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La fin à la monarchie républicaine ?

 

Les élections législatives du 7 juillet semblent avoir éloigné le « risque de guerre civile » que le président Emmanuel Macron avait associé aux « programmes des deux extrêmes » dans un podcast enregistré entre les deux tours de scrutin. Toutefois, leurs résultats ont (re)conduit au partage des sièges au sein de la nouvelle Assemblée Nationale en trois blocs politiquesCette « tripartition » de la vie politique depuis 2017 interroge le fonctionnement de la Ve République, qualifié de régime semi-présidentiel. L’existence d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale – de la même couleur politique que celle du président ou opposée – était la condition pour établir un gouvernement représentatif. L’inexistence d’une telle majorité, et le blocage politique dans la formation d’un gouvernement, montre les limites de cette pratique institutionnelle et risque, au-delà des péripéties de la vie politique, d’entraîner une crise sans précédent du présidentialisme à la française.

 

par , Directeur de recherche CNRS au CEE, Sciences Po et  Maître de conférences, Université de Montpellier
Cette « tripartition » de la vie politique a vu le jour en 2017 au moment de la première élection à la Présidence de la République d’Emmanuel Macron. Elle s’est traduite par l’affaiblissement des partis dits « de gouvernement » – le Parti socialiste et les Républicains – et la montée en puissance des élites anti-élites à la tête du Rassemblement national (Marine Le Pen) et de La France insoumise (Jean-Luc Mélenchon).

Lors de ce premier quinquennat, le présidentialisme à la française avait fonctionné « normalement » donnant 308 sièges de députés au parti du président lors des élections législatives du 18 juin 2017.

Bien qu’annoncé en fin de vie par certains spécialistes de droit constitutionnel, le « fait majoritaire » avait permis la formation d’un gouvernement favorable au président. Toutefois, lors de ce premier mandat présidentiel, le mouvement des « gilets jaunes » et la pandémie de Covid-19 ont conduit à un renforcement de la tripartition politique.

Réélu en 2022, Emmanuel Macron a dû composer avec une Assemblé nationale conforme à cette réalité. Le gouvernement d’Elisabeth Borne ne disposant que d’une majorité relative de 250 députés Ensemble a connu quatre ajustements et deux remaniements en moins de deux ans d’existence, et a fait usage à 23 reprises de l’article 49.3 de la Constitution autorisant le contournement de la procédure d’adoption majoritaire des lois via l’engagement de la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale.

Les résultats des dernières élections législatives du 7 juillet ont transformé la tripartition politique en pierre d’achoppement pour la formation d’un gouvernement. Cette situation fait courir un risque de dysfonctionnement à la démocratie pluraliste définie par le politologue états-unien Robert Dahl. Pour comprendre ce risque, il est important de comprendre les critiques du présidentialisme.

Dans les années 1990, le sociologue hispano-américain Juan Linz mettait en garde contre deux périls du présidentialisme. Tout d’abord, celui de la double légitimité démocratique : celle du président et celle du parlement pouvant entrer en concurrence. Ensuite, celui de la « fixité » de la durée du mandat du président en dépit l’évolution de la majorité politique au Parlement.

Nous y sommes : un président auquel il reste trois ans de mandat se retrouvant face à une assemblée qui ne lui est pas favorable. Une telle situation a pu être surmontée par des périodes de cohabitation sous les présidences de François Mitterrand (1986-1988, 1993-1995) et de Jacques Chirac (1997-2002) car une majorité absolue opposée au président à l’Assemblée nationale a pu désigner un Premier ministre à même de gouverner. Dans la situation actuelle, l’inexistence d’une majorité absolue rend complexe la formation d’un gouvernement.

Cette crise institutionnelle est d’autant plus sérieuse qu’elle s’inscrit dans celle plus globale de la démocratie pluraliste. Selon le politiste américain John Higley, les régimes démocratiques étaient basés, depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, sur un socle commun de valeurs libérales et égalitaires partagées très majoritairement par les élites politiques.

Ce consensus était soutenu par la confiance des citoyens dans les règles constitutionnelles et légales. Or, depuis une vingtaine d’années, les idéologies radicales portées par des leaders (ou élites) populistes et potentialisées par un environnement médiatico-numérique, ont favorisé un affaiblissement de cette culture politique. Dans le contexte français actuel, le présidentialisme est susceptible d’altérer le fonctionnement de la démocratie pluraliste.

Dès 2017, le choix du candidat puis du président Emmanuel Macron a été de sanctuariser la culture du consensus autour du leitmotiv « en même temps ».

Il s’agissait de faire de la personne du président et de son mouvement l’incarnation du consensus politique. Cette stratégie passait par l’affaiblissement des partis de gouvernement au risque de flatter les extrémismes. Elle a échoué en 2022 avec la perte de la majorité absolue du parti présidentiel à l’Assemblée nationale. La culture du consensus est alors devenue incantatoire face à la pratique quasi-banalisée de la procédure de l’article 49.3.

Ainsi, les oppositions, visiblement soutenues par l’opinion publique, ont pu dénoncer un « passage en force ».

Dans ce contexte, il apparaît que le présidentialisme est non seulement devenu un « machin » – pour paraphraser le propos du général de Gaulle sur l’ONU – obsolète au regard de l’évolution du paysage politique français, mais aussi un danger potentiel pour la démocratie pluraliste.

Que faire ? Aller dans la direction d’un présidentialisme à l’américaine semble peu opportune surtout quand on voit la bipolarisation exacerbée qui s’y est installée depuis le milieu des années 1990 et la manière dont en a joué et joue Donald Trump depuis le 06 janvier 2021 et l’Assaut du Capitole par ses partisans.

Il semble plus logique d’emprunter la voie du parlementarisme des autres pays européens. Non pas que ce soit la panacée mais, pour l’heure, elle serait plus en adéquation avec le pluralisme politique exprimé dans les urnes, et pourrait aussi éviter de fournir les armes du présidentialisme à des leaders populistes.

En s’appuyant sur une opinion publique favorable, (63 % des Français le sont), l’occasion est donc donnée au président de la République d’initier avec le président du Sénat et celui de l’Assemblée nationale une dynamique de réforme constitutionnelle mettant en adéquation notre démocratie avec la tripartition politique actuelle tout en préservant son pluralisme.

Une telle révision permettrait de tenir les périls du présidentialisme en laissant la place à une Assemblée nationale élue au scrutin majoritaire agrémenté d’une « dose de proportionnelle ». En outre, cette voie éviterait de fournir les armes institutionnelles à des leaders populistes pouvant détourner le présidentialisme à des fins autoritaires.

L’unité de la gauche : le principal frein pour gouverner

L’unité de la gauche : le principal frein pour gouverner

Rémi Lefebvre, politologue : « Si la gauche tient à son unité, elle ne peut pas gouverner. Mais cette unité est-elle une fin en soi ? »
Le professeur de sciences politiques à l’université de Lille explique que le blocage des négociations au sein du Nouveau Front populaire pour le choix d’un premier ministre « révèle le cœur des désaccords stratégiques à gauche ».

 

Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à l’université de Lille, auteur de Faut-il désespérer de la gauche ? (Textuel, 2022), analyse, dans un entretien au Monde, les blocages politiques d’un Nouveau Front populaire (NFP) arrivé en tête des élections législatives le 7 juillet, mais qui peine à s’entendre pour proposer un nom pour Matignon.

A l’issue des élections législatives, le NFP pouvait-il ne pas déclarer qu’il avait gagné même si c’était une victoire en demi-teinte ?
Non, c’était impossible. Idéologiquement, c’était important d’affirmer cette victoire, parce que le peuple de gauche la réclame, même s’il ne l’attendait pas. La gauche ne peut pas perdre la face et laisser le « point » à Emmanuel Macron. Préempter la victoire, c’est acter que la gauche progresse, qu’elle peut gagner à terme, qu’elle donne un espoir alors qu’un désespoir règne. La gauche sociale et électorale a essuyé tellement de défaites…
Mais la suite, on le constate, est très compliquée. D’un certain point de vue, on peut dire que Jean-Luc Mélenchon [le leader de La France insoumise, LFI] a « cornérisé » la gauche, même si c’était surtout une manière de mettre d’emblée la pression sur le Parti socialiste [PS]. Désormais, ce « on a gagné » est à prendre ou à laisser. Jean-Luc Mélenchon est le maître des horloges. Il dicte le tempo.

Bolloré, le nationaliste quitte la France !

Bolloré, le nationaliste quitte la France !

 

Bolloré patron de Videndi et de Canal notamment grand soutien du souverainisme et de l’extrême droite vient de décider de délocaliser la cotation de ces entreprises à Londres pour Canal+, à Amsterdam pour Havas. Ne resterait à Paris que des activités plus accessoires comme l’édition. Le souverainiste nationaliste n’est pas à une contradiction près même chose quand il tirait surtout ses bénéfices  en Afrique.
La décision de Vivendi de faire coter ses filiales Canal + à Londres et Havas à Amsterdam remet en lumière les réflexions de TotalEnergies sur une éventuelle double cotation à Paris et New York. Et ce, à peine un mois après l’adoption d’une loi sur l’attractivité de la place de Paris. Reste à savoir si la décision de Vivendi relève davantage d’une logique patrimoniale et boursière que stratégique Des perspectives de fiscalité sur les grandes fortunes  en France?.

Le projet de scission du groupe Vivendi, attendu par les marchés et promis par l’actionnaire de contrôle Vincent Bolloré, devrait se traduire par la cotation de ses principaux actifs à Londres (Canal +) et à Amsterdam (Havas). Rappelons que Vivendi avait déjà choisi les Pays-Bas pour faire coter sa filiale Universal Music Group (UMG) lors d’une précédente scission en 2021.

La décision de Vivendi de faire coter ses filiales Canal + à Londres et Havas à Amsterdam remet en lumière les réflexions de TotalEnergies sur une éventuelle double cotation à Paris et New York. Et ce, à peine un mois après l’adoption d’une loi sur l’attractivité de la place de Paris. Reste à savoir si la décision de Vivendi relève davantage d’une logique patrimoniale et boursière que stratégique.

Trump: L’argument de la sénilité et de l’âge va se retourner contre l’intéressé

Trump:  L’argument de la sénilité et de l’âge va se retourner contre l’intéressé

Sitôt connue la candidature de Harris, Trump s’est à nouveau déchaîné contre ce nouvel adversaire d’une autre trempe que celle de Biden. Tout l’argument de Trump reposait surtout sur l’âge de l’actuel président et sa  sénilités supposée. Le problème c’est qu’il a à faire désormais à une femme encore jeune de 59 ans particulièrement opiniâtre, compétente et d’une autre pointure intellectuelle que Trump. Elle a d’ailleurs déjà défini sa posture celle d’un tribunal face à un criminel, un voleur et un menteur. Et là évidemment aussi pour elle d’avoir un programme beaucoup moins rétro et simplificateur. On va surtout avoir affaire à un duel entre une politique en pleine force de l’âge face finalement un vieillard qui ne cesse de répéter en boucle un discours d’une rare bêtise pour un président

Après le retrait de Toubiana, la gauche tire une nouvelle balle dans le pied

Après le retrait de Toubiana, la gauche tire une nouvelle balle dans le pied

Après le retrait de Laurence Toubiana, la perspective d’un gouvernement issu du nouveau Front populaire pourrait bien disparaître. En effet l’intéressée présentait des qualités de technicienne et de politique bien supérieures aux différents noms avancés notamment par les « insoumis ». Ce retrait sonne peut-être la mort de l’espérance d’un éventuel gouvernement de gauche et peut-être même la mort du nouveau front populaire. La divergence de fond ne porte pas en effet uniquement sur le nom d’un futur premier ministre mais bien entendu sur le contenu de la politique et même sans doute encore davantage sur l’opportunité ou non de participer actuellement un gouvernement. Chacun fait semblant de revendiquer le leadership pour la constitution du gouvernement éventuel de gauche mais on est de plus en plus persuadé que Mélenchon souhaite surtout le chaos et la possibilité pour le NFP de gouverner

Depuis plus de deux semaines, l’équation Matignon vire sérieusement au casse-tête à gauche. Il y a quelques heures encore, une dernière carte semblait toujours sur la table : Laurence Tubiana, 73 ans, négociatrice des accords de Paris (2015) et économiste engagée. Proposée par le Parti socialiste, l’intéressée s’est finalement retirée de la course, faute d’accord entre les quatre forces du Nouveau Front populaire (NFP). Dans un communiqué publié ce lundi sur son compte X, la diplomate de l’environnement a glissé un dernier conseil à ses camarades : « C’est de là, de l’engagement citoyen, que naissent les solutions. Il est possible et nécessaire de faire de la politique autrement. »

 

Christian Estrosi demande la dissolution des « Insoumis »

Christian Estrosi demande la dissolution des « Insoumis » 

Après les propos de Thomas Portes qui ne souhaite pas que des Israéliens participent aux Jeux olympiques, le maire de Nice demande la dissolution de la France insoumise. « Je demande qu’une procédure de dissolution soit engagée à l’encontre de LFI et, dans l’attente, la suppression de toute aide publique contre ce parti et ses membres qui se sont définitivement mis au ban de la nation », a-t-il écrit ce dimanche 21 juillet sur son compte X

L’insoumis avait déclaré : « Nous sommes à quelques jours d’une échéance internationale qui va se tenir à Paris, qui sont les Jeux olympiques. Et moi, je suis ici pour dire que non, la délégation israélienne n’est pas la bienvenue à Paris », lors d’un rassemblement pro-palestinien samedi 20 juillet. Selon l’élu de Seine-Saint-Denis, « les sportifs israéliens ne sont pas les bienvenus aux Jeux olympiques à Paris. Il faut utiliser cette échéance, tous les leviers que nous avons pour créer des mobilisations ».

 Avec de tels propos, Thomas Portes a suscité l’indignation notamment du président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Yonathan Arfi. « Depuis le 7 octobre, Thomas Portes légitime le Hamas. Il met maintenant une cible dans le dos des athlètes israéliens, déjà les plus menacés des Jeux olympiques », a-t-il réagi.

 

La folie des « Insoumis » contre les sportifs Israéliens

La folie des  »Insoumis » contre les sportifs Israéliens

 

Il est clair que les  » Insoumis » deviennent fous dans nombre de domaines politiques et sociétaux. L’appel à l’interdit des sportifs israéliens pour les JO constitue une faute d’une gravité exceptionnelle. Il place littéralement une pancarte dans le dos des sportifs Israéliens mais d’une façon plus générale dans le dos de toute la communauté israélienne et même Franco israélienne. Des esprits fragiles qui chaque jour commettent des attaques criminelles vont trouver la une légitimité supplémentaire à leur violence. D’une certaine manière, les  » insoumis » porteront une part de responsabilité dans les actes criminels antisémites qui répondent à cet appel.

Cette prise de position du parti de Mélenchon est particulièrement irresponsable. On se demande même si ce mouvement n’a pas décidé de se suicider en prenant systématiquement les positions les plus indignes et les plus extrêmes.

 

« Non, la délégation israélienne n’est pas la bienvenue à Paris. Les sportifs israéliens ne sont pas les bienvenus aux Jeux olympiques », a déclaré l’Insoumis, en incitant à se saisir de « l’échéance » pour se mobiliser contre l’état Israël en guerre dans la bande de Gaza contre le Hamas. Thomas Portes a été soutenu par son collègue Aymeric Caron qui a dénoncé une polémique « indigne »« Le drapeau israélien, entaché du sang des innocents de Gaza, ne devrait pas flotter à Paris cet été », a affirmé l’ancien journaliste.

Invité sur Europe 1/CNews, Manuel Bompard est venu à la rescousse de l’Insoumis Thomas Portes, en pleine controverse autour des JO à quatre jours de la cérémonie d’ouverture. Le député de la 3e circonscription de Seine-Saint-Denis a affirmé lors d’une manifestation en soutien à la Palestine organisée samedi dernier que «les sportifs israéliens ne sont pas les bienvenus aux Jeux olympiques à Paris». Une «position [...] déjà défendue» par La France insoumise, a rétorqué Manuel Bompard, qui dénonce une «campagne de haine [...] inacceptable et insupportable» envers Thomas Portes.

Ce qui n’a pas empêché Manuel Bompard de renchérir ce lundi : «Il est légitime de considérer que le comité international olympique pourrait prendre à l’égard de la délégation israélienne les mêmes décisions qu’elle a prises à l’égard de la délégation russe». À l’instar de Thomas Portes, le député des Bouches-du-Rhône envisage les Jeux comme «un moyen de pression diplomatique» à l’égard de l’État hébreu, porté responsable d’«actions inacceptables» envers la population palestinienne.

La demande n’est pas nouvelle chez les mélenchonistes qui avaient adressé avec les écologistes un courrier au président du CIO en février dernier, exigeant «d’appliquer à Israël [...] les mêmes sanctions qu’à la Russie et à la Biélorussie».

 

La crise du logement s’approfondit

La crise du logement s’approfondit

 

Selon Altares on constate une chute du secteur de la construction à tous les étages. « L’immobilier est en situation de crise, il n’y a pas de signaux encourageants et cela se répercute en cascade sur tous les acteurs », relève son directeur des études Thierry Millon. « Chaque mois d’inaction coûte plus de 10.000 emplois à la filière construction-immobilier », tempêtent aujourd’hui la Fédération française du bâtiment (FFB), son pôle Habitat, l’Union sociale pour l’habitat (USH), la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM), les promoteurs immobiliers (FPI), la fédération Procivis, l’Union des syndicats de l’immobilier (Unis), les notaires employeurs (UNNE), les architectes (UNSFA) et les économistes de la construction (UNTEC).

 

En cela, l’« Alliance pour le Logement », qui avait déjà interpellé fin janvier le président Macron et le Premier ministre Gabriel Attal, réitère son alerte « sur les conséquences liées à la chute de la production de logements sociaux et libres sur l’ensemble des territoires ». Les dix principales fédérations professionnelles exigeant « un sursaut car le logement constitue un secteur stratégique pour la France au regard de son importance pour l’économie, l’emploi, la cohésion sociale et la transition écologique ».

Une situation « catastrophique », tranche pour La Tribune le président du pôle Habitat de la Fédération française du bâtiment (FFB) Grégory Monod. Et pour cause: depuis juillet 2023, le nombre de défaillances chez les constructeurs de maisons individuelles a bondi de 41,5%. En dix-huit mois, la profession a perdu pas moins de 30% de ses effectifs, soit entre 10 et 15.000 emplois.

« Quelle que soit notre taille, nous sommes tous en-deçà de nos objectifs. Nous vendons nos logements aux bailleurs sociaux soit à prix coûtant, soit à perte. Je n’en connais pas un qui embauche », poursuit le président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) qui a dû se séparer de 30% de son équipe chez Sigla Neuf.

Là réside, selon lui, « le vrai danger » : la perte de compétences. « Aujourd’hui, les gens quittent le métier, alors même qu’il faut quatre à cinq ans pour former convenablement un directeur de programmes. Cela ne s’apprend pas ailleurs que sur le terrain. Si cela continue, nous risquons de perdre nos savoir-faire », insiste Pascal Boulanger, qui rappelle que la plupart de ses confrères n’ont plus de fonds propres…

Des difficultés qui n’épargnent pas non plus les agents immobiliers. La Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) fait ainsi état de 1.250 défaillances à date et s’attend à dépasser les 1.400 fin 2024. « Nous orientons de plus en plus nos adhérents vers un administrateur judiciaire ou un expert comptable pour les accompagner », confie à La Tribune son président Loïc Cantin.

 

 

Chute de la productivité et appauvrissement du pays

Chute de la productivité et appauvrissement du pays

 

 La productivité c’est le rapport entre la richesse produite et le nombre d’emplois. Or cette productivité a diminué de 5 à 8 % par rapport à la période pré-Covid. Autrement dit le fromage s’est  rétréci et explique en partie l’appauvrissement du pays et la montée de l’endettement. Depuis 2019, la productivité du travail en France a baissé de 8,5 % par rapport à sa tendance pré Covid : les créations d’emplois ont été en effet plus dynamiques que le PIB. L’analyse présentée dans cet article explique un peu plus de la moitié de cette perte. Les principaux facteurs durables seraient le recours massif à l’apprentissage (1,2 point de pourcentage [pp]) ainsi qu’un effet de composition de la main d’œuvre (augmentation proportionnellement plus forte de l’emploi moins qualifié, pour 1,4 pp). Ces facteurs sont cependant en partie positifs : ils traduisent davantage une orientation des politiques publiques en faveur de l’emploi – avec une très bonne résilience de celui ci – plutôt qu’une diminution du potentiel de création de richesse de la France. En revanche, la crise Covid aurait pesé sur ce potentiel en réduisant la productivité à hauteur de 0,4 pp. Enfin, des facteurs transitoires, principalement des rétentions de main-d’œuvre dans certains secteurs, expliqueraient 1,8 pp du décrochage.

par Auteurs : Antoine Devulder, Bruno Ducoudré, Matthieu Lemoine, Thomas Zuber dala Bnaque de France

La France connaît depuis 2019 un net décrochage de la productivité apparente du travail. Cette dernière, définie ici comme le rapport entre la valeur ajoutée produite et le nombre de personnes employées, se situait, au deuxième trimestre 2023, 5,2 % en dessous de son niveau pré-Covid (dernier trimestre 2019) dans les branches marchandes. Cette perte s’élève même à 8,5 % lorsque l’on compare le niveau de productivité effectivement constaté au niveau qui aurait dû être observé si la productivité par tête avait continué à croître depuis début 2020 à un rythme comparable à celui de la période 2010-2019 (cf. graphique 1). Elle reflète un rythme de créations d’emplois bien plus dynamique que celui de la création de richesse par l’économie. Dans d’autres pays de la zone euro, un décrochage de la productivité a également pu être observé, mais il surprend en France par son ampleur et sa persistance. En Espagne, si le décrochage est d’abord apparu comparable à celui de la France, il s’est considérablement réduit à partir du deuxième trimestre 2022. En Allemagne, il est resté d’ampleur limitée depuis fin 2020. En moyenne dans la zone euro, l’écart de la productivité par tête dans les branches marchandes à sa tendance pré-Covid ne s’élevait qu’à – 2,4 % au deuxième trimestre 2023.

Comment comprendre ce phénomène ? Cet article propose un exercice de quantification partiel permettant de rapporter le décrochage observé de la productivité à des causes soit temporaires soit permanentes . Parmi les causes dont les effets seront amenés à perdurer, cette étude retient la croissance de l’emploi des apprentis, les changements de composition de la main-d’œuvre et les effets permanents liés aux confinements successifs. L’ensemble de ces facteurs explique 3,1 points de pourcentage (pp) du décrochage de la productivité par tête. Parmi les facteurs temporaires, à l’origine de 1,8 pp de perte, les rétentions de main-d’œuvre dans les secteurs confrontés à une baisse transitoire de leur activité contribuent de façon prépondérante, pour 1,7 pp. Au total, ces facteurs permettent d’expliquer un peu plus de la moitié du décrochage observé de la productivité du travail. Après avoir joué un rôle important au plus fort de la crise sanitaire, en pesant sur la durée du travail et donc sur la productivité par tête à productivité horaire inchangée, d’autres facteurs comme les arrêts maladie et l’activité partielle ne contribuent plus, ou seulement de manière marginale, au décrochage de la productivité.

Préserver la démocratie locale

Préserver la démocratie locale 

Malgré l’urgence et les difficultés matérielles, les communes ont organisé le scrutin pour l’élection des députés. Les conseillers municipaux ont tenu les urnes pendant deux dimanches de suite. Mais aucun candidat n’a abordé le sujet des collectivités locales lors de la campagne éclair pour les élections législatives. Avant la dissolution du 9 juin avaient été engagés plusieurs travaux (rapports, missions d’information, proposition de loi) relatifs au statut de l’élu local, à l’amélioration des conditions d’exercice du mandat, à l’après-mandat… Les problèmes soulevés sont plus que jamais d’actualité. La nouvelle assemblée doit impérativement apporter des solutions concrètes et agir avant les prochaines élections municipales. 2026, c’est demain !

 

par Par Solène Le Monnier, présidente de l’UNEL (Union Nationale des Élus locaux) et Driss Ettazaoui, président de l’AEF (Association des Élus de France) dans la tribune

 À la lecture du rapport Woerth sur la décentralisation, la question se pose de l’avenir des conseils municipaux. M. Woerth annonce ne sacrifier aucune strate, et pourtant, dans les détails, le rôle du conseil municipal sera réduit de manière drastique, remplacé par un fonctionnement qui exclut le débat.

Même si nous reconnaissons l’importance de retravailler le fonctionnement et l’interaction entre les différentes strates, et que nous saluons la pertinence de certaines des préconisations, il est important d’alerter sur d’autres qui risqueraient de porter atteinte à notre démocratie locale.

La phrase d’Alexis de Tocqueville sur la force de la commune n’a pas perdu de sa pertinence : « C’est (…) dans la commune que réside la force des peuples libres. » (Sic ! Rapport Woerth)

Si nous mettons en place un système où nous réduisons les représentants tout en renforçant les pouvoirs d’une majorité, parfois relative, nous empêchons tout débat et nous ne résolvons pas le problème du désengagement.

Si certaines de ces propositions sont validées, le conseil municipal disparaît pour n’être définitivement qu’une simple chambre d’enregistrement.

La diminution du nombre d’élus locaux se discute mais nous devons travailler à trouver un équilibre des représentations exprimées par le peuple dans les urnes.

Une démocratie ne peut exister sans contre-pouvoir, garant de l’équilibre. La démocratie n’existe que par l’expression de la pluralité des opinions. Faire disparaître le débat laisse toute latitude à l’installation d’une vision unilatérale qui impose et non compose.

Nous devons conserver une possibilité de contrôle par les représentants issus du terrain à l’échelon communal. Ce contrôle passe par la délibération et le vote de l’organe délibérant.

Partir du principe que délibérer entrave la possibilité d’action et s’en passer pour faciliter la gestion administrative et sa mise en œuvre peut paraître approprié. Mais nous devons travailler à trouver des solutions pérennes qui permettent l’expression de tous. La décision, lorsqu’elle est concertée, est toujours plus facile à comprendre et à accepter.

Le débat est sain. Il est obligatoire pour que survive notre démocratie.

Nous avons aujourd’hui de nombreuses communes où les maires se sont attachés à faire vivre la démocratie, impliquant tout autant les élus majoritaires et minoritaires, que les citoyens. Ces maires pratiquent une gestion administrative concertée, apaisant les tensions et acceptant la contradiction. Nous devrions nous en inspirer.

Car « C’est (…) dans la commune que réside la force des peuples libres. »

L’ampleur des défis auxquels notre société est confrontée nous oblige. Nous devons revoir notre manière de gouverner, dès l’échelon local. C’est la seule solution pour pérenniser le vivre-ensemble.

Les élus locaux s’engagent bénévolement à faire vivre nos communes. Le lien avec nos territoires et tous les citoyens qui le composent est précieux. Le conseil municipal reste l’interlocuteur privilégié de nos concitoyens.Il est essentiel de le préserver, tout comme de le consulter sur les décisions qui le concernent.

Nous, associations d’élus, demandons à travailler de manière collégiale sur le sujet du fonctionnement de nos organes délibérants locaux.

Nous devons protéger notre démocratie locale.

Personne ne veut vraiment réduire la dette !

Personne ne veut vraiment  réduire la dette !

Les avertissements pleuvent, avant comme après les élections européennes et législatives. Agences de notation financière, FMI, Commission européenne, Conseil d’orientation des retraites, Haut Conseil des finances publiques, Cour des comptes… Ces institutions partagent une même préoccupation : les dérapages de la dette publique et du déficit budgétaire en France et ses conséquences. Pour le pays, ses voisins et l’euro. Le FMI a émis un appel en faveur de nouvelles économies dès le 23 mai, et Standard & Poor’s a dégradé la note de Paris huit jours plus tard. Avant que la Commission européenne n’enclenche cette semaine une procédure pour déficit excessif contre la deuxième économie de la zone euro, dont la dette est la deuxième plus élevée des 20 États membres, derrière celle de l’Italie, et dont le déficit frôle le double du maximum de 3 % imposé par les règles européennes.

un papier de Marie-Pierre Gröndahl dans La Tribune

 

 

Le même jour, le 16 juillet, le rapport annuel sur l’économie du FMI a rappelé l’urgente nécessité de contenir la dette publique (3 160 milliards à la fin mars, soit 110,6 % du PIB) ainsi que le déficit budgétaire (5,6 % du PIB, au lieu des 4,9 % prévus), alors que les perspectives de croissance, à 0,9 % en 2024, restent faibles. « La France doit rapidement agir sur sa trajectoire budgétaire si elle veut recréer des marges de manœuvre, a estimé le chef économiste du Fonds, Pierre-Olivier Gourinchas. Sans ajustement sérieux, il sera difficile d’atteindre les objectifs d’un retour du déficit à 3 % du PIB pour 2027. » D’autant plus que la charge de la dette s’est alourdie avec les hausses de taux d’intérêt. Son coût s’élèvera cette année à 55 milliards d’euros, puis à 83 milliards par an d’ici à 2027.

Alors que le déficit budgétaire s’est accru, en raison d’un manque inattendu de recettes fiscales en 2023, les prévisions de sa réduction par l’ex-gouvernement n’ont convaincu ni Bruxelles ni Washington. L’instabilité politique amplifie les inquiétudes. « Qui que ce soit qui gouvernera demain la France devra s’emparer de cette situation des finances publiques. Il devra réduire notre endettement », a déclaré le 16 juillet Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes et ancien ministre de l’Économie, qui avait pourtant plaidé contre les hausses d’impôt lors de son passage à Bercy. Selon lui, la précarité des finances publiques s’aggravera avec la facture de la transition énergétique, jusqu’à 7 points de pourcentage jusqu’à 2030.

Face à ces risques, aucune des forces politiques n’a proposé de mesures de rééquilibrage budgétaire. « Le NFP et le RN ont au contraire présenté des programmes comportant des dépenses supplémentaires », s’alarme le chef économiste d’une grande banque française. Parmi les mesures prônées par le FMI figurent la réduction des allocations chômage, la baisse de la masse salariale du secteur public et la limitation des « chevauchements » entre niveaux administratifs. Toutes politiquement explosives. Un autre levier serait de renoncer à l’indexation totale des pensions de retraite sur l’inflation (revalorisées de plus de 5 % au 1er janvier, pour un coût de 14 milliards d’euros). Une option rejetée par Laurent Wauquiez (LR) il y a quelques jours. Atteindre les 3 % de déficit en 2027 suppose de réaliser 80 milliards d’euros d’économies en trois ans. Reste à définir comment y parvenir.

«La gauche, quelle nullité !» ( Ruffin)

«La gauche, quelle nullité !» ( Ruffin)

Le député ex-LFI François Ruffin  se demande si la gauche ne fait pas le «choix de la défaite»et  pousse un coup de gueule contre les alliés du Nouveau Front populaire (NFP).

«La gauche, quelle nullité ! (…) Parce que je le dis, ils ont été nuls pendant deux ans, ils ont été nuls pendant les six mois de campagne européenne où on avait une gauche en miettes, le moral dans les chaussettes parce qu’ils y étaient allés chacun dans son couloir: Parti communiste, Parti socialiste, France insoumise, les Ecologistes», déplore-t-il.

«Il y a la possibilité, peut-être au moins d’essayer de prendre le pouvoir, peut-être pas tout le pouvoir, mais des bouts du pouvoir pour en faire quelque chose: pour les salaires, pour les frigidaires, pour les découverts des gens, pour leurs horaires», affirme François Ruffin.

Le député, qui a acté pendant la campagne législative sa rupture avec Jean-Luc Mélenchon, regrette les conditions qui sont posées par les uns et les autres dans les tractations au sein de la gauche. «Stop! Arrêtez le cinéma! Vous voulez pas y aller? Vous ne voulez pas y aller, mais dites-le !», s’exclame-t-il encore.

 

Dette: La note financière de la France dégradée ?

Dette: La note financière de la France dégradée ?

Deux raisons militent en faveur d’une dégradation de la nature financière de la France. D’une part le pays ne tient pas ses engagements en matière de réduction de dépenses et donc de déficit budgétaire. Mécaniquement la dette ne fait qu’augmenter faute de de ressources suffisantes la France doit emprunter et emprunter toujours davantage. En plus à des taux moins intéressants que précédemment.
Le deuxième facteur explicatif est celui de l’instabilité politique qui pourrait engendrer une instabilité économique. De quoi jouer sur le niveau de la croissance, l’emploi, le pouvoir d’achat et les ressources fiscales. Le moral des entreprises comme celui des ménages nettement en baisse rend compte à cet égard des inquiétudes pour la fin de l’année 2024 voire au-delà.Après deux dégradations en un an, la première par Fitch en avril 2023 et la deuxième par Standard & Poor’s (S&P) le 31 mai 2024, le risque d’un troisième abaissement de la note française à l’automne a considérablement augmenté depuis le résultat des élections législatives et le flou sur les choix de politique économique qui en découle.

La chute de la productivité explique l’appauvrissement du pays

La chute de la productivité explique l’appauvrissement du pays

 

 La productivité c’est le rapport entre la richesse produite et le nombre d’emplois. Or cette productivité a diminué de 5 à 8 % par rapport à la période pré-Covid. Autrement dit le fromage s’est  rétréci et explique en partie l’appauvrissement du pays et la montée de l’endettement. Depuis 2019, la productivité du travail en France a baissé de 8,5 % par rapport à sa tendance pré Covid : les créations d’emplois ont été en effet plus dynamiques que le PIB. L’analyse présentée dans cet article explique un peu plus de la moitié de cette perte. Les principaux facteurs durables seraient le recours massif à l’apprentissage (1,2 point de pourcentage [pp]) ainsi qu’un effet de composition de la main d’œuvre (augmentation proportionnellement plus forte de l’emploi moins qualifié, pour 1,4 pp). Ces facteurs sont cependant en partie positifs : ils traduisent davantage une orientation des politiques publiques en faveur de l’emploi – avec une très bonne résilience de celui ci – plutôt qu’une diminution du potentiel de création de richesse de la France. En revanche, la crise Covid aurait pesé sur ce potentiel en réduisant la productivité à hauteur de 0,4 pp. Enfin, des facteurs transitoires, principalement des rétentions de main-d’œuvre dans certains secteurs, expliqueraient 1,8 pp du décrochage.

par Auteurs : Antoine Devulder, Bruno Ducoudré, Matthieu Lemoine, Thomas Zuber dala Bnaque de France

La France connaît depuis 2019 un net décrochage de la productivité apparente du travail. Cette dernière, définie ici comme le rapport entre la valeur ajoutée produite et le nombre de personnes employées, se situait, au deuxième trimestre 2023, 5,2 % en dessous de son niveau pré-Covid (dernier trimestre 2019) dans les branches marchandes. Cette perte s’élève même à 8,5 % lorsque l’on compare le niveau de productivité effectivement constaté au niveau qui aurait dû être observé si la productivité par tête avait continué à croître depuis début 2020 à un rythme comparable à celui de la période 2010-2019 (cf. graphique 1). Elle reflète un rythme de créations d’emplois bien plus dynamique que celui de la création de richesse par l’économie. Dans d’autres pays de la zone euro, un décrochage de la productivité a également pu être observé, mais il surprend en France par son ampleur et sa persistance. En Espagne, si le décrochage est d’abord apparu comparable à celui de la France, il s’est considérablement réduit à partir du deuxième trimestre 2022. En Allemagne, il est resté d’ampleur limitée depuis fin 2020. En moyenne dans la zone euro, l’écart de la productivité par tête dans les branches marchandes à sa tendance pré-Covid ne s’élevait qu’à – 2,4 % au deuxième trimestre 2023.

Comment comprendre ce phénomène ? Cet article propose un exercice de quantification partiel permettant de rapporter le décrochage observé de la productivité à des causes soit temporaires soit permanentes . Parmi les causes dont les effets seront amenés à perdurer, cette étude retient la croissance de l’emploi des apprentis, les changements de composition de la main-d’œuvre et les effets permanents liés aux confinements successifs. L’ensemble de ces facteurs explique 3,1 points de pourcentage (pp) du décrochage de la productivité par tête. Parmi les facteurs temporaires, à l’origine de 1,8 pp de perte, les rétentions de main-d’œuvre dans les secteurs confrontés à une baisse transitoire de leur activité contribuent de façon prépondérante, pour 1,7 pp. Au total, ces facteurs permettent d’expliquer un peu plus de la moitié du décrochage observé de la productivité du travail. Après avoir joué un rôle important au plus fort de la crise sanitaire, en pesant sur la durée du travail et donc sur la productivité par tête à productivité horaire inchangée, d’autres facteurs comme les arrêts maladie et l’activité partielle ne contribuent plus, ou seulement de manière marginale, au décrochage de la productivité.

Endettement France : vers la fuite en avant

Endettement France : vers la fuite en avant

Pour l’instant les médias, se focalisent sur la composition d’un nouveau gouvernement. Ce n’est évidemment pas l’enjeu principal. La question centrale est de savoir comment la France va échapper à la crise financière écartelée entre la promesse de la gauche de dépenser 50 à 100 milliards supplémentaires et la nécessité d’économiser de l’ordre de 21 milliards pour rentrer dans les clous européens et commencer à gérer sérieusement la dette. La question des financements, des déficits et de la dette n’est pas au cœur de la problématique des programmes. Elle reviendra pourtant au centre des préoccupations dès la rentrée avec le vote des budgets.

 

Le Fonds monétaire international (FMI) , après les critiques de la Cour des Comptes, presse ainsi la France, ce mardi, de mettre en ordre ses finances publiques.« Il est important de rassurer les marchés mais aussi de recréer des marges de manœuvre. Il ne s’agit pas simplement de faire plaisir aux investisseurs, mais de permettre de baisser la prime de risque et pouvoir engager des dépenses sur des nouveaux chantiers, que ce soit la défense ou le climat », a déclaré à l’AFP, le chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas.

Pour rappel, la prime de risque représente un surcoût intégré au taux d’emprunt de la France afin de financer sa dette, qui prend en compte le risque que les investisseurs estiment prendre en pariant sur des obligations à terme (OAT) françaises.

Le chef économiste du Fonds s’exprimait ce mardi à l’occasion de la présentation de la dernière actualisation de son rapport annuel sur l’économie mondiale (WEO), dans lequel il anticipe une croissance de 0,9% en 2024 pour la France, mieux que les 0,7% anticipé en avril dernier.

« Sans ajustement sérieux » de la trajectoire budgétaire, « il va être difficile d’atteindre les objectifs d’un retour du déficit à 3% du PIB pour 2027 », a ajouté Pierre-Olivier Gourinchas, rappelant que la France a été placée mi-juin en procédure de déficit excessif par la Commission européenne.« Le situation actuelle augmente l’incertitude économique, qui peut dériver du processus politique mais également d’une incertitude importante quant à la trajectoire budgétaire qui sera mise en place », a-t-il insisté.

Sur le plan politique, le problème c’est que la gauche a bien prévu un plan de dépenses supplémentaires mais a oublié d’en chiffrer le montant et les modalités. Les institutions financières et les agences de notation rappelleront à l’ordre la France d’ici la fin de l’année rendront alors encore plus illusoire les promesses électorales.

« Il est nécessaire de réduire cette incertitude et d’avoir un accord qui soit le plus large possible pour prendre en compte cette situation budgétaire. Il faut que l’on soit capable de disposer de marges pour faire face aux chocs futurs car elles sont aujourd’hui très faibles », a-t-il précisé.

Dans son rapport sur la situation des finances publiques présenté lundi 15 juillet, la Cour des comptes s’inquiète elle aussi de la gestion des comptes publics par le gouvernement. Les magistrats financiers s’interrogent notamment sur la trajectoire budgétaire de l’exécutif, détaillée en avril à la Commission européenne dans le programme de stabilité (« PSTAB »). Celle-ci repose sur « des hausses importantes » des prélèvements obligatoires supplémentaires, à savoir « quelque 21 milliards d’euros » en cumul pour les années 2025 et 2026, a expliqué son premier président, Pierre Moscovici, devant la presse.

Précisément, selon le rapport, la trajectoire « intègre des mesures de hausses d’impôts d’ampleur, à hauteur de 15 milliards d’euros en 2025 et de 6,2 milliards d’euros en 2026, soit 21,2 milliards à cet horizon ». Le problème c’est que ces recettes supplémentaires ne sont nullement documentées sauf pour 4 milliards ; conclusion il manque 17 milliards

« Pour le reste (17 milliards, ndlr), on n’a aucun élément », relève Carine Camby, présidente de la première chambre de la Cour des comptes. « Ce n’est pas du tout documenté. Il n’y a absolument pas d’éléments précis pour dire à quoi ce serait dû », poursuit-elle.

Outre ce manque de réalisme, la juridiction financière administrative pointe l’épée de Damoclès qui repose au-dessus des comptes publics. « Les scénarios alternatifs testés par la Cour des comptes montrent que tout écart par rapport aux prévisions de croissance, de dépenses ou de recettes suffirait à faire dérailler la trajectoire et à manquer les cibles de déficit et de dette pour 2027 », prévient-elle.

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