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Un système politique à bout de souffle

Un système politique à bout de souffle

 

 

 

Oligarchie, corporatisme, incompétence, injustice autant de mots pour qualifier un système politique discrédité et qui conduit le pays dans le mur. Le diagnostic est implacable: « Le système politique est en train de s’effondrer sous nos yeux », s’émeut Bruno Le Maire, ex-ministre UMP. « On n’a jamais connu une telle crise », renchérit Pascal Perrineau du Cevipof. D’autant qu’ »on est dans le temps court d’un quinquennat, et il n’y a plus d’amortisseurs ». Symptômes de cette crise: abstention croissante, percée électorale du FN, impopularité record du chef de l’Etat, sondages calamiteux pour les patrons de l’UMP comme du PS, affrontements fratricides entre alliés (EELV contre le gouvernement, Parti de gauche contre PCF) ou au sein des partis (Jean-François Copé contre François Fillon, éviction brutale du numéro un écologiste Pascal Durand, élus quittant leur parti). La frontière droite-gauche, la plus structurante de la vie politique hexagonale, devient plus floue. « Il y a un brouillage idéologique, tous ces partis rassemblent des leaders dont on se dit: mais qu’est ce qu’ils font ensemble! », s’exclame M. Perrineau. Jean-Christophe Cambadélis (PS) pointe une « technocratisation du discours » qui « amène à la réduction du clivage gauche-droite ».   »Le PS assume-t-il oui ou non ses choix sociaux-démocrates? L’UMP qui prétendait rassembler le centre se droitise-t-elle ou non? », demande M. Perrineau.  Pour M. Le Maire, « la droite a suivi la gauche ». « Nous avons pensé comme elle que le progrès, c’était le progrès social ». Pour son collègue PS, « la gauche s’interroge sur la validité du réformisme à l’époque de la toute-puissance du marché et la domination du capital financier ».  Les deux députés se renvoient indirectement la balle: M. Cambadélis jugeant que « la droite ne s’est pas repensée idéologiquement », l’élu de l’Eure considérant que « la gauche est dans un no man’s land idéologique ». Ce « gigantesque brouillage idéologique ne sert que le FN », résume l’ex ministre. . Ce brouillage aboutira-t-il à une recomposition en trois pôles, PS/UMP/FN? M. Cambadélis a été le premier à le formuler. « Le tripartisme, dont un d’extrême droite, va bousculer le champ politique », assure-t-il. Bruno Le Maire n’y croit pas: « je vois bien la percée du FN, mais ce n’est pas un parti de gouvernement ». « Le FN peut faire jeu égal dans des élections dont la portée échappe largement aux citoyens (cantonales, européennes), mais son score en termes d’élus demeurera modeste aux municipales », prévoit M. Braud. Toutefois, « s’il était significatif, ce serait pour lui le risque d’une crise d’identité, tant son programme est irréaliste ». Même s’ils ne devaient pas être ébranlés par le FN, les partis souffrent. « Leur crise est profonde, il faut la prendre très au sérieux », avertit M. Perrineau, pour qui « assez peu représentatifs, ils ont perdu leurs racines ». Le Maire tranche: « nous restons une aristocratie ». Au cœur de son réquisitoire: « une haute fonction publique qui truste les postes, sans prendre aucun risque ». « Initiatives bloquées, pas d’ascenseur social, le système est à bout de souffle ». « Les partis ont toujours eu du mal à s’adapter aux évolutions de la société car leur préoccupation est d’abord la rentabilité électorale », explique M. Braud. D’ailleurs via internet et réseaux sociaux, « les citoyens se sentent instruits par d’autres canaux, préfèrent se tenir à distance des consignes de parti. Les mobilisations importantes sont accompagnées par les partis plutôt que déclenchées par eux ». Exemple: « la manif pour tous ».  De plus, déplore M. Cambadélis, « seule la posture médiatique fait sens ». « Une pensée nuancée ou dialectique est ravalée à la langue de bois ou la mollesse. S’ensuit une série de polémiques formatées pour le débat télévisé. La pipolisation, les batailles de leadership occupent tout l’espace ».

 

La démocratie à bout de souffle

La démocratie à bout de souffle

 

La démocratie politique est à bout de souffle c’est une évidence, ses modalités ont franchi le seuil de l’obsolescence. Pour schématiser elle se résume à déposer un bulletin de vote et à donner un chèque en blanc à un élu. Un élu qui précisément pour recueillir les suffrages majoritaires est contraint de faire les plus folles promesses. Des promesses qui n’engagent évidemment que ceux qui les écoutent. Dès lors,  il ne reste plus qu’à attendre le prochain scrutin avec le même processus et les mêmes conséquences. En outre des élus qui pour la plupart sont le produit d’une oligarchie, sorte de syndicats corpo qui défend d’abord son statut, son pouvoir et ses avantages accessoires ; bref la politique est devenue une profession qui s’exerce en gros de 25 à 70 ans sans interruption ou presque. Une démocratie devenue complètement archaïque et qui ne correspond plus aux aspirations des citoyens qui se réfugient alors soit dans l’abstention soit dans les partis extrémistes ; une sorte de posture de protestation à défaut de pouvoir adhérer à des analyses et des projets crédibles. . La plupart des acteurs économiques et sociaux ont déserté le champ politique pour le laisser à ces pressionnels sorte de nouveau clergé laïque avec son rituel, sa hiérarchie, sa dialectique et ses déviances. La problématique n’est pas seulement française mais elle prend dans notre pays des formes particulièrement caricaturales. Rien ne serait  finalement grave si cela n’affectait pas le progrès économique et social. Or précisément cette oligarchie produit en permanence lois et fiscalité qui étouffent initiative et la compétitivité. Du coup la France est la championne du monde des procédures administratives et des prélèvements obligatoires. Dès lors comment s’étonner des délocalisation qui affectent tous les secteurs , d’une croissance inexistante , du chômage record et des inégalités croissantes La a France utilise des rustines pour réparer nos insuffisances là où il faudrait une approche globale, systémique, pertinente et déterminée. Un problème, une rustine, une loi ou un plan vite fait, une commission, une taxe. Rien ne pourra changer tant qu’on sera incapable de faire le lien entre la réalité concrète et l’approche macro économique et sociétale. Pour combler le vide les politiques utilisent  le verbiage fumeux, approximatif voire mensonger, un discours qui ne passe plus car trop entendu. De ce point de vue si la crise est économique, elle est tout autant culturelle et politique ; à cet égard le changement n’est pas pour  « maintenant » ni pour demain.




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