Archive pour le Tag 'La'

Page 3 sur 452

Inflation : peut-on la combattre ?

Inflation : peut-on la combattre ?

Dans un papier  de l‘Opinion, Frédéric Pretet, co-directeur de la recherche macroéconomique chez BNP Paribas Exane donne son avis sur la possibilité de combattre l’inflation. Pour lui il apparaît clairement qu’on ne peut totalement la compenser mais l’amortir un peu surtout pour les plus défavorisés.( Par parenthèse pas vraiment l’orientation retenue par le gouvernement concernant l’importante dépense de carburant dont les ristournes profiteront à tous).Bref pour résumer l’inflation ne peut pas être compensée totalement loin s’en faut et ce sont les ménages qui vont l’amortir avec une baisse de pouvoir d’achat

L’inflation, principalement portée par les prix de l’énergie et de l’alimentation, a accéléré en juin de 5,8 % sur un an, selon l’Insee, qui s’attend à une progression d’«un peu moins de 7 % en septembre».

« L’impact direct de tout ce qui est prix de l’alimentation et prix de l’énergie, ça représente 70 à 80 % de l’inflation qu’on a sur un an, analyse Frédéric Pretet, co-directeur de la recherche macroéconomique chez BNP Paribas Exane. Ça c’est l’impact direct, et en plus, on a un impact indirect. C’est-à-dire que l’on sait que quand il y a des chocs sur les prix des matières premières, de l’énergie, ça va se diffuser sur d’autres secteurs, en particulier, par exemple, sur les prix des billets d’avion. On sait que quand les prix agricoles montent, ça va se diffuser dans les prix des restaurants. »

Les tensions sur les chaînes d’approvisionnement dues à la crise de la Covid-19 se sont accentuées avec la guerre en Ukraine, tirant un peu plus les prix à la hausse. La dépréciation de l’euro face au dollar augmente le coût des importations et participe également à cette hausse généralisée des prix.

« L‘euro a baissé d’à peu près 10 % par rapport au dollar, donc on va dire que ça représente 0,5 point d’inflation en plus, commente Frédéric Pretet. Donc c’est plutôt marginal dans le +8 % d’inflation qu’on a en Europe mais ça contribue aussi à cette inflation qui surprend à la hausse mois après mois. »

Ces augmentations des prix devraient se poursuivre dans les mois à venir. Frédéric Pretet : « On s’attend à ce que sur l’été, on ait encore des chiffres de l’inflation qui grimpent. C’est aussi, par exemple, les estimations de l’Insee pour la France. Donc on a une inflation qui devrait, normalement, toucher son pic sur le mois de septembre. Donc sur l’Europe, on est à 8,6 %, on sera peut-être plutôt au-dessus de 9 %. Sur la France, ça va aussi continuer de se tendre. Mais ça dépend évidemment beaucoup de l’environnement sur les matières premières puisque comme je vous le disais, c’est quand même le facteur qui est le plus important sur la dynamique de l’inflation, au moins à court terme. »

Pour y faire face, le gouvernement souhaite adopter une série de mesures pour protéger le pouvoir d’achat des Français : création d’une «indemnité carburant travailleur», chèque alimentation, augmentation des minima sociaux, des retraites de base…

Frédéric Pretet, co-directeur de la recherche macroéconomique chez BNP Paribas Exane : « Pour compenser complètement, il faudrait, en gros, geler toutes les hausses de prix dans tous les secteurs. Ce n’est pas, évidemment, le but du gouvernement dans son paquet pouvoir d’achat d’aller jusque-là. On a eu quand même, dans certains secteurs, un gel des prix. Par exemple, sur la France, c’est les prix du gaz. On a eu des hausses l’été dernier jusqu’au mois de septembre, et à partir du mois d’octobre, le gouvernement a décidé de geler les prix du gaz. Donc là-dessus, on peut dire que c’est efficace.

Mais on le voit sur les prix à la pompe, on est plutôt dans une logique d’amortir la hausse plutôt que de complètement compenser la hausse des prix de l’énergie. Sur l’alimentation c’est pareil, on envoie des chèques qui sont très importants, en particulier pour protéger les classes les plus défavorisées, celles qui ont les plus petits salaires et donc du coup qui sont les plus exposées au risque inflation et donc c’est très ciblé pour essayer de compenser au maximum sur ces catégories sociales. Mais d’un point de vue macroéconomique, pour l’ensemble des ménages, évidemment, on ne compense pas complètement cette hausse des prix, on essaie de l’amortir mais ce n’est pas une compensation totale.

Par contre, on voit quand même que la France est dans les pays qui font le plus. Si je regarde par exemple les prix de l’énergie en France, ils ont fortement progressé, autour de 30 % de hausse au mois de juin par rapport à ce qu’ils étaient l’année d’avant. Mais sur l’Europe on est plutôt au-dessus de 40 %. Donc il y a un écart, il y a un amortissement qui s’est fait par la politique du gouvernement français. Cet amortissement, cet écart entre 30 et 40 %, c’est l’équivalent d’un point d’inflation. Parce que l’inflation française, qui est autour de 6,5 % (Eurostat), serait plutôt à 7,5 %. Donc finalement beaucoup plus proche de l’inflation européenne à 8,6 % que ce qu’elle est aujourd’hui si le gouvernement n’avait pas mis en place toutes ces mesures pour, en tout cas, amortir ce choc énergétique, ce choc inflationniste. »

De son côté, la Banque centrale européenne a annoncé qu’elle allait durcir sa politique monétaire pour tenter de contenir l’inflation. Mais cette hausse des taux ne serait pas sans risque pour les finances publiques de la France.

Frédéric Pretet : « A partir du moment où les taux d’intérêt remontent, la charge de la dette va commencer à s’amplifier donc ça va être un facteur qu’il va falloir prendre en compte. Alors l’impact n’est pas immédiat, il se trouve que la France est un pays qui emprunte sur des maturités autour de 7 ans. Donc vous voyez que c’est plutôt dans 7 ans qu’on subira complètement l’impact des taux. Donc il y a une espèce d’inertie dans la charge d’intérêt qui est plutôt progressive.

Donc ça veut dire qu’il faut faire attention, il n’y a pas un risque immédiat sur les finances publiques de la France, mais il y a un risque qui, peut-être, s’amplifie. Et donc c’est pour ça que le gouvernement est dans une stratégie avec moins de «quoi qu’il en coûte», on essaie de cibler sa politique, en particulier pour amortir le choc énergétique et c’est pour ça qu’on le cible sur les catégories sociales les plus fragiles, et qu’on ne peut pas complètement compenser parce qu’on n’a plus les moyens de compenser complètement ce genre de choc. »

Démocratie:Une Assemblée nationale non représentative de la population

Démocratie: Une Assemblée nationale non représentative de la population

 

La démocratie française souffre notamment de deux maux fondamentaux à savoir la faiblesse du nombre de votants, d’autre part une représentativité des élus complètement déformée par la domination des cadres  fonctionnaires.

L’analyse sociologique des députés démontre à l’évidence que la représentation nationale n’est absolument pas représentative de la population française. Ainsi les cadres et professions supérieures représentent environ 60 % des députés dans l’assemblée dont une très grande majorité de fonctionnaires et assimilés. Les retraités environ 12 % , les personnes sans activité 8 %, les professions intermédiaires 8 %, les artisans commerçants et chef d’entreprise 6 % , les employés, 5 %, les agriculteurs 1 % ,les ouvriers moins de 1 %.

 

Par ailleurs la plupart de ces députés ont été élus par un nombre insignifiant d’électeurs. On compte en effet environ 50 % d’abstention et de non-inscrits ou mal inscrits. Au total de députés n’ont recueilli qu’autour de 10 % des voix au premier tour. ( Même Macron n’a recueilli que 20 % des inscrits au premier tour).

D’un certain point de vue ,cette composition de l’assemblée constitue un scandale démocratique. On ne fera croire à personne qui n’existe pas parmi les artisans, les ouvriers, les commerçants ou encore les agriculteurs des responsables potentiels capables d’appréhender les problématiques nationales. En réalité, le champ politique est noyauté par une espèce de caste qui  a le temps de faire de la politique et ou qui en a les moyens financiers. On retrouve notamment ainsi les permanents des organisations politiques, les assistants parlementaires, les diplômés des instituts politiques, les hauts fonctionnaires qui utilisent leur passage dans les cabinets ministériels comme accélérateur de carrière. ( Dernier exemple en date la première ministre dite de « gauche »).

En gros, les couches moyennes et les catégories défavorisées sont absentes ou presque de l’Assemblée nationale.

Il est clair que la plupart de ses représentants du peuple n’ont qu’une idée approximative des conditions de vie économique, sociale voire sociétale des populations qui vivent avec environ 1000 € par mois

Lutter contre l’inflation liée à la question climatique

Lutter contre l’inflation liée à la question climatique

 

Si la flambée des prix à laquelle la France est confrontée a des origines conjoncturelles, comme la guerre en Ukraine, il existe aussi des facteurs inflationnistes structurels. Ceux-ci sont notamment liés au changement climatique. Dans ce contexte, il est urgent de penser les politiques de soutien et de redistribution envers les secteurs économiques et les populations les plus exposées. Par Julien Pillot et Philippe Naccache, enseignants-chercheurs à l’Inseec Grande Ecole.

 

Après la vague de chaleur des jours derniers, la production de blé est attendue en baisse dans l’Hexagone. Le réchauffement climatique impacte les coûts et les volumes de production, ce qui se traduit par une hausse structurelle des prix.

L’inflation, +5,8% sur un an selon les estimations de l’INSEE du 30 juin, atteint des niveaux que la France n’a plus connus depuis 1985. La trajectoire des prix des biens de première nécessité, tels que l’énergie (+33% sur un an) ou l’alimentaire (5,7%), inquiète particulièrement. Bien naturellement, cette flambée a des origines conjoncturelles, au premier rang desquelles figure la guerre en Ukraine et ses conséquences en matière d’acheminement de produits énergétiques et agricoles, mais aussi de spéculation sur le cours des matières premières. Pour autant, occulter les facteurs inflationnistes structurels, parmi lesquels la raréfaction de ressources critiques, l’essoufflement de la désinflation compétitive, et un contexte international sur-liquide hérité de plusieurs années de politiques de soutien à l’économie, aurait tout d’un déni coupable.

Plus méconnus, les liens structurels entre le changement climatique et l’inflation doivent également être regardés en face. De nombreuses études scientifiques ont, par exemple, mis en exergue l’impact de la hausse des températures sur les rendements agricoles, sur la productivité du travail, et même sur la production industrielle, à plus forte raison dans les secteurs météo-sensibles. Ainsi, le réchauffement climatique impacte les coûts et les volumes de production ce qui se traduit, à demande constante, par une hausse structurelle des prix. Ce qui ne fera, d’ailleurs, que renchérir les travaux publics nécessaires à la transition écologique, mais aussi un puissant moteur de croissance.

 

Il faut également souligner que les politiques volontaristes en faveur de la transition écologique et énergétique, exercent une double pression sur les prix. D’une part, l’introduction d’une taxe carbone devant inciter les industriels à réduire leurs émissions, s’apparente à un coût pour les entreprises, mais aussi pour les finances publiques si cela devait se traduire – pendant un certain temps – par un déficit de compétitivité, d’attractivité ou de croissance. D’autre part, les investissements dans les énergies renouvelables produiront leurs effets sur la croissance – par la réduction du coût marginal – sur le long terme, quand les pressions sur les coûts se font sentir dès à présent, notamment du fait des conflits d’usage des métaux critiques nécessaires tant à la transition énergétique qu’à l’industrie, numérique et électro-mobilité en tête.

Ainsi, une partie de l’inflation d’aujourd’hui et de demain est et sera poussée par nos impératifs climatiques. Cette inflation, choisie plutôt que subie, n’est pas une ennemie : elle génère un signal-prix qui révèle la vraie nature de nos déséquilibres, et nous oblige (enfin!) à réorienter nos politiques et comportements. Mentionnons, par exemple, le fléchage des investissements vers les activités et technologies les moins émettrices de CO2, la révision des chaines de valeur internationales, les relocalisations, voire la déconsommation de produits hautement carbonés.

Le spectre de nouveaux mouvements sociaux

Mais si cette inflation va nous amener à corriger certains excès de la mondialisation, il n’en demeure pas moins que la dégradation de l’environnement et la raréfaction des ressources nécessaires à la production d’énergie, nous expose sur le court et moyen terme à une lame inflationniste de fond, qui sera plus durement ressentie par les classes populaires, de France comme d’ailleurs. Aux mouvements sociaux dans les économies développées répondraient des crises alimentaires dans nombre de régions largement dépendantes de l’agriculture. Alors que plane toujours le spectre des « gilets jaunes », il est urgent de penser les politiques de soutien et de redistribution envers les secteurs économiques et les populations les plus exposées, sous peine d’accentuer – jusqu’au point de rupture – une fracture sociale qui rendrait inapplicables les initiatives en faveur de la transition. Obérant, par là-même, notre avenir commun.

Appel à la France pour le soutien de l’Ukraine

Appel à la France pour le soutien de l’Ukraine

 

Les besoins de la population ukrainienne sont immenses et croissent de manière exponentielle, soulignent dans une tribune au « Monde » des représentants des autorités et collectivités locales, dont Vitali Klitschko, maire de Kiev, dans un appel à leurs homologues français.

 

C’est abrupt, mais, depuis le début de l’agression militaire russe de grande ampleur contre notre pays, le 24 février 2022, nous avons dû apprendre à aller directement à l’essentiel : Nous avons besoin de votre aide. La guerre dure. Nous le savons : elle ne va pas se terminer demain. Face à cette épreuve, le peuple ukrainien déploie une résistance admirable dont peu, mis à part nous-mêmes, nous savaient capables.

C’est aussi grâce au soutien international, dans les pays frontaliers comme à travers le monde, que les Ukrainiennes et les Ukrainiens trouvent la force de continuer à se battre pour exister, comme individus et comme nation. Ce combat, c’est aussi celui pour la paix en Europe, pour les valeurs de la démocratie et pour l’avenir de nos enfants sur notre continent.

Plus que jamais, nos destins sont liés. Les pertes, matérielles et humaines, sont immenses. Certaines de nos villes ont été rasées. Certaines de nos régions sont occupées par les chars russes. Plus d’un quart de notre population a dû subitement fuir, en Ukraine même ou à l’étranger. A l’échelle de la France, cela représenterait plus de 17 millions de personnes.

Nos enfants ont en permanence mal au ventre par anxiété et des cauchemars peuplent leurs nuits. Nos mères ont peur, constamment, que leurs enfants soient encore plus traumatisés, que leurs maris soient tués au front. Nos femmes, quand elles trouvent l’écoute et la force, racontent les atrocités dont elles ont été victimes. Nos civils qui ont eu le malheur de rencontrer l’armée russe témoignent de la brutalité extrême qui les cible, et de la mort.

Nos rêves d’hier sont brisés, ceux d’aujourd’hui nous auraient fait sourire il y a quatre mois : pour certains d’entre nous, l’obtention d’une boîte de conserve de viande nous procure autant de joie que l’aurait fait alors la découverte d’un trésor, nous sommes heureux simplement de joindre une proche en territoire occupé et d’entendre « allô », et se réveiller le matin en vie et dans un immeuble intact nous semble relever du miracle.

Malgré tout cela, nous résistons, nous nous battons, nous vivons. Pour continuer à le faire, nous disons simplement à nos homologues français, présidentes et présidents de régions, de départements et d’agglomérations, maires de villes et de villages : « Nous avons besoin de votre aide. » Les efforts que vous avez déployés depuis le 24 février, avec la société civile et l’Etat, sont admirables.

Une Assemblée nationale non représentative de la population

Une Assemblée nationale non représentative de la population

 

Les cadres notamment de la fonction publique sur-représentés à l’assemblée

L’analyse sociologique des députés démontre à l’évidence que la représentation nationale n’est absolument pas représentative de la population française. Ainsi les cadres et professions supérieures représentent environ 60 % des députés dans l’assemblée dont une très grande majorité de fonctionnaires et assimilés. Les retraités environ 12 % , les personnes sans activité 8 %, les professions intermédiaires 8 %, les artisans commerçants et chef d’entreprise 6 % , les employés, 5 %, les agriculteurs 1 % ,les ouvriers moins de 1 %.

 

Par ailleurs la plupart de ces députés ont été élus par un nombre insignifiant d’électeurs. On compte en effet environ 50 % d’abstention et de non-inscrits ou mal inscrits. Au total de députés n’ont recueilli qu’autour de 10 % des voix au premier tour. ( Même Macron n’a recueilli que 20 % des inscrits au premier tour).

D’un certain point de vue ,cette composition de l’assemblée constitue un scandale démocratique. On ne fera croire à personne qui n’existe pas parmi les artisans, les ouvriers, les commerçants ou encore les agriculteurs des responsables potentiels capables d’appréhender les problématiques nationales. En réalité, le champ politique est noyauté par une espèce de caste qui  a le temps de faire de la politique et ou qui en a les moyens financiers. On retrouve notamment ainsi les permanents des organisations politiques, les assistants parlementaires, les diplômés des instituts politiques, les hauts fonctionnaires qui utilisent leur passage dans les cabinets ministériels comme accélérateur de carrière. ( Dernier exemple en date la première ministre dite de « gauche »).

En gros, les couches moyennes et les catégories défavorisées sont absentes ou presque de l’Assemblée nationale.

Il est clair que la plupart de ses représentants du peuple n’ont qu’une idée approximative des conditions de vie économique, sociale voire sociétale des populations qui vivent avec environ 1000 € par mois

Carburant : la remise passe de 18 à 0,30 centimes en septembre et octobre

Carburant : la remise passe de 18 à 0,30 centimes en septembre et octobre

 

 

Une remise toujours bonne à prendre  qui augmente seulement de 0,30 € en septembre et octobre. Une orientation qui forcément sera critiquée car non ciblée. En effet la réduction incitera à tous les automobilistes sans tenir compte de leurs revenus. En fait ce petit cadeau fiscal s’ajoute aussi à la décision de Total d’accorder également une remise de 0,20 € entre septembre et novembre. Tout cela pour éviter de mettre en place une taxe sur les superprofits des grandes sociétés comme par exemple Grande-Bretagne et ailleurs. Bizarre quand même qu’on est attendu que les cours soient au plus haut, ce qui confirme que cette hausse profitait surtout aux pétroliers mais aussi à l’État. « La remise pourrait passer de 18 à 30 centimes d’euros en septembre, et en octobre puis passer à 10 en novembre et 10 en décembre », a détaillé le ministre. Avec la remise de 20 centimes à la pompe annoncée vendredi par TotalEnergies, « vous auriez dans certaines stations services en France un carburant à 1,5 euros », un seuil défendu par LR, a-t-il poursuivi.

Le géant pétrolier a promis une remise à la pompe de 20 centimes par litre entre septembre et novembre (puis 10 centimes jusqu’à la fin de l’année), devant la menace brandie par les députés d’une taxe sur les « superprofits ». Bruno Le Maire a également proposé aux députés LR le « report » de l’indemnité carburant transport (ICT), ciblée sur les gros rouleurs et les classes populaires, mais critiquée par la droite qui réclame une mesure « généralisée ».

Bruno Le Maire a également évoqué une mesure spécifique pour les « petites stations rurales », disposition également réclamée par les LR. Le groupe LR, satisfait par ces annonces, a retiré ses amendements, ouvrant la voie à une adoption de la remise.

Arrêter de bricoler la Constitution à chaque instant

 

Arrêter de bricoler la Constitution à chaque instant

Sanctuariser la jurisprudence du cliquet éviterait de modifier périodiquement la Constitution pour garantir les progrès dans la reconnaissance de nouveaux droits et l’extension des libertés, explique, dans une tribune au « Monde », Alain Simon, contrôleur général économique et financier honoraire.

 

Il est clair que la France est surtout un pays de paperasses soit pour masquer son inaction, soit pour compliquer la vie du pays (les deux n’étant pas inconciliables) . Ainsi à chaque grand problème sociétal , on se propose de modifier encore et encore la constitution par exemple pour des motifs environnementaux ou récemment pour conforter le droit à l’avortement. C’est un peu le même phénomène concernant tous  les problèmes politiques qui se posent. On préfère par exemple voter une nouvelle loi sans examiner l’efficacité de la précédente et les moyens de la rendre plus opérationnelle.  il y aurait aujourd’hui près de 400.000 normes, 11.500 lois avec leurs 320.000 articles auxquels il convient d’ajouter 130.000 décrets !  NDLR 

L’avertissement venant des Etats-Unis est clair. Les menaces sont sérieuses en France sur l’avortement, bien sûr, mais aussi sur le mariage pour tous, qui a mobilisé la droite catholique pendant de nombreux mois. Et plus tard, quand elle sera votée, sur la loi concernant la fin de vie, tant réclamée pendant la dernière campagne présidentielle et législative.

L’idée de sanctuariser les progrès dans la reconnaissance de nouveaux droits et l’extension des libertés est généreuse. Mais modifier la Constitution reste un acte fort, et ce texte fondamental ne mérite pas de retouches ponctuelles, votées dans la précipitation ou la confusion.

 

La convergence de voix accordées sur le sujet depuis quelques jours ne peut pas être abstraite du nouveau contexte politique issu des élections législatives, où un gouvernement sans majorité absolue trouverait là une opportunité à afficher un consensus inespéré entre groupes politiques représentés à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Les systèmes juridiques français et américains sont différents

Pourtant nombreux sont ceux qui ont critiqué, dans un passé récent, les nouvelles habitudes politiques aboutissant à légiférer après chaque fait divers, et regretté le discrédit tombé sur nos lois bavardes, complexes et souvent inappliquées. Certains y voyaient même la source du discrédit du politique et la source du populisme démagogique ou de l’abstention massive aux élections.

Croissance : vers la récession en Europe ?

Croissance : vers la récession en  Europe ?

 

On peut se demander si la BCE n’agit pas à contre-courant en décidant  des hausses des taux d’intérêt et cela tant que l’inflation ne sera pas ramenée à 2 %. En effet ,  tous les indicateurs économiques sont orientés vers le rouge et cette hausse pourrait précipiter l’Europe vers la récession. Les indicateurs de juillet témoignent de la chute brutale de l’environnement économique.De ce point de vue, il se pourrait que la banque centrale européenne agisse à contretemps. En effet la perspective de récession prend son origine dans la baisse de la demande constatée aujourd’hui. Augmenter le coût de l’argent c’est assommer un peu plus l’activité. On sait à peu près prédire l’hypothèse d’une récession mais beaucoup plus difficilement le calendrier de sa sortie. La BCE pourrait alors être conduite non pas à augmenter les taux d’intérêt d’ici quelques mois mais au contraire de les diminuer pour tenter de relancer la croissance.

La situation particulièrement inquiétante de l’Allemagne pourrait précipiter encore davantage la dégringolade de la croissance européenne qui se caractériserait alors par une forte inflation mais une activité économique en déclin.

Les indices PMI dévoilés ce vendredi 22 juillet montrent que l’économie européenne s’écroule. L’indicateur synthétique de la zone euro est entré en territoire négatif au mois de juillet à 49.4 contre 52 au mois de juin. Il s’agit d’un plus bas depuis 17 mois. Pour rappel, l’activité est en contraction quand cet indice, très scruté dans les milieux économiques et financiers, passe sous le seuil de 50 points ; et elle est en expansion lorsqu’il dépasse ce chiffre.

« Si on exclut les périodes de confinements sanitaires, la baisse de l’activité globale enregistrée en juillet est la première depuis juin 2013. Elle indique en outre un recul trimestriel du PIB de l’ordre de 0,1 %, soit un rythme de contraction pour l’heure marginal, mais qui, compte tenu du fort repli des nouvelles affaires, de la baisse du volume des affaires en cours et de la dégradation des perspectives d’activité, devrait s’accélérer dans les prochains mois », a déclaré Chris Williamson, chef économiste chez à S&P Global Market Intelligence.

Au sein de la zone euro, c’est en Allemagne que la baisse de l’activité est la plus marquée, avec un repli de l’indice PMI à 48, soit le plus faible niveau depuis juin 2020. Dans une note de blog publiée ce vendredi, les économistes du FMI ont révisé fortement à la baisse leurs projections de croissance pour l’Allemagne, passant de 2,9% à 1,2% pour 2022. En France, l’activité a continué d’augmenter en juillet, mais à un rythme extrêmement ralenti, avec un PMI de 50,6 en juillet. Au-delà de ces indicateurs conjoncturels, le ralentissement économique est en train de se transformer en crise bien plus systémique.

 

La hausse du coût de la vie fait trembler l’économie européenne. La guerre en Ukraine a propulsé l’indice des prix à un niveau record en juin dernier à 8,6% en glissement annuel selon les derniers chiffres de la Commission européenne. Poussée par la flambée des prix de l’énergie, des matières premières et les pénuries, l’inflation grignote peu à peu le pouvoir d’achat des ménages sur le sol européen.

En France, une étude du conseil d’analyse économique (CAE), publiée ce jeudi 21 juillet, montre que les ménages en bas de l’échelle ont largement puisé dans leur modeste épargne. Les classes moyennes ont un stock d’épargne équivalent à la tendance pré-covid. Quant aux plus riches, ils possèdent un stock d’épargne supérieur. En Europe, l’inflation risque ainsi de plomber la demande des familles qui ont la plus forte propension à consommer. Les récentes enquêtes de conjoncture indiquent également que la confiance des ménages est en chute libre. Au final, compte tenu de l’inflation, le niveau de vie d’un grand nombre d’Européens a déjà commencé à chuter.

 Dans l’industrie au mois de juillet, l’indice PMI s’est infléchi à 49.6 contre 52.1 en juin. Il s’agit du niveau le plus bas depuis 25 mois au pic de la pandémie. « A l’exception de celles observées pendant les périodes de confinements sanitaires, la baisse de l’activité enregistrée en juillet a été la plus marquée depuis décembre 2012, » soulignent les économistes de S&P.

Cette chute s’explique en grande partie par les difficultés persistantes de l’industrie allemande particulièrement exposée aux conséquences de la guerre en Ukraine et des difficultés d’approvisionnement. « C’est dans le secteur manufacturier, où un volume de nouvelles commandes plus faible qu’anticipé a entraîné une hausse sans précédent des stocks d’invendus, que la situation est la plus inquiétante » souligne Chris Williamson.

 Du côté des services, les indicateurs virent également au rouge. L’indice PMI est passé de 53 en juin à 50,6 en juillet frôlant ainsi la contraction. Plusieurs branches ont connu un recul ou un coup de frein de l’activité dans les loisirs, les transports ou encore le tourisme. Cette moindre activité s’explique en partie par une hausse du coût de la vie pour un grand nombre d’Européens obligés de faire des choix plus drastiques dans leur quotidien face à l’inflation galopante.

Dans l’immobilier et le secteur bancaire, les analystes font également part de difficultés en raison notamment d’un resserrement des conditions financières depuis plusieurs mois. Compte tenu du poids du tertiaire dans le produit intérieur brut européen (environ 65%), tous ces mauvais signaux ne laissent pas présager de perspectives favorables pour la fin de l’année 2022 et le début de l’année 2023.

 

Marchés financiers :Intégrer la notion de « crise permanente »

Marchés financiers :Intégrer la notion de « crise permanente »

 

Par David Bourghelle, Université de Lille; Fredj Jawadi, Université de Lille; Pascal Grandin, Université de Lille et Philippe Rozin, Université de Lille.

 

 

D’une certaine manière les crises se succèdent aux crises et les marchés traduisent les différentes évolutions et ruptures.

Plus les investisseurs intègrent la notion de « crise permanente », moins ils ont tendance à paniquer et plus ils actent et renforcent les dynamiques de marché. On en veut pour preuve l’examen du VIX, indice de volatilité du S&P500 aussi appelé « indice de la peur ».

En effet, lors de la première vague du Covid-19, le VIX a augmenté de plus de 45 %, révélant un état de nervosité et de panique des investisseurs à même d’expliquer en partie la brutalité de la chute des marchés en mars 2020. Néanmoins, au fur et à mesure que la pandémie semblait s’installer dans la durée et que les investisseurs commençaient à s’y familiariser (port du masque, télétravail, distanciation sociale, etc.), les variations du VIX, et donc du niveau de peur, se sont atténuées. Les investisseurs ont ensuite repris confiance avec comme conséquence et le retour des investissements sur le marché.

 

Si le VIX n’est pas reparti à la hausse ces derniers mois, il n’en demeure pas moins qu’il existe désormais une forme d’inquiétude sur les marchés qui expliquent les récentes corrections. En effet, la période post-Covid-19 a marqué le retour de l’inflation aux États-Unis et en Europe, incitant les banques centrales à réduire leurs programmes d’achat des actifs financiers et à augmenter leurs taux.

Ce virage opéré par la Réserve fédérale américaine (Fed) comme, peu après, par la Banque centrale européenne (BCE), ainsi que l’assouplissement progressif des mesures économiques de soutien de la crise Covid-19 ne semblent pas rassurer les investisseurs. Ces derniers craignent désormais une baisse de la liquidité et une augmentation du coût des crédits.

Des facteurs extrafinanciers, dont en premier lieu la guerre en Ukraine déclenchée par l’invasion russe du 24 février dernier, et le choc sans précédent sur le marché des matières premières, pèsent en outre sur le cours des marchés.

Cependant, ceux-ci ne se sont pas effondrés. Depuis cette date funeste, l’évolution des grands indices se caractérise davantage par des hausses et et des baisses successives très importantes. Même si la volatilité ne bat pas les records de début 2020, elle atteint à nouveau des niveaux significatifs.

Par exemple, sur le front des valeurs technologiques, le Nasdaq a connu une baisse remarquable en juin, et des fintechs comme PayPal ou Square ont été fortement affectées par les corrections dans ces secteurs (les investissements des Américains sur des valeurs à la mode pendant la période du confinement laissaient sans doute augurer des phénomènes de réajustements assez violents).

 

Plusieurs analyses concourent pour expliquer l’imprévisibilité de ces dynamiques boursières :

D’abord, les arbitrages des investisseurs eux-mêmes. Ces derniers, considérant parfois injustifiée les baisses significatives de certaines valeurs, se ruent sur les actions dont ils estiment la valorisation sous-estimée, ce qui provoque des ruées importantes sur certains titres. Pourtant, dans ce cas, les mouvements de hausses n’ont souvent rien de durables ; il s’agit en général d’ajustements temporaires.

Deuxième explication, plus monétaire : plusieurs acteurs du marché semblent indiquer que le « pic de la Fed » aurait été atteint, ce qui signifie que la banque centrale américaine ne pourrait pas se risquer à une remontée plus brutale de ses taux. La perspective de cette modération pourrait avoir un effet incitatif sur les investisseurs.

Une troisième explication, plus structurelle, tient aux cycles économiques et au marché lui-même. Aux États-Unis, il y a un fort lien de dépendance entre les marchés boursiers et le niveau d’activité à court terme. En période d’expansion, les actions des valeurs américaines ont tendance à se valoriser, alors qu’après le retournement du cycle, des ajustements importants sont souvent constatés. Le recul surprise du PIB de 1,4 % en rythme annuel au premier semestre aux Étas-Unis a donc de quoi inquiéter les marchés.

Il apparaît clair désormais que l’inflation (voire la possible stagflation) et la politique des banques centrales ont pris le pas sur l’incertitude liée au Covid-19. Les anticipations des grandes institutions sont, semaine après semaine, toujours plus sombres ce qui pourrait inciter nombre d’investisseurs à se reporter sur des actifs potentiellement plus sûrs. Ce sont désormais ces facteurs qui, semble-t-il, préoccupent aujourd’hui vraiment les investisseurs.

_____

Par David Bourghelle, Maître de conférences en finance, laboratoire LUMEN, Université de Lille ; Fredj Jawadi, Professeur des Universités en finance et en économétrie, Laboratoire LUMEN, Université de Lille ; Pascal Grandin, Professeur, Université de Lille et Philippe Rozin, Maître de conférences en finance, laboratoire LUMEN, Université de Lille.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Avenir de la Blockchain après la chute des cryptos ?

Avenir de la Blockchain après la chute des cryptos  ?

 

 

La chute des cryptomonnaies ne remet pas en cause l’utilité de la technologie blockchain mais met l’accent sur les dérives spéculatives de ces actifs et la nécessité de passer à une phase plus mature pour le développement du Web3, comme ce fut le cas pour l’internet première version. Par Gilles Babinet. ( La Tribune)

 

Le krach des cryptomonnaies remet-il en question les blockchains en général ?

Il y a deux formes d’usages des blockchains, il me semble. D’une part, ce que j’appellerais les cryptocasinos, c’est à dire tout ce mouvement spéculatif qui existe autour des cryptomonnaies et qui a abouti au krach que l’on continue à voir évoluer sous nos yeux. Une partie significative de ses acteurs n’ont pas grand chose à voir avec le monde de la technologie. Des échanges que j’ai eus avec certains, ils ont souvent une approche très sectaire, sur le thème « les monnaies souveraines ne valent rien » ou encore « ce n’est pas grave si les blockchains consomment de l’énergie car elle n’est pas carbonée (!) et le service rendu est immense », etc.

Et il existe d’autre part une autre forme représentée par le monde des innovateurs, qui développent parfois des crypto-actifs fongibles ou pas, et surtout qui sont sur des enjeux de smart contracts parfois complexes, qui représente à mon sens la partie la plus intéressante. Ces smart contracts permettent d’envisager tout un tas de choses, comme créer de la traçabilité des émissions de CO2, faire de la certification de pièces détachées, des NFT, etc. C’est un univers passionnant.

Quels sont les défis de ces univers ?

Les défis sont non seulement très nombreux mais ils sont aussi très difficiles à résoudre. Le premier est la vitesse de traitement et la consommation (qui sont des facteurs liés). S’il existe des pistes vraiment intéressantes – celle d’Ethereum par exemple est vraiment passionnante – pour solutionner ce problème, je doute qu’il disparaisse avant de longues années. En gros avec le Bitcoin, vous êtes limités entre 3 et 6 transactions par seconde avec un coût énergétique et carbone délirant, de l’ordre d’une centaine d’euros par transaction. Par comparaison, un réseau comme Mastercard peut théoriquement monter à 100.000 transactions par seconde (dans la réalité, ils en font plutôt 1500 à 5000) pour un coût énergétique difficile à évaluer mais vraisemblablement très inférieur en centimes d’euro.

Autre défi, l’interopérabilité entre crypto-actifs. Si on doit passer systématiquement par des acteurs de trading de type Coinbase on Binance, on perd une grande partie de l’intérêt du système, avec des frais de transactions et une centralisation de la donnée. Si l’on fait une comparaison avec le web 1.0, à la fin des années 90, il y avait tout un tas de standards qui s’affrontaient et certains sites n’étaient compatibles qu’avec certains types de navigateurs. Il aura fallu un immense effort de normalisation pour assurer une compatibilité d’ensemble.

Enfin, n’en déplaise aux ultras, il reste le défi de la régulation. Le nombre d’arnaques dans cet univers est quand même bien au-delà de ce qui est acceptable. Sans parler des pertes d’identifiants. Je discutais il y a quelques jours avec Changpeng Zhao, le fondateur de Binance. Il me disait qu’il estimait à quelques pourcents ( 3à 5%, peut être plus…) le nombre de gens qui se retrouvaient dans cette situation. C’est d’ailleurs son premier enjeu. Des solutions comme Ledger permettent de résoudre partiellement cela, mais l’expérience utilisateur reste vraiment rédhibitoire.

Non pas une mode mais simplement, ça va prendre beaucoup de temps. Le web est né en 1989, et les standards qui le sous-tendent n’ont été réellement stabilisés qu’au milieu des années 2000. La raison pour laquelle j’y crois c’est que les principaux freins économiques et sociaux à une société plus inclusive, ce sont les situations de rente, la bureaucratie, etc. Or, ces technologies sont par nature capables de répondre à une grande partie de ces défis. simplement tout reste à écrire : la technologie, mais aussi la régulation. C’est peut être une route de plusieurs décennies qui se présente à nous.

___________________________

Gilles Babinet est un entrepreneur dans le domaine digital. Il est contributeur de l’institut Montaigne sur les questions numériques et travaille actuellement sur les enjeux liés au numérique et aux émissions de CO2.

Afrique : Après la colonisation occidentale, la colonisation chinoise, la colonisation russe !

Afrique : Après la colonisation occidentale,  la colonisation chinoise, la colonisation russe !

 

La Russie déjà depuis un moment ses pions en Afrique pour influencer les régimes politiques y compris en les déstabilisant.

D’une certaine manière l,es colonisations se succèdent sur ce continent encore fragile mais qui au moins connaît la démocratie. Cependant certains régimes autocratiques mettraient  bien la démocratie entre parenthèses en s’inspirant du modèle russe pour se maintenir au pouvoir et éviter l’obstacle des urnes.

On observera d’ailleurs que la plupart des pays qui se rapprochent de la Russie présentent de grandes fragilités démocratiques autant qu’économiques. Ce n’est sans doute pas la Russie qui apportera à ces pays les moyens d’un développement durable et d’une société démocratique.La Russie veut au contraire combattre les valeurs démocratiques et imposer par la terreur la dictature et le sous-développement. Le pouvoir et les richesses étant confisquées par des oligarques et des voyous voire des criminels.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov débutera une tournée en Afrique dimanche afin de développer les liens économiques entre la Russie et le continent, alors que l’Occident a imposé des sanctions contre Moscou en raison de l’invasion de l’Ukraine.

Pour accroître l’influence de la Russie,Sergueï Lavrov rencontrera les membres de la Ligue arabe au Caire, en Egypte, avant de se rendre en Ethiopie, en Ouganda et en République du Congo.Trois pays pas spécialement exemplaires

L’Egypte entretient des liens stratégiques et économiques avec la Russie, qui lui fournit notamment des armes et lui livre des céréales.

L’Egypte « estime que le monde devient de moins en moins polarisé, et elle ne voit pas pourquoi elle devrait limiter ses relations à l’Occident », explique-t-on.

Moscou a également profité de la détérioration des relations entre l’Occident et l’Ethiopie – en raison du conflit au Tigré – pour développer des liens avec Addis-Abeba.

La Russie a trouvé sur le continent les moyens de rétablir son influence en proposant surtout une aide sécuritaire aux pays fragiles politiquement.

La gauche pas très représentative du monde populaire

 La gauche pas très représentative du monde populaire

 

La Nupes se veut une « union populaire écologique et sociale » mais c’est sur l’écologie et le social qu’elle est incomprise, voire défaite, dans une partie de la France populaire analyse, dans une tribune au « Monde », Catherine Tricot, directrice de la revue Regards, appelant la gauche à répondre au défi.

 

Passé le premier soulagement d’être toujours là, vivante et même renforcée à l’Assemblée nationale, la gauche est groggy par l’exceptionnelle progression du Rassemblement national (RN) : 89 députés élus au scrutin majoritaire un peu partout en France, sauf dans les très grandes villes et leurs banlieues.

La gauche voit les lieux historiques de son implantation disputés. Le Nord, l’Est, mais aussi la Picardie, la Normandie et désormais le Midi rouge, le Centre, qui fut terre de résistance. Même Carmaux ! Le front républicain marquait un principe. Il fut efficace. Il ne pouvait pas se suffire longtemps à lui-même.

 Le front républicain s’est affaissé faute d’avoir été relayé par une alternative comprise comme telle par ces Français qui désormais ne votent pas RN seulement parce que « tout a été essayé, sauf ça ». Le vote Le Pen n’est pas non plus amnésique. On ne vote pas extrême droite sans connaitre l’histoire de ce parti et son fondement xénophobe.

 

Il faut regarder une réalité en face : Marine Le Pen et, après elle, les candidats du RN, emportent l’adhésion d’une part parfois majoritaire du peuple. La Nupes se veut une « union populaire écologique et sociale ». Mais c’est sur l’écologie et le social qu’elle est incomprise, voire défaite, dans une partie de la France populaire.

Sur le social, le discours du RN est une charge contre « l’assistanat », englobant les plus pauvres et les migrants. C’est un exutoire, une explication et une solution pour ce monde qui travaille et ne s’en sort pas. La multiplication des aides conditionnées fait enrager ces ménages qui gagnent un peu plus de deux fois le smic.

Pas d’aide personnalisée au logement (APL), pas de bourse pour les enfants, pas d’accès au logement social… Même les aides à l’isolation thermique sont drastiquement soumises à conditions de revenus. Face à la crainte du « ras le bol fiscal » des plus riches, on a conditionné les droits sociaux et affaibli les services publics. Bilan : une France en rupture politique.

 Sur l’écologie, le discours du RN fait un virage. Il ne nie plus le réchauffement climatique et fait du « grand déménagement des usines » le centre de son analyse et, partant, de ses réponses. Il se moque de ceux qui portent une alternative au règne de la marchandise et de la surconsommation.

Le RN se fait le défenseur de ceux qui ont besoin de leur voiture, se saignent pour acheter leur pavillon, se détendent autour d’un barbecue et rêvent d’un jacuzzi. Pour eux, l’écologie est synonyme d’éoliennes, de cuve à mazout à changer à grands frais, de voiture condamnée alors qu’elle roule encore. L’incompréhension est totale.

Prendre en compte la sûreté nucléaire

Prendre en compte  la  sûreté nucléaire 

 

Lanceur d’alerte et ancien membre de l’équipe de direction de la centrale nucléaire du Tricastin, Hugo appelle dans une tribune au « Monde » à l’urgence d’un « dialogue transparent » pour bâtir ensemble un plan de renforcement de la sûreté nucléaire en France, à l’heure où « la situation énergétique de notre pays n’aura jamais été aussi critique ».

Un rappel utile concernant la sûreté nucléaire mais qui n’apporte pas grand-chose de nouveau puisque précisément le grand carénage a pour objet de renforcer considérablement la sécurité et de permettre le prolongement les durées de vie des centrales. Une opération d’un coût  de 50 milliards qui immobilise actuellement près de la moitié du parc nucléaire NDLR

 

La situation de crise énergétique que nous vivons en France et en Europe est telle que des concurrents historiques tels qu’EDF, ENGIE et TOTAL lancent un appel commun, avec mon PDG, Jean-Bernard Lévy, pour demander une réduction de notre consommation. Ils souhaitent également un « dialogue transparent » … C’est dans cet esprit de transparence, et en tant qu’expert en sûreté et exploitation nucléaire, que j’ai décidé d’écrire.

Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé le 10 février 2022, à Belfort, la construction de six nouveaux réacteurs EPR2 et le lancement d’une étude pour la construction de huit EPR2 supplémentaires, parallèlement à la prolongation de la durée de vie des centrales au-delà de cinquante ans.

Le parc nucléaire est vieillissant, les premiers réacteurs ont déjà fait l’objet de leur 4e visite décennale parmi lesquels Tricastin, centrale au sein de laquelle j’ai travaillé en tant que chef du service en charge de l’exploitation des quatre réacteurs, avec 400 salariés sous ma responsabilité. D’autres réacteurs vont ainsi prochainement atteindre le terme de leur durée de vie, initialement prévue dès 40 ans.

La question n’est plus pour ou contre le nucléaire

Le manque d’anticipation dans le développement des autres énergies décarbonées et dans le remplacement du parc nucléaire existant, la perte de compétences dans certains domaines du nucléaire, dont le retard dans la construction de l’EPR est le triste exemple, ainsi que les problèmes de corrosion sur des tuyauteries du circuit primaire, contraignant à l’arrêt plus d’une dizaine de réacteurs, font que la situation énergétique de notre pays n’a jamais été aussi critique.

L’Europe favorise la vente de pesticides interdits au reste du monde !

L’Europe favorise la vente de pesticides interdits au reste du monde

 

Bien que se présentant comme une entité soucieuse de la préservation de l’environnement, l’Union Européenne continue de fabriquer pour le reste du monde ces produits qu’elle interdit sur son territoire, dénonce dans une tribune au « Monde » un collectif de représentants d’ONG et de scientifiques.

 

 

 

Les inquiétudes des citoyens sur l’agrochimie grandissent à mesure que les impacts sur la santé et l’environnement sont mieux connus. En Europe, ces craintes, légitimes, ont permis la mise en place de garde-fous, même s’ils restent bien insuffisants. L’Union européenne (UE) a notamment interdit l’usage des pesticides les plus dangereux sur son sol, depuis le début des années 2000.

Mais sur son sol uniquement, en tournant le dos au reste du monde et en fermant les yeux devant la production de ces produits sur son territoire. Ces pesticides sont d’une telle toxicité qu’ils sont très « efficaces » pour détruire les organismes vivants, nuisibles aux récoltes. Mais s’ils ont été retirés du marché européen, c’est bien parce que les dangers et les risques posés par ces substances étaient trop élevés.

L’atrazine, par exemple, a été interdite en Europe en 2004, pour être un perturbateur endocrinien et être très persistante dans l’eau. Dix-huit ans après, l’atrazine est toujours détectée dans notre eau potable et cet herbicide est encore massivement produit en Europe et vendu dans le monde entier.

Selon une enquête menée par l’ONG suisse Public Eye, en 2018, les géants de l’agrochimie ont vendu dans le monde plus de 80 000 tonnes de pesticides interdits en Europe. Et 90 % de ces produits viennent d’usines installées sur le Vieux Continent : Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas, Allemagne, France, Belgique ou encore Espagne.

Ethiquement, la posture de l’UE est intenable. D’autant que, sur la scène internationale, l’Europe se présente comme une entité soucieuse de la préservation de l’environnement. Pourtant, elle ne fait rien pour contraindre son industrie à cesser de produire une chimie obsolète et des plus toxiques. Comme ne cesse de le rappeler les ONG, ce marché des pesticides dangereux est hautement rentable pour les firmes chimiques, qui continuent de vendre des produits mis sur le marché il y a plusieurs décennies : le paraquat comme l’Atrazine ont été créés dans les années 1960.

Au Brésil, un des géants de l’agriculture, ces produits provoquent un désastre écologique et social qui devrait nous inquiéter. Car ils sont toujours épandus par avion et avec un minimum de protection. Le gouvernement de Jair Bolsonaro a encore ouvert les vannes et a mis sur le marché brésilien 1 682 nouveaux pesticides.

« Nouveaux » dans ce cas, ne voulant pas dire modernes et moins toxiques, car, à ce jour, le Brésil utilise « au moins 756 pesticides, issus de 120 principes actifs/molécules, tous interdits dans l’UE dans les années 2000 et toujours produits par les firmes européennes », rappelle la chimiste Sonia Hess, attachée à l’université de Santa Catarina. Dans les régions agricoles du Brésil, les scientifiques se battent parfois au péril de leur vie pour montrer les effets sur la santé et l’environnement.

Uber files : l’arnaque de la relation directe prestataire client

Uber files :  l’arnaque de la relation directe prestataire client

 

Visant la suprême efficacité en toute chose, la vision portée par ces plates-formes considère l’humain surnuméraire ou lacunaire, analyse, dans une tribune au « Monde », le philosophe Eric Sadin, dénonçant le progressif passage de relais du politique au monde technico-économique. Une sorte d’arnaque qui en fait bénéficie surtout aux plates-formes.

 

Une centaine de milliers de documents internes, datés de 2013 à 2017, ont récemment été divulgués par Mark MacGann, ex-responsable du lobbying de quelques régions-clés auprès de la société Uber. Ceux-ci mettent au grand jour les pratiques menées par ce qui était alors encore une start-up, visant à opérer une pression sur nombre de responsables politiques de par le monde.

Les pièces transmises témoignent d’une stratégie savamment élaborée et agressive destinée – vu la colère annoncée de ceux qui pouvaient en être les principales victimes, les chauffeurs de taxi – à présenter ce modèle comme une promesse économique telle que ce serait une erreur historique, ou un manque de lucidité patent, de réfréner son développement en cours.

Car c’est bien un modèle inédit qu’avait inauguré, parmi d’autres et dès 2009, l’entreprise de VTC, devenant l’un des principaux symboles d’une économie d’un nouveau genre : celle de la donnée et des plates-formes. Grâce à l’essor des smartphones, leur localisation via le système GPS et les avancées de l’intelligence artificielle, il devenait possible d’exploiter l’interprétation des comportements des individus à travers leurs usages, avec la possibilité de leur suggérer un registre potentiellement infini de produits ou de services hyper-personnalisés.

Ainsi, une architecture technologique a permis de faire éclore le principe d’une mise en relation prétendument « directe » entre prestataires et consommateurs. A l’image d’Airbnb, par exemple, lancé en 2008, permettant de nouer des accords entre hôtes et locataires occasionnels.

La prime Macron va creuser les déficits de la sécu

La prime Macron  va creuser les déficits de la sécu

 

 

 

La loi sur le pouvoir d’achat en discussion au Parlement comporte dans ses trois premiers articles des mesures qui creusent le déficit de la Sécurité sociale. Dans la mesure où le déséquilibre (parfois réel, mais inutilement dramatisé) des comptes sociaux est systématiquement pris comme argument pour justifier les réformes successives, on peut y voir un exemple supplémentaire de la « politique des caisses vides » : elle consiste, dans un premier temps, à mettre volontairement en déficit les assurances sociales pour mieux justifier, dans un second temps, la baisse des dépenses.

L’article 1 permet ainsi le triplement de la « prime Macron » jusqu’à un montant de 6 000 euros par an et par salarié. La prime sera exonérée de cotisations sociales pour les salariés et les employeurs (seuls la CSG, la CRDS et le forfait social seront prélevés sur cette assiette). Jusqu’à 2024, elle sera même exonérée de tout prélèvement pour les salariés rémunérés au-dessous de trois smic (près de 5 000 euros brut). La perte de recette engendrée ne sera compensée ni à la Sécurité sociale, ni à l’assurance-chômage, ni aux retraites complémentaires.

L’article 2 de la loi promet une baisse de cotisations sociales pour les indépendants, cette fois compensée à la Sécurité sociale par l’Etat, pour un montant très élevé (440 millions d’euros par an qui ne seront pas mis ailleurs). L’article 3 prévoit une généralisation de l’intéressement aux petites entreprises, dispositif qui, tout comme la « prime Macron », bénéficie de niches sociales et permet aux employeurs un contournement du salaire.

La participation et la « prime Macron » ont comme point commun qu’ils sont des dispositifs d’évitement du salaire. Ces versements augmentent le revenu immédiat des salariés sans leur offrir aucune garantie : ils ne sont pas pris en compte dans le calcul des droits des salariés tels que le chômage, la retraite, les congés maternité ou maladie.

Sobriété énergétique : réduire la mobilité et réaménager le territoire

Sobriété énergétique : réduire la mobilité et réaménager le territoire

 

Les experts de la mobilité Christophe Gay et Sylvie Landriève proposent, dans une tribune au « Monde », de réorganiser les territoires pour réduire les distances de déplacement liés au travail, aux loisirs, au commerce.

Du fait de l’aménagement du territoire qui concentre de plus en plus les activités, les ménages sont sont de plus en plus prisonnier de l’automobile avec laquelle ils effectuent en moyenne 60 km par jour. Cette dépendance à l’automobile est évidemment coûteuse mais c’est aussi l’un des principaux facteurs explicatifs des émissions polluantes et des gaspillages d’énergie NDLR

 

Elisabeth Borne, Christophe Béchu et Agnès Pannier-Runacher, respectivement première ministre chargée de la planification écologique et énergétique, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et ministre de la transition énergétique, ont un chantier historique devant eux pour réduire les émissions de CO2 du pays.

Mais ce chantier ne peut aboutir que s’ils tirent les conséquences de ces dernières années marquées par les crises sociale « gilets jaunes », sanitaire avec le Covid-19, et écologique. Ces crises ont conforté et mis en lumière une aspiration à vivre autrement identifiée depuis longtemps : en 2016 déjà, huit Français sur dix déclaraient aspirer à ralentir au quotidien et à vivre en plus grande proximité (Enquête internationale sur les aspirations liées à la mobilité et aux modes de vieForum Vies Mobiles, 2016).

Un appel qui est aussi une opportunité pour réussir la transition écologique et sociale, les Français parcourant en moyenne 60 kilomètres par jour. Très peu d’entre eux peuvent réellement se passer de voiture. Cette dépendance a été renforcée depuis des décennies par un aménagement qui sépare et éloigne les lieux à rejoindre au quotidien avec les logements d’un côté, les zones industrielles ou de bureaux d’un autre et les centres commerciaux ailleurs encore.

Les transports : 30 % des émissions nationales de CO2

Mais la moyenne masque de fortes inégalités : les temps de déplacement des Français varient dans une proportion de 1 à 30 et les distances qu’ils parcourent de 1 à 60. Ainsi, si 30 % des Français pratiquent déjà l’essentiel de leurs activités en proximité, ce n’est pas le cas des autres, en particulier de tous ceux dont le travail nécessite des déplacements au quotidien qu’ils soient conducteurs, livreurs, aides à domicile, artisans, ou agents d’entretien …

Suppression de la redevance audiovisuelle : une régression démocratique ?

Suppression de la redevance audiovisuelle  : une régression démocratique ? 

 Dans un édito, le journal Le Monde estime que  cette réforme risque de fragiliser France Télévisions et Radio France au moment où une offre publique de qualité et indépendante semble impérieuse.

 

Un point de vue qui mérite discussion dans la mesure où globalement on ne peut prouver que l’audiovisuel public présente un intérêt supérieur par rapport au privé. Quant à l’indépendance, elle est toute relative. Il suffit pour cela simplement d’écouter les journalistes interviewant avec une grande bienveillante le président de la république. Il y a certes quelques rares exceptions notamment sur France Culture ou France Info. Pour autant, l’explosion des médias ( radio, télé, Internet) rendent sans doute obsolète un système public par ailleurs particulièrement onéreux. Et pourquoi pas aussi un journal quotidien justement ou là les médias sont les plus concentrés! NDLR 

 

La France n’a pas toujours, loin de là, été dotée de médias publics indépendants du pouvoir politique. Radio et télévision « d’Etat » ont longtemps été considérées par le pouvoir exécutif comme destinées à relayer son discours dans l’opinion. Processus long, l’émancipation de l’audiovisuel public de sa tutelle étatique est une conquête relativement récente, jamais tout à fait achevée. Parce qu’il menace cet acquis démocratique, le projet d’Emmanuel Macron visant à supprimer la contribution à l’audiovisuel public, plus connue sous le nom de « redevance », est inquiétant.

Non que la « redevance » puisse être conservée en l’état : adossée à la taxe d’habitation, elle-même en voie de suppression, liée à la possession d’un téléviseur, qui n’est plus le seul moyen de regarder les émissions, la contribution annuelle de 138 euros par foyer doit être réformée. Elle pourrait, par exemple, être remplacée par une contribution universelle afin de tenir compte de la révolution numérique, et modulée selon les revenus.

Mais présenter sa suppression, selon les termes du texte qui doit être soumis aux députés jeudi 21 juillet, comme une simple mesure de défense du pouvoir d’achat, tout en promettant le maintien d’un financement pérenne, relève de la démagogie et de la tromperie. De deux choses l’une : soit les 3,85 milliards d’euros versés chaque année à l’audiovisuel public (3,2 milliards par la redevance et 650 millions par le budget de l’Etat) sont garantis et le contribuable continuera de les payer, soit ce budget fondra et la promesse de pérennisation n’est qu’un leurre.

Le soupçon est d’autant plus fort que le président Macron entretient des rapports conflictuels avec l’audiovisuel public, qu’il a qualifié de « honte de la République » en 2017, et qu’un plan d’économie a été appliqué, principalement à France Télévisions, durant le premier quinquennat. En outre, aucune mesure sérieuse permettant de garantir un financement sur la durée, gage de qualité et d’indépendance pour les radios et télévisions publiques, n’est incluse dans le projet de loi. Tout juste la création d’une commission garante de leur indépendance est-elle « envisagée » par le gouvernement, mais ni sa composition ni son rôle ne sont clairement définis.

Les risques d’un financement aléatoire par le budget de l’Etat en lieu et place d’une taxe affectée sont évidents et lourds : pression sur le contenu de l’information, prime à la servilité, recours accru à la publicité commerciale, course à l’audience, affaiblissement général face au secteur privé, perte de crédibilité internationale. En outre, le texte pourrait contrevenir à la Constitution, qui garantit l’indépendance de l’audiovisuel public, comme le signale un rapport des inspections générales des finances et des affaires culturelles.

Défendre le principe de financements durablement garantis ne signifie pas accorder un blanc-seing aux radios et télévisions publiques telles qu’elles sont. Radio France doit diversifier son public tandis que France Télévisions est loin de proposer une alternative claire aux chaînes commerciales.

Mais, à l’heure où fleurissent fausses informations et campagnes de haine sur les réseaux sociaux et où un « tout info » au rabais envahit les écrans, l’existence d’un secteur fort visant la qualité, l’équilibre des opinions et l’ouverture à tous les publics représente un enjeu démocratique de premier plan. Mettre en péril l’indépendance laborieusement conquise de

Monnaie: « La fin du cash »

 

 Monnaie: « La fin du cash » 

 

par David Lacombled, David Lacombled , président de la Villa numéris ( dans l’Opinion)

 

 

 

Aucun objet ou support ne semblent échapper à la dématérialisation fut-elle la plupart du temps une rematérialisation. Certes les CD ont disparu au profit de fichiers mais il faut toujours une machine, hier un lecteur, aujourd’hui un smartphone, pour écouter de la musique. Il en va de même pour la monnaie qui semble vouée à disparaître. La crise sanitaire est passée par là. Le «sans contact» est désormais bien pris en main. Neuf Français sur dix l’utilisent. Le changement de plafond, de 30 à 50 euros en mai 2020 a servi d’accélérateur. Les solutions mobiles permettent de s’en affranchir et d’aller au-delà. Même si les transactions du quotidien se font encore majoritairement en espèces sonnantes et trébuchantes, le volume du «sans contact» est multiplié par deux chaque année, depuis 2016, selon une étude de la Banque centrale européenne.

Autre signe du recul des espèces, le nombre de distributeurs automatiques de billets (DAB) baisse significativement selon un « Etat des lieux de l’accès du public aux espèces en France métropolitaine » publié lundi par la Banque de France. Sur un total de 48 831 distributeurs, près de 1000 ont été enlevés au cours de l’année écoulée, essentiellement dans « les villes les plus peuplées et les mieux équipées ». Pour des établissements bancaires soucieux d’optimiser leurs circuits de distribution, le défi sera de maintenir un réseau sur l’ensemble du territoire, au plus proche de personnes plus âgées et moins connectées, donc plus coûteux.

 

 

Les décideurs publics l’ont bien compris. Hâter le mouvement serait explosif. Les transformations sont toujours plus efficaces quand elles ne sont pas imposées. La démonétisation à marche forcée en Inde, à partir de 2016, s’est soldée par un échec, faisant perdre au pays un point de produit intérieur brut (PIB) sans pour autant stopper les circuits illicites, l’argent au noir et recouvrir plus de taxes. Le cash a retrouvé ses niveaux d’antan et continue d’irriguer des économies parallèles.

Intraçable, le liquide est la monnaie de l’économie souterraine. Le travail au noir ou au gris (seule une partie des heures travaillées est déclarée) constitue une réalité palpable. Difficile à quantifier par nature, son poids est estimé à 12% du PIB en France. Il existe de fortes disparités y compris en Europe. Y couper court radicalement mettrait à mal l’édifice tant l’économie de plus en plus en plus dématérialisée a aussi besoin de petites mains qui s’avèrent précieuses. Certainement de nombreux métiers viendraient-ils à disparaître sans la circulation de liquide car ils ne résisteraient pas à l’accumulation des charges. En cela, la défiscalisation des pourboires versés dans l’hôtellerie ou la restauration, quel que soit le mode de règlement, est un signal encourageant même si elle reste cantonnée aux années 2022 et 2023. Un bilan s’imposera pour en apprécier pleinement la portée sur des métiers dont on voit bien qu’il faudrait des mesures autrement plus incitatives pour les revaloriser, à commencer par une baisse des charges.

Alors que l’inflation des prix accroît les tensions du quotidien, où de nombreuses familles comptent à l’euro près, face au marché, une nouvelle économie de subsistance se fait jour, faite d’entraide et de débrouille aussi parfois, d’échanges non monétaires la plupart du temps. Loin d’être irréconciliables, ces économies se nourrissent l’une de l’autre sans jamais se croiser. Sans être encouragée, l’économie parallèle ne saurait être niée. C’est bien là que la puissance publique se doit d’être imaginative pour inventer de nouveaux modèles dans lesquels les citoyens se retrouvent parce qu’ils peuvent être utiles aux autres aussi.

David Lacombled est président de la Villa numéris.

ESG : La question du reporting social

ESG  : La question du reporting  social

 

Pour l’instant, en  matière d’ESG on en reste surtout au discours il manque évidemment des données objectives pour permettre de transformer les situations.

Depuis le Pacte Vert dévoilé le 11 décembre 2019, l’Union européenne porte une ambition forte : faire de l’Europe le premier continent neutre en carbone à horizon 2050. Le développement de la finance durable et de son évaluation via la remontée de données constitue l’un des principaux leviers stratégiques pour atteindre cet objectif. Par Jérémie Joos, Associé KPMG, Head of ESG Reporting ( dans la Tribune).

 

Dans le sillage de la taxonomie durable européenne, les députés européens et les gouvernements de l’Union sont parvenus à un accord avec la Commission sur la Directive concernant le Reporting Social et Environnemental des entreprises (CSRD). Ce texte, qui devrait être voté dans les prochains jours au Parlement européen, obligera les entreprises à rendre compte de leur performance ESG. Ces dernières sont donc appelées à jouer un rôle moteur dans la transition environnementale et sociale.

Pour y parvenir et ainsi faire évoluer leur approche de la création de valeur, elles devront optimiser la collecte et la structuration des données figurant dans leur reporting extra-financier.

 

Avec l’instauration des obligations de publication financière et extra-financière revues par les commissaires aux comptes et par les organismes tiers indépendants, le niveau d’exigence se trouve considérablement relevé. Autrement dit, la collecte de données ESG de qualité devient cruciale. Pour ce faire, elles pourront s’appuyer sur des acteurs susceptibles de les accompagner dans ce travail d’accès à une information précise et fiable. Et ce, en fonction de leur situation spécifique.

Les entreprises cotées ou d’intérêt public sont d’ores et déjà soumises à la taxonomie durable européenne. De ce fait, elles s’inscrivent dans une logique de précision et d’expression de leur performance extra-financière traduite en termes financiers. Le travail est déjà en cours dans les grands groupes émetteurs sur les marchés financiers pour progresser sur ce sujet. Pour ces entreprises, les efforts devront porter sur l’intégration des critères techniques environnementaux dans les processus financiers (investissements notamment) et sur la question des droits humains. Sur ce dernier point, la mesure de l’impact social suppose une information tout au long de la chaîne de valeur particulièrement complexe à obtenir.

La situation est nettement différente du côté des entreprises qui ne sont pas encore soumises à la taxonomie durable européenne, en particulier les ETI les filiales européennes de groupes côtés hors UE. Ces dernières vont devoir conduire un travail d’anticipation préalable de qualification des données nécessaires, puis de collecte et de structuration. Celui-ci induit une maîtrise de la donnée afin de garantir des reportings à la hauteur de l’enjeu, notamment dans l’optique de normaliser le dialogue avec leurs investisseurs.

D’ailleurs, de l’autre côté du spectre, les investisseurs (banques, assurances, Gestion d’Actifs) doivent eux aussi structurer la collecte des données tout au long de leurs processus et des données émises par leurs clients ou participations.

 

La CSRD va nécessiter une transformation particulièrement structurante pour les acteurs financiers. Par exemple pour les banques, le financement des clients est en enjeu majeur car elles investissent dans de nombreux actifs non-alignés sur les critères de la Taxonomie européenne. Ces dernières vont donc devoir accompagner leurs clients dans leur transition environnementale pour réduire leurs expositions au scope 3* et garantir l’atteinte de leurs propres objectifs ESG. Les interactions avec les entreprises seront donc cruciales car elles ont besoin de collecter des données extra-financières fiables.

Par ailleurs, différentes normes sectorielles de l’EFRAG seront publiées au printemps 2022 pour compléter le projet de normes « communes ». Trois normes sectorielles concerneront le secteur financier et préciseront les indicateurs ESG à publier par les assurances, les banques et les acteurs de marchés de capitaux. Celles-ci viendront se cumuler à différents autres règlements s’appliquant déjà aux acteurs comme le SFDR, MIFID 2, ou encore les piliers 2 et piliers 3 pour les banques. Dans ce contexte, des données extra-financières de « qualité comptable » seront indispensables pour piloter la stratégie de transition.

 

De manière générale, la taxonomie durable européenne et la CSRD font peser sur les entreprises un effort de mise à niveau réglementaire significatif. Pour autant, celles qui fourniront des données fiables sur leur impact feront la différence aussi bien auprès des investisseurs, des consommateurs, que de leurs collaborateurs.

En effet, ces différentes parties prenantes s’avèrent être particulièrement attentives à la décarbonation de l’économie et réticentes à frayer avec des entreprises qui n’engagent pas les transitions nécessaires. Face à ces attentes, les sociétés qui travaillent à rendre leur impact minimal ont ainsi tout à gagner : la capacité de lever des fonds rapidement, élargir leur clientèle et engager leurs équipes. En un mot, les entreprises doivent intégrer de façon concrète les problématiques ESG dans leur prise de décision. Comme maintes fois répété : l’entreprise de demain sera responsable ou ne sera pas.

—-

(*) Émissions indirectes liées au reste de la chaîne de valeur : pour les banques, il s’agit notamment pour partie des financements accordées aux clients, qui représentent la plus grande part des émissions.

12345...452



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol