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Plaidoyer pour les cryptomonnaies !

L’enjeu majeur de la blockchain ?

Un plaidoyer un peu optimiste mais confus sur le rôle des cryptomonnaies et de la technologie blockchain ; Surtout au moment où  le Bitcoin  a perdu 25 % de sa valeur . Si la technique blockchain apporte un progrès considérable dans la gestion de toutes les informations, il en va différemment pour les cryptommonaies , valeur virtuelle qui ne repose sur aucun actif et n’a  aucun avenir sans mise au point d’une régulation par les autorités monétaires

 

Tribune par  Toufik Lerari, PDG de tequila rapido et membre du Conseil d’Administration de Modex.( dans la Tribune)

 

Tim Berners-Lee, l’inventeur du WEB, souhaitait qu’il soit « universel, gratuit, libre et transparent ». 28 ans plus tard Tim Berners-Lee, lui-même, concède que la technologie n’a pas « réalisé son plein potentiel » limitée par trois facteurs : la désinformation, la publicité ciblée (commerciale et politique) et la domination opaque d’algorithmes qui abusent des données personnelles.

Google et Facebook affichent une valorisation cumulée de 3800 Mds$, l’équivalent du PIB réuni de la France et de l’Italie. Cette hyper-concentration de moyens financiers et de données personnelles est un danger pour la compétitivité et pour nos libertés.

Internet, pour être plus libre, transparent, pourvoyeur de confiance et sécurisé, doit être moins centralisé. Chacun doit pouvoir reprendre en main sa « destinée numérique ». C’est justement l’une des plus grandes promesses de la technologie blockchain. Mais pas seulement.

En 2021, selon la Banque mondiale, 589 milliards de dollars ont été transférés vers des pays à revenu faible et intermédiaire. Pour ce seul flux, le montant d’intermédiation perçu par les banques est de plus de 37 milliards de dollars. Un constat insupportable pour beaucoup et, en particulier, pour Satoshi Nakamo, l’inventeur de la technologie blockchain.

C’est durant la crise financière de 2008 qu’il imagine la création d’une monnaie numérique, le Bitcoin, qui pourrait garantir des transactions financières de pair à pair en s’appuyant sur une infrastructure décentralisée, donc sans intermédiaire.

Pour ce faire, il lui faut inventer une technologie d’échange qui garantisse à la fois la désintermédiation, la confiance, la transparence, l’inclusion et la sécurité. La technologie blockchain est ainsi née. Elle est à la fois une prouesse technique majeure mais aussi une pensée technologique puissante qui bouscule notre conception du tiers de confiance et notre rapport même à la gouvernance.

Prendre le temps de comprendre le fonctionnement intrinsèque de cette technologie, permet de comprendre comment elle corrige certaines dérives de l’Internet, déstabilise de nombreux ordres établis et nous offre un potentiel de transformation durable pour de nombreux secteurs.

La blockchain est d’abord une technologie d’échange et d’enregistrement des données. Il faut l’imaginer comme un Livre, dont les pages sont des « blocs » et dont chaque ligne est une « transaction ». La blockchain est un Livre original qui rassemble des co-éditeurs, des co-auteurs, des contributeurs et des lecteurs.

Les co-éditeurs sont appelés les « Nœuds » : ils garantissent l’intégrité du Livre et détiennent chacun une version à jour. Les co-auteurs sont appelés les « Mineurs » : ils écrivent les nouvelles pages du Livre en s’assurant de la validité de chaque ligne. Les contributeurs quant à eux proposent des nouvelles lignes, c’est-à-dire des transactions qu’ils soumettent sur le réseau blockchain.

En janvier 2022, la blockchain publique Bitcoin était disponible simultanément sur plus 14 000 nœuds. Elle comptait environ 19 millions de blocs et elle rassemblait des millions de « mineurs » qui mutualisent leurs ressources de calcul pour contribuer à l’écriture de ce Livre.

La puissance de cette technologie repose sur quatre fondamentaux :

  • L’immuabilité

Les blocs de données forment une chaîne inaltérable dont l’intégralité est sauvegardée simultanément et en temps réel sur des milliers de nœuds décentralisés. Cette infrastructure distribuée rend la blockchain et son contenu immuable et hautement tolérante aux pannes. Il faudrait que tous les nœuds tombent en panne en même temps pour la rendre inaccessible.

  • La transparence

L’identité de tous les utilisateurs est confidentielle mais l’historique de toutes les transactions effectuées depuis le premier bloc est transparent et public. Chaque utilisateur inscrit possède une clé privée et une clé publique (liée par un principe cryptographique). A la clé publique sont rattachées toutes les transactions de l’utilisateur. A la clé privée est rattaché le droit d’exécuter des transactions.

  • La sécurité cryptographique

La blockchain intègre un système cryptographique robuste. Chaque bloc ajouté est crypté ainsi que toutes les transactions qu’il contient. De plus, comme les pages d’un livre, chaque bloc est lié au bloc précédent. Ainsi, un hacker qui voudrait changer le contenu d’une transaction, devra non seulement réussir à hacker ce bloc mais aussi, simultanément, tous les blocs qui le précède et tous ceux qui le suivent. Par ce principe de maillage cryptographique, les informations inscrites sont infalsifiables.

  • La décentralisation de la confiance

La blockchain n’a pas d’organe central de contrôle ni de tiers de confiance. La gouvernance est distribuée et s’opère par le nombre d’acteurs impliqués et fédérés à travers un système de consensus accepté par tous.

De la digitalisation de la monnaie à la digitalisation de la confiance

Depuis le Bitcoin en 2008, de nombreuses blockchains publiques ont vu le jour telles que Ethereum, Litecoin, Tezos, Binance, Cardano… Il existe également des blockchains semi-privées ou privées, exclusives à une organisation spécifique mais aussi des blockchains à consortium, réunissant plusieurs organisations ayant un intérêt à collaborer et fluidifier entre elles les échanges.

Les usages se multiplient dans de nombreux secteurs : Finance, Jeux, Énergie, Sport, Santé, Transport, Metaverse, Arts… Et, les transactions entre parties sont rémunérées non pas en ayant recours à la monnaie légale, mais à la cryptomonnaie.

Aujourd’hui, on référence plus de 9.500 cryptomonnaies. Leur capitalisation boursière dépasse les 1.700 milliards de dollars pour un volume d’échange quotidien avoisinant les 80 milliards de dollars. Ce paradigme accélère l’entrée des acteurs de la finance traditionnelle mais aussi des États, entraînés de facto dans une course à la régulation.

Comme la technologie Internet a démocratisé et digitalisé l’information, cette nouvelle ère technologique, elle, digitalise la valeur économique, mais cela ne s’arrête pas à la monnaie. La technologie blockchain est, en fait, en mesure de digitaliser toute forme d’actif (appelé Token) : une monnaie, une ressource ou accès à un service, un droit d’auteur, une part de capital ou d’un bien immobilier, un vote, une identité, un diplôme… Leurs échanges deviennent naturellement transparents et performants, réduisant drastiquement les frictions, ralentissements et coûts liés aux intermédiations établies.

Introduit dans le marché de l’art en 2020, le NFT, est le principe de tokenisation le plus célèbre. Il sécurise la propriété de l’œuvre, invente de nouveaux modèles de distribution de la valeur entre le créateur et l’acquéreur. En 2021, le marché traditionnel de l’art représentait un chiffre d’affaires de 17 milliards de dollars. Le marché des crypto-arts, quant à lui, dépassait les 40 milliards de dollars.

Dans la santé, la blockchain challenge de façon ambitieuse la manière de stocker et partager nos données de santé. Elle facilite l’interopérabilité des systèmes d’informations des acteurs de la santé (qui sont atomisés et pluriels). Elle est une solution d’avenir stratégique pour la traçabilité des médicaments et la lutte contre la contrefaçon.

Dans le secteur public, les potentialités sont immenses. Depuis 2011, l’Estonie a adopté la blockchain au sein de ses systèmes d’informations pour permettre l’authentification unifiée des citoyens, la sécurisation de leurs données personnelles et la fluidification des services administratifs. L’Estonie prépare même le lancement de son propre Token « Estcoin » qui permettrait à quiconque d’investir dans le pays. Adieu les obligations et bons du Trésor.

Dans de nombreux pays (Finlande, USA, Honduras, Australie, notamment) les initiatives se multiplient pour faciliter et sécuriser l’accès aux services administratifs, la numérisation et l’authentification de documents publics ou diplômes, le parcours de santé, les transferts sociaux, le vote et la contribution citoyenne. En termes d’optimisation de coûts, d’efficacité des ressources allouées et de fluidification des usages, cet apport technologique est sans doute le choc dont les administrations ont besoin pour bâtir un service public moderne, c’est-à-dire performant, participatif, fluide et sécurisé.

La technologie blockchain est jeune mais son évolution technique est très rapide. Elle interroge et challenge notre rapport à la confiance et nous invite à le repenser. La blockchain tend à redéfinir le « tiers de confiance » et dessine de nouvelles règles de gouvernance, au sein et entre les organisations, où la transparence, l’inclusion et la sécurité ne seront pas seulement des objectifs mais des règles immuables.

Inflation: Une perte d’environ 1300 € pour les ménages

Inflation: Une perte d’environ 1300 € pour les ménages 

D’après les calculs d’Allianz. Résultat,  l’inflation devrait coûter nviron 2300 € cette année pour les ménages.

Une évaluation vraisemblable puisque chaque ménage dépense environ 3000 € par an pour le transport et le chauffage dont le cout  a augmenté de 50 % . Ces différentes hausses pourrait être compensées par des augmentations de revenus. Or par exemple les salaires n’ont pas augmenté de plus de 3 % alors que sur l’année l’inflation pourrait atteindre 5 %.La dégradation objective de la situation provoque aussi un écroulement de la confiance des ménages qui contribue à dégrader l’environnement.

L’éclatement de la guerre en Ukraine à la fin du mois de février a précipité la confiance des ménages et des entreprises vers le bas en seulement quelques jours. La plupart des récentes enquêtes de conjoncture de l’Insee montrent qu’après avoir atteint un pic à l’été 2021, le moral des ménages est en chute libre pour retrouver le niveau de novembre 2018 en pleine crise des « gilets jaunes ».

cette ‘inflation devrait d’abord toucher les ménages les plus modestes alors que ceux sont eux qui ont la plus forte propension à consommer.

Après un fort rebond économique post-pandémie en 2021 (6,8%), l’économie française est plongée dans un épais brouillard depuis l’invasion de la Russie en Ukraine. Le recul brutal de la consommation au premier trimestre a plombé la croissance laissant planer un risque de récession au cours du second trimestre. Malgré ces craintes, la Banque de France a écarté cette perspective dans ses dernières prévisions dévoilées ce mardi 14 juin avec une croissance fébrile de 0,25 % en glissement trimestriel.

 

Hôpitaux : Pour un filtre avant les urgences

Hôpitaux : Pour un filtre avant les urgences

 

 

Un collectif pluridisciplinaire propose de s’appuyer sur l’approche innovante des Permanences d’accès aux soins de santé (PASS) afin d’accompagner le changement de paradigme nécessaire à la survie du système de santé.

Pour parler plus simplement on a supprimé la plupart des accès locaux aux soins du coup tous les malades ou supposés tels  sont déversés aux urgences qui n’en peuvent plus . NDLR

Après une crise sanitaire historique et bouleversante, à l’heure où 20 % des lits d’hospitalisation sont fermés par manque de personnel, où des services des urgences sont contraints de fermer et où deux tiers des étudiants en médecine et des internes rapportent des signes d’épuisement professionnel, il est urgent de repenser le modèle du système de santé.

En effet, le soin ne peut être réduit à des approches techniques, technologiques ou technocratiques. Dans une quête de sens, il est urgent de remettre l’humain au cœur du soin, en renouant avec l’idée que nous sommes fondamentalement des corps porteurs d’intentionnalité et de sens. L’humain au cœur du soin, c’est considérer l’individu dans son unité, ses failles mais aussi dans toutes ses capacités, en particulier d’inventivité et de capacité à entrer en lien, avec des critères de santé singuliers.

Ce changement de paradigme pourrait s’appuyer sur l’approche innovante des permanences d’accès aux soins de santé (PASS), l’expertise du groupe Facteurs humains en santé (FHS) et l’approche concrète du soin centrée sur l’humain d’un nouveau collectif, L’Humain au cœur du soin, dont la conférence inaugurale a lieu ce mardi 14 juin à l’hôpital Saint-Louis (AP-HP).

En permettant l’accès aux soins pour les personnes démunies, les PASS proposent une approche globale dépassant des clivages structurels, sanitaire-social, somatique-psychique, préventif-curatif et ville-hôpital en particulier. Il en existe environ 400 en France, situées le plus souvent dans des hôpitaux.

Réunissant des professionnels de champs variés dans une même unité de lieu, ce modèle bouscule les approches hospitalo et techno-centrées. Les PASS constituent ainsi de véritables observatoires des problématiques du système de santé, un système cloisonné et aux procédures souvent trop rigides, empêchant la prise en charge adaptée des situations imprévues et complexes.

Le groupe Facteurs humains en santé développe depuis plusieurs années une réflexion sur les risques attribuables à l’humain en santé : biais cognitifs, organisation défaillante… Il propose des stratégies permettant de limiter leur incidence et leurs conséquences, en privilégiant une place pour l’humain dans la restructuration des organisations, la sécurité psychologique, le partage des décisions. Ce groupe intègre des professionnels de santé, mais aussi des professionnels issus d’horizons variés, et notamment dans des contextes à risque comme dans l’aéronautique, le nucléaire, ou encore la haute montagne, où a déjà été expérimenté l’allégement du poids administratif pour permettre une décision proche du terrain.

Pour un plan d’urgence dans l’industrie et la santé

Pour un plan d’urgence dans l’industrie et la santé

 
Aéronautique, automobile… La pénurie de composants électroniques ou de matières premières continue d’impacter tous les fleurons industriels européens deux ans après le début de la crise sanitaire. C’est aussi le cas pour le secteur de la santé qui peine à confirmer les belles promesses du Segur. Par Carlos Jaime, DG Ascom France & Spain ( dans la Tribune)

Sur le marché de la santé, la crise sanitaire a généré une prise de conscience des pouvoirs publics sur les besoins du secteur. Lors du Ségur de la santé à l’été 2021, des moyens économiques considérables ont été annoncés : une enveloppe de 19 milliards d’euros pour soutenir le système de santé partout en France, avec l’ambition affichée de faire de la France le leader de l’e-santé.

Cet appel d’air économique vaut pour la France et ses voisins : par exemple, l’Espagne et le Portugal bénéficient également d’un soutien de la Commission européenne avec des investissements « bazooka ». Une aubaine pour les acteurs technologiques de la santé en Europe, qui ont senti le vent souffler fort dans leur dos. Et les planètes se sont alignées : le travail accompli sur le plan Ma Santé 2022 avec Laura Letourneau et Dominique Pon a été incroyable. Là où nous avions 10 ans de retard en santé numérique, nous avons dorénavant 10 ans d’avance.

Problème : la crise ne s’arrête pas. Elle change de forme. Le défi industriel succède au défi sanitaire avec une pénurie de composants électroniques très importante en raison de la congestion des ports en Asie et aux Etats-Unis. Et c’est toute la modernisation et l’accélération de la transformation de notre système de santé qui se retrouvent freinée. L’équation est insoluble : avec la fin de la pandémie et le retour à la consommation, la demande explose mais l’approvisionnement se raréfie. Les installations dans les établissements de santé tels que les infrastructures hardware (sur lesquels reposent la communication, les dispositifs médicaux ou les outils de monitoring des soignants par exemple) sont retardés, du fait du manque d’équipements. Un comble alors que les marchés de la santé et de la silver economy enregistrent une croissance à deux chiffres. Pourtant, nous continuons d’attendre certains serveurs depuis 4 ou 5 mois.

Au secours de l’humain car le système de santé est malade

L’imbroglio n’est pas seulement économique. Le comble, c’est aussi de ne pouvoir répondre à l’urgence concernant la souffrance des soignants. De ne pas pouvoir leur donner les moyens d’assurer leur mission première : soigner. Leurs maux sont autant physiques que psychiques. Physique parce que les allers-retours incessants entre les chambres et le poste de contrôle à la moindre alarme entrainent une dépense physique intense, parce que les journées sont plus longues et les pauses raccourcis ou parce que l’afflux de patients (le nombre d’admis aux urgences a doublé en 20 ans par exemple) amène une surcharge de travail.

Ensuite morale parce que les alarmes sonnent toute la journée (dans une unité de soins intensifs, on peut en compter 2.000 par jour et par patient !) et créent un phénomène de fatigue mentale, parce que les tâches administratives à répétition empêchent les soignants de prendre en charge correctement les patients (on parle de 50% du temps phagocyté par l’administratif) ou parce que la pression journalière est démotivante au regard des moyens à disposition ou conditions de travail comme la rémunération qui ne sont pas à la hauteur des enjeux. Pour toutes ces raisons, et bien plus encore, les soignants souffrent et méritent un soutien technologique sans faille, de qualité, leur permettant d’assurer plus sereinement leur métier. Et par répercussion, d’améliorer la prise en charge des patients.

Notre modèle court-termiste court à sa perte

Nous touchons du doigt les limites de notre modèle industriel mondialisé et des choix stratégiques court-termistes de ces 20 dernières années. Actuellement, pour une entreprise comme Ascom, le coût du transport pour les composants venus de Chine a drastiquement augmenté, parfois 10 fois supérieur au coût d’avant-crise. D’autant plus que, dans le cas de matériel de pointe au marquage CE médical, haut de gamme, il est difficile de changer de fournisseur de composants électroniques sans en altérer la qualité et la fiabilité. Et si l’Europe est freinée dans le développement du numérique pour la santé par une rareté des composants, on peut également parler d’une rareté des compétences, lesquelles sont également externalisées.

La réponse adéquate, notre résilience, c’est de sortir de notre inertie et d’organiser dès maintenant une vision long-termiste de nos stratégies industrielles et d’éducation. Car depuis des années nous avons « découragé » nos jeunes d’aller vers des métiers industriels et techniques, ce qui nous a conduit à chercher ces compétences de pointe ailleurs. Coté santé aussi, le numerus clausus a eu pour effet de fermer des portes pour les étudiants Français en médecine et l’obligation pour les autorités de santé de chercher des médecins venus d’autres pays, souvent en dehors des l’Europe.

Vers une souveraineté européenne des matières premières et des compétences

Mais nous avons des raisons d’espérer ! Ces compétences sont rares oui, mais nous en avons tout de même avec des équipes de recherches académiques incroyables ! En France, avec le CNRS, avec l’INRIA, avec le CEA, l’INSERM et bien d’autres ! Ou l’Université Paris-Saclay évaluée comme la première université au monde sur les compétences en data science. Nous avons en Europe des ressources et chaque pays possède ses spécialités. Nous devons nous appuyer sur toutes ces forces vives existantes et les coordonner pour nous réindustrialiser et regagner notre souveraineté. Pour une Europe moins vulnérable aux aléas énergétiques, politiques et sanitaires. C’est une démarche vertueuse à l’heure où nous cherchons de plus en plus de sens dans nos actions.

Mais même si nous décidions de réindustrialiser la France demain, cela ne se fera pas en un claquement de doigts. Des décisions ont été prises mais les autorités actuelles doivent avoir le courage d’assumer des orientations pour les 20, 30 ou 40 prochaines années afin de préserver l’excellence de nos industries. Il faut un Plan Marshall de l’industrie et de la santé pour espérer créer une situation plus responsable aux niveaux économique mais aussi écologique, éthique et social. Et, avec cette souveraineté industrielle et de la donnée, protéger notre modèle de société.

Elections Législatives: une claque pour Macron et changement de gouvernement en vue

Elections Législatives: une claque  pour Macron et changement de gouvernement en vue

Un papier de Challenge souligne l’humiliation subie par le chef de l’État, un fait sans précédent sous la Ve République ; en effet le chef de l’État ne retrouve même pas son score du premier tour des présidentielles. Du coup, il devrait être contraint pour obtenir une majorité à l’assemblée de passer des alliances avec les Républicains. Et il pourrait être amené à changer du gouvernement d’autant que la première Ministre n’a pas réussi  à marquer de son empreinte la vie politique

 

Ce n’est pas une bérézina. Quoiqu’il arrive, le 20 juin, au lendemain du second tour des élections législatives, le parti présidentiel devrait disposer du premier groupe au Parlement. Avec une courte majorité. Ou pas. Dans le premier cas, il sera à la merci de ses alliés du Modem ou d’Horizons. Dans le deuxième cas, il devra faire appel à des supplétifs, sans doute des élus LR. Emmanuel Macron pourra alors bénéficier des services de l’agent recruteur Nicolas Sarkozy. Dans les deux hypothèses le président se prépare à des jours difficiles. Le voilà placé sous tutelle, dès le début de son deuxième quinquennat. Ce n’est pas glorieux.

Pas une bérézina, donc, mais une gifle, une claque, une baffe… Quelque chose d’humiliant. Administré par plus fort que soi. Qui vous laisse un peu chancelant. Il est vrai que le score est humiliant. 25,2% contre 25,6% contre pour la Nupes au dernier décompte de 21h30. Même s’il s’agit de quelques déciles, se faire doubler par une coalition brinquebalante bricolée en deux temps trois mouvements au lendemain de la présidentielle, et dirigée par un homme fantasque, est pour le moins mortifiant, pour Emmanuel Macron. Surtout quand on se souvient qu’en 2017, au lendemain de son élection, il avait 350 députés sur 577.

LIRE AUSSIRetrouvez les temps forts de la soirée électorale

 

Des ballotages difficiles en vue

Jamais, jamais dans l’histoire de la Vème République, au lendemain d’une victoire à la présidence de la République, le parti présidentiel n’a été défait. A force de ne rien dire, de peur de donner des arguments à leurs adversaires, les macronistes ont disparu de l’écran politique. Le catenaccio (du mot italien verrou), tactique de jeu utilisée en football pour bloquer l’attaque adverse, ne fonctionne que si l’équipe à des bases défensives solides. Or qu’y avait-il de solide dans cette équipe? La réforme des retraites? Oui, mais non, peut-être pas 65 ans. Réduire les déficits? Oui, mais en faisant des chèques énergie, des chèques pouvoir d’achat, en revalorisant l’indice des traitements de la fonction publique… Réformer les institutions  Oui certainement mais en réunissant un nouvel organe consultatif pas encore constitué. Rien n’a été verrouillé, en somme. Par peur de heurter ou l’électorat de gauche ou l’électorat de droite. Le résultat est là.

Pas une bérézina, donc, mais une gifle car nombre de personnalités de premier plan comme Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologiste, Clément Beaune, ministre des Affaires européennes, Ricard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, ou Christophe Castaner, président du groupe LREM doivent affronter un ballotage difficile. Jean-Michel Blanquer, étoile du premier quinquennat a, lui, été éliminé sèchement dès le premier tour.

 

Certes, Gabriel Attal, Olivier Véran, Gérald Darmanin, Olivier Dussopt, Frank Riester, tirent bien leur épingle du jeu. Et le second tour peut réserver des surprises. Mais si au second tour, le président n’obtient pas la majorité, il devra repenser son gouvernement, car il sera difficile de rallier des élus Républicains, avec une Première ministre venue du PS.

Assemblée nationale : les Républicains et Édouard Philippe pour arbitrer

Assemblée nationale : les Républicains et Édouard Philippe pour arbitrer

 

Il est vraisemblable que la gauche radicale n’obtiendra pas la majorité ne pourra donc imposer à Macron un Premier ministre. Inversement Macron risque de ne pas détenir la majorité absolue. Du ce fait,  il pourrait être dépendant paradoxalement du groupe un peu ratatiné des Républicains mais aussi du groupe un peu rebelle d’Édouard Philippe. Autant dire que la politique risque de penser encore un peu plus à droite

La coalition Ensemble qui rassemble LREM, le Modem, le parti Horizons de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe et le petit parti Agir obtiendrait en effet entre 255 et 295 sièges à l’issue du second tour, contre 359 en 2017. Ce n’est pas une défaite, la majorité absolue ou même relative reste possible, mais en nombre total des voix, la Nupes et Ensemble sont au coude à coude avec 26% des exprimés, ce qui en soit sonne comme un désaveu pour le président sortant, réélu en partie grâce aux voix de Jean-Luc Mélenchon le 24 avril dernier.

La  droite républicaine, pourrait  jouer un rôle majeur dans la future assemblée. Avec 11,4% des voix, Les Républicains font un peu mieux qu’à la Présidentielle avec Valérie Pécresse mais n’obtiendraient que 50 à 80 sièges de députés contre 131 en 2017. De la même manière mais au sein de la majorité parti Horizons d’Édouard Philippe, avec 21 à 26 députés, qui assurerait à Ensemble la majorité.

Taux BCE: Un petit pas pour ne pas casser la croissance

Taux BCE: Un petit pas pour ne pas casser la croissance

Jeudi la BCE devrait procéder à un relèvement des taux de 25 points de base dès le mois prochain.

Les taux de la BCE vont augmenter d’un quart de point  début juillet soit 25 % autant dire pas grand-chose quand on sait que l’inflation a atteint plus de 8 % sur un an en mai.

La vérité c’est que la banque centrale est  contrainte de relever ses taux du faie du resserrement monétaire opéré par la banque centrale américaine.

Plus que jamais sans doute la gestion des taux se révèle particulièrement délicate voire dangereuse. Certes l’inflation assez exceptionnelle pourrait  justifier un relèvement du coût de l’argent. En même temps ,  nous sommes désormais inscrits dans une tendance de croissance quasi nulle. Et le relèvement significatif des taux pourrait contribuer encore à accentuer la dépression et nous conduire même vers la stagflation.

« Nous nous attendons à ce que la BCE annonce la fin de son programme d’achats d’actifs nets et s’engage à augmenter ses taux de 25 points de base en juillet, sa première hausse en 11 ans. Pendant ce temps, tous les yeux seront rivés sur le recalibrage des orientations prospectives de la BCE en matière de normalisation de sa politique monétaire, y compris sur le rythme envisagé et sur l’objectif de taux », indique Katharina Utermöhl, économiste chez Allianz Trade.

La BCE reste l’une des rares banques centrales à ne pas avoir enclenché une hausse des taux. « Avec des pressions inflationnistes qui continuent de se renforcer et un contexte

Ukraine : un enjeu de sécurité pour l’Europe

 Ukraine : un enjeu de sécurité pour  l’Europe 

Dans un entretien au « Monde », l’historien américain explique comment la guerre en Ukraine témoigne de la place centrale occupée par ce pays dans les relations entre puissances européennes rivales depuis plus d’un millénaire.

 

Timothy Snyder est un historien américain, spécialiste de l’Europe centrale et de la Shoah. Il est professeur à l’université Yale (Connecticut) et chercheur à l’Institut des sciences humaines à Vienne (Autriche). Auteur d’une quinzaine d’ouvrages, tous parus en français chez Gallimard, Timothy Snyder a publié une nouvelle édition de son œuvre maîtresse, Terres de sang. L’Europe entre Hitler et Staline (Gallimard, traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, 752 p., 32 euros).

Au début du conflit, les Ukrainiens formulaient des demandes modérées pour arriver à une paix négociée. Maintenant qu’ils ont réussi à faire reculer les Russes en différents endroits, ils sont plus exigeants. Selon vous, quelles sont les conditions pour garantir la sécurité du pays ?

Sur ce sujet, la principale chose à dire est qu’il revient aux Ukrainiens de définir ces conditions. En tant qu’Américain, je ne crois pas être en position de leur prescrire les modalités de leur sécurité. Toute négociation doit cependant reposer sur un élément essentiel : l’agression armée ne doit pas être récompensée. Il me semble évident aussi que la guerre ne peut pas se terminer sans que l’Ukraine ait obtenu de ses partenaires occidentaux qu’ils se portent garants de sa sécurité. Nous devons nous engager en ce sens, il nous revient de réfléchir à l’avenir que nous souhaitons pour l’Ukraine, afin qu’elle puisse sortir de la guerre sans craindre son retour.

Cela signifie-t-il, comme l’a déclaré le secrétaire américain à la défense, Lloyd Austin, qu’il faut « affaiblir durablement » la Russie ?

De Washington, ou de toute autre capitale étrangère, une illusion peut facilement s’emparer de nos dirigeants : il est tentant de croire que l’on pourrait définir à distance, de manière très précise, ce à quoi la fin de la guerre ressemblera ou doit ressembler. Ce n’est clairement pas le cas. Je ne pense pas non plus que l’affaiblissement de la Russie soit un objectif cohérent. La priorité reste de fournir aux Ukrainiens les matériels militaires dont ils ont besoin pour poursuivre les combats et l’emporter.


Le moral des soldats ukrainiens est bien meilleur que celui des Russes. Le droit est aussi de leur côté. Une chose leur manque : du matériel militaire. Ils n’ont pas suffisamment de pièces d’artillerie, de tanks, de véhicules de combat, etc. L’Occident peut mettre à leur disposition tout ce qu’il faut pour qu’ils puissent mieux faire face à l’envahisseur russe. Nous devons aussi apporter l’aide financière et humanitaire dont l’Ukraine a besoin.

Politique- Un Conseil national de la refondation pour rien

Politique- Un Conseil national de la refondation pour rien

L’ambition – bienvenue – de soigner une démocratie représentative malade mérite mieux qu’un gadget participatif estime un papier de l’Opinion

 

Qui croira qu’un Conseil national de la refondation réveillera des Français « fatigués des réformes qui viennent d’en haut », selon les mots du Président ? Depuis qu’il a révélé, samedi, ce nouvel artifice pour se prémunir d’un blocage politique général, Emmanuel Macron essuie une pluie de critiques. A raison.

Le calendrier de l’annonce ? Inopportun à une semaine des législatives, sauf à considérer que le crédit des députés ne vaut pas tripette face à des citoyens tirés au sort. La forme ? Paresseuse. Dans les pas de ses prédécesseurs, le chef de l’Etat joue d’une nostalgie gaullienne datée et inadaptée, quand l’audace, la vraie, consisterait à reconstruire de fond en comble le « modèle » issu du Conseil national de la résistance. Le fond ? Dangereux tant il rappelle la Convention citoyenne pour le climat, démonstration en creux qu’un cénacle « d’en bas » peut être noyauté, dévoyé, manipulé et, au final, d’une efficacité quasi-nulle.

Comme la promesse d’une méthode réinventée, l’ambition – bienvenue – de soigner une démocratie représentative malade mérite mieux qu’un gadget participatif. Et s’il fallait renouer avec l’esprit de 1945, la révolution par la loi consisterait aujourd’hui, pour un exécutif autoritaire et centralisé, à redistribuer partout et en tout de la responsabilité, de l’autonomie, bref du pouvoir. Au Parlement, par une dose de proportionnelle. Aux institutions locales, par une pratique renouvelée de la subsidiarité. Aux électeurs, par un référendum rendu moins plébiscitaire. Aux entreprises, par une réhabilitation de l’initiative et du risque. Aux forces vives, par un allégement du joug administratif afin de faire confiance aux acteurs « en leur donnant du “pouvoir d’agir” », suivant la formule fort juste d’une fédération d’associations.

Macron II de se donner les moyens de cette refondation intellectuelle et morale, trop fondamentale pour un CNR mal né.

Législatives Français de l’étranger : alerte pour le pouvoir

Législatives Français de l’étranger : alerte pour le pouvoir

 

La majorité présidentielle est  relativement secouée après les résultats des élections législatives dans les 11 circonscriptions concernées, elle  perd une quinzaine de points même si elle  arrive en première position dans huit des 11 circonscriptions des Français de l’étranger . Des résultats qui pourraient préfigurer peut-être ceux de l’Hexagone. Traditionnellement les Français de l’étranger d’abord votent très peu et se situent plutôt à droite. Ceux qui ont voté ont cependant marqué un rééquilibrage à gauche. À noter évidemment la spectaculaire c laque pour le ténébreux Valls.

 

Les candidats de la macronie, réunis sous l’étiquette Ensemble, sont arrivés majoritairement en tête chez les Français de l’étranger pour ce premier tour. En Amérique du Nord, Roland Lescure, président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, devance la candidate de la Nupes. Même configuration en Amérique latine et dans les Caraïbes avec Eléonore Caroit ; en Europe du Nord avec Alexandre Holroyd ; au Benelux avec Pieyre-Alexandre Anglade ; en Suisse et au Liechtenstein avec Marc Ferracci ; en Europe centrale avec Frédéric Petit ; au Proche-Orient et en Afrique avec Amélia Lakrafi ; en Europe orientale, en Asie et en Océanie avec Anne Genetet.

Les candidats de la majorité présidentielle se classent en revanche en deuxième position dans 8e circonscription (Italie, Grèce, Turquie et Israël), où Deborah Abisror-de Lieme (LREM) est devancée par le député sortant UDI, Meyer Habib ; ainsi que dans 9e circonscription (Maghreb et Afrique de l’Ouest) où Karim Ben Cheikh, le candidat de Génération.s, investi par la Nupes, arrive en tête devant Elisabeth Moreno, ancienne ministre de l’Egalité femmes-hommes, investie par LREM.

Enfin, dans la 5e circonscription (Espagne, Portugal et Monaco), Manuel Valls, officiellement investi par la République en marche, est battu. C’est Renaud Le Berre, candidat de la Nupes, qui est arrivé en tête au premier tour et qui affrontera Stéphane Vojetta, le député sortant et candidat dissident de la majorité présidentielle.

 

Malgré une abstention très forte, les Français de l’étranger – ils sont 1,4 million d’inscrits sur les listes hors du territoire national – semblent s’être davantage mobilisés qu’en 2017, lorsque seuls 19,1% des inscrits s’étaient déplacés, selon des chiffres provisoires.

Plus encore qu’à la présidentielle, l’abstention est attendue à un niveau record pour le premier tour des législatives le 12 juin (52 ou 53% selon les sondages, contre 51,3% en 2017). L’abstention des jeunes et des classes populaires pourrait avantager la majorité actuelle, qui s’appuie sur un électorat plus âgé et plus aisé que celui du RN ou de la Nupes, estiment des spécialistes.

Macron, pour remplacer la reine d’Angleterre ?

Macron, pour remplacer la reine d’Angleterre ?

 

Philippe Bernard, éditorialiste au « Monde » tente de faire une comparaison entre deux Etats qui ont conservé des aspects monarchiques : la France et l’Angleterre. Deux états évidemment démocratiques mais dans un cas, celui de l’Angleterre,  où on revendique clairement l’héritage monarchique tandis qu’en France on tente à la fois d’incarner l’héritage révolutionnaire mais dans une posture encore plus monarchique voire  jupitérienne. Au point  qu’on peut se demander si Emmanuel Macron   ne serait pas mieux  sa place pour remplacer la reine d’Angleterre plutôt que d’occuper un poste de président en France NDLR

 

Edito du Monde 

 

Britanniques et Français adorent jouer à ne pas se comprendre. A l’heure où le royaume célèbre les 70 ans de règne d’Elizabeth II, nombre de citoyens français masquent le respect, voire l’admiration qu’ils portent à la souveraine britannique derrière une condescendance républicaine amusée. Comme si, au Royaume-Uni, la survie de la monarchie n’avait pas été de pair avec la construction d’institutions démocratiques au moins aussi solides qu’en France. Comme si, en France, la République avait purement et simplement rompu avec le fonctionnement monarchique.

 

Personne ou presque, dans l’Hexagone, ne nourrit la moindre nostalgie à l’égard de l’Ancien Régime. Mais la façon dont ce dernier continue d’impressionner notre imaginaire et nos institutions est fascinante. Les institutions de la Ve République, explique de Gaulle dans ses Mémoires d’espoir, ont été explicitement conçues par référence à l’avant-1789. Le fondateur de nos institutions souhaitait, en 1958, « doter l’Etat d’institutions qui lui rendent (…) la stabilité et la continuité dont il est privé depuis cent soixante-neuf ans ». Comme s’il s’agissait de renouer les fils d’une histoire rompus par la Révolution.

Emmanuel Macron a annoncé encore plus clairement la couleur en désignant la « figure du roi » comme le grand « absent » de la politique française. « Je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort [du roi]expliquait-il, en 2015, à l’hebdomadaire Le 1. On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace. » Ni Jacques Chirac ni Nicolas Sarkozy n’ont tenté d’incarner la « monarchie républicaine » instituée en 1958. François Hollande s’est brûlé les ailes en prétendant être « normal ».

Un exercice du pouvoir vertical

Emmanuel Macron, lui, à l’instar de François Mitterrand, marque sa volonté de s’inscrire dans l’histoire et multiplie les références au passé monarchique. Il fête Noël 2017 au château de Chambord, convoque le Parlement en Congrès à Versailles et fait jouer du Lully à l’Elysée pour sa cérémonie d’investiture début mai 2022. Sans oublier l’essentiel : un exercice du pouvoir vertical marqué par la relégation des corps intermédiaires et des élus, et par la recherche d’un lien direct avec la population. Des pratiques qui nourrissent les analogies monarchiques et, dans les manifestations, les références cinglantes à la Révolution française.

Union Economique Européenne : pour un contrôle du lobbying

Union Economique Européenne : pour un contrôle du lobbying

 

Ce sont, à ce jour, 12 489 organisations recensées, soit près de 50 000 personnes à effectuer du lobbying auprès de l’UE, dont environ 24 000 personnes travaillant à temps plein et 1500 qui ont accès au Parlement. Mais l’Organisation non gouvernementale Transparency International estime quant à elle à environ 26 500 le nombre de lobbyistes présents de façon régulière à Bruxelles.

Si les GAFA sont bien connus, les lobbies sont riches (voire très riches…) et variés ! Organisations œuvrant dans le business, ONG, consultants et cabinets d’avocats, Think tanks…

Le lobbyisme prend bien des formes. Les plus représentés dans la capitale belge sont les « in-house ». Employés par les grands groupes, ils représentent leurs intérêts auprès des décideurs européens. L’AmCham ou American Chamber of Commerce, l’organisation « maison » la plus connue, ne représente pas moins d’une soixantaine de firmes américaines, parmi lesquelles, la désormais célèbre Pfizer.

 

Le Conseil de l’Europe a exhorté jeudi les gouvernements européens à plus de «transparence» et de «responsabilité» en matière de lobbying, pratique certes «légitime» mais qui doit être encadrée par des «règles détaillées pour prévenir les risques de corruption». «Il est essentiel que les normes de lutte contre la corruption soient pleinement respectées», écrit le Groupe d’États contre la Corruption (Greco), l’organe anticorruption du Conseil, dans un rapport portant sur 2021 et centré sur les gouvernements.

 

Le Greco, qui reconnaît que «le lobbying est une activité légitime qui peut contribuer au processus démocratique et à une prise de décision éclairée», appelle toutefois «les gouvernements européens (à) accroître la transparence et la responsabilité» sur cette pratique. Cela permettrait aux citoyens de savoir quels sont les «acteurs qui cherchent à influencer les décisions politiques» et contribuerait à «réduire (…) le risque de pratiques de corruption», estime le Greco. Celui-ci préconise notamment la création de «registres des lobbyistes et en indiquant le caractère formel ou informel des contacts, l’identité des personnes rencontrées et les sujets abordés». «Le public a le droit de savoir qui influence les décisions politiques (…) Les gouvernements devraient adopter des règles détaillées pour prévenir les risques de corruption», a déclaré le président du Greco, Marin Marcela, cité dans un communiqué.

Europe : pour un contrôle du lobbying

Europe : pour un contrôle du lobbying

 

Ce sont, à ce jour, 12 489 organisations recensées, soit près de 50 000 personnes à effectuer du lobbying auprès de l’UE, dont environ 24 000 personnes travaillant à temps plein et 1500 qui ont accès au Parlement. Mais l’Organisation non gouvernementale Transparency International estime quant à elle à environ 26 500 le nombre de lobbyistes présents de façon régulière à Bruxelles.

Si les GAFA sont bien connus, les lobbies sont riches (voire très riches…) et variés ! Organisations œuvrant dans le business, ONG, consultants et cabinets d’avocats, Think tanks…

Le lobbyisme prend bien des formes. Les plus représentés dans la capitale belge sont les « in-house ». Employés par les grands groupes, ils représentent leurs intérêts auprès des décideurs européens. L’AmCham ou American Chamber of Commerce, l’organisation « maison » la plus connue, ne représente pas moins d’une soixantaine de firmes américaines, parmi lesquelles, la désormais célèbre Pfizer.

 

Le Conseil de l’Europe a exhorté jeudi les gouvernements européens à plus de «transparence» et de «responsabilité» en matière de lobbying, pratique certes «légitime» mais qui doit être encadrée par des «règles détaillées pour prévenir les risques de corruption». «Il est essentiel que les normes de lutte contre la corruption soient pleinement respectées», écrit le Groupe d’États contre la Corruption (Greco), l’organe anticorruption du Conseil, dans un rapport portant sur 2021 et centré sur les gouvernements.

 

Le Greco, qui reconnaît que «le lobbying est une activité légitime qui peut contribuer au processus démocratique et à une prise de décision éclairée», appelle toutefois «les gouvernements européens (à) accroître la transparence et la responsabilité» sur cette pratique. Cela permettrait aux citoyens de savoir quels sont les «acteurs qui cherchent à influencer les décisions politiques» et contribuerait à «réduire (…) le risque de pratiques de corruption», estime le Greco. Celui-ci préconise notamment la création de «registres des lobbyistes et en indiquant le caractère formel ou informel des contacts, l’identité des personnes rencontrées et les sujets abordés». «Le public a le droit de savoir qui influence les décisions politiques (…) Les gouvernements devraient adopter des règles détaillées pour prévenir les risques de corruption», a déclaré le président du Greco, Marin Marcela, cité dans un communiqué.

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Tourisme : pour davantage de coordination et un pilotage partagé

Tourisme : pour davantage de coordination et un pilotage partagé

L’attractivité d’un territoire dépend de toute une mosaïque d’acteurs privés qu’il leur est bien difficile de coordonner. Par Marie-Laure Baron, Université Le Havre Normandie; Samuel Grandval, Université Le Havre Normandie et Xiao Liu, Université Le Havre Normandie

 

 

Le tourisme a particulièrement souffert de la pandémie. En France, 38 % des acteurs du secteur ont dû contracter un prêt garanti par l’État, et le pays s’en sort pourtant mieux que ses voisins.

La saison estivale 2022 s’annonce cependant bonne, avec une météo clémente et des consommateurs qui ont pu mettre une épargne de côté durant la pandémie. De quoi pousser les pouvoirs publics à miser sur le secteur pour développer un territoire ? Ceux-ci souhaitent souvent occuper une place centrale dans l’organisation et l’animation du tourisme local.

Reste que les impulsions qu’ils proposent ne sont cependant pas toujours reprises par le tissu des entreprises du secteur, souvent de petites tailles. Or, les zones touristiques constituent des territoires identifiés par les voyageurs comme une offre globale. Ils ne choisiront bien souvent pas de se rendre à un endroit pour une ou deux particularités mais pour tout un ensemble de lieux et de services.

Notre recherche montre en fait, que les pouvoirs publics ne peuvent que difficilement piloter l’ensemble du système. Leur action, paradoxalement, ne peut fonctionner que sur des segments particuliers.

La valeur d’un site dépend, du point de vue du visiteur, de deux facteurs. Deux facteurs qui reposent eux-mêmes sur deux types d’acteurs différents.

Il y a d’une part ce que l’on nomme le « paysage ». Ce sont les sites en eux-mêmes, les plages, musées, ou monuments. Le touriste vient à Richelieu (Indre) pour ses fortifications, à Honfleur (Calvados) pour son grenier à sel, son église Sainte-Catherine dont la particularité est d’être construite en bois ou son port, et au Havre (Seine-Maritime), pour la plage, son architecture Perret ou son musée d’art moderne. Promouvoir, entretenir et mettre en valeur ce paysage est le rôle des collectivités territoriales.

D’autre part se trouve l’ensemble de services complémentaires entre eux qui composent le séjour du client : l’hébergement, les lieux de restauration ou de loisirs sportifs par exemple. Leur production échoit, elle, à une mosaïque de petites entreprises.

En ce qui les concerne, nos recherches montrent que la propension à dépenser des touristes dépend en fait de deux éléments. Ils s’avèrent, d’une part, sensibles à la diversité des offres individuelles des entreprises : plus les activités sont variées, plus l’offre est large et le site attractif. Autrement dit, une interaction semble nécessaire entre les différents éléments de l’offre pour un bon fonctionnement de l’ensemble. D’autre part, nous soulignons l’importance de l’originalité des offres individuelles. Elles permettent de distinguer la destination touristique parmi ses concurrentes.

Ce peuvent être, par exemple, les galeries d’art réputées pour la destination touristique honfleuraise, dont le « paysage » est pourtant d’abord maritime. Se pose alors la question de la possibilité d’améliorer l’attractivité du territoire sans pour autant noyer le trait distinctif de la destination. Pari réussi à Honfleur, qui renvoie aussi l’image de « creuset des impressionnistes ».

Puisqu’une coordination de l’ensemble semble ainsi nécessaire, faut-il s’en remettre aux pouvoirs publics ? Certains experts évoquent la nécessité d’une gouvernance partagée entre les acteurs. Il ne semble cependant pas exister de cas de stratégies collectives réussies.

Prenons le cas de Venise. La ressource touristique y est abondante et la tendance que l’on y observe paraît être à la maximisation des intérêts individuels au détriment du collectif. C’est en fait une conséquence d’une densité de touristes élevée : le besoin de coordination est plus faible car il n’y a pas nécessité de développer davantage l’attractivité de l’endroit.

C’est donc la densité de la ressource touristique qui va déterminer la légitimité de l’action publique. Elle ne sera reconnue, d’après nos résultats, que si la densité des touristes est faible. C’est pour cette raison que, souvent, les entreprises n’expriment pas de volonté d’intervention des pouvoirs publics.

L’action publique (par exemple au travers d’un office du tourisme) ne peut donc porter que sur la mise en valeur et la promotion des sites touristiques et de l’offre globale de la destination touristique. C’est d’ailleurs là une attente des acteurs du secteur. Il s’agit d’attirer les touristes et moins de coordonner l’écosystème.

Les pouvoirs publics ne joueront ce second rôle qu’indirectement puisque les entrepreneurs individuels s’adaptent à l’évolution des profils des touristes drainés. Éventuellement peuvent-ils utiliser les plans d’urbanisme comme à Barcelone, réglementer les locations saisonnières comme à Honfleur ou encore favoriser l’implantation d’activités dont la densité est faible afin de rééquilibrer l’écosystème. À eux de trouver une niche la plus adaptée pour agir.

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Par Marie-Laure Baron, Maître de conférences en sciences de gestion, Université Le Havre Normandie ; Samuel Grandval, Maître de conférences HDR en sciences de gestion, Université Le Havre Normandie et Xiao Liu, Docteur, Université Le Havre Normandie.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Le rôle central des PME pour le développement en France

Le rôle central des PME pour le développement en France

Au cours de ces dernières années on a surtout vanté les mérites des grandes sociétés multinationales françaises. Des entreprises effectivement qui jouent un rôle important notamment en termes d’exportation. Le problème c’est que nombre de ces grandes sociétés ont aussi délocalisé nombre d’activités. D’où la nécessité de s’appuyer davantage sur les PME qui peuvent redonner du souffle  à l’aménagement du territoire dans une vision de développement durable .

 

. Les 3 millions de TPE/PME qui constituent 95 % du tissu économique de notre pays peuvent largement contribuer à défendre le pouvoir d’achat, préserver la croissance et accélérer la décarbonation de l’économie, à condition de prendre certaines mesures. Par Lionel Canesi, Président du Conseil Supérieur de l’Ordre des experts-comptables.

 

tribune

 

« Aller vers l’idéal en passant par le réel »… Une fois de plus, face à des enjeux économiques, sociaux et sociétaux majeurs, dans un environnement inflationniste où les crises succèdent aux crises, la méthode prônée par Jean Jaurès démontre toute son actualité et, plus encore, sa pertinence.

Pour les cinq ans à venir, l’idéal tient dans les termes d’une équation aussi simple à poser que difficile à résoudre : défendre le pouvoir d’achat des Français en préservant la croissance et, parallèlement, accélérer la décarbonation de notre économie.

Quelles sont donc les voies du réel qu’il s’agirait d’emprunter pour rendre possible ce double objectif ? Les experts-comptables de France, premiers conseillers des TPE/PME, en sont plus que jamais convaincus : il est urgent de convoquer le bon sens, la simplicité, et le pragmatisme. Il est indispensable de s’appuyer sur les 3 millions de TPE/PME qui constituent 95 % du tissu économique de notre pays.

L’armée silencieuse des indépendants, des TPE et des PME créée des emplois non délocalisables, fabrique du lien social dans nos quartiers, anime nos centres-villes et nos villages. La loi entrepreneur votée dans les dernières semaines du quinquennat marque un progrès certain. Mais il faut aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite. L’enjeu est d’abord de faciliter le quotidien de l’entrepreneur, de libérer sa capacité créative, simplifier ses relations avec l’administration pour lui permettre de fabriquer de la croissance et par ricochet, d’être en capacité de mieux rémunérer le travail de ses collaborateurs. Pour cela, la liberté de choix de son statut social par l’entrepreneur, des mesures de renforcement des fonds propres et une facilitation de la transmission des entreprises sont des voies à prendre.

Quelques pistes concrètes

Sur la défense ou l’amélioration du pouvoir d’achat, quelques pistes concrètes :

La suppression de tout ou partie des cotisations sociales sur les salaires libèrerait au moins 15% de pouvoir d’achat immédiatement. Notre modèle social (hors retraite) serait dès lors financé par des prélèvements sur la consommation et les mouvements financiers. Une telle décision offrirait une bouffée d’oxygène aux salariés sans peser sur les marges des TPE/PME et contribuerait à renforcer la compétitivité des entreprises françaises à l’international.

Le Président de la République annonce l’augmentation de la prime PEPA. Le dispositif est efficace sur le court terme, il est plébiscité par les chefs d’entreprise. Il pourrait être pérennisé pour devenir une sorte « d’intéressement simplifié », parfaitement adapté à la réalité et aux attentes des TPE.

Sur les enjeux climatiques, que seuls quelques esprits obtus persistent à nier ou à minimiser, le bon sens invite à considérer les 3 millions de TPE/PME françaises comme un levier d’action essentiel. A ce jour, les textes règlementaires, les normes européennes ou nationales visant à orienter l’activité économique vers des pratiques plus vertueuses ne concernent en réalité que les ETI et les grands groupes. Les grandes structures disposent des organisations et des moyens financiers pour s’engager dans la démarche. Penser que leurs pratiques ou que les injonctions lancées par un arsenal de règles administratives complexes vont tranquillement s’imposer à l’univers des TPE/PME est illusoire. Ce raisonnement traduit une méconnaissance absolue de la réalité des entreprises à taille humaine. Les experts-comptables de France le constatent chaque jour au contact de leur client. L’idéal environnemental vient percuter le réel des petites structures moins sensibilisées, moins équipées, moins structurées et dans l’incapacité de financer les investissements souvent nécessaires à la transition écologique de leur activité.

La stratégie du colibri

Le réel, pour que ces entreprises s’engagent dans la transition environnementale nécessaire, c’est la stratégie du colibri. Nous proposons de créer une annexe fiscale simplifiée où seraient recensées 10 données extra-financières (nombre de m3 d’eau consommés, nombre de kilowatt heure, litres de carburants consommées, niveau des salaires hommes/femmes, surface au sol « consommée » par les locaux professionnels…). L’objectif est d’embarquer les TPE PME dans la connaissance de leur impact environnemental. Sensibiliser, diagnostiquer et ainsi créer les conditions d’une action possible, réaliste, concrète.

Au nom du pragmatisme et de l’efficacité, les cinq années qui viennent pourraient enfin replacer les TPE/PME au cœur des politiques publiques tout simplement parce qu’elles sont au cœur de l’économie et de la société.

Guerre en Ukraine : un enjeu pour la liberté mondiale (Constantin Sigov)

Guerre en Ukraine : un enjeu pour la liberté mondiale (Constantin Sigov)

 

 

Philosophe, Constantin Sigov , philosophe, directeur du Centre européen à l’université de Kiev évoque l’enjeu de la liberté à l’occasion de la guerre en Ukraine ( l’Opinion)

Révolution Orange en 2004, révolution de la dignité ou révolution Maïdan en 2014 et l’incroyable résistance que montrent les Ukrainiens face à l’agression russe… Comment expliquez-vous l’attachement viscéral de vos compatriotes pour la liberté?

La résistance acharnée de Marioupol et de l’usine Azovstal de ces dernières semaines est le symbole de la bataille pour la liberté. S’y expriment le courage, la force, une vision très claire des valeurs pour lesquels chacun donne sa vie et la solidarité entre militaires et civils. J’ai reçu, il y a quelques jours, une vidéo où l’on voyait une femme et un homme, réfugiés la nuit dans un abri de Marioupol, chanter une chanson populaire du XVIIe siècle dont le thème principal est la liberté. C’est vous dire si cette liberté et la fidélité qui y est affichée remonte à très loin ! Ses paroles résonnent dans ma tête comme le poème de Paul Eluard, écrit face à l’occupation allemande. On peut parler de tradition. Vous connaissez le cri de ralliement «Pour notre liberté et la vôtre» répété à travers l’histoire par les Polonais et les Ukrainiens lorsqu’ils ont été envahis par l’Empire russe à la fin du XVIIIe siècle. Il est plus que jamais d’actualité. La culture, la langue et les publications en langue ukrainienne ont été interdites via des oukazes ; mais malgré tout nous avons continué à publier dans la clandestinité des livres, des manuels scolaires et des bibles. La diversité de l‘Ukraine fait d’ailleurs que la répression tsariste n’a pas touché la totalité du pays dont une partie appartenait encore, jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale, à l’empire austro-hongrois et bénéficiait d’une totale liberté pour entretenir notre langue et notre culture.

La marque était si profonde?

Il faut savoir aussi que l’Ukraine occidentale n’a pas été occupée par le pouvoir bolchevique avant 1939. Elle a donc échappé à la répression et aux purges des années 1930. Kiev n’a été atteinte qu’en 1937. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Ukraine occidentale a abrité des maquis qui ont résisté dix ans à l’Armée rouge et au pouvoir stalinien. C’est resté dans la mémoire de la génération de mes parents. On n’a jamais oublié non plus les crimes de Staline, la famine imposée au pays (le Holodomore), les goulags comme cela a été le cas en Russie. Après l’indépendance, en 1991, nous avons tout fait pour que les archives du KGB soient totalement ouvertes aux chercheurs à Kiev, ce qui n’a pas été le cas en Biélorussie et en Russie où Moscou a fermé l’organisation Memorial, en décembre, à la veille de l’invasion de notre pays. Ce qui était un signal très clair. En passant l’éponge sur les crimes de Staline, on justifiait ceux de Vladimir Poutine,

Pour une souveraineté minérale

Pour une souveraineté minérale

La transition énergétique à l’œuvre aujourd’hui est certainement le chantier majeur des cinquante prochaines années. La sortie du « tout-pétrole » actée par l’Union européenne représente en elle-même une formidable opportunité, qui ne sera pas sans conséquences tant nos habitudes de consommation, de déplacement vont être bouleversées dans les années à venir. Par Eugène Daronnat, consultant en énergie ( dans la Tribune)

 

Alors que nous pensions basculer dans un monde toujours plus virtuel, il apparait en réalité que notre dépendance aux matières premières et aux ressources minérales va s’accroitre de manière exponentielle. Si nous sortons à terme d’une dépendance au pétrole, nous rentrons de manière certaine dans une dépendance aux métaux stratégiques, indispensables à la transition énergétique et numérique. Le rapport Varin remis au mois de Janvier 2022 sur les enjeux « d’approvisionnement en matières minérales » pose de manière claire les enjeux.

La priorité « écologique » est évidemment de pérenniser le parc nucléaire existant (en optimisant notamment le facteur de charge de nos centrales nucléaires, aujourd’hui pour moitié à l’arrêt) tout en lançant le chantier de nouveaux EPR (15 au minimum pour répondre aux besoins croissants en électricité). Mais les combats écologiques de demain porteront aussi sur les métaux stratégiques. La France devra être à l’avant-garde de ce combat, et ce pour deux raisons.

Premièrement, pour sécuriser les approvisionnements Européens et Français en métaux stratégiques, alors que la dépendance aux matières premières est en train de devenir l’enjeu n°1. Un embargo de la Chine sur les métaux rares comme nous l’avons connu en 2010 serait dramatique pour nos économies. Nous devons accélérer fortement les investissements en la matière à travers le lancement du « fonds d’investissement dans les métaux stratégiques », qui doit être doté de plusieurs milliards d’euros, pour répondre à l’enjeu.

Par ailleurs, la refonte du code minier et la relance de la filière minière doivent être érigées en priorité, pour que nous ne connaissions pas une situation analogue à celle de la filière nucléaire, qui a connu depuis plusieurs dizaines d’années une perte de compétences que nous payons cher aujourd’hui.

Deuxièmement, pour des raisons écologiques, parce que l’exploitation des métaux stratégiques dans des conditions écologiques désastreuses, en Chine ou en Afrique notamment, va devenir dans les mois et les années à venir un sujet porté à la connaissance de l’opinion publique. Les Français, et notamment les jeunes générations ne nous pardonneraient pas de ne pas avoir pris les devants, en cautionnant cette délocalisation de pollution dans des pays moins soucieux de l’environnement.

Concrètement, la France pourrait diligenter une recherche approfondie de la présence de métaux précieux sur son sol et dans ses océans pour s’assurer que les éléments en notre possession sont à jour, et lancer ensuite rapidement sous le quinquennat une expérimentation d’exploration. Dans le même temps, il est essentiel d’accélérer sur la thématique du recyclage de ces métaux précieux.

La culture minière faisant partie de l’histoire de notre pays, de nombreuses régions pourraient être sensibles à de telles initiatives, par ailleurs pourvoyeuse d’emplois dans le moyen-terme, à travers la relance de la filière. Et si la souveraineté minérale était la réponse française au défi de la transition énergétique ?

Pour une démocratie participative dans les entreprises

 Pour une démocratie participative dans les entreprises

 

 

Un sujet social, politique, économique pourtant stratégique et qui n’a pratiquement pas trouvé sa place dans la campagne électorale française en cours. Pourtant quatre spécialistes du management, dont deux chercheurs néerlandais et suédois, expliquent, dans une tribune au « Monde », comment faire du dialogue professionnel un objectif commun des dirigeants et des syndicalistes pour améliorer la qualité du travail.

 

Les dirigeants d’entreprise et les représentants du personnel devraient s’entendre pour développer le dialogue professionnel, c’est-à-dire la participation directe des travailleurs. L’enjeu, c’est le développement des personnes et des organisations ; essentiel pour améliorer la qualité du travail.

Ce dialogue professionnel doit permettre aux travailleurs de réfléchir sur le travail au sein des équipes, avec les manageurs de proximité : sur la manière dont il est organisé, le séquencement des tâches, les rythmes de travail, la polyvalence, les critères de qualité du travail pour les clients, patients ou usagers, et pour la préservation de l’environnement.

La communication est parfois abondante dans les entreprises, mais celle-ci ne fait pas des travailleurs les acteurs de leur propre travail, des transformations technologiques ou organisationnelles, de leur avenir et de celui de leur entreprise. Cela génère de la frustration.

L’actualité montre que les besoins des salariés sont avant tout matériels dans une période d’incertitude et d’augmentation accélérée des prix à la consommation. Mais la possibilité pour chacun de se réaliser par le travail, d’être reconnu par ses pairs et les manageurs, de pouvoir travailler en confiance reste essentielle. La démocratie ne peut fonctionner uniquement à l’échelle de la société. Elle doit se développer dans l’entreprise en renforçant la participation directe des travailleurs.

Une stratégie syndicale affirmée de soutien à la participation directe des travailleurs peut constituer une voie pour le renouveau du syndicalisme ; pour un syndicalisme capable de renouer avec sa base.

Cela est de la responsabilité conjointe des dirigeants et des syndicalistes. L’intérêt commun est celui du progrès social et économique ; d’un juste équilibre du progrès pour les individus et pour les organisations. Cette méthode axée sur le dialogue professionnel évite de s’enfermer ou de s’opposer sur des modèles d’organisation du travail par trop abstraits pour les travailleurs.

C’est par la participation directe des travailleurs que l’autonomie au travail advient et que l’on peut s’inscrire dans une organisation apprenante. L’entreprise y a intérêt pour instaurer un progrès réellement continu et pour réussir ses transformations technologiques ou organisationnelles.

Dans la période, c’est aussi un enjeu pour l’attractivité des emplois. Les syndicats devraient soutenir ce développement d’un dialogue professionnel constructif, dans l’intérêt des travailleurs, mais aussi de celui des syndicats, afin d’inverser une courbe de désyndicalisation qui peut entraîner l’effondrement de la solidarité entre les différentes composantes du monde du travail.

Société- Entreprises et salariés : Pour une démocratie participative

Société- Entreprises et salariés : Pour une démocratie participative

 

 

Un sujet social, politique, économique pourtant stratégique et qui n’a pratiquement pas trouvé sa place dans la campagne électorale française en cours. Pourtant quatre spécialistes du management, dont deux chercheurs néerlandais et suédois, expliquent, dans une tribune au « Monde », comment faire du dialogue professionnel un objectif commun des dirigeants et des syndicalistes pour améliorer la qualité du travail.

 

Les dirigeants d’entreprise et les représentants du personnel devraient s’entendre pour développer le dialogue professionnel, c’est-à-dire la participation directe des travailleurs. L’enjeu, c’est le développement des personnes et des organisations ; essentiel pour améliorer la qualité du travail.

Ce dialogue professionnel doit permettre aux travailleurs de réfléchir sur le travail au sein des équipes, avec les manageurs de proximité : sur la manière dont il est organisé, le séquencement des tâches, les rythmes de travail, la polyvalence, les critères de qualité du travail pour les clients, patients ou usagers, et pour la préservation de l’environnement.

La communication est parfois abondante dans les entreprises, mais celle-ci ne fait pas des travailleurs les acteurs de leur propre travail, des transformations technologiques ou organisationnelles, de leur avenir et de celui de leur entreprise. Cela génère de la frustration.

L’actualité montre que les besoins des salariés sont avant tout matériels dans une période d’incertitude et d’augmentation accélérée des prix à la consommation. Mais la possibilité pour chacun de se réaliser par le travail, d’être reconnu par ses pairs et les manageurs, de pouvoir travailler en confiance reste essentielle. La démocratie ne peut fonctionner uniquement à l’échelle de la société. Elle doit se développer dans l’entreprise en renforçant la participation directe des travailleurs.

Une stratégie syndicale affirmée de soutien à la participation directe des travailleurs peut constituer une voie pour le renouveau du syndicalisme ; pour un syndicalisme capable de renouer avec sa base.

Cela est de la responsabilité conjointe des dirigeants et des syndicalistes. L’intérêt commun est celui du progrès social et économique ; d’un juste équilibre du progrès pour les individus et pour les organisations. Cette méthode axée sur le dialogue professionnel évite de s’enfermer ou de s’opposer sur des modèles d’organisation du travail par trop abstraits pour les travailleurs.

C’est par la participation directe des travailleurs que l’autonomie au travail advient et que l’on peut s’inscrire dans une organisation apprenante. L’entreprise y a intérêt pour instaurer un progrès réellement continu et pour réussir ses transformations technologiques ou organisationnelles.

Dans la période, c’est aussi un enjeu pour l’attractivité des emplois. Les syndicats devraient soutenir ce développement d’un dialogue professionnel constructif, dans l’intérêt des travailleurs, mais aussi de celui des syndicats, afin d’inverser une courbe de désyndicalisation qui peut entraîner l’effondrement de la solidarité entre les différentes composantes du monde du travail.

Sondage É. Borne à Matignon: ce n’est pas le changement attendu pour 60 %

Sondage É.  Borne à Matignon: ce n’est pas le changement attendu pour 60 %

 

 

. Selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro, La nomination d’Élisabeth Borne ne correspond pas, pour 57% des sondés, au virage annoncé par Emmanuel Macron pour son second quinquennat. Il est clair pour les Français que Macron a choisi une première ministre assez transparente pour pouvoir gouverner seul.Seules 41% des personnes interrogées jugent que ce choix est le signe que le président veut diriger le pays différemment que lors de son premier mandat. Les sympathisants du Rassemblement national (78%), Reconquête! (74%) et de la France insoumise sont les plus nombreux à estimer que la nomination de l’ex-ministre de la Transition écologique s’inscrit dans la continuité du premier quinquennat. Sans surprise, 96% des partisans de Renaissance (anciennement LREM) jugent au contraire qu’elle marque un changement.

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