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Présidentielles 2017 : Fillon ou l’arnaque du candidat anti système

 

Fillon a de nouveau attaqué Macron lors de son meeting de dimanche en le considérant comme un produit du système. Une accusation mal venue de la part de  celui pris les doigts dans le pot de confiture du système. Face au discrédit qui touche les organisations politiques, désormais il est de bon ton pour les candidats de se présenter avec des vertus anti systémiques. Un concept qui n’a évidemment aucun sens, une proclamation entièrement gratuite tant qu’elle n’est pas approfondie et vérifiée. De quels systèmes parle-t-on ? du système social, économique, financier ou politique ? Quand on examine la sociologie des principaux candidats notamment en France,  on constate que pratiquement tous appartiennent aux classes aisées voir même très  aisées (témoin par exemple le nombre de ministres du gouvernement actuel soumis à l’impôt sur la fortune) ou encore le château, les chevaux de course de Fillon.  Il y a donc une continuité sociologique : les classes sociales supérieures dominent, et de très loin, le paysage électoral. Pas forcément pour des questions de compétence, d’intelligence ou de courage. Simplement parce qu’en France notamment la démocratie demeure virtuelle en tout cas néandertalienne. La France vit sous le régime d’une monarchie républicaine avec des déclinaisons dans les baronnies locales. La richesse des candidats constitue un argument favorable au recueil des voix. Le paradoxe est évidemment quand des candidats ultra riches se déclarent représentant des moins favorisés voir des opprimés. Pas  avec un discours argumenté économiquement mais avec des explications simplistes en forme de slogan qui désigne des boucs émissaires comme responsables des discriminations et de la pauvreté. Le plus bel exemple récent étant évidemment le milliardaire Trump qui a réussi avec sa dialectique  populiste contradictoire à être considéré comme un candidat anti système. Un candidat qui a pourtant multiplié les relations plus ou moins sulfureuses avec les élus pour étendre dans l’immobilier l’empire hérité de son père. En France, Marine Le Pen, héritière également, fait aussi parti de ces millionnaires qui se veulent représentatifs des gens « d’en bas ». Dans la droite classique on ne trouve guère non plus de miséreux. Socialement donc la plupart des candidats dit  anti système sont bien les produits d’un processus de reproduction de la richesse des nantis. Des liens évidents existent souvent entre la dimension sociale et la dimension économique. Nombre de candidats anti système entretiennent en fait des liens douteux avec le monde économique. Soit pour recueillir des fonds nécessaires au financement de la campagne et –ou pour  en fait servir les intérêts particuliers de secteurs ou de groupes économiques. En cause, notamment des modalités de financement d’une campagne électorale avec souvent un ticket d’entrée financier dans les baronnies locales et une enveloppe minimale de 20 à 50 millions pour une campagne présidentielle. Au-delà de l’enjeu financier, le soutien des forces économiques dominantes constitue aussi un appui utile voire indispensable. Le dernier aspect de l’argumentation anti système touche au ridicule, à savoir, la dimension politique. En France en particulier,  tous les candidats sont des professionnels de la politique. En place depuis 20, 30 ans, davantage, ils vivent de la politique et ont transformé la fonction en métier et en rente. Les conditions démocratiques françaises imposent d’ailleurs l’appartenance à un appareil notamment quand il s’agit de l’élection présidentielle qui nécessite d’obtenir le soutien des élus pour valider une candidature. Tous appartiennent à des organisations, sont passés par des systèmes et sont d’une certaine façon le fruit d’appareils. Il n’existe pas de candidat réellement indépendant, ils sont le résultat d’un système qui se reproduit. La dépendance est plus ou moins forte. Pour être élu, il est nécessaire d’être soutenu par les parrains d’un système au moins pour se lancer « dans la  carrière ». Une fois passée les obstacles sociaux, économiques et politiques les candidats ne peuvent donc revendiquer l’étiquette « anti système ». Cet argument populiste et démagogique ne peut être entendu que par les mouches victimes complices  attirées par le miel des promesses sans lendemain. 

Présidentielle 2017 : Macron encore en hausse, le PS largué

Présidentielle 2017 : Macron encore en hausse, le PS largué

 

D’après un sondage Ipsos-Sopra Steria diffusé jeudi 19 janvier pour Le Monde et le Cevipof (Sciences Po) Macron obtiendrait jusqu’à 21 % (en cas de renoncement de Bayrou, ce qui semble se dessiner) alors que le candidat du parti socialiste serait scotché à 7 % environ. Pour l’instant Fillon et Le Pen demeurent toutefois encore en tête. Dans ce sondage Macron progresse trois à quatre points de pourcentage. Concrètement, l’ancien ministre est crédité de 17% d’intentions de vote, si Manuel Valls et François Bayrou sont candidats, ou 21% si Bayrou n’est pas présent et que le PS est représenté par Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon. La progression d’Emmanuel Macron est d’autant plus notable, car François Fillon se trouve en légère perte de vitesse. Le vainqueur de la primaire de la droite, donné premier lors d’une précédente enquête en décembre, perdrait à présent trois à quatre points. Il se situe désormais entre 23 et 25%. Quant à Marine Le Pen, elle est à 25 ou 26%.Derrière ce trio de tête, Jean-Luc Mélenchon progresse aussi. Le représentant de la France insoumise recueille 13 à 15% d’intentions de vote. Surtout, cela signifie que le candidat socialiste, élu au terme de la primaire de la gauche, se voit quoi qu’il arrive relégué en cinquième positionManuel Valls obtient 9% d’intentions de vote (10% sans François Bayrou), Arnaud Montebourg 6% (ou 7%), Benoît Hamon à 7% (sans François Bayrou).

Enquête réalisée par internet du 10 au 15 janvier auprès d’un échantillon de 15.921 personnes inscrites sur les listes électorales, dont 10.986 certaines d’aller voter à l’élection présidentielle, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 0,3 à 1 point. 

2017 : Même à 5%, le PS maintiendra son candidat (Cambadélis)

2017 : Même à 5%, le PS maintiendra son candidat (Cambadélis)

 

Le candidat du parti socialiste pourrait n’obtenir que de cinq à 7 % aux présidentielles si l’on se fie aux derniers sondages qui prévoient une victoire soit de Benoît Hamon, soit d’Arnaud Montebourg pour la primaire du PSG. Du coup, les rumeurs concernant le retrait des le premier tour d’un candidat du parti socialiste ne cessent  de s’amplifier. En raison de certains responsables socialistes qui rejoignent Macron des le premier tour. En raison aussi de la récente déclaration du ministre des affaires étrangères Ayrault  qui souhaite un ralliement de toute la gauche derrière celui qui aurait le plus de voix. Une manière de se préserver une porte de sortie pour le parti socialiste en vue des législatives. En clair il faut se préparer à rejoindre Macron soit au second tour si Macron se qualifie, soit même dès  le premier tour pour donner davantage de chances à Macron. Pourtant Cambadélis le premier secrétaire du PS affirme Qu’Il n’est pas question que le vainqueur de la primaire de la gauche se retire de la course à la présidentielle, en faveur de Jean-Luc Mélenchon ou d’Emmanuel Macron. Cette idée hante la campagne de la primaire des 22 et 29 janvier car son vainqueur, quel qu’il soit, est distancé dans les sondages par la droite et l’extrême droite mais également par Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Emmanuel Macron (En marche !). La déclaration de Cambadélis révèle en fait l’inquiétude d’un parti socialiste qui pourrait être complètement marginalisé. Selon un sondage BVA publié mercredi, Manuel Valls est en tête des intentions de vote pour le premier tour de la primaire mais perdrait au second face à Benoît Hamon ou à Arnaud Montebourg. De candidats qui feront nettement moins de 10 % au premier tour des présidentielles. Notons également que Vincent Peillon n’hésite pas à poser la question du rassemblement autour de macro pour éviter que le parti socialiste ne disparaisse. La question du ralliement à macro se posera encore davantage pour les législatives. Si comme les sondages indiquent Macron obtient un score proche de 25 % c’est-à-dire environ trois fois plus que le parti socialiste aux présidentielles, il est clair que c’est le ralliement à Macron qui permettrait aux candidats députés du parti socialiste de sauver les meubles. D’autant plus que pour forcer la main au parti socialiste Macron a annoncé qu’il présentera des candidats dans toutes les circonscriptions. Aujourd’hui, Macron ne laisse aucune ambiguïté sur ses ambitions. À l’occasion de sa conférence de presse de ce jeudi , il a intitulé cette rencontre par un thème évocateur et provocateur en même temps à savoir: « Construire une majorité de projet ». Pour lui cette majorité doit se construire autour de lui. Pas étonnant si les responsables socialistes à commencer par Cambadélis se montrent aussi fébriles.

 

2017 : soutenir Macron par réalisme (Pierre Henry ONG)

2017 : soutenir Macron par réalisme (Pierre Henry ONG)  

Patron d’une grande ONG spécialisée dans le droit d’asile et l’accueil des réfugiés,  Pierre Henry a décidé de rejoindre Emmanuel Macron. « Le libéralisme n’est pas forcément antagonique du progrès et de la nécessaire protection due aux personnes dans un système de solidarité », explique-t-il au JDD

 

 

 

Pourquoi avoir fait le choix de soutenir Emmanuel Macron?
C’est un choix de valeur sur une question essentielle qui a mis en difficulté l’ensemble de l’Europe et où les réponses apportées sont soit marquées du sceau de la fermeture, soit d’une générosité extraordinairement maîtrisée. Je pense qu’il faut aborder le sujet avec courage et clarté. Dire qu’Angela Merkel a assumé et, d’une certaine manière, a défendu les valeurs profondes de l’Europe est quelque chose de nécessaire à rappeler. Quand les valeurs s’effondrent, c’est toute la maison qui peut s’effondrer. En même temps, cela n’empêche pas de rappeler la nécessité d’avoir un certain nombre de règles communes.

A vos yeux, cette position n’est portée que par Emmanuel Macron?
Je ne me positionne pas dans des intérêts partisans. Je vois bien simplement qui peut être en mesure de proposer un projet européen, humaniste, équilibré au pays. Et qui peut être en mesure de le mettre en œuvre. Cela ne m’oblige pas à ignorer les positions voisines sur le sujet. Il y en a qui existent sur l’arc démocratique. Je crois surtout que la France n’a pas besoin d’être brutalisée. Forte de sa diversité, elle doit parler au monde. Rappeler à la fois le soutien à Angela Merkel et la nécessité d’une réponse commune au niveau européen me paraît être la seule voie raisonnable, alors que l’Europe est attaquée à la fois de l’extérieur, dans son concept même, et de l’intérieur, avec des courants populistes extraordinairement préoccupants.

Vous pensez à qui?
A l’extérieur, je pense aux propos invraisemblables du futur président des Etats-Unis (Donald Trump, NDLR]. A l’intérieur, je regarde avec inquiétude la montée de l’ensemble des mouvements populistes qui ont pris pour cible l’Union européenne. Il y a des programmes inquiétants avec des propositions de réduction des systèmes de protection. Avec, sur les questions qui m’importent, des propositions de réduction drastique des courants d’immigration régulière. C’est ce que j’appelle la brutalisation de la société. Le sujet est plutôt de savoir comment on met en marche une société dépositaire aujourd’hui d’un certain nombre de blocages.

Vous visez aussi François Fillon?
Oui, par exemple. Mais je crois qu’il n’y a pas besoin d’attaquer nommément les gens. On peut aussi construire des majorités positives, sans s’opposer aux autres. Après les Français seront majeurs pour choisir ceux qu’ils veulent [voir l'emporter] et là où ils veulent aller.

Vous n’êtes pas gêné par le côté très libéral du programme économique d’Emmanuel Macron?
Il faut éviter de sombrer dans les caricatures et les idéologies. Je sais qu’Emmanuel Macron est catégorisé comme étant libéral. Mais le libéralisme n’est pas forcément antagonique du progrès et de la nécessaire protection due aux personnes dans un système de solidarité. Liberté, égalité fraternité. La fraternité est aussi assurer le bien commun par un système de solidarité. Il faut juste se poser la question : comment dans une société moderne on arrive à faire le tout.

Le positionnement politique d’Emmanuel Macron vous a donc également séduit?
Il y a des parcours, il ne s’agit pas de les nier. Il s’agit simplement à un moment T de se dire quel est le bien commun pour notre pays. Comment peut-on se rassembler au-delà d’un certain nombre de clivages acquis. Ce qui m’intéresse également, c’est aussi ce qui est un des socles républicains, à savoir la laïcité. Ne faisons pas de cette laïcité une arme de combat contre quelques-uns de nos compatriotes et ne mélangeons pas religion et lutte contre le terrorisme.

Tout cela, vous ne l’avez pas retrouvé chez un candidat de la primaire de la gauche?
Je vous ai dit qu’il pouvait y avoir des proximités, mais que j’ai aussi un principe de réalisme. C’est tout.

Cela veut dire que dans la campagne présidentielle, vous êtes favorable à un accord entre les candidats (PS, Macron, Mélenchon) qui seront sur la ligne de départ?
Chaque chose en son temps. Il y a des rythmes et des rites à respecter. Si les uns et les autres ont décidé d’avoir recours à des processus démocratiques pour désigner leur candidat, très bien, il faut respecter cela. Mais ensuite, on a aussi chacun la capacité de regarder la situation et de juger quelle est l’urgence. Je ne veux pas rentrer dans une approche politicienne. Il y a des prises de positions sur les questions migratoires intéressantes chez d’autres candidats. Il y a eu des choses positives pendant ces cinq ans… Maintenant, j’ai aussi un principe de réalité. Je me dis : face à un certain nombre de positionnements, à un rapport droite-extrême droite/gauche dans le pays qui est de 65%-35%, il est urgent d’aller à l’essentiel.

Allez-vous vous engager davantage avec Emmanuel Macron, notamment sur son programme?
J’apporterai dans la campagne mon expertise sur ces sujets. Emmanuel Macron a de nombreux experts à ses côtés. Si je peux apporter mon regard à la fois d’homme de terrain, d’expert sur ces questions sur lesquelles je travaille depuis plus de 20 ans et également de chef d’une entreprise sociale, j’apporterai ma petite pierre en toute humilité.

2017 -Popularité: Montebourg, en tête ??

2017 -Popularité:  Montebourg, en tête ??

On se demande si la guerre des sondages n’est pas lancée quand on compare le sondage IFOP qui met Montebourg en tête des personnalités politiques à 60 % et Montebourg à 53%. Et le sondage SOFRES qui mettait Montebourg à 24 % et Macron à 39%. Une différence de taille qui montre sans doute que certains organismes de sondages ne sont pas complètement neutres ou bien que leur évaluation statistique est assez approximative. La popularité d’Arnaud Montebourg lui permettra-t-il de séduire les électeurs lors de la primaire de la gauche les 22 et 29 janvier ? Le chantre du « made in France » a fait un bon de neuf points selon un sondage IFOP-Fiducial du 17 janvier, le plaçant ainsi à la tête du classement des personnalités politiques. Point pour l’IFOP L’ancien ministre de l’Économie engrange ainsi 60 % des bonnes opinions et passe devant Alain Juppé (58 %, +4 points), et Bernard Cazeneuve (56 %). De son côté, Emmanuel Macron gagne de points (53 %), mais passe de la quatrième à la cinquième place. Avec ses 49 % comme en décembre, Jean-Luc Mélenchon se maintient, mais perd tout de même une place au classement et arrive sixième. De leur côté, les mastodontes François Fillon et Manuel Valls perdent tous les deux des points. Le candidat LR recule de trois points (45 %), de la septième à la onzième, alors que l’ancien Premier ministre perd quatre points (41 %) et passe de la onzième à la treizième. Pour la SOFRES le classement est notoirement différent SOFRES

 

Classement :

Macron 39 %

Mélenchon 32 %

Fillon 31 %

Juppé 28 %

Valls 26 %

Le Pen 24 %

Montebourg 24 %

 

Un sondage KANTAR SOFRES-OnePoint

Législatives 2017 : Dati, la Mata Hari, écartée au profit de NKM

Législatives 2017 : Dati, la Mata Hari, écartée au profit de NKM

Les arguments de nature courtisane n’auront pas séduit l’austère Fillon qui a préféré NKM à  Rachida Dati pour les  élections législatives de 2017. Du coup comme d’habitude, Rachida Dati aurait décidé de reprendre son rôle d’intrigante d’après le Canard enchaîné.  Elle veut pourrir la campagne  de Fillon.  Mais François Fillon a préféré offrir cette investiture en or pour la droite à Nathalie Kosciusko-Morizet, son ancienne rivale de la primaire de la droite. Un choix qui aurait rendu furieuse l’ancienne Garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy, selon Le Parisien. D’autant que NKM avait tout d’abord annoncé son souhait de faire campagne pour les législatives dans le XIVe arrondissement, où elle est élue. Un combat qui s’annonçait toutefois compliqué face au député socialiste sortant Pascal Cherki. Selon plusieurs participants, Rachida Dati serait d’autant plus en colère que cette investiture a été accordée « à la sauvette et sans vote » et émanerait d’un ordre direct de François FillonLes relations entre l’ancienne ministre et NKM sont plus que tendues, mais c’est au candidat Les Républicains que la députée européenne aurait décidé de s’en prendre. « Si Fillon donne sa circo à NKM, ce sera la guerre, et, faites gaffe, j’ai des munitions, je vais lui pourrir sa campagne », aurait ainsi déclaré Rachida Dati selon Le Canard Enchaîné. Le nouveau champion de la droite n’a pas l’air de s’inquiéter pour autant. Selon des propos rapportés par L’Express, il aurait affirmé à ses proches avoir cerné la réaction de l’ancienne ministre: « Rachida vous nous faire toute une comédie, mais elle le fera quoiqu’il arrive ».

2017-Primaire à gauche: Hamon et Montebourg vainqueurs ?

2017-Primaire à gauche: Hamon et Montebourg vainqueurs ?

Selon un sondage Elabe pour BFMTV, deux vainqueurs de ce deuxième débat de la primaire de gauche. Arnaud Montebourg l’aurait emporté pour l’ensemble des téléspectateurs (29 %) et  Benoît qui, lui,  serait en tête chez les sympathisants de gauche. En fait, trois candidats se tiennent dans un mouchoir de poche : Valls, Montebourg et Benoît Hamon et rien n’est encore joué Valls semble  en effet légèrement en retrait cependant il apparaît comme le plus présidentiable. De toute manière, il convient de prendre ce sondage avec une certaine prudence dans la mesure où les marges d’erreur se situent dans une fourchette de un à quatre points. La seule certitude c’est que Vincent Peillon ne parvient pas à rendre crédible sa candidature. Après Montebourg (29 %), Manuel Valls (26 %) recueille un point de plus que Benoît Hamon (25 %). Pour l’ensemble des téléspectateurs. Mais chez les sympathisants de gauche, c’est l’ancien ministre de l’Education nationale, Benoît Hamon, qui est en tête avec 30% de téléspectateurs. D’après urs de gauche séduits. Il est devant Manuel Valls, 28%, et Arnaud Montebourg, 24%. Vincent Peillon se place en quatrième position, avec 7%, suivi de François de Rugy (4%), Jean-Luc Bennahmias (4%), et Sylvia Pinel (1%).Les téléspectateurs ont également été interrogés à la fin du débat sur les qualités nécessaires pour être président de la République. Ils estiment, à 37%, que Manuel Valls les possède, contre 35% avant le débat. Il devance Arnaud Montebourg (30%) et Benoît Hamon (18%). 33% des téléspectateurs pensent, avant et après le débat, que Benoît Hamon incarne celui qui défend le mieux les valeurs de la gauche. Arnaud Montebourg, recueille 31% des voix avant le débat, contre 28%  à la fin de l’intervention des sept candidats. Manuel Valls enregistre quant à lui 18% des votes après le débat.

Macron -Présidentielle 2017 – gros meeting à Lille et des ralliements

Macron -Présidentielle 2017 – gros meeting à Lille et des ralliements

 

La présence de certaines grosses pointures comme Jean-Paul Huchon ancien président socialiste du conseil régional de la région parisienne,  l’ancien président du Conseil économique, social et environnemental et ancien ministre de droite, Jean-Paul Delevoye aussi de proches de Borloo ou encore le  député-maire UDI de Valenciennes témoigne à l’évidence que la mayonnaise prend de mieux en mieux chez macro. D’autant que la participation à ces meetings dépasse et de loin celle de la plupart de ces candidats. Quand Benoît Hamon réunit 700 personnes à Marseille comme Valls à Toulouse Macron, lui, bénéficie d’une participation de 5000 personnes à Lille. Les participations à ces meetings des leaders du parti socialiste sont tellement modestes qu’à Solferino on s’interroge sur leur opportunité dans la mesure où inévitablement la comparaison est faite avec les assistantes dont bénéficient Macron. En revenant sur l’histoire ouvrière de ces « terres de combat », où se sont construits de haute lutte les « droits nouveaux » des travailleurs, Emmanuel Macron a appelé son auditoire à « être à la hauteur de cette histoire collective ». En pleine campagne de la primaire de la gauche, l’ancien banquier d’affaires a centré son discours sur le social et dévoilé en partie le volet éducatif de son programme présidentiel. L’ancien ministre a notamment proposé de diviser par deux le nombre d’élèves dans les classes de CP et CE1 situées en zone d’éducation prioritaire, ce qui suppose de mettre devant les élèves 12.000 instituteurs en plus.  Dès l’ouverture de son meeting ce samedi après-midi à Lille  le fondateur du mouvement En Marche a rendu hommage aux Hauts-de-France, terre dont il est lui-même « un enfant », lui qui est né à Amiens le 21 décembre 1977. Sur Twitter, son équipe de campagne a annoncé que 5 000 participants étaient présents : Dans une région de vieille industrie où le chômage est élevé et où le Front national réalise des scores importants, il a défendu sa vision d’une société d’émancipation qui donne à chacun ses chances. L’émancipation qu’il prône passe par des « opportunités redonnées à celles et ceux qui sont parfois bloqués, assignés à résidence, à qui la société ne propose plus rien, si ce n’est des aides et a laquelle on s’est habitué ». Pour celui qui se présente comme « le candidat du travail », tout commence par un effort sur l’éducation. Sur ce point, il a annoncé son intention, s’il est élu, de réduire réduire de moitié le nombre d’élèves des 6 000 classes de CP et de CE1 dans les zones d’éducation prioritaires, avec des enseignants mieux rémunérés dans des établissements disposant de plus d’autonomie. Alors que l’Europe est aujourd’hui la cible de nombreux responsables politiques français, il a défendu sa nécessité et estimé qu’il fallait construire avec elle une « diplomatie nouvelle » pour faire face aux défis du terrorisme et des migrations. « Nous avons besoin de l’Europe parce que l’Europe nous rend plus grands, parce que l’Europe nous fait plus forts », a-t-il dit. Face à la Chine, à la Russie et aux Etats-Unis de Donald Trump, « nous devons avoir une diplomatie indépendante et exigeante mais nous devons aussi avoir une vraie Europe de la sécurité, de la défense ».  Il a conclu son discours avec un appel au rassemblement avec ceux « qui sont aujourd’hui à droite et qui disent vouloir y rester mais ne pas s’y retrouver » et ceux « qui à gauche doutent, mais ne s’y retrouvent plus ». Et il a invité ceux qui ont peur à ne rien céder aux discours de la « haine » et du « repli » pour rejoindre « le mouvement de l’optimisme volontaire, celui de l’espérance, le nôtre ».

 

2017 -Valls : « moi ou la déculottée »

2017 -Valls : « moi ou la déculottée »

 

D’après un sondage Elabe  pour BFM,  Manuel Valls serait toujours en tête chez les sympathisants de gauche pour la désignation du candidat socialiste. Même  s’il est plus talonné par Arnaud Montebourg et Benoît Hamont. Dans certains sondages les trois intéressés sont même dans un mouchoir de poche. Reste qu’une éventuelle victoire de Benoît Hamon  voire d’Arnaud Montebourg serait du pain béni pour François Fillon et pour Macron. En effet cela laisserait disponible à large espace au centre-gauche et au centre Fillon et sans doute surtout pour Macron. Paradoxalement le candidat qui sort vainqueur des primaires n’est pas forcément celui qui a les meilleures chances de l’emporter au second tour des présidentielles. Fillon qui a brillamment remporté la primaire de droite se trouve aujourd’hui en nette difficulté et il est évident qu’Alain Juppé aurait été mieux en mesure de rassembler. Même chose pour la gauche. Valls qui traîne le boulet du bilan de Hollande pourrait perdre la primaire de la « belle alliance » alors que tous les sondages montrent qu’il serait en capacité d’atteindre et même dépasser les 10 % au premier tour des présidentielles tandis que Montebourg et surtout Hamon se traîneraient autour de 7 %- Manuel Valls estime que sa victoire à la primaire de la gauche créerait une nouvelle donne face aux pronostics qui donnent la majorité d’aujourd’hui absente du deuxième tour de la présidentielle. Du coup Emmanuel Manuel Valls sollicite les électeurs afin qu’ils jouent la stratégie gagnante en votant pour lui. Il fait d’ailleurs d’énormes efforts pour tenter de rassembler les différents courants lui qui il y a encore quelques années  considérait que les gauches aujourd’hui en présence au sein du parti socialiste étaient inconciliables. Des efforts qui l’ont amené à se gauchiser  et au point même de considérer que le libéralisme économique n’était pas adapté au problème de la France. Dans une interview publiée dans Le Monde du week-end, l’ancien Premier ministre déclare aussi se situer « au coeur des progressistes », qui vont selon lui « d’Emmanuel Macron à Benoît Hamon et Arnaud Montebourg » et qui « doivent se retrouver ». Mais il souligne aussi ses différences avec le premier, qui s’est installé dans les sondages pour la présidentielle solidement en troisième position derrière Marine Le Pen et François Fillon. Une enquête Elabe pour BFMTV publiée samedi place Manuel Valls toujours en tête des souhaits de victoire des sympathisants de gauche pour la primaire des 22 et 29 janvier, avec un score de 31%, inchangé par rapport à un précédente sondage. Suivent Benoît Hamon (25%, +1) et Arnaud Montebourg (24%, inchangé +1) et loin derrière l’ancien ministre de l’Education nationale Vincent Peillon (8%, -1 point). « Je suis convaincu que c’est la primaire qui donne de la force », déclare Manuel Valls dans le Monde. « Ma désignation serait, après la victoire de François Fillon, après la décision de François Hollande (NDLR de ne pas se représenter), le troisième élément d’une nouvelle donne », dit-il. « Je bénéficierai d’un élan. Chacun devra alors prendre ses responsabilités par rapport au risque de division et d’élimination de la gauche. La politique, ce n’est pas une addition, c’est une dynamique », ajoute l’ancien Premier ministre, « je veux casser l’esprit de défaite. Et créer l’espoir ». A la question de savoir s’il compte discuter avec Emmanuel Macron et le « candidat de la France insoumise » Jean-Luc Mélenchon s’il remporte la primaire du PS et de ses alliés, il répond : « Il faut toujours discuter mais l’élection présidentielle, ce n’est pas une négociation. Ce ne sont pas de petits arrangements. C’est un dialogue avec les Français. » Avec Emmanuel Macron, Manuel Valls estime avoir deux grands « désaccords ». « Le premier, je pense que le libéralisme économique n’est pas la réponse à la situation de la France (…) Ensuite, je ne crois pas que la France soit une juxtaposition de communautés à l’anglo-saxonne, ou que la laïcité stigmatise. Elle protège. Et je ne crois pas que la République soit responsable du terrorisme », indique-t-il. Emmanuel Macron avait dénoncé en octobre les dangers d’une « laïcité revancharde dangereuse » et estimé un mois plus tard que la société française devait assumer une « part de responsabilité » dans le développement du « terreau sur lequel les terroristes ont réussi à nourrir la violence, à détourner quelques individus. »

Présidentielle 2017 : Hidalgo flingue Hollande, Macron et Valls

Présidentielle 2017 : Hidalgo flingue Hollande, Macron et Valls

Règlement de compte à OK corral au PS avec cette sortie de la maire de Paris qui flingue sans ménagement Hollande mais aussi Valls et Macron. La maire  de Paris appréciée pourtant des bobos de la capitale représente pourtant ce courant social-démocrate dont elle fusille les représentants. Certes, ses arguments ne sont pas complètement faux mais pour autant cette prise de position est assez surprenante surtout quand en outre elle se  prononce pour Vincent Peillon dont le programme demeure encore assez transparent et embryonnaire. Vincent Peyo est certes intelligent et modéré mais il n’a guère illuminé la primaire de la gauche lors du premier débat. Il est même apparu assez terne. On se demande si Anne Hidalgo s’est prononcée en faveur d’un candidat pour les présidentielles ou  si elle n’a pas d’ores et déjà pris date pour le futur congrès du parti socialiste. Dans un entretien au Monde paru ce jeudi, elle désigne clairement qui sont, selon elle, les responsables de l’échec du quinquennat en cours : « François Hollande, qui a décidé de la politique à conduire, Emmanuel Macron qui a été son conseiller et l’inspirateur d’une pensée qui a très largement fracturé la gauche, et Manuel Valls. » Par leur faute, la social-démocratie serait en danger, car « il y a eu beaucoup d’amalgames et d’inculture de la part de ceux qui ont été les chefs de file de ce quinquennat. Ils nous ont conduits à un état de confusion absolue. Je leur en veux pour cela. Je suis triste face à cet énorme gâchis. Nous n’étions pas obligés de nous infliger ça. » Concernant l’ex-ministre de l’Economie et candidat du mouvement En marche !, Emmanuel Macron, Anne Hidalgo estime qu’il est « l’incarnation de la reproduction sociale des élites. » « Il porte une vision très autocentrée, jacobine, colbertiste », rappelle la maire de Paris qui a combattu l’ancien ministre de l’Economie lors des discussions parlementaires sur la loi Macron de 2015, notamment sur des dispositions entourant le travail du dimanche et le mode de détermination des zones touristiques internationales.

2017 :«Fillon dévisse nettement» (Jérôme FOURQUET, IFOP)

2017 :«Fillon dévisse nettement» (Jérôme FOURQUET, IFOP)

 

Jérôme Fourquet chef département «Opinion & stratégies d’entreprise» de l’IFOP analyse la baisse de François Fillon, baisse qui provient pour l’essentiel des milieux populaires (interview du Figaro)


L’IFOP publie un nouveau sondage sur les intentions de vote à l’élection présidentielle. Pour la première fois depuis l’intronisation à droite de François Fillon, Marine Le Pen prend la tête du classement. Est-ce un sévère avertissement pour le candidat de la droite?

 

Jérôme FOURQUET. – Les sondages sur la présidentielle réalisés avant la primaire de la droite plaçaient régulièrement Marine Le Pen en pole position (sauf dans l’hypothèse d’une candidature Juppé et en l’absence du coup de François Bayrou). La large victoire de François Fillon lors de la primaire de la droite a suscité, de manière assez classique, une dynamique en sa faveur et un tassement pour ses concurrents notamment de Marine Le Pen qui passait de 28-29% à 24%. La nouvelle vague du Baromètre IFOP-Fiducial pour iTélé, Paris-Match et Sud Radio, réalisée tout début janvier, indique un certain rééquilibrage. Le candidat des Républicains passe ainsi de 28% à 24% quand Marine Le Pen regagne 2 points (à 26%) et repasse donc symboliquement en tête. On peut y voir la fin prévisible de l’écho de la victoire de François Fillon à la primaire. On peut aussi mettre en lien ce rééquilibrage à droite avec les attaques de ses adversaires sur son programme social.

 

L’électorat populaire, qui n’a que très peu participé à la primaire, semble très réfractaire à François Fillon, ce qui est préoccupant car ces catégories pèseront lourd à la présidentielle.

L’analyse des évolutions des intentions de vote en faveur du candidat de droite par catégories sociales est très instructive de ce point de vue. Entre novembre et janvier, le candidat de la droite demeure stable auprès des CSP+ avec un score de 30%. Il progresse même très légèrement dans les classes moyennes (21% + 2 points). Mais il dévisse très nettement dans les milieux populaires où il passe de 19% à 11% soit une perte de 8 points. Cet électorat, qui n’avait que très peu participé à la primaire, lui semble aujourd’hui très réfractaire, ce qui est préoccupant car ces catégories voteront à la présidentielle et pèseront lourd.

Le Sarthois peut encore compter sur les retraités, colonne vertébrale de l’électorat de droite qui voteraient à 38% pour lui, mais il cède 3 points dans ce segment acquis, qui est lui aussi particulièrement sensible aux questions ayant trait à la Sécurité Sociale et au système de santé.

Il convient de noter que le mouvement de baisse est avant tout de nature sociologique. On ne constate en effet que très peu d’évolutions selon le critère de la sympathie partisane, ce qui invalide ainsi l’hypothèse d’une brèche dans l’électorat centriste. Il passe même de 42% à 46% dans l’électorat UDI. La fuite ne vient donc pas du centre du fait d’un positionnement trop dur sur le régalien mais des milieux populaires, inquiets de son discours doloriste et des remèdes amers qu’il propose.

 

Marine Le Pen fait des scores très élevés parmi les classes les moins favorisées. Elle atteint même les 50% chez les ouvriers dès le premier tour. En revanche, elle continue à obtenir des scores beaucoup plus faibles parmi les CSP+, les diplômés et les retraités. Comment expliquez-vous ce score?

 

La sociologie de l’électorat lepéniste se structure en effet toujours selon le clivage «France d’en haut / France d’en bas». On peut d’ailleurs penser qu’elle n’est pas loin d’avoir fait le plein dans les milieux populaires avec 49% chez les ouvriers (score que le PC n’atteignait pas dans les années 50-60, mais il est vrai que la classe ouvrière était plus nombreuse qu’aujourd’hui) et 35% auprès des employés, qui sont souvent des employées, ces professions étant à très forte dominante féminine, or les femmes continuent de moins être attirées par le FN (21%) que les hommes (31%).

 

On peut penser que Marine Le Pen n’est pas loin d’avoir fait le plein dans les milieux populaires avec 49% chez les ouvriers (score que le PCF n’atteignait pas dans les années 50-60).

Si la candidate du FN fait le plein dans les milieux populaires c’est par ce qu’elle a su articuler un discours répondant à la fois à l’insécurité économique, physique mais aussi identitaire ou culturelle, qui taraude des pans entiers de cet électorat. Nul autre candidat ne répond aujourd’hui sur ces trois volets essentiels. Elle est en revanche davantage à la peine dans la «France intermédiaire» et la «France d’en haut» où son discours de rupture passe beaucoup moins bien et où la demande de protection face à ces multiples insécurités est moins prégnante. L’enquête de l’IFOP la crédite ainsi de 17% dans les classes moyennes et de 21% chez les CSP+ (avec un fort écart entre les cadres supérieurs et professions libérales toujours très réfractaires et les commerçants, artisans, chefs d’entreprise bien plus favorables). Autre électorat encore assez hermétique: les retraités, dont on a vu que 38% voteraient pour François Fillon, contre 18% pour elle. Tout l’enjeu pour le FN durant cette campagne consistera donc à consolider son assise dans les milieux populaires (en cognant sur le programme de «casse sociale» de Fillon) tout en étant en mesure de faire sauter les verrous dans «la France d’en haut» et parmi les retraités, où se situent aujourd’hui ses véritables marges de progression.

 

 

 

Il y a une dynamique autour du leader d’En Marche.

Il y a donc bien une dynamique autour du leader d’En Marche, qui était crédité de 13 à 14% des voix il y a quelques mois. (Aujourd’hui entre 16 et 24 NDLR) Cela se mesure dans les sondages mais également sur le terrain. Il a rassemblé plus de 10 000 personnes à Paris lors de son grand meeting de lancement, ce que beaucoup de candidats plus chevronnés n’arriveraient pas à faire mais également 1000 personnes à Nevers, il y a quelques jours. Venir assister à un meeting ne vaut pas vote, mais il y a incontestablement un intérêt autour de sa candidature, qui aimante des électeurs d’origines politiques diverses. Si le premier cercle de ses soutiens était composé de personnalités de gauche (Collomb, Patriat, Ferrand), trois anciens ministres de droite l’ont rejoint à ce jour: Arthuis, Dutreil et Lepeltier. Cette capacité à agréger un public hétérogène se lit dans les chiffres de notre enquête. Emmanuel Macron recueillerait le soutien de 30% des électeurs de François Hollande du 1er tour de 2012, mais aussi de 25% de ceux de François Bayrou (une fois encore en se plaçant dans l’hypothèse d’une nouvelle candidature de ce dernier, la captation de cet électorat par Macron s’en trouvant mécaniquement limitée) et 9% de celui de Nicolas Sarkozy. Il convient d’ajouter à cela pas moins de 30% des voix des sans préférence partisane, électorat plus volatile et plus friable, mais qui a semble-t-il trouvé une offre politique satisfaisante alors qu’il ne se reconnaît absolument plus dans les partis traditionnels.

 

À gauche, le PS est disqualifié dans tous les cas tandis que Jean-Luc Mélenchon obtient un score élevé, mais encore loin de la qualification pour le second tour. La gauche est-elle en décomposition ou déjà en phase de recomposition?

La recomposition et la compétition entre les deux pôles de la gauche pourraient se faire hors du PS entre Macron et Mélenchon.

L’enquête testait quatre scénarii de premier tour avec en candidat du PS soit Manuel Valls, soit Arnaud Montebourg, soit Benoît Hamon ou Vincent Peillon. Dans le meilleur des cas, le PS serait aujourd’hui à 10,5% (hypothèse Valls) et très en deçà avec les autres candidats. Du fait du haut niveau auquel se situe Emmanuel Macron et de l’étiage de Jean-Luc Mélenchon qui se situe déjà au niveau atteint en 2012 (11%) voir un peu au-dessus, la situation est effectivement très critique pour le parti de la rue de Solferino qui pourrait se voir devancer par non pas un mais deux candidats de gauche. Dès lors, l’argument-massue du vote utile et du nécessaire rassemblement de la gauche abondamment brandi par les ténors du parti depuis des années pourrait se retourner contre eux… En ce sens, la situation est beaucoup plus critique que lors des précédentes crises qu’a connues ce parti. Lors des législatives de 1993 comme lors de la présidentielle de 2002, le PS avait été lourdement défait par la droite (et le FN) mais il restait la force dominante à gauche. Si une dynamique ne s’enclenche pas à l’issue de la primaire, le processus de recomposition de la gauche pourrait débuter. On constate ainsi dans l’hypothèse d’une candidature Valls, qui garantirait aujourd’hui le meilleur score au PS, que seuls 41% des sympathisants socialistes voteraient pour lui, 15% optant pour une candidature plus à gauche et 33% pour Emmanuel Macron. Si une telle situation devait perdurer, la recomposition et la compétition entre les deux pôles de la gauche pourraient se faire hors du PS entre Macron et Mélenchon, ce dernier ne s’y est pas trompé en s’interrogeant (benoîtement) sur l’utilité du PS dans une récente interview au Monde.

 

2017: Le Pen, Fillon, Macron dans un mouchoir

2017: Le Pen, Fillon, Macron dans un mouchoir

 

Les trois principaux candidats sont dans un mouchoir, autour chacun de 25%. Selon un sondage IFOP-Fiducial pour Paris Match, iTELE et Sud Radio publié mardi. Il convient de prendre ces sondages avec une certaine prudence d’une part parce que tout risque de manipulation n’est pas écarté, surtout parce que la marge d’erreur se situe entre un et trois voir quatre % (en fonction du nombre d’abstentionnistes). Dans ce sondage,  Marine Le Pen atteint 26 %, Fillon 25 et Macon à peu près autant si Bayrou ne se présente pas. D’autres sondages récents confirmaient que selon les hypothèses Emmanuel Macron  obtiendrait entre 16 et 24 pour cent. Le candidat du parti socialiste viendrait loin derrière entre 5 et 10 pour cent selon les candidats. L’ancien ministre de l’Economie Emmanuel Macron est donc un solide troisième dans cette enquête qui retient l’hypothèse, pas confirmée à ce jour, d’une candidature du président du MoDem François Bayrou. Marine Le Pen est créditée de 26% à 26,5% des voix au premier tour en fonction du candidat socialiste qui sortira vainqueur de la primaire organisée à la fin du mois. François Fillon, qui était en tête dans l’enquête précédente, recueillerait de son côté de 24% à 25% des suffrages. Emmanuel Macron gagne ainsi trois points par rapport à l’édition précédente de la même enquête publiée avant Noël, avec un François Bayrou qui se situe entre 5,5% et 7%. L’ancien ministre de l’Economie de François Hollande a creusé un net écart avec le quatrième, Jean-Luc Mélenchon, crédité de 11,5% à 13% des voix. Pour le second tour Emmanuel macro et Fillon l’emporterait largement face à Marine par un score de 65 cinq contre 35 face  S’il passait le premier tour, Emmanuel Macron ferait mieux contre Marine Le Pen (65% contre 35%) et s’imposerait même face à François Fillon (52% contre 48%).

L’enquête a été réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 1.860 personnes inscrites sur les listes électorales, elles mêmes extraites d’un échantillon de 1.964 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogées par questionnaire auto-administré en ligne du 3 au 6 janvier.

Présidentielles 2017 : l’arnaque des candidats anti système

 

 

 

Fillon lors de ses vœux s’est réaffirmé comme un candidat anti système….comme d’autres. Face au discrédit qui touche les organisations politiques, désormais il est de bon ton pour les candidats de se présenter avec des vertus anti systémiques. Un concept qui n’a évidemment aucun sens, une proclamation entièrement gratuite tant qu’elle n’est pas approfondie et vérifiée. De quels systèmes parle-t-on ? du système social, économique, financier ou politique ? Quand on examine la sociologie des principaux candidats notamment en France on constate que pratiquement tous appartiennent aux classes aisées voir même très  aisées (témoin par exemple le nombre de ministres du gouvernement actuel soumis à l’impôt sur la fortune). Il y a donc une continuité sociologique : les classes sociales supérieures dominent et de très loin le paysage électoral. Pas forcément pour des questions de compétence, d’intelligence ou de courage. Simplement parce qu’en France notamment la démocratie demeure virtuelle en tout cas néandertalienne. La France vit sous le régime d’une monarchie républicaine avec des déclinaisons dans les baronnies locales. La richesse des candidats constitue un argument favorable au recueil des voix. Le paradoxe est évidemment quand des candidats ultra riches se déclarent représentant des moins favorisés voir des opprimés. Cela évidemment  pas avec un discours argumenté économiquement mais avec des explications simplistes en forme de slogan qui désigne des boucs émissaires comme responsable des discriminations et de la pauvreté. Le plus bel exemple récent étant évidemment le milliardaire Trump qui a réussi avec sa dialectique  populiste contradictoire à être considéré comme un candidat anti système. Un candidat qui a pourtant multiplié les relations plus ou moins sulfureuses avec les élus pour étendre dans l’immobilier l’empire hérité de son père. En France, Marine Le Pen, héritière également, fait aussi parti de ces millionnaires qui se veulent représentatifs des gens « d’en bas ». Dans la droite classique on ne trouve guère non plus de miséreux. Socialement donc la plupart des candidats dit  anti système sont bien les produits d’un processus de reproduction de la richesse des nantis. Des liens évidents existent souvent entre la dimension sociale et la dimension économique. Nombre de candidats anti système entretiennent en fait des liens douteux avec le monde économique. Soit pour recueillir des fonds nécessaires au financement de la campagne et –ou pour  en fait servir les intérêts particuliers de secteurs ou de groupes économiques. En cause notamment des modalités de financement d’une campagne électorale avec souvent un ticket d’entrée financier dans les baronnies locales et une enveloppe minimale de 20 à 50 millions pour une campagne présidentielle. Au-delà de l’enjeu financier, le soutien des forces économiques dominantes constitue aussi un appui utile voire indispensable. Le dernier aspect de l’argumentation anti système touche au ridicule, à savoir, la dimension politique. En France en particulier,  tous les candidats sont des professionnels de la politique. En place depuis 20, 30 ans, davantage, ils vivent de la politique et ont transformé la fonction en métier et en rente. Les conditions démocratiques françaises imposent d’ailleurs l’appartenance à un appareil notamment quand il s’agit de l’élection présidentielle qui nécessite d’obtenir le soutien des élus pour valider une candidature. Tous appartiennent à des organisations, sont passés par des systèmes et son d’une certaine façon le fruit d’appareils. Il n’existe pas de candidat réellement indépendant, ils sont le résultat d’un système qui se reproduit. La dépendance est plus ou moins forte. Pour être élu il est nécessaire d’être soutenu par les parrains d’un système au moins pour se lancer « dans la  carrière ». Une fois passée les obstacles sociaux, économiques et politiques les candidats ne peuvent donc revendiquer l’étiquette « anti système ». Cet argument populiste et démagogique ne peut être entendu que par les mouches victimes complices  attirées par le miel des promesses sans lendemain. 

 

2017 :un candidat inconnu propose d’imposer à tous les Français le même remboursement de la dette

2017 :un candidat inconnu propose d’imposer à tous les Français le même  remboursement de la dette

 

Dans le cadre des élections de 2017 les intentions de candidature se multiplient. On en compte maintenant entre 40 et 50. Il y a sans doute parfois des idées  à prendre même chez certains  candidats complètement inconnus comme chez Olivier Régis,  conseiller municipal de Bezons (Val-d’Oise).  Par contre sa proposition de faire rembourser par tous les Français la dette publique ne manque pas d’interroger. L’intéressé propose tout simplement que chaque Français rembourse la dette publique à partir d’un prêt de banque qui serait rendu obligatoire. Une proposition pour le moins surprenante. Certes on objectera que cette dette devra être amortie d’une manière ou d’une autre mais certainement pas de façon aussi brutale et caricaturale. En effet cette dette qui représente plus de 2000 milliards soit environ presque 100 % du PIB représente de l’ordre de 33 000 € par Français. Chaque Français serait donc contraint d’emprunter 33 000 € et de les rembourser. Soit à partir de la vie de travail et de retraite de l’ordre  deux 500 € par mois (l’âge moyen d’entrée au travail est de 25 ans). Comme la durée moyenne de vie est d’environ 80 ans, chaque français rembourserait 500 € Pourtant  Diplômé d’économie l’intéressé oublie sans doute que le salaire moyen est de 2200 euros et le salaire moyen autour de 1800 euros. Bref qu’il faudrait retirer 500 euros pendant toute la vie de travail et de retraites.  On se demande aussi pourquoi il faudrait l’intermédiation des banques pour un remboursement qui prendrait en fait la forme d’un impôt. et qui n’a nul besoin de l’intervention des banques.  

Macron 2017 : un bon alignement des planètes

Macron 2017 : un bon alignement des planètes

Le moins que l’on puisse dire c’est que Macron bénéficie d’un très bon alignement des planètes en ce moment. En effet, il y a d’abord Fillon qui patauge maintenant entre la radicalité annoncée lors de la primaire de la droite et les accommodements qu’il est bien contraint d’accepter pour tenter de séduire un électorat plus large.  Du coup, ses hésitations et ses reculs suscitent interrogations sur la réalité de sa détermination. En clair ses propositions assez brutales relatives à la Sécu, à la fiscalité et au nombre de fonctionnaires ont du mal à passer et son entourage passe son temps à arrondir les angles. L’opinion n’est pas dupe et les sondages montrent un sérieux effritement de l’intéressé dans la perspective de 2017. Du côté du front national, l’autre favori pour la qualification du second tour des présidentielles, Marine Le Pen a beaucoup de mal pour faire croire à la crédibilité de ses propositions économiques avec notamment le retour du franc et de l’écu sans parler de certaines divergences internes concernant certaines questions sociétales. Du coup, le plafond de verre se confirme pour le front national ; Marine Le Pen est assurée d’un bon soutien mais fait du surplace. Même chose chez Mélenchon qui fidèle à sa stratégie de rupture avec le capitalisme campe sur un programme crypto communiste. Mélenchon semble se scotcher autour de 13 %. Du côté du parti socialiste la catastrophe annoncée semble se confirmer car Valls  demeure empêtré entre son bilan et ses propositions nettement gauchisées. De ce fait Macron dispose d’un espace de plus en plus large au centre, à gauche mais aussi à droite, témoin sa très forte cote de popularité à 44 % qui le mettent en tête loin devant Fillon à 31 %. Certes il faut compter avec la veut la volatilité  de l’environnement politique car Macon va devenir maintenant la principale cible de la plupart des candidats.  Emmanuel Macron selon les scénarios des autres candidatures se situe désormais entre 18 et 24 pour cent. En clair, il peut envisager maintenant une éventuelle qualification pour le second tour des présidentielles. S’il se confirme que le parti socialiste pourrait enregistrer des primaires catastrophiques (avec seulement 1 million de participations voir moins), alors  la dynamique Macron pourra encore s’amplifier. Dans la perspective des législatives,  une hémorragie du parti socialiste vers Macron est même possible. On ne l’exclut d’ailleurs pas dans l’entourage de François Hollande qui lui-même pourrait alors apporter le petit soutien supplémentaire à Macron et en même temps régler ses comptes avec Valls qui l’a contraint au renoncement.

 

2017-Cheminade : le retour du fonctionnaire qui s’ennuyait, enfin !

Cheminade : le retour du fonctionnaire qui s’ennuyait, enfin !

Dans une campagne électorale qui n’est pas sans intérêt mais qui manque quand même de souffle sur le fond et de charisme sur la forme, la nouvelle candidature de Cheminade le fonctionnaire qui s’ennuyait est sans doute susceptible d’apporter un peu du piment.   On ne compte plus les velléités de candidature pour la présidentielle de 2017 on doit compter sans doute maintenant à une trentaine. Manquait  évidemment à ce festival démocratique la candidature de l’incontournable Jacques Cheminade l’ancien fonctionnaire qui s’ennuyait au ministère des affaires étrangères et qui est au moins le mérite ses déclarations anachroniques de mettre un peu burlesque et de rire dans un système un peu tristounet. On objectera que la démocratie française ne se grandit pas en laissant des hurluberlus se présenter aux présidentielles. Cheminade qui a comparé Obama à Hitler et qui développent les thèses les plus tordues dans tous les domaines s’est qualifié lui-même de gaulliste de gauche. Comme beaucoup d’énarques qui s’ennuient dans les ministères, Cheminade, aujourd’hui en retraite avaient mis met un peu de diversité dans sa vie de fonctionnaire. Facile quand c’est l’Etat qui paye la note. Il n’est pas le seul ainsi à faire de la politique.  Raymond Barre en son temps avait souhaité que les fonctionnaires choisissent le service de l’Etat ou la politique mais pas les deux. Il n’a pas été entendu puisque la plupart des politiques sont eux-mêmes fonctionnaires. Du coup la société politique n’est pas du tout représentative de la sociologie française et nos politiques ont bien du mal à comprendre ce qu’est l’économie réelle et les problèmes sociaux qui en découlent. Le candidat de Solidarité et Progrès (pas vraiment un micro-parti plutôt un nano-parti) à l’élection présidentielle s’était  qualifié de « gaulliste de gauche » 1, une voie que Jacques Cheminade a lui-même estimé « difficile ». « Je n’ai pas de modèle en tant que tel, mais je me considère comme un mélange de De Gaulle et Mendès-France (tu parles !!!), deux hommes politiques qui ne se sont jamais entendus », a-t-il répété. Jacques Cheminade, énarque « comme d’autres » souhaite « faire sauter le verrou financier » et réduire l’influence de Wall Street et la City. Dans son programme figure également le souhait de coloniser la Lune et Mars. « C’est une entreprise sérieuse à long terme », a confié le candidat. « C’est l’affaire de deux générations. S’il n’y avait pas d’espace, il n’y aurait pas de cœur artificiel, pas de téléphone portable ni d’ordinateur », a-t-il développé.  À 75 ans, serait le doyen des prétendants, jure être en passe de réitérer son exploit. «Je suis très au-dessus des 400 promesses écrites de parrainages ». Bon dernier de la présidentielle de 1995 avec 0,28 % des voix, il réitère 17 ans plus tard avec un score de 0,25%. Pas de quoi décourager le fondateur de Solidarité et Progrès, groupuscule qui revendique «200 militants mobilisables», tant il est persuadé que la conjoncture peut lui être favorable. « Je veux éclairer l’aquarium obscur du monde politique. Personne n’a véritablement le sens de l’horizon devant la révolution scientifique actuelle», assure ce retraité diplômé de l’ENA. On notera que fait vraiment dans l’innovation politique avec des propositions surprenantes comme la généralisation de la pratique du chant en chorale. «C’est essentiel. C’est une petite société, la chorale, ou l’effort individuel se fond dans la réalisation collective». Il se fait également l’adversaire résolu de la violence sur les écrans, dans les jeux vidéos comme au cinéma. Dans son viseur notamment du jeu «Pokemon Go», afin «d’arrêter l’exode vers le virtuel et la violence». Peut-être pour donner du crédit à sa contestation de la réalité des attentats du 11 septembre aux États-Unis ! D’une certaine manière Cheminade prend la place de Coluche mais avec l’humour en moins car le clown est plus triste.

 

2017 : Hollande pour Macron ?

2017 : Hollande pour Macron ?

 

Il semble ce confirmer que François Hollande prend de plus en plus de distance avec la primaire du parti socialiste. On notera d’ailleurs que les choix de soutien des différents ministres sont assez contradictoires. Le plus symbolique est peut-être celui de Ségolène Royal qui n’a pas caché sa préférence pour Macron. Une préférence alimentée par des divergences sur le fond comme sur les formes avec Valls. On connaît par ailleurs les liens politiques qui unissent Ségolène royale et François Hollande. Il est vraisemblable que François Hollande n’indiquera son choix  que tardivement.  Le partisan de la synthèse pourrait bien le moment venu apporter son soutien à Emmanuel Macron si ce dernier paraît en situation de se qualifier pour le second tour de la présidentielle et si le score prévisible du parti socialiste- comme c’est probable- est  catastrophique. L’hémorragie des socialistes vers Macron pourrait s’accélérer avec la perspective d’une déroute aux élections législatives. Nombre de candidats députés voudront à leur sauver leur peau. D’après le Figaro Certains proches du chef de l’État pensent qu’il mobilisera les socialistes derrière la candidature d’Emmanuel Macron après la primaire à gauche. «Si le résultat de la primaire de la gauche se révèle une catastrophe pour le Parti socialiste et si la candidature Macron continue de progresser, beaucoup de socialistes s’y rallieront et François Hollande soutiendra le rassemblement derrière lui», a confié, vendredi, un hollandais du premier cercle, proche de Démocratie 2012. Cette hypothèse serait largement partagée au sein du think tank présidé par Jean-Marie Cambacérès, qui avait soutenu la campagne Hollande en 2012 et qui choisit aujourd’hui de se tenir à distance de la primaire, adoptant le même positionnement que le chef de l’Etat. «Valls essaye de dire que le président le soutient mais, évidemment, ce n’est pas vrai», critique un membre de l’association qui juge également «dangereuses» les déclarations de Manuels Valls essayant de se dédouaner sur l’application du 49.3. «Il donne l’impression de manquer de courage», estime-t-on. Parmi les partisans de François Hollande on observe ce que tout le monde peut constater à savoir la baisse de François Fillon, le plafond de verre du Front National qui ouvre la perspective d’une qualification de Macron pour le second tour des présidentielles. Dernier élément qui pourrait favoriser le soutien de François Hollande à Macron le fait que Valls ait pratiquement contraint le président de la république à renoncer. Un choix qu’il regretterait maintenant et qu’il  pourrait faire payer à Valls en apportant son soutien à Macron. 

2017 : Les déserts médicaux, le casse-tête (Sébastien Bourdin)

2017 : Les déserts médicaux, le casse-tête (Sébastien Bourdin)

Sébastien Bourdin, enseignant-chercheur à l’École de Management de Normandie pose dans une  tribune du JDD la problématique des déserts médicaux et interroge certaines solutions pour y remédier. Une réflexion intéressante mais qu’on devrait élargir à la question de l’aménagement du territoire. D’une certaine façon en effet, les déserts médicaux sont une des conséquences du processus de désertification économique en cours non seulement dans les zones rurales mais aussi dans des petites villes éloignées des grands centres d’attraction. Il en est des déserts médicaux comme des déserts industriels, commerciaux et de services. La mode est à la super concentration urbaine même si du fait du coût du logement ce sont surtout les communes périphériques des grandes métropoles qui progressent en nombre d’habitants. Nombre de villes moyennes, de petites villes et encore davantage de milieux ruraux se vident progressivement de toute activité économique, et d’emploi. Du coup les services suivent ou plus exactement il y a une interaction entre l’affaiblissement quantitatif et qualitatif des services et l’activité économique. Or l’aménagement du territoire n’est pratiquement pas abordé par les grands candidats à l’élection présidentielle de 201

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« La question des déserts médicaux s’invite dans la campagne de l’élection présidentielle, et elle s’invite tôt. Après les candidats à la primaire de la droite, c’est au tour de ceux de la primaire de la gauche d’avancer leurs propositions pour réduire les inégalités entre les Français dans l’accès aux soins selon leur lieu d’habitation. En effet, les différences ne cessent de s’accentuer. Les campagnes sont confrontées au non renouvellement des médecins exerçant en cabinet et au désengagement des services publics de santé. Les aides à l’installation pour les jeunes médecins et l’ouverture de maisons médicales en zone rurale ne résolvent qu’en partie le problème. Lequel touche désormais aussi des petites villes et des communes de banlieue. La France compte 285 840 médecins en exercice au 1er janvier 2016, selon le Conseil national de l’Ordre des médecins. L’étude de la démographie médicale sur tout le territoire fait apparaître une géographie très caractéristique du manque de médecins libéraux. La carte la plus récente de la densité médicale dessine une France mouchetée de taches blanches, les désormais célèbres « déserts médicaux ». Les territoires ruraux, qui souffrent de leur manque d’attractivité par rapport aux villes, sont les moins bien dotés. Dès lors, on comprend l’inquiétude de nombreux maires confrontés, en milieu rural, aux difficultés du remplacement d’un médecin partant à la retraite. Mise à disposition d’un local, recherche d’un emploi pour le conjoint : les maires doivent multiplier les initiatives, sous peine de ne trouver personne pour reprendre le cabinet. Aussi, la création de maisons de santé – financées sur fonds publics – hébergeant en un même lieu médecins, infirmiers ou kinésithérapeutes, constitue une solution plus confortable, qui séduit dans les campagnes. Reste que ces équipements sont très coûteux pour des communes qui doivent déjà se serrer la ceinture, dans un contexte de baisse des dotations générales de fonctionnement. Si les campagnes sont durement touchées par la pénurie de médecins, des petites villes et des banlieues de grandes villes sont aussi concernées. Par exemple, dans le quartier toulousain de Borderouge situé à seulement 10 kilomètres du Capitole et comptant pas moins de 35 000 habitants, on ne compte qu’un seul médecin généraliste! Notons que l’Assurance-maladie estime qu’il n’est plus possible pour un médecin d’accepter de nouveaux patients au-delà de 1 200 personnes déjà suivies… Parmi les solutions avancées ces dernières années, l’idée de réduire la possibilité pour les médecins de s’installer où bon leur semble est sans doute celle qui suscite le plus de débat. Le cadre de vie des praticiens joue un rôle important dans leur choix. Aucune surprise donc à ce que ce soit sur les côtes françaises que l’on retrouve les plus fortes densités. C’est dans cette perspective que Jean-Luc Fichet, sénateur-maire PS de Lanmeur (Finistère) et Hervé Maurey, sénateur-maire UDI de Bernay (Eure), recommandaient en 2013 d’encadrer la liberté d’installation des médecins. La mesure proposée consiste à exclure du conventionnement avec l’Assurance-maladie les médecins qui souhaiteraient s’installer dans les zones à forte densité médicale. Dans ce cas, leurs patients ne seraient pas remboursés de leurs consultations. En présentant devant le Sénat son rapport d’information sur la lutte contre les déserts médicaux, Hervé Maurey avait même déclaré qu’il faudrait procéder comme pour la répartition des pharmacies – une officine ouverte pour un nombre donné d’habitants. La profession médicale s’est insurgée contre cette remise en cause du principe de liberté d’installation. Elle a suggéré d’inverser la question en s’interrogeant plutôt sur les raisons pour lesquelles les praticiens ne s’installent pas dans certains endroits. Aujourd’hui, les jeunes médecins souhaitent préserver leur vie sociale et familiale, ce qui semble difficilement conciliable avec une activité dépassant les 70 heures de travail par semaine dans les zones sous dotées. Cette aspiration est plus forte encore chez les femmes, dont la proportion chez les nouveaux diplômés en médecine atteint désormais 60 %. Elles se tournent plus volontiers vers le salariat, avec des horaires fixes facilitant la vie de famille. Quelles solutions alternatives proposer, alors, pour voir disparaître les déserts médicaux ? En cette période pré-électorale, les prises de position sur cet enjeu important aux yeux des Français se multiplient. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, en a fait son cheval de bataille. Parmi les idées développées, on retrouve l’augmentation du numerus clausus, éternel sujet de débat. La ministre a annoncé le 24 novembre 2016, devant l’Assemblée nationale, un relèvement de 11 % du nombre de places au concours d’entrée en médecine de 2017. Elle a déclaré à cette occasion que toute « coercition à l’installation » était écartée. Le nouveau Premier ministre, Bernard Cazeneuve a néanmoins laissé entendre le 13 décembre dernier, dans son discours de politique générale, que de nouvelles mesures seraient prises début 2017 « pour assurer l’accès des patients aux soins dans les territoires, pour lutter contre les déserts médicaux et inciter les professionnels de santé à y exercer ». Sans plus de précisions depuis. L’ex-premier ministre PS Manuels Valls a choisi d’aller plus loin. Dans le programme présenté dans le cadre de sa candidature aux primaires à gauche, il propose la suppression pure et simple du numerus clausus. Pour sa part, le député PS des Yvelines Benoît Hamon, également candidat aux primaires de gauche, a fait grand bruit le 12 décembre 2016 en inscrivant à son programme le non conventionnement aux médecins qui s’installent dans des zones surdotées. La même mesure, présentée sous le nom de « conventionnement sélectif », est soutenue par le président PS de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau. Fin décembre 2016, il a encouragé les départements de sa région à se porter volontaire pour d’éventuelles expérimentations en la matière. En réponse, l’Union Régionale des Professionnels de Santé a fait part de son inquiétude quant à une possible diminution des installations de confrères que cela pourrait entraîner. Parmi les solutions aux déserts médicaux, on trouve également le développement de la télémédecine. Les consultations à distance, la prise en charge des patients via les ressources numériques et les pré-diagnostics en ligne suscitent beaucoup d’attentes. Mais leur mise en place reste encore, pour une grande part, à l’état de promesse. Dès lors, tous les espoirs se concentrent, aujourd’hui, sur les maisons médicales. C’est le dispositif qui recueille le plus de soutien chez les candidats à l’élection présidentielle, notamment celui de la droite, François Fillon qui souhaite voir ce type d’établissement se multiplier. Une étude scientifique récente montre que dans les espaces à dominante rurale, où près des ¾ des maisons de santé sont implantées, une logique de rééquilibrage et de maintien de l’offre de soins de premiers recours se dessine. Par ailleurs, les résultats concluent à une évolution favorable de la densité de médecins généralistes dans les espaces avec des maisons de santé. Devant cette mutation rapide du paysage médical, l’Ordre des médecins a lancé une enquête de terrain pour savoir si les maisons de santé constituent vraiment la panacée. Les résultats seront rendus publics d’ici la fin du mois de janvier. Quelque soit le niveau de service réellement rendu par ces établissements de santé pluriprofessionnels, la question de leur financement reste posée. Certains maires sont prêts à mettre la main à la poche parce qu’ils accueillent ces équipements, mais ceux des communes limitrophes y voient un intérêt bien moindre… Par ailleurs, la multiplicité de financeurs (Assurance-maladie, département, intercommunalité, ville) qui peuvent se retirer d’une année sur l’autre interroge la viabilité de ces projets, dont le coût est estimé à 800 000 euros en moyenne selon l’Ordre des médecins. Nul doute que les inégalités territoriales d’accès aux soins vont, jusqu’à l’issue du scrutin du 7 mai prochain, cristalliser toutes les passions. Un processus qui verra, peut-être, émerger des solutions efficaces, à défaut d’être consensuelles. »

Présidentielle 2017 : Valls vainqueur à la primaire (sondage)

Présidentielle 2017 : Valls vainqueur à la primaire (sondage)

 

D’après les premiers sondages relatifs à la primaire de la gauche Manuel Valls semble en position de l’emporter avec au premier tour un score à peu près équivalent au double de Montebourg ou de Hamon. Au second tour, ce serait un peu plus serré mais Manuel Valls triompherait avec autour de 55 %. Une enquête Harris Interactive pour France Info publiée ce jeudi place Manuel Valls largement en tête du premier tour avec 43 % des intentions de vote, tandis qu’Arnaud Montebourg et Benoît Hamon se disputeraient la qualification au second tour avec respectivement 25 % et 23 % d’intention de votes.  Mais la dynamique semble en faveur de l’ancien ministre de l’Education nationale, qui gagne 11 points par rapport à la précédente enquête, contre seulement trois points supplémentaires pour Arnaud Montebourg, tandis que Manuel Valls accuse pour sa part une baisse de deux points. Entré en campagne récemment, Vincent Peillon ne séduirait que 7 % des sondés, Sylvia Pinel 2 %, François de Rugy 1 % et Jean-Luc Bennahmias 0,5 %. Au second tour, Manuel Valls l’emporterait face à Arnaud Montebourg avec 55 % des voix. Et dans une hypothèse où Benoît Hamon devancerait Arnaud Montebourg au premier tour, Manuel Valls l’emporterait avec 57 % des voix au second, selon le même sondage. Reste que la mobilisation pour la primaire de la gauche risque de faire pâle figure par rapport à la primaire de la droite qui a réuni plus de 4 millions d’électeurs. Ces tout juste si Cambadélis, secrétaire du parti socialiste envisage entre 1,5 et 2 millions de participants. Il n’est pas même certains que cette primaire attire autant d’électeurs. Le chiffre pourrait davantage se situer autour d’un million soit quatre fois moins que la primaire de la droite. En cause, le fait que les électeurs sont conscients que la primaire de la gauche n’a pas vocation à désigner candidat destiné à se qualifier pour le second tour des présidentielles mais à se positionner pour prendre la tête du parti socialiste lors du prochain congrès. Un enjeu évidemment peu mobilisateur.

Sondage 2017: Macron devant Le Pen ?

 

 

Avant la trêve,  les sondages donnaient autour de 13% à Macron mais désormais Macron se situe entre 18 et 24% selon les scénarios. En clair,  ses chances de se qualifier pour le second tour deviennent sérieuses. L’ex-ministre de l’Economie pourrait ainsi prendre la place de la présidente du Front national si Arnaud Montebourg est le candidat du Parti socialiste et si le président du Modem, François Bayrou, ne se présente pas. Dans ce cas de figure, Emmanuel Macron est crédité de 24% des intentions de vote, contre 22% pour Marine Le Pen, et il talonnerait alors le candidat de droite François Fillon (26%). Il ferait jeu égal avec la candidate d’extrême droite, également avec 24% des suffrages, si Vincent Peillon portait les couleurs du PS, et la talonnerait avec 23% des voix contre 24% si Benoît Hamon était le candidat socialiste. « Trois candidats apparaissent aujourd’hui en mesure de se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle », résume Elabe : « François Fillon pour chacune des hypothèses testées, Marine Le Pen (…) dans six hypothèses testées sur huit, Emmanuel Macron (…) en l’absence de François Bayrou, sauf si Manuel Valls est le candidat du PS. » En revanche, le candidat socialiste qui sortira de la primaire de la gauche est donné largement battu dès le premier tour, quel qu’il soit et dans toutes les configurations. Selon cette enquête réalisée les 3 et 4 janvier auprès de 995 personnes, François Fillon rallierait 26% à 28% des voix selon les cas de figure en l’absence du président du Modem, qui n’a toujours pas dévoilé ses intentions. Mais l’écart avec ses poursuivants immédiats se resserre, par rapport à la même enquête réalisée fin novembre. Dans la même configuration, Emmanuel Macron est crédité de 18% à 24% des voix, Marine Le Pen de 22% à 24%, le candidat de « La France insoumise », Jean-Luc Mélenchon, de 14% à 15% et l’ex-Premier ministre socialiste Manuel Valls de 13%. Les autres candidats socialistes à la primaire de la gauche, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Vincent Peillon, sont pour leur part respectivement crédités de 9%, 6% et 3% des intentions de vote au premier tour de la présidentielle. Une candidature de François Bayrou aurait surtout pour effet de prendre à François Fillon et Emmanuel Macron des électeurs centristes sans remettre en cause la hiérarchie des candidats. Dans ce cas de figure, François Fillon ne devancerait plus Marine Le Pen que d’un point (23% à 25% contre 22% à 24%) et perdrait ainsi sept à huit points par rapport à novembre, selon l’identité du candidat socialiste. Emmanuel Macron resterait le troisième homme avec 16% à 22%, Jean-Luc Mélenchon se stabilisant à 13-14%. Le candidat du PS serait là encore largement battu, quel qu’il soit, avec 12% d’intentions de vote pour Manuel Valls, 7% pour Arnaud Montebourg, 6% pour Benoît Hamon et 3% pour Vincent Peillon.

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