Archive pour le Tag 'Agriculture'

«Une agriculture idéale et durable». (Denis Beauchamp)

«Une agriculture idéale et durable». (Denis Beauchamp)

 

Denis Beauchamp responsable du commerce des céréales dans une coopérative agricole et président de l’Association France Agri Twittos,  tente de réconcilier la dimension environnementale et économique de l’agriculture dans une tribune à l’opinion.

 

 

Connaissez-vous l’équation qui conditionne la réussite de toute politique agricole ? C’est une équation qui s’articule invariablement autour de trois facteurs (l’ordre n’a pas d’importance) :

- Elle doit être durable pour le producteur : si l’agriculteur ne vit pas de son métier, ce n’est pas un modèle d’avenir.

- Elle doit être capable de fournir de la nourriture de qualité, en abondance et abordable : si on souffre de pénurie tous les ans, ou si la nourriture est hors de prix, ça n’est pas viable à long terme.

- Elle doit être durable au point de vue environnemental : une agriculture qui détruit le milieu dans lequel elle s’exerce n’a pas d’avenir.

Ces trois points sont totalement imbriqués les uns dans les autres : à progrès agronomique égal, quand on touche le curseur de l’un, on fait mécaniquement et obligatoirement bouger les deux autres. J’insiste, et il faut en être conscient, on n’a rien sans rien et l’équilibre est très fragile.

Pour résumer, on pourrait avoir une agriculture qui aurait zéro impact, mais elle ne nourrirait personne. On pourrait également avoir une agriculture hyperproductive mais qui détruirait tout, évidemment ça n’irait pas. On pourrait enfin avoir une agriculture haut de gamme, mais qui ne ferait vivre que 20 % de ses producteurs, ça ne serait pas souhaitable. Une politique agricole qui oublie un ou plusieurs de ces paramètres n’a donc aucune chance d’être durable.

Sachant cela, quel est le constat à ce jour de la PAC pour la société Française ?

Sur le premier point, la rentabilité, si l’objectif a été atteint, ça l’est de moins en moins, et même plus du tout pour de larges secteurs agricoles. Sur le second point, la production, pas de doute, l’objectif est atteint : jamais le prix de la nourriture n’aura aussi peu pesé dans le panier des Français. Sur le troisième point, l’environnement, il faut être honnête. Même s’il y a encore des efforts à faire, les progrès sont incontestables et vont vraiment dans le bon sens.

Alors qu’est-ce qui cloche dans tout cela ? Deux choses principalement. Tout d’abord la perception pour le consommateur, qui est loin de savoir quelles ont été les évolutions de l’agriculture ces vingt dernières années. Il faut l’expliquer, chiffres à l’appui : oui, la pollution des rivières recule. Oui, les algues vertes aussi reculent. Oui, on sait mesurer avec une précision inconnue il y a dix ans, la moindre trace de tout ce que l’on veut (ou surtout de ce que l’on ne veut pas) dans notre nourriture. Et c’est suivi de très près. Oui, on utilise de moins en moins de produits phytosanitaires problématiques. Tout cela prend du temps, mais on est sur le bon chemin.

Ensuite, la rentabilité pour le producteur. Pour améliorer ce dernier point, il n’y a pas de formule magique. Soit le producteur parvient à fabriquer un produit à bas prix, et pour cela il faut des installations mécanisées et automatisées (pour l’élevage, ce sera des fermes usines, pour faire simple). Soit le producteur parvient à tirer un revenu autre que la production pure (méthanisation, paiement pour services environnementaux rendus, diversification), mais à ce compte-là on valide le fait que produire de la nourriture en France n’est plus rentable, ce qui n’est pas forcément un bon calcul à long terme en cas de pénurie ou de confinement. Soit la PAC sert à compenser l’écart entre ce qu’est prêt à payer le consommateur, et le coût de production de ce qu’il demande : ce serait la solution de facilité.

La société ne peut pas nous reprocher de produire ce qu’elle-même exige d’acheter

Je ne crois pas à l’argent magique. Chaque activité doit impérativement être rentable par elle-même, et les attentes sociétales doivent être cohérentes avec les dépenses alimentaires et donc, le mode de production qu’il implique. En clair, la société ne peut pas exiger la fin des pesticides et de l’élevage industriel, et en même temps chercher à acheter toujours le moins cher, à courir les promotions et les fast-foods, et à acheter à l’étranger ce qu’il est impossible de produire en France à coût réduit, comme c’est déjà le cas pour la volaille par exemple.

Si le pouvoir d’achat ne permet pas de financer la réalisation de ses attentes, alors la société ne peut pas demander à l’agriculture, plus que ce qu’elle peut payer. C’est cruel, mais c’est ainsi. On rêverait tous de vivre dans un pays rempli de gens très riches qui auraient un gros niveau de vie pour s’acheter uniquement des produits de luxe, mais la réalité est différente.

Il est là le cœur du malaise : d’un côté, des attentes sociétales de haut niveau que nous écoutons, et de l’autre côté, des dépenses de la même société au ras des pâquerettes, que nous constatons. Et ça, ce n’est pas, et ce ne sera jamais compatible. La société ne peut pas nous reprocher de produire ce qu’elle-même exige d’acheter.

Ça crée en revanche beaucoup de rancœur côté agricole, ainsi qu’un sentiment d’injustice et d’hypocrisie qui est très violent à vivre au quotidien. Alors, au moment de débattre de ce que nous voulons pour le futur de l’alimentation, avançons ensemble, avec lucidité et sans a priori. Et n’oubliez pas : les agriculteurs produiront toujours ce que vous consommez, ce ne sera jamais l’inverse.

«L’innovation » ou le plaidoyer pour une agriculture industrielle ( ministre américain de l’Agriculture)

«L’innovation » ou le plaidoyer pour une agriculture industrielle  ( ministre américain de l’Agriculture)

Hier ce sont les lobbys agricoles français qui dans une tribune dans l’Opinion ont vanté la promotion de l’innovation-incluant les OGM – confirmant ainsi le caractère toujours plus industriel de l’agriculture. Aujourd’hui ,c’est le ministre américain de l’agriculture qui dans une autre tribune très habile récupère la problématique environnementale, sociale et sociétale pour justifier de cette agriculture intensive qui veut nourrir le monde entier ignorant au passage sans doute volontairement que le localisme peut permettre de suppléer au moins partiellement aux carences graves de notre modèle agricole;  ce qui permettrait aussi  de redonner de l’intérêt et de la compétitivité aux cultures locales y  compris dans les pays en voie de développement.

 

« Il est temps pour l’Amérique et l’Europe de travailler ensemble pour résoudre le prochain grand défi auquel nous sommes confrontés – produire suffisamment de nourriture, avec moins d’intrants, pour nourrir une population mondiale croissante – ce qui signifie mettre l’innovation et les nouvelles technologies au service d’une agriculture sûre et durable. Les Etats-Unis et leurs amis européens partagent une longue histoire de coopération, qui a été riche en partenariats bénéfiques pour tous. Lorsque nous travaillons ensemble pour résoudre les défis économiques et sécuritaires mondiaux, tout le monde en profite.

Ce fut le cas après la Seconde Guerre mondiale, où l’ouverture des échanges entre les États-Unis et l’Europe a déclenché un boom économique multigénérationnel sans précédent qui a sorti des milliards de personnes de la pauvreté dans le monde entier. Aujourd’hui, il s’agit de poursuivre dans la voie ouverte par notre histoire commune et de travailler ensemble pour réussir ce défi.

D’ici à 2050, la population mondiale devrait atteindre 9,8 milliards d’habitants. Fournir une alimentation saine à cette population croissante représente littéralement un enjeu de vie ou de mort. Face à cela, les États-Unis ont choisi l’innovation et la technologie. Nous voulons que l’Europe montre l’exemple en adoptant une approche innovante de l’agriculture afin de produire des aliments sûrs, de haute qualité et abordables. Ce n’est qu’en adoptant des technologies transformatrices que nous serons en mesure de produire suffisamment de nourriture, de fibres et de carburant pour l’avenir – et de le faire de manière sûre et durable.

« Faites ce qui est juste et nourrissez tout le monde. » C’est notre devise au département américain de l’Agriculture (USDA), et c’est un thème que j’ai souligné à plusieurs reprises lors de ma visite en Europe le mois dernier. Je suis rentré chez moi plus convaincu que jamais que les agriculteurs et les décideurs des deux côtés de l’Atlantique peuvent – et doivent – s’unir pour atteindre ce noble objectif.

L’agriculture moderne fait partie de la solution, pas du problème. Comme je l’ai dit à mes collègues ministres de l’Agriculture, nous représentons ensemble les agriculteurs les plus productifs de la planète et nous partageons la responsabilité commune de nourrir une population mondiale en croissance. Mais cela ne se produira que si nous augmentons durablement notre productivité et créons un modèle viable pour le reste du monde.

En tant que chefs de file de l’agriculture, nous avons l’obligation morale d’aider les agriculteurs et les producteurs alimentaires de nos pays en reconnaissant et en adoptant les trois dimensions de la durabilité agricole : environnementale, sociale et économique.

La préservation de l’environnement est essentielle si nous voulons maintenir la santé de nos sols, la qualité de notre eau et de notre air, tout en répondant à la demande de nourriture et de fibres. La seule façon de nourrir le monde tout en minimisant l’impact de l’agriculture sur l’environnement est de produire plus avec moins d’intrants totaux.

Les agriculteurs font partie de nos meilleurs écologistes. Plus que quiconque, ils veulent que la terre soit en bonne santé parce qu’ils en ont besoin. C’est pourquoi ils ont été des chefs de file dans le domaine de la technologie et de l’innovation – ils comprennent que l’utilisation de la technologie leur permettra de faire plus avec moins, de mieux protéger l’environnement et de réduire l’impact de l’agriculture.

Nous avons fait des progrès. Au cours des quatre-vingt-dix dernières années, la production de matières premières aux Etats-Unis a augmenté de 400 %, tandis que la superficie en production a baissé de 9 %. Dans le même ordre d’idées, l’amélioration des plantes et des pratiques de culture aux Etats-Unis a permis d’augmenter l’efficacité d’utilisation de l’eau et des nutriments, ce qui a contribué à limiter les coûts de production et l’impact environnemental de l’agriculture. Et dans le secteur de l’élevage, les gains d’efficacité ont considérablement réduit les émissions de gaz à effet de serre : le troupeau laitier américain produit presque deux fois plus de lait qu’il y a 90 ans alors que le nombre de vaches a été réduit de 60 %.

La durabilité sociale est également essentielle. Lorsque nous augmentons la productivité et l’efficacité, nous contribuons à la sécurité alimentaire en rendant les aliments plus abordables. Nous savons que les nations qui ont atteint la sécurité alimentaire connaissent moins de conflits et de migrations. Améliorer la durabilité environnementale et économique est une bonne chose, mais seulement si les consommateurs ont les moyens de se procurer des aliments sûrs et de qualité. La bonne nouvelle est que l’augmentation de la productivité a contribué à rendre les aliments plus abordables. Depuis 1960, les prix des principaux produits de base ont chuté de moitié, contribuant à rendre le pain, les œufs, la viande et le lait plus abordables pour les consommateurs américains et du monde entier, y compris ceux qui connaissent l’insécurité alimentaire.

Enfin, la durabilité environnementale et sociale ne sera pas atteinte s’il n’y a pas de durabilité économique pour les producteurs. L’agriculture doit être rentable. Si les agriculteurs ne peuvent pas gagner suffisamment pour investir, nous perdrons les fondements de notre économie alimentaire et régresserons vers l’agriculture de subsistance.

Nous devons également attirer la prochaine génération de jeunes agriculteurs dans ce qui n’est pas seulement une profession, mais un mode de vie. L’agriculture est un mode de vie merveilleux, mais elle doit aussi créer des moyens de subsistance. L’augmentation de la productivité est essentielle pour garantir des conditions d’existence décentes aux agriculteurs et aux travailleurs agricoles.

Nous ne pourrons jamais atteindre la durabilité environnementale ou sociale sans durabilité économique. Et nous ne pourrons pas atteindre la durabilité économique si nous privons les agriculteurs et les éleveurs des outils modernes dont ils ont besoin pour être rentables. En fait, l’innovation technologique est fondamentale pour progresser sur les trois piliers de la durabilité. Il était clair pour moi lors de mes réunions et conversations avec mes homologues européens que nous sommes tous unis dans notre désir d’améliorer la durabilité de l’agriculture et de la production alimentaire.

Et il est clair que l’innovation est la clé de tous les aspects de la durabilité agricole. Nous devons redoubler d’efforts pour dédier la meilleure expertise scientifique à cette tâche et pour fournir à nos producteurs les outils dont ils ont besoin pour réussir.

Sonny Perdue est le secrétaire américain à l’Agriculture.

Agriculture malade: Macron , en docteur Diafoirus

Agriculture malade:  Macron , en  docteur Diafoirus

 Macron en médecin de Molière qui se penche sur la maladie de l’agriculture avec des propos d’une banalité stupéfiante et autant de contradictions. Pendant plus de 10 heures, Macron a fait son show au salon de l’agriculture en multipliant les banalités autant que les contradictions. Un véritable docteur Diafoirus au chevet d’une agriculture malade. Macron qui ne comprend déjà pas les réalités concrètes de l’économie productive et dont l’horizon économique se limite aux start-ups et aux opérations financières n’a guère apporté l’éclairage sur les perspectives du secteur et de ceux qui travail. Pas étonnant qu’il se contente de propos d’une grande banalité assez démagogique : “Nous sommes derrière nos agriculteurs et nos paysans. Ce sont nos paysans qui nous nourrissent chaque jour. On doit être fier de notre agriculture française”, a dit le président dans les allées du centre des expositions de la porte de Versailles.

“On lui demande (à l’agriculture) des changements très profonds pour l’environnement, la qualité, la sécurité alimentaire et elle est au rendez-vous de ces changements”, a-t-il poursuivi.

“Je sais pouvoir compter sur l’ensemble du monde paysan pour réussir cette transformation (…) tout en gardant une agriculture forte, pour réussir à réduire nos pesticides, le faire de manière apaisée réconciliée et en permettant à nos paysans d’avoir leurs revenus”, a insisté Emmanuel Macron, soulignant que “rien ne doit justifier des actions contre nos paysans” et promettant d’être “intraitable” sur le sujet. Immédiatement après,  il a indiqué qu’il était hors de question d’envisager une revalorisation des retraites. Notons aussi que , il ne cesse de développer des accords commerciaux avec les différentes zones graphiques qui sacrifient en fête l’agriculture sur l’autel de grands secteurs industriels. ( l’accord avec le Canada par exemple).

“Je ne peux pas gérer l’avenir et le passé en même temps. Je ne vais pas vous mentir”, leur a-t-il répondu à propos des retraites. Autant dire que ces propos sont particulièrement ambigus concernant le revenu des futurs retraités à agricole

“Tous ceux qui rentreront dans le nouveau système, contrairement à l’ancien, ils auront une garantie de retraite minimum. Est-ce que je peux aujourd’hui vous dire l’ensemble du stock, c’est-à-dire tous nos (agriculteurs) retraités d’aujourd’hui peuvent y rentrer ? C’est impossible. C’est impossible, parce que c’est 1,1 milliard”, a-t-il insisté . En même temps Macon a fait le grand écart entre l’agriculture industrielle et les exigences de qualité et de santé de la part des consommateurs. Un petit clin d’œil en passant aux écolos producteurs consommateurs. Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, a rappelé mardi que les pensions de retraite des agriculteurs sont actuellement en moyenne à 740 euros par mois (760 euros pour les hommes et 580 euros pour les femmes). « Or la retraite moyenne des Français est de 1.390 euros par mois », a-t-il fait valoir.

 “Nous avons dit que nous comprenons qu’il faut protéger la santé des consommateurs et des riverains, mais ça ne peut pas se faire sans accompagnement financier, sinon c’est de la perte sèche pour les agriculteurs”, a dit la présidente de la FNSEA.

Après une rencontre avec les représentants de la filière céréalière, Emmanuel Macron s’est entretenu avec la filière viticole, qui souffre des droits de douane établis par les Etats-Unis dans le litige qui oppose Boeing et Airbus devant l’OMC.

Le président français, a-t-il ajouté, s’est engagé à porter la demande de création d’un fonds de compensation auprès de l’Union européenne avec l’objectif qu’il soit mis en place au printemps.

Autre motif d’inquiétude, le sort de la Politique agricole commune (Pac) européenne au-delà de la fin de l’année.

Réunis jeudi et vendredi en sommet extraordinaire à Bruxelles, les dirigeants européens n’ont pas réussi à s’entendre sur le cadre financier pluriannuel 2021-2027 de l’Union européenne.

Les Vingt-Sept s’opposent sur le montant de l’enveloppe budgétaire au moment où le départ du Royaume-Uni va amputer de l’ordre de 75 milliards d’euros le budget communautaire sur la période de sept ans à venir, mais aussi sur la répartition des dépenses publiques.

Prospective -«Une agriculture compétitive pour nourrir la France et la planète.» ou le triomphe de la confusion !

Prospective -«Une agriculture compétitive pour nourrir la France et la planète.» ou  le triomphe de la confusion !

 

 

 

Une tribune dans l’opinion de Sylvie Brunel, géographe, professeur à Sorbonne Université, mérite la lecture car elle caractérise les contradictions voilées de l’approche de certaines  élites politiques , institutionnelles voir intellectuelles  vis-à-vis d’une agriculture française à bout de souffle. Pour éviter d’avoir à dégager les principaux enjeux, on brosse l’agriculture dans le sens du poil en mélangeant habilement les problématiques, les banalités  et les contradictions. Pour donner un   caractère de vraisemblance à ce qui incohérent, on multiplie les évidences voire les propos de bistrot . Une approche très confuse d’inspiration macronnienne sans doute   ( Tribune dans l’Opinion)

« Nos agriculteurs tiennent notre avenir entre leurs mains. Ils maîtrisent les techniques les plus avancées pour adapter les territoires au changement climatique, capter le carbone, entretenir la biodiversité, protéger les sols. Et surtout nous nourrir ! La France fait partie du top ten des grands exportateurs agricoles, alors que plus de 150 pays dans le monde sont incapables de se nourrir. Nous devrions être reconnaissants à nos paysans de tout mettre en œuvre pour nous protéger malgré nous de maux que nous avons oubliés : la pénurie, les contaminations.

La pression parasitaire croissante, les virus et les maladies émergentes, les invasions de criquets en Afrique de l’Est nous rappellent que sans leur vigilance, les pires pestes nous menacent. Que santé humaine, santé végétale et santé animale ne font qu’un. Nos agriculteurs appliquent des protocoles d’une grande rigueur pour nous fournir les aliments les plus beaux, sains, variés. Et à un prix abordable, quand 9 millions de personnes en France, et près d’un milliard dans le monde, souffrent toujours de la pauvreté. Pour les classes moyennes mondiales, qui s’accroissent chaque année de près de 200 millions de personnes, France rime avec excellence. Pas seulement la gastronomie et les vins, mais les céréales, les semences, laitages, pommes… Tout un savoir-faire et des garanties de sécurité sanitaire.

 

Pourtant, combien d’entre nous, y compris parmi les plus éduqués, conspuent sans les connaître ceux qui nous nourrissent, en qualifiant d’agriculture « industrielle » ou « productiviste » ce qui n’est qu’une agriculture compétitive ! Il faut être compétitif pour faire face aux grands enjeux écologiques, grâce à des outils d’aide à la décision, de la cartographie satellitaire des parcelles, des analyses permettant de ne traiter qu’en dernier recours – la bonne dose au bon moment, pile sur le plant. Le paysan est le premier des écologistes : la nature est son cadre de vie et son outil de travail. La préserver est devenu sa priorité.

Il ne faut pas pour autant le confondre avec un jardinier. Vouloir renvoyer nos paysans à la pénibilité, à des modèles où l’on travaille beaucoup sans compter ses heures, où l’on produit cher et peu, à grand renfort de financements publics ou avec le soutien enthousiaste de restaurateurs étoilés, ne peut pas être une option : il faut nourrir les villes. Le bio, les circuits courts ont toute leur place, mais les généraliser serait un drame pour notre économie, pour notre indépendance alimentaire et pour les producteurs bios, déjà exposés aujourd’hui à la guerre des prix et aux importations déloyales.

Alors associons les agricultures au lieu de les opposer. Et souvenons-nous que c’est d’abord le « conventionnel » (mot insupportable, comme « pesticides ») qui nous nourrit et exporte. La troisième révolution agricole est engagée : l’agriculteur d’aujourd’hui doit tout concilier, l’agronomie et l’écologie, la productivité et la propreté, les paysages… Et la performance : à nos portes se trouvent des pays structurellement déficitaires, où le prix de la nourriture conditionne la paix sociale. La faim engendre les révolutions, la guerre, les migrations. La France doit conserver sa mission nourricière !

Soyons fiers de notre agriculture de précision, qui a toutes les solutions. Marcher pour le climat ? Marchons pour l’agriculture ! Et respectons ceux qui nous nourrissent. »

 

Agriculture : « un discours d’une incohérence totale »

Agriculture  : « un discours d’une incohérence totale »

 

Dans le Monde, une agricultrice Agricultrice, Anne-Cécile Suzanne pousse un cri de colère sur les incohérences du discours officiel sur l’agriculture. Certes cette  opinion ne permet pas de dégager des orientations mais elle a au moins le mérite d’émaner d’un véritable acteur du secteur et de donner un sentiment assez partagé par nombre d’ exploitants déstabilisés par des discours contradictoires.

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Tribune.

 

« L’usage des pesticides en France et le bien-être animal en élevage sont les deux grands sujets pour lesquels on parle d’agriculture aujourd’hui, et souvent par l’intermédiaire d’un discours à charge. Mais le débat est caricatural, alors que le politique se contente d’évidences et le citoyen de vœux pieux, alors que les importations vont bon train et que l’Union européenne se fixe des normes qu’elle est incapable de faire respecter à ses partenaires commerciaux. On marche sur la tête, et le discours moralisateur adressé aux agriculteurs en devient indigne et d’une incohérence la plus totale.

 

Car oui, on utilise des pesticides en France. Mais les règles encadrant leur utilisation sont une première distorsion de concurrence, à mesure que de nombreuses molécules autorisées chez nos voisins, européens et non européens, ne le sont plus en France. Pour pallier la baisse de la chimie, investir dans l’agroécologie devient la doctrine à la mode. Croyez-nous, nous serions tous très heureux de nous lancer, mais à l’heure où les prix sont internationalisés et où le marché valorise le rendement, s’imposer une durabilité maximale est un acte suicidaire : produire moins et plus cher, en agriculture conventionnelle comme bio, c’est se fermer les marchés à tout jamais. Sur l’élevage, la question est la même. A mesure que l’on se refuse l’industrialisation, c’est la viande étrangère dopée aux farines animales et aux antibiotiques qui s’étale dans les rayons.

Et c’est là que tout bascule. Poussé par des citoyens de plus en plus exigeants pour l’environnement et les animaux, mais honteux de son inaction, notre gouvernement appelle à la montée en gamme de notre agriculture, par toujours plus de réglementations et d’injonctions. «  

 

 

«Une agriculture compétitive pour nourrir la France et la planète» ou le triomphe de la confusion

«Une agriculture compétitive pour nourrir la France et la planète.» ou  le triomphe de la confusion

 

 

 

Une tribune dans l’opinion de Sylvie Brunel, géographe, professeur à Sorbonne Université, mérite la lecture car elle caractérise les contradictions voilées de l’approche des élites politiques , institutionnelles voir intellectuelles  vis-à-vis d’une agriculture française à bout de souffle. Pour éviter d’avoir à dégager les principaux enjeux, on brosse l’agriculture dans le sens du poil en mélangeant habilement les problématiques et les contradictions. Pour donner un   caractère de vraisemblance à ce qui incohérent, on multiplie les évidences voire les propos de bistrot.  ( Tribune dans l’Opinion)

« Nos agriculteurs tiennent notre avenir entre leurs mains. Ils maîtrisent les techniques les plus avancées pour adapter les territoires au changement climatique, capter le carbone, entretenir la biodiversité, protéger les sols. Et surtout nous nourrir ! La France fait partie du top ten des grands exportateurs agricoles, alors que plus de 150 pays dans le monde sont incapables de se nourrir. Nous devrions être reconnaissants à nos paysans de tout mettre en œuvre pour nous protéger malgré nous de maux que nous avons oubliés : la pénurie, les contaminations.

La pression parasitaire croissante, les virus et les maladies émergentes, les invasions de criquets en Afrique de l’Est nous rappellent que sans leur vigilance, les pires pestes nous menacent. Que santé humaine, santé végétale et santé animale ne font qu’un. Nos agriculteurs appliquent des protocoles d’une grande rigueur pour nous fournir les aliments les plus beaux, sains, variés. Et à un prix abordable, quand 9 millions de personnes en France, et près d’un milliard dans le monde, souffrent toujours de la pauvreté. Pour les classes moyennes mondiales, qui s’accroissent chaque année de près de 200 millions de personnes, France rime avec excellence. Pas seulement la gastronomie et les vins, mais les céréales, les semences, laitages, pommes… Tout un savoir-faire et des garanties de sécurité sanitaire.

 

Pourtant, combien d’entre nous, y compris parmi les plus éduqués, conspuent sans les connaître ceux qui nous nourrissent, en qualifiant d’agriculture « industrielle » ou « productiviste » ce qui n’est qu’une agriculture compétitive ! Il faut être compétitif pour faire face aux grands enjeux écologiques, grâce à des outils d’aide à la décision, de la cartographie satellitaire des parcelles, des analyses permettant de ne traiter qu’en dernier recours – la bonne dose au bon moment, pile sur le plant. Le paysan est le premier des écologistes : la nature est son cadre de vie et son outil de travail. La préserver est devenu sa priorité.

Il ne faut pas pour autant le confondre avec un jardinier. Vouloir renvoyer nos paysans à la pénibilité, à des modèles où l’on travaille beaucoup sans compter ses heures, où l’on produit cher et peu, à grand renfort de financements publics ou avec le soutien enthousiaste de restaurateurs étoilés, ne peut pas être une option : il faut nourrir les villes. Le bio, les circuits courts ont toute leur place, mais les généraliser serait un drame pour notre économie, pour notre indépendance alimentaire et pour les producteurs bios, déjà exposés aujourd’hui à la guerre des prix et aux importations déloyales.

Alors associons les agricultures au lieu de les opposer. Et souvenons-nous que c’est d’abord le « conventionnel » (mot insupportable, comme « pesticides ») qui nous nourrit et exporte. La troisième révolution agricole est engagée : l’agriculteur d’aujourd’hui doit tout concilier, l’agronomie et l’écologie, la productivité et la propreté, les paysages… Et la performance : à nos portes se trouvent des pays structurellement déficitaires, où le prix de la nourriture conditionne la paix sociale. La faim engendre les révolutions, la guerre, les migrations. La France doit conserver sa mission nourricière !

Soyons fiers de notre agriculture de précision, qui a toutes les solutions. Marcher pour le climat ? Marchons pour l’agriculture ! Et respectons ceux qui nous nourrissent. »

Agriculture : fronde anti-CETA sur fond de crise sans précédent

Agriculture : fronde anti-CETA sur fond de crise sans précédent

 

 

Nombre de médias et d’observateurs s’étonnent qu’autant de permanences de députés LREM  soit pries s pour cible par les agriculteurs qui protestent contre le traité de libre-échange entre l’Union européenne avec le Canada (CETA). En fait il s’agit d’une double contestation. La première concerne les conséquences du nouvel accord commercial entériné par la France qui va favoriser les échanges agricoles entre l’union européenne d’une part le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay d’autre part. Un nouvel accord critiqué du fait  des énormes différentiels de concurrence sur le plan de l’environnement, de la santé et des conditions de production. Les agriculteurs en colère considèrent que l’agriculture dans ce traité a été traitée  comme une variable d’ajustement pour favoriser  les autres exportations de l’union européenne notamment de produits industriels, manufacturés et autres services. Mais la protestation s’inscrit sur un fond de crise sans précédent. En effet à la crise structurelle de l’agriculture s’ajoute une conjoncture complètement plombée par les effets du climat. Nombre d’exploitations prévoit une baisse du site d’affaires de l’ordre de 30 % alors que déjà les résultats financiers étaient aléatoires. Les agriculteurs expriment donc leur colère et ce n’est sans doute pas terminé. Pour l’instant ce sont les permanences de députés de la république en marche

Pour les dernières , Il s’agit des permanences de Jacques Savatier et de Sacha Houlié, tous deux de La République en marche (LaRem) à Poitiers, ainsi que de Nicolas Turquois, du MoDem, à Châtellerault, dans la Vienne. Au moins l’une d’entre elles a été murée et une autre bâchée. De la paille a été déposée devant celle de Sacha Houlié.

Les Jeunes agriculteurs de la Vienne ainsi que la FNSEA 86 (syndicat local des exploitants agricoles) ont revendiqué l’action jeudi dans un communiqué. Ils estiment que “ce traité met un pied dans la tombe de la filière bovin viande Française”.

Ils disent vouloir “maintenir la pression” auprès des députés pour qu’ils retrouvent “le bon sens paysan” et des sénateurs, amenés à voter sur le traité à l’automne.

Une vingtaine de permanences ont subi le même sort depuis le vote du traité le 23 juillet à l’Assemblée nationale, actions pour beaucoup revendiquées par des agriculteurs, ce qui a suscité une vague de colère chez les députés.

“Consterné par le murage et les tags inscrits cette nuit devant ma permanence”, a écrit sur Twitter Sacha Houlié, qui précise avoir discuté des enjeux du traité avec la FNSEA 86. “La violence ne masque pas l’hypocrisie et l’incohérence.”

“Ce type d’action laisse supposer, lorsqu’on n’est pas d’accord avec un vote, que l’on peut mener une manifestation violente en représailles”, a déclaré pour sa part la députée LaRem Monique Iberra dans une interview à la Dépêche du midi publiée samedi dernier.

“Or, ce n’est pas ainsi que s’exerce la démocratie”, a-t-elle ajouté. Les agriculteurs de la FDSEA 31 ont déversé des tonnes de fumier devant sa permanence à Tournefeuille (Haute-Garonne) jeudi 1er août.

Pour la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, les actions commises par les agriculteurs ne s’apparentent pas à du “vandalisme” car ces derniers utilisent “les attributs classiques de la profession” pour manifester leur colère comme “la paille, la terre, le fumier ou encore des banderoles avec des inscriptions”.

Elle explique dans une interview au Parisien publiée samedi qu’ils se sont sentis “trahis” lorsque leurs députés ont voté en faveur du CETA.

L’accord fait craindre une augmentation des importations de viande bovine, quand celles-ci “sont déjà au plus bas”, dit-elle. Il n’offrirait pas non plus la garantie que les animaux importés n’ont pas mangé de farines animales.

Le gouvernement avait déjà répondu en assurant que l’accord préservait “pleinement le principe de précaution” et présentait de

L’accord a été approuvé à une majorité plutôt serrée au regard des forces dont disposent La République en marche et le MoDem : 266 députés ont voté en faveur du projet de loi de ratification, 213 contre. Soixante-quatorze députés au total se sont abstenus, dont 52 membres de LaRem.

Le CETA va finir de tuer agriculture et environnement

Le CETA va finir de tuer agriculture et environnement

 

 

 

Le Ceta constitue d’abord une bizarrerie juridique. Il a d’abord été négocié dans le plus grand secret par l’UE avec le Canada. Ensuite, il a immédiatement été appliqué et cela avant la ratification. Cet accord commercial présente un double danger : un danger pour l’agriculture et un danger pour l’environnement. D’une certaine manière l’agriculture constitue la variable d’ajustement de ce traité destiné à accélérer les échanges de produits manufacturés surtout sur le dos de l’agriculture française qui ne peut être compétitive vis-à-vis du Canada en raison des normes aussi en raison du caractère encore artisanal de nombre des cotations françaises. (Même si l’industrialisation est largement en cours dans les grandes exploitations). Il n’y aura pour la France aucune disposition et forcément aucun moyen pour s’opposer notamment aux OGM, aux hormones, aux farines animales, aux pesticides et autres produits chimiques autorisés là-bas au Canada. Sans parler du fait que le Canada pourra aussi servir de porte discrète pour des productions des États-Unis. (Où on trouve par exemple des les élevages de 100 000 têtes). ’ Pour le ministère de l’Agriculture, cette crainte «n’est pas fondée»: «Quand on parle de farines animales, on fait référence aux farines de ruminants, qui ont été à l’origine de la maladie de la vache folle», estime le ministère, faisant valoir que ces produits sont interdits au Canada. Les éleveurs français s’inquiètent aussi de l’utilisation, outre-Atlantique, d’antibiotiques comme activateurs de croissance. Une pratique qui concerne, selon le ministère «l’ensemble des pays tiers qui fournissent l’UE en viande». A moyen terme (pourquoi attendre !  NDLR), l’Europe pourrait légiférer sur le sujet: un règlement décidé par le Parlement européen et le Conseil, publié début 2019, «demande à la Commission de prendre des dispositions visant à interdire l’importation à partir de pays tiers qui continuent à autoriser les antibiotiques comme promoteurs de croissance», selon le ministère, qui table sur une entrée en vigueur en janvier 2022. Enfin les éleveurs bovins n’ont de cesse de dénoncer des conséquences économiques désastreuses pour leur filière, compte tenu des contingents de bœuf que pourront exporter les Canadiens, des contingents en provenance du Canada voire des États-Unis. Le second risque et pas le moindre c’est celui du développement de flux parasite. Une contradiction totale avec les préoccupations environnementales. En effet l’accélération des échanges va permettre à des produits d’effectuer des milliers de kilomètres inutiles et dont le bilan carbone viendra poser sur la qualité du climat et les émissions polluantes. Dans une problématique écologique,  c’est au contraire l’économie circulaire qu’il convient de favoriser.

CETA risques pour l’agriculture

CETA risques pour l’agriculture

 

Le Ceta,  accord commercial entre l’union européenne et le Canada qui doit être ratifié par l’assemblée alimente les craintes de agriculture et des éleveurs français (le Mercosur accord commercial entre l’union européenne et certains pays d’Amérique latine encore davantage). Les craintes portent notammenet sur les  importations de viande qui ignorent  les contraintes de santé vis-à-vis par exemple des OGM, des antibiotiques, des farines contaminées et autres utilisations de produits chimiques dans l’alimentation du bétail. ’ Pour le ministère de l’Agriculture, cette crainte «n’est pas fondée»: «Quand on parle de farines animales, on fait référence aux farines de ruminants, qui ont été à l’origine de la maladie de la vache folle», estime le ministère, faisant valoir que ces produits sont interdits au Canada. Les éleveurs français s’inquiètent aussi de l’utilisation, outre-Atlantique, d’antibiotiques comme activateurs de croissance. Une pratique qui concerne, selon le ministère «l’ensemble des pays tiers qui fournissent l’UE en viande». A moyen terme (pourquoi attendre !  NDLR), l’Europe pourrait légiférer sur le sujet: un règlement décidé par le Parlement européen et le Conseil, publié début 2019, «demande à la Commission de prendre des dispositions visant à interdire l’importation à partir de pays tiers qui continuent à autoriser les antibiotiques comme promoteurs de croissance», selon le ministère, qui table sur une entrée en vigueur en janvier 2022. Enfin les éleveurs bovins n’ont de cesse de dénoncer des conséquences économiques désastreuses pour leur filière, compte tenu des contingents de bœuf que pourront exporter les Canadiens, des contingents en provenance du Canada voire des États-Unis.

Un accord commercial entre l’UE et les États-Unis sauf sur l’agriculture ?

Un accord commercial entre l’UE et les États-Unis sauf sur l’agriculture

 

Emmanuel Macron  veut sans doute éviter d’ouvrir un nouveau front social dans le champ de l’agriculture avant les européennes. Du coup il a déclaré lors du sommet européen que le projet d’ancien accord TTIP était obsolète et qu’il convenait de repartir sur de nouvelles bases mais en excluant l’agriculture. Un message à usage interne pour des agriculteurs déjà en crise et qui ne voient pas encore les résultats de la loi alimentation sauf peut-être sur le lait. Un message aussi à vocation européenne pour peser sur les positions allemandes qui elle s’accommoderait bien d’un accord déséquilibré sur l’agriculture afin de ne pas pénaliser ses exportations  d’automobiles aux États-Unis. Des exportations menacées de taxation par le président américain. « Si nous ne trouvons pas un accord (commercial avec l’UE), nous imposerons des tarifs douaniers » sur les voitures, avait-il dit fin février. Or Berlin veut à tout prix échapper à des taxes sur les automobiles, un secteur vital pour son économie. Mais Paris freine l’ouverture de négociations de crainte de réveiller les opposants au libre-échange en pleine crise des « gilets jaunes » et à quelques semaines des élections européennes.

« Si nous devions avancer (…) nous ne pourrions le faire qu’en ayant des garanties: la première en terme d’environnement », a insisté Emmanuel Macron. « Je ne suis pas favorable à ce qu’on ait des nouveaux accords commerciaux, quelle qu’en soit la forme, avec qui que ce soit si on le fait avec des partenaires qui n’ont pas les mêmes exigences climatiques que nous », a-t-il poursuivi, les États-Unis ayant quitté l’Accord de Paris sur le climat.   »La deuxième chose, c’est la réciprocité en terme d’ouverture des marchés publics », a-t-il également souligné.

Agriculture : la loi alimentation est une fumisterie

Agriculture : la loi alimentation est une fumisterie

C’est ce  qu’on peut conclure des propos de Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture qui  estime que les négociations sur les prix avec la grande distribution n’ont pas permis de couvrir les coûts de production des agriculteurs. Les prix de des 100 références majeures de marques fabricants de produits de grande consommation auraient augmenté de 4.2% dans les hypermarchés entre le 26 janvier et le 9 février, et de 3.1% dans les supermarchés selon une étude réalisée par le cabinet Nielsen Malheureusement les producteurs n’ont ont guère vue la couleur à part dans quelques filières comme le lait et encore. La loi alimentation dite Egalim aura surtout réussi l’exploit de faire des mécontents un peu partout. Une loi qui prévoit un encouragement au bio et à l’économie circulaire mais qui demeure très théorique sur la formation des prix où là aussi les agriculteurs seront seulement encouragés à pratiquer la réalité des coûts. La loi prévoit une alimentation plus saine, avec notamment une obligation de 20% « de bio » dans la restauration collective Le texte devait permettre  notamment d’inverser la construction du prix des produits pour permettre une meilleure rémunération des agriculteurs. Il devait rendre  ainsi aux exploitants la possibilité de proposer leurs tarifs aux acheteurs et de ne plus se laisser imposer des prix trop bas par rapport aux coûts de production. Le texte renforce le rôle du médiateur des relations commerciales agricoles en mettant en place la pratique du “name and shame”, le fait de nommer les mauvais élèves. Sur la partie dédiée à l’alimentation saine, le projet de loi “renforce la qualité et le suivi des produits”, notamment dans la restauration collective, comme les cantines, où il impose “un quota de 50 % de produits locaux ou labellisés, dont 20 % de bio d’ici janvier 2022”, explique la commission des affaires économiques dans un communiqué. Le texte encadre également davantage la vente des pesticides et interdit certaines pratiques commerciales trompeuses. Finalement on a renoncé à la nouvelle logique de construction des prix et la fixation d’« indicateurs de coût de production neutres et objectifs » a finalement été confiée aux organisations interprofessionnelles. Ce que regrette la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), qui craint que le « déséquilibre structurel (…) entre les producteurs d’une part et industriels et distributeurs d’autre part » permette à ces derniers de faire la pluie et le beau temps. « Le désengagement de l’État est dramatique sur ce dossier où les paysans ont besoin d’être protégés des griffes d’un modèle économique qui les broie jour après jour. La responsabilisation attendue des différents acteurs est un mirage auquel nous ne croyons plus, tant la discussion interprofessionnelle est tronquée par le déséquilibre des forces en présence », abonde la Confédération paysanne. « Le projet de loi Egalim s’annonce en définitive comme une simple charte n’imposant aucune contrainte aux transformateurs et distributeurs et ne reposant ainsi que sur leur bonne volonté plus qu’improbable pour augmenter le prix payé aux agriculteurs », résume Coordination rurale. Quelques sujets essentiels dans la perspective d’un redressement des relations commerciales entre producteurs, industriels et distributeurs sont par ailleurs laissés aux ordonnances qui mettront en œuvre la loi. Les questions sont donc renvoyées à plus tard.  La loi alimentation aurait pu s’inspirer de ce qui se pratique dans le transport avec des dispositifs de tarifs de référence et des sanctions pour les prix trop bas dans la sous-traitance.

Agriculture : « sauver le ver de terre »


Agriculture : « sauver le ver de terre »

C’est le cri de  Christophe Gatineau, cultivateur et agronome, dans une tribune au « Monde » à l’adresse du président de la République. Pesticides et engrais utilisés l’excès ont rendu les terres mortes. Du coup, il faut augmenter encore les doses d’engrais et de pesticides. Or ce sont surtout les vers qui transforment les petit végétaux en véritable or pour l’agriculture du fait de leur capacité à en décomposer la matière organique. Des vers de terre qui représente entre 1 à 5 tonnes par hectares et parfois seulement 50 kgs dans les terres mortes.

«  Monsieur le président, le temps presse, les vers de terre disparaissent et, avec eux, les sols nourriciers. Pour résumer la situation : les vers de terre nourrissent les sols, et les sols nourrissent les plantes qui nous nourrissent ; ou nourrissent les animaux que nous mangeons. A l’image du cycle de l’eau, c’est un cercle vertueux, un échange de bons procédés où chacun nourrit l’autre. Raison pour laquelle le ver de terre a toujours été le partenaire ancestral de l’agriculteur, son abondance signant la fertilité et la bonne santé des sols. Et plus une terre est fertile, plus elle est productive, plus notre nourriture est saine et riche. Sans l’ombre d’un doute, le fond de ma lettre concerne donc l’alimentation de demain. Et si les rayons des supermarchés ne dépendaient pas de la bonne santé des sols, ma requête n’aurait aucun sens puisque, pour l’instant, leurs étals regorgent de nourriture comme jamais. Or, le célèbre astrophysicien Hubert Reeves, pas connu pour être un catastrophiste, et encore moins un fantaisiste, déclarait en mai sur le plateau d’« Envoyé spécial » : « La disparition des vers de terre est un phénomène aussi inquiétant que la fonte des glaces. » Pourquoi a-t-il mis en perspective le ver de terre avec le bouleversement climatique ? Question de bon sens puisque les sols et les glaces fondent comme neige au soleil : un quart des sols européens étant aujourd’hui usés. En langage scientifique, on dit victime d’érosion. Autrement dit, quand les sols sont lessivés de toute vie, usés, ils migrent vers les mers et les océans, via les sources et les rivières, laissant place à des champs de cailloux. Pourquoi ? Quand, il y a cinquante ans, nous avons décidé de ne plus nourrir les vers de terre et toute la diversité biologique, nous avons brisé le cycle. En effet, dans un système de cause à effet, où chacun nourrit ou se nourrit de l’autre, en cessant de nourrir les vers de terre, les sols ont cessé de nourrir les plantes… Alors pourquoi les vers de terre sont-ils si importants en agriculture ? Parce qu’ils peuvent représenter jusqu’à 80 % de la masse des êtres vivants qui fabriquent la nourriture des plantes. Et en cessant de les nourrir, c’est bien l’ensemble d’un agrosystème qui s’est effondré, mort de faim ou empoisonné. Et pour revenir à l’érosion, parce qu’il ne faut jamais se tromper de sens, c’est bien l’extinction du ver de terre qui cause l’érosion des sols, comme le réchauffement climatique cause l’érosion des pôles. »

Brexit : quelle révolution pour le système agroalimentaire britannique ?

Brexit : quelle révolution  pour le système agroalimentaire britannique ?

Suite au Brexit, Tim Lang, professeur de politique agroalimentaire à la City University of London, propose uene révolution du système agroalimentaire qui pourrait aussi intéresser les agriculteurs français ! (extraits de l’interview de la Tribune).

 

-Selon vos études, quel est le principal danger que le Brexit fait encourir au système alimentaire britannique?

TIM LANG - Notre dernier rapport, Feeding Britain: Food Security after Brexit (nourrir la Grande-Bretagne : la sécurité alimentaire après le Brexit) rappelle à l’opinion publique et aux politiques britanniques que, depuis 50 ans, notre système alimentaire est intégré à celui des autres États membres. La Grande-Bretagne ne se nourrit pas toute seule: elle importe 30% de sa nourriture directement de pays de l’Union européenne et 11% de pays tiers ayant négocié des traités de commerce alimentaire avec l’UE. Quitter l’Union européenne signifie donc perturber 50 ans de négociations, qui ont pourtant globalement amélioré la qualité de l’offre.

Dans votre rapport, vous évoquez également la question des migrants…

Oui. L’horticulture britannique est l’un de nos rares succès agricoles, grâce à nos fraises, framboises, etc. Mais la cueillette dépend entièrement de 60-70.000 travailleurs d’autres pays de l’UE -dont l’expulsion a motivé une partie de ceux qui ont voté pour le Brexit. Il y a quelques semaines, le gouvernement a affirmé qu’il introduira un nouveau régime pour les travailleurs saisonniers, mais seulement pour 2.500 personnes ! Cela va détruire notre industrie horticole. Sans compter les effets sur la fabrication alimentaire britannique, dont 30% des emplois sont aussi occupés par des migrants de l’UE… Si ces travailleurs ne viennent plus de Roumanie, Bulgarie, Croatie, Slovénie, Lettonie, Lituanie, d’où viendront-ils? Inde, Pakistan, Algérie, Afghanistan? Quels nouveaux pays nous fourniront de la main-d’œuvre agricole bon marché? Les idéologues de la droite nous disent qu’il ne fait pas s’inquiéter, car nous aurons des robots. Mais pour cela, il faudra au moins 15 ans… alors que les Britanniques disent déjà aujourd’hui qu’ils veulent de la nourriture locale!

Pourquoi le système alimentaire britannique se retrouve-t-il à être si dépendant des importations?

La Grande-Bretagne ne produit plus sa propre nourriture depuis 1780. Grâce à son Empire, elle a commencé dès la fin du 18e siècle à importer de la nourriture de l’Amérique du Nord, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande… Et en 1846, lors de l’abolition des textes réglementaires qui encadraient le commerce de céréales avec l’étranger (les « corn laws »), elle a pris la décision politique de ne pas soutenir ses agriculteurs. Depuis 172 ans la culture politique des Britanniques consiste ainsi à croire que le reste du monde les nourrira: que dès lors que nous gagnons de l’argent via d’autres industries, nous pouvons le dépenser pour acheter de la nourriture bon marché d’autres pays. C’est une vision impériale de la nourriture!

Cette approche a été remise en cause lors des deux guerres mondiales. En 1939, nous importions 70% de nos aliments. En 1945, nous n’en importions plus qu’un tiers: nous avions réussi, malgré la guerre, à doubler notre production. Pour ne plus reproduire de trop graves situations de dépendance, après la guerre il fut donc décidé de reconstruire l’agriculture britannique, en mettant en place un système d’aides pour les agriculteurs. Mais en 1973, quand nous avons rejoint la Communauté économique européenne, nous en avons intégré un nouveau, celui du marché unique. Aujourd’hui, certains supporteurs du Brexit pensent qu’il faudrait retourner au modèle de 1846, d’autres à celui de 1939… Quoi qu’il en soit, d’importantes décisions politiques doivent être prises, et soumises à l’opinion publique. Or, les citoyens britanniques ignorent complètement ces enjeux.

Mais les importations de l’Union européenne ne pourraient-elles pas être remplacées par de la nourriture venant d’autres pays?

Il y a effectivement une véritable pression de la part de certains membres du parti conservateur, des néo-libéraux, pour importer de la nourriture bon marché des Etats-Unis, de pays émergents ou d’anciennes colonies. Mais conclure un accord commercial avec les Etats-Unis a de graves implications. Depuis deux ans, le secrétaire d’Etat américain au Commerce le dit clairement: si le Royaume-Uni signe un traité avec les Etats-Unis, il devra abandonner les standards alimentaires européens. Et si au lieu que de l’Espagne, du Portugal, de la Pologne ou de l’Italie, nous importons de l’Afrique de l’Ouest, de la Turquie, d’Israël, quels contrôles de qualités appliquerons-nous? Le Brexit engendre donc d’importants choix politiques qui ne sont pas suffisamment discutés.

Quel impact risque notamment d’avoir le Brexit sur les agriculteurs?

Pendant les 50 dernières années, le système agroalimentaire a traversé une véritable révolution. Nous croyons encore que notre nourriture vienne des agriculteurs, mais ce n’est plus vrai. Les agriculteurs ne créent que des matières premières bon marché pour un traitement industriel de masse. Ceux d’entre eux qui nourrissent encore directement les consommateurs ne sont pas nombreux. Le système alimentaire est largement industrialisé, et chez nous plus que dans le reste de l’Union européenne. La grande partie de l’argent produit par le secteur agroalimentaire est d’ailleurs gagné par les fabricants industriels et par un petit nombre de distributeurs. En Grande-Bretagne, le système est très concentré: six distributeurs se partagent 90% des ventes de nourriture. Le secteur des services a aussi énormément crû pendant les dernières trente années: traiteurs, restaurants, cafés, plats à emporter…

Ce nouveau système écrase  les agriculteurs, qui ne gagnent plus beaucoup d’argent. Les marges des fabricants alimentaires sont de l’ordre de 15-16%. Dans la distribution, le rendement du capital est de 2%. Il peut aussi être plutôt haut dans les services -même si la plupart des cafés et restaurants ferment boutique après deux ou trois ans. Les agriculteurs en revanche ne survivent désormais qu’en s’agrandissant, alors que la valeur en capital des terres est très élevée. Si les Britanniques veulent plus d’agriculteurs, ils doivent donc accepter de les rémunérer davantage. Mais que va-t-il se passer si nous quittons l’UE? Le gouvernement a évoqué l’idée de d’abord maintenir les aides pour trois ans, puis de les réduire progressivement pendant une décennie. Ce ne sont pas des délais très longs en termes de pratiques agricoles…

Or, nous pensons que la « disruption » du Brexit est l’occasion de repenser radicalement notre agriculture, en tenant compte de l’ensemble de ses nouveaux défi: le développement durable, le réchauffement climatique, le stress hydrique, la perte de biodiversité, la santé publique… Une nouvelle révolution alimentaire est nécessaire afin de renverser les dernières 50 années. La question concerne d’ailleurs l’ensemble de l’Europe: comment créer des régimes alimentaires « durables », tenant compte non seulement des capacités nutritionnelles des aliments, mais aussi de leurs effets sur l’environnement, l’économie et la société?

Vous pensez donc que le Brexit peut aussi être une opportunité positive pour le système agro-alimentaire britannique?

Théoriquement oui. Mais le gouvernement actuel, qui depuis le référendum montre ne pas avoir de vision à propos de la question alimentaire, vient de proposer une loi agricole où les agriculteurs sont réduits au rôle de gardiens des paysages, selon une approche de la gestion des terres purement environnementale. Certes, c’est très positif, voire nécessaire, d’adresser les questions des sols et du carbone… Mais il n’y a toujours pas de plan alimentaire national! Or, à quoi sert la terre: à nourrir la population ou à la contemplation des riches ? Depuis le plan dit  »de Chequers » présenté en juillet par le gouvernement, qui contient aussi quelques mesures visant à anticiper les conséquences du Brexit dans le secteur agroalimentaire, mes collègues chercheurs et moi ne savons pas du tout si et comment le gouvernement continue de réfléchir à la question. Nos recherches depuis deux ans nous ont convaincus que l’ensemble des acteurs du secteur sont laissés dans la même ignorance. Ceci est inacceptable. Un enjeu aussi sérieux, économiquement, politiquement et culturellement, doit être discuté sérieusement et publiquement.

Pesticides : le nouveau ministre de l’ agriculture, l’archétype du socialo défend les pesticides

Pesticides : le nouveau ministre de l’agriculture,  l’archétype du socialo défend les pesticides

 

Un ministre de l’agriculture qui se transforme en chimiste et défend les pesticides ! Pas étonnant de la part d’un ancien socialo qui a slalomé entre Mitterrand, Valls et maintenant Macron. Un pro de la politique comme savait en fabriquait le PS ; Un fonctionnaire qui n’a pratiquement jamais travaillé en dehors de la politique et à l’idéologie molle comme les montres de Dali. Aujourd’hui il est ministre de l’agriculture, il défend le mode de production industrielle, s’il était à l’écologie il défendrait les éoliennes . « C’est aux scientifiques de faire la preuve ou non qu’il y a des conséquences à l’usage des pesticides ou pas », a assuré le ministre lors d’un entretien sur l’antenne de la radio RTL.  »Il y a peut-être des soupçons, mais il n’y a aucune preuve scientifique », et notamment « sur la question des bébés sans bras il faut que la science fasse son travail », a affirmé Didier Guillaume, avant de préciser qu’il était « là pour appliquer le programme du président » et que, « dans ce quinquennat nous connaîtrons la fin du glyphosate ». Voilà une belle courtisanerie ! Le ministre chimiste partisan des pesticides en connait un rayon, il a commencé sa carrière (très courte) comme fonctionnaire au trésor !

 

 

G20 Agriculture, danger du protectionnisme

G20 Agriculture, danger du protectionnisme

 

Les ministres de l’Agriculture s’inquiètent à juste titre des dérèglements de certains marchés agricoles. Il faut dire que la période de sécheresse, un protectionnisme rampant,  sans parler des menaces globales de guerre commerciale sont inquiétants  Bref les mois à venir les marchés pourraient connaître une évolution erratique des prix avec notamment des mouvements haussiers significatifs. Des pays du G20, réunis à Buenos Aires en Argentine, se sont donc déclarés samedi préoccupés par le recours de plus en plus fréquent à des mesures de protectionnisme incompatibles avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les ministres, parmi lesquels ceux des Etats-Unis et de la Chine, ont dans un communiqué commun affirmé leur volonté de ne pas dresser des “obstacles inutiles” au commerce et souligné les droits et les obligations découlant des accords conclus dans le cadre de l’OMC. Cette réunion ministérielle du G20 se déroulait sur fond de tensions commerciales qui troublent les marchés des produits agricoles. La Chine et d’autres importants partenaires commerciaux des Etats-Unis ont imposé des droits de douane aux agriculteurs américains, mesure de rétorsion face aux tarifs douaniers décidés par l’administration Trump sur des produits chinois ainsi que sur l’acier et l’aluminium importés de l’Union européenne, du Canada et du Mexique. La semaine dernière, l’administration Trump a annoncé qu’elle verserait jusqu’à 12 milliards de dollars d’aides aux agriculteurs américains pour faire face à cette guerre commerciale.

Projet de loi sur agriculture -alimentation: loi gadget

Projet de loi sur agriculture -alimentation: loi gadget

 

 Pour monter sa volonté réformatrice le gouvernement additionne les lois sans vrai contenu opérationnel. C’est le cas de la loi agriculture alimentation. Finalement une loi qui ne traite pas les problèmes de fond liés à la rémunération des producteur, à la qualité de l’alimentation ou même des rapports à environnement. Surtout des mesures gadget comme le doggy bag dans les restaurants. Une autre  mesure aussi très théorique qui consiste à inverser la logique de construction des prix. La loi qui demeure en effet  très virtuelle  sur la formation des prix où là aussi les agriculteurs seront seulement encouragés à pratiquer la réalité des couts en se regroupant. Or il y a longtemps que les coopératives de producteurs n’appartiennent plus aux agriculteurs mais à des fonds privés.   L’Assemblée nationale a cependant adopté  le projet de loi pour une meilleure rémunération des agriculteurs et une alimentation plus saine, avec notamment une obligation de 20% « de bio » dans la restauration collective Le texte permet théoriquement ’inverser la construction du prix des produits pour permettre une meilleure rémunération des agriculteurs. Il rend ainsi aux exploitants la possibilité de proposer leurs tarifs aux acheteurs et de ne plus se laisser imposer des prix trop bas par rapport aux coûts de production. Une belle intention mais inapplicable en l’état du rapport de force entre producteurs et acheteurs (dont la distribution).  Sur la partie dédiée à l’alimentation saine, le projet de loi “renforce la qualité et le suivi des produits”, notamment dans la restauration collective, comme les cantines, où il impose “un quota de 50 % de produits locaux ou labellisés, dont 20 % de bio d’ici janvier 2022”, expliquait  la commission des affaires économiques dans un communiqué. Le texte encadre également davantage la vente des pesticides et interdit certaines pratiques commerciales trompeuses. Les deux principales mesures :

 

 

« La loi agriculture- alimentation : c’est la disparition de l’écologie » (David Cormand)

« La loi agriculture- alimentation : c’est la disparition de l’écologie » (David Cormand)

 

 

David Cormand, secrétaire national d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), répond à l’interview du ministre de l’Agriculture Stéphane Travert parue dimanche dans le JDD.

 

« Pas une semaine sans qu’une nouvelle étude scientifique témoigne de l’effondrement de la vie sur Terre : disparition des vertébrés, des insectes, des oiseaux, des zones humides, des forêts primaires, des coraux. Partout, et de plus en plus rapidement, la vie recule. Il aura pourtant fallut plusieurs milliards d’années pour que notre planète soit en mesure d’accueillir la vie. Il aura ensuite fallut plusieurs centaines de millions d’années pour que la vie trouve son chemin au prix d’innombrables hasards, jusqu’à l’apparition d’homo sapiens. Des milliers d’années auront ensuite été nécessaires pour que l’humanité en arrive à la situation d’aujourd’hui.

Cette situation, c’est le sixième épisode d’extinction massive que la Terre ait connue; et la première exclusivement due à l’activité humaine. En quelques générations, notre civilisation est parvenue à rendre notre planète inhospitalière.

Pourtant, nous savons qu’il est possible de faire autrement. Encore faut-il accepter de remettre en question nos modes de production et de consommation.

L’agriculture, par exemple, et notre manière de nous alimenter, constituent un enjeu majeur. C’était, en principe, l’objet des travaux des états généraux de l’alimentation de permettre de déboucher sur une loi qui réponde enfin à ces grandes problématiques.

Il n’en a rien été. Partout, la voracité des lobbys s’impose. Les récents propos tenus à l’Assemblée nationale par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, niant la réalité de l’effondrement des insectes polinisateurs ainsi que le projet de loi qu’il propose illustrent l’aveuglement de celles et ceux qui nous dirigent sur ce sujet pourtant fondamental.

Il y a plus de vingt ans, déjà, un ministre de l’époque, Claude Allègre, niait la réalité du changement climatique. Le même déni et la même inconséquence face à la menace qui pèse sur la biodiversité que celle constatée il y a 20 ans face à la réalité du changement climatique constituent la feuille de route du ministre de l’agriculture. En renvoyant à plus tard, comme toujours, l’interdiction du glyphosate, le ministre condamne la biodiversité en même temps qu’il condamne l’avenir de l’agriculture de notre pays.

Car la guerre qu’il mène contre la nature pénalise aussi les agricultrices et les agriculteurs, premières victimes de l’alliance des multinationales de l’agro-industrie, de l’agro-alimentaire et de la grande distribution. Pour ces grands groupes, l’agriculture idéale est une agriculture sans paysan.nes, sans terre, accro au pétrole, dans laquelle les animaux sont enfermés dans des usines et réduis à l’état d’objets destinés à produire.

Les paysan.nes de notre pays ont subi, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le plus grand plan social qu’ait connu notre pays: 5.000.000 d’emplois ont été détruit.

Si durant les trente glorieuses, la révolution industrielle de l’agriculture a pu, pour un temps, augmenter les revenus et améliorer la qualité de vie des agriculteurs. Nous savons aujourd’hui que cette prospérité provisoire avait un prix : désertification des campagnes, surendettement, surcharge de travail, suicides, maladies professionnelles, souffrance animale. A cette réalité s’ajoute le constat que les aliments mis à disposition des consommatrices et des consommateurs présentent des risques pour leur santé. Les maladies environnementales explosent.

Pour répondre à cette fin de cycle, il est vital de se poser les bonnes questions et d’inventer une nouvelle révolution agricole qui repose sur une agriculture paysanne et bio, des filières courtes, l’abandon de la chimie, le respect des écosystèmes, la prise en compte du bien-être animal et la création d’emplois de paysan-nes qui permettent la répartition de la charge de travail et la revitalisation des territoires ruraux et des terroirs.

Avec la loi qu’il va porter au nom du gouvernement, Stéphane Travert tourne le dos à une agriculture d’avenir. En refusant d’interdire les glyphosates, en refusant d’installer la vidéo dans les abattoirs et de mettre fin à l’élevage en cage des poules, des lapins et des truies, en ignorant la question du changement climatique, en choisissant de ne pas aider activement les collectivités locales à la mise en oeuvre des 50% d’alimentation bio et locale dans la restauration collective et en ne s’engageant pas en faveur d’un repas végétarien par semaine dans les cantines afin d’aller vers une alimentation moins carnée, il choisit de sacrifier l’avenir agricole de la France en se faisant le meilleur allié des lobbys. Sourd et aveugle aux menaces écologiques qui pèsent sur notre civilisation, Stéphane Travert persiste à soutenir une agriculture archaïque dépendante de la chimie, du pétrole et de l’exploitation animale.

Il ne faut pas y voir la traduction d’une ‘pensée complexe’, mais la duplicité d’un gouvernement qui fait le contraire de ce qu’il dit.

L’urgence climatique et l’urgence environnementale exigent de nos dirigeant.es des choix courageux et cohérents. Avec l’orientation que dessine la Loi alimentation pour l’agriculture de notre pays, nous constatons une nouvelle fois un Rendez-Vous manqué. »

 

Agriculture : trop de bureaucratie (Virginie Calmels)

Agriculture : trop de bureaucratie (Virginie Calmels) 

Virginie Calmels, la première vice-présidente des Républicains n’est en politique que depuis 3 ans mais elle a compris la musique et brosse dans le sens du  poil les agriculteurs ; Elle apprend vite et sait s’adapter au contexte politique puisqu’elle est passée de Juppé à Fillon puis à Vauquiez ; la libérale rappelle à juste titre la bureaucratie qui frappe les agriculteurs mais est très ambigüe sur la formation des prix et sur le modèle agricole « qui doit être composite ». En clair elle soutient nettement les gros producteurs intensifs. Sans condamner l’approche écolo des plus petits. Bref elle ira loin avec son sens du slalom et pourrait constituer une éventuelle remplaçante à Vauquiez trop caricatural et trop brutal.

 

Tribune dans le JDD.

« L’exploitant agricole est sans aucun doute un véritable entrepreneur du vivant : il cultive et élève, soigne et répare, compte et prévoit. Peu de métiers demandent autant de polyvalence. Certains se risquent avec parfois beaucoup de talent sur les marchés à terme. Une partie prépare, tels des champions, des bêtes d’exception pour communiquer et briller sur les foires et expositions. D’autres maîtrisent leur production de la fourche à la fourchette, transformant et vendant des produits uniques. De par la richesse de nos productions, la diversité de nos terroirs, et par des comportements singuliers, chaque agriculteur est différent, mais tous créent et entreprennent. Pour autant, un certain nombre de carcans viennent entraver l’harmonie naturelle de la Ferme France… L’agriculteur français est victime de la surcharge administrative. Il consacre en moyenne près de 10 heures par semaine pour réaliser des démarches obligatoires, à l’image des procédures MSA, de la saisie de la TVA, des déclarations PAC ou des obligations comptables et fiscales. Ce cadre contraignant prive ainsi l’exploitant de passer davantage de temps pour travailler sur son exploitation, ou pour vivre sa vie de famille. N’oublions pas qu’un agriculteur travaille en moyenne 54 heures par semaine, bien loin du temps de travail moyen du reste de la population. Les démarches administratives doivent donc être simplifiées, notamment en mutualisant l’action de nombreux interlocuteurs. Après la simplification, vient l’allègement. Pour mieux vivre de son métier, une baisse des charges fiscales et sociales est elle aussi nécessaire. Nous ne pouvons pas tolérer que l’agriculteur soit obligé d’investir, pour baisser son résultat et ainsi sa base de prélèvements obligatoires. Ce n’est pas l’augmentation de la CSG qui redonnera des couleurs à des trésoreries impactées par une série d’aléas météorologiques, conjoncturels ou sanitaires. La liberté ne s’acquiert pas que par la réduction des cotisations, elle passe aussi par la réduction des normes, pour cesser d’empoisonner le quotidien des exploitants. La réglementation doit nécessairement contribuer à la protection de l’environnement, au bien-être animal ou à la sécurité sanitaire. Mais gardons-nous de tout excès de zèle, en cultivant une liste à la Prévert pour mieux aliéner l’exploitant! Cessons également les contrôles phytosanitaires ou de certification biologique inopinés, causant stress et désillusion dans nos campagnes. De même, l’administration sait-elle mieux que l’agriculteur si un fossé doit être curé ou non, et si le vent est trop fort pour traiter sa parcelle ? N’oublions pas que la France se classe 115e sur 140 pays pour sa complexité administrative. La réglementation impacte clairement la compétitivité de notre agriculture, notamment pour les projets de construction ou d’extension de bâtiments d’élevage. Face à ces mécanismes rouillés, notre agriculture doit renouer avec le chemin de la liberté. Si les Etats généraux de l’Alimentation ont le mérite de mettre l’agriculture au cœur des débats de société, peut-on réellement parler de politique novatrice, quand le Gouvernement s’empare et dépoussière d’anciennes politiques planificatrices? Stéphane Travert annonce notamment que les prix agricoles seraient fixés selon les coûts de production des exploitants. Par ce mécanisme, les prix français s’éloigneraient des cours mondiaux, affectant considérablement notre compétitivité internationale. N’oublions pas qu’en 2016, les exportations de produits agricoles ont dégagé un excédent commercial proche de 6 milliards d’euros, et que la France reste le premier exportateur européen. Mais en rémunérant les agriculteurs par ces prix préalablement fixés, ces derniers seront-ils encouragés à maîtriser leurs coûts de production? Cette mesure phare du projet de loi alimentation ressemble fortement à un retour aux prix garantis, abolis par la réforme de la PAC de 1992. Jusqu’alors, l’Europe fixait des prix supérieurs aux cours mondiaux, entraînant une véritable surproduction. Le contribuable payait ensuite les coûts de stockage, d’exportation à bas coût vers des pays tiers, ou de destruction de ces excédents. De même, Emmanuel Macron souhaite créer une ‘pré-retraite agricole’ pour financer et encourager le renouvellement des générations. Attention à ne pas créer une dépense de plus, devant être supportée par un système de financement des retraites agricoles aux abois, avec une MSA reposant sur 2,5 fois moins de cotisants que de bénéficiaires. Cette vaste consultation citoyenne aurait dû faire preuve d’innovation pour promouvoir une agriculture libérée du joug administratif et réglementaire pesant sur les exploitants. Face à un air de déjà-vu, encourageons notamment les initiatives individuelles provenant des nouvelles technologies. Ces dernières permettent ainsi de partager du capital, des savoirs ou des données techniques, à l’image des applications de cofarming, faisant de l’agriculteur connecté un agriculteur libéré. A l’issue des Etats généraux de l’Alimentation, le gouvernement souhaite dessiner une politique agricole de la qualité et de l’excellence environnementale.  Cette volonté va dans le bon sens, toutefois, sachons reconnaître la diversité de la Ferme France, et traçons les contours d’un modèle libre et composite, sans imposer un modèle agricole unique. N’opposons pas l’agriculture bio ou les appellations de qualité avec les modes de production conventionnels. Devant une demande multiforme, traçons les sillons d’une agriculture complémentaire. »

 

Agriculture : variable d’ajustement pour favoriser les échanges d’autres biens et services

Agriculture : variable d’ajustement pour favoriser les échanges d’autres biens et services

 

Comme souvent les intérêts des grands multinationales sont privilégiés dans les négociations commerciales, à la fin vient seulement la question agricole qu’on sacrifie pour vendre les produits phares de la France (Avions, matériel militaire, télécom, BTP, services) « . La profession agricole est par exemple en « désaccord profond » avec Emmanuel Macron à propos des négociations commerciales entre l’UE et les pays du Mercosur, qui menacent 20 à 25.000 exploitations en France, a lancé la présidenet de la FNSEA, Christiane Lambert,  au micro de BFM/RMC. La France « risque de perdre 20 à 25.000 exploitations » si l’Europe signe ces accords, a estimé, Christiane Lambert. Elle compte « redire samedi au président les risques qu’il fait prendre à l’agriculture française » lors de l’inauguration du salon à Paris. « Nous exprimerons jusqu’au bout notre désaccord (.) et nombre sont les consommateurs et les associations qui nous disent qu’ils sont à nos côtés » a-t-elle ajouté. La responsable s’inquiète particulièrement de l’absence de toute « garantie sanitaire » sur les quotas d’importation de viande brésilienne, argentine, uruguayenne ou paraguayenne qui seraient concédés par Bruxelles aux quatre pays de Mercosur afin de parvenir à un accord commercial global comprenant aussi les autres productions agricoles, l’industrie, les services etc. « L’agriculture a vraiment le sentiment d’être la variable d’ajustement d’autre chose » a ajouté la responsable.  Elle dit ne pas comprendre « l’obstination » de l’exécutif de faire entrer en Europe de la viande qui sera « à un prix inférieur de 30% » à celle produite en France, car issue d’animaux qui mangent des farines animales interdites en France, et qui ont grandi avec des accélérateurs de croissance et autres substances non utilisées en Europe. « Ce n’est pas notre choix de faire cet accord (…) Le président a dit qu’il voulait cet accord. C’est sa responsabilité », a-t-elle conclu. Emmanuel Macron est prévenu, les agriculteurs l’attendent de pied ferme.

Agriculture : augmentation de 1%….. des revenus de misère

Agriculture : augmentation de 1%….. des revenus de misère

La MSA annonce une augmentation moyenne 1  % en 2016 mais sur des revenus de misère puisque 20% des agriculteurs ne parviennent pas à se verser uen rémunération et que 30% touchent seulement 350 euros par mois. En les disparités sont grandes selon les secteurs avec des revenus annuels de l’ordre de 10 000 euros pour les éleveurs de porcs et de 50 000 pour les viticulteurs.  Tous les secteurs profitent de cette petite embellie de 2016 embellie, hormis le secteur céréalier, victime d’une moisson catastrophique et de cours mondiaux déprimés, qui ont entraîné une chute de leurs revenus (-20,8%). Dans l’élevage en hors-sol (industriel), les revenus professionnels de 2016 augmentent fortement (+ 41,9%), et dans l’élevage laitier, la progression atteint 1,2%, selon la MSA.  Ces secteurs se redressent après des évolutions de revenus très négatives en 2015 (-11,7% pour la filière hors-sol et – 30,7 % pour la filière laitière).  Dans l’élevage à finalité viande, et en viticulture, les revenus professionnels sont à nouveau en hausse. La progression s’élève à 24,8% dans la filière viande et 1,7% dans la viticulture.
Dans le secteur des céréales et des cultures industrielles, le recul de 2016 fait suite à une baisse encore plus importante en 2015 (-21,5%). Parmi les chefs d’exploitations imposés sur leur revenu réel (et pas au forfait), 19,2% ont des revenus 2016 déficitaires et 20,1% ont un revenu positif qui n’excède pas 4.315 euros par an, soit 360 euros par mois. Les grandes cultures (céréales, oléagineux) concentrent un peu plus de 30% des déficits, 18,4% en polyculture associée à de l’élevage et 16,3 % dans l’élevage laitier. Cependant, « les grandes cultures et la polyculture-élevage, qui concentrent le plus grand nombre de déficits et le plus grand nombre de chefs (d’exploitation) en déficit, sont aussi les filières (avec la viticulture) qui comptent le plus de chefs avec des revenus professionnels parmi les plus élevés », précise la MSA, qui souligne de « profondes disparités ».

 

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