Archive pour le Tag 'Elections'

Elections : le parachutage , un vrai scandale démocratique

Elections  : le  parachutage , un vrai scandale démocratique

par Anne Chemin dans le Monde

 

C’est une métaphore politique qui renvoie au registre de la guerre : le « parachutage » consiste à envoyer sur le front électoral un officier étranger au bataillon. Pour les législatives, Eric Zemmour avait ainsi choisi de mener campagne dans le Var, Manuel Bompard à Marseille ou Jean-Michel Blanquer dans le Loiret – ce qui leur a valu un procès en illégitimité. Les débarquements de dernière minute, constate le politiste Michel Hastings dans le livre collectif Le Parachutage politique (L’Harmattan, 2003), suscitent le plus souvent une « réprobation éthique » opposant « le petit au gros, la province à la capitale, les gens d’en bas aux gens d’en haut, le bon sens à l’idéologie ».

La pratique est pourtant très ancienne. Sous la monarchie censitaire, au début du XIXe siècle, Guizot et Lamartine se portent candidats dans des régions où ils n’ont aucune attache. « Cette tradition se poursuit sous la IIIe République, observe Bernard Dolez, professeur de science politique à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne. A la fin du XIXe, le système des candidatures multiples permet à Thiers, à Gambetta ou au général Boulanger d’être élus dans plusieurs départements – donc, forcément, dans des endroits qu’ils ne connaissent pas. La règle est supprimée en 1889, mais les parachutages restent fréquents : en 1929, Léon Blum devient député d’un département où il se rend très rarement, l’Aude. »

Si l’usage a plus de deux siècles, le terme, en revanche, est récent. Pour l’universitaire François Rangeon, il apparaît en 1951 dans un ouvrage de Maurice Duverger consacré aux partis. « L’auteur met le mot entre guillemets, ce qui indique qu’il s’agit, à l’époque, d’un néologisme », note-t-il dans Le Parachutage politique. Huit ans plus tard, le terme « parachuté » est cité dans L’Année politique, la revue des faits politiques, diplomatiques, économiques et sociaux d’André Siegfried, Roger Seydoux et Edouard Bonnefous : l’adversaire poujadiste d’Edgar Faure lors des législatives de 1958 est alors qualifié de « parachuté de la dernière heure ».

Le parachutage ne constitue pas « une entorse à la loi ou à la théorie démocratique », souligne le politiste François Rangeon. Parce qu’un député n’est pas censé représenter ses électeurs mais la nation tout entière, rien n’interdit en effet à un candidat aux législatives de se présenter dans une circonscription où il n’a aucune attache. « Cette pratique est cependant stigmatisée : elle sert à délégitimer son adversaire, souligne Bernard Dolez. Ce n’est pas le cas en Grande-Bretagne, où la vie politique est beaucoup moins territorialisée que dans l’Hexagone : la coutume veut ainsi qu’un ministre dépourvu de mandat parlementaire se présente dans la première circonscription qui se libère – où qu’elle soit. »

Elections législatives 2022 : un vote sanction contre la méthode Macron

Elections législatives 2022 : un vote sanction contre la méthode Macron

 

 

Le désir de renouvellement des élus qui habite les électeurs a empêché Emmanuel Macron d’obtenir la majorité absolue. Le président semble avoir été sommé de changer radicalement de méthode d’après Jérôme Fenoglio dans le Monde .

 

Une fois mis en mouvement, le dégagisme s’avère un mécanisme électoral presque impossible à enrayer. Porté au pouvoir par ce puissant phénomène de rejet, de ses prédécesseurs tout autant que de ses concurrents issus des partis traditionnels, Emmanuel Macron pensait lui avoir échappé en obtenant sa réélection à la présidence de la République, il y a près de deux mois. Las, c’est la majorité absolue qu’il revendiquait à l’Assemblée nationale qui vient d’être frappée de plein fouet par ce désir de renouvellement des têtes et de bouleversement des situations acquises qui semble tenailler les électeurs français. Au soir de ce second tour des élections législatives, M. Macron se retrouve face à un état des lieux tout aussi inédit que celui qui avait été dressé à son entrée à l’Elysée, cinq ans plus tôt.

Un vote sanction, sans équivalent après une réélection aussi récente, a presque réduit de moitié le nombre des députés de son parti, LRM, au sein d’une coalition, Ensemble !, à laquelle manquent plus de quarante sièges pour atteindre la majorité absolue, alors qu’elle était si large au cours du premier quinquennat. Il lui faudra donc se résigner à une majorité relative bien plus ténue, plus isolée, et infiniment moins souhaitée que celle à laquelle François Mitterrand avait confronté son premier ministre, Michel Rocard, après sa réélection de 1988.

Cette secousse politique majeure a valu bien des déconvenues au camp présidentiel durant la soirée : trois ministres défaites, nombre de figures du parti et du groupe parlementaire battues – dont Christophe Castaner et Richard Ferrand, piliers de la conquête puis de l’exercice du pouvoir – vont obliger à recomposer en profondeur la physionomie de la Macronie. Mais c’est un chiffre qui scelle, plus que tous les autres, l’échec du président. Dans la nouvelle Assemblée nationale siégeront, selon les décomptes du Monde, 91 députés issus de l’extrême droite, dont 89 du Rassemblement national. Ce nombre représente le triple du sommet historique atteint par le Front national de Jean-Marie Le Pen en 1986. Cette fois sans proportionnelle, alors que c’était le cas à l’époque. C’est au scrutin majoritaire, réputé si pénalisant pour ses troupes, que Marine Le Pen a cueilli ce succès au terme d’une campagne si relâchée qu’elle-même en semblait la première surprise.

Face à cette extrême droite, un mécanisme électoral, bien moins solide que le dégagisme ambiant, a été cassé : le front républicain. A force d’entorses passées, il était de fait déjà bien déréglé. Mais c’est le parti présidentiel qui lui a porté le coup fatal, dans l’entre-deux-tours de ces législatives, en ne donnant pas de consigne nationale pour faire battre les candidats RN, alors qu’Emmanuel Macron doit en bonne partie sa réélection face à Marine Le Pen au respect de cette discipline entre formations républicaines. Dimanche, ce sentiment de trahison s’est traduit par un effondrement général du réflexe républicain : d’après les sondages, les électeurs de LRM ne se sont pas davantage déplacés que ceux de la Nupes pour barrer la route à un concurrent RN. De la part de la majorité sortante, cette absence de réciprocité ne signe pas seulement le cynisme d’une manœuvre à courte vue – qui aura finalement contribué à nuire à son propre résultat.

Elle constitue surtout, pour M. Macron, un reniement majeur par rapport aux principes affichés lors de la fondation de son parti et des prémices de sa conquête du pouvoir. Les citations prononcées alors sont nombreuses et éloquentes. La lutte contre les causes du vote RN, et contre la formation politique qui en tire profit, figurait au premier rang des priorités. Jamais aucun signe d’égalité n’avait été tiré entre le parti d’extrême droite – dont les racines xénophobes n’ont pas évolué – et la protestation radicale portée par La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, quels que soient les griefs formulés à son encontre.

Plus récemment, avant le second tour, des emprunts ont même été effectués dans le programme et les slogans du candidat « insoumis », des paroles amènes ont été prononcées à l’attention de ses partisans. Jusqu’à ce que l’accord conclu au sein de la Nupes ne modifie le rapport de force et conduise brusquement à traiter la coalition autour de M. Mélenchon comme le plus grand des périls, et comme une proposition « extrême ». Au risque de laisser penser que cet adjectif sert avant tout à disqualifier, au gré des circonstances, tout ce qui gêne l’accès puis le maintien au pouvoir d’Emmanuel Macron.

Dimanche soir, un homme était involontairement le révélateur de ces calculs et de ces reniements. Clément Beaune, ministre délégué chargé de l’Europe, a arraché de justesse son siège de député de Paris après avoir été l’un des très rares de son camp à appeler à voter, sans ambiguïté aucune, contre les candidats du RN. Au milieu de l’hécatombe des figures de la majorité, sa victoire sonnait comme un rappel bienvenu de ce que fut l’essence proclamée du macronisme : un attachement à la construction européenne viscéralement lié au rejet du nationalisme d’extrême droite.

Toutefois, les défaillances de la coalition présidentielle n’expliquent pas, à elles seules, le nombre historique de députés RN et l’attraction que ce parti exerce sur des électeurs loin d’être tous conscients des périls que cachent les nouvelles postures protectrices de Marine Le Pen. La complaisance prêtée par certains médias, et quelques intellectuels, aux premiers mois de campagne d’Eric Zemmour a certainement accentué le trouble, en laissant accroire que ces délires racistes et xénophobes étaient compatibles avec un rassemblement de toutes les composantes de la droite et de son extrême. La délimitation de ce qui peut être dit, et surtout être fait, en démocratie, n’en finit plus de susciter l’ironie. Les votes de barrage sont devenus objets de moquerie, l’invocation de principes républicains est assimilée à un bruit de quincaillerie.

Lors de ces législatives, les Républicains ont fini par payer le prix fort de cette banalisation, en voyant leur nombre de députés amputé de plus d’un tiers. Le RN pourra constituer un groupe plus puissant que le leur, et sans doute même revendiquer le statut de deuxième parti le mieux représenté à l’Assemblée, devant La France insoumise, composante la plus fournie de la Nupes.

Pour la gauche, ces élections laisseront un goût d’inachevé. Le mécanisme d’union a permis d’entrer en force dans l’Hémicycle. Les « insoumis » et les Verts obtiennent un nombre de sièges inédit, le PS maintient les siens à un niveau que ne laissait pas augurer le rapport des scores entre Anne Hidalgo et Jean-Luc Mélenchon. Mais le nombre de suffrages obtenus par la coalition n’a pas vraiment progressé par rapport au total de 2017, et l’objectif d’installer le troisième homme de la présidentielle à Matignon est loin d’avoir été atteint. La coalition devra se passer de la présence de son mentor pour s’imposer comme la première force d’opposition, et donner de la visibilité à ses propositions.

Face à ces deux blocs puissants, étant donné que pour l’heure Les Républicains refusent de devenir la force d’appoint d’une majorité absolue, que peuvent faire Emmanuel Macron et sa première ministre, Elisabeth Borne ? A l’évidence pas grand-chose si le président persiste dans les postures et les erreurs qui ont conduit à l’échec de ces législatives. Au jeune élu du premier mandat, qui voulait incarner tous les attraits de la nouveauté, a succédé, ces derniers jours, un chef de la majorité prêt à tirer toutes les ficelles usées du sortant pour s’épargner une vraie campagne : le refrain « moi ou le chaos », l’appropriation des symboles de la République, l’utilisation à outrance de la fonction, la dissimulation du programme, le dénigrement à géométrie variable des adversaires. Bref, à recourir à une hyperprésidentialisation si caricaturale qu’elle invalidait d’avance toutes les promesses de changement.

Le pire serait de persister dans cette tactique et de jouer sur le temps pour démontrer que la paralysie et le blocage sont le fait des oppositions, en rongeant son frein jusqu’à une dissolution. Le temps ne permet plus de se livrer à ces calculs tactiques. Les années du quinquennat qui s’ouvre constituent de fait une période sans retour, où, sur plusieurs fronts, des décisions doivent impérativement être prises.

La fournaise des jours qui ont précédé ce second tour a souligné à quel point l’action face à la crise climatique devient impérieuse. Les réformes et adaptations de nos sociétés de surconsommation doivent être lancées au plus vite. La crise géopolitique prend pour l’heure la forme d’une guerre sur notre continent, et débouche à court terme sur un risque de choc économique, fait de pénuries et d’inflation. La crise démocratique menace de défaire les Etats-Unis ; en France, nous l’avons sous les yeux, elle prend la forme d’une abstention qui n’a jamais été aussi forte, et elle vient d’envoyer près de cent représentants d’un parti d’extrême droite au Parlement. La conjonction de ces périls place, qu’on le veuille ou non, une responsabilité immense sur les épaules du président qui a été réélu pour les cinq prochaines années.

Par leur vote, les électeurs ne lui en ont pas dénié toute capacité, qu’il a montrée au plus fort de la pandémie de Covid-19. Mais ils semblent l’avoir sommé de changer radicalement de méthode : ne plus gouverner seul ou presque, consentir à débattre, prendre le temps de convaincre, composer au lieu d’imposer. Au cours de la si brève campagne écoulée, M. Macron avait théorisé, maladroitement, une « refondation » de la vie démocratique à l’écart de la représentation nationale. La majorité relative donne l’occasion de s’y atteler sans délai, à l’intérieur de l’Hémicycle.

 

Elections Législatives: le parachutage électoral, un vrai scandale démocratique

Elections Législatives: le  parachutage électoral, un vrai scandale démocratique

par Anne Chemin dans le Monde

 

C’est une métaphore politique qui renvoie au registre de la guerre : le « parachutage » consiste à envoyer sur le front électoral un officier étranger au bataillon. Pour les législatives, Eric Zemmour avait ainsi choisi de mener campagne dans le Var, Manuel Bompard à Marseille ou Jean-Michel Blanquer dans le Loiret – ce qui leur a valu un procès en illégitimité. Les débarquements de dernière minute, constate le politiste Michel Hastings dans le livre collectif Le Parachutage politique (L’Harmattan, 2003), suscitent le plus souvent une « réprobation éthique » opposant « le petit au gros, la province à la capitale, les gens d’en bas aux gens d’en haut, le bon sens à l’idéologie ».

La pratique est pourtant très ancienne. Sous la monarchie censitaire, au début du XIXe siècle, Guizot et Lamartine se portent candidats dans des régions où ils n’ont aucune attache. « Cette tradition se poursuit sous la IIIe République, observe Bernard Dolez, professeur de science politique à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne. A la fin du XIXe, le système des candidatures multiples permet à Thiers, à Gambetta ou au général Boulanger d’être élus dans plusieurs départements – donc, forcément, dans des endroits qu’ils ne connaissent pas. La règle est supprimée en 1889, mais les parachutages restent fréquents : en 1929, Léon Blum devient député d’un département où il se rend très rarement, l’Aude. »

Si l’usage a plus de deux siècles, le terme, en revanche, est récent. Pour l’universitaire François Rangeon, il apparaît en 1951 dans un ouvrage de Maurice Duverger consacré aux partis. « L’auteur met le mot entre guillemets, ce qui indique qu’il s’agit, à l’époque, d’un néologisme », note-t-il dans Le Parachutage politique. Huit ans plus tard, le terme « parachuté » est cité dans L’Année politique, la revue des faits politiques, diplomatiques, économiques et sociaux d’André Siegfried, Roger Seydoux et Edouard Bonnefous : l’adversaire poujadiste d’Edgar Faure lors des législatives de 1958 est alors qualifié de « parachuté de la dernière heure ».

Le parachutage ne constitue pas « une entorse à la loi ou à la théorie démocratique », souligne le politiste François Rangeon. Parce qu’un député n’est pas censé représenter ses électeurs mais la nation tout entière, rien n’interdit en effet à un candidat aux législatives de se présenter dans une circonscription où il n’a aucune attache. « Cette pratique est cependant stigmatisée : elle sert à délégitimer son adversaire, souligne Bernard Dolez. Ce n’est pas le cas en Grande-Bretagne, où la vie politique est beaucoup moins territorialisée que dans l’Hexagone : la coutume veut ainsi qu’un ministre dépourvu de mandat parlementaire se présente dans la première circonscription qui se libère – où qu’elle soit. »

Elections législatives 2022 : Une campagne en dehors du sujet

Elections législatives 2022 : Une campagne en dehors du sujet

 

Atone avant le premier tour, le débat politique tourne, depuis, à la caricature. Plutôt que de débattre des graves enjeux du moment, la majorité s’applique à présenter la gauche en menace pour la République et les candidats de la Nupes prétendent dévoiler l’« agenda caché » du président. ( papier du Monde)

 

Entamée sur de lourds non-dits, la campagne des élections législatives qui prend fin vendredi 17 juin menace de se terminer dans la caricature. Chaque jour, le ton monte un peu plus entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, comme si l’on était encore dans le prolongement du match présidentiel, alors qu’il s’agit d’élire 572 députés (cinq l’ayant déjà été au premier tour) pour un travail primordial d’élaboration de la loi et de contrôle de l’exécutif. L’excessive présidentialisation du régime se lit à travers l’impossibilité d’exister pour les autres acteurs, à commencer par la première ministre, Elisabeth Borne, qui échoue à imprimer sa marque en ce début de quinquennat.

La feinte dont use depuis des mois le camp présidentiel face au retournement de la conjoncture et à l’impopularité de son projet de retraite à 65 ans est en passe de se retourner contre lui. En en disant le moins possible, le président de la République espérait anesthésier le débat et éviter la cristallisation d’un camp contre lui. En parvenant à réaliser l’union des gauches derrière sa personne, l’« insoumis », qui n’était arrivé qu’en troisième position lors du premier tour de la présidentielle, a déjoué le piège. Il s’est mis en situation de pouvoir priver le président de la République d’une majorité, dimanche 19 juin, si un nombre suffisant d’abstentionnistes le rallient.

Depuis, l’Elysée peine à reprendre la main, alternant silence et déclarations dramatiques, comme celle prononcée sur le tarmac de l’aéroport d’Orly, mardi 14 juin. Avant de s’envoler pour la Roumanie, le président de la République a solennellement exhorté les Français à donner « une majorité solide au pays », en soulignant le risque d’ajouter « un désordre français au désordre du monde ».

Il est normal qu’un chef d’Etat fraîchement réélu demande à son peuple de lui donner les moyens de présider. Mais la dramatisation excessive du ton, alors que la campagne s’est déroulée sous anesthésie, comme à distance du chaos du monde, a surpris. Si la France vit, comme le dit Emmanuel Macron, « un moment historique », il eût été nécessaire que les citoyens y soient associés de près.

Faute de l’avoir fait, le chef de l’Etat en est réduit à pratiquer ce qu’il a longtemps dénoncé : la politique politicienne. Pour tenter de réveiller les électeurs du centre et de la droite, il s’emploie à rejeter Jean-Luc Mélenchon dans le camp de ceux qui menacent la République. Ce faisant, il renvoie dos à dos l’extrême droite et une partie de la gauche, rompt avec la logique du front républicain qui prévalait depuis 2002, suscite le malaise au sein même de ses troupes, pour un résultat aléatoire. A gauche, la dynamique repose sur la fierté d’avoir retrouvé le chemin de l’union, si bien que, à ce stade, les sorties de route de son porte-drapeau comptent relativement peu, de même que l’incohérence programmatique de la coalition qu’il a fait naître.

Se trouvent ainsi réunies les conditions d’une fin de campagne à côté des vrais sujets : plus l’environnement international s’obscurcit, plus les effets du réchauffement climatique deviennent tangibles, plus la France se rétrécit dans des querelles qui n’ont pas lieu d’être. Le camp de la Nupes y prend toute sa part. Depuis dimanche, son propos n’est pas de tenter de crédibiliser un coûteux projet de rupture qui promet la retraite à 60 ans ou le smic à 1 500 euros net, mais de révéler de prétendues hausses d’impôts cachées du projet Macron. La ficelle a beau être grosse, elle est complaisamment relayée, achevant de donner à cette campagne le caractère qu’elle ne devrait pas avoir : celui de ne pas être sérieuse, en des temps d’une extrême gravité.

Elections législatives : entre abstention et vote d’opposition

Elections  législatives : entre abstention et débauchage 

ANALYSE. Abstention record, coalition de gauche bien installée face à la coalition présidentielle : ce qu’il faut retenir de ce premier tour des législatives. Par Julien Robin, Université de Montréal.

Au soir du premier tour des élections législatives, la majorité présidentielle (Ensemble) recueille la majorité des suffrages (25,75 %), au coude à coude avec la NUPES (Nouvelle union populaire écologique et sociale) obtenant 25,66 % des suffrages et devant Rassemblement avec 18,68 % des voix. Alors, au regard de ces résultats, quelles sont les clefs de lecture de ce premier tour ?

Le premier tour de ces élections législatives se solde d’abord par une forte abstention, atteignant les 52,61 %, soit 1,3 point de plus qu’en 2017. Ce niveau d’abstention s’inscrit dans une tendance de fond, avec une hausse continue depuis les élections législatives de 1993.

Une des raisons de la croissance abstentionniste aux législatives peut être institutionnelle. La réforme du quinquennat en 2000, alignant les mandats présidentiels et législatifs, conjuguée à l’inversion du calendrier électoral (la présidentielle précédant les législatives) ont renforcé la présidentialisation du régime et affaiblit la place du Parlement.

Une autre raison peut être conjoncturelle. Comme le rappelle le journaliste Gérard Courtois, depuis 1981, la logique politique voulait que dans la lignée de l’élection présidentielle, il fallait donner une majorité à l’Assemblée nationale pour le président nouvellement élu (François Mitterrand ayant dissout l’Assemblée nationale après ses deux élections présidentielles en 1981 et en 1988). Or, cette année, les deux camps arrivés en tête à la présidentielle (LREM devenu Renaissance et le Rassemblement national) ont mené une campagne législative quasi inexistante.

D’un côté, le président Macron semble avoir opté pour une « stratégie du chloroforme » en se faisant discret lors de cette campagne, mais aussi en temporisant la nomination d’un nouveau gouvernement (trois semaines après sa réélection). De l’autre, Marine Le Pen semblait s’avouer déjà vaincue en ne visant qu’une soixantaine de députés RN à l’Assemblée et était devenue moins visible dans les médias, à tel point que l’on s’est demandé où elle était passée.

En conséquence, cette campagne législative n’aura intéressé que 15 % des Français et n’aura pas été marquée par un thème central lors des débats.

La création de la NUPES a rappelé les grandes heures de la gauche unifiée (le Front Populaire de 1936 ou le Programme Commun de 1972) et a tenté d’insuffler une nouvelle dynamique pour ces législatives. Le slogan « Jean-Luc Mélenchon Premier ministre » adopté par la coalition aura personnifié et nationalisé ces élections et la stratégie du « troisième tour » suit finalement la logique de présidentialisation du régime.

La forte mobilisation (notamment médiatique) de la NUPES conjuguée à une campagne en demi-teinte de la majorité présidentielle peuvent alors expliquer la surprise de cette élection : pour la première fois sous la Ve République, le camp présidentiel n’obtient pas une franche majorité des suffrages exprimés lors du premier tour des élections législatives. Dès lors, il se pourrait que la « macronie » ne dispose pas de la majorité absolue au soir du second tour de cette élection.

Elections Législatives : des députés non représentatifs

Elections Législatives : des députés non représentatifs

 

Une nouvelle fois le taux d’abstention met en cause le fonctionnement démocratique. Ainsi ce taux d’abstention autour de 50 % se traduit par l’élection de députés qui n’auront obtenu en moyenne que 12,5 % des inscrits.

Globalement le taux d’abstention est même supérieur à 50 % car il faut ajouter autour de 15 % de non-inscrits ou de mal inscrits.

Si l’on tient seulement compte de la population inscrite sur les listes électorales chaque député en moyenne ne pourra revendiquer premier tour qu’un peu plus de 10 %. Au soir du premier tour la majorité est à peu près et à égalité avec la gauche avec chacun 25 % environ des voix des inscrits soient effectivement en moyenne un peu plus de 10 %. La question s’était déjà posée pour d’autres élections avec des élus qui ne sont absolument pas représentatifs. C’était en particulier le cas lors des dernières élections locales et les dernières élections régionales. C’est le résultat du système à deux tours en France. La question de la représentation via  des élections proportionnelles est posée depuis longtemps, promise mais jamais mise en œuvre.

Certes le système français assure une certaine stabilité politique. Le problème c’est que d’une part les élus ne sont pas représentatifs en moyenne et qu’au deuxième tour ils doivent leur élection aux voix d’un parti opposé. C’était le cas y compris lors de l’élection présidentielle de Macron qui a bénéficié du soutien de Mélenchon. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner de l’ambiguïté des politiques poursuivies puisque en réalité le mandat des élus demeure particulièrement flou en plus d’être très minoritaire.

Elections législatives 2022 : Une campagne à côté de la plaque

Elections législatives 2022 : Une campagne à côté de la plaque

 

Atone avant le premier tour, le débat politique tourne, depuis, à la caricature. Plutôt que de débattre des graves enjeux du moment, la majorité s’applique à présenter la gauche en menace pour la République et les candidats de la Nupes prétendent dévoiler l’« agenda caché » du président. ( papier du Monde)

 

Entamée sur de lourds non-dits, la campagne des élections législatives qui prend fin vendredi 17 juin menace de se terminer dans la caricature. Chaque jour, le ton monte un peu plus entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, comme si l’on était encore dans le prolongement du match présidentiel, alors qu’il s’agit d’élire 572 députés (cinq l’ayant déjà été au premier tour) pour un travail primordial d’élaboration de la loi et de contrôle de l’exécutif. L’excessive présidentialisation du régime se lit à travers l’impossibilité d’exister pour les autres acteurs, à commencer par la première ministre, Elisabeth Borne, qui échoue à imprimer sa marque en ce début de quinquennat.

La feinte dont use depuis des mois le camp présidentiel face au retournement de la conjoncture et à l’impopularité de son projet de retraite à 65 ans est en passe de se retourner contre lui. En en disant le moins possible, le président de la République espérait anesthésier le débat et éviter la cristallisation d’un camp contre lui. En parvenant à réaliser l’union des gauches derrière sa personne, l’« insoumis », qui n’était arrivé qu’en troisième position lors du premier tour de la présidentielle, a déjoué le piège. Il s’est mis en situation de pouvoir priver le président de la République d’une majorité, dimanche 19 juin, si un nombre suffisant d’abstentionnistes le rallient.

Depuis, l’Elysée peine à reprendre la main, alternant silence et déclarations dramatiques, comme celle prononcée sur le tarmac de l’aéroport d’Orly, mardi 14 juin. Avant de s’envoler pour la Roumanie, le président de la République a solennellement exhorté les Français à donner « une majorité solide au pays », en soulignant le risque d’ajouter « un désordre français au désordre du monde ».

Il est normal qu’un chef d’Etat fraîchement réélu demande à son peuple de lui donner les moyens de présider. Mais la dramatisation excessive du ton, alors que la campagne s’est déroulée sous anesthésie, comme à distance du chaos du monde, a surpris. Si la France vit, comme le dit Emmanuel Macron, « un moment historique », il eût été nécessaire que les citoyens y soient associés de près.

Faute de l’avoir fait, le chef de l’Etat en est réduit à pratiquer ce qu’il a longtemps dénoncé : la politique politicienne. Pour tenter de réveiller les électeurs du centre et de la droite, il s’emploie à rejeter Jean-Luc Mélenchon dans le camp de ceux qui menacent la République. Ce faisant, il renvoie dos à dos l’extrême droite et une partie de la gauche, rompt avec la logique du front républicain qui prévalait depuis 2002, suscite le malaise au sein même de ses troupes, pour un résultat aléatoire. A gauche, la dynamique repose sur la fierté d’avoir retrouvé le chemin de l’union, si bien que, à ce stade, les sorties de route de son porte-drapeau comptent relativement peu, de même que l’incohérence programmatique de la coalition qu’il a fait naître.

Se trouvent ainsi réunies les conditions d’une fin de campagne à côté des vrais sujets : plus l’environnement international s’obscurcit, plus les effets du réchauffement climatique deviennent tangibles, plus la France se rétrécit dans des querelles qui n’ont pas lieu d’être. Le camp de la Nupes y prend toute sa part. Depuis dimanche, son propos n’est pas de tenter de crédibiliser un coûteux projet de rupture qui promet la retraite à 60 ans ou le smic à 1 500 euros net, mais de révéler de prétendues hausses d’impôts cachées du projet Macron. La ficelle a beau être grosse, elle est complaisamment relayée, achevant de donner à cette campagne le caractère qu’elle ne devrait pas avoir : celui de ne pas être sérieuse, en des temps d’une extrême gravité.

Élections : Le scandale démocratique du parachutage

Le parachutage électorale, un vrai scandale démocratique par Anne Chemin dans le Monde

 

C’est une métaphore politique qui renvoie au registre de la guerre : le « parachutage » consiste à envoyer sur le front électoral un officier étranger au bataillon. Pour les législatives, Eric Zemmour avait ainsi choisi de mener campagne dans le Var, Manuel Bompard à Marseille ou Jean-Michel Blanquer dans le Loiret – ce qui leur a valu un procès en illégitimité. Les débarquements de dernière minute, constate le politiste Michel Hastings dans le livre collectif Le Parachutage politique (L’Harmattan, 2003), suscitent le plus souvent une « réprobation éthique » opposant « le petit au gros, la province à la capitale, les gens d’en bas aux gens d’en haut, le bon sens à l’idéologie ».

La pratique est pourtant très ancienne. Sous la monarchie censitaire, au début du XIXe siècle, Guizot et Lamartine se portent candidats dans des régions où ils n’ont aucune attache. « Cette tradition se poursuit sous la IIIe République, observe Bernard Dolez, professeur de science politique à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne. A la fin du XIXe, le système des candidatures multiples permet à Thiers, à Gambetta ou au général Boulanger d’être élus dans plusieurs départements – donc, forcément, dans des endroits qu’ils ne connaissent pas. La règle est supprimée en 1889, mais les parachutages restent fréquents : en 1929, Léon Blum devient député d’un département où il se rend très rarement, l’Aude. »

Si l’usage a plus de deux siècles, le terme, en revanche, est récent. Pour l’universitaire François Rangeon, il apparaît en 1951 dans un ouvrage de Maurice Duverger consacré aux partis. « L’auteur met le mot entre guillemets, ce qui indique qu’il s’agit, à l’époque, d’un néologisme », note-t-il dans Le Parachutage politique. Huit ans plus tard, le terme « parachuté » est cité dans L’Année politique, la revue des faits politiques, diplomatiques, économiques et sociaux d’André Siegfried, Roger Seydoux et Edouard Bonnefous : l’adversaire poujadiste d’Edgar Faure lors des législatives de 1958 est alors qualifié de « parachuté de la dernière heure ».

Le parachutage ne constitue pas « une entorse à la loi ou à la théorie démocratique », souligne le politiste François Rangeon. Parce qu’un député n’est pas censé représenter ses électeurs mais la nation tout entière, rien n’interdit en effet à un candidat aux législatives de se présenter dans une circonscription où il n’a aucune attache. « Cette pratique est cependant stigmatisée : elle sert à délégitimer son adversaire, souligne Bernard Dolez. Ce n’est pas le cas en Grande-Bretagne, où la vie politique est beaucoup moins territorialisée que dans l’Hexagone : la coutume veut ainsi qu’un ministre dépourvu de mandat parlementaire se présente dans la première circonscription qui se libère – où qu’elle soit. »

Elections Législatives : des députés non représentatifs

Elections Législatives : des députés non représentatifs

 

Une nouvelle fois le taux d’abstention met en cause le fonctionnement démocratique. Ainsi ce taux d’abstention autour de 50 % se traduit par l’élection de députés qui n’auront obtenu en moyenne que 12,5 % des inscrits.

Globalement le taux d’abstention est même supérieur à 50 % car il faut ajouter autour de 15 % de non-inscrits ou de mal inscrits.

Si l’on tient seulement compte de la population inscrite sur les listes électorales chaque député en moyenne ne pourra revendiquer premier tour qu’un peu plus de 10 %. Au soir du premier tour la majorité est à peu près et à égalité avec la gauche avec chacun 25 % environ des voix des inscrits soient effectivement en moyenne un peu plus de 10 %. La question s’était déjà posée pour d’autres élections avec des élus qui ne sont absolument pas représentatifs. C’était en particulier le cas lors des dernières élections locales et les dernières élections régionales. C’est le résultat du système à deux tours en France. La question de la représentation via  des élections proportionnelles est posée depuis longtemps, promise mais jamais mise en œuvre.

Certes le système français assure une certaine stabilité politique. Le problème c’est que d’une part les élus ne sont pas représentatifs en moyenne et qu’au deuxième tour ils doivent leur élection aux voix d’un parti opposé. C’était le cas y compris lors de l’élection présidentielle de Macron qui a bénéficié du soutien de Mélenchon. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner de l’ambiguïté des politiques poursuivies puisque en réalité le mandat des élus demeure particulièrement flou en plus d’être très minoritaire.

Elections législatives : entre abstention et recomposition

Elections  législatives : entre abstention et recomposition 

ANALYSE. Abstention record, coalition de gauche bien installée face à la coalition présidentielle : ce qu’il faut retenir de ce premier tour des législatives. Par Julien Robin, Université de Montréal.

Au soir du premier tour des élections législatives, la majorité présidentielle (Ensemble) recueille la majorité des suffrages (25,75 %), au coude à coude avec la NUPES (Nouvelle union populaire écologique et sociale) obtenant 25,66 % des suffrages et devant Rassemblement avec 18,68 % des voix. Alors, au regard de ces résultats, quelles sont les clefs de lecture de ce premier tour ?

Le premier tour de ces élections législatives se solde d’abord par une forte abstention, atteignant les 52,61 %, soit 1,3 point de plus qu’en 2017. Ce niveau d’abstention s’inscrit dans une tendance de fond, avec une hausse continue depuis les élections législatives de 1993.

Une des raisons de la croissance abstentionniste aux législatives peut être institutionnelle. La réforme du quinquennat en 2000, alignant les mandats présidentiels et législatifs, conjuguée à l’inversion du calendrier électoral (la présidentielle précédant les législatives) ont renforcé la présidentialisation du régime et affaiblit la place du Parlement.

Une autre raison peut être conjoncturelle. Comme le rappelle le journaliste Gérard Courtois, depuis 1981, la logique politique voulait que dans la lignée de l’élection présidentielle, il fallait donner une majorité à l’Assemblée nationale pour le président nouvellement élu (François Mitterrand ayant dissout l’Assemblée nationale après ses deux élections présidentielles en 1981 et en 1988). Or, cette année, les deux camps arrivés en tête à la présidentielle (LREM devenu Renaissance et le Rassemblement national) ont mené une campagne législative quasi inexistante.

D’un côté, le président Macron semble avoir opté pour une « stratégie du chloroforme » en se faisant discret lors de cette campagne, mais aussi en temporisant la nomination d’un nouveau gouvernement (trois semaines après sa réélection). De l’autre, Marine Le Pen semblait s’avouer déjà vaincue en ne visant qu’une soixantaine de députés RN à l’Assemblée et était devenue moins visible dans les médias, à tel point que l’on s’est demandé où elle était passée.

En conséquence, cette campagne législative n’aura intéressé que 15 % des Français et n’aura pas été marquée par un thème central lors des débats.

La création de la NUPES a rappelé les grandes heures de la gauche unifiée (le Front Populaire de 1936 ou le Programme Commun de 1972) et a tenté d’insuffler une nouvelle dynamique pour ces législatives. Le slogan « Jean-Luc Mélenchon Premier ministre » adopté par la coalition aura personnifié et nationalisé ces élections et la stratégie du « troisième tour » suit finalement la logique de présidentialisation du régime.

La forte mobilisation (notamment médiatique) de la NUPES conjuguée à une campagne en demi-teinte de la majorité présidentielle peuvent alors expliquer la surprise de cette élection : pour la première fois sous la Ve République, le camp présidentiel n’obtient pas une franche majorité des suffrages exprimés lors du premier tour des élections législatives. Dès lors, il se pourrait que la « macronie » ne dispose pas de la majorité absolue au soir du second tour de cette élection.

Elections Législatives : tous perdants

Elections  Législatives : tous perdants

 

On ne peut pas dire qu’il y avait un grand enthousiasme dans les déclarations des différents leaders politiques à la suite du résultat premier tour des législatives. La vérité oblige à dire qu’il n’y a pas de vrai vainqueur. On peut même considérer qu’il n’y a que des perdants. Le premier perdant est évidemment le camp de Macron qui ne réalise même pas son score du premier tour présidentiel  et se trouve tout juste à égalité avec l’union de Mélenchon. Ce dernier n’a pas non plus gagné son pari il visait à contraindre Macron à le choisir comme premier ministre. On est loin du compte dans toutes les hypothèses mêmes s’il faut reconnaître le redressement très significatif de la gauche radicale. De son côté le rassemblement national a perdu sa place de premier parti d’opposition avec un peu moins de 19 %.

Au total, la plupart des grands partis sont perdants. Ils ne sont d’ailleurs guère représentatifs puisqu’en moyenne chaque député n’aura réuni que de l’ordre de 10 % au premier tour.

Avec de tels résultats, la crise démocratique ne pourra que s’amplifier. Une crise d’ailleurs générale puisque l’abstention de l(ordre de 50 % montre le désintérêt de la plupart des citoyens pour les élections aussi  bien législatives que régionales ou locales. (il faut ajouter les non-inscrits et les mal inscrits soient 10 à 20 %)

La Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) a obtenu 25,66% des voix, dimanche 12 juin, lors du premier tour des élections législatives 2022, selon le ministère de l’Intérieur. L’alliance de gauche est au coude-à-coude avec celle de la majorité présidentielle, Ensemble !, qui récolte 25,75% des suffrages. Le  Rassemblement national arrive troisième avec 18,68% des voix. Le parti d’extrême droite est suivi par la droite : Les Républicains, l’UDI et les divers droite récoltent 13,62% des suffrages.Quant à Eric Zemmour, il  disparaît du champ politique.

 

Elections Législatives : des députés non représentatifs

Elections Législatives : des députés non représentatifs

 

Une nouvelle fois le taux d’abstention met en cause le fonctionnement démocratique. Ainsi ce taux d’abstention autour de 50 % se traduit par l’élection de députés qui n’auront obtenu en moyenne que 12,5 % des inscrits.

Globalement le taux d’abstention est même supérieur à 50 % car il faut ajouter autour de 15 % de non-inscrits ou de mal inscrits.

Si l’on tient seulement compte de la population inscrite sur les listes électorales chaque député en moyenne ne pourra revendiquer premier tour qu’un peu plus de 10 %. Au soir du premier tour la majorité est à peu près et à égalité avec la gauche avec chacun 25 % environ des voix des inscrits soient effectivement en moyenne un peu plus de 10 %. La question s’était déjà posée pour d’autres élections avec des élus qui ne sont absolument pas représentatifs. C’était en particulier le cas lors des dernières élections locales et les dernières élections régionales. C’est le résultat du système à deux tours en France. La question de la représentation via  des élections proportionnelles est posée depuis longtemps, promise mais jamais mise en œuvre.

Certes le système français assure une certaine stabilité politique. Le problème c’est que d’une part les élus ne sont pas représentatifs en moyenne et qu’au deuxième tour ils doivent leur élection aux voix d’un parti opposé. C’était le cas y compris lors de l’élection présidentielle de Macron qui a bénéficié du soutien de Mélenchon. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner de l’ambiguïté des politiques poursuivies puisque en réalité le mandat des élus demeure particulièrement flou en plus d’être très minoritaire.

Elections Législatives: une claque pour Macron et changement de gouvernement en vue

Elections Législatives: une claque  pour Macron et changement de gouvernement en vue

Un papier de Challenge souligne l’humiliation subie par le chef de l’État, un fait sans précédent sous la Ve République ; en effet le chef de l’État ne retrouve même pas son score du premier tour des présidentielles. Du coup, il devrait être contraint pour obtenir une majorité à l’assemblée de passer des alliances avec les Républicains. Et il pourrait être amené à changer du gouvernement d’autant que la première Ministre n’a pas réussi  à marquer de son empreinte la vie politique

 

Ce n’est pas une bérézina. Quoiqu’il arrive, le 20 juin, au lendemain du second tour des élections législatives, le parti présidentiel devrait disposer du premier groupe au Parlement. Avec une courte majorité. Ou pas. Dans le premier cas, il sera à la merci de ses alliés du Modem ou d’Horizons. Dans le deuxième cas, il devra faire appel à des supplétifs, sans doute des élus LR. Emmanuel Macron pourra alors bénéficier des services de l’agent recruteur Nicolas Sarkozy. Dans les deux hypothèses le président se prépare à des jours difficiles. Le voilà placé sous tutelle, dès le début de son deuxième quinquennat. Ce n’est pas glorieux.

Pas une bérézina, donc, mais une gifle, une claque, une baffe… Quelque chose d’humiliant. Administré par plus fort que soi. Qui vous laisse un peu chancelant. Il est vrai que le score est humiliant. 25,2% contre 25,6% contre pour la Nupes au dernier décompte de 21h30. Même s’il s’agit de quelques déciles, se faire doubler par une coalition brinquebalante bricolée en deux temps trois mouvements au lendemain de la présidentielle, et dirigée par un homme fantasque, est pour le moins mortifiant, pour Emmanuel Macron. Surtout quand on se souvient qu’en 2017, au lendemain de son élection, il avait 350 députés sur 577.

LIRE AUSSIRetrouvez les temps forts de la soirée électorale

 

Des ballotages difficiles en vue

Jamais, jamais dans l’histoire de la Vème République, au lendemain d’une victoire à la présidence de la République, le parti présidentiel n’a été défait. A force de ne rien dire, de peur de donner des arguments à leurs adversaires, les macronistes ont disparu de l’écran politique. Le catenaccio (du mot italien verrou), tactique de jeu utilisée en football pour bloquer l’attaque adverse, ne fonctionne que si l’équipe à des bases défensives solides. Or qu’y avait-il de solide dans cette équipe? La réforme des retraites? Oui, mais non, peut-être pas 65 ans. Réduire les déficits? Oui, mais en faisant des chèques énergie, des chèques pouvoir d’achat, en revalorisant l’indice des traitements de la fonction publique… Réformer les institutions  Oui certainement mais en réunissant un nouvel organe consultatif pas encore constitué. Rien n’a été verrouillé, en somme. Par peur de heurter ou l’électorat de gauche ou l’électorat de droite. Le résultat est là.

Pas une bérézina, donc, mais une gifle car nombre de personnalités de premier plan comme Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologiste, Clément Beaune, ministre des Affaires européennes, Ricard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, ou Christophe Castaner, président du groupe LREM doivent affronter un ballotage difficile. Jean-Michel Blanquer, étoile du premier quinquennat a, lui, été éliminé sèchement dès le premier tour.

 

Certes, Gabriel Attal, Olivier Véran, Gérald Darmanin, Olivier Dussopt, Frank Riester, tirent bien leur épingle du jeu. Et le second tour peut réserver des surprises. Mais si au second tour, le président n’obtient pas la majorité, il devra repenser son gouvernement, car il sera difficile de rallier des élus Républicains, avec une Première ministre venue du PS.

Elections Législatives 2022 : une campagne complètement hors du temps !

Elections Législatives 2022 : une campagne complètement hors du temps !

 

Malgré des prévisions de croissance à la baisse, le retour de l’inflation et la remontée des taux, les responsables politiques ont fait abstraction de ce changement de conjoncture et affichent des programmes coûteux. (papier du Monde)

 

La fête est finie. Mais qui le sait ? Bercés par les illusions du « quoi qu’il en coûte », de l’argent gratuit, d’un endettement sans douleur, d’une reprise économique vigoureuse qui laissait espérer des lendemains qui chantent, les Français doivent se préparer à un atterrissage compliqué.

Depuis quelques mois, les nuages s’amoncellent. Les prévisionnistes sont à l’unisson pour réviser franchement à la baisse les perspectives de croissance, avec, à la clé, des recettes budgétaires moins importantes que prévu. L’inflation fait un retour fracassant en dévorant le pouvoir d’achat des plus fragiles. La Banque centrale européenne (BCE), qui s’est laissé surprendre par la vigueur de la hausse des prix, est poussée à agir. Jeudi 9 juin, l’institution monétaire a annoncé son premier relèvement des taux directeurs depuis une décennie, augurant une soutenabilité de la dette plus compliquée. Mais qui s’en soucie ?

A aucun moment durant cette étrange campagne des élections législatives, les responsables politiques n’ont voulu évoquer ce changement de conjoncture. Ils ont fait comme si les hypothèses économiques qui sous-tendaient la campagne présidentielle tenaient encore. Emmanuel Macron et son gouvernement n’ont pas eu un mot pour évoquer le risque de renchérissement de la dette publique, qui dépasse actuellement 110 % de la richesse nationale. Ils continuent de s’accrocher à l’idée que les milliards d’investissements publics nécessités par la transition écologique, le nouveau contrat pour l’école ou la remise à flot de l’hôpital public pourront être financés sans hausse d’impôt, pourvu que les Français acceptent de travailler plus. Et, jour après jour, ils dévoilent de coûteuses mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat.

Certes, le gouvernement français peut se targuer d’avoir, par un train de mesures ponctuelles et rapides, mieux contenu la hausse des prix que ses voisins. La plupart de ses annonces sont en outre calibrées de façon à éviter une spirale prix-salaires qui viendrait nourrir durablement l’inflation. Mais, en n’osant pas insister sur l’état réel de la conjoncture, en mettant exclusivement le focus sur le pouvoir d’achat, il donne l’impression d’être électoralement sur la défensive. Le flou persistant autour de son très impopulaire projet de réformes des retraites vient encore accroître le malaise.

En face, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) menée par Jean-Luc Mélenchon s’est imposée comme la principale force d’opposition. Son projet économique repose sur la relance de la consommation populaire, la taxation des plus riches et la réduction du volume de travail. Les 250 milliards d’euros de dépenses supplémentaires prévues chaque année sont censés faire rentrer dans les caisses de l’Etat 267 milliards d’euros. Le chiffrage est cependant contesté par la majorité des économistes, qui soulignent en outre deux dangers : une aggravation du déficit commercial par accroissement massif des importations et le risque d’explosion de la dette à un niveau inacceptable pour nos partenaires européens.

L’incontestable dynamique de la Nupes a conduit le chef de l’Etat à concentrer le tir sur le projet de Jean-Luc Mélenchon, qu’il a qualifié de « désordre et de soumission ». Le durcissement de ses critiques est aussi un aveu de faiblesse. Jusqu’à présent, Emmanuel Macron expliquait que, pour faire accepter leur action, les gouvernants devaient impérativement les expliquer. Plus la conjoncture s’assombrit, plus l’indispensable pédagogie se révèle difficile à assumer.

Elections Législatives: le choix entre la peste, le choléra et la vérole ultralibérale !

Elections Législatives: le choix entre la peste, le choléra et la vérole ultralibérale !

 

Selon  les sondages, le premier parti politique en France, et de très loin, devrait encore être celui de ceux  qui ne votent  pas. C’est-à-dire ce qui ne se rendent pas aux urnes et ceux qui sont mal inscrits ou pas du tout. Soit 60 à 70 % des Français. Rien d’étonnant à cela car si les Français ne sont pas sans reproche comte  tenu notamment de leurs contradictions, la crise politique est cependant imputable à une offre politique un peu surréaliste.

 

Il s’agit en effet de choisir lors de ces législatives de juin 2022 entre la peste, le choléra et la vérole ultralibérale. Les autres courants de pensée sont complètement marginalisés ou en voie d’extinction.

Il y a d’abord évidemment le courant majoritaire représenté par Macron, c’est-à-dire cette espèce de néo ultralibéralisme qui considère que la régulation du marché peut résoudre seule  l’offre  et la demande non seulement dans le domaine marchand mais aussi dans les champs d’intérêt régalien. Juste une preuve quand on sollicite  de façon aussi massive à des cabinets privés sur la question centrale de l’évaluation et l’orientation  des politiques publiques. En plus avec une dimension quasi évidente de retours financiers pour le parti du président. Et la découverte pour compenser d’un accord de non-imposition du fameux cabinet d’expertise . C’est cette politique ultralibérale qui a rendement favorisé l’affaiblissement de la France concernant sa situation industrielle et la décomposition de l’État. Une décomposition de l’État constaté dans de nombreux secteurs stratégiques comme la santé, la sécurité, la recherche, l’éducation.

En face,  les principales forces d’opposition sont celles d’un Front National toujours aussi caricatural qui n’a jamais sérieusement travaillé son programme. À gauche, on trouve son équivalent avec le projet communiste de Mélenchon. Un projet également caractérisé par une incompétence totale sur le plan économique et de graves incertitudes sur les valeurs républicaines voire démocratiques. Un programme qui connaîtrait le sort de celui de 1981: quelques mois d’existence avant le retour à l’austérité. Notons au moins que ces trois forces ont en commun de préférer Poutine au président d’Ukraine.  Ce qui témoigne à l’évidence d’un amateurisme géostratégique , d’une grande cécité politique autant que d’une irresponsabilité vis-à-vis de l’enjeu majeur de la liberté dans le monde et en Europe en particulier

Finalement une énorme majorité de Français ne se retrouvent pas dans ces principales candidatures .

Enfin comment ces trois courants parviennent-ils à faire autant de promesses dans une conjoncture économique, écologique et géopolitique qui tournent à la catastrophe. Pas un mot ou presque sur ce retournement dramatique de situation qui pourrait nous conduire à la stagflation, à la crise climatique et même à une crise de la faim.

 

Élections-Législatives : la grande indifférence !

Élections-Législatives : la grande indifférence !

 

Un article de France Info rend compte de la grande indifférence de l’opinion publique vis-à-vis des prochaines élections législatives. Un constat même partagé au sein de la majorité .

 

 

Quand on les interroge, ils partagent tous le même constat : les législatives n’intéressent pas« Sur le terrain, tout le monde se fout des législatives, il va y avoir une abstention de folie », alerte Sereine Mauborgne, députée LREM sortante du Var, qui se retrouve  »à marteler d’aller voter ». Après l’abstention record de 2017, l’édition de 2022 risque aussi d’être marquée par une faible participation. Selon le baromètre d’Ipsos-Sopra Steria du 23 mai, 47% des interrogés ont l’intention d’aller voter. « C’est un pensum d’accueillir de nouveau les tracts pour les gens, ça ne va pas déplacer les foules », assure encore le député LREM de l’Eure, Fabien Gouttefarde, lui aussi candidat à sa réélection.

Ces élections des 12 et 19 juin sont cruciales pour le parti présidentiel : sans majorité absolue (289 sièges), il sera difficile pour Emmanuel Macron de mettre en œuvre ses promesse de réforme. Or, à moins de dix jours du scrutin, le manque d’implication du président et d’annonces concrètes à distiller sur le terrain inquiètent la majorité« On aimerait bien que le président descende de nouveau dans l’arène et impulse des messages structurants pour cette campagne », souffle un député en campagne.

Emmanuel Macron n’est sorti sur le terrain que mardi avec un déplacement à Cherbourg (Manche) sur le thème de la santé, puis jeudi à Marseille pour parler éducation. Sa précédente apparition remontait au 29 avril dans les Pyrénées. Si aucun des candidats contactés ne doute de remporter ce scrutin, beaucoup constatent un manque d’enthousiasme des électeurs. « Il n’y a pas d’envie, d’appétence pour Macron dans le sens où les gens se diraient : ‘Il va changer nos vies’. On est plutôt dans une forme de continuité avec la présidentielle », observe un candidat LREM.

Un président longtemps absent et une Première ministre, cheffe de la majorité, dont l’implication dans la campagne, déçoit.  »Il nous manque un référent et Borne n’a pas cette ambition. Lors de la première réunion en visio, elle nous a parlé dix minutes », raconte un député sortant, qui dit regretter Edouard Philippe. « Borne ne fait pas beaucoup de déplacements de terrain », juge un autre candidat. La Première ministre, elle-même candidate dans le Calvados, s’y est mise sur le tard. Elle était, par exemple, jeudi, en visite dans trois circonscriptions de l’Essonne pour soutenir les candidats de la majorité.

 

Ce même candidat ajoute : « Surtout qu’il ne se passe rien. » Aucune mesure d’envergure – excepté des annonces sur l’éducation, jeudi – n’a encore été dévoilée sur les thématiques chères aux Français, que sont l’inflation, la santé ou l’écologie. Il faudra attendre, notamment sur le volet pouvoir d’achat, l’après-législatives pour le détail des mesures. Ce qui laisse certains candidats sur leur faim. « J’aimerais bien qu’une mesure forte soit annoncée avant le premier tour », lance ainsi Catherine Osson, députée sortante de la 8e circonscription du Nord. Dans ce département marqué par des difficultés socio-économiques, elle verrait d’un bon œil  »une mesure symbolique et politique » sur le pouvoir d’achat« Ça me manque sur la circo mais bon, après, c’est à moi de porter ces sujets », ajoute-t-elle.

A quelques kilomètres de là, sa collègue de la 12e circonscription, Anne-Laure Cattelot, préfère au contraire que  »le gouvernement nous attende pour travailler ». « Cela permet d’éviter les erreurs type la TVA sociale de Borloo [qui avait coûté des sièges à la droite en 2007] et puis il y a toujours des surinterprétations sur les mesures… Si elles sont de droite, de gauche… »

Faute du détail des mesures du programme présidentiel, les candidats doivent improviser. « Dans les réunions publiques où il n’est déjà pas évident de faire venir du monde, quand on m’interroge sur des mesures concrètes comme le leasing social à 100 euros pour des voitures électriques, on me demande si c’est batterie comprise, rapporte un député sortant. J’ai tendance à dire oui mais on est obligé d’extrapoler. » Un autre candidat acquiesce. « On n’a pas les modalités que ce soit sur la réforme du RSA ou sur le chèque alimentaire. Certes, ce sera à nous de les voter mais on sent que ce n’est pas prêt côté gouvernement. »

A défaut de parler du fond des mesures, la campagne s’est polarisée autour de deux dossiers embarrassants pour le gouvernement : les accusations de viol qui visent le ministre des Solidarités, Damien Abad et la polémique qui a suivi les incidents au Stade de France lors de la finale de la Ligue des champions.  »Les affaires nous polluent un peu, c’est comme ça, il faut gérer et soutenir son gouvernement », assure Catherine Osson. Mais de l’avis de ceux interrogés, ces polémiques, si elles polluent le débat politique dans les médias, ne gênent pas sur le terrain.

« Les gens n’en ont rien à cirer d’Abad ou du Stade de France. »

« On ne m’en a jamais parlé, les gens me parlent de leurs problèmes ou de Macron qui continue à polariser sur sa personne que ce soit en bien ou en mal », abonde Fabien Gouttefarde.

En 2017, la campagne des législatives avait aussi été marquée par des affaires comme celle des assistants parlementaires du MoDem au Parlement européen. Elles avaient conduit, après le scrutin, à la démission de trois ministres, dont François Bayrou. Pourtant, cela n’avait pas empêché Emmanuel Macron d’obtenir une large majorité à l’Assemblée nationale. L’époque était alors au renouvellement de la classe politique avec des candidats venus de différents horizons dont beaucoup n’avaient jamais fait de politique.

L’ambiance est différente à présent.  »Il y a cinq ans, il fallait un nouveau souffle, il y avait un enthousiasme. Cette année, d’un point de vue national, il y a assez peu d’intérêt », note le député de Paris candidat à sa réélection Sylvain Maillard. « En 2017, on était dans le dépassement politique avec des personnalités venues de la droite, de la gauche et de la société civile, relativise Victor Albrecht, candidat LREM dans l’Yonne. On ne peut pas refaire la même chose, les gens savent qui est Macron, on est dans une fidélisation ».

Pour cette génération Macron qui aspire à un second mandat elle aussi, la flamme des débuts n’est plus tout à fait aussi brillante. « Le pouvoir use, lâche un député sortant. Il y a cinq ans, on était facilement affublé du statut du candidat de la réforme. Là, c’est beaucoup plus compliqué. »

Elections Législatives : la grande indifférence !

Elections Législatives : la grande indifférence !

 

Un article de France Info rend compte de la grande indifférence de l’opinion publique vis-à-vis des prochaines élections législatives. Un constat même partagé au sein de la majorité .

 

 

Quand on les interroge, ils partagent tous le même constat : les législatives n’intéressent pas« Sur le terrain, tout le monde se fout des législatives, il va y avoir une abstention de folie », alerte Sereine Mauborgne, députée LREM sortante du Var, qui se retrouve  »à marteler d’aller voter ». Après l’abstention record de 2017, l’édition de 2022 risque aussi d’être marquée par une faible participation. Selon le baromètre d’Ipsos-Sopra Steria du 23 mai, 47% des interrogés ont l’intention d’aller voter. « C’est un pensum d’accueillir de nouveau les tracts pour les gens, ça ne va pas déplacer les foules », assure encore le député LREM de l’Eure, Fabien Gouttefarde, lui aussi candidat à sa réélection.

Ces élections des 12 et 19 juin sont cruciales pour le parti présidentiel : sans majorité absolue (289 sièges), il sera difficile pour Emmanuel Macron de mettre en œuvre ses promesse de réforme. Or, à moins de dix jours du scrutin, le manque d’implication du président et d’annonces concrètes à distiller sur le terrain inquiètent la majorité« On aimerait bien que le président descende de nouveau dans l’arène et impulse des messages structurants pour cette campagne », souffle un député en campagne.

Emmanuel Macron n’est sorti sur le terrain que mardi avec un déplacement à Cherbourg (Manche) sur le thème de la santé, puis jeudi à Marseille pour parler éducation. Sa précédente apparition remontait au 29 avril dans les Pyrénées. Si aucun des candidats contactés ne doute de remporter ce scrutin, beaucoup constatent un manque d’enthousiasme des électeurs. « Il n’y a pas d’envie, d’appétence pour Macron dans le sens où les gens se diraient : ‘Il va changer nos vies’. On est plutôt dans une forme de continuité avec la présidentielle », observe un candidat LREM.

Un président longtemps absent et une Première ministre, cheffe de la majorité, dont l’implication dans la campagne, déçoit.  »Il nous manque un référent et Borne n’a pas cette ambition. Lors de la première réunion en visio, elle nous a parlé dix minutes », raconte un député sortant, qui dit regretter Edouard Philippe. « Borne ne fait pas beaucoup de déplacements de terrain », juge un autre candidat. La Première ministre, elle-même candidate dans le Calvados, s’y est mise sur le tard. Elle était, par exemple, jeudi, en visite dans trois circonscriptions de l’Essonne pour soutenir les candidats de la majorité.

 

Ce même candidat ajoute : « Surtout qu’il ne se passe rien. » Aucune mesure d’envergure – excepté des annonces sur l’éducation, jeudi – n’a encore été dévoilée sur les thématiques chères aux Français, que sont l’inflation, la santé ou l’écologie. Il faudra attendre, notamment sur le volet pouvoir d’achat, l’après-législatives pour le détail des mesures. Ce qui laisse certains candidats sur leur faim. « J’aimerais bien qu’une mesure forte soit annoncée avant le premier tour », lance ainsi Catherine Osson, députée sortante de la 8e circonscription du Nord. Dans ce département marqué par des difficultés socio-économiques, elle verrait d’un bon œil  »une mesure symbolique et politique » sur le pouvoir d’achat« Ça me manque sur la circo mais bon, après, c’est à moi de porter ces sujets », ajoute-t-elle.

A quelques kilomètres de là, sa collègue de la 12e circonscription, Anne-Laure Cattelot, préfère au contraire que  »le gouvernement nous attende pour travailler ». « Cela permet d’éviter les erreurs type la TVA sociale de Borloo [qui avait coûté des sièges à la droite en 2007] et puis il y a toujours des surinterprétations sur les mesures… Si elles sont de droite, de gauche… »

Faute du détail des mesures du programme présidentiel, les candidats doivent improviser. « Dans les réunions publiques où il n’est déjà pas évident de faire venir du monde, quand on m’interroge sur des mesures concrètes comme le leasing social à 100 euros pour des voitures électriques, on me demande si c’est batterie comprise, rapporte un député sortant. J’ai tendance à dire oui mais on est obligé d’extrapoler. » Un autre candidat acquiesce. « On n’a pas les modalités que ce soit sur la réforme du RSA ou sur le chèque alimentaire. Certes, ce sera à nous de les voter mais on sent que ce n’est pas prêt côté gouvernement. »

A défaut de parler du fond des mesures, la campagne s’est polarisée autour de deux dossiers embarrassants pour le gouvernement : les accusations de viol qui visent le ministre des Solidarités, Damien Abad et la polémique qui a suivi les incidents au Stade de France lors de la finale de la Ligue des champions.  »Les affaires nous polluent un peu, c’est comme ça, il faut gérer et soutenir son gouvernement », assure Catherine Osson. Mais de l’avis de ceux interrogés, ces polémiques, si elles polluent le débat politique dans les médias, ne gênent pas sur le terrain.

« Les gens n’en ont rien à cirer d’Abad ou du Stade de France. »

« On ne m’en a jamais parlé, les gens me parlent de leurs problèmes ou de Macron qui continue à polariser sur sa personne que ce soit en bien ou en mal », abonde Fabien Gouttefarde.

En 2017, la campagne des législatives avait aussi été marquée par des affaires comme celle des assistants parlementaires du MoDem au Parlement européen. Elles avaient conduit, après le scrutin, à la démission de trois ministres, dont François Bayrou. Pourtant, cela n’avait pas empêché Emmanuel Macron d’obtenir une large majorité à l’Assemblée nationale. L’époque était alors au renouvellement de la classe politique avec des candidats venus de différents horizons dont beaucoup n’avaient jamais fait de politique.

L’ambiance est différente à présent.  »Il y a cinq ans, il fallait un nouveau souffle, il y avait un enthousiasme. Cette année, d’un point de vue national, il y a assez peu d’intérêt », note le député de Paris candidat à sa réélection Sylvain Maillard. « En 2017, on était dans le dépassement politique avec des personnalités venues de la droite, de la gauche et de la société civile, relativise Victor Albrecht, candidat LREM dans l’Yonne. On ne peut pas refaire la même chose, les gens savent qui est Macron, on est dans une fidélisation ».

Pour cette génération Macron qui aspire à un second mandat elle aussi, la flamme des débuts n’est plus tout à fait aussi brillante. « Le pouvoir use, lâche un député sortant. Il y a cinq ans, on était facilement affublé du statut du candidat de la réforme. Là, c’est beaucoup plus compliqué. »

Pouvoir d’achat: Un projet de loi spécial élections législatives

Pouvoir d’achat: Un projet de loi spécial élections législatives

 

Elisabeth Borne a déclaré, vendredi 20 mai, qu’un premier projet de loi sur le sujet serait examiné par le Parlement issu des élections législatives du mois de juin

 

Un projet de loi Fourre tout est annoncée par la nouvelle première ministre si tôt après les législatives. Sans doute pas un hasard du calendrier car le pouvoir veut peser sur les élections de l’assemblée nationale. Or le pouvoir d’achat est de loin la première préoccupation des ménages sachant que l’inflation en 2022 risques d’atteindre de 6 % et que le pouvoir d’achat en moyenne n’augmentera pas plus de 2 %. Résultat une perte de 4% ( officiellement)  qui fait payer aux ménages la facture de la crise. Il ne faut guère escompter une politique significative de réajustement des revenus salaires, pensions ou épargnes. Certes il y aura un petit coup de pouce mais très loin de ce qui serait nécessaire pour compenser l’inflation exceptionnelle actuelle. Du coup, le projet de loi risque d’être surtout composé de mesures accessoires voir gadget comme la distribution de chèques alimentation qui rappellent tristement l’après-guerre. On aura  sans doute aussi la prolongation de ce qu’on appelle la réduction du prix du carburant. En fait un gel temporaire de la fiscalité spécifique car le pouvoir va continuer de prélever d’énormes sommes sur tous les carburants ( plus de la moitié du prix). Et on donnera un habillage écolo à ces mesures d’austérité.

La Première ministre française a donc déclaré, vendredi 20 mai, que le premier projet de loi examiné par le Parlement issu des élections législatives du mois de juin serait consacré au soutien au pouvoir d’achat des Français, dans un contexte de forte inflation.

Invitée du journal de 20h de la chaîne TF1 après la présentation de la composition de son gouvernement, Elisabeth Borne a précisé que la création d’un chèque alimentation et la limitation des prix de l’énergie feraient partie des mesures proposées dès le début de l’été.

« On travaille sur un chèque alimentation qui fera partie de ce projet de loi, mais aussi sur des mesures de bouclier tarifaire, et la réduction des prix du carburant sera prolongée », a-t-elle déclaré, assurant avoir « bien entendu les inquiétudes des Français » sur le pouvoir d’achat. « Il y a aussi des mesures qui étaient attendues, comme la revalorisation des retraites et le triplement de la prime Macron », a-t-elle ajouté.

 

Elections législatives : Une caricature de la démocratie de l’ancien monde

Elections législatives : Une caricature de la démocratie de l’ancien monde 

 

Les responsables de l’association Tous élus, dont les coprésidents Julien Loyer et Tatiana Mariotto protestent, dans une tribune au « Monde », contre la manière dont, soit des candidats hors-sol, soit des personnalités déjà élues ont été désignés pour représenter la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale.

 

Nous sommes en 2022, et un accord qualifié d’historique réjouit tous les partisans et militants de la gauche et de l’écologie. Tous ? Non ! Les organisations qui, depuis quelques années, tentent d’insuffler un renouveau dans les institutions ne s’y reconnaissent pas.

Nous désapprouvons les conséquences de cet accord pour les candidatures issues de la société civile. Notre démocratie, qui est aujourd’hui malade, a besoin d’être réoxygénée. Cela commence par un profond besoin de renouvellement.

Ce sont des techniques de l’ancien monde qui viennent de se jouer sous nos yeux. Que l’on se félicite chez les partisans de la gauche et de l’écologie d’avoir réussi à rassembler, sous la même bannière, des opinions que tout semblait séparer il y a quelques mois, nous le comprenons.

Ce que nous dénonçons, ce sont les négociations qui mènent à envoyer des candidatures hors-sol de personnalités souvent déjà élues, parce qu’il est plus stratégique de présenter une étiquette Parti socialiste (PS) qu’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ou parce que l’on a des relations dans le parti. Ces accords ont parfois été conclus au mépris d’une candidature citoyenne, portant les mêmes valeurs, qu’on a alors écartée. Ce n’est pas ce que nous attendons d’un renouvellement véritable.

Nous ne pouvons pas attendre demain pour commencer ce renouvellement profond au sein de nos institutions politiques, aujourd’hui décriées, boudées, et dont les représentants, pour beaucoup, ont perdu la confiance de leurs administrés. Cela tombe bien, des citoyens se tiennent prêts à agir. Ils y pensent et sont parfois engagés sur le terrain depuis des années, et prolongent leur engagement militant par un engagement politique. Ils se sont formés rigoureusement, pendant des semaines, et font campagne avec leurs petits moyens, ou cherchent une investiture depuis plusieurs mois.

L’égalité des chances, que vous prônez, s’arrête-t-elle donc aux portes de l’Assemblée nationale ? La promotion et la représentation des femmes, de la jeunesse et de toutes les classes populaires n’ont-elles de sens que portées par des hommes (surtout) et des femmes expérimentées ? …

Elections législatives : Le municipalisme écologique pour succéder au communisme !

Elections législatives :  Le municipalisme écologique pour succéder au communisme ! 

Philippe Rio, maire (PCF) de Grigny (Essonne) et vice-président de la communauté d’agglomération Grand Paris Sud, estime dans une tribune au « Monde » que le municipalisme peut être un des moteurs de la victoire de la Nouvelle Union populaire et écologique et sociale, Sur le plan idéologique ce municipalisme  écologique serait le successeur du socialisme et du communisme ! Ou l’art du parti communiste d’accommoder les restes électoraux dans une curieuse tambouille idéologique. À quand une par exemple une politique nucléaire municipale ?  ( Le parti communiste veut maintenir le nucléaire et Mélenchon les supprimer). Ou naufrage de la vieille gauche prête à tout pour sauver sa peau.

 

L’élection présidentielle a entériné le bouleversement du paysage politique de notre pays. Trois blocs idéologiques, sociaux et territoriaux structurent aujourd’hui la carte électorale : bien sûr le bloc ultralibéral du président des riches et le bloc d’extrême droite, déjà dominants lors de l’élection de 2017, puis un troisième bloc, populaire, jeune, urbain, qui est venu jouer les trouble-fêtes.

Aujourd’hui, l’espoir créé lors du premier tour, amplifié par l’élargissement qui a abouti à la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), peut gagner les élections législatives. Il permettra ainsi la victoire inédite d’un mouvement issu notamment des villes populaires et des banlieues, offrant un débouché à nos luttes et à nos expériences du municipalisme.

C’est en effet d’abord dans les quartiers populaires de l’outre-mer et de l’Hexagone que ce bloc s’est constitué politiquement au soir du 10 avril 2022. Les territoires dits urbains périphériques, où les populations sont les plus déclassées, précarisées et enfermées par l’ubérisation du travail, ont permis à la gauche, et en premier lieu à Jean-Luc Mélenchon, d’y réaliser ses plus gros scores. Cela, avec des résultats jamais vus sous la Ve République.

Cette « surprise » électorale était déjà en gestation à travers les luttes qui ont été menées depuis des années dans nos villes et qui ont ébranlé le premier quinquennat d’Emmanuel Macron : les « gilets jaunes », partis de nos ronds-points jusqu’aux boulevards des grandes métropoles, la déferlante féministe, de collages de rue en campagnes contre le harcèlement dans les transports en commun, les manifestations de la jeunesse urbaine face à l’inaction climatique ou enfin le mouvement pour la justice et contre les violences racistes.

Ce formidable bloc populaire naît aussi des expériences locales du « municipalisme », qui font la démonstration qu’« un autre monde est possible » . Ce monde est non seulement possible, mais dans nos villes et dans nos quartiers, nous sommes déjà attelés à sa construction. Ce municipalisme constitue aujourd’hui un mouvement diffus, qui, partout dans le monde, offre des perspectives de transformation réelles, qui répondent aux urgences démocratique, sociale et climatique. Il a une histoire, ou plutôt des histoires : celles du socialisme, puis du communisme municipal, coagulées plus récemment à l’écologie communale.

 

Depuis vingt ans, et le Forum de Porto Alegre qui consacrait la démocratie participative et l’altermondialisme et où on osait démontrer une réponse concrète au « There is no alternative », le municipalisme a cherché, innové et parfois offert un débouché aux tâtonnements : là où nos institutions ont rendu nos Etats presque amorphes, la démocratie du coin de la rue, du groupe WhatsApp et du bas d’immeuble a su débusquer et remettre en cause les logiques d’un système où les mécanismes inégalitaires d’accumulation de richesses ont dépossédé les classes sociales travailleuses de tout pouvoir économique et démocratique, jusqu’à nous gouverner presque de l’extérieur.

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