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Adieu à l’équilibre budgétaire en 2022 (Cour des comptes)

Adieu à l’équilibre budgétaire en 2022 (cour des comptes)

 

À juste titre, la Cour des Comptes s’inquiète de la dérive aussi bien du budget que de la dette contrairement à ce qui se passe dans la plupart des autres pays de l’union européenne. On se souvient que Macron avait promis le retour à l’équilibre en 2022, un équilibre qui semble repoussé bien au-delà. Deux plusieurs raisons à cela  une dérive des dépenses (on attend encore le grand plan de réduction du train de vie de l’État), une diminution des recettes consécutives au tassement économique (PIB limité sans doute 1,2 au lieu de 1,5, un taux pourtant pas déjà extraordinaire). La véritable raison,  c’est que nous sommes déjà entrés dans une période électorale. Il y a d’abord les municipales en 2020 que la république en marche veut gagner pour s’ancrer enfin dans les territoires et ne plus demeurer un parti virtuel. Ensuite s’engagera immédiatement la campagne pour les présidentielles qui n’est pas forcément gagnée d’avance par Macron si l’on en juge les sondages. Sa seule certitude semble qu’il pourrait battre son éternelle, adversaire Marine Le Pen. Mais ici l’échéance présidentielle un autre concurrent pourrait peut-être émerger soudainement comme on le constate dans plusieurs pays où les citoyens se laissent tenter par le dégagisme. Dans son programme de stabilité budgétaire, envoyé fin avril à Bruxelles, le gouvernement a abaissé ses objectifs budgétaires afin de tenir compte du ralentissement de la croissance et des mesures d’urgence annoncées face au mouvement des « Gilets jaunes ». Selon le ministère de l’Économie et des Finances, le déficit public devrait ainsi atteindre 3,1% du produit intérieur brut (PIB) cette année, puis 2% du PIB en 2020, 1,6% en 2021 et 1,2% en 2022 – alors que le gouvernement prévoyait à l’origine un quasi retour à l’équilibre budgétaire pour la fin du quinquennat. La dette publique, quant à elle, devrait passer de 98,4% en 2018 à 96,8% en 2022, après un pic à 98,9% cette année. Sur l’ensemble du quinquennat, la baisse atteindrait 1,6 point de PIB, alors que l’exécutif promettait initialement un recul de cinq points de PIB.

Budget : adieu à la réduction du déficit

Budget : adieu à la réduction du déficit

Il y a deux raisons au fait que le gouvernement ne parviendra pas à réduire le déficit du budget. Un déficit programmé à 2,3 % du PIB en 2018 mais qui sera en fait bien  supérieur à 2,5 % dans la réalité. La première raison c’est la possibilité pour le gouvernement de réduire de manière significative le train de vie de l’État. La deuxième raison, elle, est mécanique elle découle de la baisse des rentrées fiscales liées à la dégradation de la croissance. On attendait en effet une croissance de 2,3 % quand elle sera plus proche de 1,5 %  Or le gouvernement affiche toujours son objectif d’atteindre un déficit à 2,3% du PIB en 2018 et en 2019, contre 2,6% en 2017 (puis 1,1% en 2020, 0,6% en 2021, pour atteindre l’équilibre en 2022). Pour y arriver, il lui faudra donc faire davantage d’économies que prévues. Malheureusement la vraie croissance prévue ne sera pas au rendez-vous en 2018 pas plus qu’en 2009. Certes il y a bien quelques budgétaires mais elles ne seront pas à la hauteur de la perte des recettes fiscales. Quant à la perspective de l’équilibre de la Terre en 2022, l’échéance pourrait être reportée aux calendes grecques. D’après des documents budgétaires transmis en juillet aux députés et sénateurs, le ministère du Travail perd 2 milliards d’euros entre 2018 et 2019 (de 15,17 à 13,10 milliards, notamment avec la fin des contrats aidés) et celui de la Cohésion des territoires, qui comprend le Logement, diminue de plus d’un milliard (16,06 milliards contre 17,22 en 2018). Le crédit de l’Agriculture est également touché : -300 millions. Au contraire, parmi les ministères privilégiés, on retrouve celui de la Défense (+1,7 milliard), de l’Education (+750 millions pour la mission « Enseignement scolaire). A noter également, une hausse de 1,33 milliard d’euros pour la mission « Solidarité, insertion et égalité des chances », dont le crédit s’établira en 2019 à 20,78 milliards d’euros (contre 19,44 milliards en 2018). Soit moins qu’initialement prévu, note Libération lundi. En effet, la loi de programmation des finances publiques 2018-2022 prévoyait 21,31 milliards d’euros. Quelle mesure sera donc concernée par cette différence de 530 millions d’euros? Sachant que cette mission comprend notamment la prime d’activité (qui doit augmenter au 1er octobre), la politique en faveur des personnes handicapées (l’allocation adulte handicapé doit augmenter au 1er novembre) ou encore l’égalité femmes-hommes. Le ministère des Solidarités et de la Santé a tenu à répondre au quotidien : 300 millions d’euros s’expliqueraient par le report d’un projet immobilier et 150 millions par un « ajustement tendanciel » de la prime d’activité qui, selon le gouvernement qui table sur une amélioration économique, serait moins distribuée en 2019.

 

Mélenchon : adieu l’Elysée, Matignon, et vive l’opposition

Mélenchon : adieu l’Elysée, Matignon, et vive l’opposition  

L’atterrissage risque d’être difficile pour Mélenchon, il a d’abord cru pouvoir ce qualifier pour la finale de l’Élysée mais il n’est arrivé qu’en quatrième position. Ensuite il s’est vu à Matignon avec une majorité de députés insoumis. Malheureusement les sondages ne lui donnent aujourd’hui qu’environ une vingtaine de députés, pas même de quoi faire un groupe. Du coup Mélenchon revoit encore en baisse ses objectifs et reprend son costume d’opposants un costume qui lui va mieux car sa dialectique radicale et ses invectives ne conviennent guère avec un statut de gestionnaire sans parler de ses orientations le plus souvent incohérent et contradictoire. D’où cette sorte de bien culpa un peu confus : « Un député d’opposition c’est un lanceur d’alerte, c’est un écrivain d’amendements, c’est cette fonction là qu’il faudra tenir, explique Jean-Luc Mélenchon. Ce qu’il y a de nouveau, c’est que dans notre famille politique et intellectuelle on est devenu plus proposant que dénonçant. Il y a eu une telle avalanche de dénonciations qu’à un moment donné, elles ne retiennent plus l’attention. Lorsque l’on propose des choses, les gens essayent de voir quel compte ils pourraient y trouver et c’est plus convaincant. »

Hamon: adieu à la commission européenne

Hamon: adieu à la commission européenne

Dans une interview à 20 minutes, Hamon règle son sort à la commission européenne et sans doute derrière à l’Europe en considérant que l’union européenne n’a aucune responsabilité, aucune prérogative en matière sociale. Ce qui est faux évidemment par exemple concernant l’important dossier des travailleurs détachés  ou le règlement socail européen des routiers et plus largement d’autres domaines  même si les Etats conservent la mainmise sur nombre de dispositions.  Le domaine  socail –concerne notamment l’emploi et le chômage, les conditions de travail, l’égalité hommes-femmes, la protection sociale… – relève avant tout de la compétence des États. Ceux-ci cherchent toutefois à harmoniser certains aspects de leurs législations sociales. Le législateur européen peut fixer des règles minimales que les États doivent respecter (par exemple, en matière de temps de travail). Par ailleurs, l’UE coordonne les politiques de l’emploi des États membres au sein d’une stratégie commune (la Stratégie européenne pour l’emploi. La politique sociale est progressivement devenue une composante importante du projet européen. En 1957, le traité de Rome ne comportait que peu d’articles concernant spécifiquement la politique sociale. Il a cependant créé le Fonds social européen (FSE) qui vise à lutter contre le chômage et à favoriser la formation et la reconversion professionnelles. En 1986, l’Acte unique étend les compétences communautaires à la santé et à la sécurité au travail. Les traités de Maastricht (1992) et d’Amsterdam (1997) renforcent la politique sociale européenne, la question de l’emploi devenant « d’intérêt communautaire » et nécessitant une stratégie de coordination.

Le Conseil européen de Lisbonne (mars 2000) a même fixé comme objectif le plein emploi à l’horizon 2010 et la modernisation du modèle social européen. Le traité de Lisbonne (2007) confirme les objectifs (avec la mention du « plein emploi », du « progrès social » et de la « cohésion économique, sociale et territoriale ») et dispositions déjà existants pour la politique de l’emploi et la politique sociale de l’Union. Le sommet social tripartite pour la croissance et l’emploi (qui réunit les présidences du Conseil des ministres et de la Commission ainsi que les représentants des employeurs et des travailleurs) est désormais inscrit dans le traité (art. 152 TFUE).

Les réalisations de l’UE en matière d’Europe sociale concernent quatre grands domaines :

– la libre circulation des travailleurs et la coordination des régimes de sécurité sociale : tout ressortissant de l’UE a le droit de travailler, sans discrimination, dans un autre pays membre et d’y être socialement assuré ;

– l’égalité des hommes et des femmes : de nombreuses directives ont été prises depuis 1975 pour garantir l’égalité de traitement au travail, de rémunération et de sécurité sociale. Un Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes, créé en 2006, est opérationnel depuis décembre 2009 (son siège est à Vilnius) ;

– le droit du travail : protection des droits individuels, collectifs, et garantie de la santé et de la sécurité sur le lieu de travail ;

– la lutte contre les discriminations.

 

En balayant d’un revers de main les critiques de Bruxelles (ce qui est très à la mode et parfois justifié) Hamon refait le coup d’Aubry avec les 32heures en y rajoutant le surréaliste revenu universel. Forcément ça plaît de promettre la lune.

Interview de Hamon dans 20 minutes.

Sur quoi vous basez-vous quand vous dites que le « revenu universel est majoritaire dans l’opinion » ?

La vraie question est celle-là : est-ce que l’on est d’accord ou pas sur l’évolution du travail ? J’affirme qu’il y aura un impact puissant de la révolution numérique sur l’emploi. Aux responsables politiques de penser les protections : sont-elles suffisantes vis-à-vis de la maladie, du non-emploi, du travailleur non-salarié ? Non. C’est pourquoi je pense ces protections à travers le revenu universel et le partage du travail. Et même si mon pronostic venait à être infirmé et qu’il n’y avait pas de raréfaction du travail, le travail sera quand même transformé. A cause de l’automatisation, un emploi sur deux va changer et le métier ne sera plus le même. Donc oui, je veux penser la protection sociale de demain, et le revenu universel en sera le pilier.

Que dites-vous à la Commission européenne qui est en contradiction avec votre programme sur l’emploi ?

L’Europe n’a aucune compétence sur les questions sociales. Elle se mêle de ce qui ne la regarde pas. Les recommandations de la Commission européenne en matière du droit du travail, c’est classement vertical [Il fait le geste de jeter un dossier à la poubelle]. Je n’ai absolument pas besoin qu’un technocrate bruxellois vienne m’expliquer comment on rénove le marché du travail. Je pense qu’il a été très mal réformé quand on a fait la loi El Khomri en fonction de ce que demandait Bruxelles. Après mon élection présidentielle, la Commission européenne, ce sera « merci, au revoir ».

 

Comment réagissez-vous aux accusations d’emploi fictif visant Pénélope Fillon ?

La conséquence à en tirer, c’est qu’il faut empêcher que l’on recrute un membre de sa famille. Il faut une frontière étanche entre un député et ses employés.

Pendant cet entre-deux tours, vous attendiez-vous aux attaques sur la laïcité du camp Valls ?

Je m’attendais à une offensive qui n’est pas illégitime sur le revenu universel, ou encore sur la laïcité car nous avons deux conceptions distinctes. Mais il y a eu des propos blessants. Je pense que ledébat d’hier [mercredi] a permis de rectifier la portée des propos des lieutenants de Manuel Valls. Si on avait dû s’arrêter à certains discours, on aurait basculé dans une campagne nauséabonde.

 

Le député PS Malek Boutih, soutien de Manuel Valls, dit à 20 Minutes que vous seriez « en résonance avec une frange islamo-gauchiste ». Qu’en est-il ?

C’est une volonté de faire mal, d’insulter. Il fait partie de ceux qui aujourd’hui ont une conception de la laïcité que je trouve fausse. Pour moi, la laïcité n’est pas un dogme, ce n’est pas la religion de ceux qui n’ont pas de religion. C’est l’art du vivre ensemble. On doit être implacable dans la lutte contre l’islam radical. Mais aussi accepter qu’au nom de la laïcité, une femme, quand elle décide librement de se voiler, soit protégée par la loi de [séparation entre l’Etat et l’Eglise de] 1905.

Député des Yvelines, élu de Trappes, vos détracteurs vous accusent d’accommodements avec l’islam radical…

Lesquels ? Il n’y en a pas. Ces accusations sont du poison pour mobiliser contre moi, car je serais ambigu. Il y a eu une maladresse à propos des cafés de Sevran quand j’ai dit que le sexisme n’est pas né avec l’arrivée des musulmans en France, car il y avait déjà des cafés exclusivement masculins. Cela a été pris comme une relativisation de ce que je condamne. Or je suis le seul à avoir proposé un corps de contrôle des discriminations, une sorte de police des discriminations comme il existe une police de la répression des fraudes. Mais quand vous voulez faire un procès d’intention à quelqu’un, vous n’avez pas besoin de preuves.

 

Dans votre discours à Saint-Denis le 28 août 2016, vous évoquez des « accommodements raisonnables » avec l’islam en France sur le modèle canadien. De quoi parlez-vous ?

Dans les sorties scolaires, durant lesquelles les parents sont des auxiliaires de service public, il peut y avoir des mamans voilées. Voilà un accommodement qui pour certains apparaît comme une remise en cause de la laïcité, alors qu’en fait c’est la preuve d’une République capable d’assurer un service public d’éducation. Ce qui n’est pas acceptable, c’est qu’un patient à hôpital exige un interne masculin. Ces accommodements raisonnables, nous les pratiquons déjà. La loi de 1905 dit que rien ne m’empêche de croire du moment que je ne trouble pas l’ordre public. Rien ne m’empêche de ne pas croire. C’est l’art du vivre ensemble que la loi de 1905 permet, protège, et garantit.

Ces « accommodements » devraient-ils faire l’objet d’une loi ?

Je ne veux rien ajouter à la loi. On a tout. C’est incroyable : sous la pression des anciens adversaires de la loi de 1905, l’extrême droite, certains veulent la tordre pour en faire un glaive contre l’islam.

Si vous êtes vainqueur de la primaire PS, votre programme présidentiel sera-t-il à 100 % le même qu’aujourd’hui ?

Le cap sera intégralement maintenu. Mais je vais enrichir, améliorer ce qui peut l’être, comme j’ai pu le faire pendant cette campagne à propos du 49-3 citoyen. J’y ai ajouté des critères de représentativité du territoire et un seuil participation au référendum pour qu’il soit valable. Je ne suis pas dogmatique.

Comment rassembler la gauche quand des soutiens de François Hollande pensent à rallier Emmanuel Macron en cas de défaite de Manuel Valls ?

Je ne crois pas au scénario selon lequel les amis de François Hollande basculent chez Emmanuel Macron. Il me faudra faire des efforts quand il me reviendra de représenter toute cette famille. Nous nous connaissons bien avec Manuel Valls. Il prendra la place qu’il jugera être la bonne. Je ne lui demanderai pas d’aller défendre le contraire de ce qu’il pense. Ce serait ridicule d’en faire le porte-parole d’un revenu universel auquel il ne croit pas.

Comment penser un « dialogue possible » avec Mélenchon et Macron quand tous les deux veulent la mort du PS ?

Emmanuel Macron, c’est le centre, pas la gauche. Avec Jean-Luc Mélenchon, je dis que le dialogue est possible, même si je le perçois difficile car il a envie d’aller jusqu’au bout. Se posera la question de savoir qui est le plus à même de rassembler la gauche. C’est une discussion que je souhaite avoir avec lui.

Comment votre programme marqué à gauche peut-il parler à l’ensemble d’une société française marquée par des peurs du terrorisme, de la crise migratoire, du déclassement ?

L’air du temps, c’est le destin des feuilles mortes. Vous auriez parié que l’on parle aux déjeuners du dimanche du revenu universel ? On ne parlait que d’identité et de burkini… On a réussi à imposer la question sociale dans le débat et je vais continuer. Je respecte l’intelligence de mes compatriotes et je ne parle pas aux peurs, je ne fais pas commerce électoral des angoisses. J’en tiens compte, je ne les méprise pas mais j’essaie de proposer un chemin qui mobilise des énergies positives et solidaires. Les énergies négatives, vous les trouvez du côté de François Fillon et de Marine Le Pen. Eux disent :  »ça va être le chaos, c’était mieux avant ». Moi je dis « cela peut être mieux demain », et c’est pourquoi je parle de « futur désirable ».

Ayrault: adieu à la grande réforme fiscale

Ayrault: adieu à la grande réforme fiscale

Ni soutenu par Bercy, ni par Hollande, Ayrault rétropédale sur la grande remise à plat de la fiscalité ; En fait Hollande a repris la main et ne veut pas aouter l’  instabilité fiscale au manque général de confiance. Sans parler du flou relatif au fameux pacte de responsabilité dont les contraintes pourraient se terminer par un grand flop.  Du coup Ayrault remet sa réforme dans sa poche. En fait la grande réforme fiscale pourrait se limiter à la suppression de petites fiscalités accessoires mais pesante. Jean-Marc Ayrault défend la politique de l’exécutif. Dans une interview au Monde daté du samedi 25 janvier, le Premier ministre estime qu’il « est temps de sortir des confrontations stériles », se défendant ainsi de tendre la main au Medef. « Notre politique ne consiste pas à faire des ‘cadeaux’ aux patrons mais à soutenir les entreprises », affirme Jean-Marc Ayrault, qui évoque également la baisse des impôts et les contreparties au pacte de responsabilité.  Abordant les contreparties du pacte de responsabilité, Jean-Marc Ayrault évoque « un certain nombre de thèmes précis : la création d’emplois pour les jeunes et les seniors et la réduction de la précarité ». « Dans les branches, il est possible de faire évoluer les qualifications professionnelles. A l’intérieur de chaque entreprise, il faut laisser la négociation jouer », affirme-t-il.  Jean-Marc Ayrault répète qu’ « outre la suppression des cotisations familiales nous devons nous attaquer à la multiplication des petites taxes qui, additionnées, finissent par peser lourd ». « L’autre chantier est de rapprocher la fiscalité des entreprises de celle de nos voisins allemands à l’horizon 2020″, ajoute-t-il, précisant quelque peu les propos de François Hollande qui, mardi, évoquait « une harmonisation avec nos grands voisins européens ».  Evoquant les avancées de la remise à plat de la fiscalité, Jean-Marc Ayrault affirme que « l’objectif n’est pas le grand soir fiscal, mais d’abord de rendre l’impôt plus transparent et plus juste ».  « Les contestations fiscales de la fin de l’année dernière ont montré que l’acceptation de l’impôt était en jeu. Il faut garantir au citoyen la transparence sur ce qu’il paie et sur la manière dont ses impôts sont utilisés ».  Le Premier ministre rappelle les conditions requises pour baisser les impôts. Le gouvernement doit effectuer 50 milliards d’euros d’économies sur 2015-2017. « Si nous parvenons à faire davantage et si le contexte économique le permet, nous pourrons baisser les impôts plus vite », précise-t-il.  Concernant, par ailleurs, d’éventuelles mesures à destination des ménages modestes il rappelle que « nous avons réindexé le barème de l’impôt sur le revenu et ajouté des mesures pour les revenus modestes. Nous le confirmons pour 2015″, indique-t-il. Il assure par ailleurs que « l’universalité des prestations familiales sera préservée ».  Jean-Marc Ayrault affirme que « la politique de rabot » est terminée, assurant vouloir « mener des réformes structurelles qui engagent tous les acteurs sur plusieurs années ». Il donne comme exemple « la stratégie nationale de santé ». « Si nous parvenons à réorganiser l’hôpital avec la médecine de ville, à revoir notre politique du médicament, nous réduirons substantiellement les coûts sans nuire à la qualité des soins, avance-t-il

 

Duflot : adieu aux 500 000 logements par an promis !

Duflot : adieu aux 500 000 logements par an promis !

« On souhaite garder cet objectif, même si dans le contexte de crise c’est un objectif qui apparaît très ambitieux », a dit la ministre du Logement dans une interview à Reuters. « On sait qu’il sera difficile de l’atteindre mais c’est ça qu’il faudrait construire pour répondre aux besoins. » Le nombre de mises en chantier a chuté de 11,2% au premier trimestre 2013 par rapport à la période correspondante de 2012, ce qui laisse craindre à des professionnels du secteur une chute des constructions neuves sous le seuil de 300.000 cette année, une hypothèse que n’écarte pas totalement Cécile Duflot. Elle voit cependant dans l’augmentation de 5,5% des permis de construire enregistrée au premier trimestre un « frémissement » de bon augure. « Le secteur de la construction est vraiment en crise mais c’est un premier indice d’embellie », dit-elle. Pour enrayer la crise du logement, elle parie aussi sur la mise sur le marché locatif d’au moins un million d’habitations individuelles vacantes, sans toutefois fixer de délai précis. Le nombre de logements individuels vacants en France, hors résidences secondaires, est évalué entre 2,5 et 3,5 millions, précise la ministre. « Mon obsession est de remettre sur le marché ces logements vacants. J’ai un objectif qui est d’arriver à en récupérer au moins la moitié à terme », explique Cécile Duflot. « Si on arrive à faire cela sur le quinquennat, ça sera un beau succès. » Pour inciter les propriétaires à remettre ces logements sur le marché locatif, le gouvernement a renforcé l’application de la taxe sur les logements vacants. Depuis le 1er janvier, cette taxe est appliquée dans près d’une trentaine d’agglomérations de 50.000 habitants et plus. Elle s’applique désormais aux logements vacants depuis plus d’un an (au lieu de deux auparavant). Elle s’élève à 12,5% de la valeur locative du bien la première année et à 25% à partir de la deuxième, au lieu de 10%, 12,5% et 15% à compter de la troisième année. Cécile Duflot n’envisage pas une généralisation de cette taxe mais une application différenciée, non plus en fonction du nombre d’habitants de chaque zone ou agglomération, mais d’une évaluation de sa « tension locative » par des observatoires régionaux qui seront mis en place d’ici fin 2013. « Parallèlement, nous travaillons sur les garanties universelles des loyers » précise la ministre. « L’objectif est de sécuriser les propriétaires qui mettent en location leur bien et qui, pour certains d’entre eux, ne le font pas par crainte d’avoir à gérer les contentieux. » Il s’agira de « mettre entre le locataire et le propriétaire un tiers qui sera le garant du paiement des loyers mais aussi de son recouvrement », ajoute-t-elle. Ce « système mutualisé » et étendu à l’ensemble des locataires du parc privé sera créé dans le cadre d’un projet de loi que Cécile Duflot présentera au conseil des ministres début juillet. Le gouvernement mise également, entre autres mesures, sur la transformation en locaux d’habitations de bureaux vacants – il y en aurait environ cinq millions de m2 en France. Le coût de cette transformation « peut aller de 1.000 euros jusqu’à 4.000 euros le m2″, précise Cécile Duflot. En fait le prix moyen du neuf en France !

 

Collectivités : la poste ne financera pas les projets non viables, adieu les projets pharaoniques ! tant mieux

Collectivités : la poste ne financera pas les projets non viables, adieu les projets pharaoniques ! tant mieux

Il faut s’attendre à une réduction drastique des projets des collectivités locales. En effet ne pas financer les projets non viables c’est dire non à nombre de projets  la situation financière des communes a évidemment pâti du scandale de Dexia mais surtout de l’irresponsabilité financière de nombre d’élus locaux (grands et petits). «Nous avons parfois le devoir de dire non». Dans un entretien au Journal du Dimanche , Philippe Wahl, président du directoire de la Banque postale se veut ferme: son établissement, qui doit chapeauter la prochaine banque publique des collectivités locales avec la Caisse des dépôts, sera très sélectif au moment de débloquer des fonds pour les communes asphyxiées depuis le démantèlement de Dexia. «Nous ne financeront pas les projets qui ne seront pas viables», prévient-t-il.  En attendant la mise en place officielle de la banque publique, pour laquelle le gouvernement vient d’obtenir un accord de principe par la Commission européenne, la Banque postale a annoncé qu’elle mettrait à la disposition des collectivités françaises une enveloppe d’un milliard d’euros de prêts de moyen et long terme d’ici la fin de l’année. Cinq milliards d’euros seront proposés en 2013 pour des prêts allant jusqu’à vingt ans, ajoute le président de la banque dans le JDD. Mais «financer des projets, cela suppose de temps en temps d’en refuser quand le risque est trop important», affirme-t-il. «Nous sommes une banque d’intérêt public, ce ne sont pas que des mots». Philippe Wahl a par ailleurs annoncé que le seuil d’octroi d’un prêt pour l’ensemble des crédits voués aux collectivités serait abaissé en-dessous de 100.000 euros l’an prochain car «il y a une inquiétude des petites et moyennes communes». Jeudi, il avait déjà annoncé que le seuil avait été abaissé de 200.000 à 100.000 euros pour satisfaire les plus petites collectivités. Même si «la très grande majorité» d’entre elles est «bien gérée et en bonne santé», selon la Banque postale, «elles ont besoin de nos financements pour leurs projets d’investissements». La Banque postale promet de mettre en place des produits simples et «compréhensibles pour tous, sans indexation sur des monnaies exotiques». Interrogé sur le financement de certaines collectivités directement sur les marchés, Philippe Wahl assure qu’il s’agit d’ «une bonne chose» car elles «n’ont pas le choix, les banques ne peuvent pas leur prêter autant d’argent qu’elles le voudraient». Il appelle toutefois à la prudence: même si le marché peut être «un test de rigueur», les collectivités ne doivent pas en être «trop dépendantes».

 




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