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Elections 2022: Omicron et le risque de “grande abstention”

Elections 2022:  Omicron et le risque de “grande abstention”

À juste titre, Alain Savary , Ancien député, s’inquiète dans l’Opinion  d’un risque possible de grande abstention à l’occasion des élections de 2022.

Les récents sondages ont démontré qu’au moins la moitié des Français n’étaient pas certains de voter pour ces élections. Non pas en raison de la crise vaccinale mais surtout en raison d’un manque d’offre politique correspondante aux attentes des électeurs. Il se pourrait bien que la pandémie puisse nourrir encore davantage ce courant abstentionniste sans doute par crainte d’être contaminé (la crise sanitaire sera encore loin d’être maîtrisée en avril) mais aussi  par le sentiment supplémentaire que la politique a perdu de son intérêt et de son efficacité même pour les champs régaliens majeurs comme la santé.

«Des niveaux d’abstention électorale élevés présenteraient à l’élection présidentielle et aux élections législatives un risque politique majeur pour l’exercice de la prochaine mandature et pour notre démocratie»estime Alain Savary.

Est-ce le fait de la renaissance frénétique qui a marqué l’été après les rudes épreuves sanitaires de 2020, ou d’une disposition heureuse de l’esprit humain à l’oubli rapide des mauvais souvenirs ? Toujours est-il que des nombreux scénarios avancés ces derniers mois pour l’élection présidentielle de l’an prochain, aucun n’a vraiment intégré l’hypothèse d’un scrutin placé une nouvelle fois sous contexte pandémique aigu.

Il est vrai que nos démocraties ont appris à « faire avec », et que de nombreuses consultations électorales se sont succédé depuis les débuts de la crise sanitaire dans les grandes démocraties, aux Pays-Bas, aux Etats-Unis, et même en France avec les élections municipales de mars 2020 et les régionales et départementales un an plus tard.

Alain Savary évite cependant de parler des taux d’abstention exceptionnelle qui ont affecté ces sélections municipales et régionales. NDLR

Abstention: un signe de maturité politique ?

Abstention: un signe de maturité politique ?

 

Souvent interprétée comme le signe d’une crise de la démocratie, l’abstention peut être « active », souligne le spécialiste des enquêtes d’opinion Michel Fansten dans une tribune pour « Le Monde », et traduire la réaction d’électeurs politisés qui manifestent leur désaccord vis-à-vis du candidat dont ils se sentent proches.

 

Près des deux tiers des électeurs n’ont pas voté aux élections régionales. On pourrait parler de crise de la démocratie, si cette abstention ne faisait que traduire l’indifférence des électeurs. Mais on peut aussi y voir autre chose : la réaction d’électeurs politisés qui manifestent ainsi leur désaccord vis-à-vis du candidat ou des prises de position de la mouvance politique dont ils se sentent proches.


On observe en effet, depuis plusieurs années, une progression de cette abstention active, identifiable par une caractéristique apparemment paradoxale : ce sont les abstentionnistes, plus nombreux dans un camp que dans l’autre, qui déterminent le résultat du scrutin. L’échec de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2012 en avait été l’illustration : l’abstention d’une partie de ses électeurs de 2007, en désaccord avec la droitisation de son discours, a permis la victoire de François Hollande.

Trois configurations conduisent à ce qu’on peut appeler une « abstention politique ». La plus fréquente est, pour un parti, d’apparaître divisé sur son programme ou sur le choix de ses candidats, puis d’afficher son unité dans l’opposition à ses adversaires. L’abstention résulte ici de la défection d’électeurs potentiels, déconcertés par les débats qu’ils ont pu observer.

Une deuxième configuration consiste à minimiser les enjeux du scrutin. Pour un parti au pouvoir, il suffit de laisser penser que, quels que soient les résultats, ils n’affecteront pas les orientations politiques au niveau national. Cela a pour effet d’inciter ceux de ses électeurs qui n’approuvent pas toutes ces orientations à manifester leur mécontentement à peu de frais, en s’abstenant. Les partis d’opposition peuvent obtenir le même résultat, en focalisant le débat sur des sujets qui n’ont rien à voir avec l’élection…


Enfin, il existe, pour un candidat, une troisième manière de démobiliser ses propres électeurs : chercher à élargir son électorat, en reprenant à son compte quelques-uns des thèmes de ses adversaires ou en atténuant la radicalité de son discours. La plupart des candidats sont persuadés qu’ils peuvent gagner des voix en ajustant ainsi leur positionnement.

L’observation montre que ce n’est généralement pas le cas, pour au moins une raison : un candidat mobilise d’autant plus ses partisans qu’il correspond à leurs attentes ; en modifiant son discours, il prend le risque de ne pas être compris, c’est-à-dire de ne pas être suivi. L’exemple de Lionel Jospin affirmant, pendant la campagne présidentielle de 2002, que son programme n’était pas socialiste et que, lui aussi, était préoccupé par l’insécurité, reste un cas d’école. Alors qu’il était favori dans les sondages, il a été éliminé dès le premier tour au profit de Jean-Marie le Pen.

Politique–Abstention: agir vite

Politique–Abstention:  agir vite

la tribune de Dominique Villemot, Jacky Bontems et Aude de Castet de  Démocratie Vivante dans l’Opinion

(Notons que la tribune ne traite que des modalités de vote et évite d’aborder la question centrale de l’obsolescence du système démocratique et politique NDLR)

 

L’abstention record aux élections régionales et départementales, venant après celle des élections municipales, menace notre démocratie. Nous ne pouvons pas rester inactifs face à cet état dépressif de notre vie démocratique. Des mesures s’imposent de manière urgente.

 

 

Il faut tout d’abord faciliter le vote. En effet 41 % des abstentionnistes au premier tour des élections régionales disent s’être abstenus pour des raisons d’emploi du temps.

La mise en œuvre du vote électronique est avancée comme solution car il éviterait d’avoir à se déplacer et augmenterait mécaniquement la participation. Mais le vote électronique se heurte à de nombreux obstacles :

-la nécessité de réaliser des investissements en infrastructures assez lourds,

-la crainte de fraudes. Les surfaces d’attaques sont nombreuses : les ordinateurs individuels, les smartphones, les machines à voter, les serveurs… Il n’existe pas non plus de logiciel complètement sécurisé, même chez les plus grands spécialistes du domaine. Et une attaque, avec des moyens à l’échelle d’un État, est tout de même plus facilement réalisable à distance qu’avec un déploiement physique sur le territoire. On notera que les Etats-Unis sont revenus en arrière sur le vote électronique après l’élection présidentielle de 2016 marquée par des cyberattaques venues de l’étranger,

On pourrait alors recourir à deux autres solutions :

-tout d’abord rétablir le vote par correspondance. Il faut noter cependant que le vote par correspondance est couramment utilisé en Allemagne Le formulaire peut même être téléchargé sur Internet.

-permettre de voter par anticipation. Certains Etats, comme les Etats-Unis et le Canada, permettent de voter par anticipation. Ainsi aux Etats-Unis près du tiers des électeurs votent par anticipation. Les Pays-Bas ont permis lors des dernières élections législatives de mars 2021 de voter par anticipation les deux jours précédant le jour du vote, ce qui a dopé la participation. Il conviendrait alors de terminer la campagne électorale le jeudi soir au lieu du vendredi soir. Cela nécessiterait aussi de disposer de plus d’assesseurs et de présidents de bureaux de vote.

« Il faut reprendre ce qu’avait institué Nicolas Sarkozy, et que François Hollande a fait supprimer, à savoir la fusion des conseillers régionaux et départementaux pour devenir des conseillers territoriaux »

Millefeuille administratif. L’abstention aux élections régionales et départementales s’explique aussi par la difficulté à comprendre notre millefeuille administratif et par la complexité du vote. Pour les conseillers régionaux il fallait voter pour une liste départementale et, pour les conseillers départementaux il fallait voter pour un binôme.

On pourrait adopter deux réformes :

-reprendre ce qu’avait institué Nicolas Sarkozy, et que François Hollande a fait supprimer, à savoir la fusion des conseillers régionaux et départementaux pour devenir des conseillers territoriaux. Dans cette hypothèse on ne voterait qu’une fois, pour une liste départementale dont les membres élus seraient à la fois conseillers régionaux et conseillers départementaux. Cela clarifierait le vote.

-faire exercer les compétences des départements par les métropoles sur leurs territoires, comme c’est déjà le cas pour Lyon, les départements se concentreraient alors sur les communes moyennes et sur les zones rurales. En effet sur les territoires des grandes villes les compétences des métropoles et des départements se chevauchent, alors que les départements sont les seuls services publics, avec les sous-préfectures, à être présents en zones rurales. Il existe actuellement 22 métropoles ; il faudrait donc transformer le statut juridique de 21 d’entre elles pour en faire non plus des intercommunalités, mais des collectivités territoriales à statut particulier.

Avançons rapidement sur ces sujets, d’ici à la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron.

Dominique Villemot, Jacky Bontems et Aude de Castet sont membres de Démocratie Vivante.

Elections-Abstention : pas de reconquête sans électrochoc politique

 

Elections-Abstention : pas de reconquête sans électrochoc politique

 

À juste titre, la politologue Céline Braconnier, directrice de Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye, estime que la reconquête devra passer par « un électrochoc » des partis.( Et sans doute une remise en cause globale du système politique et pas seulement des partis . De ce point de vue la problématique évoquée est assez incomplète et témoigne d’une vision assez réductrice des facteurs explicatifs de la crise démocratique surtout de la part d’une spécialiste directrice de Sciences-po à Saint-Germain-en-Laye. NDLR)

 

Interview dans le JDD

 

L’abstention de 66,7% lors du premier tour des élections départementales et régionales, dimanche dernier, n’augure pas une participation très élevée au second tour, dimanche. Pour la politologue Céline Braconnier, directrice de Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye, c’est « un nouveau cap » franchi pour une démobilisation électorale continue depuis vingt ans. Interrogée par le JDD, elle explique les raisons d’une participation aussi faible et se projette vers l’élection présidentielle de l’an prochain : « La campagne de 2022 peut faire revenir aux urnes celles et ceux qui ne se seront pas déplacés cette année. »

Une telle abstention était-elle à redouter?
Il n’y a rien de surprenant à ce que cette démobilisation électorale, qui affecte depuis vingt ans tous les scrutins intermédiaires et s’amplifie de façon continue, passe un nouveau cap aujourd’hui. Espérons qu’il provoquera un électrochoc du monde politique sur ses pratiques, qui ne soit pas seulement de façade. Car cette désertion citoyenne ne signifie pas que les Français se désintéressent de la politique ; elle marque une distance forte aux institutions et une défiance quasi généralisée à l’égard des élus, ce qui n’est pas la même chose.

Pourquoi les jeunes ont-ils boudé les urnes?
Les jeunes sont des votants particulièrement intermittents. Aux législatives de 2017, seuls 27% des 18-30 ans avaient voté. Que leur participation ne dépasse pas 10 à 15% pour un scrutin régional et départemental sans véritable campagne n’est donc pas étonnant. L’excitation du premier vote à 18 ans n’a pas complètement disparu. Mais ensuite, le vote devient fortement irrégulier et ne se régularise qu’une fois la vie personnelle et professionnelle stabilisée, dans le prolongement d’autres formes d’intégration sociale. S’ajoute aussi un facteur générationnel : ceux qui ont 20 ans aujourd’hui ne culpabilisent plus de s’abstenir quand ils ne comprennent ni les enjeux ni les offres. Alors que les catégories plus âgées continuent de voter par devoir, même lorsqu’elles sont désenchantées. Pour remobiliser les jeunes, les partis devront donc clarifier leurs positions et leurs programmes et faire montre de pédagogie. La valse des étiquettes et les alliances à géométrie variable ont montré à quel point les candidats étaient cette année restés indifférents aux besoins de clarté des électeurs.

Les formations dont l’électorat est plus jeune [RN, EELV] sont désavantagées quand l’abstention est élevée

L’abstention a-t‑elle une signification territoriale?
L’âge n’est pas le seul déterminant de l’abstention. La situation économique et le niveau de diplôme jouent également. Le 20 juin, comme lors de scrutins précédents, on a encore moins voté dans les quartiers populaires des métropoles que dans les centres-villes privilégiés ou les campagnes. Dans les zones rurales, dont la population est plus âgée et moins mobile, la pression sociale au vote reste aussi plus forte, du fait de l’interconnaissance. Même avec ce niveau très élevé d’abstention, on continue d’enregistrer des inégalités socioterritoriales de participation électorale.

L’abstention pénalise-t‑elle davantage certains partis?
Les formations dont l’électorat est plus jeune [RN, EELV] sont désavantagées quand l’abstention est élevée, car leurs électeurs potentiels restent plus difficiles à mobiliser. À l’inverse, le PS ou surtout LR, dont les sympathisants sont plus âgés, apparaissent moins impactés. Les déterminants sociodémographiques de la participation se cumulent, neutralisent ou compensent des niveaux variables de politisation. Et les formes comme l’intensité de la campagne peuvent produire des effets d’entraînement jusqu’au dernier moment. Ça explique que les sondeurs peinent à anticiper l’abstention et ses effets sur les résultats électoraux.

 

Quels sont les dangers d’une telle désaffection?
Le fait que la petite partie de la population qui vote constamment soit beaucoup plus âgée que la moyenne risque de renforcer le sentiment d’abandon, et donc l’auto-exclusion des jeunes de la civilisation électorale. Car les élus tendent à s’adresser prioritairement, tant dans leurs programmes qu’à travers leurs politiques publiques, à ceux qui votent.

Ceux qui s’abstiennent lors des scrutins locaux continuent de se mobiliser pour la présidentielle (!)

Est-ce de mauvais augure pour la présidentielle?
Il n’y a pas, jusque-là, de rupture avec le vote : ceux qui s’abstiennent très largement lors des scrutins locaux continuent de se mobiliser massivement pour la présidentielle, même si c’est un peu moins à chaque fois. À la condition qu’elle soit de forte intensité, porteuse d’offres politiques clivées et de figures incarnant des promesses de changement, qu’elle ne soit pas mise en scène comme jouée d’avance et que les procédures électorales facilitent la participation de tous, la campagne présidentielle de 2022 peut faire revenir aux urnes celles et ceux qui ne se seront pas déplacés cette année.

Politique- Régionales–sondage abstention: indifférence et rejet croissants

Politique- Régionales–sondage abstention: indifférence et rejet croissants

Selon un sondage Odoxa Backbone-Consulting réalisé pour Le Figaro et Franceinfo, pour un abstentionniste sur deux, la «défiance» et le «désintérêt» sont à l’origine de leur «non-vote».

 

Pour cette part de la population, voter aux régionales dimanche «ne servait à rien» (17%), l’offre politique proposée «ne convenait pas» (13%) et la politique «en général» ne les intéressait pas (24%). S’ils ont choisi sciemment de ne pas aller voter, d’autres ont toutefois involontairement manqué ce rendez-vous électoral.

Quelque 16% des abstentionnistes n’ont ainsi pas voté parce qu’ils n’avaient pas eu les informations nécessaires. Parmi eux, 5% ignoraient la tenue du scrutin et 12% n’avaient pas reçu «les informations pratiques» – programmes, listes, modalités du vote – leur permettant d’aller voter.

Bien que répandue, l’abstention reste mal perçue par les Français. Ils sont même majoritaires à y voir un signe «révélateur d’une rupture entre les citoyens et la vie politique» (91%). D’autres considèrent cela comme un «signal d’alarme» (86%), et trois-quarts des citoyens (73%) trouvent cette abstention «inquiétante pour notre démocratie».

La responsabilité n’est en revanche pas totalement imputée à l’exécutif. Si Emmanuel Macron (37%) et le gouvernement (20%) sont critiqués pour leur «mauvaise information», les Français rejettent la faute de manière plus générale sur les partis politiques et les candidats «qui n’ont pas su intéresser les électeurs avec ces élections» (60%). Cette «incompétence» des partis fait même consensus sur le plan partisan. Elle concerne à la fois les sympathisants EELV (66%), les socialistes (65%), les Marcheurs (58%), les Insoumis (53%), les Républicains (52%) et les partisans du Rassemblement national (49%). Au-delà des appareils politiques, les citoyens eux-mêmes sont mis en cause pour leur «manque de civisme» (30%).

S’ils constatent un problème, les Français avancent aussi des solutions. À commencer par le vote par internet, plébiscité par 78% d’entre eux. Le vote obligatoire ne semble en revanche pas à même de résoudre la situation puisqu’il est sévèrement rejeté (65%).

Abstention : pas de reconquête sans électrochoc politique

Abstention : pas de reconquête sans électrochoc politique

 

À juste titre, la politologue Céline Braconnier, directrice de Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye, estime que la reconquête devra passer par « un électrochoc » des partis.( Et sans doute une remise en cause globale du système politique et pas seulement des partis . De ce point de vue la problématique évoquée est assez incomplète et témoigne d’une vision assez réductrice des facteurs explicatifs de la crise démocratique surtout de la part d’une spécialiste directrice de Sciences-po à Saint-Germain-en-Laye. NDLR)

 

Interview dans le JDD

 

L’abstention de 66,7% lors du premier tour des élections départementales et régionales, dimanche dernier, n’augure pas une participation très élevée au second tour, dimanche. Pour la politologue Céline Braconnier, directrice de Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye, c’est « un nouveau cap » franchi pour une démobilisation électorale continue depuis vingt ans. Interrogée par le JDD, elle explique les raisons d’une participation aussi faible et se projette vers l’élection présidentielle de l’an prochain : « La campagne de 2022 peut faire revenir aux urnes celles et ceux qui ne se seront pas déplacés cette année. »

Une telle abstention était-elle à redouter?
Il n’y a rien de surprenant à ce que cette démobilisation électorale, qui affecte depuis vingt ans tous les scrutins intermédiaires et s’amplifie de façon continue, passe un nouveau cap aujourd’hui. Espérons qu’il provoquera un électrochoc du monde politique sur ses pratiques, qui ne soit pas seulement de façade. Car cette désertion citoyenne ne signifie pas que les Français se désintéressent de la politique ; elle marque une distance forte aux institutions et une défiance quasi généralisée à l’égard des élus, ce qui n’est pas la même chose.

Pourquoi les jeunes ont-ils boudé les urnes?
Les jeunes sont des votants particulièrement intermittents. Aux législatives de 2017, seuls 27% des 18-30 ans avaient voté. Que leur participation ne dépasse pas 10 à 15% pour un scrutin régional et départemental sans véritable campagne n’est donc pas étonnant. L’excitation du premier vote à 18 ans n’a pas complètement disparu. Mais ensuite, le vote devient fortement irrégulier et ne se régularise qu’une fois la vie personnelle et professionnelle stabilisée, dans le prolongement d’autres formes d’intégration sociale. S’ajoute aussi un facteur générationnel : ceux qui ont 20 ans aujourd’hui ne culpabilisent plus de s’abstenir quand ils ne comprennent ni les enjeux ni les offres. Alors que les catégories plus âgées continuent de voter par devoir, même lorsqu’elles sont désenchantées. Pour remobiliser les jeunes, les partis devront donc clarifier leurs positions et leurs programmes et faire montre de pédagogie. La valse des étiquettes et les alliances à géométrie variable ont montré à quel point les candidats étaient cette année restés indifférents aux besoins de clarté des électeurs.

Les formations dont l’électorat est plus jeune [RN, EELV] sont désavantagées quand l’abstention est élevée

L’abstention a-t‑elle une signification territoriale?
L’âge n’est pas le seul déterminant de l’abstention. La situation économique et le niveau de diplôme jouent également. Le 20 juin, comme lors de scrutins précédents, on a encore moins voté dans les quartiers populaires des métropoles que dans les centres-villes privilégiés ou les campagnes. Dans les zones rurales, dont la population est plus âgée et moins mobile, la pression sociale au vote reste aussi plus forte, du fait de l’interconnaissance. Même avec ce niveau très élevé d’abstention, on continue d’enregistrer des inégalités socioterritoriales de participation électorale.

L’abstention pénalise-t‑elle davantage certains partis?
Les formations dont l’électorat est plus jeune [RN, EELV] sont désavantagées quand l’abstention est élevée, car leurs électeurs potentiels restent plus difficiles à mobiliser. À l’inverse, le PS ou surtout LR, dont les sympathisants sont plus âgés, apparaissent moins impactés. Les déterminants sociodémographiques de la participation se cumulent, neutralisent ou compensent des niveaux variables de politisation. Et les formes comme l’intensité de la campagne peuvent produire des effets d’entraînement jusqu’au dernier moment. Ça explique que les sondeurs peinent à anticiper l’abstention et ses effets sur les résultats électoraux.

 

Quels sont les dangers d’une telle désaffection?
Le fait que la petite partie de la population qui vote constamment soit beaucoup plus âgée que la moyenne risque de renforcer le sentiment d’abandon, et donc l’auto-exclusion des jeunes de la civilisation électorale. Car les élus tendent à s’adresser prioritairement, tant dans leurs programmes qu’à travers leurs politiques publiques, à ceux qui votent.

Ceux qui s’abstiennent lors des scrutins locaux continuent de se mobiliser pour la présidentielle (!)

Est-ce de mauvais augure pour la présidentielle?
Il n’y a pas, jusque-là, de rupture avec le vote : ceux qui s’abstiennent très largement lors des scrutins locaux continuent de se mobiliser massivement pour la présidentielle, même si c’est un peu moins à chaque fois. À la condition qu’elle soit de forte intensité, porteuse d’offres politiques clivées et de figures incarnant des promesses de changement, qu’elle ne soit pas mise en scène comme jouée d’avance et que les procédures électorales facilitent la participation de tous, la campagne présidentielle de 2022 peut faire revenir aux urnes celles et ceux qui ne se seront pas déplacés cette année.

Abstention : les médias aussi en cause

Abstention : les médias aussi en cause

 

 

France Info a consulté plusieurs experts sur la responsabilité des médias vis-à-vis de l’abstention (extraits).

Pour  Erik Neveu, sociologue des médias et professeur à l’IEP de Rennes, pour qui l’abstention est un phénomène « multicausal »« Il y a une part de responsabilité collective et tripartite, entre les politiques, les médias et les citoyens », abonde David Medioni, journaliste et directeur de l’Observatoire des médias à la Fondation Jean-Jaurès. « Les médias se sont gargarisés des sondages, en expliquant que le Rassemblement national allait rafler deux ou trois régions, en parlant d’un duel entre le RN et La République en marche. La nationalisation de la campagne n’a pas réellement aidé les citoyens à se motiver à aller voter », précise-t-il.

« Les émissions politiques où l’on peut débattre avec du sérieux et des arguments ont virtuellement disparu. »

Pour Patrick Eveno, sociologue des médias et vice-président du Conseil de déontologie journalistique et de médiation, « il est toujours facile de faire porter aux médias cette responsabilité, mais les médias ne font pas l’élection et ne décident pas du comportement électoral des électeurs ». Pour lui, « l’offre politique actuelle est complètement décalée de la demande des citoyens ». Dans ce contexte, « les journalistes ne peuvent pas imposer aux femmes et hommes politiques autre chose que ce qu’ils proposent ».

« les médias ont sans doute insuffisamment pris le contre-pied de cette ‘nationalisation de l’enjeu’ », juge Jean-Marie Charon, sociologue spécialisé dans les médias, l’information et le journalisme. Erik Neveu va dans le même sens : « La grandeur du journalisme, c’est aussi de chercher à définir l’agenda, à éclairer autrement des questions déjà dans le débat public. » Pour David Medioni, « c’est le symbole d’une profession qui a du mal à faire remonter des préoccupations qui ne sont pas forcément celles des politiques ».

Les élections régionales ont également été marquées par une part non négligeable de stratégie politique, au détriment du fond. « Les sociologues traitant la chose politique qualifient ça de ‘course de petits chevaux’, avec uniquement les aspects tactiques. C’est ce qui demande le moins de moyens et d’investissement journalistiques, et c’est ce qu’adorent les hiérarchies et les éditorialistes », regrette Jean-Marie Charon.

 

Les spécialistes interrogés sont unanimes : il faut mener une réflexion autour de la manière de traiter le fait politique. « Il est urgent de reprendre le sujet à partir des enjeux à traiter, du fond des réponses avancées par les uns et les autres, et de cesser la polarisation sur les questions essentiellement tactiques », estime Jean-Marie Charon. Selon lui, les stratégies politiques « n’intéressent plus la majorité des Français, voire les dégoûtent du champ politique et des échéances électorales ».

 

Régionales–sondage abstention: indifférence et rejet croissants

Régionales–sondage abstention: indifférence et rejet croissants

Selon un sondage Odoxa Backbone-Consulting réalisé pour Le Figaro et Franceinfo, pour un abstentionniste sur deux, la «défiance» et le «désintérêt» sont à l’origine de leur «non-vote».

 

Pour cette part de la population, voter aux régionales dimanche «ne servait à rien» (17%), l’offre politique proposée «ne convenait pas» (13%) et la politique «en général» ne les intéressait pas (24%). S’ils ont choisi sciemment de ne pas aller voter, d’autres ont toutefois involontairement manqué ce rendez-vous électoral.

Quelque 16% des abstentionnistes n’ont ainsi pas voté parce qu’ils n’avaient pas eu les informations nécessaires. Parmi eux, 5% ignoraient la tenue du scrutin et 12% n’avaient pas reçu «les informations pratiques» – programmes, listes, modalités du vote – leur permettant d’aller voter.

Bien que répandue, l’abstention reste mal perçue par les Français. Ils sont même majoritaires à y voir un signe «révélateur d’une rupture entre les citoyens et la vie politique» (91%). D’autres considèrent cela comme un «signal d’alarme» (86%), et trois-quarts des citoyens (73%) trouvent cette abstention «inquiétante pour notre démocratie».

La responsabilité n’est en revanche pas totalement imputée à l’exécutif. Si Emmanuel Macron (37%) et le gouvernement (20%) sont critiqués pour leur «mauvaise information», les Français rejettent la faute de manière plus générale sur les partis politiques et les candidats «qui n’ont pas su intéresser les électeurs avec ces élections» (60%). Cette «incompétence» des partis fait même consensus sur le plan partisan. Elle concerne à la fois les sympathisants EELV (66%), les socialistes (65%), les Marcheurs (58%), les Insoumis (53%), les Républicains (52%) et les partisans du Rassemblement national (49%). Au-delà des appareils politiques, les citoyens eux-mêmes sont mis en cause pour leur «manque de civisme» (30%).

S’ils constatent un problème, les Français avancent aussi des solutions. À commencer par le vote par internet, plébiscité par 78% d’entre eux. Le vote obligatoire ne semble en revanche pas à même de résoudre la situation puisqu’il est sévèrement rejeté (65%).

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Abstention : la déconnexion des élus

Abstention : la déconnexion des élus

 

Pour la professeure en science politique Céline Braconnier, l’absence d’impact du vote sur leur quotidien et le brouillage induit par la valse généralisée des étiquettes politiques continuent d’éloigner les citoyens des urnes.

 

 

Tribune dans le Monde . 
La concurrence des qualificatifs choisis pour dire publiquement l’ampleur de l’abstention enregistrée dimanche 20 juin aux régionales et départementales – « historique », « ahurissant », « phénoménal », « catastrophique » – exprime un état de sidération partagé face à une démobilisation électorale qui concerne désormais deux citoyens inscrits sur trois. 

Par elle-même, cette hausse de l’abstention ne devrait pourtant pas étonner. Elle s’inscrit dans le prolongement continu d’un mouvement de retrait des urnes qui affecte la totalité des scrutins, hormis la présidentielle, depuis la fin des années 1980. Dimanche, les jeunes n’ont été que 20 % à se déplacer. Les records d’abstention ont de nouveau été battus dans les territoires populaires des grandes métropoles dont la population est plus jeune qu’ailleurs, mais aussi moins diplômée et économiquement fragile.

 

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Régionales et départementales 2021 : « Le taux d’abstention historique questionne le rôle que l’Etat laisse jouer aux collectivités territoriales » 

Rappeler que seuls 11 % des inscrits ont voté le 20 juin à Vaulx-en-Velin (Rhône), 12 % à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), 17 % à Bobigny (Seine-Saint-Denis) et Sarcelles (Val-d’Oise), c’est montrer que le pays légal n’a plus rien à voir avec le pays réel. De fait, les orientations politiques des territoires sont arrêtées par des votants beaucoup plus âgés, beaucoup plus diplômés, beaucoup plus aisés que la moyenne. Il existe bien un risque accru que les programmes, comme les politiques publiques, en satisfaisant d’abord les attentes des catégories de la population qui se déplacent, renforcent le sentiment d’abandon et de déconnexion avec les institutions de ceux qui votent le moins et, donc, leur distance aux urnes.

Déconnexion marquée des élus

Au-delà des complaintes convenues, enregistrées lors des soirées électorales, il serait temps de questionner sérieusement les modalités d’activation pratique de notre démocratie représentative. La participation à la présidentielle, qui continue de mobiliser massivement, même si c’est un peu moins à chaque fois, montre qu’il n’y a pas – en tout cas pas encore – de rupture avec le vote, y compris parmi les jeunes, y compris dans les quartiers populaires. Lorsque les citoyens comprennent comment et pourquoi, et lorsqu’ils peuvent voter facilement à côté de chez eux, ils continuent de prendre part aux choix collectifs.

Relever le défi de la remobilisation électorale passera forcément par des mesures de plusieurs ordres et engagera plusieurs types d’acteurs.

Le facteur politique est le plus immédiatement visible. Une majorité de citoyens éprouve l’absence d’impact des résultats du vote sur son quotidien et déplore que les alternances politiques ne produisent pas d’alternatives dans les modes de vie. Les plus fragiles, notamment, dénoncent une déconnexion marquée des élus à l’égard des difficultés vécues, et disent ne plus rien attendre des professionnels de la politique, aucune formation partisane n’échappant à cette défiance généralisée.

Abstention : le désengagement démocratique

Abstention : le désengagement démocratique

 

Editorial du « Monde ». 

 

Repoussé de quelques mois pour cause de pandémie, le premier tour des élections régionales qui s’est tenu dimanche 20 juin fera date, en raison du niveau record de l’abstention ; 66,73 % des électeurs inscrits ont choisi de bouder les urnes, soit une masse de 31 millions d’électeurs qui ont décidé de faire un pas de côté plutôt que d’honorer le déconfinement électoral que tous les partis avaient légitimement appelé de leurs vœux.

Cette grève des urnes est grave. Elle a pour premier effet de fausser la lecture des résultats apparemment limpides du scrutin, qu’il s’agisse du net recul du Rassemblement national, de la progression de la droite, de la résistance de la gauche ou de la piètre performance du parti présidentiel. Quelle valeur régionale et a fortiori nationale leur accorder, alors que plus de deux Français sur trois se sont mis en retrait ? Ce désengagement démocratique est d’autant plus préoccupant qu’il prolonge, en l’amplifiant, un cycle qui s’est ouvert depuis quelques années déjà et qui va de pair avec la montée de la violence et des invectives dans le débat public : plus les élus sont mal élus et moins les citoyens sont incités à respecter leur parole et à valider leur action. L’abstention est une fabrique à contestation.


Les partis politiques, dans leur ensemble, ont pris la mesure du défi. Chacun s’en est ému dimanche soir. Les uns ont parlé de « désastre civique », d’autres ont évoqué une « forme de schisme entre la classe politique et les Françaises et les Français », mais, si la crise démocratique est avérée, le plus difficile est de comprendre ce qu’il s’est passé dans la tête des abstentionnistes.

Scrutin régional à enjeu local

Ont-ils voulu sanctionner la faiblesse de l’offre politique ? Mais, aux élections régionales qui se déroulent à la proportionnelle, toutes les tendances sont représentées, de l’extrême gauche à l’extrême droite. Les électeurs n’ont que l’embarras du choix. Veulent-ils protester contre le fait d’avoir le sentiment que leur voix ne compte pas ? Mais les présidents de région ont des bilans jugés majoritairement positifs dans des domaines – transport, formation professionnelle, aide aux entreprises – qui ont des répercussions concrètes sur la vie de leurs administrés. On ne peut, en réalité, exclure l’hypothèse d’une certaine insouciance citoyenne en partie liée à la conjoncture : après des mois de semi-confinement, beaucoup d’électeurs, notamment parmi les plus jeunes, ont préféré aller prendre l’air, boudant une élection qui a été strictement perçue pour ce qu’elle est : un scrutin régional à enjeu local.


A supposer que cela ne soit que cela, la riposte apparaît assez évidente : il faut une vigoureuse campagne civique, doublée de réelles initiatives, pour simplifier les modalités du vote. Le couplage des élections régionales avec le scrutin départemental a contribué à embrouiller l’électeur et à opacifier l’offre. Il faut y renoncer. Et, puisque le fait de se rendre dans un bureau de vote devient de moins en moins évident, pourquoi ne pas encourager le vote par Internet ? Jusqu’à présent, le ministère de l’intérieur s’y est refusé en invoquant le risque de fraude. Mais, à force de ne rien essayer, le danger est grand de laisser l’abstention s’enkyster au point d’être considérée comme un invariant, le symptôme d’un désenchantement civique contre lequel les élus, de plus en plus mal élus, auraient été incapables de lutter.

Abstention: la faute au Covid ?

Abstention: la faute au Covid ?

 La Covid a joué un rôle, concède Dominique Reynié, analyste politique, mais un rôle secondaire car les motivations des abstentionnistes ne donnent pas une place déterminante au virus. La raison principale de leur abstention, c’est une campagne totalement empêchée par la nationalisation du scrutin. Aussi, les enjeux régionaux et départementaux sont toujours confus, flous, pour les électeurs : on n’a pas su les clarifier. »

Concernant l’interprétation des résultats en eux-mêmes, le directeur général de la Fondation pour l’innovation invite à la prudence : « Je suis frappé de voir, déjà, une tendance à oublier l’abstention, comme c’était déjà le cas aux municipales. On compare les résultats comme s’ils avaient une signification forte ! Attention à ne pas surinterpréter les résultats. »

Au même titre que le Rassemblement national, La France insoumise est à la peine. Une surprise ? « On pensait, explique Dominique Reynié, que l’électorat protestataire était plus mobilisable dans un climat d’abstention, ce qui ne s’est pas fait. Car en réalité, il n’ont pas le sentiment d’avoir un parti mais d’appartenir vaguement à une famille politique. Ce qui va les amener à perturber le système. Mais l’erreur consiste à imaginer que le profil de 2022 va ressembler à ce qui s’est passé hier. En 2022, les électeurs, surtout du RN, vont aller voter ! »

Abstention «La responsabilité essentielle aux politiques »( IFOP)

Abstention «La responsabilité essentielle aux politiques »( IFOP)

Le taux d’abstention serait de 68 % sur toute la France. c’est  le signe d’une démocratie agonisante, estime Maxime Tandonnet politiste dans le Figaro

Fin observateur de la vie politique française et contributeur régulier du FigaroVox, Maxime Tandonnet a notamment publié André Tardieu. L’incompris (Perrin, 2019).


« L’abstentionnisme aux scrutins régional et départemental bat tous les records en ce 20 juin 2021. Les commentaires autour d’un faible taux de participation deviennent une habitude à l’issue de chaque vote. Moins de 50 % aux élections législatives de 2017 et aux européennes de 2019, 40 % aux municipales de juin 2020. Cette fois-ci, l’effondrement est caractérisé (27 % à 17 heures, 32 % à l’issue du scrutin selon une estimation IFOP).

Cet effondrement est évidemment le signe d’une démocratie agonisante. Dès lors que l’immense majorité des citoyens s’abstient de se rendre aux urnes, le suffrage universel est annihilé et le pouvoir du peuple devient une formule vide de tout sens. Cette situation est immensément dangereuse. La nature a horreur du vide : si le peuple se dérobe à son devoir, d’autres prendront sa place…. »

Municipales : abstention record au second tour

Municipales : abstention record au second tour

 

 

 

Pour Jérôme Fourquet, directeur du département opinion et stratégies d’entreprise de l’IFOP, invité d’Europe 1 vendredi matin, le second tour des élections municipales devrait être marqué par une forte abstention, trois mois après la tenue contestée du premier tour, et ce malgré un protocole sanitaire spécifique. 

Plus de trois mois après la tenue contestée du premier tour le 15 mars, le second tour des élections municipales doit se tenir dimanche. Mais les Français seront-ils au rendez-vous des urnes, alors que le premier tour avait été marqué par dégringolade de la participation (44,3% au premier tour) ? Rien n’est moins sûr, à en croire Jérôme Fourquet, directeur du département opinion et stratégies d’entreprise de l’IFOP, invité vendredi d’Europe 1, pour qui ces derniers « n’ont pas la tête aux élections ».

« Le premier tour avait été marqué par une abstention spectaculaire, en hausse de près de 20 points par rapport aux municipales de 2014″, rappelle le sondeur. Une abstention record qui s’expliquait alors notamment par le contexte de l’épidémie de coronavirus. « La peur était déjà très palpable dans la population », indique Jérôme Fourquet, notant que cette peur « est encore en partie présente aujourd’hui ». C’est pourquoi, anticipe-t-il, « une partie des électeurs qui s’étaient détournés des urnes il y a trois mois vont réitérer ce comportement ». « À l’IFOP, les chiffres nous indiquent qu’on aurait peut-être dans les communes concernées une abstention qui pourrait grappiller 3-4 points supplémentaires par rapport au 15 mars », poursuit l’invité d’Europe 1.

Selon lui, la peur du virus ne sera pas la seule explication de cette forte abstention à venir. « Il y a un désintérêt manifeste qui s’explique par ce calendrier hors-norme », analyse-t-il, avec « plus de trois mois entre le premier et le deuxième tour ».

Second tour des municipales : nouveaux risques sanitaires … et abstention ?

Second tour des municipales : nouveaux risques sanitaires … et abstention ?

Il est clair que le premier tour des élections municipales s’est effectué dans la précipitation. Le gouvernement s’est d’ailleurs abrité derrière le parapluie du conseil scientifique. Une décision qui n’était pas forcément opportune. Pour preuve le lendemain le confinement généralisé a été décrété. À un jour d’écart, qu’elle était l’urgence !  Au total ce scrutin  a pu favoriser la diffusion du virus en outre la participation a été particulièrement ridicule puisque inférieure à 45 % le 15 mars. Et cela risque d’être pire ce dimanche. .

Scientifiquement il n’a pas été prouvé que le scrutin avait accéléré la diffusion du virus mais le contraire non plus car aucune sérieux étude sérieuse n’a été menée à ce propos .  Plusieurs assesseurs et élus, souvent très impliqués dans la campagne électorale, avaient été victimes du virus après le premier tour. L’opposition s’est également interrogée sur le maintien du scrutin alors qu’Edouard Philippe avait décidé d’obliger tous les bars et les restaurants à fermer le 14 mars au soir. Le 16 mars, au lendemain du premier tour, Emmanuel Macron finira par annoncer un confinement généralisé.

Une autre étude de trois chercheurs en économie – Simone Bertoli, Lucas Guichard et Francesca Marchetta – estime, elle, que l’organisation du premier tour des municipales a accentué la propagation du coronavirus chez les plus âgés. « Les résultats révèlent qu’un taux de participation plus élevé est associé à un nombre de décès significativement plus élevé chez les personnes âgées dans les cinq semaines suivant les élections », affirment ces trois chercheurs. Interrogé par La Montagne, Simone Bertoli reconnaît toutefois que c’est toute la campagne du premier tour qui explique le résultat de l’étude, pas seulement le jour du vote : « Ce jour, les gestes barrières ont été davantage respectés dans les bureaux de vote. Dans les jours précédents, il y avait moins de respect : il y a eu une réunion le 11 mars dans ma commune, avec chips et cacahuètes, des gens qui se serraient la main, etc. », note-t-il. Du coup pour ne pas subir de critiques sur le rôle des élections par rapport à l’éventuel diffusion du virus le gouvernement a pris un certain nombre de dispositions. Des dispositions pas forcément inutiles mais qui concerneront encore moins de monde puisque le taux de participation risque d’être particulièrement ridicule. encore inférieur premier tour dans nombre de villes. Il faut dire que la stratégie des alliances notamment avec slalom de la république en marche entre les différents partis ne facilite pas la lecture politique de ce scrutin. Notons cependant que la légitimité juridique de ce second tour ne sera pas inférieure à celle de certain scrutin délice unique endetté élu avec seulement 25 % des inscrits. Des participations qui posent de sérieuses questions non pas sur la légitimité juridique mais sur la légitimité politique de cette consultation locale. Les mesures prises par le gouvernement :

 

  • Un maximum de trois électeurs est autorisé à l’intérieur du bureau de vote.
  • Du savon ou du gel hydroalcoolique doit être mis à disposition dans tous les lieux de vote.
  • La carte électorale ne sera pas estampillée au moment du vote afin d’éviter la propagation du virus.
  • Le port d’un masque sera obligatoire pour les électeurs.
  • Le gouvernement a adapté et simplifié la procédure des procurations.

Elections européennes : plus de 50% d’abstention

Elections européennes : plus de 50% d’abstention

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Si plus de 82 % des Français jugent cette élection importante, par contre il serait plus de 50 % à s’abstenir. En cause évidemment la crédibilité des organisations politiques. Les derniers sondages feraient apparaître la liste en marche avec autour de 24 % et le rassemblement national autour de 20 %. Des On peut légitimement s’interroger sur la crédibilité de ces  derniers sondages qui se caractérisent d’une part par la remontée de la république en marche pour les européennes ainsi que l’amélioration de la popularité de Macron. Concernant ce dernier point, il faut noter que les journaux que possède Lagardère entre (JDD, Paris-Match notamment), ont été particulièrement actifs pour diffuser une remontée de Macron dans l’opinion publique. Or on sait que la plupart des grands médias possédés par les financiers se sont fortement inquiets de la descente aux enfers de Macron, aussi des conséquences sur l’évolution de l’activité générale. De la même manière,  on constaterait dans les derniers sondages une remontée de la république en marche pour les européennes. Il y a seulement encore quelques semaines le rassemblement national semblait en tête avec un score proche de 24 % tandis que la république en marche stagnait à 20 %. On constate exactement le contraire depuis quelques semaines à savoir que la république en marche serait proche des 24 % et le rassemblement national à peine un peu au-dessus de 20 %. Par ailleurs ce sondage indiquerait qu’une liste éventuelle des gilets jaunes obtiendrait autour de 13 % et porterait surtout atteintes aux partis extrémistes. Dans la période il convient sans doute de se méfier particulièrement de ses sondages qui tendent à prouver que le pouvoir remonte dans l’estime de l’opinion publique. En effet la perspective de déstabilisation de Macron, voire la perspective notamment d’élections législatives qui modifieraient la majorité sont source de grandes inquiétudes dans les milieux financiers qui évidemment ne souhaitent pas que soit remise en cause une politique fiscale qui leur est favorable. Selon le dernier sondage Elabe, la liste emmenée par la majorité se détache en tête des projections pour les européennes dans quatre mois. Avec 23,5% des intentions de vote, elle devance la liste du Rassemblement national, créditée de 20,5%. Pour les européennes, la liste LaRem/MoDem est ainsi créditée de 23,5% des projections, en hausse de quatre points par rapport à la précédente mesure, en novembre dernier. Derrière elle, vient le cortège du Rassemblement national, et ses 20,5%, comme il y a deux mois. Loin, très loin derrière ce duo dépareillé, on note la troisième position de la liste des Républicains: 12,5% des intentions de vote, après une chute de 2,5 points. : La France insoumise, obtiendrait 9,5%, les Verts 9%, le Parti socialiste 6%. , de Génération.s de Benoît Hamon, et de la liste communiste chacun 2% cent. Debout la France, 5%, la liste UDI 3%. Des sondages qui laissent pensif quand on apprend de l’IFOP que plus de la moitié des Français ne voteront pas !

Législatives : Abstention record, pourquoi ?

Législatives :  Abstention record, pourquoi ?

Comme souvent plusieurs facteurs explicatifs permettent d’éclairer le record d’abstention de dimanche pour le second tour.  D’abord la lassitude, trop de politique tue la politique, ensuit le doute général vis-à-vis des promesses électorales, enfin la grande désillusion à l’égard de la compétence des mouvements essentiellement contestataires. De ce point de vue,  le débat Macron-Le Pen aura souligné que les extrêmes sont davantage des syndicats protestataires que des organisations à vocation gouvernementale. On s’attend à 53% d’absentions selon un sondage Odoxa pour franceinfo* pour le second tour, un record historique sou la 5ème république.  Ve République. Au premier tour du scrutin, le 11 juin, 51,29% des Français s’étaient abstenus, ce qui était déjà un record. Selon le sondage, 48% des sympathisants de gauche comptent s’abstenir, 35% des sympathisants de droite hors FN, 61% des sympathisants FN et 35% des sympathisants d’En Marche.  Ce sont les jeunes qui devraient le plus s’abstenir : 61% des 18-24 ans et 63% des 25-34 ans ne se rendront pas aux urnes. Du côté des catégories socioprofessionnelles, 58% des employés et ouvriers devraient s’abstenir.  En ce qui concerne les raisons, 27% des abstentionnistes déclarent ne pas se rendre aux urnes parce qu’ils pensent que l’élection est jouée d’avance et que La République en marche va l’emporter, alors que 24% ne se reconnaissent pas dans les projets ou les personnalités des candidats qui se présentent. Selon ce sondage, 6 Français sur 10 estiment qu’une large majorité En Marche à l’Assemblée nationale serait une mauvaise chose, étant donné que le mouvement n’a recueilli qu’un tiers des votes au premier tour des élections législatives. Dans le détail, c’est ce que pensent 65% des sympathisants de gauche, 77% des sympathisants de droite hors FN et 85% des sympathisants du FN.

Législatives: Nouveau record d’abstention

Législatives:  Nouveau record d’abstention

53% d’absentions selon un sondage Odoxa pour franceinfo* publié vendredi 16 juin. Si cette prévision se confirme, ce serait un record pour une élection présidentielle ou législative sous la Ve République. Au premier tour du scrutin, le 11 juin, 51,29% des Français s’étaient abstenus, ce qui était déjà un record. Selon le sondage, 48% des sympathisants de gauche comptent s’abstenir, 35% des sympathisants de droite hors FN, 61% des sympathisants FN et 35% des sympathisants d’En Marche.  Ce sont les jeunes qui devraient le plus s’abstenir : 61% des 18-24 ans et 63% des 25-34 ans ne se rendront pas aux urnes. Du côté des catégories socioprofessionnelles, 58% des employés et ouvriers devraient s’abstenir.  En ce qui concerne les raisons, 27% des abstentionnistes déclarent ne pas se rendre aux urnes parce qu’ils pensent que l’élection est jouée d’avance et que La République en marche va l’emporter, alors que 24% ne se reconnaissent pas dans les projets ou les personnalités des candidats qui se présentent. Selon ce sondage, 6 Français sur 10 estiment qu’une large majorité En Marche à l’Assemblée nationale serait une mauvaise chose, étant donné que le mouvement n’a recueilli qu’un tiers des votes au premier tour des élections législatives. Dans le détail, c’est ce que pensent 65% des sympathisants de gauche, 77% des sympathisants de droite hors FN et 85% des sympathisants du FN. 

 

Abstention législatives : la fatigue et le désintérêt

Abstention législatives : la fatigue et le désintérêt

Plusieurs facteurs explicatifs pour comprendre un taux d’abstention record aux législatives. Il y a peut-être d’abord un phénomène d’usure de la chose politique car la France connaît un environnement électoral depuis un an (depuis les primaires). Des primaires qui ont constitué une véritable caricature de la démocratie puisque ont été élu les candidats les plus extrêmes qui avaient le moins de chance de triompher aux présidentielles. Les affaires de Fillon ensuite n’ont guère contribué à redorer l’image de la politique. Il faut aussi surtout ajouter que la plupart des grandes formations sont relativement usées : les Républicains mais surtout le parti socialiste, usées par le pouvoir et les querellent internes.  Macron obtient un véritable raz-de-marée au premier tour des législatives mais il le doit surtout au découragement de nombreux électeurs qui ne voyaient plus l’intérêt de se déplacer compte tenu des faibles chances de leur champion. Enfin et peut-être surtout il faut souligner le scepticisme de plus en plus important de nombre d’électeurs à l’égard de la chose publique. En cause sans doute l’absence depuis une trentaine d’années de résultats significatifs tant dans le domaine économique que social ou encore sociétal. Pour ceux qui ont voté,  on a donc appliqué la logique républicaine de la Ve République qui veut qu’on accorde une majorité au président de la république élu. Un vote de raison davantage que d’adhésion, un vote de cohérence qui a prit le pas sur les réflexes partisans et qui se concrétise en particulier par l’écroulement du parti socialiste, le recul du Front National et des insoumis et la défaite des Républicains. En quelque sorte les Français encore mobilisés ont voulu donner sa chance à Macron qui jusque-là n’a pas commis de faute bien au contraire mais qui sera rapidement confronté aux réalités pouvoir en particulier pour la gestion des réformes sociales où l’extrême gauche l’attend.

2017 – 1er tour : record d’abstention.

2017 – 1er tour : record  d’abstention.

 

L’abstention pourrait en quelque sorte être considérée comme le premier parti de France avec près de 35 % .dépassant le record de 2002. Elle avait alors culminé à 28,4 %. Les anti-isoloirs ne sont pas exclusivement des adeptes du « tous pourris », dégoûtés par les affaires.  En cause évidemment le discrédit qui pèse sur les organisations politiques et d’une façon plus générale sur le système politique. En outre,  les affaires n’ont guère encouragé les citoyens déjà sceptiques à se déterminer à voter. En cause surtout et sans doute la complexité des enjeux actuels qui interagissent de façon systémique et dont l’appréhension est difficile notamment chez les moins diplômés. « Il existe une sociologie de l’abstention. Plus vous montez dans l’échelle sociale, moins vous vous abstenez. Les jeunes, les moins diplômés, les plus fragiles vont avoir tendance à s’abstenir plus que les autres », explique Bruno Cautrès, politologue au Cevipof, le centre de recherches politiques de Sciences-po. Cet électorat de précaires correspond justement à celui de la candidate FN. « Avec 30 % à 35 % des intentions de vote chez les moins de 35 ans. Ces jeunes non diplômés, surreprésentés dans l’électorat du FN, sont aussi les électeurs qui s’abstiennent le plus. Une faible participation le 23 avril peut donc nuire au FN », analyse Céline Braconnier, directrice de Sciences-po Saint-Germain-en-Laye et coauteure de « la Démocratie de l’abstention ». On peut regretter de ce point de vue que la plupart des candidats n’ont  pas consacré l’essentiel de leur réflexion aux grands enjeux du pays en se concentrant trop sur les promesses de court terme ;  des promesses de court terme qui faute de croissance seront récupérées par l’inflation et la fiscalité. L’abstention  se nourrit donc aussi de la médiocre qualité de la campagne considérée comme telle par 80 % des Français. Pour résumer,  là  ou on attendait une analyse et une vision, on doit se contenter d’une promesse d’augmentation des revenus de 80 à 100 euros.

 

Résultat des régionales : l’abstention vainqueur

Résultat des régionales : l’abstention vainqueur

 

On peut dores et déjà prévoir que l’abstention sera vainqueur lors du premier tour des régionales avec vraisemblablement autour de 50%, donc loin devant la première- formation qui obtiendra que de l’ordre de 30%. Pourquoi un tel taux d’abstention, tout simplement cette consultation n’a aucun ses pour la plupart des électeurs.  De toute évidence la consultation électorale pour les prochaines élections régionales va  démontrer les limites de l’exercice démocratique. Ces élections vont d’abord marquer le désintérêt des Français pour la chose publique. Il faut en effet s’attendre à une abstention de l’ordre de  50 %. Des Français, pour à peu  près la moitié des électeurs, qui  ignorent à quoi servent les régions et même quels courants politiques les dirigent actuellement. Par ailleurs le gouvernement a ajouté un peu plus de confusion sur la nature de la consultation. Il faut se rappeler la réforme régionale ambitionnait  de rationaliser les structures administratives avec la suppression des départements et la réduction du nombre de régions. Sous la pression du lobby des élus, on a abandonné la suppression des départements qui constituait le cœur de la réforme. En outre le nouveau découpage correspond encore moins qu’avant à des réalités économiques sociales ou culturelles. La plupart de ceux qui iront voter, c’est-à-dire à peine la moitié du corps électoral, vont transformer cette consultation locale en protestation nationale contre d’une part le gouvernement, d’autre part contre les partis classiques de la droite comme de la gauche. Finalement les contenus programmatiques des candidats importent peu. On leur pardonne même d’ignorer les réalités socio-économiques des régions où ils sont candidats. Pour l’essentiel les électeurs voteront en fonction d’une problématique nationale et plus précisément pour manifester leur mécontentement. Une sorte de vote défouloir regroupant toutes les insatisfactions et toutes les contradictions. Au final, c’est-à-dire au deuxième tour, des responsables seront élus à la direction des régions mais avec un pourcentage de voix ridicule par rapport au corps électoral à savoir autour de 20 %. Une représentativité pour le moins discutable. La transformation de cette consultation en référendum de protestation peut d’une certaine manière être considérée comme une caricature de la démocratie.

 

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