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Marché du travail : réforme du 21è ou du 18è siècle ?

Marché du travail : réforme du 21è ou du 18è siècle ?

 

Pour tenter de vendre sa réforme du marché du travail, Manuel Valls n’a pas hésité à se décréter un brevet de modernité « Il y en a qui sont encore au XIXe siècle. Moi et les ministres ici présents, nous sommes résolument dans le XXIe siècle et nous savons qu’économie et progrès social peuvent aller de pair », a-t-il affirmé, estimant que la France devait s’inspirer de « ce qui marche, en Allemagne, en Suisse, en Italie, en Espagne ». A-t-il déclaré. Cette réforme dont certains aspects sont sans doute nécessaires se caractérise toutefois par un déséquilibre notable entre les exigences de la flexibilité et les garanties de la sécurité. Il faut dire qu’en ce moment la mode est à l’ultra libéralisme puisque certains proposent même que la plupart des travailleurs se transforment en auto entrepreneurs, pour parler clair en journalier du XVIIIe siècle mal rémunéré et corvéable à merci en fonction des carnets de commandes.  Des salariés devenant Auto entrepreneurs, le rêve de certains qui veulent supprimer le salariat et ses contraintes économiques et sociales. L’intermédiation numérique justifierait ce changement de statut. Revenons d’abord sur la définition que donne Wikipedia à la définition de journalier :  « Les termes de  brassier » et  manouvrier » (terme qui a perduré avec « manœuvre ») ont un sens proche et désignent également des ouvriers agricoles pauvres ; les deux mots indiquent une personne qui loue sa force physique, ses bras ou ses mains, et qui donc ne possède pas de train de culture (charrue et animaux de trait, bœufs, cheval ou mulet). Les journaliers et manouvriers existaient aussi dans les villes, pratiquant une multitude de petits métiers et louant là leurs bras à la journée. Celui qui s’en sortait le mieux était celui qui réussissait à se faire embaucher régulièrement, même si les salaires étaient minimes. ». En France le nombre d’autos entrepreneur ne cesse de progresser en raison notamment de la situation du chômage. Mais pour quel revenu ? Une enquête de 2011 effectuées par l’INSEE donne des éléments de réponse : «C’est une enquête INSEE qui révèle le revenu moyen d’un auto-entrepreneur en 2011. Alors même que le régime connaît un franc succès dans tous les secteurs d’activité ou il est éligible, les autoentrepreneurs semblent, globalement, avoir du mal à se générer un revenu décent. Explications.5430 euros par an : c’est le revenu moyen d’un auto-entrepreneur en 2011, année où ils étaient 416.000. L’autre solution consiste à libéraliser totalement les licenciements pour ceux qui resteraient salariés. C’est le projet du gouvernement qui permet de s’affranchir de pratiquement toutes les contraintes en matière de licenciement. Encore une fois des modernisations du marché du travail sont nécessaires mais elles doivent cependant équilibrer des objectifs de souplesse avec des garanties sociales. En outre une telle évolution suppose un travail pédagogique auprès des acteurs d’abord pour qu’ils comprennent  l’enjeu de la réforme, qu’ils en mesurent l’importance et trouvent  les compromis nécessaires entre les problématiques économiques et sociales. Or ce qui est surtout contestable dans la réforme du gouvernement c’est son déséquilibre, son manque de pédagogie,  finalement sa brutalité. En libéralisant brutalement les licenciements, Manuel Valls se rapproche davantage des modes de régulation sociale du XVIIIe siècle que du XXIe siècle.




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