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Coronavirus : L’efficacité du Remdesivir contre le virus ou la féroce bataille de fric des labos

Coronavirus : L’efficacité du Remdesivir contre le virus ou la féroce bataille de fric  des labos

 

Indéniablement les chercheurs sont lancés dans une guerre de recherche à la fois pour traiter le Coronavirus et au-delà trouver un vaccin. Parallèlement,  une guerre est engagée  entre les industries pharmaceutiques qui souhaitent imposer que coûte leur remède y compris en faisant fi des études épidémiologiques et des procédures de validation. Ainsi en est-il du remdesivir produit de l’industrie américaine (Gilead) . Mais ce remède miracle revendiqué par l’industrie américaine ne semble pas plus efficace qu’un placebo.

Pour l’instant, pour les résultats positifs, il faut s’en remettre à un communiqué de Gilead. Les Instituts de santé américains ont indiqué à l’AFP qu’une « annonce » serait faite dans la journée de mercredi, peut-être lors d’un briefing sur le nouveau coronavirus à la Maison Blanche.

« Gilead Sciences a connaissance de données positives émanant de l’étude conduite par l’Institut national des allergies et maladies infectieuses sur son médicament antiviral remdesivir pour le traitement du Covid-19″, a indiqué la société.

« Positif » signifie que les malades traités se sont rétablis plus vite, selon les objectifs déclarés de l’étude, mais on ignore encore les chiffres.

Le directeur de l’Institut des maladies infectieuses, Anthony Fauci, s’est montré prudemment optimiste mercredi. Ce n’est pas une victoire par K.-O., a-t-il dit dans le Bureau ovale à côté du président Donald Trump, mais c’est une « importante preuve de concept ».

La mortalité du groupe témoin serait de 11%, contre 8% dans le groupe remdesivir, selon Anthony Fauci.

« C’est très positif », a résumé Donald Trump.

Cet essai clinique américain avait commencé le 21 février et devait inclure 800 malades du Covid-19 aux Etats-Unis et dans d’autres pays.

Ni les patients, ni les médecins ne savaient si la solution injectée par intraveineuse était le remdesivir ou le placebo, qui ressemblait au médicament mais ne contenait que des ingrédients inactifs.

De multiples essais cliniques sont en cours en Europe, en Asie et aux Etats-Unis pour trouver un traitement efficace contre le Covid-19. Le remdesivir est l’une des thérapies testées, aux côtés d’autres antiviraux ou encore de l’hydroxychloroquine.

Pour l’instant, seule l’étude chinoise, menée du 6 février au 12 mars dans dix hôpitaux de Wuhan, a été dûment évaluée et publiée. Ses résultats avaient fuité le 23 avril brièvement sur le site de l’Organisation mondiale de la Santé.

237 malades avaient participé, dont deux tiers traités par le remdesivir. Les médecins voulaient plus de 450 participants, mais la pandémie s’est arrêtée à Wuhan avant d’avoir pu atteindre ce nombre.

« Le traitement par remdesivir n’accélère pas la guérison ni ne réduit la mortalité liée au Covid-19 par rapport à un placebo », selon un résumé de l’étude, publiée par The Lancet.

« Malheureusement, notre essai a montré que bien que sûr et bien toléré, le remdesivir n’a pas montré de bénéfice significatif par rapport au placebo », a commenté l’auteur principal de l’étude, le professeur Bin Cao, cité dans un communiqué du Lancet.

Pour trouver une thérapie efficace, il faut aussi s’intéresser au dosage.

Gilead a à ce sujet rendu publics mercredi des résultats d’un essai clinique appelé SIMPLE, qui visait à comparer deux différentes doses de remdesivir.

Coronavirus : le remdesivir, premier traitement anti-Covid autorisé en Europe

 

Pour mieux comprendre la concurrence que se livre le traitement remdesivir de l’industriel pharmaceutique américain Gilead, il faut intégrer le prix. Le fameux   remdesivir  qui n’a pas fait davantage la preuve de son efficacité que la chloroquine a un prix d’environ 2200 $ alors que la chloroquine ( vieille molécule)  ne coûte que quelques dollars à peine . Après les autorités américaines, et un travail intensif lieu de lobbying de l’Américain Gilead( et des experts proches de Gilead,)    c’était au tour de la Commission européenne d’autoriser « la mise sur le marché conditionnelle » du remdesivir (nom commercial Veklury) pour traiter les patients de plus de 12 ans atteints de coronavirus nécessitant le recours à l’oxygène.

Le feu vert de la Commission intervient moins d’un mois après le dépôt de la demande et une semaine après la recommandation du CHMP (Comité évaluant les médicaments) et l’aval des Etats membres, contre 67 jours normalement. Le remdesivir est ainsi le « premier médicament autorisé dans l’Union européenne contre le Covid-19 », précise l’exécutif européen.

La mise sur le marché conditionnelle est un mécanisme réglementaire européen permettant la commercialisation accélérée de médicaments sur la base de données moins complètes, si les bénéfices l’emportent sur les risques dans un contexte de menace pour la santé publique, et lorsqu’il n’y a pas d’alternative. Le laboratoire n’est pas pour autant dispensé d’études complémentaires.

Le remdesivir devrait ainsi théoriquement être disponible dès samedi mais, dans la plupart des pays, un délai supplémentaire est nécessaire pour fixer le prix. Gilead a annoncé en début de semaine qu’il le mettait à disposition de tous les pays développés au même prix de 2.340 dollars, soit 2.081 euros.

En France, le remdesivir va être soumis à la procédure habituelle, qui comporte une évaluation du médicament par la Haute Autorité de Santé, puis une négociation avec le Comité Economique des Produits de Santé pour tenter d’obtenir un prix inférieur à celui affiché par Gilead.

 

Cette procédure, souvent longue (parfois plus d’un an) retarde l’arrivée sur le marché des médicaments dans l’Hexagone. Toutefois, compte tenu de la nature du besoin et de l’absence d’alternative, le processus pourrait être accéléré pour le remdesivir. Jusqu’à présent, les patients qui avaient pu être traités avec ce médicament l’ont été dans le cadre d’essai cliniques ou de protocole compassionnels (avant validation par un essai clinique, en cas d’urgence).

De son côté, Gilead veut exploiter tout le potentiel de sa molécule. Il vient d’obtenir le feu vert des autorités américaines pour commencer un essai clinique avec une version inhalée du médicament, jusque-là injectable. Si cette formulation se montrait efficace, cela permettrait une utilisation hors de l’hôpital et à des stades plus précoces de la maladie. Gilead prévoit ainsi de commencer en août un essai incluant 50 enfants et adolescents présentant des formes modérées à sévère de la maladie, dans plus de trente lieux aux Etats-Unis et en Europe.

Si les cas graves de la maladie chez les moins de 21 ans sont rares, ils peuvent entraîner chez 2 pour 100.000 d’entre eux, une maladie inflammatoire appelée « syndrome multi-inflammatoire chez les enfants » ou « Kawasaki like ». D’où l’intérêt de prévenir les formes graves. Enfin, Gilead prévoit également de tester le remdesivir en combinaison avec des médicaments anti inflammatoires tels que l’Olumiant de Lilly ou l’Actemra de Roche, mais aussi la dexamethasone.

 

«Macron: la stratégie du sauve qui peut ?

«Macron: la stratégie du sauve qui peut ?

 

Chloé Morin, analyste de l’opinion, est experte associée à la Fondation Jean-Jaurès analyse les risques que prend Macron en se nommant de fait à Matignon.

 » Les heures qui ont suivi la nomination de notre nouveau Premier ministre se sont muées en chasse au trésor pour les commentateurs : quel sens pouvait avoir ce remaniement ? Pourquoi remplacer un Premier ministre populaire, somme toute efficace, et qui a toujours dit sa loyauté au Président ?

A ce stade, il faut avouer que cela n’est pas encore très clair.

Parmi les hypothèses qui semblent se dégager, il en est une qui intrigue : l’idée serait de nommer un « gaulliste » certes, mais « social » et proche des territoires. L’accent, ici, n’est pas une anecdote, c’est même un personnage central de l’histoire qui va s’écrire : il vient mettre du soleil et de la couleur sur le costume gris, conférer une certaine bonhomie au « technicien ». On imagine déjà l’homme bon vivant, « proche des gens », « enraciné » comme on dit. Ayant « l’esprit ouvert », comme l’a dit son prédécesseur dans un hommage appuyé, le sens du dialogue.

Bref, l’inverse de nombreux traits de caractère prêtés au Président depuis plusieurs mois : « déconnecté » du quotidien, et surtout de celui des « provinciaux », appartenant à une élite parisienne et intellectuelle un peu trop arrogante, et séducteur – mais le problème des séducteurs c’est qu’ils s’aiment davantage que ceux qu’ils cherchent à séduire…

Ici, le pari semble être celui de la complémentarité. Une complémentarité bénéfique au Président, s’entend.

C’est un pari qui, dans un passé qui commence à s’éloigner, a pu fonctionner. Surtout en période de cohabitation. En réalité, compte tenu de la configuration institutionnelle imposée par les réformes des années 2000 – passage du septennat au quinquennat, et inversion du calendrier électoral, qui font que tout découle du Président et que plus aucune cohabitation n’est possible -, il est fort probable que ce pari de la complémentarité soit illusoire.

Illusoire, car tout procède, aux yeux des Français, du Président. Ils ont, de ce point de vue, parfaitement intégré que le Premier ministre et le gouvernement rendent des comptes au Président, décideur en dernier ressort. Et que les députés de la majorité sont des « obligés », car élus dans la foulée de l’élection du Président, sur son nom plus que sur l’étiquette de leur parti (c’est encore plus vrai de Macron, évidemment, que du PS et de LR), et lui devant leurs perspectives de réélections.

Il y a donc de grands risques que, au lieu de « rééquilibrer » les perceptions, le Jean Castex décrit plus haut – si telle devait être l’image qu’en adopteront les Français – ne vienne simplement confirmer, en creux, les critiques préexistantes adressées à Emmanuel Macron. Et rien n’empêche même que, comme son prédécesseur, il en vienne à être populaire. Justement par contraste.

Parce qu’il serait stable, là où Macron est considéré comme flottant ou zigzaguant.

Parce qu’il serait proche, là où Macron semble parfois planer loin des contingences du quotidien, humble là où l’audace Présidentielle passe de plus en plus souvent pour de l’arrogance.

Mais surtout, parce que les Français continueront à se dire que le Président décide de tout, et qu’il est donc responsable, seul, de tous les maux du pays.

En réalité, si c’était réellement la complémentarité que le Président recherchait, alors il eût mieux fait d’engager une réforme institutionnelle permettant un meilleur partage des pouvoirs – notamment en faveur d’un Parlement qui perd chaque jour un peu plus de son utilité aux yeux des Français, alors même que nous n’avons jamais tant eu besoin de dialogue, de compromis, d’inscription dans le temps long. Au lieu de cela, le Président va au bout de la logique présidentialiste.

Il faut donc sans doute lire ce choix comme un pari à pile ou face sur les 18 mois qui viennent : s’il gagne, il sera seul à emporter la mise ; s’il perd, il sera vu comme seul et unique responsable. »

 

Municipales Strasbourg : encore une écolo à la tête de la mairie

  • Municipales Strasbourg : encore une écolo à la tête de la mairie
  • Phénomène relativement nouveau en France: encore une femme et une écolo qui prend la tête d’une grande ville. Jeanne Barseghian est devenue samedi officiellement la première maire écologiste de Strasbourg, déclarant «l’état d’urgence climatique» pour la ville alsacienne dont elle veut faire «la capitale européenne de la transition écologique, sociale et démocratique».
  •  «Je porterai de manière indissociable la réponse aux trois grands défis qui sont devant nous: le défi écologique, le défi social et le défi démocratique», a déclaré la nouvelle maire, après avoir obtenu 53 votes favorables. Onze conseillers se sont abstenus. «Notre environnement nous envoie des signaux de plus en plus forts et de plus en plus fréquents et il n’est plus question de détourner le regard. C’est le moment de regarder le monde tel qu’il est et de poser des actes forts, ambitieux et collectifs», a affirmé la juriste de 39 ans.
  • Jeanne Barseghian a présenté, dès ce premier conseil municipal, une déclaration d’«état d’urgence climatique» pour Strasbourg, comme l’ont déjà fait certaines villes comme Paris ou Barcelone. «Cette déclaration marque mon ambition en matière de transition écologique du territoire», a-t-elle expliqué. Émue aux larmes en fin de discours en s’adressant à sa famille présente dans l’hémicycle du conseil municipal, la nouvelle maire de Strasbourg a reçu l’ovation debout de l’ensemble des conseillers municipaux, y compris d’opposition.

Ségur de la Santé repoussé

Ségur de la Santé repoussé

La question de est de savoir si la négociation appelée « Ségur de la santé » dont  les conclusions devaient être données vendredi est encore repoussée du fait de la nomination d’un nouveau premier ministre ou du fait de divergences notamment sur les questions de financement. Nicole Notat devait rédiger une recommandation au gouvernement, une sorte de synthèse des travaux du Ségur qui ne sera pas rendue publique. Cette poursuite des discussions ne modifierait cependant pas le calendrier final. Emmanuel Macron devrait dévoiler mi-juillet ses décisions. Le montant de l’enveloppe est au coeur des discussions avec les représentants des soignants. Au total, le ministre de la Santé Olivier Véran, qui a participé aux échanges dans cette dernière ligne droite, a mis sur la table au moins 6 milliards d’euros pour améliorer la rémunération des personnels hospitaliers paramédicaux et non médicaux. Sera-ce suffisant? « Le compte n’y est pas, déplore Christophe Prud’homme. On a tous dit qu’en-dessous de 250 euros nets de plus par mois, on ne signerait rien. Ils sont bien capables de trouver 15 milliards d’euros pour sauver l’aéronautique ! » La CGT réclame ainsi un plan près de dix fois plus ambitieux à 57 milliards d’euros. Les internes prévoient une nouvelle journée d’action le 9 juillet.

 

 

 

« La tempête virale » ((Slavoj Zizek))

 « La tempête virale » : (Slavoj Zizek)

Pour le Slovène, l’enjeu de la « révolution philosophique » qui nous incombe est fondamentalement politique – mais « loin de tout ­avenir radieux ».

« Dans la tempête virale » (Pandemic !), de Slavoj Zizek, traduit de l’anglais par Frédéric Joly, Actes Sud, « Questions de société », 158 p., 16 €, numérique 12 €.( papier du Monde)

Le Covid-19 n’est pas un ­ennemi qui veut nous détruire. Un virus n’a pas de plan d’invasion, il ne fait que s’autoreproduire. Déclarer la guerre à cette « sous-strate du vivant », cette « caricature biologique » (pour ne citer que quelques appellations propres à enrichir le lexique du capitaine Haddock), n’a donc aucun sens, sinon celui de nous conforter dans l’idée que nous serions au centre de l’univers, comme si la nature nous envoyait un message, « comme si nous importions profondément », explique Slavoj Zizek au début de Dans la tempête virale.

Au contraire, selon le philosophe slovène, « les épidémies virales viennent rappeler à notre bon souvenir la contingence absolue et l’insignifiance de nos existences ». Il faut partir d’une autre position pour comprendre ce qui nous arrive : celle de vivants qui se découvrent fragiles, pris dans la tempête. Dans le fourmillement des pensées de l’auteur, telle une tempête dans un crâne, entre réaction à un article de journal et remémoration de scènes de films dystopiques, c’est cette attitude qui émerge comme idée centrale. Elle est philosophique au sens d’une « orientation fondamentale dans l’existence ».

Comment, donc, nous orienter ? D’un point de vue éthique, Zizek en appelle à l’avènement d’une forme de frugalité et de modestie. Mais, attention, il ne s’agit pas ici d’une « méditation spiritualiste new age » sur « ce qui est réellement important dans nos existences ». Car l’enjeu de la « révolution philosophique » qui nous incombe est fondamentalement politique. Contrairement à Giorgio Agamben, pour qui la crise sanitaire ne fait que renforcer la surveillance généralisée, Zizek identifie des effets bénéfiques dans le fait de « tourner le dos au libre marché qui ne permet pas de résoudre les crises » et voit apparaître « une nouvelle forme de ce qui était appelé jadis communisme ». Mais « loin de tout ­avenir radieux », précise-t-il, il s’agit d’un « com­munisme du désastre » en tant qu’antidote au ­ « capitalisme du désastre » dont parlait l’essayiste Naomi Klein.

Revenu minimum, solidarité inconditionnelle, réaffectation des ressources au bénéfice du bien commun… si les idées sont comme des virus, suggère le philosophe en relisant Tolstoï, « la seule lutte est celle qui oppose les bonnes et les mauvaises contagions ».

L’absence de financement discrédite les travaux de la Convention sur le climat

L’absence de financement discrédite les travaux de la Convention sur le climat

Jean Coldefy, Directeur du programme mobilité 3.0 à l’ ATEC ITS France estime

qu’ en faisant l’impasse sur le financement des mesures de décarbonation de l’économie et sur l’acceptabilité des efforts à faire, la Convention citoyenne pour le climat accrédite la crainte d’une « dictature verte

Tribune. Les mots « interdire, obliger, imposer » sont omniprésents dans le panel de mesures de la Convention citoyenne pour le climat, à côté de « primes, aides, garantie de l’Etat ». Une caricature de la pensée française : interdire et subventionner. Pas un mot sur le financement, rien sur le « signal prix » – la taxe carbone notamment – permettant d’induire des changements de comportements et de dégager des ressources pour financer les mesures.

Le changement climatique va certes nécessiter des contraintes, à l’image de la réduction de la vitesse à 110 km/h sur les autoroutes, qui ne nous coûteraient qu’un peu de temps pour des gains non négligeables d’émissions. Le rapport de la convention est cependant déséquilibré et risque de nous nourrir de bonnes intentions avec de longs débats sur des mesures symboliques, ce dont la France raffole.

Le mouvement des « gilets jaunes » a tétanisé les politiques qui, depuis, ne veulent plus évoquer la question du financement. C’est une erreur d’analyse que de croire que la taxe carbone a été à l’origine de cette explosion sociale. C’est l’alignement du prix du diesel sur celui de l’essence, imposé par les urbains – le provincial que je suis ose le mot « parisiens » – à l’ensemble du territoire.

Avec la hausse du baril de pétrole sur l’année 2018, il a entraîné une hausse de près de 60 centimes le litre en un an. Pour ceux qui n’ont que la voiture pour se déplacer, dans les campagnes et périphéries des grandes villes, cela représente un coût mensuel de 70 euros, soit 6 % du smic. La hausse de la taxe carbone ne pesait que 5 euros par mois.

 

L’enjeu climatique est si important et nécessite de tels efforts qu’il est indispensable d’« embarquer » les citoyens pour les faire accepter. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) demande d’investir 3 % du produit intérieur brut (PIB) chaque année pour décarboner nos économies. Soit, en France, plus de 70 milliards d’euros par an. C’est le montant de l’impôt sur le revenu, 50 % de la TVA, deux fois la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), trois fois l’impôt sur les sociétés. Entre les exigences de la jeunesse représentée par Greta Thunberg et l’exigence sociale des « gilets jaunes », la voie est étroite.

Dépakine: la responsabilité de l’Etat

Dépakine: la responsabilité de l’Etat

Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire en 2016 sur la commercialisation de la Dépakine pour voir s’il n’y avait pas risque de tromperie. A l’époque, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) avait critiqué la lenteur de la réponse des autorités sanitaires et de Sanofi face aux risques liés au médicament et ses dérivés.

Le valproate de sodium, la molécule active de la Dépakine, est commercialisé depuis 1967 pour traiter l’épilepsie et les troubles bipolaires. Il figure sur la liste des « médicaments essentiels » de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La Dépakine, qui a perdu sa licence en 1998, est prescrite dans une centaine de pays. Elle est également vendue sous les noms de Dépakote ou Epilim.

Choc. Ce médicament, à l’origine de milliers de malformations congénitales, est interdit depuis juin 2018 en France pendant la grossesse et aux femmes en âge de procréer sauf circonstances exceptionnelles. Entre 2 150 et 4 100 enfants ayant été exposés in utero au valproate et à ses dérivés sur la période 1967-2016 seraient atteints d’au moins une malformation congénitale majeure, selon une estimation pour la France établie par une étude des autorités sanitaires publiée en 2017.

L’IGAS estime qu’entre 2006 et 2014, 425 à 450 nourrissons ont subi des malformations ou sont morts-nés après avoir été exposés in utero au valproate. L’enquête du parquet a été ouverte sous l’impulsion de l’Apesac (Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant).

 

« La BCE et la croissance  » Emmanuel Sales

«La BCE  et la croissance  » Emmanuel Sales

 

 « La BCE est la seule institution qui peut permettre de donner des perspectives claires aux entrepreneurs, aux ménages, aux jeunes diplômés en s’engageant dans une politique monétaire favorable à la croissance » estime Emmanuel Sales , président de la Financière de la Cité dans un tribu du monde.

 

Emmanuel Sales.

Metternich, l’artisan de l’équilibre européen après les guerres napoléoniennes, était hostile au Zollverein dans lequel il voyait, à juste titre, un risque d’emprise de la Prusse sur les petits Etats allemands. De même l’euro, en bloquant les variables de change, a créé un déséquilibre au profit du plus fort. Comme dans les unions monétaires de la fin du XIXe siècle, capitaux, industries et savoir-faire affluent dans les pays créditeurs.

L’Allemagne se retrouve ainsi en situation de profiter d’excédents qu’elle doit moins à sa « vertu » qu’aux politiques de contraction de la demande interne qu’elle a menées à l’abri de la monnaie unique en profitant des marchés extérieurs. La crise du Covid-19 est pour elle une occasion de rompre avec cette stratégie mercantiliste en restituant aux autres membres de la zone euro les excédents constitués à leur détriment.

Mais la relance allemande ne suffira pas à tirer l’Europe de l’ornière. Les entreprises du Mittelstand sont dépendantes de la Chine, qui ralentit, et des Etats-Unis, qui cherchent à protéger leur industrie. Le modèle allemand, fondé sur des énergies et des technologies anciennes, semble peu adapté aux enjeux du « monde d’après ».

Par ailleurs, le plan de relance européen peine à convaincre et les politiques d’encadrement croissant des activités financières menées depuis la crise de 2008 ont réduit le montant et la mobilité des avoirs financiers monétisables. Ainsi, malgré les dernières injections massives de liquidités de la BCE, les indicateurs d’inflation à long terme et les taux d’intérêt demeurent historiquement bas.

«“La croissance n’est pas une stratégie”, ont récemment affirmé les magistrats de la Cour des comptes, se faisant l’écho de l’opinion publique qui assimile faussement budget national et familial»

Ajustement interne. La vérité est que les marchés ne croient pas encore à un virage « friedmanien » de la BCE. Nourries au lait de la désinflation compétitive, nos élites continuent de privilégier l’ajustement interne par les prix et les salaires. « La croissance n’est pas une stratégie », ont récemment affirmé les magistrats de la Cour des comptes, se faisant l’écho de l’opinion publique qui assimile faussement budget national et familial. En 1950, c’est la pression américaine et l’engagement de Schuman qui avaient permis de concilier les exigences de redressement de l’Allemagne et les revendications françaises.

Les circonstances, à nouveau, pourraient conduire l’Europe à bouger alors que les Américains ne souhaitent plus seuls assumer le fardeau monétaire. Comme en 2014, lors du lancement des premières opérations d’expansion réelle du bilan de la BCE, ils exercent une forte pression sur les autorités de la zone euro pour orienter la politique monétaire vers une meilleure prise en compte des objectifs de croissance et d’emploi. L’issue des travaux menés par la BCE sur l’évaluation de la politique monétaire est donc essentielle pour éviter à l’Europe une nouvelle décennie perdue. En déclarant vouloir « donner du contenu à la stabilité des prix », Christine Lagarde a discrètement montré le chemin.

La monnaie, en effet, est une « réalité sociale » (Simiand), et pas une simple unité de compte plaquée sur l’organisme économique. La grande transformation qu’appelle de ses vœux l’opinion sera rendue beaucoup plus aisée par une inflation de croissance… qui allège graduellement les dettes. La BCE est la seule institution qui peut permettre de donner des perspectives claires aux entrepreneurs, aux ménages, aux jeunes diplômés en s’engageant dans une politique monétaire favorable à la croissance.

Emmanuel Sales est président de la Financière de la Cité.

Honteuse attitude de la France face à la tragédie d’HongKong

Honteuse attitude de la France face à la tragédie d’HongKong

il y a les mots, les discours, la dialectique contradictoire permanente de Macron et les actes. La preuve, le silence assourdissant de la France face à la tragédie des hongkongais avec la dictature qui vient de s’imposer sur le territoire en dépit de tous les accords internationaux. Des contradictions que rappelle le correspondant de Reuters  à Pékin : «L’Europe et le monde attendent que nous défendions partout l’esprit des Lumières menacé dans tant d’endroits. Ils attendent que partout nous défendions les libertés, que nous protégions les opprimés. Ils attendent que nous soyons enfin nous!» Ces paroles enflammées d’Emmanuel Macron, prononcées devant la pyramide du Louvre le soir de sa victoire en 2017, résonnent aujourd’hui d’un silence assourdissant à travers la majestueuse baie de Hongkong. Là-bas, un autre édifice de verre dessiné par le génial architecte Pei s’élance majestueusement vers le ciel cotonneux, mais il s’agit de l’imposant gratte-ciel de la Banque de Chine. À ses pieds, des millions de Hongkongais, guidés par une jeunesse abreuvée des valeurs de Montesquieu ou Voltaire, défilent depuis des années pour défendre bec et ongles de fragiles libertés face à la deuxième puissance mondiale, sous le regard aussi poli que frileux de la France et de l’Europe.

Airbus Toulouse : 3.500 suppressions de postes et 50 000 dans la sous-traitance ?

Airbus Toulouse : 3.500 suppressions de postes et 50 000 dans la sous-traitance ?

Un coup de massue pour Toulouse où l’entreprise Airbus prévoit 3500 suppressions de postes sur les 5000 prévues en France. Une conséquence terrible évidemment pour les salariés d’Airbus mais aussi pour les intérimaire et toute la sous-traitance. On considère en général qu’environ 90 000 emplois sont liés à l’industrie aérienne autour de Toulouse. Au moins 50 000 emplois dans la sous-traitance pourrait être impactés. Une véritable catastrophe économique pour la région car  Airbus va procéder à 3.500 suppressions de postes sur les 5.000 prévues en France dans le cadre du plan de restructuration prévu par l’avionneur européen, a-t-on appris jeudi auprès de la CFE-CGC du groupe.

“Toulouse paie un lourd tribut avec 3.500 postes supprimés mais c’est proportionnel au nombre de salariés. Nantes paie aussi un lourd tribut avec près de 20% de suppressions. Personne n’est épargné”, a déclaré Françoise Vallin, représentante CFE-CGC Airbus.

Airbus a annoncé mardi son intention de supprimer environ 15.000 postes d’ici l’été 2021, dont un tiers en France, dans le cadre de ce plan de restructuration mis en place pour faire face à la crise du secteur aérien provoquée par la pandémie liée au nouveau coronavirus.

La dictature sur Hongkong cache les faiblesses chinoises internes

La dictature sur Hongkong cache  les faiblesses chinoises internes

Marc Julienne, , Chercheur à l’IFRI, dans une tribune au monde estime qu’en

donnant l’estocade au statut d’autonomie de la cité, la Chine montre un préoccupant excès de confiance en elle.

Tribune. L’Assemblée nationale populaire chinoise a voté, le 28 mai, la décision d’élaborer une loi sur la sécurité nationale à Hongkong. Celle-ci aura des effets bien plus profonds que le projet de loi sur l’extradition, abandonné depuis, qui avait provoqué des manifestations massives dans la région administrative spéciale en 2019. La future loi mettra en effet gravement en péril le statut autonome de Hongkong et aggrave d’ores et déjà un contexte social extrêmement volatil dans la cité, entre la population majoritairement prodémocrate et l’exécutif pro-Pékin.

Par cette réforme forcée de la loi hongkongaise, le Parti communiste chinois (PCC) espère reprendre et verrouiller le contrôle politique à Hongkong. Après le raz de marée prodémocrate des élections locales en novembre 2019 (dix-sept des dix-huit districts remportés, avec 71 % de participation), le pouvoir central chinois craint de se voir infliger une nouvelle défaite lors de l’élection législative de septembre 2020. Une majorité démocrate au Legislative Council (LegCo) de Hongkong serait inacceptable pour Pékin, car elle affaiblirait son influence et alimenterait le sentiment anti-PCC, déjà très ancré à Hongkong et à Taïwan.

Le projet de loi sur la sécurité nationale à Hongkong entre en contradiction avec le droit interne hongkongais et le droit international. Il viole d’abord la mini-Constitution de la cité (Basic Law), dont l’article 23 prévoit que la région administrative spéciale dispose de la compétence pour voter ses propres lois en matière de protection contre la sécession, la sédition et la subversion.

Le projet de loi viole également la déclaration sino-britannique sur Hongkong de 1984, traité international enregistré à l’ONU organisant la rétrocession de Hongkong à la Chine. La République populaire de Chine (RPC) s’y engageait à accorder à Hongkong un « haut degré d’autonomie », notamment en matière législative, durant cinquante ans, à compter de la rétrocession, le 1er juillet 1997.

Le président Xi Jinping, a développé, depuis son arrivée au pouvoir, une conception personnelle et étendue de la « sécurité nationale ». Celle-ci repose avant tout sur la sécurité du pouvoir politique, donc du Parti communiste. Elle a d’ailleurs été entérinée dans la loi de la RPC sur la sécurité nationale, votée en 2015.

D’après cette conception, que Pékin veut appliquer à Hongkong à travers la future loi, la moindre contestation à l’égard du PCC constituera une atteinte à la sécurité nationale. Plus crucial encore, le projet de loi prévoit aussi d’établir à Hongkong une institution chargée de la préservation de celle-ci, dépendant directement du gouvernement central communiste.

Dictature totale de la Chine sur Hong Kong

 

Dictature totale de la Chine sur Hong Kong

 À juste titre dans un édito du Monde s’inquiète de l’installation de fait  d’une dictature totale, économique, politique et sociétale de la Chine sur le territoire de Hong Kong. C’est évidemment une provocation interne pour renforcer encore pouvoir de la dictature communiste à l’intérieur de la Chine mais aussi vis-à-vis de tous les territoires proches que la Chine convoite et ou  veut contrôler davantage. Le risque d’une telle décision est évidemment considérable non seulement sur le plan économique mais aussi démocratique et politique. L’Occident-et notamment la France- ne pourra longtemps faire semblant d’ignorer un problème qui se résume en fait à une tentative d’hégémonie agressive politique et économique des Chinois non seulement en Chine mais aussi à l’extérieur.

« La loi dite « sur la sécurité nationale » imposée par Pékin, en criminalisant les atteintes à son pouvoir, viole la Constitution de Hongkong, selon laquelle le territoire doit se doter lui-même d’une telle législation en consultant sa population. Elle porte un coup fatal à la déclaration conjointe sino-britannique de 1984, qui garantissait, par un traité déposé à l’ONU, le haut degré d’autonomie de Hongkong durant cinquante ans. Elle impose par la force ce que les Hongkongais redoutaient, et ce contre quoi ils étaient descendus dans la rue en masse l’an dernier : des lois susceptibles d’envoyer en prison à vie des citoyens pour « subversion, sécession, terrorisme et collusion avec l’étranger ». Une brèche sinistre de non-droit dans le système judiciaire local, calqué sur la common law britannique.

La crainte des Hongkongais est nourrie par la farce tragique que constitue en Chine une justice qui, en sept ans de règne de Xi Jinping, a usé et abusé des délits de subversion, ou d’autres lois d’atteinte à l’ordre public, dans un mépris grossier à la fois de ses propres procédures, de sa Constitution et des droits à la défense. Le tout au nom de la suprématie absolue du Parti communiste et du rejet assumé des valeurs universelles, les deux principales composantes de la « pensée de Xi Jinping ».

La Chine s’était pourtant accommodée pendant vingt-trois ans du statut quasi démocratique de sa « région administrative spéciale ». Elle commence aujourd’hui à la phagocyter, montrant un appétit et une impatience qui reflètent sa spectaculaire montée en puissance économique, militaire et stratégique, et l’orgueil démesuré qui en résulte.

Ce ne sont pas les rares appels à l’indépendance de Hongkong lancés lors du mouvement de protestation de 2019, dans sa très grande majorité attaché à l’autonomie actuelle, que Pékin veut punir, mais les insultes proférées à son encontre, sous forme d’emblèmes ou de drapeaux souillés, ainsi que les tentatives des militants pour obtenir l’assistance des Etats-Unis et même celle de l’ancien colonisateur britannique.

Obsédé par la « sécurisation » du système politique et du parti, Xi Jinping considère que la guerre commerciale lancée par l’administration Trump et l’offensive des parlementaires américains contre les atteintes aux droits de l’homme, notamment au Xinjiang, ont augmenté les risques pour une Chine qui doit, selon lui, « prendre une place centrale sur la scène mondiale ». Il s’agit pour lui de crever l’abcès que constituait la protestation à Hongkong.

Le Covid-19 a fourni une occasion inattendue en permettant d’y interdire les manifestations et d’agir alors que les frontières sont fermées. Que les Etats-Unis et l’Europe affrontent les effets dévastateurs du virus est du pain bénit pour le dirigeant chinois, qui abreuve la population du récit de ses succès contre l’épidémie. La Chine, en imposant sa loi à Hongkong précisément au moment où elle est mise en cause pour sa politique sanitaire et son rôle de prédatrice dans la mondialisation, défie le monde occidental et prend un chemin inquiétant. »

Bordeaux : « vers une interdiction » de la voiture

Bordeaux : « vers une interdiction » de la voiture

 

« On va y aller calmement. » L’écologiste Pierre Hurmic, élu nouveau maire de Bordeaux (Gironde) dimanche 28 juin, assure dans une interview à 20 Minutes qu’il pense « à terme », aller vers  »une interdiction de la voiture », mais prévoit plusieurs mesures désincitatives dans l’intervalleExemple : mettre  »tout le secteur intra-boulevard en ‘zone 20′, [où] le piéton et les cyclistes sont prioritaires » afin de  »dégoûter progressivement l’automobiliste d’emprunter ces chaussées ».

Je ne veux pas interdire la voiture (…) même si à terme je pense qu’on ira vers une interdiction. Pierre Hurmic, le nouveau maire de Bordeaux 20 Minutes

En cause, selon l’élu Europe Ecologie – Les Verts (EELV) : la nécessité de « rééquilibrer les choses »« Dans les aménagements urbains, 70% de la voirie est consacrée à la voiture, or elle représente 29% des déplacements dans Bordeaux », détaille-t-il au quotidien. Parmi ses autres propositions relatives aux transports, le nouvel édile promet d’« augmenter » le nombre de pistes cyclables, en conservant celles créées en raison de l’épidémie de Covid-19« Sur les boulevards, je propose une piste sur toute la longueur, pas par petits bouts. Il faut des pistes continues et sécurisées », assure-t-il.

L’urgence d’un ministère de la Relance économique, écologique et sociale

 

 

L’urgence d’un ministère de la Relance économique, écologique et sociale

 

35 grands entrepreneurs insistent sur l’urgence de la mise en place d’un grand ministère de la relance économique, écologique et sociale .

 

« Au lendemain de « la vague verte » des municipales, alors que la Convention citoyenne a montré comment l’ensemble de la société pouvait prendre à bras le corps les défis de notre pays, le gouvernement français et l’Europe débloquent des milliards d’euros pour relancer l’économie, hypothéqués pour l’avenir. Nous, entrepreneurs engagés, appelons Emmanuel Macron à utiliser ce levier exceptionnel par son ampleur et son importance pour que les entreprises suivent un nouveau cap, celui de leur impact social et écologique. Le Président le déclarait lui-même le 14 juin dernier, lors de son l’allocution destinée à dessiner les contours de « l’après » :

« La reconstruction économique, écologique et solidaire sera la clé de notre indépendance. »

Nous proposons donc des mesures concrètes pour passer de la parole aux actes en utilisant tous les leviers créés autour de trois enjeux.

Une TVA réduite

Le premier enjeu est de réussir à relancer la consommation et la production en mettant au coeur la durabilité, la proximité et la solidarité. Pour un choc de consommation responsable, nous proposons de diminuer la TVA pour tous les produits socialement et écologiquement responsables afin de les rendre accessibles à tous, loin des logiques court-termistes comme celle des éco-chèques.

En parallèle, un bonus-malus social et écologique assis sur des critères clairs et transparents pour l’ensemble des entreprises françaises permettrait de moduler la participation financière des entreprises suivant leur apport à l’intérêt général, et permettrait d’inciter l’ensemble du tissu productif français à engager sa transition.

La BPI en réelle banque de la transition

Par ailleurs, le gouvernement doit se positionner comme pivot d’une relance solidaire et durable en transformant la BPI en réelle banque de la transition et en mettant dès aujourd’hui 1 milliard d’euros en fonds propres sur la table avec un fonds de relance ambitieux, structurant et de long terme. L’annonce, le 5 juin dernier, par Élisabeth Borne, d’un plan visant à accompagner à hauteur de 250 millions d’euros la transition écologique des PME-TPE est une très bonne nouvelle, mais trop peu pour engager une transition profonde de l’économie française.

 

Il faut en effet prendre le relais du dispositif de prêts garantis par l’État, qui a permis une prise en compte de l’urgence liée au confinement, mais qui a pu fragiliser la situation financière des entreprises en augmentant leur endettement. Des investissements en fonds propres représentent la seule mesure efficace pour accompagner autant la survie que la transition écologique et inclusive de notre tissu de TPE-PME, en favorisant une vision de long terme.

Des aides conditionnées

Nous proposons enfin de mettre en place la conditionnalité écologique et sociale de toutes les aides publiques accordées par le gouvernement dans le contexte post-crise. Il est logique que les pouvoirs publics débloquent des milliards pour sauver des milliers d’emplois menacés et une économie meurtrie. Mais il est incompréhensible que ces milliards dépensés aujourd’hui ne soient pas l’occasion d’accélérer la transition de notre économie. Le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) propose donc que l’ensemble des entreprises aidées s’engagent durablement sur la réduction de leur empreinte écologique et sociale sur trois ans, et fassent en premier lieu la transparence sur une quinzaine d’indicateurs sociaux et environnementaux structurants, permettant à toutes leurs parties prenantes de suivre leur évolution.

Afin d’objectiver ces dispositifs, le gouvernement pourrait s’appuyer sur un outil d’évaluation de l’impact social et environnemental intitulé Impact Score, développé par tous les réseaux d’entreprises à impact en France. Il permet d’approcher de manière rationnelle l’engagement des entreprises en faveur de la transition écologique et sociale et pourrait être mis à disposition des pouvoirs publics, des entreprises, des citoyens pour accompagner cette dynamique.

Un grand ministère dédié

Pour concrétiser ces mesures et pour aller dans le sens d’Élisabeth Borne, qui a rappelé à juste titre qu’« opposer écologie et économie est totalement dépassé  », nous proposons que les sujets de transition sociale et environnementale bénéficient enfin d’une représentation politique et administrative auprès du ministre des finances à Bercy, au coeur de la machine étatique et à leur juste niveau de portage politique, au sein d’un grand portefeuille ministériel de la Relance économique, écologique et sociale. Nous mesurons le défi de concevoir une relance transformatrice, permettant de sauver l’économie d’aujourd’hui tout en préparant demain. Mais c’est la seule voie pour permettre à notre économie de prévenir et affronter les crises à venir.

Cette opportunité d’investissement massif ne se reproduira sûrement jamais. Alors, à l’heure où le déconfinement est bien entamé et où les pouvoirs publics travaillent d’arrache-pied à un plan de relance qui pourrait dessiner le destin économique de la France pour la prochaine décennie, Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les ministres, les entrepreneurs vous le demandent : assez de paroles, passons aux actes!

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Signataires :

  • Jean Moreau, co-Président du Mouvement des entrepreneurs sociaux, co-fondateur et président de Phenix
  • Eva Sadoun, co-présidente du Mouvement des entrepreneurs sociaux, co-fondatrice et présidente de LITA.co
  • Amandine Albizzati, PDG d’Enercoop
  • Alice Barbe , co-fondatrice et PDG de Singa
  • Julie Chapon, co-fondatrice de Yuka
  • Luc De Gardelle , gérant de Presta’Terre et de Prodea, président de la Fédération des entreprises d’insertion
  • Pierrick De Ronne , président de Biocoop et Natexbio
  • Jean-Yves Doisy, DG de Vitamine T
  • Grégoire Ducret, directeur de Croix Rouge Innovation
  • Abdelaali El Badaoui, fondateur et président de Banlieue Santé
  • Nicolas Froissard, vice-président et porte parole du Groupe SOS
  • Hortense Harang, co-fondatrice et présidente de Fleurs d’Ici
  • Virginie Hils, fondatrice et présidente du Comptoir de Campagne
  • Thomas Huriez, fondateur et président de 1083
  • Jonathan Jérémiasz , co-fondateur de Comme les autres, Handiamo et Voix Publique
  • Loubna Ksibi, co-fondatrice de Meet my Mama
  • Sylvain Lepainteur, PDG de Conciergerie Solidaire et Monkey Monk
  • Mélanie Marcel, co-fondatrice et PDG de SoScience
  • Dafna Mouchenik, fondatrice de LogiVitae
  • Maud Sarda, co-fondatrice et directrice de Label Emmaus
  • Carole Tawema, co-fondatrice et PDG de Karethic
  • Serge Widawski directeur général d’APF Entreprise
  • Shu Zhang, co-fondatrice et PDG de Pandobac
  • Matthieu Dardaillon, fondateur et président de Ticket For Change
  • Sandra De Bailliencourt, directrice générale de Sparknews
  • Arnaud De La Taille, co-fondateur et PDG d’AssoConnect
  • Blaise Desbordes, directeur général de Max Havelaar
  • Guillaume Gibault, fondateur et président de Le Slip Français
  • Samuel Grzybowski, fondateur de Coexister
  • Cyrielle Hariel, journaliste à BFM Business et influenceuse
  • Antoine Jouteau, DG de Le Bon Coin
  • Jean-Michel Lecuyer, DG d’INCO Investissements
  • Basile Michardière, co-directeur de MakeSense Incubateurs
  • Antoine Michel, partner d’Investir et +
  • Magali Payen, fondatrice d’On est Prêt

«Trou de la Sécu», une 5 ème branche, une «règle d’or»… mais sans financement

 «Trou de la Sécu», une  5 ème branche,  une «règle d’or»… mais sans financement

 

Globalement en fait des projets très confus du fait des flous qui subsistent en matière de financement. En effet qu’il s’agisse du trou de la sécurité sociale, de la cinquième branche dite autonomie et d’une façon plus générale de la dette supplémentaire de l’État cantonné dans une caisse spéciale, les moyens de financement restent à préciser. En fait, tout  devrait être financé par la CADES  (dont  l’extinction était prévue en 2033 pour financer les déficits sociaux) . Tout dépendra des déséquilibres effectivement constatés dans les domaines évoqués mais visiblement la CADES  ne pourra pas tout financer . Le projet de loi votée au Sénat acte le principe d’un creusement de la sécurité sociale et en même temps de la création dite autonomie.

Le seul problème posé est de savoir comment financer tout cela notamment les conséquences de la crise sanitaire, l’accroissement des déficits de la sécurité sociale et cette nouvelle couverture couvrant la dépendance.

Les sénateurs ont accepté le transfert à la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades) des déficits passés et à venir de la Sécurité sociale, jusqu’à l’exercice 2023, pour un montant maximal de 123 milliards d’euros. Mais ils ont rejeté le transfert de la dette des hôpitaux (pour 13 milliards d’euros), estimant que l’État devait en assumer la charge car il s’agissait d’une dette «essentiellement immobilière». Pour le secrétaire d’État auprès du ministre de la Santé Adrien Taquet, cette suppression «prive les hôpitaux d’une bouffée d’air (…) qui était très fortement attendue».

Les sénateurs ont aussi souhaité instaurer une «règle d’or» qui encadrerait les futures lois de financement de la Sécurité sociale. À partir de 2025, chacune de ces lois devrait ainsi assurer un équilibre des comptes de la Sécurité sociale sur cinq ans.

En matière d’autonomie, la création d’une 5e branche de la Sécurité sociale a fait débat, divisant la droite comme la gauche. «Nous posons la première pierre» d’une réforme «attendue», a déclaré Adrien Taquet, rappelant qu’«en 2040, près de 15% des Français, soit 10,6 millions de personnes, auraient 75 ans ou plus». Le Sénat a validé le principe de sa création , rejetant un amendement de Jean-Noël Cardoux (LR) qui visait à la différer. Il a été rejeté par 156 voix «pour» (LR et CRCE à majorité communiste), contre 179 voix «contre» (PS, centristes, RDSE à majorité radicale, LREM, Indépendants). «Notre groupe n’est pas opposé à la création d’un 5e risque», a souligné Jean-Noël Cardoux, estimant cependant qu’«on ne fait pas passer comme ça, à la sauvette, quelque chose qu’on attend depuis des décennies»«Ce que nous souhaitons c’est qu’il y ait une vraie loi sur l’autonomie», a également déclaré le président de la commission des Affaires sociales Alain Milon (LR). «Nous ne voulons pas que ce soit une coquille vide».

Reconnaissant par la voix d’Olivier Henno que «la forme est quelque peu insatisfaisante», les centristes ont souhaité acter «une proposition qui est tellement attendue». À gauche, le PS «historiquement favorable» à la création d’une 5e branche, s’est néanmoins interrogé sur son financement, tandis que le groupe CRCE, «pas favorable», dénonçait «un coup de com’ du gouvernement». «Il ne s’agit pas de faire les choses à la sauvette, mais étape par étape», a souligné Adrien Taquet, rappelant que le financement serait traité dans le projet de budget de la Sécu et que «la concertation a déjà été lancée sur le financement et la gouvernance». Le ministre de la Santé Olivier Véran a promis à l’Assemblée «au moins un milliard d’euros» supplémentaire pour financer la perte d’autonomie des personnes âgées et handicapées dans le prochain budget de la Sécu.

EDF: Des députés veulent être associés à la réorganisation

EDF: Des députés veulent être associés à la réorganisation         

 

EDF a présenté en 2019 les grandes lignes de son projet de réorganisation, nommé “Hercule”, visant à renforcer ses capacités d’investissement et de financement et selon lequel il pourrait filialiser et introduire sur le marché de façon minoritaire ses activités aval et de services, ainsi que son pôle d’énergies renouvelables et sa filiale de distribution (Enedis), regroupés dans un ensemble appelée “Vert”.

Le projet, envisagé seulement sous réserve que la réforme de la régulation aboutisse, prévoit que cet ensemble “Vert” resterait majoritairement détenu et contrôlé par la maison-mère – appelée “Bleu” – qui porterait elle-même directement l’ensemble des activités nucléaires et le parc hydraulique d’EDF.

 

Mais  le Parlement devra être associé aux travaux relatifs à la réorganisation potentielle d’EDF qui aura notamment à préserver les missions de service public du groupe, selon les préconisations d’un rapport de l’Assemblée nationale publié mercredi.

Dans une série de propositions faites en vue du futur plan de relance, le groupe de travail sur l’énergie de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée estime que “dans l’éventualité d’une reprise des travaux”, il faudra “associer le Parlement à ces travaux, en particulier les commissions des affaires économiques des deux assemblées”.

La réorganisation potentielle d’EDF devra en outre “veiller à prévoir une place spécifique au réseau de distribution et à la préservation du service public, dont la crise a montré la pertinence et le caractère indispensable”, poursuit le rapport, présenté par Marie-Noëlle Battistel (Parti socialiste), Philippe Bolo (MoDem) et Anthony Cellier (LaREM).

Le document préconise aussi de relancer “dès que possible” les discussions en France et avec la Commission européenne sur la réforme du dispositif de l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh), réclamée de longue date par EDF, notamment pour “donner aux acteurs une visibilité sur le calendrier d’application de la nouvelle régulation proposée et prévoir une période de transition adaptée”.

Fin de l’illusion occidentale vis à vis de la Chine

Fin  de l’illusion occidentale vis à vis de la Chine

un papier dans le Monde de Fréderic Lemaitre rappelle à la réalité l’occident vis a vis  de ce qu’est réellement la Chine : une dictature impitoyable qui veut non seulement imposer son hégémonie économique mais aussi politique au maximum de pays.  L’adoption de la loi sécuritaire sur Hongkong sonne le glas d’espérances qui justifiaient la politique d’ouverture des Etats-Unis.

« Les Occidentaux ont-ils eu tort de faire confiance à la Chine ? La loi sur la sécurité nationale que Pékin impose à Hongkong relance le débat. Située à l’intersection du « socialisme aux caractéristiques chinoises » et du capitalisme occidental, Hongkong est l’un des meilleurs baromètres de la relation entre ces deux mondes. Le 1er juillet 1997, lorsque le Royaume-Uni rétrocède le territoire à la Chine, l’optimisme est de rigueur dans le camp occidental. Au début des années 1980, lorsque les négociations ont commencé, le premier ministre chinois Zhao Ziyang n’a-t-il pas jugé « évident que Hongkong sera gérée de façon démocratique » ?

Huit ans après la chute du mur de Berlin, mais aussi le massacre de Tiananmen, cette rétrocession pacifique est la preuve que, malgré leurs différences, ce qui rapproche les deux systèmes est plus important que ce qui les sépare. L’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en décembre 2001 constituera le point d’orgue de cette politique. Certains Occidentaux se prennent même à rêver. Et si Hongkong introduisait le virus démocratique au sein de la société chinoise ?

La loi sur la sécurité nationale sonne le glas de ces espérances. Washington et Pékin sont même « au bord d’une nouvelle guerre froide » selon Wang Yi, ministre chinois des affaires étrangères. Les Occidentaux doivent faire leur deuil d’une politique qui, pour les Français, a démarré en 1964 avec la reconnaissance de la Chine communiste par le général de Gaulle, mais qui s’est réellement imposée avec la visite de Richard Nixon en 1972. « Sur le long terme, on ne peut tout simplement pas se permettre de laisser la Chine éternellement en dehors de la communauté des nations. (…) Le monde ne peut pas être en sécurité tant que la Chine ne change pas. Ainsi, notre but, dans la mesure où nous pouvons influer sur les événements, devrait être d’induire ce changement », expliquait le président américain, pourtant anticommuniste convaincu.

Référendum Russie: «Poutine est bousculé par la crise « 

Référendum Russie: «Poutine est bousculé par la crise « 

Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe estime en quoi la crise bouleverse le calendrier qu’avait imaginé Poutine pour le référendum qui devrait l’autoriser à prolonger son mandat. Interview le Figaro

- Que vise Vladimir Poutine avec ce référendum?

ARNAUD DUBIEN. - Le président russe a, me semble-t-il, un triple objectif. D’une part, perpétuer le poutinisme en gravant dans le marbre ses principes fondateurs. D’autre part, résoudre le «problème 2024», terme de son quatrième mandat et date, pensait-on, de son départ du Kremlin. Enfin, relégitimer le pouvoir, alors que certains signes d’usure sont visibles, après vingt ans à la tête de la Russie. Les amendements à la Constitution de 1993 peuvent être classés en trois catégories: sociaux (par exemple l’indexation annuelle des retraites), «sociéto-historico-civilisationnels» (obligation pour l’État de défendre la «vérité historique», etc.) et institutionnels. La «remise à zéro» des mandats présidentiels,

bref une opération politicienne pour redonner une légitimité institutionnelle et politique qui a été acculée par les résultats économiques de la Russie est récemment par une crise sanitaire mal maîtrisée. Chez Poutine comme chez d’autres la mode est actuellement au bricolage institutionnel pour s’asseoir sur les principes démocratiques qui limitent les mandats. De ce point de vue la Chine aura précédé Poutine mais d’autres s’engagent sur ce chemin dangereux de forme dictatoriale

Remaniement: Macron à la pêche aux personnalités du parti républicain

 

Les municipales ont confirmé le désastre du parti de Macron qui a subi une véritable catastrophe électorale (Édouard Philippe excepté !). Il se confirme que Macron ne dispose pas dans son parti de personnalités susceptibles d’ouvrir le champ des sensibilités. De ce point de vue, le recours à des personnalités dites du monde civil (pourquoi ce terme on se demande pourquoi ?) se solde par un échec global assez retentissant.

Le dernier en date étant  celui sans doute de l’ancienne ministre de la santé Agnès Buzyn visiblement complètement perdue dans ses responsabilités de ministre tout autant que dans sa campagne électorale municipale à Paris. Macron va être tenté d’aller piocher dans les effectifs des républicains d’autant que certains piaffent déjà d’impatience d’être enfin ministre. Le président de la république sera bien contraint de prendre quelques responsables de la république en marche mais il manque sérieusement d’épaisseur politique chez les candidats potentiels. En outre et surtout, le véritable soutien politique de Macron se situe désormais au sein des électeurs du parti républicain.

Macron a perdu définitivement les électeurs de gauche et il n’est plus soutenu en réalité que par le parti républicain et ses proches. Faute de parti présidentiel, Macron va continuer donc de déshabiller les républicains, devenant même sans doute leur candidat officiel en 2022 à moins que d’ici là sa perte de crédibilité n’hypothèque cette possibilité. Auquel cas évidemment Édouard Philippe pourrait se tenir en embuscade lui qui fait officiellement le lien aussi bien entre les partisans d’En marche que les partisans des républicains.

Trois ans après le départ d’élus LR pour rejoindre Emmanuel Macron, Les Républicains se surveillent: d’autres parlementaires ou maires pourraient-ils rejoindre un prochain gouvernement? Le séisme serait-il le même qu’en pleine campagne présidentielle? 

«Il y a toujours des hommes et des femmes qui peuvent être impressionnés par le pouvoir, expliquait lundi soir Bruno Retailleau sur le plateau d’“Audition publique”.

 » Pas de contradiction entre la démocratisation de la gouvernance et la rentabilité d’une entreprise » (Virgile Chassagnon, économiste )

 » Pas de contradiction entre la démocratisation de la gouvernance et la rentabilité d’une entreprise » (Virgile Chassagnon, économiste )

 

.Il faut accroître la participation des travailleurs et faire reconnaître le rôle sociétal joué par les grandes entreprises :Virgile Chassagnon, économiste dans une interview à la Tribune. :

 

: Pourquoi avoir choisi de travailler spécifiquement sur les entreprises ?

Virgile Chassagnon : Mon projet de faire de la recherche m’est venu, d’abord au collège où je pensais devenir chercheur en biologie, puis au lycée, quand j’ai découvert les sciences économiques et sociales. Ce qui me plaisait était d’avoir une discipline en lien direct avec la société et de faire quelque chose d’utile. Je suis arrivé à l’Université Grenoble Alpes (UGA) après mon agrégation en 2014, séduit par le projet académique de l’établissement et notamment son programme en économie des organisations.

J’étais d’abord parti pour faire de la recherche en macro-économie, en m’intéressant par exemple au calcul de l’impact des taux de prélèvements obligatoires sur le chômage. Je me suis penché sur la question des alliances stratégiques dans le domaine de l’automobile.

C’est ainsi que je suis remonté à la notion même d’entreprise et constaté qu’il existait beaucoup de débats au niveau international afin de définir ce qu’est une entreprise et à quoi elle sert. Mon idée était donc de proposer une nouvelle théorie afin de définir son rôle sociétal.

Dans vos travaux, vous évoquez la théorie de l’entreprise comme « une entité fondée sur le pouvoir » ?

L’objectif de cette thèse était avant tout de composer une théorie et de l’appliquer aux enjeux modernes de la gouvernance. Je voulais montrer une entreprise n’est pas uniquement le résultat du fonctionnement de son dirigeant, mais de l’ensemble des personnes qui contribuent à sa réussite. L’entreprise est en réalité un bien commun privé, au service de la société et de l’intérêt général. Pour cela, il a fallu passer par une approche pluridisciplinaire avec d’autres matières telles que les relations de pouvoir qui ont toujours été l’un des grands bannis des sciences économiques. Car en intégrant la question du pouvoir, les modèles mathématiques ne tiennent plus.

Le prix que vous venez de recevoir récompense le caractère appliqué des travaux soumis. Vous avez vous-même proposé vos travaux comme support à certaines réflexions politiques ?

La théorie a été utile pour comprendre ce que l’on essaye de réguler depuis huit ans, et m’a même permis d’avoir l’occasion d’appliquer ensuite cette recherche au sein de la société en éclairant les politiques, et notamment le contenu de certaines lois.

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