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L’hôpital public encore affaibli après la crise

 L’hôpital public encore affaibli après la crise

 

Les engagements du plan Ma santé 2022 et les efforts financiers promis par le gouvernement n’auront d’effets que dans un futur lointain et ne suffiront ni à enrayer le dépérissement de l’hôpital public ni à résoudre la crise des vocations, s’inquiète un collectif de médecins dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. 

 

Malgré des centaines de milliers de vies humaines sauvées, malgré deux réformes (Plan santé 2022 et Ségur de la santé) et des dizaines de milliards d’euros mobilisés, ne nous méprenons pas, l’hôpital public va sortir essoré de cette crise sanitaire.

L’hôpital public français tel que nous le connaissons aujourd’hui, a été façonné à la suite des ordonnances Debré de 1958. Cela nous a permis d’avoir parmi les meilleurs hôpitaux au monde jusqu’au début des années 1990 sous l’égide des médecins « mandarins » (pourtant décriés). La recherche était de notoriété internationale et les meilleurs internes des hôpitaux espéraient une carrière hospitalière, en tant que praticien hospitalier (PH) ou professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH).

Dès les années 2000, un certain nombre de PH ont quitté l’hôpital public qui a ainsi perdu une partie de sa cheville ouvrière. Ces départs ont été suivis par la démission de PU-PH de CHU en direction du privé, événement inimaginable quelques années auparavant. Ainsi, le dépérissement de l’hôpital public n’est pas récent et s’est déroulé progressivement sur les vingt dernières années.

 

Tous les soignants sont malheureusement concernés par cette situation hospitalière déplorable. En témoignait leur mouvement de protestation virulent quand ils ont jeté leurs blouses devant les directeurs administratifs lors des vœux de janvier 2020. Mais ces protestations étaient inaudibles. Le terme de « pleurniche hospitalière » a même été associé à leurs revendications le 12 mars 2020 par un journaliste ! Une semaine à peine avant le premier confinement…Avec les vagues épidémiques, épuisantes physiquement et psychologiquement, les soignants espéraient un changement radical du système de santé. Mais le plan Ma santé 2022 (Communauté professionnelle territoriale de santé, reprise de dettes…) n’aura d’effet qu’à un horizon lointain tandis que le Ségur de la santé est considéré comme un échec par les syndicats et les collectifs de médecins.

 

Pourtant, l’hôpital public va bénéficier d’un effort financier colossal inédit depuis des décennies : augmentation salariale du personnel non médical, rattrapage en investissements… Mais le Ségur de la santé améliore insuffisamment la rémunération des médecins et ne change que marginalement l’organisation et la gouvernance de l’hôpital (même si les quelques évolutions sont positives). Un guide « pour mieux manager » est même diffusé par le ministère… Les Groupements hospitaliers de territoire (GHT) continuent à déployer leur surcouche administrative et à déshabiller les petits centres.

Après la débâcle en Afghanistan, quel bouclier américain ?

Après la débâcle en Afghanistan, quel bouclier américain ?

 

Après la débâcle en Afghanistan, la présence américaine amène des pays notamment  d’Asie à s’interroger sur leur dépendance vis-à-vis des Etats-Unis.

(Article du monde, extrait)

 


L’onde de choc de la débâcle américaine amène pourtant des pays notamment d’Asie à s’interroger sur leur dépendance envers les Etats-Unis, qui s’avère une garantie de sécurité insuffisante s’ils ne disposent pas eux-mêmes de capacités pour se défendre et, surtout, s’ils ne se ménagent pas d’autres options que le suivisme. C’est moins la fiabilité de l’engagement américain que les décisions unilatérales de Washington qui inquiètent Séoul et Tokyo.

Des raisons durables à la présence américaine en Corée du Sud et au Japon écartent l’hypothèse d’un retrait : la guerre de Corée, suspendue à un simple armistice en 1953 – ce qui en fait le plus long conflit où sont impliqués les Etats-Unis –, et la menace nucléaire du Nord, qui dispose désormais de capacités intercontinentales. Le Japon, lui, reste la « clé du Pacifique » pour contenir la Chine, comme au moment de la guerre froide.

Vu de Séoul et de Tokyo, le retour des talibans à Kaboul ne suscite pas les mêmes inquiétudes qu’aux Etats-Unis et en Europe sur la résurgence d’un foyer terroriste : « Contrairement aux puissances occidentales, la Corée du Sud n’a pas d’intérêt stratégique en Afghanistan », estime Ku Mi-seon, de l’université de l’Ohio (Etats-Unis). Pour Masayuki Tadokoro, de l’université Keio, à Tokyo, « le Japon n’ayant jamais été une cible du terrorisme islamiste, le retour au pouvoir des talibans n’a pas d’implications géopolitiques pour Tokyo, sinon par son effet sur les relations entre la Chine et les Etats-Unis ».

Au lendemain d’une autre défaite des Etats-Unis – la chute de Saigon, en 1975, au terme de la guerre du Vietnam –, la Corée du Sud et le Japon, qui avaient été les bases arrière de l’offensive américaine, avaient cherché à rebattre les cartes. Le président sud-coréen, Park Chung-hee, avait lancé un programme clandestin d’armement nucléaire – auquel Washington mit le holà – et le Japon avait ouvert le spectre de sa diplomatie en signant, en 1978, un traité de paix et d’amitié avec la Chine, après avoir normalisé les relations entre les deux pays en 1972.

Après l’Afghanistan… Européens, réveillons-nous !

Après l’Afghanistan… Européens, réveillons-nous ! 

 

Bernard Guetta, Député européen (groupe Renaissance), estime qu’après la débâcle américaines en Afghanistan que les Européens doivent rapidement prendre en main leur sécurité face aux menaces russes ou chinoises dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

Disons-le, froidement, mais tant pis. La fuite éperdue des Français d’Algérie avait été autrement plus atroce que ces moments d’horreur à Kaboul. A Saïgon, c’est devant le bloc communiste que les Etats-Unis perdaient la bataille et on ne compte plus les attentats comme ceux de jeudi depuis le 11-Septembre. Il n’y a rien de vraiment neuf dans la capitale afghane, sauf que le monde voit soudain là ce qu’il savait déjà sans avoir voulu le réaliser.

 

Chacun savait que les temps de la toute-puissance américaine s’étaient achevés, qu’ils n’avaient sans doute été qu’illusion et qu’au regard du défi chinois, tout semblait désormais secondaire aux Etats-Unis. On le savait depuis que Barack Obama avait fermé les yeux sur les crimes de Bachar Al-Assad. On avait eu du mal à ne pas l’entendre dans l’« America first » de Donald Trump, mais c’était Trump, voulait-on se dire, alors que là c’est un vieux routier des affaires du monde, Joe Biden, un homme formé dans la guerre froide, qui met officiellement fin au siècle américain en abandonnant l’Afghanistan à l’obscurantisme des talibans et au djihadisme de Daech.

 

Alors oui, devant ces foules de Kaboul déchiquetées par les bombes et ravagées par le désespoir, devant la détermination avec laquelle la première puissance du monde se retire d’un pays qu’elle avait prétendu rebâtir depuis vingt ans, le monde est pris de vertige, car il ne peut pas ne pas entendre le message que lui envoie ce moment.

Bon ou mauvais, il n’y a plus de gendarme. Il n’y a plus de parapluie, plus de protection assurée, plus d’alliances en béton, mais une Amérique qui se détourne du monde pour se tourner sur elle-même, investir à tour de bras dans sa modernisation, économiser les dollars et les hommes dont elle aura besoin pour ne pas céder la première place à la Chine et laisse l’Europe, l’Afrique et le Proche-Orient à l’incertitude d’équilibres et de rapports de force à repenser entièrement.

Alors, réveillons-nous !

Plutôt que de perdre notre temps à nous disputer sur l’accueil des réfugiés afghans, demandons-nous, nous les Européens, si nous sommes vraiment certains de la réaction des Etats-Unis au cas où Vladimir Poutine marcherait sur Kiev ou annexerait l’Ukraine orientale dans l’espoir de se refaire une popularité.

 

Interrogeons-nous et nous devrons nous avouer que nous ne sommes certains de rien après que George W. Bush se fut mis aux abonnés absents, en 2008, lorsque la Russie envahissait la Géorgie, que Barack Obama n’eut pas bougé, en 2013, face à l’emploi d’armes chimiques par le régime syrien et que Joe Biden brave maintenant l’humiliation nationale pour se retirer de Kaboul à tout prix.

Afghanistan: après la débâcle qu’elle approche européenne commune ? (Manfred Weber)

Afghanistan: après la débâcle qu’elle approche européenne commune ? (Manfred Weber)

 Pour  Manfred Weber député allemand au Parlement européen, président du groupe Parti populaire européen (PPE),  face au flux migratoire prévisible, « il est fondamental que les Etats membres s’accordent sur une approche commune », plaide notamment le président du groupe PPE au Parlement européen(Tribune dans l’Opinion)

Débâcle. Chaos. Désastre absolu. Tragédie. Les mots manquent pour décrire les événements qui se trament en Afghanistan depuis que, au cœur de l’été, nous avons appris, ébahis, la prise de Kaboul, en à peine dix jours, par les Talibans.

Alors que le délai accordé pour les évacuations touche à sa fin, et que grâce au courage de nos forces présentes sur le terrain, les personnes devant être évacuées ont, pour la plupart, pu être mises à l’abri, des questions importantes devront être posées très prochainement, à nos amis américains notamment : comment est-il possible qu’après les milliards d’euros investis, l’envoi de tant de nos soldats et de personnel civil, l’Afghanistan se soit effondré si rapidement ? Comment une armée de 300 000 hommes, financée par la première puissance mondiale, a-t-elle pu se rendre sans combattre ? Comment se fait-il que nous ayons été, à ce point, pris de court ?

Par ailleurs, nous devons, de toute urgence, mener une réflexion approfondie sur les conséquences, pour l’Europe, de la situation en Afghanistan, et sur les actions à prendre. Celle-ci devra s’articuler autour de trois axes.

Tout d’abord, la débâcle occidentale en Afghanistan a mis en lumière de manière crue la très grande dépendance des Européens vis-à-vis des Etats-Unis. La situation créée par le retrait des troupes américaines et la mise au pied du mur des Européens par leurs alliés montrent bien que l’Europe ne peut plus compter sur les Etats-Unis pour jouer le rôle de gendarme du monde. Il est temps pour l’Europe de prendre son destin en main et d’assurer sa sécurité par elle-même. C’est pourquoi nous devons de toute urgence renforcer notre défense européenne commune.

Age noir. Deuxièmement, on peut désormais craindre un afflux massif de migrants (500 000 en 2021, selon l’ONU). Si nous, Occidentaux, avons le devoir moral de protéger et accorder l’asile aux ressortissants afghans qui ont travaillé pour nous, une chose est également très claire : l’Europe n’a pas vocation à accueillir toutes les personnes qui cherchent à fuir le régime des Talibans. Nous devons tout faire pour éviter une nouvelle vague migratoire similaire à celle que nous avons connue en 2015. Il nous faudra pour cela travailler en partenariat étroit avec les pays du voisinage de l’Afghanistan, afin que des solutions puissent être trouvées pour les réfugiés. Il est fondamental que les Etats membres s’accordent sur une approche commune.

Enfin, alors que l’ère de deux décennies d’expérience démocratique en Afghanistan touche hélas à sa fin, la responsabilité de la communauté internationale est de tenter de préserver les progrès majeurs qu’ont représenté les vingt dernières années en matière de droits des femmes et d’accès des filles à l’éducation dans le pays. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir et faire pression sur le nouveau régime pour éviter aux femmes afghanes un retour à l’âge noir du premier règne des talibans.

Manfred Weber est député allemand au Parlement européen, président du groupe Parti populaire européen (PPE). Retrouvez sa chronique chaque semaine sur lopinion.fr en alternance avec celle de Dacian Ciolos, président du groupe Renew Europe.

 

 

Après l’Afghanistan, un rebond du terrorisme islamique

Après l’Afghanistan, un rebond du terrorisme islamique

Pour l’ancien juge antiterroriste Marc Trévidic, l’Afghanistan va redevenir un lieu d’attraction pour tous les salafistes européens, comme avant le 11 septembre 2001( dans l’Opinion, Extrait)

 

Président de la chambre à la cour d’appel de Versailles après avoir été, entre 2006 et 2015, juge d’instruction s au pôle antiterrorisme du tribunal de grande instance de Pari, Marc Trévidic est l’auteur de Le roman du terrorisme paru chez Flammarion en novembre 2020.

Que vous inspire la découverte de talibans infiltrés parmi les réfugiés accueillis en France ?

La notion de « taliban » est large, entre les différentes factions existantes et tous les chefs tribaux. Il y a des guerres intestines. Certains des réfugiés en question sont sans doute recherchés par leurs propres troupes parce qu’ils ont aidé les forces gouvernementales, qu’ils ont trahi ou pris de l’argent dans la caisse, mais j’imagine mal les talibans en tant qu’organisation vouloir infiltrer des agents dormants en Europe pour l’instant. Je ne vois pas trop leur intérêt, au moins pour les deux ans à venir. Ils devraient se tenir à carreau le temps de prendre totalement les rênes en Afghanistan. On a vu déjà, par le passé, dans le flot des réfugiés venus de Syrie et d’Irak, des terroristes passés successivement par al-Nosra, puis par l’Etat islamique et par Ahrar al-Cham en Syrie qui n’étaient plus dans les bons papiers des cheiks ayant pris le pouvoir. Tous n’en demeurent pas moins des fondamentalistes religieux et de potentiels terroristes.

Faut-il craindre que l’Afghanistan redevienne une base pour les terroristes ?

Toute partie du monde perçue comme une terre de « vrai islam » où l’on applique la charia représente une attraction pour les salafistes-jihadistes européens. Si on leur ouvre la porte, ils vont s’y rendre. Une fois là-bas, le régime en fera ce qu’il veut : les entraîner militairement – pas forcément sous la forme de camps à ciel ouvert comme avant le 11 septembre 2001 –, continuer leur formation idéologique, etc. Ils peuvent servir, à un moment donné, des intérêts stratégiques des talibans ou des pays qui les soutiennent et être envoyés organiser des attentats dans certaines parties du monde. L’idée que des Français vont retourner sur cette terre – il y en a eu un paquet par le passé – et être chapeautés par des extrémistes religieux représente un danger. Cela donne aussi un souffle à l’idéologie qui peut disparaître petit à petit quand il ne se passe rien. On a vu ce qu’avait donné la proclamation du califat avec un exode massif des salafistes européens. Cela étant, l’Afghanistan est un peu moins accessible que la Syrie et l’Irak. Il faut crapahuter pour s’y rendre, il ne suffit pas d’un billet d’avion à 230 euros. Heureusement, on a les moyens d’éviter un exode massif. Cela se fera par petits nombres. Parmi les derniers dossiers que j’ai traités, une demi-douzaine de terroristes dont Mohammed Merah (responsable des tueries de Toulouse et Montauban en 2012) avaient été formés au Waziristan, région tribale à la frontière du Pakistan et de l’Afghanistan.

A quel point le Pakistan est-il impliqué?

C’est un pays ami des talibans. Au moins la moitié de la hiérarchie des services de renseignement pakistanais (l’ISI, qui emploie 800000 personnes et fait la pluie et le beau temps dans le pays) est historiquement proche des chefs talibans. Le Pakistan est toujours partant pour déstabiliser l’Inde, comme on l’a vu par le passé quand al-Qaïda a été utilisé au Cachemire pour des actions terroristes. Tout le monde occidental sait que le Pakistan n’est pas un véritable allié. C’est un Etat très instable disposant de l’arme nucléaire, qu’on laisse agir parce qu’il n’y a pas le choix.

François Baroin après avoir dit non à 2022 quitte aussi l’AMF

François Baroin après avoir dit non à 2022 quitte aussi l’AMF

 

Une très mauvaise nouvelle pour la droite qui se prive sans doute de la personnalité la plus compétente est la plus équilibrée. En effet François Baroin a longtemps représenté les espoirs des républicains dans la course aux présidentielles. Mais l’intéressé a plusieurs fois refusée de s’engager dans cette voie et le nonpour 2022 semble vraiment définitif.En outre il vient d’annoncer quitter la présidence de l’association des maires de France (AMF)

 

Contrairement à beaucoup d’autres, François Baroin tient toujours des propos mesurés et pertinents. En outre, il bénéficie d’une sérieuse expérience politique. Sans doute des conditions qui ne correspondent pas tout à fait à la demande politique d’aujourd’hui qui préfère l’aventure et  la démagogie. La discrétion et la compétence ne semble pas des critères déterminants aux yeux des Français qui préfèrent des grandes gueules quitte à se retourner contre elles quand elles accèdent au  pouvoir. C’est de cette manière qu’ont pu être élue par exemple Sarkozy, Chirac ou encore Macron .

 

Finalement peut-être que les Français choisissent un président qui leur ressemble fort en gueule mais faible en détermination et en action.

Marseille : trois morts après règlement de comptes

Marseille : trois morts après règlement de comptes

Complètement gangrenée par le trafic de drogue, Marseille additionne les règlements de compte et les tueries y compris entre enfants. Ce week-end, trois hommes, connus pour trafic de produits stupéfiants, sont décédés dans deux probables règlements de compte à Marseille dans le 14e arrondissement, un quartier très pauvre.

Par ailleurs un autre homme a été victime d’un règlement de compte dans le quatrième arrondissement.

Reprise économique après Covid : très contrastée dans le monde

Reprise économique après Covid : très contrastée dans le monde

 

Le directeur de la recherche de Natixis, Jean-François Robin, confirme, dans une tribune au « Monde », que l’épidémie de Covid-19 est un redoutable accélérateur des inégalités entre pays développés et émergents.

 

Tribune.

 

 La reprise sera inégale, comme viennent de le confirmer les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI), qui révise à la hausse la croissance des pays développés et réduit d’autant celle des émergents. L’écart entre les Etats bénéficiant d’une politique de vaccination efficace et les autres va se creuser inéluctablement. Et les « gagnants » de la première vague, comme le Vietnam ou l’Australie, sont désormais à la traîne et n’ont d’autre choix que de refermer leurs frontières faute de vaccination suffisante. L’Asie, première à être entrée dans la crise sanitaire, pourrait finalement être la dernière à en sortir (à l’exception notable de la Chine, avec 1,5 milliard de personnes vaccinées), alors que l’Europe, lente à se mettre en ordre de marche, a rattrapé les Etats-Unis pour atteindre les 70 % de primo-vaccinés.

 

La reprise sera ainsi plus forte dans les pays vaccinés, à même de rouvrir sans mettre en danger leur système de santé. La France devrait connaître une croissance de 5,5 % quand la Thaïlande devrait se rapprocher de 1 %. Les pays développés vont retrouver leur niveau de produit intérieur brut (PIB) beaucoup plus vite que les émergents (en moyenne deux ans, soit un temps très court pour les premiers par rapport à la crise de 2008 – cinq ans), alors que, parmi les seconds, seuls 40 % y parviendront.

La pauvreté a fortement augmenté, on estime désormais que 125 millions de personnes vivent avec moins de 1,90 dollar par jour ; et la malnutrition est passée de 135 millions de personnes touchées en 2019 à 165 millions en 2020, selon la Banque mondiale.

La croissance potentielle, et donc le futur, sera davantage affectée dans les pays les plus touchés, bien souvent à bas revenus, du fait à la fois d’un moindre soutien budgétaire – les pays riches ont pu mobiliser quasiment quatre fois plus de soutien budgétaire que les émergents et huit fois plus que les plus pauvres –, d’une surmortalité plus élevée, d’un choc sur l’éducation – les dommages à long terme sur le niveau d’éducation seront plus marqués là où les écoles ont été fermées le plus longtemps –, et de la rémanence du choc. Un article de Francesco Bianchi, Giada Bianchi et Dongho Song (The Long Term Impact of the Covid 19, NBER) estime que, avec le chômage, la surmortalité va perdurer pendant les quinze prochaines années aux Etats-Unis et chiffre à 800 000 le nombre de décès associés (suicide, alcoolisme, drogue, etc.).

Après l’accord fiscal , d’autres accords sont nécessaires au plan mondial dans de nombreux domaines

 Après l’accord fiscal , d’autres accords sont nécessaires au plan mondial  dans de nombreux domaines

 

 

L’accord de juillet réformant la fiscalité internationale sur les entreprises doit ouvrir la voie à d’autres actions multilatérales sur l’accès aux vaccins, le climat, la sécurité des données ou les normes technologiques, soulignent, dans une tribune au « Monde », Josep Borrell, vice-président de la Commission européenne, et Paolo Gentiloni, commissaire européen à l’économie.(Extrait)

 

Tribune. 

 

Au cours des dernières années, le multilatéralisme a été placé sur la défensive. Dans un contexte mondial devenu plus multipolaire que multilatéral, la concurrence entre Etats semble l’emporter désormais sur la coopération. L’accord mondial, conclu récemment pour réformer la fiscalité internationale sur les entreprises, montre cependant que le multilatéralisme n’est pas mort.

On ne peut toutefois pas dire non plus qu’il se porte bien. Si la mondialisation s’est poursuivie pendant la pandémie de Covid-19, bien que de manière plus inégale qu’auparavant et malgré un sentiment d’isolement accru au sein des populations, les interdépendances sont devenues plus conflictuelles que jamais. Même le « soft power », la « puissance douce », est utilisé désormais comme une arme : les vaccins, les données et les normes technologiques deviennent à leur tour des instruments de concurrence politique.

Démocratie menacée

Le monde devient également moins libre. La démocratie elle-même est menacée, dans le contexte d’une bataille de communication pour déterminer quels systèmes politiques et économiques sont les mieux à même de produire des résultats pour leurs citoyens.

L’Union européenne (UE) continue, pour sa part, de croire en un monde prévisible fondé sur un multilatéralisme basé sur des règles, sur des marchés ouverts, sur des échanges à somme positive et sur la justice sociale et la solidarité, et elle continuera d’œuvrer à sa mise en place.


Nous demeurons convaincus que seule une coopération mondiale permettra de relever les principaux défis auxquels nous sommes confrontés actuellement, qu’il s’agisse de combattre les pandémies ou de lutter contre le changement climatique. L’UE continuera par conséquent de jouer un rôle moteur pour relancer le multilatéralisme afin de montrer à nos citoyens les avantages concrets d’un concept qui peut sembler aride et technocratique.

En effet, l’alternative à une telle action multilatérale, à savoir faire cavalier seul, aurait pour effet un accès réduit aux vaccins, une action climatique insuffisante, des crises sécuritaires qui s’aggravent, une régulation inadéquate de la mondialisation ainsi qu’un accroissement des inégalités à l’échelle mondiale. Aucun pays, même le plus grand, ne peut réussir seul. C’est pour toutes ces raisons que l’Italie, à juste titre, a placé le multilatéralisme au premier rang des priorités du programme de sa présidence actuelle du G20.

 

Cependant, l’UE ne peut pas se contenter de faire valoir ses antécédents en matière de multilatéralisme. L’Europe doit démontrer qu’une action multilatérale peut produire des résultats pour tous si chaque pays s’investit dans cette action. C’est précisément ce que permet le nouvel accord fiscal mondial.

Parti socialiste 2022–Après Hidalgo, Stéphane Le Foll candidat

Parti socialiste 2022–Après Hidalgo, Stéphane Le Foll candidat

Après Hidalgo, Stéphane le Foll est candidat pour le parti socialiste. Il exige une primaire dans le JDD (interview, extrait)

Interview

Pour vous, il faut conserver la primaire?
La primaire figure dans les statuts du PS! Par le passé, on a connu le vote Jospin-Emmanuelli de 1995, tranché par les militants ; puis, en 2006, la primaire des adhérents à 20 euros, à 300.000 votants, remportée par Ségolène Royal ; et enfin celle de 2011, élargie à 3 millions de personnes, qui avait désigné François Hollande… Sur le fond, cette primaire doit avoir lieu ; sur la forme, il doit y avoir un débat et un choix des militants. Au PS, le parti de la démocratie interne, on serait les seuls à ne pas avoir un processus de désignation démocratique ? Soyons sérieux. J’entends dire que des modifications statutaires pour supprimer la primaire vont être présentées au congrès. Ce serait incompréhensible, scandaleux et dangereux.

Vous serez donc candidat?

Oui. Je suis candidat pour porter une ligne et un projet.

La vérité, c’est que tout est complètement verrouillé. A commencer par le prochain congrès, en septembre

Vous accusez le premier secrétaire, Olivier Faure, de vouloir escamoter la primaire?
Oui. Il a même proposé un conseil des sages pour désigner le ou la candidate ! Mais qui sont les sages? Je me pose la question… C’est contraire à l’histoire démocratique du PS. La vérité, c’est que tout est complètement verrouillé. A commencer par le prochain congrès, en septembre. Mais combien de militants reste-t‑il réellement? Entre 20.000 et 30.000 au maximum, me dit-on. Et dans ce contexte, Olivier Faure s’est rangé derrière la candidature d’Anne Hidalgo uniquement pour se maintenir à la tête du PS.

Soutiendrez-vous la motion d’Hélène Geoffroy, qui se présente face à Olivier Faure pour le poste de premier secrétaire?
Oui.

Ne vous sentez-vous pas un peu seul dans votre propre parti?
Si, un peu. Déjà, à l’époque du congrès d’Aubervilliers, j’avais alerté sur la nécessité de ne pas s’effacer et, au contraire, sur l’importance qu’il y avait à affirmer la place que nous souhaitions prendre à gauche vis‑à-vis des écologistes. Mais c’est exactement le contraire qui a été fait.

Après les élections régionales de juin, Olivier Faure a tout de même changé de pied, réaffirmant davantage le leadership socialiste…
Ça confirme que j’étais seul mais que j’avais raison! Aux régionales, tous les vainqueurs ont bénéficié d’une prime aux sortants. Il n’y a plus de cadre politique au niveau national, les gens se raccrochent à celles et ceux qu’ils connaissent. Ça confirme la position que j’ai défendue depuis trois ans : pour mener un débat politique, il faut s’affirmer, pas s’effacer. Si on s’efface, on ne risque pas d’avoir des électeurs. Carole Delga en Occitanie, Alain Rousset en Nouvelle-Aquitaine, Loïg Chesnais-Girard en Bretagne n’ont même pas passé d’accords avec les écologistes au second tour et ont été réélus facilement. Donc je vais continuer à exprimer mes positions. Et j’ai des choses à dire.

Nous dénonçons ce qui se passe chez les Verts, mais qu’est-ce qui se fait, en positif, chez nous ?

Que reprochez-vous, au fond, à la candidature Hidalgo?
Elle a des atouts, indéniablement. Mais je lui reproche notamment des choix hasardeux aux régionales. Celui d’Audrey Pulvar pour la tête de liste en Ile-de-France n’était pas tout à fait conforme à l’idée d’une affirmation sociale-démocrate. On a besoin de clarification. Nous dénonçons ce qui se passe chez les Verts, mais qu’est-ce qui se fait, en positif, chez nous ? Si les écologistes ont un problème avec la République, il faut affirmer nos positions sur la laïcité, la sécurité, l’ordre public. On ne peut pas se limiter à critiquer les autres sans dire ce qu’on porte, nous. C’est ce qui manque aujourd’hui.

Comment l’expliquez-vous?
Le PS n’a pas travaillé ces dernières années. Il a passé son temps à ériger en principe essentiel la question de l’alliance et du rassemblement. Il a même considéré que, comme le quinquennat de Hollande était une erreur, il fallait s’effacer pour rebondir ensuite. La réalité, c’est que les socialistes sont les seuls capables de rassembler au-delà du socle écologiste. C’est ce que montrent les résultats des régionales. Il n’y a pas de dynamique pour les écologistes capables de faire gagner la gauche. Les Verts ont un angle mort sur les classes populaires et moyennes, car la manière dont ils abordent la question écologique n’est pas acceptable pour les couches insécurisées. J’en reviens à mon grand projet : celui d’une France durable, en termes économique, écologique et social, qui ne remet pas en question le développement des générations futures. Nous l’avons oublié. Il faut revenir à nos fondamentaux et les affirmer.

Jean-Luc Mélenchon est, lui, officiellement candidat, et en tête dans les sondages à gauche. Quel regard portez-vous sur sa candidature?
Son programme est adapté pour capter une partie de la colère, mais ça ne permet pas de gouverner. Le problème de Mélenchon, c’est qu’il ne peut pas gagner la présidentielle. Il n’aura pas la capacité de pouvoir rassembler 50% des Français et au-delà.

Climat : après la crise sanitaire le risque d’un retour au monde d’avant«( Thibault Lamarque)

Climat : après la crise sanitaire le risque d’un retour au monde d’avant«( Thibault Lamarque)

 

« Le risque de revenir au “monde d’avant”, si l’on n’y prend pas garde, est réel Estime Thibault  fondateur et président de Castalie.(Tribune dans l’Opinion)

Fondateur et Président de CASTALIE, esttengagé depuis dix ans pour mettre fin à la folie des bouteilles
en plastique – véritable fléau de notre époque. Laméthode : proposer des alternatives durables et
zéro déchet à l’eau en bouteille. Depuis 2011, plus de 100 millions de bouteilles en plastique ont été évitées grâce à nos fontaines dans les hôtels, restaurants et entreprises

Tribune

 

Cela n’a échappé à personne, surtout avec l’ouverture de l’Euro 2021 : les terrasses de café ont rouvert en France. Entre averses et éclaircies, elles ont été naturellement prises d’assaut par des Français en sursis social depuis 14 mois, et pour partie mieux protégés par la vaccination. Tout à la joie légitime d’un présent retrouvé, on n’y a guère parlé de ce « monde d’après » qui avait tant occupé le débat public pendant le premier confinement du printemps 2020.

Le risque de revenir au « monde d’avant », si l’on n’y prend pas garde, est réel. La pandémie et les stratégies adaptatives qui en ont découlé nous ont pourtant livré des enseignements constructifs, positifs, qu’il est capital de cultiver si l’on souhaite faire face à la prochaine vague qui va profondément heurter nos sociétés : le réchauffement climatique. Ce dernier progresse, de façon inexorable – malgré les objectifs historiques fixés par l’Accord de Paris, non tenus. Nous en avons chaque jour la preuve : canicules, manque d’eau, mouvements migratoires, risques sanitaires… Le dernier rapport alarmant du GIEC dont le contenu vient d’être dévoilé note que « La vie sur terre peut se remettre d’un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes. L’humanité ne le peut pas. »

La COP26 programmée en novembre à Glasgow est attendue comme « celle de la dernière chance », qui devrait voir les nations raffermir les cibles et méthodes pour contenir les émissions de gaz à effet de serre. L’espoir est permis, avec notamment le retour des États-Unis dans le concert multilatéral et environnemental. Mais la main n’est pas qu’aux seuls États : il revient à chacun de nous – citoyens, société civile, entreprises, de faire notre part.

La crise sanitaire a montré quelque chose d’essentiel : notre capacité d’émancipation, de changement rapide, collectif et individuel. Nous ne devons pas l’oublier. En quelques semaines, nous avons été capables de nous mobiliser de façon inédite, d’être incroyablement créatifs, de modifier nos modes de vie à l’échelle mondiale. Jamais l’on aurait cru un tel changement possible, surtout aussi vite : l’essor des mobilités douces, la volonté de consommer moins mais mieux, le retour au local qui se généralise depuis les premiers confinements n’en sont que quelques exemples. Les consciences des citoyens-consommateurs se sont définitivement éveillées à la fragilité des écosystèmes humains et naturels, et à la nécessité d’adopter des modes de consommation et de production durables. Les entreprises et leurs dirigeants, extrêmement attendus pour participer à cette transition économique, écologique et sociale, ont pour nombre d’entre eux commencer à faire pivoter leurs modèles d’affaires pour les inscrire dans les limites planétaires.

Avec les entreprises purpose native, l’offre, les process, le rapport aux ressources, aux communautés de parties prenantes, l’organisation même de l’entreprise sont pensés d’emblée pour contribuer positivement au monde

Ici, les situations sont contrastées suivant le secteur, l’histoire, le statut, l’actionnariat de l’entreprise. Les groupes historiques, forts déjà de structures et de cultures hérités d’années de développement, doivent emprunter la voie de la transformation. Celle-ci suppose des arbitrages difficiles, entre renoncements industriels à court terme, et résilience et croissance dans le temps. Elle ne peut être portée que par des dirigeants visionnaires, courageux, qui doivent faire œuvre de pédagogie pour embarquer avec eux leurs équipes et l’ensemble de leurs parties prenantes.

. La seconde voie est celle des entreprises purpose native, c’est-à-dire motivées et conçues dès l’origine pour le sens. C’est le cas de Castalie : l’offre, les process, le rapport aux ressources, aux communautés de parties prenantes, l’organisation même de l’entreprise sont pensés d’emblée pour contribuer positivement au monde. Pour entraîner à l’échelle la mutation des modèles économiques et sociaux, ces entreprises à impact by design ont un défi : oser voir grand, dès le départ. Elles doivent devenir demain les modèles économiques de référence, les figures de proue d’un capitalisme profondément réinventé – et pour cela cultiver une ambition globale, attaquer de nouveaux marchés, investir délibérément dans l’innovation utile. Elles doivent confirmer sans relâche, par leur créativité et leur engagement, que la relance économique peut faire levier de ce que j’appellerai une « écologie joyeuse » – décomplexée, inventive, positivement ambitieuse, créatrice de valeur durable et partagée.

Le réchauffement est déjà une réalité. N’oublions pas, pour y faire face, les leçons d’une pandémie dont nous ne sortons qu’à pas très mesurés : elle nous a montré combien nous étions capables, ensemble, de nous mobiliser vite et fort, pour bâtir un monde responsable et inclusif. Plus que de l’optimisme, il s’agit de lucidité : l’humain est outillé par nature pour le changement, et capable d’adaptations phénoménales. Alors n’attendons pas d’être contraints de changer par les conséquences douloureusement palpables que décrivent les scientifiques du Giec et décidons de le faire, puisque nous en sommes capables.

Thibault Lamarque est fondateur et président de Castalie.

Investissement :Après le SPAC, la démocratisation avec le SPARC ?

Investissement :Après le SPAC, la démocratisation avec le SPARC

Par Virna Rizzo, avocat, Jordan Le Gallo, avocat, cabinet Cohen Amir-Aslani dans la Tribune

Tribune

 

 

Un accord qui en cache d’autres. Le 20 juin courant, Vivendi et Pershing Square Tontine Holdings (PSTH), le SPAC créé en juillet 2020 par Bill Ackman, ont annoncé avoir signé un accord, dont les termes ont été dévoilés le 23 juin, tendant à la cession par Vivendi de 10% du capital social de la maison de disques Universal Music Group (UMG) en faveur de PSTH, sur une valorisation de la société de 40 milliards de dollars.

Cet accord intervient peu de temps après l’annonce par Bill Ackman, le milliardaire CEO du fonds Pershing Square Capital Management, de la création d’un « SPARC », Special purpose acquisition rights company.

Avec ce nouveau véhicule, Bill Ackman remanie les cartes de l’investissement qui tend vers une plus grande démocratisation du processus d’introduction en bourse en palliant les deux contraintes principales liées au SPAC : (i) une levée de fonds ab initio qui reste séquestrée dans le véhicule coté en bourse le temps de procéder au De-SPAC-ing (première acquisition), et (ii) le coût afférent aux commissions de souscription.

Retour sur une structuration complexe

Dès la rédaction du prospectus lors de l’introduction en bourse de son SPAC, Bill Ackman avait anticipé la création de ce nouveau véhicule d’investissement, le SPARC. Or, on peut supposer que (i) l’opportunité liée à UMG et (ii) les conditions de marché tendant à la diminution du cours de bourse de PSTH ont accéléré le processus de création dudit SPARC.

PSTH entend acquérir 10% du capital social d’UMG au plus tard le 15 septembre 2021. Toutefois, cette acquisition est soumise à l’accord des actionnaires de PSTH qui, conformément aux règles du SPAC, ont un droit de retrait qui pourrait entrainer la chute du SPAC. Dès lors, afin de fédérer ses actionnaires, Bill Ackman a prévu plusieurs mécanismes :

-Premièrement, une distribution : le 22 juin courant, Vivendi a sollicité ses actionnaires afin de proposer « la distribution de 60 % d’Universal Music Group aux actionnaires de Vivendi et la cotation de la société sur le marché d’Euronext Amsterdam dans les dix derniers jours de septembre »[1]. Une fois la cotation d’UMG accomplie et PSTH n’ayant pas pour vocation d’être actionnaire minoritaire d’une société cotée, cette dernière va proposer de distribuer les actions d’UMG à ses actionnaires dès lors qu’elle aura obtenu l’accord de la Securities and Exchange Commission, pour un montant d’environ 14,75 dollars par action ;

Deuxièmement, un maintien de leur qualité d’actionnaire dans PSTH : A l’issue de cette distribution, les actionnaires de PSTH vont rester propriétaires des titres qu’ils détiennent dans le SPAC moyennant une valeur nominale unitaire plus faible, à savoir environ 5,25 dollars. Grâce aux disponibilités restantes d’environ 1,5 milliard de dollars combiné à un droit pour Pershing Square (le fondateur) de souscrire pour 1,4 milliard de dollars d’actions de Classe A de PSTH, ce dernier (PSTH Remainco) va, on l’imagine, pouvoir poursuivre son activité de SPAC, à savoir trouver et acquérir une société cible d’ici mi-2022, conformément à la règlementation qui l’oblige. « On l’imagine », car il existe un risque résiduel mais présent que le NYSE retire à PSTH son statut de SPAC. En effet, le principe du SPAC tel que développé par PSTH dans son prospectus voulait qu’elle acquière une société et qu’elle fusionne avec afin de faciliter l’introduction en bourse de la cible. Or, ce n’est pas ce qui se passe avec UMG ; le SPAC n’acquière que 10% du capital social et des droits de vote de cette dernière. Dès lors, le NYSE va-t-il laisser passer ou va-t-il retirer à PSTH son statut ? En cas de perte de statut du SPAC, deux scénarios seraient envisageables : soit le délai de 2 ans accordé aux fondateurs pour réaliser le De-SPAC-ing est écourté et ramené au 15 septembre 2021, jour théorique de l’acquisition des titres d’UMG ce qui obligerait le SPAC à rembourser l’ensemble de ses investisseurs, l’empêchant ainsi de conclure le deal, soit ce délai de protection des investisseurs est supprimé et ces derniers se retrouvent considérés alors comme simples actionnaires d’une société cotée avec la possibilité de revendre leurs titres sur le marché dès cette date.

Troisièmement, la souscription de BSA : Finalisant sa mission de rassurer ses investisseurs, la signature de l’accord avec Vivendi va initier l’émission par Pershing Square SPARC Holdings, nouvelle société de Bill Ackman, de bons de souscription d’actions (BSA) aux actionnaires de PSTH pour un montant de 20 dollars par action. Ces BSA pourront être exercés lorsque le SPARC aura conclu un accord définitif avec les sociétés dans lesquelles il va décider d’investir. Les investisseurs auront donc le choix d’activer ou non leur(s) bon(s) de souscription et d’acquérir des titres de Pershing Square SPARC Holdings. La souscription à l’ensemble des BSA entrainerait, pour le SPARC, une puissance d’investissement d’environ 10,6 milliards de dollars tout en n’étant pas limité à la durée de 2 ans afférente aux SPACs.

Ainsi, les investisseurs du SPAC sont rassurés et vont sûrement poursuivre leur aventure aux côtés de Bill Ackman.

Vers une plus grande démocratisation de l’investissement grâce au SPARC ?

Pour rappel, le SPAC est un pari sur l’avenir. Les investisseurs donnent (presque) un chèque en blanc aux fondateurs qui ont deux ans pour procéder au De-SPAC-ing (première acquisition). Evidemment, en cas de désaccord sur la première acquisition ou en l’absence de société cible identifiée dans le délai sus-évoqué, les investisseurs ont la faculté de demander le rachat de leurs actions au prix de l’introduction en bourse.[2]

 

Ainsi, le SPARC propose une vision différente. Avant même l’introduction en bourse, les fondateurs ont déjà identifié une ou plusieurs société(s) cible(s) dans lesquelles ils souhaitent investir, ceci ayant d’ores et déjà l’intérêt d’éviter le risque d’investisseurs réfractaires lors du De-SPAC-ing puisqu’ils investissent en toute connaissance de cause.

Dans les faits, une fois la structure du SPARC constituée et dès lors qu’une lettre d’intention a été conclue avec la société cible, le SPARC émet gratuitement (ou non) des BSA dans l’espoir d’une négociation sur un marché réglementé. Ces BSA donnent le droit de souscrire à des actions du SPARC une fois que le rapprochement aboutit, c’est-à-dire une fois qu’un accord définitif a été conclu. Autrement dit, le SPARC présente un double avantage : (i) les investisseurs du SPARC n’ont pas à immobiliser leur investissement dès l’introduction en bourse et pendant une durée maximum de deux années, et (ii) les fondateurs ne sont pas soumis à cette pression des deux ans pour trouver une société cible ce qui entraine parfois, lorsque la date limite se rapproche, une réduction du levier de négociation.

Ainsi, à bien des égards, la structure SPARC est plus favorable aux investisseurs que le SPAC.

Dans le monde du SPAC aux Etats-Unis, qui est en plein désordre, la tontine de Pershing Square est une bouffée d’air frais. La structure SPARC a le potentiel de démocratiser véritablement le processus d’introduction en bourse. Bien que le marché ait réagi défavorablement à l’opération « Universal Music Group », ce n’est qu’une question de temps avant que le marché ne réalise les avantages de l’excellente opération, bien que complexe, du SPARC.

Sachant que les SPACs existent depuis vingt ans aux Etats-Unis et qu’ils ne commencent à apparaitre réellement en France que cette année, devra-t-on attendre 2041 pour votre apparaitre des SPARCs sur Euronext Paris ?

________

[1] https://www.vivendi.com/communique/vivendi-signe-un-accord-avec-pershing-square-tontine-holdings-ltd-pour-la-cession-de-10-du-capital-dumg/

[2] Pour plus de détails sur le fonctionnement du SPAC : https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/il-est-urgent-d-accueillir-des-spac-s-a-la-bourse-de-paris-882311.html

Sahel : La fin de Barkhane mais après ?

Sahel : La fin de Barkhane mais après ?

 

Sans autre explication, le président de la république tire la leçon de l’échec de l’opérationbarkhane au Sahel. Emmanuel Macron a en effet annoncé jeudi soir, lors d’une conférence de presse, « la fin de l’opération Barkhane en tant qu’opération extérieure »« La poursuite de notre engagement (au Sahel) ne se fera pas à cadre constant », a expliqué le chef de l’État. Des paroles aussi floues que le projet pour remplacer BARKHANE. En vérité l’opération va être maintenue mais les effectifs vont diminuer mais sans qu’on sache exactement quel est l’objectif.

 « Nous amorcerons une transformation profonde de notre présence », a-t-il ajouté en prônant  « un changement de modèle »« La forme de notre présence, sous forme d’opération extérieure, n’est plus adaptée à la réalité des combats », a-t-il poursuivi sans s’engager sur un calendrier ou une réduction chiffrée des effectifs.

 

Le chef de l’État pas plus que la ministre des armées ne semblent au fait des réalités d’une opération militaire. Pas étonnant ni l’un ni l’autre n’ont effectué le moindre service. Ce qui ne les empêche pas d’être à la tête de la défense française. La vérité sans doute ce que Macron fait encore du en même temps. Officiellement, il met fin à l’opération mais laisse au moins pour deux ans la moitié des effectifs sur place.  À la décharge de Macron et de sa ministre des armées, le chef d’état-major, le général Lecointre n’est guère plus clair quand il déclare que le risque était que la France et les Européens soient encore présents au Mali jusqu’en 2030.

 

Il ne s’agit pourtant pas d’un risque mais plutôt d’une hypothèse sérieuse puisque la France maintient depuis des dizaines d’années des bases dans les pays africains. Des bases qui iront bien au-delà de 2030 en l’absence d’armée africaine crédible. Dans la plupart des cas les militaires africains sont plus efficaces pour effectuer des coups d’état ou prélever l’impôt sur les routes que pour affronter des terroristes et autres groupes armés.

Biélorussie : après le « traitement » du KGB l’opposant arrêté passe aux aveux !

Biélorussie : après le « traitement » du KGB l’opposant arrêté passe aux aveux !

 

On se croirait revenu au bon temps du communisme pur et dur avec l’usage de la torture et les fausses confessions témoin cette déclaration télévisée de l’opposant arrêté après le traitement du KGB : « Le personnel se comporte avec moi de façon tout à fait adéquate et en respectant la loi, je continue de collaborer avec les enquêteurs et suis passé aux aveux concernant l’organisation de troubles massifs », a-t-il affirmé dans cette vidéo dans laquelle il s’exprime assis à une table, face caméra.

« Voici à quoi ressemble Roman sous pression physique et morale », a écrit sur Twitter la figure de l’opposition en exil, Svetlana Tikhanovskaïa, dénonçant une vidéo diffusée par « les chaînes de propagande du régime ».

Par le passé, les autorités bélarusses ont déjà été accusées d’avoir diffusé des confessions de détenus obtenues sous la contrainte.

Politique – Macron : la stratégie du coucou ; après le PS , LR !

Politique

Macron : la stratégie du coucou ; après le PS , LR !

 

Même au sein de la majorité on constate que Macron ne peut s’appuyer sur la république en marche qui demeure une organisation virtuelle sans vraie présence sur le terrain. D’où l’idée du chef de l’État qui n’a jamais disposé d’une véritable organisation de rentrer par la petite porte d’un parti, d’y faire son nid et de vider ses occupants.

 

Ce fut d’ailleurs d’abord le cas avec le parti socialiste complètement pompé et que Macon a largement contribué à faire éclater et à décliner. Désormais la cible est le parti républicain avec la même stratégie. Il s’agit de faire son nid, créer des divisions, faire éclater l’organisation en la pillant. Depuis 2017, Emmanuel Macron a constaté l’émergence de deux droites au sein de LR, celle qui a appelé à voter pour lui au soir du premier tour de la présidentielle et celle qui se montre plus ambiguë à l’égard du « front républicain ».

 

En tendant la main à LR dans certaines régions, le chef de l’Etat cherche donc à exposer ces divisions. « Il veut détacher les gens de droite modérés de leur parti, leur faire miroiter qu’ils peuvent être élus uniquement avec En marche », confirme Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à Lille 2.  »Son objectif, c’est de siphonner encore un peu plus la droite modérée et empêcher l’émergence d’une candidature de droite. »

 

Les responsables de LR ne sont pas naïfs. « On additionne les manigances de Macron aux turpitudes des grands élus locaux qui estiment qu’ils auraient dû être ministres plus longtemps, et on a ce cocktail. (…) Il devient assez clair que Macron a ciblé la droite et cherche à faire monter le RN pour installer un duel Macron/Le Pen en 2022″, fustige le député LR Pierre-Henri Dumont. « Macron veut nous dissoudre, il ne veut plus rien entre Marine Le Pen et lui », ajoute un dirigeant LR, joint par France 2.

 

Une lettre des policiers après celle des militaires

Une lettre des policiers après celle des militaires

D’anciens policiers appellent les élus à «tout mettre en œuvre pour mettre fin à la situation gravissime que traverse la France en matière de sécurité et de tranquillité publique». Estimant que la «peur doit changer de camp», ils réclament notamment une «réponse pénale adaptée» pour que «les condamnations soient réellement exécutées et à la hauteur des forfaits commis». La tribune, également postée sur plusieurs sites de pétitions en ligne, avait récolté vendredi quelque 25.000 signatures.

Macron : la stratégie du coucou ; après le PS , LR !

Macron : la stratégie du coucou ; après le PS , LR !

 

Même au sein de la majorité on constate que Macron ne peut s’appuyer sur la république en marche qui demeure une organisation virtuelle sans vraie présence sur le terrain. D’où l’idée du chef de l’État qui n’a jamais disposé d’une véritable organisation de rentrer par la petite porte d’un parti, d’y faire son nid et de vider ses occupants.

 

Ce fut d’ailleurs d’abord le cas avec le parti socialiste complètement pompé et que Macon a largement contribué à faire éclater et à décliner. Désormais la cible est le parti républicain avec la même stratégie. Il s’agit de faire son nid, créer des divisions, faire éclater l’organisation en la pillant. Depuis 2017, Emmanuel Macron a constaté l’émergence de deux droites au sein de LR, celle qui a appelé à voter pour lui au soir du premier tour de la présidentielle et celle qui se montre plus ambiguë à l’égard du « front républicain ».

 

En tendant la main à LR dans certaines régions, le chef de l’Etat cherche donc à exposer ces divisions. « Il veut détacher les gens de droite modérés de leur parti, leur faire miroiter qu’ils peuvent être élus uniquement avec En marche », confirme Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à Lille 2.  »Son objectif, c’est de siphonner encore un peu plus la droite modérée et empêcher l’émergence d’une candidature de droite. »

 

Les responsables de LR ne sont pas naïfs. « On additionne les manigances de Macron aux turpitudes des grands élus locaux qui estiment qu’ils auraient dû être ministres plus longtemps, et on a ce cocktail. (…) Il devient assez clair que Macron a ciblé la droite et cherche à faire monter le RN pour installer un duel Macron/Le Pen en 2022″, fustige le député LR Pierre-Henri Dumont. « Macron veut nous dissoudre, il ne veut plus rien entre Marine Le Pen et lui », ajoute un dirigeant LR, joint par France 2.

 

Après avoir spéculé Elon Musk torpille le bitcoin

Après avoir spéculé Elon Musk torpille le bitcoin

 

 

Le fantasque patron de Tesla, Elon Musk, après avoir spéculé torpille le bitcoin. Il y a quelques semaines il avait vanté les mérites de la cryptomonnaie et empoché un joli bénéfice suite à la nouvelle envolée du bitcoin. Il avait même indiqué que les consommateurs pourraient acheter un véhicule électrique de Tesla avec le bitcoin;

 

Changement de discours mercredi :  «Tesla a suspendu les achats de voitures avec des bitcoins. Nous sommes inquiets du recours de plus en plus important aux combustibles riches en carbone pour miner des bitcoins, surtout le charbon, qui a les pires émissions (de gaz à effet de serre) de tous les combustibles», a tweeté le fantasque milliardaire.

 

 «La cryptomonnaie est une bonne idée à plein de niveaux et nous pensons qu’elle a un avenir prometteur, mais cela ne doit pas compromettre l’environnement», a expliqué Elon Musk. «Tesla ne vendra pas de bitcoins et nous l’utiliserons pour des transactions dès que les mines seront alimentées par des énergies plus durables», a-t-il ajouté.

Après Covid, remise en cause du plastique

Après Covid, remise en cause du plastique

Fort d’une croissance exponentielle, le plastique est-il vraiment « le matériel hygiénique numéro 1 » pour sacrifier à ce point l’environnement ? Dorothée Moisan, journaliste d’investigation, démystifie ce slogan, brandi depuis des années par les industriels du secteur et remartelé ces derniers mois, dans son livre paru en mars, Les plastiqueurs (Kero).(Interview l’Opinion)

Face à la peur du virus, le plastique s’est multiplié dans notre quotidien. Vous racontez dans votre livre que l’interdiction des sacs plastiques au supermarché a été suspendue dans certains Etats américains. Cet événement est-il emblématique d’un « retour en arrière » ?

La Covid-19 s’est révélée être une occasion en or pour l’industrie du plastique qui subit depuis plusieurs années un « plastic bashing ». Elle a ressorti un argument qui lui est cher, l’hygiène, et d’anciennes études démontrant que les sacs en tissus, ou réutilisables, pouvaient contaminer tout un magasin. Or quand un sac plastique est donné par le caissier au client, il se passe exactement la même chose qu’avec n’importe quel matériau car le virus résiste à toutes les surfaces. Mais on est habitué à jeter le plastique depuis soixante-dix ans, ce qui nous laisse penser, à tort, que cela nous prémunit de toute transmission. Pourtant, un sac réutilisable se lave, et le virus n’y survit pas ! Quoi qu’il en soit, la petite musique du plastique hygiénique a dominé et conduit des villes écologiquement sensibles comme New York et San Francisco à réintroduire les sacs jetables dans les rayons. On a fait un bond en arrière. Un fabricant de sacs plastiques canadien s’est dit impressionné par la quantité de commandes qu’il reçoit depuis le début de la pandémie. Et en Italie, on a constaté que les mandarines sous cellophane avaient été deux fois plus vendues que l’année précédente.

Une tribune de 120 scientifiques a circulé en juin 2020 afin d’alerter sur la nécessité de privilégier le réutilisable pour se protéger du coronavirus. Est-ce symptomatique de ces experts rarement écoutés au sujet du plastique ?

Oui car la parole des scientifiques a plus de mal à se faire entendre. Ce n’est pas la première étude qui fait vérité, la démarche est lente et se construit au fur et à mesure de la recherche. L’industrie, de son côté, entoure d’un nuage de fumée ce que dit la science. Sa communication suit le bon sens du grand public. Par exemple, sur les perturbateurs endocriniens contenus dans le plastique, elle insiste sur le principe de Paracelse stipulant que « la dose fait le poison ». Pourtant, une infime quantité de ces perturbateurs peut avoir des effets importants sur le système hormonal, tandis qu’une quantité supérieure peut ne rien provoquer du tout. C’est contre-intuitif mais c’est scientifiquement prouvé.

Pour les masques, il s’est passé la même chose que pour les sacs : le plastique a remporté la bataille sur le tissu ?

Le gouvernement a été très confus sur l’efficacité des masques en tissu. Alors que les masques en polyester sont bourrés d’additifs censés les rendre plus résistants… Je mets très clairement en question l’innocuité de ces produits dont on ne connaît pas les pouvoirs de nuisance. Sur les nanoparticules en plastique qu’ils contiennent, des chercheurs chinois ont alerté en janvier sur la nécessité d’étudier les effets de leur inhalation. Quelle conséquence cela a-t-il de respirer des heures dans ces masques ? C’est une vraie question dont je redoute la réponse. Le plastique n’est pas inerte et innocent, on fait entrer dans nos vies un tueur silencieux.

«Avec le coronavirus, on a peur que tout objet soit infectieux, et tout part à l’incinération. Ensuite, vient le problème de savoir ce qui est effectivement recyclé dans ce que l’on parvient à trier»

On ne peut pas nier un paradoxe : le plastique, bien qu’écologiquement problématique et néfaste sur certains aspects sanitaires, sauve des vies à l’hôpital…

Cette dualité n’est nulle d’ailleurs part plus visible qu’à l’hôpital. Pete Myers, biologiste américain reconnu pour ses recherches sur les perturbateurs endocriniens, m’a raconté comment sa petite-fille née prématurément et entourées de tubes en PVC a été sauvée par le plastique. Pourtant, il sait mieux que personne que les produits injectés à travers des dispositifs médicaux en phtalates peuvent avoir une incidence sur son développement. Mais dans ce cas-là, il n’y a pas de solution, il faut une balance des risques. Je pense néanmoins qu’il y a une énorme marge de progression pour que l’hôpital réduise sa consommation plastique. Cela fait trente ans que l’on remplace tout objet en métal par son équivalent jetable. Bien sûr, on ne peut pas remplacer toutes les seringues en plastique mais il y a de nombreux produits pour lesquels il existe des alternatives. Les surblouses, par exemple, pourraient être en tissu naturel. Pendant la pénurie liée à la crise sanitaire, on s’est mis à en fabriquer et à en laver.

N’êtes-vous donc pas d’accord avec l’argument « le plastique est le matériel hygiénique numéro 1 » ?

Non, et les scientifiques ne l’ont jamais dit. Mais c’est l’un des arguments des lobbys, tels que PlasticsEurope. Il y a certes un avantage sur la conservation des aliments, plus longue pour la viande, le poisson et certains produits frais comme les yaourts. Et c’est léger à transporter. Mais certains additifs toxiques des contenants migrent vers l’aliment, avant qu’on ne l’ingère. Dans les hôpitaux, le plastique répond davantage à une contrainte de coûts et de confort que d’hygiène. Mais le prix à payer est l’explosion des quantités de déchets incinérés. Un rapport du Centre pour le droit international de l’environnement (Ciel), paru il y a un an, l’énonce clairement : la production et l’élimination des plastiques équivalaient en 2019 aux émissions de 189 centrales à charbon. Et on sera autour de 300 en 2030.

Cette incinération a d’ailleurs prévalu pendant la Covid…

Oui car avec le coronavirus, on a peur que tout objet soit infectieux. Et tout part à l’incinération. Le NHS, service de santé britannique, s’est récemment rendu compte que seulement 5 % de ses déchets plastiques étaient recyclés. Ensuite, vient le problème de savoir ce qui est effectivement recyclé dans ce que l’on parvient à trier. Sur les 7 millions de tonnes de déchets plastiques déversées dans l’environnement depuis 1950, 9 % seulement ont été recyclées. Et ce recyclage n’est pas la panacée, il ne va pas nous sauver de la crise du plastique ! Beaucoup moins de plastiques que ce qu’on nous laisse croire sont recyclables au même niveau de qualité, car il y a souvent de nouveaux composants à rajouter. C’est une solution de dernier recours et le débat doit se situer en amont, sur la défense du réutilisable et la réduction de la production de plastique.

Des Etats généraux de la laïcité ? Un peu tard après la loi séparatiste !

 

 

Une initiative intéressante celle de Marlène Chiappa et du gouvernement d’organiser les états généraux de la laïcité. Le problème c’est que cette proposition vient après le projet de loi contre le séparatisme – rebaptisé « projet de loi confortant le respect des principes de la République », .

Schématiquement le grand débat public vient donc après la décision législative. Une sorte d’inversion de la démocratie. Pas tout à fait  car en réalité car la loi initialement sur le séparatisme a été progressivement affaiblie pour devenir une sorte de loi molle sur quelques principes éloignés de l’objectif du départ. Pour parler clair cette loi est d’une grande faiblesse pour lutter contre l’islamisme.

Adopté le 9 décembre 2020 en Conseil des ministres , cette loi énonce des principes très intemporels qui évitent les sujets qui fâchent et ne constituent pas un instrument juridique pour lutter contre ceux qui veulent saper les bases républicaines.

Peut-être que devant l’insatisfaction générale, le gouvernement essaye de corriger le tir en organisant maintenant mais évidemment trop tard un débat sur la laïcité. En outre se pose la question de savoir quelle sera la forme de ce débat et dans quelles conditions pour être pris en compte les orientations qui pourraient se dégager. Marlène Chiappa  tente de s’expliquer laborieusement sur le sujet. Explications dans le JDD .

- La ministre chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, nous annonce une consultation nationale sur la laïcité. Elle ambitionne de « rassembler autour de la laïcité à la française » des citoyens divisés sur cette question.

Pas de nouvelles ­mesures à l’horizon, plutôt une tentative de dépassionner le débat. Quand la laïcité fait naître des « ­invectives sur les réseaux ­sociaux », Schiappa rêve que germent « des points d’accords » de cette nouvelle initiative associant responsables religieux, intellectuels, associations et jeunes Français. « C’est aussi l’occasion de faire vivre la laïcité partout sur le territoire, d’en faire la pédagogie et de lutter contre les fake news », explique-t-elle.

En quoi consistent ces états généraux de la laïcité que vous avez décidé d’organiser?

La laïcité est un principe qui doit nous rassembler. Je lancerai ces états généraux ce mardi au Cnam [Conservatoire national des arts et métiers] avec une conférence de haut niveau entre des intellectuels de toutes les sensibilités : l’académicienne Barbara Cassin, l’essayiste Caroline Fourest, les philosophes Henri Peña-Ruiz ou Gaspard Koenig… Puis nous organiserons, jusqu’à l’été, des tables rondes et des groupes de travail sur la liberté d’expression – avec l’avocat Richard Malka –, la recherche, la jeunesse, l’intégration citoyenne… Je laisserai aussi carte blanche à des associations et des syndicats, comme la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme et la CFDT. Enfin, nous lançons une grande consultation avec Make.org auprès de 50 000 jeunes.

Les partis politiques ne seront-ils pas associés?

Ils sont bien sûr libres de s’engager dans cette démarche.

Quel est l’objectif de ces échanges?

76 % des Français veulent que la laïcité soit plus défendue. L’application du projet de loi confortant le respect des principes de la République, que nous portons avec Gérald Darmanin, le permettra. Par exemple, ce texte crée un réseau de référents laïcité dans toutes les administrations publiques. Mais ces échanges doivent surtout être l’occasion de nous rassembler autour de la laïcité à la française. C’est un sujet de passion. L’idée est de dire : parlons-en ensemble et écoutons-nous.

Au vu du caractère brûlant du sujet, ces débats ne risquent-ils pas de virer au pugilat?

Je fais confiance aux organisateurs des tables rondes. Quand les gens se parlent, s’écoutent, on constate qu’on trouve des points d’accord, loin des invectives sur les réseaux sociaux. C’est aussi l’occasion de faire vivre la laïcité partout sur le territoire, d’en faire la pédagogie et de lutter contre les fake news. Par exemple : non, le voile n’est pas interdit dans l’espace public.

N’est-ce pas précisément le rôle de l’Observatoire de la laïcité, que vous comptez supprimer?

Le Premier ministre a décidé, après huit ans, de faire évoluer le portage du sujet. Je le soutiens ! Auprès de lui, nous travaillons avec Gérald Darmanin, Jean-Michel Blanquer, Amélie de Montchalin et nos collègues. C’est un sujet primordial, et le gouvernement a besoin d’une administration solide sur la laïcité pour porter ces beaux projets et d’une instance consultative, avec des personnalités qualifiées.

Dans une tribune dans Le Monde, 119 universitaires s’inquiètent du fait que la laïcité devienne « un outil répressif, de contrôle et d’interdiction ». Ont-ils raison?

J’entends les craintes et je veux y répondre : la laïcité n’est en aucun cas une arme de répression contre les religions. J’étais à l’église Saint-Sulpice et à la mosquée de Paris pour sécuriser les lieux de culte la semaine dernière, je serai demain au Centre européen du judaïsme. Nous voulons justement sortir de la tenaille entre d’un côté les identitaires d’extrême droite et de l’autre les indigénistes et Europe Écologie-Les Verts. J’invite chacun à prendre la parole dans le cadre des états généraux de la laïcité. Qu’Evian en arrive à s’excuser d’avoir incité ses clients à boire de l’eau [sur Twitter le premier jour du Ramadan] et tombe ainsi dans le piège des extrémistes de tous bords qui ont monté cette histoire en épingle, c’est kafkaïen. Cela prouve l’urgence de développer un contre-discours républicain.

 

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