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Aide alimentaire : comment orienter vers ceux qui en ont le plus besoin

Aide alimentaire : comment orienter  vers ceux qui en ont le plus besoin

Pierre-Emmanuel Arduin et Doudja Saïdi-Kabeche, chercheurs en sciences de gestion, montrent, dans une tribune au « Monde », comment certaines épiceries solidaires et cantines sociales arrivent à mieux aider les étudiants et travailleurs pauvres qui ont faim en France, tout en préservant leur dignité, grâce à des outils numériques.

 

Avec la hausse incessante des prix, de plus en plus de Français éprouvent des difficultés pour s’acheter à manger en quantité et en qualité suffisantes. Le gouvernement versera courant septembre une aide d’urgence aux bénéficiaires des minima sociaux, de 100 euros par foyer, avec 50 euros supplémentaires par enfant. Mais cela ne réglera pas la question.

Les épiceries solidaires, centres de distribution et autres cantines sociales font face à une vague montante de demandeurs. Jusqu’à 4 millions de familles, selon l’Insee, se nourrissent aujourd’hui en partie d’aliments récupérés gratuitement.

Comment agir pour rendre cette aide alimentaire plus socialement acceptable ? C’est l’objet de nos recherches. Les Nations unies définissent, en effet, la sécurité alimentaire comme une situation de disponibilité des denrées nécessaires, mais aussi d’acceptabilité sociale de cette offre de nourriture. Or le système d’aide alimentaire actuel, qui s’appuie surtout sur des distributions gratuites, met parfois à mal la dignité des personnes.

Des étudiants et travailleurs pauvres, qui, jusqu’à il y a peu, faisaient leurs courses normalement, se mêlent désormais dans les files d’attente à des personnes en situation de très grande précarité (difficultés sociales, de santé, réfugiés, etc.).

Les quelque 200 000 bénévoles qui assurent les distributions alimentaires sont tenus, par les textes français et européens, d’assurer en même temps un accompagnement humain des personnes. Or, face à l’augmentation du nombre des bénéficiaires, ils n’ont souvent pas le temps aujourd’hui d’apporter ce soutien social et psychologique à ceux qui en ont réellement besoin.

Crise alimentaire : une autre agriculture ?

Crise alimentaire : une autre agriculture ?

+10% pour les pâtes, +16% pour le poisson frais, +24% pour les tomates… Ces 12 derniers mois, un certain nombre de produits de première nécessité ont connu une hausse de prix importante, nous faisant basculer dans un cycle inflationniste, bien douloureux pour les Français. Mais au cœur de la tempête, l’AgTech française doit tenir le cap et peut même sortir son épingle du jeu. Le développement croissant des circuits courts, la multiplication des débouchés bio et locavores et l’audace de nos innovations doivent servir d’exemple pour le reste du monde. Par Gilles Dreyfus, Co-fondateur et Président de Jungle. (La Tribune)

 

Nous l’avons vu au cours des dernières semaines, le problème ne se situe pas seulement à la pompe mais s’étend également à nos supermarchés, à notre vie quotidienne et même à notre assiette. Les 25 à 50 millions de tonnes de céréales actuellement immobilisées en Ukraine – le « grenier à blé » du monde » – laissent craindre « un ouragan de famines », tandis que la moutarde, l’huile de tournesol ou encore le lait sont menacés de pénurie à long terme. Une autonomie fragilisée dans un pays comme la France qui importe plus de 20% de ses ressources alimentaires dont 40% de ses protéines végétales. La guerre en Ukraine, sans être la cause principale de ce phénomène, apparaît comme le révélateur d’une situation qui ne cesse de se détériorer dans l’indifférence ou l’ignorance générale.

C’est un fait, la population mondiale ne cesse d’augmenter et le nombre d’habitants sur la planète devrait approcher les 10 milliards d’ici 2050, alors même que nous avons d’immenses difficultés à nourrir correctement la population actuelle. En France, c’est près de 3% de la population qui était considérée comme sous-alimentée en 2019. Tandis que dans le même temps, le dernier rapport du GIEC indique dans un scénario optimiste, que 8 % des terres actuellement cultivables pourraient devenir impropres à l’agriculture.

Nous faisons donc face à une équation des plus complexes pour les années à venir.  Comment concilier un modèle agricole à la fois durable et productiviste, capable de nourrir un nombre croissant d’êtres humains, alors même que les incertitudes climatiques et géopolitiques sont amenées à se multiplier ?

La France des prochaines années ne sera forte et indépendante que si elle dispose d’une agriculture durable, productive, compétitive et autonome, capable de résister aux chocs, peu importe leurs natures – intempéries, crises politiques, épuisement de nos ressources naturelles… La prise de conscience est là et les milliers d’agriculteurs français et d’entrepreneurs innovants dans l’agriculture préparent l’avenir. Nous devons redoubler d’efforts pour contribuer davantage à la modernisation, à l’innovation et au renforcement de notre compétitivité agricole. En France, le potentiel de développement est immense. Le coq n’a pas fini de chanter, nous sommes le pays qui compte le plus de terres agricoles disponibles en Europe, une chance pour notre souveraineté alimentaire.

Mais nous ne partons pas de rien car au cours des dernières années, la France a fait énormément pour développer son potentiel et encourager l’essor de l’agriculture biologique et des filières locales.  Face à l’urgence, nous devons aller encore plus vite, encore plus loin et encore plus fort. Notre pays doit accompagner davantage les éleveurs et petits producteurs qui s’engagent dans les circuits courts pour fournir une alimentation de qualité, en proximité. C’est l’avenir.

Il est vrai que la tâche qui nous incombe est immense, mais elle n’en reste pas moins exaltante. Construire un système mondial résilient, adapté au changement climatique à même de limiter les tensions à venir en termes d’approvisionnement alimentaire ne sera pas une chose facile, mais cet objectif est à notre portée. Cette ambition nécessite une prise à bras le corps des enjeux agricoles et un courage politique certain. La France devra redoubler d’efforts pour montrer une nouvelle voie. Chiche ?

Assurer la souveraineté alimentaire

Assurer la souveraineté alimentaire 

 

Avec la guerre en Ukraine et l’avènement de nouvelles conflictualités géopolitiques, l’Europe doit développer une politique diplomatique cohérente et assurer sa puissance agricole, estiment, dans une tribune au « Monde », Marion Pariset et Matthieu Hocque, membres du think tank Le Millénaire.

 

La Russie, l’Ukraine et la Turquie sont récemment [le 22 juillet] parvenues à la signature d’un accord qui garantit pour les quatre prochains mois les exportations céréalières ukrainiennes en mer Noire. Alors que les belligérants pèsent plus de 30 % de la production mondiale de blé (12 % pour l’Ukraine), la guerre en Ukraine a aggravé le risque de famine.

En 2021, l’ONU enregistrait déjà 40 millions de personnes supplémentaires en détresse alimentaire, et potentiellement plus de 200 millions à la fin de l’année 2022. Cette situation doit conduire l’Union européenne (UE) à mener une politique extérieure cohérente et assurer sa souveraineté alimentaire pour éviter de nouvelles crises.

Le conflit ukrainien a fortement perturbé les marchés agricoles par le blocage des exportations céréalières ukrainiennes.

D’une part, une partie des champs de blé ukrainiens ont été détruits par les combats. Les exploitants agricoles ukrainiens ont éprouvé des difficultés pour accéder aux fertilisants et aux autres intrants.

D’autre part, les ports ukrainiens ont été paralysés par le blocus imposé par la Russie et ont été en partie détruits par les bombardements. Ainsi, plus de 20 millions de tonnes de céréales (soit environ 1 % de la consommation mondiale) ne peuvent être exportées.

Si les effets sur les volumes d’exportations seront limités, il s’agit, pour l’Ukraine, d’un accord symbolique pour reprendre les échanges commerciaux avec le reste du monde. Pour compenser cette victoire ukrainienne, la Russie obtient en échange des garanties sur ses propres exportations agricoles, ainsi que la fin des blocages indirects concernant le transport maritime, imposés par les pays occidentaux.

Retrouver une souveraineté alimentaire

Retrouver  une souveraineté alimentaire 

 

La « généralisation des dérèglements mondiaux est un symptôme de la crise systémique du modèle néolibéral », préviennent les socialistes Eric Andrieu (député européen) et Christophe Clergeau ( Comité des régions) dans une tribune au « Monde ». Ils appellent à des réformes profondes « pour plus de régulation et de souveraineté », en particulier dans le domaine alimentaire.

 

L’Europe se mobilise et innove pour affronter les crises. Elle le fait d’ailleurs plutôt bien en mettant en application le nouveau mantra bruxellois : l’autonomie stratégique. Néanmoins, elle peine à mettre en avant les logiques de résilience et de prévention, car, face aux crises, perfectionner les outils de gestion de crise ne suffit pas.

La généralisation des dérèglements mondiaux est un symptôme de la crise systémique du modèle néolibéral, qui appelle des réformes profondes pour plus de régulation, de solidarité, de souveraineté. C’est notamment vrai pour notre alimentation et l’organisation de la production et des marchés agricoles.

 

L’idée dominante de la Commission européenne est qu’il suffit de favoriser le développement de la production et la fluidité du commerce alimentaire international pour permettre de répondre aux besoins des populations, à l’échelle mondiale comme au sein de l’Union.

Pour la relocalisation des productions alimentaires

La Commission continue ainsi à minorer la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement alimentaires soumises aux aléas climatiques comme aux instabilités géopolitiques et aux crises de surproduction. Une chaîne rompt toujours par son maillon le plus faible ; les prix agricoles trop bas de la décennie passée ont fragilisé nos agriculteurs et émoussé notre potentiel productif.

Tout système de spécialisation agricole qui conforte l’éloignement entre production et consommation renforce les vulnérabilités et affecte la sécurité alimentaire. La connexion avec des marchés internationaux ultra-volatils, à la hausse comme à la baisse, se traduit nécessairement par des chocs de prix dont sont d’abord victimes, en Europe, les populations les plus fragiles et, à l’échelle mondiale, les pays les plus pauvres et les plus dépendants.

Nous plaidons pour une autre approche. Les politiques publiques doivent favoriser la relocalisation des productions alimentaires à travers un prix adapté du carbone, la réduction des impacts environnementaux des modes de production, le renforcement des aides publiques centrées sur l’emploi agricole et les services rendus à l’environnement ainsi qu’une plus grande implication des collectivités territoriales dans la planification de l’approvisionnement alimentaire.

Il faut revoir les règles de la PAC et de l’OMC

La stabilité des prix alimentaires doit retrouver une place centrale dans les politiques européennes. C’est une protection pour les paysans, qui ont besoin de visibilité pour s’engager dans la transition écologique et investir. C’est une protection pour les consommateurs, leur pouvoir d’achat et leur accès à l’alimentation. Un des outils de régulation des marchés est la constitution de stocks qui doivent désormais viser aussi bien la stabilisation des marchés que la constitution de stocks stratégiques permettant de prévenir les crises alimentaires.

Quelle évolution alimentaire ?

Quelle évolution  alimentaire ?

 

En 1966 sortait un classique de la littérature de Science-Fiction : Soleil Vert, une dystopie qui imaginait les conséquences pour les habitants de New York d’une surpopulation et d’une surexploitation des ressources mondiale en 2022. Par Alison Imbert, Directrice d’Investissement à Partech ( dans la Tribune)

Tribune

 

Dans une ville surpeuplée où la température ne descend jamais sous les 33°C, les habitants souffrent de la faim et la nourriture issue de l’agriculture devenue rare n’est réservée qu’à une élite riche. Nous sommes en 2022 et heureusement pour les habitants de New York, la situation n’est pas aussi sombre. Cependant, les effets du réchauffement climatique, l’accroissement démographique et plus récemment la guerre en Ukraine remettent en avant le sujet de l’exploitation des ressources naturelles et ravivent les craintes de pénuries alimentaires.

Partech, en tant que fonds de capital risque, cherche à identifier des tendances de fond au sein de la Foodtech qui pourraient permettre de nourrir une population mondiale grandissante en étant plus respectueux de nos ressources sans avoir à recourir au fameux Soleil Vert de Soylent Industries.

Des applications au service de la chasse au gaspillage alimentaire

Aujourd’hui on estime que 30% de la nourriture produite chaque année est jetée. Ce gaspillage a lieu à tous les niveaux, de la production à la distribution mais aussi au sein des ménages, et serait même responsable de 10% des émissions de gaz à effet de serre dans les pays développés.

Face à ce constat des startups se sont créées : en Europe, Too Good to Go lancée à Copenhague dès 2015 est devenue une référence auprès de nombreux consommateurs européens en permettant via son application l’accès à des invendus de grandes surfaces à prix cassés. En France, Phénix s’est spécialisé dans la mise en relation entre des associations (les Resto du Cœur, etc.) et des Grandes Surfaces. Ces start-ups permettent ainsi de sauver des dizaines de millions de repas chaque année rien qu’en France et continue à innover pour offrir de nouvelles solutions contre le gaspillage alimentaire. Plus en amont, Hors Normes, lancé en 2020, propose par exemple des paniers de légumes et fruits hors format qui ne peuvent être vendus en Grande Surface.

Une nouvelle vague dans les alternatives végétales à la viande

Depuis 50 ans, la consommation mondiale de viande a été multipliée par trois. Or, cette source de protéine majeure pour nombre de Français est très gourmande en ressources : selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, trois à dix kilos de protéines végétales seraient nécessaires pour produire un seul kilo de protéine animale, et c’est ainsi que plus de 70% des céréales produites dans le monde sont utilisées pour l’élevage.

Conscient de ces enjeux, 30% des Européens ont fait le choix de diminuer volontairement leur consommation de viande sans pour autant se déclarer végétariens. Pour ces consommateurs, ce changement de régime n’est pas aisé et des startups proposent des alternatives à la viande, produites à base de protéines végétales.

Apparues à la fin du XIXe aux Etats-Unis - l’un des précurseurs ne fut autre que le Dr John Harvey Kellogg lui-même, végétarien et créateur de la fameuse marque de corn-flakes - la production d’alternatives à la viande n’a réellement pris son essor que dans les années hippie 1960-70 en lien avec l’apparition des mouvements végétariens en Californie. On a ainsi vu apparaître les premiers « steaks végétaux » fabriqués à base de soja, de pois ou de champignons. Longtemps réservé à un marché de niche, ces produits - souvent loin d’imiter la saveur de la viande – ont connu récemment des progrès importants, afin de satisfaire un public plus large et moins disposés à transiger sur le goût et la texture.

En 2021, ce sont près de 5 milliards de dollars qui ont été investis dans le secteur afin de développer des recettes innovantes et de se rapprocher de saveurs bien connues ; on retrouve ainsi aujourd’hui des équivalents végétaux de steak de bœuf, de nuggets de poulet ou même de lardons.

L’américain Beyond Meat a été précurseur de cette nouvelle vague et ses steaks végétaux sont désormais bien connus aux USA. En France, la marque Garden Gourmet de Nestlé se retrouve de plus en plus dans nos rayons au côté de belles startups françaises comme LaVie, ou HappyVore.

Mais au-delà du goût, une question se pose souvent aux consommateurs tentés par ces alternatives à la viande : quand est-il de la qualité nutritionnelle de produits par nature transformés ? La question est légitime quand on regarde la longueur de certaines listes d’ingrédients, mais les progrès sont notables. Par exemple, une marque comme LaVie et son bacon végétal (qui a fait le buzz récemment avec sa campagne de pub et son partenariat avec Burger King), contient seulement 6 ingrédients, tous d’origine naturelle, et est sans graisse saturée ni nitrite, et avec la même teneur en protéine que du bacon, les fibres en plus. De plus, LaVie s’engage à acheter 90% de ses ingrédients en Europe et produit en Vendée.

Demain, une viande sans élevage ?

Les substituts à la viande sont un bon moyen de consommer des protéines en limitant l’impact sur les ressources. Mais, même si des progrès importants ont été réalisés sur le goût et les qualités nutritives, celles-ci ne pourront jamais complétement imiter le goût de la viande ou son apport en protéines, notamment pour les produits à base de « fibres musculaires » comme un blanc de poulet, une côte de bœuf ou un filet de saumon.

La prochaine vague qui se profile semble être celle de la viande cultivée ou dite de cultures cellulaires. La méthode est simple, au moins sur le papier : il s’agit de prélever des cellules animales (dîtes souches), de leur procurer des nutriments au sein d’une cuve spéciale (bioréacteur) pour en favoriser la multiplication et ainsi obtenir des fibres musculaires. Cela permettrait par exemple, à partir de prélèvements de cellules d’un oeuf de produire des millions de blanc de poulet.

Ces techniques, à l’origine développées pour la médecine notamment dans le cas de greffes, sont désormais testées par différentes start-ups à travers le monde comme Upside et BlueNalu aux Etats-Unis, Mosa Meat et Meatable au Pays-Bas, ou encore Gourmey en France, et sont aujourd’hui en mesure de produire des steaks, du saumon ou encore du foie gras en tout point similaires aux produits traditionnels.

A grande échelle, cette viande sans élevage présente de très nombreux avantages : elle permettrait d’économiser les ressources naturelles (notamment en eau et en terres agricoles), de diminuer l’émission de gaz à effet de serre liée à l’élevage, de mettre fin à la souffrance animale, de favoriser la souveraineté alimentaire via une production locale limitant le recours aux importations étrangères (46% du poulet consommé en France est importé d’Ukraine ou du Brésil), de diminuer les risques sanitaires (épidémies, etc.), d’améliorer la traçabilité des produits et de supprimer l’usage des hormones et des antibiotiques.

L’enjeu pour cette filière naissante est désormais d’investir pour arriver à passer de petites productions à une production industrielle à grande échelle, pour être en mesure de commercialiser cette viande à un prix comparable à la viande d’élevage. En parallèle les cadres réglementaires doivent s’adapter à cette nouvelle offre ; Singapour a été précurseur en permettant à Eat Just de commercialiser des nuggets fabriqués à partir de viande cultivée, alors que les Etats-Unis et l’Europe continuent à travailler sur le sujet.

Quelles perspectives pour la souveraineté européenne ?

Partout dans le monde, les initiatives se multiplient dans la Foodtech afin de répondre aux enjeux de l’agriculture de demain. Aucune solution miracle n’existe pour faire face aux défis qui nous attendent mais ce sont l’ensemble de ces initiatives en plus de celles des filières agricoles traditionnelles qui permettront en combinant savoir-faire et technologie de relever ces défis. Et si 5 milliards de dollars ont été investis en 2021 pour développer des protéines alternatives (végétales ou de culture) dans le monde, on déplore que la majeure partie de ces investissements soient américains.

Si nous voulons garantir notre souveraineté alimentaire, il est nécessaire que les fonds d’investissement européens soutiennent financièrement les startups qui s’attèlent à relever cet enjeu, en France comme en Europe.

Crise alimentaire : alerte

Crise alimentaire : alerte 

la crise alimentaire risque de s’aggraver. C’est la crainte de Mathias Cormann, le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement (OCDE). « Sans la paix en Ukraine, les problèmes de sécurité alimentaire qui se posent dans le monde ne cesseront de s’aggraver […] », a-t-il indiqué lors de la publication, mercredi, du rapport de l’organisation sur les perspectives agricoles des dix prochaines années. ( papier de la Tribune, extrait)

La Russie et l’Ukraine comptent en effet parmi les plus importants producteurs et exportateurs de cultures arables au monde (blé, orge, maïs, graines de tournesol et de colza). Mais, la guerre bouleverse cette architecture.

En Ukraine, les semis des cultures de printemps 2022, en voie d’achèvement, affichent des niveaux qui devraient être inférieurs d’environ 20 % par rapport à l’an dernier, en particulier pour les graines de tournesol, le maïs et l’orge de printemps. Dans l’ensemble, une récolte plus faible est attendue.

L’OCDE avance des réductions de plus de 30 % par rapport à la récolte de 2021. La production dépassera néanmoins les besoins nationaux. Reste que les exportations seront difficiles. La voie maritime est exclue pour le moment. Et les autres canaux d’exportation ‒ routes, rails et ports fluviaux ‒ n’ont pas la capacité de traiter les mêmes quantités. Résultat : les exportations actuelles ne peuvent atteindre que 20 % des quantités d’exportation normales.

Côté russe, la récolte de blé de 2021 a été inférieure à la moyenne en raison de conditions météo défavorables pendant la période de croissance. Et Moscou restreint ses exportations de blé.

Dès lors, différents scénarios sont envisagés par l’OCDE. Selon ses calculs, la perte complète de la capacité d’exportation de l’Ukraine entraînerait une augmentation de 19 % du prix mondial du blé. Dans un scénario extrême où la Russie et l’Ukraine exporteraient conjointement 36 millions de tonnes de blé en moins, les prix du blé augmenteraient de plus d’un tiers à ce qu’ils auraient été sans le conflit.

Dans une analyse distincte, l’OCDE avance une augmentation de la sous-alimentation d’environ 1 % à l’échelle mondiale en 2022-2023, soit l’équivalent de 8 à 13 millions de personnes selon l’ampleur de la réduction des exportations russes et ukrainiennes. Dans le pire des cas, le directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Qu Dongyu, a prévenu que « 19 millions de personnes supplémentaires pourraient se trouver en état de sous-alimentation chronique en 2023 ».

Le pire est que ce conflit en Ukraine intervient dans un contexte mondial déjà fragilisé. La population mondiale devrait en effet passer de 7,8 milliards de personnes en 2021 à 8,6 milliards en 2031. L’Afrique subsaharienne, l’Inde et le Proche-Orient et l’Afrique du Nord seraient responsables des deux tiers de cette progression. De ce fait, la consommation alimentaire mondiale devrait augmenter de 1,4 % par an au cours de la prochaine décennie.

Sur la même période, la production agricole mondiale devrait augmenter de 1,1 % par an, le surcroît de production devant être principalement réalisé dans les pays en développement et les pays pauvres. Avec la guerre en Ukraine, une hausse prolongée des prix de l’énergie et des intrants agricoles – tels que les engrais – augmenterait les coûts de production et limiterait la croissance de la productivité et de la production dans les années à venir, craint l’organisation.

Or, pour elle, la productivité agricole moyenne devra augmenter de 28 % au cours de la prochaine décennie pour que la communauté internationale atteigne l’un des objectifs de développement durable qu’elle s’est fixé, à savoir l’éradication de la faim dans le monde. C’est plus du triple de l’augmentation de la productivité enregistrée au cours de la dernière décennie. Le pari est loin d’être gagné. Surtout si la guerre s’éternise comme la plupart des experts militaires le prédisent.

Crise alimentaire , la faute d’un système industrialisé et de la spéculation

 Crise alimentaire , la faute  d’un système industrialisé et de la spéculation

 

Le chercheur en agronomie Nicolas Bricas estime, dans une tribune au « Monde » ,que le G7 peut contribuer à éviter des famines, en obtenant plus de transparence sur les stocks alimentaires et en réprimant la spéculation excessive sur les marchés à terme.

 

La fulgurante ascension des prix du blé et du maïs depuis un an sur les marchés internationaux provoque une nouvelle crise alimentaire. Les premières victimes : les ménages pauvres des pays où ces céréales sont la base de leur alimentation et qui les importent massivement du marché international. Ils sont déjà fragilisés par les conséquences de la crise du Covid-19 et par la hausse des prix de l’énergie.

La hausse des prix en 2008 et 2011 avait déjà révélé la fragilité des systèmes alimentaires. Mais ces sonnettes d’alarme n’ont pas déclenché la prise de mesures pour éviter de nouvelles crises. Le G7, qui se réunissait du 26 au 28 juin, prendra-t-il cette fois ses responsabilités ? Car, comme l’a montré un récent rapport d’IPES-Food, l’origine de cette crise n’est pas la guerre en Ukraine, mais bien la fragilité d’un système alimentaire industrialisé lancé et promu par les entreprises et les pays du G7.

Depuis des décennies, les politiques agricoles avaient pour objectif de nourrir la population au moindre coût, à l’aide de monocultures et d’élevages à échelle industrielle. Le blé, le maïs et le riz ont été particulièrement choisis pour assurer cette production, et ils fournissent aujourd’hui plus de 40 % des calories consommées dans le monde. Les semences sont sélectionnées pour bien répondre aux engrais chimiques, fortement dépendants du gaz et des ressources minières en phosphate. Les cultures et leurs systèmes d’irrigation sont ultra-mécanisés, et donc très dépendants du pétrole. Une poignée de puissantes entreprises ont aujourd’hui la main sur ce paquet technique. La performance productive a encouragé quelques pays dotés d’« avantages comparatifs » à se spécialiser dans ces productions pour le marché international – notamment l’Ukraine et la Russie. La production agricole mondiale a augmenté plus vite que la population et, depuis la fin du XXsiècle, la planète produit nettement plus que ses besoins caloriques.

Et pourtant, depuis cinq ans, la courbe montrant la lente réduction du nombre de personnes en insécurité alimentaire dans le monde, que l’on observait depuis les années 1960, s’est inversée. Et ce sont les ruraux et les agriculteurs en particulier qui restent les premières victimes de la faim.

Ce constat est connu, rabâché depuis des années dans toutes les institutions politiques. L’enjeu n’est pas tant de produire encore et toujours plus, mais bien de réduire les inégalités. Pourtant, certains acteurs et certains pays qui ont tiré leur richesse et leur puissance de ce modèle agricole et alimentaire proposent d’accélérer encore cette fuite en avant. Au prétexte que les prix montent, il faudrait produire plus, cela semble de bon sens. Sauf que l’on peut faire baisser les prix autrement, que l’on peut rendre les pays vulnérables plus résilients, et que l’on peut construire de nouveaux modèles agricoles et alimentaires moins fragiles. Et la crise peut être l’occasion de changer de trajectoire.

Suppression des sanctions pour les très petits excès de vitesse

Suppression des sanctions pour les très petits excès de vitesse

Une mesure qui s’inscrit évidemment dans un contexte de préparation des élections législatives mais qui prend aussi en compte les réalités. Et cela d’autant plus que les techniques pour déceler des excès de vitesse de moins de 5 km/h par rapport à la norme sont assez approximatives à  ce degré de précision. Le gouvernement envisage de ne plus retirer de points au permis de conduire pour les dépassements inférieurs à 5 km/h au dessus de la vitesse autorisée. A quelques semaines des législatives, la réflexion est en cours au sein du ministère de l’Intérieur. En 2020, sur les 12,5 millions de contraventions envoyées pour excès de vitesse, 58 % entraient dans cette catégorie. Ceci étant , il y a des priorités sans doute des mesures plus urgentes en matière de sécurité routière comme la de l’usage de produits de dopants ou aux l’utilisation du téléphone au volant.

 

 

Une stratégie de stockage d’eau pour faire face à la crise alimentaire.

Une stratégie de stockage d’eau pour faire face à la crise alimentaire.

La  FNSEA réclame une véritable stratégie de stockage d’eau.  En ce début de semaine, le mercure frôle par certains endroits les 30°C entraînant un manque d’eau. Entre septembre et avril 2022, le déficit de précipitations est estimé à 19%, et le déficit de recharge des nappes phréatiques est de 20%

La  FNSEA plaide pour un stockage de l’eau. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé fin avril que les agences de l’eau pourraient dépenser 100 millions d’euros supplémentaires pour aider les filières agricoles à s’adapter ou créer des retenues d’eau. Une étape encore insuffisante. « Ce que nous dénonçons, c’est la gestion catastrophique de l’eau depuis plus de quinze ans. Nous stockons seulement 1,5% de l’eau qui tombe à l’automne et au début de l’hiver alors qu’en Espagne, ils sont à 17 ou 18% », déplore Luc Smessart, vice-président de la FNSEA.  »Ce qu’il faut c’est une continuité et une cohérence avec un vrai projet stratégique », poursuit-il, regrettant les oppositions associations écologiques et de certains syndicats paysans contre le stockage de l’eau. Il met en garde : « Si nous ne pouvons plus produire en France, il y en a d’autres qui le feront pour nous et on voit bien que nous avons délégué à d’autres pays comme l’Ukraine ou la Russie la production d’une partie de notre alimentation ce qui provoque des pénuries » et des hausses de prix. Et d’ajouter : « Nous devons accorder autant d’importance à la souveraineté de l’eau qu’à celle alimentaire ou énergétique ».

D’autres solutions sont également à chercher dans les progrès de la génétique qui permet de créer des variétés plus résistantes à la sécheresse. Les agriculteurs tentent par ailleurs d’adapter leurs méthodes de travail aux évolutions climatiques notamment en récoltant plus tôt lorsque cela est possible.

 

 

Crise alimentaire : Suspendre le soutien aux biocarburants

Crise alimentaire :  Suspendre le soutien aux biocarburants

 

La perte de la production agricole ukrainienne peut être en partie compensée en cessant de soutenir les biocarburants, dont le bénéfice climatique est beaucoup plus faible qu’espéré et qui ne réduisent pas notre dépendance énergétique, estiment, dans une tribune au « Monde », les économistes Christophe Gouel et David Laborde.

 

Tribune.

 

La guerre en Ukraine, par le risque direct qu’elle fait peser sur la production agricole ukrainienne, et ses conséquences sur les marchés de l’énergie et des fertilisants ont conduit à une flambée historique des prix agricoles. Cette situation menace la sécurité alimentaire de nombreux pays pauvres et pousse l’Union européenne (UE) à chercher des solutions pour assurer sa propre souveraineté alimentaire et limiter l’impact de la guerre sur les marchés mondiaux.

Ces solutions tournent toutes autour d’une augmentation de la production, et nous font courir le risque de revenir sur les maigres avancées environnementales en cours dans le secteur. De plus, même si nous parvenions à accroître notre production, cela ne pourrait se faire qu’au mieux à l’automne pour les cultures de printemps, et en admettant que des problèmes d’approvisionnement en engrais ne viennent pas les compromettre. En réalité, l’Europe a les moyens d’agir dès maintenant sur les marchés agricoles : en suspendant ses politiques en faveur des biocarburants produits à partir de matières premières à usage alimentaire.

Les biocarburants sont des substituts aux carburants fossiles produits à partir de produits végétaux (les céréales et plantes riches en sucre – comme la betterave sucrière – pour l’éthanol, qui se substitue à l’essence, et les huiles végétales pour le biodiesel) ou de déchets. Parce que les émissions de CO2 résultant de la combustion des biocarburants sont en partie compensées par le CO2 absorbé par les plantes durant leur croissance, les biocarburants ont été soutenus en Europe depuis 2003 comme un outil de lutte contre le changement climatique.

Cependant, leur contribution à la crise des prix agricoles de 2007-2008 – et, dans une certaine mesure, à celle de 2011 – avait entraîné un revirement de la politique européenne dans ce domaine dès 2013. Malheureusement, les lobbys, la mémoire courte de certains décideurs politiques et quelques années d’abondance sur les marchés agricoles nous ont fait oublier la fragilité du système alimentaire mondial.

En 2020, selon l’OCDE, plus de trente millions de tonnes de produits agricoles étaient converties en biocarburants en Europe – plus encore si l’on compte les biocarburants qui y sont importés. Ce chiffre est important si on le compare à la production ukrainienne en grande culture, qui représente, toujours selon l’OCDE, 100 millions de tonnes en additionnant blé, maïs, autres céréales, betterave, tournesol, soja et colza.

 

Vers une crise alimentaire mondiale

Vers une  crise alimentaire mondiale 

 

Les institutions officielles notamment gouvernementales se veulent rassurantes sur les conséquences de la crise en n’Ukraine. Pour l’Europe par exemple  on prévoyait une croissance de environ 4 %. La crise ukrainienne pourrait diviser par 2, certains sont même encore plus optimistes pour considérer que la crise ukrainienne ne fera baisser le PIB  que de 1 %.

Évidemment personne n’en sait rien exactement. En cause, le fait qu’on ne sait pas quelle ampleur et quelle durée sera cette guerre de la Russie en Ukraine voire ailleurs).

Parmi les connaissances connues figurent la hausse supplémentaire des céréales qui pourraient créer une crise mondiale affectant en particulier les pays pauvres. Dans les pays riches le pouvoir d’achat sera amputé avec par exemple en Europe une inflation entre cinq et 7 %. Dans les pays pauvres la hausse des produits alimentaires sera bien plus grave que l’essentiel des budgets est consacré à la nourriture. La tension sur les prix davantage ressentis dans les pays pauvres va aussi se répercuter sur les pays riches et réciproquement.

Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont atteint en mars leurs « plus hauts niveaux jamais enregistrés » en raison de la guerre en Ukraine, a annoncé ce vendredi 8 avril l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

L’indice FAO des prix alimentaires, qui suit la variation mensuelle des cours internationaux d’un panier de produits alimentaires de base, avait déjà battu en février son record depuis sa création en 1990, et enregistre en mars une nouvelle hausse de 12,6%, indique l’organisation dans un communiqué.

Cette augmentation est principalement imputable à l’indice FAO des prix des céréales, qui a « enregistré une hausse de 17,1% par rapport à février, sous l’effet de fortes hausses des prix du blé et de toutes les céréales secondaires, principalement dues à la guerre en Ukraine ». Les prix alimentaires sont également tirés vers le haut par les huiles végétales, dont l’indice FAO « a bondi de 23,2%, porté par la hausse des cours de l’huile de tournesol, dont le premier exportateur mondial est l’Ukraine ». Dans le même temps, les prix des huiles de palme, de soja et de colza progressent aussi nettement, « sous l’effet d’une hausse de la demande mondiale à l’importation due à des ruptures d’approvisionnement en huile de tournesol ».

La Banque a constaté qu’un « afflux régulier de fonds » se produisait sur les comptes en banque et qu’un « ralentissement notable des taux de croissance actuels des prix, notamment en raison de la dynamique du taux de change du rouble » se produisait.

.Battant des records d’accélération en début de mois, ils ont néanmoins ralenti la dernière semaine de mars. Le rouble, qui s’était effondré à des niveaux sans précédent en février et mars, a largement retrouvé son niveau d’avant l’entrée des troupes russes en Ukraine.

La Banque centrale a laissé entendre qu’une nouvelle baisse pourrait avoir lieu lors de la prochaine réunion, prévue le 29 avril. La Banque centrale semble « confiante sur le fait que la phase la plus aiguë de la crise économique est passée », assurent les analystes de Capital economics dans une note. Les mesures prises rapidement par la Banque en février et mars ont « empêché une ruée bancaire majeure et déstabilisatrice ».

La crise alimentaire mondiale qui se prépare

La crise alimentaire mondiale qui se prépare

 

Les institutions officielles notamment gouvernementales se veulent rassurantes sur les conséquences de la crise en n’Ukraine. Pour l’Europe par exemple  on prévoyait une croissance de environ 4 %. La crise ukrainienne pourrait diviser par 2, certains sont même encore plus optimistes pour considérer que la crise ukrainienne ne fera baisser le PIB  que de 1 %.

Évidemment personne n’en sait rien exactement. En cause, le fait qu’on ne sait pas quelle ampleur et quelle durée sera cette guerre de la Russie en Ukraine voire ailleurs).

Parmi les connaissances connues figurent la hausse supplémentaire des céréales qui pourraient créer une crise mondiale affectant en particulier les pays pauvres. Dans les pays riches le pouvoir d’achat sera amputé avec par exemple en Europe une inflation entre cinq et 7 %. Dans les pays pauvres la hausse des produits alimentaires sera bien plus grave que l’essentiel des budgets est consacré à la nourriture. La tension sur les prix davantage ressentis dans les pays pauvres va aussi se répercuter sur les pays riches et réciproquement.

Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont atteint en mars leurs « plus hauts niveaux jamais enregistrés » en raison de la guerre en Ukraine, a annoncé ce vendredi 8 avril l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

L’indice FAO des prix alimentaires, qui suit la variation mensuelle des cours internationaux d’un panier de produits alimentaires de base, avait déjà battu en février son record depuis sa création en 1990, et enregistre en mars une nouvelle hausse de 12,6%, indique l’organisation dans un communiqué.

Cette augmentation est principalement imputable à l’indice FAO des prix des céréales, qui a « enregistré une hausse de 17,1% par rapport à février, sous l’effet de fortes hausses des prix du blé et de toutes les céréales secondaires, principalement dues à la guerre en Ukraine ». Les prix alimentaires sont également tirés vers le haut par les huiles végétales, dont l’indice FAO « a bondi de 23,2%, porté par la hausse des cours de l’huile de tournesol, dont le premier exportateur mondial est l’Ukraine ». Dans le même temps, les prix des huiles de palme, de soja et de colza progressent aussi nettement, « sous l’effet d’une hausse de la demande mondiale à l’importation due à des ruptures d’approvisionnement en huile de tournesol ».

La Banque a constaté qu’un « afflux régulier de fonds » se produisait sur les comptes en banque et qu’un « ralentissement notable des taux de croissance actuels des prix, notamment en raison de la dynamique du taux de change du rouble » se produisait.

.Battant des records d’accélération en début de mois, ils ont néanmoins ralenti la dernière semaine de mars. Le rouble, qui s’était effondré à des niveaux sans précédent en février et mars, a largement retrouvé son niveau d’avant l’entrée des troupes russes en Ukraine.

La Banque centrale a laissé entendre qu’une nouvelle baisse pourrait avoir lieu lors de la prochaine réunion, prévue le 29 avril. La Banque centrale semble « confiante sur le fait que la phase la plus aiguë de la crise économique est passée », assurent les analystes de Capital economics dans une note. Les mesures prises rapidement par la Banque en février et mars ont « empêché une ruée bancaire majeure et déstabilisatrice ».

Guerre en Ukraine: une crise alimentaire mondiale sans précédent ?

 

Guerre en Ukraine: une crise alimentaire mondiale sans précédent ?

Sur un an,  certains prix de produits alimentaires de base ont doublé notamment le blé, céréales le plus consommé avec le riz qui a atteint jusqu’à 400 € la tonne. Or le conflit en Ukraine va bouleverser le marché dans la mesure où il ne faudra plus guère compter sur les importations de blé d’Ukraine et de Russie qui représentent pourtant environ 30 % des exportations mondiales.

 

 

Les principales victimes seront dans les pays en développement dont le pouvoir d’achat est déjà sous dimensionné pour faire face aux dépenses de nourriture quotidienne. Beaucoup de pays pour ont abandonné leur culture locale pour le blé et le riz et se trouve désormais dépendant de l’évolution des marchés mondiaux. Parmi les pays les plus concernés figurent notamment l’Afrique qu’on a rendu dépendant de céréales importées.

 

Les écolos bobos s’opposent à un vague plan d’augmentation de la production agricole dans les pays développés comme la France au motif que cela rendra toujours dépendant les pays pauvres. Un raisonnement qu’on peut entendre mais on ne procède pas à des mutations agricoles fondamentales en une saison et il faudra concilier sans doute un plan d’urgence avec une stratégie à plus long terme incluant des révolutions des modes de production de leur lieu et des modes de consommation.

 

Dans plusieurs pays , En particulier en Afrique,la crise alimentaire risque d’être tellement grave qu’elle pourrait entraîner des mouvements sociaux et même politiques déstabilisants.Ailleurs la conséquence immédiate sera une augmentation supplémentaire d’une inflation en train de grignoter le pouvoir d’achat et de remettre en cause la croissance.

Pour une souveraineté alimentaire qui intègre social et environnement

Pour une   souveraineté alimentaire qui intègre  social et environnement 

 

Dans son rapport intitulé « La souveraineté alimentaire : perspectives nationales, européennes et internationales », la députée Sandrine le Feur formule des recommandations pour une meilleure mise en oeuvre des politiques publiques visant à renforcer la souveraineté alimentaire. Intreview dans l’Opinion.

La crise Covid a remis sur le devant de la scène la nécessité de la souveraineté alimentaire. Vous insistez pour qu’on en revienne à la définition originelle. Quelle est-elle ?

La définition mise en avant en France ces derniers mois n’est pas celle faite par le mouvement paysan Via Campesina dans les années 1990. Celle-ci comprend trois axes : le droit à l’alimentation pour les consommateurs et le droit à la production pour les paysans, ce qui implique la rémunération correcte de leur travail ; l’accès au foncier et le droit pour les paysans de choisir leurs productions et leurs semences ; le respect des droits sociaux et environnementaux dans les échanges. Cela ne s’applique pas à la seule échelle d’un pays : ce n’est pas une vision hostile aux échanges, ce n’est pas synonyme d’autarcie. Mais il y a une notion centrale de respect des autres agricultures dans le commerce mondial.

Quel état des lieux dressez-vous de la souveraineté alimentaire et européenne ?

La crise Covid a accentué la prise de conscience et suscité une envie d’autonomie. A l’échelle d’une exploitation, une autonomie accrue, ce sont aussi des revenus meilleurs et dans ce sens, je me retrouve dans l’ambition du Plan protéines. Mais l’autonomie n’est qu’une partie de la restauration de la souveraineté alimentaire. L’autre volet, capital, c’est le respect dans les échanges, des effets sociaux et environnementaux — qui conditionne la souveraineté des autres acteurs. Et cela n’est pas pris en compte. Je pose par exemple la question : doit-on produire pour les autres ? De mon point de vue, on a voulu exporter notre modèle qui a détruit une agriculture vivrière. Les exportations subventionnées par la PAC créent des concurrences déloyales et nous devons y réfléchir.

« La première chose, selon moi, c’est de promouvoir une exception agricole et alimentaire dans les accords commerciaux internationaux, comme pour la culture »

Ce débat sur la souveraineté alimentaire porte aussi sur la main-d’œuvre…

Oui, et je le vois sur le terrain : nous peinons à trouver des bras pour le ramassages des échalotes, des pommes de terre, des tomates… Nous demandons régulièrement la régularisation de migrants qui veulent travailler dans les champs. Cela pose question : pourquoi est-il si difficile de ramener la main-d’œuvre locale vers la terre ? Est-ce que ces travaux ne sont pas assez payé au regard de leur dureté — et est-ce que les consommateurs ont conscience de ce que cela implique pour eux ? Comment revaloriser la fonction nourricière, qui est noble ?

Quels sont les pistes principales que vous explorez pour améliorer la souveraineté alimentaire ?

La première chose, selon moi, c’est de promouvoir une exception agricole et alimentaire dans les accords commerciaux internationaux, comme pour la culture. La nourriture ne doit plus servir de monnaie d’échange. La deuxième piste est d’intégrer à la rémunération des externalités positives de l’agriculture. La société et les consommateurs demandent toujours plus aux agriculteurs — respecter la biodiversité, adopter de meilleures pratiques — sans vouloir en payer le prix final lors de l’achat des produits. L’agriculture biologique, par exemple, aimerait plus d’aides de la PAC, mais l’idéal est quand même de vivre de la production. Les politiques publiques doivent faire plus en ce sens, ce n’est jamais clairement dit. Enfin, je préconise la création d’un service public universel de l’alimentation sur le modèle de la Sécurité sociale, avec le remboursement d’une liste de produits à déterminer pour orienter la consommation vers plus de vertu : locaux, bio ou pas, d’ailleurs. Mais cela doit se faire à l’échelle européenne.

Quelle huile alimentaire choisir ?

Quelle huile alimentaire choisir ?

 

 

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir – La Recherche n°896 daté octobre 2021.(extrait)

Olive, chanvre, avocat, soja. Une mer d’huiles envahit nos placards, apportant de nouvelles saveurs et une touche d’exotisme à nos plats, quand auparavant, une unique bouteille au contenu jaune pâle, pour tous usages et au goût neutre, trônait dans la cuisine. Voilà déjà plus de 7000 ans que dans le bassin méditerranéen, le fruit de l’olivier est broyé pour en extraire l’huile. Source d’énergie, constituant majeur de nos cellules et hormones, le « gras » est indispensable à notre organisme.

Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments (Anses), les lipides doivent représenter 35 à 40 % des apports énergétiques fournis par l’alimentation, soit 90 g par jour pour un adulte sachant qu’une cuillère à soupe d’huile en apporte environ 15 g. Toutefois aucune huile ne possède une composition nutritionnelle parfaite. Il faut donc jouer de leur complémentarité et en avoir plusieurs sortes pour couvrir nos besoins journaliers.

Les plus convoités sont les acides gras polyinsaturés, dont l’acide alpha-linolénique (ALA) (ou oméga-3) et l’acide linoléique (ou oméga-6). Ils sont dits essentiels car l’organisme ne sait pas les fabriquer et doit les puiser dans l’alimentation, permettant de fluidifier le sang, prévenir les maladies cardio-vasculaires et lutter contre le vieillissement. Les huiles de noix et de colza en apportent de bonnes quantités (respectivement 12 g/100 g et 7,5 g/100 g), et une cuillère à café d’huile de cameline suffit à couvrir nos besoins quotidiens en ALA (2 g/jour).

Les huiles de pépin de raisin et de tournesol sont riches en oméga-6 (respectivement 63,7 g/100 g et 56,3 g/100 g), mais attention à ne pas en abuser car en excès, ces acides gras ont un effet pro-inflammatoire. L’acide oléique (ou oméga-9), un acide gras mono-insaturé (AGPI) aux effets neutres sur la santé, est présent en quantité dans les huiles d’olive (75 g/100 g d’oméga-9), de noisette (72,7 g/100 g), de colza (55,2 g/100 g), d’avocat (50,3 g/100 g). Les acides gras saturés se retrouvent dans les huiles de palme (49,3 g/100 ) et de coprah (86,5 g/100 g), selon la table nutritionnelle Ciqual de l’Anses.

Pauvreté : 155 millions de personnes en crise alimentaire

 

Le nombre de personnes souffrant de famine a été multiplié par six dans le monde depuis le début de la pandémie de Covid-19, selon un nouveau rapport d’Oxfam France, rendu public vendredi 9 juillet. Selon cette enquête, sans action immédiate, 11 personnes pourraient mourir de faim et de malnutrition chaque minute d’ici la fin de l’année d’après un article de France Info.

Ce taux est plus élevé que celui de la mortalité mondiale actuelle due au Covid-19 qui est d’environ sept personnes par minute. Le rapport, intitulé « Le virus de la faim se propage », insiste sur le fait que les conflits restent la principale cause de la faim depuis la pandémie, poussant plus d’un demi-million de personnes dans des conditions proches de la famine, soit six fois plus qu’en 2020.

Globalement, 155 millions de personnes dans le monde sont en situation de crise alimentaire, l’équivalent de la population de la France, l’Allemagne et la Belgique réunies. Ce sont 20 millions de plus que l’année dernière. Deux personnes sur trois dans ces situations de crise vivent dans un pays en guerre ou en conflit.

L’impact des chocs économiques et de la crise climatique

Le rapport décrit également l’impact massif que les chocs économiques ont eu, exacerbés par la pandémie de coronavirus, et l’aggravation de la crise climatique, plongeant des dizaines de millions de personnes supplémentaires dans la faim. Le chômage de masse et la production alimentaire gravement perturbée ont entraîné une hausse de 40 % des prix alimentaires mondiaux, la plus forte hausse depuis plus de dix ans.

Selon Hélène Botreau, chargée de « plaidoyer sécurité alimentaire et agriculture » à Oxfam France : « On assiste aujourd’hui à une superposition des crises : conflits incessants, conséquences économiques du Covid-19 et une crise climatique qui s’affole, tous ces événements ont poussé plus de 520 000 personnes dans une situation catastrophique de famine. »

Il est insoutenable de constater que les Etats ne financent toujours pas l’appel des Nations Unies à mettre fin à la famine alors même que les dépenses militaires mondiales ont augmenté de 51 milliards en 2020. La faim continue d’être utilisée comme une arme de guerre.

 

« Les civils sont intentionnellement privés de nourriture et d’eau et l’aide humanitaire est entravée. Les gens ne peuvent pas vivre en sécurité ou trouver de la nourriture, lorsque les marchés sont bombardés et les cultures et le bétail détruits », juge-t-elle. Certains des pires foyers de faim extrême dans le monde, dont l’Afghanistan, l’Éthiopie, le Soudan du Sud, la Syrie et le Yémen, continuent d’être ravagés par les conflits et ont connu une augmentation des niveaux extrêmes de faim depuis l’année dernière selon Oxfam.

Selon une analyse récente du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), plus de 350 000 personnes dans la région éthiopienne du Tigré connaissent des conditions proches de la famine : le plus grand nombre enregistré depuis la Somalie en 2011, où un 250 000 Somaliens avaient succombé. Plus de la moitié de la population du Yémen devrait être confrontée à des niveaux d’insécurité alimentaire de crise ou pire cette année. La faim s’est aussi intensifiée dans les épicentres émergents de la faim – des pays à revenu intermédiaire comme l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil – qui ont par ailleurs connu de très fortes augmentations des infections par le Covid-19.

Les femmes et les filles sont particulièrement fragilisées

Hélène Botreau ajoute : « Les travailleurs informels, les personnes déplacées et les autres groupes marginalisés sont les plus durement touchés par les conflits et la faim. Les femmes et les filles sont particulièrement fragilisées car en situation de crise, elles sont souvent les dernières à manger et celles qui mangent le moins. »

Enfin, il y a aussi selon elle « urgence à combattre les causes structurelles de la faim. Les gouvernements doivent œuvrer pour un système agricole et alimentaire plus juste et durable qui garantisse les droits humains – dont le droit à l’alimentation – tout en respectant les limites de notre planète. Pour cela ils doivent soutenir les programmes de protection sociale et financer l’adaptation aux changements climatiques des pays et des communautés les plus pauvres. »

Sommet alimentaire : Le contraire d’une évolution sociale et écologique

Sommet  alimentaire : Le contraire d’une évolution sociale et écologique

A quatre mois du prochain sommet des Nations unies, six syndicats et organisations de la société civile française dénoncent dans une tribune au « Monde » une rencontre qui fait fi du multilatéralisme et de l’environnement, et demandent officiellement au gouvernement français de se retirer.

 

Tribune.

 

 Le nouveau Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires qui se tiendra en septembre 2021 aurait pu être porteur d’avancées cruciales et grandement nécessaires dans le contexte sanitaire, économique et environnemental actuel. Pourtant, de nombreuses et profondes inquiétudes assombrissent cette initiative.

Annoncé en 2019, ce sommet est le fruit d’une nouvelle collaboration entre le Forum économique mondial et le secrétaire général des Nations unies. Les Etats membres des Nations unies, traditionnels garants de ce type d’initiative, n’ont jamais vraiment été consultés et l’Assemblée générale de l’ONU n’a même pas eu à se prononcer sur le sujet. C’est pourtant son rôle : c’est elle qui a validé par le passé la tenue des sommets alimentaires mondiaux de 1996 et de 2009.

 

Dès son annonce, ce sommet a donc fait fi d’un multilatéralisme pourtant indispensable et a progressivement marginalisé l’ensemble des acteurs souhaitant une réelle transformation sociale et écologique des systèmes agricoles et alimentaires. Un grand nombre d’Etats, de chercheurs et d’organisations de la société civile se sont ainsi retrouvés exclus des mécanismes de gouvernance du sommet ou n’ont été impliqués qu’a minima dans un faux-semblant de consultation.

En parallèle, les organisateurs ont déroulé le tapis rouge aux principaux promoteurs d’une « révolution verte agricole » – OGM, digitalisation de l’agriculture, utilisation massive de pesticides et d’engrais de synthèse – dont on connaît les impacts dévastateurs partout dans le monde. Ces « solutions technologiques » seules capables, selon les organisateurs du sommet, de « changer la donne », renforcent toutes le système agro-industriel dominant et se font au détriment d’une vraie transformation agroécologique.

Pourtant, l’impératif d’assurer la souveraineté alimentaire et le droit à l’alimentation des populations, et l’urgence de répondre aux crises climatiques environnementales nécessitent au contraire de repenser nos pratiques agricoles et alimentaires, de renforcer un tissu dense de fermes à dimension humaine, et de permettre aux agricultrices et aux agriculteurs de vivre dignement, partout dans le monde.

Pour « une politique agricole et alimentaire commune »

Pour « une politique agricole et alimentaire commune »

 

 

Cinq membres de l’Académie d’agriculture de France proposent, dans une tribune au « Monde », de faire d’une alimentation sûre et saine l’un des objectifs de la politique agricole commune.

 

Tribune. 
La nouvelle politique agricole commune (PAC) mise en place par l’Union européenne propose une approche innovante, le « pacte vert » (le Green Deal), et sa déclinaison agricole et alimentaire, « de la ferme à l’assiette » (From farm to fork), qui affirment la dimension environnementale de la PAC en fixant des objectifs ambitieux de réduction des intrants de synthèse à l’horizon 2030. Cependant, la crise sanitaire due au Covid-19 a remis en cause de nombreuses certitudes et de nombreux paradigmes concernant nos approvisionnements alimentaires. Ainsi, on ne parle plus de souveraineté agricole, mais bien de souveraineté alimentaire. Pourtant, la question alimentaire reste la grande oubliée de la PAC ! Il paraît donc nécessaire et légitime de transformer l’actuelle politique agricole commune en une politique agricole et alimentaire commune (PAAC).

Créée en 1962, la PAC a contribué à assurer la sécurité alimentaire de près d’un demi-milliard d’êtres humains ; elle doit aujourd’hui évoluer pour faire face à de nouveaux défis. La PAC actuelle est de moins en moins comprise par une majorité d’Européens, consommateurs et électeurs.

Son principal dispositif de soutien, la prime à l’hectare, représente une rente de situation sans incitation à une amélioration systémique. Il est clair que les consommateurs européens comprendraient beaucoup mieux une politique agricole commune si elle intégrait une vraie dimension alimentaire.

La crise due au Covid-19 a stigmatisé la dépendance française et européenne aux importations de produits sanitaires de première nécessité. Cette dépendance sanitaire interroge sur d’autres types de dépendance, conduisant à considérer parmi les priorités la souveraineté alimentaire. La crise a également contribué à augmenter la précarité alimentaire.

Une alimentation sûre, saine et soutenable ne pourra être assurée que par la conjugaison des complémentarités agricoles des différents terroirs européens et le maillage des industries agroalimentaires avec ces terroirs. La PAAC devra englober dans une même politique tous les acteurs des systèmes alimentaires de l’Union européenne.

Pour assurer une dimension alimentaire à cette politique européenne, il faudra agir simultanément à différents niveaux :

 

 

  • Le partage équilibré de la valeur créée dans la chaîne alimentaire, du producteur au consommateur, doit être le premier objectif d’une PAAC efficace. C’est l’ambition, en France, de la loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire (EGalim) dont les résultats restent limités faute de dispositifs suffisamment incitatifs.
  • Une attention particulière doit être portée à l’importance de l’alimentation pour la santé des populations. Certains fléaux sanitaires (obésité, maladies cardio-vasculaires, diabète, cancers) sont liés à des régimes alimentaires déséquilibrés, et leur régulation passera par un renforcement de la chaîne des savoirs (R&D, formation, information) et des incitations économiques et fiscales.
  • L’indéniable succès des circuits de proximité, créateurs de revenus, d’emplois et de lien social, ne doit pas occulter l’importance de « circuits longs vertueux », car la grande majorité des aliments consommés par les Européens passent toujours par une phase industrielle et commerciale qui doit être bien intégrée dans la PAAC.
  • La souveraineté alimentaire ne sera acquise que si les règles de mise en marché des productions agricoles sont les mêmes pour tous : il faut imposer des « mesures miroirs » dans tous les accords commerciaux internationaux agricoles.
  • La lutte contre la précarité alimentaire doit être un objectif de la PAAC, avec par exemple le projet français de chèques alimentaires pour les plus démunis, qui devrait être mis en place à l’échelle européenne.
  • La PAAC doit aussi consacrer des moyens pour éduquer – dans le cadre scolaire, universitaire et associatif – les Européens à une alimentation plus saine, à une bonne compréhension de la nature des systèmes alimentaires et à la lutte contre le gaspillage alimentaire.
  • Avec cette nouvelle ambition alimentaire, la gouvernance de la PAAC doit être partenariale entre acteurs privés et publics, et plus décentralisée au niveau des territoires et notamment des régions – le succès des projets alimentaires territoriaux en France en est un bel exemple.

Un joueur de foot BRYAN SOUMARÉ, finance une banque alimentaire pour les plus démunis

Un joueur de foot BRYAN SOUMARÉ, finance une banque alimentaire pour les plus démunis  

 

De quoi réconcilier certains avec le foot qui considèrent  les salaires de certaines stars COMME INDECENTS

 Le jeune milieu de terrain (21 ans), BRYAN SOUMARÉ,  prêté à Sochaux cette saison, s’est proposé de venir en aide aux gens dans le besoin, notamment d’offrir des denrées alimentaires aux plus démunis. Il explique son geste à RMC Sport. 

 

Bryan Soumaré, cette initiative d’aider les gens dans le besoin, d’où est-elle partie ?

En fait, j’étais sur Facebook. J’ai vu un post de mon ancien coéquipier et capitaine (ndlr, Rachid Mourabit, de l’Olympique Saint-Quentin) à l’époque où j’étais amateur. J’ai souhaité relayer son message sur Twitter et Facebook, lui montrer mon soutien. A partir de là, cette initiative a pris une ampleur énorme.

Vous ne vous y attendiez pas du tout ?

Je ne m’y attendais pas du tout, pas à ce niveau-là en tout cas. Je ne pensais pas que tout le monde allait me soutenir comme ça. Après, tant mieux, cela donne de la visibilité à la publication. Certains pourraient s’en inspirer. 

Vous êtes un joueur de football professionnel certes, mais qui n’a pas les émoluments les plus clinquants. Votre démarche est touchante de sincérité. C’est peut-être cela aussi qui a touché ?

C’est peut-être ça, surtout que je suis très sincère dans cette démarche, je tiens absolument à ce projet. C’est peut-être pour ça, aussi.

Si dans la situation où nous vivons tu ne peux pas travailler et que tu n’as pas à manger, n’hésite pas et n’aie pas honte de m’écrire en privé.
Pâtes, riz, oeufs, lait ou quelque chose comme ça je peux t’offrir…
Ne vas pas au lit et encore moins avec tes enfants, sans manger.

— Soumaré Bryan (@Bryan_Smr) November 9, 2020

De quelle manière cette démarche va-t-elle se concrétiser ?

Actuellement, je suis à Belfort, à côté de Sochaux. Celui qui est vraiment dans le besoin à côté de Sochaux, Belfort, voire les alentours, je serais prêt à lui donner ce dont il a besoin. Pour ceux qui sont un peu plus loin, parce que j’ai reçu énormément de messages, le but serait de créer une cagnotte pour récolter un maximum de fonds et ensuite se rapprocher d’une association qui vient en aide aux plus démunis.

C’est quelque chose que vous aviez déjà fait, aller au soutien des associations, aider les gens dans le besoin?

Pas à cette échelle. Je sais que j’ai déjà rendu beaucoup de services à des gens, des amis, mais pas à cette échelle, dans une initiative de cette ampleur. J’ai relayé le message de mon ami parce que ça me tenait à coeur. J’ai connu des galères aussi quand j’étais plus petit, je sais ce que c’est que de manquer de quelque chose. Voir des gens qui n’ont rien dans leur assiette en France, en 2020, ça me touche énormément.

Le contexte très particulier, très pesant, de la crise sanitaire, qui plonge certains de nos concitoyens dans la détresse, comment le vis-tu ?

Cela me touche énormément. Il y a des gens qui n’ont pas trop les moyens. Si en plus de cela, on les empêche de travailler… Je n’imagine même pas une famille de quatre enfants qui essaye tant bien que mal de les nourrir… Pour moi, c’est le pire du pire.

Les personnes qui ont choisi de t’écrire ce lundi soir, à la suite de ton message, sont-elles nombreuses ?

Quand je vous dis très, très nombreux, c’est vraiment très, très nombreux. Après, il n’y a pas que des appels à l’aide, il y aussi des messages de soutien, de footballeurs professionnels notamment. Des footballeurs très, très connus comme Jules Koundé, qui m’a envoyé un message. Hassane Kamara, Théo Sainte-Luce et Kévin Fortuné également. Ils m’ont proposé leur aide si j’en avais besoin, qu’ils seraient là pour moi. Ils m’ont dit qu’ils me soutenaient à fond dans cette démarche. Franchement, ça m’a vraiment touché de leur part.

Boris Johnson propose un régime alimentaire pour les Britanniques

Boris Johnson propose un régime alimentaire pour les Britanniques

 

Peut-être pour se préparer à la cure d’austérité incontournable du fait de l’écroulement de l’économie britannique, Boris Johnson lance une grande campagne de régime alimentaire. Lui-même en situation de surpoids a été victime du Coronavirus. S’appuyant sur plusieurs études qui désignent l’obésité comme un facteur aggravant du coronavirus, le gouvernement a donc lancé fin juillet un grand plan de lutte contre le surpoids. Le premier ministre, personnellement atteint par la maladie au printemps, s’est mis au sport . En fait, le Royaume-Uni pourrait bien être contrainte d’accepter une sévère cure d’austérité en raison de la crise économique provoquée non seulement par la situation sanitaire mais aussi par la prochaine rupture du brexit. Le gouvernement britannique a largement sous-estimé l’impact de la séparation avec l’union économique, en outre il a géré encore plus mal que d’autres la crise sanitaire dont il a par ailleurs longtemps nié l’existence. Ce qui caractérise la politique de Johnson, c’est son inconsistance, son manque de compétence et de sérieux. Une appréciation de plus en plus partagé par les Britanniques. Il est très difficile de prévoir les réactions de ce Premier ministre qui n’a cessé de changer de position et qui même sans doute sur le brexit  n’a pas encore de philosophie très arrêtée. Il se pourrait même qu’au dernier moment il accepte un accord de dernière minute à condition de sauver l’es apparences politiques et de donner l’impression que le Royaume-Uni est gagnant. Pour l’instant ce n’est pas l’hypothèse la plus retenue mais avec Boris Johnson tout est possible même l’invraisemblable.

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