Archive pour le Tag 'allemand'

Un réarmement allemand au bénéfice des Américains ?

Un  réarmement allemand au bénéfice des Américains ?

Le réarmement allemand ne passera pas forcément par le développement des programmes en coopération avec la France, estime le groupe Vauban. Il profitera d’abord à l’industrie allemande et à ses maîtres d’oeuvre, qui pourront grâce à l’augmentation du budget de la défense, développer de nouvelles briques technologiques. Il profitera enfin aux groupes de défense américains. Par le groupe Vauban.

 

Le 27 février, sous le contrecoup de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le Chancelier Scholz a évoqué un changement d’époque (Zeitenwende) en annonçant un réarmement massif de la Bundeswehr par deux leviers : la création d’un fonds spécial (Sondervermögen) doté de 100 milliards d’euros et un budget de défense à plus de 2% du PIB. Largement analysée tant à Paris qu’à Berlin comme un bond en avant positif pour la coopération bilatérale, l’augmentation massive des budgets d’investissements de la Bundeswehr pourrait paradoxalement aboutir à un enterrement de première classe des projets franco-allemands déjà moribonds.

Des acquisitions américaines loin d’être des solutions de transition

Certes, le ton a changé : dans le discours du 27 février, les projets avec la France sont décrits comme des « priorités absolues » pour le Chancelier : c’est la première fois en effet que la nouvelle coalition exprime de tels sentiments publics envers la France. Dans le contrat de coalition du 24 novembre 2021, la France avait été mentionnée mais rapidement, sans aucune mention de programmes clés, et juste avant d’autres partenaires puissants comme les Pays-Bas et la Norvège ou des voisins les plus proches comme la Pologne ou les États des Balkans (page 136).

Ces commentaires, pour bienvenues qu’ils soient, l’ont été cependant après de nombreuses déceptions enregistrées par Paris, qui ont ébranlé les fondements mêmes d’une coopération bilatérale étroite et de confiance. Il y eut d’abord le choix du P-8 Poseidon, comme solution transitoire, vécue à Paris comme une trahison brutale de l’Allemagne sur un programme de patrouilleur maritime – le MAWS - où elle avait obtenu pourtant la part du Lion, écartant les seuls industriels capables de construire un tel appareil et l’option de location d’Atlantique 2 français. Dans sa session du 23 juin 2021, le Bundestag a certes pris soin de qualifier cette décision de « solution de transition », mais l’avion de Boeing est un nouvel appareil dont la durée de vie et le coût – 1,43 milliard d’euros pour 5 unités – laissent en réalité très peu de chances à une résurrection du MAWS.

Il y eut ensuite le refus allemand de financer le programme de modernisation et d’extension capacitaire du Tigre Mark-3 avec, en filigrane, la tentation allemande de faire comme l’Australie : se débarrasser d’un hélicoptère mal aimé (car ne servant pas en opérations extérieures et souvent indisponible) et acheter de l’Apache. Si ce projet n’a pas – encore ? – vu le jour, la participation allemande au programme de modernisation de cette plateforme emblématique de la coopération européenne, même dans le domaine des systèmes d’armes air-sol, n’est toujours pas l’ordre du jour à la Hardthöhe

Il y eut enfin le faux psychodrame du successeur du Tornado pour la mission nucléaire de l’OTAN ; dans un premier temps, l’ancienne coalition avait penché, on le sait, pour la solution d’une flotte mixte : 40 Super Hornet pour la frappe nucléaire et 15 Super Growler pour la guerre électronique et la destruction des défenses sol-air ennemies. La Luftwaffe, qui avait clairement opté dès le début de ce dossier pour le choix du F-35A Lightening, s’était vue rappelée à l’ordre, et son chef, le général Müllner fut limogé ; dans un deuxième temps, la nouvelle coalition au pouvoir avait laissé entendre dans son contrat de coalition qu’elle prendrait le temps de la réflexion s’agissant de la mission nucléaire, laissant ainsi planer le doute sur la poursuite même de celle-ci ; dans un troisième temps (en février), le chancelier avait admis à huis clos qu’il allait acheter une petite quantité de F-35A (18) afin de maintenir la capacité nucléaire au service de l’OTAN, mais sans renoncer au projet SCAF.

Cet habile compromis vendu à un Paris réticent mais soulagé n’a pas tenu devant les impérieuses nécessités opérationnelles : une flotte de 35 appareils étant le minimum requis compte tenu de l’attrition toujours à prévoir s’agissant d’une mission de largage d’une bombe nucléaire à gravitation (en 2022 !), de la faible disponibilité du F-35A et de la formation nécessaire des équipages, l’habile compromis imaginé à la Chancellerie a volé en éclat : la commande sera bel et bien du format imaginé pour le Super Hornet, c’est-à-dire conséquente et équivalente à la commande belge (34) et coûteuse (2,8 milliards d’euros au bas mot).

Ces choix allemands, pour motivés qu’ils soient, ne sont pas cependant des solutions de transition, mais bel et bien des solutions du long terme puisque les deux plateformes américaines qui seront prochainement contractualisées sont les dernières générations des matériels chacun dans leur catégorie : le provisoire est en réalité une solution de 35 ans au moins avec la tentation évidente du côté des opérationnels allemands de les prolonger par des commandes additionnelles…

La servitude volontaire de l’Allemagne aux Etats-Unis

Ces développements illustrent une vérité crue : l’Allemagne n’a jamais importé de matériel français et a toujours considéré avec méfiance les projets bilatéraux. La raison de fond en est connue mais constamment oblitérée par l’optimisme naïf et altruiste de Paris : l’Allemagne, comme tous les autres pays de l’Alliance Atlantique hormis la France, considère que les Etats-Unis seuls peuvent lui apporter la paix, surtout en ces temps troublés par la guerre russo-ukrainienne. Déjà, le contrat de coalition avait purement et simplement évacué l’autonomie stratégique européenne à la française (alors que la précédente coalition en avait débattu même si ce fut brutalement) et prévenu que les initiatives européennes ne pouvaient en aucun cas se faire hors de l’OTAN mais en complémentarité obligée avec elle.

Depuis le 15 juin 1963, date à laquelle le Bundestag avait imposé au Traité de l’Élysée son préambule interprétatif ruinant tout espoir de constituer une défense franco-allemande étroite, la France bute sur cet ancrage allemand à l’OTAN, que sa réintégration en 2009 dans le commandement intégré n’a rien changé… L’Allemagne, de son côté, confirme la définition de l’OTAN donnée par le premier secrétaire général de l’OTAN (1952-1957), Lord Ismay : « to get the U.S in, the Soviets out and the Germans down ». La guerre russo-ukrainienne, comme naguère la Guerre froide, illustre l’actualité du mot humoristique mais réaliste du général britannique… Avec le fonds spécial, l’Allemagne ne fait en réalité qu’accepter enfin les charges financières de sa servitude volontaire et confirmer son statut d’allié aligné sur la politique étrangère des Etats-Unis.

Alors, dans ce contexte, peut-on s’attendre vraiment à ce que la Chancellerie en tire la conclusion qu’il faut épargner la France après l’avoir si brutalement traitée ?

Une analyse plus fine des déclarations de M. Scholz et de la scène industrielle et politique allemande laisse à penser que les déceptions devraient perdurer pour la France.

Premièrement, et c’est une tendance logique, le réarmement allemand devrait aller en priorité à l’industrie allemande de défense. Après tant d’années de pénurie, il faut en effet s’attendre que cet afflux massif de crédits soit investi principalement dans le « Standort » industriel allemand pour préserver les emplois et développer des technologies clés considérées comme devant être protégées par l’État fédéral. C’est le sens des décisions prises en 2015 et en 2019. La politique industrielle de protection des grands maîtres d’œuvre nationaux (KMW, Rheinmetall, Hensoldt, Diehl, OHB, TKMS et Lürssen) sera enfin financée par le Fonds spécial. Ce n’est pas un hasard si Rheinmetall a souhaité préempter le débat sur l’utilisation de ces crédits en proposant un paquet global de 42 milliards d’euros (près de la moitié du Fonds spécial !) composé de ses solutions (munitions, véhicules blindés PUMA, drones, radars et défense aérienne). ThyssenKrupp a également suspendu son projet de spin-off de sa filiale navale, TKMS, et ce n’est pas un hasard si TKMS envisage l’acquisition de nouvelles infrastructures de production (chez MV Werften)… Gageons que d’autres entreprises allemandes font de même de leur côté pour capter la partie la plus importante du Fonds spécial.

Deuxièmement, le développement coûteux d’une version « ECR-SEAD » de l’Eurofighter (une ineptie, soit-dit en passant, pour un chasseur conçu uniquement pour un rôle otanien d’intercepteur) devrait conduire Manching à développer de nouvelles briques technologiques et donc conduire Airbus Allemagne à de nouvelles exigences en dans le programme SCAF, ajoutant de nouvelles difficultés à une négociation franco-allemande déjà compliquée par les exigences allemandes en matière de commandes de vol, de propriétés intellectuelle (le fameux background) et de gouvernance générale du programme d’avion (la fameuse « co-co-co »).

Troisièmement et enfin, la liste des matériels que le ministère de la Défense souhaite acquérir, va multiplier les difficultés d’interopérabilité avec les programmes et systèmes français, surtout quand ces matériels sont américains.

Le fonds spécial ne règle rien des problèmes inhérents à la coopération franco-allemande. Au bilan, ces trois facteurs nouveaux déséquilibreront à coup sûr une coopération bilatérale, qui est avant tout politique et non menée dans le cadre d’une convergence de fond sur la doctrine d’emploi des forces. L’Allemagne poursuivra donc la politique d’armement qui est conforme à sa doctrine : américaine pour acheter sa sécurité et nationale pour faire vivre son industrie d’armement et mieux négocier les coopérations industrielles à son profit. Les programmes en coopération seront peut-être menés en partie avec la France, mais déjà sur nombre de segments, celle-ci est déjà laissée de côté. On l’a déjà vu avec le domaine spatial où l’Allemagne a choisi de briser l’accord bilatéral de Schwerin en choisissant de construire en national sa capacité d’observation optique ; on le voit actuellement avec l’alliance Airbus-Boeing pour le programme de remplacement des CH-53, on le verra demain avec le refus allemand de participer à l’armement air-sol du Tigre Mark-3.

Ajoutons enfin pour que le tableau soit complet que le projet de loi sur l’exportation d’armement, en cours d’élaboration au ministère de l’économie jusqu’à l’été, continue de faire peser une épée de Damoclès sur l’exportation de matériels français intégrant des sous-ensembles allemands, et continuera d’être la source de tensions futures entre Paris et Berlin. Avec une telle injection de crédits dans la sa défense, Berlin pourrait ainsi revenir au schéma de l’ancien Vice-Chancelier (SPD), Sigmar Gabriel : un budget annuel de défense robuste combiné avec des coopérations européennes ne nécessite plus d’exportations d’armement hors d’Europe et de l’OTAN… C’est à cette solution que poussent les écologistes allemands, le Parlement européen, les ONG et les institutions financières qui acceptent encore de financer la défense…

C’est pourquoi le Fonds spécial, loin de donner un nouvel élan à la coopération franco-allemande, pourrait, en fait, l’enterrer.

————————————————————————–

(1) Le groupe Vauban regroupe une vingtaine de spécialistes en activité des questions de Défense.

Remplacement du nucléaire allemand par le gaz : l’erreur !

Remplacement du nucléaire allemand par le gaz : l’erreur !

Après la décision de Bruxelles d’inclure le nucléaire et le gaz dans la taxonomie verte, Xavier Moreno Président du Cercle d’Étude Réalités Écologiques et Mix Énergétique (Cérémé), revient sur la politique énergétique allemande en déplorant qu’elle ait sacrifié le climat au nom du dogme antinucléaire.

La Commission européenne classe le gaz dans la taxonomie européenne bien qu’il s’agisse d’une source d’énergie polluante. Cette décision dommageable pour le climat est le résultat de la volonté de l’Allemagne de supprimer progressivement ses centrales nucléaires, le développement des énergies renouvelables intermittentes, comme l’éolien et le solaire, imposant le recours aux énergies fossiles comme le gaz.

La Commission européenne a récemment rendu publique sa décision d’accorder un label vert au gaz et à l’énergie nucléaire, ce qui revient à les classer dans la taxonomie européenne parmi les activités qui contribuent à réduire les émissions de CO2 sans nuire à l’environnement. Une reconnaissance qui est toutefois soumise à des contraintes. Le gaz est uniquement autorisé à venir en remplacement de centrales thermiques davantage polluantes, notamment celles fonctionnant au charbon ou au lignite. Et les centrales nucléaires sont évidemment tenues de se conformer aux normes de sécurité en vigueur en Europe. Plus encore, cette reconnaissance du caractère durable est assortie de limites temporelles car ces activités, à défaut de technologie, seraient nécessaires mais seulement transitoires. Elles sont par conséquent limitées par des échéances qui avaient été fixées, dans le projet initial, à 2030 pour le gaz (sans captage du CO2) et à 2045 pour le nucléaire (pour les générations actuelles de réacteurs qui ne sont pas encore exempts de déchets).

Épargnons-nous les détails techniques complexes de ces conditions et concentrons-nous sur l’évidence : les pays comme l’Allemagne qui ferment leurs centrales nucléaires et annoncent les remplacer par l’éolien ou le solaire trompent le monde. En réalité, ils remplacent le nucléaire par le gaz, temporairement relayé par l’énergie éolienne quand le vent le décide, car il doit y en avoir suffisamment, mais pas beaucoup. Mais aussi par l’énergie solaire en période de plein soleil. Voilà qui explique clairement pourquoi jeudi dernier encore, les Français ont émis 72 g de CO2 par Kwh d’électricité et les Allemands en ont émis 362 g, soit 5 fois plus!

Le grand argument avancé par les Allemands est que nous sommes à la veille de pouvoir capturer le CO2 dans les cheminées des centrales à gaz et de pouvoir remplacer le gaz fossile – le méthane – par de l’hydrogène vert obtenu par électrolyse, avec de l’électricité éolienne ou solaire. C’est pourquoi la Commission européenne avait prévu, dans son projet initial, de durcir les normes d’émission de CO2 tolérées pour les centrales électriques au gaz : à 300g jusqu’en 2029 et à 100g à partir de 2030.

Au terme d’un mois de lobbying intense, l’industrie allemande a fait tomber le masque des illusions : elle a obtenu le report du calendrier des obligations de passage des centrales à gaz au gaz renouvelable à 2035 ! Nous sortons enfin du déni : la sortie du nucléaire impose des centrales à gaz qui ne disposent pas de moyens technologiquement et économiquement viables de réduire leurs émissions de CO2 dans les 20 prochaines années. L’Allemagne sacrifie donc le climat au nom du dogme antinucléaire. Son industrie pâtira durablement des coûts élevés de l’électricité, de la dépendance au gaz russe et des pénalités sur les émissions de CO2.

Il est compréhensible qu’elle ait lutté avec autant d’acharnement contre l’avantage que le nucléaire donnera aux Français. Le masque de l’écologie est tombé. Seules apparaît, outre le ravage pour le climat de l’idéologie anti-nucléaire, la puissance du lobby des énergies renouvelables intermittentes et la volonté de l’Allemagne de faire disparaître l’atout de compétitivité que tirera la France d’une ambitieuse relance de la production d’électricité d’origine nucléaire. Les écologistes français, qui luttent contre leur camp et leur pays, en ralentissant le nucléaire et en poussant l’éolien et le solaire, ont sous les yeux la preuve de leurs illusions. Il est grand temps qu’ils le comprennent.

Moral des patrons allemands: En hausse

Moral des patrons allemands: En hausse

Curieusement c’est au moment où le gouvernement allemand baisse un peu ses prévisions de croissance que le moral des patrons s’améliore. Le moral des investisseurs allemands s’est amélioré en janvier, à 51,7 points, les marchés montrant un regain d’optimisme pour l’année à venir malgré les difficultés économiques actuelles liées aux pénuries et à la crise sanitaire, selon le baromètre ZEW publié mardi dernier. Cet indicateur, particulièrement instable, qui mesure les attentes des marchés financiers sur l’évolution de la conjoncture, a gagné 21,8 points par rapport au mois de décembre, qui était en baisse, selon un communiqué de l’institut ZEW. Il a dépassé les attentes des analystes de Factset, qui tablaient sur une modeste hausse de 0,6 point, à 30,5 points. Dans la zone euro, l’indicateur a pris 22,6 points à 49,4 points.

«L’Europe, victime du mercantilisme allemand»

«L’Europe, victime du mercantilisme allemand»

Emmanuel Sales , président de la Financière de la Cité,  estime dans l »Opinion que l’Europe a été victime du mercantilisme allemand..

L’Allemagne a-t-elle une vocation européenne ? La question, iconoclaste, mérite d’être posée. La culture allemande a produit des fruits parmi les plus élevés de la culture européenne. Mais depuis son unité tardive, l’Allemagne en tant qu’entité politique s’est développée contre l’Europe. L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Chine sur le point d’être signé à la va-vite alors que le vieux continent continue de lutter contre la pandémie qui frappe ses industries et ses emplois semble confirmer cette analyse.

Depuis sa réunification, l’Allemagne a mis en œuvre avec succès une stratégie mercantiliste consistant à comprimer sa demande (consommation et investissement) pour gagner des parts de marché à l’international. Elle a joué un rôle clé dans l’industrialisation de la Chine en lui fournissant les machines-outils lui permettant d’accélérer son développement et d’intensifier l’automatisation de ses usines en rognant sur les coûts. La qualité des produits allemands est certainement irréprochable. Mais l’excédent commercial formidable de l’Allemagne est moins due à la compétitivité de son industrie qu’à ses politiques de déflation interne et à son appartenance à l’union monétaire qui lui a permis d’éviter l’appréciation de sa monnaie nationale.

Pour l’Europe, les implications politiques de cette stratégie ne sont pas neutres. Le Président Xi a jeté le voile. La Chine estime qu’elle n’a pas eu « sa place au soleil ». Comme l’Allemagne wilhelmienne, elle est passée du nationalisme continental à la Weltpolitik, fondée sur l’impérialisme économique, l’exaltation du passé national et la répression des libertés civiques. Elle souhaite mettre fin à sa position enclavée en développant de nouvelles routes commerciales vers l’Europe, sécuriser ses sources d’énergie, assurer le contrôle de son espace maritime, s’approprier nos technologies dans une logique d’affirmation de soi. La poursuite de l’expansion et le maintien du régime politique sont à ce prix.

En suivant le « modèle allemand » de contraction des dépenses internes l’Europe s’est affaiblie et s’est rendue plus dépendante de la demande extérieure

Syndrome d’encerclement. Nous avons vu entre 1914 et 1945 les conséquences ravageuses de cette politique lorsqu’un Etat est atteint d’un syndrome d’encerclement et d’injustice historique. Face à la Chine, l’Europe ne doit pas simplement sauvegarder ses intérêts commerciaux, mais protéger ses industries et son savoir-faire pour construire l’indépendance stratégique que le Président Macron appelle de ses vœux. L’arrivée d’une nouvelle équipe au pouvoir à Washington, plus technique et visiblement mieux disposée vis-à-vis de Pékin, renforce cette exigence.

Pour cela, il faut relancer la demande globale, soutenir la consommation et nos investissements, rompre avec le libéralisme doctrinaire qui inspire depuis trop longtemps notre vision des échanges. L’Europe ne peut avoir pour seule ambition de vendre des Mercedes et des sacs à main au reste du monde. La loi des avantages comparatifs ne vaut plus lorsqu’elle conduit un pays à perdre ses forces productives. En suivant le « modèle allemand » de contraction des dépenses et des investissements, l’Europe s’est affaiblie et s’est rendue plus dépendante de la demande extérieure.

L’adoption du plan de relance européen est une première étape. Mais c’est trop peu et trop tard. En outre, la soumission de toutes les initiatives, de la recherche jusqu’à la politique monétaire (!), aux objectifs de réduction du réchauffement climatique laisse planer un certain parfum de déflation sur la stratégie économique européenne. Derrière des ambitions de soutien à la croissance européenne, l’Allemagne continue d’avancer ses pions à l’abri du bouclier stratégique américain et de l’union monétaire. Aurons-nous le courage de nous y opposer ?

Emmanuel Sales est président de la Financière de la Cité.

 

Emprunt allemand : 180 milliards au lieu de 90

Emprunt allemand : 180 milliards au lieu de 90

 

L ‘Allemagne décide aussi d’amplifier le soutien financier à une économie jusque-là qui résiste mieux que d’autres mais qui risque d’être hypothéquée par les commandes futures de pays destinataires affaiblis.

Contrairement à l’orthodoxie allemande habituelle, on va donc recouvrir très largement à l’emprunt. La commission budgétaire du parlement a validé une prévision d’emprunts de près de 180 milliards d’euros, le deuxième par son montant pour le pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les nouveaux emprunts prévus pour 2021 pourront atteindre 179,82 milliards d’euros, contre 96 milliards prévus dans le projet initial de budget présenté par Olaf Scholz en septembre.

Ce soutien devrait permettre à l’Allemagne de limiter sérieusement la casse puisque la baisse du PIB devrait se limiter autour de 6 % en 2020 pour offriront 11 % en France. On espère en Allemagne une hausse du PIB  d’un peu plus de 4 % en 2021. Parallèlement à ces mesures de soutien financière, l’Allemagne a décidé de renforcer les mesures restrictives de mobilité compte tenu des risques de propagation du virus.

La chancelière allemande et les dirigeants des Länder ont convenu mercredi de prolonger et de renforcer le confinement partiel mis en place. Les bars, les restaurants, les salles de sport et les lieux de divertissement resteront ainsi fermés au moins jusqu’au 20 décembre.

Lufthansa : 9 milliards d’aides par l’Etat allemand

Lufthansa : 9 milliards d’aides par l’Etat allemand

 

Un plan de sauvetage d’une valeur allant jusqu’à neuf milliards d’euros et incluant une prise de participation de l’état de 20% dans la compagnie.

Dans un communiqué, Lufthansa a déclaré que l’accord impliquerait que le gouvernement occupe deux sièges au sein de son conseil de surveillance, mais qu’il n’exercerait ses droits de vote que dans des cas exceptionnels.

Lufthansa a déclaré qu’elle s’attendait à ce que les conditions de l’accord incluent la renonciation aux futurs paiements de dividendes et des limites sur la rémunération des cadres.

La compagnie aérienne a ajouté que l’accord devrait être approuvé par la Commission européenne.

Relance budgétaire : Lagarde (BCE) soutient le plan franco allemand

Relance budgétaire : Lagarde (BCE) soutient le plan franco allemand

 

Christine Lagarde, directrice de la banque centrale européenne sou tient le plan d’aide budgétaire proposé par Macron et Merkel. “Les propositions franco-allemandes sont ambitieuses, ciblées et bienvenues. Elles ouvrent la voie à un emprunt à long terme effectué par la Commission européenne, et surtout, elles permettent l’attribution d’aides budgétaires directes conséquentes en faveur des Etats membres les plus touchés par la crise”, estime-t-elle dans cette interview également accordée au quotidien italien Corriere della Sera, au quotidien allemand Handelsblatt et au journal espagnol El Mundo.

Observons cependant que les qualificatifs employés par Christine Lagarde sont peut-être un peu excessifs. Pas sûr en effet que les propositions soient suffisamment ambitieuses, elles ne sont pas non plus très ciblées. Sans parler des réticences inévitables de certains pays qui ne voudront pas être solidaires pour des prêts consentis à des pays considérés comme trop laxistes.

“Cela témoigne de l’esprit de solidarité et de responsabilité évoqués par la chancelière (Angela Merkel) la semaine dernière. Il ne peut y avoir de renforcement de la solidarité financière sans une plus grande coordination de décisions au niveau européen”, poursuit Christine Lagarde.

La France et l’Allemagne ont proposé lundi que le plan de relance européen, actuellement en préparation à Bruxelles, soit doté de 500 milliards d’euros en dépenses budgétaires pour les pays du bloc les plus touchés par l’épidémie de coronavirus qui a quasiment paralysé l’activité économique du continent.

Cette proposition constitue cependant un tournant dans la position de l’Allemagne qui était jusqu’à présent ouvertement opposée à l’idée de l’émission d’une dette commune.

Remarquons toutefois que ce plan ne prévoit pas de relance commune sur des secteurs stratégiques. Pour l’instant il s’agit surtout d’un plan de sauvetage des secteurs les plus en difficulté. Rappelant que le choc économique provoqué par la pandémie est “considérable” et “inégalé en temps de paix” et que les scénarios de Francfort vont d’une récession de 5 à 12% pour la zone euro cette année, avec une hypothèse centrale à 8%, la présidente de la BCE ajoute que la Banque centrale européenne reverra ses projections le 4 juin

“Mais nous anticipons, dans le scénario le plus sévère, une chute du produit intérieur brut de 15% sur le seul deuxième trimestre”, indique-t-elle.

Christine Lagarde estime par ailleurs que “cette crise est une bonne occasion de moderniser les modalités du Pacte de stabilité et de croissance, aujourd’hui suspendu”.

“Pour évaluer la soutenabilité de la dette, il ne faut pas se focaliser sur le niveau de dette sur PIB. Il faut prendre en compte le niveau de croissance, et les taux d’intérêt en vigueur. Ces deux éléments sont déterminants.”

“Je crois, ajoute-t-elle, que les termes du Pacte de stabilité et de croissance devront être revus et simplifiés avant que l’on songe à le réinstaurer, lorsque nous serons sortis de cette crise.” De quoi faire sortir de leurs gonds certains pays adhérents de l’orthodoxie financière

La BCE indifférente au jugement allemand sur le QE

La BCE indifférente au  jugement allemand sur le QE

 

Christine Lagarde préside de la BCE a tenu à marquer l’indépendance de l’institution monétaire  :

“Nous sommes une institution indépendante, qui répond au Parlement européen et animée par un mandat”, a-t-elle dit lors d’un webinaire organisé par Bloomberg. “Nous continuerons à faire tout ce qui est nécessaire (…) pour remplir ce mandat.”

“Sans se décourager, nous continuerons à le faire”, a-t-elle ajouté.

La Banque centrale européenne (BCE) n’est pas découragée par le récent jugement de la Cour constitutionnelle allemande demandant à l’institution de Francfort de justifier ses achats massifs de dette souveraine sous peine que la Bundesbank, la banque centrale nationale allemande, cesse de participer aux achats de titres, a déclaré jeudi sa présidente Christine Lagarde.

Guerre contre la pandémie: le président allemand contredit Macron

Guerre contre la pandémie: le président allemand contredit Macron

 

Alors que le président allemand se fait rare dans les médias, le président français, lu,i chaque jour convoque les médias pour des bavardages sans grand intérêt et souvent peu pertinents comme l’a montré la stratégie française contre le Coron virus. Notons d’ailleurs que le système sanitaire allemand a été beaucoup plus efficace. En effet l’Allemagne a désormais dépassé le cap des 2000 morts contre 12 000 en France, une différence que n’explique pas une contamination intervenue une semaine outre-Rhin après la France. La raison principale est sans doute lié à la discipline des Allemands, au grand nombre de lits disponibles, à la capacité de l’industrie à fournir les équipements sanitaires nécessaires (respirateurs notammenet) aussi au dépistage massif (500 000 en une semaine quand il y en a 60 000 en France . Le président allemand a contredit macro en refusant d’employer une sémantique guerrière qui ne lui paraît pas adaptée.

« Non, cette pandémie n’est pas une guerre. Les nations ne s’opposent pas à d’autres nations, les soldats à d’autres soldats. C’est un test de notre humanité », a-t-il ainsi assuré.

Cette crise « fait ressortir le meilleur et le pire des gens. Montrons aux autres ce qu’il y a de meilleur en nous », a-t-il demandé à ses concitoyens.

« Et s’il vous plaît, montrez-le-nous aussi en Europe ! », a-t-il ajouté, car l’Allemagne ne pourra pas « sortir de la crise forte et saine » si ses voisins « ne deviennent pas eux aussi forts et sains ».

« Nous, Allemands, ne sommes pas seulement appelés à faire preuve de solidarité en Europe, nous sommes obligés de le faire ! », a-t-il estimé, alors que l’Europe commémore cette année les 75 ans de la fin de la Deuxième Guerre mondiale et de la victoire sur la tyrannie du régime nazi.

Le président allemand a lancé un appel à une solidarité mondiale pour trouver un vaccin, pour que « les pays les plus pauvres, qui sont les plus vulnérables, y aient également accès ».

Frank-Walter Steinmeier a également rendu un hommage appuyé aux « piliers invisibles » de la société allemande, notamment les caissières, chauffeurs de bus et routiers, boulangers, paysans ou encore les éboueurs.

« Le danger n’a pas encore été écarté. Mais nous pouvons déjà dire aujourd’hui que chacun d’entre vous a radicalement changé de vie, chacun d’entre vous a sauvé des vies et en sauve de plus en plus chaque jour », a-t-il estimé.

Depuis le début de la crise, l’Allemagne n’applique pas un confinement strict. Avec un nombre de décès officiellement liés au Covid-19 contenus à ce stade à quelque 2500 morts, le pays semble pour le moment mieux faire face à la pandémie que nombre de ses voisins européens.

Coronavirus: Scholz, le ministre allemand propose 200 milliards d’euros d’aides européennes (ministre allemand)

Coronavirus: Scholz, le ministre allemand propose 200 milliards d’euros d’aides européennes (ministre allemand)

 

 

L’Allemagne semble se réveiller et sortir de son superbe isolement vis-à-vis de l’Europe. Jusque-là en effet l’Allemagne s’était opposée à des mesures significatives de soutien aux pays en difficulté du fait du Coronavirus. cette fois, c’est le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, qui évoque au moins 200 milliards d’euros d’aides pour les pays touchés par le coronavirus et pour soutenir l’économie européenne, rapporte mercredi le quotidien économique Handelsblatt. Une enveloppe plus significative que ce qui  avait discuté précédemment. Il est clair que nombre de pays notamment du Sud très touchés par le virus chinois vont  dépasser et de loin les critères européens en matière de déficit budgétaire. Un déficit budgétaire qui pourrait connaître un dépassement plusieurs centaines de milliards. Un pays comme la France par exemple s’oriente vers un déficit de 7 % par rapport au PIB au lieu de 2,2 % initialement prévus. Le montant total du PIB  pour l’union européenne est de 16 000 milliards , or  les dépassements de l’union européenne pourraient atteindre environ 500 milliards dont 100 milliards pour la France.

Les ministres européens des Finances tentent de mettre au point un plan de soutien à l’économie de la zone euro d’ici le 9 avril mais ils divergent sur plusieurs points, notamment sur la création d’un instrument de dette commun. Selon le Handelsblatt, qui cite des sources gouvernementales, Olaf Scholz souhaite que le mécanisme européen de stabilité (MES) fournisse environ 100 milliards d’euros de prêts à des pays comme l’Italie et l’Espagne.

Olaf Scholz fait également pression pour que la Banque européenne d’investissement (BEI) mette à disposition environ 50 milliards d’euros, ajoute le Handelsblatt. Le journal indique également que le ministre allemand des Finances envisage de consacrer 50 milliards à 100 milliards d’euros à un programme visant à financer le travail à temps partiel.

Pour renforcer la BEI, Olaf Scholz envisage une augmentation de capital ou un cadre de garantie plus élevé, rapporte le Handelsblatt.

5G Huwei, un compromis allemand proche de celui de la France

5G Huwei, un compromis allemand proche de celui de la France

 

Finalement les députés de la CDU se sont rangés à un compromis qui tente de ne pas déplaire aux États-Unis et de ne pas choquer les Chinois. Ils avaient le choix à la demande des sociaux démocrates du SPD de se s’opposer totalement à la technologie chinoise Wuhai comme le demander les États-Unis ou bien d’autoriser la technologie chinoise sans aucune restriction comme le demandait  la Chine. Le problème des Allemands , c’est qu’ils souhaitent  protéger leurs exportations notamment d’automobiles tant  vers la Chine que vers les États-Unis. Du coup, ils ont mis en surveillance  la technologie chinoise; donc une autorisation sous condition. Un peu comme la position française qui n’a pas voulu s’opposer non plus frontalement à la technologie chinoise Huwei est  autorisée mais pas dans  les secteurs dits stratégiques. La position allemande est sans doute plus souple encore que celle de la France compte tenu de l’enjeu des exportations d’outre-Rhin.

 

Le  projet de compromis sur le déploiement de la 5G en Allemagne qui recommande de durcir la surveillance des équipementiers étrangers sans pour autant interdire formellement le chinois Huawei, a-t-on appris mardi auprès de plusieurs sources.

Le document a été élaboré par les chefs de file de la CDU soucieux d’apporter des réponses aux parlementaires hostiles à l’octroi de contrats au chinois Huawei, accusé par les Etats-Unis d’espionner pour le compte de Pékin.

Les députés conservateurs étaient divisés sur l’attitude à adopter devant une proposition des sociaux-démocrates du SPD, partenaires de gouvernement de la CDU-CSU, qui souhaitent exclure le spécialiste chinois des équipements de réseaux du marché allemand de la 5G, la nouvelle génération de téléphonie mobile.

Ce dossier doit être abordé lors du sommet européen prévu en mars à Bruxelles et Berlin entend organiser un sommet Chine-Europe lorsque l’Allemagne prendra, en juillet, la présidence de l’Union européenne pour six mois.

Le déploiement de la 5G est devenu un enjeu géopolitique en raison de l’importance prise par Huawei sur le marché des équipements de réseaux. Washington a inscrit le groupe chinois sur une liste noire d’entreprises susceptibles de menacer la sécurité nationale et exhorte ses alliés à ne pas se fournir auprès de lui pour construire leurs réseaux 5G.

Tous clients de Huawei, les opérateurs allemands ont prévenu qu’interdire le groupe chinois de participer au déploiement de la 5G entraînerait d’importants retards et coûterait des milliards d’euros.

Des chinois rachètent un constructeur ferroviaire allemand !

  • Des chinois rachètent un constructeur ferroviaire allemand !
  •  La  stratégie invasive de la Chine se développe partout dans le monde y compris en Europe. Cette fois, c’est le constructeur allemand de locomotives qui est rachetée par le numéro un chinois du secteur CRRC. On sait que les Chinois ont une longue expérience dans ce secteur d’activité, qu’ils sont technologiquement au point, Et bien sûr très compétitifs. Le paradoxe c’est que la commission européenne avait refusé au début de l’année la fusion des activités ferroviaires entre Alstom et l’allemand Siemens. Une fusion qui justement été destiné à mieux affronter cette concurrence chinoise. Bruno Le Maire, lors de l’émission Le Grand Rendez-vous d’Europe 1-CNews-Les Echos, a prévenu que la France, avec certains partenaires européens, demanderait à la prochaine Commission européenne qui prendra ses fonctions le 1er novembre une révision des règles de concurrence. Il n’a en outre pas écarté l’idée de voir la candidate française Sylvie Goulard briguer la succession de la commissaire chargée du dossier, Margrethe Vestager: «On ne peut pas écarter d’emblée l’idée que la France pourrait s’intéresser à la concurrence, nous avons des idées sur ce sujet», a-t-il affirmé, sans plus s’étendre. C’est Margrethe Vestager qui avait rejeté début février dernier le projet de fusion des activités ferroviaires du français Alstom et de l’allemand Siemens, justifiée à l’époque par la nécessité de contrer les ambitions du numéro un mondial, le chinois CRRC. Or lundi, le groupe allemand d’infrastructures ferroviaires Vossloh a annoncé sa volonté de céder son activité de construction de locomotives à une filiale de CRRC. «Il y a des mois que nous répétons, avec Peter Altmaier, le ministre de l’Economie allemand (…) qu’il faut nous armer face à la concurrence chinoise», a remarqué Bruno Le Maire. «Et la commission n’a cessé de nous dire: ‘c’est faux, ça n’arrivera jamais, ne vous inquiétez pas, dormez sur vos deux oreilles bonnes gens’. Qu’est-ce qui se passe? CRRC entre en Europe, veut acheter des entreprises, et commence à construire des lignes ferroviaires», a poursuivi le ministre.

 

Brexit dur : une perte de 0,5% au PIB allemand (BDI)

Brexit dur : une perte de  0,5% au PIB allemand, (BDI)

 

La fédération professionnelle allemande estime que le PIB outre-Rhin pourrait être amputé de 0,5 % avec un Brexit  dur ;  une conséquence très importante quand on sait que le PIB ne serait que de 1 % cette année. Curieusement en France aucune évaluation n’est faite quant aux conséquences d’une rupture brutale entre la Grande-Bretagne et l’union économique. Alors qu’on sait  que l’Allemagne est le premier partenaire commercial de la France. Une réduction importante du PIB en Allemagne aurait forcément des incidences néfastes pour la croissance en France. Par ailleurs d’après une étude de l’assureur-crédit Euler Hermes, la France serait un des pays les plus affectés par un Brexit.  Même si ce sont les Pays Bas, la Belgique et l’Irlande, dont les liens commerciaux avec Londres sont très étroits, qui auraient le plus à y perdre. Une sortie de l’Union Européenne se traduirait par une dépréciation de la livre sterling et une chute du PIB britannique, ce qui entrainerait de fait une forte diminution des importations du Royaume Uni. Partant de ce constat, les auteurs de l’étude font deux scénarios. Soit Londres signe un accord de libre-échange avec l’Union Européenne. Dans ce cas, pour la France ce serait un manque à gagner sur ses exportations vers le Royaume Uni  de près de 2 milliards et demi d’euros entre 2017 et 2019. Mais sans accord de libre-échange, c’est la deuxième hypothèse, ce serait alors plus de 3 milliards d’euros. L’agro-alimentaire et  l’industrie chimique seraient les secteurs les plus touchés : jusqu’à un demi-milliard d’euros de pertes d’ici 3 ans. Autre conséquence d’un Brexit : le recul des investissements français en Grande Bretagne et britanniques en France, avec à l’arrivée, un impact possible de 0,2 points de PIB pour la France. L’impact total d’un break site dur pourrait être presque aussi important que celui ressenti par l’Allemagne. Outre-Rhin,  La fédération professionnelle a précisé que cela reviendrait à amputer le PIB allemand de quelque 17 milliards d’euros cette année et la Grande-Bretagne se retrouverait sans doute en récession en cas de Brexit sans accord. “Les mesures d’urgence prises par les entreprises et les politiques pourraient atténuer les pires effets mais nous n’en ressentirions pas moins réellement les effets d’un Brexit dur”, dit Joachim Lang, suivant le texte d’un discours qu’il devait prononcer à Berlin.

Alstom – Siemens : Un président allemand

Alstom  Siemens : Un président allemand

 

L’Allemagne aura la majorité et la présidence. Le futur conseil de l’alliance Alstom- Siemens qui sera soumis au vote des actionnaires d’Alstom comptera onze membres, six désignés par le groupe allemand et cinq par le français. Roland Busch, “chief technology officer” et membre du directoire de Siemens, devrait être le futur président du conseil. Henri Poupart-Lafarge, actuellement PDG d’Alstom, devrait être administrateur et directeur général de Siemens Alstom. Sigmar Gabriel, ex-ministre allemand des Affaires étrangères et ex-vice-chancelier, qui fut aussi président du parti social-démocrate (SPD), a pour sa part été nommé mardi administrateur de Siemens Alstom. Ces nominations seront soumises à l’approbation des actionnaires d’Alstom et ne seront effectives qu’à la réalisation de la transaction prévue d’ici à la fin 2018, après approbation par les autorités compétentes.

Allemagne : hausse des salaires de 6% dans le BTP allemand du BTP

Allemagne : hausse des salaires de 6% dans le BTP allemand du BTP

Un accord salarial prévoyant une augmentation de près de 6% de la rémunération des quelque 800.000 00 000 salariés concernés par les résultats de la négociation  entre syndicats et patrons qui prévoit uen hausse de 6% des salaires.  D’après le syndicat IG Bau, il prévoit une hausse des salaires de 5,7% dans les Länder de l’Ouest allemand et un coup de pouce supplémentaire, à 6,6%, dans les Länder de l’ex-Allemagne de l’Ouest. Le texte signé samedi accorde aussi trois primes exceptionnelles pour les ouvriers du BTP à l’Ouest (250 euros en novembre 2018, 600 euros en juin 2019 et 250 euros en novembre 2019). Pour les employés du secteur à l’Est, une prime unique de 250 euros est prévue pour novembre 2019. “C’est l’accord salarial le plus élevé conclu cette année dans notre pays”, s’est réjoui le président d’IG Bau, Robert Feiger, se félicitant que les travailleurs allemands bénéficient d’une part équitable du rebond de la première économie européenne. L’Allemagne, dont le PIB a gagné 2,2% l’an dernier, en est à sa neuvième année consécutive de croissance économique.

Réformes zones euro de Macron : on verra plus tard (Olaf Schol, ministre des finances allemand)

Réformes zones euro de Macron : on verra plus tard (Olaf Schol, ministre des finances allemand)

 

 

Macron a proposé de réformer la zone euro avec en particulier un budget, une solidarité financière, un ministre. On verra plus tard répond en substance le nouveau ministre social démocrate des finances Olaf Schol. On se contentera de l’évolution du MES qui se transformera en mini fonds monétaire. La preuve supplémentaire que l’Allemagne reste l’Allemagne en dépit des difficultés politiques outre-Rhin. Une Allemagne pas prêt à satisfaire les souhaits de Macron par peur d’en payer le coût financier.   Les réformes qu’Emmanuel Macron préconise de mener au sein de la zone euro doivent être examinées avant les élections européennes prévues l’année prochaines mais elles ne pourront pas toutes être appliquées, a prévenu samedi le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz.  Dans un entretien accordé au Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung, il annonce que Berlin travaillera avec Paris sur les propositions françaises afin de déterminer quelles réformes pourront être engagées. La France insiste depuis plusieurs mois auprès de l’Allemagne et d’autres pays membres du bloc communautaire afin qu’avancent les dossiers de l’union bancaire et de la régulation des marchés de capitaux. “Nous allons examiner ce qu’il est possible de faire sans surcharger les capacités des Etats membres”, a déclaré Olaf Scholz, l’un des membres du Parti social-démocrate qui a intégré le gouvernement de coalition constitué autour de la chancelière Angela Merkel. Ces propos interviennent quelques jours avant la visite qu’effectuera Emmanuel Macron la semaine prochaine à Berlin. Dans l’interview accordée à l’édition dominicale du FAZ, Olaf Scholz prévient les Allemands que leur pays devra augmenter sa contribution à l’Union européenne en raison de la sortie du Royaume-Uni, prévue pour 2019, tout en adressant à leurs partenaires européens le message selon lequel il n’est pas question que l’Allemagne couvre seule le déficit provoqué par ce départ. Evoquant les réformes proposées par la France, Olaf Scholz a exprimé son soutien au projet de transformation du Mécanisme européen de stabilité (MES) en Fonds monétaire européen (FME) tout rappelant les réticences de Berlin sur l’approfondissement de l’union bancaire. “Il ne faudrait pas que survienne une situation injuste dans laquelle des pays membres apporteraient les fonds nécessaires à la sécurisation des dépôts tandis que d’autres ne respecteraient pas les normes requises”, a-t-il dit. Prié de réagir au projet français de création d’un budget européen, Olaf Scholz a répondu: “ces idées apportent un nouvel élan au projet européen dont nous avons besoin. Mais le président français sait aussi que toutes ses idées ne pourront pas être réalisées”.

Excédent budgétaire allemand de 14 milliards et 70 milliards de déficit pour la France

Excédent budgétaire allemand  de 14 milliards et 70 milliards de déficit pour la France

 

14 milliards d’excédents pour l’Allemagne à mettre en rapport avec les 70 milliards de déficits pour la France. En 2017, le ministère des Finances allemand prévoyait jusqu‘ici un budget à l’équilibre, même si plusieurs instituts économiques ont déjà projeté pour les années à venir des excédents records pour les finances publiques allemandes, lesquelles englobent les Länder. La nouvelle projection avancée par le Spiegel est une bonne nouvelle pour le bloc conservateur CDU-CSU d‘Angela Merkel, le Parti libéral-démocrate (FDP) et les écologistes qui ont entamé des négociations en vue de former une coalition gouvernementale. Si elles étaient mises en œuvre en l’état, leurs propositions combinées augmenteraient en effet les dépenses publiques d‘une centaine de milliards d‘euros au cours des quatre prochaines années.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble pour Macron

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble  pour  Macron

 

Si officiellement la Merkel soutient Fillon, par contre, le très rigoureux ministre des finances décerne un brevet de compétence à Macron. Soutien de poids de la part l’ hortodoxe  ministre des finances allemand particulièrement attaché au respect des équilibres financiers mais soutien  qui pourrait être un handicap vis-à-vis de certains électeurs français qui entretiennent des rapports approximatifs avec la gestion financière et l’économie. Le ministre allemand des Finances a rompu mardi la neutralité officielle de mise, concernant l’élection présidentielle française, en indiquant qu’il préférait le centriste Emmanuel Macron à François Fillon, pourtant proche de lui sur le plan politique. « Ne me mettez pas en difficulté, vous savez quelle est ma famille politique », a déclaré Wolfgang Schäuble en référence au fait que son parti conservateur, la CDU d’Angela Merkel, était un parti « frère » au plan européen des Républicains, le mouvement de M. Fillon. Mais « si j’étais français, si j’étais habilité à voter (…) je voterais probablement pour Macron », a déclaré ce vétéran de la politique de 74 ans, qui jouit d’une image d’intégrité, lors d’un débat organisé par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. « Fillon, ce n’est pas tant les affaires en tant que telles, c’est sa réaction, ses attaques à l’égard de la justice et autres choses semblables », a-t-il dit.

Brexit : le ministre allemand des finances menace le Royaume-Uni

Brexit : le ministre allemand des finances menace le Royaume-Uni

Comme d’habitude le ministre allemand des finances Wolfgang Shaw Schäuble ne fait pas dans la dentelle diplomatique en avertissant le Royaume-Uni des conséquences économiques en cas de Brexit . En clair il n’y aura pas de petits arrangements avec le Royaume-Uni si les Britanniques décident de quitter l’union européenne, le Royaume-Uni sera alors considéré comme un pays tiers. Avec par exemple toutes les conséquences négatives qui s’y rattachent comme le rétablissement des droits de douane. Le ministre allemand des finances indique qu’un régime particulier accordé au Royaume-Uni en cas de Brexit  inciterait nombre d’autres pays à quitter l’Europe. on peut évidemment aimer ou pas le ministre des finances allemand notamment son orthodoxie économique et financière mais il a au moins le mérite de parler clair contrairement par exemple à Hollande ou à la commission économique européenne qui ménagent  toujours la chèvre et le chou. Le ministre allemand des Finances a donc averti vendredi le Royaume-Uni qu’en cas de Brexit, il ne pourrait plus bénéficier des avantages du marché unique européen. Si le Royaume-Uni quittait l’Union européenne, il « devrait alors se tenir aux règles d’un club, dont il a voulu sortir », a déclaré le ministre allemand des Finances, dans un entretien au magazine Der Spiegel, vendredi 10 juin. Le magazine lui demandait si, en cas de vote en faveur d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne lors du référendum du 23 juin, Londres pouvait prétendre à un statut semblable à celui de la Norvège ou de la Suisse, qui ne sont pas membres de l’UE mais ont accès à la zone européenne de libre circulation des personnes et des biens. « Dedans c’est dedans, dehors c’est dehors », a répété Wolfgang Schäuble. Par ailleurs, le ministre allemand, européen convaincu de longue date, a craint qu’un Brexit ne fasse école dans d’autres pays. « On ne peut pas l’exclure. (…) Comment réagiraient par exemple les Pays-Bas, qui sont traditionnellement très liés au Royaume-Uni ? », s’interroge-t-il dans les colonnes du Spiegel. Si le scénario d’une sortie du Royaume-Uni de l’UE se concrétisait, alors l’Union européenne « ne pourra pas répondre en proposant simplement davantage d’intégration » pour les pays membres restants », prévient Wolfgang Schäuble. « Cela serait maladroit, beaucoup seraient en droit de se demander, si nous les politiques n’avons toujours rien compris », estime-t-il. Même si les Britanniques votent avec une courte avance pour un maintien dans l’UE, cela devra quand même être pris «comme un avertissement et un signal d’alarme et pas seulement continuer comme avant ».

Wolfgang Schäuble affirme enfin être certain que « l’Europe fonctionnera si nécessaire aussi sans le Royaume-Uni ». « Mes collègues de la zone euro et moi nous préparons à tous les scenarii possibles, pour endiguer les dangers », a-t-il assuré.

(Avec AFP)

 

Le ministre allemand des finances condamne nettement les salaires des patrons de Volkswagen

Le ministre allemand des finances condamne nettement les salaires des patrons de Volkswagen

Le ministre allemand des finances ne fait jamais dans la dentelle aussi bien lorsqu’il s’agit de critiquer la politique de la banque centrale européenne que lorsqu’il condamne nettement les rémunérations des patrons de la société Volkswagen qui a perdu 4 milliards l’an passé suite au scandale du trucage des émissions polluantes. On aimerait évidemment que les autorités françaises montrent autant de détermination pour condamner les  dérapages des patrons français concernant leur propre salaire. De ce point de vue les hausses de rémunération de patron de Renault n’ont donné lieu qu’à une protestation relativement molle. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, déplore le versement de primes aux dirigeants de Volkswagen pour 2015, année marquée par le scandale du trucage des tests anti-pollution, le plus grave de l’histoire du groupe automobile.« Je n’ai pas de sympathie pour les managers qui commencent par entraîner une entreprise de premier plan dans une crise potentiellement mortelle et qui défendent ensuite leurs primes personnelles lors d’un débat public », déclare Wolfgang Schäuble dans les colonnes du Frankurter Allgemeine Sonntagszeitung. « Cela montre que quelque chose ne fonctionne pas. »Volkswagen prévoit de verser aux douze membres de son directoire 63,24 millions d’euros au titre de l’année passée, marquée par une perte record en raison du coût des litiges et indemnisations liés au « Dieselgate ». Volkswagen a déclaré le 22 avril une perte d’exploitation annuelle de 4,1 milliards d’euros, conséquence de 16,2 milliards d’euros de charges exceptionnelles liées au scandale.

12



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol