Archive pour le Tag 'La'

Page 4 sur 452

La baisse de l’Euro plombe la croissance ?

La baisse de l’Euro plombe la croissance ?

 

L’euro a atteint un plus bas depuis près de vingt ans. En renforçant le coût de l’énergie importée par les économies de la Zone euro, cette baisse représente un risque supplémentaire qui pèse sur les perspectives à la fois d’inflation et d’activité économique. Cela représente donc une difficulté complémentaire pour la BCE. Par Clémentine Gallès, Cheffe Economiste et Stratégiste de Société Générale Private Banking. ( La Tribune)

 

En effet, le dollar connaît un important mouvement d’appréciation contre l’ensemble des devises depuis le début de l’année (+15% contre l’euro et la livre britannique, et +22% contre le yen). Cette progression du dollar s’explique par différents facteurs. Tout d’abord la Réserve fédérale a annoncé dès la fin de l’année 2021 une progression de ses taux d’intérêt en réaction à une inflation américaine particulièrement élevée. Cette hausse des taux a incité les investisseurs en quête de rendements à acheter des obligations américaines libellées en dollars. Cette tendance a par la suite été accentuée par l’annonce de la Guerre en Ukraine. Les investisseurs ont en effet renforcé leur préférence vers des investissements en dollars dans ce nouveau contexte de risque touchant particulièrement l’Europe.

Enfin, l’appréciation de matières premières habituellement échangées en dollar a mécaniquement fait augmenter le recours à cette devise. Donc, si l’euro a baissé face au dollar, c’est avant tout lié à la forte demande de dollars. D’ailleurs l’euro n’a pas beaucoup évolué sur la période récente quand on le regarde contre un panier de devises plus large.

 

Cette nouvelle baisse augmente encore davantage le coût des énergies libellées en dollars, impliquant des nouvelles tensions à venir sur l’inflation de la Zone euro mais surtout une nouvelle dégradation des perspectives d’activité. La forte progression des prix de l’énergie depuis quelques mois a déjà impliqué une nette dégradation de la balance commerciale allemande, qui vient de basculer en territoire négatif pour la première fois depuis 1991 ).

L’accentuation récente des tensions sur l’approvisionnement en gaz russe fait dorénavant craindre une récession en Zone euro. Dans ce contexte la progression du dollar face à l’euro devient une difficulté complémentaire pour la BCE : si elle augmente beaucoup ses taux d’intérêt, elle prend le risque de provoquer une récession, mais si elle n’augmente pas assez ses taux d’intérêt, l’euro pourrait continuer de baisser et mécaniquement renforcer le risque d’une inflation durable.

Clémentine Gallès

Démocratie : la nécessaire régulation des logarithmes de recommandation

Démocratie : la nécessaire régulation des logarithmes de recommandation

 

 

Les algorithmes de recommandation contribuent à radicaliser les utilisateurs des réseaux sociaux et génèrent de la violence, met en garde dans une tribune au « Monde » Jean-Pascal Gayant, Professeur de sciences économique, directeur de l’IUT de Saint-Malo.

 

Parmi les périls qui menacent les démocraties libérales, il en est (au moins) deux contre lesquels il est urgent d’agir : la dégradation de la concurrence et la détérioration de l’information. La dégradation de la concurrence est un danger pour le capitalisme, c’est-à-dire le système dans lequel tout porteur d’un projet innovant pourra mobiliser le capital nécessaire à la création de son entreprise, et pour son corollaire politique, la démocratie libérale.

Les vertus du capitalisme sont la libre entreprise, la liberté de choix des consommateurs et, lorsque la concurrence est garantie, un partage du surplus favorable à ces derniers. Toute dégradation de la concurrence fait naître des positions dominantes et des rentes indues. En plus d’engendrer une sous-optimalité économique, elle creuse les inégalités entre citoyens.

L’Union européenne a pris, au premier semestre de cette année, des mesures historiques pour préserver la concurrence au travers du Digital Market Act (DMA), un paquet législatif destiné à encadrer l’activité des Gafam – Google, Apple, Meta (Facebook), Amazon et Microsoft – et renforcer la liberté de choix des consommateurs. Un second volet de mesures a été décidé, en remplacement de la directive européenne sur l’e-commerce : c’est le Digital Services Act (DSA).

Il s’agit, cette fois, de réguler plus spécifiquement les réseaux sociaux. L’Union européenne contraint les plates-formes à supprimer les contenus qui enfreignent les réglementations européennes et nationales. Facebook et Twitter vont devoir être plus transparents sur leur politique de modération des contenus, mais aussi sur leurs algorithmes de recommandation.

Russie: L’addiction à la dictature

Russie: L’addiction à la dictature

 

Paradoxalement, les Russes semblent mieux supporter les énormes sacrifices de la guerre que les pays développés. Le nationalisme guerrier permet de supporter les sacrifices d’autant plus facilement que la Russie n’a jamais connu la moindre démocratie et qu’elle s’accommode facilement de la dictature.

 

« Poutine a déçu ses admirateurs. Ce n’est plus le macho brutal à cheval, mais un gnome bouffi tapi derrière une table démesurée », écrit l’écrivain russe Mikhaïl Chichkine. Mais si « l’homme disparaît, ses adorateurs demeurent ». ( le Monde)

 

 

Les raisons que l’on a de détester mon Poutine sont limpides. L’agent du KGB a inauguré sa carrière présidentielle par le sacrifice sanglant de ses compatriotes : pour fournir un prétexte à la guerre de Tchétchénie, des Moscovites ont péri dans l’explosion de leurs immeubles. Tout s’est poursuivi dans le même sens, jusqu’à l’agression contre l’Ukraine du 24 février. Pourtant, durant toutes ces années, d’autres Poutine ont suscité l’admiration de bien des gens à travers le monde.

Au milieu du chaos des années 1990, la population russe meurtrie a souhaité que l’ordre revienne enfin et que la patrie à genoux « se relève ». Elle s’est mise à espérer l’avènement d’un nouveau dirigeant à la poigne de fer. Plusieurs générations d’esclaves s’identifiaient à la grandeur de leur empire et Poutine leur promettait de panser les plaies nationales : le temps du chaos était révolu, la Russie retrouverait sa place à la tête du monde.

Ainsi a vu le jour l’image de propagande du maître tout-puissant, du rédempteur de son peuple. L’Occident malfaisant voulait nous exterminer et seul le bon tsar pourrait sauver notre « Rousski Mir », le « monde russe ». Si le « retour » de la Crimée dans le giron de la sainte Russie n’a pas réparé les routes ni apporté l’eau courante et les toilettes intérieures dans les villages, il a permis à la population d’être fière de son Poutine.

Economie -Croissance européenne : nouvelle révision à la baisse

Economie -Croissance européenne : nouvelle révision à la baisse

 

 

La Commission européenne vient de réviser sévèrement ses prévisions de croissance à 2,6% en 2022 et 1,4% en 2023, et n’exclut pas une nouvelle dégradation en fonction de la situation géostratégiques . En clair on pourrait connaître une situation de stagflation.

 

Par ailleurs  , les prévisions d’inflation ont été relevées à 7,6% en 2022 et à 4% en 2023. L’inflation touche bien sûr l’énergie mais aussi les produits alimentaires de base.

Cette dégradation de la conjoncture s’accompagne d’une chute de l’euro avec une parité eurodollar au plus bas depuis vingt ans. Et la Banque centrale européenne pourrait poursuivre son resserrement monétaire plus rapidement que prévu.

 

La France apparaît mieux lotie que l’Allemagne, avec une croissance de 2,4% en 2022 et de 1,4 % l’an prochain contre respectivement 1,4% et 1,3% pour la première économie européenne. Mais, une nouvelle fois, de nouvelles augmentations du prix de l’énergie pourraient étouffer la croissance, sans faire réellement baisser les prix. Chacun redoute en effet de nouvelles hausses de taux d’intérêt, avec des risques accrus sur les marchés financiers.

Une hypothèse de récession mondiale

L’hypothèse d’une récession mondiale est de moins en moins exclue par les institutions internationales pour 2023. Ces perspectives s’appuient sur la tendance nettement baissière de la croissance actuelle plombée par l’inflation. C’est évidemment la même problématique en France où  officiellement l’inflation mesurée serait de l’ordre de 6 % au moins en 2022 alors que les revenus et ménages n’augmenteraient que d’environ 3 %.

« Les perspectives depuis notre dernière mise à jour en avril se sont nettement assombries », a dit Kristalina Georgieva, la patronne du FMI,, citant la propagation de l’inflation à travers le monde, la hausse des taux d’intérêt, le ralentissement de la croissance économique de la Chine et les sanctions successives prises contre la Russie pour l’offensive en Ukraine.

« Nous sommes dans des eaux très agitées », a-t-elle ajouté. Interrogée sur l’hypothèse d’une récession mondiale, elle a répondu que « le risque s’est accru, donc nous ne pouvons pas l’écarter ».

Des données économiques récentes montrent que plusieurs économies importantes, dont celles de la Chine et de la Russie, se sont contractées au deuxième trimestre, a déclaré la cheffe du FMI, notant que les risques seraient encore plus élevés l’an prochain.

« Cela va être une année 2022 compliquée, mais peut-être encore plus compliquée en 2023″, selon Kristalina Georgieva. « Les risques de récession sont accrus en 2023″, a-t-elle dit, ajoutant qu’il était crucial de contrôler la flambée actuelle des prix.

 

De nouvelles technologies pour suivre l’évolution de la consommation énergétique et son impact

De nouvelles technologies pour suivre l’évolution de la consommation énergétique et son impact

 

L’industrie manufacturière consomme 54% de l’énergie mondiale et contribue à 20% des émissions de CO2 dans le monde*. Dans ce contexte émergent toutefois de nombreuses technologies liées à l’industrie 4.0 permettant des remontées de données précieuses. Objectif ? Aider les industriels à mieux suivre précisément leur consommation d’énergie, alerter des dérives et intervenir immédiatement, mais également améliorer la gestion de leurs déchets et leur consommation d’eau tout en impliquant leurs collaborateurs. Par Gilles Pacaud, Directeur Rockwell Automation France ( dans la Tribune)
Une réflexion sur les nouveaux outils pour mieux suivre l’évolution de la consommation énergétique et son impact dans l’industrie. Mais des outils dont certains pourraient aussi être utilisés par les particuliers NDLR
 
L’impact environnemental de l’industrie est pointé du doigt. En outre, les contraintes réglementaires se renforcent, à l’exemple de la directive Ecodesign de l’Union européenne, ensemble d’exigences obligatoires visant à améliorer l’efficacité énergétique et à réduire les émissions de gaz à effet de serre.Heureusement, les nouvelles technologies permettent aujourd’hui de rendre beaucoup plus efficiente l’usine et réduire l’empreinte énergétique d’un produit, depuis sa fabrication à sa fin de vie en passant par son utilisation. Les entreprises peuvent ainsi devenir plus « compliant » et se conformer aux exigences applicables en matière de santé, de sécurité, de performance et d’environnement. Ces technologies peuvent les aider à prendre en compte, dès leur conception l’ensemble du cycle de vie des produits, y compris l’installation, l’exploitation, la maintenance et la fin de vie.Des applications d’eau intelligentes permettent par exemple d’améliorer la qualité, l’efficacité et la sécurité des entités municipales et des industries à forte consommation d’eau, à la gestion et au recyclage des déchets pour permettre l’économie circulaire, de nombreuses solutions matures sont à la disposition des entreprises. Ces technologies renforcent la supplychain en donnant à l’entreprise une visibilité et un suivi de toutes les opérations nécessaires à la fabrication d’un produit et impliquent un maximum de personnes autour de l’impact environnemental.

Grâce à la technologie de contrôle et d’automatisation, un important Institut américain de recherche sur l’eau espère transformer le drainage minier acide en une ressource capable d’alimenter la plupart des appareils et systèmes modernes actuels. Les chercheurs ont conçu et construisent actuellement une usine chargée de traiter la contamination due au drainage minier acide et de renvoyer de l’eau propre dans les rivières et les ruisseaux tout en extrayant des éléments de terres rares et des minéraux essentiels.

Un fabricant de panneaux solaires possède aujourd’hui une usine contrôlée par une architecture de type Industrie 4.0 facilitant la communication entre machines et opérateurs, l’utilisation de l’intelligence artificielle et la connectivité de l’Internet des objets (IoT) afin de produire un degré supérieur d’automatisation, de précision et d’amélioration continue.

Des applications logicielles existent également afin d’aider les clients à gérer, signaler, contrôler et optimiser la consommation d’énergie dans leurs processus de production. À partir de tableaux de bord, les utilisateurs peuvent visualiser la consommation à tous les niveaux (site, zone, ligne et machine) et identifier les domaines à optimiser. Intelligentes et évolutives, ces plateformes collectent et intègrent de manière transparente les données de gestion de l’énergie aux systèmes de production, de contrôle et d’information.

Aussi, des contrats de services de durabilité reposant sur le numérique aident les usines à réduire les déchets et à surveiller, gérer et recycler leurs actifs de production d’une manière plus responsable. Autre sujet, la remise à neuf et la réparation d’équipements usagés font l’objet de programmes d’accompagnements. L’Association for Sustainable Manufacturing estime que cette remise à neuf (ou retrofit) permet d’économiser en moyenne 85% d’énergie, de l’eau et des matériaux utilisés par rapport à un produit nouvellement fabriqué.

Naturellement, le développement durable n’inclut pas uniquement le climat et la préservation de l’environnement. Il intègre pleinement l’humain, en particulier, dans le milieu professionnel. À ce titre, l’enquête annuelle Global Voices** a récemment démontré que 85% des personnes ont connu des niveaux plus élevés d’épuisement, tandis que 40% ont signalé une baisse de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Cet équilibre et le bien-être au travail apparaissent désormais comme des priorités et des composantes essentielles du développement durable.

 

* Selon le World Economic Forum (« Net-Zero in Manufacturing Value Chains Initiative »)

** Informations complémentaires dans le Rapport 2021 sur le développement durable de Rockwell Automation

Rafle du Vél’d’Hiv :  » la honte française »

 Rafle du Vél’d’Hiv :  » la honte française »

 

Il y a quatre-vingts ans avait lieu la rafle du Vél’d’Hiv. Si plusieurs milliers d’enfants juifs furent arrêtés, certains réussirent de justesse à échapper à la déportation. Souvent grâce au courage exceptionnel de familles françaises quand d’autres, beaucoup d’autres ,se sont résignées voire pire ont participé au génocide en dénonçant leurs voisins. Le légitime souci d’union nationale après la guerre a  notoirement surestimé l’ampleur du mouvement de résistance mais ne peut faire oublier ce qui restera comme l’un des plus grands massacres de l’histoire.« Cet événement a fait d es survivants des sentinelles à vie », observe Nathalie Zajde, maîtresse de conférences en psychologie à l’université Paris-VIII.

 

Ce matin tôt du 16 juillet 1942, 10e arrondissement de Paris, les gendarmes ont frappé à la porte. Avant d’aller ouvrir, la mère d’Henri l’a caché sous le matelas de son lit en lui disant en yiddish : « Ne bouge pas ! Ne fais pas de bruit ! » Henri est resté figé ainsi plusieurs heures, mort de peur, osant à peine respirer, avant de sortir de sa cachette et d’aller frapper à la porte de la voisine, comme sa mère le lui avait recommandé. Il n’a jamais revu sa mère, ni son père d’ailleurs, arrêté quatorze mois plus tôt, en mai 1941. Henri est ce qu’on appelle un orphelin de la Shoah. Le 16 juillet, il avait 8 ans.

Annette, elle, n’avait que 6 ans. Quand la police a commencé à monter les étages, quand le bruit, les cris, les coups sur les portes ont débuté dans l’immeuble du 19e arrondissement, le père de famille a emmené sa femme et leurs deux enfants se glisser dans la cachette qu’il avait confectionnée sous le toit, près de la lucarne, en prévision de son arrestation. De là, ils ont vu les mères et les enfants de l’immeuble se faire embarquer. « C’est une image que je n’oublierai jamais, j’entends encore les cris des mamans et de leurs petits », confie Annette.

Ce jour-là, Marcel avait 5 ans. Quartier du Marais, « le Pletzl ». Il a été arrêté avec sa mère et son frère aîné. Le médecin du camp ayant diagnostiqué une maladie contagieuse, Marcel a été sorti pour être emmené à l’hôpital et, de là, exfiltré par une parente. Il est le rare survivant d’une famille nombreuse de juifs émigrés de Pologne. Comme Henri, Annette, Marcel, ils furent plusieurs milliers d’enfants parisiens à échapper de justesse à la fin tragique qui les attendait lors de la rafle des 16 et 17 juillet 1942.

Comment ces enfants miraculés ont-ils grandi, alors que les premières années de leur existence ont été marquées par des épisodes de frayeur, des scènes d’arrestation de leurs proches et la menace terrifiante liée à leur identité juive ? Qui devient-on quand, durant ses jeunes années de formation, au cours desquelles on apprend habituellement à devenir ce que les parents souhaitent que l’on soit, on est contraint de faire semblant, de devenir un bon chrétien du terroir alors qu’on est l’enfant de juifs émigrés ? Quelle sorte d’enfant est-on lorsque, dans la peur et la menace constantes, on a l’interdiction d’être juif et qu’on devient un étranger à sa propre identité, au point d’oublier la langue et la culture de ses parents ?

 

Et au lendemain de la Shoah, quel adolescent, quel adulte devient-on lorsqu’on apprend que la majorité de sa famille a disparu dans les camps nazis, dans une mort atroce et sans sépulture ? Comment grandit-on dans le pays qui vous a vomi et qui au lendemain de la Shoah fait comme si rien ne vous était arrivé ?

Climat et température: Des réponses pas à la hauteur

Climat et température: Des réponses pas à la hauteur

 

 

 

La maison brûle de plus belle, au point que personne  ne peut plus désormais regarder ailleurs Des réponses pas la hauteurs regarder ailleurs. Vingt ans après le discours prononcé à Johannesburg par Jacques Chirac lors du IVSommet de la Terre, dans lequel il avait mis en garde contre une apathie mortifère face à la catastrophe qui s’annonçait déjà, la nouvelle canicule subie par la France témoigne d’une sombre normalisation.

 

Les Français voient en effet s’installer un dérèglement climatique dans lequel l’exception devient progressivement la règle. Ils ne sont pas les seuls. Partout en Europe et au-delà, les mêmes causes produisent les mêmes conséquences : l’accumulation de chaleur liée aux activités humaines rend progressivement les villes inhospitalières, pèse sur la santé et les ressources essentielles, soumises à des stress inédits. Partout la maison brûle, souvent littéralement.

Les négationnistes du réchauffement climatique ont certes perdu la partie, comme en témoigne la progression spectaculaire, bien que tardive, d’une prise de conscience des menaces structurelles liées au réchauffement, mais leur déroute n’est qu’une piètre consolation face à la multiplication des crises. Deux combats doivent désormais être menés de front au lieu d’un seul : la diminution des émissions de CO2 comme la lutte contre les effets déjà dévastateurs de leur concentration.

 

L’urgence ne laisse guère de place au fatalisme. Il est certes déplorable que les efforts du pays qui reste le gros pollueur par habitant, les Etats-Unis, soient actuellement entravés par pure idéologie ou clientélisme, qu’il s’agisse de la dernière décision de la Cour suprême, restreignant l’action de l’Agence américaine de protection de l’environnement, ou de l’obstruction d’un seul sénateur démocrate, élu d’un Etat charbonnier. L’immobilisme pourtant ne peut plus être une option.

Car les paramètres de la course contre la montre engagée depuis plusieurs décennies restent pour l’instant inchangés, hélas ! Comme le déplore dans nos colonnes la climatologue Valérie Masson-Delmotte, membre éminente du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), « on trottine lentement » derrière un climat qui change au galop.

 

En France, le Haut Conseil pour le climat l’a rappelé en juin : la réponse de l’Etat « progresse » mais reste « insuffisante ». On est encore très, très loin des mesures immédiates et généralisées à tous les secteurs auxquelles le GIEC appelait en avril pour « garantir un avenir vivable ».

Relativiser la récession (PDG de Morgan Stanley)

Relativiser la récession  (PDG de Morgan Stanley) 

 James Gorman, PDG de Morgan Stanley depuis 2009, analyse  dans le JDD les risques qui menacent l’économie mondiale.

James Gorman, 64 ans, a reçu son baptême du feu en arrivant en tant que coprésident à la tête de Morgan Stanley, en 2007, en pleine crise financière. Face aux tensions actuelles, celui qui est devenu PDG de l’un des premiers groupes bancaires au monde en 2009 se montre moins pessimiste que ses pairs. « Ferons-nous face à une inflation incontrôlable ? Je ne le pense pas », assure-t-il ainsi. Pour le JDD, il analyse les risques qui menacent l’économie mondiale et assure que la France bénéficie de nombreux atouts.

 

Depuis le déclenchement de la pandémie, des crises successives multiples ont aggravé la conjoncture économique. Cela va-t-il empirer ?
Je pense qu’il faut relativiser l’ampleur des bouleversements subis. Nous ne vivons pas une peste qui a décimé 10 % de la population mondiale. Ni une guerre mondiale qui a causé des dizaines de millions de morts. La crise sanitaire semble s’atténuer. La crise géopolitique, avec la première guerre sur le sol européen depuis plusieurs décennies, est indéniable. Mais elle est régionale et non globale. Ce qui se multiplie, en revanche, ce sont les incertitudes. Et leurs différentes conséquences à moyen et long termes, difficiles à évaluer pour l’instant – notamment celles liées à la pandémie, comme le changement du rapport au travail, la santé mentale ou l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. Ces incertitudes agrégées produisent un environnement inconfortable, entre autres parce que les marchés financiers ne redoutent rien tant que les incertitudes.

 

Comment se porte Morgan Stanley dans ce contexte ?
Depuis douze ans que je suis à la tête de la banque, notre stratégie a consisté à construire un modèle économique résilient. Pour que le groupe puisse résister aux chocs, y compris lors de périodes très difficiles. Nous avons réalisé une très bonne année en 2021, avec deux acquisitions significatives. Dans deux domaines essentiels, le trading et la banque d’investissement, nous sommes clairement l’un des gagnants de la décennie en matière de gains de parts de marché. Et nous sommes aussi l’une des banques, si ce n’est la seule, à jouir d’une capitalisation exceptionnelle. La situation actuelle n’a rien à voir avec celle de 2008, heureusement.

Quels enseignements avez-vous tirés de la crise financière ?
J’ai été nommé coprésident en 2007, puis PDG à la fin de 2009. Je l’ai donc vécue au plus près. Les crises offrent une opportunité ­fascinante en matière de leadership. Il faut agir en tant que leader, et non pas uniquement se demander comment le devenir. Diriger une organisation de cette envergure dans un contexte de stress paroxystique, et donc de changements majeurs, est un grand privilège. C’est le temps des décisions, bonnes ou mauvaises, mais nécessaires. Nous avons saisi cette occasion pour nous renforcer, « faire du muscle », en quelque sorte. Nous nous sommes donc séparés de certaines activités et avons investi dans d’autres, plus stables, dont la gestion d’actifs et la gestion de fortune. Les actifs sous gestion de nos quinze millions de clients ont dépassé le seuil de six mille milliards de dollars. Et nous avons doublé le dividende pour récompenser nos actionnaires.

 

L’inflation suscite beaucoup d’inquiétudes. Les partagez-vous ?
Il faut en distinguer les causes. Sur le front du Covid, le défi scientifique a été relevé avec succès grâce aux vaccins. Mais les suites de la ­pandémie ont un effet inflationniste, à la suite des décès, des démissions et des départs en retraite anticipée. Concernant la guerre en Ukraine, malgré les pertes effroyables de vies humaines, il faut probablement se résigner à la probabilité d’une guerre longue. D’où des hausses durables des prix de l’énergie, notamment en Europe où plusieurs pays – dont l’Allemagne – sont dépendants de l’énergie russe. Cette situation ne pourra pas se prolonger indéfiniment sans que les gouvernements ne prennent des mesures adéquates pour tenter d’y remédier. Car ce n’est pas soutenable à long terme. S’ajoutent à tout cela des tensions géopolitiques et commerciales, des pénuries de matières premières et des dysfonctionnements dans la chaîne logistique. Mais il ne faut pas oublier que les mesures de soutien à l’économie prises par les gouvernements pendant la crise sanitaire, accompagnées alors de taux d’intérêt historiquement bas, ont permis une vigoureuse croissance mondiale l’an dernier.

Aurait-il fallu remonter les taux d’intérêt plus tôt ?
Il est désormais évident pour le plus grand nombre que les banques centrales ont réagi tardivement et lentement. Avant de les augmenter plus fortement qu’attendu ces derniers mois. Ces hausses vont bien sûr diminuer les bénéfices des entreprises et ralentir la consommation des ménages.

Et créer une récession ?
Pour les États-Unis, j’évalue ce risque autour de 50-50. Il est à mon avis bien plus important en Europe. Pas de 100 %, mais certainement très supérieur à 50 %. Celà dit, le mot « récession » fait peur, au point de devenir quasiment une obsession, alors que ce n’est pas si grave en soi. Il ne s’agit que d’un concept arithmétique : deux trimestres consécutifs de recul de l’activité. Le monde ne s’écroulera pas pour autant, et nous en sortirons peut-être aussi vite que nous y serons entrés. Le mot m’effraie moins que la réalité du monde qui nous attend dans deux ans. Où en serons-nous alors ? Ferons-nous face à une inflation incontrôlable ? Je ne le pense pas. La crise énergétique provoquera-t-elle des mouvements sociaux massifs ? Je ne le pense pas non plus. Mais il ne fait aucun doute que nous allons vivre des moments agités.

Vous venez d’assister à Paris au sommet Choose France. En tant qu’investisseur, quel est votre regard sur le pays ?
D’un strict point de vue énergétique, la France bénéficie d’une bien meilleure situation que la plupart de ses voisins européens, avec un mix plus diversifié que la moyenne du continent, grâce à l’énergie nucléaire. Elle compte aussi de nombreuses très grandes entreprises, bien implantées à l’international. Depuis la crise financière, son secteur bancaire est le plus solide de toute l’Europe – un avantage fondamental. Le Brexit a affaibli la Grande-Bretagne, tandis que la crise énergétique fragilise l’Allemagne et d’autres pays de l’Union européenne. De mon point de vue, la France est aujourd’hui plutôt bien placée face à la situation actuelle. Morgan Stanley y possède une implantation de première importance en Europe. Nous allons y doubler notre présence, en investissant notamment dans un nouveau centre de recherche et développement appliqué aux activités de marché, qui emploiera 100 personnes.

La grande démission en France aussi, pourquoi ?

La grande démission en France aussi, pourquoi ?

 

Le phénomène de grande démission qui a débuté aux États-Unis s’étend dans beaucoup de pays développés notamment en France. Comme souvent, plusieurs facteurs explicatifs complexes interagissent de manière systémique.

Force est de constater que si la France compte environ 3 millions de chômeurs, le nombre d’emplois non pourvus est aussi égal à 3 millions. On ne peut évidemment envisager un équilibre mécanique entre ces deux types de données. Des questions de compétence, de formation, de proximité, de rémunération notamment sont en cause.

La grande démission en France s’explique en partie par le faite que certains s’interrogent sur l’intérêt de travailler quand des aides  sociales  permettent de vivre sans travail. Ce qui au passage permet d’économiser sur les frais de transport et de restauration notamment. Cela pose soit la question d’un meilleur ciblage des aides sociales, soit la question à une revalorisation significative des salaires. ( Ou les deux)

Bien entendu, une augmentation significative des salaires soulèverait le problème de la productivité. De ce point de vue ,la productivité globale des actifs en France ( à distinguer de celle des seuls salariés) est notoirement insuffisante au regard de pays concurrents équivalents.

Se pose également de plus en plus fortement la question du sens du travail. C’est-à-dire de l’intérêt personnel du salarié et de l’objet même de la société . Des préoccupations environnementales et sociétales émergent de plus en plus.

Il y a enfin la question de l’insertion sociale dans l’entreprise. Dans beaucoup trop de cas, le salarié est considéré comme un simple moyen de production. Il peut être éventuellement intéressé aux résultats mais la démocratie participative est relativement insignifiante en France comparée par exemple à l’Allemagne.

Cet aspect n’est pratiquement pas abordé dans le monde économique et politique. Coté politique, cette vision sociale démocrate et évidemment contestée par les extrémistes. Mais elle n’est pas prise en compte non plus par les parties de gouvernement dont les propositions se limitent éventuellement à l’intéressement financier.

Plus généralement , le pays -comme d’autres pays développés- connait une perte de la valeur travail. De ce point de vue les responsabilités multiples. Elles incombent à l’école, à la famille, à l’Etat et à la société tout entière. Le manque de lucidité et de courage sur cette question hypothèque gravement la compétitivité du pays et la richesse nationale. Et la conséquence est une dette qui grimpe de manière exponentielle pour financer le manque de travail.

La neutralité carbone remise en cause par la crise économique

La   neutralité carbone Remise en cause par la crise économique

La neutralité carbone visée notamment en France pour 2050 pourrait bien être fortement remise en cause par la crise économique actuelle caractérisée par un retour à des énergies polluantes pour compenser le manque de gaz et d’électricité. En octobre 2021, bien avant la guerre en Ukraine, le gestionnaire du réseau national de transport d’électricité RTE avait en effet publié une vaste étude intitulée « Futurs Energétiques 2050 », qui dégageait six voies possibles pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Un papier de la tribune c’est le point de la question. (Extraits)

 

 

En octobre 2021, bien avant la guerre en Ukraine, le gestionnaire du réseau national de transport d’électricité RTE avait en effet publié une vaste étude intitulée « Futurs Energétiques 2050 », qui dégageait six voies possibles pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Celle-ci fait désormais référence au sein de l’exécutif. Seulement voilà : la nouvelle configuration géopolitique pourrait bien remettre en cause ses conclusions, et par-là même les décisions politiques qui s’appuient sur celles-ci.

De fait, l’étude, qui affirme que le coût complet du système électrique devrait passer de 45 milliards d’euros par an à 60 à 80 milliards d’ici à la moitié du siècle, retient des paramètres aujourd’hui incertains. En effet, son cadrage se fonde sur un « contexte mondial relativement favorable », avec des hypothèses de croissance continue de l’économie (+1,4% par an entre 2021 et 2050) et une « absence de tensions particulières sur les approvisionnements en matières et composants nécessaires au développement de nouvelles infrastructures énergétiques », peut-on lire dans l’épais rapport.

Or, ces derniers mois, les perspectives de la Banque mondiale se sont assombries, les cours des hydrocarbures ont bondi (entraînant dans leur sillage celui de l’électricité), et les coûts de production des énergies renouvelables sont repartis à la hausse, après des années de baisse continue. Autant d’imprévus qui ont pris de court les gouvernements du monde entier, y compris en France, où la majorité a changé de braquet : de sa stigmatisation en 2020 des « Amish » et « Khmers verts » prônant un retour à la « lampe à huile », Emmanuel Macron a appelé l’ensemble des Français à la « sobriété énergétique » dans son entretien du 14 juillet.

Dans ces conditions, l’éventuelle persistance ou aggravation de ces tensions pourraient remettre en cause les conditions de financement pour assurer la transition énergétique, la disponibilité des matières premières et l’importation de certains composants à bas coûts considérées dans le cadre de « Futurs Energétiques 2050 ».

« Il est nécessaire de s’interroger de sa robustesse vis-à-vis de ce contexte global plus adverse, qui ne peut pas être exclu vu d’aujourd’hui », notait RTE début 2022.

Et pour cause, un tel contexte macroéconomique « peut changer les coûts complets annualisés [par rapport à l'étude de référence, ndlr], en fonction de l’évolution des prix des pylônes, des câbles ou des raccordements », explique une source en interne. Autrement dit, en fonction de l’amplitude de l’effet des hausses de prix des combustibles et matières premières, les projections de coûts des technologies pourraient s’éloigner de la fourchette initialement considérée.

De fait, au niveau mondial, « des batteries aux panneaux solaires et aux éoliennes, les tendances rapides de réduction des coûts observées au cours de la dernière décennie se sont pour la plupart inversées en 2021, avec des prix des éoliennes en hausse de 9% », soulignait l’Agence internationale de l’énergie (AIE) le 18 mai dans une note intitulée « Les minéraux critiques menacent une tendance de plusieurs décennies à la baisse des coûts des technologies énergétiques propres ». Récemment, les développeurs de champs éoliens ou solaires ont d’ailleurs alerté sur cette hausse, affirmant subir des tarifs d’achat d’électricité fixes désormais beaucoup trop éloignés de leurs coûts de production réels.

Pour mieux comprendre les implications, le gestionnaire du réseau prépare ainsi une variante à son étude, appelée « Mondialisation contrariée ». Celle-ci ne devrait voir le jour que d’ici à 2023, mais RTE envisage d’ores et déjà deux types d’issues en cas de situation mondiale dégradée.

La  transition énergétique pourrait rester possible « au prix de répercussions négatives » sur le « pouvoir d’achat des ménages, avec une baisse des consommations d’énergie sous la contrainte » et « possiblement de sécurité d’approvisionnement électrique », explique le gestionnaire.

 

La Russie surtout humiliée par le démantèlement de l’URSS

La Russie surtout humiliée par le démantèlement de l’URSS

 

A la suite des propos d’Emmanuel Macron, le professeur de science politique Thomas Lindemann revient, dans une tribune au « Monde », sur le concept d’humiliation et ce qu’il signifie dans les relations internationales.

 

Les appels du président Macron à ne pas humilier la Russie, prononcés devant le Parlement européen de Strasbourg et plus récemment le 3 juin, ont suscité de vives polémiques, l’accusant en particulier de se tromper de victime. Au-delà de la critique moralisatrice, certains estiment aussi qu’éviter l’humiliation est contre-productif et susceptible de conforter les fantasmes de grandeur russe.

Si l’usage du concept d’humiliation par le président français peut être qualifié de flou, ses critiques se méprennent souvent en pensant que tout le conflit se joue sur le champ de bataille économique par des sanctions. La première erreur consiste à croire que l’humiliation est nécessairement subjective et, dans le cas de la Russie, inséparable d’ambitions impérialistes.

S’il est vrai que l’humiliation peut être définie comme un écart important entre l’image revendiquée par un protagoniste et celle qu’il reçoit en retour, elle se définit le plus souvent de manière intersubjective en tant que violation de standards de comportements prêtés à un certain type de protagoniste.

Pour savoir si la Russie a été dépréciée dans son rang, il faut se référer aux normes en vigueur dans le système international. Certains rites ont pour fonction de protéger la « face » des acteurs sur la scène internationale. Ainsi, si l’égalité de souveraineté proclamée est une fiction westphalienne, elle permet néanmoins aux acteurs même peu puissants de faire bonne figure sur la scène domestique. Dans les faits, l’ex-URSS a été déchue de son rang de manière vertigineuse pour une grande puissance après la guerre froide.

La Russie contemporaine n’exerce en effet pas de responsabilités à la hauteur de son potentiel de puissance. Sa position est rarement déterminante au sein du Conseil de sécurité des Nations unies : ainsi, des opérations militaires majeures telles que l’intervention au Kosovo (1999) et les guerres contre l’Irak (2003) et la Libye (2011) ont été décidées en traitant la Russie comme quantité négligeable.

En outre, l’élargissement de l’OTAN aux pays de l’Est, également acté sans concertation majeure avec la Russie, constitue un précédent historique. Pour la première fois, un pays s’est trouvé confronté à un ensemble dont le potentiel militaire lui était quinze fois supérieur. Le président Poutine ne cesse cependant d’affirmer que la Russie demeure une grande puissance et qu’elle possède – à la différence des Occidentaux – des qualités d’abnégation et de sacrifice, discours qui semble toujours populaire dans l’opinion publique.

« Uber » : Un scandale qui montre la collusion entre un lobby et la politique

« Uber » : Un scandale qui montre la collusion entre un lobby et la politique

 

L’enquête sur les méthodes utilisées par Uber met en lumière une évidence : la nécessité de mieux protéger par une transparence accrue les élus et les gouvernements contre les pressions d’acteurs puissants. La santé de notre démocratie est en jeu.( Le Monde)

 

La publication dans Le Monde des « Uber Files », des documents internes révélant les méthodes de la plate-forme américaine Uber pour se développer à l’étranger, a mis en évidence des moyens plus que détestables. De ces documents confiés par l’ancien lobbyiste Mark MacGann au quotidien britannique The Guardian et aux membres du Consortium international des journalistes d’investigation, dont Le Monde est partie prenante, se dégage un lourd parfum de scandale.

« Uber Files » est une enquête reposant sur des milliers de documents internes à Uber adressés par une source anonyme au quotidien britannique The Guardian, et transmis au Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et à 42 médias partenaires, dont Le Monde.

Courriels, présentations, comptes rendus de réunion… Ces 124 000 documents, datés de 2013 à 2017, offrent une plongée rare dans les arcanes d’une start-up qui cherchait alors à s’implanter dans les métropoles du monde entier malgré un contexte réglementaire défavorable. Ils détaillent la manière dont Uber a utilisé, en France comme ailleurs, toutes les ficelles du lobbying pour tenter de faire évoluer la loi à son avantage.

Les « Uber Files » révèlent aussi comment le groupe californien, déterminé à s’imposer par le fait accompli et, au besoin, en opérant dans l’illégalité, a mis en œuvre des pratiques jouant volontairement avec les limites de la loi, ou pouvant s’apparenter à de l’obstruction judiciaire face aux enquêtes dont il faisait l’objet.

Le lecteur abasourdi prend connaissance des méthodes de voyous utilisées par les responsables de l’entreprise pour parvenir à leurs fins : contournement des règles de droit, appel à la désobéissance civile, fomentation de coups de force avec, en parallèle, une puissante action de lobbying auprès des économistes et des hommes politiques ouverts à leur cause.

Enivrée par les milliards de dollars levés au début des années 2010, auto-investie de la mission messianique de changer le monde du travail par la numérisation, la start-up s’est crue au-dessus des lois, des Etats et des réglementations. Un accès d’hubris que Travis Kalanick, l’entrepreneur toxique qui était à sa tête, avait fini par payer. Il avait dû quitter la direction de l’entreprise, en 2017.

Ces révélations ont alimenté en France la polémique. La Nupes a vivement mis en cause Emmanuel Macron, qui était alors ministre de l’économie de François Hollande et avait, à ce titre, favorisé l’implantation de l’entreprise en France. La France insoumise a invoqué un « scandale d’Etat » et réclamé la convocation, peu probable, d’une commission d’enquête parlementaireEn retour, le chef de l’Etat s’est dit « extrêmement fier » d’avoir « bousculé l’ordre établi » pour créer des emplois, et il a accusé la gauche d’avoir « perdu la boussole ».

Le fait qu’Emmanuel Macron a aidé l’entreprise à s’implanter lorsqu’il était ministre de l’économie ne peut surprendre personne. Le monopole des taxis était depuis longtemps dans sa ligne de mire. Il en avait étudié les effets pervers dans le cadre de la commission pour la libération de la croissance française, confiée à Jacques Attali en 2008, et dont il avait été le rapporteur général adjoint. Le service au client laissait de plus en plus à désirer et la pénurie organisée de taxis empêchait les créations d’emplois, alors même que des besoins manifestes existaient. Il n’était d’ailleurs pas le premier ministre de l’économie à vouloir en finir avec cette situation, encore fallait-il oser. Il avait trouvé avec Uber un allié, mais un allié sans foi ni loi.

Aujourd’hui, ce dernier est encore à la recherche d’un modèle économique satisfaisant. Ses chauffeurs restent trop souvent sous-payés, mal protégés, mais des emplois ont été créés, notamment dans les banlieues, et les compagnies de taxis ont sensiblement amélioré leur service à la clientèle. Le bilan de cette installation à la hussarde est donc suffisamment nuancé pour disqualifier les procès à l’emporte-pièce.

En revanche, les « Uber Files » mettent en lumière de manière indiscutable une évidence : la nécessité d’un meilleur encadrement des activités de lobbying. Il est essentiel de protéger par une transparence accrue les élus et les gouvernements contre les pressions d’acteurs puissants. La santé de notre démocratie est en jeu. Le dernier rapport de la Commission européenne sur l’Etat de droit, qui invite vivement la France à faire beaucoup mieux en la matière, ne dit pas autre chose.

 

Croissance européenne : nouvelle révision à la baisse

Croissance européenne : nouvelle révision à la baisse

 

 

La Commission européenne vient de réviser sévèrement ses prévisions de croissance à 2,6% en 2022 et 1,4% en 2023, et n’exclut pas une nouvelle dégradation en fonction de la situation géostratégiques . En clair on pourrait connaître une situation de stagflation.

 

Par ailleurs  , les prévisions d’inflation ont été relevées à 7,6% en 2022 et à 4% en 2023. L’inflation touche bien sûr l’énergie mais aussi les produits alimentaires de base.

Cette dégradation de la conjoncture s’accompagne d’une chute de l’euro avec une parité eurodollar au plus bas depuis vingt ans. Et la Banque centrale européenne pourrait poursuivre son resserrement monétaire plus rapidement que prévu.

 

La France apparaît mieux lotie que l’Allemagne, avec une croissance de 2,4% en 2022 et de 1,4 % l’an prochain contre respectivement 1,4% et 1,3% pour la première économie européenne. Mais, une nouvelle fois, de nouvelles augmentations du prix de l’énergie pourraient étouffer la croissance, sans faire réellement baisser les prix. Chacun redoute en effet de nouvelles hausses de taux d’intérêt, avec des risques accrus sur les marchés financiers.

 

La vraie dimension géographique de l’Afrique

La vraie dimension géographique de l’Afrique

 

Le continent africain est bien plus vaste que ne le laissent paraître les cartes standards du monde, qui s’appuient sur une méthode de projection biaisée, explique l’économiste Rabah Arezki, ancien chef économiste et vice-président de la Banque africaine de développement,  dans une tribune au « Monde ». Les conséquences de ce prisme déformé sont innombrables, notamment dans le domaine de l’agriculture.

 

La carte du monde la plus couramment utilisée est basée sur la méthode de projection développée en 1569 par le cartographe européen Geert de Kremer, connu sous le nom de Gérard Mercator. Les longitudes y sont représentées par des lignes verticales parallèles espacées à l’identique, les latitudes par des lignes horizontales parallèles éloignées quant à elles de façon croissante à mesure que la distance avec l’équateur augmente.

Cette méthode a tendance à grossir les zones des latitudes supérieures et inférieures. De ce fait, les cartes du monde que nous avons l’habitude d’utiliser déforment considérablement la superficie de l’Afrique, en la rendant bien plus petite qu’elle n’est en réalité. Au contraire, la Russie, le Groenland et le Canada semblent énormes.

Une telle projection a des implications importantes pour l’Afrique. Sur le plan historique, les chercheurs soutiennent que la projection standard constitue un outil politique ayant contribué à la ruée vers l’Afrique – également connue sous le nom de partition de l’Afrique –, qui vit les puissances d’Europe occidentale coloniser le continent à la fin du XIXe siècle.

Si la représentation de Mercator contribuait en effet à donner l’impression d’un petit territoire facilement colonisable, cette perception déformée persiste de nos jours. Pourtant, que ce soit d’un point de vue économique, politique ou démographique – et même cartographique –, l’Afrique est incontournable.

Une des conséquences de cette méconnaissance de la taille réelle de l’Afrique est que ses terres agricoles et son sous-sol restent relativement inexplorés, même si cela a tendance à changer depuis ces dernières décennies. La « ruée vers les terres », ce regain d’intérêt pour les investissements fonciers à grande échelle, s’est opérée à partir de la flambée des prix alimentaires en 2011. Reste à savoir si ce phénomène servira les intérêts du continent.

Une addiction à la détérioration de l’environnement ?

Une addiction à la détérioration de l’environnement ?

Thierry Ripoll, enseignant-chercheur en psychologie cognitive, auteur de « Pourquoi détruit-on la planète », interrogé récemment dans le Monde , répond aux accusations de réductionnisme que lui valent ses thèses sur le rôle de notre fonctionnement cérébral dans la crise climatique.

 

Nous savons que nous transgressons dangereusement les limites de la planète, qu’il nous faut réduire notre consommation individuelle et collective et que l’objectif de croissance infinie est absurde. Et pourtant, nous continuons « le business as usual », à quelques aménagements près qui n’ont qu’un faible effet sur la trajectoire globale de l’humanité. La question centrale est dès lors de comprendre les raisons de ce hiatus entre notre conscience et nos comportements.

En la matière, il y a deux types de réponses qui semblent s’opposer et qui donnent lieu à des polémiques stériles au moment où nous avons besoin de cohésion pour amorcer une révolution anthropologique de grande envergure, seule susceptible de rendre possible la vie sur Terre dans le futur.

Le premier type de réponse est de nature biologisante. Sans rentrer dans le détail, il s’agit d’expliquer notre comportement à la lumière de connaissances issues des neurosciences, mais aussi de la biologie évolutionniste. Bien sûr, il convient d’être prudent tant le cerveau demeure un organe complexe. Etablir une relation causale entre un processus neuronal et un comportement est un exercice plus difficile que ne le pense le public et que ne le relatent souvent les médias. Le danger du réductionnisme est clairement présent.

Cela dit, au-delà du rôle que l’on attribue à telle structure neuronale ou à tel neuromédiateur, le point central et incontestable est que notre cerveau, comme celui de tous les êtres vivants qui en sont dotés, est orienté vers la satisfaction de deux objectifs inhérents au vivant : survivre et transmettre ses gènes, la sensation de plaisir étant ce qui nous guide pour y parvenir. Evidemment, la survie d’une espèce est conditionnée par le fait d’atteindre ces objectifs et, quand ils sont atteints, l’espèce croît démographiquement autant que le permet l’écosystème dans lequel elle se développe. La croissance économique, à l’origine de la destruction de la planète, n’est qu’une forme sophistiquée de cette réalité fondamentale.

Le problème que nous rencontrons provient du fait que nos capacités cognitives nous ont permis de nous libérer, momentanément et provisoirement, des contraintes physiques de notre environnement. De cela résulte notre pouvoir de destruction. Si nous avons du mal à renoncer à la croissance, c’est donc, en partie, parce que la croissance constitue l’ultime objectif du vivant. Ce qui est vrai de l’espèce, l’est aussi de chaque individu et je décris, dans « Pourquoi détruit-on la planète ?  », les processus psychologiques qui font de nous des consommateurs addicts, souvent mus par notre intérêt personnel, peu enclins à la préservation du bien public et participant activement à la croissance économique, et donc à la destruction de la planète. Il n’y a là rien de contestable. Mais il n’y a là qu’une partie de l’histoire qui ne devient complète qu’au travers du deuxième type de réponse que j’appellerai culturaliste.

Carburant : un tarif individualisé à la pompe ?

Carburant : un tarif individualisé à la pompe? 

 

L’actuelle remise à la pompe de 18 centimes par litre est onéreuse et socialement inéquitable. Dans une tribune au « Monde », le physicien Jean-Philippe Bouchaud et l’économiste Miquel Oliu-Barton proposent un système de taxe modulée en fonction des revenus et fonctionnant sur les paiements par carte bancaire.

Une idée qui n’est pas inintéressante mais qui néglige le problème des possibles détournements et des fraudes NDLR

 

Afin de contrer la crise économique et sociale qui se trame, il est urgent d’imaginer des mesures originales et innovantes qui protègent le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires. Celles-ci souffrent en particulier de l’envolée des prix des carburants depuis le début de la guerre en Ukraine. La remise à la pompe actuelle de 18 centimes par litre, mise en place dans l’urgence, est non seulement très onéreuse – son coût est d’environ 20 millions d’euros par jour – mais aussi inefficace sur le plan social, puisque tout le monde en bénéficie, même les ménages les plus aisés. Que penser alors d’une baisse de la TVA ou du blocage des prix, comme le proposent différents partis d’opposition ?

Alors que le gouvernement vient d’annoncer une évolution du système d’ici à la fin de l’année, une solution efficace, flexible et pérenne pourrait être mise en place en s’appuyant sur le réseau bancaire et les nouveaux moyens de paiement électroniques. L’idée est simple : pour lutter contre l’inflation – attendue à 7 % sur un an – nous préconisons d’instaurer une taxe individualisée sur le carburant, modulée par le taux d’imposition de chaque foyer fiscal, et applicable uniquement sur les paiements par carte bancaire.

 

Concrètement, ce système nécessite trois étapes. D’abord, déterminer une grille de taxes effectives (montant minimal, maximal et progressivité) par litre de carburant, que l’on pourra ajuster pour optimiser l’effet redistributif tout en fixant le montant total de l’impôt souhaité. Deuxièmement, attribuer à chaque foyer fiscal français une taxe individualisée, indexée sur son dernier taux d’imposition, et révisable chaque année. Enfin, afficher les prix à la pompe avec la taxe maximale, mais rembourser automatiquement et immédiatement la différence entre taxe maximale et taxe individualisée, grâce au système de paiement électronique, qui permet, de plus, d’assurer une parfaite confidentialité à l’opération.

Des difficultés de recrutement bientôt dramatiques selon la Banque de France

Des  difficultés de recrutement  bientôt dramatiques  selon la Banque de France

 

 

La dernière enquête de la Banque de France qui prévoit une quasi stagnation de la croissance pour le trimestre (seulement plus zéro 25 %), souligne les difficultés croissantes de recrutement dans la plupart des secteurs économiques. Des difficultés qui pourraient devenir dramatiques et amputées même les perspectives de croissance.

Six dirigeants sur dix ont des difficultés à recruter selon la dernière enquête de conjoncture de la Banque de France réalisée entre fin juin et début juillet. . « L’enquête mensuelle de conjoncture montre que l’activité a continué de résister au mois de juin et que cette résistance se maintiendrait au mois de juillet », a déclaré le directeur des études, Olivier Garnier, lors d’un point presse. Dans ce contexte de croissance morose, les entreprises peinent toujours à recruter.

Les difficultés de recrutement exprimées par les entreprises sont au plus haut. Au mois de juin, 58% des dirigeants expliquaient avoir dû mal à embaucher. Il s’agit d’un sommet depuis que cette question a été mise en place en mai 2021. À l’époque, 37% des entreprises avaient exprimé ce type de difficulté. En juin dernier, le bâtiment a connu un pic à 63%, suivi des services (61%) et de l’industrie (50%). Dans l’industrie, le pourcentage a quasiment doublé depuis mai 2021 (24%) alors que la production est fortement perturbée depuis des mois.

 « Même avant la crise, beaucoup d’entreprises exprimaient déjà des difficultés de recrutement. On le voit au bout des deux extrémités, à la fois sur des compétences très pointues et des postes moins qualifiés », ajoute-t-il.

  •  

Le Mali provoque la Côte d’Ivoire

Le Mali provoque la Côte d’Ivoire

Complètement englué dans son régime de dictature et aux ordres de la Russie via les mercenaires de Wagner, le Mali cette fois s’attaque à la Côte d’Ivoire en arrêtant 50 de ses militaires qui devaient participer à la Minusma. Il s’agit évidemment d’une véritable provocation du Mali qui n’avait nul besoin d’arrêter les militaires et aurait pu tout simplement permettre leur retour en Côte d’Ivoire. Cette affaire isole encore un peu plus un Mali sans véritable Etat, gangrèné  par la corruption , les violences djihadistes autant que les violences des militaires maliens et des mercenaires russes de Wagner. Le Mali a tout à perdre dans ce conflit car la Côte d’Ivoire est notamment une terre d’accueil pour de nombreux Maliens victimes de la crise politique économique qui secoue le pays depuis de nombreuses années

 Le mandat ONU  de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA):

  • stabilisation de la situation dans les principales agglomérations et contribution au rétablissement de l’autorité de l’État dans tout le pays ;
  • contribution à l’application de la feuille de route pour la transition, y compris le dialogue national et le processus électoral ;
  • protection des civils et du personnel des Nations unies ;
  • promotion et défense des droits de l’homme ;
  • soutien de l’action humanitaire ;
  • appui à la sauvegarde du patrimoine culturel ;
  • action en faveur de la justice nationale et internationale.

.

Or des  soldats ivoiriens ont été arrêtés dimanche à l’aéroport international de la capitale malienne, une mesure que la junte a justifiée notamment par l’absence de permission pour leur venue et par l’absence du statut de soldat dans le passeport de certains d’entre eux.

Bamako dit considérer qu’il s’agit de mercenaires et a annoncé son intention de les juger comme tels, ajoutant qu’Abidjan n’était pas informé de l’arrivée des soldats.

Mais les autorités ivoiriennes ont assuré mardi que ces soldats ont été déployé s dans le cadre de contrats d’assistance sécuritaire et logistique signés en juillet 2019 avec la mission des Nations unies au Mali – la Minusma. Elles ont demandé la libération immédiate des soldats.

Le porte-parole de la Minusma, Olivier Salgado, a confirmé via Twitter cette information.

 

Suppression de la redevance télé : la démocratie tirée vers le bas ?

 

« En l’absence de la redevance, tout l’audiovisuel risque, à coup sûr, d’être tiré vers le bas » estime Jean-Noël Jeanneney 

 

Ce qui est en jeu si l’on supprime la redevance, ce n’est pas seulement le niveau culturel de la nation dans ses diverses générations, c’est aussi la qualité du débat civique, souligne, dans une tribune au « Monde », l’historien et ancien secrétaire d’Etat à la communication, qui appelle les députés à un refus « de salubrité civique ».

 

C’ette prise de position appelle des  remarques. La première, c’est que l’audiovisuel public ne joue désormais un rôle assez marginal face à l’explosion des modes d’expression : radio, télé, Internet. Pourquoi imposer une fiscalité à ceux qui ignorent l’audiovisuel publique? La seconde observation est liée à l’objectivité supposée des institutions publiques d’information. Sauf exception rare , l’audiovisuel public se caractérise souvent par une complaisance vis-à-vis du pouvoir en place et par une posture d’évitement des sujets trop brûlants. En outre,  l’audiovisuel public est aussi concernée par la publicité et donc aussi influencée par ses donneurs d’ordre NDLR

 

Il en est temps encore. Donc il faut le crier très fort. Supprimer la redevance audiovisuelle serait une mauvaise action.

Le principe en remonte au mitan des années 1930. Georges Mandel, ministre responsable dans le domaine de la radio, le théorisa. Sa justification demeure inchangée. Il s’agit, aujourd’hui comme autrefois, d’assurer la pérennité, à côté d’organismes mus par la quête du profit et dont le dynamisme est d’abord commercial, d’un service public qui soit mû par d’autres ressorts. En l’absence de la redevance, tout risque, à coup sûr, d’être tiré vers le bas. Achetant la première chaîne, en 1987, un entrepreneur de travaux publics avait promis de servir « un mieux-disant culturel ». On sait ce qu’il en a été.

 

L’idée démagogique d’une satisfaction des contribuables est évidemment illusoire. Elle sera fugace, à coup sûr. Démagogie ! J’étais chargé des questions audiovisuelles au gouvernement lorsque j’appris, à l’automne de 1992, qu’un jeune inspecteur des finances avait mis dans l’esprit du premier ministre, Pierre Bérégovoy, une singulière conviction : supprimer la redevance, supposée impopulaire (malgré diverses exonérations) aurait un effet décisif pour rallier l’opinion au pouvoir en place, dans la perspective des prochaines élections législatives. C’était une calembredaine. Mais il fallut que je menace de démissionner pour que le projet fût retiré. On est en droit d’affirmer, sans risquer d’être démenti, que ce n’est pas pour cette raison que la gauche fut battue lors des élections législatives qui suivirent.

Inciter à développer la publicité

Le gouvernement nous promet une garantie pluriannuelle du financement du secteur public. Pure illusion, puisqu’elle peut être contredite chaque année par des décisions nouvelles. En l’absence d’une redevance, le budget de l’audiovisuel public est voué à devenir une variable d’ajustement pour n’importe quel ministère.

Croissance de la population mondiale en baisse

Croissance de la population mondiale en baisse  

 

« Les humains ont fait le choix d’avoir peu d’enfants, et cela est vrai partout, dans de plus en plus d’endroits sur la planète », explique sur franceinfo le démographe Gilles Pison.

 

 

Nous sommes chaque jour de plus en plus nombreux sur la planète. L’Organisation des Nations unies (ONU) vient de publier son nouveau rapport sur l’évolution de la population mondiale : d’ici le 15 novembre prochain, la barre des 8 milliards de Terriens sera dépassée, soit 1 milliard d’humains de plus qu’en 2010. Pourtant, ces chiffres ne doivent pas masquer le fait que « la croissance démographique décélère continuellement depuis 70 ans », explique Gilles Pison, professeur au Muséum national d’histoire naturelle et conseiller scientifique auprès de l’Institut National d’Etudes Démographiques (Ined).

franceinfo : Il y aura 8 milliards d’êtres humains d’ici le mois de novembre… Est-ce qu’il y a de la place pour tout le monde ?

Gilles Pison : On se posait déjà la question lorsque nous n’étions qu’un milliard sur la planète. C’était il y a deux siècles, c’est une question récurrente. Le constat, c’est que nous sommes de plus en plus nombreux. Mais la croissance démographique décélère depuis 70 ans. La population augmente au rythme de 1% par an et le rythme devrait continuer de baisser dans les prochaines décennies. L’ONU prévoit une stabilisation à 10 milliards et demi de personnes sur Terre dans les années 2080. C’est parce que les humains ont fait le choix d’avoir peu d’enfants. Et cela est vrai partout, dans de plus en plus d’endroits sur la planète. La principale conséquence c’est une stabilisation, une croissance zéro à terme de la population, peut-être même une diminution.

« Dans les deux tiers des pays du monde, les couples ont désormais moins de deux enfants en moyenne. »

 

L’ONU a compté par ailleurs que le Covid-19 avait provoqué une surmortalité de 14,9 millions de personnes. Est-ce que cela va induire des changements démographiques à l’avenir ?

Non, aucun. Cela ne modifie en rien les tendances, ça représente un surcroît de décès de 12% pour les seules années 2020 et 2021. L’hypothèse, c’est que le Covid-19 a eu un effet temporaire et qu’à partir de 2022, l’espérance de vie retrouve ses niveaux et ses tendances d’avant pandémie. C’est souvent ce qu’on observe et donc ça n’aura modifié que très peu les chiffres annoncés pour les prochaines décennies.

Les Indiens seront bientôt plus nombreux que les Chinois. Est-ce une source de bouleversements ?

Là aussi, c’était annoncé. Même si la révision des chiffres par l’ONU fait que la date de dépassement de la Chine par l’Inde a été avancée. On savait que ça aurait lieu avant 2030, mais là, on sait que ce sera le cas dès l’an prochain. Et ça ne vient pas tellement d’une croissance plus rapide de l’Inde, qui suit ses évolutions. C’est parce que les chiffres pour la Chine ont été révisés sérieusement à la baisse à cause du constat que les Chinoises et les Chinois ont de moins en moins d’enfants, beaucoup moins que ce que l’on imaginait. Ceci malgré la politique nataliste du gouvernement chinois qui souhaite soutenir la natalité. C’est un des grands enseignements de ces projections : la Chine va voir sa population baisser dans les prochaines décennies. Le pays est à son maximum et il pourrait perdre presque la moitié de sa population en effectifs d’ici 2100.

123456...452



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol