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Covid et politique: « Tout le monde dans le gouvernement s’en foutait » (Agnès Buzyn)

Covid et politique: Tout le monde dans le gouvernement s’en foutait (Agnès Buzyn)

De manière totalement scandaleuse, l’ancienne ministre de la santé se retrouve seule accusée des insuffisances de la gestion Covid. Certes elle porte des responsabilités mais c’est surtout Macron et le premier ministre qui ont refusé d’entendre ces messages d’alertes concernant l’ampleur de la pandémie. Agnès Buzyn qui politiquement ne représente pas grand-chose sert donc de bouc émissaire au pouvoir en place. L’ancienne ministre de la santé se défend devant la cour de justice de la république où elle est la seule mise en examen tandis que d’autres comme Édouard Philippe bénéficie d’un statut de témoin assisté et que Macron bénéficie, lui, d’une bienveillance coupable totale.

Certes Agnès Buzin ne laissera pas un grand souvenir au ministère de la santé mais pas pire que celui d’Olivier Véran, le bavard ministre qui, lui, aussi a tout dit et le contraire.

La vérité c’est que l’ancienne ministre a bien tenté au début de la pandémie d’attirer l’attention du gouvernement mais que ce dernier comme le président de la république a ignoré complètement cet alerte. Pour preuve l’organisation des municipales en pleine crise épidémique.

L’ancienne ministre de la Santé Agnes Buzyn , assure non seulement qu’elle a pris au sérieux dès décembre 2019 les éléments en provenance de la ville de Wuhan en Chine, lieu de départ de l’épidémie de Covid-19, mais également que ses alertes ont été ignorées par Emmanuel Macron et Édouard Philippe, à l’époque Premier ministre.

« Non seulement j’avais vu mais prévenu. J’ai été, de très loin en Europe, la ministre la plus alerte. Mais tout le monde s’en foutait. Les gens m’expliquaient que ce virus était une ‘grippette’ et que je perdais mes nerfs », a-t-elle déclaré au Monde, alors qu’elle ne peut plus se déplacer sans un agent de sécurité du fait des menaces qu’elle reçoit.

Pour appuyer ces dires, Le Monde indique avoir consulté le journal tenu par Agnès Buzyn lors du premier confinement, dans lequel elle a méticuleusement retracé les prémices de la crise du Covid-19, s’appuyant sur ses SMS, mails et boucles Telegram. Le document, long de 600 pages, constitue aujourd’hui une pièce du dossier à la Cour de justice de la République.

Tout commence le jour de Noël 2019. En vacances en Corse, Agnès Buzyn tombe sur Twitter sur un blog relayant plusieurs pneumopathies inexpliquées en Chine. Elle assure avoir pour la première fois prévenu Emmanuel Macron et Édouard Philippe le 11 janvier 2020.
« Je n’avais pas l’impression d’être entendue », estime-t-elle.

Le mois de janvier avance et les craintes de la ministre se confirment: le Covid-19 semble avoir un taux de mortalité oscillant autour de 3%. Elle se montre plus insistante avec Emmanuel Macron et Édouard Philippe. « Monsieur le PR (président de la République, ndlr), je suis à votre disposition pour faire un point de situation quand vous le souhaitez », envoie-t-elle au locataire de l’Élysée le 25 janvier. Aucun des deux ne lui répond.

Deux jours plus tard, elle revient à la charge armée de scénarios. Elle indique à Emmanuel Macron que si le taux de mortalité est de seulement 1% mais que 10 millions de personnes sont infectées, le nombre de décès serait de 100.000. Le président la remercie pour sa « clarté ». Elle tente également d’alerter l’exécutif sur les risques de maintenir les municipales, en vain.

Au final, Agnès Buzyn n’aura réussi à obtenir qu’un seul entretien avec Emmanuel Macron sur le sujet – par téléphone – le 8 février. Elle saute sur l’occasion pour lui dérouler le scénario qu’elle
craint, affirme-t-elle au Monde. Celui d’une perte de 10 points de PIB, la fermeture des frontières, une mortalité importante, et évoque la possibilité d’un confinement.

La disgrâce d’Agnès Buzyn dans l’opinion publique interviendra à la mi-février. Choisie – quasiment forcée selon ses dires – par l’exécutif pour remplacer Benjamin Griveaux dans la course à la mairie de Paris, elle finira par quitter son poste au ministère de la Santé le 16 février 2020 pour se lancer dans une campagne électorale.
« J’ai tenté de résister, mais la pression était trop forte (…) Je n’aurais jamais dû partir. À la santé, j’étais à ma place. Là, on me poussait au mauvais endroit au mauvais moment », déclare-t-elle aujourd’hui au Monde.

Puis d’ajouter: « Pendant toute la campagne, j’ai continué d’envoyer des textos, d’alerter, mais j’ai senti que je ne pesais plus rien et que je parlais dans le vide. Je n’étais plus aux affaires et on me le faisait sentir ». Finalement, Agnès Buzyn n’obtiendra que 18% des voix à l’issue du premier tour des municipales le 15 mars, arrivant en troisième position.
Le même jour, elle décide de se montrer plus ferme avec Édouard Philippe, échaudée par les errements de l’exécutif sur le report ou non du deuxième tour des municipales, qui sera finalement organisé le 28 juin 2020. « Prenez une décision de confinement car nous avons quinze jours de retard. Et je ne perds pas mes nerfs, je suis lucide depuis des semaines et, derrière vos décisions, ce sont des gens qui vont mourir », lance-t-elle alors au maire du Havre.
 »
Après son échec à la mairie de Paris, Agnès Buzyn retournera finalement à sa profession d’origine, médecin, en prêtant main forte lors du premier confinement de mars 2020 à l’unité Covid-19 de l’hôpital militaire de Percy. Elle a depuis été nommée à la Cour des comptes.

Après ses déclarations tonitruantes dans Le Monde, des interrogations demeurent. Malgré sa prise de conscience précoce des dangers que pouvaient faire peser le Covid-19, pourquoi avoir déclaré fin janvier 2020 que le risque d’introduction de la maladie dans l’Hexagone était « faible ».

Covid: Tout le monde dans le gouvernement s’en foutait (Agnès Buzyn)

Covid: Tout le monde dans le gouvernement s’en foutait (Agnès Buzyn)

L’ancienne ministre de la santé se défend devant la cour de justice de la république où elle est la seule mise en examen tandis que d’autres comme Édouard Philippe bénéficie d’un statut de témoin assisté et que Macron bénéficie, lui, d’une bienveillance coupable totale.
Certes Agnès Buzin ne laissera pas un grand souvenir au ministère de la santé mais pas pire que celui d’Olivier Véran, le bavard ministre qui, lui, aussi a tout dit et le contraire.

La vérité c’est que l’ancienne ministre a bien tenté au début de la pandémie d’attirer l’attention du gouvernement mais que ce dernier comme le président de la république a ignoré complètement cet alerte. Pour preuve l’organisation des municipales en pleine crise épidémique.

L’ancienne ministre de la Santé Agnes Buzyn , assure non seulement qu’elle a pris au sérieux dès décembre 2019 les éléments en provenance de la ville de Wuhan en Chine, lieu de départ de l’épidémie de Covid-19, mais également que ses alertes ont été ignorées par Emmanuel Macron et Édouard Philippe, à l’époque Premier ministre.

« Non seulement j’avais vu mais prévenu. J’ai été, de très loin en Europe, la ministre la plus alerte. Mais tout le monde s’en foutait. Les gens m’expliquaient que ce virus était une ‘grippette’ et que je perdais mes nerfs », a-t-elle déclaré au Monde, alors qu’elle ne peut plus se déplacer sans un agent de sécurité du fait des menaces qu’elle reçoit.

Pour appuyer ces dires, Le Monde indique avoir consulté le journal tenu par Agnès Buzyn lors du premier confinement, dans lequel elle a méticuleusement retracé les prémices de la crise du Covid-19, s’appuyant sur ses SMS, mails et boucles Telegram. Le document, long de 600 pages, constitue aujourd’hui une pièce du dossier à la Cour de justice de la République.

Tout commence le jour de Noël 2019. En vacances en Corse, Agnès Buzyn tombe sur Twitter sur un blog relayant plusieurs pneumopathies inexpliquées en Chine. Elle assure avoir pour la première fois prévenu Emmanuel Macron et Édouard Philippe le 11 janvier 2020.
« Je n’avais pas l’impression d’être entendue », estime-t-elle.

Le mois de janvier avance et les craintes de la ministre se confirment: le Covid-19 semble avoir un taux de mortalité oscillant autour de 3%. Elle se montre plus insistante avec Emmanuel Macron et Édouard Philippe. « Monsieur le PR (président de la République, ndlr), je suis à votre disposition pour faire un point de situation quand vous le souhaitez », envoie-t-elle au locataire de l’Élysée le 25 janvier. Aucun des deux ne lui répond.

Deux jours plus tard, elle revient à la charge armée de scénarios. Elle indique à Emmanuel Macron que si le taux de mortalité est de seulement 1% mais que 10 millions de personnes sont infectées, le nombre de décès serait de 100.000. Le président la remercie pour sa « clarté ». Elle tente également d’alerter l’exécutif sur les risques de maintenir les municipales, en vain.

Au final, Agnès Buzyn n’aura réussi à obtenir qu’un seul entretien avec Emmanuel Macron sur le sujet – par téléphone – le 8 février. Elle saute sur l’occasion pour lui dérouler le scénario qu’elle
craint, affirme-t-elle au Monde. Celui d’une perte de 10 points de PIB, la fermeture des frontières, une mortalité importante, et évoque la possibilité d’un confinement.

La disgrâce d’Agnès Buzyn dans l’opinion publique interviendra à la mi-février. Choisie – quasiment forcée selon ses dires – par l’exécutif pour remplacer Benjamin Griveaux dans la course à la mairie de Paris, elle finira par quitter son poste au ministère de la Santé le 16 février 2020 pour se lancer dans une campagne électorale.
« J’ai tenté de résister, mais la pression était trop forte (…) Je n’aurais jamais dû partir. À la santé, j’étais à ma place. Là, on me poussait au mauvais endroit au mauvais moment », déclare-t-elle aujourd’hui au Monde.

Puis d’ajouter: « Pendant toute la campagne, j’ai continué d’envoyer des textos, d’alerter, mais j’ai senti que je ne pesais plus rien et que je parlais dans le vide. Je n’étais plus aux affaires et on me le faisait sentir ». Finalement, Agnès Buzyn n’obtiendra que 18% des voix à l’issue du premier tour des municipales le 15 mars, arrivant en troisième position.
Le même jour, elle décide de se montrer plus ferme avec Édouard Philippe, échaudée par les errements de l’exécutif sur le report ou non du deuxième tour des municipales, qui sera finalement organisé le 28 juin 2020. « Prenez une décision de confinement car nous avons quinze jours de retard. Et je ne perds pas mes nerfs, je suis lucide depuis des semaines et, derrière vos décisions, ce sont des gens qui vont mourir », lance-t-elle alors au maire du Havre.
 »
Après son échec à la mairie de Paris, Agnès Buzyn retournera finalement à sa profession d’origine, médecin, en prêtant main forte lors du premier confinement de mars 2020 à l’unité Covid-19 de l’hôpital militaire de Percy. Elle a depuis été nommée à la Cour des comptes.

Après ses déclarations tonitruantes dans Le Monde, des interrogations demeurent. Malgré sa prise de conscience précoce des dangers que pouvaient faire peser le Covid-19, pourquoi avoir déclaré fin janvier 2020 que le risque d’introduction de la maladie dans l’Hexagone était « faible ».

Agnès Buzyn : deux »récompenses « en même temps, la mise en examen par la cour de justice de la république et la Légion d’honneur !

Agnès Buzyn : deux »récompenses « en même temps, la mise en examen par la cour de justice de la république et la Légion d’honneur !

 

 

Plusieurs observateurs ont considéré que le gouvernement avait été particulièrement maladroit d’attribuer la Légion d’honneur à l’ancienne ministre de la santé qui par ailleurs fait l’objet d’une mise en examen devant la cour de justice de la république.

 

Pourquoi pas aussi décorer  par exemple Claude Guéant l’ancien ministre de la santé de Sarkozy condamné à plusieurs reprises est actuellement incarcéré.

 

De ce point de vue Sarkozy lui-même mériterait sans doute encore davantage d’être décoré sur ce critère.

 

Certes , c’est le président de la république qui décide d’honorer les citoyens les plus méritants mais d’une certaine manière les attributions discutables discréditent le principe même des distinctions.

 

Covid-19 – Agnès Buzyn, le procès de la démocratie

Covid-19 - Agnès Buzyn, le procès de la démocratie

 

Globalement, la classe politique et même le monde médiatique s’indignent de la mise en examen de l’ancienne ministre de la santé, Agnès Buzyn. Le principal argument réside dans le fait qu’à l’époque des déclarations et des actions de la ministre, la connaissance médicale pouvait largement expliquer les contradictions de la politique sanitaire. Un argument qui peut être entendu. Dans le monde entier on a effectivement minimisé au début l’impact du virus et donc la nécessité de politiques très volontaristes.

 Mais au-delà de cet aspect très précis qui justifie la mise en examen de l’ancienne ministre de la santé, se pose la question de savoir comment évaluer la responsabilité des politiques. La plupart des observateurs, juristes, politiques et journalistes, considèrent  que cette évaluation et les éventuelles sanctions doivent avoir lieu dans le cadre des élections et que la justice n’a pas à s’immiscer dans la politique pour en juger la pertinence. Le problème, c’est qu’Agnès Buzyn mise en examen devant le tribunal pénal ne sera sans doute pas candidate à une prochaine élection nationale. À noter aussi que certains membres du gouvernement comme Agnès Buzyn n’ont jamais affronté de scrutin national.

Sur le fond, ce qui caractérise le monde politique, c’est l’absence d’évaluation de leur action en cours de mandat. Pour simplifier, on pourrait considérer que la démocratie en est encore au stade néandertalien. Elle se limite au dépôt d’un bulletin fois tous les quatre ou cinq ans. Entre-temps , des pseudos concertations sont organisées dans nombre d’organismes qui ne servent pas à grand-chose. Des organismes le plus souvent à la fois non compétents et sociologiquement non représentatifs.

Le mode de régulation de la vie politique par la justice n’est sans doute pas le moyen le plus intelligent et le plus efficace pour réguler l’action politique. Pour autant , la question se pose de savoir comment combler le grand vide démocratique entre deux élections sachant que pour se faire élire, des politiques promettent notamment beaucoup et tiennent peu leurs engagements. La démocratie et donc faussée dès le départ avec des promesses illusoires, un manque de compétence générale et une grande insuffisance de connaissances des réalités sociales et sociétales. Bref, le procès d’Agnès Buzyn et sans doute d’autres ministres est la mise en cause d’un modèle démocratique devenu obsolète.




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