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Des projectiles chimiques pour faire tomber la pluie ?

Des projectiles chimiques pour faire tomber la pluie ?

 

Face à la sécheresse qui touche actuellement la Chine, la province du Hubei est la dernière à avoir annoncé sa participation à des opérations d »ensemencement des nuages » mercredi, rapporte la chaîne américaine CNN.

Pour mettre en oeuvre cette technique, les avions chinois utilisent de l’iodure d’argent, largués dans les nuages à l’aide de petits projectiles cylindriques de la taille d’une cigarette. L’introduction des produits chimiques doit permettre aux gouttelettes et aux cristaux de glace qui forment les nuages de grossir, et ainsi de faciliter les précipitations

D’autres pays, comme les Etats-Unis, la Russie ou les Emirats arabes unis ont déjà utilisé ces procédés par le passé. Ils peuvent aussi être mis en oeuvre pour réduire l’impact des orages de grêle, ou pour contrôler une partie des chutes de neige en hiver.

Les récentes tentatives de faire pleuvoir visent à alimenter le fleuve Yangtze. Le plus long fleuve de Chine est complètement asséché par endroits. A l’instar de plusieurs pays tels que la France et le Royaume-Uni, la Chine connaît un été particulièrement sec.

Dans la province du Hubei par exemple, au moins 150.000 personnes ont des difficultés d’accès à l’eau potable. 400.000 hectares de cultures ont aussi été endommagés par les fortes températures et l’absence de précipitation.

La sécheresse des fleuves affecte aussi la production d’énergie hydroélectrique. Des usines de la province du Sichuan ont du fermer pour faire face aux pannes de courant. Mardi, le gouvernement chinois a annoncé que le barrage des Trois Gorges, le plus gros du pays, allait augmenter sa production.

 

Une méthode pour détruire certains «polluants éternels» ?

 Une méthode  pour détruire certains «polluants éternels» ?

 

Des scientifiques ont annoncé jeudi avoir trouvé une méthode pour détruire certains polluants, dits «éternels» en raison de leur résistance extrême et leur toxicité, qui sont présents dans de nombreux objets du quotidien et peuvent causer de graves problèmes de santé. La technique, qui nécessite des températures relativement basses et des produits dits réactifs courants, a été mise au point par des chimistes aux Etats-Unis et en Chine dont les travaux ont été publiés dans la revue Science, offrant une potentielle solution à un problème persistant pour l’environnement, le bétail et les hommes. ( papier du Figaro)

Développés dans les années 1940, les PFAS (per et polyfluoroalkylées), qui se désintègrent de façon extrêmement lente, se retrouvent dans les emballages, les shampoings, les poêles antiadhésives ou encore le maquillage. Avec le temps, ils se sont répandus dans notre environnement: l’eau, le sol, l’air, les nappes phréatiques, les lacs et les rivières. Une étude suédoise a ainsi montré la semaine dernière que l’eau de pluie était impropre à la consommation partout sur Terre en raison d’un niveau trop élevé de PFAS. Selon certaines études, l’exposition aux PFAS peut avoir des effets sur la fertilité et le développement du fœtus. Elle peut aussi mener à des risques accrus d’obésité ou de certains cancers (prostate, reins et testicules) et une augmentation des niveaux de cholestérol.

Les méthodes actuelles pour dégrader ces polluants requièrent des traitements puissants, comme l’incinération à très haute température ou l’irradiation par ultrasons. Leur caractère quasi-indestructible est lié aux longues liaisons carbone-fluor qui les composent, parmi les plus fortes en chimie organique. Les chercheurs sont cependant parvenus à identifier une faiblesse chez certains types de PFAS: à l’une des extrémités de leur molécule, un groupe d’atomes d’oxygène peut être ciblé par un solvant et un réactif courant à des températures moyennes de 80 à 120 degrés Celsius. Lorsque cela se produit, «cela provoque l’effondrement de la molécule entière dans une cascade de réactions complexes», explique William Dichtel de l’université Northwestern, un des auteurs de l’étude.

Les scientifiques ont aussi utilisé de puissantes méthodes de calcul pour cartographier la mécanique quantique derrière ces réactions chimiques. Des travaux qui pourront éventuellement servir à améliorer la méthode. L’étude actuelle s’est concentrée sur 10 PFAS, notamment un important polluant nommé GenX, qui a contaminé la rivière Cape Fear, en Caroline du Nord. Mais il existe plus de 12.000 «produits chimiques éternels», selon l’agence américaine de protection de l’environnement. «Il y a d’autres types (de PFAS) qui n’ont pas le même talon d’Achille mais chacun a son propre point faible», souligne William Dichtel. «Si nous pouvons l’identifier, alors nous saurons comment l’activer pour le détruire.»

La pierre pour remplacer le placement en or ?

La pierre pour remplacer le placement en or ?

La politique des taux d’intérêt a pris une tournure habituelle mais trompeuse entre, d’une part, ceux qui recommandent une hausse vigoureuse et accélérée des taux afin de rabattre l’inflation, et d’autre part les défenseurs de la croissance qui prônent une progression plus modérée pour éviter de freiner une reprise déjà bien fragile. Par Sébastien Canderlé, conférencier à Imperial College London ( la Tribune)

 

Avec une guerre en Ukraine à l’issue incertaine et une inflation à deux chiffres, de nombreux investisseurs ont cherché refuge dans l’or, le bien qui s’est avéré, par le passé, capable de préserver sa valeur en période de crise.

Lorsque l’indice des prix aux États-Unis avait doublé entre 1971 et 1980, la Réserve fédérale avait choisi une orientation monétaire restrictive, allant jusqu’à relever son taux directeur à 20% au printemps 1980.

Devant un tel contexte hyperinflationniste et de taux exorbitants, la valeur de l’or était multipliée par 16. Les autres classes d’actifs, en revanche, enduraient des progressions beaucoup moins favorables: les prix de l’immobilier outre-Atlantique augmentaient de 2,3 fois sur la période, tandis que les marchés d’actions et d’obligations évoluaient tout juste au rythme de l’inflation.

Cependant, un demi-siècle plus tard, l’actif mieux à même de résister à la crise n’est plus l’or mais la pierre. Et la raison n’est pas celle que l’on croit. Notre génération n’est guère plus dépendante de l’immobilier que celle de nos parents.

Le taux d’accession à la propriété aux États-Unis atteignait déjà 64,5% dans les années 1970. L’an passé, il était de 65,5%. Au Royaume-Uni, la proportion de propriétaires est passée de 58% en 1980 à tout juste 63% quarante ans plus tard. Et si l’accession à la propriété en France a crû de manière plus prononcée, ce taux n’a progressé que faiblement, passant de 50% au début du premier septennat de Francois Mitterrand à environ 60% aujourd’hui.

Le vrai sujet pour comprendre la réticence des autorités à relever les taux d’intérêt, c’est l’endettement de tous les acteurs économiques.

En pourcentage du PIB, l’endettement des ménages américains a quasiment doublé depuis 1970 et avoisine les 80%. Sur la même période, les français ont vu leur endettement passer de moins de 35% du PIB dans les années 1990 à environ 66% l’an dernier.

A ce fort endettement des ménages s’ajoute celui des États et des entreprises. En 1974, la dette publique outre-Atlantique avait atteint un plus-bas historique depuis la Seconde Guerre mondiale, évoluant sous les 25% du PIB. Elle excède aujourd’hui 120%, soit un ratio supérieur à celui jamais atteint, y compris en période de guerre. Pour la France, la dette publique a gonflé d’environ 20% du PIB dans les années 1970 à 115% l’an dernier.

La dette des sociétés américaines est également à un niveau record, excédant 50% du PIB, davantage qu’au cours des crises précédentes de 2009, 2001 et 1990. Dans les années 1970 ce ratio était inférieur à 35%. En France, l’an dernier, l’endettement des sociétés non-financières dépassait les 100% du PIB.

Tout ceci explique pourquoi, malgré une crise énergétique et un conflit armé régional rappelant les années 1970, la crise actuelle a peu de chance de suivre le même scénario.

Une simple comparaison servira de pièce à conviction. La dernière fois que le Royaume-Uni avait une inflation galopante, c’était il y a tout juste 40 ans. A l’époque, le taux directeur de la banque centrale était de 13,5%; aujourd’hui, il reste inférieur à 2%. L’État britannique est au pied du mur. La dette publique du pays frôle les 100%; elle était inférieure à 30% il y a 20 ans.

Désireuse d’éviter une crise immobilière ou une chute vertigineuse de la consommation, la Banque d’Angleterre demeure impuissante. Et ce malgré le fait que les prix sont cinq fois supérieurs à son indice cible de 2%.

Les propriétaires immobiliers n’ont donc pas de raison de s’inquiéter. Des États surendettés, affaiblis par une mauvaise gestion de la crise de 2008 et de la pandémie des deux dernières années, n’ont pas de marge de manoeuvre pour tacler l’inflation.

Les marchés ne s’y trompent pas. De mars 2020 au printemps de cette année, les prix de l’immobilier ont progressé de 40% aux États-Unis, et de 20% au Royaume-Uni. Le marché français a aussi connu une forte hausse du prix des maisons. Par contraste, le prix de l’or subit une forte volatilité depuis deux ans mais fait du surplace.

Le niveau d’endettement sans précédent de tous les acteurs économiques des pays développés garantit que les taux d’intérêt demeureront très largement inférieurs à l’inflation. N’en déplaise aux Cassandre qui prédisent une chute prochaine des prix, l’immobilier devrait préserver sa fonction d’arbitrage. Des taux d’intérêt réels négatifs en font le nouvel actif de référence. L’or est mort, vive la pierre!

La Chine baisse ses taux d’intérêt pour relancer la croissance

La Chine baisse ses taux d’intérêt pour relancer la croissance

La Chine englué dans sa politique anti covid prend le contre-pied des autres banques centrales en diminuant ses taux d’intérêt. Lundi 15 août, la Banque centrale chinoise a abaissé plusieurs de ses taux directeurs. L’objectif : accroître les liquidités de ces dernières afin de les pousser à accorder davantage de prêts, et ainsi soutenir l’activité économique du pays.

Dans le détail, la Banque centrale a fixé son taux de refinancement des banques à sept jours à 2% (contre 2,10%), et son taux de refinancement à un an à 2,75% (contre 2,85%).

La deuxième économie mondiale est t surtout victime de sa politique zéro covid et son corollaire le confinement obligatoire qui affecte grandement l’économie.

Conséquence de cette politique, en juillet, les ventes de détail et la production industrielle en Chine ont connu un ralentissement inattendu sous l’effet d’un rebond du covid. Et ce, alors que les analystes attendaient une accélération. La situation sanitaire ne semble pas s’arranger : le pays est confronté ces dernières semaines à un rebond épidémique, limité en termes de cas mais qui touche de nombreuses provinces.

Principal indicateur des dépenses des ménages, les ventes de détail ont enregistré une hausse de 2,7% sur un an, contre 3,1% en juin, a annoncé le Bureau national des statistiques (BNS). De son côté, la production industrielle s’est affichée en hausse de 3,8% sur un an, mais ce rythme est inférieur à celui de juin (+3,9%) et aux prévisions des analystes (+4,6%). Ces indicateurs « décevants » sont le reflet d’une « perte de vitesse » de la reprise post-pandémie, souligne à l’AFP Ken Cheung, analyste pour la banque japonaise Mizuho.

Ces rebonds épidémiques viennent s’ajouter aux difficultés qui pesaient déjà sur l’économie chinoise: consommation atone, tour de vis de Pékin contre plusieurs secteurs dynamiques dont celui de la tech, incertitudes liées à l’Ukraine mais aussi à une forte crise de l’immobilier.

De son côté, l’investissement en capital fixe a encore ralenti en juillet (à 5,7%).

Société- Des ballons de foot pour pacifier les banlieues ?

 

Société- Des ballons de foot pour pacifier les banlieues ?

Par , Professeur, sociologie du sport, Université de Strasbourg

Le sport et la politique entretiennent des liens ambigus. La pratique sportive et les compétitions peuvent être des lieux de lutte et d’émancipation mais aussi de contrôle social. Notre série d’été « Sport et politique : liaisons dangereuses ? » explore et décrypte la place qu’occupe aujourd’hui le sport dans nos sociétés.

 

Un article qui évoque le retour du sport comme élément intégrateur dans les banlieues. Pas vraiment une proposition nouvelle puisque par exemple Tapie  proposait de « révolutionner » les quartiers sensibles avec le foot. Le sport peut sans doute jouer un rôle mais très marginal car aujourd’hui la régulation des quartiers est assurée par le commerce de drogue et le radicalisme Les violences et les incivilités sont devenues incontrôlables.   Éducation, développement économique et rétablissement de l’ordre républicain sont sans doute aujourd’hui davantage prioritaires que le ballon de foot ( ou autres sports) NDLR

 

 

En janvier 2021, les maires membres du Comité interministériel des villes proposaient de consacrer une enveloppe de 1 % du budget global des Jeux olympiques et paralympiques au financement de projets dédiés aux quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

Grande manifestation de l’élite sportive mondiale, les JO de Paris 2024 doivent-ils également apporter une réponse aux problématiques sociales qu’affrontent les quartiers populaires défavorisés ? C’est le vœu de nombreux acteurs tant du sport français que des collectivités territoriales.

Considéré comme un lieu de brassage et un vecteur d’égalité républicaine, le sport amateur serait-il délaissé dans les banlieues ? Cette question avait déjà été identifié dans le rapport Borloo sur les banlieues françaises (2018) mais également par les précédents gouvernements. Parmi les 19 recommandations de Jean-Louis Borloo, le sport arrivait en sixième position avec des propositions dans la formation et le recrutement de coachs d’insertion par le sport.

Le Premier ministre Édouard Philippe déclarait par ailleurs en avril 2018 :

« Il y a 500 000 jeunes au chômage dans les quartiers et on n’a pas le droit de les laisser à l’écart. Le sport est l’une des clés du vivre-ensemble ».

La circulaire interministérielle « Sports-Villes-Inclusion » de 2019 précise d’ailleurs que chaque contrat de ville doit comprendre un volet intitulé « Action sportive à vocation d’inclusion sociale et territoriale ». L’activité sportive y est présentée comme « révélatrice de talents » mobilisables pour l’accès à la formation et à l’emploi mais également comme « porteuse de valeurs citoyennes ». Plus que toute autre activité, le sport serait ainsi susceptible de mobiliser les jeunes publics dans une dynamique d’insertion et/ou de citoyenneté.

Qu’est-ce qui explique le recours récurrent au sport dans les banlieues ? Quel modèle sportif y est véhiculé ?

Reposant sur un mythe qui s’exprime à travers l’idéologie sportive promue par les pères fondateurs du sport moderne, le consensus autour des fonctions sociales d’un sport naturellement intégrateur et socialisant est aujourd’hui largement partagé.

En premier lieu, parce que le sport présente de nombreuses figures de la réussite sociale tant populaires qu’issues de l’immigration.

Ainsi, selon une conviction largement partagée dans nos sociétés démocratiques, la seule pratique sportive pourrait produire, au-delà des stades, un comportement citoyen et éthique. Le sport serait alors porteur de valeurs susceptibles de pacifier les quartiers, de créer du vivre-ensemble et de constituer un tremplin pour l’emploi. Cependant, le transfert de compétences sportives dans d’autres espaces sociaux (travail, école…) n’est en rien mécanique.

Le respect de la règle sportive ou des consignes de match n’entraîne pas forcément le respect de règles sociales comme en témoignent les multiples affaires auxquelles sont mêlés des acteurs du monde sportif : pensons ainsi à la condamnation de Karim Benzema dans l’affaire dite de la sextape ou encore les abus sexuels dans le patinage de haut niveau.

Née avec le sport moderne, cette conviction est aujourd’hui relayée par un cercle de croyants bien plus large que les seuls sportifs : élus politiques, dirigeants d’entreprise, recruteurs, consultants, éducateurs accréditent l’idée que le sport est un tremplin pour l’insertion professionnelle.

Pourtant, les usages, les valeurs et l’image du sport ont changé depuis la naissance du sport moderne. Dans les quartiers populaires, le sport est aujourd’hui davantage la vitrine d’une réussite sociale et économique (à travers le modèle du sport de compétition) que le vecteur d’une réelle citoyenneté.

Et l’individualisme et les revendications d’ordre identitaire qui minent le corps social n’épargnent pas le monde du sport. On pourra citer le refus de Djokovic de se plier à la règle de la vaccination contre le Covid-19 tout en revendiquant le droit de concourir à l’Open d’Australie. La revendication des hijabeuses de porter le voile islamique pour jouer sur un terrain de football, la demande de repas spécifiques aux fédérations sportives ou les demandes d’horaires de piscine réservés aux femmes illustrent l’incidence dans le sport de la montée récente de la communautarisation de nos sociétés.

L’histoire du sport en explique les transformations mais également l’évolution de son usage politique et social. Dès 1830, le pasteur anglais Thomas Arnold enseigne le sport au collège de Rugby car il est censé permettre l’expression de valeurs bourgeoises comme le fair-play (le respect de l’adversaire, des règles, des décisions de l’arbitre et de l’esprit du jeu) et le self government(la capacité de se contrôler dans le jeu, de ne pas « être pris par le jeu »).

Tout au long du XXe siècle, à mesure qu’il se démocratise, le sport de compétition désigne conjointement un idéal (l’éthique ou l’esprit sportif) et une pratique physique de compétition régie par des règles communes. Pour les institutions (sportives ou éducatives), « faire du sport » c’est non seulement se dépenser physiquement dans un cadre sportif mais surtout acquérir une morale et, plus récemment, accéder à une forme de citoyenneté.

Des éducateurs des public schools (destinées à l’élite sociale anglaise) du milieu du XIXe siècle aux dirigeants sportifs des années 1980, en passant par les ministres gaullistes de la Jeunesse et des Sports et les militants communistes de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail dans les années 60, tous ont contribué à promouvoir et consolider la vision d’un sport de compétition intrinsèquement vertueux et éducatif. Pour le général De Gaulle aussi, « le sport est un moyen exceptionnel d’éducation » (De Gaulle, 1934, p. 150).

À partir des années 1980, le sport sort du cercle restreint de la stricte compétition et acquiert le statut d’outil d’intégration à destination des banlieues dans le contexte d’une montée en puissance du sport-spectacle lié à la privatisation des télévisions. Le football devient le sport le plus regardé par les jeunes hommes des quartiers populaires et leur offre un modèle d’excellence. En France, Bernard Tapie (président de l’Olympique de Marseille de 1986 à 1993) symbolisera l’avènement du sport-business et d’une nouvelle méritocratie par le sport.

Sous l’effet conjugué des transformations du monde des sports (démocratisation, professionnalisation, médiatisation, marchandisation) et de nouvelles dynamiques (libéralisation du marché, désengagement de l’État et décentralisation, montée des inégalités, crise économique, chômage, premières émeutes urbaines, changements politiques), le sport est de plus en plus convoqué pour lutter contre les nouvelles exclusions sociales à mesure qu’il offre une vitrine de la réussite dans les sports les plus populaires (football, basket, athlétisme, boxe).

Le sport devient alors « social » et les dispositifs mis en place à destination des jeunes des cités sont progressivement qualifiés de « socio-sportifs ». En arrivant au pouvoir, la gauche crée un ministère du Temps Libre intégrant la Jeunesse et les Sports alors que les premières émeutes urbaines éclatent à l’été 1981 dans le quartier des Minguettes à Lyon et où l’on enregistre les premiers effets du regroupement familial lié à l’immigration sur fond de hausse du chômage et d’émergence du Front national.

A partir de 1990 (date de création d’un ministère d’État chargé de la politique de la ville), les ministères de la Ville et des Sports travaillent ainsi de concert pour redynamiser et « pacifier » les banlieues. Sous les ministres de la Ville Michel Delebarre puis Bernard Tapie, des équipements sportifs de proximité et des animations sportives de quartiers, animés par des policiers et des éducateurs, voient progressivement le jour.

La volonté de faire du sport un outil de développement social est ensuite largement partagée par les gouvernements qui se sont succédés depuis 1991. Profitant de la dynamique créée par la victoire de l’équipe de France « Black Blanc Beur » en 1998, de nombreux dispositifs ont ainsi été mis en place par les pouvoirs publics (État et collectivités territoriales) et les fédérations sportives selon cette logique qui traverse les frontières des appartenances politiques sans qu’une évaluation objective et longitudinale des effets de ces politiques sur l’insertion sociale et/ou professionnelle des publics cibles ait été diligentée.

Par ailleurs, ces dispositifs encadrés par les « grands-frères », ont longtemps ciblé prioritairement les garçons et jeunes adultes. Ce faisant, la volonté politique d’intégrer prioritairement des jeunes adolescents par le sport afin d’éviter la rébellion la plus visible a paradoxalement entraîné une exclusion des filles et des jeunes femmes et une masculinisation de l’espace public à travers les sports urbains, libres ou encadrés. Et force est de constater qu’après la fin de la scolarité obligatoire, beaucoup de jeunes filles des classes populaires cessent toute activité physique.

Ce n’est qu’à partir des années 2000, dans le contexte de politiques plus affirmées en faveur de la parité que l’action sportive publique dans les banlieues se féminise. Mais si l’égalité hommes femmes est proclamée, les terrains de sports publics et les dispositifs d’insertion professionnelle via le sport dans les QPV restent encore majoritairement conçus pour les garçons et les jeunes hommes. Il faut, au contraire, que les élus locaux et l’État s’engagent pour que le sport devienne, avec l’école, l’un des lieux privilégiés de la mixité et de la lutte contre les stéréotypes sexistes cantonnant les filles à des pratiques et des tenues « adaptées » à leur genre.

EDF étatisée : pour quoi faire ?

EDF étatisée : pour quoi faire ?

Largement mis à contribution pour contenir la hausse des prix de l’énergie via, notamment, le « bouclier tarifaire », EDF a riposté, mardi, en exigeant de l’Etat une indemnisation de plus de huit milliards d’euros. Un recours qui intervient alors que le gouvernement prévoit de nationaliser l’électricien à la rentrée et qui pose la question du rôle d’EDF. Explications de Phuc-Vinh Nguyen, chercheur spécialiste des politiques de l’énergie européenne et française au sein du centre énergie de l’Institut Jacques Delors. ( la Tribune)

 

La tension monte entre l’Etat et EDF. Ce dernier a annoncé, mardi, avoir déposé un recours auprès du Conseil d’Etat réclamant à l’Etat une indemnisation de 8,34 milliards d’euros. L’électricien entend ainsi obtenir réparation des pertes causées par le « bouclier tarifaire » imposé par l’Etat. Destiné à contenir la hausse des tarifs réglementés de l’électricité à 4% en 2022, ce dispositif l’a contraint à augmenter de 20% le quota annuel d’électricité vendu à prix réduit à ses concurrents, à 120 TWh (contre 100 TWh auparavant) selon le principe de « l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique » (Arenh). Ce dernier impose à EDF de vendre son énergie à un prix très avantageux à ses concurrents, en comparaison aux prix actuels du marché, pour favoriser la diversité des offres et permettre au consommateur de bénéficier de tarifs attractifs.

Un conflit qui intervient alors que l’Etat a annoncé, début juillet, la nationalisation d’EDF d’ici le mois de septembre. Au-delà d’acquérir les 16% restant du capital de l’électricien — l’Etat en possède déjà 84% –, cette opération pose de nombreuses questions à commencer par celle du rôle d’EDF et de celui que l’Etat veut lui donner, comme l’explique Phuc-Vinh Nguyen, chercheur sur les politiques de l’énergie européenne et française au sein du centre énergie de l’Institut Jacques Delors à la Tribune.

Pourquoi le bouclier tarifaire est-il au centre des griefs d’EDF contre l’Etat ?

EDF est dans une situation difficile pour deux raisons. D’une part, à cause de la faiblesse de la production de son parc nucléaire qui va lui causer un important manque à gagner. En effet, traditionnellement, la France exporte de l’électricité l’été. Or, cette année, nous allons devoir en importer. Et la faiblesse du parc nucléaire va aussi se ressentir cet hiver. Il y a également cette question du « bouclier tarifaire » qui est financé en partie par EDF dans le cadre de l’Arenh.

Ce recours lancé par EDF, qui se retrouve donc mis à contribution, peut donc aussi être vu comme un moyen de contester cette mesure. En effet, le fait qu’il finance le bouclier tarifaire peut poser question, car EDF n’a pas forcément vocation à protéger le consommateur d’une éventuelle hausse du prix de l’énergie. C’est plutôt au gouvernement d’instaurer des mesures pour épauler le consommateur. Le dispositif en vigueur actuellement a été mis en place dans l’urgence, permettant à l’exécutif de réagir vite. Mais il ne doit pas avoir vocation à être pérennisé.

D’autant que si l’Arenh est négocié au niveau européen, l’Etat a accepté son instauration en France en échange d’autres concessions sur le sujet. Il y a une dissonance à clarifier à propos de l’image et du rôle qu’EDF doit jouer et celui que le gouvernement entend lui faire jouer. La nationalisation d’EDF peut, peut-être, éclaircir cette situation.

Que va changer la nationalisation d’EDF ?

L’Etat détient déjà 84% du capital d’EDF donc concrètement, le fait qu’il monte à 100% ne changera pas grand-chose. C’est, en quelque sorte, le premier étage d’une fusée qui va permettre une réforme de grande ampleur d’EDF. Bien que le gouvernement justifie cette nationalisation comme essentielle à sa nouvelle politique énergétique, c’est surtout une clarification du rôle d’EDF dans cette nouvelle politique. Cela a donc davantage une portée symbolique, ne serait-ce que pour le signal qui est envoyé à l’opinion publique. Quand vous voulez reprendre en main la politique énergétique du pays c’est mieux, en terme d’affichage, de détenir à 100% EDF.

Quels enjeux posent cette nationalisation ?

S’il a déjà été annoncé que le gouvernement va lancer d’ici début septembre une offre publique d’achat (OPA) à 9,7 milliards d’euros, on en sait encore peu sur le calendrier de reprise et il y a plusieurs questions auxquelles il est nécessaire de répondre dans un court laps de temps. C’est notamment le cas pour le mécanisme de l’Arenh qui arrive à expiration à la fin de l’année 2025. Il est donc nécessaire de se mettre d’accord sur ce sujet avec la Commission européenne et d’obtenir un accord, au moins dans les grandes lignes, avant les prochaines élections européennes qui sont en 2024. Car les acteurs clé de ce dossier sont non seulement Emmanuel Macron et le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, mais aussi la commissaire européenne à la Concurrence Margreth Vestager. Or, il n’est pas sûr qu’elle occupe encore ce poste à l’issue des élections.

Un autre sujet risque de soulever des tensions : celui de la réforme Hercule (ce projet prévoit de scinder EDF en trois entités : une entreprise publique pour les centrales nucléaires, une autre cotée en Bourse pour la distribution d’électricité et les énergies renouvelables, et une troisième consacrées aux barrages hydroélectriques, ndrl). Lorsqu’il avait été débattu en 2019, le sujet avait suscité de vives tensions chez les syndicats qui craignaient un démantèlement impliquant une forme de privatisation. Or, la question du projet Hercule pourrait bien revenir sur la table. Il va donc falloir que l’Etat clarifie la direction dans laquelle il souhaite aller.

Enfin, il va surtout falloir apporter des gages de la faisabilité technique de la politique énergétique voulue par l’Etat en nationalisant EDF et cela demeure une grande inconnue. L’Etat va mettre la main au portefeuille, mais EDF sera-t-il capable de délivrer les commandes d’EPR ? Le groupe a-t-il la main d’oeuvre et l’expertise nécessaire? Ce qui ne semble pas évident pour l’instant. Des réponses sont aussi attendues concernant la succession de son PDG, Jean-Bernard Lévy. Les défis à venir pour EDF sont considérables et il faut trouver une personne qui soit familière aux enjeux de l’énergie. Trouver le candidat idéal n’est pas une mince affaire, surtout en peu en si peu de temps, tant toutes ces questions nécessitent des réponses rapidement.

Société- Des ballons pour pacifier les banlieues ?

Société- Des ballons pour pacifier les banlieues ?

Par , Professeur, sociologie du sport, Université de Strasbourg

Le sport et la politique entretiennent des liens ambigus. La pratique sportive et les compétitions peuvent être des lieux de lutte et d’émancipation mais aussi de contrôle social. Notre série d’été « Sport et politique : liaisons dangereuses ? » explore et décrypte la place qu’occupe aujourd’hui le sport dans nos sociétés.

 

Un article qui évoque le retour du sport comme élément intégrateur dans les banlieues. Pas vraiment une proposition nouvelle puisque par exemple Tapie  proposait de révolutionner les quartiers sensibles avec le foot. Le sport peut sans doute jouer un rôle mais très marginal car aujourd’hui la régulation des quartiers est assurée par le commerce de drogue et le radicalisme. Éducation, développement économique et rétablissement de l’ordre républicain sont sans doute aujourd’hui davantage prioritaires que le ballon de foot NDLR

 

 


En janvier 2021, les maires membres du Comité interministériel des villes proposaient de consacrer une enveloppe de 1 % du budget global des Jeux olympiques et paralympiques au financement de projets dédiés aux quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

Grande manifestation de l’élite sportive mondiale, les JO de Paris 2024 doivent-ils également apporter une réponse aux problématiques sociales qu’affrontent les quartiers populaires défavorisés ? C’est le vœu de nombreux acteurs tant du sport français que des collectivités territoriales.

Considéré comme un lieu de brassage et un vecteur d’égalité républicaine, le sport amateur serait-il délaissé dans les banlieues ? Cette question avait déjà été identifié dans le rapport Borloo sur les banlieues françaises (2018) mais également par les précédents gouvernements. Parmi les 19 recommandations de Jean-Louis Borloo, le sport arrivait en sixième position avec des propositions dans la formation et le recrutement de coachs d’insertion par le sport.

Le Premier ministre Édouard Philippe déclarait par ailleurs en avril 2018 :

« Il y a 500 000 jeunes au chômage dans les quartiers et on n’a pas le droit de les laisser à l’écart. Le sport est l’une des clés du vivre-ensemble ».

La circulaire interministérielle « Sports-Villes-Inclusion » de 2019 précise d’ailleurs que chaque contrat de ville doit comprendre un volet intitulé « Action sportive à vocation d’inclusion sociale et territoriale ». L’activité sportive y est présentée comme « révélatrice de talents » mobilisables pour l’accès à la formation et à l’emploi mais également comme « porteuse de valeurs citoyennes ». Plus que toute autre activité, le sport serait ainsi susceptible de mobiliser les jeunes publics dans une dynamique d’insertion et/ou de citoyenneté.

Qu’est-ce qui explique le recours récurrent au sport dans les banlieues ? Quel modèle sportif y est véhiculé ?

Reposant sur un mythe qui s’exprime à travers l’idéologie sportive promue par les pères fondateurs du sport moderne, le consensus autour des fonctions sociales d’un sport naturellement intégrateur et socialisant est aujourd’hui largement partagé.

En premier lieu, parce que le sport présente de nombreuses figures de la réussite sociale tant populaires qu’issues de l’immigration.

Ainsi, selon une conviction largement partagée dans nos sociétés démocratiques, la seule pratique sportive pourrait produire, au-delà des stades, un comportement citoyen et éthique. Le sport serait alors porteur de valeurs susceptibles de pacifier les quartiers, de créer du vivre-ensemble et de constituer un tremplin pour l’emploi. Cependant, le transfert de compétences sportives dans d’autres espaces sociaux (travail, école…) n’est en rien mécanique.

Le respect de la règle sportive ou des consignes de match n’entraîne pas forcément le respect de règles sociales comme en témoignent les multiples affaires auxquelles sont mêlés des acteurs du monde sportif : pensons ainsi à la condamnation de Karim Benzema dans l’affaire dite de la sextape ou encore les abus sexuels dans le patinage de haut niveau.

Née avec le sport moderne, cette conviction est aujourd’hui relayée par un cercle de croyants bien plus large que les seuls sportifs : élus politiques, dirigeants d’entreprise, recruteurs, consultants, éducateurs accréditent l’idée que le sport est un tremplin pour l’insertion professionnelle.

Pourtant, les usages, les valeurs et l’image du sport ont changé depuis la naissance du sport moderne. Dans les quartiers populaires, le sport est aujourd’hui davantage la vitrine d’une réussite sociale et économique (à travers le modèle du sport de compétition) que le vecteur d’une réelle citoyenneté.

Et l’individualisme et les revendications d’ordre identitaire qui minent le corps social n’épargnent pas le monde du sport. On pourra citer le refus de Djokovic de se plier à la règle de la vaccination contre le Covid-19 tout en revendiquant le droit de concourir à l’Open d’Australie. La revendication des hijabeuses de porter le voile islamique pour jouer sur un terrain de football, la demande de repas spécifiques aux fédérations sportives ou les demandes d’horaires de piscine réservés aux femmes illustrent l’incidence dans le sport de la montée récente de la communautarisation de nos sociétés.

L’histoire du sport en explique les transformations mais également l’évolution de son usage politique et social. Dès 1830, le pasteur anglais Thomas Arnold enseigne le sport au collège de Rugby car il est censé permettre l’expression de valeurs bourgeoises comme le fair-play (le respect de l’adversaire, des règles, des décisions de l’arbitre et de l’esprit du jeu) et le self government(la capacité de se contrôler dans le jeu, de ne pas « être pris par le jeu »).

Tout au long du XXe siècle, à mesure qu’il se démocratise, le sport de compétition désigne conjointement un idéal (l’éthique ou l’esprit sportif) et une pratique physique de compétition régie par des règles communes. Pour les institutions (sportives ou éducatives), « faire du sport » c’est non seulement se dépenser physiquement dans un cadre sportif mais surtout acquérir une morale et, plus récemment, accéder à une forme de citoyenneté.

Des éducateurs des public schools (destinées à l’élite sociale anglaise) du milieu du XIXe siècle aux dirigeants sportifs des années 1980, en passant par les ministres gaullistes de la Jeunesse et des Sports et les militants communistes de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail dans les années 60, tous ont contribué à promouvoir et consolider la vision d’un sport de compétition intrinsèquement vertueux et éducatif. Pour le général De Gaulle aussi, « le sport est un moyen exceptionnel d’éducation » (De Gaulle, 1934, p. 150).

À partir des années 1980, le sport sort du cercle restreint de la stricte compétition et acquiert le statut d’outil d’intégration à destination des banlieues dans le contexte d’une montée en puissance du sport-spectacle lié à la privatisation des télévisions. Le football devient le sport le plus regardé par les jeunes hommes des quartiers populaires et leur offre un modèle d’excellence. En France, Bernard Tapie (président de l’Olympique de Marseille de 1986 à 1993) symbolisera l’avènement du sport-business et d’une nouvelle méritocratie par le sport.

Sous l’effet conjugué des transformations du monde des sports (démocratisation, professionnalisation, médiatisation, marchandisation) et de nouvelles dynamiques (libéralisation du marché, désengagement de l’État et décentralisation, montée des inégalités, crise économique, chômage, premières émeutes urbaines, changements politiques), le sport est de plus en plus convoqué pour lutter contre les nouvelles exclusions sociales à mesure qu’il offre une vitrine de la réussite dans les sports les plus populaires (football, basket, athlétisme, boxe).

Le sport devient alors « social » et les dispositifs mis en place à destination des jeunes des cités sont progressivement qualifiés de « socio-sportifs ». En arrivant au pouvoir, la gauche crée un ministère du Temps Libre intégrant la Jeunesse et les Sports alors que les premières émeutes urbaines éclatent à l’été 1981 dans le quartier des Minguettes à Lyon et où l’on enregistre les premiers effets du regroupement familial lié à l’immigration sur fond de hausse du chômage et d’émergence du Front national.

A partir de 1990 (date de création d’un ministère d’État chargé de la politique de la ville), les ministères de la Ville et des Sports travaillent ainsi de concert pour redynamiser et « pacifier » les banlieues. Sous les ministres de la Ville Michel Delebarre puis Bernard Tapie, des équipements sportifs de proximité et des animations sportives de quartiers, animés par des policiers et des éducateurs, voient progressivement le jour.

La volonté de faire du sport un outil de développement social est ensuite largement partagée par les gouvernements qui se sont succédés depuis 1991. Profitant de la dynamique créée par la victoire de l’équipe de France « Black Blanc Beur » en 1998, de nombreux dispositifs ont ainsi été mis en place par les pouvoirs publics (État et collectivités territoriales) et les fédérations sportives selon cette logique qui traverse les frontières des appartenances politiques sans qu’une évaluation objective et longitudinale des effets de ces politiques sur l’insertion sociale et/ou professionnelle des publics cibles ait été diligentée.

Par ailleurs, ces dispositifs encadrés par les « grands-frères », ont longtemps ciblé prioritairement les garçons et jeunes adultes. Ce faisant, la volonté politique d’intégrer prioritairement des jeunes adolescents par le sport afin d’éviter la rébellion la plus visible a paradoxalement entraîné une exclusion des filles et des jeunes femmes et une masculinisation de l’espace public à travers les sports urbains, libres ou encadrés. Et force est de constater qu’après la fin de la scolarité obligatoire, beaucoup de jeunes filles des classes populaires cessent toute activité physique.

Ce n’est qu’à partir des années 2000, dans le contexte de politiques plus affirmées en faveur de la parité que l’action sportive publique dans les banlieues se féminise. Mais si l’égalité hommes femmes est proclamée, les terrains de sports publics et les dispositifs d’insertion professionnelle via le sport dans les QPV restent encore majoritairement conçus pour les garçons et les jeunes hommes. Il faut, au contraire, que les élus locaux et l’État s’engagent pour que le sport devienne, avec l’école, l’un des lieux privilégiés de la mixité et de la lutte contre les stéréotypes sexistes cantonnant les filles à des pratiques et des tenues « adaptées » à leur genre.

Des ballons pour pacifier les banlieues ?

Des ballons pour pacifier les banlieues ?

Par , Professeur, sociologie du sport, Université de Strasbourg

Le sport et la politique entretiennent des liens ambigus. La pratique sportive et les compétitions peuvent être des lieux de lutte et d’émancipation mais aussi de contrôle social. Notre série d’été « Sport et politique : liaisons dangereuses ? » explore et décrypte la place qu’occupe aujourd’hui le sport dans nos sociétés.

 

Un article qui évoque le retour du sport comme élément intégrateur dans les banlieues. Pas vraiment une proposition nouvelle puisque par exemple Tapie  proposait de révolutionner les quartiers sensibles avec le foot. Le sport peut sans doute jouer un rôle mais très marginal car aujourd’hui la régulation des quartiers est assurée par le commerce de drogue et le radicalisme. Éducation, développement économique et rétablissement de l’ordre républicain sont sans doute aujourd’hui davantage prioritaire que le ballon de foot NDLR

 

 


En janvier 2021, les maires membres du Comité interministériel des villes proposaient de consacrer une enveloppe de 1 % du budget global des Jeux olympiques et paralympiques au financement de projets dédiés aux quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

Grande manifestation de l’élite sportive mondiale, les JO de Paris 2024 doivent-ils également apporter une réponse aux problématiques sociales qu’affrontent les quartiers populaires défavorisés ? C’est le vœu de nombreux acteurs tant du sport français que des collectivités territoriales.

Considéré comme un lieu de brassage et un vecteur d’égalité républicaine, le sport amateur serait-il délaissé dans les banlieues ? Cette question avait déjà été identifié dans le rapport Borloo sur les banlieues françaises (2018) mais également par les précédents gouvernements. Parmi les 19 recommandations de Jean-Louis Borloo, le sport arrivait en sixième position avec des propositions dans la formation et le recrutement de coachs d’insertion par le sport.

Le Premier ministre Édouard Philippe déclarait par ailleurs en avril 2018 :

« Il y a 500 000 jeunes au chômage dans les quartiers et on n’a pas le droit de les laisser à l’écart. Le sport est l’une des clés du vivre-ensemble ».

La circulaire interministérielle « Sports-Villes-Inclusion » de 2019 précise d’ailleurs que chaque contrat de ville doit comprendre un volet intitulé « Action sportive à vocation d’inclusion sociale et territoriale ». L’activité sportive y est présentée comme « révélatrice de talents » mobilisables pour l’accès à la formation et à l’emploi mais également comme « porteuse de valeurs citoyennes ». Plus que toute autre activité, le sport serait ainsi susceptible de mobiliser les jeunes publics dans une dynamique d’insertion et/ou de citoyenneté.

Qu’est-ce qui explique le recours récurrent au sport dans les banlieues ? Quel modèle sportif y est véhiculé ?

Reposant sur un mythe qui s’exprime à travers l’idéologie sportive promue par les pères fondateurs du sport moderne, le consensus autour des fonctions sociales d’un sport naturellement intégrateur et socialisant est aujourd’hui largement partagé.

En premier lieu, parce que le sport présente de nombreuses figures de la réussite sociale tant populaires qu’issues de l’immigration.

Ainsi, selon une conviction largement partagée dans nos sociétés démocratiques, la seule pratique sportive pourrait produire, au-delà des stades, un comportement citoyen et éthique. Le sport serait alors porteur de valeurs susceptibles de pacifier les quartiers, de créer du vivre-ensemble et de constituer un tremplin pour l’emploi. Cependant, le transfert de compétences sportives dans d’autres espaces sociaux (travail, école…) n’est en rien mécanique.

Le respect de la règle sportive ou des consignes de match n’entraîne pas forcément le respect de règles sociales comme en témoignent les multiples affaires auxquelles sont mêlés des acteurs du monde sportif : pensons ainsi à la condamnation de Karim Benzema dans l’affaire dite de la sextape ou encore les abus sexuels dans le patinage de haut niveau.

Née avec le sport moderne, cette conviction est aujourd’hui relayée par un cercle de croyants bien plus large que les seuls sportifs : élus politiques, dirigeants d’entreprise, recruteurs, consultants, éducateurs accréditent l’idée que le sport est un tremplin pour l’insertion professionnelle.

Pourtant, les usages, les valeurs et l’image du sport ont changé depuis la naissance du sport moderne. Dans les quartiers populaires, le sport est aujourd’hui davantage la vitrine d’une réussite sociale et économique (à travers le modèle du sport de compétition) que le vecteur d’une réelle citoyenneté.

Et l’individualisme et les revendications d’ordre identitaire qui minent le corps social n’épargnent pas le monde du sport. On pourra citer le refus de Djokovic de se plier à la règle de la vaccination contre le Covid-19 tout en revendiquant le droit de concourir à l’Open d’Australie. La revendication des hijabeuses de porter le voile islamique pour jouer sur un terrain de football, la demande de repas spécifiques aux fédérations sportives ou les demandes d’horaires de piscine réservés aux femmes illustrent l’incidence dans le sport de la montée récente de la communautarisation de nos sociétés.

L’histoire du sport en explique les transformations mais également l’évolution de son usage politique et social. Dès 1830, le pasteur anglais Thomas Arnold enseigne le sport au collège de Rugby car il est censé permettre l’expression de valeurs bourgeoises comme le fair-play (le respect de l’adversaire, des règles, des décisions de l’arbitre et de l’esprit du jeu) et le self government(la capacité de se contrôler dans le jeu, de ne pas « être pris par le jeu »).

Tout au long du XXe siècle, à mesure qu’il se démocratise, le sport de compétition désigne conjointement un idéal (l’éthique ou l’esprit sportif) et une pratique physique de compétition régie par des règles communes. Pour les institutions (sportives ou éducatives), « faire du sport » c’est non seulement se dépenser physiquement dans un cadre sportif mais surtout acquérir une morale et, plus récemment, accéder à une forme de citoyenneté.

Des éducateurs des public schools (destinées à l’élite sociale anglaise) du milieu du XIXe siècle aux dirigeants sportifs des années 1980, en passant par les ministres gaullistes de la Jeunesse et des Sports et les militants communistes de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail dans les années 60, tous ont contribué à promouvoir et consolider la vision d’un sport de compétition intrinsèquement vertueux et éducatif. Pour le général De Gaulle aussi, « le sport est un moyen exceptionnel d’éducation » (De Gaulle, 1934, p. 150).

À partir des années 1980, le sport sort du cercle restreint de la stricte compétition et acquiert le statut d’outil d’intégration à destination des banlieues dans le contexte d’une montée en puissance du sport-spectacle lié à la privatisation des télévisions. Le football devient le sport le plus regardé par les jeunes hommes des quartiers populaires et leur offre un modèle d’excellence. En France, Bernard Tapie (président de l’Olympique de Marseille de 1986 à 1993) symbolisera l’avènement du sport-business et d’une nouvelle méritocratie par le sport.

Sous l’effet conjugué des transformations du monde des sports (démocratisation, professionnalisation, médiatisation, marchandisation) et de nouvelles dynamiques (libéralisation du marché, désengagement de l’État et décentralisation, montée des inégalités, crise économique, chômage, premières émeutes urbaines, changements politiques), le sport est de plus en plus convoqué pour lutter contre les nouvelles exclusions sociales à mesure qu’il offre une vitrine de la réussite dans les sports les plus populaires (football, basket, athlétisme, boxe).

Le sport devient alors « social » et les dispositifs mis en place à destination des jeunes des cités sont progressivement qualifiés de « socio-sportifs ». En arrivant au pouvoir, la gauche crée un ministère du Temps Libre intégrant la Jeunesse et les Sports alors que les premières émeutes urbaines éclatent à l’été 1981 dans le quartier des Minguettes à Lyon et où l’on enregistre les premiers effets du regroupement familial lié à l’immigration sur fond de hausse du chômage et d’émergence du Front national.

A partir de 1990 (date de création d’un ministère d’État chargé de la politique de la ville), les ministères de la Ville et des Sports travaillent ainsi de concert pour redynamiser et « pacifier » les banlieues. Sous les ministres de la Ville Michel Delebarre puis Bernard Tapie, des équipements sportifs de proximité et des animations sportives de quartiers, animés par des policiers et des éducateurs, voient progressivement le jour.

La volonté de faire du sport un outil de développement social est ensuite largement partagée par les gouvernements qui se sont succédés depuis 1991. Profitant de la dynamique créée par la victoire de l’équipe de France « Black Blanc Beur » en 1998, de nombreux dispositifs ont ainsi été mis en place par les pouvoirs publics (État et collectivités territoriales) et les fédérations sportives selon cette logique qui traverse les frontières des appartenances politiques sans qu’une évaluation objective et longitudinale des effets de ces politiques sur l’insertion sociale et/ou professionnelle des publics cibles ait été diligentée.

Par ailleurs, ces dispositifs encadrés par les « grands-frères », ont longtemps ciblé prioritairement les garçons et jeunes adultes. Ce faisant, la volonté politique d’intégrer prioritairement des jeunes adolescents par le sport afin d’éviter la rébellion la plus visible a paradoxalement entraîné une exclusion des filles et des jeunes femmes et une masculinisation de l’espace public à travers les sports urbains, libres ou encadrés. Et force est de constater qu’après la fin de la scolarité obligatoire, beaucoup de jeunes filles des classes populaires cessent toute activité physique.

Ce n’est qu’à partir des années 2000, dans le contexte de politiques plus affirmées en faveur de la parité que l’action sportive publique dans les banlieues se féminise. Mais si l’égalité hommes femmes est proclamée, les terrains de sports publics et les dispositifs d’insertion professionnelle via le sport dans les QPV restent encore majoritairement conçus pour les garçons et les jeunes hommes. Il faut, au contraire, que les élus locaux et l’État s’engagent pour que le sport devienne, avec l’école, l’un des lieux privilégiés de la mixité et de la lutte contre les stéréotypes sexistes cantonnant les filles à des pratiques et des tenues « adaptées » à leur genre.

Proposition de vote des étrangers : pour quoi faire ?

Proposition de vote des étrangers : pour quoi faire ?

 

Droit de vote des étrangers : Darmanin «fermement opposé» à la mesure défendue par Houlié (LREM)

 

 

Inquiet sans doute de la dérive droitière de la majorité le député LREM de la Vienne, Sacha Houlié souhaite imposer un marqueur de gauche avec la proposition d’autoriser le vote des étrangers aux élections locales. Selon l’exposé des motifs, le texte vise à «accorder le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales aux étrangers non ressortissants de l’Union européenne résidant en France». «Je présenterai cette proposition au groupe (Renaissance) à la rentrée dans la perspective qu’il la reprenne», appuie l’élu dans La Croix .

C’est typiquement une mesure d’affichage de gauche surtout pour un député de Poitiers qui n’est pas une ville vraiment concernée en premier par les vagues migratoires. La question qui se pose est de savoir pour quoi faire ?

Ce n’est sans doute pas la priorité des immigrés eux-mêmes qui dans leur grande masse souhaitent surtout une régularisation de leur papier et un logement accessible.

Problème, la mesure défendue par Sacha Houlié ne trouve guère de résonance au sommet de l’État. Pire, elle se heurte à une fin de non-recevoir directement adressée par Beauvau. Selon nos informations, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a en effet indiqué à l’intéressé qu’il était «fermement opposé» à son projet. Une position sans ambiguïté, qui rejoint d’ailleurs celle du président de la République : Emmanuel Macron ne s’est jamais déclaré favorable, lui non plus, à une telle solution.

De son côté, la présidente du groupe macroniste à l’Assemblée nationale, Aurore Bergé, indique au Figaro vouloir la création d’un «groupe de travail sur les questions d’immigration pour travailler (ce sujet) ensemble, dans toutes ses composantes», afin d’allier «humanisme et efficacité»

Croissance ralentie pour la France (agence Fitch)

 

 

Croissance ralentie pour la France (agence Fitch)

D’une certaine manière l’agence de notation Fitch qui maintient la note AA de la france rejoint les critiques de la Cour des Comptes. L’agence Fitch en effet estime que la croissance prévue par le gouvernement est surestimée  etviendra accroître la dette. Elle prévoit ainsi une croissance de 2,4% sur l’ensemble de l’année 2022, proche des prévisions de l’Insee, qui a annoncé la semaine dernière qu’elle tablait sur une croissance à 2,5%. Fitch estime ensuite la croissance du pays à 2,1% en 2023 et de 1,9% en 2024.

L’agence s’attend à ce que le déficit public atteigne 5,2% du PIB français en 2022, alors que le gouvernement s’est fixé un objectif de 5%. Elle mise toutefois sur une baisse, les années suivantes, pour atteindre 4% en 2024. En mai 2020, Fitch avait abaissé de « stable » à « négative » la perspective de la note de la dette à long terme de la France. Une autre agence de notation, Standard and Poor’s, note également la dette à long terme de la France « AA » mais estime que sa perspective est « stable ». Elle a maintenu cette note en octobre dernier.

 Pour Fitch Ratings perspectives macroéconomiques se sont assombries par la guerre en Ukraine et l’inflation. « Le rythme de croissance de l’activité économique a décliné pendant la première moitié de l’année, les dépenses de consommation ayant sensiblement baissé », note l’agence de notation.  Elle prévoit ainsi une croissance de 2,4% sur l’ensemble de l’année 2022, proche des prévisions de l’Insee, qui a annoncé la semaine dernière qu’elle tablait sur une croissance à 2,5%. Fitch estime ensuite la croissance du pays à 2,1% en 2023 et de 1,9% en 2024.

Principal poids sur cette croissance, l’inflation qui ne cesse d’augmenter. En juillet, la hausse des prix atteignait 6,1% sur un an, le chiffre le plus élevé depuis juillet 1985 selon l’Insee.

Emploi : amélioration au second trimestre mais tendance moins favorable pour l’avenir

Emploi : amélioration au second trimestre mais tendance moins favorable pour l’avenir

Les créations d’emplois dans le privé ont accéléré au deuxième trimestre soutenues par le tourisme

Le secteur privé a enregistré 102.500 créations nettes d’emplois entre fin mars et fin juin 2022. Une « surprise » pour les économistes au regard du contexte économique difficile que traverse la France. Cette performance est, en partie, due au rebond du tourisme qui favorise l’activité du secteur tertiaire marchand.

Selon l’Insee  secteur privé a enregistré 102.500 créations nettes d’emplois entre fin mars et fin juin 2022. Cette augmentation de 0,5% est supérieure à celle du premier trimestre 2022 (+0,3%, soit 69.500 emplois en plus). L’emploi privé dépasse son niveau d’avant-crise, fin 2019, avec 754.200 emplois en plus (+3,8%).

.Cette progression peut s’expliquer par le rebond de l’activité touristique en France. Le tertiaire marchand affiche ainsi une hausse de 0,8% du nombre d’emplois supplémentaires (+97.300 emplois), après une hausse de 77.300 emplois au premier trimestre (+0,6%). « Ce dynamisme explique l’essentiel de la hausse totale de l’emploi salarié privé », note l’Insee. À noter toutefois la tendance baissière dans l’intérim qui constitue un indicateur global de l’évolution de l’emploi

L’intérim, en effet,  poursuit sa baisse amorcée au premier trimestre 2022. Alors qu’il connaissait une forte hausse au sortir du confinement du printemps 2020, il recule de 2,1% au deuxième trimestre 2022 (-17.400) bien qu’il « demeure supérieur à son niveau d’avant-crise », rappelle l’Insee. «

L’emploi industriel augmente légèrement avec la création de 3.100 emplois (+0,1%). Une hausse insuffisante pour rattraper le niveau d’avant crise sanitaire. Le secteur de la construction est stable, avec un niveau de l’emploi salarié privé identique au début de l’année 2022, et largement supérieur à celui atteint fin 2019 (+6,2%, soit 91.600 emplois en plus). Enfin, l’emploi salarié privé dans le tertiaire non-marchand augmente plus nettement, de 0,7% (+19.500 emplois), confirmant là aussi la hausse constatée lors du premier trimestre (de +7.600 emplois, soit 0,3%).

Malgré les difficultés liées à la crise sanitaire et désormais à la guerre en Ukraine qui a provoqué une forte inflation, l’emploi continue donc de se maintenir en France. Parallèlement à l’emploi privé qui grimpe, le taux de chômage poursuit sa baisse. Il a, ainsi, légèrement diminué au deuxième trimestre. Le nombre de chômeurs de catégorie A a enregistré un recul de 0,8% en France (hors Mayotte) au deuxième trimestre, soit 26.900 inscrits en moins, à 3,165 millions, soit une baisse sur un an de 15,1%, selon les chiffres publiés mercredi par la Direction des statistiques du ministère du Travail (Dares). La décrue semble toutefois ralentir, si l’on compare ces derniers chiffres à la forte diminution enregistrée lors de précédents trimestres. En cause évidemment le ralentissement de la croissance notamment à partir de 2023.

 

Pour l’emploi des seniors

Pour l’emploi des seniors 

 

Le sociologue Serge Guérin  estime, dans une tribune au « Monde », que, avant de relancer le projet de réforme des retraites, le gouvernement devrait chercher à revaloriser l’emploi des plus de 50 ans, évincés en grand nombre du marché du travail.

 

Emmanuel Macron remet sur la table la réforme des retraites. A chaque fois le même psychodrame, les mêmes inquiétudes et postures. L’âge légal de départ à la retraite cristallise les débats. Les uns, au nom de l’équité sociale et d’un regard négatif sur le travail, souhaitent le retour à la retraite à 60 ans. Les autres, au nom du réalisme démographique et de l’équilibre des comptes, penchent pour un retour à l’âge de 65 ans pour partir à la retraite. Rappelons que l’âge de 65 ans avait été fixé par le Conseil national de la Résistance (CNR), en 1945. Ce fut la règle jusqu’en 1982.

Les Français se distinguent des Européens par un refus très majoritaire de travailler plus longtemps. Mais un refus largement corrélé par rapport au positionnement social : 77 % des classes moyennes inférieures et modestes et 85 % des plus pauvres sont favorables à la retraite à 60 ans, contre seulement 35 % du côté des catégories aisées, selon un sondage Ifop publié en février. De même, si 42 % des Français se déclarent prêts à travailler jusqu’à 64 ou 65 ans pour avoir une bonne retraite, 62 % des cadres sont dans cette perspective, mais seulement 39 % des ouvriers, d’après le baromètre du Cercle de l’épargne/Amphitéa de mai.

Les retraités sont les plus sceptiques devant un retour à la retraite à 60 ans. Toujours selon le même sondage Ifop, ils ne sont que 53 % à se déclarer favorables à une retraite généralisée à 60 ans alors que 71 % des Français défendent cette position. Pour autant, même les retraités ne sont guère favorables à l’allongement de la durée de travail. Les Français de plus de 65 ans refusent à 49 %, le droit aux seniors de ne pas partir en retraite, contre 38 % du côté des seniors belges et 17 % pour les seniors allemands, comme le démontre le baromètre de la Fondation Korian et Ipsos pour le bien-vieillir, 2018.

Sport et démagogie: le président allemand veut le même salaire pour les footballeuses !

Sport et démagogie:  le président allemand veut le même salaire pour les footballeuses !

 

Il est clair que le sport féminin rencontre de plus en plus de succès auprès de l’opinion. Témoin par exemple le tour de France cycliste qui constituera désormais un événement majeur dans le calendrier sportif. Même chose à travers l’intérêt manifesté lors  de la compétition européenne de football féminin.

Du coup le président allemand propose tout simplement d’aligner immédiatement le salaire des footballeurs de son pays sur celle des hommes. Une vraie démagogie qui témoigne du manque de compétence et de sérieux de certains dirigeants politiques. Faut-il rappeler en effet que certains footballeurs parmi les mieux payés touchent plusieurs millions par mois (Ce qui évidemment constitue un autre scandale).

En France, comme en Allemagne, le salaire moyen d’une footballeuse professionnelle tourne autour de 2500 € bruts pour 100 000 € bruts quand il s’agit d’un homme.

Certes le réajustement entre hommes et femmes est indispensable mais il faudra sans doute une vingtaine d’années au moins pour réunir les conditions économiques nécessaires à cette égalité . Créer aussi des conditions sportives car pour l’instant par exemple en France on ne dispose vraiment que deux équipes professionnelles féminines de niveau international ; Des aspects  que semblent  avoir oublié le président allemand.

Le chancelier allemand Olaf Scholz va cependant rencontrer le directeur de la fédération nationale de football Oliver Bierhoff pour plaider en faveur de l’égalité des salaires pour les footballeuses du pays, a-t-il déclaré lors de la finale du championnat d’Europe féminin entre l’Allemagne et l’Angleterre, dimanche.

L’équipe allemande de football féminin a certes perdu la finale du championnat d’Europe féminin ce dimanche contre l’Angleterre (2-1). Mais elle a remporté une autre victoire encore plus belle. Dans la foulée du match qui se déroulait à Wembley, le chancelier allemand Olaf Scholz a déclaré qu’il allait rencontrer le directeur de la fédération nationale de football Oliver Bierhoff pour plaider en faveur de l’égalité des salaires pour les footballeuses du pays.

La joueuse allemande Lina Magull a réclamé ces dernières semaines un salaire minimum de 2.000 à 3.000 euros par mois pour les joueuses allemandes et a fait état de négociations réussies en Espagne pour un salaire minimum. Les footballeuses allemandes étudient et travaillent parallèlement à leur activité professionnelle, ce qui, selon Magull, ne devrait pas être nécessaire au-delà de la deuxième division. On est loin évidemment des 100 000 € qui seraient nécessaires pour combler les inégalités entre hommes et femmes

Démagogie : le président allemand veut le même salaire pour les footballeuses !

Démagogie : le président allemand veut le même salaire pour les footballeuses !

 

Il est clair que le sport féminin rencontre de plus en plus de succès auprès de l’opinion. Témoin par exemple le tour de France cycliste qui constituera désormais un événement majeur dans le calendrier sportif. Même chose à travers l’intérêt manifesté lors  de la compétition européenne de football féminin.

Du coup le président allemand propose tout simplement d’aligner immédiatement le salaire des footballeurs de son pays sur celle des hommes. Une vraie démagogie qui témoigne du manque de compétence et de sérieux de certains dirigeants politiques. Faut-il rappeler en effet que certains footballeurs parmi les mieux payés touchent plusieurs millions par mois (Ce qui évidemment constitue un autre scandale).

En France, comme en Allemagne, le salaire Moyen d’une footballeuse professionnelle tourne autour de 2500 € bruts pour 100 000 € bruts quand il s’agit d’un homme.

Certes le réajustement entre hommes et femmes est indispensable mais il faudra sans doute une vingtaine d’années au moins pour réunir les conditions économiques nécessaires à cet égalité. Un aspect que semble avoir oublié le président allemand.

Le chancelier allemand Olaf Scholz va cependant rencontrer le directeur de la fédération nationale de football Oliver Bierhoff pour plaider en faveur de l’égalité des salaires pour les footballeuses du pays, a-t-il déclaré lors de la finale du championnat d’Europe féminin entre l’Allemagne et l’Angleterre, dimanche.

L’équipe allemande de football féminin a certes perdu la finale du championnat d’Europe féminin ce dimanche contre l’Angleterre (2-1). Mais elle a remporté une autre victoire encore plus belle. Dans la foulée du match qui se déroulait à Wembley, le chancelier allemand Olaf Scholz a déclaré qu’il allait rencontrer le directeur de la fédération nationale de football Oliver Bierhoff pour plaider en faveur de l’égalité des salaires pour les footballeuses du pays.

La joueuse allemande Lina Magull a réclamé ces dernières semaines un salaire minimum de 2.000 à 3.000 euros par mois pour les joueuses allemandes et a fait état de négociations réussies en Espagne pour un salaire minimum. Les footballeuses allemandes étudient et travaillent parallèlement à leur activité professionnelle, ce qui, selon Magull, ne devrait pas être nécessaire au-delà de la deuxième division. On est loin évidemment des 100 000 € qui seraient nécessaires pour combler les inégalités entre hommes et femmes

Plaidoyer rassurant pour Métavers !

Plaidoyer rassurant pour Métavers  !

 

 

Un  plaidoyer  rassurant de la modernité pour la modernité via métavers alors que le fameux projet de Facebook est loin d’avoir encore démontré son caractère révolutionnaire et universel en matière de nouvelles technologies hormis sa vocation qui vise surtout à recueillir le maximum d’informations sur le comportement des usagers à des fins de publicité.  Par Aurélien Portuese, directeur de recherches au Schumpeter Project on Competition Policy (ITIF) et professeur associé à l’Université Catholique de Paris et à l’Université George Mason (Etats-Unis) dans la Tribune.

 

Depuis que Mark Zuckerberg a annoncé, à l’automne dernier, que Facebook devenait « Meta » pour mieux se consacrer au développement du « métavers », les esprits s’échauffent. Alors même que la technologie reste encore aux premières étapes de son développement, les inquiétudes se forment et les débats se multiplient.

La commissaire européenne en charge de la Concurrence, Margrethe Vestager, expliquait ainsi en février dernier que « bien sûr », ses services examinaient avec intérêt le sujet pour savoir si, et dans quelle mesure, ils auraient un rôle de régulation à exercer. L’attention est légitime – et l’on sait que la Commission européenne est particulièrement vigilante pour surveiller l’action des opérateurs géants du numérique - mais elle est aussi révélatrice d’un contexte de défiance qui s’est souvent installé entre l’opinion et eux.

Cela étant, cette transformation balbutiante n’intervient pas dans un désert réglementaire et le métavers ne se déploie pas dans un univers sans droit, bien au contraire. Depuis quelques années, les autorités européennes n’ont cessé de produire du droit encadrant les opérateurs numériques et les activités en ligne, de deux façons au moins : d’une part de façon réactive – et punitive, en sanctionnant des pratiques jugées contraires aux normes de régulation des marchés ; d’autre part, de façon préventive en édictant de nouvelles règles.

Les décisions contentieuses des autorités de régulation, en matière de concurrence ou de protection des données personnelles par exemple, sont venues, par la voie des condamnations (et plus occasionnellement des non-lieux), préciser l’interprétation des normes traditionnelles appliquées à l’ordre numérique. Les débats académiques et politiques ont d’ailleurs été nombreux sur l’éventuelle nécessité de les rénover. Résistant aux tentations, les autorités de régulation ont su montrer que les régulations fondamentales du marché, comme le droit de la concurrence, restent parfaitement adaptés aux réalités économiques les plus mouvantes.

Les législateurs nationaux et européens ont également su adopter, lorsqu’ils le jugeaient nécessaires, de nouvelles réglementations adaptées au monde numérique – dont la pleine application n’est d’ailleurs souvent pas encore très ancienne. C’est, par exemple le cas du RGPD, qui a constitué une étape clé d’encadrement des pratiques en ligne et de protection des données personnelles ; il a contribué à faire de l’Europe un leader d’influence en matière de régulation, suivie avec attention à travers le monde, quand elle n’était pas copiée. Il faudrait citer également le DMA et le DSA, textes majeurs récemment adoptés. L’ensemble de cette production législative, qui existe désormais, constitue un socle de régulation pour tout le secteur de la technologie, existant ou à venir.

Le métavers soulèvera probablement de nouvelles questions pour les législateurs et le monde académique, suscitant des débats nourris et de la littérature passionnante. A ce stade, il ne se développe cependant pas dans un désert juridique grâce l’Europe qui a su, depuis des années, mettre en œuvre un cadre juridique juridique puisque l’Europe a développé, depuis des années, un cadre juridique extrêmement exigeant.

Pour une nouvelle alliance eurafricaine»

Pour une nouvelle alliance Europe–Afrique

Pour le cofondateur de MGH partners,Hamza Hraoui,  « la poussée isolationniste de l’axe atlantiste a laissé la place à une obsession sino-russe. Elle devra pousser l’Europe à s’appuyer plus que jamais sur un axe Europe-Méditerranée-Afrique renforcé » ( L’opinion)

 

 

Au lendemain du 2 mars 2022, lors du premier vote d’une résolution contre la Russie à l’assemblée générale des Nations unies, les Européens se sont tombés de haut. Et pour cause : pensant que la plupart des pays africains dits amis allaient suivre sans sourciller le sillage des condamnations occidentales de l’invasion de l’Ukraine, l’Europe a dû constater la très grande prudence et la distance de ces derniers vis-à-vis du conflit. Trente-cinq Etats se sont abstenus. Plus de la moitié de ces derniers étaient africains.

Ce n’est certainement pas le soft power ou les investissements russes qui ont pesé dans cette séquence – rappelons que le PIB de l’ex-URSS dépasse à peine celui des Pays-Bas. Il est vrai que des pays avaient comme ligne de mire les importations de blé. C’est le cas duSénégal, qui préside l’Union africaine, et dépend à hauteur de 51 % du blé russe. Cela a certainement atténué son tropisme occidental mais la cause est plus profonde que cela : l’absence d’alliance politique et géostratégique entre le nord et le sud de la Méditerranée.

Nous parlons ici de deux ensembles tellement proches, touchés par les mêmes enjeux globaux. Plus que jamais, le contexte géopolitique actuel devrait être celui d’une convergence des cultures stratégiques des deux rives avant que le divorce ne soit consommé.

S’il est une région qui a inspiré et façonné l’histoire du monde par son énergie créatrice et ses racines multidimensionnelles, c’est bien la Méditerranée. Cet espace qui a connu des temps de gloire, de drames, mais aussi de paix se cherche toujours un corps institutionnel intégré qui lui permette de participer pleinement à la refondation de l’ordre mondial.

La pandémie aurait déjà dû inciter le bassin méditerranéen à libérer son potentiel stabilisateur. Pour y parvenir, les pays de la région peuvent compter sur les richesses de leurs cultures qui embrassent une variété de savoirs et d’idées uniques au monde. Faire preuve d’audace permettrait de sanctuariser un espace économique et culturel vital pour les deux rives de la Méditerranée, en incluant l’Afrique dans une communauté de destin.

Peut-on imaginer l’Europe sans l’Afrique et vice-versa ? Cette question s’impose désormais depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine dans un contexte post-pandémique. Pour ne pas revivre le scénario turc dans lequel l’Europe a vu s’éloigner un allié important pourtant membre de l’Otan, il est indispensable de changer de posture avec des pays d’Afrique du nord et de l’ouest, qui sont passés de l’expectative à une capacité d’analyse autonome. Cela devrait être un impératif géopolitique car aucun cadre d’alliance n’a été défini malgré les échanges socioéconomiques qui ne cessent de croître.

Il ne s’agit pas ici de spéculer sur l’éventualité d’une rupture entre les deux corps de la Méditerranée, car cela est tout simplement irréaliste étant donné les multiples liens tissés depuis si longtemps, et parce que la proximité géographique impose ses contraintes. Au contraire, il s’agit d’établir un constat qui doit pousser à agir dans un contexte d’activisme chinois ou russe dans la région. Pour considérer enfin le Maghreb comme partenaire stratégique pour l’Europe, et l’Europe comme allié vital pour le Maghreb.

 Alors que la communauté européenne, et tout particulièrement la France, sort à peine d’une guerre contre une pandémie qui a affecté les économies émergentes, aujourd’hui la question du « monde d’après » devra répondre à la surdépendance envers l’Asie, d’un côté, et russe, de l’autre, notamment sur un enjeu déterminant pour les relations internationales : l’énergie.

La pandémie a ouvert un questionnement sur le modèle social pour beaucoup de citoyens européens. Si le débat sur le modèle « d’après » a été vite clôturé au profit de messages de retour à la normale, les interrogations et inquiétudes reviennent. La sortie progressive de la crise sanitaire et la frénésie mondialisée de la consommation ont cédé la place à une inflation qui menace le pouvoir d’achat de l’agent économique européen.

L’énergie constitue en ce sens le talon d’Achille des économies libérales du nord. Dans la phase politique qui s’annonce, la résolution de la crise énergétique à venir et la réduction des inégalités ne peuvent être dissociées. L’Europe est au bord d’une crise énergétique sans précédent qui pourrait mettre à l’arrêt une partie de son outil industriel. De ce fait, la sortie des énergies fossiles s’impose progressivement dans le débat comme la condition de réussite de la transition, mais les Vingt-Sept rechignent toujours à regarder vers le sud pour s’approvisionner en énergie verte. L’Afrique dispose pourtant d’espace, de couloirs venteux réguliers, et d’un ensoleillement inégalé.

C’est aussi l’opportunité d’un « New green deal » avec l’Afrique qui l’aiderait à combler son retard en matière de développement, tout en contraignant ses dirigeants à une meilleure gouvernance. Au-delà de la révision de la politique de l’UE sur l’énergie, il s’agit ici d’une exigence pesant sur l’ensemble des actions extérieures de l’Union pour imaginer une nouvelle forme d’alliance avec la rive sud de la Méditerranée. La poussée isolationniste de l’axe atlantiste a laissé la place à une obsession sino-russe. Elle devra pousser l’Europe à s’appuyer plus que jamais sur un axe Europe-Méditerranée-Afrique renforcé.

Hamza Hraoui est cofondateur du cabinet d’affaires publiques MGH partners.

Profit des grandes sociétés : ça baigne aussi pour BNP

Profit des grandes sociétés : ça baigne aussi pour BNP

 

 

On assiste actuellement à la publication des résultats concernant les deux premiers trimestres de l’année. En général pour les très grandes sociétés, le bilan financier est particulièrement juteux. Après Total, après bien d’autres c’est BNP qui annonce un résultat de plus de 3 milliards pour le seul second trimestre. À se demander si les très grandes multinationales ne profitent pas de la situation inflationniste pour se gaver aussi.

Dans le détail, ce sont les bonnes performances trimestrielles du pôle de banque de détail et services financiers spécialisés qui se distinguent, avec une progression de 11% des revenus à 7,2 milliards d’euros. A noter, notamment, la forte progression des encours de crédits (+7%) et des dépôts (+7,5%). L’activité d’Arval et le Leasing Solutions réalise un bond de 33% et son résultat avant impôts de 72% à 545 millions d’euros. Comme au premier trimestre, les activités de la BFI soutiennent globalement le groupe, avec des revenus en hausse de 10,6% à 4,1 milliards d’euros.


Dans un contexte de marché pourtant difficile, la banque s’est appuyée sur ses points forts, comme les produits de taux et de change, et les matières premières. Les dérivés actions ont également été soutenus alors que les Bourses ont connu un semestre calamiteux. Les opérations de financements aux grandes entreprises sont en revanche en baisse, ces dernières ayant levé le pied sur le refinancement, compte tenu de la montée des taux. Autre fait saillant, le coût du risque reste faible, à 33 points de base, malgré de nouvelles dotations aux provisions ex ante, c’est-à-dire, sur des risques non avérés.

 

Politique monétaire de la BCE : Hausse des taux d’intérêt pour contrer l’inflation ou l’amplifier ?

Politique monétaire de la BCE : Hausse des taux d’intérêt pour contrer l’inflation ou l’amplifier ?

 

Pour justifier le relèvement d’un coût de 50 points de base des taux d’intérêt , la BCE fait référence à la lutte contre l’inflation. Le seul problème qui se pose est de savoir si cette décision est de nature à faire baisser la hausse des prix ou au contraire à la gonfler. Notons par ailleurs il ne s’agit que d’une première mesure qui sera suivie d’autres. En effet,l’inflation en Europe a atteint 8,6 % en juin sur un an. En réalité il s’agit aussi de combattre la faiblesse de l’euro en particulier par rapport au dollar où la parité est à peu près atteinte.

Il n’est pas du tout certain que cette augmentation des taux d’intérêt soit bénéfique à l’économie y compris à l’inflation à court et moyen terme ( à plus long terme évidemment si on tue la croissance, la baisse de la demande fera baisser l’inflation mais quand ?). Dans de nombreux domaines,  l’inflation de certains produits est en  effet structurelle et sera peut influencée par les taux d’intérêt.

Les journaux financiers se félicitent de cette hausse des taux d’intérêt qui permettrait de mieux rémunérer l’épargne. Le problème c’est que les taux d’intérêt de l’épargne très en dessous du niveau de l’inflation. Il y a donc une perte sèche pour les épargnants ( comme d’ailleurs pour les salariés)

Le principal risque de ce processus de relèvement des taux d’intérêt est de refroidir nettement la croissance voire de favoriser un chemin vers la récession. L’argent plus cher va nécessairement peser sur la compétitivité des produits. Sans parler de l’effet sur le cout de la dette  ( publique et privée. ).  La première conséquence sera sans doute un sérieux coup de froid sur l’immobilier qui pourrait même provoquer une crise grave.

Les incertitudes sur l’approvisionnement de gaz en provenance de Russie risquent par ailleurs de faire plonger la zone euro en récession en cas d’arrêt brutal des livraisons par Moscou. Une hausse trop rapide des taux ne pourrait qu’aggraver la situation.

La BCE, avec ce renchérissement du coût du crédit, ne fait que suivre l’exemple de la banque centrale américaine (FED) qui augmente ses taux d’intérêt depuis mars. Fin juillet, ils pourraient même être relevés de 75 points de base.

A noter que le Japon a laisse inchangée sa politique monétaire ultra-accommodante, conformément aux attentes de la plupart des économistes, tout en relevant sensiblement ses prévisions d’inflation pour le pays.

Concept de » Sobriété énergétique »: Un slogan pour éviter des changements structurels

Concept de » Sobriété énergétique »: Un slogan pour éviter des changements structurels 

 

Yamina Saheb membre du GIEC, Experte des politiques d’atténuation du changement climatique estime dans le Monde  que  la mise en place de politiques de sobriété nécessite une métamorphose de l’économie qui va bien au-delà du plan annoncé par Emmanuel Macron. 

On ne peut que se féliciter de l’émergence de la sobriété dans le débat public comme solution à la crise énergétique. Le concept de sobriété n’est pas nouveau, il remonte à la Grèce antique. La Thaïlande a été le premier pays à en faire la colonne vertébrale de sa politique de développement, alors que la France est le seul pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques à avoir inscrit la sobriété dans sa loi sur la transition énergétique.

Malheureusement, la vision française de la sobriété se limite à sa dimension énergétique et ignore les autres composantes de la sobriété identifiées dans le rapport III du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). En effet, ce rapport définit les politiques de sobriété comme étant « un ensemble de mesures et de pratiques du quotidien qui évitent la demande en énergie, matériaux, sol et eau tout en assurant le bien-être pour tous dans les limites planétaires ».

La sobriété n’est pas l’austérité ! Bien au contraire, les politiques de sobriété préservent l’accès pour tous aux services essentiels en éliminant les consommations superflues des plus aisés. Et contrairement aux idées reçues, les citoyens ne pourront avoir des comportements sobres que si, et seulement si, les politiques publiques mettent d’abord en place les solutions nécessaires pour que les activités essentielles au bien-être de tous se déroulent dans le respect des limites planétaires.

Les politiques de sobriété nécessitent de considérer à la fois les aspects dimensionnels, coopératifs et l’usage des biens et services mis à la disposition des citoyens. La sobriété dimensionnelle consiste à mettre sur le marché des produits (voitures, logements, électroménager) qui correspondent aux besoins des citoyens. La sobriété coopérative revient, elle, à mettre en œuvre une organisation collective de l’espace de façon à permettre une mutualisation importante des services essentiels – ainsi pour la mobilité grâce aux transports en commun. La sobriété d’usage vise à éliminer l’obsolescence programmée des appareils et équipements et à mieux les utiliser. Il est clair que les citoyens ne pourront agir que sur l’utilisation des appareils dont ils disposent. Par conséquent, réduire la sobriété aux changements de comportement des individus serait une erreur fatale car les citoyens sont en vérité enfermés dans les solutions autorisées par les politiques publiques.

Sans surprise, la vision de la sobriété par les patrons d’Engie, EDF et TotalEnergies se limite aux changements de comportement. Les énergéticiens français s’inscrivent dans la continuité de la stratégie bien rodée de désinformation, développée par les pétroliers américains pour détourner l’attention des pouvoirs publics des changements structurels nécessaires pour éliminer l’utilisation des énergies fossiles. La sobriété telle que préconisée par les énergéticiens français déclencherait, si les pouvoirs publics la mettaient en œuvre, une crise sociale sans précédent.

 

 

La dette va devenir insupportable pour la Cour des Comptes

La dette va devenir insupportable pour la Cour des Comptes

 

Pour la Cour des Comptes, la dette française va devenir insupportable. L’institution revêt aussi en cause la sincérité budgétaire qui est caractérisée notamment par une surestimation de la croissance donc des recettes et par une sous-estimation des dépenses.

Selon  , leprésident de la Cour des Comptes, les projections de Bercy s’appuient sur des prévisions de croissance « optimistes » pour les 5 prochaines années. « Le gouvernement nous avait accoutumés ces dernières années à un peu plus de prudence, notamment pendant la crise du Covid: je préfère les bonnes surprises constatées aux anticipations trop favorables » grince Pierre Moscovic. .

Surtout, il appelle à accélérer la réduction des dépenses publiques. « Il faut retrouver des marges et mieux documenter la stratégie de finances publiques pour les prochaines années » juge-t-il d’autant que l’inflation prévue par Bercy pour ces deux années (+ 5 %, puis + 3,2 %) lui semble sous-estimée.

L’interview n’a pas manqué de faire réagir Bercy qui assure, auprès de BFMTV, que ses prévisions sont fiables.

 

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