Archive pour le Tag 'arrêté'

Incendie à Rouen : « Qu’on arrête de mentir aux gens »(Michel Onfray)

Incendie à Rouen : « Qu’on arrête de mentir aux gens »(Michel Onfray)

 

Sur Europe 1, le philosophe dénonce l’attitude du gouvernement et le traitement médiatique suite à l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen.

INTERVIEW

Normand de cœur (région où il a créé l’université populaire de Caen), Michel Onfray a évidemment été peiné du drame qui a touché Rouen, avec l’incendie qui a touché l’usine Lubrizol. Depuis, l’inquiétude est grande chez les habitants de la ville, qui craignent des conséquences sanitaires et environnementales désastreuses. Chez Anne Roumanoff sur Europe 1, le philosophe dénonce le traitement médiatique de l’événement et l’inaction du pouvoir politique.

« Le truc habituel du pouvoir »

« Ce qui m’a peiné, c’est surtout le traitement médiatique. Évidemment, il y a eu la mort de Chirac qui a volé un peu la vedette, mais on retrouve ce qui s’est passé avec Tchernobyl : ‘le nuage n’est pas toxique’, nous dit-on », estime Michel Onfray. L’auteur de Décadence déplore que l’attention médiatique se soit presque uniquement concentrée sur la mort de l’ancien président, et que les médias aient traité l’incendie de Rouen « comme ça en passant ».

« C’est le truc habituel du pouvoir qui nous dit qu’il ne se passe rien, qu’il faut circuler, il n’y a rien à voir », ajoute-t-il, rappelant que les sites classés Seveso représentent des  »risques industriels majeurs ».

« Quand il s’agit vraiment d’être écologiste, il n’y a plus personne »

Selon le philosophe, l’incendie de Rouen est aussi une manière de mettre en lumière un double discours politique sur l’écologie. « Qu’on arrête de mentir aux gens en disant que l’écologie est la chose la plus essentielle, quand on s’en moque complètement », fustige-t-il,  »quand il s’agit vraiment d’être écologiste, il n’y a plus personne. »

 

 

Gilets jaunes : Éric Drouet, le putschiste arrêté !!!

Gilets jaunes : Éric Drouet, le putschiste arrêté !!!

Le Figaro (journal de M Dassault) se déchaîne surtout quand les privilèges des nantis semblent menacés. Il n’hésite à titrer ce dimanche qu’un des leaders des gilets jaunes Éric Drouet est un putschiste.  En fait,  il est accusé  d’être responsable de l’ «organisation d’une manifestation illicite». Il aurait en outre été porteur d’un parapluie qui pouvait être utilisée comme uen arme par destination. Le figaro rappelle avec insistance  que  quelques jours plus tôt, il avait lancé, sur un plateau de télévision, un appel au putsch. !!! Tout simplement parce que Erice Drouet avait maladroitement dit lors d’une dernière manif qu’il fallait aller vers l’Elysées et y entrer. De toute évidence ce chauffeur routier n’a pas suivi le cursus habituel d’instituts d’études politiques pour pratiquer la langue de bois. Il agissait de se rendre à l’Elysée mais pas pour un putsch parce que  «  Les gens veulent y aller pour être écoutés», avait-il lancé. … L’éditorialiste qui a rédigé ce papier, et d’ailleurs de nombreux médias ne sont pas mécontents de tomber à bris raccourcis sur ce lampiste qui en plus visiblement a des difficultés à s’exprimer publiquement et dont les maladresses permettent de transformer un manifestant en putschiste. .Le dérapage de la sémantique du gouvernement et des nantis  témoignent de la déliquescence de l’Etat, de la trouille  de la grande bourgeoisie et des courtisans qui les servent. Quand on veut faire un putsch –et sans arme- on ne se rend pas dans un lieu de pouvoir « pour être écouté » mais pour destituer le responsable voire le tuer. La vérité c’est que les institutionnels sont terrorisés par l’idée d’un pouvoir dirigé par le peuple ou tout simplement par une vraie démocratie.  Ce type de mouvement des gilets jaunes constitue  une remise en cause de l’intermédiation classique d’organisations qui ont tendance à se scléroser. Ce mouvement comprend en effet des aspects sociaux, économiques mais aussi sociétaux en ce sens que c’est une contestation également de la démocratie telle qu’elle est pratiquée. Contestation du pouvoir en place bien entendu qui s’arroge le pouvoir de matraquer fiscalement les moins nantis mais contestation aussi des institutions, des partis, des syndicats. Une contestation des organisations tout autant que de la pensée culturelle dominante. Une pensée par ailleurs, comme la mode, très évolutive, voir à cet égard l’évolution concernant le diesel. Peut-être demain sur la filière bois aujourd’hui encensée, peut-être demain mise au pilori. Et cette fameuse taxe carbone dont les économistes, Bercy et les écolos attendent des merveilles. Comme si soudain tous s’étaient convertis à la monétarisation des nuisances comme mode de régulation. Ce mouvement constitue une sorte de coup de pied dans la fourmilière des institutions qui au mieux roupillent au pire participent à la dégradation économique et sociale du pays. La grande trouille des institutions c’est que, le même phénomène se reproduise. La trouille même de l’insurrection qui remettrait en cause les privilèges des élites. Une remise en cause partiellement possible à condition qu’il n’y ait pas de récupération politique par les extrêmes de droite ou de gauche, à condition que ce mouvement conserve son essence originelle et ne se transforme pas en organisation politique. Bref qu’il demeure une forme d’expression de démocratie vivante. 

 

Le lanceur d’alerte Falciani arrêté par une Espagne aux relents fachos

Le lanceur d’alerte Falciani arrêté par une Espagne aux relents fachos

 

L’Espagne qui vient d’arrêter Hervé Falciani, le lanceur d’alerte français renoue avec la fâcheuse tradition aux relents fachos . Déjà la question catalane lui a permis de mette en prison nombre d’anciens responsables régionaux. Des élus qui certes avaient commis des erreurs en lançant un référendum illégal mais qui ne sont pas des criminels qui justifient 30 ans de prisons ; Puigdemont, l’ancien président , lui, vient d’être arrêt en Allemagne à la demande de l’Espagne. L’objectif est de le mettre en prison pour qu’il ne puisse briguer la présidence de la catalogne ; Rajoy le premier ministre espagnol essaye ainsi de masquer d’uen par ses difficultés politiques à trouver uen majorité et de camoufler aussi les affaires de son parti. En France, HSBC Private Bank Suisse SA avait  accepté de régler 300 millions d’euros à l’Etat français pour clore des poursuites engagées par Paris, qui lui reprochait d’avoir aidé des contribuables français à soustraire au fisc plus de 1,6 milliard d’euros d’avoirs. HSBC Private Bank Suisse SA avait été mise en examen en France le 18 novembre 2014 pour démarchage bancaire et financier illicite et blanchiment aggravé de fraude fiscale en 2006 et 2007. En arrêtant un lanceur d’alerte qui a permis de démasquer nombre de fraudeurs fiscaux , Rajoy franchit uen nouvelle étape anti démocratique. Notons que la condamnation émane de la Suisse qui évidemment protège se banques y compris dans leurs excès.  À l’origine de révélations sur un système d’évasion fiscale organisé par la filiale suisse de HSBC a donc été arrêté en Espagne, a annoncé le ministère espagnol de l’Intérieur. Ancien informaticien de la banque HSBC, Hervé Falciani a quitté la banque en 2008 en emmenant avec lui des fichiers confidentiels qu’il a divulgués. Hervé Falciani a été condamné par contumace en 2015 par la Suisse à cinq ans de prison pour soustraction de données, espionnage économique aggravé, violation du secret commercial et violation du secret bancaire.

 

« Je t’embrasse » (Sarko à l’intermédiaire arrêté à Londres)

« Je t’embrasse » (Sarko à l’intermédiaire arrêté à Londres)

Le sulfureux homme d’affaires Alexandre Djouhri impliqué dans le financement de la campagne de Sarko par Khdafi a été arrêté à Londres. Un intime de Sarko (autres d’autres responsables politiques) si l’on en juge par des écoutes qui en disent long sur les relations des réseaux politiques et mafieux. Se fondant sur des informations parues dans de grands médias, deux juges parisiens, Serge Tournaire et Aude Buresi, sont chargés d’enquêter sur des soupçons de financement politique de la droite en 2007 par le régime de l’ancien guide libyen, Mouammar Kadhafi. Dans ce dossier, trois personnes, dont Claude Guéant, sont mises en examen. Les magistrats souhaiteraient entendre un intermédiaire au cœur de leurs investigations : Alexandre Djouhri. L’homme d’affaires de 58 ans, proche de Dominique de Villepin et de Nicolas Sarkozy, ARRA2T2 0 Londres ;  Le parcours d’Alexandre Djouhri est étonnant : ancien petit caïd de banlieue parisienne, il a d’abord été repéré par les réseaux de Charles Pasqua dans les années 1980 avant de devenir un intermédiaire puissant de la sphère sarkozyste. Les écoutes judiciaires auxquelles montrent qu’il est à tu et à toi avec tout l’entourage de l’ancien président de la République. Et, lorsqu’il a besoin d’un petit coup de main, il n’hésite pas à le demander, comme dans cet échange avec Nicolas Sarkozy le 20 janvier 2015. Alexandre Djouhri se trouve ce jour-là à Moscou, avec Dominique de Villepin, pour affaires :

« Nicolas Sarkozy :Alexandre ?

Alexandre Djouhri :Ah, Nicolas, ben ça me fait plaisir de t’entendre !

Nicolas Sarkozy :Qu’est-ce que vous faites à Moscou ?

Alexandre Djouhri :Ah, faut qu’on essaye de gagner du pognon quand même, on travaille, à l’attaque ! Qu’est-ce tu crois?

Nicolas Sarkozy :Bon allez… je t’embrasse !

Alexandre Djouhri :Eh, Nicolas, tu peux nous passer un coup de fil, toi, pour qu’on voit Poutine un peu plus rapidement ? Au lieu qu’on poireaute ?

Nicolas Sarkozy : Parlons en demain, hein ?

Alexandre Djouhri :OK.

Nicolas Sarkozy :Je t’embrasse.

Alexandre Djouhri :Je t’embrasse, bye, à demain. »

Certains « services » demandés à ses amis politiques sont encore plus surprenants. Comme lors de cet appel passé par Alexandre Djouhri au député Les RépublicainsAlain Marsaud le 4 décembre 2013 :

« Alexandre Djouhri : Alain, est-ce que tu peux me filer tout de suite 10.000 euros en billets de 100 ?

Alain Marsaud : Nan, je peux pas te filer 10.000 euros en billets de 100 tout de suite, là, il faut que je passe à ma banque, tu crois pas que j’ai 10.000 euros sur moi, nan ?

Alexandre Djouhri : Bon, vas-y, là, si tu peux, maintenant…

Alain Marsaud : Mais je peux pas ! Mais enfin, non, mais je suis avec le ministre des Affaires étrangères, je peux pas le quitter pour aller à ma banque, pour chercher de l’argent !

Alexandre Djouhri :bah, appelle-les!

Alain Marsaud : C’est ça, oui (…) Ça peut attendre demain, non ?

Alexandre Djouhri : Demain matin alors ! Mais maintenant, ça serait mieux. »

Parfois, ce sont ses proches qui font part de leurs « bons tuyaux » à Alexandre Djouhri. L’ancien patron du renseignement intérieur, Bernard Squarcini, appelle ainsi son ami le 22 avril 2015 :

« Bernard Squarcini : Deux champs de pétrole au Kazakhstan à vendre. Ça t’intéresse ?

Alexandre Djouhri : Ouais, ben ok, bien sûr, ben, évidemment ! »

Les écoutes judiciaires révèlent qu’Alexandre Djouhri sert d’intermédiaire dans toutes sortes de transactions. En septembre 2014, il appelle par exemple Dominique de Villepin pour lui proposer un très beau tableau :

« Alexandre Djouhri : Qu’est-ce que tu penses de ce Soulages ?

Dominique De Villepin :Il est très bien, il est très beau (…) Qu’est-ce qu’ils en veulent ?

Alexandre Djouhri :Pour l’instant, c’est deux millions quatre.

Dominique De Villepin :(…) Fais le baisser un peu et prends-le…

Alexandre Djouhri :Tu peux foutre ça au coffre, tu le planques.

Dominique De Villepin :Ah ben oui, il est grand comment ?

Alexandre Djouhri :(…) 1 mètre 47 sur 1 mètre 14.

Dominique De Villepin : Oui, oui superbe. Non, non, il est très beau (…) Tu l’as vu où ?

Alexandre Djouhri : Je l’ai vu chez un pote à moi qui le vend parce qu’il a besoin de pognon.

Dominique De Villepin : En Suisse ?

Alexandre Djouhri : Ah oui ! Il est en Suisse, à 100 % ! »

Homme d’affaires et homme de l’ombre, Alexandre Djouhri mélange amitié, business et politique. Si les juges s’intéressent autant à lui, c’est qu’ils le soupçonnent d’avoir perçu des fonds libyens. Alexandre Djouhri aurait touché environ 10 millions d’euros en vendant, cinq fois son prix, à un proche de Mouammar Kadhafi, une villa qu’il avait achetée dans le sud de la France, sur la commune de Mougins. C’est sur ce point précis que les magistrats voudraient l’entendre. L’intermédiaire semble éviter le sol français depuis de longs mois. L’entourage de Nicolas Sarkozy ne serait pas pressé de le voir revenir en France. C’est ce qui ressort d’une écoute captée par les enquêteurs entre le député Alain Marsaud et Alexandre Djouhri :

« Alain Marsaud : Personne ne veut que tu rentres en France. Ils ont trop peur que tu parles.

Alexandre Djouhri : Ah non, mais, attends…

Alain Marsaud : Non, mais tu parles ! Vas demander à Sarkozy s’il est pressé que tu rentres !

Alexandre Djouhri : Mais attends, Nicolas, il en a rien à foutre !

Alain Marsaud : Il en a rien à foutre… Enfin il préfère que tu sois pas en France, que t’ailles pas voir le juge ! »

Alexandre Djouhri serait devenu gênant pour certains de ses amis politiques. La raison à cela est assez évidente selon le journaliste Pierre Péan qui a longuement enquêté sur l’homme de l’ombre (La République des mallettes, Fayard, 2011).

Pierre Péan © Radio France / Benoît Collombat

« Djouhri est devenu le seigneur de la zone grise. Et cette zone grise, il tient les hommes politiques. Il connaît tous leurs secrets, notamment les secrets financiers, mais pour d’autres ça peut être des secrets sur les filles. Des choses compromettantes. On le protège à cause de ça. »

Les juges parisiens, Serge Tournaire et Aude Buresi, enquêtent depuis plusieurs années sur les soupçons de financement de la campagne de 2007 par la Libye du colonel Kadhafi. Des extraits de ces écoutes judiciaires ont également été révélés par Le Monde et Mediapart. Extrait d’informations  révélées par France info en janvier 2017 :

«

« Avril 2012. Nous sommes entre les deux tours de la campagne présidentielle qui oppose le président sortant Nicolas Sarkozy et le candidat socialiste François Hollande. Le site d’information Mediapart publie un document attribué aux services secrets libyens, dans lequel est écrit que 50 millions d’euros auraient été remis par le colonel Kadhafi pour la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

La publication provoque une réaction très vive de Nicolas Sarkozy le 29 avril 2012 sur le plateau de Canal+ : « C’est une infamie. Quand je pense qu’il y a des journalistes qui osent donner du crédit aux services secrets de monsieur Kadhafi. 50 millions d’euros… Pourquoi pas 100 ? Pour une campagne qui en vaut 20 ? Alors il faut se mettre d’accord. Ma campagne a été financée par les sous-marins pakistanais, par monsieur Kadhafi, ou par madame Bettencourt ? »

Au même moment pourtant, une scène stupéfiante se déroule en plein Paris avec l’un des anciens bras droits de Mouammar Kadhafi : Béchir Saleh. Cet homme a trouvé refuge en France après la chute du régime en 2011 grâce à des proches du pouvoir sarkozyste. Béchir Saleh est un homme important. Il était à la tête d’un fonds libyen estimé à plusieurs milliards d’euros. Mais début 2012, le vent commence à tourner pour lui. Le nouveau pouvoir de Tripoli le soupçonne d’avoir quitté son pays avec une partie de la « cagnotte » de Mouammar Kadhafi et demande son arrestation. Un mandat d’arrêt, diffusé par Interpol, est émis contre lui. Ce détenteur des secrets de l’ancien Guide libyen risque en outre de ne plus être protégé si François Hollande remporte l’élection présidentielle. « Il subissait des pressions pour partir de la bande à Sarkozy, raconte l’un de ses amis aux enquêteurs. Je l’ai prévenu que ces gens-là seraient prêts à l’abandonner en cas de coup dur. »

 

Le 3 mai 2012, trois jours avant le second tour de l’élection présidentielle, un homme lui fait donc passer un message très clair : Béchir Saleh doit immédiatement quitter la France. La scène se passe vers 18 heures, sous la Tour Eiffel, au pied du pilier-est, en face du jardin du Champ de Mars, au beau milieu de la foule. Le porteur du message s’appelle Alexandre Djouhri, un homme de l’ombre influent de la droite française. Cet épisode rocambolesque avait été révélé en 2012 dans le magazine Les Inrocks, par les journalistes Michel Despratx et Geoffrey Le Guilcher.

 

« Alexandre Djouhri explique à Béchir Saleh que ses amis au pouvoir ne peuvent plus le soutenir, raconte Michel Despratx au micro de Secrets d’info. Au bout d’un moment arrive un homme vêtu d’un costume gris, au visage un peu rond, qui reste à vingt ou trente mètres, à distance d’eux. Il ne veut pas être vu en présence de Béchir Saleh. Il s’agit de Bernard Squarcini, le directeur de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Le patron du renseignement, un grand policier, vient donc à la rencontre d’un homme officiellement recherché par la police. Un grand flic qui exfiltre en cachette un homme recherché par son administration… « 

Accompagné par Alexandre Djouhri, l’argentier de Kadhafi monte ensuite dans une voiture qui le conduit à l’aéroport du Bourget, où l’attend un jet privé. Direction : le continent africain. Selon les journalistes des Inrocks qui avaient révélé cet épisode, l’ancien patron des services secrets français aurait donc supervisé cette opération d’exfiltration.

Bernard Squarcini avait-il le feu vert de son ministre, Claude Guéant, l’un des plus proches lieutenants de Nicolas Sarkozy ? Officiellement, Claude Guéant, interrogé le 4 mai sur RFI, ne sait rien du départ de Béchir Saleh : « Monsieur Saleh, moi, je ne sais pas ce qu’il fait en France (…) Il a une autorisation de séjour provisoire en France, puisque son épouse est française. Et par ailleurs, comme il est l’objet d’un mandat de recherche, dès qu’il sera découvert, il sera interpellé.

 

À cela, le journaliste lui rétorque qu’« il ne doit pas être trop dur à trouver puisqu’hier il était dans une brasserie parisienne » : « Il a répondu à des journalistes de Paris Match« . Claude Guéant rétorque alors qu’il n’est « pas au courant ».

Les enquêteurs ont pourtant reconstitué tous les appels téléphoniques passés, le 3 mai 2012, dans le secteur de la Tour Eiffel. Leurs investigations montrent que le premier réflexe d’Alexandre Djouhri, après sa rencontre avec l’argentier de Kadhafi, a été d’appeler Bernard Squarcini qui lui-même a téléphoné dans la foulée au cabinet de Claude Guéant. Une fois Béchir Saleh dans un jet privé au Bourget, Alexandre Djouhri appelle une nouvelle fois Bernard Squarcini. Ce dernier passe ensuite un coup de fil au conseiller du ministre de l’Intérieur. Les enquêteurs en semblent convaincus : l’exfiltration de Béchir Saleh, l’homme des secrets de Kadhafi, aurait été suivie au plus haut sommet de l’État. Il faut dire que Béchir Saleh est une vieille connaissance des réseaux Sarkozy. Saleh était le seul francophone de l’entourage de l’ancien dictateur. Il était systématiquement présent lorsque des politiques français se déplaçaient en Libye. Selon les juges, Béchir Saleh sait donc probablement si des valises de billets ont été ou non remises à des Français au cours de leurs rencontres avec Mouammar Kadhafi. Mais encore faudrait-il pouvoir lui poser la question. Depuis 2012, Béchir Saleh est réfugié en Afrique du Sud, où il a trouvé la protection du président Jacob Zuma. Il n’aurait pas l’intention, pour l’instant en tout cas, de revenir à Paris pour répondre aux questions des juges français. Pour avancer dans leur enquête, les magistrats ont mis sur écoute toute la galaxie Sarkozy. Ils se sont également intéressés au train de vie des différents protagonistes. Ils ont notamment repéré une transaction douteuse, opérée par Claude Guéant. En 2008, alors qu’il était le secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant aurait ainsi vendu deux petits tableaux représentant des bateaux du peintre flamand Andries van Eetrvelt. Montant de la vente : 500 000 euros. Elle a permis à ce fidèle de Nicolas Sarkozy d’acquérir un appartement dans les beaux quartiers parisiens.  Une transaction que les enquêteurs jugent donc louche. D’abord parce que le prix de vente des tableaux leur semble excessif. Ensuite parce qu’ils n’ont pas la certitude que l’ancien ministre ait réellement détenu un jour ces marines flamandes.

Pour en avoir le cœur net, les policiers ont même interrogé l’ancienne femme de ménage de Claude Guéant. Lors de son audition, elle a indiqué ne pas se souvenir d’avoir déjà vu les deux fameux tableaux chez les Guéant : « Je me souviens qu’il y avait des photographies, mais je n’ai pas le souvenir de peintures hormis celle de madame Guéant. Madame Guéant peignait des tableaux, elle faisait des petites peintures par exemple des fleurs, des éléphants. Elle peignait aussi des tasses. »

Les enquêteurs, qui soupçonnent un blanchiment d’argent, ont cherché à remonter le fil de la transaction. Voici comment, selon eux, l’argent aurait circulé : l’acheteur officiel des tableaux, un avocat malaisien, aurait versé 500 000 euros à Claude Guéant. Cet avocat aurait reçu deux jours plus tôt une somme identique provenant d’un compte bancaire appartenant à un richissime homme d’affaires, Khaled Bugshan, présenté comme la huitième fortune d’Arabie Saoudite. En remontant le fil de l’argent, les enquêteurs tombent sur un fonds d’investissement libyen géré par… Béchir Saleh, l’argentier de Kadhafi exfiltré de France par les réseaux sarkozystes. Une partie de la cagnotte de Mouammar Kadhafi a-t-elle atterri dans les poches de Claude Guéant ? Les juges de l’affaire libyenne, ont décidé de mettre en examen l’ancien ministre en mars 2015 pour « faux » et « blanchiment de fraude fiscale en bande organisée ».  L’intérêt des juges pour cette vente de tableaux inquiète les différents protagonistes mis sur écoute. Et notamment l’avocat malaisien qui affirme avoir acheté les tableaux de Claude Guéant. La police française cherche à l’entendre depuis le début de cette affaire. Il n’est pas vraiment rassuré, comme en témoigne l’échange entre l’avocat malaisien, Siva Rajendram, et un avocat djiboutien, Mohamed Aref. « Il y a une heure, j’ai reçu un autre mail très agressif disant qu’ils veulent me parler parce qu’ils ont de nouvelles preuves », explique Siva Rajendram.  »Ils n’ont rien, répond Mohamed Aref. Ils n’ont rien découvert du tout ! Tu n’as pas à dire qui est l’acheteur ! C’est pas criminel d’acheter. D’acheter un tableau. Ils cherchaient un transfert d’argent en provenance de Libye ! » Siva Rajendram insiste : « Donc ils ont trouvé le lien avec Khadafi ? » Mohamed Aref répond alors qu’« ils cherchent un lien avec Khadafi, mais ils ne cherchent pas au bon endroit ». « J’espère que Sarkozy va revenir au pouvoir et remettra tous ces gens à leur place », lâche Siva Rajendram. Mohamed Aref acquiesce : « Absolument. Il le fera ». L’avocat djiboutien qui semble si bien informé de l’enquête en cours n’est pas n’importe qui : les policiers se sont aperçus qu’il avait financé l’exfiltration en Afrique du Sud de Béchir Saleh…  Si l’enquête sur un possible financement libyen de la droite française semble inquiéter ses différents acteurs, c’est aussi parce que cette affaire s’accompagne de plusieurs cadavres. Et notamment celui d’un Libyen très haut placé : Mohamed Albichari. Après la chute du régime de Kadhafi, cet homme a raconté que le guide libyen avait pour habitude d’enregistrer les conversations avec ses visiteurs étrangers, lorsqu’il les recevait sous sa tente à Tripoli. Dans certains de ces enregistrements, Mohamed Albichari affirme même qu’il y aurait les preuves de remise d’argent à des Français. Il a également affirmé à certains de ses proches qu’il détenait ces enregistrements explosifs. Officiellement, Mohamed Albichari est mort d’une crise de diabète en avril 2012 alors qu’il se trouvait à Tunis. Mais la soudaineté de sa disparition intrigue ses proches qui se demandent s’il n’y a pas un lien entre sa mort et ces fameux enregistrements. L’un des amis français d’Albichari, l’ancien député européen Michel Scarbonchi, a été auditionné par les enquêteurs. Selon lui, 70 cartons de cassettes retrouvées dans une villa auraient été conservées par les « équipes » d’Albichari en Libye. Scarbonchi raconte qu’il a cherché à savoir si ces enregistrements potentiellement compromettants pour des politiques français n’étaient pas des montages. Il aurait alors demandé de l’aide à son petit-cousin qui n’est autre que… Bernard Squarcini, l’ancien patron de la DCRI. La suite, Michel Scarbonchi la raconte ainsi sur procès-verbal : « Je voulais faire authentifier la voix. C’était une voix française. Pour savoir si la bande était bidon ou pas, j’ai eu un rendez-vous avec un gars des services de renseignement. Squarcini était présent. L’échantillon a été remis au gars des services. J’ignore ce que sont devenues ces bandes. J’ai demandé plus tard à Squarcini quelles voix françaises étaient authentifiées. Il m’a répondu qu’il ne savait pas. Mais je pense qu’il n’a pas voulu me le dire… »

En même temps que Mohamed Albichari, un autre proche de Kadhafi disparaît. Lui aussi dans des circonstances étranges. Il s’agit de l’ancien ministre libyen du pétrole, Choukri Ghanem, qui s’était réfugié en Autriche. Le 29 avril 2012, au moment où le scandale libyen s’invite dans l’élection présidentielle française, son corps est repêché dans le Danube. Là encore, ses proches ne croient pas une mort accidentelle. Il y a quelques mois, les juges parisiens ont réussi à mettre la main sur le carnet de bord, le journal intime de Choukri Ghanem. Un document qui fait clairement référence à un financement politique. Ainsi, à la date du 29 avril 2007, l’ancien ministre de Mouammar Kadhafi écrit noir sur blanc que le régime libyen a versé 4,5 millions d’euros à Nicolas Sarkozy pour sa campagne présidentielle. À côté de cette somme, Choukri Ghanem rédige le commentaire suivant : « J’ignore s’ils croient vraiment qu’ils peuvent changer la politique de la France moyennant cet argent. D’abord, les montants qu’ils engagent sont dérisoires à l’échelle de l’Europe. Et puis d’autres pays paient bien plus ». 

Preuve en tout cas que ces morts brutales impressionnent : plusieurs Libyens qui ont accepté de témoigner devant les juges parisiens l’ont fait « sous X », c’est-à-dire de manière anonyme, comme la loi le permet dans certaines conditions.  Les écoutes téléphoniques réalisées par les juges révèlent également que le camp Sarkozy suit avec fébrilité et inquiétude l’avancée des investigations. En juin 2013, par exemple, Michel Gaudin, le directeur de cabinet de l’ancien président Sarkozy, appelle le nouveau patron du renseignement intérieur, Patrick Calvar, parce qu’un Libyen, l’ancien interprète de Kadhafi, vient de se confier à des journalistes. Michel Gaudin se demande si ce témoin ne s’est pas aussi confié aux services secrets : « Oui, bonjour monsieur Calvar, je vous ai rappelé dans l’après-midi à l’initiative du président, enfin l’ancien président, monsieur Sarkozy, parce qu’il était assez embêté… Il a appris que vos services auraient reçu le garçon, là, qui était donc l’interprète de Kadhafi et qui hier a déclaré que Kadhafi avait donné de l’argent à Monsieur Sarkozy… »

Réponse de Patrick Calvar :  »On n’a reçu personne, nous… Je vais faire une vérification parce qu’il faut toujours effectivement regarder, mais les instructions sont très claires : on n’a pas reçu de Libyens venant faire des déclarations relatives à des faits de cette nature ». Trois mois après cette conversation, l’interprète de Mouammar Kadhafi est finalement auditionné par les juges : il confirme sur procès-verbal l’hypothèse d’un financement politique. Pour les juges de l’affaire libyenne, un témoin central manque cependant à l’appel : Alexandre Djouhri, l’homme de l’ombre qui a organisé l’exfiltration de l’argentier de Mouammar Kadhafi. Convoqué pour être entendu au mois de septembre, Alexandre Djouhri ne s’est pas présenté devant les magistrats.

Depuis la mise en examen de son ami Claude Guéant, il semble éviter de mettre les pieds en France, par crainte d’être arrêté et interrogé. Extrait d’une conversation téléphonique du 4 mai 2015 entre Alexandre Djouhri et son ami député Les Républicains, l’ancien magistrat Alain Marsaud :

Alain Marsaud : « Je sais pas si on te voit un de ces jours à Paris, mais si c’est le cas, ça nous fera plaisir. »

Alexandre Djouhri : « Ah, je peux venir vendredi soir. Repartir le dimanche. Parce que s’ils me font une gardave (garde-à-vue, ndlr), ils la feront pas le week-end, parce que… » 

Alain Marsaud : (rires)

Alexandre Djouhri :  »Ils ne bossent pas »…

Alain Marsaud :  »Mais pourquoi veux-tu qu’on te foute en garde à vue ? Un mec innocent comme toi ! »

À travers les écoutes judiciaires auxquelles Secrets d’info a eu accès, on comprend bien que l’entourage de Nicolas Sarkozy craint une éventuelle déposition devant les juges d’Alexandre Djouhri. Extrait d’une autre conversation entre Alexandre Djouhri et le député Alain Marsaud :

 Alain Marsaud :  »Personne ne veut que tu rentres en France. Ils ont trop peur que tu parles. »

Alexandre Djouhri :  »Ah non mais, attends… »

Alain Marsaud :  »Non, mais attends ! Va demander à Sarkozy s’il est pressé que tu rentres ! »

Alexandre Djouhri : « Mais attends, Nicolas, il en a rien à foutre ! »

Alain Marsaud :  »Il en a rien à foutre… Enfin il préfère que tu sois pas en France, que t’ailles pas voir le juge ! »

… Où l’on découvre l’ascension fulgurante d’un petit caïd de banlieue devenu « seigneur de la zone grise » des affaires de la droite française.

Ces écoutes révèlent qu’Alexandre Djouhri est un personnage influent au sein de la droite française. Il est à tu et à toi avec l’ancien président Nicolas Sarkozy. Écoute judiciaire du 2 janvier 2015 entre Alexandre Djouhri et Nicolas Sarkozy :

Alexandre Djouhri : « Bonne année, Nicolas ».

Nicolas Sarkozy : « Ah ben Alexandre, je voulais te souhaiter une bonne année à toi ».

Alexandre Djouhri : « Bah tu verras, tout se passera bien et le courage guidera nos raisons, tu verras ».

Nicolas Sarkozy :  »Tu es où, là ? »

Alexandre Djouhri :  »Là, je suis à Courchevel ».

Nicolas Sarkozy :  »Ah ! Et bien écoutes, je t’embrasse mon Alexandre ».

 

A priori, rien ne prédestinait pourtant Alexandre Djouhri à faire partie du premier cercle du pouvoir. Né il y a 58 ans en Seine-Saint-Denis, dans une famille algérienne, Ahmed Djouhri (« Ahmed » est son prénom de naissance) a grandi à Sarcelles. À l’adolescence, il fréquente le grand banditisme. Entendu dans des affaires de règlements de compte entre bandes de voyous, Alexandre Djouhri a, lui-même, été victime d’une fusillade en plein Paris. Au début des années 80, c’est un habitué des commissariats, comme en témoigne cet extrait d’un rapport de police que nous avons pu consulter :

« Ahmed Djouhri était interpellé le 25 septembre 1981 et la perquisition effectuée à son domicile amenait la découverte de deux révolvers chargés, de menottes et d’une cagoule. Ahmed Djouhri était de nouveau interpellé, le 27 octobre, pour son implication dans cinq agressions à main armée commises dans des bijouteries de la région parisienne ».

 

Les années suivantes, Alexandre Djouhri écume les boîtes de nuit de la capitale, où il côtoie la jet-set, et se lie d’amitié avec le fils d’Alain Delon, Anthony. Des figures de la police proches de Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur, l’introduisent ensuite dans les réseaux de la Françafrique. Il rencontre certains personnages clé de l’ « affaire Elf ». Il devient aussi proche des « grands » patrons français comme Serge Dassault, Henri Proglio ou Jean-Charles Naouri. C’est à partir de ce moment-là que l’ancien gamin de Sarcelles intègre le cercle très fermé des intermédiaires des gros contrats industriels et d’armement. Une ascension fulgurante qui ne l’a pas amené tout de suite à tutoyer Nicolas Sarkozy. Car l’amitié entre les deux hommes n’allait pas de soi. Alexandre Djouhri a d’abord « servi » le clan Chirac. Dans les années 2000, la guerre fait rage entre chiraquiens et sarkozystes. Une guerre sur fond d’affaire Clearstream, cette falsification de listings bancaires où s’est notamment retrouvé le nom de Nicolas Sarkozy. Ce dernier avait même promis de suspendre à un croc de boucher les responsables de cette manipulation. Pour Nicolas Sarkozy, l’affaire était un complot ourdi par les chiraquiens, Dominique de Villepin en tête.

Malgré l’affaire Clearstream, Alexandre Djouhri est devenu tellement incontournable au sein de la droite que le camp Sarkozy se met en tête de le « récupérer ». C’est ce que raconte le journaliste Pierre Péan qui a longuement enquêté sur le sujet dans son livre La République des Mallettes :

« Début 2006, Djouhri sent qu’il n’a plus le choix s’il veut exister, c’est-à-dire s’il veut continuer à être un des rois de la zone grise, un facilitateur du système, il doit se trouver dans le bon camp. Il va donc faire un retournement d’alliance. Sarkozy devant témoin va dire : ‘S’il n’était pas venu à Canossa, autrement dit s’il n’était pas venu dans mon camp, il aurait eu une balle entre les deux yeux » ! »

 

 

Pierre Péan, auteur de La République des Mallettes. (Benoît Collombat / Radio France)

« Tu sens cette lumière qui l’amène vraiment à la victoire ! »

Alexandre Djouhri passe donc dans le camp sarkozyste pour rester en cours, mais il joue en fait sur les deux tableaux. Il continue de fréquenter son grand ami Dominique de Villepin, qu’il aime surnommer « le poète ».

L’intermédiaire va également réussir un tour de force : réconcilier les ennemis jurés Villepin et Sarkozy. Les écoutes judiciaires de l’affaire libyenne montrent à plusieurs reprises qu’Alexandre Djouhri sert d’entremetteur entre les deux hommes. Écoute judicaire entre Alexandre Djouhri et Nicolas Sarkozy du 16 janvier 2015 :

Alexandre Djouhri : « Il m’a dit Dominique que t’étais excellent hein, il m’a fait que des compliments sur toi… »

Nicolas Sarkozy :  »T’es gentil. T’es gentil ».

Alexandre Djouhri :  »Il m’a dit : « Il est d’une intelligence quand même, il compartimente, c’est une éponge’, il me dit : ‘Et, là, de plus en plus, j’y crois. Il est bon, il est bon là !’, je te jure, il m’a dit ça ce matin… »

Nicolas Sarkozy : « Ah ouais, t’es gentil, t’es gentil, t’es gentil… »

Alexandre Djouhri : « Il m’a dit : ‘Il est vraiment bien ! Il s’est transformé, il se projette bien intellectuellement et tu sens maintenant cette lumière qui l’amène vraiment à la victoire’. Il m’a dit ça, tout à l’heure. Il m’a dit : ‘Là, je le sens bien maintenant notre Nicolas, je le sens super bien’… »

Nicolas Sarkozy :  »Ah ben, écoute, t’es adorable, hein ! »

 

Celui qui se fait appeler « monsieur Alexandre » semble également avoir bénéficié de protections au sein de la police et des services secrets. Dans le dossier des juges qui enquêtent sur l’affaire libyenne, une note laisse entendre que le passé de délinquant d’Alexandre Djouhri aurait mystérieusement disparu des archives de la police. Par ailleurs, les juges ont aussi découvert que Bernard Squarcini, lorsqu’il était préfet, à Marseille, a pris sa plume pour « blanchir » son ami Alexandre Djouhri. L’attestation signée Bernard Squarcini a été rédigée en 2005, au moment où des journalistes commençaient à vouloir explorer le passé de l’homme de l’ombre.

Extrait de cette attestation saisie par les juges : « Je soussigné Bernard Squarcini déclare établir la présente attestation en faveur de Monsieur Alexandre Djouhri inconnu au service de traitement des infractions constatées (STIC), et ne faisant objet d’aucune inscription au casier judiciaire. Sur le fond, rien de défavorable n’a pu être démontré concernant l’intéressé et aucun élément lié au terrorisme, au grand banditisme ou au blanchiment n’a pu être mis en exergue. »

 

Dès lors, Alexandre Djouhri se sait protégé. Le personnage fascine les uns, ses méthodes effraient les autres. L’ancien caïd de Sarcelles s’invite désormais dans l’univers plutôt aseptisé des entreprises du CAC 40. C’est ce qu’a raconté aux enquêteurs Marwan Lahoud, l’ancien responsable du groupe aéronautique EADS. En 2008, Alexandre Djouhri vient le voir pour lui réclamer 12 millions de commissions pour un contrat en Libye.

Audition de Marwan Lahoud le 25 février 2016 : « Il a commencé à s’agiter, à dire que ça n’allait pas se passer comme ça. Il commence à me balancer des noms censés m’impressionner, il me parle de Jacques et Nicolas en faisant clairement référence à messieurs Chirac et Sarkozy. Alexandre Djouhri s’est alors montré particulièrement menaçant. Monsieur Djouhri avance plein de noms pour vous impressionner, ensuite il tente de m’amadouer en me parlant de devenir patron de Thales ou autre, puis il peut être dans une menace assez froide, évoquant des violences physiques dont il aurait été auteur, puis finit par me dire que je lui dois de l’argent, et que je devais le payer. »

Toujours selon ce témoin, Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Elysée, lui demande de faire un geste en faveur de son ami Alexandre Djouhri. Marwan Lahoud assure qu’il n’a pas donné suite, faute de contrat en bonne et due forme.

Alexandre Djouhri n’a peur de rien et se permet tout. C’est ce que révèlent encore les écoutes judiciaires de l’affaire libyenne. Le 4 décembre 2013, par exemple, il appelle le député Alain Marsaud et lui fait une demande stupéfiante :

Alexandre Djouhri :  »Alain ? Est-ce que tu peux me filer tout de suite 10000 euros en billets de 100 ? »

Alain Marsaud :  »Nan, je peux pas te filer 10 000 euros en billets de 100 tout de suite, là, nan… »

Alexandre Djouhri : « OK, bon, OK ».

Alain Marsaud :  »Il faut que je passe à ma banque, tu crois pas que j’ai 10 000 euros sur moi, nan ? »

Alexandre Djouhri :  »Bon, vas-y, là, si tu peux, maintenant… »

Alain Marsaud :  »Mais je peux pas! Mais enfin, non, mais je suis avec le ministre des Affaires étrangères, je peux pas le quitter pour aller à ma banque, pour chercher de l’argent ! »

Alexandre Djouhri :  »Bah, appelle-les ! »

Alain Marsaud : « C’est ça, oui, d’accord, mais bien sûr ! N’importe quoi, toi ! Ça peut attendre demain, non ? »

Alexandre Djouhri :  »Demain matin alors ! Mais maintenant, ça serait mieux ».

Alain Marsaud :  »Maintenant, la question se pose pas, c’est non ! Je sais pas faire, là. Parce que tu crois que j’ai 10 000 euros comme çà moi ? Il faut même que je les commande à ma banque ! »

Alexandre Djouhri :  »OK, bon, allez, je t’embrasse, à l’attaque alors ! A tout à l’heure, bye, tu m’appelles… »

Alexandre Djouhri ne semble avoir aucun complexe avec ses interlocuteurs, il ne met pas les formes. Dans une autre écoute judiciaire, il se vante par exemple d’avoir « mis une torchée à l’ambassadeur du Qatar ».

« Je n’ai pas envie de donner mon avis sur tous les cons de la planète ! »

Alexandre Djouhri est tout aussi direct quand il veut demander un service plutôt inattendu à son ami Dominique de Villepin. Écoute judiciaire entre Alexandre Djouhri et Dominique de Villepin du 30 septembre 2014 :

Alexandre Djouhri :  »Dis-moi, tu serais d’accord pour dire du bien de Christine Lagarde ? »

Dominique de Villepin :  »Moi, pourquoi ? »

Alexandre Djouhri : « Parce que il y a Hervé Gattegno, il fait un super papier sur elle, mais un beau papier, hein, c’est dans Vanity Fair, et il me dit : ‘Demande à Dominique si je peux l’appeler pour juste qu’il me dise ce qu’il pense d’elle’. Mais il me dit : ‘Attention, il y a zéro coup de Trafalgar’ ! »

Dominique de Villepin :  »Ecoute, c’est moi qui l’ai fait rentrer en politique et qui l’ai nommée, mais elle s’est toujours comportée comme une garce avec moi. J’ai rien à dire ! »

Alexandre Djouhri :  »T’as rien à dire ? »

Dominique de Villepin :  »Non, je ne préfère pas m’exprimer, je n’ai pas envie de donner mon avis sur tous les cons de la planète ! »

 

Ce que révèlent aussi ces écoutes judiciaires, c’est qu’Alexandre Djouhri est proche d’influents journalistes, de grands manitous de la communication et de patrons de presse. Il fréquente le conseiller spécial d’Arnaud Lagardère, Ramzi Khiroun ou encore le conseiller médias du groupe Dassault, Rudi Roussillon.

Parfois, Alexandre Djouhri n’hésite pas à utiliser ces contacts pour allumer des contre-feux dans l’affaire libyenne. Il suggère par exemple au Figaro, propriété de Dassault, d’écrire un édito pour défendre Claude Guéant. Il se démène aussi pour tenter de discréditer la piste du politique dans l’affaire libyenne. Il demande par exemple à son ami libyen Béchir Saleh, réfugié en Afrique du Sud, de signer une lettre dans laquelle il dément tout financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 par le régime de Mouammar Kadhafi.

 

Les écoutes judiciaires permettent de comprendre de quelle manière Alexandre Djouhri tente d’associer à ses affaires ses réseaux politiques. On le voit, par exemple, dans cet appel passé à Claude Guéant, devenu avocat d’affaires, en 2013 :

Alexandre Djouhri : « Et ben quand  je rentre là. On va voir les Popov ensemble, hein ? Les russes ! »

Claude Guéant :  »Ah ben volontiers. Oui. Volontiers, oui, oui. »

Alexandre Djouhri :  »Dès qu’ils arrivent, ils vont me tenir au courant. Dans le week-end. »

Claude Guéant :  »D’accord, OK. D’accord. »

Alexandre Djouhri :  »Allez, à l’attaque ! »

 

Parfois, cela fonctionne dans l’autre sens. Ce sont les membres du premier cercle de la sarkozie qui jouent les apporteurs d’affaires. C’est le cas de Bernard Squaricni, l’ancien patron du renseignement. Ce dernier a montré sa propre société d’intelligence économique, après la défaite de Nicolas Sarkozy, en 2012. Bernard Squarcini travaille notamment pour le géant du luxe LVMH, il fait aussi beaucoup d’affaires en Afrique. Voilà ce que propose Bernard Squarcini, à son ami Alexandre Djouhri, le 22 avril 2015 :

Bernard Squarcini :  »Deux champs de pétrole au Kazakhstan, à vendre. Ça t’intéresse? »

Alexandre Djouhri :  »Ouais, ben OK, ben ouais bien sûr, ben évidemment ».

Bernard Squarcini :  »L’ami de Londres, il va me balancer de la « doc » et je vais te la rebalancer ».

Alexandre Djouhri :  »Ouais, ben impec’, top ! »

Bernard Squarcini :  »C’est pour ça que moi quand il m’a dit ‘est-ce que vous connaissez quelqu’un’, j’ai dit : ‘y’en a qu’un qui peut gérer cette affaire c’est lui’, il me dit : ‘ok il prend sa com’ et nous on prend la nôtre et voilà’, ok ? »

Alexandre Djouhri :  »OK ben ouais, à l’attaque ! »

Bernard Squarcini :  »Je te tiens au courant Papy ! »

Alexandre Djouhri :  »Ouais, allez bye, je t’embrasse ».

Bernard Squarcini : « Allez, va à la pêche hein, ciao ». 

 

Les écoutes judiciaires font également apparaître certains personnages plutôt inattendus. C’est le cas de Jean-Louis Bruguière, ancien juge antiterroriste qui a fait un passage en politique sous la bannière de l’UMP. L’homme a instruit de nombreuses affaires sensibles, comme l’attentat de Karachi ou l’affaire de l’attentat contre le DC 10 d’UTA, qui impliquait le régime de Mouammar Kadhafi. Les enquêteurs de l’affaire libyenne se sont aperçus qu’en février 2014, Jean-Louis Bruguière sollicitait les conseils avisés d’Alexandre Djouhri.

Jean-Louis Bruguière :  »Allô ? J’voulais te parler… J’ai une très très grosse opération sur un pays du Golfe… Bon, voilà c’est tout, point, je peux pas en dire plus au téléphone ».

Alexandre Djouhri : « Hummm… ouais, j’ai compris… »

Jean-Louis Bruguière :  »Y’a pas une urgence folle, m’enfin, bon… »

Alexandre Djouhri : « Ouais ».

Jean-Louis Bruguière :  »Il faut quand même que je puisse gérer ça ! »

 

Alexandre Djouhri semble donc être une « porte d’entrée » dans le monde des affaires pour une partie de la Sarkozie. Mais il y en un avec qui les relations sont particulièrement poussées, c’est Dominique de Villepin, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac devenu avocat d’affaires.

Dominique de Villepin et Alexandre Djouhri passent beaucoup de temps ensemble dans les meilleurs restaurants à Paris, en Russie ou dans les pays du Golfe. Et quand ils ne se voient pas, ils sont régulièrement en contact, ne se privant pas commenter les derniers rebondissements dans l’enquête libyenne. En septembre 2014, par exemple, Alexandre Djouhri a repéré un tableau de maître qui pourrait plaire à son ami. Il l’appelle après lui avoir envoyé la photo de la toile.

Alexandre Djouhri :  »Qu’est-ce que tu penses de ce Soulages ? »

Dominique de Villepin :  »Il est très bien, il est très beau ».

Alexandre Djouhri :  »T’es d’accord ? »

Dominique de Villepin :  »Ouais ».

Alexandre Djouhri :  »1954.

Dominique de Villepin : « Magnifique, un an après ma naissance, magnifique. Il est très beau. Qu’est-ce qu’ils en veulent ?

Alexandre Djouhri : « Pour l’instant c’est 2,4 millions « .

Dominique de Villepin :  »Ah ouais, il faut que tu le fasses baisser un peu ».

Alexandre Djouhri : « Mais c’est négociable ».

Dominique de Villepin :  »Ouais, ouais, fais le baisser un peu et prends-le… »

Alexandre Djouhri :  »Tu peux foutre ça au coffre, tu le planques ».

Dominique de Villepin :  »Ah ben oui… il est grand comment ? »

Alexandre Djouhri : « Bah je t’ai envoyé. 1,47 mètres sur 1,14 mètres ».

Dominique de Villepin : « Oui, oui superbe. Non, non, il est très très beau ».

Alexandre Djouhri : « Je savais qu’il allait te plaire celui-là… »

Dominique de Villepin :  »Y’a un peu de rouge… Magnifique, t’as bon goût là. Tu l’as vu où? » 

Alexandre Djouhri :  »Je l’ai vu chez un pote à moi qui le vend parce qu’il a besoin de pognon ».

Dominique de Villepin : « En Suisse ? »

Alexandre Djouhri :  »Ah oui, il est en Suisse… Ah ben à 100% ».

Dominique de Villepin :  »Hmm, il est très beau. Très, très beau mon vieux. Putain t’as de la chance. Tu peux foutre ça dans ton salon sans problème ».

Alexandre Djouhri : « Ouais parce qu’en plus, moi je trouve qu’il fait simple… Il fait pas genre… »

Dominique de Villepin :  »Voilà il est magnifique. Il est très, très sobre, t’as raison. C’est un beau Soulage, très beau Soulages. C’est pas un truc… « bavasseux »… »

Alexandre Djouhri :  »Voilà, exactement ».

Dominique de Villepin : « Ouais. Bon, mais mon gars donc t’arrives demain ? »

Alexandre Djouhri : « Ouais j’arrive demain. Il est reposant ».

Dominique de Villepin : « Ouais, il est reposant ». 

 

Alexandre Djouhri ne se contente pas de proposer des tableaux à Dominique de Villepin. Il lui achète aussi ses vieilles bandes dessinées. Ainsi, dans la bibliothèque personnelle de Dominique de Villepin figure un album rare de Tintin aux pays des Soviets. Lorsqu’il la met aux enchères, cette pièce de collection trouve preneur à prix d’or : 43 000 euros.

Les enquêteurs ont découvert que l’acheteur de ce Tintin était en fait Alexandre Djouhri. Et dans cette conversation avec Dominique de Villepin, on comprend qu’Alexandre Djouhri ne veut surtout pas que son nom apparaisse sur la facture :

Alexandre Djouhri :  »J’vais pas payer avec mon nom… j’paie par l’étranger moi… »

Dominique de Villepin :  »Mais non, mais tu paies par où tu veux, mais il faut payer avec ton nom ! Il faut qu’on sache qui a payé… Tu mets la référence de la facture du Tintin, tout ça… »

Alexandre Djouhri :  »Mais évidemment ! Mais j’mets pas de nom ».

Dominique de Villepin :  »Bon… Et tu me dis après qu’on puisse te donner le machin là… »

Alexandre Djouhri :  »Ça je m’en fous, c’est pas urgent, putain ! Qu’il le garde ! Je paie et il le garde ».

On l’a compris, dans cette écoute, Alexandre Djouhri n’a pas l’air pressé de récupérer « le machin », ce Tintin qu’il a pourtant payé rubis sur l’ongle aux enchères.

Djouhri cherche à rester dans l’ombre. Il semble tout faire pour éviter qu’on puisse tracer son argent. C’est ce que révèlent les investigations des enquêteurs financiers. Les juges ont pourtant apparemment découvert un lien entre l’intermédiaire et « la cagnotte » de Kadhafi. Ce lien, c’est une villa, située à Mougins dans le sud de la France. Djouhri l’aurait achetée à la fin des années 1990 à Nabila Kashoggi, la fille d’Adnan Kashoggi, célèbre marchand d’armes saoudien.

Cette luxueuse maison, baptisée « Villa Nabila », Djouhri l’aurait revendue – à travers une cascade de sociétés écran, dont certaines basées dans les paradis fiscaux – cinq fois son prix… au fond libyen de Béchir Saleh, l’argentier de Kadhafi. C’est ainsi que l’argent du « régime » aurait pu se retrouver sur les comptes de l’intermédiaire proche de la Sarkozie.

Les juges en charge de l’affaire libyenne s’intéressent désormais aussi à l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin.

Ils le soupçonnent d’avoir touché de l’argent via un circuit financier similaire à celui de la villa. Ils ont découvert que de 2008 à 2010, Villepin avait été payé 800 000 euros par an pour rédiger des notes pour le Saoudien Khaled Bugshan… Le même homme que l’on retrouverait derrière « l’achat » des tableaux de Claude Guéant. Villepin aurait été chargé de prodiguer des conseils et de rédiger diverses notes pour ce Saoudien que les juges pensent liés à Djouhri. Une opération d’autant plus intrigante que les enquêteurs se demandent s’il ne s’agit pas de prestations fictives. Et si Dominique de Villepin n’a pas tout simplement recyclé de vieux discours.

Le 6 septembre 2016, la police l’a interrogé sur ce point. Question du policier :  »Nous avons constaté qu’une note intitulée ‘Considérations sur les adaptations possibles au défi urbain asiatique à la lumière des évolutions et des prises de conscience récentes’ de janvier 2009, correspondait mot pour mot au texte d’une de vos interventions lors d’une conférence qui se tenait l’année précédente. Comment expliquez-vous ce réemploi ? »

Réponse de Dominique de Villepin : « Je n’ai pas le souvenir précis du contexte de la transmission de cette note basée sur une conférence passée. J’ai parfaitement pu réutiliser des réflexions menées dans des conférences que j’ai données. »

Devant les mêmes enquêteurs, Dominique de Villepin affirme n’avoir aucune relation d’affaires avec Djouhri. Il prétend également ne pas connaître « son domaine d’activité ».

Dominique de Villepin, Claude Guéant… Devant les policiers, les politiques n’ont guère envie de s’épancher sur les liens qui les unissent à Alexandre Djouhri. Pour une raison évidente, selon le journaliste Pierre Péan : l’homme d’affaires sait trop de choses à leur sujet.

« A la fin des années 80, Djouhri était encore un instrument au service des politiques. Après, il est devenu le seigneur de la zone grise. Dans cette zone grise, il tient les hommes politiques. Il connaît tous leurs secrets, notamment les secrets financiers. Pour d’autres, ça peut être des secrets sur les filles. Des choses compromettantes. On le protège à cause de ça. »

 

Au fil des auditions, l’enquête des juges fait apparaître un faisceau d’éléments accréditant la thèse d’argent libyen remis à des politiques, ou à des intermédiaires, même si les sommes varient beaucoup d’un témoignage à l’autre : de 4,5 millions à 300 millions.

Ziad Takieddine, autre intermédiaire de la droite française, a récemment reconnu devant les juges avoir remis de l’argent de Kadhafi à Claude Guéant et Nicolas Sarkozy. Une version démentie par les deux hommes. En tous cas, argent libyen ou pas, ce qui semble tout de même se dessiner, c’est que des espèces auraient bien circulé pendant la présidentielle de 2007. C’est ce que laisse entendre, Jérôme Lavrilleux, mis en examen dans l’affaire Bygmalion. En 2012, il était le directeur adjoint de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Jérôme Lavrilleux nous a confié qu’à sa grande surprise, à la fin de cette campagne, des cadres du parti, qui étaient déjà là en 2007, seraient venu lui réclamer de l’argent liquide.

Jérôme Lavrilleux, le directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. (Benoît Collombat / Radio France)

Jérôme Lavrilleux : « On me dit : ‘En 2007, nous avons tous reçu une prime en liquide’. Je réponds : ‘Mais en 2007, je n’y étais pas. Je n’ai pas d’argent liquide. Je n’ai même pas de coffre-fort dans mon bureau !’ Sur le moment, j’ai quasiment pris ça pour une blague. Puis, j’ai compris qu’en fait on nous suspectait de ne pas avoir redistribué l’argent ! »

Secrets d’info : « D’avoir gardé l’argent pour vous ? »

Jérôme Lavrilleux : « Oui. Je me suis dit : ‘Mais dans quel monde vit-on ?’ C’est une pratique qui, pour ce que j’en ai compris, semblait être habituelle ».

Jérôme Lavrilleux a confirmé son témoignage devant les juges de l’affaire libyenne, comme l’a révélé le site Mediapart. Du côté de l’ancien président, Nicolas Sarkozy, on dément des accusations qualifiées de « provocation ».

 

D’autres indices laissent cependant penser que du liquide aurait bien pu circuler à l’UMP en 2007, comme, par exemple, ce SMS de Rachida Dati envoyé le 9 septembre 2013 à Brice Hortefeux.

L’ancienne Garde des sceaux pense alors que ce fidèle de Nicolas Sarkozy cherche à lui nuire. Elle est furieuse, et menace Brice Hortefeux en ces termes :

« Salut le facho (…) Je vais dénoncer l’argent liquide que tu as perçu pour organiser des rendez-vous auprès de Sarko lorsqu’il était président. Des relations tout aussi liquides que tu as eues avec Takieddine (…) et je peux continuer avec les avantages que tu as eu et as encore à l’UMP à l’insu de ceux qui paient. Alors maintenant, je te préviens très fermement : tu me fous la paix ! Je ne te lâcherai pas, espèce de voyou ! »

 

Un autre élément matériel intrigue enfin les enquêteurs de l’affaire libyenne. Il s’agit d’un très grand coffre-fort loué par Claude Guéant à la BNP pendant quatre mois, le temps de la campagne présidentielle de 2007. Interrogé par les policiers sur ce point, Claude Guéant assure qu’il ne s’agissait que de stocker… des archives.

Claude Guéant :  »Il s’agissait de stocker, en sécurité, des archives personnelles appartenant à monsieur Sarkozy et moi-même ».

Policier :  »Si ce coffre-fort ne vous a servi que pour entreposer vos archives personnelles, pour quelle raison vous y êtes-vous rendu à sept reprises entre mars et juillet 2007 ? »

Claude Guéant :  »Pour consulter des documents. Je pense aux discours que monsieur Sarkozy avait pu faire… J’avais demandé un petit coffre et faute de disponibilité j’en ai obtenu un grand ! »

 

Trois personnes ont jusqu’ici été mises en examen dans ce tentaculaire dossier libyen : Claude Guéant, l’homme d’affaire Saoudien Khaled Bughsan et l’intermédiaire Ziad Takieddine. Quant à Alexandre Djourhi, qui ne s’était  pas rendu à la convocation des juges, il avait  toujours nié avoir joué le moindre rôle dans cette affaire libyenne.

 

« J’arrête la politique » (Raquel Guirado)

« J’arrête  la politique » (Raquel Guirado)

 

 

Dans une  interview au JDD Raquel Garrido déclare qu’elle arrête la politique. Le motif officiel serait que son  travail de chroniqueuse à la télé serait incompatible avec son poste de porte parole des Insoumis. En réalité, elle part aussi parce que contestée à intérieur des Insoumis avec ses affaires de non paiements de cotisations légales aussi avec sa décision de continuer à occuper un logement social. Pour preuve des différents internes chez les Insoumis, Raquel Guirado ne se présentera pas aux élections européennes de 2019. dans le JDD, elle explique le choix qu’elle fait ni en raison des récentes polémiques, ni sur demande du leader de La France Insoumise. Mais en raison de sa nouvelle activité de chroniqueuse chez Thierry Ardison sur CNews : « Le CSA a comptabilisé mes passages à l’antenne en temps de parole France Insoumise, ce qui a créé un déséquilibre sur la chaîne. Le CSA m’a placée devant un dilemme. Soit renoncer à mon engagement politique, soit être décomptée FI. J’ai fait mon choix. Compte tenu de l’essor du mouvement, je considère que je n’y suis pas indispensable. A la télé, il y a si peu d’Insoumis, tandis qu’à la FI, des « Raquel », il y en a plein. » Elle indique avoir informé Jean-Luc Mélenchon tout en précisant qu’il ne lui a pas demandé de choisir entre télé et politique : « Jean-Luc Mélenchon apprécie mes passages dans l’émission et il est content que je m’épanouisse. Il m’a dit qu’il comprenait. » Dans le JDD, l’Insoumise revient également sur les récentes polémiques l’ayant concernée qui ne sont pour rien dans sa décision: « le CSA a exigé un retrait total de mes activités politiques ». Raquel Garrido confirme ainsi qu’elle ne sera pas candidate aux européennes en 2019. Interrogée sur sa réponse aux accusations du Canard enchaîné sur le Snapchat de Jeremstar, elle se défend… et attaque :  »Cette vidéo est un pied de nez à un petit monde journalistique agressif qui a ouvert une guerre contre moi »

Fipronil France : le scandale s’est arrêté à la frontière !

Fipronil France : le scandale s’est  arrêté  à la frontière !

 

Comme pour le nuage de Tchernobyl, il semblerait que le scandale du Profenil se soit arrêté aux frontières de la France. Pour preuve,  le ministère de l’agriculture a publié une liste de produits contaminés mais tous fabriqués aux Pays-Bas. Pourtant Au moins 16 établissements français de transformation d’oeufs ou d’ovoproduits ont reçu ces oeufs ont été identifiés. Les chiffres annoncés sont autrement plus importants même s’ils sont aussi contestés.  «L’ampleur du scandale est bien plus grande que ce qu’affirme le ministre fédéral (de l’Agriculture Christian Schmidt) […] D’après les informations disponibles au 14 août 2017, dans la seule région de Basse-Saxe ont été livrés 35,3 millions d’œufs soupçonnés de contamination au fipronil», a déclaré, selon son service de presse, le ministre de l’Agriculture de Basse-Saxe, Christian Meyer. «L’État fédéral minimise le problème», a martelé ce responsable. De son côté, le ministère fédéral de l’Agriculture a défendu son estimation de 10,7 millions d’œufs suspects dans toute l’Allemagne. «L’agrégation purement mathématique des données du Système d’alerte pour la sécurité alimentaire de l’Union européenne sur les livraisons en provenance des Pays-Bas à l’Allemagne conduit à une surestimation massive du nombre des œufs potentiellement contaminés qui sont entrés dans le commerce», a affirmé devant la presse la porte-parole du ministère Christina Wendt. En France, on parle de 500 000 œufs dont la moitié aurait été transformée en nouveaux produits. La vérité c’est qu’on en sait strictement rien car les informations fournies par le ministère de l’agriculture ne résultent pas d’une enquête effectuée en France mais découle d’informations en provenance des Pays-Bas. Il est clair qu’en France comme en Allemagne, les ministères concernés tentent de protéger l’industrie agro alimentaire en minimisant l’ampleur et les conséquences du scandale. Un scandale qui n’est que la partie émergée de l’iceberg mode de production industrielle. Un mode de production caractérisé par le dopage des poules au cocktail de produits chimiques, alimentaires et antibiotiques. Pour la France, la liste des produits contaminés édite évolutive par le ministère de l’agriculture. Notons par parenthèse que sur cette question c’est surtout le ministère de l’agriculture qui s’exprime et non le ministère de la santé.   Pour l’instant, cette liste évolutive concerne seulement dix-sept produits, exclusivement des gaufres de marques distributeurs et d’origine néerlandaise. Les différents lots ont été mis sur le marché entre le 28 juin et le 1er août. Le ministère précise que ces produits ne présentent pas de risque pour la santé, bien que contenant du fipronil à une concentration supérieure à la limite réglementaire. Une seconde liste, pour l’instant vide, est aussi disponible sur le site du ministère. Elle concerne les produits dont le taux de fipronil dépasse le seuil d’exposition aiguë. Près de 250.000 oeufs contaminés par le fipronil auraient pu avoir été consommés par les Français dans les derniers jours ou pourraient encore se trouver dans leur réfrigérateur, avait déclaré vendredi dernier le ministre de l’Agriculture, précisant toutefois qu’il n’y a aucun risque pour la santé. Au moins 16 établissements français de transformation d’oeufs ou d’ovoproduits qui ont reçu ces oeufs ont été identifiés.

Migrants Calais: L’arrêté contre la distribution de repas suspendu

Migrants Calais: L’arrêté contre la distribution de repas suspendu

 

Dans son jugement, le tribunal administratif de Lille  estime que la décision de la mairie avait pour effet « de priver une population en très grande précarité d’une assistance alimentaire vitale » et affirme que les décisions de la mairie n’étaient pas proportionnées, adaptées et nécessaires. Le tribunal évoque aussi « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’aller et venir, à la liberté de réunion ». « L’arrêté est cassé, pour nous c’est une petite victoire », a déclaré à Reuters Yann Manzi, l’un des fondateurs de l’association Utopia 56. « On est très contents, le droit humain est respecté, on va continuer à faire de l’humanitaire, à penser aux êtres humains », a-t-il ajouté. « Cette décision n’entame pas ma détermination à protéger les Calaisiens et Calaisiennes. Je reste convaincue de l’urgente nécessité de tout mettre en œuvre pour empêcher la reconstitution de points de fixation » a réagi la maire de Calais Natacha Bouchart dans un communiqué. La maire Les Républicains de Calais avait pris le 2 mars dernier un arrêté municipal interdisant les rassemblements dans les zones de distribution de repas par les bénévoles des associations humanitaires présentes dans la ville. Natacha Bouchart avait expliqué qu’elle craignait un appel d’air et un point de fixation des migrants. L’arrêté mettait par ailleurs en avant les risques de « tensions permanentes entre les ethnies ». Plusieurs associations mobilisées à Calais avaient alors saisi le tribunal administratif de Lille.

L’arrêté « anti-burkini » de Sisco validé

L’arrêté « anti-burkini » de Sisco validé

Le tribunal administratif de Bastia valide, mardi 6 septembre, l’arrêté pris par le maire de Sisco, interdisant toute tenue religieuse ostentatoire sur les plages de cette commune de Haute-Corse. Dimanche 14 août, le maire Ange-Pierre Vivoni avait pris cet arrêté avec le conseil municipal, à la suite d’une violente rixe survenue la veille, sur une plage de sa commune.  Le juge, se référant à la récente décision du Conseil d’Etat suspendant un arrêté comparable, estime qu’« en l’espèce, compte tenu des récents événements (…) la présence (…) d’une femme portant un costume de bain de la nature de ceux visés par l’arrêté (…) serait (…) de nature à générer des risques avérés d’atteinte à l’ordre public qu’il appartient au maire de prévenir ». La Ligue des droits de l’Homme a immédiatement annoncé qu’elle allait déposer un recours, selon France Inter. Quelques jours après l’altercation, le procureur de la République avait tenu à exclure une quelconque radicalisation et avait précisé que la rixe n’avait pas été déclenchée par une photo d’une musulmane se baignant en burkini. Toutefois, 26 maires avaient pris des arrêtés « anti-burkini » à la suite de ce fait-divers, déclenchant une polémique nationale. Le 27 août, le Conseil d’Etat a mis un coup d’arrêt aux interdictions des tenues « ne respectant pas la laïcité » sur les plages publiques prises par une trentaine de communes du littoral, en appelant au « respect des libertés garanties par les lois ».  De nombreux maires – notamment ceux de Nice, Menton, Fréjus, Mandelieu-la-Napoule, ou encore de Sisco, de Leucate (Aude) ou du Touquet (Pas-de-Calais) – avait fait savoir que leurs arrêtés demeuraient en vigueur.

(Avec RTL et AFP)

« Si on arrête la guerre » en Syrie, « les attentats cesseront » !!! (Mélenchon)

« Si on arrête la guerre » en Syrie, « les attentats cesseront » !!! (Mélenchon)

 

 

Une curieuse déclaration de Jean-Luc Mélenchon qui pense que si la France arrête la guerre en Syrie les attentats cesseront en France. On voit mal pourquoi l’État islamique mettrait brusquement fin à sa conquête guerrière et à son objectif de dictature en Syrie, en Irak et maintenant en Libye. D’autre part nombre de pays qui ne sont pas directement impliqués dans cette guerre contre l’État islamique sont aussi victimes des mêmes attentats. Une vision donc assez simpliste de Jean-Luc Mélenchon doublement aveuglé par son antimilitarisme naïf et son soutien de fait à Poutine. Une déclaration irresponsable véritable cocktail de contradictions. Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Parti de gauche et candidat à la présidentielle de 2017, juge « vraisemblable » que « si on arrête la guerre » en Syrie, « les attentats cesseront » en Europe, a-t-il déclaré dimanche sur Canal+.  »Si on arrête la guerre là-bas, il est vraisemblable que les attentats cesseront », a estimé Jean-Luc Mélenchon. Relancé sur le fait de savoir si c’était « aussi simple que ça », le député européen a répondu: « Il y a d’autres paramètres, mais commençons donc par admettre ce point. La guerre que nous menons là-bas se prolonge ici. Voilà. Ça, c’est un fait acquis, tout le monde le sait. » « Nous avons donc un ennemi que nous bombardons là-bas et qui, ici, trouve des gens pour mener des opérations de commando. Nous sommes dans un état de guerre dont le principe de base est l’action imprévue et on ne peut pas savoir où on va être frappé », a-t-il ajouté. La réponse au terrorisme, selon lui, ce n’est pas « d’espionner tout le monde par quartiers entiers ». « Moi, je crois aux moyens humains, on infiltre, on met des gens » pour le renseignement. Or, a-t-il regretté, « l’État est anémié » et il manque des moyens humains pour mener cette action. Toutefois, veut croire Jean-Luc Mélenchon, les djihadistes « ont perdu d’avance, ils vont nous tuer beaucoup, mais nous finirons par l’emporter ».

(Avec AFP)

Syrie : la France demande qu’on arrête de bombardements des kurdes

Syrie : la France demande qu’on arrête de bombardements des kurdes

 

 

L’accord de paix concernant la Syrie à peine signée vole en éclats,  un accord pourtant signé aussi par la Russie qui continue de bombarder la résistance modérée tandis que de son côté la Turquie bombarde les Turcs. La France a appelé, dimanche 14 février, à la « cessation immédiate des bombardements » de la Turquie dans les zones kurdes de Syrie. Les Etats-Unis, alliés et partenaires de la Turquie au sein de l’Otan, avaient eux aussi, dès samedi soir, exhorté Ankara à cesser ses tirs. L’armée turque a bombardé au mortier, dimanche, pour la deuxième journée consécutive, des positions kurdes dans le nord de la Syrie, causant la mort de deux miliciens des Unités de protection du peuple kurde (YPG). Les YPG, soutenues par la coalition emmenée par les Etats-Unis contre le groupe Etat islamique en Syrie, sont liées au Parti kurde de l’Union démocratique, que la Turquie considère comme une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan et, à ce titre, comme une organisation terroriste. Le régime syrien a, lui, demandé, dimanche, au Conseil de sécurité de l’ONU de « mettre un terme aux crimes du régime turc ». Damas a également accusé Ankara d’avoir permis le passage en Syrie d’armes et de combattants vers la province d’Alep, où les forces gouvernementales mènent une vaste offensive contre les rebelles. Dans le même temps, le président américain, Barack Obama, a demandé à son homologue russe, Vladimir Poutine, de mettre fin aux frappes de l’armée russe en Syrie contre des groupes de l’opposition modérée, conformément à l’accord international conclu à Munich, jeudi.

(Avec Reuters)

Corruption : l’ancien Premier ministre du Portugal arrété

Corruption : l’ancien Premier ministre du Portugal  arrété

Encore un politique pris les mains dans le pot de confiture, Portugais cette fois-ci. La preuve supplémentaire qu’il y  a un vice dans nos démocraties et que le  mode de désignation des candidats aux fonctions électives est à reconsidérer totalement.  José Socrates, qui a dirigé le pays de 2005 à 2011, a été arrêté vendredi soir lors de son arrivée à l’aéroport de Lisbonne, de retour d’un séjour à Paris, dans le cadre d’une enquête pour fraude fiscale, blanchiment d’argent et corruption. L’enquête, qui a été accompagnée d’une série de perquisitions  , porte sur des opérations bancaires et des transferts d’argent d’origine inconnue, s’est contenté d’indiquer le ministère public. Selon la presse portugaise, la justice se penche notamment sur l’achat d’un appartement à Paris, où José Socrates a vécu en 2012 pour poursuivre des études de philosophie à Sciences Po. Les doutes porteraient sur la provenance des fonds consacrés à l’acquisition de l’habitation, estimés à 3 millions d’euros. Le parquet général a précisé qu’il n’y avait aucun lien avec l’opération Monte Branco, un coup de filet anti-corruption qui avait entraîné l’arrestation en juillet de l’ancien PDG de la banque Espirito Santo (BES), Ricardo Salgado. Mis en cause par la presse dans cette affaire en juillet, José Socrates avait fustigé une campagne de « diffamation »: « je n’ai pas de capitaux et pas de compte à l’étranger. J’ai le même compte bancaire depuis plus de 25 ans », avait-il assuré.  L’ancien Premier ministre, le premier du Portugal à subir un tel sort, devait être présenté au juge samedi, tout comme trois autres suspects qui avaient été déférés devant la justice la veille. Selon des sources judiciaires citées par l’agence Lusa, il s’agit de l’ancien patron d’une entreprise de construction, d’un avocat et d’un représentant d’une multinationale pharmaceutique.  La nouvelle de l’interpellation a fait l’effet d’une bombe au sein du monde politique, fragilisé par une série d’enquêtes judiciaires éclaboussant les hautes sphères de l’Etat. Parmi celle-ci figure le scandale de corruption lié à l’octroi de visas « dorés » à de riches étrangers, éclaté il y a à peine une semaine. Cette affaire a coûté sa place au ministre de l’Intérieur, Miguel Macedo, qui a démissionné dimanche sans être visé directement par l’enquête. L’arrestation de José Socrates intervient par ailleurs au plus mauvais moment pour le maire de Lisbonne, Antonio Costa, qui devrait être désigné samedi secrétaire général du parti socialiste, principale formation d’opposition, à l’issue d’un scrutin des militants dont il est l’unique candidat.

 

Des fermes verticales : on n’arrête pas le progrès !

Des fermes verticales : on n’arrête pas le progrès

 

Il fallait y penser et ils l’ont fait à Singapour ; faute d’espace il faut créer des fermes verticales. Terme élégant pour parler d’élevage dans des tours. Sorte de nouvelles usines qui précisément pourrait se trouver à proximité du consommateur. ; On pourrait commencer par une douzaine d’étages mais comme pour les hommes , élevés eux-aussi en batterie en zone urbaine, le fermes pourraient atteindre une centaine de mètres de haut. L’idée d’une ferme verticale a une quinzaine d’années. Elle a été développée par Dickson Despommier : professeur de l’université Columbia à New York. La première ferme verticale (Sky Green) a ouvert à l’automne 2012 à Singapour. Il est clair  qu’on n’a plus besoin de terre pour faire pousser des légumes (engrais, eau et pesticides suffisent), pourquoi donc mobiliser des terrains pour élever des animaux, là aussi i faut rationaliser. Au fait, la campagne, on en faiat quoi ? Rien justement, retour à la forêt pour absorber les gaz carbonique des villes ou hommes et animaux sont trop concentrés. Finalemenet un vrai projet écologique !

Côte d’Ivoire : Charles Blé Goudé arrêté

Côte d’Ivoire : Charles Blé Goudé arrêté

Charles Blé Goudé, farouche partisan de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, arrêté jeudi au Ghana, a été transféré en Côte d’Ivoire où il est détenu par la police, a annoncé vendredi le gouvernement ivoirien. »A l’occasion d’une opération policière conjointe de la Côte d’Ivoire et du Ghana, M. Charles Blé Goudé a été appréhendé le jeudi 17 janvier 2013. Avec Simone Gbagbo, Blé Goudé est sans doute l’un des principaux responsables de la déstabilisation du pays. Il est actuellement détenu en Côte d’Ivoire par les services de la police ivoirienne », indiquent les ministères de l’Intérieur et de la Justice dans un communiqué conjoint. L’ex-chef des « jeunes patriotes » pro-Gbagbo, visé par un mandat d’arrêt international émis par Abidjan, était en cavale depuis la fin de la crise postélectorale de 2010-2011.

 




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