Archive pour le Tag '2050'

Plan énergie 2050 : la décarbonatation par l’électricité nucléaire

Plan énergie 2050 : la décarbonatation par l’électricité nucléaire

 

Dans l’étude de RTE « Futurs énergétiques 2050″ , on envisage plusieurs scénarios sans doute pour satisfaire les différentes sensibilités. Ceci étant, c’est surtout sur le nucléaire que reposera l’avenir énergétique du pays. Un nucléaire moins coûteux et plus efficace que des renouvelables complémentaires, utiles mais aléatoires.

Le scénario central de RTE sera sans doute combattu par les écolos bobos car il repose d’abord sur une demande d’électricité en augmentation de leurs deux 35 %. On voit mal comment il pourrait en être autrement avec l’électrification de l’économie en général et de la voiture et du chauffage en  particulier.  Oualors  faudrait accepter une diminution drastique de la croissance en même temps  de la richesse et de l’emploi.

RTE indique d’ailleurs très clairement que si par hypothèse souhaitable la France parvenait à se réindustrialiser,   la demande pourrait alors augmenter non pas de 35 % mais du double.

Dans tous les cas pour des carbonées réellement la demande d’électricité augmentera dans tous les scénarios sauf si évidemment on acceptait   la décroissance, à la baisse de l’emploi et de la richesse. Compte tenu du vieillissement du parc nucléaire actuel ( dans la durée de vie sera cependant prolongée d’au moins une vingtaine d’années avec le grand carénage), ce ne sont pas6 EPR  qu’il faudrait envisager mes 14.

Le débat surréaliste entre nucléaire et éolienne va sans doute continuer. Pourtant une éolienne a une capacité de production très théorique de 2 à 4 MW, pour 900 dans un réacteur classique et 1650 dans un EPR. Bref il faudrait des milliers et des milliers d’éoliennes pour remplacer une centrale entière ( avec en plus des centrales thermiques de secours pour faire face à l’intermittence).

Futur énergétique 2050 : renouvelables et surtout nucléaire

Futur énergétique 2050 :  renouvelables et surtout nucléaire

 

RTE a publié ce 25 octobre les principaux enseignements de son étude prospective intitulée « Futurs énergétiques 2050″ lancée en 2019, à la demande du gouvernement. Cet exercice, d’une ampleur inédite en France et en Europe, donne lieu à un épais rapport dont les chapitres seront mis en ligne progressivement sur le site du gestionnaire du réseau électrique
Il propose plusieurs scénarios pour la production et l’évolution de la consommation d’électricité. Pour cette dernière, RTE retient le scénario de référence d’un niveau de 645 térawattheures (TWh) en 2050, soit une hausse de quelque 35% par rapport à l’époque actuelle. Cette augmentation de la consommation suppose une électrification « progressive » des usages et une ambition forte sur l’efficacité énergétique. Mais RTE imagine aussi une trajectoire axée sur la « sobriété », où la consommation n’atteindrait que 555 TWh. Elle suppose une évolution des habitudes de vie : davantage de télétravail, moindre consommation de biens et moins de déplacements individuels au profit des mobilités douces et des transports en commun. À l’inverse, une forte réindustrialisation de la France et un développement accéléré de la production d’hydrogène pourraient se traduire par une consommation électrique encore plus importante (752 TWh), selon RTE.

Quoi qu’il en soit, être neutre en carbone en 2050 se traduira par une électrification massive des usages – transport, chauffage ou industrie – au détriment du pétrole et du gaz naturel. Même si la consommation totale d’énergie doit baisser, la France consommera donc plus d’électricité en 2050 qu’aujourd’hui, y compris dans le scénario le plus « sobre ».
« La France doit simultanément faire face à deux défis : d’une part, produire plus d’électricité en remplacement du pétrole et du gaz fossile et, d’autre part, renouveler les moyens de production nucléaire qui vont progressivement atteindre leur limite d’exploitation d’ici 2060″, résume Xavier Piechaczyk, président de RTE. Le parc nucléaire français, construit dans les années 1970 à 1990, vieillit en effet et deviendra progressivement obsolète dans les décennies à venir.

Six scénarios de production

Pour « éclairer le débat public », RTE présente six scénarios de production possibles, allant de 100% renouvelables en 2050 à un développement « volontariste » du nucléaire avec la construction de 14 EPR ainsi que des petits réacteurs. « Tous ces chemins sont possibles même si certains sont plus difficiles ou incertains », juge Xavier Piechaczyk.
Ces scénarios prennent en compte les dimensions économique, environnementale et sociétale des choix à faire. RTE ne prend pas partie pour une option plutôt qu’une autre mais présente « leurs avantages, leurs inconvénients, leurs impacts et leurs conséquences », souligne son président. « C’est au personnel politique élu démocratiquement de choisir les orientations pour le pays » et il y a « urgence » à prendre des décisions, a-t-il souligné lors d’une conférence.
« Atteindre la neutralité carbone est impossible sans un développement significatif des énergies renouvelables », estiment les auteurs du rapport. Ainsi, même le scénario de développement le plus massif du nucléaire ne pourra pas se faire sans un essor important des renouvelables, avec une capacité solaire multipliée par 7 et l’éolien terrestre multiplié par 2,5.

Compétitivité du nucléaire

Mais du point de vue économique, nouveauté du rapport, « construire de nouveaux réacteurs nucléaires est pertinent ». En effet, même si les coûts des renouvelables ont fortement baissé, le solaire ou l’éolien nécessitent des investissements plus importants pour les réseaux électriques (car ils sont plus éparpillés) et pour la flexibilité (car ils ne produisent pas en permanence), avec le besoin par exemple de plus de stockage et de centrales thermiques d’appoint à hydrogène ou biométhane. Donc, « les scénarios comprenant de nouveaux réacteurs nucléaires apparaissent plus compétitifs ».
L’écart est de l’ordre de 10 milliards d’euros par an entre un scénario avec de nouveaux réacteurs nucléaires (14 EPR) et un autre sans, s’appuyant sur le développement de grands parcs renouvelables. Le fossé se creuse même à quelque 20 milliards annuels dans certains scénarios.
En plein débat sur le pouvoir d’achat, RTE conclut également que « le système électrique de la neutralité carbone peut être atteint à un coût maîtrisable ». Il se traduirait en effet par une augmentation des coûts de l’électricité (de l’ordre de 15%) mais avec en contrepartie la fin des dépenses en énergies fossiles pour faire le plein de la voiture ou remplir la cuve à fioul.

 
Le rapport de RTE estime que le développement des énergies renouvelables soulève un enjeu d’occupation de l’espace et de limitation des usages. Ce développement « peut s’intensifier sans exercer de pression excessive sur l’artificialisation des sols, mais doit se poursuivre dans chaque territoire en s’attachant à la préservation du cadre de vie ». Les analyses des « Futurs énergétiques 2050″ confirment une plus grande visibilité des infrastructures : les éoliennes pourraient représenter entre 14.000 et 35.000 mâts, et les panneaux solaires entre 0,1% et 0,3% du territoire. Les scénarios avec construction de nouveaux réacteurs nucléaires conduisent à une moindre occupation de l’espace puisque les nouveaux réacteurs seraient a priori construits sur ou à proximité des sites existants. « Ces constats de moindre occupation spatiale par le nucléaire ne doivent toutefois pas occulter les débats d’acceptabilité que ces nouvelles installations ne manqueront pas de provoquer, doublés d’une mise en avant du risque d’accident », nuance toutefois le rapport. 
Plus le scénario comporte d’énergies renouvelables, plus la surface du territoire utilisée par des infrastructures énergétiques augmente. « Néanmoins, les surfaces imperméabilisées et artificialisées, qui cristallisent les inquiétudes pour la biodiversité, restent très faibles à l’échelle du territoire, relativisent les auteurs du rapport. À l’horizon 2050, les surfaces artificialisées dédiées au système électrique représenteront de l’ordre de 20.000 à 30.000 hectares contre plus d’un million pour le seul réseau routier français. Même dans les scénarios générant le plus d’artificialisation, les surfaces en question restent faibles par rapport au flux correspondant à l’habitat, aux zones commerciales ou aux routes (1 à 3%), notent les experts qui soulignent aussi que toute action permettant de limiter l’artificialisation liées aux infrastructures électriques (réutilisation de friches délaissées) contribuera à l’atteinte de l’objectif de « zéro artificialisation nette ».

Environnement-Aérien mondial : neutralité carbone en 2050 !

Environnement-Aérien mondial :  neutralité carbone en 2050 !

 

L’organisation mondiale du transport aérien(IATA) vient de retenir l’objectif de neutralité carbone pour 2050. Un objectif très douteux qui repose essentiellement sur l’utilisation de carburants renouvelables. Renouvelables ou pas et de toute façon mélangée à du kérosène classique, ce carburant ne sera pas sans conséquences sur les émissions polluantes. Il y a dans l’affichage de cet objectif une volonté de redorer l’image du transport aérien fortement atteinte depuis la montée des préoccupations environnementales y a aussi enregistré un sérieux coup de froid avec la crise sanitaire. Le secteur aérien veut surtout redonner confiance dans l’avenir de ce transport.

En l’état actuel des choses, le secteur aérien produit 0,9 milliard de tonnes de CO2 par an, selon l’Iata ; en 2050, si rien n’est fait pour réduire l’empreinte carbone du secteur, ce niveau sera de 1,8 milliard. Et sur 30 ans, ce seraient 21,2 milliards de tonnes de CO2 qui seraient rejetées dans l’atmosphère.

Réduire ce niveau pour parvenir graduellement à zéro émission nette en 2050 constituera « un défi technologique énorme, qui coûtera environ 1.550 milliards de dollars aux compagnies entre 2020 et 2050″, a estimé l’Iata.

Celle-ci a argumenté que la principale solution résidait dans l’utilisation de carburants d’aviation durables (« sustainable aviation fuels », SAF), qui lui permettraient de réaliser 65% de ses objectifs.

Ces carburants, élaborés à partir de biomasse, d’huiles usagées et même, à l’avenir, de capture de CO2, ont l’avantage de pouvoir être utilisés directement dans les avions actuels, certifiés pour accepter des mélanges à 50% dans le kérosène fossile. Et ils peuvent réduire les émissions de CO2 de 80% par rapport au kérosène sur l’ensemble de leur cycle d’utilisation, selon l’Iata.

Le secteur aérien européen, en publiant sa propre feuille de route vers la neutralité carbone pour 2050 en février dernier, avait dit compter sur les technologies à 37% et les SAF à 34%.

La stratégie de l’Iata, comme celle du secteur aérien européen, mise aussi sur un système de capture de carbone et d’échanges de quotas d’émissions pour amorcer la transition, à hauteur de 19% du total de la réduction.

Les ONG de défense de l’environnement critiquent généralement le recours aux mécanismes de capture de carbone et de compensation des émissions, demandant d’y recourir seulement une fois que toutes les autres solutions de réduction ont été mises en œuvre.

Aérien mondial : neutralité carbone en 2050 !

Aérien mondial :  neutralité carbone en 2050 !

 

L’organisation mondiale du transport aérien(IATA) vient de retenir l’objectif de neutralité carbone pour 2050. Un objectif très douteux qui repose essentiellement sur l’utilisation de carburants renouvelables. Renouvelables ou pas et de toute façon mélangée à du kérosène classique, ce carburant ne sera pas sans conséquences sur les émissions polluantes. Il y a dans l’affichage de cet objectif une volonté de redorer l’image du transport aérien fortement atteinte depuis la montée des préoccupations environnementales y a aussi enregistré un sérieux coup de froid avec la crise sanitaire. Le secteur aérien veut surtout redonner confiance dans l’avenir de ce transport.

En l’état actuel des choses, le secteur aérien produit 0,9 milliard de tonnes de CO2 par an, selon l’Iata ; en 2050, si rien n’est fait pour réduire l’empreinte carbone du secteur, ce niveau sera de 1,8 milliard. Et sur 30 ans, ce seraient 21,2 milliards de tonnes de CO2 qui seraient rejetées dans l’atmosphère.

Réduire ce niveau pour parvenir graduellement à zéro émission nette en 2050 constituera « un défi technologique énorme, qui coûtera environ 1.550 milliards de dollars aux compagnies entre 2020 et 2050″, a estimé l’Iata.

Celle-ci a argumenté que la principale solution résidait dans l’utilisation de carburants d’aviation durables (« sustainable aviation fuels », SAF), qui lui permettraient de réaliser 65% de ses objectifs.

Ces carburants, élaborés à partir de biomasse, d’huiles usagées et même, à l’avenir, de capture de CO2, ont l’avantage de pouvoir être utilisés directement dans les avions actuels, certifiés pour accepter des mélanges à 50% dans le kérosène fossile. Et ils peuvent réduire les émissions de CO2 de 80% par rapport au kérosène sur l’ensemble de leur cycle d’utilisation, selon l’Iata.

Le secteur aérien européen, en publiant sa propre feuille de route vers la neutralité carbone pour 2050 en février dernier, avait dit compter sur les technologies à 37% et les SAF à 34%.

La stratégie de l’Iata, comme celle du secteur aérien européen, mise aussi sur un système de capture de carbone et d’échanges de quotas d’émissions pour amorcer la transition, à hauteur de 19% du total de la réduction.

Les ONG de défense de l’environnement critiquent généralement le recours aux mécanismes de capture de carbone et de compensation des émissions, demandant d’y recourir seulement une fois que toutes les autres solutions de réduction ont été mises en œuvre.

États-Unis: 45% d’ électricité solaire en 2050

États-Unis: 45% d’ électricité solaire en 2050 

 

Les États-Unis souhaiteraient passer de 3 % d’électricité d’origine solaire à 45 % en 2050. Selon le scénario développé par Les services du ministère de l’énergie, l’énergie solaire représenterait 37% de l’électricité en 2035, le reste étant fourni par l’énergie éolienne (36%), l’énergie nucléaire (11%-13%), l’énergie hydroélectrique (5%- 6%), la biomasse et la géothermie (1%).

Il s’agirait d’un tournant majeur par rapport au schéma actuel: en 2020, l’énergie renouvelable fournissait 21% de l’électricité aux Etats-Unis, le reste étant produit par le gaz naturel (40%), le nucléaire (20%) et le charbon (19%).

Dans une lettre adressée aux responsables politiques, près de 750 entreprises du secteur de l’énergie solaire ont insisté sur la nécessité d’étendre les politiques de soutien en place et de les installer sur le long terme.

 

Neutralité carbone 2050: pas atteinte dans le secteur de la construction

Neutralité carbone 2050:   pas atteinte dans le secteur de la construction 

 

 

 

Guillaume Loizeaud, expert de l’habitat, appelle, dans une tribune au « Monde », les professionnels du secteur à se rassembler pour relever le défi de la construction et de la rénovation « zéro carbone » des logements, expliquant que ce sont nos modes d’habitation qu’il faut changer.(ectrait)

 

 

Les « bâtisseurs » ont su au fil des siècles accompagner le développement de nos sociétés, de l’habitat le plus rudimentaire aux mégapoles d’aujourd’hui, en inventant les techniques et les technologies qui ont permis les grandes transformations. Les bâtisseurs des temps modernes, tous les acteurs de la construction, ont à nouveau l’occasion d’être au rendez-vous de l’histoire en relevant le défi environnemental, vital pour notre maison commune.

Un siècle avant notre ère, le Romain Vitruve posait le principe d’une architecture qui devait imiter la nature, aux proportions justes. A l’ère industrielle, l’architecte américain Frank Lloyd Wright (1867-1959) ou l’essayiste écologiste Pierre Rabhi n’ont eu de cesse d’alerter les concepteurs pour que la nature ne soit pas oubliée au seul profit de la consommation. Il est nécessaire, encore aujourd’hui, de nous en inspirer pour réduire notre empreinte environnementale et atteindre l’objectif national d’une contribution neutre en carbone d’ici à 2050.

 

Or, si l’on s’en tient au seul secteur résidentiel de la construction, rien ne permet de dire que cet objectif sera atteint.

Les émissions de CO2 du parc résidentiel en France atteignent aujourd’hui un peu plus de 100 millions de tonnes par an, dont 33 millions émanant des logements neufs et 74 millions des habitations existantes. Le fossé à franchir est immense, et les conditions ne sont pas réunies au sein de notre filière pour avoir la certitude de le franchir. Cela supposerait, par exemple, de rénover 70 % du parc résidentiel actuel pour qu’il atteigne le niveau « bâtiment basse consommation » (BBC) en 2050 et que les nouvelles constructions, y compris les procédés pour les réaliser, passent rapidement sur des systèmes décarbonés !

 

Pourtant, l’engagement vient du législateur porté par la société, qui s’exprime sur le sujet, d’une part, par les urnes, certes encore faiblement, et, d’autre part, au travers d’importants mouvements citoyens.

L’axe de la décroissance ou du ralentissement de la production de nouveaux logements, parfois présenté comme une solution, ne s’applique pas au besoin le plus essentiel qui consiste à fournir à chacun un habitat digne, sain, agréable et confortable. Tout le monde aspire à vivre mieux et habiter mieux. Ce sont donc nos modes d’habitation qu’il faut changer.

 

Des solutions crédibles et matures existent pour conduire la filière vers le point zéro : changer les procédés industriels de fabrication des composants du secteur résidentiel (décarbonation du béton, des matériaux et des énergies), changer les processus de construction eux-mêmes (construction hors site, conception bioclimatique), changer d’échelle sur l’emploi de matériaux biosourcés, changer les comportements

Climat : 2050, c’est trop tard

Climat : 2050, c’est trop tard

Pour le PDG de Metron, Vincent Sciandra , société française spécialisée dans l’optimisation énergétique, les promesses pour 2050, c’est trop tard.

 

(Tribune dans l’Opinion)

 

Rien ne se fera en 2050 : réalisons la transition énergétique ici et maintenant ! Les investissements en faveur de cette transition ont battu en 2020 tous les records, et c’est en soi une excellente nouvelle. La question n’est donc plus de savoir si elle doit avoir lieu, mais grâce à quels acteurs, à quelle échéance et selon quelles priorités. C’est sur ces points que l’image se brouille et qu’il faut l’éclaircir.

Quels acteurs pour cette transition ? En ces temps de plans de relance massifs, on semble tout attendre de la puissance publique, sur les plans réglementaire ou financier. L’idée d’une taxe carbone est notamment invoquée comme électrochoc, mais son acceptabilité économique et sociale est problématique.

C’est oublier que les acteurs économiques ont déjà de nombreux leviers entre leurs mains : pour répondre aux attentes des marchés, pour rester compétitives et innovantes, les entreprises inventent déjà un monde post-carbone et devancent bien souvent la réglementation. Il faut faire connaître ces myriades d’initiatives, issues d’intérêts bien compris et d’une synergie vertueuse entre la dynamique du marché et les espoirs de la société.

C’est l’objectif de L’Observatoire du verdissement de l’économie lancé par Metron, dont la première édition vient de paraître. Dans tous les secteurs, plus d’une dizaine d’acteurs majeurs de l’économie y exposent les solutions déjà mises en œuvre.

Quelle échéance ensuite ? 2040, 2050 ? En agitant ces chiffres ronds, nous supposons que nous aurions le temps d’attendre une rupture technologique et alimentons une certaine procrastination. Le progrès scientifique doit bien sûr être encouragé, mais le défi devant nous est urgent et mondial. Toute révolution technologique est aléatoire, très inégalement diffusée et accessible. Dans aucun secteur, nous ne pourrons tout remplacer par une solution up to date. Nous devons dès aujourd’hui travailler sur le parc industriel, les bâtiments et les infrastructures existants, par une optimisation des consommations.

Les solutions sont là, elles peuvent certes inspirer les réglementations et bénéficier d’aides publiques, mais elles doivent surtout faire école et mobiliser les acteurs du marché. C’est dès aujourd’hui qu’il faut former massivement les jeunes aux métiers de la transition énergétique. C’est dès aujourd’hui qu’il faut optimiser les infrastructures industrielles. C’est dès aujourd’hui que la finance doit accorder des prêts verts à long terme aux entreprises les plus vertueuses. Nous devons travailler sur les usages et raisonner à technologies constantes.

Le digital permet déjà aux industriels de modéliser et d’évaluer leurs consommations énergétiques, aux financeurs de mieux évaluer les entreprises à impact positif à aider en priorité, aux fabricants de relocaliser et de personnaliser leur production, et donc d’économiser sur les coûts de transport et de production. Dans les transports, la numérisation encourage l’optimisation des flottes par une mobilité partagée. Enfin l’écologie industrielle offre d’ores et déjà l’exemple d’entreprises en symbiose énergétique avec leurs territoires.

Quelles priorités, enfin ? L’essentiel des investissements actuels vise en réalité à produire toujours plus d’énergie, et toujours plus d’électricité. La production globale augmente, mais reste dominée à plus de 80% par les énergies fossiles. L’électricité reste produite aux deux tiers par les mêmes sources. Éolien et solaire ne représentent toujours que quelques pourcents de notre consommation, et leur croissance est de plus en plus coûteuse en métaux rares et en espace. Verdir ne peut donc se réduire à produire plus.

Or l’essentiel de la baisse des émissions de gaz à effet de serre de l’énergie réalisée ces dernières années a été le fait de l’efficacité énergétique, qui doit être considérée comme une source d’énergie à part entière. Elle suppose une connaissance fine de nos consommations, grâce au digital, qui doit nous éviter une fuite en avant dans toujours plus de capacités de production. Alignons celles-ci sur nos besoins revisités, et non l’inverse !

En privilégiant l’efficience et la sobriété énergétiques, nous redécouvrirons que le kWh que l’on ne consomme pas reste le plus vert de tous… Les petites boîtes noires remplies de capteurs et d’algorithmes incarnent déjà bien mieux le futur de l’énergie que les pales géantes des éoliennes.

Le climat n’attendra pas 2050. Donnons-nous toujours l’année en cours comme horizon. C’est dans ce temps réel que nous gagnerons le compte à rebours.

Vincent Sciandra est le fondateur de Metron, jeune société française spécialisée dans l’optimisation énergétique des entreprises.

« Il faut une vraie coalition mondiale pour la neutralité carbone en 2050 »

 « Il faut une vraie coalition mondiale pour la neutralité carbone en 2050 »

Malgré le mouvement prometteur de pays représentant plus de 65 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone engagés à parvenir à zéro émission nette avant la moitié du siècle, la situation climatique continue de se dégrader, souligne dans une tribune au « Monde » le secrétaire général des Nations unies, Antònio Guterres.

 

 

Tribune.

 

Alors que le monde célèbre le cinquième anniversaire de l’adoption de l’accord de Paris de 2015 sur les changements climatiques, qui a marqué un véritable tournant, nous voyons se former sous nos yeux un mouvement prometteur en faveur de la neutralité carbone. D’ici au mois prochain, des pays représentant plus de 65 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone et plus de 70 % de l’économie mondiale auront pris l’engagement de parvenir à zéro émission nette avant la moitié du XXIe siècle.

En même temps, les grands indicateurs climatiques sont de moins en moins bons. Si la pandémie de Covid-19 s’est accompagnée d’une réduction temporairement des émissions, on observe toujours des niveaux record de dioxyde de carbone, et la tendance est à la hausse. La décennie qui s’achève a été la plus chaude qui ait jamais été enregistrée ; en octobre, la formation de glace de mer arctique n’avait jamais été aussi limitée, et les incendies, les inondations, les cyclones et les ouragans apocalyptiques deviennent la norme.

Chaque pays, ville, institution financière et entreprise devrait adopter un plan de transition vers zéro émission nette – et prendre dès maintenant des mesures décisives pour s’engager sur cette voie, ce qui signifie réduire les émissions mondiales de 45 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2010. 

Un atout de notre côté : la technologie

Avant que s’ouvre, en novembre 2021, la conférence des Nations unies sur le climat, les gouvernements sont tenus, aux termes de l’accord de Paris, de revoir à la hausse leurs ambitions tous les cinq ans et de prendre de nouveaux engagements. C’est ce que l’on appelle les contributions déterminées au niveau national, et ces contributions doivent témoigner d’une réelle ambition en vue de la neutralité carbone.

 

Danemark: fin des hydrocarbures en 2050

Danemark: fin  des hydrocarbures en 2050

Le Danemark, le premier producteur de pétrole en Europe  vient de décider l’arrêt de l’extraction du pétrole et du gaz en 2050. Une décision «historique et nécessaire» selon le ministre danois du Climat Dan Joergensen, car «il serait illogique qu’un pays qui se veut pionnier de la transition énergétique, visant la neutralité carbone en 2050, continue en même temps à exploiter l’énergie fossile».

Climat : « À ce rythme, la « neutralité carbone en 2050 impossible » (Corinne Le Quéré)

Climat : « À ce rythme, la « neutralité carbone en 2050 impossible » (Corinne Le Quéré)

 

Corinne Le Quéré, climatologue franco-canadienne, professeure de sciences du changement climatique et de la politique à l’université d’East Anglia, directrice du Tyndall Centre for Climate Change Research et présidente du Haut conseil pour le Climat estime qu’au rythme actuel la neutralité carbone en 2050 est impossible.

Cinq ans après son adoption lors de la COP21, où en est l’accord de Paris sur la lutte contre le changement climatique ? Est-ce que la trajectoire fixée est respectée par la communauté internationale ?

Corinne Le Quéré - L’ambition de l’Accord de Paris est de limiter le réchauffement climatique bien au-dessous de 2°C et de poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5° C.  Mais en parallèle, les engagements pris par les pays étaient alignés sur une trajectoire insuffisante, qui nous amenait à un réchauffement de 3°C. C’est cette trajectoire qui a été suivie au cours des dernières années jusqu’en 2019. Depuis 2015, on a ainsi constaté une augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 0,9% par an en moyenne. Ces émissions ont continué à augmenter, mais elles ont augmenté moins rapidement que la décennie précédente où elles augmentaient en moyenne de 3% chaque année.

« Saint-Gobain aussi pour la neutralité carbone en 2050″ (P.-A. de Chalendar)

« Saint-Gobain aussi pour la neutralité carbone en 2050″  (P.-A. de Chalendar)

Le  PDG de Saint-Gobain Pierre-André de Chalendar explique dans la tribune comment il entend attendre la neutralité carbone en 2050 mais ils comptent aussi sur d’autres.

Quel est l’impact du reconfinement sur l’activité de votre groupe ?

PIERRE-ANDRÉ DE CHALENDAR - Le reconfinement impacte surtout l’Europe, bien que le contexte ne soit pas le même entre avril et aujourd’hui, et la situation toujours très différente d’un pays à l’autre. Actuellement, nos usines continuent de fonctionner, mais surtout nos clients du bâtiment sont très actifs : c’est une différence majeure comparée au printemps dernier.

Outre-Manche, où l’activité a le plus chuté, la construction, lors du premier confinement, y était notamment considérée comme un secteur non-essentiel. Nous avions donc dû fermer nos usines et surtout nos agences de distribution.

En France, si les hésitations du gouvernement avaient créé des difficultés, provoquant un écart de 4 points de PIB avec l’Allemagne, dont 2 liés au bâtiment, le troisième trimestre a été très fort. À la différence de l’Allemagne où il n’y a pas eu d’effet de rattrapage.

Au niveau européen, la dynamique globale est néanmoins favorable, et j’ai la conviction que le profil de croissance de Saint-Gobain post-Covid devrait être supérieur à celui d’avant-crise. En Europe, par exemple, la rénovation, qui représente environ 50% de nos ventes, soit plus de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, devrait connaître un surcroit d’activité durable sur les prochaines années.

D’autant qu’à la différence du premier confinement, le maintien de la chaîne d’approvisionnement en matériaux de construction, en commerce de gros ou de détail, a été autorisé par l’exécutif…

Effectivement, au moment de l’annonce du confinement le 17 mars, nous avons dû fermer pendant deux-trois jours nos enseignes de distribution, mais nous avons repris très rapidement dès que les protocoles sanitaires ont été mis au point, plus vite que certains de nos clients qui ont mis plus de temps à s’adapter. En revanche, Lapeyre a dû rester fermé durant toute cette période. Toutes nos usines tournaient. Aujourd’hui, alors que le bâtiment a effectivement été désigné par le président de la République comme un secteur essentiel, tout est ouvert, tout fonctionne et nous avons un niveau d’activité normal. Plus que le confinement, en ces mois d’hiver, c’est davantage la météo qui pourrait avoir un impact sur notre activité. Pour l’instant, celle-ci n’est pas mauvaise.

Vous avez animé une « task force » sur la rénovation des bâtiments pour le gouvernement. Trouvez-vous le plan de relance dédié à la hauteur des enjeux ?

Le plan de relance dédié à la rénovation énergétique est calibré de façon satisfaisante. Il est en phase avec les recommandations de notre groupe d’experts composés notamment d’énergéticiens, d’industriels, et de fédérations professionnelles.

Les travaux de rénovation dans le résidentiel privé vont ainsi monter en puissance avec Ma Prime Rénov’ désormais accessible à tous et applicable aussi pour une rénovation globaleCette aide avait été supprimée pour les déciles de revenus 9 et 10, c’est-à-dire pour les ménages les plus aisés..

La loi climat européenne : une neutralité carbone illusoire en 2050

La loi climat européenne : une neutralité carbone illusoire  en 2050

Pour respecter l’Accord de Paris, l’objectif européen en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre devrait être de 65, voire de 70% au lieu d’environ 50 % prévus en 2030 explique Marie Toussaint, députée européenne EELV. Elle considère que la loi européenne n’est pas à la hauteur de l’enjeu

« Nous perdons un temps précieux. Il y a près d’un an, pourtant, la Commission européenne était élue avec ce grand cri : « Vive le Green deal ! ». Quel gâchis. Le pacte vert promis ressemble en réalité davantage à une indigeste mixture libérale, où la révolution consiste en une longue liste de législations environnementales à réviser ou à créer, sans même avoir ajusté en conséquence les objectifs qui nous permettraient d’être à la hauteur de la catastrophe annoncée.

Nous voilà à la veille du premier crash-test : la « loi climat européenne », qui vise la neutralité carbone de l’Union en 2050 et fixe les objectifs intermédiaires pour y parvenir. Votée ce mercredi en séance plénière du Parlement européen, elle devra dire si nous mettons vraiment en œuvre les mesures nécessaires à la préservation des droits humains et du climat. Cette loi est déjà dénoncée par Greta Thunberg comme une « capitulation ». Et il y a de quoi.

Pour respecter l’Accord de Paris, pour éviter les sécheresses comme celle du Doubs, où la rivière a disparu par endroits au courant du mois d’août, pour freiner l’écroulement des glaciers comme celui de Nioghalvfjerdsfjorden au nord-est du Groenland il y a trois semaines, ou juguler les records de chaleur enregistrés cet été dans 50 villes de France, l’objectif européen en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre devrait être de 65, voire de 70%. Disons le franchement : la proposition de la Commission est totalement à côté de la plaque avec sa timide promesse de viser une baisse de 55% de CO2. Un objectif qui, à la faveur de jeux de chiffres et d’experts risque fort d’être ramené à 52,8% à l’horizon 2030.

Nous perdons un temps précieux, parce que les scientifiques sont formels : si nous voulons tenir nos engagements internationaux, il nous reste dix ans pour agir. Chaque hésitation, chaque tremblement sont autant de redditions devant le chemin qu’il nous reste à parcourir pour préserver une planète vivable.

Alors certes, le Parlement européen devrait la semaine prochaine adopter une proposition ambitieuse, avec la création d’un Haut Conseil pour le climat européen, une amélioration de l’accès à la justice pour faciliter le contrôle citoyen comme tente de le faire la campagne de justice climatique l’Affaire du siècle. Bien sûr les parlementaires défendront la fin des subventions directes et indirectes aux énergies fossiles d’ici 2025. Evidemment ils rappelleront le lien étroit entre réchauffement climatique et conditions sociales.

Mais le risque est là, et il est grand, que l’Union européenne passe une nouvelle fois à côté de l’Histoire, en se dotant d’objectifs dérisoires. Et le Parlement européen, autrefois si pionnier, cède peu à peu du terrain aux productivistes et aux tenants du mirage de la croissance verte, en refusant le rapport de force avec la Commission européenne.

Pire, les parlementaires et notamment les élus LREM ont tendance à se contredire eux-mêmes, en demandant la fin des subventions directes et indirectes aux énergies fossiles d’ici 2025 tout en défendant la place du gaz dans le mix énergétique et les nouvelles infrastructures de l’Union (qui nous enfermeront dans le gaz pour les 30 à 40 prochaines années), ou en abandonnant la bataille budgétaire là où il manque au moins 470 milliards d’euros par an pour financer la transition.

Le refus d’ouvrir les yeux face aux émissions importées de l’Union européenne et de la France est une autre faute grave de la majorité de notre pays, si prompt à défendre les intérêts du climat dans les mots… et les intérêts économiques ou financiers des grandes firmes dans les actes. Ne parlons même pas des outils de contrôle de l’atteinte des objectifs climatiques de l’Union par ses Etats-membres, à peine renforcés, et certainement pas contraignants ou adossés à des sanctions.

Une nouvelle fois, les néolibéraux, les productivistes et les conservateurs semblent avoir noué une alliance indéfectible. Elle repose sur l’idée que, puisque les grandes puissances du monde sont dirigées par des climato-sceptiques, nous ne pourrions agir. Un nouveau mensonge, puisqu’y compris en termes de rationalité économique, toute innovation de notre modèle énergétique, de production et de consommation, constitue une belle promesse d’avenir, et ouvre des perspectives de millions d’emplois.

Un confortable mensonge, surtout, car l’application de ces changements sur la politique française risqueraient d’être bien lourde pour ceux qui pensent avoir intérêt au statu quo : une loi climat ambitieuse obligerait la France à un véritable moratoire sur l’artificialisation des sols et les coupes rases dans les forêts françaises, ou encore sur le déploiement de la 5G. Elle obligerait en somme le pays à tenir compte des mesures plébiscitées par la Convention citoyenne pour le climat, et le Président de la République à tenir ses promesses.

Nous perdons un temps précieux, que le gouvernement français préfère utiliser à faire passer les écologistes pour des fantaisistes rétrogrades, quand il ne porte pas des coups mortels aux quelques règles environnementales qui existent. Le tout en jurant la main sur le cœur que la planète est sa priorité. A d’autres. Nous ne transigerons pas sur notre avenir commun. »

 

Climat France : Africanisation d’ici 2050

Climat  France  : Africanisation   d’ici 2050

 

Pour schématiser, la France et d’autres pays européens vont connaître d’ici 2050 une sorte d’africanisation du climat avec une période sèche portant sur six mois. Des canicules plus fréquentes et plus longues devraient se succéder au cours de cette période. À cette échéance, par exemple Lyon pourrait connaître le climat actuel d’Alger. D’après plusieurs experts, les canicules pourraient commencer en mai et s’étendre jusqu’en octobre, en 2050, si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent ou ne se stabilisent pas.

En 2050, « dans l’état actuel de la science, une vague de chaleur sera de 1,2 à 1,5°C plus chaude que celle que nous venons de connaître, selon le scénario ‘laisser faire’ du Giec », explique l’organisme de météorologie sur Twitter. Ce scénario du Groupement intergouvernemental d’experts sur le climat imagine que rien ne change au niveau des politiques de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

 

Ce type de canicule « sera deux fois plus fréquente par rapport à ce qu’on peut observer aujourd’hui », prévient Christine Berne, climatologue à Météo France, sur notre antenne.

« Il faut imaginer une période caniculaire plus longue que ce nous vivons aujourd’hui et une fréquence à peu près doublée, en tout cas en 2050. Elles se produiront à partir de la fin mai et jusqu’au mois d’octobre », explique-t-elle.

Pour Christine Berne, « sans politique marquée et sans baisse ou stabilité des gaz à effet de serre, on doit s’attendre à des canicules et des sécheresses beaucoup plus nombreuses ».

Canicules France : Africanisation du climat d’ici 2050

Canicules France  : Africanisation  du climat d’ici 2050

 

Pour schématiser, la France et d’autres pays européens vont connaître d’ici 2050 une sorte d’africanisation du climat avec une période sèche portant sur six mois. Des canicules plus fréquentes et plus longues devraient se succéder au cours de cette période. À cette échéance, par exemple Lyon pourrait connaître le climat actuel d’Alger. D’après plusieurs experts, les canicules pourraient commencer en mai et s’étendre jusqu’en octobre, en 2050, si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent ou ne se stabilisent pas.

En 2050, « dans l’état actuel de la science, une vague de chaleur sera de 1,2 à 1,5°C plus chaude que celle que nous venons de connaître, selon le scénario ‘laisser faire’ du Giec », explique l’organisme de météorologie sur Twitter. Ce scénario du Groupement intergouvernemental d’experts sur le climat imagine que rien ne change au niveau des politiques de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

 

Ce type de canicule « sera deux fois plus fréquente par rapport à ce qu’on peut observer aujourd’hui », prévient Christine Berne, climatologue à Météo France, sur notre antenne.

« Il faut imaginer une période caniculaire plus longue que ce nous vivons aujourd’hui et une fréquence à peu près doublée, en tout cas en 2050. Elles se produiront à partir de la fin mai et jusqu’au mois d’octobre », explique-t-elle.

Pour Christine Berne, « sans politique marquée et sans baisse ou stabilité des gaz à effet de serre, on doit s’attendre à des canicules et des sécheresses beaucoup plus nombreuses ».

Shell, comme BP une illusoire neutralité carbone en 2050

Shell, comme BP une illusoire neutralité carbone en 2050

 

Comme BP, Shell annonce curieusement une illusoire neutralité carbone en 2050 sans d’ailleurs trop préciser les moyens parvenir. Sans doute va-t-on envisager de planter des arbres pour compenser les émissions polluantes du pétrole aussi investir dans des énergies alternatives symboliques mais inutiles. Ces groupes pétroliers comme d’autres secteurs qui veulent compenser leurs émissions polluantes par des implantations d’arbres sont des imposteurs car ils ne réduisent pas l’ampleur des émissions notamment de carbone mais les transfèrent. L’objectif est évidemment de passer un coup de peinture verte sur la communication de groupe dans la nature de production est de plus en plus mise en cause. Le groupe veut en outre réduire de 65% l’intensité carbone (la quantité de gaz à effet de serre émise par unité d’énergie produite), d’ici 2050 des produits vendus à ses clients, contre un objectif précédent de 50%. Il s’engage pour l’instant à vendre davantage de produits à faible intensité carbone notamment dans le renouvelable, les biocarburants ou l’hydrogène.

La promesse de Shell sur le climat n’a pas convaincu les ONG, qui fustigent le flou entourant les mesures permettant de tenir les promesses, des critiques déjà adressées à BP.

« Un plan crédible de Shell commencerait par un engagement visant à arrêter les nouveaux forages de pétrole et de gaz », souligne Richard George, un responsable de Greenpeace pour le Royaume-Uni. Il regrette « les aspirations vagues » qui « ne s’attaquent pas à l’empreinte carbone monstrueuse de Shell et font reposer l’effort sur ses clients pour compenser les émissions ».

Biodiversité : pas très timides vers 2050

Biodiversité : pas très  timides  vers  2050

 

Comment d’ici 2050 gérer les écosystèmes et durablement les ressources naturelles, c’est théoriquement la mission de la Convention sur la biodiversité biologique (CDB) qui vient tenir à Rome avec 140 pays. En fait , des pas  plus que timides puisque s’affrontent ceux qui veulent limiter les moyens d’action classiques de défense  de la biodiversité et ceux qui veulent des mesures plus fondamentales de remise en cause du système de production et du mode de consommation. Sans parler de ceux qui veulent tout bloquer comme le Brésil. Des mesures partielles par exemple quand on envisage (rien n’est encore décidé) d’une totale protection de 10 % des territoires et pour 30 % d’une semi protection. Pour les 10 ans à venir, on propose seulement de réduire de 50 % la pollution par les produits chimiques. Mais certains pays ne veulent pas entendre parler de la suppression des pesticides ou même de la mise en cause du plastique. 

Pour WWF, le texte qui sera adopté en octobre et fixera un cadre pour les décennies à venir doit s’attaquer aux secteurs contribuant à la perte de biodiversité: agriculture, pêche, infrastructures, les activités minières et forestières. « Si vous ne parlez pas de ces secteurs, il ne sera pas possible d’atteindre les objectifs pour 2030″, avertit Marco Lambertini de WWF. Certains pays souhaitent pourtant « se focaliser sur une protection plus traditionnelle de la biodiversité », sans s’attaquer aux modes de production et de consommation, poursuit-il. L’ONG « s’inquiète du manque de progrès et du rythme du processus » de négociations, complète Guido Broekhoven, de WWF International, alors qu’il ne reste que huit mois.

Pétrolier BP : objectif neutralité carbone d’ici 2050 ?

Pétrolier BP : objectif  neutralité carbone d’ici 2050 ?

Objectif la neutralité carbone d’ici 2050 pour le puissant groupe pétrolier BP d’après les déclarations de son nouveau patron M. Looney. . On se demande bien comment BP pourrait parvenir à tenir cette promesse dans la mesure son activité porte  essentiellement sur les produits pétroliers dont il tire par ailleurs l’essentiel de ses profits. C’est d’ailleurs le dilemme des grands pétroliers comme BP, Shell ou encore Total. Pour investir de manière significative dans des activités plus vertes, il faut convaincre les actionnaires ; c’est-à-dire leur verser de confortables dividendes qui viennent justement du pétrole. Alors comment conserver la hauteur de ces dividendes en réduisant l’activité pétrolière.

Sans doute BP et  d’autres, commencent-ils à diversifier leur investissement notamment en direction d’activité moins polluantes. Toutefois actuellement, cette activité plus verte de BP ne dépasse pas 5 % de l’ensemble. Comme BP ne donne aucun détail sur cette stratégie de neutralité carbone, on imagine donc d’autres investissements et sans doute des projets d’implantation d’arbres pour compenser les émissions polluantes. Des implantations qui toutefois ne seront jamais suffisantes et qui ne règlent  pas la question fondamentale de l’utilisation du pétrole.

BP veut en outre réduire de 50% l’intensité carbone, d’ici 2050, des produits qu’il vend à ses clients, et réduire les émissions de méthane (un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le CO2), sur toutes ses opérations de production d’hydrocarbures.

« Des questions pressantes restent sans réponse. Comment vont-ils atteindre la neutralité carbone ? Est-ce que ce sera grâce à la compensation carbone? », s’interroge Charlie Kronick, un responsable de l’ONG pour le Royaume-Uni, regrettant le peu d’informations disponibles sur les ambitions du groupe dans les énergies renouvelables.

La compensation consiste à financer des projets dits « verts » (comme la reforestation) qui permettent d’absorber du CO2, face aux émissions carbone des industriels.

Son grand concurrent, le groupe anglo-néerlandais Royal Dutch Shell, se contente de vouloir réduire de 50% son empreinte carbone d’ici 2050 et entend devenir la plus grande compagnie d’électricité au monde au début des années 2030.

Le français Total, assigné en justice en France pour « inaction » climatique, assure lui développer des énergies moins polluantes, investir et faire des efforts pour limiter ses fuites de méthane. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) avait estimé le mois dernier que le secteur pétrolier et gazier pouvait « faire beaucoup plus » pour répondre à la crise climatique et respecter les accords de Paris.

Dans un rapport publié mercredi, l’ONG WWF a prévenu que l’inaction climatique pourrait coûter 479 milliards de dollars chaque année à l’économie mondiale d’ici 2050, en raison de la perte de zones agricoles et de l’érosion des côtes.

Crise climatique : un coût 15.000 milliards de dollars d’ici 2050

Crise climatique : un coût  15.000 milliards de dollars d’ici 2050

D’après  étude  de WWF, d’ici 2050,si  rien n’est fait pour endiguer le déclin de la nature, la crise  pourrait se chiffrer à au moins 479 milliards de dollars par an en termes de PIB mondial, soit près de 15. 000 milliards d’ici à 2050. C’est ce que révèle cette étude menée dans 140 pays en collaboration avec les experts des universités américaines de Purdue et du Minnesota. Un travail de deux ans de recherche et de développement grâce à la contribution inédite de scientifiques, économistes et experts politiques du monde entier.

En revanche, des efforts ambitieux pour protéger et restaurer la nature amélioreront considérablement les résultats économiques. Il est encore possible d’inverser la tendance, avec une meilleure utilisation des terres et en préservant mieux les écosystèmes et la biodiversité», stipule le rapport. Les experts évaluent une augmentation du PIB mondial à 490 milliards de dollars par an si les États se tournent vers ces systèmes plus durables et conservent «les services écosystémiques des milieux naturels».

Les plus importantes pertes économiques – 327 milliards de dollars par an – seraient dues à l’érosion des côtes..

Les autres services fournis par la nature seront également durement impactés si rien n’est fait. Le rapport chiffre les pertes inhérentes à la déforestation à 128 milliards de dollars: avec des forêts réduites à peau de chagrin, c’est tout autant d’arbres qui n’aspirent pas de CO2 et ne joueront donc plus leur rôle naturel de réducteur de carbone. Les secteurs alimentaires et agricoles pourraient eux, connaître «des hausses de prix pour des produits comme le bois (+8%), le coton (6%), les graines oléagineuses (+4%) ou encore les fruits et les légumes (+3%)». Une montée des prix vertigineuse qui s’explique par la raréfaction de l’eau (quatre personnes sur dix en souffrent déjà dans le monde selon l’ONU), et la disparition des insectes pollinisateurs.

BP : objectif neutralité carbone d’ici 2050 ?

BP : objectif  neutralité carbone d’ici 2050 ?

Objectif la neutralité carbone d’ici 2050 pour le puissant groupe pétrolier BP d’après les déclarations de son nouveau patron M. Looney. . On se demande bien comment BP pourrait parvenir à tenir cette promesse dans la mesure son activité porte  essentiellement sur les produits pétroliers dont il tire par ailleurs l’essentiel de ses profits. C’est d’ailleurs le dilemme des grands pétroliers comme BP, Shell ou encore Total. Pour investir de manière significative dans des activités plus vertes, il faut convaincre les actionnaires ; c’est-à-dire leur verser de confortables dividendes qui viennent justement du pétrole. Alors comment conserver la hauteur de ces dividendes en réduisant l’activité pétrolière.

Sans doute BP et  d’autres, commencent-ils à diversifier leur investissement notamment en direction d’activité moins polluantes. Toutefois actuellement, cette activité plus verte de BP ne dépasse pas 5 % de l’ensemble. Comme BP ne donne aucun détail sur cette stratégie de neutralité carbone, on imagine donc d’autres investissements et sans doute des projets d’implantation d’arbres pour compenser les émissions polluantes. Des implantations qui toutefois ne seront jamais suffisantes et qui ne règlent  pas la question fondamentale de l’utilisation du pétrole.

BP veut en outre réduire de 50% l’intensité carbone, d’ici 2050, des produits qu’il vend à ses clients, et réduire les émissions de méthane (un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le CO2), sur toutes ses opérations de production d’hydrocarbures.

« Des questions pressantes restent sans réponse. Comment vont-ils atteindre la neutralité carbone ? Est-ce que ce sera grâce à la compensation carbone? », s’interroge Charlie Kronick, un responsable de l’ONG pour le Royaume-Uni, regrettant le peu d’informations disponibles sur les ambitions du groupe dans les énergies renouvelables.

La compensation consiste à financer des projets dits « verts » (comme la reforestation) qui permettent d’absorber du CO2, face aux émissions carbone des industriels.

Son grand concurrent, le groupe anglo-néerlandais Royal Dutch Shell, se contente de vouloir réduire de 50% son empreinte carbone d’ici 2050 et entend devenir la plus grande compagnie d’électricité au monde au début des années 2030.

Le français Total, assigné en justice en France pour « inaction » climatique, assure lui développer des énergies moins polluantes, investir et faire des efforts pour limiter ses fuites de méthane. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) avait estimé le mois dernier que le secteur pétrolier et gazier pouvait « faire beaucoup plus » pour répondre à la crise climatique et respecter les accords de Paris.

Dans un rapport publié mercredi, l’ONG WWF a prévenu que l’inaction climatique pourrait coûter 479 milliards de dollars chaque année à l’économie mondiale d’ici 2050, en raison de la perte de zones agricoles et de l’érosion des côtes.

Objectif: quelle neutralité carbone d’ici 2050 pour l’UE ?

Objectif:  quelle neutralité carbone d’ici 2050 pour l’UE ?

Accord du  Conseil européen une neutralité carbone d’ici 2050  (sauf la Pologne ), une des conséquences de cet accord pourrait être la mise en place d’une taxe pour les produits importés très carbonés. L’objectif étend de protéger l’environnement évidemment mais aussi de rétablir pour partie des conditions de la compétitivité . Restera cependant à préciser les moyens d’atteindre cette neutralité carbone 2050 car trop souvent la régulation de la neutralité carbone est assurée par des compensations d’émission qui globalement ne règlent rien et reportent le problème ailleurs et/ou  dans le temps. Ce que dénonce un collectif de spécialistes de l’environnement dans une tribune au Monde ( exemple quand on propose de planter quelques arbres pour ne pas modifier d’un iota le volume d’émission de carbone) :

 

 

« Neutralité carbone : pas une question de compensation »

 

Tribune collective dans le Monde de spécialistes de l’environnement 

 

« Promesses de « neutralité carbone », annonces de « compensation des émissions » des entreprises : il devient de plus en plus difficile de démêler le vrai du faux, l’honnête de l’abusif, l’exemplaire de l’anecdotique.

D’emblée, quelque chose dans ces déclarations heurte la raison. Comment cette entreprise-ci peut-elle se revendiquer « neutre en carbone » alors que ses émissions augmentent ? Comment celle-là peut-elle « annuler ses émissions » alors que son cœur d’activité participe directement à l’aggravation du problème climatique ?

« Au fond, ce qui pose problème, c’est peut-être que l’on puisse revendiquer un impact nul dans un monde qui ne cesse de se dégrader »

Ces annonces sont souvent accompagnées d’excellentes justifications techniques (« notre neutralité s’applique à un périmètre restreint de nos émissions… ») ou sémantiques (« notre neutralité n’est qu’une étape vers l’atteinte du net zéro… »). Malgré cela, la défiance de l’opinion publique ne cesse légitimement de grandir et vient questionner la réelle ambition de ces entreprises. Au fond, ce qui pose problème, c’est peut-être que l’on puisse revendiquer un impact nul dans un monde qui ne cesse de se dégrader.

Etats, collectivités territoriales, entreprises, individus, notre objectif commun est d’atteindre avant 2050 le « net zéro » (c’est-à-dire l’équilibre entre les émissions et les puits de carbone mondiaux) à l’échelle de la planète, de manière à limiter le réchauffement à +2°C, voire +1,5°C. Cet objectif de neutralité globale est rigoureusement défini par la science climatique et gravé dans le marbre de l’accord de Paris.

Or, nous pensons que la traduction du concept de neutralité dans le monde de l’entreprise a échoué, probablement du fait d’une interprétation trop simpliste.

Malgré de bonnes intentions, trop d’organisations ont notamment l’illusion de pouvoir annuler le problème climatique, principalement à grand renfort de « compensation carbone », avec les conséquences que l’on connaît : triomphe du court-termisme, angoisses du management sur la manière d’y arriver et de communiquer, démobilisation des collaborateurs (« à quoi bon agir, si le travail est fait par d’autres ? »), opacité des efforts de réduction des émissions (« à quoi bon réduire, puisque le total fait de toute façon zéro ? »).

Nous appelons à un changement radical de paradigme dans la définition des concepts et l’utilisation des mots. »

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