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VARIANT ANGLAIS : PRESQUE 20 % EN ÎLE-DE-FRANCE

VARIANT ANGLAIS : PRESQUE 20 % EN ÎLE-DE-FRANCE

Le variant anglais ne représentait qu’autour de 1 %début janvier maintenant il tournerait autour de 20 % et pourrait atteindre rapidement 40 à 60 % d’ici mars. De quoi craindre une envolée exponentielle de la pandémie. « Une étude flash a été faite aujourd’hui en collaboration avec le centre national de référence et les autorités sanitaires, a indiqué Jonas Amzalag, biologiste aux laboratoires Biogroup, ce mercredi soir sur BFMTV. Les chiffres ne sont pas encore tous arrêtés mais sur 1700 prélèvements, on est déjà à plus de 17% de suspicions. »

Les cas suspects, souligne l’intéressé, font ensuite l’objet d’un séquençage pour établir un diagnostic définitif. Et « sur l’étude du 7-8 janvier, le taux de confirmation était de 90% », rappelle Jonas Amzalag. « Si on extrapole les 17% de suspicions, on devrait être autour de 15 à 16% de positifs en Île-de-France. »

Ces données s’inscrivent dans une dynamique « de nette augmentation du taux de suspicion » dans la région depuis le début du mois. Le taux de positivité au variant anglais était « de l’ordre de 1% la première semaine de janvier », avant de dépasser « 10% la troisième semaine », a-t-il noté.

Au cours d’une conférence de presse, mardi, différents médecins de l’AP-HP ont fait part de leur inquiétude quant à la diffusion du virus mutant. Avec une souche anglaise « de 40 à 60% plus contagieuse », le Pr Frédéric Batteux, chef du service d’immunologie de l’hôpital Cochin, dit s’attendre à « une augmentation très significative quand ce variant prendra le dessus ».

 

COVID- VARIANT ANGLAIS 10 % DES CAS

COVID- VARIANT ANGLAIS 10 % DES CAS

 

Le variant anglais du Covid-19 représente près de 10% des cas dépistés en Île-de-France depuis deux semaines, ce qui augure d’une prochaine hausse « très significative » du nombre de malades, ont indiqué mardi des médecins de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

L’analyse de 1080 tests PCR positifs, réalisés entre le 11 et le 21 janvier dans huit sites de dépistage franciliens, a conclu que 9,4% correspondent au variant anglais, a précisé la Pr Anne-Geneviève Marcelin, virologue à la Pitié-Salpêtrière, lors d’une conférence de presse.

L’étude « intermédiaire » menée en Île-de-France « correspond assez bien aux modélisations qui ont été faites par l’Institut Pasteur », a souligné Mme Marcelin, rappelant que l’organisme tablait sur une fourchette de 2 à 12% début février, puis 12 à 64% début mars.

« On est à un point d’inflexion », a constaté le Pr Frédéric Batteux, chef du service d’immunologie de l’hôpital Cochin, observant que le taux de reproduction du Covid-19 « est passé au dessus de 1,2″ et continue de monter.

Avec une souche anglaise « de 40 à 60% plus contagieuse », il a dit s’attendre à « une augmentation très significative quand ce variant prendra le dessus ».

 

Aux Hôpitaux de Paris, les indicateurs liés au Covid sont déjà tous au rouge: les appels au Samu, les passages aux urgences et les consultations de SOS Médecins ont toutes bondi de plus de 30% depuis le début de l’année, a-t-il précisé.

En trois semaines, le rythme quotidien des hospitalisations est passé de 50 à 70 par jour, et les entrées en réanimation de 15 à 25.

« La situation est inquiétante » et « ressemble beaucoup à une exponentielle », a insisté le Pr Bruno Riou, directeur médical de crise de l’AP-HP, favorable à une « décision la plus rapide possible » en vue de « mesures nouvelles, plus drastiques » que le couvre-feu.

Gafam et Apocalypse cognitive : une surinformation accélérée sans contenu

Gafam et  Apocalypse cognitive : une surinformation accélérée sans contenu

 

 

Dans son essai Apocalypse cognitive, le sociologue Gérald Bronner analyse dans l’Opinion les dérives de la dérégulation du marché de l’information associée à la puissance des réseaux sociaux. Au point que nos cerveaux tournent souvent à plein régime mais, surtout, de plus en plus à vide…

Surinformation, puissance des réseaux sociaux, dérégulation du marché de l’information vont croissant. La question, expliquez-vous dans Apocalypse cognitive est de savoir qui, dans cette « lutte finale » pour capter notre attention, va l’emporter. C’est bien l’enjeu ?

Notre temps de « cerveau disponible » (qui reste après le sommeil, le travail, les loisirs, etc) n’a cessé d’augmenter. Il est huit fois supérieur à ce qu’il était en 1800 et cinq fois supérieur à 1900. Mais, aujourd’hui, il est en grande partie capté par les écrans, qui sont consultés, pour le téléphone, en moyenne 221 fois par jour, et qui occupent jusqu’à 6 h 40 de la vie quotidienne des ados. Un chercheur allemand a même montré que nous préférions nous priver de nourriture ou de relations sexuelles plutôt que de notre connexion Internet ! De plus, nous sommes happés par les notifications, les alertes.

Et presque prêts, comme des souris de laboratoire, à recevoir un choc électrique plutôt que de ne rien faire ?

Nous avons effectivement beaucoup de mal à supporter le vide, le silence, auxquels nous substituons la consultation frénétique d’un petit appareil. Plusieurs exemples illustrent ce symptôme. Dans les supermarchés, les chewing-gums et bonbons se vendent beaucoup moins bien parce qu’au lieu de regarder les présentoirs lorsqu’on attend à la caisse, nous avons l’œil sur notre écran. Même chose pour les affiches publicitaires sur les quais du métro : elles ne font plus recette. On leur préfère des panneaux si possible animés dans les couloirs. Et encore ! En Israël, ils en sont arrivés à mettre des signaux sur les trottoirs pour inciter les gens à relever la tête.

Résultat, ce que vous appelez une « cacophonie informationnelle » ?

Nous ne pouvons évidemment pas traiter cette masse d’informations. Les gate keepers (éditorialistes journalistes) jouent moins leur fonction de tri. Dans cette dérégulation du marché de l’information, nous choisissons nous-mêmes ce qui va retenir notre attention.

« La crédulité est très présente sur ce marché cacophonique de l’information, elle part avec un avantage concurrentiel. Le fait d’aller dans le sens de nos intuitions prédispose aux théories du complot »

Et nous sommes « guidés » par des algorithmes qui orientent nos choix ?

Ils « éditorialisent » en effet l’information en fonction des traces numériques que nous laissons. Nous avons nos sujets de prédilection : les conflits, la peur, l’indignation morale, la sexualité, les informations egocentrées. Ils ont toujours existé, mais prennent aujourd’hui une place considérable. L’« apocalypse cognitive », c’est, au sens étymologique du mot, la révélation des obsessions de notre espèce. Nous sommes ainsi beaucoup plus attirés — les volumes de recherche sur Internet le prouvent — par la gifle reçue par Manuel Valls que par son action politique. Ou par les insultes des Gilets jaunes dont a été victime Alain Finkielkraut que par son œuvre. Ou encore par la bagarre à Orly entre Booba et Kaaris que par leur rap. Cette tendance est transculturelle. Ainsi, sur Weibo, le Twitter chinois, les informations les plus virales sont celles assorties de l’émoticône colère. On assiste à une indignation collective sur Twitter tous les deux jours.

Des algorithmes sont aussi conçus pour casser la routine apparente de nos existences. C’est le cas, soulignez-vous, du site de rencontres Tinder ?

Oui, encore une fois dans le but de retenir notre attention. Plutôt que de vous présenter des profils correspondant strictement à votre recherche — une femme de tel âge, dans telle catégorie socioprofessionnelle —, Tinder, qui a parfaitement intégré le fonctionnement de nos cerveaux, introduit une part d’aléatoire, de surprise, de contre-intuitif.

Le besoin de « validation sociale » est également très fort sur les réseaux sociaux. Cette soif de reconnaissance n’a-t-elle pas aussi toujours existé ?

C’est un trait constant de l’humanité. Il est prouvé qu’un médaillé d’argent aux Jeux olympiques, qui regrette la médaille d’or, est plus malheureux qu’un médaillé de bronze, déjà content d’être sur le podium. Aujourd’hui, en s’évaluant sur Facebook ou Instagram, on ressort plus malheureux car les autres vont toujours avoir tendance à poster des images d’eux valorisantes, des situations heureuses. Le taux de frustration, collective comme individuelle, augmente donc.

Quelles sont les principales conséquences de cette dérégulation de l’information ?

La crédulité est très présente sur ce marché cacophonique de l’information, elle part avec un avantage concurrentiel. Le fait d’aller dans le sens de nos intuitions prédispose aux théories du complot. On l’a vu à Washington avec les événements du Capitole, la croyance que les élections étaient truquées, le conspirationnisme de la mouvance QAnon.

Est-ce la raison pour laquelle le discours de Joe Biden lors de son investiture était axé sur le besoin de vérité ?

Il a effectivement cherché à désolidariser les extrêmes du reste de la société américaine. Sinon, la réconciliation qu’il appelle de ses vœux ne peut pas fonctionner, on ne se réconcilie pas avec quelqu’un dont on pense qu’il appartient à des réseaux pédophiles ou sataniques.

Le fait que Donald Trump n’ait pas été réélu ne montre-t-il pas que les contre-vérités, le pouvoir exercé à coups de tweets ne l’emportent pas ?

Je dirais plutôt que Trump n’a pas suffisamment réussi à convaincre pour gagner les élections, mais a quand même emporté quelque 74 millions de voix. Il a déposé des récits qui ne disparaîtront pas avec lui. Certes, cette administration néopopuliste a peut-être été vaincue, mais si difficilement… Il n’est pas du tout impossible que les Etats-Unis traversent encore des moments de violence politique, voire de terrorisme. Mercredi encore, jour de l’investiture, des gens pensaient que le voile allait être levé sur l’imposture de Biden… Une partie d’entre eux ne reviendra pas de son voyage au pays de la radicalité.

« L’indignation, la colère ou l’identité de victimes : tout est fait pour attirer l’attention des autres. Et le statut de “victime” est enviable dans un monde où l’intimidation est permanente »

Face à cette quasi-manipulation de nos cerveaux, faut-il mettre en place des mécanismes de régulation ?

C’est un des plus gros chantiers du XXIe siècle, concevoir une ingénierie de cette régulation sans altérer nos libertés individuelles. On a vu la polémique sur l’interdiction du compte Twitter de Donald Trump et de 70 000 comptes plus ou moins liés à QAnon. Il est quand même préoccupant qu’une entreprise privée interagisse sur le bien commun de l’information. Une réflexion devrait être en cours sur l’insertion dans les algorithmes, de normes morales, relatives à la défense du vrai. Les Gafam, bien que s’en défendant, classent déjà l’information. Ils ont donc à se préoccuper de sa régulation, même s’ils prétendent que cela ne les regarde pas. Ce sont des entreprises richissimes qui ne se donnent pas les vrais moyens de l’exercer. Elles embauchent quelques milliers de personnes pour le faire, mais cela reste dérisoire par rapport au flux d’informations.

Et qu’en est-il de notre capacité individuelle de régulation ?

Elle est évidemment essentielle dans la mesure où nous sommes tous devenus des agents du marché de l’information. Cette régulation passe par le développement de l’esprit critique, de la tempérance, du temps accordé à l’analyse. Alors qu’aujourd’hui on se précipite pour partager ou « liker » parce qu’on est d’abord d’accord avec une information, parce que son titre nous plaît, sans se donner la peine d’aller plus loin. On s’enferme de plus en plus dans notre « chambre d’échos ».

Vous évoquez aussi le succès grandissant de la posture victimaire ?

L’indignation, la colère ou l’identité de victimes : tout est fait pour attirer l’attention des autres. Et le statut de « victime » est enviable dans un monde où l’intimidation est permanente. D’une certaine façon, ce statut vous protège.

Les excuses présentées par Le Monde après la publication du dessin de Xavier Gorce ont été très commentées. Le quotidien les a justifiées par le fait de ne pas vouloir choquer les victimes d’inceste ?

Il faudrait plus de quiétude. Le dessin peut-être jugé bon ou mauvais, peu importe, Le Monde a eu peur d’être dans le camp du Mal, de blesser la sensibilité d’une partie de son lectorat. A force, on crée une tétanie collective et de la colère constante.

La crise de la Covid-19 ne comporte-t-elle pas beaucoup d’ingrédients propices à « l’apocalypse cognitive » ?

La période sert effectivement d’accélérateur au phénomène que je décris. Le confinement a donné plus de temps de cerveau disponible, mais cette disponibilité a été en partie cambriolée par la logique du monde numérique. On a vu surgir tant de théories du complot, tant de rage…

 

Le sociologue Gérald Bronner.

Dans son essai Apocalypse cognitive, le sociologue Gérald Bronner analyse les dérives de la dérégulation du marché de l’information associée à la puissance des réseaux sociaux. Au point que nos cerveaux tournent souvent à plein régime mais, surtout, de plus en plus à vide…

Surinformation, puissance des réseaux sociaux, dérégulation du marché de l’information vont croissant. La question, expliquez-vous dans Apocalypse cognitive est de savoir qui, dans cette « lutte finale » pour capter notre attention, va l’emporter. C’est bien l’enjeu ?

Notre temps de « cerveau disponible » (qui reste après le sommeil, le travail, les loisirs, etc) n’a cessé d’augmenter. Il est huit fois supérieur à ce qu’il était en 1800 et cinq fois supérieur à 1900. Mais, aujourd’hui, il est en grande partie capté par les écrans, qui sont consultés, pour le téléphone, en moyenne 221 fois par jour, et qui occupent jusqu’à 6 h 40 de la vie quotidienne des ados. Un chercheur allemand a même montré que nous préférions nous priver de nourriture ou de relations sexuelles plutôt que de notre connexion Internet ! De plus, nous sommes happés par les notifications, les alertes.

Et presque prêts, comme des souris de laboratoire, à recevoir un choc électrique plutôt que de ne rien faire ?

Nous avons effectivement beaucoup de mal à supporter le vide, le silence, auxquels nous substituons la consultation frénétique d’un petit appareil. Plusieurs exemples illustrent ce symptôme. Dans les supermarchés, les chewing-gums et bonbons se vendent beaucoup moins bien parce qu’au lieu de regarder les présentoirs lorsqu’on attend à la caisse, nous avons l’œil sur notre écran. Même chose pour les affiches publicitaires sur les quais du métro : elles ne font plus recette. On leur préfère des panneaux si possible animés dans les couloirs. Et encore ! En Israël, ils en sont arrivés à mettre des signaux sur les trottoirs pour inciter les gens à relever la tête.

Résultat, ce que vous appelez une « cacophonie informationnelle » ?

Nous ne pouvons évidemment pas traiter cette masse d’informations. Les gate keepers (éditorialistes journalistes) jouent moins leur fonction de tri. Dans cette dérégulation du marché de l’information, nous choisissons nous-mêmes ce qui va retenir notre attention.

« La crédulité est très présente sur ce marché cacophonique de l’information, elle part avec un avantage concurrentiel. Le fait d’aller dans le sens de nos intuitions prédispose aux théories du complot »

Et nous sommes « guidés » par des algorithmes qui orientent nos choix ?

Ils « éditorialisent » en effet l’information en fonction des traces numériques que nous laissons. Nous avons nos sujets de prédilection : les conflits, la peur, l’indignation morale, la sexualité, les informations egocentrées. Ils ont toujours existé, mais prennent aujourd’hui une place considérable. L’« apocalypse cognitive », c’est, au sens étymologique du mot, la révélation des obsessions de notre espèce. Nous sommes ainsi beaucoup plus attirés — les volumes de recherche sur Internet le prouvent — par la gifle reçue par Manuel Valls que par son action politique. Ou par les insultes des Gilets jaunes dont a été victime Alain Finkielkraut que par son œuvre. Ou encore par la bagarre à Orly entre Booba et Kaaris que par leur rap. Cette tendance est transculturelle. Ainsi, sur Weibo, le Twitter chinois, les informations les plus virales sont celles assorties de l’émoticône colère. On assiste à une indignation collective sur Twitter tous les deux jours.

Des algorithmes sont aussi conçus pour casser la routine apparente de nos existences. C’est le cas, soulignez-vous, du site de rencontres Tinder ?

Oui, encore une fois dans le but de retenir notre attention. Plutôt que de vous présenter des profils correspondant strictement à votre recherche — une femme de tel âge, dans telle catégorie socioprofessionnelle —, Tinder, qui a parfaitement intégré le fonctionnement de nos cerveaux, introduit une part d’aléatoire, de surprise, de contre-intuitif.

Le besoin de « validation sociale » est également très fort sur les réseaux sociaux. Cette soif de reconnaissance n’a-t-elle pas aussi toujours existé ?

C’est un trait constant de l’humanité. Il est prouvé qu’un médaillé d’argent aux Jeux olympiques, qui regrette la médaille d’or, est plus malheureux qu’un médaillé de bronze, déjà content d’être sur le podium. Aujourd’hui, en s’évaluant sur Facebook ou Instagram, on ressort plus malheureux car les autres vont toujours avoir tendance à poster des images d’eux valorisantes, des situations heureuses. Le taux de frustration, collective comme individuelle, augmente donc.

Quelles sont les principales conséquences de cette dérégulation de l’information ?

La crédulité est très présente sur ce marché cacophonique de l’information, elle part avec un avantage concurrentiel. Le fait d’aller dans le sens de nos intuitions prédispose aux théories du complot. On l’a vu à Washington avec les événements du Capitole, la croyance que les élections étaient truquées, le conspirationnisme de la mouvance QAnon.

Est-ce la raison pour laquelle le discours de Joe Biden lors de son investiture était axé sur le besoin de vérité ?

Il a effectivement cherché à désolidariser les extrêmes du reste de la société américaine. Sinon, la réconciliation qu’il appelle de ses vœux ne peut pas fonctionner, on ne se réconcilie pas avec quelqu’un dont on pense qu’il appartient à des réseaux pédophiles ou sataniques.

Le fait que Donald Trump n’ait pas été réélu ne montre-t-il pas que les contre-vérités, le pouvoir exercé à coups de tweets ne l’emportent pas ?

Je dirais plutôt que Trump n’a pas suffisamment réussi à convaincre pour gagner les élections, mais a quand même emporté quelque 74 millions de voix. Il a déposé des récits qui ne disparaîtront pas avec lui. Certes, cette administration néopopuliste a peut-être été vaincue, mais si difficilement… Il n’est pas du tout impossible que les Etats-Unis traversent encore des moments de violence politique, voire de terrorisme. Mercredi encore, jour de l’investiture, des gens pensaient que le voile allait être levé sur l’imposture de Biden… Une partie d’entre eux ne reviendra pas de son voyage au pays de la radicalité.

« L’indignation, la colère ou l’identité de victimes : tout est fait pour attirer l’attention des autres. Et le statut de “victime” est enviable dans un monde où l’intimidation est permanente »

Face à cette quasi-manipulation de nos cerveaux, faut-il mettre en place des mécanismes de régulation ?

C’est un des plus gros chantiers du XXIe siècle, concevoir une ingénierie de cette régulation sans altérer nos libertés individuelles. On a vu la polémique sur l’interdiction du compte Twitter de Donald Trump et de 70 000 comptes plus ou moins liés à QAnon. Il est quand même préoccupant qu’une entreprise privée interagisse sur le bien commun de l’information. Une réflexion devrait être en cours sur l’insertion dans les algorithmes, de normes morales, relatives à la défense du vrai. Les Gafam, bien que s’en défendant, classent déjà l’information. Ils ont donc à se préoccuper de sa régulation, même s’ils prétendent que cela ne les regarde pas. Ce sont des entreprises richissimes qui ne se donnent pas les vrais moyens de l’exercer. Elles embauchent quelques milliers de personnes pour le faire, mais cela reste dérisoire par rapport au flux d’informations.

Et qu’en est-il de notre capacité individuelle de régulation ?

Elle est évidemment essentielle dans la mesure où nous sommes tous devenus des agents du marché de l’information. Cette régulation passe par le développement de l’esprit critique, de la tempérance, du temps accordé à l’analyse. Alors qu’aujourd’hui on se précipite pour partager ou « liker » parce qu’on est d’abord d’accord avec une information, parce que son titre nous plaît, sans se donner la peine d’aller plus loin. On s’enferme de plus en plus dans notre « chambre d’échos ».

Vous évoquez aussi le succès grandissant de la posture victimaire ?

L’indignation, la colère ou l’identité de victimes : tout est fait pour attirer l’attention des autres. Et le statut de « victime » est enviable dans un monde où l’intimidation est permanente. D’une certaine façon, ce statut vous protège.

Les excuses présentées par Le Monde après la publication du dessin de Xavier Gorce ont été très commentées. Le quotidien les a justifiées par le fait de ne pas vouloir choquer les victimes d’inceste ?

Il faudrait plus de quiétude. Le dessin peut-être jugé bon ou mauvais, peu importe, Le Monde a eu peur d’être dans le camp du Mal, de blesser la sensibilité d’une partie de son lectorat. A force, on crée une tétanie collective et de la colère constante.

La crise de la Covid-19 ne comporte-t-elle pas beaucoup d’ingrédients propices à « l’apocalypse cognitive » ?

La période sert effectivement d’accélérateur au phénomène que je décris. Le confinement a donné plus de temps de cerveau disponible, mais cette disponibilité a été en partie cambriolée par la logique du monde numérique. On a vu surgir tant de théories du complot, tant de rage…

 

 

 

 

Coronavirus : le variant anglais bouscule toutes les certitudes

Coronavirus : le variant anglais bouscule toutes les certitudes

 

Il y a encore quelques semaines, le monde s’interrogeait sur une éclaircie possible de la pandémie. On a même songé un peu avant les fêtes à desserrer très nettement l’étau des mesures de protection. Faut-il rappeler que la France par exemple envisageait pour la fin de l’année 2020 un seuil de 5000 contaminations par jour. Un seuil qui aurait permis d’alléger considérablement le dispositif sanitaire , les contraintes commerciales et sociétales.

 

Aujourd’hui on est loin des 5000 contaminations puisque depuis deux jours et nouvelles contaminations sont supérieurs à 20 000 et surtout que les hospitalisations sont  en assez nette hausse. Le phénomène n’est pas particulier à la France bien au contraire car le développement de la pandémie est encore plus inquiétant dans d’autres pays y compris des pays très proches de la France.

 

Ce mois de janvier donne une désagréable impression de déjà-vu. La situation épidémique reste très fragile. Le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes dépasse les 20 000 depuis deux jours, quand les hospitalisations et les admissions en réanimation sont en hausse depuis une dizaine de jours. Le taux de reproduction du virus, autrement dit le R effectif, est estimé à 1,19 par Santé publique France. Ce qui signifie que l’épidémie progresse.

 

La hausse est certes moins forte que celle que nous avons pu connaître en novembre dernier, et il est encore trop tôt pour mesurer les effets du couvre-feu à 18 heures, mais les projections des épidémiologistes ne sont pas très encourageantes. En cause sans doute la prolifération renforcée du faite du virus britannique. Mais aussi la perspective de la venue plus massive du virus sud-africain et du virus brésilien. Des virus beaucoup plus difficiles à identifier sauf aller séquencer ce qui constitue un travail d’analyse complexe et long. Aujourd’hui personne n’est en capacité de dire exactement quel est l’impact du virus britannique.

 

On parle de quelques cas ici ailleurs parce qu’ils ont été repérés. En réalité, rien d’autre que le virus britannique ne peut expliquer la très nette reprise de la pandémie en France comme ailleurs. Pire épidémiologistes prévoient un pic de contamination en mars. Autant dire que d’ici là le reconfirment se sera imposé.

 

 «S’il n’y avait pas eu la menace des nouveaux variants, la situation aurait pu se stabiliser pour les prochaines semaines», analyse Vittoria Colizza, directrice de recherches à l’Inserm et spécialiste en modélisation des maladies infectieuses. Elle vient de publier un rapport de modélisation

Covid : le variant anglais observé au Canada

Covid : le variant anglais observé au Canada

Deux cas du variant anglais ont été observés au Canada. Plusieurs pays, notamment la France, l’Allemagne et l’Espagne, ont préalablement annoncé avoir découvert des cas de ce variant considéré comme potentiellement 70% plus contagieux que la souche initiale du coronavirus. L’Afrique du Sud est très touchée par la nouvelle souche.

Ottawa a décidé la semaine dernière de suspendre les vols de passagers en provenance du Royaume-Uni et de renforcer les contrôles des voyageurs arrivant d’Afrique du Sud, citant la hausse des infections au variant du coronavirus.

Les scientifiques estiment que rien ne prouve pour le moment que les vaccins contre le COVID-19 actuellement déployés – dont celui produit par Pfizer avec BioNTech – ne protègent pas contre le variant.

Le Canada a autorisé plus tôt ce mois-ci l’usage du vaccin mis au point par Pfizer et BioNTech.

Théâtre: Macron imite Chirac à Jérusalem aves l’accent anglais de la Corrèze

Théâtre: Macron imite Chirac à Jérusalem aves l’accent  anglais de la  Corrèze

«I dont like what you did in front of me» a crié M. Macron  avec un accent anglais de Correze ou d’un n de Chirac ou d’Arafat. Bref un  anglais que comprennent le français et les palestiniens. Un sorte de coup de com’ pour imiter Chirac. Curieux que le président de la république qui parle un anglais pratiquement sans accent se mette brusquement à mâchouiller la langue de Shakespeare comme on la parle en Corrèze ou à Romorantin. À un policier israélien, lui demandant de quitter l’église française située dans la vieille ville de Jérusalem. Le résultat est assez discutable. En effet Macon était venu rassurer les israéliens mais cet incident visait surtout à plaire aux palestiniens. Par ailleurs ses saillies contre l’Iran, cette fois pour plaire à Israël ne sont pas forcément bienvenus dans la même temps où la France voudrait jouer un rôle d’arbitre dans le conflit qui oppose l’Iran et les États-Unis. Au total des expressions diplomatiques très confuses et contradictoires. De toute manière la France ne joue pratiquement plus aucun rôle au Moyen-Orient. « Je n’aime pas ce que vous avez fait devant moi », a donc crié mercredi le président français Emmanuel Macron à un policier israélien à Jérusalem, alors que les autorités israéliennes s’écharpaient avec les équipes de sécurité françaises à l’entrée de la basilique Saint-Anne, enclave française située dans le centre de Jérusalem.

La scène rappelle indéniablement une querelle semblable avec Jacques Chirac, près d’un quart de siècle plus tôt dans les mêmes lieux. L’ancien président français s’était lui aussi emporté en 1996 contre des soldats israéliens qui l’encadraient de trop près, en lançant son désormais célèbre « Do you want me to go back to my plane? » (Voulez-vous que je remonte à bord de mon avion?).

Alors cette altercation, survenue à l’occasion du premier déplacement en Israël d’Emmanuel Macron, était-elle préméditée? Le président français souhaitait-il marquer les esprits à la manière de son prédécesseur, ou encore lui faire un clin d’oeil, quatre mois après sa mort?

L’Élysée, contactée par BFMTV, dément formellement toute volonté de faire un coup de communication. Le palais de l’Élysée indique que « si cela peut faire penser à Jacques Chirac, c’est tout simplement que les conditions de sécurité à Jérusalem peuvent créer des situations semblables ».

Pourtant, quelques minutes avant cette fameuse séquence, le président avait fait référence à la visite de Jacques Chirac devant nos caméras.  »On a tous en souvenir des scènes très vivantes de notre imaginaire français. Et je pense que revenir ici, c’est aussi montrer qu’il y a une histoire qui continue. Il y avait aussi des malentendus qui avaient été liés à cette visite, j’espère qu’ils seront levés, (que cette nouvelle visite) permettra de les dissiper », avait-il déclaré.

« On a l’impression, en voyant ces images, qu’Emmanuel Macron pense avoir réussi un bon coup de com’ », estime l’éditorialiste Bruno Jeudy, sur BFM, doutant de la sincérité de la séquence. « Je ne sais pas ce qu’il a cherché à faire, mais ça fait un peu imitation de Chirac. Ça fait un peu surjoué. »

L’impérialisme linguistique anglais accompagne l’impérialisme culturel

L’impérialisme linguistique anglais accompagne l’impérialisme culturel

 

Dans une récente tribune du Monde, un collectif d’intellectuels a dénoncé l’impérialisme linguistique anglais considérant à juste titre que l’envahissement de la langue française par l’anglicisme constituait un danger. Le danger n’est pas simplement linguistique mais aussi culturel car les expressions sont porteuses de contenus. Un seul exemple quand Macron au lieu de parler de la société française utilise l’expression « start-up nation ». Une référence claire à l’élitisme de ceux qui réussissent et s’enrichissent en quelques années. Bref, c’est surtout l’occasion de diffuser dans l’opinion publique un modèle de société à l’américaine caractérisée par le retour quasi exclusif sur l’individualisme et les valeurs monétaires comme référence. Une société où la régulation économique mais aussi sociale et sociétale est totalement confiée au marché donc à l’argent. Sur le plan linguistique, il est de bon ton pour paraître moderne de truffer presque chaque phrase d’un mot ou d’une expression anglaise. Certes la langue française est vivante, elle se nourrit de nouveaux mots y compris d’origine étrangère mais tout est dans la mesure. Sans faire outrage à la langue française, il est possible de temps en temps d’utiliser un mot d’origine étrangère mais l’usage excessif touche au pédantisme et au ridicule. En effet, aujourd’hui on atteint souvent le ridicule quand la langue française est beaucoup plus riche qu’un mot anglais pour s’exprimer. À noter que les politiques, les financiers et les économistes notamment ont une fâcheuse tendance à abuser d’expression anglaise sans doute pour conférer un caractère scientifique à des propos qui ne le sont pas. Notons que le président de la république ne fait pas exception. Malheureusement cet usage du « Globish » ressemble fort au latin des médecins de Molière.  La tribune du Monde :

 « Pour la deuxième année consécutive, la littérature Young Adult est mise à l’honneur au salon Livre Paris », lit-on sur le site Internet de cette manifestation qu’on appela longtemps le Salon du livre, et qui se tiendra du 15 au 18 mars. A côté de la littérature jeunesse, qui dispose de sa propre « scène » au salon, il y en aurait donc une autre, cette fois « jeune adulte ». Passons sur le bien-fondé de cette catégorie qui remonte au succès commercial d’Harry Potter– et se distinguerait peut-être d’une littérature « adulte mûr » et d’une troisième, « vieil adulte ». Mais pourquoi doit-elle être dite en anglais ? Poursuivons notre lecture du site Internet [qui a été, depuis l’écriture de cette tribune, actualisé] : la « scène YA » accueillera « Le Live » (performances et lectures musicales), une « Bookroom » (un espace de rencontres), un « Brainsto » (discussion entre créateurs), un « Photobooth » (pour laisser une trace sur ses réseaux sociaux). Il était aussi prévu un « Bookquizz », très malheureusement annulé.

Dans les rues, sur la Toile, dans les médias, dans les écoles privées après le bac et dans les universités, partout, en fait, l’anglais tend à remplacer peu à peu le français – à la vitesse d’un mot par jour. Chacun le sait, et beaucoup d’entre nous l’acceptent comme si c’était le cours naturel de l’évolution, confondant la mondialisation avec l’hégémonisme linguistique. Mais même dans un salon du livre en France ? A Paris, dans un salon consacré au livre et accessoirement à la littérature, n’est-il plus possible de parler français ?

Pour nous, intellectuels, écrivains, enseignants, journalistes et amoureux de cette langue venus de tous les horizons, « Young Adult » représente la goutte d’eau qui fait déborder le vase de notre indulgence, de notre fatalisme parfois. Ce « Young Adult », parce qu’il parle ici de littérature francophone, parce qu’il s’adresse délibérément à la jeunesse francophone en quête de lectures, est de trop. Il devient soudain une agression, une insulte, un acte insupportable de délinquance culturelle.

Il s’agit au fond de commerce et de mercatique, d’impérialisme linguistique pour mieux vendre partout les mêmes produits. »

Stop à l ’impérialisme linguistique anglais (collectifs d’écrivains)

Stop à l ’impérialisme linguistique anglais (collectifs d’écrivains)

 

Encore plus aujourd’hui qu’hier, il est de bon ton pour paraître moderne de truffer presque chaque phrase d’un mot ou d’une expression anglaise. Certes la langue française est vivante, elle se nourrit de nouveaux mots y compris d’origine étrangère mais tout est dans la mesure. Sans faire outrage à la langue française, il est possible de temps en temps d’utiliser un mot d’origine étrangère mais l’usage excessif touche au pédantisme et au ridicule. En effet, aujourd’hui on atteint souvent le ridicule quand la langue française est beaucoup plus riche qu’un mot anglais pour s’exprimer. À noter que les politiques, les financiers et les économistes notamment ont une fâcheuse tendance à abuser d’expression anglaise sans doute pour conférer un caractère scientifique à des propos qui ne le sont pas. Notons que le président de la république ne fait pas exception. Malheureusement cet usage du « Globish » ressemble fort au latin des médecins de Molière.  Dans une tribune collective au « Monde », une centaine d’écrivains, d’essayistes, de journalistes et d’artistes s’indignent de voir le « globish », un sous-anglais, supplanter notre langue dans les médias, à l’université et jusqu’au prochain salon « Livre Paris ».

 « Pour la deuxième année consécutive, la littérature Young Adult est mise à l’honneur au salon Livre Paris », lit-on sur le site Internet de cette manifestation qu’on appela longtemps le Salon du livre, et qui se tiendra du 15 au 18 mars. A côté de la littérature jeunesse, qui dispose de sa propre « scène » au salon, il y en aurait donc une autre, cette fois « jeune adulte ». Passons sur le bien-fondé de cette catégorie qui remonte au succès commercial d’Harry Potter– et se distinguerait peut-être d’une littérature « adulte mûr » et d’une troisième, « vieil adulte ». Mais pourquoi doit-elle être dite en anglais ? Poursuivons notre lecture du site Internet [qui a été, depuis l’écriture de cette tribune, actualisé] : la « scène YA » accueillera « Le Live » (performances et lectures musicales), une « Bookroom » (un espace de rencontres), un « Brainsto » (discussion entre créateurs), un « Photobooth » (pour laisser une trace sur ses réseaux sociaux). Il était aussi prévu un « Bookquizz », très malheureusement annulé.

Dans les rues, sur la Toile, dans les médias, dans les écoles privées après le bac et dans les universités, partout, en fait, l’anglais tend à remplacer peu à peu le français – à la vitesse d’un mot par jour. Chacun le sait, et beaucoup d’entre nous l’acceptent comme si c’était le cours naturel de l’évolution, confondant la mondialisation avec l’hégémonisme linguistique. Mais même dans un salon du livre en France ? A Paris, dans un salon consacré au livre et accessoirement à la littérature, n’est-il plus possible de parler français ?

Pour nous, intellectuels, écrivains, enseignants, journalistes et amoureux de cette langue venus de tous les horizons, « Young Adult » représente la goutte d’eau qui fait déborder le vase de notre indulgence, de notre fatalisme parfois. Ce « Young Adult », parce qu’il parle ici de littérature francophone, parce qu’il s’adresse délibérément à la jeunesse francophone en quête de lectures, est de trop. Il devient soudain une agression, une insulte, un acte insupportable de délinquance culturelle.

Il s’agit au fond de commerce et de mercatique, d’impérialisme linguistique pour mieux vendre partout les mêmes produits.

Pas d’avenir pour Canal+ sans le foot anglais

Pas d’avenir pour Canal+ sans le foot anglais

 

 

On sait que Canal + connaît depuis des mois une baisse d’audience en raison notamment de l’influence qu’exerce l’industriel Bolloré sur la ligne éditoriale. Reste cependant le football qui attire à peu près la moitié des abonnés ; Or  les droits du foot anglais ont été arrachés par, le groupe Altice dirigé de Patrick Drahi propriétaire notamment de SFR et de Numericable. Pour l’instant le groupe Altis n’a pas précisé les conditions de diffusion du football anglais compétition la plus regardée au monde. Du coup 2 solutions apparaissent possibles pour Canal+ soit payer  relativement cher à Altice le droit de diffuser ces matchs, soit renoncer à la diffusion ; mais ce qui porterait un nouveau coup sérieux à l’audience de Canal+.  « Les droits premium n’ont pas vocation à être détenus ou maintenus en exclusivité pour nos propres clients. Interdire à des clients d’avoir accès au foot parce qu’ils ne sont pas chez nous, cela serait une mesure audacieuse qui pourrait se retourner contre nous.  Je ne crois pas à l’exclusivité qui enferme le client. Il est difficile de le conserver par la contrainte, le client veut avoir le choix » a alors indiqué en début de semaine Michel Combes, directeur des opérations Altice et PDG de sa filiale SFR, à nos confrères des Echos. Mais Le groupe Canal douterait même des réelles intentions d’Altice concernant la cession de lots à de potentiels rivaux.

Quel avenir pour Canal+ sans le foot anglais ?

Quel avenir pour Canal+ sans  le foot anglais ?

 

Trois facteurs explicatifs pourraient peser sur la situation de canal, d’abord la situation financière du groupe en France qui fait apparaître un déficit ensuite les pertes d’audience déjà enregistrées enfin la perspective de la suppression des matchs  de foot anglais. On sait que la moitié des abonnés sont essentiellement motivés par le foot. Or les matchs de foot anglais,  de loin le plus regardés dans le monde,  pourraient disparaître à Canal puisque les droits sont désormais détenus par Altice société de Patrick Drahi. De ce point de vue, l’alliance avec BeIN sport ne changera pas la donne.  La première ligue anglaise est de loin le championnat le plus relevé st le plus spectaculaire. En l’absence des matchs anglais, nombreux de téléspectateurs risquent de se désabonner de Canal, des abonnés qui seraient alors réduits à regarder des matchs le plus souvent insipides du championnat de France. Un autre élément pèse sur la désaffection des téléspectateurs vis-à-vis de canal c’est la perte progressive de l’esprit Canal caractérisé par une certaine impertinence et une certaine innovation. Or  Vincent Bolloré depuis qu’il est devenu propriétaire de Canal a fait le ménage et a  imposé une ligne éditoriale moins critique et moins originale. D’une certaine façon Vincent Bolloré mène le groupe Canal+ comme il mène ses entreprises, d’une main de fer. Pas sûr que les abonnés à Canal+ apprécient beaucoup ce type de gouvernance pas très adaptée au champ  des médias. Le groupe Canal+, présidé par Vincent Bolloré, reste cependant bénéficiaire avec 454 millions d’euros d’Ebitda en 2015, toutes activités et zones confondues. Les pertes financières en France sont 264 millions d’euros en 2015.  Mais personne ne doute du ralentissement de Canal+ en France. De 2012 à 2015, l’empire de la télévision payante a perdu dans l’Hexagone 1,1 million d’abonnés, à 8,45 millions




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