Archive pour le Tag 'Allemagne'

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Des PME fortes comme en Allemagne : modèle impossible?

Des PME fortes comme en Allemagne : modèle impossible?

 

Le vaste réseau de PME allemandes est un concept entrepreneurial spécifique, inséré dans le modèle économique et sociétal de l’Allemagne. S’en inspirer dans le but d’égaler ses performances économiques semble illusoire, estime l’économiste Petra Bleuel dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. 

 

Dans un contexte de crise et de difficultés économiques, la tentation est grande de vouloir imiter les modèles des pays les plus compétitifs. L’Allemagne paraît s’en sortir mieux que la France en termes de produit intérieur brut, de déficit public, de taux de chômage et de performances à l’exportation. En effet, la colonne vertébrale de l’industrie allemande est formée par les grandes entreprises et un réseau très vaste de petites et moyennes entreprises, le Mittelstand, régulièrement présenté comme la force et la spécificité de l’économie allemande. Ainsi, selon les préconisations récurrentes de certains commentateurs économiques, il suffirait de s’inspirer du modèle allemand et du Mittelstand pour créer un tissu d’entreprises comparable à celui des entreprises allemandes et afficher les mêmes performances économiques qu’outre-Rhin. Si la solution proposée paraît simple de prime abord, sa mise en œuvre semble beaucoup plus compliquée, voire irréalisable.

Un acteur majeur du marché mondial

Le Mittelstand est majoritairement composé d’entreprises de moins de 500 salariés. On lui confère un rôle important dans le processus d’innovation, dans la création et la stabilité de l’emploi, mais il est également vu comme un acteur majeur sur le marché mondial. A titre de comparaison, en 2019, on répertorie en Allemagne 479 596 entreprises moyennes (de 50 à 249 employés) et 19 360 « grandes » entreprises (plus de 249 employés), contre respectivement 148 078 et 6 003 en France. Au total, les entreprises allemandes affichent un chiffre d’affaires plus important, emploient plus de salariés et ont de meilleurs résultats à l’export que les entreprises françaises.


Forte est alors la tentation de vouloir créer un Mittelstand français, qui serait composé de PME plus grandes et plus internationales. L’ennui est que le Mittelstand est un concept entrepreneurial spécifiquement allemand, inséré dans le modèle économique et sociétal de la société allemande, et pas seulement une catégorie d’entreprises statistiquement identifiable. La direction de l’entreprise, l’indépendance économique, la propriété détenue par la famille, un fort attachement au territoire ainsi qu’une culture entrepreneuriale forgée historiquement par la société allemande en sont les caractéristiques essentielles.

Soutien du gouvernement et des Länder

Ces entreprises placent l’individu au cœur de leurs préoccupations. Les décisions sont toujours collectives, les hiérarchies plates accordant une large place au partage des responsabilités. La responsabilité sociale des entreprises est une réalité appliquée et non un produit marketing. Elles mettent en place des stratégies de long terme, puisque les lois allemandes facilitent la transmission aux générations suivantes ; elles ont l’international et la coopération interentreprises dans le « sang ». C’est pour cela qu’on trouve dans le contingent du Mittelstand des PME, mais également des sociétés comme Kärcher – bien connue du consommateur français – ou Stihl.

Covid Allemagne : Confinement et vaccination obligatoire

  • Covid Allemagne :  Confinement et vaccination obligatoire

L’Allemagne a décidé jeudi d’un tour de vis drastique à l’encontre des personnes non vaccinées contre le Covid-19. Déjà soumises à des restrictions depuis quelques semaines, ces dernières n’auront désormais plus accès, sur l’ensemble du territoire, aux bars, restaurants, théâtres, cinémas, salles de spectacle ou de sport. Ils ne pourront pas non plus pénétrer dans les commerces non essentiels et les marchés de Noël.

 Le futur chancelier allemand va proposer une loi rendant obligatoire la vaccination Covid. L’entrée en vigueur de la vaccination obligatoire pourrait avoir lieu en février ou en mars.

  L’Allemagne va donc imiter son voisin autrichien, qui a décidé de trancher en ce sens alors qu’une cinquième vague de coronavirus, liée au variant Delta, se propage en Europe. L’inquiétude est d’autant plus vive concernant la situation sanitaire qu’un nouveau variant, Omicron, a été détecté en Afrique du Sud. Au moins 42 cas de ce dernier ont été recensés pour l’heure au sein de l’Union européenne.

Mardi, le taux d’incidence en Allemagne était de 452,2 cas pour 100000 habitants. ( À comparer au taux d’incidence en France à 311 mais qui ne cesse de progresser).

Politique d’énergie en Allemagne : le nucléaire, le chatbon et maintenant le gaz russe !

Politique d’énergie en Allemagne : le nucléaire, le charbon et maintenant le gaz russe  !

Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir en Allemagne pour mettre en œuvre une politique énergétique moins productrice de carbone en Allemagne. En effet pour des raisons essentiellement d’alliances politiques avec les écolos l’Allemagne est passée brutalement de l’arrêt du nucléaire,  au développement très polluant des centrales à charbon et maintenant des centrales à gaz russe plus rouge que vert. Le pire c’est que l’Allemagne tente de faire admettre par l’union économique que le gaz russe est plus vert sur le plan du carbone que le nucléaire français qui n’en produit pas du tout.

 

Aujourd’hui, c’est plutôt la dépendance allemande au gaz fossile importé de Russie qui persiste, et qui ne devrait pas faiblir avec la prochaine mise en route du gazoduc géant Nord Stream 2 (même si l’Allemagne a pour l’heure suspendu le processus de certification). Déjà en service depuis plusieurs années, le premier projet Nord Stream 1, qui passe sous la Baltique, assure déjà à lui seul les deux tiers des approvisionnements gaziers outre-Rhin.

Non seulement l’Allemagne n’est pas prête d’atteindre ses propres objectifs climats mais elle s’oppose au développement du nucléaire français pour des raisons commerciales. L’enjeu est en effet d’empêcher la France de devenir une puissance industrielle mondiale et de développer sa technologie et ses échanges.

L’Allemagne va donc continuer d’entretenir sa double dépendance énergétique et politique au gaz russe. Ni très écolo, ni très heureux sur le plan géostratégique.

 

Covid Allemagne : 75 000 contaminations en 24 heures

Covid Allemagne : 75 000 contaminations en 24 heures

En 24 heures l’Allemagne a enregistré 75.961 nouvelles contaminations, un nouveau plus haut, au moment où la première économie européenne craint une saturation des hôpitaux. L’incidence sur sept jours a aussi atteint un record, à 419,7. En Saxe, dans l’ex-RDA, elle a dépassé le seuil de 1000.

Ces statistiques sont à comparer à celle de la France qui enregistre plus de 30 000 contaminations actuellement. Il faut cependant rappeler qu’il y a quelques semaines seulement le nombre de contaminations en France ne dépassait pas 5000 par jour. La progression en France et donc également exponentielle et ne suit qu’avec quelques semaines de retard la situation connue en Allemagne ou encore Royaume-Uni. Le bilan total des contaminations par la Covid-19 au Royaume-Uni depuis le début de la pandémie a dépassé, jeudi, les 10 millions de cas, selon les données du gouvernement.

Au total, 47 240 nouvelles infections et 147 décès ont été signalés jeudi, ce qui porte le bilan global à 10 021 497 cas, dont 144 433 décès. Plus de 50,8 millions de Britanniques âgés de 12 ans et plus, soit 88,4 % de la population, ont reçu la première dose d’un vaccin, tandis que plus de 46,2 millions, soit 80,4 %, ont reçu deux injections. Plus de 16,3 millions, soit 28,5 %, ont également reçu une troisième dose de rappel, selon les mêmes données.

 

Covid: Confinement aussi en Allemagne pour les non vaccinés

Covid: Confinement aussi en Allemagne pour les non vaccinés

 

La pandémie accélère en Europe y comprise en Allemagne qui enregistre plus de 50 000 contaminés ce vendrediA la suite de la décision de l’Autriche de lundi, la chancelière sortante Angela Merkel et les chefs de régions ont donc décidé, à l’issue d’une réunion de crise, d’interdire aux non-vaccinés l’accès à des lieux publics sur l’ensemble du territoire.

La règle dite du « 2G », qui autorise seulement les vaccinés (« geimpfte ») et les guéris (« genesene ») à accéder à des lieux publics comme des restaurants ou salles de concert sera appliquée dès que le seuil d’hospitalisation dépasse 3 malades du Covid pour 100.000 habitants, ce qui est déjà le cas dans 12 des 16 Länder du pays.

Les responsables allemands ont également ouvert la voie à une obligation vaccinale pour les personnels soignants afin d’endiguer l’emballement de la pandémie de Covid-19 dans le pays. Ils ont aussi décidé un retour massif au télétravail partout où cela est possible et une obligation de pass sanitaire dans les transports et sur le lieu de travail.

 

Mesures Covid pour les non vaccinés en Allemagne et en Autriche

Mesures Covid  pour les non vaccinés en Allemagne et en Autriche

Après l’Autriche qui vient de prendre des mesures de confinement pour les non vaccinés l’Allemagne a également décidé de renforcer très sérieusement les restrictions pour la même population.

En Allemagne les non vaccinés seront interdits de certains lieux publics, afin de combattre la flambée des infections de Covid-19, a annoncé jeudi la chancelière sortante Angela Merkel à l’issue d’une réunion de crise. La règle dite du «2G», qui autorise seulement les vaccinés («geimpfte») et les guéris («genesene») à accéder à des lieux publics comme des restaurants ou salles de concert sera appliquée dès que le seuil d’hospitalisation dépasse trois malades du Covid pour 100.000 habitant, a-t-elle déclaré, ce qui est le cas dans la majorité des régions du pays.

L’Allemagne va aussi rendre la vaccination obligatoire pour le personnel des hôpitaux et maisons de retraite.

 

Covid Allemagne : près de 40 000 contaminations quotidiennes

Covid Allemagne : près de 40 000 contaminations quotidiennes

37.120 cas supplémentaires comptabilisés par l’Institut de veille sanitaire Robert Koch vendredi représentaient un deuxième record quotidien consécutif. Samedi, le taux d’incidence du virus atteignait 183,7 pour 100.000 habitants sur 7 jours, soit un bond de 15 points en 24 heures. Au coeur de cette quatrième vague , le pays comptait samedi au total 96.488 morts depuis le début de la pandémie et se rapproche du cap des 100.000 victimes.

 

Le SPD, les Verts et le FDP se refusent à prolonger l’état d’urgence qui permet jusqu’au 25 novembre à l’exécutif de prendre des mesures sanitaires sans les soumettre au Bundestag. Ils veulent cependant soumettre le 18 novembre aux députés un projet de loi laissant des marges de manoeuvre aux Länder pour lutter contre la pandémie.

Formation : comme en Allemagne favoriser l’apprentissage et l’alternance

Formation : comme en Allemagne favoriser l’apprentissage et l’alternance

Il est plus urgent que jamais d’attirer l’attention des entreprises, des jeunes et de leurs familles sur les opportunités de la formation professionnelle, surtout à un stade précoce. (Par Patrick Brandmaier, directeur général de la Chambre franco-allemande de commerce et d’industrie) ( dans l’Opinion)

 

Au deuxième trimestre de cette année, la France comptait 264 000 emplois vacants, selon les chiffres du ministère du Travail. En Allemagne, 158 000 offres d’emplois n’étaient pas pourvues à fin juin dernier, selon l’Agence fédérale pour l’emploi et 43 % des chefs d’entreprise s’estimaient sous la menace d’un manque de compétences. Cette crise de l’emploi, qui se reproduit dans de nombreux pays de l’Union européenne, trouve son origine dans un élément conjoncturel : la puissance de la reprise de l’activité dans un certain nombre de branches. Mais elle a aussi des raisons structurelles : le manque de main-d’œuvre qualifiée dans les activités concernées au plus près par la transition numérique et énergétique. Les entreprises doivent embaucher des profils nouveaux pour s’adapter à une économie en pleine transformation.

Il existe une réponse à la crise de l’emploi : l’apprentissage et la formation en alternance. C’est un élément clé dans la période que nous traversons, particulièrement en France et en Allemagne, puisque les deux pays mènent, parfois conjointement, des stratégies d’investissement ambitieuses dans l’énergie, les nouvelles technologies, la protection de l’environnement, l’agriculture. Sans l’apprentissage et l’enseignement professionnel, ces investissements ne pourront pas être mis en œuvre. De nombreuses entreprises franco-allemandes se plaignent déjà d’un manque de travailleurs qualifiés et ce problème va s’aggraver dans les années à venir.

Nous devons donc intensifier nos efforts communs pour attirer les jeunes vers la formation professionnelle et la formation duale. La « langue de l’autre » et la compétence interculturelle constituent une condition préalable importante. L’anglais revêt une importance capitale dans le monde professionnel d’aujourd’hui. Mais il ne faut pas oublier que la pratique de l’allemand ou du français constitue des qualifications supplémentaires – et donc un avantage compétitif pour les jeunes qui entrent dans l’entreprise – et ouvre des opportunités de progression salariale et de carrière très concrètes. En Allemagne, de nombreux travailleurs qualifiés gagnent bien plus que 50 000 euros par an dans l’industrie, une rémunération plus élevée que celle procurée par certains diplômes universitaires.

Au moment où la Chambre franco-allemande de Commerce et d’Industrie, qui est un acteur important de la formation en alternance et de l’apprentissage en France et en Allemagne, organise sa huitième Journée de la formation professionnelle et de l’apprentissage, il est plus urgent que jamais d’attirer l’attention des entreprises, des jeunes et de leurs familles sur les opportunités et les possibilités de la formation professionnelle, surtout à un stade précoce.

Dans les lycées en France, de nombreuses offres sont proposées, qui concernent la formation académique dans les universités et les grandes écoles. Malheureusement, l’information proposée en ce qui concerne la formation professionnelle et la formation en alternance est beaucoup trop limitée. Il est important d’insister sur le fait qu’il n’y a pas de cursus meilleur que l’autre entre la formation professionnelle et de l’enseignement académique, même si beaucoup de parents, d’élèves, d’enseignants et de directeurs d’académie croient encore que l’enseignement académique est le seul moyen de réussir une carrière professionnelle et d’obtenir un emploi sûr.

Il existe de nombreux exemples de diplômés qui ne terminent pas leurs études et choisissent la voie de la formation professionnelle. Il est donc important de souligner qu’il n’y a pas de bon chemin et que la formation professionnelle et en alternance peut être parfaitement combinée avec la formation académique. Avec plus de 500 000 contrats d’apprentissage en 2020, la France a réalisé une progression spectaculaire grâce aux nombreuses mesures de soutien de l’État. Ajouter une dimension franco-allemande à ces formations est un plus, dont peuvent attester les nombreux jeunes qui travaillent aujourd’hui dans des entreprises franco-allemandes. La voie est tracée, n’attendons pas pour l’emprunter !

Patrick Brandmaier est directeur général de la Chambre franco-allemande de commerce et d’industrie.

Allemagne: une coalition d’une drôle de couleur

Allemagne: une coalition d’une drôle de couleur

 

 

La coalition « feu tricolore », couleurs du SPD, des Verts et des libéraux du FDP d’une curieuse couleur et pleine de contradictions qui pourraient bien freiner sinon stopper le dynamisme économique outre-Rhin.  Observons cependant que les écolos allemands ont un autre sens des responsabilités que les écolos français. Ceci étant,  il va falloir concilier des objectifs de croissance soutenue par les libéraux, avec une politique de re distribution encouragée par les socialistes et des orientations de décroissance souhaitée par les écolos. Pour l’instant la coalition ne s’est mise d’accord que sur des principes très généraux

.Parmi les mesures négociées : l’absence de hausse d’impôts, le respect des règles d’endettement, ou encore la sortie avancée du charbon.

De ce point de vue il y a déjà une contradiction dans la mesure où les Allemands se ligotent avec le gaz russe après avoir été ligotés par le nucléaire, puis par les éoliennes enfin par le charbon. D’un point de vue écologique en outre, le gaz russe n’est pas moins polluant que d’autres gaz ou d’autres sources d’énergie. Pour autant l’Allemagne mettra des bâtons dans les roues au nucléaire de la France car elle ne souhaite pas que la France devienne une grande puissance industrielle mondiale dans ce domaine.

Sur la base du document présenté vendredi, les trois formations vont approfondir leurs pourparlers et ouvrir des négociations officielles abordant, point par point, tous les détails d’une future alliance.

La décision de formaliser les négociations est suspendue à des consultations des cadres des partis concernés, avec notamment un mini-congrès des Verts ce week-end, mais le résultat ne fait guère de doute. Si les tractations aboutissent, une coalition entre ces trois partis devrait prendre les commandes de l’Allemagne d’ici la fin de l’année.

« Après ces entretiens, nous sommes convaincus qu’il n’y a pas eu depuis longtemps une occasion comparable de moderniser la société, l’économie et l’État », s’est de son côté réjoui le patron du parti libéral, Christian Lindner, possible futur grand argentier du gouvernement Et sans doute prochain censeur de la gestion financière de la France !

Coalition de gauche en Allemagne: Facteur de division en Europe ?

Coalition de gauche en Allemagne: Facteur de division en Europe  ?

«Dans une Union européenne en proie à des divisions de plus en plus importantes entre Est et Ouest, une coalition de gauche au pouvoir en Allemagne aura tendance à mettre de l’huile sur le feu et à ainsi accentuer les divisions entre les Etats membres» .

Par Manfred Weber est député allemand au Parlement européen, président du groupe Parti populaire européen (PPE) ( Dans l’opinion)

Tribune

Je lis dans la presse internationale beaucoup de commentaires alarmistes au sujet de la situation politique en Allemagne après les élections fédérales du 26 septembre dernier. C’est certain, la fin de l’ère Merkel est marquée par une plus grande fragmentation du paysage politique allemand.

Mais il convient de garder notre calme : malgré le score décevant de ma famille politique chrétienne-démocrate – par ailleurs compréhensible après seize années passées au pouvoir –, je trouve en réalité dans le résultat des élections allemandes plusieurs raisons de se réjouir.

Primo, le fort taux de participation (76,6 %) témoigne d’une grande confiance des électeurs allemands dans leurs institutions et dans la démocratie parlementaire en général, conditions indispensables pour garantir la légitimité et la stabilité du futur gouvernement.

Secundo, et c’est probablement le point le plus réjouissant, les Allemands ont voté massivement pour des partis démocratiques, pro-européens. Les partis d’extrême droite et d’extrême gauche, Alternative für Deutschland et die Linke, font figure de figurants sur une scène politique largement dominée par des partis modérés.

Ce résultat s’explique probablement par la pandémie de coronavirus : les électeurs allemands ont bien compris que dans une telle crise, seuls les partis responsables pouvaient apporter des réponses concrètes et gérer efficacement la situation.

Il démontre aussi que lorsque l’offre politique est riche et variée au centre de l’échiquier politique, les extrêmes et les populistes ne parviennent pas à prospérer.

Passons maintenant aux nouvelles nettement moins réjouissantes.

Alors que les épisodes récents en Afghanistan ont démontré l’urgence d’un renforcement de la Défense européenne, il faut s’attendre en la matière à de nouveaux blocages, la gauche allemande n’étant pas du tout prête

 Selon toute vraisemblance, la prochaine coalition gouvernementale devrait être aux couleurs des « feux tricolores », c’est-à-dire composée des Sociaux-démocrates, des Libéraux et des Verts. La formation d’un gouvernement de gauche en Allemagne aura, à mon sens, deux conséquences importantes pour l’Union européenne.

Premièrement, alors que les épisodes récents en Afghanistan ont démontré l’urgence d’un renforcement de la Défense européenne, il faut s’attendre en la matière à de nouveaux blocages, la gauche allemande n’étant pas du tout prête pour les avancées que ma famille politique appelle de ses vœux depuis longtemps.

Par ailleurs, dans une Union européenne en proie à des divisions de plus en plus importantes entre Est et Ouest, une coalition de gauche au pouvoir en Allemagne aura tendance à mettre de l’huile sur le feu et à ainsi accentuer les divisions entre les Etats membres.

Là où ma famille politique a toujours eu le souci de jeter des ponts et à maintenir le dialogue entre les différentes régions d’Europe, une coalition de gauche, avec un positionnement idéologique très marqué, contribuera au contraire à un raidissement des positions des uns et des autres. C’est là une source de très grande préoccupation pour moi.

Manfred Weber est député allemand au Parlement européen, président du groupe Parti populaire européen (PPE). 

Allemagne : quelle instabilité politique ?

Allemagne : quelle instabilité politique ?

 

À écouter les experts français , l’Allemagne risque de rentrer dans une longue période d’instabilité politique. Aujourd’hui effectivement personne ne peut prédire le type d’alliance qui permettra de désigner un chancelier et le gouvernement allemand. Ce qui est certain c’est que les conservateurs de  Merkel ont enregistré une belle claque. Pour autant ni les conservateurs ni les sociaux démocrates ne peuvent envisager de diriger le gouvernement sans une alliance soit avec les écolos soient avec les libéraux ou les deux.

Il est vrai que les négociations risquent d’être longues pour se mettre d’accord sur un programme politique et sur l’attribution des principales responsabilités gouvernementales. Des négociations qui pourraient durer plusieurs mois. Ceci étant cette instabilité temporaire n’est pas nouvelle et chaque fois l’Allemagne a su la surmonter avec des alliances qui en France seraient contre nature est totalement impossible. Conservateurs et sociaux-démocrates ont déjà gouverné ensemble. Les écolos ont déjà été associés au gouvernement. La différence entre la France et l’Allemagne c’est qu’outre-Rhin les partis ont presque tous ( extrême droite excepté) une culture de gouvernement.

Il en va différemment en France ou extrême droite, extrême-gauche, écolos sont davantage des parties d’agitation et de protestation que des candidats à la gestion.

Selon des résultats officiels provisoires, les sociaux-démocrates ont recueilli 25,7 % des suffrages (+ 5 % par rapport au scrutin de 2017), contre 24,1 % pour la CDU qui accuse un score historiquement bas, inférieur de 9 points à celui récolté quatre ans auparavant. Le parti d’Angela Merkel ne renonce pas néanmoins à former une coalition alternative avec l’aide des deux mêmes formations, les Grünen et le FDP. Ces derniers ont obtenu respectivement 14,8 % et 11,5 % des voix.

Ce qui différencie la France et l’Allemagne c’est que les parties Allemands, eux, sont tous candidats à une alliance dans l’intérêt général du pays. En France voit mal comment l’extrême gauche, la droite, la gauche républicaine et les écolos pourraient envisager la moindre union.

Observant aussi que Angela Merkel restera à la manœuvre tant que le nouveau gouvernement ne sera pas . Un gage de continuité.

Allemagne : les « Verts » largement battus

Allemagne :  les verts largement battus

Comme sans doute en France, les verts  se voyaient déjà en haut de l’affiche en Allemagne ; ils escomptaient prendre la succession de Merkel. En fait ils ont reçu une véritable claque avec un score autour de 14 % quand la droite et la gauche classique obtienne chacun autour de 25 %. Certes les verres pourraient se présenter en arbitre de la situation car aucun parti ne dispose des voix suffisantes pour s’imposer au gouvernement et comme chancelier.

 

Il existe cependant d’autres hypothèses. La première consiste à une nouvelle alliance entre la CDU où est le SPD. Une autre possibilité consiste pour l’un des deux parties à s’allier avec les libéraux. Enfin les Verts  pourraient éventuellement être de la partie de la nouvelle union.

 

Il y a une certaine différence avec la France en Allemagne à savoir qu’ un accord entre des partis opposés est toujours possible dans l’intérêt du pays . Dans l’histoire de l’Allemagne on a déjà fait l’hypothèse d’une crise institutionnelle mais à chaque fois l’Allemagne a su faire prévaloir l’intérêt supérieur du pays sur l’intérêt des partis. Il est clair qu’on envisagerait pas une union en France entre par exemple les républicains ,  socialistes voir les écolos..

Allemagne : vers une instabilité politique ?

Allemagne : vers une instabilité politique ?

 

Herfried Münkler, professeur de théorie politique, souligne, dans une tribune au « Monde », les évolutions du système politique outre-Rhin. Si, comme d’autres chanceliers avant elle, Angela Merkel a pu rester longtemps au pouvoir, cette stabilité pourrait bientôt être de l’histoire ancienne.(extrait)

 

Tribune.

 

Durant sept décennies, la République fédérale d’Allemagne s’est distinguée des autres démocraties d’Europe par le grand nombre d’années pendant lesquelles plusieurs de ses chefs de gouvernement sont restés au pouvoir : d’abord Konrad Adenauer, puis Helmut Kohl et maintenant Angela Merkel – sans oublier les mandats relativement longs de Helmut Schmidt et Gerhard Schröder. Une longueur qui bénéficie aux relations franco-allemandes. On se connaît et on n’a pas besoin de s’adapter constamment à de nouvelles personnes. Mais le mandat de Merkel pourrait être le dernier de ce type, car les modifications du système politique ont fait disparaître les conditions d’un long mandat : il y aura davantage de partis au Bundestag, deux d’entre eux ne sont guère aptes à former des coalitions (le groupe de gauche Die Linke et le mouvement d’extrême droite Alternative für Deutschland) et les grands partis sont affaiblis. Une partie du pouvoir qui échoyait jusqu’à présent à la chancellerie devrait désormais être répartie entre les chefs des partis, les présidents des groupes parlementaires et les comités de direction des coalitions.

A cela s’ajoute que, du fait de l’organisation fédérale de l’Allemagne, les gouvernements de coalition des Länder participent aux décisions prises au niveau de l’Etat. Il est donc peu probable qu’un chancelier reste encore aussi longtemps au gouvernail. Ce qui aura des conséquences pour l’UE : le monde politique allemand va devenir plus changeant et moins prêt à faire des concessions s’il doit déjà faire de nombreux compromis en interne.

C’est grâce à ses choix stratégiques que Merkel a pu rester tout ce temps à la chancellerie pendant que, dans toute l’Europe, les systèmes reposant sur de grands partis de centre droit et de centre gauche se sont effrités et que les mouvements populistes de droite et de gauche ont poussé comme des champignons. Merkel a décidé de tirer la CDU (l’Union chrétienne-démocrate, centre droit) vers la gauche et, ainsi, elle a occupé les deux moitiés du centre, plutôt que de le perdre en se cramponnant à droite. Ce faisant, elle a maintenu la CDU dans une position stratégique, empêchant la formation d’un gouvernement qui lui aurait été opposé. Tel est l’héritage stratégique que Merkel lègue aux chrétiens-démocrates. Vont-ils se l’approprier et auront-ils les bonnes personnes pour le faire ? L’avenir le dira. Ce ne serait pas la première fois qu’un héritage n’est pas revendiqué ou qu’il est dilapidé.

Le juste retour des déchets nucléaires en Allemagne

Le juste retour des déchets nucléaires en Allemagne 

Le retour des déchets nucléaires allemands une fois traités par l’usine de La Hague en France est une bonne nouvelle pour Roger Spautz, chargé de campagne nucléaire à l’ONG Greenpeace France et Luxembourg. (Interview dans France Info)

 

 

franceinfo : Vous félicitez-vous que le dernier trajet soit prévu avant 2024 ?

Roger Spautz : Nous sommes contents que les derniers déchets partent en Allemagne. Je crois que tous les producteurs de déchets radioactifs doivent prendre leurs responsabilités. Il y a eu des combustibles venant de Belgique, des Pays-Bas ou du Japon qui ont été traités en France, et donc les producteurs des déchets radioactifs doivent les reprendre, assumer leurs responsabilités et les stocker. Presque chaque jour, il y a des convois qui sillonnent la France. Il y a des transports de combustibles issus de centrales nucléaires, qui vont à La Hague. Mais il y a aussi du plutonium, qui est produit à La Hague ou qui est issu du retraitement, qui est transporté en France pour produire du combustible MOX [constitué de plutonium et d'uranium], mais aussi des transports de combustible neuf à travers toute la France. Et avec chaque transport, il y a un risque d’accident, donc un risque de sûreté et de sécurité. Il y a déjà eu un accident avec un convoi, il y a une vingtaine d’années. Un train qui venait d’Allemagne pour aller à La Hague a déraillé près de Thionville, en France. Heureusement, aucune radioactivité ne s’en est dégagée.

Y a-t-il une évolution dans la recherche pour savoir que faire de ces déchets radioactifs en France ?

Pas vraiment. Depuis des années, on fait des études mais pour l’instant, on n’a pas encore de solution définitive pour stocker les déchets nucléaires. Certes, il y a le projet Cigéo à Bure [un projet d’enfouissement des déchets nucléaires], mais qui est, pour le moment, seulement un laboratoire donc il n’y a pas encore eu d’autorisation définitive pour y stocker des déchets de haute activité. C’est la même chose dans d’autres pays, notamment aussi en Allemagne. Donc là aussi, il y a des discussions sur comment stocker les déchets de haute activité, mais il n’y a toujours pas de solution.

Selon l’Andra, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, les volumes déjà stockés ont augmenté de 30 000m3 rien qu’en 2018. Le problème risque-t-il donc de s’accentuer au fil des années ?

Exactement. Par exemple, le centre de stockage qui est en construction à Bure est prévu pour stocker les déchets qui sont produits jusqu’à aujourd’hui par les réacteurs existants. Mais la France veut faire construire de nouveaux réacteurs, ce qui veut dire produire encore plus de déchets. Et pour ces déchets-là, il n’y a pas de centre de stockage, pas de solution. Nous, on estime que le premier pas, c’est l’arrêt du retraitement et les combustibles usés devraient être entreposés à sec sur les sites de production, c’est-à-dire près des centrales nucléaires. Tant qu’on n’a pas de solution définitive, l’entreposage à sec est la solution la moins dangereuse.

Retour de déchets nucléaires en Allemagne

Retour de déchets nucléaires en Allemagne

Selon la loi française, les déchets nucléaires qui entrent en France, notamment pour y être traités à l’usine Orano de La Hague (Manche), ne peuvent rester à terme sur le territoire national. Suite à un accord passé entre les gouvernements français et allemands, les déchets à haute intensité traitée à La Hague seront ainsi retournés à l’Allemagne.

 Selon une pratique habituelle, ce ne sont en réalité pas les mêmes déchets que ceux qui étaient entrés en France qui seront renvoyés les déchets arrivent pour être retraitées à là Hague et repartent moins contaminés  après traitement sous forme vitrifiée.

 

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