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La victoire de la social-démocratie allemande: pourquoi ?

La victoire de la social-démocratie allemande: pourquoi ?

 

Un article qui pourrait faire réfléchir la social-démocratie française républicaine concernant le succès de la social-démocratie allemande.

La victoire du nouveau chancelier social-démocrate Olaf Scholz réside dans le fait d’avoir su renouer avec l’électorat populaire, en mettant en avant les questions économiques et sociales, de nouveaux engagements européens et une politique audacieuse en matière de transition écologique, analyse, dans une tribune au « Monde », l’historien et germaniste Jacques-Pierre Gougeon.

 

Tribune.

A un moment où un social-démocrate, Olaf Scholz, incarnation du « centre gauche », va diriger l’Allemagne, alors que l’Europe du Nord et une partie de l’Europe du Sud sont dirigées par des sociaux-démocrates et que, en contraste, la gauche française semble à la peine, il peut être intéressant de revenir sur les raisons du succès de la social-démocratie allemande.

Balayons d’abord une analyse que l’on a pu trouver ici ou là et qui est un peu facile : la victoire d’Olaf Scholz serait due à la faiblesse du candidat chrétien-démocrate. Certes, ce dernier a multiplié les maladresses et est apparu en « décalage » et finalement peu à la hauteur, d’autant que, dès le début, sa candidature a été contestée par une partie de son camp. Mais pour qui analyse les choses avec plus d’attention, les raisons de la victoire sociale-démocrate, courte certes (25,7 % pour le Parti social-démocrate, SPD, contre 24,1 % pour l’Union chrétienne-démocrate, CDU), sont plus profondes. Cela n’a pas été suffisamment relevé, le Parti social-démocrate a, lors de cette élection, renoué avec l’électorat populaire dont il avait commencé à perdre les faveurs aux élections fédérales de 2009, alors qu’il recueillait encore, en 2005, 44 % du vote des ouvriers et 35 % du vote des employés.

 

Lors des dernières élections fédérales, 26 % des ouvriers et 24 % des employés ont voté pour le SPD soit un gain respectif de 3 et 4 points par rapport à 2017. En outre, 32 % des salariés syndiqués ont fait ce choix. Ce constat est à mettre en parallèle avec le fait que le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) avait dû son résultat élevé de 2017 en grande partie à une percée parmi les ouvriers (21 % soit un gain de 15 points par rapport à 2013), se déclarant depuis « parti ouvrier ». Cette évolution tangible en 2021 est à mettre en relation avec la volonté du Parti social-démocrate et d’Olaf Scholz lui-même d’un positionnement clairement social de sa campagne qui correspondait par ailleurs au glissement de son parti ces dernières années.

 

Cette mutation a été marquée par une prise de distance, voire une rupture, sur certains sujets, avec l’ère de l’ancien chancelier Gerhard Schröder dont Olaf Scholz avait pourtant été l’un des acteurs comme secrétaire général du SPD. Les analyses de l’historien Mark Lilla sur l’élection américaine de 2018 ont été observées de près par les sociaux-démocrates allemands : selon cet universitaire, la campagne libertaire d’Hillary Clinton, trop tournée vers les questions liées à la diversité et les interrogations des libéraux des grandes villes, a fini par oublier les enjeux économiques et sociaux, poussant une large partie des ouvriers des régions industrielles à voter en faveur de Donald Trump

Croissance Allemande dynamique

Croissance Allemande dynamique

 

L’Office fédéral des statistiques, Destatis constate un bon bond de 3,2% de la consommation privée par rapport aux trois premiers mois de l’année. « La consommation privée était le pilier le plus important de la reprise économique au printemps », soulignait de son côté la Bundesbank dans son rapport mensuel publié lundi.

Destatis a également révisé à la hausse le PIB du premier trimestre, quand l’Allemagne a dû recourir à d’importantes restrictions pour endiguer une nouvelle vague d’infections, évaluant la contraction à -2,0%, contre -2,1% précédemment.

Hydrogène–une alliance franco-allemande ?

Hydrogène–une alliance franco-allemande ?

Guy Maugis ,président de la Chambre Franco-Allemande de Commerce et d’Industrie préconise une alliance franco-allemande pour le développement de la filière hydrogène. Le problème cependant est que l’Allemagne est très protectrice de ses industries de pointe et par exemple fait tout pour démolir la filière nucléaire de la France.

 

 

Ce que l’on connaît du prochain rapport du Giec, les chaleurs extrêmes qui ont affecté récemment le Nord-ouest des États-Unis et du Canada soulignent encore un peu plus l’urgence de la question climatique et la nécessité d’une décarbonation de l’économie de grande ampleur. La transition énergétique en est évidemment une clé. C’est la raison pour laquelle tous les regards se tournent vers l’hydrogène « vert » (c’est-à-dire produit par une électricité décarbonée). La Commission européenne a élaboré à la fin de l’année dernière un Important Project of Common European Interest (IPCEI), consacré à l’hydrogène vert et concernant aussi bien sa production que sa distribution et son utilisation, en particulier dans le transport et l’industrie.

Des projets sont d’ores et déjà identifiés. Il faut aujourd’hui entrer dans la phase de lancement et de financement. Les entreprises françaises et allemandes sont en première ligne dans le développement de l’hydrogène. Elles l’ont clairement manifesté lors du premier Symposium franco-allemand de l’hydrogène, organisé le 1er juillet à Paris sous l’égide de la Chambre Franco-Allemande de Commerce et d’Industrie.

Il ne s’agit plus de développer des expériences pilotes, mais de créer un véritable marché commun de l’hydrogène vert en Europe, comme nous avons su le faire avec le charbon et l’acier, ou avec l’électricité. L’enjeu est de bâtir un véritable écosystème de l’hydrogène vert, qui intègre sa production dans des « gigafactories », sa distribution au travers de nouvelles infrastructures et son utilisation. La demande potentielle en hydrogène vert de la part de l’industrie européenne est très importante et peut se mesurer en gigawatts mais construire les capacités de production correspondantes est à la portée des grands énergéticiens européens.

Les industriels français et allemands sont d’accord sur un point : un écosystème européen de l’hydrogène doit intégrer l’ensemble de la chaîne de valeur et être suffisamment dimensionné pour que la filière soit rentable le plus rapidement possible et que l’hydrogène vert devienne une « commodité »

Filière. Naturellement, cela exige des investissements très importants, et donc un soutien des Etats et de l’Union européenne. La France projette d’investir 7,2 milliards d’euros d’ici à 2030, l’Allemagne 9 milliards. Ce sont des engagements ambitieux, mais nécessaires. Les industriels français et allemands sont d’accord sur un point : un écosystème européen de l’hydrogène doit intégrer l’ensemble de la chaîne de valeur et être suffisamment dimensionné pour que la filière soit rentable le plus rapidement possible et que l’hydrogène vert devienne une « commodité ».

La montée en puissance d’une nouvelle économie de l’hydrogène est à notre portée. Elle sera un vecteur de souveraineté technologique dans la compétition mondiale. De par les investissements industriels qu’elle nécessite, cette économie sera également un puissant facteur de réindustrialisation, avec probablement la création de 100 000 emplois au cours des dix prochaines années. La France et l’Allemagne doivent prendre le leadership de cette nouvelle économie. Mais il faut aussi que les États, avec l’Union européenne, créent le cadre réglementaire et financier à la hauteur des enjeux. Ils en donnent le signe. L’heure est désormais aux actes et aux décisions.

Guy Maugis est président de la Chambre Franco-Allemande de Commerce et d’Industrie

Union économique : une procédure judiciaire contre la cour de justice allemande

Union économique : une procédure judiciaire contre la cour de justice allemande

 

 

 

L’Allemagne si soupçonneuse vis-à-vis du respect des dispositions européennes pourrait bien se retrouver face à la justice pour avoir contrevenu aux orientations de l’union européenne

On considère en effet dans l’union européenne que la fameuse Cour de justice de Karlsruhe   a violé les réglementations de l’Union européenne en contestant un programme d’achat de la Banque centrale européenne (BCE) déjà approuvé par la plus haute juridiction du bloc communautaire.

 

La Cour fédérale (en allemand : Bundesgerichtshof, BGH) est l’organe juridictionnel allemand placé au sommet de l’ordre judiciaire et jugeant en dernière instance en matière civile, où elle entend l’appel des jugements des tribunaux provinciaux supérieurs (Oberlandesgerichte), et en matière pénale, où elle entend celui des jugements des tribunaux provinciaux (Landgerichte). Elle est organisée en douze chambres civiles, cinq chambres pénales et huit chambres spéciales. La poursuite pénale y est exercée par le procureur général fédéral près la Cour fédéraleLa Cour a été créée en 1950 et a succédé au Tribunal du Reich (Reichsgericht) qui remplissait des fonctions comparables sous le Reich allemand. Elle a son siège à Karlsruhe, dans l’ancien palais du grand-duc héritier, la 5e chambre pénale étant localisée à Leipzig.

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En mai 2020, la Cour constitutionnelle allemande a jugé que la BCE n’avait pas autorité pour effectuer des achats de titres (PSPP) et a ordonné à la banque centrale allemande, qui achetait des emprunts d’Etats de la zone euro pour le compte de la BCE, d’abandonner le programme.

La BCE avait cependant obtenu au préalable le feu vert de la Cour de justice de l’UE, laquelle a rappelé par la suite qu’elle seule pouvait décider si des organes du bloc communautaire violaient les normes de celui-ci.

D’après les deux sources, la Commission va s’accorder mercredi sur l’envoi d’une lettre à Berlin pour le notifier d’une enquête visant à déterminer si la décision du tribunal allemand a violé les règles de l’UE.

L’envoi d’un tel courrier marque la première étape d’une procédure pouvant déboucher sur une demande formelle de la Commission auprès de la Cour de justice afin que celle-ci impose des pénalités.

L’une des sources a déclaré que le jugement allemand avait créé aux yeux de Bruxelles une jurisprudence dangereuse pour le droit européen, avec le risque que d’autres pays membres du bloc jugent leurs tribunaux plus compétents que celui de l’UE.

Plan de relance européen. La cour suprême allemande s’y oppose

Plan de relance européen. La cour suprême allemande s’y oppose

Bizarrerie juridique la cour constitutionnelle allemande a toujours le pouvoir de s’opposer à des décisions notamment financières de l’Europe y compris lorsqu’elles sont adoptées par le Parlement d’outre-Rhin.

Il s’agit pour cet organisme très orthodoxe de s’opposer au plan de relance de 750 milliards pourtant adopté par les autorités européennes et allemandes. En fait, il s’agit peut-être non pas d’empêcher un plan de relance qui a reçu la bénédiction de toutes les institutions démocratiques mais peut-être de s’opposer aux velléités dépensières de pays du Sud et de la France. En effet hier macron a lancé l’idée d’un plan supplémentaire pour soutenir l’économie.  

Un appel considéré comme très laxiste par les orthodoxes allemands qui oublient cependant que les liquidités largement distribuées par la banque centrale européenne et par l’union européenne soutiennent la demande des pays européens à l’Allemagne. La cour constitutionnelle allemande critique la globalité du plan de 750 milliards mais surtout la partie qui sera versée sous forme de subventions, à peu près la moitié.

« La force de la démocratie allemande: le respect de normes non écrites »

« La force de la démocratie allemande:  le respect de normes non écrites »

En France, faute de discernement, faute de consensus, le populisme triomphe. Il contamine la politique, les médias, les mouvements protestataires, le monde intellectuel, menant à l’abandon du « front républicain », observe, dans une tribune au « Monde », l’écrivaine franco-allemande Géraldine Schwarz.

Tribune.

 

 De nos jours, les démocraties ne sont plus renversées par des coups d’Etat, mais par des partis et des dirigeants politiques qui exploitent leurs principes de liberté et de tolérance pour les saboter de l’intérieur. Cette tactique qui faillit coûter la vie de la démocratie américaine et a plongé des pays comme la Hongrie ou le Venezuela dans l’autocratie pourrait servir de leçon à d’autres.

L’Allemagne semble l’avoir compris. La décision de ses services de renseignement intérieur, révélée le 3 mars par la presse, de classer le parti d’extrême droite AfD comme « cas suspect » et de le mettre sous surveillance envoie un signal clair : qui nuit à la démocratie allemande doit s’attendre à en subir les conséquences.

Respect de normes non écrites

Même si cette mesure a entre-temps été suspendue le 5 mars par un tribunal qui examine un recours de l’AfD, elle est approuvée par 70 % de la population d’un pays où, contrairement à la France, institutions, société civile et médias se mobilisent clairement pour faire barrage à l’extrémisme. Avec succès, en particulier dans l’Ouest : le 14 mars, lors d’élections régionales dans le Bade-Wurtemberg et le Rhénanie-Palatinat, l’AfD a perdu 35 % des voix par rapport à 2016, avec des scores de respectivement 9,7 % et 8,3 %, un déclin également dû à des conflits internes.

La majorité des partis allemands s’élèvent au-dessus des luttes partisanes pour faire front commun contre l’extrême droite

Aux prochaines élections fédérales de septembre 2021, le parti est crédité de 9 % à 11 % des intentions de votes selon les derniers sondages publiés par l’institut Forsa le 2 mars et par l’institut Infratest dimap le 4 mars – l’un des plus bas taux pour l’extrême droite en Europe.

Au-delà des institutions, ce qui fait la force de la démocratie allemande, c’est aussi le respect de normes non écrites. En politique, si certains ont intégré des thématiques d’extrême droite, la majorité des partis allemands s’élèvent au-dessus des luttes partisanes pour faire front commun contre l’AfD.

 

De son côté, la justice n’hésite pas à recourir aux instruments répressifs mis à disposition par le pouvoir législatif pour faire respecter la loi fondamentale et l’Etat de droit. Quant aux médias, ils alertent régulièrement sur le caractère antidémocratique ou mensonger d’une déclaration ou d’une prise de position et aident les citoyens à lire entre les lignes pour décrypter les manipulations rhétoriques. Il n’existe pas en Allemagne d’équivalent de ce que sont les chaînes CNews pour la France, Fox News pour les Etats-Unis ou le site Daily Mail pour le Royaume-Uni.

Croissance allemande : menacée par la deuxième vague sanitaire

Croissance allemande : menacée par la deuxième vague sanitaire

Jusque-là on se félicitait en Allemagne du moindre impact de la crise sanitaire sur l’économie en particulier de la forte résistance des exportations. Il est clair cependant que les destinataires de ces exportations sont touchés par les effets du virus et ont donc tendance à réduire les commandes. Ce que constate la Bundesbank qui prévoit même que la croissance pourrait tomber dans le rouge au dernier trimestre. Il est fort probable que dans les jours à venir les institutions vont être conduites à nouveau a réviser  à la baisse les perspectives économiques de l’Allemagne mais aussi de l’ensemble de l’union économique.

“La performance économique globale pourrait stagner, voire décliner, après une croissance très vigoureuse cet été”, a déclaré la Buba dans son rapport mensuel.

La banque centrale allemande y souligne néanmoins qu’un ralentissement économique d’une ampleur similaire à celui du printemps était peu probable. Selon elle, les progrès réalisés dans le développement d’un vaccin contre le COVID-19 ont également renforcé les espoirs de trouver “bientôt” un équilibre entre le contrôle du virus et le maintien d’une activité économique.

La chancelière Angela Merkel et les dirigeants des Länder, censés se réunir dans la journée, envisagent un renforcement des mesures sanitaires afin de stopper la hausse des nouvelles infections au coronavirus, d’après un projet de document que Reuters a pu consulter.

Non à une fédération franco-allemande? (Matthias Fekl)

Non à une fédération franco-allemande? (.Matthias Fekl)

Dans le journal l’Opinion Matthias Felk dont l’un des parents est allemand refuse l’idée d’une fédération franco allemande avancée par Daniel Cohn-Bendit, lui aussi franco-allemand .

Tribune

 

« Daniel Cohn-Bendit est l’une des rares figures authentiquement franco-allemandes, ayant vécu en France comme en Allemagne, connaissant et aimant les deux pays, et ayant été un représentant élu dans chacun d’eux – en Allemagne, au niveau municipal, à Francfort ; en France, comme député européen. En matière européenne, il est à la fois croyant et pratiquant. L’un de ses mérites, et non des moindres, est de faire vivre le débat européen en l’alimentant régulièrement en propositions innovantes.

Sa proposition la plus récente ne déroge pas à la règle : la semaine dernière, avec l’universitaire Claus Leggewie, il a ainsi pris position en faveur d’un « grand saut » vers une « fédération progressive franco-allemande ». Le constat de départ est incontestable : l’Europe est plus divisée que jamais et ses tendances centrifuges menacent désormais la pérennité même du projet communautaire, les grands défis contemporains ne peuvent être relevés qu’ensemble mais sont le plus souvent abordés dans la dispersion et le manque de coordination, le moteur franco-allemand est indispensable à l’avancée de l’intégration européenne.

L’idée est ambitieuse. Elle traduit une approche volontariste de l’Europe qu’il convient, en tant que telle, de saluer, à l’heure où il est de bon ton de douter de la pertinence du projet européen et de prôner purement et simplement le repli nationaliste et protectionniste. Pour autant, je peine à être pleinement convaincu par l’idée d’une fédération franco-allemande. L’Europe souffre d’être souvent trop abstraite pour ses citoyens, d’être perçue comme trop distante, froide et technocratique : « le plus froid des monstres froids », pour lui appliquer la caractérisation que Nietzsche réservait à l’Etat. Le principal problème de la fédération européenne est que celle-ci est elle-même largement abstraite : généreuse, certes, mais trop théorique pour répondre aux attentes des Européens. Elle parle à la raison plus qu’aux cœurs ; or, ce sont les cœurs qui doivent être conquis si l’on veut ancrer la conviction européenne dans les consciences des citoyens de l’Union.

Double nationalité. Qui, en France et en Allemagne, attend véritablement de pouvoir disposer automatiquement de la double nationalité franco-allemande ? Qui en ressent même le besoin, à supposer d’ailleurs – ce dont il est permis de douter – que tout le monde le souhaite ? Qui, en France, souhaite sérieusement la mutualisation de notre siège de membre permanent au conseil de sécurité des Nations Unies, attribut majeur de notre puissance et de notre diplomatie ? Inversement, qui, en Allemagne, envisage de rouvrir le débat sur le nucléaire, énergie honnie outre-Rhin depuis Tchernobyl ?

L’indifférence, peut-être même une forme de rejet l’emporteraient sans nul doute sur une large adhésion, et ce, dans les deux pays : un comble, alors que l’adhésion et l’appropriation sont des enjeux clés pour l’avenir de l’Europe. Comment enfin envisager, même à moyen terme, la complète intégration politique et institutionnelle de deux pays aux histoires, aux cultures politiques et aux institutions si différentes et même souvent diamétralement opposées ? Il est bien sûr souhaitable de s’inspirer de ce qui fonctionne le mieux dans chaque pays, et de tâcher de le transposer autant que possible dans l’autre, mais le rapprochement significatif des modalités concrètes de fonctionnement des Etats, régions, Länder et administrations qu’esquisse la tribune n’est pas une perspective réaliste.

Il n’en demeure pas moins qu’une question de fond demeure posée : comment rendre irréversible le rapprochement des deux pays, comment pérenniser le rôle moteur du couple franco-allemand en Europe ? L’arbre des récentes – et notables – avancées, suite à l’initiative conjointe Macron-Merkel, ne doit pas masquer la forêt de malentendus, méfiances petites et grandes et autres décisions unilatérales qui persistent, car les progrès accomplis en matière d’intégration économique sont pour l’essentiel dus au contexte de crise inédite et massive ouvert par la pandémie du Covid-19. Pourtant, même en cette matière, la coopération franco-allemande et européenne demeure insuffisante : chaque pays apporte ses propres réponses sanitaires et prend des décisions unilatérales, alors que ce sont les gestes barrière et non les frontières qui peuvent arrêter efficacement le virus. Le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, a d’ailleurs raison lorsqu’il se bat pour une coopération européenne plus forte en réponse à la situation sanitaire.

Sur le plan géopolitique, les différences d’approche demeurent structurantes en bien des domaines. Si l’ère de la naïveté européenne semble révolue dans une mondialisation marquée par des guerres commerciales de toute nature, l’unité est loin d’être au rendez-vous. Dernier exemple en date : le positionnement à adopter face à la Turquie. Le moins que l’on puisse dire est que France et Allemagne n’ont pas eu de position commune sur ce dossier. Même si l’on peut le comprendre au vu des différences d’histoire, de culture et surtout de démographie entre les deux pays, cette divergence n’en est pas moins fâcheuse en un temps où la voix de l’Europe doit se faire entendre dans le monde. A quoi pourrait bien ressembler, dans ce cas d’espèce, une position commune franco-allemande dans les instances internationales, si ce n’est à un plus petit dénominateur commun ?

Le plus urgent est donc non d’imaginer des constructions séduisantes sur le papier, mais vouées à l’échec, mais d’œuvrer à un lent et raisonné rapprochement des positions sur de nombreux sujets : politiques économique, énergétique, environnementale, migratoire, recherche et développement, diplomatie, questions militaires… De même, un immense effort est à faire pour que chacun connaisse mieux le pays voisin : meilleur apprentissage de la langue de l’autre, connaissance plus approfondie des cultures respectives, relations plus suivies et plus denses tant au niveau des décideurs publics et privés qu’entre sociétés civiles sont de vraies urgences qui appellent des décisions volontaristes et une mobilisation accrue. Car si de nombreux canaux de coopération et de concertation existent, l’affectio societatis n’est pas systématiquement la caractéristique première de la relation franco-allemande. Les préjugés, les incompréhensions, les malentendus demeurent trop nombreux. Dans un tel contexte, plaquer des dispositifs institutionnels trop éloignés des réalités politiques et humaines des deux pays pourrait s’avérer contre-productif.

Réciprocité et défense commerciales, politiques environnementales communes, réponses sanitaires et économiques communes face à la crise, stratégies diplomatiques communes sur les grands dossiers : le volontarisme européen passe par la mise en œuvre de projets concrets, répondant aux attentes des citoyens et aux nécessités de notre temps.

Matthias Fekl, avocat, ancien ministre.

L’euro porté par l’économie allemande

L’euro porté par l’économie allemande

Une fois de plus l’Allemagne porte l’économie européenne à bout de bras. Les chiffres de la croissance allemande ont suscité une «réaction positive» de l’euro, a noté Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank. Le PIB allemand s’affiche en recul de 9,7% par rapport au précédent trimestre sur la période d’avril à juin, a indiqué mardi l’Office de la statistique Destatis, qui évoquait jusqu’alors -10,1%. À comparer à la France qui a vu son activité générale diminuer de près de 14 %.

L’euro montait ce mardi face au dollar, aidé par des chiffres sur la croissance allemande au deuxième trimestre et un moindre intérêt des investisseurs pour le billet vert.

Vers 19H00 GMT (21H00 à Paris), l’euro gagnait 0,39% face au billet vert, à 1,1834 dollar. «Le dollar américain recule, pénalisé par des choix plus risqués de la part des investisseurs», a estimé Lee Hardman, analyste de MUFG, qui en veut pour preuve le record atteint lundi par le S&P 500, l’indice boursier élargi de Wall Street. Cet appétit pour le risque est également alimenté par la reprise des discussions entre les États-Unis et la Chine sur leur accord commercial, a-t-il ajouté.

 «Le marché s’attend plus ou moins à ce que M. Powell se montre plutôt en faveur d’un assouplissement de la politique dans son discours, mais plutôt en se focalisant sur le contrôle de l’inflation que sur une éventuelle baisse des taux en tant que telle», ont souligné les analystes de Scotiabank.

Affaire Wirecard : la rigueur Allemande mise en doute !

Affaire Wirecard : la rigueur Allemande mise en doute !  

C’est forcément une atteinte à l’image de la rigueur de l’Allemagne à travers l’affaire Wirecard et histoire de près de 2 milliards présents dans les comptes mais qui n’auraient jamais existé. La preuve sans doute que la supervision des banques bénéficie encore d’un certain laxisme surtout dans un pays en général apprécié pour sa rigueur.

 

L’image de sérieux et de rigueur des patrons allemands est ainsi de nouveau salie, cinq ans après le scandale de falsification systématique des tests anti-pollution chez Volkswagen.Quatre jours après sa démission, le président du directoire de Wirecard a été placé en détention mardi. Le constat semble déjà avoir été dressé par le gouvernement: alors qu’il avait initialement jugé que la BaFin, l’autorité de surveillance des marchés financiers, avait “travaillé très dur” et “fait son travail”, le ministre des Finances, Olaf Scholz, lui a reproché des erreurs mardi en promettant d’étudier un possible durcissement des règles de contrôle des entreprises.

“Le ministère des Finances, tout comme (…) la BaFin, doit s’expliquer”, estime Florian Toncar, député au Bundestag.

Felix Hufeld, le président de la BaFin, a reconnu que le dossier Wirecard était “un désastre absolu” et que l’institution qu’il dirige, comme d’autres, avait commis des erreurs.

d’entreprise.

“Dans le cas de Wirecard, le conseil de surveillance ne semblait pas disposer du pouvoir de modifier les comportements”, estime ainsi Kathleen Dewandeleer, d’Aberdeen Standard Investments à Londres.

Le cas Wirecard illustre aussi le réflexe allemand consistant à privilégier la protection des entreprises.

“C’est un formidable exemple qui démontre (…) la culture anti-hedge fund et anti-ventes à découvert existant en Allemagne”, dit ainsi Christian Putz, directeur général d’ARR Investment Partners.

Certains responsables politiques qui espéraient que la réputation de sérieux et de rigueur de l’Allemagne constituait un atout pour le développement de la place financière de Francfort, se voient aujourd’hui rattrapés par les critiques.

“On pouvait s’attendre à ce qu’une telle situation se passe n’importe où ailleurs mais pas en Allemagne”, a déclaré le ministre de l’Economie, Peter Altmaier, au site internet t-online.

Croissance allemande : une chute de plus de 31 % des exportations

Croissance allemande : une chute de plus de 31 % des exportations

. Les exportations de l’Allemagne se sont effondrées en avril, au plus fort de la pandémie de Covid-19, de 31,1 %.

L’Allemagne a ainsi vendu à l’étranger des biens pour «seulement» 75,7 milliards d’euros. Conséquence du ralentissement de l’activité, les importations ont elles aussi reculé de 16,5 %, à 72,2 milliards d’euros. L’Allemagne affiche donc toujours un excédent commercial mais celui-ci s’est réduit à 3,5 milliards d’euros, contre 17,4 milliards en mars.

Les exportations avec les pays de l’Union européenne ont baissé de 35 % sur un an, avec une chute prononcée pour la France (- 48,3 %) et l’Italie (- 40,1 %). Les ventes vers la Chine n’ont, elles, baissé que de 12,6 %. L’économie de l’empire du Milieu a redémarré alors que l’Europe était encore confinée.

L’Allemagne pourrait voir son PIB se contracter de 10 % au deuxième trimestre, du jamais vu depuis cinquante ans.

Quant aux importations de l’Allemagne, elles ont progressé de 10 % en provenance de la Chine, et de 2,4 % pour les États-Unis, alors qu’elles se sont tassées de 37,3 % venant de France.

Les données du mois de mai devraient être meilleures pour la locomotive européenne, très dépendante de ses échanges extérieurs. Le ministère de l’Économie estimait dernièrement que le creux de la récession avait été atteint en avril. L’assouplissement progressif des mesures de confinement et la reprise de la production dans l’industrie automobile ont depuis favorisé un début de reprise économique.

L’Allemagne pourrait voir son PIB se contracter de 10 % au deuxième trimestre, du jamais vu depuis cinquante ans, selon les principaux instituts économiques allemands.

 

La Cour suprême allemande attaque encore la BCE

La Cour suprême allemande attaque encore la BCE

Alors que Merkel avait tenté d’apporter du calme  dans le conflit qui oppose la cour suprême allemande et la BCE, la plus haute institution financière allemande remet le couvert et attaque la banque centrale européenne. La banque centrale européenne avait aussi reçu le soutien de la cour de justice européenne et réaffirmé le principe de son indépendance de la BCE. La Cour constitutionnelle allemande continue de régler ses comptes mercredi avec les institutions européennes qui l’ont attaquée pour avoir critiqué l’action de la Banque centrale européenne (BCE) dans un arrêt retentissant.

« Notre message à la BCE est carrément homéopathique », s’est défendu Peter Huber, juge au sein de la plus haute juridiction allemande, dans une interview publiée par la Süddeutsche Zeitung, en réponse à la polémique.

« Elle ne doit pas se considérer comme le +Maître de l’Univers+ », assène-t-il, alors que la BCE, soutenue en cela par la Commission européenne, a rappelé qu’elle répondait seulement devant la justice européenne et non nationale.

« Nous demandons seulement à la BCE d’assumer sa responsabilité face aux citoyens et de justifier » sa politique, « y compris auprès des personnes qui sont désavantagées par ses mesures », ajoute le magistrat, un des huit juges du collège qui a rendu son arrêt à une majorité de 7 voix contre une.

La Cour constitutionnelle allemande a lancé la semaine dernière un ultimatum à l’institut chargé de piloter la politique monétaire en zone euro, en lui demandant de justifier ses décisions dans un délai de trois mois.

Elle vise les rachats massifs de dette publique et privée par la BCE destinés à soulager l’économie en réinjectant de l’argent frais dans le circuit. Un outil à nouveau largement utilisé face à l’impact de l’épidémie de nouveau coronavirus.

Cette politique a aussi pour effet de maintenir les taux d’intérêt à leur plus bas niveaux historique, au grand dam des épargnants qui voient leurs rentes plafonner ou fondre.

Ce sujet est majeur en Allemagne, un des plus grands pays d’épargnants au monde, et au cœur de la décision historique prise par la justice allemande la semaine passée.

Dans cette « guerre des juges », la BCE a obtenu aussi le soutien de la Commission européenne. Cette dernière a même évoqué ce week-end une procédure en infraction contre l’Allemagne pour non respect des traités européens, qui garantissent la primauté du droit européen dans les domaines relevant de la compétence de l’UE, comme la BCE.

Une telle procédure lancée par l’exécutif bruxellois « aggraverait la situation sans que le gouvernement (allemand) ne soit en mesure d’intervenir adéquatement », compte tenu de l’indépendance de la Cour, a toutefois prévenu M. Huber.

La Cour européenne de justice conteste la cour constitutionnelle allemande

La Cour européenne de justice conteste la cour constitutionnelle allemande

En termes diplomatiques, la cour de justice européenne renvoie dans ses baskets la cour constitutionnelle allemande qui voulait s’immiscer dans la gestion de la banque centrale européenne. En cause évidemment comme toujours, une opposition de certains courants en Allemagne concernant les prêts et les rachats d’actifs de la BCE.

 

La Cour ne commente “jamais un arrêt d’une juridiction nationale” mais “d’une manière générale, il est rappelé qu’un arrêt rendu à titre préjudiciel par cette cour lie le juge national pour la solution du litige au principal”, peut-on lire dans un communiqué.

“Des divergences entre les juridictions des États membres quant à la validité de tels actes seraient en effet susceptibles de compromettre l’unité de l’ordre juridique de l’Union et de porter atteinte à la sécurité juridique”, ajoute la Cour, dont le siège est au Luxembourg.

“Tout comme d’autres autorités des États membres, les juridictions nationales sont obligées de garantir le plein effet du droit de l’Union”, peut-on encore lire. “Ce n’est qu’ainsi que l’égalité des États membres dans l’Union créée par eux peut être assurée.”

La cour constitutionnelle de Karlsruhe a estimé mardi que la Bundesbank, la banque centrale nationale allemande, devrait cesser d’ici trois mois d’acheter des emprunts d’Etats de la zone euro pour le compte de la BCE si cette dernière ne prouvait pas que ces achats sont justifié.

Ce jugement contredit une précédente décision de la Cour de justice de l’UE, en 2018, sur la légalité des achats d’actifs de la BCE.

La justice allemande veut condamner l’action de la BCE !

La justice allemande veut condamner l’action de la BCE !

Juridiquement la cour constitutionnelle allemande a le pouvoir de peser sur la banque centrale européenne via la Bundesbank (premier actionnaire de la BCE).  Une sorte de bizarrerie juridique qui avait été décidée pour faire avaler l’euro à des Allemands plutôt sceptiques vis-à-vis de la monnaie européenne. Le problème évidemment est que si tous les Etats procédaient  de la même manière ce serait l’anarchie complète en matière de politique monétaire européenne. La vérité, c’est que certains courants en Allemagne admettent mal que la BCE intervienne autant en matière de prêts y compris concernant le rachat de dettes publiques.

Car c’est bien la politique accommodante et notamment ce programme de rachat d’actifs qui est en cause. Sollicitée par une plainte d’un professeur d’économie allemand sur la légalité de son programme de rachats d’actifs (quantitative easing)elle a donné à la BCE trois mois pour le justifier. Sinon, elle ordonnera à la Bundesbank (premier actionnaire de la BCE) de s’en retirer et de revendre les 534 milliards d’euros d’obligations publiques qu’elle détenait en son nom à la fin avril.

L’enjeu est évidemment de remettre en cause l’indépendance de la banque centrale est de tenter de ressusciter la souveraineté monétaire de l’Allemagne. Sur le plan économique, cette décision menace l’action de la BCE dans la plus violente crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle attaque la politique de rachats d’actifs publics de la Banque centrale, dont elle met en doute la «proportionnalité» par rapport au poids de chaque État membre à son capital. En pratique, la BCE détient environ un quart des dettes publiques européennes, un chiffre appelé à augmenter fortement pour soutenir à bout de bras les économies de la zone euro. Elle détient environ 31 % de la dette allemande (via la Bundesbank) et 20 % de la dette italienne. Le tout, dans le respect d’un plafond de 33 % de la dette nationale de chaque pays, et proportionnellement à leurs parts respectives à son capital.

Or, depuis le début de la pandémie, la BCE, sous l’égide de Christine Lagarde, a lancé un énorme programme de 750 milliards d’euros de rachats de dettes (PEPP), en s’affranchissant de ces contraintes de proportionnalité par pays. Elle achète en effet beaucoup plus de dette italienne, française ou espagnole, qu’allemande ou néerlandaise.

Une crise sans précédent de l’industrie allemande ?

Une crise sans précédent de l’industrie allemande ?

L’Allemagne pourrait connaître un recul sans précédent de son industrie. Déjà sur le quatrième trimestre 2019 la tendance baissière était proche de 6 %. Les acteurs économiques se veulent cependant encore positifs. L’Indice des Directeurs d’Achat (PMI) du Secteur manufacturier allemand mesure le niveau d’activité des directeurs d’achat du secteur manufacturier. Une lecture au-desssus de 50 indique une expansion du secteur; elle est en zone rouge à 48 au début de mars. Mais la tendance baissière pourrait être notoirement plus importante réellement surtout depuis que le Coronavirus se développe comme en France à une vitesse inquiétante.

Jusqu’à maintenant l’industrie allemande était surtout victime de la baisse du commerce international dont la Chine représente un marché très important. Mais la demande internationale baisse aussi dans de nombreux autres pays. Or  on sait que l’économie allemande repose surtout sur la vitalité de ses exportations entre ( en moyenne l’Allemagne dégageait  par an de l’ordre de 250 milliards de profits tandis que la France affichait  environ  50 à 60 milliards de déficits) . C’est surtout l’industrie et ses exportations qui portent l’économie du pays. Le résultat, c’est que l’Allemagne pourrait tutoyer sérieusement la stagnation voir la récession en 2020.

Déjà fragilisée par plusieurs mois de conflits commerciaux entre les États-Unis et la Chine, l’industrie allemande  »risque de vivre sa plus longue récession » depuis 1990, à cause du nouveau coronavirus, a déploré l’organisation des industriels allemand (BDI) dans son rapport trimestriel.

Pour le quatrième trimestre 2019, l’organisation fait état d’une baisse de 5,7% de la production industrielle sur un an, soit une  »sixième baisse trimestrielle consécutive ».

Le secteur est victime d’une « faible croissance mondiale », d’une  »incertitude globale accrue » et de la  »sous-utilisation de ses capacités de production », qui « freine les investissements », a déploré Joachim Lang, le président du BDI.

La dynamique ne devrait pas s’inverser avec la crise du coronavirus, qui affaiblit depuis le début de l’année le commerce international et met à l’arrêt l’économie chinoise, dont dépend l’industrie allemande pour ses débouchés et son approvisionnement.

L’industrie exportatrice, moteur traditionnel de la première économie de la zone euro, est déjà perturbée depuis plus d’un an par le conflit commercial sino-américain et la menace d’un Brexit dur, qui ont fragilisé ses débouchés.

La sortie effective du Royaume-Uni de l’Union européenne, et la signature d’un accord entre les États-Unis et la Chine mi-janvier avaient un temps stimulé les espoirs d’embellie.

Economie allemande : menacée de récession

Economie allemande : menacée  de récession

D’après une étude de Xerfi parue dans la Tribune, l’Allemagne est menacée de récession. En cause, la structure même de la croissance allemande qui traditionnellement s’appuie sur les exportations notamment d’automobiles. Or le marché automobile mondial est en pleine crise. .  Le consultant AlixPartners estime que le secteur va souffrir du tassement des ventes non seulement en Chine mais aussi aux États-Unis et en Europe. On s’interroge aussi sur l’effet de normes de plus en plus contraignantes notamment de la part l’Europe  vis-à-vis des émissions polluantes. Les restructurations du secteur seront justifiées par les évolutions technologiques (véhiculent unitairement plus économes en carburant, véhicules hybrides et véhicules électriques notamment). En attendant, on essaye de vendre à coups de rabais les surplus de production, ce qui ne favorise pas la profitabilité de l’activité à un moment où les investissements doivent être particulièrement importants pour les raisons évoquées précédemment. En attendant, l’industrie manufacturière allemande est en recul depuis le 4e trimestre 2018 et compte tenu de l’évolution de la production manufacturière et des carnets de commandes, indicateur avancé de l’activité industrielle, nul espoir d’amélioration à court terme.

Le retournement du cycle manufacturier mondial pèse de tout son poids notamment sur la demande de biens d’équipements adressée à l’Allemagne. Il y a donc une composante cyclique dans les déboires actuels de l’industrie allemande. Mais le mal est plus profond encore, car il touche aussi l’automobile dont la descente ne semble pas transitoire. Le nombre de véhicules qui sort des chaines de production outre-Rhin est inférieur de 17% à ses derniers pics de 2016-2017. Longtemps mis en avant, l’argument des difficultés spécifique des constructeurs allemands dans la mise en œuvre de nouvelles normes réglementaires ne tient pas. S’ils avaient été confrontés à un problème particulier, alors les constructeurs allemands auraient vu, au moins temporairement, chuter leurs parts de marché.

En fait, si leur production baisse, c’est que les immatriculations mondiales ont violemment décroché, notamment dans les pays émergents : c’est le cas de la Chine mais aussi depuis peu de l’Inde. Dans ces pays, la voiture est le marqueur de l’émergence de la classe moyenne, une classe moyenne dont l’essor est aujourd’hui bien plus chaotique qu’anticipé et sur laquelle les industriels allemands comptaient pourtant bien assoir leur croissance. Mais ce n’est pas beaucoup mieux du côté des États-Unis où les ventes automobiles plafonnent et où les industriels allemands sont, en plus, dans le collimateur de l’administration Trump. Quant à l’Europe, que ce soit dans la Zone euro ou au Royaume-Uni, les immatriculations reculent depuis plusieurs mois maintenant.

Géographiquement étendue, le malaise de l’auto, qui pèse un cinquième de l’industrie allemande, parait durable et la spécialisation internationale de l’Allemagne dans les biens d’équipement et l’automobile, notamment adaptée aux pays émergents, est devenue un handicap.

C’est donc la demande domestique qui tient encore la croissance, mais c’est un fil très fragile. D’abord parce que, côté revenu, la tendance de fond reste à la modération salariale, une anomalie soulignée par Rexecode : faiblesse de la hausse du coût du travail bloquée à 1,8% l’année dernière dans l’industrie et les services ce qui est peu dans une économie proche du plein emploi avec un taux de chômage descendu en dessous de 3,5%.

Ensuite, parce qu’une part croissante du budget des ménages prend la direction du logement et alimente ce qui s’apparente de plus en plus à une bulle. Depuis 2010, les prix de l’immobilier ont flambé de 65%, ce qui correspond à une progression de 5,7% en moyenne par an, alors qu’ils n’avaient quasiment pas bougé durant les années 2000. Les loyers ne sont pas en reste, avec un doublement en 10 ans à Berlin, par exemple, avec une nette accélération en fin de période. Cela grève bien évidemment le budget des ménages et ampute leur capacité à dépenser plus. C’est la fin de la pierre angulaire de la compétitivité allemande : la sagesse de l’immobilier comme contrepartie rendant acceptable les faibles revalorisations salariales.

Dernier sujet de préoccupation, l’amoncèlement de créances douteuses des banques allemandes, signe que les excédents ont été placés parfois de façons hasardeuses et font de moins en moins office de matelas de sécurité. La Deutsche-Bank, proche de la perdition, marque l’échec de l’industrie bancaire allemande.

Bloquée à l’international, très fragile à l’intérieur, la probabilité d’une Allemagne en récession est un risque à intégrer, concrétisant ce que l’on pressentait depuis longtemps : le pire ennemi de l’Allemagne, c’est son succès, l’incapacité à se remettre en cause, lorsque le système est à son apogée, mais proche de l’épuisement.

Europe : Macron a tué l’entente franco allemande

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L’Echec des chefs d’État à trouver les nouveaux responsables de l’union européenne doit beaucoup à Macron. Jusque-là en effet, les principales nominations se préparaient entre les Allemands et les Français. Désormais chacun soutient son candidat. En outre, il n’y a pas d’alliance de substitution compte tenu de l’attitude de Macron fâché avec à peu près les trois quarts de l’Europe. Il y a d’abord évidemment la Grande-Bretagne que la France veut  voir partir le plus vite possible quand les Allemands eux tempèrent. Les relations exécrables avec l’Italie, aussi avec nombre de pays de l’Est. Elles ne sont pas bonnes non plus avec l’Espagne et certains pays nord. En cause, le faite que macro, manifeste la plus grande condescendance voir le mépris à l’égard des opinions qui ne rejoignent pas les siennes. L’axe franco-allemand qui constituait la base de l’union européenne a disparu. Les Allemands sont particulièrement agacés par les propositions de Macron qui en gros vise à dépenser les excédents allemands dans des structures bureaucratiques. Par exemple ce fameux ministère des finances de la zone euro, ce super ministre de l’économie, cette mutualisation des dettes, ces plans d’investissement etc. pour Macron, l’Allemagne manque totalement d’ambition. Pour l’Allemagne et Merkel Macron incapable de gérer son budget (le déficit est reparti) veut solliciter les ressources allemandes pour ses illusoires utopies. La France fournirait la matière grise et notamment celle de son chef qui deviendrait alors le seul leader de l’Europe et l’Allemagne pour fournirait les financements. L’Allemagne ne veut surtout pas de cette vision curieuse sorte de cocktail entre l’ultra libéralisme et un supra étatisme européen. D’une certaine manière, la position de Macron en Europe et dans le monde est assez à l’image de celle qu’il occupe en France. Macon est certes légitime mais il est très minoritaire. Il y a un énorme décalage entre l’ambition de ses discours et finalement sa politique à l’ancienne. Sa posture et son tempérament sont sans doute ses pires ennemis.

Vente d’armes : l’hypocrisie allemande

 

Vente d’armes : l’hypocrisie allemande

 

 

C’est surtout la fragilité du gouvernement allemand et en particulier celle de  Merkel qui a conduit ce pays à geler les exportations d’armes vers certains pays à risque. Une conséquence de l’alliance de  Merkel avec les sociaux-démocrates qui lui assurent une fragile majorité. Dans la réalité,  l’industrie des armes a beaucoup progressé depuis plusieurs années et concurrence par exemple sérieusement l’industrie française. Mais c’est l’affaire du  meurtre du journaliste Jamal Khashoggi qui a justifié l’embargo partiel de l’Allemagne vers l’Arabie Saoudite. Mais cette position de nature assez politicienne vient bousculer le processus de production d’Airbus pour. Son avion de transport militaire C295 assemblé en Espagne afin d’en enlever les composants allemands, ont dit des sources du groupe à Reuters. Airbus a donc décidé de revoir la conception de son avion de transport militaire C295 assemblé en Espagne afin d’en enlever les composants allemands. /Les accords existants permettent à l’Allemagne de bloquer les exportations d’armes contenant des pièces allemandes. “Nous sommes en train d’exclure (les composants allemands) de l’avion”, a dit une source informée de ces projets.Les exportations d’armes allemandes ont diminué pour passer de 6,2 milliards d’euros à 4,62 milliards d’euros, en 2018.   Un recul à mettre au compte des restrictions de l’Allemagne pour l’exportation d’armes vers des pays à risque comme l’Arabie Saoudite.  Mais des  groupes allemands, notamment Rheinmetall, contournent l’interdiction du gouvernement allemand. Ainsi, l’usine de munitions d’Al-Kharj en Arabie Saoudite, construite par Rheinmetall via sa filiale sud-africaine, Rheinmetall Denel Munition (RDM), continue de produire des munitions. Inaugurée en mars 2016 par le président sud-africain Jacob Zuma et le prince héritier saoudien Mohamed bin Salman, cette usine est spécialisée dans la fabrication d’obus et de bombes aéroportées pesant jusqu’à 2 000 livres, continue à tourner… Elle a la capacité de produire 300 obus d’artillerie et 600 obus de mortier par jour. Selon le magazine Stern et le magazine-télé Report München, Rheinmetall continue à livrer des armements à Ryad par l’intermédiaire de ses filiales étrangères situées en Italie et en Afrique du Sud malgré l’interdiction explicite du gouvernement allemand.Airbus a reçu 208 commandes de 28 pays pour cet avion de transport militaire, dont 166 exemplaires sont actuellement opérationnels dans le monde.

Coopération économique franco allemande : chacun pour soi !

Coopération économique franco allemande : chacun pour soi !

 

En dépit de la signature d’un traité de convergence franco-allemand, à Aix-la-Chapelle, la coopération entre la France et l’Allemagne sur le plan économique n’a jamais été aussi mauvaise. En cause peut-être, d’abord la situation particulièrement fragile de Merkel mais aussi de Macron qui leur interdit de prendre des initiatives significatives. La seconde raison est liée à la divergence qu’il y a en matière de politiques macro-économique dans chacun des pays. L’Allemagne a choisi depuis longtemps et de manière délibérée de soutenir son industrie tandis que la France a confiée l’avenir industriel au marché. Résultat l’industrie française s’est complètement écroulée. La différence la plus fondamentale tient à la compétitivité de l’Allemagne qui se vérifie avec l’État de la balance commerciale. Le solde des échanges commerciaux rapporte bon an mal an 250 milliards à l’Allemagne tandis que la France enregistre un bilan négatif avec de leur de 50 milliards par un. Autre point fondamental la gestion budgétaire ; l’Allemagne parvient pratiquement à l’équilibre tandis que les finances de la France ne cessent de dériver faisant gonfler la dette jusqu’à presque 100 % du PIB. Dernière différence, l’attachement des Allemands à la défense de leurs propres intérêts par aux autres pays de l’Europe. Un seul exemple, la  réticence allemande pour taxer les GAFA pro  crainte de représailles américaines concernant les exportations d’automobiles. Macron au début de son mandat entendait engager une réforme assez fondamentale de l’union européenne et surtout de la zone euro avec un budget, un ministre de ce budget, une enveloppe significative d’investissement aussi un processus de mutualisation des dettes. Autant de mesures totalement rejetées par l’Allemagne qui considère que la France parle beaucoup mais agit peut. Macron en est réduit à espérer une amélioration des relations peu probable pour le court terme surtout avec le ralentissement économique international qui touche aussi l’Allemagne. “On doit réussir à mieux articuler nos politiques macroéconomiques. Ça, ça va être très difficile, mais c’est un vrai débat qu’on doit avoir parce que nos politiques macroéconomiques ont en fait été très divergentes”, a dit le président français au côté de la chancelière, Angela Merkel, lors d’un débat avec des citoyens, à Aix-la-Chapelle.“Il va nous falloir construire le consensus entre nos deux pays dans le rapport à ce qu’est la dépense publique, le bon niveau de dépense publique et la bonne stratégie macroéconomique”, a-t-il ajouté. En schématisant les choses, a poursuivi Emmanuel Macron, “sans doute la France a-t-elle eu un goût immodéré pour l’augmentation de la dépense publique et une très faible sensibilité à la notion de déficit public”. “De l’autre côté, l’Allemagne a un goût immodéré pour la consolidation budgétaire et une faible sensibilité à la relance par la dépense.”

“Si on se coordonne mieux, on peut beaucoup plus lisser nos cycles économiques et faire des choses qui sont intelligentes pour nous deux (…). C’est absolument pertinent au sein d’une zone monétaire et ça fait partie de ce qu’on veut mettre en place”, a encore déclaré Emmanuel Macron.

La Banque centrale allemande se mêle des gilets jaunes

La Banque centrale allemande se mêle des gilets jaunes

 

On imagine difficilement la Banque de France critiquer la politique économique de l’Allemagne. Pourtant la banque centrale allemande ne se prive pas de donner des leçons de gestion à la France. Le président de la banque fédérale d’Allemagne critique en effet les mesures décidées par le gouvernement français dans le cadre du mouvement des gilets jaunes. Une critique pas forcément très opportune et très intelligente quand cela concerne un pays ami. En outre l’orthodoxie allemande n’est pas forcément non plus très appréciée en Allemagne où la montée de l’extrême droite est également très inquiétante « Le président Macron veut continuer son cours des réformes, c’est une bonne nouvelle », mais « dans l’ensemble, cela devrait être conçu de manière à être conforme aux règles budgétaires européennes convenues d’un commun accord », a déclaré le banquier central allemand au journal « Welt am Sonntag ». « Respecter le plafond de 3% » de déficit et « réduire le déficit structurel de manière appropriée » seraient la bonne voie à prendre surtout que « l’économie française se porte bien » et que « la dette reste très élevée », selon Jens Weidmann. La position du patron de la « Buba » tranche avec le soutien affiché mi-décembre par la chancelière allemande Angela Merkel au président français pour juguler la crise des « gilets jaunes », tout en laissant la Commission européenne rappeler les règles budgétaires aux mauvais élèves. L’orthodoxie budgétaire qui peut se comprendre quand la croissance est satisfaisante est par contre critiquable quand en fait la croissance devient dangereusement faible. De ce point de vue, le manque de flexibilité dans la gestion monétaire constitue certainement le plus grave danger pour l’avenir de l’Europe car nombre d’européens  n’admettent plus des règles inadaptées au contexte et qui au demeurant ne font qu’enfoncer l’Europe.

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