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Elections législatives :L’impossible cohabitation

Elections législatives :L’impossible cohabitation

 

Compte tenu de l’opposition frontale entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon sur les questions européennes, le juriste Bertrand-Léo Combrade estime, dans une tribune au « Monde », que les quelques bénéfices liés à la cohabitation seraient annihilés.

 

Dès l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle 2022, le candidat La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a demandé aux Français de « l’élire » au poste de premier ministre lors des élections législatives, qualifiées de « troisième tour » de l’élection présidentielle. De son côté, la candidate du Rassemblement national (RN), sans évoquer expressément cette perspective, a souhaité une nette victoire des députés disposés à défendre son programme à l’Assemblée nationale.

A ce jour, la perspective d’une cohabitation entre, d’un côté, un gouvernement constituant l’émanation d’une Assemblée nationale dominée par le RN ou LFI, et, d’un autre côté, le président Emmanuel Macron, semble très improbable. D’une part, en raison du scrutin majoritaire à deux tours, a priori favorable à LRM et ses alliés. D’autre part, en raison de la démobilisation traditionnelle des électeurs dont le candidat a perdu l’élection présidentielle.

 

Toutefois, ainsi que le président de la République l’a exposé à plusieurs reprises, il ne semble pas exclu qu’il envisage un « choc de représentativité » destiné à renforcer le pluralisme au sein de l’Assemblée nationale. De leur côté, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon pourraient, contre toute attente, parvenir à remobiliser leurs électeurs en leur expliquant l’enjeu que représentent les élections législatives.

Incontestablement, la cohabitation a bien des mérites. L’interprétation présidentialiste de la VRépublique, qui domine lorsque le premier ministre et le président sont du même bord politique, s’efface au profit d’une interprétation parlementariste, plus conforme au texte de la VRépublique. En outre, une telle configuration politique, dans laquelle le détenteur de l’essentiel du pouvoir n’est plus le président mais le gouvernement, qui répond de son action devant le Parlement, apparaît plus saine dans un esprit d’équilibre des pouvoirs.

Du reste, les trois expériences de cohabitation (1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002) ont montré que le premier ministre disposait effectivement des marges de manœuvre nécessaires pour mettre en œuvre l’essentiel du programme politique de sa majorité. Cependant, sans nier les bénéfices de cette configuration politique particulière, il faut souligner combien celle qui pourrait se profiler serait, à bien des égards, acrobatique.

 

Durant les trois précédentes cohabitations, en dépit de tensions ponctuelles, les deux têtes du pouvoir exécutif se sont efforcées de respecter leurs champs de compétences respectifs. « La Constitution, rien que la Constitution, toute la Constitution », expliquait le président Mitterrand en 1986.

Elections législatives :L’hypothèse de la cohabitation

Elections législatives :L’hypothèse de la cohabitation

 

Le sociologue Arthur Guichoux analyse, dans une tribune au « Monde », les effets possibles d’une improbable cohabitation au niveau institutionnel, qui pourrait conduire à une reparlementarisation des institutions dans un régime où la pratique présidentialiste a pris le pas.

 

Dès le lendemain de la réélection d’Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon s’est posé comme candidat au poste de premier ministre. Cette déclaration du 19 avril a de quoi surprendre puisque, si on se réfère à l’article 8 de la Constitution, le chef du gouvernement n’est pas élu mais nommé par le chef de l’Etat. Cependant, il est d’usage que celui-ci nomme le leader de l’opposition en cas de rupture du « fait majoritaire ».

Quand la majorité présidentielle n’est plus soudée à la majorité parlementaire, alors se met en place une cohabitation. Cette situation de majorité discordante ne serait pas inédite, puisqu’elle s’est déjà produite à trois reprises (1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002). C’est dans cette direction que pointe le slogan « Jean-Luc Mélenchon premier ministre ». Et si la cohabitation n’était pas une anomalie, mais un retour à la normale ?

Force est de préciser qu’avec la révision quinquennale de 2000 la cohabitation est devenue beaucoup plus improbable. La synchronisation électorale, couplée à un mode de scrutin majoritaire, fait que l’onction présidentielle tend à éclipser les 577 élections législatives. La fin du septennat s’inscrit dans la logique de parlementarisme rationalisé qui remonte aux origines de la VRépublique.

C’est peu dire que le premier quinquennat Macron a amplifié cette logique structurelle qui relève davantage de la domestication parlementaire que de la séparation des pouvoirs à la Montesquieu. Tandis que le gouvernement passe de plus en plus de temps à légiférer, le Parlement prend acte tout en investissant davantage sa fonction de contrôle par le biais des commissions d’enquête.

Mais il faut aussi prendre en compte la conjoncture d’une séquence riche en recompositions. Les « éléphants » du Parti socialiste (PS) ont vite houspillé la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), tandis que les membres de la majorité sortante se sont empressés de faire front avec la confédération Ensemble. La mi-temps électorale confirme la tripolarisation du paysage politique entre l’extrême centre (Renaissance, le MoDem et Horizons coalisés sous l’appellation Ensemble), un bloc de gauche (comprenant La France insoumise, Europe Ecologie-Les Verts, le Parti communiste et le PS) et l’extrême droite (qui n’a pas noué d’alliance).

Dans cette configuration inédite, il se pourrait que le match ne reflète pas le score présidentiel, ce qui pose la question épineuse de la cohabitation qui hante la VRépublique.

Il n’est pas inutile de clarifier ce que signifie une situation de cohabitation au sommet de l’Etat. Poser la rupture du fait majoritaire comme horizon politique n’est pas un geste anodin ; il convient donc d’en mesurer la portée. Il ne s’agit pas de jouer aux devins, mais d’interroger ce qui pourrait se passer dans les semaines et mois à venir.

Elections législatives 2022 : L’improbable scénario de cohabitation

Elections législatives 2022 : L’improbable scénario de cohabitation

Pour le politologue Pascal Perrineau, le scénario d’une cohabitation est « improbable »

« Décrocher la majorité aux élections législatives, quelques semaines après l’élection présidentielle, relèverait du prodige » pour la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (Nupes), a estimé ce samedi sur franceinfo le politologue Pascal Perrineau.

À noter que les sondages donnent au moins 300 députés à la majorité de Macron et autour de 150 à la gauche

franceinfo : Cette gauche unie, réunie au sein de la Nupes, a-t-elle les moyens de remporter les élections législatives ?

Décrocher la majorité aux élections législatives, quelques semaines après l’élection présidentielle, relèverait du prodige. Depuis la réforme du quinquennat au début des années 2000 et l’inversion du calendrier électoral, les élections législatives n’ont plus d’autonomie par rapport à l’élection présidentielle. Elles ont toujours été une pâle copie du rapport de force de la présidentielle. Parce que d’une part, les électorats des oppositions qui ont été battus lors de la présidentielle se démobilisent. Et d’autre part, les électeurs qui ont gagné, à savoir l’électorat du président de la République et les forces qui le soutiennent, sont davantage mobilisés. Il y a aussi, en général, un fort taux d’abstention. Donc les oppositions sont renvoyées à leur statut d’opposition. Et les Français n’ont pas envie, en quelques semaines, d’élire une majorité qui empêcherait le président – qu’ils ont choisi tout de même à 58% des suffrages exprimés – de gouverner.

franceinfo : Vous ne croyez donc pas à une cohabitation ?

Même s’il ne faut jamais dire « jamais » en matière politique, la situation d’une cohabitation est le scénario le plus improbable. Que ce soit pour la France insoumise, avec ses nouveaux alliés, ou que ce soit pour le Rassemblement national, dont il faut rappeler qu’il était la deuxième force avant la France insoumise. Donc, je ne crois pas à une majorité alternative. En revanche, on peut s’interroger sur le statut de la majorité de la République en marche – qui s’appelle désormais Renaissance – avec ses alliés. Parce que l’on peut avoir une majorité absolue pour le seul parti du président. Mais un autre scénario est possible : celui d’une majorité relative, qui entraînerait une cohabitation à l’intérieur des différentes forces qui soutiennent le président de la République.

franceinfo : La Nupes a cependant toutes les chances de s’imposer comme la principale force d’opposition ?

Bien sûr, il y a tout de même une alliance, alors que le Rassemblement national a refusé de s’allier avec Reconquête! et reste dans une position solitaire. Là, en effet, la France insoumise a décidé de s’allier avec le Parti socialiste, les écologistes et le Parti communiste. Ce ne sont certes pas des forces très importantes, mais il faut reconnaître que le patron de la France insoumise joue parfaitement l’agenda. Et je crois qu’il joue aussi ici la reconstitution de la gauche, peut-être pour la première fois de son histoire autour de sa force extrême, et non pas autour de sa force centrale qu’a été pendant longtemps le Parti socialiste.

franceinfo : Pensez-vous que cette union puisse survivre aux législatives ?

Elle sera fragile. Toutes les unions sont fragiles, mais celle-ci le sera particulièrement. J’écoutais en effet Jean-Luc Mélenchon vanter les charmes de l’union des socialistes, des écologistes, des communistes, des insoumis, des trotskistes et des anarchistes. C’est le mariage de la carpe et du lapin ! Avec d’un côté la carpe réformiste, typique de ce qui reste du Parti socialiste, et de l’autre le lapin révolutionnaire libertaire, c’est-à-dire les trotskistes, les anarchistes ou les ‘insoumis’. Je pense que ce sera très difficile de les faire vivre ensemble.

Elections Législatives: LREM va payer le recrutement de députés venus de nulle part

Elections  Législatives: LREM va payer le recrutement de députés venus de nulle part

 

 

 

 Si elle part gagnante après la réélection d’Emmanuel Macron, la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale est épuisée par le précédent quinquennat et n’a pas su s’implanter localement, analyse l’universitaire dans le Figaro. .

Benjamin Morel est maître de conférences en Droit public à l’Université Paris II Panthéon-Assas.

 

 L’élection présidentielle vient à peine de désigner de vainqueur que les états-majors des partis planchent déjà sur le «troisième tour»: les législatives des 12 et 19 juin. La recomposition chez les oppositions de gauche et de droite, après leur bérézina à la présidentielle, devrait-elle à nouveau profiter à LREM ?

BENJAMIN MOREL. - La République en Marche, ou quel que soit le nom que portera la majorité présidentielle lors de ces élections, part en effet plutôt gagnante. Ses avantages sont de trois natures dans ce scrutin.

D’abord, le mode de scrutin majoritaire à deux tours favorise fortement les partis centristes. Pour vous maintenir au second tour, vous avez besoin de 12,5% des inscrits au premier. C’est un chiffre difficile à atteindre, surtout en cas de forte abstention. Or, s’il n’y a pas des triangulaires et que le centre se retrouve face à la droite, la gauche vient en renfort au second tout, et vice versa… De là vient la surreprésentation des partis de centre gauche et de centre droit dans notre vie politique.

Ensuite, le scrutin favorise les partis en situation d’alliance dès le premier tour. Pour arriver au second, il faut en effet avoir la capacité d’unir son camp, sinon vous prenez le risque de vous faire doubler par deux concurrents. Or LREM a mis en place un système d’alliance structuré qui couvre l’ensemble de son espace électoral. Les pôles de droite (notamment RN et Reconquête!), et pour l’instant de gauche, apparaissent encore désunis. Il est donc probable qu’à ce stade la plupart des candidats LREM soient en capacité d’atteindre le second tour, et si c’est le cas, pour les raisons que l’on a données, de l’emporter.

Il n’est pas certain que LR parte tout à fait perdant dans cette élection. Il faut se garder de plaquer les résultats par circonscription de la présidentielle pour en tirer des conclusions pour les législatives.

 

Enfin, dans les législatives post-quinquennat, on assiste à une élection de confirmation de la présidentielle. Cela n’est pas dû à l’éternelle antienne des éditorialistes selon laquelle «les Français sont cohérents et veulent donner une majorité au président élu». C’est simplement lié à un phénomène de participation différentielle. L’électorat d’opposition est groggy par sa défaite aux présidentielles et ne se mobilise pas, laissant l’électorat de la majorité dominer le jeu. Ce sera peut-être un peu moins vrai cette fois. Le temps entre les deux élections est important et l’on assiste à une volonté de revanche d’une partie des électeurs qui peut induire une remobilisation.

Une «majorité de coalition» sur quelques points de programme, avec des députés de droite notamment, est-elle la seule solution pour LREM afin d’obtenir une majorité confortable ? À l’inverse, LR devra-t-il passer par là pour survivre ?

Les députés LR peut-être ; LR en tant que tel, ce n’est pas évident. Si certains accords locaux peuvent permettre de sauver quelques sièges, un accord national impliquerait pour la droite de ne plus présenter de candidats dans la majorité des circonscriptions qui seraient campées par LREM, et de ne plus être présent que sans ses fiefs. Ce serait d’abord en rajouter aux difficultés financières, étant donné que le financement des partis pour les cinq années qui viennent est calculé sur la base du nombre de voix reçues aux législatives.

Par ailleurs, il n’est pas certain que LR parte tout à fait perdant dans cette élection. Il faut se garder de plaquer les résultats par circonscription de la présidentielle pour en tirer des conclusions pour les législatives. Les logiques de vote ne sont pas les mêmes. Cette élection va avoir une particularité. C’est la première fois depuis le début du quinquennat qu’un président est reconduit et demande la même chose pour sa majorité. La majorité de 2002 a été reconduite en 2007, mais avec un nouveau président de la République. Or, la majorité est non seulement épuisée par ces cinq années, mais elle n’a pas su s’implanter. Elle paie le recrutement il y a cinq ans de députés venus de nulle part, élus dans le souffle d’une présidentielle, mais qui devrait être moins fort cette fois-ci au regard des facteurs déjà vus et d’une réélection d’Emmanuel Macron en partie par défaut. Elle paie également la fin du cumul des mandats qui permettait à ses prédécesseurs de parier sur une notoriété et des appuis locaux. LR peut compter sur un personnel politique bien implanté qui, en cas de difficulté pour la majorité ou d’élection jugée peu lisible, a des arguments à faire valoir. On a vu combien ce point avait joué aux municipales, aux départementales et aux régionales. Si ces élections passent sous les radars et deviennent une addition de 577 petites élections, LR a tout pour tenir.

Le Rassemblement national a été historiquement handicapé par le scrutin majoritaire à deux tours. Malgré ses 13,2 % des voix au premier tour des législatives de 2017, le parti n’avait obtenu que sept députés. Insuffisant pour disposer d’un groupe. Une alliance avec le parti d’Éric Zemmour, Reconquête!, pourrait-elle changer la donne ?

Il y a là un dilemme compliqué pour le RN… On l’a dit, le mode de scrutin joue contre ce parti. Il favorise les partis centristes, mais défavorise les partis les plus polarisés qui dès lors qu’ils se retrouvent au second tour, sans alliance, doivent affronter l’ensemble du champ politique. Or en cas de division entre Reconquête et le RN, face à la majorité et à une gauche qui peut s’unir, la plupart des candidats de ce camp politique risquent de se voir écartés dès le premier tour. C’est d’autant plus vrai que si l’électorat zemmourien pèse peu relativement aux légions lepénistes, c’est un électorat peu abstentionniste. C’est toute la difficulté du RN aux élections législatives. Son électorat se déplace aux présidentielles, mais pas après.

La participation différentielle pourrait rééquilibrer le rapport de force entre les partis dans le cadre de cette élection. Pour le RN, il serait donc tactiquement nécessaire de se rapprocher de Reconquête!, sauf que, stratégiquement c’est faire la courte échelle à un concurrent. L’appel d’Éric Zemmour pourrait être traduit par la phrase de Racine: «J’embrasse mon ennemi, mais c’est pour mieux l’étouffer». En effet, aider Reconquête! dans cette élection, ce serait lui permettre d’avoir des députés, faciliter son financement à travers les dispositifs déjà décrits de financement des partis lors des législatives. Bref, ce serait lui permettre d’installer structurellement un parti rival cherchant explicitement à remplacer le RN dans la vie politique. Bref, l’alliance de la carpe et du lapin.

L’électorat de banlieue est très concentré géographiquement, ce qui fait que son abstention n’est pas si déterminante quand il s’agit de s’imposer dans une circonscription.

 

De leur côté, les Insoumis entendent bâtir une coalition avec les communistes et les écologistes, en quête d’élus pour former un groupe. Quelles sont les conditions nécessaires pour qu’un grand pôle «social-écologiste» face son entrée à l’Assemblée ?

Comme je l’ai dit, pour avoir une place au soleil lors des législatives, il y a trois conditions. Un réseau d’alliances vous permettant d’unifier votre espace politique ; un personnel politique implanté ; une capacité à trianguler au centre. A priori, LFI est mal doté sur les trois items sauf que, trois choses se sont produites ces dernières semaines qui rebattent les cartes. La première est que, malgré ce que l’on avait pu en dire et ce que socialistes et écologistes avaient cru, l’électorat de gauche n’a massivement pas craint de voter pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour. Il n’y a donc pas une frontière infranchissable entre le centre gauche et LFI. Ensuite, EELV a vu non seulement ses velléités hégémoniques battues en brèche, mais est ruinée et a vu son aile écoréaliste-centriste fragilisée par l’échec de la campagne de Jadot. Enfin, le conseil national du PS, dont les élus sont très implantés, a voté pour ouvrir des négociations avec LFI. Ces trois données changent fondamentalement la donne.

La gauche n’est pas majoritaire dans l’électorat mais LREM et ses alliés non plus. Les législatives accordent d’abord une prime à l’organisation d’un camp. Or, si la gauche y parvient, elle devient la principale menace pour la majorité. C’est d’autant plus le cas que si l’électorat Mélenchoniste est fortement abstentionniste, il est aussi plus singulier que celui du RN. L’électorat de banlieue est très concentré géographiquement, ce qui fait que son abstention n’est pas si déterminante quand il s’agit de s’imposer dans une circonscription. Ensuite, l’électorat de centre-ville qui vote plus traditionnellement EELV ou PS pourrait se retrouver sur des candidatures communes. Restent les zones rurales où l’implantation du personnel politique socialiste peut faire la différence. Bref, unie dans l’élection, même minoritaire et divisée sur le fond, la gauche pourrait devenir redoutable.

Présidentielle : des élections surtout pour éliminer

Présidentielle : des élections surtout pour éliminer


42 % des électeurs de Macon ont surtout voté pour éliminer Le Pen . D’où un résultat assez ambigu et qui n’a pas été célébré dans une grande allégresse. Plutôt un sentiment d’insatisfaction. Pour preuve 56 % des électeurs souhaitent que Macron perde les élections législatives ! Une sorte de de rééquilibrage des pouvoirs car il est vraisemblable qu’il n’y aura pas d’état de grâce d’après le directeur général de l’IFOP. Pour le directeur général de l’Ifop, «avec une telle fracturation» des électeurs, «il n’y aura pas d’état de grâce» pour Emmanuel Macron

 

 

Emmanuel Macron a remporté dimanche soir l’élection présidentielle avec 58,5% des voix face à Marine Le Pen (41,5%), selon les dernières estimations de votre institut. Que dire de son score ?

Il y avait une sorte de barre symbolique des 55 %. En dépassant ce seuil, Emmanuel Macron aura marginalisé Marine Le Pen et pourra compter sur l’effet de souffle post présidentielle. Un rapport de force plus serré aurait alimenté le procès en illégitimité auquel ont eu droit tous les Présidents élus depuis 2012. Emmanuel Macron est le premier Président à être élu sous la Ve République hors période de cohabitation, au suffrage universel direct, c’est historique. Il a bénéficié de meilleurs reports que prévu, avec 42 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon qui ont voté pour lui et 13 % qui se sont tournés vers Le Pen.

Les élections législatives: la surprise qui pourrait tout changer

Les élections législatives: la surprise qui pourrait tout changer

 

 La mobilisation électorale connaît une érosion régulière : l’attention portée sur la présidentielle ne doit pourtant pas éclipser le scrutin législatif qui pourrait bien créer la surprise. Par Julien Navarro, Institut catholique de Lille (ICL).

Finalement le grand événement que constitue l’élection présidentielle pourrait passer au second rang médiatique avec les élections législatives si Macron ne parvenait pas à obtenir une majorité. Dans ce cas, le pouvoir passerait dans les mains d’un Premier ministre majoritaire à l’assemblée. La grande faiblesse de Macron est en effet de ne pas disposer d’implantation locale et même de parti . Les trois quarts des députés recrutés par Internet en 2017 par Macron seront certainement balayés par les élections de 2022. Très peu ont en effet émergé, très peu se sont montrés à la fois compétents et de dimension nationale. On ne peut non plus écarter le cas d’une victoire de la gauche rassemblée-mais hétéroclite-  de fait par la disparition du parti socialiste. NDLR

 

Passées au second plan de l’élection présidentielle, les élections législatives auront lieu dans quelques semaines à peine, les dimanches 12 et 19 juin précisément. Rien n’a jusqu’ici laissé paraître de l’imminence et l’importance de ce scrutin, ni dans les médias ni dans les conversations.

Aucun vrai débat n’a été initié sur le bilan de la législature élue en 2017, la désignation des candidats à la députation ou les programmes des partis politiques pour les cinq prochaines années. La raison est somme toute assez évidente : toute l’attention s’est portée sur la campagne présidentielle. Faut-il en déduire que les élections législatives n’ont pas d’enjeu réel et qu’en fin de compte elles ne servent à rien ?

Alors qu’elles sont partout ailleurs en Europe le moment clé de la vie politique, les législatives passent en général en France à l’arrière-plan de l’élection présidentielle. Le peu d’intérêt qu’elles suscitent se traduit très nettement dans la faiblesse de la participation. Lors du dernier scrutin, en 2017, moins d’un inscrit sur deux s’était déplacé pour voter au premier tour.

Il faut dire que la mobilisation électorale connaît une érosion régulière depuis les débuts de la Ve République. Alors qu’elle se situait autour de 80 % dans les années 1970, elle était de 70,7 % en 1981, 78,5 % en 1986, 65,7 % en 1988, 68,9 % en 1993, 67,9 % en 1997, 64,4 % en 2002, 60,4 % en 2007, 57,2 % en 2012 et donc 48,7 % en 2017. Un recul de la participation électorale n’est pas un phénomène isolé à l’échelle européenne mais il est ici particulièrement marqué, d’autant plus que la France faisait déjà partie des pays les plus abstentionnistes.

Plus significatif encore, en matière de participation électorale, la France ne se distingue pas seulement des régimes parlementaires classiques : elle se singularise également par rapport aux régimes semi-présidentiels (c’est-à-dire ceux où, comme en France, le président est directement élu). Ainsi, le différentiel de participation entre les élections législatives et présidentielles y tutoie les sommets. En 2017, il a d’ailleurs atteint un record de 25,9 points de pourcentage !

Au-delà de la participation, c’est la portée politique des législatives qui est en question. Depuis l’adoption du quinquennat pour le mandat présidentiel en 2000 et l’inversion du calendrier électoral qui a vu les législatives suivre la présidentielle à partir de 2002, les électeurs assurent systématiquement une majorité au chef de l’État nouvellement élu. La science politique a bien montré les mécanismes à l’œuvre ici. D’abord, en raison de la proximité temporelle entre les deux scrutins, le parti du président bénéficie d’un effet lune de miel.

Les électeurs, quelles que soient leurs préférences politiques, peuvent en effet être tentés de laisser sa chance au président au début de son mandat, surtout s’ils souhaitent éviter un affaiblissement du pouvoir exécutif. Cela conduit alors une partie des opposants à soutenir le parti présidentiel ou, plus probablement, à s’abstenir lors des législatives. Ce phénomène est par ailleurs renforcé par un effet d’anticipation : les opposants – mesurant à travers le résultat de la présidentielle leurs faibles chances de succès aux législatives – sont faiblement incités à voter pour redire leur opposition à un président tout juste élu. Bref, les législatives apparaissent comme une élection de second ordre et, plus précisément, comme une élection de confirmation.

Mais si les électeurs boudent les élections législatives, ce n’est pas seulement en raison du calendrier électoral, c’est aussi et avant tout parce qu’ils perçoivent que l’Assemblée nationale produit une représentation très déformée des opinions politiques et qu’elle n’est pas (ou n’est plus) le lieu de pouvoir le plus décisif dans la vie politique française.

C’est ici l’abaissement délibéré du Parlement dans l’architecture institutionnelle de la Ve République qui est en cause. Face aux atermoiements de la IVe République, le parlementarisme rationalisé théorisé par Michel Debré a précisément consisté à brider la volonté parlementaire afin d’assurer une plus grande stabilité gouvernementale. Malgré la réforme constitutionnelle de 2008, les électeurs ne s’y trompent pas : le parlement français reste un des plus faibles d’Europe.

Pour autant, la France n’est pas le seul pays à avoir fortement encadré les pouvoirs du parlement. En réalité, les armes généralement décrites comme les plus caractéristiques de la Ve République comme, par exemple, l’encadrement strict du droit d’initiative parlementaire, le contrôle étroit de l’agenda législatif par le gouvernement ou la possibilité qu’a ce dernier de faire procéder à un « vote bloqué » ne sont pas inconnues d’autres systèmes politiques comparables.

Mieux, la Loi fondamentale allemande va à certains égards plus loin que la Constitution française avec l’exigence d’une motion de censure constructive en vertu de laquelle une motion de censure doit automatiquement prévoir un chef de gouvernement pour remplacer celui qu’elle propose de renverser.

Si l’on étend la comparaison à des régimes dans lesquels le Président est élu au suffrage direct, la situation française n’apparaît non plus comme totalement exceptionnelle. Pour ne donner qu’un seul exemple, alors que la constitution française ne prévoit pas que le Président puisse mettre fin de sa propre initiative aux fonctions du Premier ministre, en Autriche, le président fédéral dispose constitutionnellement de la capacité de nommer mais aussi de révoquer le chancelier et son gouvernement dans son ensemble.

Autrement dit, les dispositions constitutionnelles qui certes contribuent à l’abaissement du parlement français et donnent les coudées franches à l’exécutif, en particulier au président, ne suffisent pas à expliquer l’éclipse de l’élection législative.

Un deuxième facteur à l’origine de la moindre centralité des élections législatives tient au mode de scrutin. La singularité française est ici réelle puisque la France est en Europe le seul pays, avec le Royaume-Uni, à pratiquer un scrutin majoritaire.

Si ce mode de scrutin a pour avantage (au moins en théorie) d’assurer une large majorité au parti arrivé en tête des suffrages et donc de permettre une plus grande stabilité gouvernementale, cela se fait au prix d’une distorsion de la représentation. Ainsi, en ce qui concerne l’actuelle législature, alors que la République en marche et le Modem totalisaient environ 32 % des voix au soir du premier tour des législatives de 2017, ces deux partis ont obtenu 350 sièges à l’Assemblée nationale, soit 60 % des 577 sièges. Cette faible représentativité, doublée de la faiblesse de l’ancrage politique des élus de 2017, nuit à la légitimité des députés incapables de peser politiquement face au Président à qui, comme on l’a expliqué, ils doivent en partie leur élection.

Faut-il conclure que les législatives sont des élections dépourvues de tout enjeu ? Ce serait aller un peu vite en besogne. Soulignons, tout d’abord, qu’en dépit des fortes contraintes institutionnelles qui pèsent sur le fonctionnement de l’Assemblée nationale et sur l’élection de ses membres dans la foulée des présidentielles, l’abaissement du Parlement est en partie une prophétie autoréalisatrice. Rien en effet ne condamne celui-ci à être une simple chambre d’enregistrement, mais la mauvaise image du Parlement dans l’opinion publique et le faible niveau de confiance que les citoyens lui accordent contribuent à son affaiblissement.

C’est aussi parce qu’ils ne le perçoivent pas comme un acteur majeur du système politique que les médias y prêtent moins attention et que les électeurs s’abstiennent en nombre lors des élections législatives – reportant ainsi toutes leurs attentes sur le président. La perte de légitimité qui en résulte contribue en retour à diminuer effectivement la capacité des députés à assurer un contrepoids efficace à l’exécutif.

Pourtant, sans entrer dans une analyse constitutionnelle très poussée, il demeure que c’est le gouvernement – et non le président - qui est investi constitutionnellement de la mission de diriger la politique de la nation sous le contrôle du parlement qui peut lui retirer sa confiance à travers une motion de censure.

Une façon de s’en convaincre consiste à imaginer ce qu’il se passerait si les électeurs désignaient en juin une assemblée d’une couleur politique différente de celle du président – ou si le président ne disposait pas d’une majorité stable au sein de l’assemblée. Le président n’aurait d’autre choix que de choisir un Premier ministre ayant le soutien de la majorité des députés. Nous entrerions alors dans une nouvelle période de cohabitation et de rééquilibrage des pouvoirs en faveur du gouvernement et in fine du parlement. Ce n’est certes pas le scénario le plus probable, mais la vie politique est pleine d’incertitudes et des élections avec un mode de scrutin majoritaire, compte tenu de la forte fragmentation partisane actuelle, recèlent de nombreuses inconnues.

En définitive, même si cela ne transparaît pas vraiment dans le débat public, les législatives ont une vraie importance et ce n’est pas sans raison qu’aussitôt annoncé le résultat du premier tour de la présidentielle, des appels à faire des législatives un « troisième tour » en vue d’imposer une cohabitation au futur président ont commencé à émerger. Une telle perspective si elle devait advenir ne ferait pas que modifier l’orientation des politiques publiques pour les cinq prochaines années : elle transformerait en profondeur la façon dont les différents organes du pouvoir sont perçus et donc, en fin de compte, la nature profonde de la Ve République.

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Par Julien Navarro, Chargé de recherche en science politique, Institut catholique de Lille (ICL).

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Elections Législatives : l’union des gauchistes ?

Elections Législatives : l’union des gauchistes ?

D’une certaine manière, on assiste au réveil des communistes version gauchiste  autour de Mélenchon. Le parti des insoumis propose en effet une union aux communistes( avoués ou non)  du parti communiste, de la ligue communiste révolutionnaire ( NPA), de lutte ouvrière et des extrémistes d’Europe écologie les Verts.

 

Bref pour résumer des étatistes, anticapitalistes, anti-impérialistes, anti-européens pour la plupart, anti tout avant d’être pour quelque chose. En plus avec des contradictions internes par exemple concernant l’Europe où la situation géopolitique en Ukraine. La plupart sont plus proches d’ailleurs de Poutine que du président ukrainien.

Un tel attelage porteur de telle scontradictions  risque de faire un score à peine supérieure à celui de Mélenchon et sans doute même beaucoup moins car les sociaux-démocrates ne peuvent se retrouver dans cette alliance pseudo révolutionnaire de théâtre.

Jeudi après-midi, Fabien Roussel lançait à Jean-Luc Mélenchon : « Voyons-nous ! ». La réponse n’a pas tardé. Dans un courrier adressé aux communistes, aux écologistes et au NPA – mais pas aux socialistes –, La France insoumise pose le cadre des négociations en vue des élections législatives de juin. « Nous vous proposons de nous rencontrer pour discuter de la constitution d’un nouveau Parlement, à l’image du Parlement de l’Union populaire ; de l’attribution du label commun pour des candidatures aux élections législatives », peut-on y lire. « La base de répartition pourrait être celle établie par les électeurs au premier tour de l’élection présidentielle , dans l’application du principe proportionnel commun à nos programmes respectifs », est-il également écrit.

Élections Allemagne : le SPD ramasse la mise d’une élection régionale

  •  Élections Allemagne : le SPD ramasse la mise d’une élection régionale
  • Une victoire qui qui est peut-être à imputer à un certain effet drapeau dans le cadre du conflit ukrainien. En effet, le parti du chancelier Olaf Scholz  recueillerait 43% des voix, contre 27,5% pour les chrétiens-démocrates de la CDU, à la tête depuis plus de 20 ans de cette petite région de l’ouest de l’Allemagne, selon une estimation Infratest Dimap pour la chaîne publique ARD. Les sociaux-démocrates, à la tête de la coalition au pouvoir depuis début décembre, gagneraient ainsi plus de 13 points par rapport au précédent scrutin en 2017 dans ce Land, le plus petit d’Allemagne après les villes de Berlin, Hambourg et Brême.

Politique et Carburants : un rabais de 15 centimes …en avril…….. avant les élections

Politique et Carburants : un rabais  de 15 centimes …en avril…….. avant les élections

 

Une réduction de 0,15 € sur le carburant au parfum électoral !

 

Une «remise à la pompe de 15 centimes par litre» s’appliquera en effet à partir du 1er avril et pendant 4 mois pour tous les Français, afin de faire face à l’envolée des prix du carburant, a annoncé samedi Jean Castex au Parisien .

 

Cette mesure, qui coûtera environ 2 milliards d’euros à l’État, concerne les ménages comme les entreprises et sera «valable sur tous les carburants», a précisé le premier ministre. «Cela signifie que pour chaque plein de 60 litres, vous économiserez 9 euros», a-t-il évalué dans un entretien accordé au quotidien.

 

«Comment les Français comprendraient qu’ils payent un plein de gasoil à 2 euros, pendant qu’au même moment les pétroliers dégagent toujours de gros bénéfices», s’est-il interrogé.

Interrogé sur un éventuel procès en clientélisme, à moins d’un mois du premier tour de la présidentielle, le chef du gouvernement a argué que le prix des carburants était devenu «la première préoccupation des Français».

 

Une réduction avec un avantage pour le gouvernement. Il  faudra attendre plus d’un mois avant qu’elle soit effective mais l’annonce pourra peser dès maintenant peser sur les intentions de vote.

Carburants : un rabais de 15 centimes …en avril…….. avant les élections

Carburants : un rabais  de 15 centimes …en avril…….. avant les élections

 

Une réduction de 0,15 € sur le carburant au parfum électoral !

 

Une «remise à la pompe de 15 centimes par litre» s’appliquera en effet à partir du 1er avril et pendant 4 mois pour tous les Français, afin de faire face à l’envolée des prix du carburant, a annoncé samedi Jean Castex au Parisien .

 

Cette mesure, qui coûtera environ 2 milliards d’euros à l’État, concerne les ménages comme les entreprises et sera «valable sur tous les carburants», a précisé le premier ministre. «Cela signifie que pour chaque plein de 60 litres, vous économiserez 9 euros», a-t-il évalué dans un entretien accordé au quotidien.

 

«Comment les Français comprendraient qu’ils payent un plein de gasoil à 2 euros, pendant qu’au même moment les pétroliers dégagent toujours de gros bénéfices», s’est-il interrogé.

Interrogé sur un éventuel procès en clientélisme, à moins d’un mois du premier tour de la présidentielle, le chef du gouvernement a argué que le prix des carburants était devenu «la première préoccupation des Français».

 

Une réduction avec un avantage pour le gouvernement. Il  faudra attendre plus d’un mois avant qu’elle soit effective mais l’annonce pourra peser dès maintenant peser sur les intentions de vote.

Reporter les élections présidentielles ?

Reporter les élections présidentielles ?

 

Pour l’instant personne n’envisage le report des élections présidentielles. Pourtant compte tenu de l’extension géographique possible du conflit avec Ukraine, la campagne électorale risque d’être complètement étouffée par le climat de guerre. Il est vraisemblable qu’un tel report serait condamné par la plupart des opposants à Macron. Pourtant ce qui était d’ores et déjà condamné, c’est la campagne électorale réduite à un seul sujet la guerre en Ukraine avec ses conséquences politiques et économiques.

Poutine d’une certaine façon neutralise l’élection présidentielle française

Comment faire campagne dans un contexte de guerre en Ukraine et lorsque le président bientôt candidat en appelle à l’unité nationale. Face à la menace russe sur toute l’Europe, tous les scénarios de la présidentielle sont rebattus. Mais Emmanuel Macron sera forcément favorisé par ce climat de guerre qui réclame l’unité nationale. Toute voie discordante vis-à-vis de la responsabilité de Poutine serait durement jugée par l’opinion publique .

 

Comme lors de la crise sanitaire du Covid-19, Macron va  bénéficier en termes de popularité de cette ambiance de guerre propice à « l’union nationale ». Et pourtant, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron. D’abord, tous les Français l’ont constaté : ses efforts diplomatiques, particulièrement mis en scène par ses communicants, ont finalement abouti à un revers magistral pour la France : rappelons que lundi matin, l’Elysée fanfaronnait sur la possibilité d’un sommet entre Vladimir Poutine et Joe Biden sous le haut patronage d’Emmanuel.

Qu’on retiendra surtout la nécessité de l’unité nationale pour faire face à l’agression russe qui menace non seulement l’Ukraine mais d’une façon générale la stabilité, la paix et la démocratie en Europe. Sur ce terrain Macron ne trouvera aucun adversaire. Et la classe politique d’opposition serait bien inspirée de réfléchir à un report des élections françaises qui en réalité vont être cadenassées par Poutine au bénéfice de Macron.

Des élections législatives avant les présidentielles pour redynamiser la démocratie ?

Des élections législatives avant les présidentielles pour redynamiser la démocratie ?

Par Claude Patriat, Université de Bourgogne – UBFC dans la Tribune
Tribune

Il est tard, bien tard pour réparer ce qui, selon nous, restera l’erreur fondamentale du quinquennat d’Emmanuel Macron : n’avoir pas entrepris dès son élection une réforme des institutions afin de les mettre au diapason d’une France qui doute d’elle-même et de ses élus.

Il avait certes réussi un fameux « coup du roi » en faisant, d’un seul et premier tir, tomber dans ses bras la magistrature présidentielle. Son irruption surprise a fait voler en éclat le vieux système des partis dominants : exclus du jeu de l’alternance qui les rendait épisodiquement maîtres du jeu, privés du commode saute-mouton sur le dos de l’extrême droite, brouillés dans leurs repères par un Président qui s’affirmait et de droite et de gauche, subissant mécaniquement un lourd revers lors des législatives, ceux-ci n’étaient pas seulement défaits, ils risquaient l’effondrement.

La vague de « dégagisme » qu’avait habilement épousée le vainqueur les rendait gravement vulnérables. Restait au nouveau Président à profiter de cet affaiblissement pour réaliser son programme de campagne : élu sur une promesse de disruption, il lui fallait au moins mettre en route les moyens de la provoquer et tracer la voie d’une reconstruction de la légitimité des gouvernants. « Tout l’art de la politique, disait Louis XIV, est de se servir des conjonctures. »

Mais la vague intention fut vite oubliée. Dès septembre 2017, on laissa dans l’indifférence les partis se refaire un début de santé en s’appuyant sur leurs bastions lors des sénatoriales. On se garda bien de transformer en véritable parti le mouvement original qui avait appuyé l’élection présidentielle. Et l’on succomba à la tentation d’un président démiurge concentrant la plénitude de l’espace et de la décision politiques.

Ignorer le caractère illusoire de cette vision n’était pas la meilleure manière de restaurer la confiance entre élus et citoyens. Après une année tranquille, le pays entra dans une phase de turbulences dont il ne sortira plus, de gilets jaunes en réforme des retraites, d’antivax en antipasse… Entre violences sociales et violences verbales, s’enracine dans le pays une croyance à l’impuissance du politique.

À une brève euphorie succède un climat profondément dysphorique, installant un véritable mur de méfiance et entraînant une montée constante des abstentions qui frisent les deux tiers du corps électoral lors des régionales !

Cette désaffection croissante traduit en creux l’effondrement des vieux partis dominants.

Particulièrement à gauche, où tous les candidats à la présidentielle réunis atteignent péniblement 25 % des intentions de vote dans les sondages. La soustraction est particulièrement lourde pour les socialistes auxquels l’extinction de voix interdit même de trouver une candidature crédible pouvant prétendre au rassemblement.

La droite de gouvernement, moins fracturée en apparence, paraît mieux résister. Malgré cette impression relative de droitisation, la situation des Républicains reste fragile et instable, tiraillés qu’ils sont entre un centre qui regarde vers Macron et une extrême droite qui, réunie, est estimée à 30 % et exerce un fort tropisme sur son autre flanc.

L’image d’Emmanuel Macron reflète cette situation fracturée et incertaine de désalignement vis-à-vis des partis. D’un côté, il tire le juste bénéfice de sa fermeté internationale et de sa gestion de la crise sanitaire, avec ce « quoiqu’il en coûte » qui atténue son étiquette libérale. Cela lui permet de se maintenir à un niveau de satisfaction envié : le tableau de bord de janvier des personnalités Paris Match/Sud Radio-IFOP/Fiducial le crédite de 43 % d’approbation de son action.

Mais dans la même enquête, 70 % des Français estiment qu’il n’est pas proche de leurs préoccupations. Un sondage concomitant IFOP pour le JDD indique qu’aucun de ses opposants déclarés ou potentiels ne ferait mieux que lui : Valérie Pécresse, par exemple, ne se voit reconnaître cette qualité que par 17 % des sondés, 53 % considérant qu’elle ne ferait ni mieux ni moins bien !

Absence de réelle concurrence donc, qui relativise lourdement la primauté du Président en exercice, et qui risque de déboucher sur un nouveau choix par défaut. D’autant que dans tous les baromètres, Emmanuel Macron reste fixé entre 23 et 26 % d’intentions de vote, soit un score reproduisant celui de 2017. Un quart des exprimés, une abstention en hausse, moins de 17 % des inscrits, voilà qui n’augure pas d’un renforcement de sa légitimité en cas de réélection.

Tout le quinquennat a été marqué par un procès en illégitimité contre le Président, perçu comme élu dans une logique de rejet plus que d’adhésion. Et rien n’indique donc qu’on en ait tiré les conséquences. Pourtant, voici déjà vingt ans qu’une sirène d’alarme avait violemment retenti. Souvenons-nous du 21 avril 2002 : un président sortant rassemblant moins de 20 % des exprimés, un chef du gouvernement peu contesté pendant cinq ans éjecté dès le premier tour, près de 30 % d’abstention…

Il n’était pas difficile de voir que le régime était à un tournant. La Ve République avait alors montré sa capacité à exprimer autre chose qu’un présidentialisme exacerbé, en autorisant une gestion plurielle de la politique, un jeu institutionnel plus équilibré que la monarchie républicaine qu’on avait voulu en faire. Au lieu d’intégrer l’évolution, on s’est livré à ce que j’avais appelé, dans un article tragiquement anticipateur, la « gymnopolitique » : cette inversion du calendrier électoral qui enchaînait mécaniquement les élections législatives au résultat de la présidentielle et qui, interdisant aux Français de s’exprimer sur le bilan de la législature, dévitalisait le scrutin.

 Et comment ne pas avoir anticipé que les différentes sensibilités composant la majorité parlementaire sortante prétendraient défendre leurs couleurs pour peser sur le débat ? L’écrasante logique majoritaire binaire aura raison de ce que seule une proportionnelle aux élections législatives permettrait de respecter.

Pourtant, la vie politique française s’est poursuivie en exacerbant son hyperprésidentialisation qui pourrait se résumer ainsi : « le Président de la République concentre l’essentiel du pouvoir, or le Président ne résout pas nos problèmes, donc nous n’avons pas confiance dans le Président. »

Néanmoins, cette triple assertion n’est ni fondée juridiquement, ni inéluctable politiquement. La constitution de 1958 donne les bases d’un régime parlementaire rationalisé, aucunement présidentiel.

Paradoxalement, ce sont ceux contre qui le régime s’est mis en place, les partis politiques, qui ont imposé et entretenu cette lecture et transformé les partis en machines électorales sans projet ni vision. Ils en sont morts cérébralement, tant il est devenu évident qu’un individu seul, ne paraît plus aujourd’hui en situation de représenter la pluralité citoyenne.

Il y a donc un préalable à toute régénération des institutions, sans qu’il soit besoin de recourir à une amphigourique VIe République : redonner souplesse, liberté de mouvement, représentativité, aux différents rouages de l’État. Seul un acte symbolique fort, accompagné d’un programme de réformes, pourra marquer cette intention.

Il faut couper la corde qui étrangle le Parlement, et dissocier les élections législatives de la présidentielle (les élections législatives sont actuellement prévues pour les 12 et 19 juin 2022).

L’opportunité s’en offre aujourd’hui : le Président pourrait dissoudre l’Assemblée nationale à la fin de février, et organiser le premier tour des législatives en même temps que celui de la présidentielle. De la sorte, le second tour de la désignation de députés aurait lieu avant que l’on connaisse le nouveau président.

Il y aurait là un signe fort de la volonté de combler sans tarder le fossé entre le pays citoyen et le pays électif. L’affaire est urgente : dans une enquête d’Harris Interactive publiée par Challenges en décembre 2021, 61 % des sondés estiment que la démocratie est en danger. Si le sentiment de frustration des Français continue de croître, on court le risque d’une rupture totale de la confiance entre les gouvernés et les gouvernants. Puisque l’image monarchique reste prégnante, laissons le mot de la fin à Louis XIV, qui écrivait dans ses mémoires : « Pour venir à bout des choses, le premier pas est de le croire possible. »

The Conversation ______

 

Par Claude Patriat, Professeur émérite de Science politique Université de Bourgogne, Université de Bourgogne – UBFC

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Des élections législatives avant les présidentielles pour redynamiser la démocratie ?

Des élections législatives avant les présidentielles pour redynamiser la démocratie ?

Par Claude Patriat, Université de Bourgogne – UBFC dans la Tribune
Tribune

Il est tard, bien tard pour réparer ce qui, selon nous, restera l’erreur fondamentale du quinquennat d’Emmanuel Macron : n’avoir pas entrepris dès son élection une réforme des institutions afin de les mettre au diapason d’une France qui doute d’elle-même et de ses élus.

Il avait certes réussi un fameux « coup du roi » en faisant, d’un seul et premier tir, tomber dans ses bras la magistrature présidentielle. Son irruption surprise a fait voler en éclat le vieux système des partis dominants : exclus du jeu de l’alternance qui les rendait épisodiquement maîtres du jeu, privés du commode saute-mouton sur le dos de l’extrême droite, brouillés dans leurs repères par un Président qui s’affirmait et de droite et de gauche, subissant mécaniquement un lourd revers lors des législatives, ceux-ci n’étaient pas seulement défaits, ils risquaient l’effondrement.

La vague de « dégagisme » qu’avait habilement épousée le vainqueur les rendait gravement vulnérables. Restait au nouveau Président à profiter de cet affaiblissement pour réaliser son programme de campagne : élu sur une promesse de disruption, il lui fallait au moins mettre en route les moyens de la provoquer et tracer la voie d’une reconstruction de la légitimité des gouvernants. « Tout l’art de la politique, disait Louis XIV, est de se servir des conjonctures. »

Mais la vague intention fut vite oubliée. Dès septembre 2017, on laissa dans l’indifférence les partis se refaire un début de santé en s’appuyant sur leurs bastions lors des sénatoriales. On se garda bien de transformer en véritable parti le mouvement original qui avait appuyé l’élection présidentielle. Et l’on succomba à la tentation d’un président démiurge concentrant la plénitude de l’espace et de la décision politiques.

Ignorer le caractère illusoire de cette vision n’était pas la meilleure manière de restaurer la confiance entre élus et citoyens. Après une année tranquille, le pays entra dans une phase de turbulences dont il ne sortira plus, de gilets jaunes en réforme des retraites, d’antivax en antipasse… Entre violences sociales et violences verbales, s’enracine dans le pays une croyance à l’impuissance du politique.

À une brève euphorie succède un climat profondément dysphorique, installant un véritable mur de méfiance et entraînant une montée constante des abstentions qui frisent les deux tiers du corps électoral lors des régionales !

Cette désaffection croissante traduit en creux l’effondrement des vieux partis dominants.

Particulièrement à gauche, où tous les candidats à la présidentielle réunis atteignent péniblement 25 % des intentions de vote dans les sondages. La soustraction est particulièrement lourde pour les socialistes auxquels l’extinction de voix interdit même de trouver une candidature crédible pouvant prétendre au rassemblement.

La droite de gouvernement, moins fracturée en apparence, paraît mieux résister. Malgré cette impression relative de droitisation, la situation des Républicains reste fragile et instable, tiraillés qu’ils sont entre un centre qui regarde vers Macron et une extrême droite qui, réunie, est estimée à 30 % et exerce un fort tropisme sur son autre flanc.

L’image d’Emmanuel Macron reflète cette situation fracturée et incertaine de désalignement vis-à-vis des partis. D’un côté, il tire le juste bénéfice de sa fermeté internationale et de sa gestion de la crise sanitaire, avec ce « quoiqu’il en coûte » qui atténue son étiquette libérale. Cela lui permet de se maintenir à un niveau de satisfaction envié : le tableau de bord de janvier des personnalités Paris Match/Sud Radio-IFOP/Fiducial le crédite de 43 % d’approbation de son action.

Mais dans la même enquête, 70 % des Français estiment qu’il n’est pas proche de leurs préoccupations. Un sondage concomitant IFOP pour le JDD indique qu’aucun de ses opposants déclarés ou potentiels ne ferait mieux que lui : Valérie Pécresse, par exemple, ne se voit reconnaître cette qualité que par 17 % des sondés, 53 % considérant qu’elle ne ferait ni mieux ni moins bien !

Absence de réelle concurrence donc, qui relativise lourdement la primauté du Président en exercice, et qui risque de déboucher sur un nouveau choix par défaut. D’autant que dans tous les baromètres, Emmanuel Macron reste fixé entre 23 et 26 % d’intentions de vote, soit un score reproduisant celui de 2017. Un quart des exprimés, une abstention en hausse, moins de 17 % des inscrits, voilà qui n’augure pas d’un renforcement de sa légitimité en cas de réélection.

Tout le quinquennat a été marqué par un procès en illégitimité contre le Président, perçu comme élu dans une logique de rejet plus que d’adhésion. Et rien n’indique donc qu’on en ait tiré les conséquences. Pourtant, voici déjà vingt ans qu’une sirène d’alarme avait violemment retenti. Souvenons-nous du 21 avril 2002 : un président sortant rassemblant moins de 20 % des exprimés, un chef du gouvernement peu contesté pendant cinq ans éjecté dès le premier tour, près de 30 % d’abstention…

Il n’était pas difficile de voir que le régime était à un tournant. La Ve République avait alors montré sa capacité à exprimer autre chose qu’un présidentialisme exacerbé, en autorisant une gestion plurielle de la politique, un jeu institutionnel plus équilibré que la monarchie républicaine qu’on avait voulu en faire. Au lieu d’intégrer l’évolution, on s’est livré à ce que j’avais appelé, dans un article tragiquement anticipateur, la « gymnopolitique » : cette inversion du calendrier électoral qui enchaînait mécaniquement les élections législatives au résultat de la présidentielle et qui, interdisant aux Français de s’exprimer sur le bilan de la législature, dévitalisait le scrutin.

 Et comment ne pas avoir anticipé que les différentes sensibilités composant la majorité parlementaire sortante prétendraient défendre leurs couleurs pour peser sur le débat ? L’écrasante logique majoritaire binaire aura raison de ce que seule une proportionnelle aux élections législatives permettrait de respecter.

Pourtant, la vie politique française s’est poursuivie en exacerbant son hyperprésidentialisation qui pourrait se résumer ainsi : « le Président de la République concentre l’essentiel du pouvoir, or le Président ne résout pas nos problèmes, donc nous n’avons pas confiance dans le Président. »

Néanmoins, cette triple assertion n’est ni fondée juridiquement, ni inéluctable politiquement. La constitution de 1958 donne les bases d’un régime parlementaire rationalisé, aucunement présidentiel.

Paradoxalement, ce sont ceux contre qui le régime s’est mis en place, les partis politiques, qui ont imposé et entretenu cette lecture et transformé les partis en machines électorales sans projet ni vision. Ils en sont morts cérébralement, tant il est devenu évident qu’un individu seul, ne paraît plus aujourd’hui en situation de représenter la pluralité citoyenne.

Il y a donc un préalable à toute régénération des institutions, sans qu’il soit besoin de recourir à une amphigourique VIe République : redonner souplesse, liberté de mouvement, représentativité, aux différents rouages de l’État. Seul un acte symbolique fort, accompagné d’un programme de réformes, pourra marquer cette intention.

Il faut couper la corde qui étrangle le Parlement, et dissocier les élections législatives de la présidentielle (les élections législatives sont actuellement prévues pour les 12 et 19 juin 2022).

L’opportunité s’en offre aujourd’hui : le Président pourrait dissoudre l’Assemblée nationale à la fin de février, et organiser le premier tour des législatives en même temps que celui de la présidentielle. De la sorte, le second tour de la désignation de députés aurait lieu avant que l’on connaisse le nouveau président.

Il y aurait là un signe fort de la volonté de combler sans tarder le fossé entre le pays citoyen et le pays électif. L’affaire est urgente : dans une enquête d’Harris Interactive publiée par Challenges en décembre 2021, 61 % des sondés estiment que la démocratie est en danger. Si le sentiment de frustration des Français continue de croître, on court le risque d’une rupture totale de la confiance entre les gouvernés et les gouvernants. Puisque l’image monarchique reste prégnante, laissons le mot de la fin à Louis XIV, qui écrivait dans ses mémoires : « Pour venir à bout des choses, le premier pas est de le croire possible. »

The Conversation ______

 

Par Claude Patriat, Professeur émérite de Science politique Université de Bourgogne, Université de Bourgogne – UBFC

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Élections : Vers la fin progressive du vote ?

Élections : Vers la fin progressive du vote vo ? 

A trois mois de l’élection présidentielle, le politiste Tristan Haute et le sociologue Vincent Tiberj ont réuni dans un ouvrage d’actualité les contributions de plusieurs chercheurs renouvelant le regard porté sur le geste du vote et l’abstention.

Livre – Analyse du Monde . En cette rentrée 2022, la « course aux petits chevaux » présidentielle a commencé depuis longtemps. Mais le scrutin du mois d’avril mobilisera-t-il suffisamment d’électeurs pour assurer une légitimité politique au vainqueur ? Si, traditionnellement, la participation lors de la présidentielle est plus élevée que lors des autres élections, les records d’abstention atteints en juin 2021 pour les régionales et les départementales peuvent laisser craindre le pire aux candidats et à leurs équipes.

Pourquoi les électeurs et les électrices ne se déplacent-ils plus autant aux urnes ? Cesseront-ils un jour de voter ? A ces questions désormais récurrentes, Tristan Haute et Vincent Tiberj apportent, avec Extinction de vote ?, les dernières réponses de la recherche. L’ouvrage, qui rassemble les contributions de chercheurs dont les travaux ont renouvelé l’analyse du vote et de l’abstention, reste synthétique tout en offrant plusieurs entrées dans ce sujet complexe.

S’attachant d’abord à resituer le geste du vote dans l’histoire, les auteurs soulignent à quel point ses significations se sont construites sur la durée. Yves Déloye pointe que la pratique du scrutin, pensée dès ses origines comme un substitut efficace aux épisodes de violence collective, devient peu à peu au XIXe siècle un véritable instrument d’ordre. Refuser ce mode d’expression politique, « fait de délégation et d’oubli de soi », revient dès lors à en utiliser, voire à en inventer d’autres – parfois plus violents.

Jérémie Moualek, quant à lui, redonne leur profondeur historique aux votes blancs et nuls : d’abord vus comme de simples votes irréguliers, ils deviennent rapidement des « déviances électorales » et des « voix perdues » aux yeux des politiques en quête de légitimité. C’est avec la VRépublique et son offre politique binaire, donc restreinte, que le vote blanc gagne en crédibilité avant de devenir, dans les années 1990, un « non-choix sophistiqué », un droit de ne pas choisir, voire de ne pas élire.

Loin de laisser de côté les ressorts sociaux de la démobilisation électorale, les deux contributions des directeurs de l’ouvrage se penchent sur les conséquences du renouvellement générationnel et des conditions de travail et d’emploi. Le lecteur y apprend notamment que si, parmi les nouvelles cohortes générationnelles, les partisans du « vote intermittent » sont de plus en plus nombreux, des citoyens défiants mais non moins informés privilégient des moyens d’expression moins passifs que le vote pour se faire entendre : manifestations, pétitions, boycott, mobilisation sur les réseaux sociaux… Ou encore que les salariés dont le travail est répétitif et offre peu de place à l’autonomie ont moins tendance à voter que le reste des salariés.

 

Elections 2022: Omicron et le risque de “grande abstention”

Elections 2022:  Omicron et le risque de “grande abstention”

À juste titre, Alain Savary , Ancien député, s’inquiète dans l’Opinion  d’un risque possible de grande abstention à l’occasion des élections de 2022.

Les récents sondages ont démontré qu’au moins la moitié des Français n’étaient pas certains de voter pour ces élections. Non pas en raison de la crise vaccinale mais surtout en raison d’un manque d’offre politique correspondante aux attentes des électeurs. Il se pourrait bien que la pandémie puisse nourrir encore davantage ce courant abstentionniste sans doute par crainte d’être contaminé (la crise sanitaire sera encore loin d’être maîtrisée en avril) mais aussi  par le sentiment supplémentaire que la politique a perdu de son intérêt et de son efficacité même pour les champs régaliens majeurs comme la santé.

«Des niveaux d’abstention électorale élevés présenteraient à l’élection présidentielle et aux élections législatives un risque politique majeur pour l’exercice de la prochaine mandature et pour notre démocratie»estime Alain Savary.

Est-ce le fait de la renaissance frénétique qui a marqué l’été après les rudes épreuves sanitaires de 2020, ou d’une disposition heureuse de l’esprit humain à l’oubli rapide des mauvais souvenirs ? Toujours est-il que des nombreux scénarios avancés ces derniers mois pour l’élection présidentielle de l’an prochain, aucun n’a vraiment intégré l’hypothèse d’un scrutin placé une nouvelle fois sous contexte pandémique aigu.

Il est vrai que nos démocraties ont appris à « faire avec », et que de nombreuses consultations électorales se sont succédé depuis les débuts de la crise sanitaire dans les grandes démocraties, aux Pays-Bas, aux Etats-Unis, et même en France avec les élections municipales de mars 2020 et les régionales et départementales un an plus tard.

Alain Savary évite cependant de parler des taux d’abstention exceptionnelle qui ont affecté ces sélections municipales et régionales. NDLR

Elections Présidentielles : Les promesses de Valérie Pécresse

Elections Présidentielles  : Les promesses de Valérie Pécresse 

 

Pour résumer un programme qui tente d’articuler libéralisme, action régalienne et rigueur de gestion.

 

ECONOMIE et  SOCIAL 

- Hausse « de 10% des salaires nets jusqu’à 2,2 Smic », par un transfert aux entreprises des cotisations sociales vieillesse

- Relance « dès le printemps 2022″ de la réforme des retraites: départ à 65 ans, pension d’ »au moins un Smic » si on a travaillé toute sa vie

- Hausse des pensions de réversion, cumul emploi-retraite possible

- Renforcement de la dégressivité des allocations chômage après six mois

- « Droit au logement prioritaire » pour les travailleurs de première ligne

- Suppression de 200.000 postes de fonctionnaires mais création de 50.000 pour « protéger, éduquer, soigner »

- « Comité de la hache » de simplification administrative

- Fin des 35 heures de travail hebdomadaire

 

CLIMAT, ENERGIE

- Taxe carbone aux frontières de l’Europe

- Objectif de neutralité carbone « en 2050″: Livret Vert, aucun véhicule neuf à énergie thermique « en 2040″

- Lancement de 6 EPR, zones d’ »interdiction d’implantation des éoliennes »

ECOLE

- Deux heures de français et une de maths en plus en primaire

- Examen d’entrée en 6e avec « classes de remise à niveau » en cas d’échec

- Création d’une « réserve éducative nationale » avec des profs à la retraite

- Autonomie renforcée des écoles et universités

- Revalorisation des carrières des enseignants, poursuites de « tous les faits » d’outrage ou agression

FAMILLE, SANTE, CULTURE

- Prime à la natalité de « 900 euros par an » dès le premier enfant, hausse des allocations familiales

- Défiscalisation des pensions alimentaires des parents seuls

- Don défiscalisé aux descendants possible « tous les six ans »

- Recrutement de 25.000 soignants à l’hôpital

- Déconjugalisation de l’allocation adulte handicapé

- Création d’une journée nationale des héros français

IMMIGRATION

- Quotas annuels votés par le Parlement

- Fin des visas si les pays ne reprennent pas leurs ressortissants expulsés, « intensification » des charters

- Dépôt des demandes d’asile depuis les ambassades à l’étranger

- Prestations sociales conditionnées à « cinq ans de résidence régulière »

- Durcissement du regroupement familial

LAICITE, INTEGRATION

- Serment de « respect de la laïcité » pour les fonctionnaires, licenciement possible en cas de radicalisation

- Maintien en rétention des « terroristes radicalisés » après leur peine

- Interdiction du « port forcé » du voile ainsi que pour les accompagnatrices scolaires

- 30% maximum de logements sociaux par quartier

SECURITE, JUSTICE

- « 5 milliards » d’euros pour équiper les forces de l’ordre et « 9 milliards par an » pour les tribunaux

- Armement des polices municipales

- Jugements en « moins de six mois » pour les délits du quotidien et « 15 jours » pour les violences conjugales

- Construction de « 20.000 places de prison », ouverture de centres fermés pour les courtes peines

- Retenues sur salaires « contre les amendes impayées »

- Majorité pénale à 16 ans

- « Circonstance aggravante » pour certaines infractions commises « dans 72 zones de reconquête républicaine »

- Reconnaissance faciale dans les transports en commun

Politique– Elections Législatives 2022 : vers une possible cohabitation

Politique– Elections Législatives 2022 : vers une possible cohabitation

 

Les médias se focalisent sur des hypothèses de résultats pour les élections présidentielles. En l’état des sondages, Macron apparaît favori au premier comme au second tour sans doute davantage en raison de la faiblesse de ses adversaires que pour  ses qualités propres. Pour preuve, presque la moitié du corps électoral de gauche serait prêts à voter utile (plus exactement inutile!) pour l’actuel président de la république tellement les candidats de la gauche paraissent n’avoir strictement aucune chance. La totalité des voix de gauche  actuellement tourne autour de 25 à 30 % seulement.

 

Par contre, peu d’experts politiques traitent encore des perspectives des législatives. Or  le danger pour Macron pourrait venir surtout de cette échéance électorale. En effet la majorité parlementaire actuelle n’aura pas laissé un grand souvenir dans l’opinion. En cause, un majorité  le plus souvent transparente incompétente et sans volonté. Peu de personnalités sont apparues chez ces néo députés choisis sur Internet ( et surtout dans les instituts d’études politiques).

Les élections locales départementales ou municipales ont bien montré que le parti la république en marche demeurait complètement virtuel et les résultats les élections départementales et municipales de la majorité ont été catastrophiques.

 

Il pourrait en être de même lors des prochaines législatives. Du coup, il conviendra alors d’accepter une cohabitation qui risque de plonger le pays dans encore davantage de contradictions et d’immobilisme.

Démocratie : des sondages pour remplacer les élections ?

Démocratie : des sondages pour remplacer les élections ?

« Les élections se font de plus en plus sans les électeurs « , déclare le rédacteur en chef de Ouest-France qui critique la multiplication des sondages.

Le journal ne commandera ni ne publiera de sondage afin de ne pas alimenter les débats médiatiques.

 

« Les élections se font de plus en plus sans les électeurs », déclare dimanche 24 octobre sur franceinfo François-Xavier Lefranc, rédacteur en chef de Ouest-France qui a pris la décision de s’abstenir de publier les intentions de vote pour la présidentielle de 2022.

 

S’il considère les sondeurs comme des professionnels, François Xavier Lefranc n’accepte plus « cette avalanche » d’intentions de vote qui tombe sur les citoyens et qui, pense-t-il, « les détournent de l’essentiel, c’est-à-dire le débat sur tous les sujets qui les concernent. » Pour le rédacteur en chef de Ouest-France, « le sondage n’apporte pas d’info ». Le journal ne commandera ni ne publiera de sondage afin de ne pas alimenter les débats médiatiques. « On trouve assez ahurissant qu’autant d’énergie médiatique soit mise dans le commentaire de sondage et cette énergie devrait être tournée en direction des citoyens pour leur donner la parole », a-t-il jugé.

François-Xavier Lefranc estime qu’avec ces sondages, « on a l’impression que les Français s’expriment et ils ne s’expriment pas du tout. » Il prône le retour sur le terrain des journalistes pour réaliser des reportages en donnant la parole aux Français.  »La démocratie s’en porterait mieux », assène-t-il.

Démocratie : des sondages à la place des élections ?

 

  »Les élections se font de plus en plus sans les électeurs », déclare le rédacteur en chef de Ouest-France qui critique la multiplication des sondages.

Le journal ne commandera ni ne publiera de sondage afin de ne pas alimenter les débats médiatiques.

 

« Les élections se font de plus en plus sans les électeurs », déclare dimanche 24 octobre sur franceinfo François-Xavier Lefranc, rédacteur en chef de Ouest-France qui a pris la décision de s’abstenir de publier les intentions de vote pour la présidentielle de 2022.

 

S’il considère les sondeurs comme des professionnels, François Xavier Lefranc n’accepte plus « cette avalanche » d’intentions de vote qui tombe sur les citoyens et qui, pense-t-il, « les détournent de l’essentiel, c’est-à-dire le débat sur tous les sujets qui les concernent. » Pour le rédacteur en chef de Ouest-France, « le sondage n’apporte pas d’info ». Le journal ne commandera ni ne publiera de sondage afin de ne pas alimenter les débats médiatiques. « On trouve assez ahurissant qu’autant d’énergie médiatique soit mise dans le commentaire de sondage et cette énergie devrait être tournée en direction des citoyens pour leur donner la parole », a-t-il jugé.

François-Xavier Lefranc estime qu’avec ces sondages, « on a l’impression que les Français s’expriment et ils ne s’expriment pas du tout. » Il prône le retour sur le terrain des journalistes pour réaliser des reportages en donnant la parole aux Français.  »La démocratie s’en porterait mieux », assène-t-il.

Prix du gaz : le blocage maintenu jusqu’aux élections présidentielles

Prix du gaz : le blocage maintenu jusqu’aux élections présidentielles

Jean Castex fait évidemment des promesses qu’il  ne pourra pas tenir en indiquant que le blocage des prix du gaz réglementé concernera toute l’année 2022. Tout au plus, il peut affirmer que le dispositif s’appliquera jusqu’aux élections présidentielles. Ensuite évidemment un nouveau gouvernement- voir- une nouvelle majorité- remettra certainement en cause des mesures dans certaines ont bien entendu des aspects électoraux.

 

En outre en considérant toutes les promesses et décisions du gouvernement, il y a fort à parier qu’on justifiera une certaine rigueur budgétaire après les prochaines élections présidentielles et législatives. Un rituel classique dans la gestion budgétaire de l’État.

 

De ce fait, les déclarations de Jean Castex n’engagent que lui-même quand il affirme:. «Le 30 septembre dernier, je vous ai dit que nous pensions (l’arrêter) fin avril. Les experts nous indiquaient qu’à partir d’avril, les tarifs commenceraient leur décrue. Aujourd’hui, les experts nous disent que cette décrue interviendra mais sera plus lente donc nous avons pris nos responsabilités en maintenant les blocages des prix sur tout le long de l’année 2022», a-t-il expliqué.

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