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1000 milliards d’euros pour relancer la croissance en Europe d’après le professeur Roland Berger

1000 milliards d’euros pour relancer la croissance en Europe d’après le professeur Roland Berger

Le professeur Roland Berger plaide pour un véritable plan de croissance de 1000 milliards pour les infrastructures. On est loin évidemment du mini plan de croissance de 120 milliards décidés au dernier sommet européen. Le professeur Roland Berger, fondateur du cabinet de conseil du même nom, propose de mobiliser les capitaux privés pour financer les gigantesques besoins en infrastructures dont l’Europe a besoin, dans les télécoms, l’énergie, l’eau, les routes. Ce serait le troisième pilier d’un plan de croissance qui compléterait l’effort fait par les états pour sauver l’euro.  En l’an III de la crise de la dette souveraine et de la crise financière, nos dirigeants politiques ne semblent plus connaître dans leurs programmes de sauvetage de l’euro que deux paquets de mesures : « l’austérité budgétaire » (pour les pays en crise) et le « financement » (pour les États membres du Nord encore solvables, l’Allemagne en particulier). Ces deux approches sont correctes et nécessaires, mais elles ne suffiront pas si l’on veut éviter l’effondrement de la monnaie communautaire, voire celui de l’Union européenne. Entre-temps, cette vision focalisée sur l’austérité et l’aide financière a entraîné l’Europe dans une crise triple. Primo, elle a exacerbé la crise de la dette publique et de l’euro. Secundo, l’économie de la zone euro et de l’UE se trouve maintenant en récession, conduite par les pays débiteurs avec leurs programmes d’austérité, qui ne sont pas sans rappeler ceux mis en œuvre en Allemagne dans les années 1920 au siècle dernier. Et tertio, l’intégration européenne fait face à une grave crise politique. L’économie des pays en crise est en pleine contraction, avec son cortège de chômage en hausse, de destruction de patrimoine et de tensions sociales. Certains médias de ces pays fustigent le « diktat de Bruxelles », qui les fait plonger dans la pauvreté. Les citoyens des pays du Nord, encore sains financièrement, se retrouvent dans une situation indésirable sans y être pour quoi que ce soit. Ils ne veulent pas risquer leurs économies pour aider les pays voisins à rembourser les dettes qu’ils ont accumulées « à force de gabegie ». L’Europe est profondément divisée. La croissance économique est nécessaire pour restaurer la confiance des citoyens dans leur monnaie et leur Union. Or, des programmes de croissance financés par l’État s’excluent eux-mêmes. D’une part, ils contribueraient à accroître encore l’endettement public, et de l’autre, ils ne résoudraient pas la crise de croissance, car il ne s’agit pas d’une crise de la conjoncture, mais d’une crise structurelle de la compétitivité qu’on ne saurait maîtriser qu’en initiant des réformes structurelles, y compris des réductions des dépenses, des salaires et des coûts. Alors que faire ? Pour sortir de la crise, une stratégie de croissance favorisée par l’État, mais financée par le secteur privé et satisfaisant aux principes de l’économie de marché, s’impose. Elle servirait à développer et à moderniser les infrastructures européennes. On estime à pas moins de 1.000 milliards d’euros les investissements nécessaires, et cela uniquement pour l’UE. Et 170.000 milliards provenant de fortunes privées à travers le monde sont prêts à les financer. La tâche de la politique consisterait à guider les capitaux privés vers les projets d’infrastructure, à instituer des réglementations favorables à la concurrence et aux investisseurs et un environnement exempt d’idéologie et juridiquement stable basé sur l’économie de marché. Au sommet de la liste de projets potentiels, l’infrastructure de télécommunications a besoin d’autoroutes de données à large bande pour assurer son renouvellement technologique. Une poli-ique de régulation européenne remontant à l’ère du monopole postal et téléphonique empêche encore que les investissements nécessaires soient attractifs. Ainsi, les grands opérateurs de télécommunications comme France Telecom, Telecom Italia, Telefonica etc., ne peuvent pas mobiliser des capitaux privés. Si nos dirigeants politiques se résolvaient à adopter une réglementation novatrice conforme au marché, cela pourrait entraîner une croissance significative. Avec des investissements de plus de 270 milliards d’euros dans l’infrastructure de communication, on ne réussirait pas seulement à créer plusieurs centaines de milliers d’emplois en Europe, mais la productivité des usagers de l’industrie privée et de l’administration publique augmenterait elle aussi. De plus, une industrie de l’informatique et de l’Internet européenne, à l’image de Google, Amazon ou Facebook aux États-Unis, pourrait enfin se développer. Un autre exemple est l’approvisionnement en énergie : en Europe, il va falloir investir ces prochaines années, surtout du fait du « virage énergétique » allemand, 220 milliards d’euros dans les réseaux et le stockage. Cela requiert une politique de l’énergie de dimension européenne et la sécurité de planification nécessaire. Elles n’ont toujours pas été mises en place. Au niveau de la canalisation et de l’épuration des eaux usées, on estime que l’attente en matière d’investissement s’élève à au moins 200 milliards d’euros. Et pour les travaux routiers, les besoins d’investissement sont évalués à 180 milliards d’euros. Malheureusement, en Europe, l’idéologie qui prédomine est que l’infrastructure doit rester aux mains de l’État, avec des variantes bizarres d’un pays à l’autre. Ainsi, en France, l’approvisionnement en eau fait partie du secteur privé, mais l’État doit fournir l’électricité. En Allemagne en revanche, l’alimentation en eau est publique, tandis que l’approvisionnement en électricité est en grande partie effectué par des entreprises privées. Dans de nombreux pays, il existe des autoroutes à péage gérées par des sociétés privées ; il n’y a qu’en Allemagne, pays de transit par excellence, que cela semble impossible pour on ne sait quelle raison. Les incohérences de ce genre sont légion. Un programme d’infrastructure financé au moins partiellement par des investisseurs privés, conçu sous la forme d’un plan de croissance pour l’Europe soumis aux lois du marché, pourrait donc être le troisième pilier encore manquant d’un programme de sauvetage de l’euro cohérent, à côté de celui du changement structurel créé par l’austérité pour une meilleure compétitivité et une meilleure discipline budgétaire dans le Sud, et de celui du financement provisoire solidaire destiné à calmer les marchés financiers fourni par l’Allemagne et les pays du Nord membres de la zone euro. De cette façon, l’Europe pourrait en pleine crise se donner une économie hautement novatrice et productive dotée d’une excellente infrastructure. Les fournisseurs de capitaux privés profiteraient de la croissance et de la productivité accrue, les salariés d’une hausse des emplois de haute qualité. Simultanément, les États pourraient réduire leur dette grâce à l’augmentation des rentrées fiscales et la réduction des dépenses sociales. De plus, on restaurerait ainsi la confiance de la population dans l’euro et dans l’intégration européenne.

 

 




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