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Catastrophes- Inondations: la température et l’urbanisation en cause (Emma Haziza, hydrologue)

Catastrophes- Inondations: la température et l’urbanisation en cause (Emma Haziza, hydrologue)

 

 

« La mécanique qui permet la puissance de ces phénomènes, c’est la température de la mer, et comme elle est particulièrement élevée, on a des phénomènes plus violents et plus intenses » estime Emma Haziza, hydrologue dans une interview à France Info

 

 

Est-ce que le premier épisode d’intempéries la semaine dernière a fragilisé les sols ?

Emma Haziza : Absolument, le coefficient d’humidité était extrêmement élevé, les territoires étaient très saturés en eau, ce qui correspond à un paramètre aggravant. La moindre sollicitation pluviométrique génère donc sur les sols des réactions extrêmement intenses. Ce sont vraiment les zones du Pertuis et de Cannes qui ont été touchées par des précipitations diluviennes et donc on a vu des effets de ruissellement très importants émerger un peu partout, directement liés aux pluies colossales de la semaine dernière.

 

Deux épisodes en une semaine, est-ce lié au réchauffement climatique ?

On a toujours connu des épisodes intenses, notamment en 1958 dans le Gard où on a eu plusieurs événements qui se sont succédé, et qui ont d’ailleurs été plus importants la deuxième fois. Maintenant, ce que l’on voit aujourd’hui, c’est que sur des territoires extrêmement urbanisés, on observe une vulnérabilité accrue. Ce qui est exceptionnel, c’est cette vigilance de niveau rouge, deux fois de suite, en l’espace de huit jours. Cela n’était pas arrivé depuis la création du système de vigilance de Météo France, ce qui montre bien que l’on est sur des phénomènes de plus en plus intenses, de plus en plus forts. Parce que la mécanique qui permet la puissance de ces phénomènes, c’est la température de la mer, et comme elle est particulièrement élevée, on a des phénomènes plus violents et plus intenses.

Que faut-il faire face à ces phénomènes plus violents justement ?

Je pense qu’il existe de nombreuses solutions à mettre en place sur le territoire. On s’est beaucoup focalisé sur le principe de contrer l’aléa, notamment en mettant des digues, en essayant de contrôler le cheminement de l’eau, mais on voit bien qu’avec l’urbanisation sur la côte, c’est quelque chose qui devient compliqué. Il faut se concentrer sur les enjeux, car il y a beaucoup de choses à faire. Aujourd’hui, on est capable de travailler à l’échelle du bâti, des entreprises, et donc d’essayer de transformer chaque habitation, pour leur permettre de subir jusqu’à une certaine hauteur d’eau sans qu’elle ne pénètre dans le bâtiment.

En France, on a un million de personnes qui vivent en zone inondable, on ne va pas pouvoir détruire toutes ces habitations, ni déloger ces habitants. La principale solution c’est d’aller vers de la résilience et de l’adaptation du bâti. L’heure est assez grave pour que l’on puisse se pencher sur la problématique puisque les assurances ne pourront pas tenir plusieurs années à ce rythme-là.

Record mondial de CO2 en 2018 (ONU)

D’une certaine manière, on pourrait considérer que l’enflure des discours écolos des responsables politiques est d’autant plus grande que chaque année sont dépassés les records de pollution. De ce point de vue le très médiatique accord de Paris sur le climat apparaît comme une chimère. Selon l’OMM, le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas, “ la dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années: la température était de 2 à 3°C plus élevée qu’aujourd’hui, et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel”, a-t-il souligné dans une nouvelle mise en garde.

Selon le  rapport du Programme des Nations unies pour l’Environnement (Unep) publié ce mercredi. , on ne s’oriente pas  vers un limitation à  2  mais plutôt 3 degrés.

En cause la dépendance aux énergie fossiles qu’il faudrait diviser par deux pour respecter un accord de Paris tout à fait théorique et inefficace. un accord qui ne comportait aucune contrainte, aucun contrôle et aucune sanction. Bref, surtout un accord pour valoriser la posture diplomatique de la France ( notamment celle de Ségolène, de Fabius puis de Macron) mais qui ne gênait et n’engageait personne;  pas même  la France qui ne respecte pas ses quotas d’émissions polluantes;.

 

« Ce rapport montre, pour la première fois, l’ampleur de la déconnexion entre les objectifs de l’Accord de Paris, les plans nationaux (de réduction d’émissions) et les politiques de production de charbon, de pétrole et de gaz », indique Michael Lazarus, l’un des principaux auteurs.

Les énergies fossiles représentent toujours 80% de l’énergie primaire mondiale, tandis que les acteurs du secteur continuent à investir massivement. Elles contribuent à 75% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, qui ne baissent pas.

« Malgré plus de deux décennies de politique climatique, les niveaux de production d’énergies fossiles n’ont jamais été aussi élevés », relève Mans Nilsson, directeur du Stockholm environnement institute, l’un des auteurs du rapport.

A Paris en 2015, les pays se sont engagés à appliquer des plans de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, mais leurs promesses cumulées conduiraient la planète vers une hausse de plus de 3°C.

Aussi, l’accord prévoit qu’ils rehaussent leurs ambitions d’ici fin 2020.

Mais, selon le rapport, les prévisions de production de charbon, de gaz et de pétrole pour 2030 sont également excessives pour remplir les engagements nationaux de 2015: 17% de charbon, 10% de pétrole et 5% de gaz en trop.

Les scientifiques se sont appuyés sur les projections nationales de 10 pays clés: les sept principaux producteurs d’énergies fossiles (Chine, États-Unis, Russie, Inde, Australie, Indonésie et Canada) ainsi que sur l’Allemagne, la Norvège et le Royaume-Uni.

 

 

 

Sondage affaires politico-judiciaires : : la justice complice pour 68%

Sondage affaires politico-judiciaires : : la justice complice pour 68%

68 % des Français considèrent que la justice n’est pas assez sévère vis-à-vis des délits commis par les politiques dans un sondage Elabe BFM.

29% jugent que cette attitude est équilibrée et seuls 3% considèrent que la justice est au contraire trop sévère, d’après cette enquête, réalisée à l’occasion de la diffusion sur BFMTV ce mercredi à 20h45 de l’émission spéciale Politiques: vraiment coupables?, animée par Ruth Elkrief et Bruce Toussaint.

Quant aux médias et à leur traitement des personnalités politiques, 47% des personnes interrogées estiment également qu’ils manquent de sévérité envers la classe politique, 41% jugent qu’ils sont « juste ce qu’il faut » et 12%  pensent qu’ils sont trop durs à leur encontre.

Au vu des résultats de l’enquête Elabe, il semblerait que les Français traversent une crise de confiance envers les responsables politiques. Seule une personne interrogée sur six leur accorde sa confiance, soit 14%, et juste une personne sur quatre assure faire confiance aux médias. Le ratio est supérieur -un sur deux- pour les personnes faisant confiance à la justice.

Les individus constituant le panel représentatif ont également été interrogés vis-à-vis d’autres institutions, comme la police ou les syndicats de salariés. Quelque 73% des Français assurent faire confiance à la police, 46% aux dirigeants d’entreprise, 38% aux syndicats de salariés et seuls 9% aux partis politiques.

Dans le prolongement du peu de confiance que semblent accorder les Français aux responsables politiques, 65% d’entre eux, soit les deux tiers, estiment que la plupart de ces personnalités privilégient leur intérêt personnel face à l’intérêt général. Seulement 7% pensent l’inverse.

 

.Sondage mené sur un échantillon de 1005 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par internet les 23 et 24 septembre 2019.

 

Retraites: retour de la clause du grand père pour Edouard Philippe

Retraites: retour de la clause du grand père pour Edouard Philippe

 

Le Premier ministre a bien réaffirmé le principe de la retraite . Mais il se dit désormais favorable à une longue transition sur les régimes spéciaux notamment de la RATP et de la SNCF. En fait, il se pourrait bien se rallier à la clause du grand-père qui ne remet pas en cause les conditions de retraite pour les employés actuels des entreprises concernées. Cela signifie que la réforme ne s’appliquerait qu’aux nouveaux embauchés et que pour eux, la réforme n’aurait d’effet qu’ autour des années 2070. Une modification sensible de la position du gouvernement mais peut-être la seule manière de se sortir de l’enlisement actuel qui résulte de l’opposition entre deux postures totalement inconciliables . Pour les durs du gouvernement ( dont le Premier ministre était pendant un moment), la réforme doit être immédiate et appliquée de manière uniforme à toutes les catégories. Pour les organisations les plus radicales,  la réforme doit être totalement abandonnée. La position des syndicats réformistes dont la CFDT est différente. Ces syndicats adhèrent au principe dune réforme systémique mais qui ne remettent pas en cause les droits des salariés actuels des entreprises concernées. Le Premier ministre semble donc rejoindre  la position des syndicats réformistes.  Dans cette optique, il s’est adressé aux employés de la RATP et de la SNCF en leur promettant de ne pas changer les règles de leur régime spécial “en cours de partie”. Le trafic ferroviaire était encore très perturbé vendredi avec 87,2% des conducteurs en grève contre 85,7% jeudi, selon la direction.

“Sur ce week-end on est à peu près dans les mêmes niveaux de perturbations que les deux jours précédents, c’est-à-dire à peu près 10 à 15% du trafic habituel, et on peut déjà dire au vu des remontées, bien que nous n’ayons pas les détails, qu’au-delà de ce week-end, lundi, la journée sera encore très difficile”, a dit à la presse Agnès Ogier, porte-parole du groupe SNCF.

La RATP prévoit un trafic toujours “extrêmement perturbé” ce week-end et lundi avec toujours des lignes de métro fermées.

La Direction générale de l’aviation civile (DGAC), en revanche, n’a pas demandé aux compagnies de réduire leur programme de vols en France contrairement à jeudi et vendredi. “Des perturbations et des retards sont néanmoins possibles”, a-t-elle prévenu.

Au sein de l’Education nationale, le taux de grévistes communiqué par le ministère atteignait 4,55% dans le primaire et 5,42% dans le secondaire (collèges et lycées). Ces taux atteignaient respectivement jeudi 51,15% et 42,32%.

Le ministre Jean-Michel Blanquer, puis Edouard Philippe, se sont de nouveau engagés vendredi à une revalorisation des salaires des enseignants pour qu’ils ne soient pas les perdants de la réforme.

“Il est vrai, il est exact, que l’application absurde des nouvelles règles les pénaliserait”, a dit le Premier ministre. Il est clair que ce recul du premier ministre concernera bien d’autres régimes spéciaux que ce de la RATP et de la SNCF. Du coup les effets de la réforme universelle risquent d’être décalés d’une cinquantaine d’années !

L’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Fidl, Unef, MNL et UNL), qui s’était réunie vendredi matin, a annoncé “un nouveau temps fort interprofessionnel” mardi, avec un défilé parisien entre Invalides et Denfert-Rochereau.

“Il faut que le gouvernement entende que nous sommes déterminés et prêts à ancrer ce mouvement dans la durée”, a  dit Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, première fédération chez les enseignants.

Pour Eric Beynel, porte-parole de Solidaires, “on est encore loin d’être sur le haut de la mobilisation, on est vraiment au début”.

“J’entends bien entendu tous ceux qui exercent leur droit parfaitement légitime de faire grève et de manifester, mais j’entends aussi ceux qui souffrent d’une certaine façon, en tout cas qui subissent les désagréments liés à l’exercice de ce droit”, a dit Edouard Philippe.

Confronté à la menace d’une grève dure comme en 1995 à la SNCF et à la RATP, des entreprises emblématiques des régimes spéciaux appelés à disparaître, le Premier ministre a fait un geste d’ouverture envers les grévistes.

“Il ne serait pas raisonnable, pas acceptable, pas juste, de changer les règles en cours de partie”, a-t-il dit. “Des femmes et des hommes, de bonne foi, parce que c’est leur droit, ont fait des choix de vie, des choix d’investissements, des choix d’organisation familiale sur le fondement d’un régime auquel ils pouvaient légitimement aspirer.”

“Je suis persuadé qu’avec les organisations syndicales nous trouverons le bon point d’équilibre”, a-t-il estimé.

Autre marge de négociation possible : le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, a confirmé que l’idée d’un report de la mise en oeuvre de la réforme – fixée dans le rapport du haut-commissaire au 1er janvier 2025 pour la génération née en 1963 – était “en discussion”.

Impôts: La France encore champion du monde

 

On peut s’étonner de la difficulté de la France à financer ses différentes réformes notamment celle des retraites alors que la France est toujours championne du monde des impôts parmi les économies des pays développés devant le Danemark et la Belgique. En dépit de ce record du monde des recettes fiscales, la France cumule aussi des déficits budgétaires record et une dette représente à peu près 100 % du PIB. La raison est pourtant bien connue, c’est l’incapacité des gouvernements successifs à gérer l’appareil d’État et des millions de fonctionnaires qui le composent. Macron avait bien annoncé une réduction du nombre de salariés du secteur public mais il y a renoncé sans explication.

 

Dans son programme de campagne, Emmanuel Macron avait promis 120.000 suppressions de postes de fonctionnaires sur l’ensemble du quinquennat, dont 50.000 sur la périmètre de l’Etat et de ses opérateurs. A l’issue du grand débat, le chef de l’Etat s’est dit prêt à “abandonner” cet objectif, dans le cas où il ne serait “pas tenable”. Sans doute l’objectif n’est-il pas tenable puisqu’en réalité on va supprimer seulement 1200 postes dans le budget 2020. À ce rythme, on supprimera environ 5000 postes sur 5 ans à comparer à la promesse de 120 000 et aux chiffres d’un million de fonctionnaires qui sont certainement inutiles. Ceux  qui n’entretiennent  avec l’intérêt général que des relations assez ésotériques dont l’activité devrait être soit supprimée, soit transférée au privé. Le problème c’est que ces fonctionnaire inutiles nourrissent des superstructures, une hiérarchie, une logistique qui génèrent eux-mêmes des dépenses d’investissement évidemment de fonctionnement;  des dépenses devenues complètement incontrôlables. Et cela vaut au plan de l’État mais aussi des collectivités territoriales. Même dans les plus petites communes de l’ordre  de 2000 habitants par exemple on compte une centaine au moins de fonctionnaires.  Dans nombre de villes moyennes, la commune est le principal employeur.

Selon le rapport annuel de l’OCDE publié jeudi, la part des impôts dans le produit intérieur brut (PIB) s’est élevée en 2018 à 46,1 %, soit au même niveau qu’en 2017. Ces impôts, qui intègrent aussi les cotisations sociales, pesaient en moyenne 34,4 % dans les 34 pays membres de l’organisation internationale pour lesquels des chiffres sont disponibles.

Fait plus nouveau: le rapport relève pour la première fois une quasi-stagnation des recettes fiscales, alors qu’elles étaient en augmentation constante depuis la crise de 2009. C’est aux États-Unis que le recul est le plus marqué (2,5 points de pourcentage, à 24,3 %) suite aux amples réformes décidées par l’Administration Trump concernant l’impôt sur les sociétés et sur le revenu des personnes physiques.

Globalement, 19 pays sur 34 ont enregistré une augmentation des recettes fiscales par rapport au PIB. Le Mexique affiche la fiscalité la plus faible, à 16,1 %. En France, ces recettes s’appuient principalement sur les cotisations de Sécurité sociale (à 36,4 % du total contre 26 % en moyenne dans les pays de l’OCDE), l’impôt sur le revenu des personnes physiques (18,6 % contre 23,9 %) et la TVA (15,3 % contre 20,2 %). À l’inverse, les impôts sur les sociétés ne représentent dans l’Hexagone que 5,1 % contre une moyenne de 9,3 %, liée notamment aux pratiques d’optimisation des grandes entreprises. Selon l’Insee, qui utilise une méthode de calcul différente, les prélèvements obligatoires se sont élevés en 2018 à 45 % du PIB français.

 

Sondage fin de notre civilisation: 60% la craignent

Sondage fin de notre civilisation: 60% la craignent

 

Environ six Français sur dix redoutent en effet un effondrement de notre civilisation selon un sondage YouGov pour le « Huffington Post et seuls 27% estiment que la COP25 est une solution efficace pour lutter contre le réchauffement climatique.

 

Sur les causes possibles d’un effondrement, le réchauffement climatique arrive en tête (36%), devant la surpopulation (17%) et la montée des inégalités (14%). Seuls 29% des 55 ans et plus ont peur d’un effondrement lié au réchauffement climatique.

 

* L’enquête a été réalisée sur 1 004 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus.

Retraites : l’échec de la méthode théocratique de Macron

Retraites  : l’échec de la méthode théocratique de  Macron

 

Ce qui domine d’abord dans la problématique de la réforme des retraites, c’est l’incompétence du gouvernement. Un gouvernement qui n’a pas été capable de mesurer les conséquences de la réforme des  retraites qui va profondément redistribuer les cartes avec par exemple de grands perdants comme les enseignants, les avocats, les infirmiers et les femmes à  carrière courte. Sous couvert d’universalité, il s’agit bien entendu compte tenu du déséquilibre démographique de diminuer le montant moyen des pensions. Un montant moyen pourrait baisser de 25 % d’ici 2070. Comme d’habitude Macron s’est assis sur les corps intermédiaires et ce n’est que dans les jours récents qu’  une pseudo négociation a été entamée. De toute façon ,chacun sait bien que seul Macron décide et qu’il  manifeste un profond mépris pour tous les corps intermédiaires y compris le Parlement. Évidemment Macron décidera en fonction du rapport de force; pour l’instant , aucun responsable du gouvernement n’est en capacité d’indiquer de façon claire quels sont les objectifs de la réforme, sa philosophie et ses modalités de mise en œuvre. À telle enseigne que les orientations varient entre une application de la réforme à  partir de 2025 ou de 2070 ( avec le droit du grand-père). Cette réforme dite universelle va s’appliquer de manière idiote à le monde s’en vraiment tenir compte de la spécificité et de la pénibilité des métiers alors qu’il y a une différence d’ espérance de vie d’environ 10 ans  entre des cadres et des ouvriers.  Enfin cette réforme se trompe  d’objectif car la vraie faiblesse de la France ne réside pas dans la de la retraite mais dans le manque de compétitivité qui résulte d’une durée annuelle de travail la plus faible de l’Europe. Une faiblesse mortifère s’ajoute à la faiblesse du nombre d’actifs par rapport au inactif non retraité 7 à 8  millions de personnes. Coupé du monde, coupé des réalités économiques sociaux économiques Macon applique sa méthode théocratique suicidaire pour lui comme pour le pays.

Chine: le retour de la terreur et de la dictature maoïste

Chine: le retour de la terreur et de la dictature maoïste

 

 

On a beaucoup parlé du conflit qui oppose Hong Kong à Pékin mais on parle moins des opérations de nettoyage ethnique sur lesquels le parti communiste chinois met une chape de plomb. Comme sous Mao, le processus de sinisation vise à tuer tout particularisme culturel, démocratique ou religieux. Non seulement la dictature s’amplifie en Chine mais ce pays durcit sa diplomatie pour nier toute entrave à la démocratie n’hésitant pas à comparer le problème des gilets jaunes  en France avec les 2 millions de Ouighours emprisonnés dans des camps ! Les occidentaux s’offusquent mais mollement car des intérêts commerciaux sont en jeu. Pour vendre des Airbus ou des centrales nucléaires, on peut passer sur les libertés individuelles et collectives et même sur la répression et  les tortures . Rien ne fera changer le régime chinois sinon des menaces économiques car la chine veut aussi exporter son régime politique !

Par contre, la Chine sera nécessairement sensible  à des représailles économiques puisqu’elle inonde la monde de son industrie manufacturière polluante.  La dictature communiste chinoise se rapproche de plus en plus du modèle maoïste  avec d’une part son système d’évaluation civique de chaque citoyen,  d’autre part la répression de tous les opposants. sans parler de son président élu maintenant à vie . Par exemple ,  d’après des organisations de défense des droits de l’homme, plus de deux  millions de musulmans sont détenus au Xinjiang dans des camps de rééducation politique.

La même démarche que le maoïsme qui a fait près de 70 millions de morts en temps de paix . Tel est le stupéfiant record détenu par Mao (1893-1976), « le suprême despote totalitaire », selon Simon Leys. Cependant, le portrait du « grandiose pilote, grandiose chef, grandiose général en chef, grandiose maître à penser, suprêmement bienaimé président Mao » orne toujours les murs de la Cité interdite et les foules continuent de défiler dans l’affreux mausolée coffre-fort qui abrite sa momie. Un cas unique parmi les dictateurs du XXe siècle. L’Histoire a jugé Hitler et Staline ; « pour Mao, le verdict est encore en suspens », selon Federico Rampini, auteur de « l’ombre de Mao » (éd. Robert Laffont).

Pékin récuse ce chiffre des Ouigours emprisonnés aujourd’hui  dans les camps et évoque des « centres de formation professionnelle » destinés à lutter contre la radicalisation islamiste, en réaction à une série d’attentats sanglants attribués ces dernières années à des militants ouïghours.

La France a appelé ce mercredi la Chine à cesser ses « détentions arbitraires de masse » au Xinjiang (nord-ouest), où plus d’un million de musulmans, principalement d’ethnie ouïghoure, seraient détenus dans ce que Pékin présente comme des « centres de formation professionnelle ». « Nous appelons les autorités chinoises à mettre un terme aux détentions arbitraires de masse dans des camps », a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères au point de presse électronique quotidien du Quai d’Orsay.

« Nous invitons la Chine, outre la fermeture des camps d’internement, à inviter la Haut-commissaire aux Droits de l’Homme (de l’ONU, Michelle Bachelet) et les experts des procédures spéciales dans les meilleurs délais afin de rendre compte de manière impartiale de la situation », a ajouté le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, devant la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

Une nouvelle fuite de documents officiels chinois a jeté une lumière crue sur les « centres de formation professionnelle » où seraient détenus près de  2  million de musulmans. Ces documents, obtenus par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et publiés dimanche par 17 organes de presse à travers le monde, détaillent les règlements draconiens régissant les sites de détention installés au Xinjiang, vaste région du nord-ouest de la Chine à majorité musulmane.

 

 

La France parmi les plus menacées pour les catastrophes climatiques

La France parmi les plus menacées pour les catastrophes climatiques

Certains pensaient  peut-être que les catastrophes climatiques étaient  surtout réservées aux pays exotiques notamment au pays pauvres. Force est de constater que la France est aussi de plus en plus concernés par des phénomènes assez exceptionnels. La France est même classée parmi les pays à plus fort risque . D’après une étude menée par l’association German Watch et publiée pendant la COP 25, la France est l’un des pays les plus exposés au monde aux phénomènes climatiques extrêmes. L’Hexagone se place au 15ème rang de ce classement, en zone rouge. 

Cette mauvaise place de la France trouve ses racines dans plusieurs épisodes climatiques plus ou moins récents : les canicules de 2003, 2008 et 2018 qui ont fait à elles seules plus de 18.000 morts, mais aussi les grosses tempêtes, comme celle de 1999 qui avait fait 35 morts, ou encore Xynthia, responsable en 2010 de 53 décès, 500.000 sinistrés, et des dégâts considérables.

Sans oublier les récentes intempéries dans le Sud de la France qui ont inondé coup sur coup une partie du territoire. Et cela n’est pas prêt de s’arrêter, puisque selon les scientifiques il y aura 20% d’épisodes de pluies diluviennes en plus d’ici la fin du siècle.

Mais ce rapport montre aussi que, riche ou pauvre, aucun pays n’est épargné : le Japon, les Philippines ou l’Allemagne arrivent en tête des pays les plus touchés par ces catastrophes naturelles. L’organisation météorologique mondiale l’a encore rappelé lors de la COP25 à Madrid, 2019 devrait se placer au deuxième ou troisième rang des années les plus chaudes jamais enregistrées.

Retraites : « on ne peut pas reporter sur des générations le fardeau de la dette »( Olivier Dussopt dit le caméléon)

Retraites : « on ne peut pas reporter sur des générations le fardeau de la dette »( Olivier Dussopt dit le caméléon)

On a un peu de mal à suivre le cheminement du secrétaire d’État aux comptes publics, Olivier Dussopt, qui hier sur Europe 1 déclarait avec aplomb qu’on ne pouvait reporter sur des générations le  fardeau de la dette et qu’il fallait donc accepter la réforme des retraites à point.  Des propos qui peuvent s’entendre mais qui sont particulièrement contradictoires dans la bouche de celui dont la spécialité est de cheminer dans les courants politiques majoritaires. On se souvient que l’intéressé s’est fait élire sur une liste du parti socialiste en 2017 pour rejoindre ensuite au dernier moment Macron. L’ennui pour le secrétaire d’État, c’est  qu’il a encore un métro idéologique de retard puisque  de son côté Darmanin annonçait hier soir sur France 2 qu’on laissait tomber les mesures dites paramétriques d’ajustement financier. Le secrétaire d’État n’avait sans doute pas été mis au courant. Il faut dire qu’il ne joue aucun rôle et que ce converti de la dernière heure au macronisme  à défendu à peu près tout et n’importe quoi quand il était parti socialiste. Bref le type même d’oligarque issu de ces fameux instituts politique qui n’apprennent rien mais qui permettent d’accéder à des postes d’attachée parlementaire ensuite à des responsabilités politiques puis au  poste de ministre. Dans l’ignorance de ce que devait annoncer Darmanin, le secrétaire d’État a dû ce contenté de rabâcher des évidences de bistrot sans pour autant éclairer en quoi que ce soit, ni le contenu de la réforme et encore moins les moyens de redresser la politique budgétaire ; une politique budgétaire dont la rigueur est même remise en cause par Macon qui a déclaré que l’objectif des 3 % était désormais obsolète. Parmi les propos de bistrot du secrétaire d’État on retiendra :

« Le gouvernement, confronté à une grève massive, est en ordre de marche pour défendre la réforme des retraites. » Le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics Olivier Dussopt a déclaré jeudi sur Europe 1 « qu’on ne peut pas mentir aux Français et reporter sur des générations le fardeau de la dette ».  »On doit trouver le moyen pour avoir un système équilibré dans le temps et accepté par tous. Mais on ne peut pas mentir aux Français et reporter sur des générations le fardeau de la dette. Cela fait partie des discussions, le Premier ministre rendra des arbitrages« , a assuré le secrétaire d’État. Budgétaire.

« Le rétablissement de l’équilibre est important. Il y a deux aspects à avoir en tête : nous construisons un système universel par points, qui doit être durable pour ne pas avoir à faire tous les cinq ans une réforme des retraites, et le système actuel génère des déficits. Pour que le système à venir soit équilibré, c’est bien de ne pas partir avec un boulet au pied qui est la dette », a estimé Olivier Dussopt.

« Nous allons devoir prendre des décisions dans les prochains jours. Le Premier ministre s’exprimera bientôt à ce sujet », a certifié le secrétaire d’État. Bref, à peu près le contraire de ce qu’a dit Darmanin !

La France, encore champion du monde……des impôts

La France, encore champion du monde……des impôts

On peut s’étonner de la difficulté de la France à financer ses différentes réformes notamment celle des retraites alors que la France est toujours championne des économies des pays développés devant le Danemark et la Belgique. En dépit de ce record du monde des recettes fiscales, la France cumule aussi des déficits budgétaires record et une dette représente à peu près 100 % du PIB. La raison est pourtant bien connue, c’est l’incapacité des gouvernements successifs à gérer l’appareil d’État et des millions de fonctionnaires qui le composent. Macron avait bien annoncé une réduction du nombre de salariés du secteur public mais il y a renoncé sans explication.

 

Dans son programme de campagne, Emmanuel Macron avait promis 120.000 suppressions de postes de fonctionnaires sur l’ensemble du quinquennat, dont 50.000 sur la périmètre de l’Etat et de ses opérateurs. A l’issue du grand débat, le chef de l’Etat s’est dit prêt à “abandonner” cet objectif, dans le cas où il ne serait “pas tenable”. Sans doute l’objectif n’est-il pas tenable puisqu’en réalité on va supprimer seulement 1200 postes dans le budget 2020. À ce rythme, on supprimera environ 5000 postes sur 5 ans à comparer à la promesse de 120 000 et aux chiffres d’un million de fonctionnaires qui sont certainement inutiles. ceux  qui n’entretiennent  avec l’intérêt général que des relations assez ésotériques dont l’activité devrait être soit supprimé soit transférée au privée. Le problème c’est que ces fonctionnaire inutiles nourrissent des superstructures, une hiérarchie, une logistique qui génèrent eux-mêmes des dépenses d’investissement évidemment de fonctionnement;  des dépenses devenues complètement incontrôlables. Et cela vaut au plan de l’État mais aussi des collectivités territoriales. Même dans les plus petites communes de l’ordre  de 2000 habitants par exemple on compte une centaine au moins de fonctionnaires.  Selon le rapport annuel de l’OCDE publié jeudi, la part des impôts dans le produit intérieur brut (PIB) s’est élevée en 2018 à 46,1 %, soit au même niveau qu’en 2017. Ces impôts, qui intègrent aussi les cotisations sociales, pesaient en moyenne 34,4 % dans les 34 pays membres de l’organisation internationale pour lesquels des chiffres sont disponibles.

Fait plus nouveau: le rapport relève pour la première fois une quasi-stagnation des recettes fiscales, alors qu’elles étaient en augmentation constante depuis la crise de 2009. C’est aux États-Unis que le recul est le plus marqué (2,5 points de pourcentage, à 24,3 %) suite aux amples réformes décidées par l’Administration Trump concernant l’impôt sur les sociétés et sur le revenu des personnes physiques.

Globalement, 19 pays sur 34 ont enregistré une augmentation des recettes fiscales par rapport au PIB. Le Mexique affiche la fiscalité la plus faible, à 16,1 %. En France, ces recettes s’appuient principalement sur les cotisations de Sécurité sociale (à 36,4 % du total contre 26 % en moyenne dans les pays de l’OCDE), l’impôt sur le revenu des personnes physiques (18,6 % contre 23,9 %) et la TVA (15,3 % contre 20,2 %). À l’inverse, les impôts sur les sociétés ne représentent dans l’Hexagone que 5,1 % contre une moyenne de 9,3 %, liée notamment aux pratiques d’optimisation des grandes entreprises. Selon l’Insee, qui utilise une méthode de calcul différente, les prélèvements obligatoires se sont élevés en 2018 à 45 % du PIB français.

 

Déficit ou pas des retraites: la vraie question !

 

 Déficit ou pas des retraites: la vraie question !

 

 

Selon les années et les majorités, le évaluation du  comité des retraites évolue. Après la réforme de 2010, on avait annoncé l’équilibre. Un équilibre repoussé  2036 et maintenant à 2042. Et comme par hasard le déficit s’emballe ces prochaines années. – Le besoin de financement du régime de retraites s’établirait entre 0,3% et 0,7% du PIB en 2025, soit entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros, selon un rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR). Justement ce que veut démontrer le gouvernement avec  sa réforme des retraites qui bien entendu ne vise pas tellement à davantage de justice mais à rogner sur les pensions; car il faudrait raisonner en termes de métier et de conditions de travail de  chaque pensionné au lieu d’appliquer le même régime pour l’ensemble d’un secteur (  ouvrier, technicien, cadre). Ce que réclame notamment Le médecin Pierre Gallois  dans une tribune au Monde ( voir ci-dessous) . Pourtant il y a une différence de vie d’environ 10  ans entre ouvriers et celle des cadres. Pourquoi de telles approximations concernant les régimes de retraite. On a évidemment des idées sur l’évolution démographique mais beaucoup moins voire pas du tout sur le niveau de croissance sur lesquels sont assises les cotisations retraites des salariés. Personne ne peut dire que la croissance sera de 1 % de 3 % en 2040.

Les évaluations du comité d’orientation des retraites ont souvent fluctué compte tenu de la nature même de ce comité. Une sorte de comité de chapeaux à plumes qui dépend du premier ministre et dont la plupart des membres sont bienveillants à l’égard du pouvoir en place.« Le Conseil est composé de trente-neuf membres. Il réunit sous la présidence de Pierre-Louis Bras, inspecteur général des Affaires sociales (IGAS), des élus, des représentants des organisations représentatives des employeurs, des travailleurs indépendants et des salariés des secteurs privé et public, des représentants des familles et des personnes âgées, les directeurs des administrations centrales principalement concernées par les questions de retraite, ainsi que des personnalités choisies pour leur expérience et leur compétence. »

 

Bref pas vraiment un organisme statistique indépendant et compétent. En mettant en avant l’importance du déficit des régimes de retraite des 2025, le comité d’orientation donne donc une légitimité au gouvernement pour prendre des mesures surtout budgétaires lors  de sa réforme des retraites qui s’enlise dans les contradictions vis-à-vis de l’objectif d’universalité. Pour parler clair, ce rapport prépare l’allongement de la durée de cotisation et la non réévaluation des retraites pendant longtemps. En clair une diminution des pensions par rapport à l’inflation. Ce rapport avait été commandé par le Premier ministre pour servir de base de réflexion pour d’éventuelles mesures permettant de ramener le régime à l’équilibre d’ici 2025, date probable d’entrée en vigueur du système universel.

Cette idée est toutefois fortement décriée par les partenaires sociaux. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui soutient l’idée d’un régime universel en points, avait menacé en juillet de se mobiliser si des mesures paramétriques étaient adoptées d’ici 2025. Plusieurs pistes sont évoquées par le COR pour parvenir à l’objectif d’équilibre. La première consiste à reculer l’âge de départ à la retraite de 2,5 mois à 5,4 mois par an à partir de la génération 1959 et jusqu’à la génération 1963, première génération concernée par le système universel.

L’âge de départ légal de la génération 1963 se situerait ainsi entre 63 ans et 64,3 ans, contre 62 ans, selon les règles actuelles. Les chiffres présentés dépendent de la méthode de calcul et des scénarios de croissance retenus, précise le COR. Si le gouvernement ne souhaitait pas toucher à l’âge d’ouverture des droits, il pourrait augmenter de cinq à dix mois la durée de cotisation de chaque génération. La durée légale d’assurance pour la génération 1963 se situerait ainsi entre 44,1 ans et 46,3 ans, contre 42 ans aujourd’hui. L’exécutif pourrait encore décider de mettre en place un âge minimal de taux plein assorti d’une décote et surcote, une option déjà retenue par le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, pour le système universel. Selon le COR, cet âge minimal du taux plein devrait se situer entre 63,1 et 64,3 ans pour la génération 1963, après une montée en charge à partir de la génération 1959. Jean-Paul Delevoye propose de fixer cet âge à 64 ans dans le régime universel.

 

Le médecin Pierre Gallois rappelait, dans une tribune au « Monde », qu’il serait juste que l’âge de départ en retraite soit fixé à partir des données socio-économiques dont dispose l’Etat.

Tribune. 

 

A l’heure où le problème de la retraite est un sujet d’actualité, je suis étonné que les inégalités d’espérance de vie entre catégories socioprofessionnelles ne soient pas prises en compte dans le débat, alors que l’on dispose de données scientifiques solides dans ce domaine.

L’espérance de vie des Français va en croissant régulièrement et c’est cette augmentation qui accroît le coût de retraites et justifie les demandes de politiques et d’économistes de retarder l’âge de départ en retraite. Mais cet allongement de la durée de vie n’est qu’une donnée statistique moyenne, et il est trop souvent méconnu qu’il existe des variations importantes selon les facteurs socio-économiques.

 

 

 

Conduit depuis de nombreuses années à suivre régulièrement la littérature de santé française et internationale, de par mes responsabilités au sein de la formation continue des médecins et de la Société française de documentation et de recherche en médecine générale (SFDRMG), j’ai été frappé par les résultats d’une importante étude française de l’Institut national d’études démographiques (INED) montrant les différences d’espérance de vie, avec et sans incapacités, et en fonction des activités professionnelles (E. Cambois, C. Laborde, J.-M. Robine. « La “double peine” des ouvriers : plus d’incapacité au sein d’une vie plus courte », Institut national d’études démographiques (INED), in Population et sociétés, n° 41, 2008) et j’ai été surpris que cet aspect ne soit pas pris en compte dans la définition de l’âge de la retraite, et donc du coût de celle-ci pour chaque catégorie professionnelle.

 

Selon cette étude, en 2003, l’espérance de vie totale à 35 ans était de 42,8 ans chez les hommes et de 48,8 chez les femmes et à 60 ans de 20,7 ans chez les hommes et de 24,9 chez les femmes. Mais si on tient compte des données socio-économiques, à 35 ans les hommes cadres supérieurs ont une espérance de vie de 47 ans, soit quatre années de plus que la moyenne et six de plus que les ouvriers. Et ils vivront trente-quatre de ces quarante-sept années indemnes de toute incapacité (soit 73 % de leur espérance de vie totale), alors que les ouvriers, sur leurs quarante et une années d’espérance de vie, n’en auront que vingt-quatre sans incapacité (60 % de leur espérance de vie).

Et globalement le taux d’incapacité est plus élevé chez les ouvriers que chez les cadres. Chez les femmes, l’écart d’espérance de vie entre cadres et ouvrières est un peu moins important (environ deux ans), mais la différence d’espérance de vie sans incapacité est similaire à celle des hommes. On retrouve des données intermédiaires dans les autres catégories professionnelles (professions intermédiaires, agriculteurs exploitants, professions indépendantes, employés), qui ont toutes des chiffres moins bons que les cadres supérieurs et meilleurs que les ouvriers ».

 

Macron veut casser la retraite par répartition (François Hommeril ,CFE-CGC)

Macron veut  casser la retraite par répartition  (François Hommeril ,CFE-CGC)

 

Le président de la CGC explique dans la Tribune  pourquoi la réforme des retraites envisagées va faire exploser le principe de la répartition. Il considère par ailleurs que cette orientation du gouvernement constitue un véritable hold-up sur les régimes actuellement équilibrés. De fait parmi les principales victimes du nouveau système figureront les enseignants mais aussi les cadres, en particulier ceux qui ont débuté avec des salaires modestes. .

 

Pourquoi la CFE-CGC a-t-elle décidé de rejoindre le mouvement du 5 décembre après être restée en retrait ?

 

FRANÇOIS HOMMERIL - Nous avons eu un comité directeur composé de 16 présidents de fédérations à la fin du mois d’octobre. J’ai proposé à ce moment-là que l’on refasse une analyse très critique du projet de réforme des retraites. Depuis le 22 octobre, la journée du 5 décembre a pris de l’ampleur. La base de notre syndicat est devenue très sensible à ce fait de société. C’est le terrain qui a mis sous pression les fédérations. Celles-ci sont venues s’exprimer à l’occasion d’un comité confédéral.

La confédération a noté dans sa délibération que le syndicat se joindrait au mouvement. Nous n’avons pas lancé un appel à la manifestation comme d’autres l’ont fait mais nous avons laissé aux fédérations le choix d’appeler à se mobiliser le 5 décembre. Plusieurs fédérations comme le transport, l’aérien, les énergies, la culture et communication ont décidé de mobiliser leurs militants. D’autres non. La CFE-CGC est une organisation démocratique qui suit les décisions prises dans les instances qui constituent et régulent notre organisation.

Que reprochez-vous précisément au projet de réforme du gouvernement ?

Au départ, le gouvernement a utilisé le slogan « 1 euro cotisé vaut 1 euro de retraite ». En réalité, l’objectif de l’exécutif est la captation des réserves accumulées par les salariés pour pouvoir financer principalement l’évolution du régime des fonctionnaires mais peut être aussi l’évolution du régime général dans lequel l’État a des responsabilités importantes en termes de gestion. L’État ne tient pas ses engagements en matière de retraites. Il veut faire payer les partenaires sociaux et les salariés des régimes qui ont accumulé des réserves pour faire face aux déséquilibres démographiques.

Il veut également faire payer la convergence des systèmes pour transformer les retraites en une annexe du budget et le traiter comme le budget de la Sécurité sociale qui est géré de manière catastrophique. Il veut en faire un auxiliaire de gestion des deniers publics. Il veut s’approprier cet argent alors que ces sommes sont des cotisations prélevées sur les salaires, les revenus, l’activité. Il veut simplement mettre la main sur de l’argent qui n’est pas le sien. Il veut faire peser un risque énorme sur le niveau des pensions. Le projet est de casser définitivement cette partie du modèle social français qui est la retraite par répartition.

Pourquoi n’avez-vous pas profité du début des concertations il y a deux ans pour manifester plus clairement votre désaccord ?

Au début, nous sommes entrés dans la concertation en avançant nos arguments. Même si nous n’étions pas opposés au principe de la retraite par points, ce système entraînait un certain nombre de désagréments et de déséquilibres. Dans le dispositif à venir, il y aura forcément des gagnants et des perdants. La première phase de concertation a permis de poser les arguments et de discuter, mais la deuxième phase correspond à une concertation sans négociation. Le gouvernement avance l’idée que rien n’est décidé. Je préfère que l’on vienne vers moi en m’expliquant ce qui est décidé et les éléments sur lesquels on peut négocier mais les choses ne sont pas claires.

À quel moment le gouvernement a-t-il changé de position selon vous ?

Le masque est tombé au moment où le gouvernement a affiché son obstination afin d’obtenir un régime équilibré en 2025. Cet objectif n’a aucun sens dans un régime par répartition. Ce régime est forcément en déséquilibre en raison des évolutions démographiques. Dans un régime par répartition, on doit anticiper sur vingt ans. Une population reste en moyenne vingt ans à la retraite. Sur ce point, les dernières projections du Conseil d’orientation des retraites n’ont pas bougé. Les dernières remarques de Richard Ferrand sont scandaleuses. Dire qu’il faut absolument partir sur de bonnes bases et avoir un régime équilibré en 2025 est complètement faux. Ces paroles contribuent à jeter un discrédit définitif contre ce type de classe politique. Les problèmes générés par la crise de 2008 ont été réglés par la réforme de Marisol Touraine. L’État ne prend pas ses responsabilités. Il décide de l’exonération de cotisations et ne les compense pas. Il met en péril le régime général et il ne remplit pas ses obligations relatives au régime des fonctionnaires.

Vous avez appelé le gouvernement à la négociation ces derniers jours. Pensez-vous qu’il a durci sa position sur le sujet des retraites ?

Non, l’exécutif avance masqué. Par ailleurs, il n’est pas dans la nature d’une organisation syndicale de négocier avec le gouvernement. Le gouvernement est là pour respecter les syndicats et les corps intermédiaires en mettant en place un cadre dans lequel les partenaires sociaux vont négocier entre eux. Le gouvernement triche en permanence en ramenant à lui des prérogatives qui ne sont pas de son ressort. L’intelligence n’est pas seulement dans le camp gouvernemental. Elle est dans le milieu universitaire, les corps intermédiaires. C’est une question de démocratie et aujourd’hui elle n’est pas respectée.

Avez-vous le sentiment d’être écouté ?

Non, le pouvoir exécutif est dans une stratégie de propagande. Ce qui se passe actuellement sur les réseaux sociaux est révoltant. Le gouvernement dénonce les injustices mais les chiffres qui sont avancés sur les réseaux sociaux par l’exécutif concernant les chauffeurs de la RATP par exemple sont faux.

En quoi la réforme des retraites serait-elle défavorable aux cadres ?

La population des cadres est très hétérogène. Il peut s’agir du jeune cadre débutant récemment diplômé de Supaero, l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace, ou le cadre de chez Renault qui a commencé comme ouvrier. Il peut y avoir plusieurs types de conséquences avec des cadres qui sont au-dessus du plafond de la Sécurité sociale. Comme Jean-Paul Delevoye l’a lui-même avoué, il faut dans cette réforme mobiliser plus de solidarité. Au moment où cette phrase est prononcée, on sait qu’il y a des gens qui devront contribuer plus pour recevoir moins. On peut s’imaginer que ce sont les cadres qui pourraient être mis à contribution.

Êtes-vous pour ou contre un système par points ?

Notre organisation n’est pas contre un système par points. Nous avons été à l’origine en 1946 du régime par points de l’Agirc qui a permis par extension de faire l’Arrco et les retraites complémentaires. Dans le régime par points, il y a une contribution à la solidarité. Cette contribution est maîtrisée par les partenaires sociaux qui définissent eux-mêmes les paramètres. Dès l’instant qu’il y a des droits familiaux, il y a de la solidarité pour financer ces droits.

Le gouvernement nous promet une dégradation des pensions exactement comme il a géré la dégradation des fonds de la santé et le financement de l’hôpital en isolant les budgets. Il y a un paradoxe absolu. La France qui était considérée comme précurseur en termes de prise en charge des soins il y a trente ans, est aujourd’hui le pays où la charge rapportée au PIB est l’une des plus faibles de l’OCDE. Elle est même inférieure à celle des États-Unis. Il y a eu une volonté de détruire l’excellence du système de soins français. Si la retraite est gérée de la même manière, on va à la catastrophe.

Quel regard portez-vous sur le dernier rapport du conseil d’orientation des retraites présenté en novembre ?

Les prévisions n’ont pas vraiment changé par rapport à celui du mois de juin. En revanche, je trouve que rassembler dans une même instance, des profils qui sont politiques et des scientifiques est très délicat.

Quelle serait une réforme acceptable selon vous ?

Il n’y a pas de réforme acceptable par principe. Le système doit évoluer et il évolue. Il y a eu cinq réformes sur les retraites depuis 1993. La plus structurante est celle de 1993. Elle n’a pas été motivée par l’allongement de la durée de l’espérance de vie. Il faut rappeler que l’espérance de vie a principalement augmenté durant les années 1970 à 1990 par la baisse de la mortalité infantile et moins par sa hausse à partir de 60 ans même si ça y contribue. Aujourd’hui, on assiste à un retour en arrière. La société actuelle a bien compris que l’on a désormais dans sa vie d’adulte deux périodes. Je ne vois pas pourquoi on régresserait. Dire aux personnes qu’il faudra travailler jusqu’à 65 ans parce que l’espérance de vie a augmenté n’a aucun sens. L’espérance de vie lorsque les gens ont 65 ans est extrêmement variable. Ce système pourrait générer des injustices énormes. En plus, il est injustifié sur le plan économique.

Sur l’assurance-chômage, pourquoi les négociations entre partenaires sociaux en février dernier ont-elles échoué ?

Le gouvernement a mis en place un cadre impossible à respecter. Du côté des partenaires sociaux, je ne suis pas complètement satisfait de ce que l’on a produit. Notre capacité à générer du consensus est restée intacte. En revanche, on aurait pu produire un schéma politique plus incisif et plus visible à l’égard de la population.

Que pensez-vous de cette profonde transformation de l’assurance-chômage ?

En prétendant lutter contre le chômage, le gouvernement lutte contre les chômeurs. En prenant en compte les contributions, les cotisations et les allocations versées, le régime de l’assurance-chômage est excédentaire depuis vingt ans. L’État a creusé la dette de ce système assurantiel en imposant le financement de Pôle emploi, les 500 millions d’euros des frontaliers. Tout ce qui a été dit sur le sujet est mensonger. Le vrai problème du chômage en France est que demandeurs d’emploi souhaitant travailler ne sont pas pris en charge dans les dispositifs qui permettraient leur réinsertion. Il y a un marché de dupes sur la question des emplois non pourvus et sous certains aspects c’est une bonne chose. Ce n’est pas normal que les gens travaillent et ne gagnent pas suffisamment pour vivre. On connaît tous des gens qui ont accepté un emploi parce qu’il faut travailler et se sont retrouvés à perdre de l’argent à la fin du mois. J’estime que dans un pays comme la France, ces emplois ne sont pas dignes. Je n’ai pas envie que demain Ken Loach fasse un film sur la France…

Les entreprises d’au moins 11 salariés doivent mettre en place le nouveau Comité social et économique avant le 31 décembre et beaucoup ne l’ont pas encore mis en place. Que pensez-vous de cette nouvelle instance représentative ? Comment expliquez-vous un tel retard dans sa mise en place ?

C’est un fiasco total et attendu. La CFE-CGC s’y était opposée dès le début. Rien ne fonctionne. Le gouvernement a voulu casser ce qui fonctionnait. Les différentes instances sont nées à un moment précis de l’histoire sociale du pays. Chacune avait sa fonction et sa raison d’être. Je viens de l’industrie et dans les CHSCT, il y avait des personnes dans tous les syndicats qui avaient le cœur à représenter leurs collègues dans des instances dédiées spécifiques. Les directions comptaient beaucoup sur ces instances pour faire progresser certains sujets. Dans mon expérience d’ingénieur dans l’industrie chimique, la direction ne m’aurait pas pardonné d’avoir raté une réunion du CHSCT. Le gouvernement par méconnaissance absolue du monde du travail a appliqué une réforme totalement idéologique pour diminuer les droits de représentation des salariés.

Aujourd’hui, les meilleurs avocats pour un retour aux anciens dispositifs sont les directeurs des ressources humaines. Ils n’arrivent pas à faire fonctionner les nouvelles instances. Par ailleurs, la fusion était déjà disponible par la négociation d’entreprise. Beaucoup d’entreprises de taille moyenne auraient été capables en bonne intelligence de trouver les moyens de s’adapter pour mettre en place une bonne représentation et faire face à une pénurie de candidats. Les acteurs sur le terrain auraient pu trouver les moyens de générer une fusion partielle ou totale adaptée à leur entreprise.

Certains observateurs parlent d’une « dérive idéologique » de la CFE-CGC avec l’abandon d’une position réformiste. Que leur répondez-vous ?

Ces personnes sont les représentants du néolibéralisme depuis des années. Au moment où j’ai été élu à la tête de l’organisation en juin 2016, j’ai fait l’effort d’emmener mon organisation en dehors de la case réformiste. Je pense que c’est une case politique. Les syndicats identifiés comme réformistes aux yeux des politiques sont des organisations considérées comme accompagnatrices des réformes. Je suis le président d’un syndicat indépendant et libre. Il reste attaché à l’esprit de réforme et l’a toujours été historiquement. La CFE-CGC fait toujours des propositions et nous sommes toujours autour de la table en évitant la contestation stérile. Après trente ans de dérive néolibérale, il faut réexaminer ce terme de réformiste. Aujourd’hui, cette notion a pris un sens très différent par rapport aux années 1980 et 1990.

Quel est l’avenir du paritarisme en France ?

Si je m’arrête à la volonté du gouvernement de tout casser, le paritarisme n’a pas d’avenir. En revanche, s’il existe à nouveau une forme démocratique de consultation et de réforme, le paritarisme aura un avenir.

La crise des « gilets jaunes » est-elle terminée ?

La société française est actuellement sous pression. Dans les rangs des « gilets jaunes » au départ, il y avait beaucoup de petits chefs d’entreprise, des artisans, des infirmières libérales et peu de salariés. Le gouvernement n’a cessé de répéter que les syndicats ont été disqualifiés. Or les organisations syndicales des salariés ne sont pas sur le même terrain que les « gilets jaunes ». Il y avait peu de salariés du secteur industriel sur les ronds-points. Ce sont des domaines où l’activité syndicale produit de la norme et de l’équilibre social.

Êtes-vous pour un système de cogestion dans les entreprises sur le modèle suédois ?

Je ne pense pas qu’un tel système puisse fonctionner en France sauf dans un cadre où la cogestion est définie de manière claire. La cogestion ou le réformisme a un sens nébuleux actuellement. À la CFE-CGC, nous sommes favorables à une meilleure représentation des salariés dans les conseils d’administration mais ce n’est pas de la cogestion. La cogestion à l’allemande correspond à la présence des syndicats dans les instances de gouvernance et de direction. Je préfère que les relations soient contractualisées à l’intérieur de l’entreprise.

Quelle est la feuille de route pour les prochaines semaines ? Pour tenter de répondre à l’anxiété grandissante, le gouvernement a décidé d’accélérer le calendrier en cette fin d’année alors que la réforme a déjà pris du retard à la suite du mouvement des « gilets jaunes ». Les grandes lignes du projet de loi encadrant les mécanismes de transition des 42 régimes existants vers un système unique seront dévoilées à la mi-décembre par Édouard Philippe, après que le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, aura dévoilé les conclusions de ses consultations, « aux alentours des 9 ou 10 décembre ». Le texte sera ensuite soumis au Parlement début 2020. Emmanuel Macron comme Édouard Philippe ont d’ores et déjà prévenu que la réforme, présentée comme « emblématique du quinquennat », irait à son terme. « Nous ne transigerons pas sur l’objectif », a martelé le Premier ministre.

Concernant la mise en œuvre de la réforme, le rapport Delevoye suggère que le futur régime s’applique à partir de 2025 et que la transition se fasse sur une quinzaine d’années avec des modalités à préciser. Le système universel ne doit concerner que les personnes nées à partir de 1963 et celles qui seront à plus de cinq ans de leur départ en retraite au moment du vote de la loi selon le rapport. Les droits acquis avant 2025 seront garantis à 100 %. Dans un souci d’apaisement, Édouard Philippe s’est dit ouvert à quelques compromis. « S’il faut que la réforme s’applique à des personnes un peu plus éloignées de la retraite que ce qui était envisagé jusqu’ici, afin de prendre en compte les choix individuels faits par nos concitoyens, je suis prêt à en discuter avec les organisations syndicales.» Sans pour autant envisager la « clause du grand-père » qui consisterait à n’appliquer la réforme qu’aux futurs entrants sur le marché du travail. « Entre deux extrêmes, on doit pouvoir trouver le bon curseur », a-t-il insisté.

Beaucoup de flou demeure notamment sur la période de transition d’ici à 2025. Le gouvernement souhaite que le système actuel des retraites soit à l’équilibre à cette échéance or le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) indique le régime actuel devrait connaître un déficit entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros. L’exécutif n’a pas encore décidé s’il allait reculer l’âge de départ pour tenter de combler ce déficit.

Retraites: ce n’est pas la vraie réforme ( Jean-Christophe Lagarde)

Retraites: ce n’est pas la vraie réforme ( Jean-Christophe Lagarde)

 

A juste titre sans doute Jean Christophe Lagarde ( UDI) met les pieds dans le plat de la fausse réforme des retraites. Pour lui ce n’est pas l’âge de la retraite qu’il faut reculer mais le temps de travail qu’il faut augmenter. Notons que la France la durée de travail annuelle la plus faible de l’Europe.  1646 heures travaillées, soit 434 heures de moins que la Roumanie !

 

: «La solution, c’est de travailler plus longtemps tout au long de sa vie pour partir plus tôt, à 62 ans. Au lieu de travailler 35 heures, il faut travailler 37 heures et ça équilibrera les retraites !» déclare Jean-Christophe Lagarde.

 

Concernant la grève du 5 décembre, il  prévient : «On va droit dans le mur ! Des tas de secteurs sont en ébullition, comme les étudiants. Le problème de fond, c’est que depuis 20 ans la rémunération du capital augmente de manière fantastique et celle du travail diminue !»

Pour des questions démographiques et de justice, une réforme des retraites est indiscutablement nécessaire. Mais l’urgence n’est sans doute pas de retarder de manière uniforme l’âge de la retraite mais de travailler davantage tout au long de sa vie en tenant compte des spécificités du métier.  Le problème, c’est que la France a pris l’habitude d’enfiler les réformettes tous les cinq ans en moyenne sans s’attaquer aux questions de fond. Il y a forcément l’équilibre financier à trouver entre les actifs et les retraités. De ce point de vue, la France souffre d’un taux d’inactivité trop important comparé aux autres pays . Ce sont en effet  les cotisations d’actifs qui permettent d’assurer le financement des pensions. Jusqu’alors,  on a surtout résonné en termes de catégories professionnelles, d’entreprises et de secteurs. De sorte qu’on a fait l’amalgame entre les conditions de vie d’un employé dont le travail ne comporte pas de sujétion particulière avec celui d’un autre  salarié soumis à des conditions de travail difficiles ( charge physique, charge mentale, cadence, horaires, travail des dimanches et jours de fête etc.).

Si une véritable réforme égalitaire devait intervenir, elle devrait prendre en compte les conditions individuelles de chaque salarié et non son appartenance à un secteur à une entreprise. À l’hôpital, tous les salariés sont loin d’être soumis aux contraintes d’un service d’urgence; à la SNCF nombre de postes ne justifient nullement une retraite anticipée par rapport à la norme;  chez les fonctionnaire en général s’ajoutent des conditions de travail généreuses à des sureffectifs. Certes certains métiers, dans certaines fonctions et dans certaines circonstances subissent des contraintes qui justifient un départ en retraite anticipé. Cette réalité ne doit toutefois pas servir d’alibi pour justifier la généralisation de cet avantage a la masse des autres salariés concernés. On objectera qu’un salarié peut au  cours de sa carrière changer de poste, certains plus difficiles que d’autres. Ce sont précisément ces sujétions particulières qui doivent être évaluées, prises en compte pour justifier un niveau de retraite particulier.

C’est l’approche globale qui rend la réforme actuelle complètement confuse en même temps qu’injuste. Pour preuve , il y a une différence d’espérance de vie de 10 ans environ  entre certains ouvriers et des cadres. C’est la philosophie même du régime des retraites qui doit être mise en cause. L’approche méthodologique par secteur, statut, grande entreprise est complètement obsolète et nourrit l’inefficacité et la justice. Enfin pour éviter d’avoir à engager une réforme tous les cinq ans, il convient de prendre le temps d’organiser les inévitables transitions car on ne passe pas d’un système aujourd’hui particulièrement incohérent et inégalitaire à un système universel. Bref comme sur beaucoup d’autres sujets, l’approche du gouvernement se caractérise par une grande incompétence technique et sociale. Enfin et peut-être surtout comme l’indique Jean-Christophe Lagarde l’ urgence n’est sans doute pas le report uniforme de l’âge de la retraite mais l’augmentation du temps de travail tout au long de la vie. Ce qui permettrait de maintenir un âge de départ réel autour de 62 ans.

 

COP25: la présence souhaitée de Greta Thunberg

COP25: la présence souhaitée de Greta Thunberg

 

La ministre chilienne de l’Environnement, qui préside la conférence des Nations unies sur le Climat (COP25), souhaite la présence de la jeune militante écologiste Greta Thunberg . “Nous avons besoin d’une force extraordinaire pour améliorer l’action en faveur du climat. Nous avons besoin de Greta avec toute cette force”, a déclaré Carolina Schmidt à Madrid, où se déroule la COP25.

“Les gens sous-estiment la force des enfants en colère (…) Ils sont en colère et déçus”, a-t-elle déclaré à son arrivée au Portugal, invitant les chefs d’Etat et de gouvernement à suivre les recommandations des scientifiques.

“Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos promesses sans lendemains”, leur avait-elle lancé en septembre à New York lors du sommet de l’Onu sur le climat. Selon un nouveau rapport d’experts alarmant pour la planète publié mardi par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), la décennie écoulée est très probablement la plus chaude jamais enregistrée à ce jour.

Partie de New York il y a trois semaines, Greta Thunberg, qui refuse de prendre l’avion, a traversé l’Atlantique à bord du catamaran La Vagabonde. Cent cinquante personnes sont venues l’accueillir à Lisbonne. Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa s’est dit ravi de sa présence mais n’a pas souhaité la saluer personnellement. La COP25 qui s’est ouverte lundi pour deux semaines doit permettre de prendre les dernières mesures nécessaires au respect des engagements pris à Paris en 2015. L’accord, censé maintenir l’augmentation moyenne de la température mondiale aussi près que possible de 1,5 °C, entrera dans une phase décisive l’année prochaine.

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’humanité doit atteindre la neutralité en carbone d’ici 2050 et réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45% par rapport aux niveaux de 2010 d’ici 2030.

5 décembre : l’échec de la méthode théocratique de Macron

5 décembre : l’échec de la méthode théocratique de  Macron

 

Ce qui domine d’abord dans la problématique de la réforme des retraites, c’est l’incompétence du gouvernement. Un gouvernement qui n’a pas été capable de mesurer les conséquences de la réforme des  retraits qui va profondément redistribuer les cartes avec par exemple de grands perdants comme les enseignants, les avocats, les infirmiers et les femmes à  carrière courte. Sous couvert d’universalité, il s’agit bien entendu compte tenu du déséquilibre démographique de diminuer le montant moyen des pensions. Un montant moyen pourrait baisser de 25 % d’ici 2070. Comme d’habitude Macron s’est assis sur les corps intermédiaires et ce n’est que dans les jours récents qu’  une pseudo négociation a été entamée. De toute façon chacun sait bien que seul Macron décide et qu’il  manifeste un profond mépris pour tous les corps intermédiaires y compris le Parlement. Évidemment Macron décidera en fonction du rapport de force; pour l’instant , aucun responsable du gouvernement n’est en capacité d’indiquer de façon claire quels sont les objectifs de la réforme, sa philosophie et ses modalités de mise en œuvre. À telle enseigne que les orientations varient entre une application de la réforme à  partir de 2025 ou de 2070 ( avec le droit du grand-père). Cette réforme dite universelle va s’appliquer de manière idiote à le monde s’en vraiment tenir compte de la spécificité et de la pénibilité des métiers alors qu’il y a une différence d’ espérance de vie d’environ 10 ans  entre des cadres et des ouvriers.  Enfin cette réforme se trompe  d’objectif car la vraie faiblesse de la France ne réside pas dans la de la retraite mais dans le manque de compétitivité qui résulte d’une durée annuelle de travail la plus faible de l’Europe. Une faiblesse mortifère s’ajoute à la faiblesse du nombre d’actifs par rapport au inactif non retraité 7 à 8  millions de personnes. Coupé du monde, coupé des réalités économiques sociaux économiques Macon applique sa méthode théocratique suicidaire pour lui comme pour le pays.

Classement niveau scolaire PISA: toujours catastrophique pour la France

Classement PISA: toujours catastrophique pour la France

 

d’après le classement PISA qui porte sur 79 pays et qui concerne les élèves de 15 ans la France est en 22e position en lecture, le domaine qui était étudié de manière approfondie pour cette édition 2018, dont les résultats paraissent ce 3 décembre. Avec 493 points, l’Hexagone dépasse légèrement la moyenne des pays participants, proche de l’Allemagne, la Belgique, le Portugal, la République tchèque et la Slovénie. Avec un noyau dur d’élèves qui ont un niveau très faible en français. De l’ordre de 5 à 10% qui, à 15 ans, ne savent pas déchiffrer facilement un texte simple et en distinguer le message principal. Une proportion qui serait plutôt de 20% d’illettrés selon les chiffres de la Journée de défense et de citoyenneté où sont appelés les jeunes à partir de 16 ans.

Nous sommes tout aussi moyen, loin derrière le peloton de tête des pays asiatiques en maths. Bref, le système scolaire français est tout à la fois peu efficace et très inégalitaire.

 

En France, l’écart de résultat entre les élèves issus d’un milieu favorisé et ceux issus de classes sociales défavorisées est de 107. C’est considérable, et très nettement au-dessus de la différence observée en moyenne dans les autres pays (87 points). Comme si les élèves français étaient coupés en deux planètes. Comme s’ils n’appartenaient, en fin de compte, pas au même système scolaire.

« Les élèves défavorisés ont cinq fois plus de risque de se retrouver en difficulté que les autres, en compréhension de l’écrit », relève Pauline Givord, analyste à l’OCDE qui a codirigé une partie de l’enquête Pisa. Plus inquiétant encore : les jeunes issus de milieux populaires nourrissent peu d’ambitions d’études post-bac, même quand ils sont bons élèves.

Au chapitre des inégalités, il n’y a qu’en Israël et au Luxembourg que les écarts sont encore plus élevés qu’en France. Ce constat alarmant n’est pas nouveau : le creusement des inégalités en France s’est observé entre 2003 et 2012 sans produire de choc significatif dans les politiques publiques. Cependant, « des efforts ont été faits depuis 2012, constate Eric Charbonnier de l’OCDE. Mais il est encore trop tôt pour en mesurer les effets. » Les premiers élèves à avoir bénéficié de la priorité accordée au primaire, et à la création de nouveaux postes d’enseignants, sous le quinquennat de François Hollande, ne seront en effet testés par Pisa que lorsqu’ils seront devenus lycéens… pour l’édition 2024.

Ce sont les jeunes eux-mêmes qui l’affirment, corroborant un constat déjà dressé par leurs enseignants : il y a trop de bruit dans les salles de classe. Un jeune de 15 ans sur deux déclare qu’il y a du chahut ou du désordre dans la plupart des cours, et un quart dans tous les cours! Un niveau inquiétant qui place l’Hexagone très bas dans le tableau des élèves sages. « Il n’y a qu’en Argentine et au Brésil où l’indice du climat de discipline est inférieur à la moyenne observée en France », indique l’étude de l’OCDE.

Le phénomène pénalise surtout les élèves déjà les plus fragiles, puisqu’il s’observe majoritairement dans les établissements les plus en difficulté. Comment le résorber ? En améliorant la formation des enseignants français sur la gestion de classe, répondent les analystes de l’OCDE. Un conseil qui vaut pour la discipline comme pour le niveau en écriture, en maths ou en sciences.

Nouvelles technologies: la menace d’un contrôle social généralisé

Nouvelles technologies (5G, internet, console etc.): la menace d’un contrôle social généralisé

On sait que les Chinois ont déjà développé un système d’information qui permet de contrôler la population, ce qu’elle fait et ce qu’elle pense.  Grâce aux nouveaux outils technologiques, la Chine développe des systèmes encore plus sophistiqués pour suivre encore de plus près le comportement de chacun et l’influencer. En partant d’un banal outil de scoring financier, les chinois bâtissent un puissant système pour noter le comportement citoyen tous les habitants du pays. Le contrôle social sera un enjeu majeur des prochaines décennies. Et pas seulement en Chine. On sait que la technologie type G5 notamment ou encore les consoles permettront de recueillir une masse d’informations personnelles sur les activités de chacun ,les déplacements, les goûts, les affinités, les engagements et les personnalités. Il s’agira en retour de nourrir, grâce à la puissance des nouveaux outils, les facteurs qui influencent la personnalité.

En clair, s’agira de peser sur les comportements et la pensée des citoyens désormais plus ou moins télécommandés sans même qu’ils en soient très conscients . Déjà avec les études marketing actuelles et les outils d’information commerciale, il est possible d’orienter de manière assez significative le choix des ménages. Les produits qu’ils achètent ne se retrouvent pas par hasard chez les consommateurs. On peut le vérifier à travers la modification  des modes de consommation largement influencés par la publicité, les lobbys et les influenceurs à leur service. Mais demain, il ne s’agira pas simplement d’une intervention de la technologie dans le domaine marchand mais comme en Chine d’intervenir sur les comportements et le contenu même de la pensée. Avec de tels outils, la démocratie pourrait être gravement mise en danger;  si les nouvelles technologies  ne sont pas régulées, de nouvelles formes de dictatures pourraient apparaître. Justement ce que recherche la Chine pour pérenniser son système de domination et d’aliénation par le parti communiste. Mais un risque qui pourrait affecter d’autres pays comme les États-Unis ou même l’Europe. Et ce ne sont pas les opinions révélés par les sondages qui s’y opposeront comme le déclarait déjà Bourdieu en 1972 :

« On sait que tout exercice de la force s’accompagne d’un discours visant à légitimer la force de celui qui l’exerce ; on peut même dire que le propre de tout rapport de force, c’est de n’avoir toute sa force que dans la mesure où il se dissimule comme tel. Bref, pour parler simplement, l’homme politique est celui qui dit : « Dieu est avec nous ». L’équivalent de « Dieu est avec nous », c’est aujourd’hui « l’opinion publique est avec nous ». Tel est l’effet fondamental de l’enquête d’opinion : constituer l’idée qu’il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible. »

Black Friday : l’écologisme contre la croissance

Black Friday  : l’écologisme contre la croissance

 

Il fallaiat s’y attendre, le debat entre fin du monde et croissance  va continuer d’être hystérisé entre des écolos qui souhaitent une décroissance et les productivistes qui considèrent  que l’approche environnementale va tuer la croissance. Marc Guyot et Radu Vranceanu , Professeurs à l’ESSEC,  défendent dans la Tribune une approche économique très classique au nom des libertés. Il en profitent pour condamner les nostalgiques du collectivisme. Un article intéressant pour comprendre les clivage actuel entre fin du monde et croissance.

 

 

« Le Black Friday est une tradition de soldes aux Etats-Unis qui se diffuse dans le monde entier, soit à l’identique, soit dans un esprit propre à chaque pays. Il faut dire que le principe d’un jour dédié à une grande braderie n’est pas une nouveauté et est plutôt populaire par nature. Cette année, le Black Friday, qui semble être massivement adopté en France, a provoqué chez un certain nombre de responsables politiques des réactions surprenantes.

Dans le modèle économique de base expliquant la conjoncture de court terme, modèle consensuel utilisé aussi bien par les libéraux que par les interventionnistes, l’évolution mensuelle du chômage dépend de l’évolution mensuelle de la croissance du PIB qui lui-même dépend essentiellement de la vigueur de la consommation des ménages. A court terme, un accès de pessimisme des ménages qui les amènerait à consommer moins et à épargner plus conduirait à un tassement de la croissance et une moindre création d’emplois.

La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis et le ralentissement des échanges mondiaux pèsent sur les exportations nettes et l’investissement, ce qui génère un ralentissement de la croissance mondiale qui touche aussi l’économie française. Dans ce contexte, le maintien d’une croissance suffisante pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail dépend du maintien de la consommation des ménages à un bon niveau. C’est vital aux Etats-Unis mais aussi dans tous les pays du monde. La consommation intérieure doit prendre le relais de l’investissement et des exportations pour que la machine à créer des emplois continue de tourner.

 

La conversion médiatique d’un certain nombre de responsables politiques à l’écologisme déconnecté de l’espace-temps complique un peu la donne. En effet, elle crée un dilemme entre la création d’emplois tirée par la consommation et une décroissance fantasmée comme la solution au changement climatique accompagnée d’injonctions flétrissant le consumérisme des masses populaires manipulées, comme il se doit, par les multinationales.

Dans le monde d’incantations et d’immédiateté de l’écologisme médiatique, l’innovation, les incitations et les taxes intelligentes comme la taxe carbone n’existent pas. En revanche, il existe des bons et des méchants et le camp du bien doit non seulement renoncer à prendre l’avion mais aussi interdire aux rustres sans conscience de surconsommer aux prétextes de soldes géantes à l’odieux accent yankee.

La révolte des gilets jaunes, autre sous-catégorie d’assimilés rustres consommant odieusement du gasoil, est venue en réaction à ce même type d’insensibilité face aux enjeux de pouvoir d’achat d’une part et aux enjeux d’espace-temps d’autre part, ici la mobilité dans les zones rurales.

Le succès du Black Friday est avant tout une conséquence normale d’une perception d’augmentation du pouvoir d’achat et un coup de fouet bien venu à la consommation dans une période de temps, anciennement appelé l’Avent, qui ouvre la période de Noël et l’achat des cadeaux.

Le problème avec ces contempteurs de rustres c’est que les vrais problèmes ne sont pas traités. Le recyclage, la diminution des emballages, l’optimisation de ce qui peut l’être ne se font pas à grand coup de condamnation mais avec des incitations appropriées venant des pouvoirs publics et en lien avec les entreprises. En effet, les firmes du secteur de la distribution et de la grande consommation savent à quel point, contrairement à ce qu’affirme l’écologisme-médiatique, les consommateurs sont devenus sensibles aux problématiques d’environnement. Les grandes firmes les plus réactives ont commencé une réflexion sur la baisse des quantités d’emballage et communiquent sur la recyclabilité de ceux-ci.

Le contexte concurrentiel, alimenté par la pression des consommateurs et des ONG, ne laisse pas d’autre choix qu’une course au vert qui devance la loi et les normes. Les entreprises cherchent d’autant plus à être ingénieuses dans cette course au vert que leurs collaborateurs les plus jeunes s’y retrouvent sincèrement et sont moins disposés à travailler dans des entreprises sans initiatives environnementales.

Le plus grand tort qu’on puisse faire à la défense de l’environnement c’est de laisser les nostalgiques du collectivisme s’approprier le sujet. Sous l’objectif apparent de contenir le réchauffement climatique et la pollution, ils alimentent des peurs servant à justifier la restriction des libertés individuelles, la mise sous tutelle de la propriété privée, de la libre entreprise et du marché concurrentiel en faveur d’une société planifiée du contrôle supposée nous conduire vers le bien commun tel qu’ils l’auraient défini. Les résultats du planisme sont prévisibles en cela qu’ils ont été les mêmes partout : pauvreté, restriction des libertés, corruption destruction de la nature et catastrophes écologiques majeurs.

Un succès du Black Friday à la française serait une bonne nouvelle pour la croissance et en aucun cas une mauvaise nouvelle pour l’environnement. Les enjeux climatiques se traitent à moyen terme avec un mix intelligent entre l’action publique et les initiatives privées grâce au contexte de prise de conscience générale des problématiques environnementales. »

5 décembre Retraites : la CFDT-Cheminots appelle à la grève

5 décembre Retraites : la CFDT-Cheminots appelle à la grève

Il est clair que la CFDT-cheminots était dans une position intenable coincée entre l’orientation de la confédération qui approuve une réforme systémique ( mais pas paramétrique) et le gouvernement qui n’a pas fait la moindre ouverture. Rappelons que l’année dernière une important réforme est intervenue à la SNCF se traduisant en particulier par la suppression du statut pour les nouveaux embauchés. Mais un statut qui ne serait pas remis en cause pour les salariés actuels de l’entreprise. En fait, avec la réforme des retraites, cet engagement du gouvernement est totalement contradictoire. À tout le moins on aurait pu s’attendre à une négociation qui permette de concilier l’engagement précédent du gouvernement vis-à-vis des cheminots et son orientation générale à l’égard des retraites.

 

Il est possible que le gouvernement veuille mesurer le rapport de force avant de faire actuelle concession. Le problème, c’est qu’il risque d’amplifier le mécontentement et la mobilisation en fermant la porte à tout compromis. L’engagement de la CFDT-cheminots dans la grève pourrait bien constituer un point de basculement dans la lutte qui oppose maintenant les syndicats gouvernement. Rappelons par ailleurs que la CFDT au plan confédéral est le premier syndicat de France.

 

La CFDT-Cheminots, qui avait déposé un préavis de grève pour obtenir « des engagements clairs » du gouvernement, a donc appelé lundi 2 décembre « tous les cheminots à se mettre en grève reconductible » le 5 décembre, faute d’avoir obtenu des réponses de l’exécutif, a-t-elle annoncé ce lundi. Le syndicat appelle les salariés de la SNCF à « montrer au gouvernement leur détermination à défendre les spécificités de [leurs] métiers ».

La CFDT-Cheminots estime que le gouvernement « veut jauger le niveau de mobilisation des cheminots pour mesurer le rapport de force au lieu de mettre ses propositions sur la table ». « Montrons-lui notre détermination » en partant en  »grève reconductible« , ajoute le syndicat à l’adresse des salariés de la SNCF.

« Avant de se poser la question de faire la grève ou pas, il faut d’abord voir ce qu’on a sur la table. La @cfdtcheminots ne demande pas le maintient d’un privilège mais au moins d’avoir une proposition sur la table pour que la discussion démarre »@fredericseve #LeTelSonne

— CFDT (@CFDT) December 2, 2019

Représentant plus de 18% des conducteurs de train, la CFDT-Cheminots demande notamment au gouvernement de respecter « l’engagement pris en 2018″ lors du vote de la réforme ferroviaire, où « la contrepartie » à l’arrêt des embauches au statut de cheminot (à partir du 1er janvier 2020) « était le maintien des droits » du régime spécial de retraite des cheminots.

 

Favorable à une réforme  »systémique » des retraites, la fédération CFDT des cheminots rappelle qu’elle soutient les revendications de sa confédération : « un système basé sur la solidarité et le maintien de l’âge de départ à la retraite » à 62 ans.

Les trois autres syndicats représentatifs de la SNCF – CGT-Cheminots, Unsa ferroviaire et SUD-Rail – ont déposé ensemble un préavis de grève reconductible pour jeudi, journée de grève nationale interprofessionnelle contre la réforme des retraites à l’appel de la CGT, FO, Solidaires et la FSU

Inondations: la température et l’urbanisation en cause (Emma Haziza, hydrologue)

Inondations: la température et l’urbanisation en cause (Emma Haziza, hydrologue)

 

 

« La mécanique qui permet la puissance de ces phénomènes, c’est la température de la mer, et comme elle est particulièrement élevée, on a des phénomènes plus violents et plus intenses » estime Emma Haziza, hydrologue dans une interview à France Info

 

 

Est-ce que le premier épisode d’intempéries la semaine dernière a fragilisé les sols ?

Emma Haziza : Absolument, le coefficient d’humidité était extrêmement élevé, les territoires étaient très saturés en eau, ce qui correspond à un paramètre aggravant. La moindre sollicitation pluviométrique génère donc sur les sols des réactions extrêmement intenses. Ce sont vraiment les zones du Pertuis et de Cannes qui ont été touchées par des précipitations diluviennes et donc on a vu des effets de ruissellement très importants émerger un peu partout, directement liés aux pluies colossales de la semaine dernière.

 

Deux épisodes en une semaine, est-ce lié au réchauffement climatique ?

On a toujours connu des épisodes intenses, notamment en 1958 dans le Gard où on a eu plusieurs événements qui se sont succédé, et qui ont d’ailleurs été plus importants la deuxième fois. Maintenant, ce que l’on voit aujourd’hui, c’est que sur des territoires extrêmement urbanisés, on observe une vulnérabilité accrue. Ce qui est exceptionnel, c’est cette vigilance de niveau rouge, deux fois de suite, en l’espace de huit jours. Cela n’était pas arrivé depuis la création du système de vigilance de Météo France, ce qui montre bien que l’on est sur des phénomènes de plus en plus intenses, de plus en plus forts. Parce que la mécanique qui permet la puissance de ces phénomènes, c’est la température de la mer, et comme elle est particulièrement élevée, on a des phénomènes plus violents et plus intenses.

Que faut-il faire face à ces phénomènes plus violents justement ?

Je pense qu’il existe de nombreuses solutions à mettre en place sur le territoire. On s’est beaucoup focalisé sur le principe de contrer l’aléa, notamment en mettant des digues, en essayant de contrôler le cheminement de l’eau, mais on voit bien qu’avec l’urbanisation sur la côte, c’est quelque chose qui devient compliqué. Il faut se concentrer sur les enjeux, car il y a beaucoup de choses à faire. Aujourd’hui, on est capable de travailler à l’échelle du bâti, des entreprises, et donc d’essayer de transformer chaque habitation, pour leur permettre de subir jusqu’à une certaine hauteur d’eau sans qu’elle ne pénètre dans le bâtiment.

En France, on a un million de personnes qui vivent en zone inondable, on ne va pas pouvoir détruire toutes ces habitations, ni déloger ces habitants. La principale solution c’est d’aller vers de la résilience et de l’adaptation du bâti. L’heure est assez grave pour que l’on puisse se pencher sur la problématique puisque les assurances ne pourront pas tenir plusieurs années à ce rythme-là.

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