Archive pour le Tag 'Après'

Inflation: reprise après la crise

Inflation: reprise après la crise

 

À juste titre,  Vincent Champain évoque l’hypothèse d’un retour de l’inflation après la crise. En effet, on voit mal comment la dette immense pourrait être amortie par la seule  augmentation de la fiscalité. Le choc serait trop rude. On risque de recourir à la recette classique de l’inflation, c’est-à-dire l’impôt des pauvres qui parait incontournables quand la valeur de la monnaie est en décalage avec la richesse produite réelle.

 

Tribune :

 

Pour répondre à la crise du Covid, il a fallu agir vite pour éviter un cercle vicieux : moins de revenus entraînant moins de consommation, et encore moins de revenus. Les Etats européens ont vite augmenté leurs dépenses, puis leur dette. La BCE est intervenue massivement : plus de mille milliards d’euros ont été émis en contrepartie.

Soit la dette Covid sera remboursée par de futurs efforts des contribuables et des bénéficiaires des dépenses publiques. Soit, comme beaucoup le réclament, elle sera monétisée. A terme, il y aura alors des milliers de milliards d’euros de plus pour un peu moins de biens et services. D’une part, le fameux « impôt sur les pauvres » remboursera la dette : les pertes de ceux qui sont les moins bien placés pour se protéger de l’inflation auront pour contrepartie la baisse du poids de la dette.

S’y ajoutera un surcoût moins visible, lié à la perte de croissance qu’entraînera un système de prix moins prévisible – les investisseurs augmenteront leur prime de risque et les ménages leur épargne de précaution, ce qui réduira le niveau d’activité. Le mandat de la BCE ne s’y oppose pas si c’est fait progressivement : si elle avait depuis sa création poussé l’inflation au maximum de son mandat, les prix seraient aujourd’hui supérieurs de 15 %, soit ce qui sera nécessaire pour effacer la dette Covid actuelle.

Les Etats-Unis se trouvent dans une situation cumulant un déficit courant chronique, un isolationnisme économique et un taux d’épargne négatif : une baisse du dollar à moyen terme semble l’un des seuls moyens pour corriger ces déséquilibres

Rebond. Un autre facteur peut contribuer au retour de l’inflation à moyen terme, monétaire celui-là. Qu’il s’agisse de leur capacité de rebond après la crise, ou de leur potentiel à moyen terme, les économies asiatiques – à commencer par la Chine – ont montré une vigueur qui manque encore à l’Europe, et qui est absente aux Etats-Unis. Ces derniers se trouvent donc dans une situation cumulant un déficit courant chronique, un isolationnisme économique et un taux d’épargne négatif : une baisse du dollar à moyen terme semble l’un des seuls moyens pour corriger ces déséquilibres.

L’Europe semble se trouver dans une situation plus favorable, mais sa balance courante s’est fortement dégradée en mai. Si elle peine à la rétablir, c’est sa monnaie qui s’ajustera. La compétitivité des entreprises y gagnera, mais au prix d’un retour d’une inflation vis-à-vis de laquelle la BCE serait mieux armée si le volume de monnaie n’a pas été augmenté par l’absorption de la dette Covid. Est-il possible que l’Asie hier spécialisée dans le bas de gamme et désormais présente dans la haute technologie puisse voir sa monnaie se réévaluer fortement par rapport à la nôtre ? C’est en tout cas ce qu’a fait le Japon.

Sans qu’il soit certain, nous devons donc nous préparer à un risque inflationniste. D’abord en expliquant le vrai coût de la monétisation de la dette et son danger pour l’Europe : créer une divergence irrémédiable entre pays « pragmatiques » qui refuseront de payer le surcoût de l’inflation pour s’en tenir au remboursement de leur dette et pays « romantiques » qui préféreront croire à l’inverse. Ensuite, en évitant de condamner les Français à « l’impôt des pauvres » alors que leurs concitoyens plus aisés sauront mieux protéger leur épargne contre l’inflation.

Vincent Champain est cadre dirigeant et co-président de l’Observatoire du Long Terme, think tank dédié aux enjeux de long terme.

« Reprise de l’inflation après la crise »

« Reprise de l’inflation après la crise »

 

À juste titre,  Vincent Champain évoque l’hypothèse d’un retour de l’inflation après la crise. En effet, on voit mal comment la dette immense pourrait être amortie par la seule  augmentation de la fiscalité. Le choc serait trop rude. On risque de recourir à la recette classique de l’inflation, c’est-à-dire l’impôt des pauvres qui parait incontournables quand la valeur de la monnaie est en décalage avec la richesse produite réelle.

 

Tribune :

 

Pour répondre à la crise du Covid, il a fallu agir vite pour éviter un cercle vicieux : moins de revenus entraînant moins de consommation, et encore moins de revenus. Les Etats européens ont vite augmenté leurs dépenses, puis leur dette. La BCE est intervenue massivement : plus de mille milliards d’euros ont été émis en contrepartie.

Soit la dette Covid sera remboursée par de futurs efforts des contribuables et des bénéficiaires des dépenses publiques. Soit, comme beaucoup le réclament, elle sera monétisée. A terme, il y aura alors des milliers de milliards d’euros de plus pour un peu moins de biens et services. D’une part, le fameux « impôt sur les pauvres » remboursera la dette : les pertes de ceux qui sont les moins bien placés pour se protéger de l’inflation auront pour contrepartie la baisse du poids de la dette.

S’y ajoutera un surcoût moins visible, lié à la perte de croissance qu’entraînera un système de prix moins prévisible – les investisseurs augmenteront leur prime de risque et les ménages leur épargne de précaution, ce qui réduira le niveau d’activité. Le mandat de la BCE ne s’y oppose pas si c’est fait progressivement : si elle avait depuis sa création poussé l’inflation au maximum de son mandat, les prix seraient aujourd’hui supérieurs de 15 %, soit ce qui sera nécessaire pour effacer la dette Covid actuelle.

Les Etats-Unis se trouvent dans une situation cumulant un déficit courant chronique, un isolationnisme économique et un taux d’épargne négatif : une baisse du dollar à moyen terme semble l’un des seuls moyens pour corriger ces déséquilibres

Rebond. Un autre facteur peut contribuer au retour de l’inflation à moyen terme, monétaire celui-là. Qu’il s’agisse de leur capacité de rebond après la crise, ou de leur potentiel à moyen terme, les économies asiatiques – à commencer par la Chine – ont montré une vigueur qui manque encore à l’Europe, et qui est absente aux Etats-Unis. Ces derniers se trouvent donc dans une situation cumulant un déficit courant chronique, un isolationnisme économique et un taux d’épargne négatif : une baisse du dollar à moyen terme semble l’un des seuls moyens pour corriger ces déséquilibres.

L’Europe semble se trouver dans une situation plus favorable, mais sa balance courante s’est fortement dégradée en mai. Si elle peine à la rétablir, c’est sa monnaie qui s’ajustera. La compétitivité des entreprises y gagnera, mais au prix d’un retour d’une inflation vis-à-vis de laquelle la BCE serait mieux armée si le volume de monnaie n’a pas été augmenté par l’absorption de la dette Covid. Est-il possible que l’Asie hier spécialisée dans le bas de gamme et désormais présente dans la haute technologie puisse voir sa monnaie se réévaluer fortement par rapport à la nôtre ? C’est en tout cas ce qu’a fait le Japon.

Sans qu’il soit certain, nous devons donc nous préparer à un risque inflationniste. D’abord en expliquant le vrai coût de la monétisation de la dette et son danger pour l’Europe : créer une divergence irrémédiable entre pays « pragmatiques » qui refuseront de payer le surcoût de l’inflation pour s’en tenir au remboursement de leur dette et pays « romantiques » qui préféreront croire à l’inverse. Ensuite, en évitant de condamner les Français à « l’impôt des pauvres » alors que leurs concitoyens plus aisés sauront mieux protéger leur épargne contre l’inflation.

Vincent Champain est cadre dirigeant et co-président de l’Observatoire du Long Terme, think tank dédié aux enjeux de long terme.

 

Coronavirus : après les masques, le scandale du manque de tests

Coronavirus : après les masques, le scandale du manque de tests

« Nous n’allons pas tester tous les Français, ça n’aurait aucun sens, mais toutes les personnes présentant des symptômes. » avait  déclaré de manière très confuse le président de la république lors d’une intervention télévisée. Une affirmation complètement idiote car le dépistage massif constitue l’un des moyens de repérer et d’isoler les personnes malades.

C’est ce qui s’ est  pratiqué massivement dans plusieurs pays en Corée par exemple mais aussi plus près de nous en Allemagne. Il est vrai qu’en Allemagne on avait  réalisé 500 000 tests par semaine quand la France était  à peine capable d’en faire 70 000. La vérité c’est que la stratégie française s’aligne sur la situation de pénurie de tests.

C’est précisément cette absence de masques et de tests qui ont sans doute justifié de prolonger le confinement . Depuis le déconfinement, la philosophie a changé officiellement on a décidé de pratiquer largement les tests. Des tests qui globalement ne manquent plus mais qui ne peuvent pas être réalisés en fonction des besoins, faute de matériel surtout de personnel. Normalement les résultats d’un test doivent parvenir dans les 24 48 heures. Pour certains candidats potentiellement symptomatiques, il faut parfois attendre jusqu’à 15 jours pour cet examen. Finalement, la même inadaptation française que pour les masques au début de la crise sanitaire.

« Ségur de la santé » après le Ségur de l’hôpital

« Ségur de la santé » après le Ségur de l’hôpital

 

 

 

Ce qu’on a appelé le Ségur de la santé  s’est pour l’instant limité à un Ségur de l’hôpital et encore sur les seuls aspects des rémunérations pour l’essentiel. Le deuxième volet de la réflexion doit porter sur le système de santé global prenant en compte des différents établissements, leurs différents statuts, les différents personnels notamment la médecine libérale. L’ancienne patronne de la CFDT Nicole Notat, chargée de piloter depuis fin mai le « Ségur de la santé », doit remettre officiellement ce mardi matin son rapport aux organisations et syndicats ayant participé à la concertation.

La remise du rapport se tiendra en présence d’Olivier Véran, qui précisera les mesures qu’il entend mettre en oeuvre en réponse aux propositions faites ces dernières semaines par les acteurs du système de santé.

Pas sûr qu’on aille très loin dans cette remise à plat du système de soins en France car les enjeux sont nombreux. Il y a les progrès scientifiques considérables mais souvent coûteux, le vieillissement de la population, des pathologies nouvelles liées au mode de vie, à l’alimentation et aux modes de production. La place respective de l’hôpital et de la médecine de ville. L’articulation entre le privé et le public et bien sûr au final le financement de tout le système. Le ministre de la santé toujours très prolifique a cependant mit la pédale douce sur l’ampleur de la réforme.

 

« Il ne s’agit pas de tout chambouler » dans la « feuille de route » fixée dans le cadre du plan « Ma santé 2022″, arrêté en 2018 par l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn, a prévenu ce lundi Olivier Véran. « Le plan de ma prédécesseure est très bon » mais « nous allons amplifier, accélérer, accentuer, débureaucratiser, simplifier », a-t-il assuré.

Interrogé sur Europe 1, le président de la Fédération hospitalière de France (FHF) Frédéric Valletoux a dit « attendre beaucoup » de ce « temps 2″ du Ségur de la santé, espérant « une remise à plat de notre système de soins ».

« Il y avait bien sûr la question des salaires », réglée « en grande partie au moins la semaine dernière ». « Mais il y a tout le reste, qui concerne le financement, l’organisation des soins, la coopération des différents professionnels de santé », a-t-il expliqué.

Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre Jean Castex a promis un plan d’investissement à six milliards d’euros pour le système de santé, venant s’ajouter aux 8,1 milliards débloqués pour améliorer la rémunération des personnels. Des moyens supplémentaires certes mais pas du tout la hauteur des enjeux.

Après, British Airways, Lufthansa, 30% en moins chez Air France

Après, British Airways, Lufthansa, 30% en moins chez Air France

 

Le séisme dans l’activité aérienne continue. Le premier séisme est celui de la demande qui devrait être réduite d’environ 50 % en moyenne d’ici la fin de l’année, le second c’est la situation financière des entreprises;  situation, qui conduira certaines (les plus petites à disparaître complètement et des grosses à résister  grâce au soutien de leurs états respectifs et aux plans de licenciement . La troisième dimension est évidemment sociale et elle découle des deux autres à savoir la suppression de 25 à 30 % des effectifs. Après l’annonce de British Airways de supprimer 27 % de ses effectifs , c’était au tour de la Lufthansa d’annoncer la suppression de 22 000 postes dans le monde soit 16 % de ses effectifs (135 000 personnes.) .) Une manière aussi de peser sur les compagnies concurrentes bénéficiaires elles aussi de prêts ou d’aides des gouvernements afin les contraindre aussi à réduire la voilure car sinon cela serait considéré comme une distorsion  de concurrence.

 

 La pression sera terrible aussi sur toutes les compagnies et notamment Air France. Il est d’ailleurs probable que des recours auront lieu  devant l’union européenne. La situation du transport aérien est un effet dramatique on ne compte pas une reprise normale du trafic avant 2023 2025 et d’ici là nombre de compagnies seront contraintes de se débarrasser d’appareils, d’annuler ou de retarder des commandes. D’une façon générale, l’offre de transport aérienne devrait être inférieure à 50 % de ce qu’elle était précédemment ici la fin de l’année. De son coté la facture sociale à Air France serait de 30 % des effectifs

 

Intervention Macron : le Déconfinement. . Pour la relance on verra après

 

 Intervention Macron : le Déconfinement. . Pour la relance on verra après

 

 

Il ne fallait pas s’attendre à grand-chose de cette allocution de Macron qui d’ailleurs ne tient pas une grande place dans les une des grands médias.  il faut dire que pour résumer, Macron  surtout contenté d’annoncer le confinement tellement  souhaité par beaucoup . Comme en Italie ,on aurait pu s’attendre évidemment que parallèlement se mettent en place des États généraux pour remobiliser l’économie. Mais là, l’exercice est envoyé par Macron, en juillet. La France a le temps, c’est le pays qui est le plus touché économiquement ! Encore un mois de perdus, un mois supplémentaire qui s’ajoute aux trois mois aussi perdus au début de la crise sanitaire.

 la France repeinte en vert

La parole du président de la République était très attendue par les Français. D’autant que les chantiers économiques qui s’ouvrent s’annoncent colossaux, alors que plusieurs centaines de milliers d’emplois dans presque tous les secteurs d’activité pourraient être fragilisés.

Pour résumer ,on pourrait dire que Macron s’est contenté de repeindre en vert la carte de France. En gros,  Île-de-France sort de  l’orange et le déconfinement commencera lundi. Et de brosser les attentes dans le sens du poil i. «Nous allons retrouver pour partie notre art de vivre, notre goût de la liberté. En somme, nous allons retrouver pleinement la France», a souligné le président. Malgré cette «première victoire contre le virus», Emmanuel Macron a appelé à ne pas «baisser totalement la garde», car «la lutte contre l’épidémie n’est pas terminée».

La nouvelle la plus surprenante est sans doute moins attendu et cette annonce du président de république déclarant que les crèches les écoles et les collèges devront accueillir les élèves à partir du 22 juin. Comme si l’année scolaire n’était pas déjà terminée surtout après les perturbations dues à la crise sanitaire et aux mesures baroques prises ici ou là par les collectivités. On va aussi autoriser la réouverture de l’espace Schengen encore que sur ce point chaque pays pourra faire comme on  l’entend. Les voyages hors  d’Europe, seront à nouveaux autorisés à partir du 1er juillet.

Toujours sur le mode de la compassion avec sans doute un œil sur des sondages inquiétants, Macron s’est montré humaniste en rétablissant les visites dans les EHPAD. Que restera-t-il à des confinements qui d’après le chef de l’État continueront d’être encadrés mais sans autre précision.

Évidemment Macron n’a pu s’empêcher de se soumettre à son examen d’auto satisfaction

Macon n’a pas pu faire l’impasse sur la question des violences policières qu’il  n’a pourtant pas cité en tant que tel se limitant des banalités telles que les policiers «sont exposés à des risques quotidiens, c’est pourquoi ils méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la nation», a-t-il soutenu, convaincu que «sans ordre républicain, il n’y a ni sécurité ni liberté».

Curieusement, on s’est demandé ce que venait faire ce curieux passage de Macron sur l’égalité des chances, lui ,qui a balayé d’un revers de main le rapport Borloo pourtant  très soutenu localement et par les élus . Pour finir évidemment un peu de démagogie avec toujours cet œil fixé sur des sondages défavorables , Macron a assuré il n’y aurait pas de hausse de fiscalité pour compenser la facture d’environ 500 milliards destinés des entreprises, aux ménages et aux financements de la crise sanitaire. Conclusion la relance économique, comme pour le financement , on verra plus tard ! Sans doute dans le cas de la programmation de la campagne électorale pour 2022

 

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La ville demain….. à la campagne !

 

« On devrait construire les villes à la campagne car l’air y est plus pur » avait déclaré le célèbre humoriste Alphonse Allais. Une boutade évidemment mais pourtant qui devrait être pris en compte pour rééquilibrer de manière plus humaine et plus environnementale des villes devenues impossibles vivre . Des villes à la croissance dite endogène, c’est-à-dire qu’elle rend marchands produits et services, contraints à travailler pour se payer y compris des prestations plus ou moins utiles et ainsi contribuer à l’augmentation du PIB  : la croissance endogène. À l’inverse dans des villes moins importantes, les besoins sont plus réduits et les échanges également moins marchands.

Certes une ville doit pouvoir disposer d’un minimum d’équipement, d’infrastructures dans le domaine économique, social, culturel, sociétal ou de la santé. Pour autant, cela ne doit pas déboucher sur la nécessité par exemple de supprimer la totalité des établissements hospitaliers pour  les concentrer sur un seul lieu du département. On comprend qu’avec les   sciences et les nouvelles thérapies,  il soit nécessaire de disposer d’équipements de plus en plus sophistiqués mais toutes les pathologies ne nécessitent  pas ces  équipement aussi lourds, aussi coûteux également.

De la même manière  rien ne condamne les villes à une extension économique incontrôlée avec multiplication des bureaux, des usines, des ateliers, des services au même endroit . Là aussi tout est question d’équilibre , la cité  a besoin d’un équipement minimum et non d’une concurrence effrénée de marques qui n’ont d’autre but que d’inciter à la dépense des ménages. Au plan culturel, d’énormes efforts ont été réalisés, par beaucoup de villes, reste que le lieu central de production et de promotion demeure Paris.

Même s’il y a quelques contre-exemples, la réussite se concrétise à Paris. Le modèle culturel peut-être évidemment différent en volume, en nature et en fréquence selon les localités mais la culture peut exister aussi ailleurs qu’à Paris ou dans les grandes métropoles. Il n’y a sans doute pas de taille idéale pour la ville mais ce qui est certain c’est qu’à partir de 50 à 100 1000 habitants la vie en général devient complexes , génèrent des coûts, des pertes de temps, dégrade l’environnement et d’une façon plus générale le cadre de vie. Comment comprendre qu’avec les moyens de liaison existants aujourd’hui il ne soit pas possible d’envisager un retournement complet de cette mode de la sur urbanisation source par ailleurs d’un endettement mortel puisqu’il faut compter en moyenne à Paris pour le même logement qu’en province un cout quatre fois supérieur. Du capital mort qui n’alimente que la spéculation (pour preuve la percée d’RNB). Peut-être pas des villes à la campagne mais des villes et campagnes qui  rétablissent des liens de bio diversité et de façon générale d’équilibre favorable au développement de la vie de tous et de tous. Avec aussi des villages en réseaux non condamnés à devenir des réserves d’Indiens.

Karachi : une affaire qui dure depuis 25 ans

Des milliards d’affaires et des commissions occultes de plusieurs centaines de millions qui expliquent qu’on ait sollicité à l’excès les procédures judiciaires pour faire durer les affaires. D’ailleurs pout  pourrait se terminer en eau de boudin tellement les situations sont anciennes, parfois confuses et contradictoires

L’accusation a décrit «une véritable entreprise de prédation»: selon elle, les pots-de-vin, alors légaux, versés à des intermédiaires pour des contrats d’armement signés en 1994 avec l’Arabie Saoudite (Sawari II) et le Pakistan (Agosta) ont donné lieu à des rétrocommissions illégales qui ont contribué à financer la campagne présidentielle malheureuse d’Edouard Balladur en 1995. Si la corruption d’agents publics étrangers était alors la règle dans le jeu de la concurrence planétaire, ces négociations se sont nouées dans un contexte particulier en France, où une lutte fratricide se jouait au sein de la droite entre le maire de Paris Jacques Chirac et le Premier ministre sortant.

Pour la défense, rien ne permet d’affirmer que ce cocktail détonnant a conduit à organiser un système de financement politique illégal. Elle a plaidé la relaxe, dénonçant des poursuites «prescrites» et des accusations «sans preuve». L’enquête a pourtant conclu que le pouvoir politique avait imposé à la branche internationale de la Direction des constructions navales (DCNI) et à la Sofresa, deux entités détenues par l’Etat qui vendaient sous-marins et frégates, des intermédiaires «inutiles» dans ces contrats, le «réseau K» (pour King en référence au roi d’Arabie).

Les contrats se chiffraient en milliards, les commissions promises frôlaient les 300 millions d’euros (400 millions en euros constants) et les sommes versées se comptaient en dizaines de millions. L’objectif poursuivi, selon l’accusation, était de faire revenir une petite partie des pots-de-vin versés au «réseau K» vers les comptes de la campagne Balladur. Les prévenus ont défendu l’utilité du «réseau K», faisant valoir la signature des contrats. Tous ont nié le moindre financement politique et l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine, le seul l’ayant un temps admis, s’est rétracté à l’audience.

Contre ce dernier, également jugé pour fraude fiscale et blanchiment, cinq ans de prison avec mandat de dépôt ont été requis. Sept ans de prison assortis d’un mandat d’arrêt ont été demandés pour son ancien associé Abdul Rahman Al Assir, absent du procès. Ziad Takieddine pourrait bien être le boc- émissaire et pour des faits qui éloignent de l’affaire centrale

Cinq ans, dont deux avec sursis, et une amende ont été requis contre Renaud Donnedieu de Vabres, alors proche collaborateur du ministre de la Défense François Léotard, pour avoir imposé le «réseau K».

La même peine d’emprisonnement, avec amende, a été demandée pour Nicolas Bazire, actuellement un des dirigeants du groupe de luxe LVMH: il est accusé d’avoir, en tant que directeur de la campagne d’Edouard Balladur, téléguidé l’arrivée de 10,25 millions de francs sur le compte de campagne.

Contre Thierry Gaubert, alors au ministère du Budget et impliqué dans la campagne, quatre ans, dont deux ferme, et 100.000 euros d’amende ont été requis. L’accusation affirme qu’il a profité des «largesses» de son ami Takieddine, sans avoir pu «faire le lien» avec la campagne.

Enfin, le parquet a requis trois ans d’emprisonnement dont 18 mois ferme contre Dominique Castellan, alors patron de la DCNI.

Dans cette affaire, les soupçons de rétrocommissions avaient émergé au fil de l’enquête sur l’attentat de Karachi. Le 8 mai 2002, une voiture piégée précipitée contre un bus transportant des salariés de la DCNI coûtait la vie à quinze personnes dont onze Français travaillant à la construction des sous-marins dans le grand port pakistanais. La justice ne se prononcera pas lundi sur un éventuel lien de causalité entre l’arrêt du versement des commissions et l’attentat de Karachi en 2002, thèse défendue par les familles de victimes: c’est l’objet d’une enquête antiterroriste toujours en cours.

Notons que les deux principaux accusés et bénéficiaires ne subiront pas cette humiliante procédure judiciaire. On leur réserve de passer devant la très spéciale cour de justice de la république .MM. Balladur et Léotard comparaîtront ultérieurement devant la Cour de justice de la République, seule compétente pour juger des membres du gouvernement pour des infractions commises pendant leur mandat. Par depuis son existence, la cour de justice de la république n’a prononcé que des peines accessoires parfois même anecdotiques par exemple quand elle a fait les » gros yeux à Christine Lagarde » pour avoir imprudemment accordé 450 millions à Tapie. Pour l’exemple, on va sans doute taper sur un ou deux coupables aujourd’hui assez loin du jeu politique national et  international. Pour le reste, il faudra sans doute se contenter de peines dignes de celles d’un voleur de mobylette sans parler des recours encore possibles. En outre après 25 ans, il est possible que certains aient  complètement perdu la mémoire d’une affaire usée pour avoir traîné de tiroir en tiroir. Notons enfin qu’à l’époque il était courant sinon indispensable pour obtenir un contrat d’armement de passer par des intermédiaires moins recommandables.

Coronavirus : « 84 plaintes » déposées contre le gouvernement, … pour rien

 

84 plaintes déposées contre le gouvernement mais en fait pour rien, on sait en effet que les membres du gouvernement sont soumis à une juridiction très spéciale : la cour de justice de la république spécialement constituée pour protéger les élus des rigueurs de la justice ordinaire destinée aux citoyens; en effet; cette cour de justice n’a prononcé jusqu’à l’heure que des peines complètement anecdotiques pour ne pas dire dérisoires. Et pour cause, elle est composée de neuf élus et de trois magistrats. Autant dire qu’au pire on peut s’attendre à ce que les accusés soient punis de recopier 12 articles du code pénal tout au plus; ainsi par exemple la très appréciée Christine Lagarde a été condamnée comme ministre seulement à avoir fait preuve de légèreté en accordant 450 millions à tapie. Et c’est tout ? Même chose sans doute toutes les autres procédures en cours, on aura sans doute l’occasion de s’apercevoir que les seconds couteaux par exemple dans l’affaire Balladur seront davantage sanctionnés que les ministres en exercice qui auront à paraître est aussi le moment venu devant la cour de justice de la république. Bref l’inégalité de l’égalité .

Intervention Macron : le déconfinement. . Pour la relance on verra après

Intervention Macron : le déconfinement. . Pour la relance on verra après

 

 

Il ne fallait pas s’attendre à grand-chose de cette allocution de Macron qui d’ailleurs ne tient pas une grande place dans les une des grands médias.  il faut dire que pour résumer, Macron  surtout contenté d’annoncer le confinement tellement  souhaité par beaucoup . Comme en Italie on aurait pu s’attendre évidemment que parallèlement se mettent en place des États généraux pour remobiliser l’économie. Mais là, l’exercice est envoyé par Macron, en juillet. La France a le temps, c’est le pays qui est le plus touché économiquement ! Encore un mois de perdus, un mois supplémentaire qui s’ajoute aux trois mois aussi perdus au début de la crise sanitaire.

 la France repeinte en vert

La parole du président de la République était très attendue par les Français. D’autant que les chantiers économiques qui s’ouvrent s’annoncent colossaux, alors que plusieurs centaines de milliers d’emplois dans presque tous les secteurs d’activité pourraient être fragilisés.

Pour résumer on pourrait dire que Macon s’est contenté de repeindre en vert la carte de France. En gros,  Île-de-France sort de  l’orange et le déconfinement commencera lundi. Et de brosser les attentes dans le sens du poil i. «Nous allons retrouver pour partie notre art de vivre, notre goût de la liberté. En somme, nous allons retrouver pleinement la France», a souligné le président. Malgré cette «première victoire contre le virus», Emmanuel Macron a appelé à ne pas «baisser totalement la garde», car «la lutte contre l’épidémie n’est pas terminée».

La nouvelle la plus surprenante est sans doute moins attendu et cette annonce du président de république déclarant que les crèches les écoles et les collèges devront accueillir les élèves à partir du 22 juin. Comme si l’année scolaire n’était pas déjà terminée surtout après les perturbations dues à la crise sanitaire et aux mesures baroques prises ici ou là par les collectivités. On va aussi autoriser la réouverture de l’espace Schengen encore que sur ce point chaque pays pourra faire comme il l’entend. Les voyages hors  d’Europe, seront à nouveaux autorisés à partir du 1er juillet.

toujours sur le mode de la compassion avec sans doute un œil sur des sondages inquiétants, Macon s’est montré humaniste en rétablissant les visites dans les EHPAD. Que restera-t-il à des rassemblements qui d’après le chef de l’État continueront d’être encadrés mais sans autre précision.

Évidemment Macon n’a pu s’empêcher de se soumettre à son examen d’auto satisfaction

Macon n’a pas pu faire l’impasse sur la question des violences policières qui n’a pourtant pas cité en tant que tel se limitant des banalités telles que les policiers «sont exposés à des risques quotidiens, c’est pourquoi ils méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la nation», a-t-il soutenu, convaincu que «sans ordre républicain, il n’y a ni sécurité ni liberté».

Curieusement, on s’est demandé ce que venait faire ce curieux passage de Macron sur l’égalité des chances, lui ,qui a balayé d’un revers de main le rapport Borloo pourtant  très soutenu localement et par les élus . Pour finir évidemment un peu de démagogie avec toujours cet œil fixé sur des sondages défavorables , Macron a assuré il n’y aurait pas de hausse de fiscalité pour compenser la facture d’environ 500 milliards destinés des entreprises, aux ménages et aux financements de la crise sanitaire. Conclusion la relance économique, comme pour le financement , on verra plus tard ! Sans doute dans le cas de la programmation de la campagne électorale pour 2022

 

GRAND ENTRETIEN. le jour d’après (Thomas Piketty )

GRAND ENTRETIEN. le jour d’après (Thomas Piketty )

(interview France Info)

Tout d’abord, comment allez-vous et comment travaillez-vous dans cette période de « déconfinement progressif » ?

 

 

Pour commencer, nous allons parler du chamboulement majeur qui se déroule derrière nos fenêtres. Quels mots utilisez-vous pour décrire la situation économique mondiale actuelle ?

C’est une situation inédite. Dans le sens où on n’a jamais, dans l’histoire, décidé collectivement de mettre à l’arrêt l’activité humaine et économique de cette façon-là. Et je pense que l’on a bien fait. Il faut quand même reprendre le point de départ : ce qu’il s’est passé c’est que, fin février, début mars, les prévisions de modèles épidémiologiques sont arrivées sur la table des gouvernements dans les différents pays du monde, annonçant que si l’on ne faisait rien, on allait avoir 40 millions de morts dans le monde. C’était la prévision centrale de ces modèles, en particulier ceux diffusés par l’Imperial College à Londres. Cela voulait dire 400 000 ou 500 000 morts en France, 2 millions de morts aux États-Unis…

Face à ça, les gouvernements, en quelques jours, se sont dit : « Bon, on est obligés de prendre des mesures totalement inédites. » Et personne ne peut leur reprocher. Peut-être, un jour, dans six mois, dans un an, on reprendra le dossier, on essaiera de comprendre ce que l’on aurait pu faire de mieux, avant : sans doute, davantage investir dans l’hôpital, avoir davantage de matériel, ce qui nous aurait permis de davantage tester et d’isoler principalement les personnes les plus fragiles. Mais bon, ça c’est pour ensuite. Là, on a pris une décision inédite face à un contexte inédit et donc, du point de vue de l’économie mondiale, on a une chute du niveau de production et d’activité économique comment on ne l’avait, d’une certaine façon, jamais vu. Sur un temps aussi court, on n’avait jamais décidé d’arrêter tout simplement de produire. Donc forcément, il ne faut pas s’étonner qu’à la sortie on ait cette baisse vertigineuse de la production. Mais voilà, maintenant, ce qui compte, c’est de voir la suite.

Cette situation va aussi conduire à une énorme augmentation de l’endettement public. Parce que c’est vrai que dans l’immédiat, vous n’allez pas matraquer les gens d’impôts pour continuer de financer les écoles, les hôpitaux, les dépenses publiques en général. Donc la seule solution dans l’immédiat, là, c’est l’endettement, un peu la création monétaire, et on y reviendra. Je voudrais simplement dire que sur ce point-là, c’est une situation qui n’est pas complètement inédite. Autant on n’avait jamais vu une épidémie comme ça, ou peut-être l’épidémie de grippe espagnole en 1918-1919, par contre, des situations d’endettement public considérable, ça on a beaucoup d’exemples historiques à notre disposition.

La bonne nouvelle, c’est qu’on s’en est toujours sortis. Il y a dans l’histoire, au cours du XIXe siècle, du XXe siècle, après les guerres mondiales, mais aussi parfois dans d’autres contextes, des situations d’endettements publics encore plus élevés que ce que l’on a aujourd’hui, qui atteignent parfois 200%, 300% du produit intérieur brut (PIB), plus de deux ou trois années de production, et il y a plusieurs solutions. Aucune n’est simple, mais au moins il y a des solutions.

Il y a des précédents historiques, et ma démarche en tant que chercheur, c’est d’essayer d’aller voir comment les précédents historiques dans l’histoire économique, politique, des inégalités et des sociétés humaines, peuvent nous aider, non pas à faire exactement la même chose, parce que chaque situation est unique, mais apprendre dans l’histoire qu’il y a toujours une multiplicité de choix possibles. C’est peut-être ça la leçon la plus importante qu’on peut quand même tirer pour la situation actuelle. L’idée selon laquelle il y aurait une seule solution économique, une seule politique possible, par exemple face à des situations d’endettement public, ça c’est faux. Dans l’histoire, on a tout un répertoire de solutions qui sont utilisées et ça peut nous aider pour regarder l’avenir.

On reviendra justement sur cette question de la dette un petit peu plus tard. Pour revenir à maintenant : qu’est-ce que nous révèle cette crise que l’on traverse actuellement ? Notamment d’un point de vue des inégalités sociales. Qu’est-ce que vous percevez à travers cette crise ?

Cette crise, malheureusement, exprime très clairement la violence des inégalités sociales qui traversent nos sociétés, renforce encore plus le besoin de réduire les inégalités et de trouver un autre modèle économique, tout simplement. De changer notre système économique. D’abord, ce qui me frappe, c’est la violence des inégalités face à cette crise. On parle du confinement, mais le confinement évidemment c’est très différent si vous êtes dans un grand appartement avec des livres ou si vous êtes dans un appartement minuscule, ou pour toutes les personnes qui sont sans-abri.

Et puis tout dépend aussi de vos possibilités de subvenir à vos besoins. C’est-à-dire que pour des personnes qui ont des économies, qui continuent de toucher leur salaire ou qui touchent des allocations chômage, la situation est à peu près tenable financièrement. Mais pour toutes les personnes qui sont dans des situations de travail précaire, si vous êtes un travailleur intérimaire, si vous êtes en contrat court et que votre CDD s’arrête au milieu du confinement, le chômage partiel, ce n’est pas pour vous.

Au cours des dix dernières années, on a célébré ces statuts indépendants, où tout le monde allait devenir un startupper, un entrepreneur de sa propre vie avec moins de cotisations sociales, mais aussi moins de protection sociale. Eh bien aujourd’hui, on se rend compte que pour toutes ces personnes qui ont ces statuts, beaucoup ont dû continuer à travailler, aller faire des livraisons à vélo, parce qu’il n’y avait pas de revenu.

Mais alors, dans les pays plus pauvres, si on se déplace vers le sud de la planète, alors là, cette question devient beaucoup plus massive encore. Quand vous décidez le confinement et l’arrêt de l’activité économique dans un pays comme l’Inde, ou dans des pays dans l’Afrique de l’Ouest, où 90% des personnes travaillent dans le secteur informel et n’ont pas d’accès à des systèmes de revenus minimums ou d’allocations chômage ou de transferts sociaux, qu’est-ce que vous allez devenir ?

On l’a vu en Inde, il y a eu beaucoup de violences vis-à-vis de populations migrantes, de travailleurs ruraux qui étaient dans des villes, sur des chantiers, qui n’avaient pas toujours une habitation en dur, qui ont été éjectés des villes à la faveur du confinement, et qui se sont retrouvés sur les routes, sur les chemins à aller vers les campagnes, sans revenu. Et là, ça exprime à quel point on a besoin de système de protection sociale, de revenu minimum.

Dans les pays du Nord, on a développé des systèmes comme ça, mais ils restent insuffisants. Il y a beaucoup de gens qui passent à travers les gouttes. Ce n’est pas assez automatique. Dans les pays du Sud, on devrait utiliser cette opportunité pour accélérer la mise en place de systèmes de revenu minimum. Ce qui n’est pas du tout impossible. Je voudrais dire que dans un pays comme l’Inde, la plus grande démocratie du monde même si elle traverse aujourd’hui des crises et des clivages identitaires, religieux, extrêmement inquiétants, il y a eu l’an dernier, pendant la campagne électorale 2019, un débat très avancé sur la question de la mise en place d’un système de revenu minimum à un niveau très basique mais qui permettrait, au moins dans des situations comme celle-là, d’éviter l’extrême pauvreté et d’éviter à choisir entre mourir de faim ou mourir du virus.

Alors ce n’est pas du tout l’idéologie du gouvernement actuel. C’est vrai que les partis qui défendaient davantage la basse caste ou les segments les plus pauvres de la société indienne, qui faisaient ces propositions, ont perdu les élections, ce qui n’était pas évident au départ. Ça s’est passé aussi parce qu’il y a eu des attentats en janvier 2019 au Cachemire qui ont « reclivé » sur les questions identitaires et qui ont conduit le parti nationaliste hindou, avec beaucoup d’habilité, à redéfinir le conflit politique non plus sur des questions sociales mais sur des questions de clivage entre hindous et musulmans. Ils ont gagné les élections comme ça et là ils continuent d’être un peu dans ce type d’attitudes, à aiguiser les conflits plutôt que d’essayer de trouver les politiques sociales. Peut-être qu’à la faveur de la crise, même des gouvernements comme ça vont finalement se retrouver à agir.

Pour résumer, cette crise exprime le besoin que l’on a de protection sociale et espérons qu’en particulier dans les pays où le système social est le moins développé, ce sera l’occasion d’accélérer dans cette voie à la suite de cette crise.

Vous pensez que cet arrêt économique forcé pourrait permettre de redémarrer autrement. Pour y arriver, vous parlez d’une « relance verte ». Est-ce que vous pouvez nous dire ce que vous imaginez derrière cette « relance verte » ? Et concrètement, comment doit agir la puissance publique ?

D’abord, on va avoir besoin d’une relance très forte de la part des pouvoirs publics, parce que là, le niveau d’activité économique va s’effondrer, le niveau de chômage a déjà, comme aux États-Unis, augmenté à des niveaux très élevés. En France, on ne le voit pas encore complètement parce qu’il y avait des mesures de chômage partiel, mais on voit bien que, dans beaucoup de secteurs, l’activité va redémarrer très doucement. Donc on va avoir besoin de la puissance publique pour aider à limiter cette montée du chômage, à créer des nouveaux emplois.

Et là, je pense que ce serait vraiment une erreur de se contenter de subventionner les activités très intensives en émission de carbone dont on sait qu’elles doivent diminuer à terme. On est quand même un peu schizophrènes sur ces questions parce que, fin 2015 à Paris, on a signé des objectifs vis-à-vis de toute la planète disant qu’il fallait éviter absolument que le réchauffement dépasse 2 °C et puis, finalement, on n’est pas du tout sur cette trajectoire. Donc là, on a quand même une occasion de repenser les choses pour avoir une relance qui met l’accent sur d’autres secteurs d’activité. La santé, d’abord.

Chine : Après le Coronavirus , un chômage de 20%

Chine : Après le Coronavirus , un  chômage de 20%

Après un trimestre de croissance négative, l’empire du Milieu n’est donc plus celui du plein-emploi. Officiellement, le chômage est resté sous la barre des 6 %. Mais fin avril, un rapport de l’agence financière Zhongtai Securities avançait un taux bien plus inquiétant à 20,5 %! L’auteur du rapport a dû démissionner et le sujet est désormais censuré sur les réseaux sociaux chinois. « Les chiffres officiels ne veulent rien dire, la plupart de ceux qui ont perdu leur emploi n’apparaissent pas dans les statistiques », confirme Michael Pettis. La situation est suffisamment dégradée pour que le gouvernement ait renoncé, lors de la session annuelle du Parlement qui s’est ouverte cette semaine, à fixer un objectif de croissance pour 2020. Une première en trente ans.

 

La planification a donc du plomb dans l’aile en Chine qui abandonne toute perspective de croissance mais aussi de désendettement. Rien non plus en matière de perspectives d’emploi. Et pour cause, on a déjà dépassé le record de 6% de chômeurs en avril, un chiffre comme les autres,  tout à fait approximatif qui doit être plus près des 20 à 30% puisqu’on exclut les travailleurs ruraux renvoyés dans leur campagne près suppression de leur emploi en zone urbaine.. Pékin entend également rééquilibrer son économie vers la consommation intérieure, au moment où la pandémie paralyse ses principaux partenaires commerciaux, l’Union européenne et les Etats-Unis, et pénalise les exportations, un secteur clé pour le géant asiatique. La banque Nomura, particulièrement pessimiste, table sur 18 millions d’emplois supprimés dans le domaine de l’export en Chine – soit près du tiers des effectifs d’un secteur essentiel pour son économie.

En avril, le taux de chômage officiel en Chine, particulièrement surveillé par le pouvoir, s’est établi à 6%, proche du record absolu de 6,2% .

Sur les trois premiers mois de l’année, le pays a créé un million d’emplois de moins que l’année dernière à la même époque alors que le nombre d’actifs ne cesse d’augmenter. « Sans compter que la plupart des nouveaux emplois sont précaires, sans aucune assurance sociale, précise l’éditeur du China Labour Bulletin, une ONG consacrée à la défense des ouvriers chinois. La situation périlleuse de l’emploi et l’insatisfaction croissante face à la gestion de la crise par le gouvernement font peser un risque pour la stabilité sociale. » L’éradication de la grande pauvreté d’ici à la fin de l’année, but que s’était donné le président Xi Jinping, pourra ainsi difficilement être atteinte.

Car ceux qui ont pu reprendre le travail, notamment dans les usines du delta de la rivière des Perles, ont dû consentir à des coupes de salaires allant jusqu’à 80 %. Pourtant, avec moins de 400 mouvements de grève au premier trimestre, soit trois fois moins que l’an dernier à la même période, les Chinois hésitent à manifester leur mécontentement dans la rue. Il faut dire que la police veille au grain réprimant tout rassemblement de plus de cinq personnes. C’est donc sur la Toile que la révolte s’exprime. Les réseaux sociaux pullulent d’allusion à la paupérisation des jeunes et des ouvriers. Beaucoup ont aussi lancé leur propre journal Internet, des blogs et des vlogs sur le monde d’après, celui du chômage et de la précarité. Mais la police du Net fait le ménage et la moindre allusion politique est immédiatement censurée. Notons aussi que comme en Europe et en France en particulier les consommateurs se montrent particulièrement prudents et ceux qui disposent d’argent préfèrent pour l’instant privilégié l’épargne plutôt que la consommation et investissement.

Le monde d’après : espoirs ou chimères ?

Le monde d’après : espoirs ou chimères ?

 

 

Le travail de démolition d’une réflexion sur le jour d’après a commencé. Pour discréditer l’intérêt de cette réflexion on la qualifie de chimère. Un procédé caricatural bien connu. Certes, il y a sans doute beaucoup d’utopies chez certains qui pensent que le monde pourra changer rapidement et brutalement. Il n’empêche qu’on peut  prendre en compte les enejux, les aspirations et les valeurs qui ont pu émerger à l’occasion de cette crise exceptionnelle. Bien entendu, tout ne changera pas immédiatement ni brutalement. Il faudra au préalable procéder à une analyse approfondie de la nature systémique de la crise qui affecte de nombreux champs de notre société. Au-delà, définir un projet et une transition sans doute longue compte tenu de la dimension structurelle  de beaucoup de problèmes. On sait bien par ailleurs que le très court terme sera sans doute pas très favorable à des changements significatifs des modes de production et de consommation. En effet, la première priorité sera sans doute de faire face à une grande crise économique et sociale. Cela n’empêche pas de réfléchir à des perspectives plus lointaines et aux moyens progressifs d’y parvenir avec évidemment un débat réel et approfondi avec les acteurs économiques et les citoyens en général.

Indemnisation chômage partiel restreint après le 1er juin

Indemnisation chômage partiel restreint  après le 1er juin

 

 

Le chômage partiel restera pris en charge « à taux plein » après le 1er juin dans certains secteurs comme l’hôtellerie et la restauration, tandis que les autres entreprises devront contribuer aux salaires dans des « proportions raisonnables », a indiqué la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

 

Après la crise sanitaire, la crise économique

Après la crise sanitaire, la crise économique

 

Marc Guyot et Radu Vranceanu, professeurs à l’ESSEC.
à juste titre que la crise sanitaire soit suivie par un véritable tsunami économique. (Chronique dans la Tribune) 

 

Selon les chiffres de l’INSEE, la croissance du PIB de la France au premier trimestre 2020 a subi un recul historique de -5,8% ce qui représente la plus forte chute depuis 1949 et le début de la publication de cette statistique. C’est un des pertes d’activité les plus lourdes de la zone euro qui connait un recul de -3,8%, avec -5,2% pour l’Espagne ou -2,5% pour l’Autriche. La chute du PIB devrait être encore plus lourde au deuxième trimestre.

 

Il apparaît que parallèlement à la lutte sanitaire contre le Coronavirus se dessine une lutte économique à venir pour sauver l’économie française d’une crise d’une sévérité jamais vue. A court terme se dessinent une vague colossale de faillites d’entreprises avec son corollaire d’explosion du chômage et de la pauvreté.

Les deux objectifs sanitaires et économiques peuvent sembler antagonistes. En effet, ce n’est pas le virus en soi qui a créé la crise économique, c’est la façon avec laquelle le gouvernement mène sa politique sanitaire étant donné l’état des infrastructures médicales en termes de capacité d’hospitalisation et de tests, et étant donné le nombre de masques disponibles. L’ensemble des données de la situation française ainsi qu’un comportement à la gribouille sur les masques et les tests ont amené à cette situation de confinement qui dure, qui ne s’arrêtera pas le 11 mai, et qui est en train d’anéantir l’économie française en détruisant ses entreprises et notamment ses petites entreprises.

L’arrêt décidé des activités non-essentielles, le climat de peur, et la fermeture des écoles ont provoqué le ralentissement brutal de toute activité économique. Il est urgent que le gouvernement intègre cet élément et se donne comme priorité de guider les entreprises, les commerces et les services vers la reprise de l’activité avec la mise en place des sûretés sanitaires nécessaires. En effet, cette crise économique du coronavirus n’est pas qu’un choc de demande comme la crise des subprimes, c’est aussi, un massif choc d’offre.

Quand le système productif est cassé ou enrayé par des surcoûts et interdictions, les efforts du gouvernement doivent porter en priorité sur la restauration de l’offre. Stimuler la demande quand la production est dysfonctionnelle non seulement ne résout pas le problème mais peut aussi potentiellement réveiller l’inflation. La hausse importante des prix des produits alimentaires au mois d’avril en est l’illustration (3,8% en zone euro).

Pour relancer l’offre, il faut que l’État s’engage sur les guides d’organisation de reprise du travail dans des conditions sanitaires suffisantes de façon à faire baisser la peur des travailleurs face à l’incertitude et leur permettre de reprendre le travail au plus vite. Pour cela il faut que l’École puisse elle aussi redémarrer pour que les parents n’aient plus la charge de la garde des enfants.

Dans ce contexte, il serait dangereux que certains syndicats jouent la surenchère sanitaire et profitent de la situation pour prouver leur capacité à bloquer la production. Une telle approche est de nature à précipiter des entreprises fragilisées à la faillite et pourrait pousser le chômage vers les 20% de la population active. Le cas d’Amazon France est une triste illustration de cette dérive. Ses dépôts français sont fermés, ses employés sont sur le bord de la route et l’activité d’Amazon en France se poursuit à partir de l’Espagne et de l’Allemagne.

Bruno Le Maire et Muriel Pénicaud semblent avoir pris la vraie mesure de la crise. Le soutien aux entreprises solvables mais à court de liquidités doit être renforcé. Les mesures de chômage partiel qui avaient du sens à la fois pour le soutien de la demande mais aussi pour la possibilité de repartir vite pour les entreprises doivent être amendées pour moins de générosité, pour ne pas devenir une incitation au non-travail. Il devient de plus en plus clair que les entreprises ne pourront pas maintenir les effectifs dans les mois à venir. Garder fictivement dans les effectifs des personnes qui ne retrouveront pas leur emploi n’a pas de sens d’autant que certains secteurs vont manquer de main d’œuvre du fait des restrictions de circulation et de la volonté de redévelopper en France certaines industries. Ainsi il faudrait renforcer le soutien aux chômeurs, notamment l’aide à la formation professionnelle et à la mobilité.

L’heure de la crise sanitaire aiguë est passée, il est temps pour le gouvernement de s’attaquer résolument à la récession corona.

BCE: toujours accommodante après 2020

BCE: toujours accommodante après 2020

L a banque centrale européenne semble se montrer d’autant plus accommodante que sur le plan budgétaire l’Europe a des difficultés à mettre en place un plan de relance à la hauteur de l’enjeu. ,  le moyen privilégié sera donc l’émission monétaire. Pour cela la banque centrale tiendra à guichets  ouverts en particulier en direction des banques qu’il faudra bien soutenir compte tenu d’actifs qui vont se révéler de plus en plus pourris.

Il Faudra aussi financer la dette des Etats. Bref on va faire tourner à fond la planche à billets y compris en rachetant des actifs et en octroyant autant de prêts que nécessaires. Évidemment le risque à terme c’est que l’enflure du bilan de la BCE finisse par éclater et qu’il se traduise par une dévaluation de fait de la monnaie par exemple par le biais de l’inflation une sorte d’impôt incontournable et  plus discret que la fiscalité classique.

De manière technique la BCE explique qu’elle est prête à revoir la « composition » du PEPP – c’est-à-dire la répartition des rachats de dette publique ou privée rachetés par la BCE – et sa « taille », ce « autant que nécessaire » et « aussi longtemps » qu’il le faudra, indique le communiqué de décision de politique monétaire. Le PEPP est essentiel pour les investisseurs car c’est le seul programme d’achat d’actif de la banque centrale à s’affranchir de contraintes sur la répartition des achats entre les pays de la zone euro (la fameuse clé de répartition). Il a permis à la BCE de concentrer ses interventions sur la dette italienne. Si le PEPP répond à des règles d’achats souples, la question n’a pas été débattue jeudi d’y intégrer des obligations devenues  »pourries » en raison de leur dégradation par les agences de notation financière, a précisé Mme Lagarde. Cette exception vaut toutefois déjà pour des titres émis par la Grèce.

Le programme d’urgence n’est cependant qu’une partie des outils anti-crise de la BCE qui a « une puissance de feu de plus de 1.000 milliards d’euros », a mis en avant sa présidente. Lors de la réunion du conseil des gouverneurs de jeudi, la BCE a pour l’essentiel maintenu son arsenal anti-crise, à l’exception de ses prêts géants aux banques rendus encore plus favorables. L’institut monétaire va notamment dépenser 120 milliards d’euros supplémentaires d’ici décembre au titre de l’assouplissement quantitatif ou « QE », son programme de soutien à l’économie lancé en mars 2015.

Relancer l’audiovisuel après la crise sanitaire

Relancer l’audiovisuel après la crise sanitaire

Les spécialistes estiment que le secteur audiovisuel pourrait perdre un milliard d’euros à cause de la crise sanitaire qui paralyse le pays. Alors qu’un début de déconfinement se profile à compter du 11 mai, le secteur attend des soutiens de la part des pouvoirs publics. Roch-Olivier Maistre, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel, livre à l’Opinion son analyse de la situation et son plan pour aider à une reprise rapide.( À noter aussi que les conséquences de la crise seront beaucoup plus dramatiques pour la presse écrite et notamment la presse régionale particulièrement touchée par les perturbations des modes de diffusion; plusieurs titres pourraient même être amenés à disparaître NDLR)

Comment jugez-vous la manière dont les médias audiovisuels ont traversé cette longue séquence de confinement ?

Le plus remarquable aura été leur capacité d’adaptation et leur forte résilience. Ce qui me marque également, c’est que le public est très fidèle à l’écran de télévision là où certains auraient pu penser que la consommation de vidéos sur les plateformes emporterait tout sur son passage. On oppose souvent linéaire et numérique ; or cette période nous permet de constater qu’en réalité, il existe une forme de complémentarité des usages. Enfin, je suis frappé, alors même que les audiences sont excellentes, par le séisme qui touche le secteur audiovisuel et dont les effets sont dévastateurs. C’est une onde de choc dont nous n’avons pas encore mesuré toutes les conséquences.

Face au séisme dont vous parlez, que propose le CSA pour permettre la relance du secteur ?

Nous sommes face à une crise dont les effets pour toute la filière de la création, des auteurs aux producteurs, vont se faire sentir dans la durée parce que les ressources des principaux financeurs de ce secteur, c’est-à-dire les contributions des chaînes assises sur le chiffre d’affaires, vont être fortement impactées. Le manque à gagner risque d’être très important. Pour y faire face nous devons commencer par redonner de l’oxygène au secteur, remettre du carburant dans le système.

Pour cela, il peut y avoir plusieurs pistes. D’abord, l’assouplissement du cadre réglementaire applicable à la publicité, qu’il s’agisse de la publicité en faveur du cinéma ou de la publicité segmentée, la plus prometteuse en termes de ressources. Nous avons été saisis du projet de décret par le gouvernement et le conseil rendra son avis d’ici une quinzaine de jours. Ces assouplissements nous paraissent importants parce qu’ils sont un moyen de dégager de nouvelles ressources. La deuxième piste, qui nous semble inéluctable, sera de conforter la trajectoire financière du service public. Certes, la redevance maintient l’essentiel des recettes mais il subit également un choc concernant les revenus publicitaires. La trajectoire telle qu’elle a été définie par l’Etat pour 2020 et 2021 devra donc nécessairement être réexaminée. Et j’ajoute qu’il nous semble plus urgent que jamais de lancer le chantier de la réforme de la contribution de l’audiovisuel public parce que l’échéance de 2022 approche. Sur ce point, le conseil plaide pour la conservation d’une ressource affectée et pérenne. Enfin, un autre facteur de relance important serait la mise en place d’un dispositif assurantiel pour les producteurs de l’audiovisuel et du cinéma. Alors que la crise n’est pas terminée, les tournages ne redémarreront que si l’on peut leur apporter plus de sécurité. Cela supposerait de mettre en place un dispositif spécifique porté par les assureurs et les pouvoirs publics, voire l’Union européenne.

« De notre point de vue, ce qui justifiait la modification de notre législation avant la crise est encore plus vrai aujourd’hui. Il est grand temps d’adapter le cadre législatif à notre nouvel environnement »

Concernant les moyens nouveaux, la loi audiovisuelle prévoyait notamment la transposition de la directive européenne SMA qui doit fixer des obligations aux plateformes vidéos. Comment voyez-vous sa mise en application alors que l’avenir de la loi semble compromis ?

C’est une piste urgente. Il s’agit vraiment du moyen le plus immédiat et le plus concret pour faire rentrer dans le financement de la création les nouveaux acteurs. S’il devait y avoir un décalage du projet de loi, une des priorités serait de transposer cette directive, quel qu’en soit le vecteur. Pour autant, j’ai écouté attentivement le président de la République et le gouvernement et je n’ai pas entendu à ce stade que cette loi était abandonnée. N’oublions pas qu’elle est déjà passée en commission des Affaires culturelles à l’Assemblée nationale. C’est donc un texte prêt à venir en séance publique. De notre point de vue, ce qui justifiait la modification de notre législation avant la crise est encore plus vrai aujourd’hui. Il est grand temps d’adapter le cadre législatif à notre nouvel environnement. Cela étant dit, j’insiste particulièrement sur la transposition de la directive SMA. Elle est impérative pour la survie même du secteur et nous souhaitons qu’elle puisse être transposée au plus vite. Cela demandera ensuite de rouvrir le chantier de la chronologie des médias. On ne peut pas demander aux plateformes de SVOD, comme Netflix, de participer à des hauteurs importantes au financement de la création et garder des fenêtres de diffusion aussi éloignées. Ce n’est pas crédible.

Les diffuseurs ont également fait part de leurs demandes de soutiens pour traverser cette période noire, que peut leur proposer le CSA ?

Pour garantir la pérennité de notre modèle, on pourrait déployer plusieurs dispositifs à vocation temporaire et si possible d’un coût budgétaire contenu. Une première idée serait de couvrir une partie des coûts de diffusion des éditeurs lorsqu’ils vont au-delà des 95 % de l’obligation de couverture du territoire imposée par la loi, un différentiel coûteux. Dans le même ordre d’idée, nous trouverions intéressant d’accompagner le déploiement du DAB+ par un dispositif de soutien transitoire d’aides directes à la diffusion. Enfin, pourquoi ne pas mettre en place un fonds d’urgence en direction des radios et télévisions locales qui sont percutées de plein fouet par la situation et qui ne disposent pas toujours d’actionnaires en mesure de les soutenir.

Une crise, c’est souvent l’occasion de grandes transformations que nous devons accompagner car ce que nous vivons va entraîner des mouvements de consolidation en Europe. Je pense que l’occasion est propice pour revisiter nos dispositifs anti-concentration. Cela fait de nombreuses années que tout le monde le dit, l’Autorité de la concurrence l’a exprimé dans un avis, le CSA également, ces dispositions sont anciennes. Nous devons profiter de la période actuelle pour rechercher un nouvel équilibre entre préservation de la concurrence et création de champions européens.

Et que pensez-vous du crédit d’impôt réclamé autant par les diffuseurs que par les annonceurs ?

C’est effectivement une piste qui semble créer une forme de consensus. A ce sujet, deux remarques : d’une part, les crédits d’impôt pèsent lourdement sur le budget de l’Etat, une centaine de milliards d’euros ; et d’autre part, leur efficacité n’est pas toujours pleinement démontrée. Le conseil trouve néanmoins l’idée intéressante parce qu’elle donnerait un signal à tout le secteur. Mais il faut qu’un tel dispositif soit ciblé. Cela veut dire limiter son accès aux achats d’espaces publicitaires ; et par ailleurs qu’il soit naturellement réservé aux médias qui contribuent au pluralisme, donc télévisions, radios, presse, en excluant les dépenses qui pourraient créer un effet d’aubaine pour les grands acteurs du numérique. Par ailleurs, ce crédit d’impôt devrait être limité dans le temps, par exemple sur le dernier semestre de l’année en cours. Si la dépense n’est pas encadrée, le risque est fort que le crédit d’impôt ne voie pas le jour.

Concernant les décrets qui doivent permettre de créer de nouveaux leviers de croissance pour les diffuseurs, ils tardent à venir et par ailleurs les chaînes se plaignent de la complexité du système, ne faudrait-il pas accélérer et simplifier ?

Les choses devraient se débloquer rapidement mais c’est vrai qu’il existe un paradoxe aujourd’hui. Les chaînes de télévision peuvent diffuser de la publicité pour Netflix mais ne peuvent pas le faire pour les films qu’elles-mêmes financent. Deuxième remarque : quand les salles de cinéma vont rouvrir, il sera précieux de pouvoir communiquer à la télévision sur les sorties de films. Ce sera un facteur de relance important. Nous partageons avec le ministère l’objectif de préserver une forme de diversité afin que les films à gros budget ne soient pas les seuls à pouvoir en bénéficier mais nous allons regarder le dispositif proposé qui nous semble, c’est vrai, un peu compliqué. Même chose concernant la publicité segmentée qui représente le plus de potentialités, il ne faudrait pas que l’encadrement réglementaire bride le dispositif. Nous allons y travailler et rendrons notre avis sous quinze jours. De la même façon, le décret assouplissant les jours interdits de cinéma à la télévision, sur lequel le CSA a rendu un avis favorable, gagnerait à être pris en publié sans tarder.

Toujours au sujet de France Télévisions, faut-il mener à bien l’idée du gouvernement et supprimer France 4 ?

C’est un choix qui appartient au gouvernement qui avait rendu un arbitrage en juin 2018. A ce stade, le décret modifiant le cahier des charges de France Télévisions n’a pas été publié et l’Etat n’a pas fait part au CSA de sa renonciation aux deux fréquences, celle de France 4 et celle de France Ô. La crise a aujourd’hui changé la donne et, comme l’a évoqué le ministre de la Culture, la question de la suppression de France 4 à l’été doit être reposée. Par ailleurs, ce qui fait le succès de France 4 dans cette période, ce sont surtout les programmes éducatifs. Ce sont eux qui singularisent le service public et conserver une telle offre peut avoir du sens.

Après le Covid-19 , un patriotisme énergétique ?

Après le Covid-19 , un  patriotisme énergétique ?

Il  est aujourd’hui primordial d’opérer un retour au localisme, estime Vincent Maillard, (*) co-fondateur et président de Plüm Énergie. ( Chronique dans la Tribune)

 

 

« Nous savions depuis longtemps que notre Terre, notre patrimoine le plus précieux, était fragile et menacée par nos modèles économiques productivistes et mondialisés. Dans cette crise sanitaire sans équivalent, nous comprenons maintenant – dans la toux, les fièvres et malheureusement parfois les deuils – que l’humanité elle-même est vulnérable, mais aussi – à travers les pénuries d’équipements de protection sanitaire ou les tensions sur la chaîne d’approvisionnement alimentaire – que notre système globalisé a atteint ses limites. Tirons leçons de la période inédite et douloureuse que nous traversons pour accélérer la transition écologique via le développement de filières locales, et ce dans tous les secteurs, à commencer par les plus vitaux: santé et alimentation bien sûr, mais aussi énergie.

L’humanité a basculé en quelques jours d’un monde ouvert, où tout voyageait sans frein, à un monde où l’on ne peut plus s’écarter de plus de 100 mètres de chez soi sans justificatif écrit. Effet direct du confinement, la consommation électrique des ménages à domicile a sensiblement augmenté (environ +15% en moyenne d’après nos évaluations). Cette consommation inhabituelle constitue un budget supplémentaire qui est loin d’arriver au meilleur moment, notamment pour les foyers déjà affectés financièrement par des pertes de revenus, souvent dues à un arrêt de travail pour garde d’enfants, une mise en activité partielle ou encore la fermeture d’un commerce.

Cette crise, si elle est de nature sanitaire, tend comme les précédentes, à accentuer plus encore les inégalités sociales existantes. Or, nous l’avons vu par le passé: au niveau énergétique, la mauvaise gestion d’une crise peut avoir des conséquences sur le long terme. Prenons l’exemple de la crise pétrolière des années 1970. Elle a entraîné une introduction massive du chauffage électrique en France sans que ce nouvel usage ne soit accompagné d’informations sur les bonnes pratiques de consommation ou d’isolation, l’électricité étant alors majoritairement nucléaire et bon marché. Une logique productiviste avant tout, qui a fortement contribué à la précarité énergétique pour les 30 années qui ont suivi.

Nous devons dès aujourd’hui réfléchir et trouver les modalités d’accompagnement qui nous permettront d’éviter ce type de conséquences dramatiques au sortir de la crise. Pour que chacun commence par réduire sa consommation énergétique, nous nous devons d’abord – acteurs du secteur de l’énergie – de partager notre savoir, nos conseils et astuces pour le mieux consommer. Seulement, face à l’urgence de la situation, ce n’est pas uniquement de conseils dont ont besoin les français, mais aussi d’actions concrètes, humaines. Dans ce monde qui se fragilise, l’entraide doit être notre guide. Nous pouvons constater l’impact de cette crise et ne rien changer. Ou bien nous pouvons faire le choix, plus courageux, de la solidarité. Le seul choix, j’en suis convaincu, qui apportera la force dont nos concitoyens, notre pays, notre planète, ont besoin.

Si nous sommes sortis de la crise pétrolière à travers une logique productiviste, il est aujourd’hui primordial d’opérer un retour à la localité. Le sujet polémique des masques sanitaires est un exemple criant des limites de nos modèles économiques mondialisés. Résultat de politiques de délocalisation visant à produire à bas coûts, nous ne disposons plus aujourd’hui des moyens de production nécessaires sur le territoire national, voire européen. Il en est de même dans le secteur de l’énergie. Le virus, qui a d’abord touché la Chine et ralenti son économie, a compliqué les approvisionnements des producteurs d’énergies renouvelables, notamment en panneaux photovoltaïques.

Si nous voulons sortir grandis de cette crise, sans qu’elle ne nous ralentisse, mais plutôt qu’elle nous permette d’accélérer la dynamique de transition énergétique amorcée, nous devons faire le choix d’un approvisionnement en énergie renouvelable produite exclusivement localement, donc, pour qui nous concerne, en France. Une production d’énergie locale qui permettra la création de valeur dans l’Hexagone en favorisant les emplois locaux, l’insertion sociale et la transition agricole. Alors que les mesures de confinement offrent à la nature la possibilité de reprendre progressivement ses droits et changent radicalement le rapport que nous entretenons avec elle, faisons en sorte que cette pandémie ne soit pas un frein à la transition écologique, mais bien un accélérateur et le point de départ d’une nouvelle économie, plus locale. La réponse devra être collective et nous avons tous à prendre notre part : États, gouvernements, élus, associations, entreprises et citoyens.

une mobilisation responsable des leviers monétaires et financiers européens !

 

Un appel d’un collectif à la mobilisation des leviers monétaires et financiers européens qui ressemble aussi à une forme de mutualisation même sous couvert de préoccupations environnementales. L’idée d’une finance durable demeure cependant encore relativement vague.

 

 

 » Face au virus, la priorité absolue est de mobiliser et renforcer les systèmes sanitaires. Pour assurer la santé des populations, apporter un soutien immédiat aux citoyens et aux entreprises et éviter l’installation d’une crise économique durable1 2, les États préparent des plans de relance historiques, appuyés par l’action volontaire des banques centrales3.

Cependant, en visant le retour à la normale et en alimentant de manière indiscriminée4 des marchés financiers dopés de longue date aux énergies fossiles, cette réponse nécessaire pose les bases de crises futures sans soutenir en priorité les plus touchés. La Banque de France a le devoir de réagir pour protéger les Français et les Européens.

Au bénéfice des grandes entreprises

Ainsi, si l’intervention historique de la BCE5 permet sans aucun doute d’accroître la liquidité du marché, c’est avant tout au bénéfice de grandes entreprises, dont les majors des énergies fossiles, davantage présentes sur les marchés financiers et plus faciles à financer :

  • En l’état, les nouvelles opérations de refinancement de long terme ne peuvent cibler les prêts aux petites et moyennes entreprises6. Si tel est son objectif, l’Eurosystème devra se doter d’outils leur donnant accès à ces financements bancaires ;
  • L’intensification des rachats d’actifs d’entreprises – via le quantitative easing - ne bénéficie pas directement aux ménages et petites entreprises mais finance les plus grandes d’entre-elles7. Ce faisant, elle pourrait apporter jusqu’à 132 milliards de financement aux entreprises les plus polluantes8 ;
  • Rien ne permet d’assurer que les prêts accordés par les banques aux entreprises et ménages grâce aux mesures mises en place seront à taux réduit, pour ne pas pénaliser une future reprise d’activité ni alimenter, à terme, les dividendes des actionnaires du secteur bancaire.

De plus, l’abaissement des obligations de fonds propres et de liquidité, accordé à tous sans prendre l’exposition des banques à des risques climatiques clairement sous-estimés9, réduit la résilience du système financier. Un risque amplifié par le report de la mise en place de Bâle III10 et l’assouplissement des régulations nationales.

En résumé, nous sommes partis pour reproduire les mêmes erreurs que lors de la crise financière en 2008-2009.

Mais il n’est pas trop tard pour changer de cap. La situation est grave, et elle appelle à une action immédiate – mais prenons garde à ne pas sacrifier l’avenir. Alors que le changement climatique ne fera qu’accroitre la fréquence et l’intensité des événements tragiques imprévisibles telle que la pandémie de coronavirus11 12, assurer la santé et la sécurité des citoyens, la stabilité économique et financière, nécessite la réduction rapide de l’exposition et du soutien aux activités les plus polluantes.

Pour ce faire, il faut conditionner les politiques d’urgence afin de bien soutenir les petites et moyennes entreprises et les ménages vulnérables et d’exclure les entreprises les plus polluantes, particulièrement celles impliquées dans le charbon et le pétrole et gaz non conventionnels ou dans les énergies fossiles, dont l’essor remet directement en cause l’atteinte des objectifs climatiques. Afin de lutter également contre le risque d’insolvabilité, la piste d’un financement monétaire ou d’une remise en cause des dettes publiques détenues par les banques centrales de l’Eurosystème en échange d’investissements dans la transition écologique devrait également être étudiée.

Pilier de l’Eurosystème, la Banque de France peut devenir le fer de lance d’une conversion des banques centrales à la lutte contre le changement climatique. La Banque de France doit s’engager pour une sortie de crise socialement et écologiquement responsable, ouvrant la voie à une réorientation des financements vers des activités durables et solidaires. En demandant l’exclusion des énergies fossiles, avant tout du charbon et du pétrole et gaz non conventionnels, elle préparerait la révision stratégique de la politique monétaire de la BCE13 qui encadrera la contribution de celle-ci au développement de l’Europe pour les décennies à venir.

Le ministre de l’Economie et des Finances, qui s’est souvent positionné en faveur de la finance durable14, doit porter cette démarche à ses côtés. Membre clef de l’Eurogroupe, il peut montrer l’exemple en refusant le conditionnement des aides européennes à des mesures « d’ajustement macroéconomique » synonymes d’austérité, et en prônant leur utilisation dans des plans de relances nationaux compatibles avec le Green Deal européen15 et orientés vers l’objectif de neutralité carbone en 205016.

Soignons, protégeons les citoyens européens immédiatement, sans rendre cette tâche impossible dans le futur. Surmontons ensemble cette épreuve et faisons de cette crise, du drame, le ciment d’une société et d’une économie solidaire et durable.

___________________

Signataires :

Eric Alauzet, député

Dominique Bourg, philosophe

Valérie Cabanes, juriste et essayiste

Jérôme Deyris, économiste

Jean Gadrey, économiste

François Gemenne, chercheur

Thomas Lagoarde-Segot, économiste

François-Michel Lambert, député

Cécile Muschotti, députée

Bertrand Pancher, député

Philippe Quirion, économiste

Christophe Revelli, économiste

Xavier Ricard Lanata, éthnologue et philosophe

Jennifer de Temmerman, députée

Marie Toussaint, eurodéputée

Jean-Marc Zulesi, député

Coronavirus : trois mois après toujours pas de masque et de tests

Coronavirus : trois mois après toujours pas de masques et de tests

 

 

Il y a exactement trois mois que les premiers symptômes du Corona virus sont apparus en France. Et depuis trois mois on est toujours à la recherche des masques des tests et autre matériel médical. En fait, il est fort probable que le virus ait commencé à circuler en France début janvier. En Chine c’est à la mi-novembre que le Coron virus a fait son apparition. Dans la plupart des pays, on a commencé par nier l’existence même de la maladie, pour ensuite la minimiser enfin pour la reconnaître avec de un à trois mois de retard. Le pire c’est que quatre mois après l’apparition de la pandémie en France, les autorités avec l’appui complaisant de chapeaux à plumes de la médecine persistent en affirmant que le masque n’est pas d’une utilité prioritaire. Pour preuve Macron se baladait encore avec son entourage dans un supermarché en Bretagne cette semaine sans masque.

C’était le 24 janvier dernier, la ministre de la Santé de l’époque Agnès Buzyn confirme que la France, à son tour, présente des cas de coronavirus. Ce jour-là, les autorités évoquent trois patients hospitalisés au CHU de Bordeaux et à l’hôpital parisien Bichat qui étaient rentrés de Chine après avoir séjourné à Wuhan, la grande ville chinoise où cette nouvelle infection est apparue en décembre. L’un de ces malades âgé de 80 ans, arrivé en France le 23 janvier, va décédé le 14 février. Il s’agit du premier décès lié au coronavirus sur le sol français.

Le 24 janvier, puis le 8 février à Contamines-Montjoie en Haute-Savoie, puis le 25 février à Crépy-en-Valois ou à Creil dans l’Oise…. les cas se multiplient. A l’époque, on parle de « cluster », c’est-à-dire un regroupement de cas de covid-19 dans un territoire limité. Dans les jours qui ont suivi, il n’est plus possible pour les autorités d’établir les chaînes de contaminations, la France passe au stade 2: les cas se multiplient pour atteindre au moins 160.000 cas confirmés dans l’hexagone. Une chronologie qui pourrait ne pas être si évidente.

. La Chine, premier foyer de l’épidémie, a elle annoncé son premier mort le 11 janvier. Pourtant, le premier cas de Covid-19 sur le territoire est signalé à Wuhan dès le 17 novembre, selon le South China Morning Post. L’Organisation mondiale de la santé indiquait en janvier que les premiers cas lui ont été signalés le 31 décembre par la Chine. 

Plus rien ne sera comme avant après le Coronavirus

Plus rien ne sera comme avant après le Coronavirus

Laurent Silvestri, dirigeant de l’opérateur et spécialiste du cloud Destiny-OpenIP, et président du Club des dirigeants réseaux et télécoms (CDRT)  prévoit de profonds changements dans l’organisation technologies des entreprises après le Coronavirus ( chronique de la Tribune)

La vie de l’entreprise est faite d’adaptations successives et constantes, à son environnement, aux évolutions technologiques et réglementaires et enfin à la société et ses soubresauts. Comme un organisme vivant, elle doit constamment ajuster son mode de fonctionnement, car elle évolue dans un environnement dont elle se nourrit et qu’elle nourrit en retour. En temps normal, ces ajustements se font dans la durée, par l’exécution d’une suite de modifications, parfois importantes et d’autres fois par petites touches. Mais certaines mutations, au lieu d’être des suites de changements linéaires, s’apparentent à des sauts quantiques.

 

Les exemples abondent dans l’histoire de l’humanité : l’apparition de l’agriculture au néolithique (évolution technologique), d’hommes providentiels comme Périclès dans la Grèce antique (évolution réglementaire), et, plus proche de nous, la révolte de mai 68 (évolution sociétale). À chaque fois, l’entreprise s’ajuste, adapte ses standards puis reprend son cours, enrichie d’une technologie ou d’une expérience nouvelle. La loi de l’équilibre est universelle, elle s’applique avec la même précision, de la particule subatomique jusqu’aux galaxies et aux univers.

Étant un chef d’entreprise et un entrepreneur du 21ème siècle, j’ai vécu dans un tourbillon constant de réunions, de voyages, de rencontres, de réflexions stratégiques et de prises de décision. Mon esprit, constamment en mouvement, était tendu en permanence vers le futur et l’anticipation. Le présent n’était pour moi qu’un passage, une commodité qui me permettait de façonner l’avenir. Mais lorsque le confinement a remplacé le trop-plein par des périodes d’inaction, le présent s’est imposé à moi, silencieux et immobile.

La vacuité a remplacé la saturation, la fixité a fait place au mouvement. Et comme beaucoup d’entre nous, choqué par la perte d’un quotidien qui saturait ma conscience et mon agenda, je n’ai pas eu d’autre choix que de faire un retour sur moi-même, pour examiner la situation et voir si elle ne m’apprenait pas quelque chose sur le futur. Lorsque le vent tombe, le marin consciencieux reprise ses voiles et inspecte les cordages, les drisses et les haubans en prévision des prochaines tempêtes.

C’est dans la quiétude du confinement que j’ai pu mesurer toute l’étendue de notre fragilité. Nombre d’entreprises ont été prises de court par la brutalité et la soudaineté du confinement. Elles ont dû trouver les moyens de s’adapter rapidement. Certaines, qui avaient déjà mis en place des mécanismes de mobilité, entamé ou achevé leur transformation numérique, ont eu moins de mal à convertir leurs travailleurs en télétravailleurs. Les autres, celles qui étaient restées sur des modes de fonctionnement et des processus anciens, n’ont pas eu d’autre choix que de faire feu de tout bois, en utilisant les moyens du bord : les réseaux publics, des applications gratuites et les appareils personnels de leurs employés, en guise de systèmes d’information de fortune.

Il fallait assurer la continuité de leur activité, en acceptant tous les risques sécuritaires qui en découlaient. Pour le chef d’entreprise que je suis, la leçon est là. À présent que la glaçante bise pandémique fige l’économie et immobilise les collaborateurs à la maison, les avantages de la connectivité et d’une infrastructure robuste, sécurisée, apte à assurer des communications efficaces, nous sautent aux yeux. C’est lorsque l’urgence survient que l’on apprécie les décisions qui ont été prises pour la prévoir. La fourmi a toujours raison.

Et ce n’est pas le patron intéressé, d’une entreprise de communications dans le cloud, qui vous parle. J’ai passé assez de temps à prêcher auprès de chefs d’entreprises désintéressés, pour savoir qu’il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. À travers cette chronique, c’est le citoyen-entrepreneur qui a pris son bâton de pèlerin pour exhorter ses semblables à ne pas refaire les mêmes erreurs. C’est le terrien, soucieux du bien-être de ses pairs et de la planète, qui risque l’outrecuidante audace de prêcher de nouvelles pratiques, plus respectueuses des hommes et des trois règnes, minéral, végétal et animal, avec lesquels nous partageons cette boule de glaise qu’est la Terre. C’est le moment d’agir de manière décisive pour éviter un tel dénuement à l’avenir. Les crises ont cette vertu de décupler la volonté, et par là même, le tranchant des décisions.

Télétravail, une tendance qui va s’accentuer

Bien avant la crise du Covid-19, les tendances de la nouvelle société technologique, mobile et distribuée, ont commencé à émerger. Le nombre d’indépendants et de freelance a explosé et fait sortir le télétravail du placard où l’avaient remisé la méfiance et la force d’inertie. Jusqu’à présent, seuls 29% des Français ont eu droit au télétravail depuis l’ordonnance Macron de 2017, et encore, seulement quelques jours par semaine, mais 92% de ces télétravailleurs désirent continuer à pratiquer le télétravail. Ayant goûté au plaisir de remplir ses tâches professionnelles tout en restant chez lui, le télétravailleur confiné découvre à présent de nouvelles satisfactions. Il réussit à concilier ses deux sphères de vie les plus importantes, familiale et professionnelle. Nul doute qu’après la crise, nombre de travailleurs se mettront à leur compte et quitteront les grandes villes pour la quiétude de la campagne et des villes moyennes. Le confinement a réussi là où des années d’évangélisation ont échoué. Il suffit parfois d’un petit coup de pouce.

« Le télétravail, c’est tout bénef » devra être le slogan des années à venir : pas de déplacements, pas de rejets de CO2 et pas d’embouteillages coûteux, et des collaborateurs satisfaits de concilier deux vies dans des environnements de travail qu’ils auront choisi. Les études l’ont prouvé, la productivité est proportionnelle au niveau de satisfaction de celui qui produit. Contraints et forcés, les soupçonneux devront ravaler leurs arguments contre le télétravail, comme quoi il ne favorise pas la productivité, la communication et la collaboration, qu’il contraint à la mise en place d’infrastructures distribuées et donc à sécuriser, à l’élaboration d’une politique d’entreprise pertinente et juridiquement cohérente… Il aura suffi d’un minuscule virus pour balayer tout cela.

La vraie révolution technologique est devant nous

Après la crise du Covid-19, rien ne sera plus comme avant. Les médecins et les scientifiques nous mettent déjà en garde contre des retours sporadiques et imprévisibles du virus qui a mis à genoux l’économie mondiale. L’expérience que nous vivons actuellement va certainement accélérer des évolutions qui avaient de la peine à s’accomplir. Les spécialistes prédisent une accélération de la transformation numérique dans le privé et le public, l’intégration de plus d’agilité, donc des processus d’entreprise qui incluent le télétravail avec sa cohorte d’outils comme le collaboratif, les communications unifiées et les infrastructures distribuées.

C’est à ce prix que nous pourrons faire d’une pierre deux coups : reconstruire les circuits rompus (les chaînes de valeur et les chaînes d’approvisionnement entre autres) et offrir aux collaborateurs des modes de travail où la mobilité et le télétravail contribuent à la compétitivité et l’attractivité des entreprises. À la suite de cette expérience d’enfermement, les entreprises prendront pleinement conscience que les nouveaux modes de travail (travail à domicile, mais aussi environnement de travail flexible, réunions virtuelles tant avec des collègues qu’avec les partenaires et les clients) présentent de nombreux avantages, assortis de collaborateurs satisfaits et plus productifs, d’une réduction des coûts fixes, et de déplacements moins nombreux en France et à l’étranger…

En y intégrant le respect de l’environnement par l’adoption de circuits courts et de pratiques qui n’empoisonnent pas la nature, l’homme pourra enfin tourner la page issue de la révolution industrielle et passer à l’ère de l’exploitation responsable de son environnement. C’est en intégrant la technologie dans une vision durable que nous réussirons à pérenniser nos entreprises et leurs activités. La révolution technologique 1.0 est devant nous, car les versions précédentes n’étaient que des versions bêta.

Après la crise sanitaire, le prochain virus sera cyber». (Alain Bauer)

Après la crise sanitaire, le prochain virus sera cyber». (Alain Bauer)

Après la crise sanitaire prochain virus pourrait bien être cyber d’après Alain Bauer, spécialiste en gestion de crise et criminologue.( Chronique dans l’Opinion )

 

« Philip K. Dick, le grand auteur américain de science-fiction, est revenu à la mode. Le Maître du haut château, en version web-série, nous fait vivre un monde dystopique en nous proposant une réalité alternative, du dernier conflit mondial à nos jours. Les vainqueurs remplaçant les vaincus, ce qu’on pourrait appeler une « vérité alternative » selon Fox News.

Ce que nous vivons dans notre réalité ressemble de plus en plus à une nouvelle version de Blade runner, du même auteur, dessinant une sombre réalité confortant les effets de la théorie du chaos et d’un « effet papillon » démultiplié en myriade de conséquences sanitaires, sociales, économiques, industrielles.

Choisir la vie ou l’économie ? Refonder le monde ? Casser la croissance ? Ces questions vitales ne sont pas nouvelles. Souvent le conservatisme, qui n’est pas seulement une idéologie mais aussi une pulsion naturelle plus ou moins contrariée, résiste au changement des modèles.

La tradition gouvernementale du mensonge plus ou moins relatif, l’incapacité à répondre clairement à une question précise par peur de la panique ou d’avouer son ignorance, ce bouclier de la parole qui enfume plutôt qu’elle n’éclaire, ont réduit la capacité de conviction des appareils d’État. Le confondant spectacle des messages sur le port du masque ou l’utilité des tests restera gravé dans les mémoires physiques et informatiques de la population.

 

En même temps, l’outil internet a produit des milliers de citoyens enquêteurs allant du meilleur (Bellingcat) au pire (les innombrables trolls déchaînés, solitaires ou mercenaires qui inondent l’espace virtuel). C’est aussi dans ce monde-là que le prochain virus se prépare, s’élabore, se teste.

Outre les innombrables attaques informatiques contre des particuliers, des entreprises ou des institutions, pour vendre de faux produits, de faux médicaments, de faux masques, qui relèvent de l’escroquerie traditionnelle et nécessitent une participation active de la victime trop confiante ou trop insouciante, on assiste à une diffusion exponentielle – virale donc – des rançongiciels et prise de contrôle des équipements informatiques et des stocks de données.

Après des tests menés depuis la fin d’année dernière par des hackers déterminés et coordonnés, des opérations massives ont commencé début 2020 contre de nombreuses cibles privées ou publiques (notamment Bouygues Construction ou les services de Marseille Métropole). Récemment, des attaques ciblées ont touché des institutions médicales, des hôpitaux en première ligne contre le Covid-19. Erreur de débutant, nouveau test de solidité des défenses de sécurité, opération de « profiteurs de guerre » utilisant des technologies modernes ?

«Nous sortirons de la crise sanitaire. Nous allons entrer dans la crise cyber, ce monde dont notre niveau de dépendance croit exponentiellement et qui ne s’y est guère préparé»

En tout état de cause, Interpol, Europol et la Global initiative against transnational organized crime ont sonné l’alarme sur ce qui est en train de se produire. Mais qui n’est rien au regard de ce qui se prépare.

Outre les effets criminels, la révolution qui s’amorce sur la gouvernance d’internet, l’apparition d’un nouveau monde mieux contrôlé par les Etats (New IP), défendu notamment par Huaweï et qui ne l’est pas seulement par la Chine et ses alliés naturels.

La guerre d’internet continue pendant la crise épidémique. Non seulement sur la 5G, sur le traçage des individus, sur la neutralité du net, sur le contrôle des données, mais aussi sur la gouvernance de l’outil. Certains fonctionnent déjà en mode dégradé et pourraient se passer du réseau mondial. D’autres n’ont pas encore pris la mesure de leur dépendance. La prochaine épreuve de souveraineté dépassera en ampleur celle des masques, des respirateurs ou des réactifs.

Nous sortirons de la crise sanitaire, à un prix humain hélas élevé mais en ayant sauvé l’essentiel et préservé la vie de nombreux citoyens, plus ou moins jeunes.

Nous allons entrer dans la crise cyber, ce monde dont notre niveau de dépendance croit exponentiellement et qui ne s’y est guère préparé. En tout cas pas plus que pour la crise sanitaire et pandémique. On en voit les effets.

Il est plus que temps d’éviter la prochaine. Contre tous les virus. »

Alain Bauer, spécialiste des gestions de crise, est professeur de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers (équipe en émergence sécurité défense), à New York et à Shanghai.

Limitation des déplacements entre régions après le 11 mai

Limitation des déplacements entre régions après le 11 mai

D’après notamment France Info « Il faudra limiter les déplacements entre les régions après le 11 mai, c’est une évidence. Le Premier ministre l’a dit dimanche : c’est pas le retour à la vie d’avant », confie un conseiller ministériel à BFMTV. Un autre glisse quant à lui que la limitation des déplacements interrégionaux constitue une « hypothèse de travail ». 

Interrogée sur la question ce mercredi lors du point de presse de sortie du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a dit « ne pas confirmer ces éléments ». « Nous sommes de manière active de en train de travailler a cette stratégie de confinement », a-t-elle ajouté. 

L’une des pistes examinées par le gouvernement est ainsi de ne proposer dans un premier temps qu’une offre limitée de trains et d’avions, avant de faire progressivement repartir le trafic. Les autorités pourraient aussi exiger des Français qu’ils justifient leurs déplacements par un motif sérieux, en établissant des contrôles dans les gares comme au début du confinement. 

 

Deuxième vague de reconfinement après le 11 mai

Deuxième vague de reconfinement après le 11 mai

Il  n’est pas impossible qu’on assiste à une seconde vague de crise sanitaire moins importante peut-être mais réelle, comme en Chine par exemple. Le gouvernement n’exclut donc pas la possibilité d’une nouvelle phase de reconditionnement après le 11 mai. «  il ne faut pas remettre en cause cet effort par un retour trop précipité ou une volonté de dire ‘tout ça est derrière nous’», a encore prévenu le chef de l’État, depuis le magasin «Super U» de la commune de Saint-Pol-de-Léon.

Selon Emmanuel Macron, «le confinement (…) a évité que (le virus) se diffuse partout dans le pays». «C’est pour ça qu’il faut, partout, être très prudent. Et c’est vrai qu’il y aura peut-être, sur certains sujets, des étapes qui pourront se passer plus vite dans les endroits où le virus ne s’est pas répandu », a-t-il détaillé, invitant les Français à «garder les éléments de la prudence» et à «garder tout ce qu’on a appris à faire, tant que le virus tourne dans le pays» et en Europe.

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