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Les 35 heures : le coup final au manque de compétitivité , deux économistes font le bilan

Les 35 heures : le coup final au manque de compétitivité ,  deux économistes font le bilan

 

Deux économistes Éric Meyer keynésiens plutôt de gauche et Nicolas Bouzou économiste libéral font le bilan des 35 heures dans un échange sur le Figaro. Pour l’homme de gauche le bilan lui semble « partagé » (nuance sémantique pour indiquer quand même que les 35 heures ne sont pas parvenues à créer l’emploi espéré), à l’inverse Nicolas Bouzou ou considère que cette mesure a constitué le dernier fatal porté au manque de compétitivité. Les deux experts pensent cependant que d’autres facteurs explicatifs sont à prendre en compte. Un détail cependant, l’économiste Eric Meyer reprend à son compte la conséquence immédiate de 300 à 400 000 emplois mais ne parle pas des emplois ensuite supprimés du fait des 35 heures( autour d’un million)

Les 35 heures ont-elles été positives pour l’économie française? Ont-elles créé des emplois?

 

Eric Heyer - Il faut d’abord faire une précision. Quand on parle des 35 heures, on parle des lois Aubry I et II, c’est-à-dire de la baisse de la durée légale du temps de travail mais aussi – en contrepartie – de l’annualisation du temps de travail, de la baisse des cotisations sociales pour les entreprises, du forfait jours et de la réorganisation de la production. Dire «les 35 heures», c’est réducteur, car la France n’a pas fait que baisser la durée du temps de travail. Pour moi les lois Aubry – si on se base sur les bilans officiels de l’Insee et de la Dares (le service statistiques du ministère du Travail, NLDR) – ont créé entre 300.000 et 400.000 emplois. Ça a créé des emplois mais ça n’a pas permis de faire baisser durablement le chômage. Le bilan des 35 heures est mitigé, ce n’est ni la catastrophe comme le disent certains mais ça n’a pas non plus créé 2 millions d’emplois comme d’autres l’espéraient. En revanche, il est vrai que les 35 heures ont dégradé les finances publiques: il restait un surcoût car les baisses de cotisations n’ont pas été financées par le surplus de croissance attendu.

 

Nicolas Bouzou - Économiquement, les 35 heures n’ont pas permis de créer d’emplois. Certains se basent sur des études, notamment de l’Insee, mais ils les lisent mal. Ce que disent ces études, c’est que ce sont les mesures d’accompagnement et d’allégement de charges qui ont créé des emplois. Mais les 35 heures en elles-mêmes n’ont pas eu d’impact positif avéré sur l’emploi. Je pense que globalement, on tend à exagérer l’impact des 35 heures, qui sont avant tout une mesure politique. La gauche pense que c’est une mesure emblématique qu’il ne faut surtout pas attaquer pendant que la droite dit que c’est un drame.

 

Certains disent que les 35 heures ont dégradé la compétitivité de la France, êtes-vous d’accord?

 

Eric Heyer - Non, c’est faux. Les chiffres montrent que les parts de marché françaises ont commencé à diminuer à partir de 2001 et 2002. Certains disent que c’est à cause des 35 heures mais en 2001 les économies européennes ont connu plusieurs chocs, notamment l’entrée de la Chine dans l’OMC (Organisation mondiale du commerce, NLDR) et la forte appréciation de l’euro par rapport au dollar. Le troisième choc, c’est que l’Allemagne a mis en place l’agenda Schröder de baisse du coût du travail quand la France a mis en œuvre les 35 heures. Avec tout cela, la France a perdu en compétitivité et a perdu des parts de marché, tout comme d’autres pays européens tels que l’Espagne ou l’Italie. Si on regarde l’évolution des coûts salariaux unitaires en France entre 1997 et 2002, ils ont d’ailleurs progressé dans la moyenne et n’ont pas augmenté plus que la moyenne de la zone euro.

 

Nicolas Bouzou - Les 35 heures ne sont pas responsables du manque de compétitivité de la France, qui date de la fin des années 1990. Lorsque les 35 heures ont été mises en œuvre, il y a eu une accélération de la baisse de nos parts de marché à l’international et une accélération de la désindustrialisation. Mais c’est surtout lié à la montée en puissance de pays émergents, comme la Chine, et au fait que l’Allemagne ait renforcé sa compétitivité. Les 35 heures n’ont pas été positives pour l’économie française mais ce n’est pas un drame, comme certains le disent. Ça a un peu contribué à dégrader notre compétitivité mais ce n’est pas le seul élément: on n’a pas assez investi dans l’innovation, notre industrie n’a pas réussi à monter en gamme et la grille salariale a beaucoup augmenté dans l’industrie car on revalorisait le Smic tous les ans.

 

Dans quels secteurs ont été appliquées les 35 heures et quel a été leur impact? Certains observateurs évoquent une forte hausse de la productivité…

 

Eric Heyer - Les grandes entreprises industrielles y ont gagné mais les petites boîtes moins, car pour être gagnant il fallait pouvoir se réorganiser et avoir beaucoup de salariés au niveau du Smic. Certains secteurs ont aussi été complètement désorganisés. La loi Aubry I était facultative mais est devenue une réalité en 2000. On a dit aux entreprises «vous avez 2 ans et demi pour vous préparer à ce choc» mais l’administration ne s’est pas préparée. L’hôpital a par exemple été complètement désorganisé: manque d’infirmières, heures supplémentaires gigantesques non payées…. Ça été très mal géré, il a même fallu aller chercher des infirmières en Espagne. Selon les secteurs, la baisse du temps de travail n’a pas eu la même incidence. Dans l’industrie on est passé au travail en 3×8: on a augmenté le temps de travail des machines et on a augmenté la durée d’utilisation des équipements. Les 35 heures, c’était surtout pour l’industrie. Il faut aussi noter que les 35 heures payées 39 ont été compensées par une hausse de la productivité horaire. Les cadres, qui étaient au forfait jours, ont vu une hausse de leurs jours de congé. Ils sont passés de 220 jours à 210 jours de travail par an mais avec une réaffirmation de la durée journalière de travail de 13 heures. Globalement, on a dit aux cadres «tu as 10 jours de repos en plus mais tu dois faire la même tâche qu’avant». Pour un cadre, la réduction du temps de travail a été difficilement compréhensible.

 

Nicolas Bouzou - Les 35 heures ont surtout été appliquées dans certains secteurs, comme dans les industries à faible et moyenne valeur ajoutée. Avec la diminution du temps de travail, le coût horaire du travail dans l’industrie a augmenté malgré les allégements de charges. La mise en place a été catastrophique dans la fonction publique hospitalière, les gens ont fait des heures supplémentaires qu’on ne pouvait plus leur payer. Au niveau de la productivité ça n’a pas été bon car ça a contraint les gens à faire beaucoup de travail dans un temps diminué. Or il faut aujourd’hui des modes de travail plus flexibles, avec la possibilité de travailler un peu chez soi ou le week-end. Finalement, les 35 heures ont conduit à «charger la barque». Sans s’avancer, on peut imaginer que ça a eu une responsabilité dans l’augmentation des burn-out.

 

Vingt ans après, que reste-t-il des 35 heures?

 

Eric Heyer - Les 35 heures n’ont en réalité duré que de 1998 à 2002. Elles ont été progressivement détricotées dès janvier 2003: les lois Fillon de 2003 ont donné des baisses de cotisations à tout le monde et augmenté le contingent d’heures supplémentaires qui était jusqu’alors de 130 heures par an et par salarié. Ce qu’il reste, c’est la durée légale de 35 heures, c’est-à-dire qu’à partir de 35 heures, on fait des heures supplémentaires. Il y a aussi de plus en plus de salariés qui sont au forfait annuel de 1607 heures. Il reste aussi un peu les baisses de cotisations puisque Martine Aubry avait rajouté 12 milliards de baisses de cotisations pour les entreprises qui font les 35 heures. On peut aussi dire que ça a changé le rapport des Français au travail car ça les a incités à travailler moins.

Nicolas Bouzou - Ce qu’il reste des 35 heures, c’est un cadre rigide en matière de temps de travail: soit vous êtes au forfait, soit on comptabilise le nombre d’heures que vous faites et vous devez pointer le matin et le soir. C’est un management d’outre-tombe. Le management doit aujourd’hui être plus flexible, notamment dans les entreprises de services, il faut valoriser l’intelligence et laisser les gens travailler de chez eux, dans les transports… Plutôt que de garder les gens enfermés dans l’entreprise. Il reste aussi des choses qui n’étaient pas stupides dans les lois Aubry comme l’annualisation du temps de travail. Les 35 heures ont été assouplies et contournées ces dernières années car les négociations de branches et d’entreprises ont permis d’avoir plus de latitude mais il y a un aspect symbolique qui reste: cet aspect est très fort vis-à-vis des investisseurs étrangers. Les 35 heures ont aussi participé à valider dans le débat public l’idée selon laquelle la baisse du temps de travail était bonne pour l’économie, dans la lignée du livre de Jeremy Rifkin en 1996 sur la «Fin du travail». Sa grande théorie était de dire que la technologie baissait le nombre d’emplois et qu’il fallait partager le travail. Pour ma part, je pense que plus on travaille, plus il y a de travail.

Serait-il souhaitable de mettre fin aux 35 heures? Les entreprises le veulent-elles?

 

Eric Heyer - On est resté à une durée légale à 35 heures car beaucoup d’accords ont été signés durant cette période. Personne ne veut revenir à la situation de 1997 – en réaugmentant la durée légale sans compensation – car aujourd’hui il y a la baisse des cotisations, l’annualisation du temps de travail et la possibilité de réorganiser la production. Les lois Aubry, c’est un tout.

Nicolas Bouzou - Je ne suis pas sûr que les entreprises veuillent sortir du cadre des 35 heures. Ce serait stupide de passer à 39 heures, tout comme ce serait stupide de passer à 32 heures. Le vrai enjeu, c’est d’appréhender autrement le temps de travail car nous sommes dans une économie servicielle. Le débat devrait notamment porter sur le télétravail. Aujourd’hui, la technologie fait que le temps de travail est très difficile à appréhender.

Suppression des 35 heures : 65 % contre

Suppression des 35 heures : 65 % contre

Une grosse majorité des Français refuse la suppression des 35 heures et  de travailler davantage sans compensation salariale. Pourtant les français sont ceux qui travaillent le moins en Europe si l’on prend en compte le temps annuel. , les salariés à temps complet de l’Hexagone ont travaillé 1646 heures en 2015. Soit 14 heures de moins qu’en 2013 (année des derniers chiffres disponibles jusqu’alors). Et 199 heures de moins qu’en Allemagne, 130 heures de moins qu’en Italie, ou 228 heures de moins qu’au Royaume-Uni. Entre 2013 et 2015, toujours pour les salariés à temps complet, l’écart s’est creusé avec des partenaires européens importants, comme les Pays-Bas, le Danemark, l’Espagne et l’Allemagne. Jusqu’à 2013, les Finlandais étaient ceux qui travaillaient le moins sur le Vieux continent. Depuis 2014, ce sont les Français. En France, c’est le secteur des services non marchands -administration publique, éducation, santé, action sociale etc.- qui affiche la durée effective de travail des salariés à temps complet la plus faible relativement aux autres secteurs. 1569 heures de travail par an, c’est moins que la durée légale de travail, qui est de 1607 heures par an (les 35 heures par semaine).  Lorsqu’ils sont interrogés, les Français estiment qu’ils travaillent effectivement en moyenne 39 heures par semaine. Or, Eurostat a calculé que la Français sont absents 10,6 semaines par an.  Ainsi sur les 52,14 semaines de l’année, le nombre d’heures effectivement travaillées représente l’équivalent de 41,6 semaines de 39 heures (soit 1621 heures, un chiffre proche de celui calculé par Eurostat). Pour les travailleurs non-salariés à temps complet, la durée effective annuelle moyenne de travail était de 2335 heures en France en 2015, soit 42% de plus que celle du salarié moyen à temps complet. L’écart du temps de travail en France avec les autres pays européens explique en grande partie le manque de compétitivité de l’économie française notamment la faiblesse de la croissance et le taux de chômage. Au désastre économique des 35 heures,  il faudrait ajouter un élément négatif encore plus considérable : à savoir la perte de la valeur travail. Évidemment une analyse peu porteuse pour nombre de candidats aux présidentielles qui préfèrent recourir à des arguments démagogiques pour obtenir le soutien des électeurs.

35 heures: un coût exorbitant pour l’économie

La gauche se vante (en particulier Aubry bien sûr) que les 35 heures ont permis de créer 350 000 à 400 000 emplois. En fait un calcul très approximatif car il faudrait comparer avec le  nombre d’emplois créés à la même époque sans les 35 heures. Surtout il faut prendre en compte le nombre d’emplois qui ont été supprimés du fait de la perte de compétitivité de l’économie. Ce n’est sans doute pas un hasard si nous connaissons 5 millions de chômeurs aujourd’hui.  C’est la double peine pour la France, les 35 ont engendré un cout budgétaires significatif par ailleurs ils ont plombé la compétitivité sans parler de la banalisation de la culture RTT difficilement mesurable mais qui a sécrété un poison mortel dans l’économie et pour longtemps.). La Direction du budget a évalué ce coût des allègements de cotisations liés aux 35 heures  entre «11 et 13 milliards» par an depuis 2006 et à 12,8 milliards en 2013, dans le rapport parlementaire de décembre sur l’impact des 35 heures. Cette estimation est proche de celle de la Dares, qui avance pour sa part le chiffre de 12 milliards. Sur la période 2003-2013, la facture cumulée s’élève à 118,3 milliards d’euros, soit l’équivalent de près de quatre budgets annuels de la Défense… Ce calcul n’est cependant pas aisé à établir. Car les allégements Fillon (22,8 milliards en 2013) ont absorbé progressivement depuis 2003 toute une série de dispositifs, qui avaient pour objectif de réduire les charges sur les bas salaires (ristourne Juppé), puis d’accompagner le passage aux 35 heures (loi Robien en 1996, lois Aubry I et II en 1998 et 2000). À ce coût de 12,8 milliards, il faudrait ajouter celui de la défiscalisation des heures supplémentaires, mise en place par Sarkozy en 2007 et supprimée par Hollande en 2012. La logique voudrait aussi que soit pris en compte l’impact de cette loi sur les créations d’emplois, qui ont des répercussions positives pour les caisses de l’État et de la Sécu. La Direction du budget juge trop hasardeux d’effectuer le calcul. L’Insee affirme que les 35 heures ont entraîné 350.000 créations de postes entre 1997 et 2002, un chiffre qui fait aujourd’hui consensus. Parallèlement, la RTT aurait entraîné la création de 53.000 emplois entre 2002 et 2005 dans le secteur public, essentiellement à l’hôpital, pour un coût de quelque 2 milliards en 2005, selon un rapport parlementaire de 2004. À cela s’ajoute le coût des heures supplémentaires (1,4 milliard en 2012, uniquement pour la fonction publique d’État). Et des jours stockés dans les comptes épargne-temps. Au-delà des aspects budgétaires, le bilan économique est encore plus difficile à établir et fait aussi l’objet de débats acharnés. Selon Michel Didier, président de l’institut Coe-Rexecode, c’est l’impact des 35 heures sur le coût salarial - la durée du travail a baissé mais pas les salaires - qui explique la perte de compétitivité de la France, comme en témoigne la baisse de la part des exportations françaises dans celles de la zone euro depuis le début des années 2000.

Sarkozy: position pas claire sur les 35 heures

Sarkozy: position pas claire sur les 35 heures

 

Finalement le portrait que dresse Fillon de Sarkozy n’est pas totalement faux. La clarté et la détermination cache souvent chez lui une valse hésitation permanente. Ainsi il vient de se prononcer sur la suppression des 35 heures mais avec une formule tellement ambiguë qu’on ne sait plus s’il s’agit vraiment d’une suppression ou du rétablissement des heures supplémentaires défiscalisées. Il a par contre raison quand il considère que la suppression de la défiscalisation a amputé le pouvoir d’achat de nombre de salariés qui sont loin d’être les plus favorisés. On ne comprend pas tellement la proposition de Sarkozy quand il affirme qu’il faudra certainement réduire le nombre de RTT pour les cadres. Pourquoi encore des RTT si on supprime les 35 heures ? Le principal reproche qui lui sera fait concernera  son action passé comme président de la république. Pourquoi propose-t-il aujourd’hui des orientations qu’il n’a pas  été capables de mettre en œuvre hier ? Dans un entretien à paraître dans les colonnes du Parisien-Aujourd’hui en France, Nicolas Sarkozy a évoqué tous les sujets face aux lecteurs du quotidien. La Syrie, les affaires qui le poursuivent, la Présidentielle ou encore le Front national, l’ancien chef de l’État a répondu aux questions de chacun. Nicolas Sarkozy a notamment évoqué le sujet des 35 heures, et principalement leur éventuelle suppression. « Quant à supprimer les 35 heures, oui il faut le faire« , a affirmé le président du parti Les Républicains.   En ce sens, Nicolas Sarkozy fera « dans les semaines qui viennent des propositions sur ce sujet ». Il a notamment attaqué François Hollande concernant la suppression des heures supplémentaires défiscalisées, qui « permettaient de s’exonérer des 35 heures. Donc de travailler plus et de gagner plus ». Pour appuyer sa démarche, Nicolas Sarkozy met en avant le fait que la France n’avait « jamais encaissé autant de TVA ». Ainsi, les rentrées d’argent obtenues via les heures supplémentaires n’étaient pas épargnées selon l’ancien président de la République, mais plutôt dépensées.  Par ailleurs, le leader de l’opposition annonce vouloir se pencher sur « les RTT des cadres qu’il faudra certainement réduire« . « La question de l’allongement du temps de travail sera clairement posée de deux façons », indique Nicolas Sarkozy. « Il faudra ouvrir une nouvelle négociation sur les retraites et revoir la loi sur les 35 heures obligatoires, car sans les heures supplémentaires qui créent de la souplesse, elle nous met en situation de chute de compétitivité dramatique« , détaille-t-il.

35 heures–Macron : un rétropédalage ridicule

35 heures–Macron : un rétropédalage ridicule

 

Devant le Medef Macron a déclaré : « La France a cru qu’elle irait mieux en travaillant moins, c’était de fausses idées ». Mais le lendemain de cette prise de position, il affirme qu’il ne s’agissait pas des 35 heures. On se demande bien alors de quoi il parlait. D’autant que Macron s’est déjà prononcé à plusieurs reprises pour cette remise en cause des 35 heures, 35 heures qui ont été fatales à une économie française déjà chancelante. Il est clair que le rétropédalage de Macron lui  a été imposé ce qui ne renforce pas sa crédibilité. Pas plus qu’elle ne renforce la crédibilité de Manuel Valls qui pédale aussi dans la choucroute pour sauver Macron tout en l’enfonçant. Comme d’ailleurs Jean-Marie Le Guen qui pédale aussi dans la semoule en précisant « Vous seriez bien en peine de me trouver une phrase où Emmanuel Macron parlait des 35 heures« , a déclaré le secrétaire d’État aux relations avec le parlement.  »Il a tout simplement acté l’idée que la gauche, qui a à un certain moment laissé penser qu’elle était plutôt favorable à la civilisation des loisirs, aujourd’hui est tout à fait convaincue que (…) c’est bien le travail qui est une valeur essentielle« , a-t-il déclaré à la presse en marge de l’université d’été du PS à La Rochelle. Le ministre, absent du rendez-vous socialiste, aussi s’est défendu en affirmant qu’il ne parlait pas des 35 heures lorsqu’il a évoqué les « fausses idées » de la gauche. Penser que « la France pourrait aller mieux, en travaillant moins, c’était des fausses idées« , avait lâché Emmanuel Macron devant le Medef. Face à la polémique, Manuel Valls est rapidement intervenu en assurant qu’il n’y aurait « pas de remise en cause des 35 heures », et en critiquant ces « petites phrases » qui font « du mal à la vie publique ».  Emmanuel Macron a donc assuré, dans une déclaration transmise vendredi à l’AFP, qu’il ne « parlai(t) pas des 35 heures » lorsqu’il a évoqué les « fausses idées » de la gauche jeudi devant l’Université d’été du Medef, affirmant que le travail est « le plus beau combat de la gauche ». « Je ne parlais pas des 35 heures mais du rapport au travail. Il en faut plus, pas moins. C’est le plus beau combat de la gauche, car le travail, c’est le moteur de l’émancipation individuelle« , a déclaré Emmanuel Macron, alors que son discours devant le Medef a suscité des critiques au sein du PS réuni en université d’été à La Rochelle et une mise au point très ferme de Manuel Valls. Le Premier ministre a assuré qu’il n’y aurait aucune « remise en cause des 35h » et que « les petites phrases font mal à la vue publique ». Les déclarations du ministre de l’Économie font tache pour le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis.  Il estime que les conséquences de tels propos sont désastreuses au moment même où il souhaitait de l’apaisement au parti socialiste. Chef de file des frondeurs, Christian Paul a préféré manier l’ironie. « Je croyais que Nicolas Sarkozy était de retour mais je n’avais pas compris qu’il était de retour au gouvernement ». Il y a tout juste un an, Emmanuel Macron avait accordé une interview au Point, avant d’être nommé au gouvernement, dans laquelle il avait déjà jeté un pavé dans la mare. Il s’était déclaré à l’époque favorable à une dérogation des 35h.

35 heures :75% des Français pour des dérogations

35 heures :75% des Français pour des dérogations

Finalement les Français sont plus réformateurs que les responsables politiques. La preuve supplémentaire que le système politique est en retard sur l’opinion dans bien des domaines. La crise de ce point de vue a fait progresser de manière considérable le rapport qu’entretiennent les Français avec la matière économique. D’après  l’institut Odoxa pour BFMBusiness, Challenges et Aviva, Les trois-quarts des Francis  estiment qu’il faut « permettre aux entreprises et aux branches de déroger aux 35H en cas d’accord avec les organisations syndicales ». De quoi inciter le ministre de l’Economie à pousser davantage ses pions sur le sujet.  D’autant qu’au sein de l’opinion publique, le sujet n’est plus clivant politiquement. 72% des sympathisants de gauche (82% à droite) approuveraient que l’Etat autorise les entreprises à négocier une éventuelle dérogation à la durée légale du temps de travail. Seule la suppression pure et simple des 35 heures divise encore clairement les Français. 67% des sympathisants de droite sont pour et 77% des sympathisants de gauche sont contre. Autre motif de satisfaction pour Emmanuel Macron, s’ils étaient députés, les Français approuveraient à une large majorité (53% contre 46%) sa loi qui sera examinée par les sénateurs à partir de la mi-mars. Et les sympathisants de gauche défendent encore plus les réformes souhaitées par le ministre de l’Economie (56%). Les Français sont également moins nombreux à se montrer pessimistes pour l’avenir. 28% se déclarent même plutôt plus confiants.   Toujours selon ce sondage, 46% des électeurs accepteraient une remise en cause du droit du travail qui permettrait aux entreprises d’embaucher et de licencier facilement. Gaël Sliman, le président d’Odoxa souligne l’évolution de l’opinion publique sur ce sujet: « Lorsque la même question leur avait été posée avant la crise, les Français étaient près de 20 points de moins (27%) à adhérer à cette idée. »

 

Effets 35 heures sur l’emploi : un rapport très approximatif et politique

Effets 35 heures sur l’emploi  : un rapport très approximatif et politique  

Le rapport de la députée socialiste Barbara Romagnan conclut que les 35 heures ont été bénéfiques à l’emploi.  Cette députée (membre des frondeurs) a certainement de grande compétences économiques puisqu’elle est enseignante (en philo !) ; une manière sans doute d’utiliser les compétences au PS ! On a jamais autant crée d’emploi que pendant la période 1997 -2002 affirme-t-elle. Pas étonnant la croissance n’a jamais été auusi forte ; L’INSEE avait indiqué  que 350 000 emplois auraient  été créés. Elle reprend donc ce chiffre. Or méthodologiquement tout chiffrage est plus que discutable ; Pourquoi ? Parce qu’il faudrait comparer la période avec 35 heures avec une période sans 35 heures dans le même environnement économique. En outre, la réduction du temps de travail a pu peut-être favoriser certaines embauches au moment de ma mise en oeuvre des 35 heures mais combien en ont –elles détruit ensuite du fait de la perte de compétitivité ? Tant que l’assemblée ne pourra pas s’appuyer sur les travaux d’un institut d’études indépendant on pourra toujours fortement douter de ce type de rapport très politique. Manuel Valls a prévenu dimanche: il est hors de question de remettre en cause les 35 heures. Pour apporter de l’eau à son moulin, le Premier ministre va bientôt pouvoir s’appuyer sur les conclusions d’un rapport parlementaire mené par la députée socialiste Barbara Romagnan, qui appartient au groupe des « frondeurs ». Ce rapport, qui conclut les travaux de la commission d’enquête sur le sujet, ne doit être publié que la semaine prochaine. Mais la députée PS en a déjà révélé les grandes lignes. Barbara Romagnan  a ainsi indiqué à l’AFP que son rapport juge que les 35 heures ont été « efficaces » pour lutter contre le chômage, et que le texte a été approuvé à 12 voix contre 4 au sein de la commission ( vote qui scientifiquement n’apporte strictement rien !)

« Les 35 heures responsables du chômage en France » (Cameron)

« Les 35 heures responsables du chômage en France » (Cameron)

Il ne suffit as de déclarer « j’aime le business » comme Valls l’a fait à Londres pour régler les questions de compétitivité. Le Premier ministre britannique n’a pas tort de considérer que les 35 heures sont largement responsables de l’atonie de la croissance et du chômage en France. C’est une évidence les Français travaillent moins et la compétitivité est affectée. Le pire cependant c’est d’avoir institutionnalisé la culture « RTT », en clair d’avoir porté un coup fatal à la valeur travail. Le premier ministre britannique David Cameron a donc fustigé mardi «l’obsession française des 35 heures» responsable, selon lui, d’un taux de chômage élevé et d’une industrie moins compétitive. Le leader du parti conservateur, qui avait déjà proposé de dérouler «le tapis rouge» en 2012 aux Français voulant fuir les hausses d’impôt, s’est fendu d’une nouvelle pique à l’adresse du gouvernement socialiste au pouvoir en France. «C’est très dangereux de pointer du doigt un autre pays européen», a-t-il déclaré lors d’une visite à un centre de retraités et de travailleurs seniors à Londres. «Mais je pense parfois que les Français, avec leur obsession de la semaine des 35 heures, sont tombés dans le piège du sophisme d’une masse fixe de travail stipulant qu’il y aurait plus d’emplois à distribuer si chacun ne travaillait que 35 heures.»  «Mais on a vu que cela débouchait sur un taux de chômage plus important, une industrie moins compétitive et un recul du nombre de personnes cherchant à investir dans votre économie. C’est pourquoi les taux de chômage en France et en Grande-Bretagne sont si différents», a ajouté David Cameron. Le chômage touche 9,7% de la population active en France contre 6,2% au Royaume-Uni, selon les derniers chiffres disponibles mardi. La question des 35 heures est, depuis leur mise en place en 2000, souvent évoquée à l’étranger pour commenter les difficultés économiques de la France où elle soulève aussi des polémiques récurrentes. En 2013, la durée hebdomadaire de travail des salariés à temps complet était de 39,2 heures en France contre 42,4 au Royaume-Uni et 40,4 dans l’Union européenne. Fin août, le premier ministre Manuel Valls avait réaffirmé qu’il n’y aurait pas de «remise en cause» des 35 heures. Quelques jours plus tôt, le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, s’était déclaré en faveur de la possibilité, pour les entreprises, de déroger aux 35 heures en cas d’accords avec les organisations syndicales dans une interview accordée avant sa nomination.

Un sondage publié à la même époque a montré que 62% des Français sont favorables à un aménagement des 35 heures.

Aubry : « Aider nos PME à l implantation en Chine …. des 35 heures ?

Aubry : « Aider nos PME à l implantation en Chine …. des 35 heures ?

Aubry qui n’a jamais rien compris à l’économie pour accompagner Hollande en Chine ; elle veut aider les PME français dans leur implantation ; sans doute des 35 heures. On se demande à partir de quelles compétences, Hollande a fixé son choix sur Aubry pour cette visite de nature économique. Certes Aubry a travaillé quelques années dans le privé mais comme la plupart des énarques qui vont pantoufler dans les grandes entreprises et qui reviennent bien vite en politique où la carrière est mieux assurée ; l’affaire des 35 heures a été le coup de grâce donnée à notre économie déjà peu compétitive ; en outre, on a surtout institutionnalisé la civilisation des loisirs et la perte du goût du travail. Sujets souvent tabous, politiquement incorrects mais économiquement incontournables car on ne peut redistribuer que la richesse produite. Si on fait l’inverse, c’est le déclin assuré. La plupart des français l’ont maintenant compris puisqu’il condamne les mesures Hollande supprimant la défiscalisation d’heure supplémentaires (source de perte de compétitivité pour les entreprises et de pouvoir d’achat pour les salariés). La semaine prochaine, François Hollande effectuera donc sa première visite en Chine. L’occasion pour le chef de l’Etat d’échanger avec son homologue Xi Jinping – investi le mois dernier. Le président français sera notamment accompagné de Martine Aubry, représentante spéciale du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, pour le partenariat avec la Chine. « François Hollande sera le premier chef d’État à être reçu par le nouveau président chinois, c’est un signe important. Les autorités chinoises veulent renouer avec la France. On ne peut pas être un grand pays sans s’intéresser à la Chine », explique Martine Aubry dans une interview à paraître dans le JDD. La socialiste estime aussi que la relation de confiance entre les deux pays « s’est cassée sous Nicolas Sarkozy ».

 




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