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Sondage Covid France : les Français pour la suppression du masque mais encore inquiets pour la situation sanitaire

Sondage Covid France : les Français pour la suppression du masque mais encore inquiets pour la situation sanitaire

Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro. 6 Français sur 10 sont encore inquiets pour la situation sanitaire cependant la suppression du masque en extérieur sans attendre la fin du mois, comme annoncé initialement, est approuvé par 77% des sondés par ailleurs les Français admettent volontiers le maintien de l’obligation du port du masque en extérieur et des jauges dans les lieux accueillant du public: respectivement 85% et 80% des sondés jugent que c’est une bonne décision. Le port du masque en intérieur est même approuvé par plus de 90% des 65 ans et plus !

 72% des personnes interrogées jugent que le gouvernement a eu raison d’ouvrir la vaccination aux 12 ans et plus.

Les Français semblent aussi bien plus sereins qu’il y a six mois par rapport à l’épidémie: ils ne sont plus «que» 36% à s’inquiéter pour leur santé (c’est encore beaucoup, mais c’est 17 points de moins qu’en janvier), 52% de celle de leur proche (-21 points).

Six sondés sur dix restent inquiets de la situation sanitaire du pays, mais c’est tout de même 23 points de moins qu’en janvier, et bien moins encore qu’au printemps 2020 à la sortie du premier confinement. Que ce soit pour leur santé, celle de leurs proches ou la situation sanitaire du pays, les Français n’ont jamais été aussi confiants depuis le mois d’avril 2020, en plein confinement.

 

La « dérive morale du monde occidental » ?

 La « dérive morale du monde occidental » ?

Auteur influent de la droite religieuse américaine, le journaliste pointe dans son ouvrage le recul des libertés imposé, selon lui, par les intellectuels d’une gauche qui prêche une transformation radicale de la société.

 

Livre ( Analyse du Monde). Journaliste et essayiste, Rod Dreher est l’un des auteurs les plus influents de la droite religieuse aux Etats-Unis. Face à une Amérique qui se sécularise, il défend le « localisme », un repli des chrétiens au sein de communautés où ils peuvent vivre en accord avec leur foi. C’était le thème principal de son Pari bénédictin (Artège, 2017). L’ouvrage qu’il propose aujourd’hui va plus loin, il souhaite, dans un livre proche du manuel, aider ses lecteurs à « résister au mensonge ».

A l’ère de la contre-vérité, de la désinformation, ce que l’on définit comme faux en dit beaucoup sur nos opinions politiques. Pour Rod Dreher, si les démocraties libérales tournent au « soft totalitarisme », diffusant des mensonges auxquels chacun est sommé d’adhérer, c’est qu’elles sont sous l’emprise du « wokisme » de la gauche radicale, férocement engagée contre le racisme. Encore récemment, on disait « politiquement correct ».

Dreher définit le phénomène en « un ensemble de croyances progressistes incompatibles avec la plus élémentaire logique – et certainement avec le christianisme ». Ce système de pensée ne serait cependant pas diffusé principalement par l’Etat, mais davantage par les grandes entreprises des nouvelles technologies, rassemblées sous l’acronyme Gafam, dont les salariés ont généralement étudié à l’université. C’est là que prospère « une mouvance qui cherche à réduire l’histoire de l’Occident à son seul passé colonial et esclavagiste ».

Le recul de la liberté ne peut être mieux compris que par ceux qui ont déjà vécu une telle régression. Rod Dreher se rend pour cette raison dans les anciens pays du bloc communiste. Il y multiplie les rencontres, Kamila Bendova, la veuve de Vaclav Benda (1946-1999), intellectuel et dissident tchèque, signataire de la Charte 77 qui donna naissance au mouvement de dissidence dans la Tchécoslovaquie soviétique ; un historien slovaque ; une famille russe orthodoxe habitant Moscou…

Chaque fois, la mise en garde est la même : lentement, sans que vous vous en aperceviez, ce qui s’est passé dans mon pays est en train de se produire chez vous. Le même zèle révolutionnaire s’est emparé des esprits, les intellectuels prêchent une transformation radicale de la société et imposent leur vision du monde par l’intimidation. Hier, c’était le mariage gay, demain ce sera pire encore, estiment-ils.

Amazonie : Le projet du Ferrograo qui va tuer

La déforestation de l’Amazonie bat des records jamais atteints depuis 2016, et cette tragédie n’est pas une catastrophe naturelle. En plus des feux criminels et de l’assèchement budgétaire de tous les programmes de protection environnementale, le gouvernement brésilien vise à ouvrir encore plus la forêt à l’agrobusiness et à l’industrie minière avec la construction d’un nouvel axe ferroviaire pour éventrer le cœur de l’Amazonie : le Ferrograo.

Conçu et développé pendant les deux derniers gouvernements, le Ferrograo (littéralement, le « chemin de fer du grain ») doit traverser la forêt du sud au nord sur plus de 900 kilomètres pour relier les régions agricoles du Centre-Ouest au bassin amazonien. Le projet risque de faire basculer la destruction de la forêt vers un niveau irréversible et menace la survie de dix-sept peuples indigènes. L’objectif est de créer un corridor d’exportation qui inscrira la domination de l’agrobusiness dans les dernières zones encore préservées de l’Amazonie.

 

Les cinq plus grandes multinationales de trading qui contrôlent l’agrobusiness au Brésil sont de la partie : ADM, Bunge, Cargill, Dreyfus et Amaggi. Ensemble, elles veulent pérenniser un axe commercial entre le Brésil et la Chine, prospérant au mépris des questions environnementales, des droits humains et du bien-être animal. Cette alliance public-privé déchirerait l’Amazonie en deux blocs territoriaux, ouvrant la forêt à d’autres acteurs en quête de richesses naturelles : exploitants miniers, chercheurs d’or, éleveurs et braconniers.

Pour faire adopter le Ferrograo, Bolsonaro et son gouvernement ont usé du savant mélange de mauvaise foi et d’autoritarisme qui les caractérise. Les limites de l’important parc national de Jamanxim ont été retracées en toute illégalité pour faciliter le passage du chemin de fer. Les consultations obligatoires avec les populations indigènes ont été manipulées ou simplement ignorées, en violation avec les normes de l’Organisation internationale du travail (OIT) et la déclaration des droits des peuples indigènes de l’ONU. Ces manœuvres ont conduit à la suspension temporaire du projet par la Cour suprême du Brésil.

Hongkong: chape de plomb encore plus lourde et arrestation de journalistes

  • Hongkong: chape de plomb encore plus lourde et arrestation de journalistes
  • Le retour des pires jours communistes aussi à Hong Kong avec à la fois des discours honteusement mensongers et la répression. Bref la dictature communiste qui écrase. Cinq dirigeants d’Apple Daily  ont été arrêtés au cours d’une descente dans les locaux d’Apple Daily, au cours de laquelle quelque 500 policiers ont été mobilisés, «pour collusion avec un pays étranger ou avec des éléments externes visant à mettre en danger la sécurité nationale», a indiqué la police de Hongkong dans un communiqué. Une source policière a confirmé à l’AFP que les cinq personnes occupaient toutes des fonctions de direction au sein de Next Digital, maison mère d’Apple Daily.
  • Ces arrestations constituent la dernière opération policière en date visant le tabloïd, qui a apporté un soutien sans faille au mouvement pro démocratie.
  • Il s’agit du second raid visant Apple Daily en moins d’un an. Le milliardaire Jimmy Lai, propriétaire du journal, a été accusé de collusion après le raid mené en août. Il est actuellement emprisonné en vertu de plusieurs condamnations pour avoir participé à certaines des manifestations pro démocratie ayant agité Hongkong il y a deux ans. La police a en outre annoncé jeudi avoir gelé 2 millions d’euros d’actifs du journal Apple Daily. Il s’agit de la première saisie d’actifs réalisée à Hongkong contre une entreprise de presse.

Le général Lecointre remplacé …..et victime du Sahel ?

Le général Lecointre remplacé …..et victime du Sahel ?

On se demande bien quel était l’urgence de remplacer de général chef d’état-major des armées. À moins que François Lecointre ne soit une des victimes du fiasco de l’opération barkhane.

Ce départ intervient alors que le chef de l’Etat vient d’annoncer, après plus de huit ans d’engagement massif, une réduction de la présence militaire française du Sahel, marquée par la fermeture de bases et une réarticulation de la lutte antidjihadiste autour d’une « alliance internationale » associant des Européens. Bref un remplacement qui pourrait bien signifier aussi un désengagement de la France dans nombre d’opérations extérieures.

 

Les fractures du G7

Les fractures du G7 

 

 

Angela Merkel n’a pas employé de grandes phrases. La puissance du geste a suffi. En décidant de ne pas se rendre aux Etats-Unis, fin juin, pour participer à un hypothétique sommet du G7 évoqué par Donald Trump, précédé d’aucune préparation sérieuse, la chancelière allemande a marqué les esprits. Le 29 mai, son porte-parole a évoqué la pandémie pour justifier cette position préventive. Mais celle-ci encapsule aussi tout ce qui ne va pas dans la relation transatlantique : l’improvisation dans laquelle la Maison Blanche conçoit sa politique étrangère, le mépris à l’égard de ses alliés traditionnels et, enfin, la frustration de ces derniers.

De son côté, l’Elysée a surtout veillé à ne heurter personne. La présidence française a expliqué qu’en l’absence de l’un des membres du G7, il n’était pas concevable de tenir le sommet. Lors d’un entretien téléphonique avec son homologue américain, Emmanuel Macron a répété ce point. De même, Paris estime qu’il faut d’abord s’accorder sur un menu complet et utile, avant de fixer une date de sommet. « Le G7 tel que le conçoit le président de la République doit être un moment de clarification politique », souligne-t-on à l’Elysée.

Dans l’entourage de M. Macron, on met en avant le rôle de la France dans la préparation et la tenue du G7 par visioconférence, le 16 mars, en pleine pandémie. Cette réunion par écrans interposés avait permis d’afficher une détermination à faire « tout ce qui est nécessaire » pour affronter la crise sanitaire et ses conséquences. L’Elysée se félicite aussi du rôle moteur de la France dans la promotion d’un moratoire, au sein du G20, sur le service des dettes des pays africains.

Mais ces efforts pour promouvoir le multilatéralisme ne sont pas toujours concluants. Angela Merkel a ainsi renoncé au sommet UE-Chine, prévu le 14 septembre à Leipzig. Ce rendez-vous avec le président chinois, Xi Jinping, est reporté, officiellement aussi en raison du Covid-19. La France, de son côté, a dépensé ces derniers mois une énergie considérable pour favoriser un sommet inédit : celui des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, Etats-Unis, Russie, France et Royaume-Uni). Or, les motivations parfois contradictoires de ces Etats rendent le projet douteux et son potentiel limité, dans un contexte d’affrontement sino-américain.

Dans la soirée du samedi 30 mai, la situation s’est encore compliquée au sujet du G7. Donald Trump souhaitait dorénavant son report en septembre, voire après la présidentielle américaine de novembre, tout en élargissant le cercle des participants. Le G7 « est un groupe de pays très daté », déclarait-il. Le président américain citait le retour espéré – par lui, et personne d’autre – de la Russie, ainsi que l’intégration de pays amis comme l’Australie, la Corée du Sud et l’Inde. Un G11, en somme. En principe, un pays tiers ne peut être qu’associé à l’événement. Ainsi, lors du G7 d’août 2019, à Biarritz, la France avait convié l’Afrique du Sud, l’Australie, le Chili et l’Inde, ainsi que quatre pays du continent africain.

2022 :Xavier Bertrand reçoit le soutien déterminant du président du Sénat

  • 2022 :Xavier Bertrand reçoit le soutien déterminant du président du Sénat
  • Le soutien et le déplacement du président du Sénat dans l’honneur en faveur de Xavier Bertrand constitue sans doute l’onction qui manquait pour rendre la candidature de Xavier Bertrand officielel dans le camp des républicains. Certes le président du Sénat, Gérard Larcher venait soutenir dans le nord le candidat aux élections régionales des hauts de France. Mais cette présence du président du Sénat va bien au-delà, elle apporte ce soutien officiel d’une des principales autorités du parti des républicains en faveur de Xavier Bertrand pour les élections présidentielles de 2022.

Un A320 avec du carburant 100 % verts : une escroquerie

Un A320 avec du carburant 100 % verts : une escroquerie

Le carburant 100 % vert pour l’aérien constituent la même escroquerie que l’électricité 100 % verte d’Engie. Énergie verte, électricité verte est maintenant carburant aérien vert. Une véritable escroquerie évidemment car il ne s’agit nullement de réduire la totalité des émissions de CO2. On va tout simplement Substituerau kérosène un autre carburant avec soi-disant 100 % de carburant alternatif mais dont beaucoup auront besoin du pétrole notamment pour être produit (déchets industriels et agricoles par exemple) .

Désigné sous le nom de code de VOLCAN (Vol avec Carburants Alternatifs Nouveaux), ce projet franco-français sera non seulement une première pour un appareil de cette taille, mais il permettrait  également de mesurer pour la première fois, en conditions réelles, les émissions polluantes d’un vol au carburant dit « vert ». Sur le papier, ces nouveaux carburants issus de la biomasse, des déchets de l’industrie alimentaire ou forestière ou bien synthétisés à base d’hydrogène, sont susceptibles de réduire de 80 % les émissions de CO2 d’un avion, comparé au kérosène à base de pétrole. Mais jusqu’à présent, leur utilisation s’est toujours faite en complément de jet fuel classique.

 

« Nos moteurs actuels sont déjà certifiés pour fonctionner avec jusqu’à 50 % de carburants alternatifs, explique Stéphane Cueille, le directeur de l’innovation chez Safran, qui produit la majorité des moteurs d’Airbus A320 et de Boeing 737. Passer de 50 % à 100 % ne présente pas de difficulté technique majeure. Mais nous devons vérifier la compatibilité des joints, des pompes et des différents composants du système de propulsion, avant de pouvoir certifier des vols à 100 % ».

Selon le directeur de Safran, cet objectif d’une certification des vols avec 100 % de carburants alternatifs, devrait être atteint « vers la fin de la décennie » au plus tard. « Mais si nous pouvons aller plus vite, nous le ferons », précise-t-il. Car l’enjeu est considérable. Les carburants alternatifs sont non seulement le meilleur outil actuel pour réduire de 50 % les émissions de CO2 des vols courts et moyen-courriers, en attendant un éventuel nouveau modèle d’Airbus à hydrogène vers 2035, mais ils sont aussi la seule solution de long terme pour les long-courriers.

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« Allégement » du baccalauréat :  » Une tête bien faite, mais pleine de vide « 

« Allégement »  du baccalauréat :  » Une tête bien faite, mais pleine de vide « 

La professeure de philosophie Hélène Péquignat a choisi le mode humoristique pour saluer, dans une tribune au « Monde », le renoncement à toute ambition intellectuelle dans la réforme du bac mise en œuvre par Jean-Michel Blanquer.

 

 

Tribune.
Trente ans, trente ans de bons et loyaux services, au service du bac. Trente ans de correction de copies de bac, à raison de 130 copies en moyenne par session, ça commence à en faire, des kilos de papier, de feuilles doubles pesantes, lestées de cette valeur symbolique de la fameuse « épreuve de philosophie », ce rite républicain dont le panache rayonne à l’international, si l’on en croit les journaux. Rien que de le savoir, je me sens pousser des ailes. 

Alors oui, j’accueille avec enthousiasme le maître-mot de cette session 2021, placée sous le signe de l’allégement : soyons légers, soyons « light » en effet, et nous ne nous en porterons que mieux ! Allégé, le poids du savoir et du travail, puisque le fait d’avoir suivi l’année permettra sans doute d’obtenir 10 d’emblée… à moins que les sous-jurys d’harmonisation (entendez ici sous-jurys d’ascension) ne fassent jouer leurs passe-droits pour que vous, pauvre élève victime du Covid, puissiez obtenir plutôt 13.

Allégé, le temps d’harmonisation, puisque vous, heureux correcteur au service de chacun, pourrez toujours interrompre votre réunion en visio pour faire le tour de votre jardin et vous aérer l’esprit, de façon à pouvoir poursuivre non-stop vos échanges entre collègues jusqu’au retour de vos copies, et ce dix jours durant, week-end compris. A défaut, un vélo elliptique de chez Décathlon fera l’affaire.

Un gain de productivité

Allégée, la lassitude de la répétition des corrections, puisque vous allez varier les plaisirs : deux jours de copies, un jour d’épreuves de Grand Oral, deux jours de copies, et hop, on y retourne.

Allégées, les interrogations métaphysiques sur la façon dont vous allez occuper vos journées du 17 juin au 9 juillet : entre les copies, le Grand Oral, les réunions d’entente, de pré-harmonisation des sous-jurys, de sous-harmonisation des sur-jurys et de concertation harmonieuse inter-jurys des premiers et seconds groupes, vous pourrez allégrement remplir toutes les pages de votre agenda et même en créer de nouvelles, charge à vous de trouver un petit moment pour les décorer, c’est si mignon. Et n’oubliez pas au passage de modifier votre rendez-vous pour la seconde injection de vaccination, il y a des créneaux le samedi !
Allégé, le temps dont vous allez disposer pour corriger tout ce fatras : de trois semaines en 1985, nous sommes passés à 8 jours tout au plus, c’est dire si les profs de 2021 sont devenus ultra-performants ! Un tel gain de productivité, mon Dieu que c’est beau !

Gifle à Macron : la désacralisation du corps politique

Gifle à Macron : la désacralisation du corps politique

 

L’agression subie par Emmanuel Macron n’illustre en rien une montée de la violence mais reflète la désacralisation du corps politique, l’effacement des partis, qui ne jouent plus leur rôle de médiation, et le narcissisme qu’encouragent les réseaux sociaux, analyse, dans une tribune au « Monde », Xavier Crettiez, professeur de science politique.

 

Que nous dit la désormais fameuse baffe portée au président lors d’une « visite de terrain » au plus près de la population, le 8 juin, à Tain-l’Hermitage (Drôme) ? Sûrement pas grand-chose sur la violence en politique. Succédant à divers épisodes où les élus ont pu éprouver une colère à fleur de peau, elle n’illustre en rien « une montée de la violence dans notre pays » et « un débordement de haine contre la République », comme on a pu le lire ici ou là.

 

La violence n’est pas nouvelle en politique. Outre que le conflit est consubstantiel à l’activité politique, qui a aussi comme tâche de transmuer la régulation par les coups en régulation par les mots, la violence a toujours existé, y compris contre les élus, même les plus illustres d’entre eux.

Le général de Gaulle a fait l’objet de plusieurs tentatives d’atteinte à sa vie, dont l’attentat du Petit-Clamart − commis le 22 août 1962 par des nostalgiques de l’Algérie française −, resté dans les mémoires. Avant lui, un futur président du Conseil socialiste, Léon Blum, alors député de Narbonne, avait, le 13 février 1936, dans le quartier Saint-Germain-des-Prés, à Paris, échappé de peu à un lynchage des Camelots du roi, formation monarchiste activiste d’extrême droite.

Non seulement la violence n’est pas nouvelle, mais elle fut même bien pire dans les années d’entre-deux-guerres, époque de « milicianisation » de la rue, où les affrontements entre anciens combattants communistes, royalistes, fascistes étaient monnaie courante. Nous n’évoquerons pas la trentaine de morts du 6 février 1934 et son millier de blessés en plein cœur de la capitale.

Les années 1970, dans le sillage des affrontements idéologiques puissants de Mai-68, furent également des moments de tensions où bien des oppositions se réglaient à coups de barre de fer. Une récente étude d’un collectif de chercheurs [Violences politiques en France, Isabelle Sommier, Xavier Crettiez et François Audigier, Presses de Sciences Po, 2021, 416 p., 24 euros] a constitué la plus importante base de données de la réalité de la violence politique en France, ces quarante dernières années. La violence est une réalité, mais elle doit être relativisée.

 

La France a connu, sur cette période de presque quarante ans, un peu plus de six mille épisodes de violence politique, dont 87 % n’ont fait aucune victime. Pour le reste – hors épisodes « gilets jaunes » –, on comptera 446 blessés légers, 158 blessés graves et 418 décès.

La fin du bac

 

La fin du bac

Comme le ridicule ne tue pas, on va sans doute cette année dépasser encore tous les records en matière de réussite au bac. Un jour on pourra même atteindre et même dépasser les 100 % en accordant le précieux diplôme y compris à ceux  qui ne sont pas candidats.

 

Une manière de satisfaire les familles tellement contentes des prouesses étudiantes de leur progéniture. Car le bac récompense surtout l’entourage mais ne permet guère une orientation pertinente soit vers des études longues encore moins vers des filières professionnelles et technologiques. ( Sauf évidemment pour les meilleurs qui s’en tirent toujours).

 

Quand les jeunes atteignent 18 ans, il est difficile de les réorienter vers ces filières professionnelles et technologiques. Les jeunes sont alors des adultes et supportent assez mal la discipline et la rigueur qu’impose l’apprentissage d’un métier moins noble que celui qui découle de l’université.

 

Le problème c’est que la plupart des détenteurs de bac vont s’inscrire à l’université mais seront immédiatement rejetés faute de niveau suffisant. Bref des chômeurs potentiels dont certains vont d’ailleurs s’installer pour un bon moment dans cette tragique situation sociale.

Évidemment tout le monde est complice concernant le tabou du bac. Les familles comme déjà indiqué en premier mais tout autant le système éducatif et les responsables politiques. Un système éducatif complètement dévalorisé par le collège unique qui a considérablement affecté le niveau général des élèves comme en témoignent des classements internationaux dans tous les domaines.

Une filière professionnelle par l’apprentissage qui ne suscite que mépris en tout cas un manque de considération de la part de tous. Résultat on ne trouve plus la main-d’œuvre qualifiée pour des métiers pourtant rémunérateurs.

Le pire c’est que dans la catégorie des sans qualification, il y a aussi un mépris pour les tâches subalternes dans l’agriculture, le bâtiment et autres. Du coup les secteurs professionnels sont contraints de faire venir de la main-d’œuvre par exemple de la Roumanie, de la Bulgarie, de la Pologne, de l’Espagne ou encore du Maroc.

 

Bref la question du bac soulève la problématique plus générale du système éducatif et de l’orientation. Une des raisons du niveau exceptionnel du chômage en France et du montant des aides sociales.

Pour une réforme du lycée qui ne soit pas étriquée

Pour une réforme du lycée qui ne soit pas étriquée

François Portzer, Ancien président national du SNALC milite pour une réforme qui tienne compte des différentes aptitudes

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Tribune

Abonné au Monde, ancien syndicaliste enseignant (président national du SNALC de 2011 à 2018), j’enseigne en classe de première et de terminale l’histoire-géographie et la spécialité HGGSP (histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques) au lycée Rabelais de Saint-Brieuc. Au vu de l’actualité, je me permets donc de vous faire part du ressenti d’un prof de terrain à propos de la réforme du lycée actuellement en cours.

Cette dernière avait pour but à mes yeux de remettre en cause le poids écrasant de la filière S (60 % de la filière générale), filière attrape-tout privilégiée par les bons élèves et les enfants des classes aisées parce qu’elle ne fermait aucune porte, au détriment des autres filières aux débouchés plus aléatoires. Elle devait dès lors permettre, par le jeu des nouvelles spécialités, l’expression d’aptitudes plus diverses et d’en finir avec la prééminence systématique des mathématiques comme instrument de sélection scolaire et sociale.

Dès le début, comme toutes les réformes du lycée avant elle, elle a dû faire face à l’opposition farouche de la quasi-totalité des organisations syndicales, à commencer par l’organisation majoritaire, le SNES, ce qui a notamment abouti en 2020 dans de nombreux établissements à un boycott sans précédent des « E3C », premières épreuves communes en histoire-géographie et en langues comptant pour le nouveau bac. Bien sûr, la pandémie n’a rien arrangé et a contribué également à perturber grandement le bon déroulement de la réforme.

Dans ce contexte houleux, on ne peut d’abord nier que toutes les disciplines ne sont pas logées à la même enseigne et que, n’en déplaise à beaucoup, la réforme a été bénéfique pour les historiens-géographes : ils ont conservé trois heures en première et terminale avec des programmes qui peuvent à mon sens être sans problème traités dans l’année. Et surtout, ils se sont investis dans la nouvelle spécialité histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques, dont les programmes sont passionnants : jamais auparavant il n’avait été en effet possible d’aborder dans le secondaire la révolution portugaise de 1974, la Turquie d’Atatürk, la guerre de Sept Ans, le génocide des Tutsis ou le patrimoine du Mali !

Les élèves ne s’y sont d’ailleurs pas trompés : ils sont nombreux à choisir cette nouvelle spécialité où la grande majorité réussit et où des horaires conséquents (quatre heures hebdomadaires en première et six heures en terminale) permettent sans problème de finir les programmes en apportant aux élèves une ouverture intellectuelle sans équivalent dans le secondaire jusque-là. Il faudra bien sûr que l’enseignement supérieur prenne la mesure de cette évolution majeure en ouvrant par exemple largement les portes des classes préparatoires aux grandes écoles littéraires et des Instituts d’études politique aux meilleurs élèves qui ont fait le choix de cette spécialité.

En revanche, il ne faut pas se cacher que d’autres disciplines sont moins bien loties par cette réforme : c’est notamment le cas des mathématiques, qui, on le sait, succédèrent après la Seconde guerre mondiale au latin et au grec comme instrument de reproduction sociale des classes aisées. Si elles demeurent toujours l’outil indispensable pour entrer dans la plupart des grandes écoles – ce qui explique qu’à l’instar de l’ancienne filière S, elles demeurent le choix privilégié des mâles CSP + soucieux de préserver leur rang social -, le niveau de la nouvelle spécialité mathématique est beaucoup plus relevé que celui de la défunte première S, ce qui entraîne de nombreux abandons en fin de première ou le recours massif à des cours particuliers pour les plus fortunés…

Ce changement de statut des mathématiques, matérialisé par l’absence d’heures dans le tronc commun, est très mal vécu par les collègues scientifiques qui ont ainsi perdu un peu de leur prééminence au sein des lycées et surtout de nombreuses heures mettant certains postes en péril. On le voit, la réforme du lycée, qui vise à promouvoir des parcours d’excellence plus diversifiés, impacte les intérêts disciplinaires ce qui explique en grande partie le mécontentement de nombreux collègues sur le terrain.

D’autres facteurs entretiennent ce mécontement : l’incapacité de certaines régions, à commencer par la Bretagne, à fournir aux lycéens des manuels tenant compte des nouveaux programmes, le fait que les E3C obligent les collègues concernés à traiter scrupuleusement le programme et à former rapidement les élèves de première aux exercices spécifiques de la discipline (la composition et l’analyse de document en histoire-géographie, par exemple) ou encore l’incapacité du corps d’inspection, à quelques semaines de l’examen, à donner des consignes claires pour le grand oral…

Pour conclure, malgré toutes ces difficultés inhérentes à la mise en place de toute nouvelle réforme, je suis persuadé en tant qu’historien-géographe que la nouvelle spécialité HGGSP constitue pour de nombreux lycéens une opportunité intellectuelle sans précédent qui doit contribuer à la promotion sociale des plus défavorisés et à la remise en cause des mathématiques comme outil exclusif de reproduction de la bourgeoisie.

Hydrogène : une perspective de division par 10 du prix de la pile à combustible

Hydrogène : une perspective de division par 10 du prix de la pile à combustible

Philippe Rosier, patron de Symbio veut profiter de la dynamique autour de l’hydrogène pour s’imposer en France, mais aussi à l’international, comme un leader de la fabrication de la pile à combustible  (Interview dans la Tribune)

 

 

Le marché de la pile à combustible et de l’hydrogène a été largement bousculé ces trois dernières années, qu’est-ce que cela a changé pour Symbio qui travaille sur cette technologie depuis une dizaine d’années ?

PHILIPPE ROSIER - Pour remettre les choses en perspective, la pile à combustible est une vieille technologie. Je rappelle que la fusée Apollo qui était partie sur la Lune était équipée d’une pile à combustible. Ce qui a changé ces dernières années, c’est le phénomène de transition énergétique et le besoin de solutions technologiques de décarbonation. Cette volonté butte sur un obstacle physique et très concret: l’intermittence des énergies renouvelables et l’impossibilité de stocker l’électricité. C’est dans ce contexte que l’attrait pour la pile à combustible a pris un essor spectaculaire entre 2019 et 2020 avec des plans d’investissements colossaux annoncés par plusieurs États, en France, en Allemagne, aux États-Unis et en Chine. L’hydrogène est ainsi arrivé comme une évidence et une solution. Et de ce point de vue, Symbio est très bien positionné dans la partie mobilité qui sera un des principaux leviers de développement de l’hydrogène ces dix prochaines années. C’est pour cette raison que nous avons décidé de changer notre modèle économique en devenant un équipementier de rang 1.

Selon vous, la pile à combustible est la solution idéale pour décarboner la mobilité de demain.

Elle fera partie de l’équation, c’est-à-dire un complément à l’électro-mobilité à batteries. On voit bien que la voiture électrique telle qu’on la connaît aujourd’hui rencontre de nombreuses limites en fonction des usages comme l’autonomie, la recharge rapide ou le transport de masse. C’est là qu’intervient la pile à combustible. Ce n’est pas un substitut mais un complément qui ne changera pas la pertinence du modèle des batteries pour des usages du quotidien de quelques dizaines de kilomètres.

Vous pensez donc qu’il y a un modèle sur des voitures particulières à pile à combustible: est-ce que ce sera votre priorité ?

Oui, c’est possible dans certains cas d’usage. Mais la priorité de Symbio sera de s’attaquer dans un premier temps au marché des véhicules utilitaires légers. Nous avons signé un contrat avec le groupe Stellantis pour justement équiper leur gamme de VUL. Nous nous intéressons aussi aux bus – nous avons signé l’équipement de 1.500 véhicules avec le constructeurs français Safra  – puis aux poids lourds. La voiture particulière viendra dans un second temps.

De nombreuses études expliquent que le vrai marché de la pile à combustible est situé plutôt sur les poids lourds, c’est ici qu’il existe un modèle économique pertinent, notamment grâce au fameux TCO (coût à l’usage).

La feuille de route de Symbio consiste à être très offensif dans la baisse des coûts pour atteindre la parité avec la technologie diesel sur les VUL à horizon 2025-2026. C’est tout l’objet de notre site de production que nous inaugurerons en 2023 à Saint-Fons (banlieue sud de Lyon, Ndlr). D’ici 2030, nous pensons même atteindre la parité avec la voiture à batterie. Notre stratégie est de diviser les coûts de production par dix. Symbio est en train de se transformer. Ensuite, le TCO ne dépendra pas seulement du coût de la pile à combustible. Il y a un immense enjeu industriel dans le coût de production d’hydrogène vert, c’est-à-dire produit à partir d’énergies renouvelables.

Symbio est aujourd’hui détenu par deux équipementiers français qui fondent énormément d’espoir sur l’hydrogène, Faurecia et Michelin. Un autre grand groupe, le géant Bosch, vient d’annoncer un plan extrêmement ambitieux dans l’hydrogène. Est-ce un danger pour vous ?

Le marché de l’hydrogène sera, à terme, colossal et les choses vont aller très vite, comme le démontre l’annonce du groupe allemand. Cette annonce valide notre stratégie d’accélérer encore, y compris à l’international.

Quels sont vos projets à l’international ?

Nous avons identifié plusieurs marchés très favorables à l’hydrogène. Cela correspond aux pays en avance de phase dans la transition énergétique. Nous avons déjà des équipes commerciales installées à Shanghai et nous ouvrons un bureau cette année en Californie. Je rappelle que les poids lourds diesels seront bannis de cet État américain en 2024. C’est une opportunité extraordinaire pour la pile à combustible.

Les États ont annoncé de nombreux dispositifs de soutien à l’hydrogène. C’est selon vous indispensable ?

Tant que nous n’avons pas atteint la parité avec les autres technologies, en particulier le diesel, ces aides seront indispensables. Il ne s’agit pas seulement d’aides, mais également d’initiatives réglementaires, d’investissements dans les infrastructures de production et de distribution. Ce qui est en jeu, c’est la constitution d’une filière souveraine.

Extraterritorialité du droit: le Royaume-Uni imite les États-Unis

Extraterritorialité du droit: le Royaume-Uni imite les États-Unis

 

Avec le Brexit, Londres s’est émancipé de la règle d’unanimité qui prévaut dans l’UE en matière de politique étrangèreet t peut désormais sanctionner les succursales européennes d’entreprises britanniques pour des faits qui seraient commis n’importe où dans le monde, analysent les deux avocats Olivier Attias et Manon Krouti  du cabinet August Debouzy (Dans l’Opinion)

 

 

L’adoption récente par le Royaume-Uni du Global anti-corruption sanctions regulations (le « règlement GAC », conçu pour cibler les personnes impliquées dans des affaires de corruption d’agent public) n’en demeure pas moins un nouveau témoignage hautement stratégique de la nouvelle réalité géopolitique suscitée par le Brexit.

En effet, l’adoption de ce régime de sanctions indépendamment de toute décision du conseil de sécurité des Nations Unies marque le franchissement d’une nouvelle étape dans l’arsenal juridique de lutte contre la corruption internationale, mais aussi une nouvelle étape dans l’indépendance diplomatique et juridique des Britanniques vis-à-vis de l’Union européenne.

Ce nouveau programme sanctionne d’une interdiction d’accès au territoire britannique et de mesures de rétorsion économiques, les individus et sociétés désignés par le département du Trésor britannique comme ayant été « impliqués » dans des affaires de corruption graves. Il est ainsi interdit à tout ressortissant ou à toute société britannique ainsi qu’à leurs succursales étrangères, sous peine de sanctions pénales, de fournir des services financiers aux personnes et entités faisant l’objet des sanctions et, plus largement, de réaliser toute opération impliquant des mouvements de fonds envers ou au profit de ces personnes, ou pouvant avoir un quelconque effet sur leurs ressources économiques, sauf à avoir préalablement obtenu une licence les y autorisant.

Parmi les 22 personnes d’ores et déjà désignées par le Royaume-Uni comme faisant l’objet de ces nouvelles sanctions, pour avoir pris part à des schémas corruptifs en Russie, en Amérique latine, au Soudan ou en Afrique du Sud, 13 font également l’objet de programmes de l’Office of foreign asset control (Ofac), le bureau de contrôle de l’application des sanctions économiques internationales du Trésor américain, dans le cadre des sanctions dites Magnitsky – en écho au système frauduleux russe mis en lumière par l’avocat du même nom.

Le programme adopté par le Royaume-Uni témoigne donc de son ambition de se rapprocher des Etats-Unis, considérés comme les acteurs principaux de la lutte contre la corruption et aficionados de la méthode des sanctions économiques internationales pour donner du poids à leur politique étrangère. De là à dire que les Britanniques chercheraient, par contraste, à souligner les difficultés des Vingt-Sept à construire une vraie puissance européenne, capable d’imposer ses normes au reste du monde, il n’y a qu’un pas…

Le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères britannique a d’ailleurs affirmé de façon non équivoque son désir d’agir de concert avec les Américains, ce dont ces derniers se sont rapidement félicités par la voix de leur secrétaire d’Etat au Trésor, Janet Yellen. Or, fait notable, aucune des personnes visées par les sanctions britanniques et américaines n’est désignée sur les listes de sanctions financières tenues par l’Union européenne.

De fait, pareil usage de la diplomatie coercitive unilatérale paraît presque relever de l’impossible au niveau européen. En application de la règle qui prévaut en matière de politique étrangère, ces mesures ne pourraient être adoptées qu’à l’unanimité des Etats membres. Cela tend à rendre l’exercice du Conseil particulièrement difficile, à l’image du veto-ultimatum imposé par Chypre l’automne dernier lors du vote des sanctions contre la Biélorussie, ou des difficultés récurrentes provoquées par la Hongrie s’agissant des relations de l’Union avec la Chine ou la Russie.

En actant son indépendance vis-à-vis de l’Union, le Royaume-Uni s’est émancipé de cette règle contraignante et peut désormais étendre son imperium de façon extraterritoriale – jusqu’à pouvoir potentiellement sanctionner les succursales européennes d’entreprises britanniques pour des faits qui seraient commis n’importe où dans le monde – démontrant ainsi qu’il n’a pas besoin de l’Europe pour avancer. Voire qu’il s’en sort mieux sans l’Europe pour avancer.

Olivier Attias (counsel, barreaux de Paris et New York) et Manon Krouti (barreau de Paris) sont avocats chez August Debouzy.

Concertation éoliennes : du vent !

Concertation éoliennes : du vent !

 

- Dans le JDD, 54 maires et élus de Dordogne disent au gouvernement leur opposition au projet éolien des Grands Clos. Ils dénoncent la non-prise en compte de la phase de consultation : « Si l’avis que vous demandez d’exprimer ne vous convient pas, le préfet, donc l’Etat, passe outre! »

La tribune :

 

« Monsieur le ministre de l’Intérieur, Madame la ministre de la Cohésion des territoires, le président de la République et votre gouvernement ne cessent d’appeler au dialogue avec les maires et à la prise en compte de l’opinion des citoyens, mais si l’avis que vous leur demandez d’exprimer ne vous convient pas, le préfet, donc l’Etat, passe outre! Elus de nos territoires, nous ne l’acceptons plus.

Le projet éolien des Grands Clos, en Dordogne, est en discussion depuis 2013. La population a été consultée cinq fois, elle l’a refusé cinq fois. Lors de la dernière consultation, du 5 janvier au 7 février dernier, sur un arrêté de défrichement de la forêt de la Double pour y implanter cinq éoliennes, la population locale l’a rejeté à 99,6%. Sur 700 contributeurs, seulement trois personnes se disaient favorables au projet!

Trente-quatre maires de la Double, avec le soutien de leur conseil municipal, s’y sont également opposés. Et, afin que les choses soient encore plus claires, la communauté de communes du Pays de Saint-Aulaye et la commune de Saint-Aulaye-Puymangou, directement concernées par ce projet, ont voté deux motions contre, les 8 et 14 avril, pour sceller leur refus d’éoliennes géantes dans la forêt de la Double.

Passant outre les résultats des consultations, le préfet, représentant de l’Etat en Dordogne, a pris le 20 avril des arrêtés autorisant ce projet, une semaine à peine après ces motions de refus!

Ironie du moment, ce camouflet de l’Etat aux élus locaux intervient alors que le projet de loi ‘Climat et résilience’, récemment voté à l’Assemblée nationale, instaure la mise en place de comités régionaux de l’énergie réaffirmant le principe de concertation locale en matière éolienne.

Cette décision est en totale contradiction avec la volonté affichée de votre gouvernement de respecter la démocratie locale et de remettre les maires au cœur de la vie républicaine. A ce degré d’unanimité d’opposition, la question n’est plus de savoir si le projet est nuisible ou non à l’environnement. Il s’agit de respecter la démocratie lorsqu’on l’invite à s’exprimer : nous, élus locaux, demandons le retrait immédiat des arrêtés préfectoraux autorisant ce projet dans la Double. »

Non à l’étatisation du système des retraites

Non à l’étatisation du système des retraites

 

Tribune dans l’opinion deBruno Chrétien ,président de l’Institut de la protection sociale (IPS), qui vient de publier un rapport sur le recouvrement des cotisations Agirc-arrco par les Urssaf

 

Dans un contexte économique, social et sanitaire difficile, toute action publique devrait être guidée par la volonté de simplifier la vie des entreprises et de sécuriser la protection des salariés. Pourtant, le gouvernement s’entête à poursuivre son projet d’étatisation des retraites qu’il n’a pu faire adopter avec la réforme avortée du système universel de retraite. A l’abri des regards, la réforme des retraites se poursuit et nous expose à un risque majeur de catastrophe industrielle.

Cette fois-ci, le moyen utilisé est la centralisation du recouvrement des cotisations obligatoires. A première vue, le sujet peut sembler technique et anecdotique. En réalité, ce qui se joue, c’est la prise en main par l’Etat du pilotage de la quasi-totalité de la retraite de nos concitoyens. Cela pose une vraie question démocratique et d’équilibre des pouvoirs, les partenaires sociaux étant dépossédés de leurs prérogatives alors qu’ils ont montré par le passé leur savoir-faire à piloter les régimes complémentaires.

«Avant d’engager de nouvelles réformes de structures, tous les efforts de la puissance publique devraient porter sur l’analyse des erreurs qui ont été commises par le passé»

Le récent projet de retraite universelle devait permettre de franchir une nouvelle étape dans ce processus de centralisation amorcé depuis vingt-cinq ans avec le plan Juppé de 1995. Avant d’engager de nouvelles réformes de structures, tous les efforts de la puissance publique devraient porter sur l’analyse des erreurs qui ont été commises par le passé. Cependant, l’évaluation sérieuse des politiques publiques menées n’est toujours pas à l’ordre du jour.

Alors qu’émerge un contexte radicalement nouveau avec la crise de la Covid-19, l’intégration accélérée du recouvrement des cotisations de retraite complémentaire au 1er janvier 2022 entraînera des conséquences néfastes à court terme comme à moyen terme aussi bien pour les entreprises (changement précipité pour les logiciels de paye entraînant des coûts supplémentaires et des risques sérieux dans la production des payes dès janvier 2022) que pour les salariés (risques sur l’enregistrement des droits à retraite).

Risque. Autre risque majeur, à l’heure d’attaques informatiques de plus en plus puissantes, la possibilité de blocage de l’informatique des Urssaf par des hackers pourrait priver les organismes sociaux de financement pendant un certain temps. En mettant tous ses œufs dans le même panier, l’Etat accroît le risque de catastrophe majeure.

Avec le transfert du recouvrement précipité des caisses complémentaires vers les Urssaf, notre pays prend un risque inutile en ces temps troublés. Le 20 janvier dernier, les partenaires sociaux ont déjà alerté sur l’Agirc-Arrco. Ils n’ont pas été entendus. L’Institut de la protection sociale alerte à son tour sur les risques encourus.

Avant toute chose, il est primordial d’établir un retour d’expérience sérieux des dysfonctionnements des précédents transferts vers les Urssaf (défaillance de la mise en place du RSI il y a quinze ans, difficultés actuelles de l’intégration du recouvrement du régime social des artistes auteurs…). Il est de même urgent d’engager un débat public sur la place respective des différents acteurs intervenant sur la protection sociale.

Le Parlement doit avoir la place centrale dans le pilotage de ce débat et des décisions qui en découleront. Les partenaires sociaux doivent également être réellement associés comme ils l’avaient demandé en janvier de cette année. Avant qu’il ne soit trop tard, le processus de transfert programmé au 1er janvier 2022 doit être suspendu.

Bruno Chrétien est président de l’Institut de la protection sociale (IPS), qui vient de publier un rapport sur le recouvrement des cotisations Agirc-arrco par les Urssaf

La mort du bac

La mort du bac

Le maintien des  épreuves est incompréhensible, assurent, dans une tribune au « Monde », les représentants de quatre organisations de l’enseignement, qui réclament le recours au contrôle continu.En fait, il s’agit plus fondamentalement de la mort du bac dont le taux de réussite est maintenant proche de 100 % et qui va évidemment nécessiter une réforme de l’orientation des élèves et étudiants.

 

Tribune.

 

Les premières épreuves terminales du baccalauréat 2021 et d’autres examens de cette session approchent à grands pas… et plus nous nous en approchons, plus s’éloigne la cohérence de leur maintien. Après deux années de formation fortement dégradées en raison de la succession aléatoire de périodes de confinement, de demi-jauge et de cours en distanciel, et alors que, pour beaucoup d’élèves, ces périodes ont aussi été ponctuées de drames et de convalescences liés à la maladie, le maintien de ces épreuves est incompréhensible.

Dans ces conditions d’apprentissage compliquées, parfois empêchées et à tout le moins inégales selon les régions et les établissements, et dans ce cas précis, les épreuves terminales ne peuvent maintenant garantir l’égalité de traitement des candidates et des candidats. Une situation qui s’aggrave encore, par un calendrier de fin d’année bousculé qui empêche une préparation normale des examens terminaux.

De plus, ce ne sont certainement pas les aménagements d’épreuves annoncés par le ministre de l’éducation nationale et, à sa suite, par le ministre de l’agriculture qui pourront répondre aux attentes des familles et des élèves, en matière d’équité de traitement et de lisibilité des conditions de délivrance des diplômes.


Les nouvelles modalités de passage des examens et les nouveaux calculs de moyenne des épreuves ne sont ni compréhensibles ni justifiables. En effet, comment justifier la suppression pure et simple de certaines notes d’épreuves après que les équipes pédagogiques ont enseigné et préparé les élèves pendant deux ans à celles-ci, après que les candidats ont composé, que les jurys ont corrigé et délibéré ? Comment expliquer l’affectation à des disciplines d’une note issue d’une moyenne pondérée, elle-même issue de deux autres disciplines ?

Nous devons aussi nous interroger sur le choix de ces aménagements qui, pour les voies générale et technologique, semblent avoir fait l’objet d’une attention particulière du ministre de l’éducation, Jean-Michel Banquer. Car il n’aura échappé à personne que les aménagements pour la voie professionnelle (CAP et baccalauréats professionnels) se font à la marge. Pire : ils n’existent pas pour les brevets de technicien supérieur. Le ministère de l’agriculture se refuse même à octroyer une session de rattrapage dès juillet, considérant que ces étudiantes et étudiants peuvent bien attendre septembre.

Crise du paysage syndical ?

Crise du paysage syndical ?

Dans le Monde le journaliste Michel Noblecourt s’interroge sur la crise du paysage syndical. Une question presque rituelique qui n’est pas sans fondement mais qui devrait interroger plus généralement sur la représentativité de toutes les organisations y compris politiques dont la représentativité est  bien davantage insignifiante . Le journaliste par ailleurs ne seSouligne pas suffisamment le faite que la CGT hégémonique il y a une soixantaine d’années est maintenant devancées par la CFDT.

 

Analyse.

 

A l’exception de la CGT, tous les syndicats ont accueilli avec satisfaction, le 26 mai, la mesure de leur audience au niveau national et interprofessionnel. En 2008, les règles de la représentativité syndicale avaient été profondément modifiées par une réforme mise sur les rails par la CFDT et la CGT, et promulguée par Nicolas Sarkozy.

Ce sont principalement les scores des syndicats aux élections – dans les entreprises du seul secteur privé dotées d’instances représentatives des salariés, dans les très petites entreprises et dans les chambres d’agriculture –, sur une durée de quatre ans, qui font office de juges de paix. Pour être représentatif au niveau national, un syndicat doit obtenir au moins 8 % des suffrages.

Après celles de 2013 et de 2017, la troisième mesure d’audience a confirmé le classement d’il y a quatre ans : la CFDT, avec 26,77 %, a conforté sa première place devant la CGT (22,96 %), FO (15,24 %), la CFE-CGC (11,92 %) et la CFTC (9,50 %). Souvent décrite comme en péril, la centrale chrétienne réussit à demeurer au sein de ce « club des cinq » tandis que l’UNSA (5,99 %) ne franchit toujours pas sa porte.

La CGT poursuit sa chute

A première vue, les heureuses élues de la cuvée 2021 sont, par rapport à 2017, en progression ou stables : la CFDT gagne un timide 0,4 point et l’UNSA enregistre un gain de 0,64 point. Cette dernière affirme qu’en ajoutant au privé ses scores dans le public – non pris en compte par la mesure d’audience – il se hisserait avec 7,68 % à la cinquième place. La CFE-CGC fait un bond de 1,25 point tandis que FO (− 0,35) et la CFTC (+ 0,01) sont globalement stables.

La CGT poursuit sa chute qui semble aussi irréversible que le déclin du Parti communiste français : en quatre ans, elle recule de 1,89 point et même de 3,81 par rapport à 2013. La centrale de Philippe Martinez, qui campe sur une ligne radicale et boude de plus en plus les négociations nationales – alors que, dans les entreprises, ses syndicats signent de multiples accords –, encaisse le choc et se dit prête à « mesurer le déficit de présence qu’elle doit combler auprès dtous les salariés ». Comme Solidaires (3,68 %), elle met en cause aussi l’hostilité du patronat.


Chaque gagnant y voit tout naturellement une validation de sa stratégie. La CFDT se réjouit du fait que les salariés ont « fait le choix d’un syndicalisme utile qui répond à leurs préoccupations ». La centrale de Laurent Berger note que, « dans une période bousculée par les crises économique et sanitaire, chahutée par des tentations extrémistes », elle est restée « un repère fidèle à ses valeurs de solidarité, d’émancipation et de justice sociale ».

«L’Homme descend d’ Allah pas du singe » !

Transition énergétique: Intégrer la contrainte du temps

 Transition énergétique: Intégrer la contrainte du temps

 

L’historien Jean-Baptiste Fressoz , chercheur au CNRS, rappelle, dans une chronique au Monde, que les promesses de « l’économie hydrogène » étaient déjà brandies il y a cinquante ans.

 

Chronique.

« Mr. Hydrogen » : c’est le surnom, mi-narquois, mi-admiratif, dont Cesare Marchetti avait été affublé à l’International Institute for Applied Systems Analysis (Iiasa), cet important institut de prospective situé non loin de Vienne que le savant atomiste italien rejoint en 1974, porteur d’une vision, sa vision : celle d’une « économie hydrogène ».

M. Marchetti, aujourd’hui âgé de 94 ans, est surtout connu pour un projet technologique grandiose, celui des « îles énergétiques » : bâtir les centrales atomiques au milieu des océans afin d’approvisionner le monde en hydrogène. Ce projet partait du constat suivant : le nucléaire devait conquérir d’autres marchés que celui de l’électricité et donc produire un carburant liquide pouvant se substituer au pétrole.

Les coûts importaient peu. Dans les années 1970, beaucoup pensent que le pétrole est en phase terminale : le nucléaire deviendrait par la force des choses compétitif, et même indispensable, fournissant une énergie inépuisable grâce aux surgénérateurs.

 

Cesare Marchetti ne cessera de défendre ce projet. D’abord au sein du programme Euratom, où il occupe des postes importants, auprès de la multinationale américaine General Electric, qu’il conseille en matière de prospective, et surtout à travers de nombreux articles et conférences. En 1974, quand se tient à Miami le premier colloque international sur l’économie hydrogène, il fait figure de père fondateur. Un Journal of Hydrogen Energy est créé dans la foulée, dont Cesare Marchetti publie le manifeste.

Les premiers volumes de cette revue sont fascinants tant on y retrouve les promesses actuelles de l’économie hydrogène, la fin des fossiles, la pile à combustible, les électrolyseurs, les pipelines, l’hydrogène comme vecteur énergétique du futur, etc. On discute par exemple beaucoup d’avions à hydrogène, dont les ingénieurs de Lockheed dessinent les élégants fuselages. Après le choc pétrolier, M. Marchetti fait figure de prophète. Le président du Japan Atomic Energy Research Institute l’invite à présenter ses projets au plus haut niveau.

Les perspectives sont grandioses : des centrales atomiques construites sur des atolls du Pacifique produiraient de l’hydrogène par craquage thermique de l’eau (plus efficace que l’électrolyse) ; l’hydrogène serait exporté par une flotte de cryotankers ; le Japon deviendrait l’Arabie saoudite du XXIe siècle. Quant aux déchets radioactifs, en attendant la fusion, on s’en débarrasserait par auto-enfouissement : par leur propre chaleur, ils s’enfonceraient dans le socle basaltique des atolls…

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