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Coronavirus : plaintes déposées contre Édouard Philippe, Olivier Véran ou Agnès Buzyn

Coronavirus : plaintes déposées contre Édouard Philippe, Olivier Véran ou Agnès Buzyn

Les plaintes ont été déposées par deux associations et trois particuliers pour des faits de mise en danger de la vie d’autrui, ou de non-assistance à personne en danger, ou d’homicide involontaire, ou encore en vertu de l’article 223-7 du code pénal disant que « quiconque s’abstient volontairement de prendre ou de provoquer les mesures permettant, sans risque pour lui ou pour les tiers, de combattre un sinistre de nature à créer un danger pour la sécurité des personnes est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende ».

Par ailleurs, une sixième plainte pour « entrave aux mesures d’assistance » visant Agnès Buzyn et Edouard Philippe est en route vers la Cour de justice de la République.Notons que les accusés ne risquent pas grand chose puisque la cour très spéciale est composée de 9 politiques et de 3 magistrats ! Jusqu’alors elle n’a prononcé que des sanctions anecdotiques.  Elle a été déposée par un Francilien de 46 ans diagnostiqué positif au covid-19 à la mi-mars, selon son avocat Nabil Boudi.

« S’il y a eu des manquements de la part d’un certain nombre de personnes qui sont au gouvernement, ces manquements doivent être sanctionnés. Face à une crise d’une telle ampleur, on ne peut pas avoir des ministres qui tergiversent », explique l’avocat à franceinfo, « on ne cherche pas à ce qu’il y ait des sanctions, on ne cherche pas à ce qu’il y ait des condamnations, ce n’est pas l’objet de la plainte ».

L’objet de la plainte avant tout c’est l’ouverture d’une enquête pour déterminer qui a failli dans sa mission.Me Nabil Boudià franceinfo

Dans la plainte que franceinfo a pu consulter, son client regrette qu’il « aura ainsi fallu attendre plus d’un mois et demi, depuis l’annonce, le 24 janvier 2020, par Madame Buzyn, alors Ministre de la Santé, des deux premiers cas confirmés sur le sol français et européen pour agir ». Il s’appuie notamment sur les « confessions accablantes » d’Agnès Buzyn dans un entretien publié le 17 mars dans le journal Le Monde, témoignant du « manque de réactivité du gouvernement » malgré ses nombreuses alertes.

En plus de ces plaintes-là, la semaine précédente, un collectif de soignants avait déjà déposé plainte contre le Premier ministre et l’ancienne ministre de la Santé les accusant de s’être  »abstenus » de prendre à temps des mesures pour endiguer l’épidémie de coronavirus.

 

Agnès Buzyn, bouc-émissaire idéale pour cacher la déroute électorale de LREM

 

 

La plupart des médias ont choisi de piétiner Agnès Buzyn déjà à terre pour ses propos accablants concernant à la fois la mascarade des municipales et le retard du gouvernement concernant la crise sanitaire. Avant cet épisode , les mêmes médias tressaient  des louanges  à la ministre de la santé comme ils ont l’habitude de le faire à l’égard du gouvernement en général. Quitte  parfois même à sortir des sondages bidon spécialité du JDD notamment ( Hidalgo menacée à Paris, Dati en tête par exemple , sondage repris par tous les médias). (Cette fois c’est un chercheur en sciences politiques qui dans un latin de messe de psychologue et de pythie politiste enfonce à son tour l’intéressée dans le JDD. La lecture vaut le détour ! Tout y est abordé sauf l’essentiel à savoir d’une part la catastrophe électorale générale de la république en marche à Paris bien sûr mais partout sur le territoire ;  surtout on fait l’impasse sur les défaillances dramatiques de la gestion de crise par le gouvernement et le Premier ministre en particulier. une défaillance qui continue avec le manque dramatique de masques, de respirateurs, de tests , le manque aussi de courage politique. Une analyse psycho pour  Bruno Cautrès, chercheur en sciences politiques, Sciences Po – USPC qui  s ‘est livré à ce curieux exercice  pour satisfaire sans doute aussi le cruel manque d’articles du journal. La confirmation également  que l’enseignement des instituts politiques souvent relève du bla-bla  de nature scientiste. (et les références bibliographiques n’y changent rien!)

 

« L’interview d’Agnès Buzyn publiée dans Le Monde du 17 mars revenant sur la manière dont elle avait vécu son départ du gouvernement et sa campagne électorale pour les municipales à Paris, s’inscrit dans une tradition politique bien connue : la « bombe » lâchée dans les heures ou les jours qui suivent une défaite électorale. On évoque parfois le syndrome de dépression ou de décompression postélectorale. Les lendemains de défaite sont une étape difficile à gérer au plan humain et politique comme l’a récemment bien montré l’ouvrage dirigé par Frédéric Louault et Cédric Pellen (La Défaite électorale. Productions, appropriations, bifurcations, Presses Universitaires de Rennes, 2019).

Au plan humain, il n’est pas rare de voir les candidats passer en quelques heures de la posture conquérante (« on va gagner! ») à un syndrome d’abattement ou même d’effondrement : une combinaison de fatigue psychologique et physique, de déception face aux résultats, parfois teintée d’amertume.

Les partis politiques « de la vielle école » connaissent bien ce syndrome, ou son exact opposé, l’euphorie de la victoire (qui fait oublier qu’il y a un deuxième tour ou qui fait perdre au vainqueur final le sens des réalités). Analysant en profondeur les ressorts de l’engagement et de la participation à une campagne électorale, le politiste Alain Faure, spécialiste des élus ruraux et du pouvoir local, a recueilli de nombreux témoignages d’élus qui évoquent avec nostalgie et affects leur première campagne électorale.

Il évoque même (dans une communication à un colloque) une « empreinte affective » durable la première rencontre avec le suffrage universel : « La première exposition de soi, la rencontre avec des mentors, la prise publique de parole et le dénouement par les urnes semblent avoir placé ces éligibles dans une ivresse insoupçonnée et inoubliable. »

Les équipes de campagne des partis politiques tentent d’ailleurs de canaliser le mieux possible les débordements émotionnels de leurs candidats. Les « vieux routards » de la politique savent qu’il faut tenir sa langue dans les heures et jours qui suivent les élections et plus particulièrement en cas de défaite : « il ne faut pas insulter l’avenir », disent-ils souvent, une règle d’or de la politique.

La lecture de cette interview suscite trois réactions. Première réaction, la plus instinctive : la consternation et même le choc. On peut en fait se demander si nous n’avons pas assisté en direct à une fin de parcours politique d’Agnès Buzyn : la candidate, arrivée troisième du premier tour avec 17,3% des voix, pourra-t-elle se présenter devant les électeurs le 21 juin après une telle « bombe », et d’ailleurs le veut-elle ?

La tonalité de l’interview et plusieurs déclarations (« je me demande ce que je vais faire de ma vie », « c’est ma part de liberté, de citoyenne et de médecin », « je n’ai plus de boulot ») font apparaître qu’Agnès Buzyn semble mentalement sortie des élections municipales. A priori, impossible de s’en remettre vis-à-vis des électeurs (à commencer par les siens) et encore plus impossible pour elle d’enfiler à nouveau le costume de candidate.

Une sortie de la vie politique, en forme de « coming out » libérateur : comme si le rôle de candidate, dans le contexte que nous vivons, avait été trop lourd à porter et vécu comme un rôle de composition, plus imposé par les circonstances que choisi. Ministre oui, candidate non ou plus difficilement. Ce profil existe dans notre vie politique qui a déjà compté des talents n’arrivant pas à passer l’obstacle du suffrage universel ou ne le souhaitant pas, par exemple l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin.

Le malaise de la « mascarade »

Les explications confuses que la candidate a données par la suite, n’ont fait qu’accentuer le malaise que l’on ressent. Malgré les éléments de langage distillés ensuite, plusieurs énoncés terribles contenus dans l’interview au Monde resteront collés au nom de la candidate. La ministre aurait eu conscience que la gravité de la situation sanitaire empêcherait les élections municipales d’avoir lieu ; la candidate a vécu ces élections comme une « mascarade ».

Agnès Buzyn a quitté des fonctions éminentes dans une période sanitaire dramatique pour concourir à une élection dont elle pensait qu’elle n’aurait pas lieu… ; elle a conduit une campagne électorale (qui comporte des négociations ou discussions avec d’autres candidats) vécue (et qualifiée a posteriori) comme une « mascarade », un terme dont les acceptions recouvrent d’ailleurs aussi bien « comédie hypocrite » que « mise en scène trompeuse »…

La seconde réaction est moins instinctive et choquée. Elle prend davantage appui sur les sciences sociales, notamment la sociologie politique des émotions. Ce courant de recherche a développé la thèse d’un « citoyen sentimental », proposée au début des années 2000 par le spécialiste américain de psychologie politique, George Marcus. Dans ses travaux, George Marcus montre que notre cerveau prend appui simultanément sur la « raison » et les émotions pour penser la politique.

Loin d’être un obstacle au jugement politique, une camisole aveuglante, les émotions feraient partie intégrante du « raisonnement politique » : privé de ses émotions l’être humain ne sait en fait plus décider. De nombreux travaux de recherches conduits par la psychologie politique (par exemple chez Pavlos Vassilopoulos) ont confirmé que raison et émotions constituent une combinatoire essentielle des décisions et évaluations politiques. Si la peur, l’anxiété ou la colère font partie des émotions qui agissent fortement sur les choix politiques, elles ne conduisent pas nécessairement les électeurs qui ressentent ces émotions à des comportements ou attitudes extrêmes.

Système 1, Système 2

Ces travaux montrent aussi que le cerveau humain fonctionne selon deux modes opératoires, que nous passons nos journées à combiner : d’un côté la logique des « habitudes acquises » et de l’enthousiasme spontané ; d’un autre côté la logique de la « surveillance », attentive aux modifications de l’environnement, qui fonctionne à l’anxiété mais favorise l’esprit critique.

Cette thèse rappelle celle avancée par Daniel Kahneman, lauréat du Prix Nobel d’économie et spécialiste notamment des « biais cognitifs », dans son livre mythique Système 1, Système 2 : Les deux vitesses de la pensée. Selon Kahneman, nous opérons nos activités cérébrales selon deux modes : le « système 1″ qui est rapide, instinctif, émotionnel mais peu précis et le « système 2″ qui est plus lent, plus réfléchi, plus logique et plus précis. Daniel Kahneman montre à quel point les « biais cognitifs » nous conduisent, notamment en mode « système 1″, à commettre des erreurs de jugement et à développer fausses peurs, aversions infondées ou erreurs de jugement.

Une « sentimentalité » toute politique

Si nous sommes bien ces « citoyens sentimentaux » ou ces « cerveaux politiques à deux vitesses », aucune raison pour que les hommes et femmes politiques échappent à cette règle. Dans le cas d’Agnès Buzyn, remarquons tout d’abord la grande part de « sentimentalité » qui caractérise sa communication : elle a pleuré en quittant ses fonctions de ministre, elle répond en larmes aux questions d’Ariane Chemin dans Le Monde et sa campagne électorale a beaucoup mis en avant son « empathie », sa « douceur », « sa proximité » avec les gens. S’il s’agissait de créer un clivage d’image avec Anne Hidalgo et Rachida Dati (renvoyant en creux une image de dureté et machines de guerre électorale à propos de ses concurrentes), ce « storytelling » nous disait quelque chose d’important.

Si l’on suit les travaux du politiste Christian Le Bart, nous sommes entrés dans l’ère de la « démocratie émotionnelle ». Les travaux remarquables de ce spécialiste des émotions et de la mise en scène du politique, montrent l’affirmation d’une tendance « lacrymal-fusionnelle » dans nos démocraties : les larmes, les émotions, la compassion, l’empathie, la proximité comme l’ultime tentative de combler le gouffre abyssal du déficit démocratique comme en témoigne la profonde défiance des Français vis-à-vis du politique.

Ethique de responsabilité

Cette tendance au débordement émotionnel de nos hommes et femmes politiques n’a-t-elle pas joué un mauvais tour à Agnès Buzyn? D’une part en mettant trop en exergue son profil humain pendant sa campagne au détriment de ses propositions, les rendant inaudibles en fait ; d’autre part, en s’épanchant trop vite et trop maladroitement dans les colonnes du Monde? Un coup de grisou du « système 1″, mais tellement spectaculaire et fracassant dans sa spontanéité et sa dimension émotionnelle que le « système 2″ ne peut plus rien pour récupérer et rattraper l’affaire.

Le recours aux sciences sociales peut nous rendre un dernier service pour comprendre l’énigme du quasi « suicide politique » qui s’est commis sous nos yeux. Depuis la célèbre conférence de Max Weber en 1919, on sait que la « vocation » du « savant » et celle de l’acteur politique ne peuvent se confondre. Pour Weber, « l’éthique de responsabilité » c’est l’action en termes de moyens fins, inspirée par la philosophie politique de Machiavel.

C’est la morale de l’action de l’homme d’Etat qui va accepter, au nom d’un intérêt supérieur et du bien commun, d’employer des moyens que la morale réprouve. Weber a beaucoup réfléchi aux limites de cette « éthique de responsabilité », que la société ne peut suivre jusqu’au bout sauf à ériger en morale commune des principes inacceptables. La « morale de conviction » incite à agir selon ses sentiments sans référence aux conséquences.

Dans sa préface à l’édition 1959 du Savant et le Politique (de Max Weber), Raymond Aron résumait en ces termes l’opposition entre les deux « vocations » du savant et du politique : « On ne peut pas être en même temps homme d’action et homme d’études, sans porter atteinte à la dignité de l’un et de l’autre, sans manquer à la vocation de l’un et de l’autre. »

 

Il ajoutait qu’il ne fallait pas en conclure que cette distinction fondamentale excluait en même temps, chez Weber, les liens entre l’un et l’autre : « La science qu’il conçoit est celle qui est susceptible de servir l’homme d’action ». Cette position rejoint celle de Durkheim (dans la première préface à La Division du travail social) qui décrivait ainsi le rôle social du savant :  »De ce que nous nous proposons avant tout d’étudier la réalité, il ne s’ensuit pas que nous renoncions à l’améliorer […] Nous devons être, avant tout, des conseilleurs, des éducateurs. Nous sommes faits pour aider nos contemporains à se reconnaître dans leurs idées et dans leurs sentiments beaucoup plutôt que pour les gouverner ; et dans l’état de confusion mentale où nous vivons, quel rôle plus utile à jouer? »

En jetant le masque d’une « mascarade » qui ne lui convenait plus, Agnès Buzyn vient d’illustrer à la perfection le conflit de loyauté tragique entre « éthique de conviction » et « éthique de responsabilité » qui attend tout savant qui rentre en politique. L’espace d’une interview dans Le Monde, le cerveau du médecin et de l’universitaire a repris le dessus sur celui du politique. Est-ce définitif? C’est entre les lignes le sentiment que l’on a. Il est évident qu’Agnès Buzyn devra très vite trancher le nœud gordien. La République en marche pour une troisième candidature à la mairie de Paris? Décidément, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas…!

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 

 

Coronavirus : poursuites judiciaires contre Agnès Buzyn ou Édouard Philippe ?

Coronavirus : poursuites judiciaires contre Agnès Buzyn ou Édouard Philippe ?

Après les propos d’Agnès Buzyn,  ancienne ministre de la santé, affirmant dans le Monde que le gouvernement savait que l’organisation des élections municipales constituait un danger majeur pour la santé, par ailleurs que ces élections seraient une mascarade en prévision notamment des abstentions, certains médias posent la question de la responsabilité d’Agnès Buzyn, du gouvernement et surtout du premier ministre. Agnès Buzyn affirme  qu’elle a notamment informé dès janvier le gouvernement de la catastrophe sanitaire qui se préparait mais que ces recommandations n’ont pas été intégrées par le gouvernement. Du coup,  s’il devait y avoir une information judiciaire, elle devrait sans doute davantage viser Édouard Philippe qu’ Agnès Buzyn. En effet, c’est bien le Premier ministre qui en toute irresponsabilité a décidé d’inviter les électeurs à se rendre dans les bureaux de vote au risque d’une plus grande contamination et qui dans le même discours, le même jour, a recommandé le confinement. Nul doute que nombre de personnes supplémentaires du être infectées  à l’occasion de ces élections et le premier ministre et le responsable de cette situation. D’une manière générale, il est responsable d’une politique sanitaire complètement contradictoire qui a alterné entre la minimisation des risques et les propos inutilement inquiétants. Le tout alimentant largement encore davantage la panique. Il est aussi largement responsable de l’insuffisance scandaleuse des moyens sanitaires en équipements et en personnel. La France manque de tout, de lits en soin intente intensifs, de matériel respiratoire, de tests et même de masques. Le changement de ton et de politique est intervenu seulement après le du président de la république qui a décrété l’état de guerre. Le seul problème c’est que le gouvernement ne prend toujours pas les moyens découlant de ce discours guerrier.

Il faut rappeler les paroles rassurantes mais irresponsables du premier ministre.

« On a posé la question hier au comité scientifique. On leur a demandé, ‘est-ce que le fait d’aller dans un bureau de vote, parfois d’attendre un peu, ensuite de voter puis de repartir, est-ce que ça présente un risque pour les personnes les plus fragiles?’ », a-t-il rapporté.

Selon lui, ledit comité a répondu au gouvernement qu’il n’y avait aucune raison scientifique de penser que le déplacement pour voter aux municipales serait plus dangereux « que d’aller faire ses courses ». À condition de respecter une distance minimale. Le ministère de l’Intérieur préconise un marquage au sol afin de maintenir environ un mètre entre chaque électeur à chaque étape du vote. Il faut regretter c’est le caractère complètement contradictoire et irresponsable de la part du gouvernement en plus cautionné par certains scientifiques très complaisants qui devraient quand même comprendre que les bureaux de vote vont se transformer en espace d’incubation impossible à désinfecter après le passage de chaque électeur.

« La vérité, c’est que les maires (…) ont parfaitement compris l’enjeu, pour faire en sorte, par exemple, que quand une personne fragile arrive au bureau de vote, dans toute la mesure du possible, ce ne soit pas elle qui fasse la queue, (…) qu’elle puisse passer plus rapidement dans l’isoloir et ensuite devant l’urne pour pouvoir, là encore, limiter les risques », a-t-il développé.

 

 

Et le Premier ministre de rappeler qu’on peut aller voter « avec son stylo » et que du matériel sanitaire ( ! ) sera mis à disposition des électeurs dans les bureaux de vote. Ses déclarations irresponsables justifient effectivement un information judiciaire.

 

La bascule de la voiture électrique …..dans le vide ( Agnès Pannier-Runacher)

La bascule de la voiture électrique …..dans le vide ( Agnès Pannier-Runacher)

 

Il est clair que la secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie doit sérieusement s’ennuyer dans une fonction qui ne sert strictement à rien. Aussi vient-elle de s’exprimer de façon particulièrement maladroite sur deux sujets. D’abord en encourageant les français à investir dans la bourse pourtant actuellement en pleine crise puis en déclarant que la voiture électrique connaît une véritable bascule. La question est de savoir si ce n’est pas une bascule dans le vide ! En effet les ventes de voitures électriques même en progression restent marginales en raison notamment de leur coût d’achat aussi des interrogations concernant la technologie, des batteries notamment. Avec en plus, l’émergence de la technologie des moteurs à hydrogène.  Après s’être transformé en trader, la secrétaire d’État se transforme en agent commercial de la voiture électrique en plus avec des arguments peu convaincants.

 

« - Je rappelle d’abord que la France a doublé ses ambitions de verdissement du parc en passant d’un objectif de 500 000 à un million de primes à la conversion sur le quinquennat. Pour les véhicules électriques, nous avons également maintenu le bonus écologique avec une trajectoire précise jusqu’en 2022 pour donner plus de visibilité aux constructeurs. Sur les flottes d’entreprises, il existe également des dispositifs fiscaux très incitatifs pour les véhicules électriques comme l’exemption de taxe sur les voitures de société, ou encore un plafond d’amortissement supérieur. Si à tout cela, vous ajoutez les économies de carburant, le ROI (retour sur investissement, NDLR) pour les entreprises devient très acceptable, surtout pour celles qui attribuent un coût à leur empreinte CO2. »

Municipales Paris : Agnès Buzyn à l’abattoir !

Municipales Paris : Agnès Buzyn à l’abattoir !

 

Il est clair qu’Agnès Buzyn  a accepté de se sacrifier à la demande de Macron. En fait,  il ne s’agit nullement d’envisager de gagner les élections dans la capitale mais de sauver ce qui peut l’être encore. Sans doute pas grand-chose. Griveaux  lui-même n’avait jamais réussi à dépasser les 15 % et sa campagne s’est enlisée avant l’affaire dans les sables de propositions plus ou moins fumeuses. La désignation d’Agnès Buzyn    par la pseudo commission national d’investiture est en fait un choix délibéré de Macron. Il s’agit maintenant simplement d’assurer une présence.

 

La vérité c’est que la plupart des premiers couteaux ont refusé la proposition d’aller à l’abattoir des élections parisiennes. On s’est donc rabattu sur la ministre de la santé. Pas vraiment le meilleur choix car l’intéressée était englué d’une part dans la crise de l’hôpital,  d’autre part dans la crise de la réforme des retraites. Deux dossiers où elle n’a guère brillé. par ailleurs , elle n’a guère d’épaisseur politique.

 

On l’a surtout choisi parce que c’était une femme qui aura à affronter les deux autres principales  concurrentes  à savoir l’actuel maire de Paris et Rachida Dati.  Dans la course à la mairie de Paris, elle sera donc confrontée à deux autres femmes, elles,  bien placées dans les sondages : la maire sortante, Anne Hidalgo (PS) et l’actuelle maire du VIIe arrondissement et ancienne ministre de la Justice Rachida Dati (LR). Dans l’environnement politique actuel Agnès Buzyn  ne peut espérer au mieux que 10 % des intentions de voix et sans grande possibilité de regroupements au second tour. Une grande différence avec Villani.

Elle devra donc composer avec la candidature dissidente de Cédric Villani, exclu fin janvier de LaRem. Vu comme une ministre “technicienne”, elle devra faire preuve d’un sens politique éprouvé pour relancer la dynamique de la campagne de LaRem à Paris, déjà très compromise.

Avant même l’affaire des vidéos intimes, Benjamin Griveaux pointait en effet en troisième position dans les sondages, derrière Anne Hidalgo et Rachida Dati.

“C’est une véritable volonté de gagner la bataille, il faut retenir vraiment ça”, a déclaré sur BFMTV Marie-Laure Harel la porte-parole de La République en marche pour les municipales. “On envoie une personnalité politique de premier plan, qui a montré sa capacité à conduire de grandes réformes et qui va aussi traduire à Paris cette volonté réformatrice qu’a le président.”

La décision a été saluée par le groupe Modem, allié de La République en marche. Cédric Villani a, en revanche, dit dimanche souhaiter maintenir sa candidature pour la mairie de Paris, malgré “le respect” et “l’estime” qu’il porte pour la ministre de la Santé. “Je sais les dossiers considérables qu’elle a gérés en tant que ministre. Je lui souhaite bienvenu et bon courage pour les quatre semaines que vont durer cette campagne”, a-t-il déclaré sur BFMTV.

“Pour ma part, cela fait bien des mois que ma campagne se déroule, que mon projet se construit (…) un projet, qui est, j’en suis sincèrement persuadé, tout simplement le meilleur pour Paris.” Plus critique, son entourage a estimé que le choix de la ministre de la Santé était “incompréhensible” et qu’il “fragilisait” l’exécutif.

La porte-parole du candidat d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), Anne Souyris, a qualifié sur LCI ce choix d’”extrêmement étrange” et “pas très responsable” dans un contexte de crise du coronavirus et de crise de l’hôpital public.

Recul du départ à la retraite (Agnès Buzyn)

Recul du départ à la retraite  (Agnès Buzyn)

 

 

De manière particulièrement hypocrite, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a estimé que le gouvernement devait se saisir de la question du report de l’âge de départ à la retraite qui aurait notamment émergé du grand débat national. Ceci étant,  la ministre de la santé a précisé qu’elle s’exprimait à titre personnel et que de toute manière un jour ou l’autre il faudrait bien se poser la question. Cette manière très allusive d’aborder une question centrale ne caractérise pas un grand courage. Il y a en effet longtemps que le problème de l’âge de la retraite comme celui des 35 heures devrait être sur la table des négociations. Ces deux mesures de la gauche ont largement concouru à tuer  la compétitivité de l’économie. Sans parler du fait que cela a porté un coup fatidique à la valeur du travail. Cette réduction du temps de travail peut et même doit se comprendre et s’admettre pour les salariés aux conditions de travail difficiles mais pas pour l’ensemble. C’est cette généralisation idiote et aveugle qui est condamnable. Quand on écoute les propos de la ministre de la santé, on peut être inquiet du courage et de la lucidité du pouvoir sur cette question  «La question de l’âge du départ à la retraite est sans arrêt sur la table, à gauche comme à droite», a relevé la ministre lors du Grand jury RTL-Le Figaro-LCI. «Moi j’entends ces débats. Le président de la République avait pris lors de sa campagne (présidentielle) l’engagement devant les Français de ne pas toucher à l’âge de départ à la retraite. Après, nous allons mener une réforme des retraites pour rendre les retraites plus universelles, plus compréhensibles pour les Français et avoir un système qui pérennise notre système par répartition, peut-être que cela, ça sera en discussion avec les partenaires sociaux dans le cadre de la réforme générale», a-t-elle indiqué. «Je n’y suis pas hostile», a poursuivi la ministre, interrogée sur l’enjeu de retarder l’âge de départ à la retraite. «Je suis médecin, je vois que la durée de vie augmente d’année en année, elle augmente moins vite ces dernières années mais elle a considérablement augmenté», a-t-elle fait valoir. «Est-ce que, alors que le nombre d’actifs diminue, nous allons pouvoir maintenir sur les actifs le poids des retraites qui vont augmenter en nombre et en durée? Nous savons que cet équilibre-là va être de plus en plus difficile à tenir», a-t-elle estimé.  Comme on lui rapportait, en fin d’émission, les réactions de surprise suscitées sur les réseaux sociaux par ses déclarations, la ministre a souligné qu’elle s’exprimait «à titre personnel». «Je pense que un jour, un jour, nous serons obligés de travailler plus longtemps sinon notre système de retraite ne pourra pas tenir», a-t-elle précisé. «Ce que j’ai dit, c’est que j’ai vu ces propositions remonter du grand débat. À partir du moment où les Français l’évoquent, c’est sur la table. À partir du moment où toutes les propositions qui sont amenées par le grand débat vont être étudiées, nous étudierons celle-là comme les autres. Elle n’est pas (mise) sur la table aujourd’hui par le gouvernement», a-t-elle rappelé. Contrairement à ce que raconte la ministre cette question n’est pas non plus mise sur la table de façon significative dans le cas du grand débat.

 

Aide sociale : pas de contrepartie punitive (Agnès Buzyn)

Aide sociale : pas de contrepartie punitive (Agnès Buzyn)

, Un coup à droite avec le gouvernement cette fois concernant les aides sociales. Un coup à droite quand le premier ministre Édouard Philippe a évoqué l’idée d’exiger des contreparties pour les bénéficiaires du RSA. Et un coup à gauche quand la ministre de la santé déclare que ces contreparties, qu’elle ne conteste pas, ne doivent pas être punitive.

Édouard Philippe le premier ministre a osé aborder un tabou : celui des compensations de travail en contrepartie des aides sociales. Il y a deux manières de réfléchir à cette question : soit de remettre en cause le niveau de ces aides, soit d’exiger un travail. Force est de constater que pour des salaires voisins du SMIC, il est parfois plus intéressant de bénéficier des différentes aides sociales dans le RSA que de travailler. On pourrait aussi conclure que la faute revient au bas niveau du SMIC. La situation devient un peu incohérente quand certaines personnes ne touchent qu’un salaire de l’ordre de 800 € pour 25 heures. Il est clair que le salarié doit alors engager des dépenses de déplacement, de restauration, de garde des enfants alors qu’en bénéficiant des aides sociales il réduirait notablement ses dépenses pour gagner finalement davantage. On  pourrait faire le même constat vis-à-vis des personnes bénéficiant de l’allocation chômage par rapport à ceux qui travaillent. Il y a là un vrai problème à multiples facettes mais qui freine sérieusement l’embauche et par parenthèse favorise la venue  d’immigrés d’Europe ou d’ailleurs et qui sont moins délicats que les Français en matière de conditions de travail. S’ajoute à cela une perte générale de la valeur travail qui affecte non seulement les plus défavorisés mais aussi les cadres. Un sujet tabou donc quand on est responsable politique. Le problème c’est que Édouard Philippe n’a pas forcément la légitimité pour évoquer cette question puisque comme Macron, il est plutôt représentant des plus défavorisés.“ “C’est indispensable d’avoir des mécanismes de solidarité pour ceux qui sont dans la difficulté, on est un pays où la solidarité ça compte, il ne s’agit pas de revenir en arrière, il s’agit de s’interroger sur ‘est-ce que cette solidarité, elle peut s’accompagner de contreparties, d’activités, d’activités d’intérêt général’?”

Demander des « contreparties » au versement d’aides sociales, comme l’a évoqué vendredi le Premier ministre Édouard Philippe, ne doit pas se « faire de façon punitive », a estimé dimanche la ministre de la Santé Agnès Buzyn, pour qui « tout le monde ne peut pas retourner vers l’emploi ». Le problème est bien connu il s’agit des déficiences de nos systèmes de réinsertion qui n’incite guère à la reprise du travail. Enfin et peut-être surtout des énormes insuffisances du système de formation qui brasse 35 milliards par an mais dont une partie minime va en direction des personnes sans emploi. Cela en dépit de la récente loi qui n’a pas changé grand-chose car les institutions continuent de se partager cet énorme fromage. Manque de formation et incitation défaillante de la réinsertion explique une grande partie des les aides sociales des chômeurs mêmes s’il est clair que la solidarité doit s’exercer sans contrepartie en direction de personnes dans des situations dramatiques.

 

Agnès Saal récompensée pour avoir dépensé 50 000 euros de frais de taxi !

Agnès Saal récompensée pour avoir dépensé 50 000 euros de frais de taxi !

Preuve que Macron a bien donné les clés du pouvoir à l’énarchie,  Agnès Saal, ancienne énarque,  cette haute fonctionnaire qui avait dépensé (et qui a été condamnée) 50 000 euros en frais de  vient d’être récompensée par  une promotion. Mercredi 29 août, un arrêté publié au Journal Officiel indiquait que l’ex-patronne de l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) Agnès Saal, qui avait été suspendue pour des frais de taxis indus, avait été nommée haut fonctionnaire au ministère de la Culture. Samedi 1er septembre, Mediapart révèle qu’elle a aussi profité d’un autre arrêté très avantageux en sa faveur.

En effet,  un arrêté du 3 août 2018 signé par le Premier ministre, indique qu’Agnès Saal a été promue à l’échelon spécial du grade d’administrateur général.  »En accédant à cet ‘échelon spécial’, le fonctionnaire concerné profite d’une hausse de son traitement qui, selon nos informations, peut alors atteindre jusqu’à 6 138 euros par mois », indique Mediapart.

Directrice générale du centre Pompidou de 2007 à 2014, puis présidente de l’Ina de mai 2014 à avril 2015, elle avait dû démissionner après des révélations sur ses dépenses excessives en taxis (près de 24 000 euros à l’Ina et près de 24 000 euros au Centre Georges-Pompidou), qui lui ont valu 6 mois de suspension sans solde et une condamnation à trois mois de prison avec sursis et une double amende.

Elle avait réintégré le ministère de la Culture à l’été 2016, en tant que chargée de mission auprès du secrétariat général pour piloter les démarches de labellisation Afnor sur l’égalité professionnelle et la diversité.

« Comment sauver la Sécu » (Agnès Buzyn )

« Comment sauver la Sécu «  (Agnès Buzyn )

 

Un nouveau sauveur de la sécu, « , la ministre de la Santé Agnès Buzyn qui expose dans une interview au JDD ses solutions. Marisol Touraine  avait déjà déclaré qu’elle avait sauvé la sécurité sociale. Mais   la Cour des Comptes avait indiqué  était dans l’incapacité de prévoir une date pour le rééquilibrage des comptes de la Sécu (pas avant 2020) par ailleurs les  déficits cumulés représentent environ 230 milliards !  La vérité c’est que la dérive est incontrôlable et que la sécu sert aussi d’amortisseur social face à la crise. En outre il est clair qu’en l’état actuel du chômage les recettes sont durement affectées tandis que les dépenses dérivent.  En 2018, le déficit de la Sécurité sociale se réduit mais il sera de 3 milliards d’euros, après 4,4 milliards d’euros cette année. Un léger mieux, mais l’équilibre ne devrait pas être atteint avant 2020, selon les prévisions du gouvernement. La solution pour la ministre de la santé : la volonté de mener des « réformes structurelles » pour « contrôler » la hausse des dépenses de santé liée au vieillissement de la population. « À l’hôpital, nous allons favoriser l’ambulatoire », explique-t-elle, annonçant que le gouvernement allait « fermer les lits qui ne servent à rien ou les réorienter vers de nouveaux besoins. Nous voulons lutter contre les opérations inutiles ou les actes réalisés deux fois. Enfin, les établissements pourraient économiser un milliard d’euros en mutualisant certaines dépenses, comme les achats de médicaments. » Sur le tiers-payant, Agnès Buzyn le confirme : « Nous tiendrons l’engagement du Président de la République de rendre le tiers-payant généralisable » mais, précise-t-elle, « nous devons poursuivre nos efforts pour en assurer une application effective partout. Nous ne sommes pas prêt techniquement à l’étendre. »  Côté optique, la ministre de la Santé indique que la promesse de rembourser à 100% les lunettes sera tenue. « Mon but est d’aboutir d’ici à un an. Toute la chaîne des acteurs devra contribuer », prévient-elle. Mutualisation des dépenses entre établissements, recentrage sur la « haute technicité », modes de tarification centrés sur la pertinence des soins. En fait  l’équilibre de la sécu dépendra tout autant de la conjoncture à laquelle sont liés auatant les montants des cotisations que les réformes structurelles. L’intention de la nouvelle ministre est louable mais ce n’est pas la première fois qu’on l’a déclare. Il faudra en particulier opérer des réformes structurelles qui s’opposesront  à certains corporatismes mais sans affecter la qualité des soins. Un numéro d’équilibriste particulièrement délicat

 

Économiser pour dépenser moins et mieux (Agnès Verdier-Molinié)

Économiser pour dépenser moins et mieux (Agnès Verdier-Molinié)

 

Dans un récent rapport l’IFRP proposait de réaliser 91 milliards d’euros d’économies en cinq ans et 91 milliards d’euros de baisse de prélèvements obligatoires en sept ans, Agnès Verdier-Molinié décrypte dans le Figaro le plan que propose la fondation qu’elle dirige.

 

 

Alors que les attentats terroristes se multiplient en France, est-ce vraiment le temps des économies?

 

Oui, c’est plus que jamais le moment car, justement, nous allons devoir dégager des marges de manœuvre budgétaires pour dépenser plus dans le régalien: la défense, la justice, la sécurité intérieure, le pénitentiaire… Dans la trajectoire des finances publiques, que la Fondation iFRAP propose dans sa dernière étude, la baisse des dépenses locales, sociales et non régaliennes permet de dégager 16 milliards de dépenses régaliennes supplémentaires tout en redressant les comptes publics et en atteignant un excédent budgétaire à horizon 2022. Si nous ne nous donnons pas comme objectif de baisser les dépenses publiques non régaliennes, nous n’aurons jamais les moyens de réinvestir dans les missions essentielles de sécurité, de justice et de protection intérieure et extérieure des populations, lesquelles ont été reléguées au second plan ces dernières années. En 1965, les dépenses régaliennes représentaient 6,5% du PIB. En 1990, elles avaient chuté à 4,5%. Aujourd’hui, les dépenses régaliennes ne pèsent plus que 3% de notre PIB et les dépenses sociales… 34%. Les attaques terroristes régulières que la France subit et la montée des tensions géopolitiques dévoilent les limites de cette «stratégie».

 

«Il faudrait que les syndicats soient au service de l’intérêt général» (Agnès Verdier-Molinié)

 «Il faudrait que les syndicats soient au service de l’intérêt général» (Agnès Verdier-Molinié)

Dans une interview au Figaro Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’iFRAP, think thank flingue les syndicats considérant qu’ils ne sont pas au service de l’intérêt général. Une critique cinglante qui n’est pas sans fondement mais quand même un peu caricaturael quand on connaît le peu d’intérêt du patronat pour une véritable concertation. La vérité c’est que les syndicats sont condamnés à adopter des postures le plus souvent protestataire par faute d’objet social du syndicalisme. En effet du fait de l’absence de transparence des stratégies économiques des entreprises, les syndicalistes n’ont d’autre choix que de se réfugier dans l’opposition systématique. L’absence de transparence et de volonté de concertation nourrissent l’ignorance, l’incompétence et le corporatisme. De ce point de vue le patronat a les syndicats qui méritent et fêtent émerger des représentants du personnel au profil essentiellement contestataire.

 

LE FIGARO. – Y-a-t-il des syndicats plus enclins que d’autres à réformer le marché du travail français?

Agnès VERDIER-MOLINIÉ. - Parler de syndicats réformistes en France est assez difficile. Il y a plutôt les tenants du blocage systématique que sont FO et la CGT et les tenants du blocage moins systématique que sont la CFTC, la CFE-CGC et la CFDT. Mais au final, où est la différence? Si on écoute la CFDT et la CFTC sur le projet de loi El Khomri, on ne fait pas du réformisme mais de la réformette. Les soi-disant réformistes ne veulent pas du barème des indemnités prud’homales, ils ne veulent pas des nouvelles modalités du licenciement économique, ils ne veulent pas plus de liberté pour l’employeur sur l’organisation du travail et la flexibilité des horaires (qui marche si bien en Allemagne). Bref, les «réformistes» ne veulent rien de ce qui pourrait avoir un impact et rendre plus flexible le marché du travail et faire baisser la peur de l’embauche. Tout de même, accordons aux «réformistes» leur accord en faveur du référendum d’entreprise et de la consultation des salariés. Mais… à une condition, comme l’explique très bien Laurent Berger, que le référendum «ne puisse intervenir qu’à l’issue de la négociation et à la seule initiative des syndicats signataires». Si on suit les réformistes, ça va bouger, c’est sûr mais seulement d’un millimètre.

 

Cette situation de blocage que l’on rencontre actuellement pour la loi travail nous révèle-t-elle quelque chose du syndicalisme à la française?

Cette situation démontre une représentation syndicale à bout de souffle. Elle semble terrorisée par des employeurs qui pourraient demander directement l’avis des salariés et se passer d’elle. N’oublions pas que moins de 5% des salariés du privé sont syndiqués. Pire, selon un sondage Opinionway de 2015, deux-tiers des Français considèrent que les syndicats ne sont «pas représentatifs». Et 54% qu’ils ne sont «pas utiles». Moins de 50% des Français leur font confiance pour négocier et gérer les organismes paritaires et les deux tiers des Français ne se sentent proches d’aucun syndicat.

 

«Si leur positionnement reste le même, les prochaines années verront le syndicalisme français uberisé car il n’est plus du tout en phase avec les évolutions contemporaines

Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’iFRAP

On ne peut donc pas dire que nos syndicats soient plébiscités! L’opinion publique sent confusément que nos syndicats sont plus les tenants de l’immobilisme et du statu quo. Dans toutes les réformes, ils défendent leurs rentes sectorielles et les font même jouer les unes contre les autres: les régimes spéciaux publics contre les avantages acquis des salariés du privé, les retraites publiques contre les retraites privées etc. Les bastions qui gagnent sont toujours les mêmes. Si leur positionnement reste le même, les prochaines années verront le syndicalisme français «uberisé» car il n’est plus du tout en phase avec les évolutions contemporaines: flexibilité et anticipation plutôt que passéisme et immobilisme.

 

Avez-vous des propositions pour réformer le syndicalisme?

A la Fondation iFRAP, nous proposons aux les gouvernements et responsables politiques en général d’être vaillants face aux syndicats. Nous souhaiterions qu’ils soient moins faibles et qu’ils cessent de les ménager systématiquement. Pourquoi avoir ajouté, sous la droite, avec Gérard Larcher à la fin janvier 2007, l’article L.1 qui dispose que: «Tout projet de réforme envisagé par le Gouvernement qui porte sur les relations individuelles et collectives du travail, l’emploi et la formation professionnelle et qui relève du champ de la négociation nationale et interprofessionnelle fait l’objet d’une concertation préalable avec les organisations syndicales de salariés et d’employeurs représentatives au niveau national et interprofessionnel en vue de l’ouverture éventuelle d’une telle négociation.» Nous nous sommes liés, en connaissance de cause, à la capacité de blocage de syndicats. La solution pour en sortir? Passer à côté et adopter, avec le soutien des Français, les mesures de réforme. Cela passe par des référendums à la fois au niveau des entreprises (y compris et surtout à l’initiative de l’employeur) et au niveau national. Cela passe par une vraie transparence de la gestion (et cogestion) paritaire totalement opaque aujourd’hui. Cela passe aussi par la construction d’un nouveau syndicalisme, vraiment réformiste et représentatif, avec la mise en place d’un chèque syndical qui aboutirait à ce que plus de Français soient syndiqués mais mieux syndiqués. Enfin apparaîtraient des syndicats au service de l’intérêt général qui nous manquent tant aujourd’hui.

 

Agnès Saal : le soutien du lobby des hauts fonctionnaires

Agnès Saal : le soutien du lobby des hauts fonctionnaires

Une lettre de protestation d’une centaine de hauts fonctionnaires (et d’artistes subventionnés sans doute) pour protester contre la sanction prise à l’encontre de l’ancienne patronne de l’institut national de l’audio visuel. Une protestation très corporatiste qui montre sans doute le décalage qui peut y avoir entre l’opinion publique et des fonctionnaires un peu hors sol dont un grand nombre sont d’ailleurs issus de l’ENA. Tout cela au motif que 40 000 € dépensés en frais de taxi doit être considéré comme une faute minime. Pas étonnant pour le secteur de la culture qui vit dans un monde surréaliste et où le concept d’évaluation de la dépense publique est inconnu. On oublie aussi d’indiquer que l’intéressée d’après une enquête de l’express aurait engagé des dépenses somptuaires pour un montant de 400 000 € . En effet ‘Express révèle  qu’Agnès Saal aurait également dépensé 400.000 euros de frais de taxi entre 2007 et 2014 lorsqu’elle était directrice générale du Centre culturel Georges Pompidou. Selon le parquet de Créteil, ces frais sont certainement « non exclusivement professionnels ». Au mois de mai, le ministère public avait ouvert une enquête pour « détournement de fonds public aggravé ».  Il s’agit d’une somme très supérieure à celle qui avait poussé Agnès Sall à quitter la direction de l’INA en avril (40 000 euros en six mois). Par jour, les frais de déplacement d’Agnès Saal au Centre Pompidou se seraient ainsi élevés à 157 euros contre 130 à l’INA. Pour justifier ces frais, Agnès avait affirmé ne pas pouvoir faire travailler son chauffeur « 12 à 15 heures par jour ni les week-ends » ajoutant qu’elle ne disposait pas du permis de conduire. D’après les pétitionnaires qui défendent l’intéressé L’ex-patronne de l’INA, l’intéressé serait victime d’une « sanction qui est en réalité sans aucune proportion aux faits reprochés« . Il est clair en tout cas qu’en la circonstance dans le privé la haute fonctionnaire aurait été purement et simplement licenciée sur le champ.

Agnès Sall : suspendue 6 mois pour 400 000 euros de frais

Agnès Sall : suspendue 6 mois pour 400  000 euros de frais

Finalement l’ancien énarque François Hollande ne pouvait souhaiter la mort du pécheur en l’occurrence celle d’Agnès (également énarque) suspendue seulement pendant six mois pour avoir plongé trop profondément les mains dans le pot de confiture. Elle sera donc suspendue seulement pendant quelques mois. Notons que dans le privé elle aurait été licenciée et sans aucune indemnité. D’après l’Express le détournement dans les différentes fonctions assurées par l’intéressé pourrait se monter à 400 000 € ! Il y a lieu de s’interroger sur le concept de suspension « avec sursis » concept  spécifique à la haute fonction publique et complètement inconnu dans le privé. Il est clair de toute façon que François Hollande qui a décidé lui-même de la sanction ne pouvait porter atteinte à la solidarité corporatiste des anciens élèves de l’ENA. La sanction disciplinaire est donc tombée pour Agnès Saal. L’ex-patronne de l’INA est exclue de la fonction publique pour 2 ans, dont 6 mois ferme. Une sanction administrative décidée par le président de la République et annoncée par le ministère de la Culture. Agnès Saal a été nommée en avril 2014 à la tête de l’INA. La haute fonctionnaire est accusée d’y avoir dépensé plus de 40.000 euros en frais de taxis en dix mois. Dont 6.700 euros pour son fils qui possédait son code de réservation.  Auparavant, alors qu’elle était à la tête du Centre Pompidou, elle avait déjà accumulé 38.000 euros de frais de taxis. La partie émergée de l’iceberg, selon L’Express, qui estime la note à 400.000 euros en 7 ans.  Agnès Saal faisait l’objet d’une procédure disciplinaire administrative qui a abouti à cette sanction prise par décret du chef de l’État. Le 4 décembre, elle a été placée en garde à vue dans le cadre de ces deux affaires. Elle pourrait être accusée de « détournement de fonds publics aggravé ». Le détournement de fonds publics est prévu et réprimé par l’article 432-15 du Code pénal. Il se définit comme « le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, un comptable public, un dépositaire public ou l’un de ses subordonnés, de détruire, détourner ou soustraire un acte ou un titre, ou des fonds publics ou privés, ou effets, pièces ou titres en tenant lieu, ou tout autre objet qui lui a été remis en raison de ses fonctions ou de sa mission », rappelle Me Pierre Lebriquir, avocat au barreau de Paris. Le détournement est puni de dix ans d’emprisonnement et de 150.000 euros d’amende.

Agnès Saal : 400 000 euros de taxis !

Agnès  Saal :  400 000  euros  de  taxis !

Nouvelle découverte de frais accessoires de l’énarque Agnès Saal avait précipitamment quitté son poste à la direction de l’INA après les révélations sur ses frais de taxis. Cette semaine, l’hebdomadaire l’Express, à paraître mercredi, révèle qu’Agnès Saal aurait également dépensé 400.000 euros de frais de taxi entre 2007 et 2014 lorsqu’elle était directrice générale du Centre culturel Georges Pompidou. Selon le parquet de Créteil, ces frais sont certainement « non exclusivement professionnels ». Au mois de mai, le ministère public avait ouvert une enquête pour « détournement de fonds public aggravé ».  Il s’agit d’une somme très supérieure à celle qui avait poussé Agnès Sall à quitter la direction de l’INA en avril (40 000 euros en six mois). Par jour, les frais de déplacement d’Agnès Saal au Centre Pompidou se seraient ainsi élevés à 157 euros contre 130 à l’INA. Pour justifier ces frais, Agnès avait affirmé ne pas pouvoir faire travailler son chauffeur « 12 à 15 heures par jour ni les week-ends » ajoutant qu’elle ne disposait pas du permis de conduire.

 

Agnès Saal :  » en taule » ! (Martine Aubry)

Agnès Saal :  » en taule » ! (Martine Aubry)

 

Bien évidemment Agnès Sall qui a dépensé 40 000 euros de taxis ( alors qu’elle disposait d’une  voiture !) comme présidente de l’INA serait aller en taule et aurait été licenciée dans le privé. Mais là il s’agit du public ;  du coup, pas de sanction mieux une mutation comme directrice au ministère de la culture. Alors Aubry se fache «  en taule ». « L’important est que ceux qui font des bêtises dans leur vie, ne respectent pas les règles, la morale et l’éthique, soient sanctionnés. Mais ne mélangeons pas tout. Je suis entourée d’élus aussi. On ne gagne pas bien sa vie. On travaille 18 heures sur 24, 7 jours sur 7. Elle, c’est une fonctionnaire. Donc elle n’a rien à voir avec nous. On n’accepte plus qu’on nous traite comme ça. Que les pourris aillent en taule, s’ils doivent aller en taule, soient condamnés s’il le faut et qu’on nous laisse travailler comme on le fait avec engagement, force et énergie pour les gens », estime Martine Aubry. Cette dernière ‘( également énarque) sait pourtant que dans l’oligarchie de l’ENA , on se fait la courte échelle et jamais de sanctions ne sont prises ( même quand on coule uen banque comme le Crédit Lyonnais ou Vivendi). De ce point de vue  Agnès Saal est l’archétype du dirigeant du PS ;  issue d’une famille de banquiers et de financiers , elle  étudie à l’Institut d’études politiques de Paris et intègre l’École nationale d’administration (promotion Solidarité, 1983). Elle travaille ensuite au cabinet de plusieurs ministres de la Culture successifs du gouvernement Lionel Jospin : auprès de Catherine Trautmann comme conseillère budgétaire (1997-1998) puis directrice adjointe du cabinet (1998-2000) et à cette même fonction auprès de Catherine Tasca (2000-2001). De février 2001 à août 2007, elle est directrice générale de la Bibliothèque nationale de France . Puis, de 2007 à 2014, elle est directrice générale du Centre Pompidou.. Comme pour tous les énarques ( de gauche ou de droite voire d’extrême droite)  tout lui est dû  , elle tape donc dans la caisse après des promotions politiciennes. Et on la recase dans un poste de directrice au ministère de la culture. Ce n’est pas Fleur Pèllerin , ministre de la culture et elle même énarque qui va cogner  sur sa copine ! Et après le PS s’étonne de sa lente agonie et de la montée du front national !




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