Archive pour le Tag 'agricole'

Europe agricole : le bla-bla de Macron

Europe agricole : le bla-bla  de Macron

 

 

On peut légitimement se demander si le discours de Macron au salon de l’agriculture était destiné aux paysans français ou à la commission européenne et aux autres pays. Une sorte de plaidoyer pour le maintien de l’enveloppe de la PAC contestée par de nombreux pays. Macron critique aussi des accords économiques qui pourraient être passés avec d’autres zones à l’échelle mondiale à leur qu’il y ait font date mentalement favorable on s’est que la commission européenne et nombre d’autres pays souhaiterait un transfert des charges de la PAC sur les budgets nationaux. Ce que refuse la France principale bénéficiaire de la politique agricole commune. L’Europe étant très divisée sur l’avenir de la PAC,  il n’est pas certain que sur ce terrain comme sur bien d’autres Macron réussissent à convaincre une majorité de pays sur ses positions d’autant qu’il est affaibli non seulement au plan national mais au plan international aussi.  “Si nous cédons à l’esprit de division, alors dans cinq, dix, quinze ans, nous ne pourrons plus garantir une alimentation saine, traçable”, a-t-il souligné. “Aucun agriculteur, aucun consommateur ne souhaite être soumis aux diktats des non-européens.” Face aux inquiétudes des agriculteurs français, Emmanuel Macron a martelé que la France, principale bénéficiaire des aides agricoles, n’”accepterait pas” une réduction du budget de la PAC. “La France défend à ce moment à Bruxelles un budget ambitieux, un budget qui doit traduire les conséquences du Brexit, mais pas plus, pas pour un euro de plus”, a-t-il déclaré, sans plus de précisions. “Aucun accord commercial ne saurait autoriser des produits ne respectant pas les standards européens, environnementaux, sanitaires, et sociaux”, a-t-il martelé. “Sinon c’est demander aux producteurs européens de faire des efforts, des évolutions et le jour d’après ouvrir des accords commerciaux avec des pays qui ne respectent aucun des standards que nous sommes en train de définir. C’est absurde.” Un discours finalement assez contradictoire avec les autres positions de Macron et qui ressemble fortement à des propos de campagne électorale.

Crise agricole : 85% des Français soutiennent les paysans

Crise agricole : 85% des Français soutiennent les paysans

Selon une étude Odoxa Dentsu Consulting pour Le Figaro et Franceinfo,  85 % des Français ont une bonne opinion du métier de paysan. Politiquement parlant, 82 % des sympathisants Insoumis, soit autant que les sympathisants RN ainsi que 88 % des LREM et 91 % des LR ont une bonne opinion des agriculteurs. Les Français ne tarissent pas d’éloges. «Ils les jugent à la fois “sympathiques” (79 %), “passionnés” (88 %), “courageux” (92 %) et surtout “utiles” (93 %)», précise Gaël Sliman. Mais, au-delà de ce tableau idyllique, qui montre un fort attachement des Français à leurs agriculteurs, certains sont parfois sceptiques sur leurs pratiques. «Abattage et souffrance, glyphosate et produits phytosanitaires constituent autant de critiques», note Véronique Reille Soult, CEO de Dentsu Consulting, qui a complété ce sondage par une veille sur les réseaux sociaux sur la perception des agriculteurs et de l’agriculture française.

«Les internautes pointent une contradiction entre les besoins de produits sains et protecteurs de l’environnement avec une course à la productivité qui ne profite ni aux agriculteurs, ni aux consommateurs, ni à la planète, résume-t-elle. Les internautes saluent les hommes, mais surveillent leur production.» Certains agriculteurs, plutôt que de se remettre en cause et de changer leurs pratiques, voient dans ces critiques une forme d’acharnement. Ils se plaignent d’agribashing. Un réflexe défensif mal perçu par les consommateurs.

Le dernier enseignement porte sur la perception de la vie à la campagne ou en zone urbaine par les habitants de ces territoires. «Vaut-il mieux être un Français des villes ou un Français des champs?» ont demandé les sondeurs aux internautes. Réponse mitigée: 83 % pensent qu’ils ont «une vie heureuse» en milieu rural, alors que leurs concitoyens en région parisienne ne sont que 71 % à avoir ce sentiment. Toutefois, les ruraux ont un «fort sentiment d’abandon», notamment à cause de la raréfaction croissante des services publics. 63 % des ruraux estiment bénéficier de «peu de services publics sur le territoire», alors que 87 % des Franciliens pensent le contraire. Idem pour l’accès à la 4G: 46 % des habitants des territoires ruraux regrettent «un mauvais accès», alors que 88 % estiment au contraire «avoir un bon accès».

 

Crédit agricole, D.Bank, et Crédit Suisse : la main dans le sac des manipulations financières

Crédit agricole, D.Bank, et Crédit Suisse : la main dans le sac des manipulations financières

 

Les marchés financiers, la bourse en général constitue en fait  une sorte de casino ou les plus initiées ramassent la mise des petits épargnants de basse extraction. Il s’agit essentiellement d’un jeu à somme nulle qui consiste à jeter des pions sur la table de jeu à faire monter les enchères ou à les faire descendre selon les circonstances. Le but étant  toujours de ramasser la mise le plus rapidement possible. Le plus souvent aussi les opérateurs spécialisés comme les banques ou les sociétés financières donnent un coup de pouce pour accélérer les mouvements de yo-yo. On fait monter d’entente à la hausse en sachant que les cours vont diminuer afin de ramasser la mise ou inversement ont fait baisser artificiellement pour acheter à bas prix. Les spécialistes objecteront que la bourse est un moyen privilégié pour financer les entreprises, les Etats et les particuliers. Cependant on se demande bien pourquoi il faut pour cela une cotation quotidienne et qui varie en plus au cours de la journée. En effet les fondamentaux des pays ou des entreprises ne changent pas quotidiennement. Une cotation mensuelle serait bien suffisante. Bref c’est marché financier qui joue sur les taux d’intérêt, sur les taux de change, sur les actions bien sûr, sur les obligations et sur des produits dérivés très tordus qui sont d’ailleurs à l’origine de la crise de 2008. La bourse constitue surtout un outil de spéculation financière. Ainsi après les spéculations sur le Libor où se sont illustrées les banques européennes, la Commission européenne (CE) soupçonne quatre banques, dont Crédit agricole, Crédit Suisse et Deutsche Bank, d’entente sur le marché secondaire des obligations libellées en dollars entre 2009 et 2015, ce qui pourrait l’amener à infliger de lourdes amendes. La CE soupçonne quatre banques d’entente sur le marché secondaire des obligations libellées en dollars, a-t-elle annoncé jeudi. /Photo prise le 14 novembre 2018/REUTERS/François Lenoir

Il s’agit d’un nouveau coup porté à la réputation du secteur bancaire européen, qui s’est déjà vu infliger des milliards de dollars d’amendes pour manipulation des taux interbancaires, Libor en tête, qui servent de référence aux milliards de dollars de transactions dans le monde.

L’exécutif européen n’a pas désigné jeudi les établissements concernés, qui risquent une sanction maximale représentant 10% de leur chiffre d’affaires mondial s’ils sont jugés coupables d’infraction aux règles européennes en matière de concurrence. On se demande bien ce vient faire le crédit agricole dans cette affaire. On est loin en effet de l’ancienne banque des les agriculteurs. Et ce n’est pas la première fois que le crédit agricole est prit la main dans le sac de la spéculation et autre manœuvres financière régulatrice.

Chimie agricole : 70 plaintes en Maine et Loire

Chimie agricole : 70 plaintes en Maine et Loire

Le Maine-et-Loire se caractérise par une agriculture de maraîchage très importante qui implique aussi l’utilisation de nombres de produits chimiques dont notamment le fameux méta sodium qui en octobre a intoxiqué des dizaines de personnes. Du coup, Plus de 70 plaintes ont été déposées  pour blessures involontaires à la suite des intoxications aux pesticides à base de métam-sodium en octobre dernier dans le Maine-et-Loire. Les plaintes pour blessures involontaires par violation à une obligation de sécurité ou de prudence ont été déposées auprès de la compagnie de gendarmerie d’Angers, en charge de l’enquête. La plupart des plaintes émanent des personnes intoxiquées le 9 octobre à Brain-sur-l’Authion, à l’est d’Angers. Ce jour-là, 61 personnes, des ouvriers agricoles pour la plupart, avaient été intoxiquées au métam-sodium, souffrant d’irritations des voies oculaires et respiratoires. L’accident avait provoqué 17 hospitalisations. Trois jours plus tard, une nouvelle intoxication avait eu lieu non loin de là sur une autre exploitation agricole du Maine-et-Loire à Mazé-Millon. Le procureur d’Angers Yves Gambert a indiqué que l’enquête préliminaire ouverte sur ces faits était toujours en cours. Depuis le gouvernement a interdit l’utilisation de méthane sodium

Fiscalité agricole : grosse réserve sur l’embauche de saisonniers

Fiscalité agricole : grosse réserve sur l’embauche de saisonniers

Globalement les nouvelles dispositions fiscales prises par le gouvernement concernant le secteur agricole n’ont pas été trop mal accueillies  notamment pour ce qui concerne les dispositifs permettant de lisser les conséquences des catastrophes climatiques ou autres. La principale critique concerne l’embauche des saisonniers.  la suppression du dispositif spécifique d’exonérations de cotisations patronales pour l’emploi de travailleurs occasionnels et de demandeurs d’emploi (TODE) en agriculture. Or on connaît déjà toutes les difficultés qu’ont certains secteurs agricoles à pouvoir embaucher. Pas étonnant du coup qu’on fasse appel de manière de plus en plus massive à des travailleurs étrangers. Parmi les autres mesures annoncées mercredi, le triplement du plafond d’exonération des transmissions de baux ruraux à long terme afin de faciliter la transmission des exploitations ou encore l’adaptation “du cadre comptable de l’impôt sur les sociétés aux spécificités de l’activité agricole». La dotation pour investissement (DPI), “ainsi qu’un certain nombre d’incitations poussant les exploitants parfois à investir de manière artificielle dans le matériel agricole”, seront elles supprimées. Quant à la dotation pour aléas (DPA), créée pour permettre aux agriculteurs de constituer durant les bonnes années une dotation déductible de l’impôt sur le revenu et de l’utiliser lors des mauvaises années, ce dispositif n’a “pas eu le succès escompté”, a relevé le Premier ministre, qui a annoncé la levée de plusieurs “freins” qui gênaient son recours. Les agriculteurs pourront désormais constituer et reprendre des réserves financières sans conditions pendant une durée de 10 ans, contre 7 ans actuellement, et le plafond sera maintenu à 150.000 euros. Edouard Philippe a également confirmé que l’augmentation de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) sur le gasoil non routier ne concernerait pas les agriculteurs. Les allègements de charges consécutifs à la suppression du CICE s’appliqueront, elles, dès le 1e janvier 2019 dans le secteur agricole, contre le 1er octobre pour les autres secteurs, une manière d’”adresser un signal favorable à l’emploi et à l’équilibre des exploitations” agricoles.

Crédit agricole : une petite amende de 4,3 millions (BCE)

Crédit agricole : une petite amende de 4,3 millions (BCE)

Une amende très symbolique de la part de la banque centrale européenne au motif d’un certain bricolage sur le calcul des fonds propres. Ce n’est pas la première fois que la banque est sanctionnée elle avait été notamment contrainte de verser environ 700 millions d’amendes au États-Unis pour violation d’embargo, elle a été aussi visée par une amende de 500 millions pour tripotage des taux Libor. La leçon qu’on peut tirer de ces événements c’est que l’ancienne banque des paysans est tout simplement devenue un établissement financier international qui se comporte comme les autres banques et finalement dont  le rapport avec l’agriculture devient de plus en plus accessoire. – La Banque centrale européenne a donc infligé une amende de 4,3 millions d’euros à Crédit agricole pour infraction aux règles encadrant les méthodes de calcul des fonds propres des banques, a annoncé lundi la BCE. “La sanction a été infligée en raison de la classification par la banque d’instruments de capital en tant qu’instruments CET1 (…) en 2015 et 2016 sans avoir obtenu l’autorisation préalable de l’autorité compétente”, dit la BCE. Deux filiales de la banque française ont aussi été sanctionnées: Credit Agricole Corporate and Investment Bank à hauteur de 300.000 euros et CA Consumer Finance de 200.000 euros.

Crise agricole: le double discours du gouvernement

Crise  agricole:  le double discours du gouvernement

 

Dans les  Echos, sénateur Jean Bizet (LR), dénonce le double discours du gouvernement concernant la crise agricole. D’un coté, il y a une posture de soutien à l’agriculture française mais de l’autre le gouvernement français a demandé lui-même des coupes budgétaires européennes.

« Le ministre de l’Agriculture a bien tardivement jugé « inacceptable » les propositions budgétaires de la Commission européenne, pour la future politique agricole commune (PAC). Or les autorités françaises avaient bien demandé avec force, durant les négociations au Conseil, des coupes budgétaires dans le budget 2021/2027 de l’Union, à la surprise de son principal partenaire l’Allemagne. Cette information embarrassante, apportée aux sénateurs lors de l’audition du commissaire Oettinger le 24 mai a fait apparaître un « double discours » dévastateur. In fine, la victime de ces postures politiciennes sera notre agriculture, tandis que les sujets d’incompréhension et d’inquiétude s’accumulent entre le gouvernement et les agriculteurs. » Le premier d’entre eux porte naturellement sur l’ampleur des sacrifices financiers qui seront réalisés aux dépens de la PAC, durant la période 2021-2027. D’ores et déjà, la position trouble des autorités française a été interprétée comme un « permis de tuer » par les adversaires de la PAC. D’où la proposition initiale de la Commission, très défavorable : - 5 % en euros courants, correspondant en fait à une diminution de 15 %, en raison de l’inflation. Comment y consentir lorsqu’un tiers des agriculteurs français vit déjà, en moyenne, avec 350 euros de revenus mensuels ?  Ces inquiétudes portent également sur le contenu même de la future PAC. Dans deux résolutions, adoptées les 20 juillet 2017 et 19 avril 2018, les sénateurs ont refusé le quasi-statu quo, qui semble se dessiner, sur les règles de concurrence, comme sur la gestion des crises. Ils ont également mis en garde contre le risque d’une « vraie-fausse » simplification du mode de mise en oeuvre de la PAC. C’est maintenant qu’il faut agir, si l’on veut éviter une nouvelle « usine à gaz » - à savoir un transfert de bureaucratie du niveau européen au niveau national. Le président de la République avait spectaculairement annoncé, le 27 novembre 2017, l’interdiction du glyphosate « dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans ». Sans revenir sur la fragilité juridique de ce singulier « cavalier seul » français au regard du droit européen, force est de constater l’absence de solution alternative à ce pesticide. Comment, sur le terrain, vont faire nos agriculteurs d’ici trois ans ? Comment éviter une distorsion de concurrence, pour nos importations et nos exportations, puisque les autres pays de l’Union ne seront pas, eux, concernés par cette interdiction franco-française ? Plus largement, c’est l’ensemble du projet de loi issu des travaux des Etats généraux de l’alimentation qui est en passe de décevoir les attentes. En effet, les représentants des agriculteurs ont loyalement joué le jeu de la concertation. Au final, ce projet de loi repose sur un double pari : que les distributeurs d’abord, les gros industriels ensuite, acceptent sans y être contraints, de diminuer leurs profits pour augmenter le revenu agricole… Rien n’est moins sûr. S’agissant du plan de modernisation de l’agriculture de 5 milliards d’euros, l’intention est louable et le chiffre élevé. Il frappe les esprits, mais quel sera son contenu ? Il en va de même pour l’objectif de 50 % de produits bio ou local dans la restauration collective . Au demeurant, la redéfinition de la stratégie agricole française ne peut se résumer au seul « bio », en faisant l’impasse sur tout le reste. Les effets d’une politique de communication, aussi brillante soit-elle, n’auront qu’un temps. Immanquablement, le prix des ambiguïtés, des habiletés, voire du « double discours » s’exprimera par de cruelles désillusions. Les agriculteurs français méritent beaucoup mieux que cela, notre balance commerciale aussi ! «

Jean Bizet est sénateur Les Républicains de la Manche et président de la commission des Affaires européennes

 

Fin du modèle agricole français ?

Fin du modèle agricole français ? 

Dan un article de la Tribune Xavier Hollandts, Kedge Business School et Bertrand Valiorgue, Université Clermont Auvergne estime que c’est la fin du modèle agricole français. Il prévoit une  sorte dualisme  avec des exploitations familiales centrées sur des productions de qualité et des firmes industrielle capitalistes et fortement informatisées voire automatisées. En gros, la qualité des petits pour satisfaire la demande des consommateurs et la quantité médiocre et à bas prix pour les marchés mondiaux. Une typologie qui ouvre quand même  les portes à l’appropriation de la terre et du patrimoine par la finance qui serait servie l’informatisation. Bref un modèle encore plus productiviste ; Un article un peu trop techno qui fait un peu l’impasse sur la pénétration du numérique même dans les plus petites exploitations et qui minimise  la problématique environnementale.

 

« L’agriculture hexagonale offre un bilan de santé contrasté. Si la France compte des champions agro-industriels, des entreprises intermédiaires et des startups qui bénéficient d’une excellente compétitivité sur des marchés mondialisés, plusieurs signaux d’alerte montrent que le secteur vit des mutations profondes et souvent douloureuses.

De nombreuses exploitations sont aujourd’hui en détresse et un agriculteur sur quatre vit en France sous le seuil de pauvreté. Les raisons de cette paupérisation sont bien connues : elles tiennent à la fois à la dérégulation des marchés agricoles et, surtout, à la très inégale répartition de la valeur dans les filières agricoles et alimentaires.

Les récents États généraux de l’alimentation (EGA) ont été l’occasion d’identifier différentes pistes de réformes pour les années à venir. Ces grandes orientations laissent toutefois de côté trois mutations majeures qui méritent d’être analysées en détail. Elles imposent également une nécessité : changer de paradigme en matière de politiques publiques pour favoriser la diversité des agricultures françaises.

Pour la première fois dans l’histoire du secteur agricole naissent de véritables empires, développés par des investisseurs privés et extérieurs à ce milieu. Comme l’ont bien résumé François Purseigle et ses co-auteurs dans le récent ouvrage Le nouveau capitalisme agricole, nous sommes en train de passer de la « ferme à la firme agricole ».

Alors que pendant des décennies, le modèle agricole de référence reposait sur des structures de production familiales, on observe aujourd’hui la multiplication de formes non familiales d’organisation du travail, d’importantes levées de capitaux et des stratégies commerciales totalement inédites. Le modèle dominant de la ferme familiale cède la place ainsi à l’entreprise agricole qui vise à répondre à une demande mondialisée. Ceci est particulièrement vrai dans des secteurs où les produits agricoles sont des commodités (des produits standards et homogènes), où seul le prix bas compte.

Cette émergence d’un capitalisme agraire mondialisé et les transformations des structures de production agricoles posent de nombreuses questions au sujet de la construction de la souveraineté alimentaire des pays, mais également sur les modes de production des denrées alimentaires.

Ainsi, que faut-il penser du rachat de terre à grande échelle de la part d’investisseurs chinois qui expédient ensuite dans leurs pays d’origine les denrées agricoles produites en France ? Ces investissements, s’ils devaient se généraliser, tendraient à faire de la France le « grenier » de puissances étrangères.

En parallèle, le métier d’agriculteur est en train de fortement évoluer, notamment sous l’influence de la révolution numérique. Aujourd’hui, seuls 12 % des exploitations ne possèdent aucun objet connecté. On parle souvent de smart farming pour désigner cet univers numérique qui accompagne désormais le quotidien des agriculteurs : puces électroniques, données en temps réel, drones, robots de traite, tracteurs connectés et pilotés par satellite, plateformes et pilotage à distance des exploitations. Les objectifs sont évidents : produire plus et mieux tout en consommant moins d’intrants (et donc en diminuant aussi les coûts).

On voit également apparaître l’intelligence artificielle sur les moissonneuses-batteuses. Elles intègrent des éléments topographiques grâce au positionnement GPS ainsi que les données de rendement des années précédentes.

L’analyse de ces données en temps réel permet à la machine d’adapter les réglages sur plusieurs de ses organes (battage, séparation, nettoyage) pour optimiser différents paramètres (débit, qualité, propreté, pertes). Les robots conversationnels ou « chatbots » constituent une autre déclinaison de l’intelligence artificielle pour les agriculteurs. En élevage, les premiers assistants virtuels sur smartphone aiguillent les éleveurs dans leur choix de taureau, facilitent la commande d’insémination, contrôlent les déclarations de sortie d’animaux.

Objets connectés et intelligence artificielle vont bouleverser comme jamais le métier d’agriculteur.

Depuis plusieurs années, les consommateurs exigent une plus grande transparence et traçabilité des produits agricoles, renouant ainsi avec une tradition pas si lointaine où l’on consommait localement ce qui était produit localement.

Cette demande s’exprime parfaitement à travers les circuits courts, ou encore le regroupement de producteurs en vente directe ou bien la création de mini-marchés locaux ou de paniers paysans (la Ruche qui dit Oui, les AMAP, etc.). Par ailleurs, l’émergence de plateformes transactionnelles change la donne car elles facilitent et sécurisent grandement la mise en relation entre producteurs et consommateurs. Cette transformation est regardée de très près par des géants du web comme Amazon ou encore le Chinois Alibaba, qui voient dans cette mutation des modes de consommation une opportunité majeure de profit.

Les grandes villes n’échappent pas à ce phénomène puisque de nouveaux types d’agriculteurs investissent les espaces urbains. On parle désormais d’une « agriculture urbaine » pour désigner l’appropriation de territoires urbains parfois délaissés ou rendus à une vocation agricole.

Pour répondre à ces mutations, l’agriculture française doit répondre à trois enjeux majeurs.

Elle doit d’abord réussir son tournant numérique. La digitalisation des métiers ne se décrète ni ne s’impose. Il faut donc accompagner les paysans français dans cette évolution désormais inéluctable. Les coopératives, qui regroupent 75 % du monde agricole, sont particulièrement attendues sur cette question.

Il faut ensuite faire évoluer les modèles économiques en étant réellement transparent sur l’origine des produits et la répartition de la valeur, comme les débats menés dans le cadre des États généraux de l’alimentation l’ont souligné. Les initiatives couronnées de succès, telles que La Marque du consommateur, Merci ou Faire France, montrent que l’on peut avoir une consommation citoyenne et engagée dans notre pays quand la vérité sur les prix agricoles est assumée. Demain, il faudra mieux former les agriculteurs au management, au marketing et à l’informatique.

Enfin, répondre au défi démographique et professionnel. Si la surface agricole française n’a pas reculé, le nombre d’exploitations en France a été divisé par deux depuis les années 1980. Il en résulte de véritables difficultés autour de l’installation ou de la reprise d’exploitations agricoles. À moins de laisser l’initiative à des investisseurs privés étrangers, la France doit pouvoir compter sur un renouvellement des générations afin de maintenir une présence humaine et agricole sur ses territoires. Le rôle des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (comme les Safer) devra être redimensionné et modernisé.

Une interrogation essentielle demeure : quels modèles agricoles les pouvoirs publics souhaitent-ils promouvoir ? Quelles initiatives doivent-ils encourager pour assurer un revenu aux agriculteurs et une alimentation durable et saine aux consommateurs ?

Depuis les années 1950, les pouvoirs publics ont globalement privilégié une orientation productiviste des fermes familiales. Il s’agissait de gagner l’indépendance alimentaire du pays et de maintenir un modèle d’agriculture séculaire.

Comme le souligne le sociologue Bertrand Hervieu, cette vision de l’agriculture reposait sur un postulat de base : l’activité agricole est par excellence une activité à caractère familial, censé se déployer dans un cadre national. Ce modèle universel de l’agriculture, c’est celui d’un adossement des fermes familiales à une industrie agroalimentaire puissante, offrant des progrès technologiques constants.

Les pouvoirs publics ont favorisé ce modèle à travers une politique volontariste et homogène qui a poussé les fermes familiales à se restructurer en continu pour gagner sans cesse en productivité. L’Europe prit le relais à travers la politique agricole commune (PAC), toujours dans le même esprit : ferme familiale productive – industrie agroalimentaire compétitive – souveraineté alimentaire des pays.

Les transformations actuelles font voler en éclat ce paradigme : la ferme familiale est en voie d’extinction, les consommateurs sont moins préoccupés par l’abondance que par la qualité des biens alimentaires, les marchés agricoles sont mondialisés et l’État, comme l’Europe, n’ont plus les moyens de subventionner. Face à ces mutations, l’erreur à ne pas reproduire de la part des pouvoirs publics serait de privilégier, comme par le passé, un modèle unique, au motif qu’il serait souhaitable ou plus performant sur la scène internationale.

Avant de proposer des solutions globales, il apparaît plus que nécessaire de reconnaître et d’accompagner la diversité des différents modèles agricoles français. Il faut éviter une vision homogène de l’agriculture et promouvoir un accompagnement différencié de la part des pouvoirs publics. Les enjeux agricoles ne se posent pas de la même manière en Haute-Loire, en Aquitaine ou dans la plaine de la Beauce. Les pouvoirs publics gagneront à se rapprocher des collectivités territoriales (régions, départements, métropoles) pour mettre en place des dispositifs d’accompagnement localement adaptés.

Dans les années qui viennent, on devrait pouvoir évoquer non pas le Salon international de l’agriculture, qui ouvre ses portes ce samedi 24 février, mais bien le Salon international des agricultures et de l’alimentation durable.

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Par Xavier Hollandts, Professeur de Stratégie et Entrepreneuriat, Kedge Business School et Bertrand Valiorgue, Professeur de stratégie et gouvernance des entreprises – co-titulaire de la Chaire Alter-Gouvernance, Université Clermont Auvergne

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

 

Commerzbank racheté par le Crédit agricole ?

Commerzbank racheté par le Crédit agricole ?

 

Dans l’hypothèse d’une cession de la participation allemande dans la banque Commerzbank, le Crédit agricole se dit prêt à s’investir dans l’institution financière d’outre-Rhin. L’objectif serait de renforcer la présence du crédit agricole en Allemagne à l’image de ce qui a été fait en Italie.  Si Commerzbank était vraiment disponible sur le marché “nous devrions sûrement l‘analyser comme l‘un des instituts importants de la zone euro”, indique la banque française. En effet  l‘Etat allemand serait disposé à vendre sa participation de quelque 15% dans Commerzbank, ce qui rendrait la banque opéable. Des sources avaient dit en septembre qu‘UniCredit avait exprimé au gouvernement allemand son intérêt pour une fusion avec Commerzbank mais un responsable du groupe bancaire italien avait jugé cela absurde. Toujours en septembre, le gouvernement allemand avait démenti vouloir favoriser une fusion de Commerzbank avec BNP Paribas.

Crédit agricole : lancement d’une banque low cost par mobile

Crédit agricole : lancement d’une banque low cost  par mobile

 

Imitant Orange qui va lancer sa banque mobile le 2 novembre, le Crédit agricole proposera à partir de la fin du mois de novembre une offre bancaire simplifiée comportant un compte courant accessible via un téléphone mobile et une carte de paiement, indique le quotidien sur son site internet. Le tarif proposé devrait être proche de celui d‘Orange Bank, avec “un package bien délimité et une tarification très faible, sans frais supplémentaires”.  La banque entend, comme l‘opérateur téléphonique, répondre à la demande d‘une nouvelle génération de consommateurs qui souhaite accéder aussi simplement que possible aux services bancaires les plus basiques, à des prix plancher.  L‘offre du Crédit agricole serait non seulement accessible directement sur mobile mais aussi via les 39 caisses régionales et leurs 7.000 agences. Un client rencontrant des problèmes, ou souhaitant poursuivre vers des offres de crédit ou d’épargne, pourrait ainsi être accueilli par un conseiller.

Italie: Crédit agricole veut racheter trois banques italiennes

Italie: Crédit agricole veut racheter trois banques italiennes

 

 

Au moment la France refuse le droit à l’Italie de prendre la majorité du capital dans ST X,  Le Crédit agricole est candidat pour racheter, via sa filiale Cariparma, trois caisses d’épargne régionales en Italie.  La France ne cesse de prendre des participations financières en Italie et la balance est en effet très déséquilibrée. Sur les cinq dernières années, les investissements français dans des entreprises italiennes ont atteint 36 milliards d’euros. Dans le même temps, les Italiens ont réalisé pour seulement 3 milliards d’acquisitions en France La banque française indique dans un communiqué avoir confirmé cet intérêt auprès du Fonds interbancaire de garantie des dépôts italien. « La transaction (..) s’inscrit dans le cadre des objectifs de croissance du groupe Crédit agricole en Italie », souligne l’établissement bancaire. « Crédit agricole a renouvelé, par le biais de sa filiale CACariparma son intérêt pour la poursuite de la transaction et ce, jusqu’au 15 septembre 2017″, poursuit le groupe. Des sources proches du dossier ont dit lundi à Reuters que le bouclage de l’opération avait été repoussé après les vacances d’été afin de régler certains détails. Le Crédit agricole souhaite racheter les caisses d’épargne de San Miniato, Rimini et Cesena pour 130 millions d’euros mais la banque française veut les récupérer sans leurs créances douteuses, qui totalisent trois milliards d’euros en brut. Le groupe négocie ces acquisitions depuis fin avril.

Crise agricole : la faute à la monoproduction

Crise agricole : la faute à la monoproduction

 

Le facteur explicatif dominant tient à la monoproduction et au modèle productiviste qui certes enrichissent  industrie alimentaire et les intermédiaire mais appauvrissent  les petits paysans. Sans parler des conséquences très graves pour la santé et environnement. Là où il y avait dix vaches il y a 50 ans, il en faut 150 aujourd’hui ;  là où on produisait sur 15 hectares, il en faut 200 aujourd’hui et c’est vraiment  un minimum. De toute manière, on ne concurrencera jamais les élevages du continent américain qui comprennent des milliers de têtes (jusqu’à 100 000 !) et des milliers d’hectares. La monoproduction est évidemment une  catastrophe économique, sanitaire et environnementale qui tue les paysans. Un modèle inspiré par les gouvernements, les chambres d’agriculture et la FNSEA.

 

D’une manière générale, l’agriculture productiviste est monoculturale. Le modèle de monoculture pendant très longtemps, en France, par exemple, était celui que les céréaliers mettaient en œuvre sur les grandes plaines de Beauce, de Brie, de Champagne, de Picardie, du Poitou, etc. Les céréales proprement dites (blé, orge, avoine) y étaient mises en rotation avec des cultures fourragères (luzerne) et vivrières (betterave à sucre). Dans les années 1950, le maïs faisait son entrée dans ces rotations, au point d’ailleurs qu’à grands renforts d’herbicides et d’amendements, les rotations étaient définitivement oubliées.
La monoculture s’opposait alors à la polyculture. Celle-ci était pratiquée dans les régions bocagères, principalement. La plupart des cultures pratiquées étaient destinées pour partie à l’alimentation humaine (blé, pomme de terre, haricots, carottes, etc.), pour partie à l’alimentation animale (autres céréales, betterave fourragère) et pour partie pour l’amélioration des sols (plantes couvre-sol, moutarde, colza, etc.). Les autres surfaces agricoles étaient dédiées aux animaux domestiques (herbages, prairies), sinon sauvages (près de fonds, ceintures marécageuses, écotones forestiers, bois, etc.).
Mais même dans les régions bocagères, la monoculture a fait son entrée en force, vers 1960. Deux faits marquent cette époque : l’arasement systématique des haies en pays bocager (modernité oblige… curieusement cet alibi reste d’actualité pour l’acceptation de l’inacceptable !) et l’arrivée du maïs.
On connaît les conséquences : maïsiculture intensive, utilisation massive des herbicides, élevage intensif hors-sol, rejet de nitrates, pollution des eaux, etc.
On oublie souvent de parler de différents autres effets associés : érosion hydrique et éolienne, risques d’inondation accrus, etc. et dans un autre domaine : pullulation des ravageurs des cultures, disparition du gibier, des prédateurs naturels des pestes, etc.
On n’oubliera pas non plus que les pratiques monoculturales sont extrêmement coûteuses en énergie exogène introduite. Ces pratiques agricoles sont largement déficitaires au sens où pour produire une calorie alimentaire, il faut en injecter entre 10 et 25 sous forme de carburant pour les machines agricoles et sous différentes formes pour les engrais, les produits phytosanitaires, les pesticides, sans oublier la gestion des stocks ou le maintien des cours !  On peut admettre qu’à la fin de la guerre de 1939 – 1945, l’accession, en Europe, d’une autonomie alimentaire ait été une priorité. Le paradoxe actuel est que l’Europe croule sous ses stocks alimentaires, que le gaspillage énergétique est fabuleux, que les atteintes environnementales sont colossales, que les destructions des ressources sont importantes… et que l’autonomie alimentaire n’est pas pour autant assurée, par exemple, pour les plus démunis. Remarquablement, les plus démunis se comptent aussi aujourd’hui chez des gens qui ont un travail. Le seuil de pauvreté, au moins celui de précarité qui mène à l’endettement a beaucoup cru ces dernières années.»

Source : écosystème

Pour un autre monde agricole

Pour un autre monde agricole

Dans une tribune  Maxime de Rostolan, directeur de l’association Fermes d’avenir et Tristan Lecomte, président de l’association Fermes d’avenir proposent  une agriculture moins productiviste, plus respectueuse de environnement et de la santé aussi mieux rémunérée.

 

«  Nous sommes souvent spectateurs des crises à répétitions que connaît le monde agricole : crise de la vache folle, du lait, scandales multiples sur les pesticides… Lors de ces épisodes, les médias braquent les projecteurs sur ces enjeux et la réponse des agriculteurs désespérés, qui vont en général bloquer des routes, verser du fumier sur une préfecture. On se dit tous que c’est injuste, que l’on marche sur la tête à notre époque de ne pas savoir produire des tomates correctement et les vendre à un prix décent, alors qu’on est en mesure d’aller sur la Lune ou de réparer un cœur. On s’offusque le temps d’une crise, on débat beaucoup, puis les agriculteurs récupèrent des aides supplémentaires pour acheter encore un peu plus de poison pour leurs champs, pansements temporaires qui les incitent mécaniquement à s’équiper de technologies toujours plus chères… L’agriculture doit changer et, si elle continue de connaître ces crises, c’est qu’elle est encore structurellement dans un ancien modèle. Elle continue de fonctionner comme dans les années 60 à 90, sur la croyance dans les engrais chimiques et les pesticides, dans la concentration et la mécanisation des exploitations, alors que cela ne fonctionne pas : pour la grande majorité des exploitants, il n’y a jamais réellement eu d’enrichissement dans cette «révolution agricole». Le mouvement pour une agriculture biologique, productive, humaniste et respectueuse du vivant sous toutes ses formes est en fait bien en marche. Mais cette marche reste trop silencieuse et peu visible par le plus grand nombre. D’où le lancement de la pétition www.changeonslagriculture.org lancée par l’association Fermes d’avenir (1). Cette pétition repose sur un plaidoyer, un travail collectif qui prouve qu’une autre agriculture est possible et souhaitable en chiffrant les externalités des agricultures. Fondé sur une série d’études scientifiques et d’expériences concrètes de terrain, il prouve sans ambiguïté que nous avons tous intérêt à changer de modèle agricole, que l’on soit agriculteur, consommateur ou élus d’une collectivité territoriale. La ferme doit faire sa mue, l’agriculteur ne peut rester isolé sur son tracteur, condamné à pulvériser des produits phytosanitaires, produire et vendre à des intermédiaires ou une coopérative à vil prix des produits contaminés, et mourir un jour de Parkinson ou d’un cancer de la prostate ou de la peau. L’agriculteur de demain est agro-écologue, entrepreneur, travaille en réseau avec les parties prenantes de son terroir, les écoles, les restaurants, les consommateurs qui s’approvisionnent directement chez lui. Il n’utilise plus de produits chimiques mais produit lui-même ses engrais et outils de lutte biologique, créant par là même des emplois et une meilleure rentabilité et résilience pour son exploitation. Il génère des services écosystémiques qu’il vend à la société : il capte du carbone, régénère la biodiversité, produit de l’eau pure et des sols riches qui revalorisent son exploitation et rééquilibrent ses comptes. Comment recréer de l’emploi dans les campagnes et éviter leur désertification ? Comment revaloriser le travail d’agriculteur et tenter de réduire l’explosion du taux de suicide dans cette profession ? Au lieu de dépenser tout son budget dans les phytosanitaires polluants, l’agriculteur de demain investit dans les techniques permaculturelles et le capital humain, la formation de son personnel et le travail, certes mécanisé, mais qui valorise l’intervention humaine. Cette agriculture peut créer deux emplois à l’hectare, soit sept fois plus qu’en agriculture conventionnelle. Il ne s’agit rien d’autre que de sortir de l’ère des hydrocarbures (les engrais sont produits à base de pétrole). Les agriculteurs de demain ne veulent pas l’aumône, ils veulent pouvoir faire leur métier proprement et fièrement. A nous tous, donc, de nous engager pour ne pas rester spectateurs, ne pas juste nous offusquer en attendant la prochaine crise sans rien faire. Pour une agriculture biologique, savoureuse et respectueuse du vivant. Au nom de la Terre, de nos papilles et des générations futures. »

www.changeonslagriculture.org. Pétition déjà signée par Nicolas Hulot, Pierre Rabhi, Pierre Richard, Muriel Robin, Cyril Lignac.

Alain Rousset :  » la 3e révolution agricole »’ (Alain Rousset)

Alain Rousset :  » la 3e révolution agricole »’ (Alain Rousset)

À l’occasion 1er Forum Agriculture Innovation, le 17 novembre à Bordeaux, le président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset explique dans la tribune comment il compte accompagner l’innovation agricole et quelles sont ses priorités.

Alain Rousset, quelle est votre vision de l’agriculture innovante ? Quels sont les axes à travailler en priorité ?

« L’agriculture va devoir répondre aux besoins alimentaires de près de 10 milliards d’êtres humains d’ici 2050, tout en réduisant son impact environnemental et fournissant des ressources pour des usages énergétiques ou la chimie verte. A cela il faut bien entendu rajouter les contraintes liées au changement climatique qui vont peser sur nos modèles agricoles. L’innovation doit nous permettre de régler ce défi multifactoriel. C’est pourquoi, nous devons accélérer la 3e révolution agricole, l’Agri-Tech, qui sera basée sur les nouvelles technologies et la bio-économie. J’en veux pour preuve les techniques et technologies se développant de plus en plus dans le monde agricole et qui relevaient il y a encore seulement 5 ou 10 ans de la science-fiction : drones, robots, matériels et objets connectés, big data, analyses satellitaires… Bien évidemment, au-delà d’être technologiques, ces innovations devront également envahir le champ social et organisationnel voire commercial. Deux priorités majeures sont à mon sens à privilégier : l’adaptation au changement climatique et les réponses à apporter aux attentes sociétales. Bien entendu, la Région Nouvelle-Aquitaine s’engage dès à présent aux côtés des acteurs professionnels souhaitant relever ce double défi, notamment au travers d’un plan ambitieux de réduction massive de l’utilisation des produits phytosanitaires dans le vignoble bordelais. »

La Nouvelle-Aquitaine est la plus grande région agricole d’Europe. Quels sont ses points forts et sur quoi doit-elle s’améliorer ?

« En effet, pour la Nouvelle-Aquitaine l’agriculture est une chance pour notre économie et l’emploi régional (première région européenne agricole en valeur) puisqu’en 2015 avec 8,6 milliards d’euros, le secteur agricole et agroalimentaire est la locomotive de l’export dans la région. Ainsi, à elles seules les industries agroalimentaires concentrent près de 28 % des exportations avec notamment les boissons (essentiellement vins et Cognac) qui représentent 4,2 milliards d’euros de ventes, soit le double des ventes de la construction aéronautique et spatiale. Ce dynamisme économique a bien entendu un impact fort pour l’emploi, en particulier dans les zones rurales, ce qui explique que la Région soit n°1 en Europe pour sa masse salariale agricole avec 130.000 emplois dans ce secteur.
Ses points forts sont non seulement nombreux mais également diversifiés avec des produits sous signes de qualité (157 signes d’identification de l’origine et de la qualité) dont les vins et spiritueux, une agriculture biologique en pleine croissance, des grandes cultures (maïs, blé, tournesol), des élevages leader (1re place nationale en bovins-viande, ovins et caprins), des fruits et légumes (melons, fraises, tomates…). A cela s’ajoutent également les produits de la mer, en particulier une filière conchylicole dynamique et leader en France.
A mon sens, il faut aujourd’hui travailler sur 3 sujets prioritairement : conforter et améliorer nos parts de marchés à l’export, soutenir et pérenniser des filières d’élevages – surtout bovines – qui traversent une forte crise structurelle, et poursuivre la modernisation de nos industries agroalimentaires. »

Votre objectif est de passer d’une agriculture de compensation à une agriculture d’innovation. Comment mettre en place un modèle d’agriculture innovant mais aussi performant, équitable et préservant l’environnement ?

« L’agriculture de la Région Nouvelle-Aquitaine a tous les atouts en main pour y parvenir, notamment grâce à notre habitude de co-construire les politiques publiques avec l’ensemble des acteurs du monde agricole. Il est évident que l’innovation n’est pas une fin en soi mais bien une dynamique au service de cette mutation que doit mener l’agriculture aujourd’hui. Cette mutation intégrant aussi bien la compétitivité que la réduction de l’impact de l’agriculture sur l’environnement, les questions organisationnelles ou les conditions de travail. Ainsi, dans ce contexte de changement climatique il est essentiel d’être pionnier dans le passage d’une économie fondée sur les ressources fossiles à une économie issue de la biomasse, décarbonée. Cette bio-économie étant bien entendu basée sur des bio-ressources (agricoles, forestières, marine et bio-déchets) pour lesquelles la Nouvelle-Aquitaine possède d’énormes gisements à valoriser.
Tout cela doit nous rassembler, être le terreau de notre unité pour construire ensemble le futur de cette grande région. En matière agricole et agroalimentaire je souhaite ainsi placer ce mandat sous le signe du triptyque innovation – recherche – formation. Ces éléments nous garantissant la défense du leadership de cette région et notre compétitivité dans le futur. »

 

Vous avez dit en mars dernier : « Tant que l’agriculture restera scotchée avec les hypers, les chaînes, tant que l’on considèrera que c’est là l’avenir agricole, on se plantera. Que proposez-vous ?

« En effet, je pense que la question est : comment conserver le plus de valeurs ajoutées sur le territoire et au niveau des exploitations ? Il faut donc engager dès à présent un travail prospectif sur ce que pourrait être notre agriculture régionale d’ici 10 à 20 ans.
Il est ainsi essentiel pour l’agriculture de diversifier ses débouchés, qu’ils soient lointains ou locaux. A l’export, la Région accompagne les filières et les industries pour gagner de nouveaux marchés à l’étranger. D’ailleurs, dans ce domaine la France a des atouts, en particulier l’excellence sanitaire de ses produits et ses productions sous signes officiels d’origine et de qualité qui intéresse fortement des pays tel que la Chine. En ce qui concerne les circuits courts, le marché à conquérir pour nos exploitants agricoles est bien la restauration collective hors domicile. Rien que pour les lycées de Nouvelle-Aquitaine, cela représente plus de 30 millions de repas annuels. Il est donc indispensable que les denrées utilisées pour l’élaboration des plats soient locales. Comment ne pas s’interroger sur le fait que dans la première région d’élevage de France, la viande servie dans les établissements scolaires ou de santé provienne d’autres pays ? C’est pourquoi la Région s’engage fortement aujourd’hui avec la profession dans un travail pour optimiser l’approvisionnement local dans les lycées régionaux. »

 

(La Tribune)

 

 

Crise du lait : vers la faillite du secteur agricole

  • Crise du lait : vers la faillite  du secteur agricole

 

 

 

Une crise qui s’ajoute aux autres viande, blé etc. La crise du lait mène le secteur vers la faillite. 26 euros le litre à peine quand il faudrait 30 centime pour équilibrer et 35 centimes   pour dégager un revenu. Une crise qui n’est pas réellement nouvelle puisqu’elle découle directement de la surproduction organisée par l’Europe depuis la suppression des quotas laitiers en mars 2015. À cela il faut ajouter les restrictions des importations chinoises et russes. Nombre de pays en ont profité cependant pour augmenter leur production et les prix se sont écoulés. Selon le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière, au moment où la production laitière avait progressé de 2,2 % en 2015, elle a bondi de 5,6 % les trois premiers mois de 2016. La palme du débit est décrochée par l’Irlande, avec un flux en hausse de 32 %, suivie de la Belgique (+ 21 %) et des Pays Bas (+ 15 %), alors que la France se limitait à + 0,5 %. Pour résumer les prix étaient de l’ordre de 400 euros pour 1000 l de lait en 2014 ce qui permettait de couvrir les coûts or en 2016 les prix pourraient tourner en moyenne autour de 250 €. En France les critiques des éleveurs visent surtout Lactalis premier producteur du marché avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le groupe cristallise ainsi les critiques des agriculteurs de la filière laitière, toujours sous tension. Lactalis, numéro un du marché avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires, a insisté début juillet, face à la multiplication des critiques, sur la mise en place d’un «soutien financier allant au-delà des conditions contractuelles» et représentant «un complément de prix de 30 euros/1000 litres sur le prix de base» pour le mois de juillet. Pas suffisant, ont estimé les fédérations agricoles. À noter aussi que cette crise se superpose à celle du blé secteur ou du fait des conditions climatiques  la production a baissé de l’ordre de 40 %.

Crise du lait : vers la faillite du secteur agricole

  • Crise du lait : vers la faillite  du secteur agricole

 

 

 

Une crise qui s’ajoute aux autres viande, blé etc. La crise du lait mène le secteur vers la faillite. 26 euros le litre à peine quand il faudrait 30 centime pour équilibrer et 35 centimes   pour dégager un revenu. Une crise qui n’est pas réellement nouvelle puisqu’elle découle directement de la surproduction organisée par l’Europe depuis la suppression des quotas laitiers en mars 2015. À cela il faut ajouter les restrictions des importations chinoises et russes. Nombre de pays en ont profité cependant pour augmenter leur production et les prix se sont écoulés. Selon le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière, au moment où la production laitière avait progressé de 2,2 % en 2015, elle a bondi de 5,6 % les trois premiers mois de 2016. La palme du débit est décrochée par l’Irlande, avec un flux en hausse de 32 %, suivie de la Belgique (+ 21 %) et des Pays Bas (+ 15 %), alors que la France se limitait à + 0,5 %. Pour résumer les prix étaient de l’ordre de 400 euros pour 1000 l de lait en 2014 ce qui permettait de couvrir les coûts or en 2016 les prix pourraient tourner en moyenne autour de 250 €. En France les critiques des éleveurs visent surtout Lactalis premier producteur du marché avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le groupe cristallise ainsi les critiques des agriculteurs de la filière laitière, toujours sous tension. Lactalis, numéro un du marché avec 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires, a insisté début juillet, face à la multiplication des critiques, sur la mise en place d’un «soutien financier allant au-delà des conditions contractuelles» et représentant «un complément de prix de 30 euros/1000 litres sur le prix de base» pour le mois de juillet. Pas suffisant, ont estimé les fédérations agricoles. À noter aussi que cette crise se superpose à celle du blé secteur ou du fait des conditions climatiques  la production a baissé de l’ordre de 40 %.

Baisse du Tourisme : attentats et manifs responsables

 

En dépit de l’euro de foot organisé en France,  l’activité touristique a encore régressé au second trimestre. En cause, les conséquences des attentats, aussi les blocages et autres manifs qui ont contribué également à ternir l’image de la France. Les premières indications de l’été laissent supposer une nouvelle baisse pour le troisième trimestre notamment de la part des étrangers. La fréquentation touristique en France a donc rechuté au deuxième trimestre sous les effets d’une météo maussade et d’un faible nombre de jours fériés, même si l’Euro de football a permis de limiter les dégâts dans les villes de province qui ont accueilli des matches, selon les données publiées vendredi par l’Insee. Le nombre de nuitées dans les hébergements touristiques a ainsi chuté de 4,8%, à 92,4 millions, sur avril-juin par rapport à la même période de l’an passé, après une hausse révisée à 1,1% (1,0% estimé précédemment) au premier trimestre 2016. L’Insee souligne que le deuxième trimestre a compté cette année deux jours fériés, contre cinq en 2015. La baisse a été particulièrement marquée pour les nuitées étrangères (-8,5% contre -2,7% au 1er trimestre), atteignant une ampleur comparable à celle du 4e trimestre 2015, qui a été touché par les attentats de Paris et de Saint-Denis. La fréquentation des seuls hôtels a reculé de 3,5%, effaçant son rebond du 1er trimestre (+1,9%). La clientèle étrangère, en baisse pour le troisième trimestre consécutif, s’est encore contractée de 7,3%. Seuls les hôtels situés dans les grandes villes de province ont vu leur fréquentation augmenter (+1,5%) en partie grâce à l’Euro de football. Mais ceux de l’agglomération parisienne (-10,3%) ont été plus pénalisés par la défection de la clientèle étrangère. La fréquentation des autres hébergements collectifs touristiques (résidences, villages vacances) a chuté de 6,4%, là aussi en raison de la défection des étrangers (-20,2%). Les campings ont connu de leur côté un début de saison difficile avec un recul de 6,8% de leur fréquentation par rapport au printemps 2015.

(Avec Reuters )

 

Panama Papers, le Crédit Agricole va contrôler la probité ses clients !!!

Panama Papers, le Crédit Agricole va contrôler la probité ses clients !!!

Gonflé le crédit agricole, épinglé dans l’affaire Panama Papers, qui se défend en indiquant qu’il a mis en place un plan pour vérifier «  la rectitude fiscale »  de ses clients, une sorte d’inversion du fardeau de la responsabilité ! Certes dans ces affaires d’évasion fiscale les clients ne sont certainement pas innocents, ils cherchent à optimiser pour payer le moins d’impôts possibles ou même ne pas en payer. Pour autant on peut légitimement s’interroger s’il faut autant de temps pour identifier les éventuels fraudeurs qui utilisant les paradis fiscaux. Ou alors la banque est submergée par les clients utilise de tels procédés. Il faut par ailleurs se souvenir que le Crédit agricole était au départ un système coopératif uniquement destiné aux petits paysans et contrôlés par eux. La multinationale Crédit agricole n’a plus grand-chose à voir avec l’organisation initiale car il y a sans doute peu de paysans qui éprouvent le besoin d’opérer des transferts financiers dans les paradis fiscaux, surtout dans le contexte de crise actuelle. Un des arguments de vente des grandes banques internationales est justement de mettre en avant leur savoir-faire en matière d’ingénierie fiscale y compris en proposant des solutions d’évitement fiscal sophistiqué et délictueux. Le Crédit Agricole a annoncé jeudi avoir entrepris un programme de vérification de « rectitude fiscale » de ses clients. Egalement ciblé, BNP Paribas a pour sa part été interrogée par la justice américaine. Pour le Crédit Agricole, Le Monde ne « focalise pas sur l’essentiel». Epinglé, le groupe bancaire se défend de toute responsabilité dans le dossier des Panama Papers.  »Cet article nous blesse beaucoup. Il balaie d’un revers de titre, que nous trouvons très violent, le fait que, depuis plusieurs années, nous avons réellement mis en oeuvre un programme, sans ambiguïté, de lutte contre le blanchiment et l’évasion fiscale », a déclaré son directeur général, Philippe Brassac, à la presse en préambule à la présentation jeudi des résultats trimestriels de la banque. Le dirigeant a assuré que son groupe a entrepris depuis plusieurs années un programme de vérification de « rectitude fiscale » de ses clients qui sera bouclé d’ici fin 2017. Ce contrôle s’est achevé dès 2014 pour les clients français, en 2015 pour les européens et devrait se conclure d’ici 2017 pour le reste de la clientèle, a-t-il affirmé. Selon Le Monde, le groupe Crédit Agricole aurait administré auprès du cabinet panaméen Mossack Fonseca près de 1.130 sociétés offshore depuis les années 1990, pour le compte de ses clients, via ses filiales, dont 54 encore actives fin 2015.  Interrogés à plusieurs reprises sur le nombre de sociétés offshore actives, les dirigeants de la banque n’ont pas confirmé ce chiffre mais admis qu’il en existait.  »Ces structures sont actives dans le sens où elles existent toujours », a déclaré Xavier Musca, directeur général délégué de Crédit Agricole SA (CASA). Sur le principe, tout le monde a le droit de créer une société offshore à partir du moment où elle recouvre une activité réelle et où les profits sont déclarés.  »Concrètement la banque privée du Crédit Agricole a contacté (ses clients) (…) avant que cette affaire Mossack Fonseca ne soit révélée dans la presse », a ajouté Xavier Musca. Plus d’un mois après de premières révélations impliquant notamment la Société Générale, le quotidien pointe, outre le Crédit Agricole, la BNP Paribas pour avoir géré 468 structures offshore avec Mossack Fonseca depuis les années 1980. Une demi-douzaine de ces sociétés étaient encore actives fin 2015, avance le journal. Suite à ces informations, le ministre des Finances Michel Sapin « a demandé des explications aux présidents des deux établissements bancaires cités », dans un communiqué de Bercy. Le régulateur des services financiers de New York a de son côté adressé des injonctions à plusieurs banques, dont la BNP Paribas, a indiqué mercredi à l’AFP une source proche du dossier.

(avec JDD)

« Panama papers » : après la Société Générale BNP et Crédit agricole impliqués

« Panama papers » : après la Société Générale BNP et Crédit agricole impliqués

 

Interrogé devant le Sénat le patron de la société générale a reconnu l’existence de sociétés marcheurs avant 2012. Depuis il fait un subtil distinguo entre implantation de la banque dans les paradis fiscaux et activités. Du coup c’est l’aveu que la banque continue des les activités mais en utilisant sans doute des intermédiaires du type de ceux dénoncés dans l’affaire Panama Papers. Une faute toutefois partagée comme on pouvait s’en douter par d’autres banques comme la BNP ou le Crédit agricole. Selon les informations du journal Le Monde, la NP et le crédit agricole comme la société générale ont mis en œuvre dans le passé des montages financiers avec des sociétés offshore pour le compte de leurs clients. Le quotidien rapporte dans son édition datée de jeudi que le Crédit agricole a utilisé, depuis les années 1990, 1.129 sociétés offshore enregistrées auprès du cabinet Mossack Fonseca et que BNP Paribas a de son côté eu recours à 468 sociétés écrans domiciliées dans des paradis fiscaux. Crédit agricole a réagi dans un communiqué en déclarant que sa banque privée avait cessé toute activité offshore en 2015 et dénoncé comme « présentation trompeuse » des informations du Monde. BNP Paribas s’est refusé à tout commentaire. Michel Sapin rencontrera « dans les tous prochains jours » les présidents des deux établissements mis en cause, a fait savoir Bercy dans un communiqué publié dans la soirée, précisant que BNP Paribas et Crédit Agricole avaient déjà fourni de premiers éléments. « Il ne serait pas tolérable que des banques puissent permettre des opérations de fraude, d’évasion fiscale ou de blanchiment », déclare Michel Sapin, cité dans ce communiqué. Devant le Sénat, le dirigeant de Socgen a quant à lui reconnu l’existence d’un nombre limité de sociétés offshore structurées avant 2012 avec Mossack Fonseca pour des clients mais a insisté sur la légalité et la « transparence fiscale » de ces montages. « Vous avez mis en parallèle le terme implantation et activité, en les considérant comme des synonymes, je ne pense pas qu’implantation et activité soient exactement synonymes, je pense que ce sont des mots très différents », a fait valoir Eric Bocquet devant le patron de Socgen qu’il souhaite voir poursuivi pour faux témoignage. « Nous avons transmis un courrier au bureau du Sénat, afin de le saisir, afin qu’il soit statué sur la situation créée par le télescopage entre vos déclarations de 2012 et les révélations faites par la presse », a rappelé le sénateur communiste, qui n’a pas été soutenu par ses collègues. « Je ne vois rien qui puisse amener le bureau du Sénat à poursuivre sur cette déclaration de Monsieur Oudéa », a déclaré le sénateur Philippe Dominati, l’ancien président de la commission d’enquête du Sénat, où avait été auditionné Frédéric Oudéa en 2012.

Crise agricole : les normes qui tuent

Crise agricole : les normes qui tuent

 

Isabelle Saporta est journaliste et auteure de Foutez-nous la paix ! édité chez Albin Michel dénonce la multitude de normes qui complexifient la vie des agriculteurs et plombe en même temps la compétitivité. Une critique qui pourrait s’appliquer à la plupart des secteurs économiques tellement la France est engluée dans un système bureaucratique qui paralyse l’initiative et qui augmente les coûts de production. En cause en particulier l’armée mexicaine de parlementaires et de fonctionnaires qui pour combler leur vide existentiel ne cessent de pondre des réglementations,  de mettre en place des contrôles et des fiscalités. Plus de 11 000 lois en France plus de 150 000 décrets sans parler des circulaires et autres arrêtés auxquels il faut ajouter les réglementations locales. La régulation est bien entendu nécessaire, elle implique un cadre juridique qui prenne en compte l’intérêt général mais au niveau de complexité atteint par la France la loi tue l’objet social qu’elle est supposée encadrer. Une enquête sur les milliers de normes sanitaires et administratives qui étouffent les agriculteurs. La journaliste, Isabelle Saporta   qui présente son livre au Salon de l’Agriculture, a sillonné pendant un an les exploitations hexagonales pour écrire cet ouvrage. Les normes ont, en effet, envahi la vie des Français depuis de nombreuses années. Au total il en existe 400.000 et le milieu agricole en cumule une bonne partie.  Ces règles, si elles sont indispensables en termes de sécurité sanitaire, empoisonnent la vie des petites structures céréalières ou d’élevages. Des réglementations beaucoup trop nombreuses selon l’auteure, et qui donnent parfois lieu à des situations ubuesques. C’est le cas de cet éleveur de poulets de plein air qui, parce qu’il n’avait pas le nombre de bottes nécessaire dans son vestiaire, n’a pas pu avoir l’autorisation de vendre son poulet à la cantine scolaire de son village. En revanche, l’école avait l’autorisation d’acheter du poulet brésilien qui lui, avait reçu l’agrément.  « Il y a aussi la norme qui encadre la hauteur de l’herbe autour de la vigne, explique Isabelle Saporta, si elle est trop haute, la vigne est déclassée et c’est donc le risque de perdre son appellation » détaille-t-elle. Un Pouilly-Fumé peut ainsi devenir un vin de table ordinaire si les règles ne sont pas respectées. « Obtenir des agréments pour les exploitations agricoles c’est comme gravir l’Annapurna. Financièrement et moralement, c’est intenable pour les agriculteurs » conclut la journaliste.

(Avec RTL)

Crise agricole : Xavier Beulin est responsable (Mélenchon)

Crise agricole : Xavier Beulin  est responsable (Mélenchon)

Mélenchon a clairement désigné Mélenchon a désigné le président de la FNSEA  comme en grande partie responsable de la crise agricole considérant que Xavier Belin représente surtout la filière industrielle et financière. Ce que confirme d’ailleurs Perico Lagasse journaliste à Marianne dans un autre article sur ce site «  Xavier Beulin est à la tête d’un empire industriel qui, non seulement n’a plus rien d’agricole au sens originel du terme, mais favorise un système économique qui, de surcroît, éradique la vraie agriculture. Contesté par sa base, discrédité auprès de ses adhérents pour avoir longtemps possédé des usines où l’on transforme du poulet industriel brésilien (tout en envoyant des commandos de la FNSEA pour protester contre les importations de volailles mettant à mal la filière française), le président Beulin faisait penser à un incendiaire traitant le marchand d’allumettes de pyromane. Après quoi ils sont allés se promener sous les huées, adressées à l’un comme à l’autre ».  Pour Jean-Mélenchon, ce aussi sont « les traités européens qui ont conduit à cette situation » de crise (la suppression des quotas laitiers par exemple NDLR). Des traités que le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, respecte, a-t-il souligné.  »Il est flanqué de M. Xavier Beulin, qui est le problème numéro 1 de l’agriculture française, à la tête de son syndicat, parce qu’il représente ce qui n’est plus vraiment de la paysannerie, une espèce de haute industrie liée à la finance et aux grandes transactions internationales », a enchaîné le co-fondateur du Parti de gauche. . Parmi les autres responsables, Jean-luc Mélenchon a chargé de front le modèle agricole actuel, cadré par la politique agricole commune de l’Europe. Pour lui, celui-ci est « mort » :  »il empoisonne la terre, il empoisonne l’air, il empoisonne les paysans, il empoisonne notre nourriture quotidienne », a-t-il énuméré, prônant une « agriculture paysanne relocalisée ». Avant de prévenir :  »plus vous tardez à prendre la décision de changer ce système dingue, plus ça vous coûtera cher après ».

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