Archive pour le Tag 'Arctique'

Arctique : la disparition de la banquise ?

 

 

Une ‘étude, menée par l’University College London (UCL), conclut que la glace dans les principales régions côtières arctiques s’amincit à un rythme de 70 à 100 % plus rapide que le consensus établi.

. L’étude, parue dans la revue The Cryosphere, conclut que la glace dans les principales régions côtières arctiques s’amincit à un rythme de 70 à 100 % plus rapide que le consensus établi. Cause de cette réévaluation spectaculaire : l’utilisation par les chercheurs de cartes plus récentes concernant l’épaisseur de la neige au-dessus de la glace, qui prennent cette fois-ci en compte l’impact de plusieurs décennies de changement climatique.

L’épaisseur de la banquise est en effet estimée en mesurant la hauteur de la glace au-dessus de l’eau, une mesure faussée par la quantité de neige qui pèse sur la banquise. « Les calculs précédents sur l’épaisseur de la banquise étaient basés sur une carte de la neige mise à jour pour la dernière fois il y a 20 ans », a expliqué le doctorant Robbie Mallett, qui a dirigé l’étude. « Comme la banquise commence à se former de plus en plus tard dans l’année, la neige qui la recouvre a moins de temps pour s’accumuler », poursuit-il. « Nos calculs tiennent pour la première fois compte de cette diminution et suggèrent que la banquise fond plus rapidement que nous le pensions. »

 L’épaisseur de la banquise constitue par ailleurs un « indicateur sensible de la santé de l’Arctique », a ajouté Robbie Mallett. « Elle est importante car une glace plus épaisse agit comme une couverture isolante, empêchant l’océan de réchauffer l’atmosphère en hiver, et protégeant l’océan du soleil en été », a-t-il expliqué, ajoutant qu’une « glace plus mince avait également moins de chances de survivre pendant la fonte estivale »

 

Arctique: L’enjeu international

Arctique: L’enjeu international

Rencontre entre le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans le cadre du Conseil de l’Arctique, jeudi à Reykjavik, en Islande.(Interview dans l’Opinion)

 

 

Une réunion du Conseil de l’Arctique s’est tenue mercredi et jeudi à Reykjavik, rassemblant la Russie, les Etats-Unis, le Canada, le Danemark, la Suède, la Finlande, la Norvège et l’Islande. Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, se sont rencontrés pour la première fois en marge de ce sommet.

Mikaa Mered est enseignant en géopolitique des pôles à SciencesPo et HEC.

Quel était l’enjeu environnemental du sommet sur l’Arctique ?

A côté des sujets purement constitutionnels, l’environnement était le thème majeur de ce sommet, même si ont pu se jouer, en coulisse, des manœuvres géostratégiques.

Avec un affrontement entre la Russie et les autres pays du conseil ?

Je ne parlerais pas d’affrontement à ce stade. Russes et Américains sont dans une phase de réaffirmation de leur identité et de leur capacité d’action dans l’Arctique. Les deux pays se jaugent. Les Etats-Unis essaient de repousser la Russie sur son territoire. Cette dernière tente de se projeter autant qu’elle peut dans l’espace transatlantique, d’un côté, et dans l’espace Béring, de l’autre, pour élargir son plan d’action voire sécuriser son propre territoire. Chacun avance ses pions, essayant d’établir un nouvel équilibre. Les autres pays soit sont alliés des Etats-Unis au sein de l’Otan, soit font tampon entre les deux camps comme la Suède et la Finlande. Mais, a priori, les experts s’attendent à ce que la présidence russe du Conseil de l’Arctique, ces deux prochaines années, soit relativement consensuelle, comme le démontrent les objectifs dévoilés par Moscou. La Russie ne peut pas s’enfermer dans un jeu « seule contre tous ».

Comment marier la lutte contre le réchauffement climatique avec les énormes réserves en hydrocarbure de la région ?

Les deux questions sont liées. Ce qui se joue dans l’Arctique, c’est la cohabitation entre des économies matures comme celles des Etats-Unis et du Canada et une économie rentière comme celle de la Russie. La question est de concilier développement économique et protection de l’environnement. C’est un sujet sensible même côté russe dont 60% du territoire est couvert par des terres gelées en permanence (pergélisol) et où les infrastructures (villages, gazoducs, etc.) construites depuis l’ère soviétique sont soumises à la fonte et fragilisées. C’est un enjeu majeur pour Moscou de concilier les deux car le coût généré par le dégel promet d’être mirobolant – de l’ordre de plus de 100 milliards de dollars sur les vingt prochaines années, selon certaines estimations. Le changement climatique est un enjeu très concret.

Qu’en est-il des Etats-Unis et de la Norvège qui ont commencé à prospecter ?

Les Norvégiens continuent d’explorer et de produire dans la mer de Barents. Ils se sont lancés aussi dans l’exploitation des nodules polymétalliques et les terres rares des fonds marins dans la partie ouest de sa zone économique exclusive, sachant que l’Arctique est la deuxième réserve de terres rares derrière la Chine. Côté Américain, Donald Trump a essayé de relancer les forages en Alaska pour le pétrole et pour le gaz mais sans succès, du fait du retrait de la Chine qui devait financer notamment un énorme projet de 43 milliards de dollars. C’est d’ailleurs un problème pour les Alaskiens qui voient leur rente s’amenuiser. Comme la Russie, les Etats-Unis sont confrontés à une érosion des côtes de l’Alaska (avec, à la clé, le déplacement de villages entiers) et à la fonte du pergélisol alors qu’ils ont des bases militaires importantes dans la région, éléments majeurs pour le pays sur son flanc ouest…

Les enjeux climatiques de la région sont-ils pris en compte ?

Complètement. C’est le cœur du travail du Conseil de l’Arctique et de son conseil économique : les chefs d’entreprise et lobbyistes qui en font partie se sont accordés sur la mise en place d’un protocole pour responsabiliser les investissements présents et futurs. Il y a une réelle prise de conscience. L’Arctique se réchauffe trois fois plus vite que le reste de la planète, cela va contribuer au dérèglement climatique dans d’autres régions du monde.

La Chine semble aussi vouloir s’impliquer dans la région…

Elle y est déjà impliquée directement en tant que bailleur de fonds. Elle finance ou cofinance tous types de projets. Ses investissements ces cinq dernières années représentent plus de 90 milliards de dollars. C’est aussi un client important de toutes ses matières premières ainsi que touristiquement, avec des encours de contrats sur les vingt prochaines années de plus de 500 milliards dollars. Il y a enfin un volet purement scientifique – ce qui lui permet d’avoir un statut d’observateur au Conseil – sachant que la Chine, pour anticiper la fonte des glaces de l’Himalaya et du Tibet, a bâti un écosystème de chercheurs spécialistes des pôles. Avec des moyens techniques et financiers non négligeables, ils sont un millier, quand la France en compte 350 à 400.

Où en est le projet d’achat du Groenland par les Etats-Unis ?

Il n’est plus d’actualité mais les Groenlandais ont vu tout l’avantage à valoriser cet intérêt américain. Ils ont eu un coup de publicité énorme et inespéré en 2019 grâce à Donald Trump. Aujourd’hui, à l’issue des élections du mois d’avril, il y a une nouvelle majorité et un nouveau Premier ministre très jeune (34 ans). Plutôt à gauche sur l’échiquier politique, son objectif est d’ouvrir son pays à l’international, sans exploiter toutes les ressources de son pays comme l’uranium. Les Américains vont chercher à renforcer cette relation bilatérale pour la bonne raison qu’indépendamment de ce que proposait Trump, l’administration Biden n’entend pas laisser tomber la dynamique créée par ce dernier, en montrant aux Groenlandais qu’il vaut mieux miser sur la coopération avec les Etats-Unis qu’avec la Chine. Et le nouveau gouvernement du Groenland semble réceptif à ce message.

Quel rôle joue, aujourd’hui, la France ?

Il y a un vrai changement depuis le remplacement de Ségolène Royal par Olivier Poivre d’Arvor comme ambassadeur français des pôles. Pour la première fois depuis huit ans, la France a été réellement représentée au Conseil de l’Arctique ! La deuxième nouvelle positive c’est que, dès sa nomination, Olivier Poivre d’Arvor a fait l’effort de rassembler la communauté de recherche française et les acteurs économiques comme le cluster maritime, pour essayer de constituer une sorte d’équipe de France des pôles, dépassant simplement la question scientifique. Il est aussi à l’origine d’une grande opération de mobilisation, dénommée « Eté polaire », pour laquelle j’ai été sollicité et qui aura lieu dans 25 villes de France du 10 juin au 10 octobre. Cela prendra la forme d’une saison culturelle et scientifique dédiée aux pôles, pour utiliser les nombreuses commémorations et manifestations prévues cette année : soixantième anniversaire du traité de l’Antarctique, trentième anniversaire du protocole de Madrid au traité de l’Antarctique, vingt-cinquième anniversaire du Conseil de l’Arctique et surtout accueil par la France, pour la première fois en trente-deux ans, de la réunion du traité de l’Antarctique, ce 14 juin.

Arctique : le combat déjà perdu ?

Arctique  : le combat déjà perdu ?

 

Dans le cas de la conférence annuelle Arctic Frontiers se posera à nouveau le devenir environnemental bien sûr mais aussi économique et militaire du bonheur. Sur le plan écologique, une dernière publication scientifique de l’université de Leeds affirme que 28.000 milliards de tonnes de glace ont fondu entre 1994 et 2017.

Sur le plan militaire les Russes ont profité des errements de trame. Mais l’héritage sécuritaire de l’ère Trump ne risque pas d’être remis radicalement en question. « Avec Trump, les Américains ont réussi à amplifier leurs capacités militaires face aux ogres russe et chinois, poursuit Mikaa Mered. Et ce n’est pas quelque chose que Joe Biden va modifier. » De fait, la Russie a bien remilitarisé l’Arctique en y construisant 14 nouvelles bases depuis dix ans. Et la Chine, qui aujourd’hui n’a pas de porte-avions nucléaire, est bien partie pour mettre à l’eau en priorité son premier brise-glace nucléaire. Enfin sur le plan économique les forages de produits pétroliers notamment vont continuer.

Une centrale nucléaire flottante pour l’Arctique !!!

Une centrale nucléaire flottante pour l’Arctique !!!

Alors que l’arctique est déjà victime d’une fonte dramatique des glaces et de la pollution mondiale,  les russes invente un nouveau risque avec une centrale nucléaire flottante pour extraire du pétrole. . Les ONG dénoncent un « Tchernobyl sur glace ».Certes la centrale sera de petite dimension mais en cas d’incident les secours seront très hypothétiques.

« Les centrales nucléaires flottantes vont permettre d’alimenter en électricité et en chaleur les régions les plus reculées, soutenant ainsi la croissance et le développement durable et permettront d’économiser 50.000 tonnes de CO2 chaque année. » Indiquent les autorités russes.  Après l’accident de Tchernobyl, cette solution ne manque pas de susciter des inquiétudes chez les écologistes. Ainsi, Greenpeace évoque un « Titanic nucléaire » ou un « Tchernobyl sur glace » et appelle les autorités à mettre en place une surveillance internationale. « Une centrale flottante sera particulièrement exposée aux phénomènes météorologiques et aux menaces telles que le terrorisme. Imaginez que la barge se détache des vaisseaux de remorquage, les conséquences peuvent être graves », a souligné un expert en énergie de l’ONG.

Pour Greenpeace, l’installation de la barge dans l’environnement rude de l’Arctique russe « constituera une menace constante pour les habitants du Nord et la nature vierge de l’Arctique.  » Assurant que « Les exigences de sécurité sont les mêmes que pour les brise-glaces nucléaires, les sous-marins nucléaires, etc.  » Rosatom prévoit d’étendre son projet et envisage de fournir des centrales flottantes aux pays asiatiques et pour approvisionner les zones reculées.

 

La banquise arctique n’a jamais été si réduite à la fin de l’hiver

La banquise arctique n’a jamais été si réduite à la fin de l’hiver

 

Preuve du réchauffement climatique due en partie à la pollution excessive des activités humaines, la  superficie couverte par la banquise de l’Arctique a établi un record à la baisse à pareille époque de l’année, c’est-à-dire au moment où, à la fin de l’hiver, elle est censée connaître son extension maximale, ont rapporté mercredi des scientifiques. La banquise de l’Arctique  atteint son maximum de l’année en février ou mars, au terme de la longue période de gel hivernal, et elle connaît son étendue minimale de l’année en septembre, à la fin du bref été polaire. A son maximum de l’hiver 2017, la banquise ne couvrait que 14,49 millions de kilomètres carrés, le 22 février, soit pratiquement la superficie de la Russie, ont déclaré des scientifiques de l’université de Brême, en Allemagne. C’est moins que le précédent record à la baisse à pareille période de l’année, établi l’an dernier, qui était de 14,58 millions de km². Les mesures sont établies grâce à des données fournies par les satellites depuis les années 1970. « Nous avons franchi le maximum hivernal », a dit à Reuters Georg Heygster, de l’Institut de physique de l’environnement à l’université de Brême. Une commission d’experts des Nations unies a estimé que la banquise de l’Arctique risquait de disparaître, durant l’été, d’ici 2050, si le volume des émissions de gaz à effet de serre continue d’augmenter dans le monde, comme c’est le cas actuellement. D’après l’organisme américain NSIDC (National Snow and Ice Data Center), qui surveille les variations de la banquise et a aussi publié mercredi ses propres chiffres, le maximum de cet hiver a été atteint le 7 mars avec 14,42 millions de km². A l’autre extrémité du globe, la banquise autour du continent Antarctique a, elle, aussi atteint un record à la baisse pour l’été austral, le mois dernier, avait déjà indiqué le NSIDC.

L’été aussi dans l’Arctique

L’été aussi  dans l’Arctique

Au pôle Nord aussi le décalage entre la température habituelle et la température actuelle avoisine les 20°. Un réchauffement qui provoque ailleurs des vents violents et des intempéries inhabituelles Le Pôle Nord était anormalement doux mercredi avec des températures comprises entre 0 et 2 degrés Celsius, supérieures d’au moins 20 degrés aux normales saisonnières, en raison d’une « puissante et violente » dépression qui affecte l’Atlantique Nord, selon les services météorologiques canadiens. Après avoir fait connaître à l’Est du Canada un Noël exceptionnellement chaud (15,9 degrés Celsius le 24 décembre à Montréal alors que les températures sont souvent proches de -10 degrés à cette période), cette dépression a gagné l’océan Atlantique nord. Elle est actuellement centrée sur l’Islande, y faisant chuter la pression de l’air à 928 hectopascals, et entraînant des vents de 140 km/h et des vagues de 15 mètres de haut. « C’est une dépression extrêmement violente et extrêmement puissante, ce n’est donc pas surprenant que les températures chaudes soient poussées si au nord et que des vents violents touchent l’Angleterre » où l’armée a été mobilisée face aux intempéries, a déclaré à l’AFP Natalie Hasell, météorologue au ministère canadien de l’Environnement.

Arctique : exploitation de pétrole par la Russie controversée

Arctique : exploitation de pétrole par la Russie controversée

S’asseyant sur toute préoccupation environnementale e, Poutine a salué vendredi le début de l’exploitation d’une plate-forme pétrolière russe située dans l’Arctique, estimant que celle-ci allait permettre à Moscou d’améliorer sa position sur le marché mondial de l’énergie. Gazprom Neft, la branche pétrolière du géant gazier russe Gazprom, a expédié les 70.000 premières tonnes de pétrole du puits de forage Prirazlomnaïa, cible d’une action commando menée par 30 militants de Greenpeace le 18 septembre dernier. Le lancement de l’exploitation des réserves pétrolières et gazières de l’Arctique, dont la Russie a fait un axe prioritaire de relance de son économie, avait été retardé en raison de surcoûts et de difficultés techniques. « C’est surtout le début d’une extraction importante et à grande échelle de minéraux et de pétrole par notre pays en Arctique », a déclaré Vladimir Poutine, qui s’adressait par visioconférence de sa résidence de la périphérie de Moscou aux ouvriers travaillant sur la plate-forme et au directeur général de Gazprom, Alexei Miller. « Le projet dans son ensemble va influencer de manière positive la future présence de la Russie sur le marché mondial de l’énergie et va renforcer toute l’économie et le secteur de l’énergie », a affirmé le président russe, qui supervise en personne l’ensemble des projets énergétiques réalisés dans le pays. La production russe de pétrole est supérieure à 10 millions de barils par jour, soit la plus importante du monde. Pour maintenir ce niveau de production, le pays a toutefois besoin de nouvelles réserves, notamment celles situées en Arctique. Les réserves exploitables de pétrole sur le gisement de Prirazlomnaïa sont estimées à 72 millions de tonnes. Le lancement de l’exploitation pétrolière en Arctique a été vivement critiqué par l’organisation Greenpeace, dont l’opération contre la plate-forme Prirazlomnaïa mi-septembre s’est soldée par l’arrestation de 30 militants, amnistiés par le Kremlin par la suite. « Si nous n’arrêtons pas cette course au pétrole, nous ne mettons pas seulement en danger l’environnement mais notre capacité à nous débarrasser des structures du pouvoir du siècle dernier », a déclaré le directeur exécutif international de Greenpeace, Kumi Naidoo, dans un communiqué.

 




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