Archive pour le Tag 'antiterrorisme'

Antiterrorisme: à quand le registre européen des passagers aériens ?

Antiterrorisme: à quand   le registre européen des passagers aériens ?

 

 

Sitôt après les événements du 11 septembre les États-Unis ont adopté le registre commun des passagers aériens pour éventuellement enquêter sur ceux qui pourraient être suspectés  d’actes de terrorisme. En Europe par contre on continue d’ergoter au nom des libertés individuelles. Manuel Valls a donc  nouveau appelé mardi le Parlement européen à adopter rapidement, après les attentats de Bruxelles, le registre européen des passagers aériens, dit «PNR», malgré l’hostilité de parlementaires européens, de gauche notamment, à l’encontre de cet outil de l’antiterrorisme. «A mon tour, je le dis: il est temps de l’adopter. Et je dis notamment aux groupes socialiste et écologiste du Parlement européen: chacun doit prendre ses responsabilités», a dit le Premier ministre devant les députés français à l’Assemblée nationale. «Le gouvernement de la France a besoin du soutien du Parlement européen, de tous. On a assez perdu de temps sur cette question», a déploré M. Valls. Lors de la même séance de questions, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait jugé «irresponsable» de «retarder le vote sur la mise en place du PNR, car sans ce vote nous ne serons pas en situation de protéger l’Europe face au risque terroriste». Le Parlement européen ne devrait pas adopter avant avril au plus tôt le PNR («Passenger Name Record»), qui désigne les informations fournies par les passagers aux transporteurs aériens, qui auront l’obligation de les transférer aux Etats membres concernés par un vol, lesquels devront ensuite les partager avec les autres. Ce report du vote européen, initialement espéré au début de l’année, est dû aux groupes socialistes, libéraux et Verts

Antiterrorisme : les procureurs en colère

Antiterrorisme : les procureurs en colère

Les procureurs ont certainement raison d’être en colère car c’est une chose de décider d’un état d’urgence,  c’est autre chose que de se doter des moyens nécessaires judiciaires et policiers pour atteindre l’objectif visé.  De toute évidence les tribunaux d’une façon générale sont surchargés d’affaires mineures voire anecdotiques qui ne devraient pas être y être traitées. Nombre d’infractions devrait également être dépénalisées et faire l’objet d’une sanction financière forfaitaire. Sans parler des questions familiales qui encombrent les tribunaux y compris lorsque les partenaires sont tombés d’accord sur le compromis final ;  du coup il faudrait redéployer des moyens existants, les augmenter ensuite pour permettre de faire face au danger le plus éminent à savoir : le terrorisme ;  ce qui est impossible dans les conditions actuelles et ce que reprochent les procureurs à la ministre de la justice. Pas sûr toutefois que Taubira soit la plus à même de mener la réforme d’ampleur qui s’imposerait pour redéployer les moyens du milieu judiciaire. Ils estiment qu’ils n’ont pas les moyens de faire face à la menace terroriste exceptionnelle et à l’état d’urgence depuis un mois. Ils ont fait parvenir une lettre à Christiane Taubira lundi dernier pour dire à la garde des Sceaux qu’ils allaient suspendre une partie de leurs activités habituelles.  Les procureurs de la république doivent supporter aujourd’hui une pression sans précédent notamment en matière de terrorisme. Depuis un an, ils ont dû créer des cellules contre la radicalisation. Chaque parquet a un référent terrorisme pour être en relation permanente avec les préfectures, avec les parquets antiterroristes. Ils doivent gérer les signalements dans les prisons, dans les écoles, dans les administrations publiques. Ils doivent gérer ceux qui essaient de partir en Syrie avec une obsession, une hantise, ne pas passer à côté d’un profil inquiétant. Or ils n’ont pas assez de moyens, ils n’ont pas eu de renforts pour faire face. Le problème n’est pas nouveau mais l’état d’urgence depuis un mois les met dans une position intenable. Les procureurs ont donc été clairs avec Christiane Taubira. D’accord pour mettre le parquet sur la lutte antiterroriste mais en revanche, ils lui ont écrit qu’ils allaient abandonner d’autres missions moins opérationnelles, des réunions de prévention, tous le compte-rendus qu’ils doivent faire remonter. Ils ne le feront plus tant que des moyens n’auront pas été débloqués en urgence. La ministre ne leur a pas encore répondu.

L’antiterrorisme n’a jamais existé en pas en France (Alain Bauer)

L’antiterrorisme n’a jamais existé en pas en France  (Alain Bauer)

 

Alain Bauer met les pieds dans le plat en considérant que les services français anti terroristes sont inexistants. À juste titre,  il considère que nos services actuels confondent encore contre-espionnage et lutte contre le terrorisme. Il propose donc un changement fondamental de culture et notamment une super couverture du territoire en matière   de renseignements impliquant même la population. « L’antiterrorisme n’a jamais existé en France. Historiquement, nous faisons du contre-espionnage appliqué au terrorisme. Or les deux métiers sont opposés : le contre-espionnage, comme la lutte contre le crime organisé, nécessite le temps long, le secret absolu, la remontée patiente jusqu’au sommet de la pyramide. L’antiterrorisme exige, lui, une réaction rapide, le partage de toutes les informations. La question n’est pas de l’ordre de l’organisation, ni des personnes, elle est avant tout culturelle. » Le constat du criminologue est implacable : si les juges antiterroristes sont « excellents », la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), toute à sa culture de « débusquer l’espion rouge », se morfond dans une incapacité chronique à analyser l’ennemi. « Quand on voit les centaines de kilos de documents sur les auteurs d’attentats, qui, pour certains, mettent beaucoup de bonne volonté à se faire prendre – en utilisant leur carte de crédit, par exemple –, on a quand même de sérieuses inquiétudes. » La nébuleuse terroriste est bien identifiée. « La matrice des Merah, Coulibaly, Kouachi, Abaaoud, c’est Khaled Kelkal [le cerveau des attentats de 1995], notre premier hybride. Il est l’ancêtre des “gangterroristes” actuels, des délinquants radicalisés jusqu’au terrorisme islamiste. ». Que faire ? D’abord, nommer l’ennemi : pas Daech, mais bien l’Etat islamique, auquel Alain Bauer ne renie pas l’appellation d’Etat. « Quand vous avez un territoire de la moitié de celui de la France, une armée de 35 000 à 50 000 hommes, une monnaie, un gouvernement, pour moi, vous êtes un Etat. Après, vous pouvez mettre tous les adjectifs que vous voulez – prétendu, supposé, pseudo –, cela ne me dérange pas. Personne n’a expliqué que l’Afghanistan n’était pas un Etat sous les talibans. » Ensuite, troquer la culture du secret des renseignements pour une ouverture vers la société civile et une vraie collaboration des services.




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