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Les raisons de la crise agricole

Les  raisons de la crise agricole

Les facteurs explicatifs de la crise et du mécontentement des agriculteurs à des facteurs explicatifs divers et différents selon les activités. Reste le dénominateur commun à savoir la trop faible rémunération. Le résultat d’intrants( achats pour produire) l’agriculture dont les coûts ne cessent d’augmenter( entre  matériel, entretien, énergie, autres charges) tandis que les prix de vente structurellement ne font que diminuer.

 

Le lait, par exemple, est payé par les laiteries aux éleveurs environ 0,40 € le litre ; en baisse de 6 centimes par rapport à l’an dernier. En rayon, la brique UHT vaut en moyenne 1,07 €, soit plus de 2,6 fois plus chère qu’au départ de la ferme.

Face à l’explosion des charges, notamment de l’énergie, les agriculteurs demandent que le gouvernement revienne sur son projet de suppression de détaxation du gasoil non routier.

La troisième revendication concerne la réglementation qui impose des normes complexes et chronophage surtout en France. Par exemple cette réglementation qui prévoit d’augmenter la surface des jachères.

 

Le sujet de l’accès à l’eau fait également partie des revendications clés pour les agriculteurs. Partout en France, les paysans aimeraient pouvoir constituer des réserves de stockage d’eau plus facilement, sans avoir à remplir des conditions de plus en plus restrictives.

 

Selon les activités il y a bien d’autres revendications. Globalement les agriculteurs se plaignent de la distorsion de concurrence avec le reste de leur et encore davantage les autre pays du monde non soumis aux mêmes règles sanitaires et environnementales. La France est désormais déficitaire dans beaucoup des productions agricoles.

L’excédent des échanges agroalimentaires français recul de nouveau fortement sur un an. Un repli qui résulte de la diminution marquée des exportations, malgré la baisse des importations.

En août 2023, l’excédent commercial agroalimentaire s’élève à 453 millions d’euros. Cela représente une diminution de 541 millions d’euros par rapport à août 2022 (–54 %). Ce résultat est la conséquence d’une baisse des exportations de 733 millions d’euros, soit –10 %, malgré le recul simultané des importations de 192 millions, soit –3 %. Selon Agreste, cette forte baisse de l’excédent commercial agroalimentaire provient pour près de 90 % de la dégradation des échanges avec les pays tiers.

Avec les pays tiers, l’excédent s’établit à 921 millions d’euros, en recul de 478 millions sur un an. Les exportations diminuent de 650 millions d’euros en glissement annuel, soit –19 %, très majoritairement en raison des seuls produits bruts (–560 millions) du fait du recul des ventes de blé tendre, principalement vers l’Algérie. En parallèle, les importations en provenance des pays tiers diminuent de 172 millions d’euros par rapport à août 2022 (–8 %).

Avec l’Union européenne, le déficit se creuse de 62 millions en glissement annuel, à –468 millions d’euros, du fait d’une diminution des exportations de 83 millions (–2 %) supérieure à celle des importations qui se replie de 21 millions (–1 %). La diminution des exportations s’explique notamment par le recul des ventes de produits bruts, principalement de blé tendre et d’orge, en partie contrebalancé par la hausse des exportations de produits transformés.

Estimées à 1,3 milliard d’euros, les exportations chutent de 687 millions d’euros, soit –35 % par rapport à août 2022. Au premier rang des produits bruts exportés, la valeur des expéditions de céréales, principalement de blé tendre, recule de 675 millions d’euros en glissement annuel, en raison de volumes exportés et des prix à l’exportation moindre (après la flambée des prix en 2022).

Du côté des importations, elles sont estimées à 1,2 milliard d’euros et diminuent ainsi de 42 millions d’euros, soit une baisse de 3 % sur un an. Les principales baisses concernent les produits de la pêche et les fruits, respectivement de –17 et –12 millions d’euros sur un an.

Crise agricole : le retour des gilets rouges ?

Crise agricole : le retour des gilets rouges ?

Cette fois il est vraisemblable que le bla-bla habituel de Macon ne pourra calmer la colère des agriculteurs. En effet,  le mouvement est parti de la base et connaît une dynamique certaine au point que la puissante FNSEA tente de reprendre le mouvement en main à la fois pour obtenir satisfaction mais aussi pour éviter des dérives. Le risque en effet c’est que les gilets rouges ( qu’on avait connu un temps en Bretagne) imitent  d’une certaine manière les gilets jaunes.

 

Les facteurs de mécontentement sont multiples et divers selon les activités. Il y a des facteurs économiques avec le renchérissement de nombre d’intrants. À l’inverse des prix de vente insuffisant pour couvrir les coûts mais aussi surtout des inquiétudes fortes sur l’avenir. Sur nombre de produits agricoles la France ne cesse de régresser plus de la moitié des fruits et légumes proviennent de l’étranger, il en est de même pour certaines viandes comme les poulets. Autant de produits venus de l’extérieur qui n’ont pas à subir la même contrainte environnementale et sanitaire qu’en Europe et en France en particulier.

À la pression environnementale et à la complexification des procédures s’ajoutent l’interrogation sur le devenir même de la profession non seulement maltraitée économiquement mais aussi mal considérée par les écolos bobos.

C’est une sorte de course de vitesse qui s’engage entre l’amplification du mouvement de protestation et l’action du gouvernement. Le gouvernement devra agir vite, fort est concrètement avant que le mouvement ne devienne impossible à gérer. Bref le risque et qui émerge un mouvement des gilets rouges concernant les agriculteurs voire le monde rural tout entier.

Crise Agricole : des facteurs multiples

Crise Agricole : des facteurs multiples

 

Pour l’ancienne responsable de la FNSEA, Christiane Lambert il y a des facteurs multiples qui peuvent expliquer la crise agricole (dans la Tribune)

 

CHRISTIANE LAMBERT – Les éléments déclencheurs, ce sont souvent des décisions nationales, ou des conséquences locales du changement climatique : en Allemagne, des taxes sur le carburant et le machinisme ; en France, des restrictions phytosanitaires particulièrement dures ; en Irlande et aux Pays-Bas, la volonté gouvernementale de réduire les cheptels bovins ; en Italie et en Grèce, les inondations ; en Espagne, la sécheresse.. Mais dans l’ensemble de l’Union européenne, depuis le Green Deal [le Pacte vert, proposé par la Commission européenne en 2019], les agriculteurs subissent la « méthode Timmermans » [du nom du premier vice-président de la Commission de l'époque], très descendante et donneuse d’ordres. On assiste à un empilement réglementaire : l’UE a voté une quinzaine de textes qui imposent de nouvelles contraintes aux agriculteurs. Cela vient s’ajouter aux conséquences de la crise sanitaire du Covid et puis de la guerre en Ukraine : les hausses des coûts de production et la perturbation des flux commerciaux, avec des pays comme la Roumanie et la Pologne inondés de blé ukrainien et d’autres, dans l’hémisphère Sud, confrontés à des famines qui engendrent des déplacements des populations vers le Nord. On est face à une déstabilisation complète, et les décideurs européens continuent d’avancer comme si de rien n’était ? L’agriculture est malade, et on continue à lui administrer des obligations supplémentaires ? C’est incompréhensible. La Commission européenne n’écoute pas les agriculteurs. Et c’est à cause de cette accumulation de mauvaises décisions que la colère explose.

Le Green Deal et les textes qui en découlent visent à promouvoir la transition écologique en agriculture. Vous n’en voulez donc pas ?

Nous ne refusons pas cette transition. Mais c’est très difficile de l’engager dans les conditions économiques actuelles, qui réduisent véritablement nos revenus et nous plongent dans l’inconnu face à la fermeture de certains marchés et à l’augmentation des importations. En plus, nous devons pouvoir produire l’alimentation nécessaire pour nourrir les Européens et les pays qui ont besoin de nos produits. Or sept études d’impact effectuées en dehors de l’UE montrent que le Green Deal fera baisser la production agricole européenne. L’Europe va donc devoir importer beaucoup plus de denrées, qui viendront de pays qui ne respectent pas nos standards et qui pèseront sur notre bilan carbone. Les prix payés par les consommateurs augmenteront, les agriculteurs ne tiendront pas face à la baisse de leurs revenus et disparaîtront. Cela affaiblira énormément l’alimentation et l’économie européennes. Nous voulons produire plus, mieux et avec moins d’impact sur l’environnement. Nous ne sommes pas contre les changements, mais pour qu’ils soient progressifs et raisonnés. Et on n’est pas antieuropéens, mais on veut une Europe qui prenne des décisions cohérentes.

Que demandez-vous concrètement ?

Nous insistons pour que toutes les décisions européennes soient fondées sur la science, ainsi que sur des études d’impact vérifiant leur compatibilité avec la souveraineté alimentaire. Elles ne peuvent pas reposer seulement sur des considérations environnementales. Nous demandons aussi l’adoption d’une nouvelle dérogation aux règles de la PAC sur les jachères, qui défendent la possibilité de produire sur 4 % de la surface agricole.

Un moratoire sur l’adoption de nouveaux textes jusqu’aux élections européennes pourrait-il calmer les esprits ?

Oui, bien sûr. Nous voudrions notamment que soit abandonné le règlement, insensé, sur la restauration de la nature, qui prévoit que 10 % des terres agricoles soient non productives. De même pour la directive sur les émissions industrielles, qui inclut l’agriculture et pénalise par exemple les élevages comptant 120 truies, alors qu’en France une exploitation moyenne en compte 200, et 400 en Allemagne ou aux Pays-Bas. Comment peut-on accepter de dire qu’une exploitation familiale dégage des émissions industrielles ?

La semaine prochaine, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lancera un « dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture », impliquant l’ensemble des acteurs de l’agroalimentaire. Que comptez-vous lui dire ?

Cette volonté de dialogue est enfin la reconnaissance d’un problème de méthode. Nous allons lui demander d’écouter ceux qui font, et non pas seulement ceux qui parlent. C’est maintenant qu’il faut expliquer à la Commission européenne qu’elle va trop vite pour les agriculteurs. Le commissaire Timmermans a fait beaucoup de mal à l’Europe, mais il est parti, et il représente la minorité aujourd’hui dans son pays [les Pays-Bas]. ■

Crise agricole : de nombreux facteurs à prendre en compte pour l’ancienne patronne de la FNSEA

Crise agricole : de nombreux facteurs à prendre en compte pour l’ancienne patronne de la FNSEA

Selon l’ancienne patronne de la FNSEA, la fronde résulte d’une accumulation de mauvaises décisions et concerne toute l’Europe. Interview dans la Tribune

CHRISTIANE LAMBERT – Les éléments déclencheurs, ce sont souvent des décisions nationales, ou des conséquences locales du changement climatique : en Allemagne, des taxes sur le carburant et le machinisme ; en France, des restrictions phytosanitaires particulièrement dures ; en Irlande et aux Pays-Bas, la volonté gouvernementale de réduire les cheptels bovins ; en Italie et en Grèce, les inondations ; en Espagne, la sécheresse… Mais dans l’ensemble de l’Union européenne, depuis le Green Deal [le Pacte vert, proposé par la Commission européenne en 2019], les agriculteurs subissent la « méthode Timmermans » [du nom du premier vice-président de la Commission de l'époque], très descendante et donneuse d’ordres. On assiste à un empilement réglementaire : l’UE a voté une quinzaine de textes qui imposent de nouvelles contraintes aux agriculteurs. Cela vient s’ajouter aux conséquences de la crise sanitaire du Covid et puis de la guerre en Ukraine : les hausses des coûts de production et la perturbation des flux commerciaux, avec des pays comme la Roumanie et la Pologne inondés de blé ukrainien et d’autres, dans l’hémisphère Sud, confrontés à des famines qui engendrent des déplacements des populations vers le Nord. On est face à une déstabilisation complète, et les décideurs européens continuent d’avancer comme si de rien n’était ? L’agriculture est malade, et on continue à lui administrer des obligations supplémentaires ? C’est incompréhensible. La Commission européenne n’écoute pas les agriculteurs. Et c’est à cause de cette accumulation de mauvaises décisions que la colère explose.

Le Green Deal et les textes qui en découlent visent à promouvoir la transition écologique en agriculture. Vous n’en voulez donc pas ?

Nous ne refusons pas cette transition. Mais c’est très difficile de l’engager dans les conditions économiques actuelles, qui réduisent véritablement nos revenus et nous plongent dans l’inconnu face à la fermeture de certains marchés et à l’augmentation des importations. En plus, nous devons pouvoir produire l’alimentation nécessaire pour nourrir les Européens et les pays qui ont besoin de nos produits. Or sept études d’impact effectuées en dehors de l’UE montrent que le Green Deal fera baisser la production agricole européenne. L’Europe va donc devoir importer beaucoup plus de denrées, qui viendront de pays qui ne respectent pas nos standards et qui pèseront sur notre bilan carbone. Les prix payés par les consommateurs augmenteront, les agriculteurs ne tiendront pas face à la baisse de leurs revenus et disparaîtront. Cela affaiblira énormément l’alimentation et l’économie européennes. Nous voulons produire plus, mieux et avec moins d’impact sur l’environnement. Nous ne sommes pas contre les changements, mais pour qu’ils soient progressifs et raisonnés. Et on n’est pas antieuropéens, mais on veut une Europe qui prenne des décisions cohérentes.

Que demandez-vous concrètement ?

Nous insistons pour que toutes les décisions européennes soient fondées sur la science, ainsi que sur des études d’impact vérifiant leur compatibilité avec la souveraineté alimentaire. Elles ne peuvent pas reposer seulement sur des considérations environnementales. Nous demandons aussi l’adoption d’une nouvelle dérogation aux règles de la PAC sur les jachères, qui défendent la possibilité de produire sur 4 % de la surface agricole.

Un moratoire sur l’adoption de nouveaux textes jusqu’aux élections européennes pourrait-il calmer les esprits ?

Oui, bien sûr. Nous voudrions notamment que soit abandonné le règlement, insensé, sur la restauration de la nature, qui prévoit que 10 % des terres agricoles soient non productives. De même pour la directive sur les émissions industrielles, qui inclut l’agriculture et pénalise par exemple les élevages comptant 120 truies, alors qu’en France une exploitation moyenne en compte 200, et 400 en Allemagne ou aux Pays-Bas. Comment peut-on accepter de dire qu’une exploitation familiale dégage des émissions industrielles ?

La semaine prochaine, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lancera un « dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture », impliquant l’ensemble des acteurs de l’agroalimentaire. Que comptez-vous lui dire ?

Cette volonté de dialogue est enfin la reconnaissance d’un problème de méthode. Nous allons lui demander d’écouter ceux qui font, et non pas seulement ceux qui parlent. C’est maintenant qu’il faut expliquer à la Commission européenne qu’elle va trop vite pour les agriculteurs. Le commissaire Timmermans a fait beaucoup de mal à l’Europe, mais il est parti, et il représente la minorité aujourd’hui dans son pays [les Pays-Bas]. ■

Crise agricole: La crainte d’une extension du conflit

Crise agricole: La crainte d’une extension du conflit


En France mais aussi en Europe se multiplient les manifestations des agriculteurs qui protestent contre la trop faible rémunération de la. En France, on craint l’extension non seulement au monde agricole mais aussi plus largement aux populations rurales. Le gouvernement a mobilisé plusieurs ministres sur le terrain et promet des contrôles pour empêcher les ventes à perte ( des contrôles forcément très partiels t qui de toute façon ne répondent pas à la problématique générale).

Hausse des charges, retards de paiements des subventions agricoles, sentiment d’être écrasés par des normes nationales ou européennes, au nom de la transition écologique, les motifs de colère sont multiples. Ils s’ajoutent à celui des revenus comme l’ont montré jeudi les manifestations pour obtenir des meilleurs prix de Lactalis.

« Il faut que vous puissiez vivre de votre travail », a déclaré Gabriel Attal lors d’un déplacement à Saint-Laurent-d’Agny (Rhône) où il a été interpelé par des agriculteurs, en ajoutant qu’il y aura « davantage de contrôles » pour s’assurer que les négociations commerciales annuelles entre les enseignes de supermarchés et leurs fournisseurs de l’agro-industrie ne se fassent pas au détriment du prix payé aux agriculteurs qui produisent la matière première des aliments.

« Dès la semaine prochaine, la direction générale de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) multipliera les contrôles sur les négociations commerciales en cours pour s’assurer de la préservation du revenu des producteurs agricoles. Nous serons intraitables avec les distributeurs qui ne respecteront pas les dispositions de la loi Egalim », a déclaré de son côté le ministre de l’économie ajoutant qu’il ne voulait pas que ces négociations « se traduisent par un affaiblissement du revenu des producteurs ».

« Les mots ne suffisent plus. (…) Agir, vite, à Bruxelles et Paris pour redonner dignité, revenu et avenir à ceux qui nourrissent », a pressé de son côté le président de la FNSEA Arnaud Rousseau, lequel avait partagé sur X vendredi que « le ras-le-bol des agriculteurs exprimé depuis des mois se transforme en colère partout en France ». Ce dernier doit rencontrer Gabriel Attal lundi soir. Son gouvernement doit porter prochainement un projet de loi pour favoriser la relève en agriculture. Le texte, au menu du Conseil des ministres du 24 janvier, prévoit de créer un nouveau diplôme de niveau bac+3 et un guichet unique pour accueillir les candidats à l’installation. La profession, elle, attendait une loi d’orientation plus ambitieuse.

Banque Crédit agricole : ça va bien pour la « banque des paysans » moins bien pour l’agriculture

Banque Crédit agricole : ça va bien pour la « banque des paysans » moins bien pour l’agriculture

Le Crédit Agricole se porte très bien avec des résultats positifs de plus de 20 % ce qui devrait réjouir la « banque des paysans ». Des résultats qui tiennent moins au soutien des activités de l’agriculture en France qu’à une extension du rôle du crédit agricole à l’international et à une diversification des activités. En bref, le crédit agricole se porte bien et c’est tant mieux mais ressemble davantage à une banque internationale classique qu’à une institution de soutien à l’agriculture française, son rôle initial. Témoin, les difficultés de financement que rencontrent les agriculteurs notamment les jeunes qui veulent s’installer

Crédit Agricole, pourtant, semble survoler la saison : le groupe mutualiste a publié, ce jeudi matin, un résultat net part du groupe record , en hausse de 21 % au troisième trimestre, à 2,38 milliards d’euros. Crédit Agricole SA (CASA), l’entité cotée du groupe, bondit même de 32,8 % sur la période, à 1,74 milliard d’euros, pour 6,3 milliards d’euros de revenus. Ces résultats « s’inscrivent naturellement dans l’extension permanente du modèle du groupe », a salué Philippe Brassac, le directeur général de CASA.

Un PGE agricole dans le budget 2024

Un PGE agricole dans le budget 2024

Compte tenu de l’évolution démographique de la profession qui se caractérise par un manque de repreneurs d’une part et par un manque de solvabilité des candidats qui restent d’autre part, un amendement gouvernemental au projet de loi de finances actuellement en discussion, proposant la mise en place d’un fonds de garantie de 2 milliards d’euros pour aider à l’installation des nouveaux agriculteurs vient d’être adopté.

Alors que le nombre d’exploitations agricoles a fondu de 20 % entre 2010 et 2020, la question de la transmission et de l’installation en France de nouveaux exploitants est au cœur du futur projet de loi d’orientation agricole. Tout comme celles de l’accès au foncier, de la formation et de la transition écologique (réduction des intrants, baisse des émissions de gaz à effet de serre…).

Le budget est garantir les prêts bancaires sollicités par les aspirants agriculteurs pour faciliter leur accès à des financements au moment où l’inflation, notamment du foncier, rend plus difficile les reprises ou créations de fermes.

Dans le budget du ministère de l’Agriculture, les crédits seront notamment fléchés vers vers les exploitations d’élevage, notamment laitières ou bovines, particulièrement touchées par le manque de repreneurs.

«Les modalités de déploiement de cette mesure (prévue dans le cadre du projet de loi d’orientation agricole attendu au Parlement en décembre, NDLR) seront précisées par décret», a ajouté mercredi le cabinet du ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau. Ces prêts pourront être accessibles via des banques classiques ou des structures bancaires publiques.

7 mars: « CATASTROPHE ÉCOLOGIQUE, AGRICOLE, SANITAIRE » pour Véran et même le déluge ?

7 mars: « CATASTROPHE ÉCOLOGIQUE, AGRICOLE, SANITAIRE » ( Véran) . et même le déluge ?

Évoquant tour à tour la sécheresse, la vaccination contre le papillomavirus et le réseau ferroviaire, Véran a jugé que « mettre la France à l’arrêt » reviendrait à « prendre le risque d’une catastrophe écologique, agricole, sanitaire », à négliger « la santé de nos enfants » ou encore à « rater le train du futur ».

« Et pourquoi pas la défaite en Coupe du monde? »

Ce ton, pour le moins très alarmiste, n’a pas manqué de faire réagir ses opposants politiques et syndicaux.
« La sécheresse, c’est la faute des syndicats? La crise sanitaire, idem? Et pourquoi pas la défaite en Coupe du monde? », a ironisé Laurent Berger, patron de la CFDT.

Le leader syndical estime ainsi qu’il s’agit de « tentatives pour déstabiliser une mobilisation sans précédent contre les 64 ans » qu’il qualifie de « grossières ».

Pour Matthieu Croissandeau, éditorialiste politique sur BFMTV, si « Olivier Véran croit ce qu’il raconte », alors il « serait bien inspiré de s’interroger ». En effet, « si les Français qui manifestent étaient prêts à faire courir tous ces risques », il y aurait « manifestement un très gros problème avec cette réforme ». Dès lors, avec un tel scénario, « le plus prudent » aurait été « de renégocier pour ne pas précipiter la France dans l’abîme », analyse l’éditorialiste.

Secteur agricole : la fin d’un monde ?

Secteur agricole : la fin d’un monde

Bertrand Hervieu, co-auteur de l’ouvrage très instructif « Une agriculture sans agriculteurs ». Le sociologue membre de l’Académie d’Agriculture de France décrypte le déclin du modèle familial et le basculement délicat dans les logiques entrepreneuriales à l’heure de la transition agro-écologique.(dans la Tribune)


Quand on parle de choc démographique dans le monde agricole, vous nuancez en disant que les statistiques ne voient rien. Ne doit-on plus être inquiet quant au déclin des agriculteurs ?

Bertrand HERVIEU – Oui, il y a bien un effondrement démographique, c’est clair. – 75 % d’actifs agricoles en 40 ans, c’est quand même significatif. Les chefs d’exploitations et co-exploitants, ne représentent plus qu’1,5% de la population active française. Mais ce que cache l’effondrement démographique, c’est une reconfiguration très forte des modes d’organisation du travail et du capital. Avec François Purseigle [sociologue à l'Institut national de Polytechnique de Toulouse et co-auteur du livre « Une agriculture sans agriculteurs », ndlr], ce qui nous frappe c’est la crise du modèle de l’exploitation familiale.

Ce n’est pas la fin de l’agriculture, c’est la fin d’une forme de l’agriculture. Au fond, l’exploitation familiale avec deux personnes à plein temps, c’est-à-dire l’exploitation conjugale finalement, constitue un moment historique qui a succédé au modèle patriarcal de la Troisième République et qui voit aujourd’hui émerger des formes multiples, complexes et enchevêtrées sous des formes sociétaires, avec une montée en puissance du salariat. Nous allons assister à une réorganisation très profonde des structures d’exploitations et des modes d’exercice de ce métier.

Dans votre ouvrage, on apprend que 60 % des chefs de propriété gèrent des sociétés agricoles. Tous les agriculteurs exploitants vont-ils devenir des exploitants entrepreneurs ?
C’est la tendance observée oui, avec des statuts professionnels différents. En Nouvelle-Aquitaine par exemple, vous avez une très grande palette des modes d’exercice du métier entre les productions animales et végétales. Ce que l’on voit dans une partie des Landes, avec l’exploitation de parcelles par des sociétés extérieures, est davantage en phase avec le mouvement actuel que le modèle de l’agriculteur qui possède une cinquantaine d’hectares en polyculture-élevage. Cette seconde image est en train de s’effacer et cela interroge sur l’attractivité du modèle qui représente trop de contraintes de travail et de capital à l’installation.


Le modèle d’entreprise agricole se banalise mais vous montrez que les institutions représentatives refusent de l’intégrer dans leurs discours. Est-il difficile pour un métier en lien avec le vivant d’intégrer les logiques entrepreneuriales ?

Le modèle à deux personnes à plein temps a été une vraie conquête pour la génération de la seconde moitié du XXe siècle : la phase de modernisation s’est appuyée sur l’exploitation familiale. Et elle a très bien réussi, il faut comprendre ça. La France était totalement déficitaire dans sa couverture alimentaire avant et après la Seconde Guerre mondiale. En l’espace de vingt ans, elle a connu la surproduction. C’est dire l’extraordinaire bond qui s’est opéré en reposant sur du travail familial. C’était voulu par la génération de la jeunesse agricole catholique des années 1950-60.
Ce modèle-là a été un modèle voulu, conquis, un modèle glorieux et productif. L’abandonner, c’est un peu le trahir et mettre fin à une épopée avec les hommes et les femmes qui ont construit cette histoire. C’est toujours plus difficile d’abandonner un modèle qui a fonctionné. Edgard Pisani, qui fut ministre de l’Agriculture de 1961 à 1966, avait l’habitude de dire qu’une politique qui a fonctionné est une politique qui a changé le monde, mais puisque le monde a changé il faut changer de politique.


L’agriculture se tourne de plus en plus vers une économie de services. Cette nouvelle donne économique est-elle viable pour une profession subventionnée et aux revenus parfois précaires ?

Il s’agit du secteur où l’on rencontre l’éventail des revenus le plus important. Le dixième des exploitations les moins rentables sont en revenu négatif. Le modèle économique classique est donc fragile. Ce qu’introduit ce modèle complexe via de nouvelles formes sociétaires, c’est beaucoup plus de souplesse. Ce ne sont plus des structures à vie, elles se pensent désormais en fonction d’un projet économique à un moment donné en fonction des opportunités conjoncturelles. Il est frappant de constater que, dans les structures qui tirent un revenu extrêmement confortable, il y a généralement plusieurs sociétés qui s’emboîtent, les unes disparaissent, les autres émergent. Ça demande beaucoup de dextérité juridique et fiscale.

Si les plus petites structures ne suivent pas ce mouvement, sont-elles condamnées à disparaître ?
Pas forcément. Ce mouvement sur lequel nous voulons attirer l’attention dans notre livre a été indicible jusqu’ici. Notre travail a consisté à le nommer. Mais ce mouvement ne dit pas tout. Nous disons que l’exploitation familiale est fragilisée et que, pour beaucoup, elle n’est plus désirable. Elle est prise en étau entre cette agriculture plus abstraite et une floraison de micro-exploitations qui empruntent les codes de la startup. On voit beaucoup de « bifurqueurs » comme on les appelle [en référence au discours des diplômés d'Agro Paris Tech en mai 2022, ndlr]. Économiquement ils ne pèsent pas très lourd, mais culturellement c’est très important. Les collectivités accordent de l’importance à ce mouvement de retour au local, contrairement aux politiques agricoles. Je trouve ça regrettable car cet élan est une source d’innovation. Il faut toujours être attentif aux marges qui sont des lieux d’invention.
« Le pessimisme dominant doit être écarté par l’attirance de nombreux jeunes pour ce métier »

Les personnes non-issues du milieu agricole représentent une force pour renouveler la profession vieillissante. Or, il est de plus en plus difficile d’accéder à la propriété foncière puisque le patrimoine se concentre dans les familles exploitantes. La figure de l’agriculture grand propriétaire terrien est donc révolue ?

Je n’ai pas la réponse mais je constate une chose. Les transmissions sont de plus en plus difficiles. Un jeune qui entre dans le métier va passer sa vie à racheter les parts de sociétés et de foncier. C’est quand même vivre pauvre pour mourir riche. Il y a une crise autour de la succession-installation. J’ai un cas précis dans les Landes, d’une ferme restée dans une famille pendant deux générations. La troisième a considéré que pour sortir des difficultés, il fallait vendre. Ils solliciteront donc des porteurs de capitaux.

Le pessimisme dominant doit être écarté par l’attirance de nombreux jeunes pour ce métier. Il y a une adéquation à construire entre ce désir de métier et des nouvelles formes de l’exercer. La nouvelle génération n’a pas envie d’être astreinte sept jours sur sept, 365 jours par an. Ces nouvelles aspirations ne constituent pas une catastrophe !

Mais l’éloignement avec le cœur de métier, avec la fierté de produire la nourriture du pays et d’assurer la souveraineté alimentaire semble pourtant très mal vécu par la profession…
Oui, ce processus que vous qualifiez d’éloignement, je le qualifierais d’abstraction, de parcellisation des fonctions. C’est une tendance lourde, visible dans notre société. L’agriculteur doit avoir une vision de synthèse sur ce qu’il fait et sur sa place dans la production alimentaire.

La transition écologique que les agricultures doivent mener est-elle à la fois une opportunité pour renouveler les générations mais aussi une impasse économique pour les plus petites ?

On peut faire l’hypothèse que ces structures tertiarisées, pointues sur le plan technologique, soient plus à même de prendre à bras le corps la transition que les petites et moyennes vieillissantes. Dans celles-ci, la moitié des chefs d’exploitation a plus de 50 ans, à cet âge vous n’avez pas tellement envie de réinvestir dans un nouveau modèle de production. Mais on peut espérer que le renouvellement des générations soit effectivement porteur de la transition.
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« Une agriculture sans agriculteurs », François Purseigle et Bertrand Hervieu, Presses de SciencesPo, octobre 2022, 222 pages, 16€.

Réforme des retraites: Critique d’une étude du Crédit Agricole

Réforme des retraites: Critique d’une étude du Crédit Agricole

Le Crédit Agricole vient de publier une synthèse publié dans les « Echos »qui met en exergue les conséquences de cette réforme et évoque les pistes alternatives.

Dans le dernier numéro de Perspectives, revue d’analyse économique et sectorielle du Groupe Crédit Agricole, Pierre Benadjaoud, économiste, souligne certains points qui permettent de recentrer le débat sur des réalités, pas toujours agréables à entendre. Zoom sur 4 points essentiels.

1. Les pensions vont diminuer

Si l’économie n’est pas une science exacte, la démographie en revanche permet de réaliser des prévisions fiables. Les évolutions démographiques et le départ à la retraite des papy-boomers dégradent le rapport entre le nombre de cotisants et de retraités.

Dès lors, constate l’étude du Crédit Agricole, « le niveau des pensions est voué à diminuer relativement aux revenus d’activité » qui souligne également : « Quelles que soient les hypothèses de prévision, le système de retraite serait déficitaire d’ici à 2030, sans qu’il soit néanmoins question de dérive. »

2. Les femmes sont défavorisées
Selon Perspectives, « le cumul de l’allongement de la durée de cotisation et du décalage de l’âge de départ pénalise en particulier les femmes . » Rappelons que les femmes bénéficient de 8 trimestres supplémentaires par enfant : 4 trimestres au titre de la maternité et 4 au titre de l’éducation. Ainsi, nombre d’entre elles peuvent partir à taux plein à 62 ans. Elles devront désormais travailler davantage.

Un ​constat partagé par l’étude d’impact, souligne l’auteur. « L’âge effectif de départ devrait augmenter de 6 mois en moyenne pour atteindre 64,4 ans pour la génération 1972. Le report de l’âge effectif de départ sera alors plus important pour les femmes (près de 9 mois) que pour les hommes (environ 5 mois). En contrepartie, les pensions des femmes augmenteront plus que celle des hommes (2,2 % de gain à terme, contre 0,9 % pour les hommes). »

Réforme des retraites : avez-vous intérêt à racheter des trimestres manquants ?

Mais surtout, « le report de l’âge légal à 64 ans décale également la surcote dont auraient pu bénéficier les personnes ayant atteint la durée de cotisation requise à 62 ans en continuant à travailler entre 62 et 64 ans dans le système avant réforme. Dans ce cas, la réforme conduit à une baisse du montant des pensions. »

3. Tout le monde ne bénéficiera pas d’une retraite minimale de 1.200 euros
Les salariés n’ayant pas effectué de carrière complète ne seront pas concernés par ce montant. Quid dans ce cas ? « Les 1.200 € seront alors proratisés selon le nombre de trimestres cotisés par rapport à la durée requise (avec en plus une éventuelle décote de 5 % par an en cas de départ en retraite entre 64 et 67 ans, si la durée de cotisation requise n’est pas atteinte) », explique Perspectives qui précise en outre que même à carrière complète, les personnes ayant travaillé à temps partiel ne bénéficieront pas non plus de ce montant et estime que « la formulation de retraite minimale à 1.200 € est en majorité trompeuse. »

4. La hausse des cotisations est une alternative peu efficiente
Si de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une hausse des cotisations plutôt qu’un recul de l’âge de la retraite, cette solution n’est pas satisfaisante sur le plan économique. Selon l’étude du Crédit Agricole, qu’elle pèse sur les cotisations salariales ou sur les cotisations patronales, une augmentation des cotisations aurait un impact négatif sur le salaire et donc le pouvoir d’achat des actifs. Dans le premier cas, elle provoquerait une baisse du revenu des ménages et dans le second une hausse des coûts, négative pour les marges et l’investissement ce qui provoquerait à terme une modération de la croissance des salaires.

« Selon les analyses de la DG Trésor qui a étudié les alternatives à un report de l’âge de départ en retraite, une hausse de cotisations qui aurait le même effet sur le solde financier du système de retraite réduirait le PIB de 0,5 point au bout de dix ans (contre un gain de PIB 0,3 point avec un report de l’âge de départ) ».

En outre, le montant de nos cotisations est déjà supérieur à celui de la plupart des autres pays de l’OCDE.

Voitures à hydrogène : Une commande prévisionnelle de 10 000 véhicules du Crédit agricole

Voitures à hydrogène : Une commande prévisionnelle de 10 000 véhicules du Crédit agricole

Certains vont sans doute se demander si c’est vraiment la vocation du Crédit Agricole de participer à la la production et à la commercialisation de véhicules à hydrogène haut-de-gamme à 120 000 €.

Il est clair que la filière hydrogène se cherche encore notamment en raison des coûts de production d’une part et de la contrainte de produire à l’avenir de l’hydrogène à partir d’énergies renouvelables.

Par ailleurs en raison des contraintes techniques, l hydrogène spour l’instant réservée aux véhicules lourds, très lourd même ( camions, trains, bateaux et maintenant grosse berline.)

Progressivement cependant la multiplication de projets et les progrès technologiques vont rendre la production d’hydrogène de plus en plus accessible.

En attendant, filiale spécialisée en crédit à la consommation du Crédit Agricole (Crédit agricole consummer finance) a signé avec Hopium un protocole d’accord pour la livraison de 10.000 berlines à hydrogène que le start-up française entend produire en Normandie à partir de 2025, ont annoncé samedi les entreprises dans un communiqué.

« Agilauto, marque spécialisée dans la vente et le financement automobile du groupe Crédit Agricole en France, proposera la berline à hydrogène du constructeur français Hopium dans le cadre de programmes destinés à ses clients particuliers ou professionnels », ajoute le communiqué. « Cela permet de renforcer la stratégie commerciale avec une commande prévisionnelle à hauteur de 1,2 milliard d’euros. Cela participe du renouveau industriel français et européen dansla production de véhicules propres, » a déclaré Jean-Baptiste Djebbari, président du Conseil d’Administration d’Hopium et ancien ministre des Transports. Son passage du ministère à la start-up au printemps dernier avait fait grincer des dents.
Un véhicule haut de gamme à 120.000 euros

Encore à l’état de prototype, l’Hopium Machina est une berline sportive à pile à combustible. Elle devrait être proposée autour de 120.000 euros et promet une autonomie de 1.000 kilomètres, pour une puissance de 500 chevaux et un poids sous les deux tonnes. Elle serait le premier véhicule non utilitaire à hydrogène produit en France.

(Avec AFP)

Climat : reconstruire le système agricole africain

Climat : reconstruire le système agricole africain

Alors que la guerre en Ukraine a mis en lumière la vulnérabilité des Etats du continent, Ibrahim Mayaki et Marion Guillou, de la Fondation Afrique-Europe, appellent à investir davantage dans l’agriculture.(Le Monde)

 

Encore plus que dans d’autres zones , les pays africains souffrent de leur dépendance aux importations alimentaires. Une dépendance notamment au blé et au riz alors que le continent ses produits des aliments traditionnels tout aussi nourrissants sinon davantage NDLR 

 

Tribune.

 

Si les premières cargaisons de céréales en provenance d’Ukraine commencent à être livrées sur les marchés grâce à l’accord négocié par l’ONU et la Turquie, le conflit russo-ukrainien a rappelé à quel point le contrôle des approvisionnements alimentaires est un levier géopolitique majeur. Dans ce contexte, « l’autonomie stratégique » est devenue le mantra du jour. Néanmoins, les pays sont confrontés à des options très différentes lorsqu’il s’agit de la mettre en pratique.

Le sujet est crucial en Afrique, où le déficit alimentaire augmente sous l’effet de la forte croissance urbaine, d’une faible productivité agricole, des impacts climatiques croissants et d’investissements limités dans l’agriculture et les systèmes alimentaires. Ce déficit a bondi de 10 % des besoins alimentaires en 1970 à 20-25 % aujourd’hui..

L’invasion de l’Ukraine par la Russie aggrave encore la situation. Selon les dernières données, plus de 750 millions de personnes vivent dans des pays qui importent entre 50 et 100 % de leurs besoins en céréales d’Ukraine et de Russie. Parmi ces pays, quatorze des plus vulnérables se trouvent en Afrique. En plus d’avoir externalisé leur production céréalière, nombre d’entre eux achètent leurs engrais à l’autre bout du monde – en Russie notamment –, ce qui les a encore davantage fragilisés.

Afin de pouvoir construire en Afrique des systèmes agroalimentaires plus résilients, il convient d’envisager plusieurs mesures, certaines pour tout de suite et d’autres à plus long terme.

Plus d’investissements publics dans le secteur agroalimentaire. Dans le cadre des déclarations de Maputo en 2003, complétées à Malabo en 2014 par le Programme détaillé du développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA), les gouvernements africains se sont engagés à consacrer 10 % de leurs dépenses publiques à l’alimentation et à l’agriculture. Pourtant, un bilan établi en 2018 a montré que moins de la moitié des 54 pays africains avaient assorti leurs engagements de ressources. Et la pandémie de Covid-19 a encore resserré le financement public. Cependant, le PDDAA a aidé de nombreux gouvernements à concevoir des stratégies nationales d’investissement agricole et à adopter une approche des systèmes alimentaires, qui doit maintenant être renforcée.

Sécheresse : transformer le système agricole

Sécheresse : transformer le système agricole 

 

Nicolas Girod, éleveur dans le Jura et porte-parole national de la Confédération paysanne, estime, dans une tribune au « Monde », que la sécheresse doit inciter à faire évoluer le modèle de l’agriculture industrielle.

La sécheresse est là mais son traitement agricole est trop souvent résumé au seul problème de l’irrigation. Or, les paysannes et paysans subissent tous ce manque d’eau et s’exposent à des pertes économiques, qu’ils irriguent ou non. En France, selon le recensement général agricole de 2020, 7,3 % de la surface agricole utile est irriguée, une part relativement faible bien qu’en progression. La problématique est donc bien plus large : comment répondre aux enjeux d’une agriculture à même de faire face aux épisodes de sécheresse et préserver la ressource en eau ?

L’agriculture industrielle détruit les ressources naturelles. Elle draine, elle rectifie les cours d’eau afin d’évacuer l’eau des sols au détriment de sa circulation naturelle et de la recharge des nappes phréatiques ; elle consomme des intrants chimiques de synthèse au détriment de la vie des sols ; elle s’affranchit des haies, d’une végétation dense et des systèmes racinaires qui vont avec. En un mot, elle assèche les sols. Face à la situation actuelle, elle exige davantage de stockage artificiel, par le biais des « mégabassines » et s’approprie l’eau pour des pratiques toujours surconsommatrices et dévastatrices. Feignant d’ignorer le cycle de l’eau, ses choix accélèrent le problème au lieu de le résoudre.

La sécheresse extrême que nous vivons appelle à ne pas céder à la pression de l’agro-industrie et à agir urgemment en sens inverse.

Une fois de plus le gouvernement est dans la réaction à court terme, en mobilisant les préfets pour organiser des réunions sur la sécheresse dans tous les départements. Si on peut souligner l’intérêt de ces temps d’alerte et de concertation, nous ne pouvons nous satisfaire d’une gestion des crises successives sans agir sur les causes qui les font advenir.

Dans le même temps, le syndicat agricole majoritaire promeut le modèle espagnol qui a développé des infrastructures pour stocker l’eau… en omettant de préciser qu’il est aujourd’hui impossible de les remplir car l’aridité gagne l’ensemble du pays.

Changer le modèle agricole

Changer le modèle agricole

 

Il faut changer radicalement de modèle agricole et « reprendre la terre aux machines », plaide Nicolas Mirouze, ancien élève d’AgroParisTech devenu viticulteur, et qui a « bifurqué » vers l’agroécologie, dans une tribune au « Monde ».

Je m’appelle Nicolas Mirouze, je suis vigneron dans les Corbières (Occitanie), mais aussi ancien élève d’AgroParisTech et sociétaire de la coopérative d’intérêt collectif L’Atelier paysan, qui agit pour un changement de modèle agricole et alimentaire. Je me suis établi en 1999 sur un domaine viticole en agriculture conventionnelle et j’ai décidé, dès la deuxième année, de changer de mode de culture, en délaissant les engrais chimiques et en limitant l’emploi de pesticides. Il m’a fallu vingt longues et difficiles années pour m’extraire complètement du modèle de l’agriculture industrielle intensive tout en rendant ma ferme pérenne. J’ai aujourd’hui 50 ans, j’en avais 27 le jour ou j’ai décidé de « bifurquer ».

En France, une partie non négligeable de la population n’a pas les moyens de l’alimentation qu’elle voudrait choisir. Parfois, elle ne peut même pas acheter l’alimentation la moins chère disponible en grande surface : c’est ainsi que, selon l’inspection générale des affaires sociales, 5,5 millions de personnes en grande précarité alimentaire dans la France de 2018, antérieure à la crise due au Covid-19, se procuraient leurs repas quotidiens grâce à l’aide alimentaire.

Cette aide, devenue systémique en France, est distribuée par plus de 200 000 bénévoles, qui subissent quotidiennement toute la violence de cette pauvreté. Elle est abondamment pourvue par les surplus inconsidérés de l’agriculture industrielle intensive (car il faut toujours produire plus) et participe directement à la compression des coûts des produits agricoles et donc à la diminution du revenu des agriculteurs. Elle est également abondamment pourvue par les invendus de la grande distribution, qui se voit ainsi dotée d’une efficiente filière de recyclage. Comble du cynisme : cette nourriture « recyclée » est une source de défiscalisation pour des entreprises dont la contribution est assimilée à un don. Peut-on continuer à traiter d’une façon aussi indigente les plus pauvres d’entre nous, les bénévoles qui les soutiennent, les paysans qui voudraient les nourrir ?

L’autre face de cette triste réalité est que, sur la période 2010-2019, 77 % des revenus des agriculteurs proviennent des aides nationales et européennes. Sur la même période, 25 % des agriculteurs ont un revenu annuel moyen inférieur à 8 400 euros. Sur l’année 2018, 14 % des exploitations françaises ont un résultat courant négatif, selon les chiffres publiés en 2020 par le ministère de l’agriculture. Ce tableau stupéfiant est celui d’un système qui ne fonctionne pas du tout, qui – sans même parler de dégâts écologiques, de rendements énergétiques négatifs ou de perte de qualité nutritive – ne remplit aucun de ses objectifs initiaux : rémunérer les agriculteurs pour qu’ils fournissent une alimentation suffisante, satisfaisante et à la portée de tous.

Relancer la production agricole : une erreur ?

Relancer la production agricole : une erreur ?

 

Un collectif de scientifiques, membres d’institutions, spécialistes de sécurité alimentaire mondiale et de marchés internationaux explique, dans une tribune au « Monde », que la mise en culture des surfaces européennes dédiées à la biodiversité, qui serait désastreuse sur le plan écologique, n’aurait qu’un rôle très marginal pour pallier la réduction de l’offre mondiale.

Des arguments écologiques pertinents mais des  explications sociales un peu douteuses quand on connaît le rapport des populations à la quête quotidienne de nourriture provenant en particulier des céréales dont le prix a doublé. NDLR

Tribune.

La guerre en Ukraine entraîne une hausse des prix du blé, du maïs et des huiles végétales qui menace certains pays fortement importateurs, dans l’est et le sud de la Méditerranée et en Afrique subsaharienne.

En France et en Europe, la profession agricole et de nombreux responsables politiques allèguent une responsabilité nourricière envers ces pays qui exigerait de relancer la production agricole. Le monde aurait changé et les préoccupations environnementales et sanitaires devraient être mises entre parenthèses au nom de la sécurité alimentaire mondiale.

Ce mot d’ordre de produire plus pour nourrir le monde était déjà réapparu en 2008 puis en 2011 à la suite d’une flambée des prix des céréales. Pourtant, pas plus qu’alors, la planète ne manque aujourd’hui de nourriture. D’après les Nations unies, elle en produit environ un tiers de plus que ses besoins nutritionnels.

L’excédent est encore plus élevé si l’on ajoute que près de la moitié de la production céréalière est utilisée en alimentation animale, et dans une moindre mesure pour produire des agrocarburants – cela alors que les pays les plus riches surconsomment des produits animaux bien au-delà des besoins nutritionnels, au détriment de la santé et de l’environnement.

Pourtant, la faim dans le monde augmente depuis cinq ans, changement de tendance historique après des décennies d’une trop lente diminution. La planète n’a jamais produit autant par personne, mais 700 à 800 millions de personnes sont trop pauvres pour accéder à des moyens de se nourrir ou ont dû fuir des crises climatiques ou politiques.

Le mot d’ordre, aujourd’hui, est qu’il faudrait augmenter la production agricole européenne parce que le monde a changé depuis que la guerre est aux portes de l’Europe. Mais le monde avait déjà changé avant cette guerre. Cette production, telle qu’elle est pratiquée, exacerbe différentes menaces : la biodiversité s’effondre, le changement climatique s’accélère, les pollutions (engrais, pesticides, plastique) s’aggravent, la nutrition et la santé se dégradent.

Ces menaces, un temps contestées pour protéger les intérêts de ceux qui y contribuent, sont désormais largement prouvées et connues. En mettant au jour la dépendance de l’Europe aux énergies fossiles importées, la guerre confirme l’absurdité de vouloir relancer l’agriculture industrielle. Car celle-ci est totalement dépendante du pétrole et du gaz naturel pour fabriquer ses intrants (pesticides, engrais, carburants) dont elle ne peut pas se passer, et du soja importé pour l’alimentation animale. Les inquiétudes générées par la flambée du prix de l’engrais azoté sont là pour nous le rappeler.

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