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Guyane : à quoi sert la sous- ministre ?

Guyane : à quoi sert la sous- ministre ? 

 

A rien bien sûr mais ni plus ni moins que les trois quarts de ceux qui composent le gouvernement. Elle a sans doute autant de pouvoir que le ministre des anciens combattants ou de la francophonie. Il est d’ailleurs à noter que dans ce gouvernement pléthorique la plupart des sous ministres et secrétaires d’État ne disposent d’aucune administration en propre, leur budget est dérisoire et leur pouvoir insignifiant ; normal un gouvernement efficace pourrait se satisfaire d’une quinzaine au plus de ministres,  il y en a trois fois plus. Grâce au conflit en Guyane on aura au moins découvert le nom de la ministre responsable du secteur à savoir Ericka Bareigts. ? Une ministre qui n’est qui n’a pas hésité à déclarer que «La situation est tendue», «Cette situation, nous la suivons de très près», a-t-elle affirmé, expliquant ne pas s’être rendue sur place «parce que aujourd’hui les conditions du dialogue ne sont pas réunies». À sa décharge, aussi à celle du gouvernement actuel, la situation n’est guère nouvelle. Il y a des dizaines d’années que ce département de France est sous assistance financière et que rien n’a été fait pour assurer un développement économique un tant soit peu autonome. Du coup, c’est surtout l’emploi public ( plus de la moitié de l’emploi salarié)  qui soutient l’économie. Avec des salires  publics en moyenne supérieurs à la moyenne nationale et qui accentue encore les disparités entre catégories socio professionnelles. Le salaire moyen en Guyane est d’environ  de 2000 € pour environ 1800 € pour l’ensemble de la France. Cependant le chômage et la misère sont dévastateurs pour les autres. À cela s’ajoute des services publics en piteux état et en dépit des problèmes qui se posent à la Guyane des phénomènes d’immigration incontrôlable sans parler de l’insécurité. La Guyane véritablement sous perfusion financière pour les deux tiers de sa richesse alors  que les ressources existent mais elles n’ont jamais été valorisées et  alors que la Guyane pourrait occuper une place stratégique pour la France en Amérique du Sud. D’une certaine façon,  la France entretient des liens postcoloniaux avec ce territoire et la question de son maintien dans la république se pose si la France est incapable d’assurer un minimum de développement économique autonome à ce territoire. Une problématique qui concerne la plupart des zones d’outre-mer.

« A quoi servent les économistes? »

« A quoi servent les économistes? »

Intéressante cette interview de la directrice adjointe du trésor qui révèle en fait que nombre d’experts sont impuissants à prévoir les crises et souvent à les analyser. (Interview de Claire Waysand dans le Jdd) ; sans parler des conflits d’intérêt, du corporatisme et de la dictature des pensées dominantes.

Seuls quelques économistes ont vu venir la crise la plus grave de la décennie qui a débuté en 2007. N’ont-ils pas failli à leur rôle?
C’est en effet une belle leçon d’humilité pour notre profession. Nous avons vu certains risques – un marché de l’immobilier en surchauffe et de très gros déficits courants outre Atlantique, symptôme d’une dépendance aux financements extérieurs. Mais nous n’avons pas bien compris les implications de ces deux réalités et comment le choc allait se propager à l’ensemble de la planète. 

Peut-on encore faire confiance aux experts?
Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. L’économie est utile au quotidien, par exemple pour évaluer les coûts et bénéfices de choix publics. Les économistes n’ont en revanche pas bien compris d’un point de vue macroéconomique les enchaînements financiers qui allaient se produire et qui expliquent la récession planétaire dont nous portons encore les marques. Ils avaient pour partie des circonstances atténuantes. Ils manquaient d’informations sur les liens financiers. Ces informations sont encore parcellaires, notamment sur les actifs du système bancaire parallèle ou shadow banking, qui restent très mal connus. L’économiste doit continuer à le dire. Nous savons par ailleurs que dans certaines situations extrêmes nos outils d’analyse, qui reposent sur des occurrences observées sur une période passée, ont du mal à prendre en compte des situations très atypiques. 

Ne craignez-vous pas la concurrence de nouveaux experts, travaillant pour Google ou Facebook, et capables d’exploiter les « Big data », ces données exhaustives sur l’ensemble des activités humaines et donc économiques?
Je ne pense pas que le traitement d’une masse de données économiques suffise à supplanter le travail d’un économiste. Sa valeur ajoutée, c’est d’injecter de l’intelligence face à ces observations, pour que l’ensemble fasse sens. 

«Aujourd’hui, les citoyens cherchent des réponses qui donnent du sens et de la vision»

Comment les économistes perçoivent-ils leur rôle?
Nous exerçons un métier à plusieurs facettes. Celui d’éclairer et de comprendre les situations économiques que nous vivons, y compris pour pouvoir prévoir leur évolution à court et moyen terme. Nous fournissons par ailleurs une grille d’analyse pour les décisions de politique publique, avec des raisonnements que l’on dit « bouclés ». Par exemple, quand nous évaluons une proposition de dépense publique ou de réforme, nous en calculons l’effet mais aussi le coût. Enfin, nous avons une mission de pédagogie. L’intérêt et la compréhension pour notre discipline progresse, nous devons y contribuer. 

Qu’attendent les politiques des économistes?
Ils veulent que nous leur donnions des perspectives de court et moyen terme par une analyse technique pour les éclairer dans leurs choix, en matière de croissance et d’emploi par exemple.

C’est vrai quel que soit leur bord politique?
Oui, même si les sensibilités et les sujets d’intérêt varient. Ainsi, pour le projet de loi de finance 2013, le gouvernement nous a demandé de mesurer l’impact sur la croissance des mesures budgétaires, pour en limiter l’effet, et en évaluer l’impact redistributif, dans un souci de justice sociale. 

Les citoyens ont-ils les mêmes attentes que les politiques?
Je pense qu’aujourd’hui, ils cherchent des réponses qui donnent du sens et de la vision. Ils ont besoin de comprendre la situation et comment on en sort. 

Pensez-vous que les économistes ont plus de poids dans les pays anglo-saxons où certains ont même acquis un statut de gourou?
Aux Etats-Unis, dans les relations entre la sphère politique et universitaire, les aller-retour sont plus fréquents qu’en France. Il est vrai que le modèle d’organisation de l’alternance dit du spoil system favorise ces mouvements. Le phénomène des gourous est aussi très spécifique. Leurs économistes s’adressent à un public de plus de 200 millions de personnes et au-delà, grâce à leur langue, à une population mondiale. Il y a donc un effet de taille. Il y a aussi un effet marché. Les gourous que vous avez en tête, tels Abby Cohen qui travaillait chez Goldman Sachs ou Nouriel Roubini, étaient proches des marchés. Nouriel Roubini doit sa notoriété à sa clairvoyance sur la crise des subprimes, mais d’autres économistes ont eu des analyses clairvoyantes de la crise sans être nécessairement aussi visibles auprès du grand public. Je pense par exemple à Raghuram Rajan. Par ailleurs, il est vrai qu’il y a beaucoup de prix Nobel d’économie américains, mais, eux, sont rarement promus à ce statut de gourou. 

Certains économistes font aussi l’objet de procès en sorcellerie pour conflit d’intérêts ou du fait d’engagements politiques inavoués. Qu’en pensez-vous?
Il y a clairement eu certaines pratiques qui n’étaient pas acceptables – le film Inside job fournit quelques exemples de conflits d’intérêts avéré. Pour le reste, les économistes sont des citoyens comme les autres – il n’y a pas de raison d’empêcher un engagement qui est transparent. L’honnêteté intellectuelle est indispensable dans toute profession, mais a fortiori chez les économistes pour que l’on puisse se fier à leur expertise. 

 




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