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Le Mali provoque la Côte d’Ivoire

Le Mali provoque la Côte d’Ivoire

Complètement englué dans son régime de dictature et aux ordres de la Russie via les mercenaires de Wagner, le Mali cette fois s’attaque à la Côte d’Ivoire en arrêtant 50 de ses militaires qui devaient participer à la Minusma. Il s’agit évidemment d’une véritable provocation du Mali qui n’avait nul besoin d’arrêter les militaires et aurait pu tout simplement permettre leur retour en Côte d’Ivoire. Cette affaire isole encore un peu plus un Mali sans véritable Etat, gangrèné  par la corruption , les violences djihadistes autant que les violences des militaires maliens et des mercenaires russes de Wagner. Le Mali a tout à perdre dans ce conflit car la Côte d’Ivoire est notamment une terre d’accueil pour de nombreux Maliens victimes de la crise politique économique qui secoue le pays depuis de nombreuses années

 Le mandat ONU  de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA):

  • stabilisation de la situation dans les principales agglomérations et contribution au rétablissement de l’autorité de l’État dans tout le pays ;
  • contribution à l’application de la feuille de route pour la transition, y compris le dialogue national et le processus électoral ;
  • protection des civils et du personnel des Nations unies ;
  • promotion et défense des droits de l’homme ;
  • soutien de l’action humanitaire ;
  • appui à la sauvegarde du patrimoine culturel ;
  • action en faveur de la justice nationale et internationale.

.

Or des  soldats ivoiriens ont été arrêtés dimanche à l’aéroport international de la capitale malienne, une mesure que la junte a justifiée notamment par l’absence de permission pour leur venue et par l’absence du statut de soldat dans le passeport de certains d’entre eux.

Bamako dit considérer qu’il s’agit de mercenaires et a annoncé son intention de les juger comme tels, ajoutant qu’Abidjan n’était pas informé de l’arrivée des soldats.

Mais les autorités ivoiriennes ont assuré mardi que ces soldats ont été déployé s dans le cadre de contrats d’assistance sécuritaire et logistique signés en juillet 2019 avec la mission des Nations unies au Mali – la Minusma. Elles ont demandé la libération immédiate des soldats.

Le porte-parole de la Minusma, Olivier Salgado, a confirmé via Twitter cette information.

 

Suppression de la redevance télé : la démocratie tirée vers le bas ?

 

« En l’absence de la redevance, tout l’audiovisuel risque, à coup sûr, d’être tiré vers le bas » estime Jean-Noël Jeanneney 

 

Ce qui est en jeu si l’on supprime la redevance, ce n’est pas seulement le niveau culturel de la nation dans ses diverses générations, c’est aussi la qualité du débat civique, souligne, dans une tribune au « Monde », l’historien et ancien secrétaire d’Etat à la communication, qui appelle les députés à un refus « de salubrité civique ».

 

C’ette prise de position appelle des  remarques. La première, c’est que l’audiovisuel public ne joue désormais un rôle assez marginal face à l’explosion des modes d’expression : radio, télé, Internet. Pourquoi imposer une fiscalité à ceux qui ignorent l’audiovisuel publique? La seconde observation est liée à l’objectivité supposée des institutions publiques d’information. Sauf exception rare , l’audiovisuel public se caractérise souvent par une complaisance vis-à-vis du pouvoir en place et par une posture d’évitement des sujets trop brûlants. En outre,  l’audiovisuel public est aussi concernée par la publicité et donc aussi influencée par ses donneurs d’ordre NDLR

 

Il en est temps encore. Donc il faut le crier très fort. Supprimer la redevance audiovisuelle serait une mauvaise action.

Le principe en remonte au mitan des années 1930. Georges Mandel, ministre responsable dans le domaine de la radio, le théorisa. Sa justification demeure inchangée. Il s’agit, aujourd’hui comme autrefois, d’assurer la pérennité, à côté d’organismes mus par la quête du profit et dont le dynamisme est d’abord commercial, d’un service public qui soit mû par d’autres ressorts. En l’absence de la redevance, tout risque, à coup sûr, d’être tiré vers le bas. Achetant la première chaîne, en 1987, un entrepreneur de travaux publics avait promis de servir « un mieux-disant culturel ». On sait ce qu’il en a été.

 

L’idée démagogique d’une satisfaction des contribuables est évidemment illusoire. Elle sera fugace, à coup sûr. Démagogie ! J’étais chargé des questions audiovisuelles au gouvernement lorsque j’appris, à l’automne de 1992, qu’un jeune inspecteur des finances avait mis dans l’esprit du premier ministre, Pierre Bérégovoy, une singulière conviction : supprimer la redevance, supposée impopulaire (malgré diverses exonérations) aurait un effet décisif pour rallier l’opinion au pouvoir en place, dans la perspective des prochaines élections législatives. C’était une calembredaine. Mais il fallut que je menace de démissionner pour que le projet fût retiré. On est en droit d’affirmer, sans risquer d’être démenti, que ce n’est pas pour cette raison que la gauche fut battue lors des élections législatives qui suivirent.

Inciter à développer la publicité

Le gouvernement nous promet une garantie pluriannuelle du financement du secteur public. Pure illusion, puisqu’elle peut être contredite chaque année par des décisions nouvelles. En l’absence d’une redevance, le budget de l’audiovisuel public est voué à devenir une variable d’ajustement pour n’importe quel ministère.

Croissance de la population mondiale en baisse

Croissance de la population mondiale en baisse  

 

« Les humains ont fait le choix d’avoir peu d’enfants, et cela est vrai partout, dans de plus en plus d’endroits sur la planète », explique sur franceinfo le démographe Gilles Pison.

 

 

Nous sommes chaque jour de plus en plus nombreux sur la planète. L’Organisation des Nations unies (ONU) vient de publier son nouveau rapport sur l’évolution de la population mondiale : d’ici le 15 novembre prochain, la barre des 8 milliards de Terriens sera dépassée, soit 1 milliard d’humains de plus qu’en 2010. Pourtant, ces chiffres ne doivent pas masquer le fait que « la croissance démographique décélère continuellement depuis 70 ans », explique Gilles Pison, professeur au Muséum national d’histoire naturelle et conseiller scientifique auprès de l’Institut National d’Etudes Démographiques (Ined).

franceinfo : Il y aura 8 milliards d’êtres humains d’ici le mois de novembre… Est-ce qu’il y a de la place pour tout le monde ?

Gilles Pison : On se posait déjà la question lorsque nous n’étions qu’un milliard sur la planète. C’était il y a deux siècles, c’est une question récurrente. Le constat, c’est que nous sommes de plus en plus nombreux. Mais la croissance démographique décélère depuis 70 ans. La population augmente au rythme de 1% par an et le rythme devrait continuer de baisser dans les prochaines décennies. L’ONU prévoit une stabilisation à 10 milliards et demi de personnes sur Terre dans les années 2080. C’est parce que les humains ont fait le choix d’avoir peu d’enfants. Et cela est vrai partout, dans de plus en plus d’endroits sur la planète. La principale conséquence c’est une stabilisation, une croissance zéro à terme de la population, peut-être même une diminution.

« Dans les deux tiers des pays du monde, les couples ont désormais moins de deux enfants en moyenne. »

 

L’ONU a compté par ailleurs que le Covid-19 avait provoqué une surmortalité de 14,9 millions de personnes. Est-ce que cela va induire des changements démographiques à l’avenir ?

Non, aucun. Cela ne modifie en rien les tendances, ça représente un surcroît de décès de 12% pour les seules années 2020 et 2021. L’hypothèse, c’est que le Covid-19 a eu un effet temporaire et qu’à partir de 2022, l’espérance de vie retrouve ses niveaux et ses tendances d’avant pandémie. C’est souvent ce qu’on observe et donc ça n’aura modifié que très peu les chiffres annoncés pour les prochaines décennies.

Les Indiens seront bientôt plus nombreux que les Chinois. Est-ce une source de bouleversements ?

Là aussi, c’était annoncé. Même si la révision des chiffres par l’ONU fait que la date de dépassement de la Chine par l’Inde a été avancée. On savait que ça aurait lieu avant 2030, mais là, on sait que ce sera le cas dès l’an prochain. Et ça ne vient pas tellement d’une croissance plus rapide de l’Inde, qui suit ses évolutions. C’est parce que les chiffres pour la Chine ont été révisés sérieusement à la baisse à cause du constat que les Chinoises et les Chinois ont de moins en moins d’enfants, beaucoup moins que ce que l’on imaginait. Ceci malgré la politique nataliste du gouvernement chinois qui souhaite soutenir la natalité. C’est un des grands enseignements de ces projections : la Chine va voir sa population baisser dans les prochaines décennies. Le pays est à son maximum et il pourrait perdre presque la moitié de sa population en effectifs d’ici 2100.

Enseigner la culture de l’innovation

Enseigner la culture de l’innovation

 

La vitesse chaque jour plus rapide du changement fait que l’on ne peut plus désormais s’installer durablement dans une certitude et fonctionner longtemps dans les mêmes systèmes, sauf à être très rapidement déconnecté de la marche du monde. Avant d’être définie comme une technologie, l’innovation est donc une attitude de pensée. Mieux : une matière à part entière qui pourrait fort bien s’enseigner dès le collège ! Par Alain Conrard, Président de la Commission Digitale et Innovation du Mouvement des ETI (METI)​ (la Tribune).

 

L’innovation nous oblige en permanence à remettre en question nos certitudes. C’est même son principe : ce qui était certain, ce qui fonctionnait parfaitement, peut se trouver obsolète, donc dévalué, au profit de la nouveauté. La vitesse chaque jour plus rapide du changement fait que l’on ne peut plus désormais s’installer durablement dans une certitude, fonctionner dans les mêmes systèmes ou occuper longtemps la même position, sauf à être très rapidement « déconnecté » de la marche du monde.

Avant d’être définie comme une technologie, l’innovation est donc une attitude de pensée. L’innovation nous oblige ainsi à une mécanique mentale, difficile mais passionnante : ne rien tenir pour acquis. Et si rien n’est jamais acquis, tout est instable.

Cette instabilité du savoir et des techniques portées – et accélérée – par l’innovation n’est pas sans liens avec la base de toute démarche philosophique : faire comme si rien n’allait de soi. Loin d’être la course irréfléchie à la nouveauté dont certains l’accusent parfois, cette forme avancée de la modernité qu’est l’innovation rejoint ainsi l’un des piliers fondamentaux de la sagesse. Socrate, le modèle occidental du sage, prétendait qu’il ne savait qu’une chose, c’est qu’il ne savait rien. C’est ainsi qu’il s’engageait sans le moindre a priori dans la discussion ou le dialogue. Il réussissait de cette manière à questionner pour parvenir à suspendre les certitudes de son interlocuteur et à déboucher sur un point de vue plus solide, situé au-delà de l’antagonisme engendré par la simple confrontation des opinions

 

Si elle est le règne de la performance, l’innovation est donc également celui de l’incertitude. En ce sens, elle est aussi un parfait rejeton de la science. En effet, à la différence d’une croyance, qui est indiscutable, est considéré comme scientifique ce qui est réfutable, ce qui peut être remplacé par une meilleure théorie rendant mieux compte de l’expérience. Par la mise en pratique quotidienne de la technoscience, l’innovation s’inscrit clairement dans cette perspective.

Au fondement de l’innovation, déséquilibre et instabilité apparaissent désormais comme des vertus, comme des qualités nécessaires au bon fonctionnement du progrès, là où ils représentaient plutôt des défauts ou des faiblesses dans le passé. Équilibre et stabilité semblaient alors des prérequis pour tout projet. Penser « sérieusement » consistait à s’appuyer sur des savoirs établis, sur une tradition, ou en tout cas sur une certaine continuité du savoir. C’est cette continuité qui est battue en brèche par l’innovation, qui procède par sauts, par ruptures, par disruption.

Il faut désormais penser « outside the box ». Cette image de la boîte est révélatrice du changement de perspective général apporté par l’innovation : celle qui nous montre qu’un grand nombre de nos certitudes n’était que des crédulités. L’idée de la boîte évoque un contenant où les éléments contenus sont rangés. La boîte évoque à la fois l’idée des limites (les parois de la boîte) et celle de l’ordre (les catégories de la pensée établie qui font plus ou moins consensus). Si l’on pense « inside the box », on s’appuie sur ce qui existe. Or, l’innovation suppose la nouveauté, c’est-à-dire la rupture. Innover, c’est inventer et déployer cette invention. C’est donc rompre avec ce qui existe. Cette logique qui a toujours caractérisé l’invention a essaimé dans tout le champ économique, reposant désormais de plus en plus sur la capacité générale à innover. L’impératif d’innover tend à se généraliser, et conduit de plus en plus de monde à adopter cette « agilité » qui constitue désormais le principal critère d’une pensée efficace, c’est-à-dire une pensée qui se refuse à toute position arrêtée et durable.

Cette « boîte » hors de laquelle il faut désormais penser, c’est donc une boîte bien précise : sa propre boîte crânienne, là où sont rangés les évidences, les certitudes, les schémas ayant fait leurs preuves et les expériences qui nous conduisent à penser que ce qui a marché hier marchera demain. Il n’en n’est rien. Plus s’impose la logique de l’innovation, et l’accélération phénoménale qu’elle apporte, plus ce qui était valable hier a cessé de l’être aujourd’hui ; ce qui était vrai il y a cinq minutes pourrait fort bien ne plus l’être à l’instant d’après.

Pour une culture de l’innovation

Le prisme de la technologie est employé la plupart du temps pour parler d’innovation. Pourtant, cet angle d’analyse, s’il a évidemment toute sa place – qui pourrait nier que l’innovation se fait toujours sur une base technologique ? -, est devenu réducteur lorsqu’il s’agit de mettre en évidence la fonction réelle qu’elle assure aujourd’hui. La place économique et sociale qu’elle a prise montre qu’elle  déborde largement ce cadre. Cela montre en tout cas que l’approche par le seul biais des technologies n’est pas suffisante pour prendre toute la mesure du phénomène, et de l’immense potentialité de ses apports pour le bien commun.

À travers la place décisive prise par l’innovation, la logique qui l’anime imprime désormais fortement la culture. Elle remodèle nos usages, nos pratiques, notre quotidien, nos institutions, nos relations, etc. Ainsi, elle est amenée à modifier en même temps nos modes de pensée. C’est un cadre de pensée global qui s’installe alors, réglant la nature aussi bien que le rythme du progrès.

Il faut en conclure que l’innovation fait aujourd’hui pleinement partie de la culture : elle est même l’une des dimensions, sans doute parmi les plus importantes, de la culture contemporaine. La « culture geek » le montre bien, par exemple. Pourtant, elle reste trop souvent cantonnée à des cercles trop étroits, et cette confidentialité ne rend pas justice à la place réelle prise aujourd’hui par l’innovation dans nos vies. Son impact est tel, à un nombre de plus en plus grand de niveaux, que s’impose de façon impérieuse le besoin de penser l’innovation comme culture, et de définir les grands traits d’une culture de l’innovation. Son importance et sa capacité de transformation font qu’elle doit s’intégrer aux cadres de la culture contemporaine, qu’elle doit être pensée comme l’un de ses éléments majeurs de structuration.

Bref, il est urgent de développer et de diffuser largement une véritable culture de l’innovation. À la fois individuellement et collectivement.

L’innovation est un champ encore largement vierge. Ce qui semble logique pour une pratique dont le principal mode opératoire est de détruire l’acquis au profit du nouveau, celui-ci devenant à son tour, dès son apparition, un acquis à dépasser.

Même s’il est plus facile, voire plus confortable, d’être nostalgique d’un temps où l’état des choses et des connaissances semblait relativement fixe, il faut désormais accepter et « faire avec » l’instabilité. L’un des aspects positifs de cette fluidité toujours plus grande du savoir est de nous conduire de plus en plus à une ouverture d’esprit et à une acceptation aussi bien de la nouveauté que de la différence. Car tout ce qui est nouveau est par définition différent.

Ainsi, l’innovation peut nous aider à nous méfier de la permanence de nos certitudes, de ce que l’on pense savoir. De ce point de vue, l’innovation pourrait bien être un antidote à tous les raidissements identitaires, généralement fondés sur la certitude erronée qu’on a raison de penser ce qu’on pense.

Enseigner l’innovation

Parler d’une culture de l’innovation signifie, entre autres, qu’elle devrait faire partie de la culture générale. Mieux : on devrait l’enseigner ! L’innovation pourrait s’envisager comme une matière à enseigner en tant que telle, aux nombreuses implications culturelles, voire anthropologiques. Et si on prenait cette idée au sérieux ? Si on l’enseignait, comme une matière, au même titre que les mathématiques, l’anglais ou l’histoire ? Ne serait-ce pas une opportunité de repousser les frontières de l’enseignement et d’en explorer ainsi de nouvelles ?

L’innovation pourrait avec profit entrer dans les cycles d’enseignement, et ce, dès le collège. Ce n’est pas seulement une approche technologique de l’innovation qu’il s’agirait de développer à l’école, mais une perspective élargie où toutes ses dimensions (technologique, philosophique, sociologique, sociétale, écologique, etc.) seraient évoquées et transmises aux élèves.

Il s’agirait d’élaborer et d’offrir un module d’enseignement pour des élèves du secondaire. Cela leur permettrait de comprendre tous les aspects du phénomène. Il prendrait également conscience du champ des possibles apporté par l’innovation, au-delà de la simple utilisation des applications et des écrans de leurs smartphones auxquels ils sont très souvent rivés. Il y a là une clé pour réconcilier les élèves avec l’école, en leur montrant que l’école s’intéresse à ce qui les intéresse. En effet, parler d’innovation en tant que matière permet d’aborder tous les aspects du sujet et de leur montrer que l’enseignement qui leur est dispensé n’est pas coupé de ce qu’ils vivent, mais au contraire y est pleinement ancré.

Parmi les multiples aspects de cet enseignement, le prisme des jeux vidéo et de la façon dont ils servent aujourd’hui de modèle pour de nombreuses autres activités collaboratives pourrait être un axe porteur.

Envisagée de cette manière, l’innovation pourrait alors également jouer un rôle décisif dans la lutte contre l’exclusion, en étant présentée à travers des initiations (stages, week-end, soirées, etc.), notamment dans les zones défavorisées. Des associations travaillant dans les quartiers ou les zones sensibles pourraient proposer une familiarisation avec cette matière aux multiples facettes, comme elles le font pour le foot, la musique ou la peinture. L’innovation apparaîtrait ainsi non plus comme une pratique lointaine réservée à quelques privilégiés, mais comme une matière accessible, porteuse d’espoir d’évolution et de transformation sociale.

En nous obligeant à accepter une instabilité fondamentale du savoir, en permettant de réaliser que dès que l’on croit savoir quelque chose, ce savoir est destiné à très courte échéance à être remplacé par un autre, en remettant en cause nos certitudes de façon systémique, l’innovation nous enseigne une ouverture d’esprit salutaire, et possiblement porteuse d’une plus grande tolérance.

Finalement, et si le fait de savoir qu’on ne sait pas était la seule façon de vraiment savoir quelque chose ?

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(*) Par Alain Conrard, auteur de l’ouvrage « Osons ! Un autre regard sur l’innovation », un essai publié aux éditions Cent Mille Milliards, en septembre 2020, CEO de Prodware Group et le Président de la Commission Digitale et Innovation du Mouvement des ETI (METI) (LinkedIn).

La reprise des faillites annonce une crise profonde

La reprise des faillites annonce une crise profonde

La hausse exponentielle des faillites combinée à un ralentissement de création des nouvelles entreprises pourrait annoncer une crise profonde. Longtemps sous respiration artificielle du fait des aides publiques, nombre d’entreprises pourrait disparaître à l’occasion de l’écroulement de la croissance.

Le  nombre de faillites a bondi de 49% au second trimestre après une précédente hausse de 35% au premier trimestre 2022. D’après le dernier bilan dévoilé par le cabinet Altares ce lundi 11 juillet, Le nombre de défaillances est ainsi passé de 6.587 au second trimestre 2021 à 9.826 au second trimestre 2022. A titre de comparaison, le total des faillites enregistrés en 2018 et 2029 avoisinait les 12.000 sur la même période. L’écart se resserre avec le niveau pré-Covid sans retrouver les niveaux de 2018 et 2019 sur la même période. Au total, le nombre d’emplois menacés s’élève à 30.560, contre 19.530 au second trimestre 2021, soit une augmentation de 56%.

 

Dans le détail, les petites et moyennes entreprises (PME) apparaissent en première ligne avec une hausse spectaculaire de 74% entre le second trimestre 2021 et le second trimestre 2022 avec 731 cessations d’activité, contre 420 un an auparavant. Le nombre de faillites de PME retrouve ainsi son niveau d’avant crise.

Du côté des très petites entreprises (TPE de moins de trois salariés), la hausse, certes moins importante, marque une nette accélération (47%), passant de 5.012 à 7.365 à un an d’intervalles sur la même période.

 

Dans le même temps, le dernier baromètre des greffiers des tribunaux de commerce dévoilé ce lundi 11 juillet, 303.870 entreprises ont été enregistrées au cours du premier semestre, soit une baisse de 10% par rapport à même période en 2022 (324.829). « Le ralentissement est encore plus marqué pour les entreprises individuelles, dont les micro-entreprises, qui voient leurs nombres d’immatriculations chuter de 28% sur le semestre, comparativement à la même période l’an passé », souligne l’institution.

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En parallèle, plus de 185.000 entreprises ont été radiées des registres, soit une hausse de 35% sur la même période par rapport à 2021 (131.412) selon les greffiers. Avec le coup de frein de la croissance prévue sur l’ensemble de l’année 2022, beaucoup de secteurs pourraient payer un lourd tribut dans les mois à venir.

« Si l’heure n’est pas encore à l’emballement, l’inversion des courbes de la création d’entreprises et des défaillances, associée à une accélération des liquidations et radiations d’entreprises, pourraient être annonciateurs d’une crise économique profonde », a expliqué Thomas Denfer, président du Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce dans un communiqué.

La bataille du rail

La bataille du rail

Renaissance de la bataille du rail dans le monde avec deux contributions contradictoires. D’un côté ceux qui préconisent la réactivation des lignes secondaires à des fins environnementales et de l’autre des lobbys routiers qui préfèrent le transport collectif sur route.D’une certaine manière, deux  contribution assez schématiques voire caricaturales. Les deux modes ne se situant pas exactement sur les mêmes créneaux de marché et pouvant être très complémentaires.

Comparer par ailleurs la route et le fer  n’a pas beaucoup de sens quand on fait l’impasse sur les conditions de financement des  investissements lourds. Ce qui n’interdit pas évidemment de critiquer la gestion laxiste de la SNCF .NDLR

La signature « en catimini » du nouveau contrat de performance de SNCF Réseau est une occasion manquée qui empêche, de fait, une amélioration du réseau ferroviaire, regrettent, dans une tribune au « Monde », les sénateurs Jacques Fernique (EELV), Olivier Jacquin (PS) et Gérard Lahellec (PCF).

Tribune pro ferroviaire

Emmanuel Macron s’est opportunément converti à l’écologie dans l’entre-deux-tours de la présidentielle, parlant de « planification » et annonçant vouloir réinvestir dans le ferroviaire, mais le naturel est vite revenu au galop : absence de ministre des transports pendant un mois, rétrogradation du ministère de l’écologie dans l’ordre protocolaire, propos approximatifs sur les seules petites lignes dans la déclaration de politique générale de la première ministre pourtant spécialiste des transports…

Cela s’est également illustré par la signature en catimini du nouveau contrat de performance de SNCF Réseau alors qu’il avait réussi l’exploit de faire l’unanimité de tous les acteurs concernés contre lui lors de sa présentation au mois de mars avec deux ans de retard ! L’autorité de régulation des transports a même qualifié ce document, qui détermine les investissements sur l’ensemble du réseau ferroviaire pour la décennie à venir, d’« occasion manquée » tant il maintient la tête de la SNCF sous l’eau financièrement, empêchant de fait une amélioration de l’état du réseau. Dans ces conditions, il sera impossible de doubler la part du train dans les années 2030 comme le souhaite le PDG de la SNCF, et donc d’atteindre nos objectifs climatiques !

Alors que la politique ferroviaire doit être menée sur du long terme et sans à-coup, le gouvernement a opéré ces derniers mois un double tête-à-queue, nouvelle déclinaison du « en même temps » ?

Un premier à l’été 2021 lorsque Emmanuel Macron a remis en cause la priorité aux transports du quotidien en annonçant la construction de trois nouvelles LGV. Si elles peuvent présenter des intérêts localement, ces lignes restent non financées et viennent déséquilibrer une programmation des infrastructures déjà insuffisante. Pire, elles ne sont même pas traduites dans le nouveau contrat de performance !

 

 

La tribune anti ferroviaire

 

 

L’évidence écologique du train mérite en France d’être questionnée, estime, dans une tribune au « Monde », l’expert des mobilités Jean Coldefy. Selon lui, la transition climatique passe d’abord par la généralisation des transports en commun sur la route.

 

L’année 2022 est marquée par un retour en fanfare du ferroviaire dans les médias. L’argument écologique est largement utilisé : le fer contre le carbone. Cette évidence mérite en France d’être questionnée. En matière de transports en commun, il faut distinguer le mode ferré du mode routier et, au sein du mode ferré, les TGV des TER.

Le TGV est en France une solution très onéreuse pour les budgets publics et les ménages. Les fonds publics sont sollicités pour l’investissement et, à l’exception de la ligne Paris-Lyon, les lignes TGV ont toutes mobilisé d’importantes subventions. L’économiste Yves Crozet souligne que le projet de ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse coûtera deux fois plus cher au kilomètre que le TGV Paris-Rennes et mobilisera, avec les prédictions de trafic actuelles (souvent optimistes), 35 euros d’argent public par an et par passager pendant cinquante ans.

Le TGV est également très cher pour les utilisateurs, à tel point que, dès que l’on est deux à voyager, il vaut mieux prendre sa voiture. Un comble pour un transport en commun ! Un étudiant effectuant un Paris-Lyon doit débourser 95 euros s’il doit voyager en période de pointe. C’est pourquoi la France est le pays de Blablacar que la SNCF a cherché, très tôt, à contrer par des offres Ouigo, financées par les usagers des TGV classiques.

 

 

 

 

La mort du BAC !

La mort  du BAC !

 

Le taux de réussite au baccalauréat s’élève à 91,1 % en 2022, ce qui confirme la démocratisation de l’examen. Pour les lycéens, Parcoursup devient désormais le véritable objectif des années lycée. Problème, ce processus d’accès à l’enseignement supérieur est particulièrement opaque.( papier du Monde)

En réalité, le bac est surtout victime de son taux de réussite exceptionnel en contradiction avec l’abaissement général du niveau NDLR

 

La complainte est aussi ancienne que la massification de l’enseignement secondaire, amorcée dans les années 1970 : « Le bac ne vaut plus rien », « On le donne à tout le monde ». La publication, début juillet, de statistiques avantageuses a relancé mécaniquement ces lamentations nostalgiques. Le taux de réussite de 91,1 % enregistré cette année, selon les chiffres rendus publics, samedi 9 juillet, par le ministère de l’éducation nationale, ne fait pas exception, même s’il marque une baisse de 2,8 points par rapport à la session de 2021, désorganisée par le Covid-19.

Sur le temps long, l’augmentation est indéniable. Jusqu’aux années 1980, seuls 65 % environ des candidats obtenaient leur « bachot ». Mais l’examen, longtemps réservé aux enfants des familles aisées, s’est démocratisé. Aujourd’hui, toutes séries confondues, il est passé par 83 % d’une classe d’âge. Cette politique, poursuivie par les gouvernements de droite comme de gauche, a rendu obsolète le baccalauréat d’antan, injuste, coûteux et inLa mort du bacadapté à sa fonction de porte d’entrée dans l’enseignement supérieur, car trop décalé par rapport aux exigences des différentes filières universitaires. Les principales innovations du « nouveau bac » introduit depuis 2020 – enseignement de spécialités, contrôle continu, grand oral, etc. – doivent permettre de mieux articuler le lycée et l’université et de réduire les échecs en premier cycle.

L’une des conséquences assumées de cette organisation est de faire de Parcoursup, processus de déclaration des vœux d’orientation et d’affectation dans l’enseignement supérieur, le véritable objectif des années de lycée. Connue en principe avant les résultats du bac, l’admission dans les différents cursus – décidée sur des critères plus larges que quelques notes à un examen final – régit ainsi désormais le travail scolaire.

Admettre que le bac n’est plus un objectif en soi, puisqu’il n’est plus seul à commander le passage dans l’enseignement supérieur, ne revient pas à en nier la valeur. La perpétuation du rituel d’affichage des notes dans les lycées et l’émotion des élèves qui s’y pressent l’illustrent : comme dans beaucoup d’autres pays, le bac sanctionne la fin des études secondaires. Rite de passage vers l’âge adulte, il demeure populaire tant chez les élèves que dans les familles, et indispensable comme reconnaissance par la République des efforts de chacun.

Dresser ce constat ne doit pas empêcher de dénoncer le poids des « non-dits » qui continuent de peser sur la transparence et l’équité du processus de passage du secondaire au supérieur. Alors que les responsables politiques peinent à assumer la réalité de la sélection dans de nombreuses filières de l’enseignement supérieur, celle-ci s’opère souvent brutalement, via Parcoursup, selon des principes et des critères incompréhensibles. Quant à l’inégalité entre lycées, masquée sous couvert de principes nationaux, elle peine à être prise en compte dans les mécanismes d’affectation. Ces angles morts et ces opacités tendent à perpétuer des privilèges, tout comme les graves faiblesses de l’information sur l’orientation, dont manquent les lycéens de milieux défavorisés.

Loin de la nostalgie pour le bac d’antan, Pap Ndiaye, le nouveau ministre de l’éducation nationale, qui dit avoir comme priorité majeure la lutte contre les inégalités sociales, sera observé sur sa capacité à agir sur ces points cruciaux.

La pénurie de main-d’oeuvre

La pénurie de main-d’oeuvre

Aux rencontres d’Aix-en-Provence qui se sont déroulées ce week-end, le ministre de l’Economie a fort justement souligné le grave problème de la pénurie de main-d’œuvre. Un phénomène qui affecte à peu près tous les secteurs et même toutes les catégories socioprofessionnelles. La conséquence sans doute d’un certain désintérêt vis-à-vis du travail encouragé d’une part par le fonctionnement monarchique de nombre d’entreprises et l’absence de concertation et de participation des salariés. Bref une perte de sens qui accentue la contradiction entre un niveau élevé de chômage et une demande d’emploi sans réponse. Sans doute aussi un certain laxisme des pouvoirs publics vis-à-vis d’une distribution parfois aveugle d’aide sociale. Mais aussi des salariés qui ne sont guère encouragés à travailler compte tenu du faible niveau des salaires.

De la grande entreprise à l’usine ou à la toute petite PME, les difficultés à recruter sont partout. « Il n’y a rien de plus « shadockien » que d’avoir encore autant de chômage et autant d’entreprises qui cherchent des salariés. Il faut traiter ce problème dès la rentrée de septembre », a martelé le ministre de l’Economie et des Finances aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence qui se sont tenues de vendredi à dimanche.

Une priorité absolue, selon lui, à la fois pour soutenir la croissance de l’économie française – à l’heure où elle est ralentie par les conséquences de la guerre en Ukraine – et pour atteindre l’objectif de plein-emploi que s’est fixé l’exécutif pour ce quinquennat. « Une perspective devenue possible » a assuré le ministre du Travail, Olivier Dussopt, lui aussi présent à Aix-en-Provence.

De ce fait, « tout ce qui peut faciliter l’accès à l’emploi est une bonne chose » a lancé Bruno Le Maire, qui a appelé à un travail collectif. Aux entreprises revient ainsi, selon lui, la responsabilité d’être plus attractives en proposant une plus grande flexibilité dans l’organisation du travail et en offrant à tous les salariés des perspectives de carrière. Par ailleurs, le travail doit être mieux rémunéré : « Toutes celles qui le peuvent doivent augmenter les salaires » a-t-il lancé, recevant de l’auditoire un accueil plutôt mitigé.

 

 

Covid: Un plan urgence face à la nouvelle vague

Covid: Un plan  urgence face à la nouvelle vague

 

 

 

La pandémie relative à la Covid enregistre une évolution non contrôlée de l’ordre désormais 150 000 nouveau cas par jour. Pour ne pas affoler l’opinion publique, la question est pour l’instant relativement mise sous le boisseau par le pouvoir. Or les vacances vont faciliter encore un plus grand brassage des populations de sorte que la rentrée risque d’être catastrophique.

. Selon le ministre de la Santé François Braun, le pic épidémique de la septième vague, « incertain », pourrait être atteint « à l’horizon de deux à trois semaines ». Pour l’instant, la première ministre Elisabeth Borne préconise le port du masque dans les « espaces fermés où il y a beaucoup de monde », sans en faire une « obligation » nationale. ( papier de l’Opinion)

 

Une minute sur une heure trente. C’est le temps qu’Elisabeth Borne a consacré mercredi 6 juillet à la reprise épidémique de Covid-19 dans sa très attendue déclaration de politique générale. Ce week-end, ni la Première ministre ni aucun des membres de son gouvernement présents aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence n’en ont touché un mot.

Ce saisissant contraste entre l’intérêt de la nouvelle équipe au pouvoir pour le retour de la Covid, portée par les vents très contagieux du variant BA.5, et l’inquiétude des Français dont la vie est à nouveau percutée par le virus n’augure rien de bon. Avec plus de 150 000 nouvelles contaminations par jour et un pic épidémique à venir, la tension monte. La réponse politique sera-t-elle à la hauteur des enjeux sanitaires ? L’Opinion a identifié cinq sources de dysfonctionnement.

1. Clarifier la stratégie nationale

Inciter sans risquer de brusquer les Français et, surtout, l’opposition. La semaine dernière, les députés ont entamé pour la onzième fois en deux ans et demi de pandémie la lecture d’un projet de loi relatif à la crise sanitaire. Ce nouveau texte, adopté par la commission des lois avant une première lecture cette semaine dans l’Hémicycle, permet de proroger les dispositifs de collecte de données de santé (sur les tests et les vaccinations) et de déployer si besoin un pass sanitaire aux frontières de l’Hexagone en remplacement du pass vaccinal, dont la disparition est programmée pour le 31 juillet.

Prônant le retour des « bons réflexes » et une action « proportionnée », le ministre de la Santé François Braun a joué les équilibristes pour son baptême du feu politique. « L’adaptation, c’est la règle mais vivre avec le virus, ce n’est pas considérer que le virus est immobile », a-t-il lancé aux députés remontés contre le manque de « clarté » de l’exécutif sur la stratégie nationale de lutte contre la Covid.

La suppression du conseil scientifique à la fin du mois (remplacé par un futur comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires dont on ne sait encore rien) et le manque de communication du ministère de la Santé, qui a changé de tête trois fois en sept semaines, nourrissent les critiques.

Faute de boussole, les Français ne savent plus s’ils doivent se vacciner et quand, la dernière décision en la matière (ouverture de la deuxième dose de rappel aux plus de 60 ans) datant du 7 avril, sous l’ère d’un gouvernement et d’un variant différents. Sur les 8 millions de personnes éligibles à la piqûre, combien sont au courant ?

2. Asseoir l’autorité du nouveau ministre de la Santé

« Excusez-moi, je débute ». François Braun est un homme poli. Après Olivier Véran, spécialiste ès Covid, et Brigitte Bourguignon, spécialiste ès Parlement, le nouveau ministre de la Santé doit imprimer sa marque s’il veut prouver que son champ de compétences dépasse les murs des urgences, sa spécialité médicale.

Pour l’instant, celui qui se définit comme un « fantassin de la première ligne » (il était jusque-là chef des urgences de l’hôpital de Metz) met en avant son expérience du terrain et compte sur sa ministre déléguée, Agnès Firmin-Le Bodo, pour l’aider à maîtriser les règles du jeu politique.

Sur le gril de la commission des lois, le médecin n’a haussé le ton qu’une fois, appelant les députés LFI à « arrêter les délires » sur la prétendue volonté de l’exécutif de fermer les services d’urgences la nuit. Vendredi sur France Inter, pour sa première radio nationale, François Braun a retrouvé son calme et sa casquette d’urgentiste pédagogue. Comparée aux envolées d’Olivier Véran, cette sobriété de langage suffira-t-elle pour convaincre ?

3. Eviter le chaos à la rentrée des classes

Une troisième rentrée sous Covid couplée à une pénurie de professeurs ? Du pain béni pour l’opposition, tant l’école reste le maillon faible de la politique sanitaire du gouvernement. LR a d’ores et déjà réclamé un bilan de la gestion sanitaire dans les établissements scolaires, fustigeant des protocoles « très changeants, profondément chaotiques et de dernière minute ».

Le ministre de l’Education nationale Pap Ndiaye a eu beau annoncer jeudi dernier sur France Inter la présentation cette semaine aux partenaires sociaux du futur dispositif sanitaire, les professionnels de terrain, désabusés, n’y croient plus. « Nous savons tous que nous n’aurons aucune nouvelle avant la fin août, où nous devrons être à l’affût du moindre protocole deux jours avant l’arrivée des élèves », déplore, comme d’autres, Laurence Colin, secrétaire générale adjointe du Syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale.

L’installation de purificateurs d’air dans les salles de classe est l’autre point noir. En déplacement à Marseille, Emmanuel Macron a promis à la mi-avril « un effort massif de purification de l’air dans les écoles » « avant la fin de cette année ». Un effet d’annonce pour l’instant peu suivi de faits.

4. Trouver une voie de passage au Parlement

Face aux négociations ardues que ne manquera pas de mener l’opposition, l’exécutif, qui ne peut compter que sur une majorité relative à l’Assemblée nationale, va devoir faire preuve de finesse s’il souhaite trouver une voie de passage sur les textes sanitaires.

Le premier compromis trouvé en commission sur le pass sanitaire aux frontières, dont l’application a été ramenée à janvier 2023 (plutôt que mars), illustre cette « méthode raisonnable» de « co-construction » de la loi telle que plaidée par la droite.

Mais la majorité va surtout devoir composer avec les provocations des extrêmes. « Dès la première heure de débat, nous avons assisté aux excès de LFI et du RN qui se sont retrouvés sur une alliance d’intérêt anti-vaccination, déplore Sacha Houlié, président (Renaissance) de la commission des lois. Cette position populiste risque de refaire surface sur l’Europe, sur le financement de la Sécurité sociale et sur les retraites. »

5. Conjurer un nouvel embrasement Outre-mer

Fin 2021, la contestation du pass sanitaire et l’obligation vaccinale des soignants ont dégénéré en crise sociale majeure en Guadeloupe. Six mois plus tard, tandis que le conseil scientifique fait des Antilles un « point de vigilance » et que le CHU de Pointe-à-Pitre est en alerte depuis vendredi, la question des Outre-mer divise profondément le Parlement.

L’instauration d’un pass aux frontières, exposant de nature davantage la Corse et l’Outre-mer aux contraintes sanitaires et réglementaires qui vont avec, est synonyme pour les députés locaux de « discrimination ». La droite pointe quant à elle un risque de « stigmatisation ».

Rappelant que le pass sanitaire a permis d’éviter 4 000 décès et 32 000 hospitalisations au second semestre 2021 (selon un rapport du Conseil d’analyse économique), François Braun a assuré vouloir « protéger » la population sans volonté de réprouver les fauteurs de troubles de l’hiver 2021.

Le ministre est en revanche resté ferme sur la réintégration des 12 000 soignants non-vaccinés, dont beaucoup sont ultramarins. Au regard du bénéfice-risque et malgré le manque de soignants chroniques dans les hôpitaux antillais, ce n’est « pas d’actualité ». Une position que l’exécutif aura du mal à tenir si la vague continue d’enfler.

 

La mutation écologique passe par l’industrialisation du pays

 La mutation écologique passe par l’industrialisation du pays

Le  directeur général de la Caisse des Dépôts ,Eric Lombard,  rappelle l’importance du développement maîtrisé des territoires ( papier de la  Tribune)

Le territoire n’a jamais été autant au coeur des attentions. Si on le regardait déjà différemment avant la crise, les changements et remises en question engendrés par celle-ci ont sans doute accélérer un mouvement de fond qui, certes, existait déjà mais de manière plus discrète.

Pour rappel, c’est déjà dans un contexte de pouvoir redonné aux élus que la Caisse des Dépôts a lancé la Banque des Territoires en 2018. L’idée était déjà de confier à nouveau les manettes décisionnelles aux élus, ceux qui sont sur le terrain et connaissent tout du besoin de leur territoire. Quatre ans après la naissance de cette marque, Eric Lombard n’est pas mécontent du bilan qu’il juge « positif » en rappelant que « le volume de l’investissement sur les territoires a été multiplié par 3 ». Des territoires « qui se transforment ». Vite. L’enjeu étant que cette transformation se fasse bien.

« Bottom up » plutôt que « top down »

Dans le rôle du levier, le programme « Action Cœur de Ville» a créé une appétence certaine auprès des élus. « C’est un bon modèle de l’action territoriale », reconnaît Eric Lombard. Parce que « nous avons mis à disposition une boîte à outils » et que le tout s’est fait avec les différentes associations d’élus. « Les outils sont à leur disposition. Ce sont les élus qui décident des projets », insiste encore Eric Lombard.  Une façon de dire que ce n’est pas un programme national dupliqué en région (comme le faisait l’ex-DATAR) mais qu’il appartient à chaque élu de développer les projets dont ont besoin leur territoire.  En langage startup, ça s’appelle «bottom up» plutôt que «top down». Et preuve du succès, sa prolongation jusqu’en 2026 par le Premier ministre, Jean Castex, il y a un an, lui accorde une plus grande longévité que prévu, initialement de quatre ans.

Et puisque l’état d’esprit fonctionne bien, c’est le même schéma qui a été dupliqué pour le programme «Petites Villes de demain». « Nous y injectons quatre fois plus d’ingénierie, soit 200 millions d’euros », indique Eric Lombard. Dédié aux communes de moins de 20.000 habitants qui représentent à la fois une centralité mais aussi une fragilité, le programme a connu un démarrage rapide dès 2021. Il faut dire qu’entre-temps, la crise sanitaire a créé un exode urbain qui a redonné encore plus d’appétence aux villes hors métropoles. « Ce programme est arrivé au bon moment, apportant une réponse à la fois aux Gilets jaunes qui ne se sentaient pas bien traités par la République et à la crise. Nous avons maintenant un sujet de construction de logements, notamment de logements sociaux. Nous devons accélérer le rythme de construction en étant soucieux de sujets comme l’artificialisation des sols et en intégrant la mobilité douce ».

Les friches, atout pour l’industrie durable

Dans ce contexte, les friches peuvent être un atout. Déjà pris en main par les Safer (les sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural) qui peinent à trouver toutes les solutions, le Fonds Friche, doté de 100 millions d’euros et réitéré pour la troisième fois depuis le début de l’année, doit aussi être un outil utile. « Les friches disponibles doivent être utilisées et ce travail doit être mené, lui aussi, avec les élus ».

Créé bien avant la crise, mais freiné par celle-ci, un autre programme pourrait bien accompagner le mouvement de réindustrialisation désiré. Car « Territoires d’industries » a vocation à rassembler les parties prenantes autour de problématiques industrielles partagées, en intégrant évidemment le volet durabilité. « La transformation écologique nécessite impérativement l’industrialisation du pays », affirme Eric Lombard. « Si l’on veut fabriquer durable, il faut des usines propres, des usines plus sobres en énergie, en gaz carboné et cela doit être fait de façon pérenne ». Favoriser une industrialisation verte, c’est aussi, rappelle le directeur général de la CDC, « créer des emplois, avoir un effet positif sur la balance commerciale… ». Et « Territoires d’industries est aussi un sujet lié à l’utilisation des friches. C’est un élément de la solution ».

Et Eric Lombard de rappeler que la Caisse des Dépôts est un partenaire qui choisit la durée. « Chaque ville à ses problématiques, nous nous inscrivons dans le temps long, nous accompagnons les élus dans la durée. Même si un programme venait à s’achever, nous serons présents ». De quoi jouer un effet réassurance.

Marseille en Grand, effet labo

Et puis il y a aussi l’effet expérimentation. Le « Plan Marseille en Grand » est de ces projets qui servent de laboratoire. Avec ses lieux d’incubations et ses tiers-lieux, la Cité phocéenne qu’Eric Lombard a beaucoup parcouru, est « une terre d’entreprenariat », reconnaît-il. La rénovation des écoles et la rénovation des bâtiments en n’oubliant pas le volet logement social – parts majeures du Plan – sont les deux sujets dans lesquels la CDC s’investit.

Pour son directeur général, le partage d’expérience entre élus est aussi une très bonne façon de faire infuser les idées, de dupliquer des modèles qui fonctionnent très bien dans d’autres endroits . C’est ce Printemps des territoires que la CDC organise chaque année et qui met tous les élus, de tous bords politiques dans un processus d’échange et de désir de changer leur ville. Autrement dit, « la politique au service de la ville ».

Covid: Le silence face à la remontée de l’épidémie

Covid: Le silence face à la remontée de l’épidémie

 

Déjà affronté de nombreux problèmes, le gouvernement met un voile pudique sur la remontée inquiétante de l’épidémie liée au Covid.

Cependant les chiffres en progression exponentielle justifieraient une politique sanitaire autrement plus substantielle. Dans la réalité, il ne demeure pratiquement plus aucune contrainte sanitaire.
Or on enregistre vendredi 8 juillet 2022 : encore 140 997 cas en 24 heures , 150.017 morts au total, +74 morts supplémentaires.
Mécaniquement le nombre d’hospitalisations progresse également dans des hôpitaux déjà en crise structurelle. De ce point de vue la situation pourrait être catastrophique dès l’automne.

La circulation du Covid continue donc de s’intensifier en France, et les cas de réinfections d’augmenter. Au 12 juin, 12 % des cas confirmés étaient considérés comme des possibles cas de réinfection, indique ce vendredi Santé publique France. Entre le 2 mars 2021 et le 12 juin 2022, les réinfections possibles ne représentaient que 4,1 % de l’ensemble des cas confirmés de Covid-19.

Sous variants BA.4 et BA.4, relâchement total des gestes barrières, manque de prévention… Les raisons de cette explosion de cas sont multiples: « Pour expliquer cette situation, il y a ce relâchement total des mesures barrières avalisé par les autorités de santé publique, confirme Yves Buisson, épidémiologiste et membre de l’Académie de médecine. Depuis le mois de mars, on a commencé à lever les mesures barrières, ce qui a été ressenti comme l’annonce de la fin de la pandémie alors que ces annonces ont été diffusées au moment où le virus continuait de circuler (…) Ensuite, les variants BA.4 et BA.5, plus contagieux, ont remplacé le variant BA.2 qui sévissait depuis deux mois et qui entretenait la situation épidémique. »

Mais c’est bien la situation de l’hôpital qui génère le plus d’appréhension face à cette 7e vague : « Il faut éviter un afflux de formes sévères dans des services hospitaliers qui, on le sait, sont au bout du rouleau, regrette Yves Buisson. Ils sont vraiment dans une phase critique. Il faut le répéter. C’est une phase critique. »

Montée des violences contre la démocratie virtuelle

 

Montée des violences contre la démocratie virtuelle

 

Les violences contre la démocratie virtuelle peuvent prendre plusieurs aspects. L’aspect le plus courant consiste à installer des formes d’autocratie et même de dictature. Cela au nom de l’ordre, de l’efficacité et de l’intérêt nationaliste.

Il faut dire que les démocraties se sont déconsidérées d’elles-mêmes avec des responsables non seulement peu compétents  mais parfois aussi grotesques comme c’est le cas avec Trump aux États-Unis, Erdogan en Turquie, Boris Johnson au Royaume-Uni ou encore le Coréen fou à la tête du pays.

 Beaucoup d’autres sont beaucoup moins caricaturaux mais la plupart entretiennent des rapports assez approximatifs avec la démocratie et sont surtout motivés par leur intérêt personnel et celui de des lobbys qui les soutiennent.

On objectera que la démocratie est historiquement encore jeune- un peu plus de deux siècles seulement- qu’il faut lui pardonner ses balbutiements et qu’elle progresse quand même un peu partout. Reste qu’une grande partie de la population subit encore le joug de régimes autocratiques ou de dictature.

Dans les sociétés libérales,  la situation démocratique est évidemment loin d’être satisfaisante. Il y a partout presque la constitution d’  une sorte de caste qui se partage argent et prérogatives princières. Des sortes de monarchies républicaines qui se sont substituées aux anciens régimes. Le prince élu a remplacé le roi et les institutions dites républicaines ont remplacé la cour. Et les experts techniques et les juristes ont remplacé les fous du roi.

Le vice de  la démocratie virtuelle actuelle se nourrit d’abord de l’escroquerie du système d’émergence des candidats à la responsabilité. Une escroquerie car il est pratiquement impossible d’être élu sans le soutien d’un lobby financier, politique ou corporatiste. Du coup, n’importe quel chèvre peut être élue si elle fait allégeance au prince dominant du moment. En même temps qu’il faut faire allégeance aux lobbys qui soutiennent le prince et ou à son idéologie.

La deuxième grande faiblesse -et le mot est faible -de la démocratie virtuelle est l’absence de considération du citoyen. Une fois élu; le responsable décide seul en fonction de sa seule vision et de son seul intérêt. La démocratie participative demeure un slogan à usage exclusif des campagnes électorales. La démocratie vivante qui suppose confrontations, compromis et propositions est une illusion . De ce point de vue, la plupart des commissions, comités, conseils et autres conventions constituent des institutions inutiles en plus d’être non représentatives.

Dès lors,   il ne faut pas s’étonner que face aux frustrations démocratiques émergent d’abord souvent l’indifférence, ensuite le réflexe populiste pour déboucher finalement sur des régimes de type césariste . Sans parler  d’autres formes de violences individuelles ou collectives contre une  démocratie malade.

Elon Musk: la chute ?

Elon Musk: la chute ?

 

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Elon Musk renonce à son pari fou de racheter le réseau -dit social- Twitter pour 44 milliards.Une somme évidemment complètement déraisonnable qui mettrait en péril les autres activités du groupe d’Elon Musk. 
Musk est  un ingénieur très inventif et très dynamique. Par contre son ego surdimensionné et son idéologie libertaro-capitaliste pourrait bien mettre en difficulté l’équilibre de ses sociétés.
Le renoncement à l’achat de Twitter paraît raisonnable car de toute évidence Musk n’avait pas les moyens de se payer cette danseuse, un actif par ailleurs en grande partie virtuel qui d’ici 10 ans sera peut-être remplacé par un autre réseau. En outre, la société Tesla  beaucoup déçu en matière de résultats économiques et les marchés financiers ont bien peu apprécié des performances bien en-dessous des objectifs pour la voiture électrique.

 Ce vendredi, le patron de Tesla et SpaceX, a donc  indiqué qu’il mettait fin à l’accord à cause d’informations « fausses et trompeuses » sur l’entreprise.

Le multimilliardaire joue gros. En mettant fin à son engagement de racheter Twitter, l’homme d’affaires s’expose à des poursuites juridiques conséquentes. Les deux parties se sont engagées à verser une indemnité de rupture pouvant aller jusqu’à un milliard de dollars dans certaines circonstances. Une occasion que ne va pas laisser passer Twitter. Son président a, en effet, affirmé que l’entreprise allait engager une action en justice pour « faire respecter l’accord » de rachat.

Ce n’est pas encore la chute pour Elon Musk mais les  déconvenue l’une pour Twitter, l’autre pour Tesla ( à la valorisation boursière complètement surestimée) pourrait porter un sérieux coup à la crédibilité des sociétés du fantasque patron.

 

Vérité et démocratie: Inconciliables ?

 vérité et  démocratie: Inconciliables ? 

 

Un article de Marion Dupont évoque Dans le journal Le Monde la faiblesse de la vérité en politique. L’article constate le discrédit de ce point de vue du monde politique y compris en France 65 % des responsables sont supposés Davantage corrompus qu’honnêtes .

 

Un article intéressant qui effectue un constat objectif mais qui passe à côté de la question fondamentale sur le contenu et les modalités d’une vraie démocratie. Or en l’état de l’état  de démocratie, le mensonge et l’intérêt sont constitutifs de notre système. La démocratie est encore à l’ère néandertalienne avec notamment des processus d’émergence de futurs responsables qui favorisent les incompétents autant que les corrompus. Sans parler d’un fonctionnement démocratique complètement formel limité au cercle des clercs politiciens NDLR

 

 

L’adéquation entre une proposition et la réalité des faits, ce que nous appelons communément « la vérité », a connu de meilleurs jours, notamment sur la scène politique internationale. Il suffit, pour s’en persuader, de regarder autour de soi.

A l’est, quatre mois après le début de l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes, l’offensive informationnelle du régime de Vladimir Poutine est menée dans de nombreuses directions : contre-vérités grossières énoncées par le gouvernement, répression massive de toute expression de vérités autres que celle portée par le pouvoir, réécriture de l’histoire… Cet encadrement répressif et propagandiste de la sphère publique russe répond à une accélération de la stratégie, engagée de longue date par le régime, d’établissement d’une vérité d’Etat. Résultat de cette entreprise aux accents totalitaires – sans que cette analyse suffise (encore) à faire du poutinisme un totalitarisme : le lien entre le discours et la réalité se distend inexorablement.

Aux Etats-Unis, c’est un autre redécoupage politique des contours entre « mensonge » et « vérité » qui semble avoir lieu. Le départ de Trump de la présidence ne s’est pas accompagné, comme espéré, de la fin de l’ère des « vérités alternatives » inaugurée, en 2016, par l’ex-président et son équipe. Alors que la commission d’enquête sur l’assaut du 6 janvier 2021 contre le Capitole présente publiquement les résultats de son investigation, l’ancien chef de l’Etat persiste à la présenter comme « une tentative éhontée de détourner l’attention du public de la vérité » – la vérité résidant, selon lui, du côté du récit d’une élection « volée » par le Parti démocrate. Cette théorie du « grand mensonge » (« big lie »), récusée par le travail d’enquête d’innombrables journalistes et tribunaux saisis à la suite de l’élection, mais soutenue par la diffusion virale de fausses informations, poursuit son lent empoisonnement de la vie politique du pays : plus d’un tiers des électeurs américains y adhéreraient actuellement.

 

En Europe, et en France en particulier, un doute grandissant semble s’installer quant au devenir de la vérité dans les sociétés démocratiques. A en croire la 13e vague du « Baromètre de la confiance politique », étude menée par le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) et publiée en janvier 2022, une vaste majorité (75 % des répondants) juge que les hommes politiques seraient « déconnectés de la réalité », et donc, par extension, aveugles aux réalités du terrain et incapables de mener des politiques qui bénéficieraient à d’autres qu’eux. D’autre part, 65 % des personnes interrogées affirment que les élus et dirigeants politiques français seraient davantage « corrompus » qu’honnêtes – ce qui peut être interprété comme la conviction que ces dirigeants entretiendraient un rapport volontairement ambivalent aux valeurs de sincérité, d’honnêteté et de vérité.

Pouvoir d’achat: CGT et Sud sabotent par avance la réplique syndicale

Pouvoir d’achat: CGT et Sud sabotent par avance la réplique syndicale

 

Alors qu’une rencontre est prévue lundi au siège de Force ouvrière pour réunir tous les syndicats à propos de la réplique à envisager pour soutenir le pouvoir d’achat, la CGT et Sud par avance décident  seuls d’une journée d’action le 29 novembre.

On voudrait saboter par avance l’unité et le succès de la réplique syndicale qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Il est clair que ces organisations sont depuis longtemps noyautées par les activistes gauchistes dont l’objet n’est pas évidemment la réussite syndicale mais d’engager la lutte politique pour la révolution, contre le capitalisme, contre l’impérialisme.
Bref des organisations qui sont davantage politiques que syndicales et qui ont largement affaibli et discrédité les syndicats au point que leurs  agitations politiciennes ne recueillent plus que le soutien d’une extrême minorité des salariés. (Les syndicats réformistes sont d’ailleurs largement majoritaires)

D’une certaine manière cet extrémisme irresponsable fait de ces organisations radicales les alliés objectifs du pouvoir.

La CGT et Solidaires ont donc appelé ce jeudi 7 juillet à « une journée de grève interprofessionnelle » le jeudi 29 septembre qui sera notamment axée sur les salaires.

Cette journée d’action « doit s’inscrire dans une mobilisation large et dans la durée », soulignent les deux syndicats dans un communiqué commun « pour les salaires ».

Ils justifient leur appel « par des mesures gouvernementales annoncées sur le pouvoir d’achat qui sont en dessous de la situation de paupérisation de la population » ou encore « l’annonce d’une poursuite d’une réforme des retraites injuste qui exige de travailler plus ».

Les deux organisations font cette annonce sans attendre la tenue d’une réunion de tous les syndicats sur le thème du pouvoir d’achat prévue lundi au siège de Force ouvrière.

Démission de Boris Johnson: La chute du clown

Démission de Boris Johnson: La chute du clown

 

 

Ce qu’on peut reprocher  à Johnson comme d’ailleurs à de nombreux autres responsables politiques dans le mond,e c’est leur versatilité. Et leur tendance à confondre politique et cirque médiatique. En politique, Boris Johnson a choisi les habits du clown populiste. L’homme est pourtant très lettré mais son rapport à la démocratie est détestable. Faut-il rappeler que Boris Johnson maire de Londres était  pro-européen et qu’il est devenu le champion du brexit  uniquement pour accéder au poste de Premier ministre.

Il a fait de ses frasques dans tous les domaines un argument électoral  qui se retourne aujourd’hui contre lui. Au point qu’on se demande même maintenant si les outrances de  Johnson qui ont beaucoup affecté l’économie britannique ne serait pas susceptible d’engager une réflexion sur la lamentable affaire du brexit.

Le bilan désastreux de la rupture radicale avec l’Union européenne, décidée par référendum en 2016 et mise en œuvre début 2021, commence à apparaître au grand jour, après avoir été noyé dans le décrochage économique dû à la pandémie. À 54%, les Britanniques considèrent que le Brexit «se passe mal», contre 16% à croire encore à ses avantages, selon un sondage YouGov du 28 juin. Que Boris Johnson ait très sérieusement créé il y a peu de temps un ministère des «opportunités du Brexit» semblait d’une ironie mordante.

Désormais écarté de son poste de premier ministre ( il assurera seulement l’intérim) Boris Johnson pourra s’acheter un peigne et se dispenser de se décoiffer avant chaque apparition publique !

 

La liberté au travail , une illusion ?

La liberté au travail  une illusion ?

Explorant les articulations entre travail et liberté, un ouvrage collectif démontre comment la promesse de liberté a été largement récupérée par l’idéologie néolibérale.( dans le Monde )

 

 

Le livre. Aux Etats-Unis, les clients de certains services VTC (voiture de transport avec chauffeur) peuvent faire, lors de leur commande, la demande du « mode silencieux ». En d’autres termes, exiger que le chauffeur se taise. Une « fonctionnalisation quasi totale » du conducteur aux désirs des consommateurs, mise en exergue au sein de Travail e(s)t liberté ? (Erès).Cet essai collectif, mené sous la direction d’Enrico Donaggio, de José Rose et de Mariagrazia Cairo, démontre à travers cette illustration comment les promesses de certaines entreprises sur une prétendue « libération » des travailleurs relèvent souvent de l’incantation.

Là où l’autonomie, l’indépendance et finalement l’émancipation des travailleurs sont mises en avant, il est davantage question, dans la pratique, d’« auto-exploitation »« Il ne suffit pas d’énoncer des idéaux de liberté au travail, ni même de libérer le travail des hiérarchies et procédures pour pouvoir parler de travail libre », assurent les auteurs.

A l’initiative du collectif international et interdisciplinaire ArTLib (Atelier de recherche travail et libertés), des spécialistes (philosophes, sociologues, etc.) se sont penchés sur les « articulations aujourd’hui dominantes entre travail et liberté ».

Pour ce faire, « ancrage théorique et historique » et « analyse de situations précises et travail d’enquête » s’entrecroisent. « Quelles sont les conséquences en termes de libertés individuelles et collectives des révolutions en cours dans le travail, ses pratiques et ses représentations ?  », s’interrogent les membres du collectif.

Sujet complexe, tant les acceptions de la notion de liberté dans un contexte professionnel sont nombreuses, et tant « les expériences du travail et les représentations qui les accompagnent sont (…) le théâtre de multiples déplacements entre liberté et nécessité, autonomie et domination, subjectivation et assujettissement, réalisation et perte de soi, appropriation et aliénation ».

Des paradoxes affleurent : si l’entreprise, lieu de compromis, a permis au travailleur d’accéder à l’indépendance économique, vecteur d’émancipation, c’est en échange de sa « subordination dans la situation de travail ».

Sujet complexe aussi parce que, indiquent les auteurs, la notion de liberté a été largement préemptée par « le modèle néolibéral ». C’est le cas dans le secteur des plates-formes numériques (VTC, livraisons de repas…), mais aussi au sein des entreprises libérées, qui peuvent être un leurre, souligne la sociologue Danièle Linhart dans sa contribution. « Le mouvement de “libération” unilatérale des entreprises témoigne de la capacité patronale à réinventer sans relâche de nouvelles modalités et légitimités de domination », estime-t-elle. Face à l’effacement de la hiérarchie, le salarié aurait in fine davantage de responsabilités et de pression au quotidien, devant porter lui-même la vision du leader face aux exigences du marché.

EdF renationalisée pour éviter la faillite ?

EdF  renationalisée pour éviter la faillite ? 

 

EDF serait depuis longtemps en faillite si l’État ne possédait pas 85 % du capital. Officiellement l’entreprise traîne une dette de leur de 50 milliards mais en réalité réévaluée par l’agence de notation SP  pour près de 100 milliards.

Il faut aussi prendre en compte une cinquantaine de milliards pour financer les six EPR décidés par le gouvernement sans parler du coût de l’enfouissement des déchets et du prix du Grand carénage entrepris dans les centrales anciennes afin de prolonger leur durée de vie.

Ceci étant depuis hier, le Parlement européen a inscrit dans la taxonomie l’énergie nucléaire. ( Catalogue des énergies reconnues vertes). Cela ouvre des possibilités pour attirer les capitaux non seulement pour les centrales à construire en France mais tout autant pour celle à construire à l’étranger.

Cette décision de renationalisation pourrait aussi dissimuler la volonté du pouvoir de scinder la répartition des responsabilités avec une société EDF recentrée uniquement sur la production d’électricité nucléaire et la mise en place de l’ouverture au marché pour la distribution ( sur le mode des télécoms). Une opération qui serait de nature à satisfaire Bruxelles mais évidemment pas les syndicats.

De toute manière ,au-delà des questions organisationnelles des enjeux centraux sont à prendre en compte comme la restructuration de la dette, la régulation du marché de l’électricité dont celle du nucléaire et surtout peut-être les conditions de financement des nouvelles centrales.

 

Vers la déglobalisation!

 Vers la déglobalisation !

 

 

par Michel sabti, économiste dans la Tribune

Le monde du commerce et des affaires jouiraient d’une prospérité inspirée du Big Bang, c’est-à-dire d’une expansion n’ayant que le monde pour limite. Car chaque nation, chaque entreprise et chaque groupe d’individus tireraient parti de leur domaine d’excellence. Cerise ultime sur le gâteau global, les échanges sans frontière rapprocheraient les peuples, selon la prédiction de Fukuyama, dans un ballet à l’harmonie universelle où il irait de soi de délocaliser et de s’internationaliser pour diviser ses coûts de production et multiplier ses débouchés.

Et, de fait, le commerce mondial put ainsi doubler de volume dans les années 1990, pour doubler à nouveau au début des années 2000 jusqu’à la crise de 2007. Ces multinationales dont l’essor fut proprement spectaculaire furent portées au tableau d’honneur dans un contexte général où les économies affublées de l’élégant terme d’«intégrées» s’auto congratulaient pour avoir anéanti l’inflation en dépit de taux d’intérêt nuls voire négatifs. Rien n’y avait fait : Brexit, avènement de Trump, imposition de barrières douanières US draconiennes contre la Chine, crise des subprimes, des dettes souveraines européennes, absolument aucune velléité de déstabilisation politique ou financière n’était parvenue à entamer les profits ni à douter de cette immuable bonne étoile. Bref, Huntington était prié de retourner à ses études et son «Clash des civilisations» décrédibilisé pour de bon.

Si ce n’est que la géopolitique, qui fait aujourd’hui son grand come back, signe pour la globalisation et avec brutalité la fin de la récré. Le capitalisme se soumet irrésistiblement à la logique des plaques tectoniques de la politique, laquelle renaît de ses cendres car elle redécouvre l’intérêt national que bien des inconscients avaient relégué au rayon des antiquités. Voilà à présent que le terme de «fragmentation» est employé en chuchotant, comme pour tenter d’exorciser l’agonie d’une globalisation accusée de n’être pas parvenue à bloquer l’émergence de puissances d’abord soucieuses de ne plus dépendre de blocs étrangers afin de se préserver.

Que la guerre froide semblait simple de manichéisme en comparaison du tableau d’une complexité inouïe qui s’esquisse sous nos yeux avec des nations majeures comme l’Inde qui dévore à tous les râteliers, comme l’Arabie Saoudite qui se moque littéralement de son grand allié traditionnel et historique, ou la Chine qui prend soudainement conscience que ses gigantesques réserves en dollars sont susceptibles de lui être unilatéralement gelées par les Etats-Unis d’Amérique… Le multilatéralisme, qui a vacillé lors de la grande crise financière, qui fut anesthésié à la faveur de la Covid, a rendu l’âme en prétextant le conflit russo-ukrainien.

Peu importe qui gagnera et qui perdra cette guerre, c’est la politique qui domine dorénavant et bien logiquement l’économique, et c’est elle qui enjoint aux nations de se réunir sous la bannière de blocs hostiles. La déglobalisation est devenu un gage de résilience.

Appel à la sobriété : les distributeurs de gaz préparent aussi une nouvelle forte hausse de prix

Appel à la sobriété : les distributeurs de gaz préparent aussi  une nouvelle forte  hausse de prix

Après l’appel assez douteux à la sobriété de la part de Total Energies, Engie et EDF,  c’est autour des distributeurs de gaz  Antargaz, de Butagaz et de Primagaz de se lancer dans la morale et énergétique

Il est pour le moins curieux que les énergéticiens tient se lancent désormais dans la morale énergétique afin d’inviter les Français à la sobriété. Comme s’ils n’étaient pas aussi responsables de la diffusion de masse des énergies polluantes importées . De toute évidence, on instrumentalise le thème de la sobriété pour préparer une nouvelle étape de la hausse des prix.

 

Dans un texte fort ambigu, Antargaz, de Butagaz et de Primagaz estiment  prendre leurs responsabilités en agissant sur l’offre et, en regard, ont appelé les Français à « une prise de conscience et à une action collective et individuelle pour que chacun (…) change ses comportements et limite immédiatement ses consommations énergétiques, électriques, gazières et de produits pétroliers ».

En écho, nous, fournisseurs des gaz liquides, affirmons qu’allier toutes les énergies est la seule condition pour garantir la cohésion sociale du pays, faire des économies d’énergie tout en poursuivant la décarbonation, sans risque de pénurie et sans aggraver les tensions immédiates sur le système énergétique français.

Aujourd’hui, en France, 20 millions d’utilisateurs de gaz liquides éloignés du gaz de ville ou localisés en bout des réseaux électriques atténuent – sans doute sans en avoir conscience – les tensions qui pèsent sur notre système énergétique.

Énergétiquement responsable et solidaire, la filière des gaz liquides, 3e énergie des Français, est en mesure de doubler son soutien au réseau électrique et de gaz naturel grâce à ses bouteilles et ses citernes de butane, propane et GPL.

Compter sur toutes les énergies peu émettrices pour minimiser les risques, l’est tout autant alors que la fiabilité et la souveraineté de notre système énergétique sont en jeu.

Nous, fournisseurs de gaz liquides, prenons l’engagement de répondre présents chaque hiver pour accompagner les Français dans leurs efforts d’efficacité énergétique.

Les gaz liquides utilisés au quotidien en bouteille ou en citerne sont produits à hauteur de 30% en France par le raffinage de pétrole, ainsi qu’à partir d’huiles végétales et de déchets industriels (biogaz). Les 70% restants, ne sont pas importés de Russie mais d’Algérie et d’Europe de l’Ouest, exclusivement par voie maritime.

Dans cette crise où les énergéticiens appellent à une sobriété d’urgence, les Français peuvent compter sur les gaz liquides comme l’une des réponses aux problèmes de pénuries hivernales de gaz naturel et d’électricité susceptibles de se produire.

 

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