean-Guy Talamoni.

Scandale Volkswagen : il faudra attendre….. des mois

Scandale Volkswagen : il faudra attendre….. des  mois

Les membres du conseil de surveillance de la marque « ont acquis la conviction que cette investigation allait prendre au moins plusieurs mois », selon un communiqué diffusé à l’issue d’une réunion des membres les plus influents de cet organe de contrôle.   »Il s’agit d’une enquête approfondie et de grande envergure, qui va s’atteler à éclaircir toutes les questions en suspens », promet Volkswagen, qui est dans le même temps dans le viseur de la justice de plusieurs pays. Volkswagen annule pour cette raison l’assemblée générale extraordinaire prévue le 9 novembre, faute de pouvoir y apporter suffisamment de réponses aux « attentes légitimes » des actionnaires. Il n’est pas réaliste d’imaginer pouvoir « apporter en l’espace de quelques semaines des réponses solides », ajoute le groupe. Par ailleurs, le comité exécutif a décidé de désigner Franck Witter comme nouveau directeur financier et Hans Dieter Pötsch comme président du conseil de surveillance. Volkswagen a avoué la semaine dernière avoir équipé 11 millions de véhicules dans le monde d’un logiciel capable de fausser les résultats des tests antipollution et de faire passer ses voitures VW, Audi ou encore Skoda pour plus vertes qu’elles ne le sont vraiment.

Evolution des taux : il est urgent d’attendre (la FED)

Evolution des taux : il est urgent d’attendre (la FED)

 

 

Pour résumer la position de la FE :, la situation économique et l’emploi aux États-Unis justifierait une hausse des taux mais celle-ci n’aura pas lieu en ce moment du fait des incertitudes concernant la situation mondiale. En bref il est urgent d’attendre ;  la hausse   des taux interviendra mais on ne sait pas quand, avant la fin de l’année ou en 2016 ? Ce qui fait que la menace va planer encore sans doute pendant des mois rajoutant encore des incertitudes au sein incertitude. En réalité tout dépendra de l’évolution de la croissance mondiale est particulièrement de celle de la Chine. La Réserve fédérale américaine a laissé jeudi ses taux d’intérêt inchangés, cédant aux inquiétudes suscitées par l’économie mondiale, la volatilité des marchés financiers et la faiblesse de l’inflation aux Etats-Unis, sans exclure toutefois la possibilité d’un durcissement de sa politique monétaire d’ici la fin de l’année.  Pour justifier ce qui s’apparente à un retrait tactique, sa présidente, Janet Yellen, a reconnu lors d’une conférence de presse que l’évolution récente de la situation économique internationale avait forcé la main de la banque centrale la plus puissante du monde.  L’économie américaine se porte suffisamment bien pour supporter et justifier une hausse de taux, a-t-elle expliqué, « et nous prévoyons que cela restera le cas ». Mais elle a ajouté que « les perspectives à l’international semblent être devenues plus incertaines », avec pour conséquences récentes une baisse de Wall Street, une hausse du dollar et un resserrement des conditions de financement susceptibles de freiner la croissance américaine.   »A la lumière de l’incertitude accrue à l’étranger, (…) le comité a jugé approprié d’attendre », a poursuivi Janet Yellen. « Etant donné l’interdépendance économique et financière élevée entre les Etats-Unis et le reste du monde, la situation à l’étranger mérite une surveillance attentive. » Le communiqué publié à l’issue de la réunion du comité de politique monétaire mentionne lui aussi l’impact de la situation internationale, devenue une variable clé de la réflexion de la Fed au-delà des seuls données économiques américaines.   »Les récents développements de l’économie et des marchés financiers mondiaux pourraient peser quelque peu sur l’activité économique et sont susceptibles d’exercer une pression baissière supplémentaire sur l’inflation à moyen terme », explique-t-il.  La prochaine réunion de politique monétaire aura lieu les 27 et 28 octobre, la dernière de l’année les 15 et 16 décembre. Mais il est peu probable finalement que cette hausse des taux intervienne d’ici fin 2015.

Nouvelles baisses de la monnaie chinoise à attendre (OFCE)

Nouvelles baisses de la monnaie chinoise à attendre (OFCE)

La Chine a dévalué d’environ 3,5% en deux jours la valeur de sa monnaie face au dollar, la plus forte dépréciation en deux décennies. Les marchés et les analystes sont divisés sur les motivations de Pékin et sur les conséquences à attendre. Henri Sterdyniak, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques, livre son analyse au Figaro.

LE FIGARO – Le yuan a perdu plus de 3,5% de sa valeur en deux jours. Est-ce une nouvelle manière de fixer le taux-pivot autour duquel est autorisé à fluctuer le yuan comme le prétend le discours officiel?

Henri Sterdyniak – Prétendre que la dévaluation est une nouvelle façon de calculer le taux-pivot est de la pure communication. La banque populaire de Chine affirme qu’elle n’intervient pas mais tout le monde sait qu’elle décide du mouvement de sa monnaie. Il s’agit bien d’une dévaluation de la banque populaire de Chine dans un régime de change géré. C’est un acte volontaire. Dans un système de changé géré, la banque centrale n’a pas d’engagement. Elle décide ce qu’elle veut quand elle veut et n’a pas d’obligation de prévenir. A l’inverse, dans un régime de changes flexibles, ce sont les marchés qui décident et la monnaie se déprécie selon l’esprit des marchés. Dans un régime de change fixe (comme celui du franc CFA), la banque centrale doit annoncer solennellement qu’elle dévalue sa monnaie.

La Chine cherche-t-elle à rejoindre le club national des monnaies mondiales de référence en faisant croire qu’elle laisse fluctuer le yuan ou à doper son économie?

La monnaie est très contrôlée par les autorités chinoises. La volonté actuelle de la Chine est claire: doper son économie. La Chine accepte une forte appréciation de sa monnaie depuis une dizaine d’année, pour entrer dans le jeu normal du système monétaire international et ne plus accumuler trop de réserves de change. Elle misait essentiellement sur un essor de sa demande intérieure pour dépendre progressivement de moins en moins de ses exportations. Aujourd’hui, elle a besoin d’augmenter ses exportations car sa croissance a diminué. Elle considère que l’appréciation du yuan est allé trop loin. Elle infléchit donc sa politique en dépréciant sa monnaie.

Est-ce que d’autres dévaluations sont possibles dans les jours qui viennent?

Je pense que la Chine va aller plus loin dans la dévaluation du yuan. Maintenant qu’ils ont commencé, ils vont plutôt faire 10% que 4%. Pourquoi en rester à 4% si les exportations ne sont pas satisfaisantes? La banque populaire de Chine va poursuivre la dévaluation dans les jours qui viennent. Elle va faire varier sa monnaie lentement jusqu’à ce qu’elle juge une valeur satisfaisante. Ces dévaluations pourraient s’étaler sur 15 jours encore. Une monnaie comme l’euro peut facilement s’apprécier ou se déprécier de 15% face au dollar en un mois sur le marché des changes donc cela n’a rien de choquant pour le yuan. La différence est que la banque populaire de Chine prend une décision seule sans consulter personne et cela surprend les marchés. L’économie mondiale risque ainsi de s’engager dans les dépréciations compétitives si la Chine, comme le Japon ou la zone euro, estiment avoir besoin d’une monnaie faible.

Climat : pas de large accord à attendre ( Merkel)

Climat :  pas de large accord à attendre ( Merkel)

 

Merkel a sans doute pris les devants pour annoncer officiellement que la conférence sur le climat ne pourra bénéficier d’un large accord. Ce n’est pas un coup de couteau dans le dos de Hollande mais simplement la réalité en l’état des discussions et des rapports de forces. Même le G7  qui se réunit dimanche et lundi en Bavière ne prendra pas uen position claire sur le réchauffement climatique en dépit des exhortations de Merkel.  Pourtant à moins de six mois de la conférence sur le climat de Paris (COP21), qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre, la chancelière allemande a souhaité que les sept pays industrialisés adressent un message fort en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).   »Sinon, je ne pense pas qu’il y aura un accord sur le climat à Paris (en décembre) et tous les participants savent cela. C’est pourquoi j’espère qu’en tant que pays du G7, nous pourrons clairement dire que nous nous engageons sur cet objectif », a dit Angela Merkel dans une vidéo postée sur internet. En fait il faut s’attendre à une déclaration d’intention au G7 comme à la conférence sur le climat laissant à chaque pays la responsabilité de faire ce qu’il peut et ou ce qu’il veut.  Consciente Merkel a prévenu qu’il ne fallait pas s’attendre à un plus large accord lors du sommet: « Je ne crois pas que l’on doive comparer le sommet du G7 à des négociations spécifiques pour un accord sur le climat; il ne peut y avoir ici qu’un engagement de la part de pays industriels importants. » Le climat est l’un des principaux sujets à l’ordre du jour du sommet du G7 au château d’Elmau, près de Garmisch-Partenkirchen. Les scientifiques estiment que sur la base des émissions actuelles de GES et des mesures de réduction promises ou en place, la température mondiale augmentera de 4°C en moyenne d’ici 2100. Une hausse de 2°C, objectif fixé lors de la conférence sur le climat de Copenhague en 2009, pourrait déjà rendre plusieurs îles du Pacifiques inhabitables, accroître le nombre de catastrophes liées au changement climatique et provoquer d’importants déplacements de populations, jugent les experts.

 

Areva : il est urgent d’attendre ! (Macron)

Areva : il est urgent d’attendre ! (Macron)

 

 

Il n’est guère plus compétent  en matière de politique énergétique  que plus généralement qu’en matière d’économie, du coup Macron décide d’attendre pour la fusion de certaines activités entre EDF et Areva. La bonne vieille méthode de l’énarchie, on attend ! En fait on va perdre encore au moins deux à trois mois alors que la réponse devient urgente pour rassurer les clients étrangers . Pourquoi de tels atermoiements ? A cause des luttes internes au sein de l’oligarchie d’Etat ( les deux entreprises appartiennent à l‘Etat. En faiat Il faut céder pour 2 milliards environ les réacteurs nucléaires d’Areva à EDF. Ce n’es t pas assez argumente Areva alors que de toute façon c’est l’argent de l’Etat et du contribuable ! L’Etat ne prendra de décision définitive sur la restructuration d’Areva qu’en juillet, a déclaré vendredi aux syndicats du groupe le ministre de l’Economie. « Nous n’avons pas aujourd’hui de réponse établie a priori(…) Le gouvernement n’a pas arrêté une option », a expliqué Emmanuel Macron à des journalistes après la rencontre.  Une réunion prévue le 3 juin autour du chef de l’Etat, François Hollande, « sera un moment important pour déterminer les grands axes stratégiques », a-t-il ajouté. Mais les syndicats du groupe nucléaire ont retiré de leurs discussions avec le gouvernement le sentiment que rien de définitif ne serait annoncé à cette occasion concernant le sort de leur entreprise, en grave difficulté financière. « C’est un échange fructueux (…) mais on n’a rien réglé », a déclaré Jean-Pierre Bachmann, de la CFDT. « La réponse n’arrivera qu’au mois de juillet. » D’autres représentants syndicaux ont confirmé qu’Emmanuel Macron leur avait dit que l’Etat n’avait toujours pas pris de décision quant à un éventuel rapprochement avec EDF. « Il attend des propositions de la part des industriels mais la position du gouvernement n’est pas arrêtée », a dit l’un d’eux à Reuters. Selon ces représentants, Emmanuel Macron a précisé que la décision serait arrêtée lors d’une réunion du Conseil supérieur de la filière nucléaire, qui doit se réunir à la mi-juillet.

 

« Ne pas attendre la croissance comme on attend la mousson » ( Macron)

« Ne pas attendre la croissance comme on attend la mousson » ( Macron)

Les premières pluies ne feront pas repousser une forêt d’emplois, c’est en substance le message de Macron ; Un Macron de ce point de vue réaliste puisqu’il sait que la France ne fera guère plus de 1 % de croissance en 2015 , ce qui sera bien insuffisant pour retrouver un solde positifs d’emplois. Mais d’une certaine manière c’est quand même un peu la méthode Coué qui est reprise par le ministre de l’économie qui ne cesse de vanter le contexte favorable et même les effets du CICE dont les premières évaluations montrent qu’elles n’ont pourtant pas réer un choc positif en matière d’embauches, tout au plus ce CICE a-t-il permis de freiner les licenciements. . En réalité cela relève davantage de l’incantation que de l’analyse économique pertinente. Peut-être aussi un soutien à Valls pour contrer Hollande qui lui est partisan désormais de mettre la pédale douce sur les réformes pour rassembler la gauche et ainsi assurer sa présence aux élections de 2017. France est sur la bonne voie mais il reste du travail : voici le message principal du ministre de l’Economie, mardi matin sur Europe 1. « Oui, les choses sont en train de s’améliorer mais vous savez, il ne faut pas attendre la croissance comme on attend la mousson. Il faut continuer à travailler et faire nos réformes », a martelé Emmanuel  Macron, mardi matin sur Europe 1. Les dernières prévisions du FMI tablent sur une croissance de 0,9% pour l’économie française en 2015, après une année 2014 encore plus morose. « Ces chiffres sont bons, ils montrent qu’il y a une nouvelle donne qui est positive, on en voit les prémisses : des taux d’intérêt bas, un prix du pétrole bas, un euro plus faible que le dollar, ce qui est bon pour nos exportations. Cette nouvelle donne est renforcée par les premiers fruits de notre politique économique : le pacte de responsabilité, le CICE qui connaissent leurs premiers effets », a réagi le ministre de l’Economie qui aurait aussi pu en voir les limites. En effet  Le secteur industriel de la zone euro profite bien entre autres de la dépréciation de l’euro, favorisée par le QE de la BCE et qui atteint environ 12% depuis le 1er janvier face au dollar mais pour l’instant pas la France. . En Grande-Bretagne, le PMI manufacturier, soutenu lui aussi par la hausse des commandes étrangères et la vigueur de la demande intérieure, a atteint son plus haut niveau en huit mois.  Le retard français est net pour le secteur manufacturier, toujours en contraction en France avec un PMI « flash » à 48,2 alors qu’en Allemagne, il est en croissance avec un chiffre de 52,4. ( 50 indique la limite  entre croissance et régression). Même pour l’ensemble de l’économie, l’écart est encore significatif le PMI composite allemand ressort à 55,3 contre 51,7 seulement pour le français.

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