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Inflation: l’addition pour les ménages !

Inflation: l’addition  pour les ménages !

 

Un taux d’inflation de 5,4 % sur un an mais des augmentations de revenus salariaux qui ne dépasseront pas 2 à 3 %. Conclusion une perte de pouvoir d’achat d’environ 3 % (l’inflation sera proche de 6 % sur un an d’ici la fin de l’année En Europe).

 

Les banquiers centraux multiplient les effets de manche afin de justifier la lutte contre l’inflation. Sauf que les taux d’intérêt proposés ne collent pas au danger annoncé. Par Karl Eychenne, stratégiste et économiste.

En clair, les banquiers centraux communiquent beaucoup sur les perspectives de relèvement des taux d’intérêt pour réguler l’inflation mais en vérité utilisent  cette inflation pour amortir les dettes et les énormes générosités monétaires pendant la crise sanitaire. Ils ne souhaitent pas non plus casser la fragile croissance avec un arrêt brutal de la politique monétaire accommodante . Finalement la manière classique qui consiste à utiliser l’inflation pour amortir les excès de la planche à billets.Ou le transfert de l’amortissement de l’endettement sur le consommateur. Un consommateur qui va subir avec l’inflation une dévaluation de fait de son pouvoir d’achat de l’ordre de 3 à 4 % en 2022 en moyenne. NDLR 

« L’inflation risque de tout raser sur son passage, il faut agir vite et fort. »

Voilà un condensé de ce qui a pu être dit par les membres des banques centrales américaine (Fed) et européenne (BCE) au cours des dernières semaines. Agir vite et fort, mais pas trop vite quand même, précise Christine Lagarde dans son dernier discours. Globalement, on a quand même bien compris le message. Les banquiers centraux envisagent des politiques monétaires plus restrictives.

Pourtant, quelque chose ne colle pas. Il y a un décalage étonnant entre les mots et les taux. Les mots employés pour parler du danger inflationniste ne se retrouvent pas dans les taux qui sont proposés pour juguler ce risque. En vérité, on est bien loin d’une politique monétaire qui deviendrait restrictive. Il conviendrait plutôt de parler de politique monétaire moins accommodante.

Le cas américain en est la plus parfaite illustration. Aujourd’hui, le taux d’intérêt directeur de la Fed s’établit dans une fourchette allant de 0,25 à 0,5%, alors que l’inflation est en orbite à 8,5%. Le coût de l’argent (taux) est donc bien inférieur au coût de la vie (inflation). On pourrait anticiper alors que la volonté de la Fed de lutter contre l’inflation se traduise par une remontée des taux significative. Oui, la hausse sera significative, de 0,5 à près de 2% fin 2022 si l’on en croit les anticipations. Mais ce coût de l’argent restera bien inférieur au coût de la vie qui devrait décélérer de 8,5% à près de 5%. Même à son acmé en 2023, le coût de l’argent ne parviendrait qu’à revenir au même niveau que l’inflation : 3%. Pas vraiment l’impression d’une politique qui se donne les moyens de lutter contre l’inflation galopante.

Entreprises : Pour une démocratie participative

Entreprises : Pour une démocratie participative

 

 

Un sujet social, politique, économique pourtant stratégique et qui n’a pratiquement pas trouvé sa place dans la campagne électorale française en cours. Pourtant quatre spécialistes du management, dont deux chercheurs néerlandais et suédois, expliquent, dans une tribune au « Monde », comment faire du dialogue professionnel un objectif commun des dirigeants et des syndicalistes pour améliorer la qualité du travail.

 

Les dirigeants d’entreprise et les représentants du personnel devraient s’entendre pour développer le dialogue professionnel, c’est-à-dire la participation directe des travailleurs. L’enjeu, c’est le développement des personnes et des organisations ; essentiel pour améliorer la qualité du travail.

Ce dialogue professionnel doit permettre aux travailleurs de réfléchir sur le travail au sein des équipes, avec les manageurs de proximité : sur la manière dont il est organisé, le séquencement des tâches, les rythmes de travail, la polyvalence, les critères de qualité du travail pour les clients, patients ou usagers, et pour la préservation de l’environnement.

La communication est parfois abondante dans les entreprises, mais celle-ci ne fait pas des travailleurs les acteurs de leur propre travail, des transformations technologiques ou organisationnelles, de leur avenir et de celui de leur entreprise. Cela génère de la frustration.

L’actualité montre que les besoins des salariés sont avant tout matériels dans une période d’incertitude et d’augmentation accélérée des prix à la consommation. Mais la possibilité pour chacun de se réaliser par le travail, d’être reconnu par ses pairs et les manageurs, de pouvoir travailler en confiance reste essentielle. La démocratie ne peut fonctionner uniquement à l’échelle de la société. Elle doit se développer dans l’entreprise en renforçant la participation directe des travailleurs.

Une stratégie syndicale affirmée de soutien à la participation directe des travailleurs peut constituer une voie pour le renouveau du syndicalisme ; pour un syndicalisme capable de renouer avec sa base

Cela est de la responsabilité conjointe des dirigeants et des syndicalistes. L’intérêt commun est celui du progrès social et économique ; d’un juste équilibre du progrès pour les individus et pour les organisations. Cette méthode axée sur le dialogue professionnel évite de s’enfermer ou de s’opposer sur des modèles d’organisation du travail par trop abstraits pour les travailleurs.

C’est par la participation directe des travailleurs que l’autonomie au travail advient et que l’on peut s’inscrire dans une organisation apprenante. L’entreprise y a intérêt pour instaurer un progrès réellement continu et pour réussir ses transformations technologiques ou organisationnelles.

Dans la période, c’est aussi un enjeu pour l’attractivité des emplois. Les syndicats devraient soutenir ce développement d’un dialogue professionnel constructif, dans l’intérêt des travailleurs, mais aussi de celui des syndicats, afin d’inverser une courbe de désyndicalisation qui peut entraîner l’effondrement de la solidarité entre les différentes composantes du monde du travail.

Enjeux numériques pour le nouveau gouvernement

Enjeux numériques pour le nouveau gouvernement

 

Pour le nouveau quinquennat, Gilles Babinet, Digital Champion pour la France auprès de la commission européenne et coprésident du Conseil national du numérique (CNum) estime nécessaire d’appuyer les dynamiques qui font que le numérique sort du sillon technocratique pour devenir un enjeu politique avec des arbitrages et un pilotage interministériel. Ce qui plaide selon lui pour quatre ministères traitant des sujets numériques.(la Tribune)

 

Quel est le bilan de l’action du gouvernement sortant dans le numérique ?

Cédric O s’est surtout attaché à faire décoller l’écosystème des startups. J’entends beaucoup de voix très critiques de son action, qui a surtout consisté à aider à la réalisation de l’objectif fixé par le président d’avoir 25 unicornes en 2025 (elles sont désormais 26). Je pense au contraire que ces entreprises sont nécessaires et que Cedric O a eu un rôle très tangible à cet égard. Qu’on apprécie ce type d’acteurs ou pas, il faut être conscient que ce seront les grandes entreprises de demain. Il y aura des morts, des faillites (comme Sigfox) mais sur le fond une dynamique schumpétérienne est désormais en place.

Il y a également des critiques de son action sur les enjeux de souveraineté. Or, mis à part faire des politiques industrielles très colbertistes et qui ne marchent pas, je ne vois pas ce qu’on peut faire à court terme. Certes on peut réorienter la commande publique – je pense que cela sera fait dans ce nouveau mandat – et surtout accroître la qualité des formations. Ce dernier point est à mon sens l’écueil de ce gouvernement passé. Je ne sais pas qui aura le poste qu’occupe Cédric. mais je pense que ça sera une femme qui a déjà passé beaucoup de temps au contact de l’écosystème des startups ; deux trois noms reviennent beaucoup.

Signataire de la tribune publiée dans La Tribune qui plaide pour l’existence d’un grand ministère du numérique, il me semble surtout nécessaire d’appuyer les dynamiques qui font que le numérique sort du sillon technocratique pour devenir un enjeu politique avec des arbitrages et un pilotage interministériel.

A cet égard, je serais encore plus favorable d’avoir quatre ministères traitant de sujets numériques :

(i) un pour la compétitivité de l’écosystème numérique, Frenchtech… Ce que faisait Cedric O.

(ii) un second pour la transformation de l’Etat, des territoires et de l’expérience utilisateur.

(iii) un troisième pour la réindustrialisation, la décarbonation.

(iv) et un quatrième pour l’éducation, le code, la formation, la littérature numérique, en coordination avec la recherche.

Tous les quatre auraient le terme numérique dans leur titre et auraient des modes de collaborations renforcés. Ça aurait des répercussions très significatives, y compris à l’international.

Le chantier qui me préoccupe le plus va directement à l’enseignement et à la recherche. Nous devrions sérieusement en débattre. Lorsque le ministre Blanquer est arrivé, tout le monde lui a tressé des louanges, sans voir que le projet était très faible et que l’idée de remonter dans les

 

Ces réformes n’existeront que si un consensus se crée sur ce qu’il faut faire. Or, si le système ne sait pas faire le minimum, compter, lire, écrire, il ne faut même pas envisager d’y ajouter des thématiques numériques. Au-delà, nous n’avons pas de stratégie d’attractivité des chercheurs parce que nous savons que l’enseignement supérieur est sous-financé et sous gouverné. Il ne faut pourtant pas rêver : il n’y aura pas de « French Digital Nation » réellement souveraine sans une recherche et un enseignement supérieur de haut niveau. Avec 3,5% d’affectation du PIB français sur ce sujet, on est loin des 6% des meilleurs. Il faut engager les réformes indispensables de financement et de gouvernance des universités et de la recherche, que personne n’a osé toucher depuis les réformes Pécresse de 2007.

Quelle initiative nouvelle pourrait prendre le gouvernement à venir ?

Le sujet de l’inclusion devrait être mis en avant. Egalement celui de la débureaucratisation par le numérique. C’est un gros chantier, mais nécessaire. Je suis convaincu que la complexité administrative et la faible qualité de l’expérience utilisateur des services publics a eu sa part dans des mouvements sociaux comme les gilets jaunes. Ce qui serait également intéressant serait de faire cette nation écologique que vantait le candidat Macron, mais en rupture avec une écologie punitive. Or, l’une des opportunités que permet le numérique c’est de faire plus avec beaucoup moins. Partout autour de nous, nous avons du gâchis d’énergies, de ressources. Je travaille actuellement à l’Institut Montaigne sur un rapport concernant la façon d’accélérer la décarbonisation avec la technologie, nous sommes convaincus qu’il existe un potentiel inexploré.

Concernant le web3, est-ce un domaine où l’Etat devrait être présent ?

Oui et non. D’un coté les acteurs du web3 sont en train de nous faire le même coup que lors de l’émergence de l’internet et du web 2.0 : en substance, « ne nous régulez surtout pas ».   Ça a abouti à des concentrations de pouvoir, à une évasion fiscale de masse et à une déstabilisation de la démocratie à une échelle jamais vue. Il faut donc que l’Etat s’en mêle mais de façon intelligente : pas de politique industrielle comme on l’a trop fait et plutôt un accompagnement pour favoriser les meilleurs usages. Inter-compatibilité entre formats de blockchains et metaverses, ouverture des données d’intérêt général, cadre fiscal ambitieux et fait en comparaison avec ce qui se fait ailleurs… Et à nouveau accélérer sur les sujets d’éducation et de formation. La France pourrait se positionner de façon astucieuse dans de domaine si nos vieux démons ne s’en mêlent pas.

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Gilles Babinet est un entrepreneur dans le domaine digital. Il est contributeur de l’institut Montaigne sur les questions numériques et travaille actuellement sur les enjeux liés au numérique et aux émissions de CO2.

livre « Refondre les Politiques Publiques avec le Numérique »

Pour un grand ministère de l’alimentation

Pour un grand ministère de l’alimentation

 

Alors qu’elle devient de plus en plus un sujet politique, paradoxalement l’alimentation aura été quasiment absente du débat présidentiel. Elle est pourtant essentielle pour notre santé, notre souveraineté, le climat et bien entendu pour notre pouvoir d’achat. L’alimentation mérite un ministère à la hauteur de ces enjeux. (*) Par Stéphane Brunerie, créateur et rédacteur en chef du média Stripfood, et accompagnateur des acteurs de l’écosystème alimentaire dans la transformation de leur marketing et de leurs offres ( la Tribune).

 

« Il est surprenant que face à la désaffection des citoyens envers la politique, jugée trop éloignée de leur quotidien, le personnel politique ne se soit pas encore emparé de ce thème puissant qu’est l’alimentation pour remobiliser le corps électoral », estime Stéphane Brunerie.

Nous avons progressivement perdu le fil nourricier qui nous reliait à l’amont agricole. Nous avons perdu le lien avec les territoires agricoles, tout comme celui avec le potager familial. C’est tout un socle de connaissances des saisons, des produits, des origines, des espèces animales et végétales qui s’est perdu, ainsi que de nombreuses connaissances autour des savoir-faire de production et de transformation. La transmission intergénérationnelle de la cuisine se perd elle aussi.

Ce fameux « bon sens paysan » qui invite à consommer de tout, avec équilibre mais pas n’importe quand et surtout réunit autour de la même table, véritable lieu de socialisation, est en péril. Le schisme qui s’est opéré dans notre culture nous a progressivement conduit à oublier la valeur de notre alimentation. Cédant aux sirènes du « Qui est le moins cher ?», nous nous sommes collectivement aveuglés au point de décréter que la baguette, symbole de notre alimentation française, devait être un produit d’appel comme l’essence. Or, notre alimentation est beaucoup plus qu’un carburant. Elle est le pilier de nos vies et de notre santé.

Pour un grand ministère de l’alimentation

Quoi de plus populaire et concret que le sujet de notre alimentation ! Nous pouvons mesurer chaque jour l’impact des aléas climatiques (sécheresse, gel), mais aussi l’impact des conflits comme la guerre en Ukraine sur la disponibilité des produits de consommation courante ainsi que sur leur prix. La question de notre pouvoir d’achat y est donc étroitement liée. Notre alimentation a également des impacts sur le long terme à la fois sur notre santé, le climat ou encore la dynamique de nos territoires.

Nous devrions lui consacrer un grand ministère, englobant celui de l’agriculture devenu trop étriqué. Ce serait le ministère du «mieux manger» avec comme chantiers prioritaires: mieux produire, de façon plus durable, lutter contre la précarité alimentaire, mieux éduquer les nouvelles générations, mieux informer le consommateur et défendre notre souveraineté alimentaire et la compétitivité de notre modèle agricole et alimentaire français.

Un sujet populaire de plus en plus politique

L’alimentation s’affirme chaque jour davantage comme une affaire individuelle. Nous revendiquons le droit de nous alimenter selon nos préférences, nos convictions, nos croyances ou nos contraintes. Manger devient un sujet politique, clivant comme jamais les débats ! On promeut, sans nuance et sans arguments, tantôt le grand retour du plaisir à table, avec le mythe du « bon vivant », tantôt celui de la rigueur moralisatrice.

Au-delà de ces visions caricaturales, prétextes à créer des punchlines politiques, des marques en appellent à la tolérance. C’est le fameux «Aimez la viande, mangez des légumes» lancé par l’association Interbev, surfant avec habilité sur un mouvement flexitarien. Ou le slogan d’une marque de lardons vegan «C’est un juif, un viandard, un musulman et un vegan à la même table. Et c’est pas une blague !», qui met en avant la faculté de l’alimentation de réunir.

Regagner l’intérêt des citoyens à la politique… par leur assiette

Il est surprenant que face à la désaffection des citoyens envers la politique, jugée trop éloignée de leur quotidien, le personnel politique ne se soit pas encore emparé de ce thème puissant qu’est l’alimentation pour remobiliser le corps électoral. L’agriculture n’aura été que le 16ème thème discuté par les différents candidats dans cette campagne présidentielle, et l’alimentation le 28ème . Elle offre une occasion unique de réintéresser les citoyens-consommateurs à la politique par leur assiette, et un levier de sens pour un projet de société plus global.

Si la question du climat n’est pas parvenue à s’imposer au cœur des présidentielles, c’est entre autres parce que le climat convoque le temps long et rentre en conflit avec les urgences du très court terme. Mais c’est aussi parce qu’il est porté dans le débat public de façon anxiogène. Si ces inquiétudes sont légitimes, l’angoisse reste un frein puissant.

Or, si la question alimentaire porte celle du climat, elle dispose d’un atout pour faciliter le changement de comportement : la dimension positive autour du plaisir. Parce que l’alimentation réunit plus qu’elle ne divise, elle constitue une arme de mobilisation massive. Mieux manger tous ensemble sans détruire la planète, voilà la feuille de route du futur ministère de l’alimentation.

Stéphane Brunerie (*)

Sondage législatives : large majorité pour Macron

 

 

Sondage législatives : large majorité pour Macron

Selon un sondage OpinionWay-Kéa Partners, pour  Les Échos et Radio classique , Il y aurait entre 310 et 350 sièges à l’Assemblée à l’issue des législatives des 12 et 19 juin prochain pour la majorité présidentielle.

Selon ce sondage, l’union de la gauche pourrait aussi investir entre 135 et 165 députés et devenir, devant la droite, la première force d’opposition du pays.

Selon ce même sondage, Les Républicains passeraient de 101 députés actuellement à entre 50 et 70 dans la prochaine législature.

Et le Rassemblement national pourrait obtenir entre 20 et 40 sièges et ainsi constituer un groupe parlementaire. C’est une avancée pour le parti, mais un faible score au vu de son nombre de voix récoltées au second tour de la présidentielle.

Malgré cet avantage manifeste d’Emmanuel Macron lors du scrutin de juin, seuls 36% des Français disent souhaiter qu’il dispose d’une majorité, explique encore ce dernier baromètre. Et ils sont 61 % de l’avis inverse. Une confirmation du peu d’enthousiasme suscité par sa réélection, où le vote utile, le vote contre et l’abstention ont été les grands gagnants.

Sondage OpinionWay-Kéa Partners pour Les Échos et Radio classique réalisé du 5 au 9 mai 2022 sur un échantillon de 3.077 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas.

 

 

Une stratégie de stockage d’eau pour faire face à la crise alimentaire.

Une stratégie de stockage d’eau pour faire face à la crise alimentaire.

La  FNSEA réclame une véritable stratégie de stockage d’eau.  En ce début de semaine, le mercure frôle par certains endroits les 30°C entraînant un manque d’eau. Entre septembre et avril 2022, le déficit de précipitations est estimé à 19%, et le déficit de recharge des nappes phréatiques est de 20%

La  FNSEA plaide pour un stockage de l’eau. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé fin avril que les agences de l’eau pourraient dépenser 100 millions d’euros supplémentaires pour aider les filières agricoles à s’adapter ou créer des retenues d’eau. Une étape encore insuffisante. « Ce que nous dénonçons, c’est la gestion catastrophique de l’eau depuis plus de quinze ans. Nous stockons seulement 1,5% de l’eau qui tombe à l’automne et au début de l’hiver alors qu’en Espagne, ils sont à 17 ou 18% », déplore Luc Smessart, vice-président de la FNSEA.  »Ce qu’il faut c’est une continuité et une cohérence avec un vrai projet stratégique », poursuit-il, regrettant les oppositions associations écologiques et de certains syndicats paysans contre le stockage de l’eau. Il met en garde : « Si nous ne pouvons plus produire en France, il y en a d’autres qui le feront pour nous et on voit bien que nous avons délégué à d’autres pays comme l’Ukraine ou la Russie la production d’une partie de notre alimentation ce qui provoque des pénuries » et des hausses de prix. Et d’ajouter : « Nous devons accorder autant d’importance à la souveraineté de l’eau qu’à celle alimentaire ou énergétique ».

D’autres solutions sont également à chercher dans les progrès de la génétique qui permet de créer des variétés plus résistantes à la sécheresse. Les agriculteurs tentent par ailleurs d’adapter leurs méthodes de travail aux évolutions climatiques notamment en récoltant plus tôt lorsque cela est possible.

 

 

Un procès pour le ministre de la justice !

Un procès pour le ministre de la justice !

 

Le ministre actuel de la justice est renvoyé devant la cour de justice de la république. Autant dire qu’il ne risque pas grand-chose puisque cette cour a la particularité d’être composée surtout de politiques et de montrer la plus extrême bienveillance vis-à-vis des inculpés ( exemple 400 millions accordés indûment d’après la justice par Christine Lagarde à Tapie ; on a seulement reproché à Christine Lagarde sa « légèreté « ; et on a viré le président d’Orange alors  directeur de cabinet de Christine Lagarde, bref, un lampiste !) .

L e ministère public a jugé qu’il existait des «charges suffisantes» contre le garde des Sceaux pour le renvoyer devant la formation de jugement de la CJR, seule juridiction habilitée à poursuivre et juger des ministres pour des infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions.

La décision finale sur un éventuel renvoi du ministre devant la formation de jugement de la CJR appartient désormais à la commission d’instruction de la CJR. Éric Dupond-Moretti, nommé au gouvernement à l’été 2020, est mis en examen pour des faits de prises illégales d’intérêt depuis juillet 2021.

Des plaintes de syndicats de magistrats et de l’association anticorruption Anticor, dénonçant deux situations de conflit d’intérêts depuis son arrivée à la Chancellerie, avaient donné lieu à l’ouverture d’une information judiciaire.

Convoqué en mars et en avril par les magistrats de la CJR sur les deux dossiers, il a refusé de répondre à leurs questions. Le premier dossier concerne l’enquête administrative qu’il a ordonnée en septembre 2020 contre trois magistrats du Parquet national financier (PNF) qui avaient fait éplucher ses factures téléphoniques détaillées («fadettes») quand il était encore une star du barreau.

Dans l’autre, il lui est reproché d’avoir diligenté des poursuites administratives contre un ancien juge d’instruction détaché à Monaco, Édouard Levrault, qui avait mis en examen un de ses ex-clients et dont il avait critiqué les méthodes de «cow-boy». Éric Dupond-Moretti a toujours martelé qu’il n’avait fait que «suivre les recommandations» de son administration.

Inflation : la Banque de France pour des hausses d’intérêt !

 

 

Inflation : la Banque de France pour des hausses d’intérêt !

 

Curieusement la Banque de France tient le discours des financiers orthodoxes de Berlin. Par conviction sans doute, pour servir les intérêts des banquiers tout autant et pour plaire à la Banque centrale européenne.

Une posture qui n’est pas complètement incohérente mais qui ne boucle pas avec la problématique économique, sociale et environnementale. Ou e saucissonnage de l’analyse des experts. Dans cette analyse on voit mal apparaître la problématique de la croissance.

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, n’a pas hésité, mardi soir, à évoquer les sujets qui fâchent. Invité à s’exprimer devant le Haut Conseil des finances publiques, organisme indépendant chargé de veiller à la cohérence des prévisions macroéconomiques du gouvernement, il a insisté sur la nécessité pour le futur exécutif d’adapter le train de dépenses du pays afin de se préparer à des hausses de taux d’intérêt, potentiellement très coûteuses.

Les investisseurs anticipent déjà cette remontée. Sur les marchés secondaires de la dette, les obligations souveraines hexagonales à dix ans s’échangent à environ 1,6%, alors qu’elles étaient à 0% au début de l’année, renchérissant d’autant le prix auquel l’État français s’endette.

 

Les observateurs tablent sur une décision de la Banque centrale européenne (BCE) de rehausser ses taux directeurs afin de lutter contre l’inflation, dès cet été, dans le sillage de la Réserve fédérale. Une échéance clairement assumée par Le gouverneur de la banque de France plus proche des Allemands que des Français.

La guerre, un prétexte pour continuer les énergies fossiles

 La guerre, un prétexte pour continuer les énergies fossiles

 

Le conflit entre la Russie et l’Ukraine ne fait qu’amplifier la crise énergétique à l’œuvre depuis l’été 2021. Les Etats européens parent au plus pressé plutôt que d’enclencher une véritable transition énergétique, constate dans sa chronique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».

 

L’invasion de l’Ukraine par la Russie aurait pu faire coïncider l’agenda diplomatique avec la lutte contre le changement climatique. La nécessité de s’affranchir des hydrocarbures russes pour faire pression sur Vladimir Poutine afin de stopper le plus rapidement possible l’agression était l’occasion de joindre l’indispensable (la sécurisation des approvisionnements énergétiques) à l’essentiel (l’accélération de la transition énergétique).

Mais dix semaines après le début des hostilités, les mauvais réflexes demeurent. Les économies européennes parent au plus pressé. Il s’agit davantage de trouver d’autres fournisseurs d’énergies fossiles plus fréquentables que de commencer un sevrage qui, seul, permettrait de véritablement changer la donne.

Plutôt que de se focaliser sur l’urgence de la sobriété et de décréter une mobilisation générale pour produire davantage d’énergies vertes, les investissements dans le pétrole et le gaz repartent allégrement à la hausse, risquant de mettre en péril les engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris. A la guerre comme à la guerre, répondent en chœur industriels et dirigeants politiques. Mais ce conflit est un mauvais alibi pour continuer à miser sur les énergies fossiles.

Contrairement à un scénario répété à l’envi, la guerre russo-ukrainienne n’est pas le déclencheur de la crise énergétique actuelle. Elle ne fait qu’amplifier un phénomène qui s’est manifesté dès l’été 2021 avec une hausse brutale des prix du pétrole et du gaz. C’est à ce moment qu’il aurait fallu commencer à accélérer la transition énergétique.

Les Européens ont préféré faire le dos rond en misant sur un retour rapide à la normale. D’où les dispositions de court terme qui ont été prises pour préserver le pouvoir d’achat, sans profondément changer notre mode de consommation d’énergie. « La priorité a été donnée à des choix politiquement faciles mais qui sont économiquement coûteux et environnementalement désastreux », estime Thomas Pellerin-Carlin, directeur du Centre énergie de l’Institut Jacques Delors.

L’exemple du gaz naturel liquéfié (GNL) est emblématique de ces choix. Recourir à cette solution dans l’urgence pour diversifier l’approvisionnement et se rendre moins dépendant de la Russie peut se comprendre à court terme. Mais les options prises actuellement, qui s’inscrivent dans la durée, sont beaucoup moins justifiées. Sur le plan économique, le GNL se négocie sur un marché très instable et se révèle assez coûteux. Sur le plan écologique, la liquéfaction est un procédé extrêmement énergivore, sans compter les fuites de méthane tout au long de l’acheminement. Pris globalement, le cycle de production n’est pas beaucoup plus vertueux que celui du charbon.

France Stratégie pour une Planification écologique « soutenable »

 France Stratégie pour une Planification écologique « soutenable »

 

En attendant la nomination du prochain gouvernement dans les  jours à venir, France Stratégie ( rattaché  à Matignon) a dévoilé  dans un volumineux rapport de près de 300 pages, ses principales propositions en matière de planification. Fruit d’une série de séminaires sur les soutenabilités et de deux années de travaux, ce document vise à proposer des outils aux politiques. « Le point de départ de notre réflexion est la crise des Gilets jaunes. Elle est révélatrice d’une triple crise (écologique, sociale et démocratique). Elle a également révélé un épuisement de la société qui s’est traduite par de nombreux mouvements de contestation. On ne peut plus faire de politique publique comme avant. Si on fait une taxe carbone sans prendre en compte les enjeux sociaux, on va droit dans le mur », a expliqué à La Tribune, Hélène Garner, directrice du département Emploi et travail à France Stratégie. Les experts proposent de changer d’approche en matière de politique publique. « Les politiques publiques doivent être durables, systémiques et légitimes. Ce sont les trois piliers de la soutenabilité », complète Johanna Barasz, cheffe de projet « Action publique, société, participation ».

L’organisme rattaché à Matignon préconise de mettre en place une stratégie nationale en début de législature qui pourrait prendre la forme d’une loi de programmation quinquennale pour apporter une force contraignante à cette planification. La première étape pourrait passer par la planification écologique définie comme une priorité par le chef de l’Etat. France Stratégie propose notamment de s’appuyer sur les objectifs de développement durable (ODD) faisant aujourd’hui l’objet d’un consensus. Ces 17 objectifs inscrits dans l’agenda 2030 des Etats membres de l’organisation des Nations unies constituent la feuille de route pour parvenir à un modèle soutenable. Ils recouvrent un spectre assez large de thèmes en passant de la pauvreté à l’éducation, de l’alimentation à l’égalité ou encore les énergies propres.  »Les indicateurs et modèles soutenables existants sont utilisés marginalement dans les politiques publiques.  Il faut aller plus loin », déclare à La Tribune Johanna Barasz,

Plan d’investissement d’avenir (PIA), plan de relance, plan de résilience, plan France 2030….la liste des plans n’a cessé de s’allonger ces dernières années pour ce concept qui semblait enseveli depuis la chute de l’URSS au tournant des années 90.  »On manque d’une coordination entre tous ces plans. Il y a une dilution des efforts et des moyens avec un manque d’efficacité au final. Il peut y avoir un épuisement des agents publics aussi à multiplier ces processus. Notre objectif est d’avoir une meilleure articulation pour éviter la multiplication des plans et favoriser la transversalité », indique  Hélène Garner.

France Stratégie plaide pour une instance rattachée au Premier ministre en charge d’assurer la coordination et la cohérence des politiques publiques en matière de planification.

« Du point de vue administratif, il faut créer un orchestrateur. Il peut s’agir d’une institution ou d’un réseau d’institutions rattachés au Premier ministre. L’orchestrateur doit être aussi là pour conseiller le gouvernement et pour s’assurer de la soutenabilité des textes et garantir la bonne coordination et exécution des feuilles de route ministérielles. Il doit pouvoir alimenter le débat avec de la prospective par exemple. L’idée n’est pas de constituer un mastodonte », explique Johanna Barasz.

Pendant longtemps, l’idée de développement a été associée à la croissance et au bien-être. L’expansion de l’économie française pendant les « 30 glorieuses » a permis des gains de productivité et le financement de l’État-Providence mis en œuvre au sortir de la Seconde guerre mondiale. Avec la multiplication des catastrophes climatiques partout sur la planète, la notion de croissance liée aux énergies fossiles est de plus en plus contestée par les économistes.

L’épuisement des ressources naturelles pourrait rapidement rendre la terre inhabitable.  « Cette alliance entre croissance économique et progrès social semble aujourd’hui avoir atteint ses limites », soulignent les auteurs du rapport. Ils plaident dans le document de synthèse pour s’engager sur la voie étroite d’un modèle d’une croissance verte et d’une plus grande sobriété.

L’INSEE annonce la stagflation pour la France

L’INSEE annonce la stagflation pour la France

 

Une situation de quasi stagflation se prépare la France avec une croissance inexistant tandis que les prix vont continuer de s’envoler au-delà même de 5 %. La conséquence sera pour les ménages, les salariés et les épargnants qui verront leur pouvoir d’achat réduit.

Du coup ils vont réduire aussi leur consommation et participer encore à l’écroulement de la croissance. Bref une situation de crise se prépare pour la fin de l’année 2022 et 2023

« La stagflation correspond à une activité qui stagne et une inflation sur une période durable. Notre scénario pour le second trimestre est celui d’une croissance modeste avec une inflation qui reste élevée. Nous n’avons pas de scénario au-delà de la mi-année », a expliqué le chef du département de la conjoncture Julien Pouget, q ui évidemment ne veut pas se  » mouiller » par rapport aux prévisions du gouvernement qui prévoyait une croissance de 4 % !. L’Insee n’a pas non plus évoqué de scénario de récession.

Après avoir atteint 4,8% au mois d’avril, l’indice des prix à la consommation pourrait dépasser la barre symbolique des 5% d’ici juin. « Les chocs d’offre négatifs avec la guerre en Ukraine et la politique zéro covid en Chine augmentent les tensions sur les quantités et les prix. S’agissant des prix, ils atteignent des niveaux inédits depuis le début de nos séries dans l’agriculture (+69% pour les céréales), l’industrie. Ces prix à la production continuent de se transmettre aux prix à la consommation », explique Julien Pouget. « En mars 2022, les prix de production de l’industrie française ont augmenté de 24,4 % sur un an. Il s’agit de la plus forte augmentation depuis que ces séries sont calculées, janvier 1995 », souligne un récent billet de blog de l’Insee.

L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix les plus volatils (énergie, alimentation) pourrait grimper à 3,5% d’ici à juin contre 2,5% en juin. En moyenne annuelle, l’inflation sous-jacente était de 1,1% au cours de l’année 2021. La Banque centrale européenne (BCE) est actuellement sur une ligne de crête. Même si elle a déjà annoncé un resserrement de sa politique monétaire via l’arrêt du programme d’achat d’urgence face à la pandémie (PEPP), le conseil des gouverneurs doit éviter de freiner l’activité de la zone euro déjà empêtrée dans une croissance au ralenti au cours du premier trimestre.

 

La guerre en Ukraine a considérablement affecté la confiance et la consommation des ménages, traditionnel moteur de l’économie tricolore au cours du premier trimestre. Le pouvoir d’achat des ménages français a reculé de 1,5% entre janvier et mars et pourrait une nouvelle fois se replier de 0,5% au cours du second trimestre. « Il y a une baisse très nette de la confiance des ménages depuis le début de la guerre en Ukraine. L’indicateur mesurant l’opportunité de faire des achats importants marque une chute. Dans le même temps, l’indicateur mesurant l’opportunité d’épargner n’a pas vraiment diminué depuis le début de la crise sanitaire », souligne Julien Pouget.

Du côté des entreprises, la situation est particulièrement critique dans les secteurs très dépendants des énergies fossiles ou de l’étranger pour se procurer des matières premières ou des métaux. Dans l’automobile, la plupart des grands groupes et de leurs sous-traitants sont toujours dans le rouge. L’automobile reste marquée par des tensions d’approvisionnement. « Au mois de mars, la production automobile était encore inférieure d’un tiers à son niveau d’avant crise sanitaire », indique Julien Pouget. A l’opposé, certains secteurs dans l’informatique notamment continuent de tirer leur épingle du jeu, profitant de l’essor du numérique dans les entreprises depuis la pandémie.

 

PS et écologistes trahissent leurs convictions européennes pour quelques places de députés

PS et écologistes trahissent leurs convictions européennes pour quelques places de députés

Pour le politiste Olivier Costa, le ralliement des deux grandes forces de gauche proeuropéennes à La France insoumise revient à pousser l’électorat progressiste favorable à l’Europe dans les bras de la majorité présidentielle.(« Le Monde »)

 

Tribune.

 

Au moment de la Primaire populaire, en janvier, on remarquait que la plate-forme de dix points à laquelle le futur candidat à la présidentielle devait se rallier n’évoquait pas les questions européennes et internationales. C’était paradoxal, s’agissant de l’élection du principal responsable de la politique étrangère de la France.

Ce silence était le reflet des profondes divisions qui traversent depuis toujours la gauche française sur le sujet, entre une branche antieuropéenne, rétive au capitalisme et non alignée, et une branche proeuropéenne, favorable à l’économie de marché et convaincue de l’utilité de l’OTAN.

L’Union populaire entend réussir là où la Primaire populaire a échoué : présenter des candidats uniques de la gauche dans chacune des 577 circonscriptions. Les questions européennes et internationales ne sont plus évacuées, puisque le programme commun dérive de celui de Jean-Luc Mélenchon, marqué par un ton très antieuropéen, voire nationaliste sitôt qu’il s’agit d’économie ou de protection sociale.

Le leader des « insoumis » estime que beaucoup des malheurs de la France résultent des politiques et des normes européennes. Depuis cinq ans, il présente Emmanuel Macron comme étant soumis tout à la fois aux Allemands, à la Commission européenne et aux Américains. Le président français serait le jouet de l’OTAN qui provoque inutilement Vladimir Poutine.

Sur les questions spécifiquement européennes, M. Mélenchon ne formule guère de propositions : il affirme simplement son intention d’ignorer des pans entiers du droit européen, ce qui pourrait impliquer un blocage des institutions européennes, une sortie de la France de l’Union ou la désagrégation de celle-ci – si chaque Etat membre faisait de même.

L’agence Triple E, consortium de six associations actives sur les questions européennes, a organisé une évaluation du programme européen des différents candidats à la présidentielle. Elle a attribué à Jean-Luc Mélenchon la note de 6,5/20, reflet de sa défiance envers l’Union.

Anne Hidalgo et Yannick Jadot ont obtenu 12,5 et 15/20, en vertu de visions plus proeuropéennes. En 1983, sous la houlette de François Mitterrand, les socialistes avaient en effet opté pour la construction européenne et l’ouverture au monde ; à l’échelle de l’Union, ils appartiennent au Parti socialiste européen, qui milite pour un renforcement de l’Union et une évolution fédérale de ses institutions.

Quant aux écologistes, ils considèrent depuis longtemps que les grands enjeux du moment ne peuvent trouver de solution qu’à l’échelle européenne ; ils ne ménagent pas leurs critiques contre les politiques de l’Union, mais ne remettent pas en cause leur pertinence.

Changer de méthode pour l’élargissement de l’Union européenne

Changer de méthode pour l’élargissement de l’Union européenne

L’ancien président du conseil italien défend l’idée d’une confédération pour répondre aux aspirations européennes de l’Ukraine.

 

Enrico Letta dirige depuis mars 2021 le Parti démocrate et préside l’Institut Jacques Delors. Il donne sa vision de l’élargissement de l’UE Et d’une certaine manière rejoint Macron. Le problème c’est que cela ne résout nullement la question du renforcement politique du cœur de l’Europe contraire

Comment répondre aux aspirations de l’Ukraine, qui presse l’Union européenne de l’accepter en son sein?

La procession actuelle des leaders européens et des dirigeants des institutions à Kiev me rappelle leurs visites dans les capitales d’Europe centrale, dans les années qui ont suivi la chute du rideau de fer. Elle ouvre un parcours fait de promesses, d’attentes, de frustrations et de déceptions sur la voie de l’Union européenne (UE). Nous sommes en train de faire fausse route. Quand on aura le courage de dire aux Ukrainiens qu’ils ne pourront pas entrer dans l’UE avant dix ans, je les vois devenir de grands fans des Etats-Unis plutôt que de l’Europe. Cela nourrit déjà les frustrations dans des Etats comme l’Albanie ou la Macédoine du Nord, qui se demandent s’il faut être envahi par la Russie pour obtenir des gages d’intégration. C’est pourquoi je propose la mise en place d’une confédération susceptible de répondre aux aspirations européennes des pays de la région, à commencer par celles de l’Ukraine.

 

Qu’apporterait cette formule ?

Cette idée reprend en partie celle émise sans succès par le président français François Mitterrand, en décembre 1989, un mois après la chute du mur de Berlin. Mais avec une différence de taille : il n’est pas question d’y associer la Russie. C’est même plutôt un instrument dirigé contre la Russie. Le déclenchement de la guerre, le 24 février, a complètement changé la donne.

A chaque Conseil européen, on pourrait se réunir à trente-six, pour bien signifier que les neuf pays aspirants à l’UE (Ukraine, Géorgie, Moldavie, Albanie, Macédoire du Nord, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Serbie et Kosovo) sont entrés dans la famille européenne. Il faut un lieu multilatéral pour faciliter les relations entre la Commission européenne et les pays candidats, et pour que ceux-ci puissent se parler entre eux. Cela peut d’abord se mettre en place de façon très rapide et informelle, comme un G20, puis fonctionner sur la base d’un traité simplifié, facile à ratifier.

Ce serait une sorte d’antichambre avant d’entrer dans l’UE ?

Oui, c’est une façon d’éviter ce qui s’est passé avec le précédent élargissement, en 2004 : entre la chute du rideau de fer et leur adhésion, les pays concernés, comme la Pologne, la République tchèque ou la Hongrie, ont attendu plus de dix ans, en concurrence les uns avec les autres. Ce n’est pas un frein à l’entrée dans l’UE, mais un message fort d’intégration dans la famille européenne. Cette confédération pourrait ainsi permettre d’ouvrir un accès progressif au marché intérieur. A beaucoup plus long terme, après la guerre en Ukraine, on peut imaginer aussi que la clause d’assistance mutuelle (article 42.7) inscrite dans le traité européen soit élargie aux pays membres de la confédération.

Pour des politiques publiques à plus fort impact social

Pour des politiques publiques à plus fort impact social

L’avènement de la finance à impact pourrait laisser penser que la notion d’impact ne concerne que le secteur privé. Une idée reçue. En effet, les politiques publiques tendent de plus en plus à dépasser leur strict champ d’intervention en se souciant des répercussions de leurs actions, tant en matière sociale qu’environnementale. Si cette tendance est pour l’heure encore en train de se structurer, elle a déjà donné lieu à des initiatives concrètes et prometteuses.( « la Tribune, Mazars »)

« Depuis 2018 nous constatons une montée en puissance significative de la prise en compte de l’impact social et environnemental dans les politiques publiques, observe William Bottaro, Associé Santé et médico-social chez Mazars. Cette approche sociale, que l’on pourrait supposer très française, nous provient en réalité des pays anglo-saxons. Elle a d’abord infusé dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, dès les années 2010, avant de s’étendre à d’autres segments du secteur public. » C’est initialement pour se différencier que les acteurs impliqués dans la mise en œuvre des politiques publiques ont souhaité améliorer leur impact social. Ce dernier s’est progressivement imposé comme un argument clé pour renforcer durablement la compétitivité et l’attractivité du secteur public, notamment en matière de recrutement. « Il s’agit d’un enjeu crucial et prioritaire pour l’ensemble des organisations publiques, et tout particulièrement pour les secteurs en forte tension, comme celui de la santé ou du social, qui peinent à recruter », illustre William Bottaro.

A cette quête de regain d’intérêt s’ajoute la pression grandissante de la société civile et des parties prenantes en faveur de comportements plus responsables, qui doivent dépasser le stade de l’engagement, insuffisant, et se traduire par des actes tangibles pour le grand public. « Il est important de garder à l’esprit que les politiques publiques fonctionnent grâce à des mécanismes de redistribution. Or les citoyens ont parfois du mal à voir les effets concrets de cette redistribution dans leur quotidien, à visualiser et matérialiser ce à quoi contribuent leurs impôts. Travailler à l’amélioration de l’impact social des politiques publiques, c’est aussi chercher à montrer comment celles-ci peuvent, par exemple, profiter à l’emploi local ou à la préservation environnementale d’un territoire », explique Jean-François Treille, Associé Secteur public chez Mazars.

Une politique publique à impact, c’est donc une politique publique dépassant son cœur de mission, comme garantir l’accès à des soins ou à une éducation de qualité, dans l’objectif de produire des effets positifs transversaux, au bénéfice de la société dans son ensemble. « Les pouvoirs publics ont donné une profonde impulsion à cette recherche d’impact social et environnemental, encore abstraite il y a quelques années. Aujourd’hui, les différents plans d’action en cours de déploiement à l’échelle nationale démontrent que les acteurs du secteur public ont largement dépassé le stade de l’intention louable et symbolique », analyse William Bottaro.

Parmi ces initiatives responsables figure notamment le Plan national pour des achats durables (Pnad) pour la période 2022-2025. Il stipule entre autres que, d’ici 2025, l’intégralité des contrats de la commande publique notifiés au cours de l’année auront pour obligation de comprendre au moins une considération environnementale, et 30 % des contrats au moins une considération sociale. « Des sujets d’intérêt général de plus en plus variés et complémentaires sont dorénavant intégrés dans la commande publique, comme l’égalité hommes-femmes, la lutte contre les discriminations, la concurrence sociale déloyale, le développement de l’apprentissage, le respect des exigences éthiques… Si nous ne pouvons que nous réjouir de ces évolutions, nécessaires, force est de constater que la marche à franchir pour atteindre l’objectif de 30 % reste particulièrement élevée. En 2019, seuls 12,5 % des contrats comportaient une considération sociale, quand l’objectif était alors de 25 % », souligne Jean-François Treille.

Autre initiative, cette fois collaborative : le contrat à impact social, dont l’ambition est de favoriser l’émergence de projets sociaux et environnementaux innovants. « Il s’agit de mettre en œuvre des projets vertueux financés par des acteurs privés ou publics, projets que l’Etat s’engage à rembourser si les objectifs fixés au démarrage sont atteints », précise William Bottaro. A ce jour, plusieurs appels à manifestation d’intérêt ont été lancés et des lauréats désignés.

Néanmoins, au-delà des actions évoquées, les deux experts s’accordent à dire que le véritable passage à échelle pour les dispositifs à impact nécessitera la mise en place de méthodologies et d’outils de mesure indispensables au suivi de la performance. « La maturité n’est évidemment pas la même pour tous les projets, ni pour tous les champs de l’action publique. Désormais, l’enjeu est d’instaurer un univers structuré, standardisé, comme cela existe déjà dans le secteur privé. Pour que l’essor soit réel et les progrès visibles du plus grand nombre, les impacts sociaux doivent pouvoir être suivis et pilotés, ce qui implique qu’ils puissent être mesurés », insiste Jean-François Treille.

A l’évidence le durcissement de la réglementation pourrait accélérer l’adoption de pratiques plus responsables, comme cela a pu, une fois de plus, s’observer dans le secteur privé. Une contrainte à laquelle les experts ne se déclarent pas forcément favorables, préférant faire valoir auprès des acteurs publics les avantages économiques à tirer des initiatives à impact ou encore les processus de labellisation. « Pour se transformer durablement, le secteur public doit adopter une démarche globale et holistique intégrant toute la valeur des projets, ce qui n’est pas encore le cas. A titre d’illustration, l’implantation d’un centre de santé sur un territoire constitue un atout, certes en termes d’accès aux soins, mais aussi pour l’emploi et les collectivités locales – donc l’école et les transports. Le défi est de parvenir à faire porter un nouveau regard sur ces projets à impact, car comprendre leur portée réelle permettrait d’encourager les investissements dont ils ont plus que jamais besoin », conclut William Bottaro.

 

G7 : pour la fin du pétrole russe

G7 : pour la fin du pétrole russe

 

 

Le G7 A décidé d’ interdire progressivement les importations de pétrole russe.

 

Les hydrocarbures représentent près de 46% des exportations russes, et près d’un tiers des importations de pétrole de l’Union européenne sont en provenance de Russie. Les 27 qui réunissaient ses ambassadeurs aujourd’hui à Bruxelles n’ont toujours pas trouvé d’accord pour la mise en place d’un embargo sur le pétrole russe. La réunion doit se poursuivre lundi. L’engagement pris par le G7 devrait mettre sous pression les Etats-membres réticents à un tel embargo, au premier rang desquels la Hongrie de Viktor Orban. ( A contrario évidemment les États-Unis dispose d’une autonomie énergétique).

Pour l’augmentation durable des revenus

Pour l’augmentation durable des revenus

 

Laurent Cappelletti et Henri Savall, professeurs de gestion, plaident, dans une tribune au « Monde », pour des augmentations négociées « au plus près des réalités des entreprises » afin de stimuler la productivité, plutôt que des aides publiques à l’influence non durable sur le pouvoir d’achat.

Depuis presque cinquante ans et la fin des « trente glorieuses », le pouvoir d’achat, sous cette dénomination ou sous une autre, est au cœur des préoccupations des Français et donc des campagnes électorales pour la présidentielle. Ainsi, François Mitterrand a gagné en 1981 sur un programme de meilleure répartition des richesses, Jacques Chirac en 1995 sur la réduction de la fracture sociale, Nicolas Sarkozy en 2007 sur le « travailler plus pour gagner plus ». En 2017, la promesse d’Emmanuel Macron de supprimer la taxe d’habitation a pesé dans son élection.

Le sentiment d’insécurité économique, qu’il repose sur des faits ou des croyances, est profondément ancré depuis le premier choc pétrolier de 1973, qui fut, aussi, un choc sur les mentalités. Les Français sont passés d’une certaine certitude en la croissance de leur pouvoir d’achat à une incertitude certaine, en particulier dans les classes modestes et moyennes, les plus affectées par les crises. La crainte de ne pas finir les fins de mois doit être entendue, pour expliquer et rassurer lorsqu’elle repose sur des croyances (comme la crainte d’une explosion des prix lors du passage du franc à l’euro) et pour la traiter à la racine par des transformations réelles, lorsqu’elle résulte de faits établis.

Une hausse durable du pouvoir d’achat, c’est-à-dire non réversible pour les travailleurs, renvoie plus à une augmentation des revenus, à la fois satisfaisante pour les salariés et finançable par les chefs d’entreprise et par l’Etat employeur, qu’à une baisse artificielle des prix à coups de subventions et d’aides d’urgence.

Le plus efficace pour développer durablement ses revenus est d’abord d’avoir un travail, seul facteur actif de création de valeur. Et, ensuite, de négocier le partage de la valeur ainsi créée, avec l’Etat pour les fonctionnaires et avec les chefs d’entreprise pour les salariés du privé.

Les politiques publiques doivent donc favoriser les créations d’emplois, les leviers de la productivité du travail que sont l’apprentissage, la formation professionnelle et l’innovation, mais aussi la négociation salariale. Vont dans ce sens, par exemple, les plans nationaux de reconquête industrielle sur des secteurs porteurs (hydrogène, agroalimentaire, aéronautique, etc.), la pression mise sur les branches professionnelles pour négocier avec leurs syndicats des augmentations salariales supportables, la défiscalisation des primes d’intéressement aux résultats de l’entreprise, les aides financières aux entreprises qui mettent en place des systèmes ambitieux de participation aux résultats ou qui investissent dans l’apprentissage, la formation et l’innovation.

Société-Pour une écologie non punitive

Société-Pour une écologie non punitive

 

La professeure de management Valérie Guillard explique, dans une tribune au « Monde », que le télétravail, l’usage du vélo, les achats d’occasion, etc., permettent de concilier pouvoir d’achat, plaisir et temps libre, sans susciter d’amertume.

 

La question du pouvoir d’achat est au cœur de la campagne électorale. L’envolée des prix oblige beaucoup de Français à réduire leur consommation, ce qui provoque la colère populaire, alors même qu’une consommation sobre est aussi indispensable pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre et freiner le dérèglement climatique.

Mais à quelles conditions la sobriété pourrait-elle devenir acceptable, non « punitive » ? Nos recherches, menées auprès de plusieurs centaines de consommateurs, permettent d’éclairer le débat. Lorsqu’elle est associée au manque, au sacrifice, bien sûr, la sobriété suscite le rejet. Mais elle peut aussi être présentée comme une façon de vivre différente, qui procure d’autres plaisirs. Et là, les perceptions changent.

Prenons les transports. Le télétravail, expérimenté à grande échelle pendant la pandémie, a diminué substantiellement les allers-retours quotidiens en voiture, les dépenses induites (et la pollution), tout en suscitant des satisfactions chez la majorité des personnes concernées. Moins de temps perdu. Des corvées domestiques réalisées en semaine, entre deux dossiers, laissant plus de temps libre le week-end. Davantage de moments en famille ou avec les amis. Davantage de temps pour soi.

L’utilisation du vélo dans les transports du quotidien est également perçue par les consommateurs, non comme une perte de standing par rapport à un usage de la voiture ou de la moto, mais comme un plus, une chance, le plaisir de remettre son corps en mouvement. Le nombre de vélos vendus a d’ailleurs dépassé le nombre de voitures vendues en 2021 avec un chiffre d’affaires qui a crû de 40 % en deux ans…

L’usage des composteurs pour les déchets organiques se développe aussi, en particulier dans les milieux populaires, geste simple lorsqu’on a un jardin et qu’on veut éviter d’avoir à acheter de l’engrais.

Les consommateurs sensibles à l’environnement ne sont pas tenus non plus d’abandonner les petits plaisirs du shopping du moment qu’ils « craquent » pour de l’occasion. L’étude que nous venons de mener à l’université Paris-Dauphine, en partenariat avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc), montre comment l’image des achats de seconde main a changé du tout au tout en peu de temps.

Acheter d’occasion était associé au manque d’argent et, à cet égard, apparaissait stigmatisant, au moins pour les milieux populaires. Or, 84 % des personnes que nous avons interrogées estiment aujourd’hui qu’agir ainsi est une manière digne de consommer. Acheter du neuf est même moins bien vu (60 % seulement considèrent cela comme une pratique digne).

Le PS à Canossa…… Pour ne pas mourir !

Le PS à Canossa…… Pour ne pas mourir !

 

 

Le parti socialiste qui n’en finit pas de mourir a  accepté de se rendre à Canossa chez Mélenchon pour entretenir l’espoir d’une éventuelle survie. La dégringolade est en effet tragique. Il n’y a pas si longtemps le parti socialiste alors majoritaire à l’assemblée détenait autour de 400 députés. En 2017 avec la déroute il a du se contenter d’une trentaine. En 2022, il rend les armes, les valeurs et le reste aux insoumis contre la promesse d’une soixantaine de candidatures plus ou moins gagnables.

De quoi encore sauver peut-être le parti vie socialiste pendant cinq ans. En réalité,  il ne s’agit pas d’une union de gouvernement mais d’abord d’un plan de sauvetage global de la gauche désormais concurrencée sur son aile sociale par l’extrême droite. Il s’agit surtout de tenter de maintenir une force d’opposition à l’assemblée. De toute manière les contradictions sont particulièrement fortes à l’intérieur de cette union hétéroclite où on trouve des Européens, des antieuropéens, des libéraux, des communistes, des étatistes, des républicains et des césaristes qui ne sont d’accord que sur la question d’un pouvoir d’achat dont ils ne détiennent d’ailleurs pas les clés.

Ne parlons pas de la politique économique ou énergétique. La présence d’une position forte à l’assemblée sera cependant utile,  elle pourra peut-être éviter que le mécontentement ne se  transfère de manière violente dans la rue. Le parti socialiste, lui, de toute façon va se retrouver à la rue quand même dépourvu de représentativité, de cohérence et même de valeur.

Plaidoyer pour metaverse : Vraie perspective ou illusion ?

Plaidoyer pour metaverse : Vraie perspective ou illusion ?

Pour l’instant « metaverse » rencontre quelques difficultés à apparaître comme un projet un peu sérieux et concret. En gros , on nous promet un monde virtuel duplication d’un monde réel dont on aurait supprimé les souffrances. Beaucoup de supputations aussi sans doute l’illusion dans ce projet dont Facebook est à l’origine. Des applications possibles sans doute mais peut-être pas au point de devenir majeures dans la transformation des économies modernes. Les possibilités offertes par  metaverse sont loin de se réduire aux domaines du jeu et de la socialisation estime un playdoyer  de Benoit Peyrichout, cofondateur d’Oceans.ai.

Le metaverse repose sur les technologies suivantes : réalité augmentée (ex. : objets 3D qui viennent s’intégrer dans une pièce), réalité virtuelle (simulation d’un environnement en 3D existant dans le monde physique), blockchain, 5G, IOT (connexion d’objets physiques à internet), industrie 4.0 (qui correspond à la convergence du monde virtuel avec les objets réels) et intelligence artificielle. (Crédits : Reuters)

Le metaverse va fondamentalement changer la manière dont l’économie fonctionne. Les grands acteurs financiers l’ont bien compris. AXA Investment Managers a lancé il y a quelques semaines son fonds thématique sur le metaverse. Il se compose d’environ 250 titres répartis en quatre catégories : jeu, socialisation, travail et facilitateur technologique. Jusqu’à présent, une grande partie de l’attention suscitée par le metaverse s’est concentrée sur les deux premières catégories (jeu et socialisation). Mais c’est en tant que facilitateur technologique que les retombées en termes de création de valeur et d’innovations seront certainement les plus importantes. Certains parlent de « metaverse industriel ». C’est la même idée.

Des applications industrielles nombreuses

L’objectif est de simuler des expériences ou des phénomènes dans le monde virtuel afin de pouvoir apporter une réponse aux problèmes du monde physique. L’exemple le plus emblématique est certainement celui de Nvidia, société cotée américaine spécialisée dans les processeurs graphiques, l’intelligence artificielle et qui a un pied dans le metaverse. En décembre dernier, le PDG du groupe, Jensen Huang, a annoncé vouloir créer un jumeau numérique de la Terre capable de prédire le changement climatique en utilisant l’intelligence artificielle. Ce n’est pas un projet qui pourrait aboutir à court terme. Il faudra peut-être au moins dix ou quinze ans de recherche et d’investissements. Mais supposons que Nvidia réussisse. Cela pourrait permettre d’anticiper et de prévenir les changements climatiques qui vont survenir sur le monde physique, aux entreprises de s’adapter, aux assureurs et à tous les acteurs économiques.

D’autres applications sont possibles. Chez Oceans.ai, nous ambitionnons de créer d’ici quelques années un metaverse qui puisse permettre d’anticiper et de prévoir l’impact de la corrosion sur les infrastructures énergétiques, par exemple. La corrosion, au sens large (aussi bien les pipelines, les conduites de gaz, les infrastructures routières, etc.) a coûté près de 84 milliards d’euros à la France en 2019. C’est l’équivalent de 3,5 % du PIB. Si nous pouvions mieux anticiper la dégradation des matériaux sous l’effet de l’environnement, cela permettrait de réduire les coûts engendrés ainsi que les risques et de renforcer la sécurité des biens.

Dans le même ordre d’idée, Boeing est en train de créer son propre metaverse interne reposant sur des jumeaux numériques afin d’éviter les erreurs de conception sur ses avions. Boeing cherche également à perfectionner la maintenance et l’inspection de ses aéronefs. Le groupe américain utilise les données de maintenance actuelles et historiques et a développé un algorithme d’apprentissage automatique qui, si le projet aboutit, pourrait anticiper les points de fragilité à surveiller sur les avions en priorité. Ce n’est toutefois pas une tâche aisée.

Réglementation et complexité du traitement des données

Le metaverse repose sur les technologies suivantes : réalité augmentée (ex. : objets 3D qui viennent s’intégrer dans une pièce), réalité virtuelle (simulation d’un environnement en 3D existant dans le monde physique), blockchain, 5G, IOT (connexion d’objets physiques à internet), industrie 4.0 (qui correspond à la convergence du monde virtuel avec les objets réels) et intelligence artificielle. L’accès aux données est la clé du succès pour cette dernière. On a coutume de dire que dans l’intelligence artificielle il y a besoin d’importants volumes de données. C’est vrai. Mais ce qui n’est pas souvent mis en avant, c’est que la qualité des données (données continues et cohérentes, par exemple) est encore plus primordiale. Cela permet notamment de créer des systèmes d’exploitation servant d’ossature aux jumeaux numériques que nous avons évoqués.

La qualité des données n’est pas une fin en soi. Il convient également d’avoir à l’esprit tous les besoins en matière de confidentialité des données et les réglementations, encore disparates, qui s’appliquent ici et là dans ce domaine. Contrairement à ce que nous pourrions croire en Europe, nous sommes chanceux. La réglementation va dans le bon sens. Début avril, le Parlement européen a adopté des règles plus souples afin de faciliter le partage des données (intermédiaires neutres pour agréger les données, incitation pour que les acteurs publics partagent leurs données, etc.). Cela devrait permettre de favoriser le climat d’innovation autour de l’intelligence artificielle et donc autour du metaverse. Enfin, ce dispositif devrait être complété prochainement par une loi concernant l’usage des données générées par les objets connectés (actuellement en discussion au niveau des Etats membres). C’est un point également crucial pour l’industrie.

L’enjeu désormais est de canaliser les fonds du private equity davantage vers les thématiques d’innovation dans l’industrie. C’est un challenge en France où les levées sont essentiellement dominées par le segment fintech et, dans une moindre mesure, par la medtech. Dans bien des cas, seul le corporate venture capital (fonds détenus par des grands groupes industriels) avec la Banque Publique d’Investissement (BPI) en appui sont présents. C’est insuffisant si on veut réindustrialiser la France et multiplier les filières d’excellence. Souhaitons que l’actuel locataire de l’Elysée s’attaque à ce sujet également.

Pour une écologie non punitive

Pour une écologie non punitive

 

La professeure de management Valérie Guillard explique, dans une tribune au « Monde », que le télétravail, l’usage du vélo, les achats d’occasion, etc., permettent de concilier pouvoir d’achat, plaisir et temps libre, sans susciter d’amertume.

 

La question du pouvoir d’achat est au cœur de la campagne électorale. L’envolée des prix oblige beaucoup de Français à réduire leur consommation, ce qui provoque la colère populaire, alors même qu’une consommation sobre est aussi indispensable pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre et freiner le dérèglement climatique.

Mais à quelles conditions la sobriété pourrait-elle devenir acceptable, non « punitive » ? Nos recherches, menées auprès de plusieurs centaines de consommateurs, permettent d’éclairer le débat. Lorsqu’elle est associée au manque, au sacrifice, bien sûr, la sobriété suscite le rejet. Mais elle peut aussi être présentée comme une façon de vivre différente, qui procure d’autres plaisirs. Et là, les perceptions changent.

Prenons les transports. Le télétravail, expérimenté à grande échelle pendant la pandémie, a diminué substantiellement les allers-retours quotidiens en voiture, les dépenses induites (et la pollution), tout en suscitant des satisfactions chez la majorité des personnes concernées. Moins de temps perdu. Des corvées domestiques réalisées en semaine, entre deux dossiers, laissant plus de temps libre le week-end. Davantage de moments en famille ou avec les amis. Davantage de temps pour soi.

L’utilisation du vélo dans les transports du quotidien est également perçue par les consommateurs, non comme une perte de standing par rapport à un usage de la voiture ou de la moto, mais comme un plus, une chance, le plaisir de remettre son corps en mouvement. Le nombre de vélos vendus a d’ailleurs dépassé le nombre de voitures vendues en 2021 avec un chiffre d’affaires qui a crû de 40 % en deux ans…

L’usage des composteurs pour les déchets organiques se développe aussi, en particulier dans les milieux populaires, geste simple lorsqu’on a un jardin et qu’on veut éviter d’avoir à acheter de l’engrais.

Les consommateurs sensibles à l’environnement ne sont pas tenus non plus d’abandonner les petits plaisirs du shopping du moment qu’ils « craquent » pour de l’occasion. L’étude que nous venons de mener à l’université Paris-Dauphine, en partenariat avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc), montre comment l’image des achats de seconde main a changé du tout au tout en peu de temps.

Acheter d’occasion était associé au manque d’argent et, à cet égard, apparaissait stigmatisant, au moins pour les milieux populaires. Or, 84 % des personnes que nous avons interrogées estiment aujourd’hui qu’agir ainsi est une manière digne de consommer. Acheter du neuf est même moins bien vu (60 % seulement considèrent cela comme une pratique digne).

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