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Fin de la Ve République ?

Fin de la Ve République ?

 

Après les législatives la France est menacée de paralysie politique estime un papier de la Tribune qui pose aussi la question de la fin possible de la Ve République

Le second tour a amplifié, tout en la confirmant, la déconfiture électorale de la majorité présidentielle. Ensemble n’obtient qu’une majorité toute relative et face à la poussée de la Nupes et du RN, va devoir s’allier pour gouverner. Avec la droite républicaine ou avec la gauche de gouvernement ? Ou les deux selon les circonstances, comme Rocard entre 1988 et 1991 ? De la réponse dépendra le sort du gouvernement d’Elisabeth Borne, réélue dans le Calvados. Face au risque d’un blocage du pays, Emmanuel Macron entame son second mandat par un désaveu qui rend la situation politique très instable dans un moment où l’économie le sera tout autant.

Au terme de deux interminables campagnes électorales, présidentielle et législatives, c’est un échiquier politique inattendu et totalement inédit qui sort des urnes en ce début d’été 2022 avec une Assemblée nationale qui reflète les divisions et les fractures apparues au cours du premier mandat d’Emmanuel Macron. Le président de la République réélu en avril va devoir affronter dans les prochains mois une situation très instable avec une absence de majorité absolue, pour la première fois depuis Mitterrand en 1988 ou les débuts de la Vème République.

Le fait majoritaire, qui servait d’ancre au fonctionnement des institutions depuis soixante ans, a volé en éclat lors du second tour des législatives et c’est un revers majeur pour la macronie qui, tout en arrivant en tête, tremble sur ses bases. Avec des personnalités emblématiques comme le président de l’Assemblée sortante, Richard Ferrand, battu par la Nupes, tout comme l’ancien ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, mais aussi la ministre de la planification écologique Amélie de Montchalin, La République en Marche a été sanctionnée durement. « Donnez moi une majorité pour agir » avait demandé Emmanuel Macron avant de se rendre à Kiev en milieu de semaine : les Français dans leur majorité, ont choisi de le sanctionner en envoyant à l’Assemblée une majorité introuvable.

Ce séisme politique est d’autant plus spectaculaire qu’il s’accompagne de changements tectoniques dans le rapport des forces. Pour la première fois, et c’est la grande surprise de ce second tour des législatives, le Rassemblement national remporterait entre 80 et 95 sièges, soit plus que la droite républicaine, ce qui constitue une victoire incontestable pour la finaliste de la présidentielle, Marine le Pen, largement réélue dans le Nord.

Quant à la poussée de la Nupes, elle ne permet pas à Jean-Luc Mélenchon, qui ne se représentait pas à Marseille, de réussir son pari : se faire « élire Premier ministre » en imposant une cohabitation. Le coup marketing est réel, avec une alliance des gauches hier irréconciliables, mais son appel à la jeunesse n’a pas été entendu, 78% des 18-24 ans s’étant abstenus à nouveau au second tour. Il reste aussi à voir si la Nupes restera unie alors que les députés siégeront dans leurs groupes respectifs (France Insoumise, PC, PS, EELV).

S’il n’y a donc pas de majorité alternative au bloc central Ensemble !, qui reste la première force politique du pays, Emmanuel Macron devra tendre la main pour gouverner, ce qui n’est pas son tempérament. Une alliance naturelle semble possible avec la droite républicaine même si celle-ci n’obtient qu’une soixantaine de députés. Mais ce serait aussi la fin du « en même temps », du « et de droite et de gauche », l’ambiguïté originelle du macronisme. A moins que le chef de l’Etat tente de louvoyer en draguant entre la gauche et la droite de gouvernement en fonction des projets de loi, ce qui ne sera pas aisé et expose le pays à un risque réel de paralysie sur les choix essentiels.

Devenu un « président minoritaire », comme l’a qualifié dimanche Marine le Pen, le chef de l’Etat sera en permanence pris en étau entre deux oppositions de force presque égale : la Nupes et son programme de gauche radicale et écologique ne le ménagera pas sur les retraites ou la nécessaire rigueur budgétaire que va imposer la remontée des taux d’intérêt. Et le RN sera tout aussi virulent sur le pouvoir d’achat ou sur les questions de sécurité ou d’immigration.

D’une certaine façon, nous avons donc peut-être assisté ce dimanche 19 mai à la fin de la Vème République telle que nous l’avons connue. Le régime, bousculé par la révolte des Gilets Jaunes au cours du premier quinquennat, bascule dans un parlementarisme qui reste à inventer dans un pays longtemps résigné à une pratique proche de la monarchie présidentielle. C’est à coup sûr la fin de l’hyper-présidence, l’exécutif étant contraint à une culture du compromis politique, ce qui n’est pas forcément une mauvaise nouvelle pour répondre à la crise démocratique.

Pour Emmanuel Macron, le changement, c’est donc maintenant. Après une telle claque électorale, le président de la République va devoir prendre des décisions rapides : comme l’a dit Bruno Le Maire, « gouverner ne va pas être simple, il va falloir faire preuve de beaucoup d’imagination ». Macron pourra-t-il maintenir à Matignon Elisabeth Borne, certes réélue dans le Calvados, mais très fragilisée par la défaite de la majorité qu’elle était censée conduire à la victoire ? Elle a appelé dimanche soir à construire « une majorité d’action », un concept bien flou… Quel sera le sort de la réforme emblématique des retraites ? La droite se laissera-t-elle tentée comme le maire de Meaux Jean-François Copé par un « pacte de gouvernement » avec Ensemble ? Sur quelles bases ? Quel est enfin le risque de blocage du pays sous la pression d’un quatrième tour social dans la rue et d’un parlement rendu incandescent par la poussée de la Nupes ?

Une chose est sûre, la stratégie d’ouverture à gauche en nommant Elisabeth Borne est un échec patent dont le président, qui a longtemps hésité à nommer Catherine Vautrin pour faire campagne à droite, devra tirer toutes les conclusions politiques. Quant à la possibilité d’une dissolution, le chef de l’Etat ne pourra pas en user avant dans un an, ce qui nous promet douze mois agités dans un contexte économique et géopolitique particulièrement incertain.

COVID :Les crédits de la recherche stoppés !

COVID :Les crédits de la recherche stoppés !

 

Le chercheur Mircea Sofonea déclare que les moyens alloués à une partie de la recherche sur le Covid-19 ont été stoppés, empêchant de faire des projections sur l’évolution de l’épidémie.

Un désengagement de l’État dans la recherche sur le Covid-19? L’épidémiologiste Mircea Sofonea assure ce dimanche sur BFMTV que certains financements, permettant de mener des projections sur l’évolution du virus, ont été arrêtés, malgré la poursuite de l’épidémie. Une « première », selon lui.

« C’est la première fois depuis presque deux ans et demi qu’il n’y a pas de projections publiques en France sur l’actuelle vague », dénonce-t-il.

« Cela s’explique par plusieurs paramètres. (…) Il se trouve qu’il y a un manque de moyens dans la recherche, un désintérêt aussi de l’État et donc un manque de financements sur cette activité », assure-t-il.

L’épidémiologiste s’inquiète spécifiquement pour les financements des recherches scientifiques permettant de réaliser des projections de l’évolution du virus et de prévoir les prochaines vagues.

Pour l’épidémiologiste, si le financement de la recherche des projections épidémiologistes « coûte moins d’argent que de développer des vaccins », il estime que « ce sont des moyens qui peuvent être mis en place par l’État ».

« Malgré l’enjeu sanitaire, l’État s’est désengagé de cette dynamique », déplore-t-il.

L’arrêt de ces financements a des conséquences concrètes sur le travail des recherches, pour Mircea Sofonea.

« J’ai, par exemple, des personnes dans mon équipe, qui n’a pas grossi depuis le début de l’épidémie de Covid, qui seront malheureusement en arrêt de contrat en 2023″, assure-t-il.

Le chercheur explique que pour compenser ce manque de moyens, son équipe doit postuler à des projets pour trouver d’autres moyens de financements.

« Ça veut dire qu’on passe beaucoup plus de temps à essayer d’avoir des financements pour pérenniser certains chercheurs précaires dans l’équipe ne serait-ce que pour maintenir l’activité de projection. Ce manque de temps impacte aussi la recherche », s’inquiète-t-il.

Comment affronter la future crise de la tech

Comment  affronter la future crise de la tech

 

Le krach boursier annoncé des entreprises tech et les mises en garde des fonds de capital-risque causent déboires et sueurs froides aux start-up et entreprises. Comment les relations publiques peuvent-elles aider les entreprises tech à surmonter ces difficultés ? Les communicants de l’agence internationale de RP Red Lorry Yellow Lorry, spécialisée en Tech B2B, partagent leurs conseils aux entreprises pour anticiper les défis des prochains mois. Par Hélène Joubert, Jack Benda, Elisabeth-Astrid Beretta, Lena Grün et Justin Ordman - consultants UK, Allemagne, France et US de Red Lorry Yellow Lorry PR.

 

L’effondrement du Nasdaq (28% de pertes depuis janvier, soit 1000 milliards de dollars) a entraîné une crise sans précédent des valorisations tech. La hausse des taux d’intérêts a pénalisé le financement des valorisations technologiques et le problème se manifeste dans les marchés privés. Softbank a annoncé 27 milliards de dollars de pertes pour ses Vision Funds sur l’année fiscale passée, Ark Innovation a perdu 55% depuis le début de 2022. Des start-up comme Klarna ont dû licencier 10% de leurs effectifs pour espérer atteindre leurs objectifs.

Les relations publiques peuvent être d’une grande aide aux entreprises dans cette période d’une grande complexité. Quelques bonnes pratiques d’anticipation peuvent aider à garder le cap.

Après une période faste pour la tech, les temps sont à la prudence. Face à des atermoiements financiers, aux craintes de leurs clients, fournisseurs, partenaires et employés, les entreprises tech se demandent comment rassurer. Pour cela, il faut se saisir en amont des leviers stratégiques qu’offre la communication.

« Plus que jamais, les communicants doivent se saisir des enjeux stratégiques de leur entreprise, en ayant une vue holistique de celle-ci : dynamique concurrentielle, pression financière, road-map des Go to Market, culture et mission…. », explique Hélène Joubert, Directrice Europe de Red Lorry Yellow Lorry. « Ce n’est qu’en ce faisant, que la communication peut venir répondre aux enjeux réputationnels de l’entreprise et devenir un asset primordial pour maintenir la  crédibilité de l’organisation  ainsi que son  levier d’influence. » On doit donc envisager la communication comme un levier devant être intégré à la stratégie et à la gouvernance d’entreprise.

 

Dans un contexte de tension, les esprits sont plus agités qu’à l’accoutumée et tout message raisonne davantage qu’en temps normal. Qui plus est, selon Jack Benda, directeur de comptes senior au UK, « il faut oublier toute idée de séparation entre la communication interne et externe. Toute information peut fuiter à tout momentIl faut maintenir une cadence de communication régulière et communiquer de la manière la plus transparente possible, dans la mesure du raisonnable ».

Aussi, est-il crucial de comprendre vos parties prenantes et les messages qui les intéressent. « Le fait que vous ne puissiez pas séparer vos messages en cas de crise représente un véritable défi en matière de gestion des parties prenantes. Les différentes parties prenantes ont des priorités différentes et parfois divergentes – le personnel s’intéresse aux salaires et à la sécurité de l’emploi ; les investisseurs s’intéressent au rendement ; les clients s’intéressent à la continuité des services. Essayer de trouver des messages qui garantissent la transparence tout en satisfaisant toutes ces parties est l’un des plus gros défis, et nécessite souvent l’œil impartial d’un expert externe en communication », spécifie-t-il.

 

Pas toutes les entreprises tech ne sont à risque d’effondrement, la valeur ajoutée de certaines est une constante. Certains financements ne sont que retardés. Néanmoins, « il faut se méfier d’un effet boule de neige qui provoquerait des rétractations. Il va falloir visibiliser la pérennité des business models, les relais de croissance, afficher des ambitions réalistes, souligner l’expérience des dirigeants, la compliance des entreprises, mettre en exergue les dispositifs qui assurent leur bonne gestion, les externalités positives… », selon Elisabeth-Astrid Beretta, consultante senior en France.

Cependant, il incombe aux dirigeants de donner des perspectives plus larges. Pour renforcer le message, il conviendra de l’alimenter de faits tangibles et de données concrètes, laissant entrevoir un dénouement heureux à cette conjecture.  »Irriguer son écosystème d’études de marché inédites, de données, peut aider à consolider le soutien des parties-prenantes, à évaluer le contexte et à laisser entrevoir non pas ‘si’, mais approximativement ‘quand et comment’ une entreprise ou un marché sortiront d’une mauvaise passe », conclut-elle.

 

Après deux ans de pandémie, d’une inflation croissante, d’une récession imminente et avec une guerre en Europe, la santé mentale des individus est mise à rude épreuve. Selon le rapport de Sapien Lab de mai 2022, la moitié des jeunes adultes (donc entrants  sur le monde du travail) ont vu leur santé mentale décliner au cours de la deuxième année de pandémie : ils sont pourtant tous les jours au travail. Il faut prioriser leur bien-être. En plus, recruter est difficile et les employés constituent un groupe de pression officieux qui peut médiatiquement apporter ou retirer son soutien à une entreprise.

Tenir compte de leur bien-être se reflète dans la manière dont on communique avec eux, surtout en cas de crise. Pour éviter toute confusion, la désinformation et les rumeurs, « il faut communiquer avec ses équipes sur un plan personnel, et ne pas les inonder de messages énigmatiques, de jargon et d’annoncer des changements radicaux dans votre entreprise par des mails collectifs. Il faut leur parler directement avant qu’ils ne commencent à s’interroger. Parfois, cela implique d’admettre que vous ne pouvez pas entièrement prédire ou saisir l’effet à long terme des événements sur votre entreprise « , conseille Lena Grün, directrice de comptes en Allemagne. Néanmoins, la communication ne doit pas être à sens unique : « Idéalement il faut permettre aux collaborateurs un moyen de poser des questions pour démystifier certaines fausses informations qui pourraient déjà s’être répandues », ajoute-t-elle.

 

Face à la démultiplication des outils de communication et des relais d’opinion, il convient d’être présent sur tous les fronts. « Il faut investir dans les outils marketing qui aideront à mieux jauger de l’efficacité d’une campagne, afin de pouvoir rapidement rediriger une éventuelle mauvaise stratégie et d’optimiser le budget marketing. Il est nécessaire également de tirer parti des réseaux sociaux, sur lesquels il est possible de lancer des campagnes et de cibler le public adéquat avec une barrière d’entrée à faible coût. Notamment à travers une stratégie de contenus… », recommande Justin Ordman, Head of Enterprise IT practice.

C’est souvent la première tentation des entreprises en période de difficulté mais il faut s’abstenir de réduire les budgets en relations publiques. C’est au contraire le moment d’exploiter les leviers qu’elles offrent. « Il ne faut surtout pas disparaître. Les autres entreprises se retireront en période de récession, et celles qui maintiendront la visibilité de leur marque gagneront des parts de marché dans leur secteur. Investir dans les relations publiques aujourd’hui, c’est aussi se préparer pour l’avenir », ajoute-t-il.

 

Rappelons-le, si certaines valorisations ont été surpayées, bénéficiant d’un engouement désormais obsolète au sortir des cycles de confinement, c’est loin d’être le cas de très nombreux services et de technologies à réelle valeur-ajoutée sur lesquels les investisseurs ne cesseront pas de miser.

Certaines technologies apporteront même des solutions et une richesse réputationnelle aux autres entreprises dans cette phase compliquée. En revanche, même les plus performantes pourraient pâtir de la frilosité généralisée des investisseurs, et certaines bonnes pratiques de gestion réputationnelles peuvent anticiper et dépasser le problème. Et pour cause, le lancement prochain d’Euronext Tech Leaders, l’indice boursier des valorisations tech européennes, donne un horizon au secteur.

Hélène Joubert, Jack Benda, Elisabeth-Astrid Beretta, Lena Grün et Justin Ordman

La tentation d’un régime totalitaire pour remplacer une démocratie défaillante ?

La tentation d’un  régime totalitaire pour remplacer une démocratie défaillante ?

 

Plusieurs enquêtes d’opinion révèlent la tentation d’un exécutif fort auprès d’une large partie de la population, mais celle-ci est contrebalancée par une demande d’empathie en apparence contradictoire, observe le politiste Bruno Cautrès dans une tribune au « Monde ».

 

Depuis le soir du second tour des élections législatives, une série de questions ne quitte plus nos débats politiques : le pays est-il « gouvernable » comme cela ? La France ne devrait-elle pas apprendre les vertus des coalitions gouvernementales ? Le modèle politique français est-il compatible avec la recherche de compromis autour de « majorités de projets » ?

Beaucoup soulignent la contradiction entre des institutions politiques qui consacrent le rôle présidentiel et la recherche de ces solutions de compromis. On évoque souvent la tradition française d’un pouvoir exécutif fort devant avoir les mains libres pour gouverner et le peu de goût de notre culture politique pour l’art des compromis.

Les données de plusieurs études académiques semblent, au premier abord, bien attester de cette « particularité » française : selon la série d’enquêtes sur les valeurs des Européens, on constate en France un désir d’autorité pour tout ce qui touche à la sphère publique, une valorisation de l’autorité publique (qui s’accompagne néanmoins d’une forte demande d’autonomie et d’aspiration à la liberté dans le domaine de la vie privée).

Cette valorisation de l’autorité dans le domaine politique s’accompagne d’une forte insatisfaction sur le fonctionnement démocratique du pays : début 2021, le baromètre de la confiance politique du Cevipof montrait que seules 42 % des personnes interrogées considèrent que la démocratie fonctionne bien en France, un pourcentage très nettement inférieur à ce que l’on observe au Royaume-Uni (61 %) et en Allemagne (67 %) dans la même enquête.

Cette insatisfaction démocratique se conjugue avec un profond sentiment de défiance politique : début 2022, 77 % des personnes interrogées dans cette enquête annuelle du Cevipof pensent que les responsables politiques ne se préoccupent pas de ce que pensent les gens comme eux, 75 % que les responsables politiques sont déconnectés de la réalité et ne servent que leurs propres intérêts, 79 % que les hommes politiques parlent trop et n’agissent pas assez.

Dans un contexte de crises à répétition, cette défiance nourrit la demande inquiétante d’alternatives à la démocratie : confier le gouvernement à des experts ou à un leader fort « qui n’a pas à se préoccuper des élections ou du Parlement » séduit respectivement près de la moitié et le tiers des personnes interrogées par l’enquête du Cevipof au début 2022. Sur fond de gestion de la crise sanitaire liée au Covid-19, la demande d’efficacité semble même pousser 27 % d’entre elles à déclarer qu’un bon système de gouvernement pour la France pourrait être « l’armée dirigeant le pays » et 47 % « qu’en démocratie rien n’avance, il vaudrait mieux moins de démocratie mais plus d’efficacité » !

Covid 3 juillet 2022: irresponsabilité du gouvernement face à la hausse en France

Covid 3 juillet 2022: irresponsabilité du gouvernement face à la hausse en France

 

non seulement la campagne électorale a fait l’impasse la question militaire liée à la Covid mais le danger est toujours autant ignoré par un gouvernement irresponsable. Pire, le ministère de la santé avec le départ de la ministre battu aux élections est aux abonnés absents. Quant à l’administration et a décidé déjà depuis plusieurs semaines de ne plus publier de statistiques les week-ends considérant que la situation s’améliore !

En réalité les statistiques françaises sont particulièrement mauvaises comparées aux autres pays. Ainsi en France on a même atteint 125 000 contaminations nouvelles dans les dernières publiées vendredi 1er juillet. Et les hospitalisations reprennent aussi nettement à la hausse.

La semaine du 20 au 26 juin, la hausse des nouvelles hospitalisations s’est également poursuivie (+19%) après une augmentation de 26% la semaine précédente. Jeudi, 15.836 personnes étaient hospitalisées avec un diagnostic Covid. Les taux d’hospitalisation étaient particulièrement élevés chez les 80-89 ans (35,4 pour 100.000 habitants) et les 90 ans et plus (61,8 pour 100.000), précise Santé publique France. Sur la semaine étudiée, le nombre de décès à l’hôpital et en établissements et services médico-sociaux a aussi augmenté après plusieurs semaines de baisse (225, +3%).

À peu près toutes les protections ont été levées en France en raison du contexte électoral afin de ne pas déplaire aux Français. Il serait pourtant urgent de rétablir les mesures d’hygiène en particulier dans les lieux clos et les transports; de relancer aussi la politique de vaccination.

 

  • En France, on a enregistré ce vendredi 1 juillet 2022,  +125.066 ces dernières 24h, +52 morts en 24h soit 149.585 au total. Le nombre total de décès en EHPAD et EMS fait état de 28.904 (+1) décès au total. Le nombre total de décès en milieu hospitalier est lui de 120.681 (+51 en 24h). 53.562.287 personnes sont totalement vaccinées contre la covid-19 en France.
  • L’Espagne recense aux dernières remontées, 12.734.038 (0) cas au total. Le pays dénombre, le jeudi 30 juin 2022, 107.906 morts au total soit 0 depuis le dernier bilan. 95.071.546 doses de vaccin ont été administrées.
  • Le Portugal enregistre +25 morts en 24h ce mercredi 29 juin 2022 portant le total à 24.149 morts depuis le début de la pandémie et +10.657 nouveaux cas en 24h soit un total de 5.171.236 cas confirmés. 24.616.852 doses de vaccin ont été administrées.
  • Au Royaume-Uni, on compte +14.586 nouveaux cas en 24h, soit 22.720.797 cas au total depuis le début de l’épidémie. Le pays enregistre, ce mercredi 29 juin 2022, +12 morts en 24h soit 180.330 morts au total. 103.703.976 doses de vaccin ont été administrées.
  • En Italie, on note +86.900 nouveaux cas ces dernières 24h. On compte +72 décès en 24h ce vendredi 1 juillet 2022. Le nombre de décès est désormais de 168.425 au total depuis le début de l’épidémie. Le nombre total de cas recensés est de 18.610.011. 138.272.875 doses de vaccin ont été administrées.

Agressivité au volant : Un révélateur de la bestialité

 

Agressivité au volant : Un révélateur de la bestialité

Pourquoi est-on aussi tolérant vis-à-vis de la violence routière, s’interroge, dans sa chronique, Philippe Bernard, éditorialiste au « Monde ».

L’homme moderne descendant de l’Homo sapiens détiendrait encore 1 % des gènes de l’homme de Neandertal. Ce pourcentage pourrait cependant être nettement supérieur pour les conducteurs agressifs au volant qui se comportent comme des abrutis voire des assassins NDLR

 

Si l’on considère le comportement des Français au volant comme un précipité de leur attitude générale en société, on peut se faire du souci pour notre capacité à vivre ensemble. Près de deux automobilistes sur trois reconnaissent qu’il leur arrive d’injurier les autres conducteurs (davantage que les autres Européens), et 88 % admettent avoir déjà eu peur du comportement agressif des autres usagers de la route, selon un sondage Ipsos pour la société Vinci Autoroutes. A côté de la forte hausse de la mortalité routière depuis le desserrement des restrictions sanitaires, et la piètre performance de la France en matière de sécurité, l’agressivité au volant apparaît comme une calamité spécifique, d’autant plus inquiétante qu’elle fait l’objet d’un non-dit.

Aux Etats-Unis, Walt Disney a fait un sort aux conducteurs irascibles depuis bien longtemps. En 1950, le dessin animé Motor Mania mettait en scène un Dingo ambivalent : citoyen exemplaire et respectueux en tant que piéton, il se muait en un monstre incontrôlable sitôt au volant de sa Lincoln Zephyr jaune décapotable, éructant contre les autres automobilistes à la moindre contrariété.

Avec cette satire bon enfant de la jungle automobile naissante, on était bien loin de la road rage, la « colère au volant », un phénomène identifié et médiatisé par les Américains depuis la fin des années 1980 après une série de fusillades sur des autoroutes. Pour une queue de poisson, une vitesse jugée insuffisante, un geste déplacé, c’est un carambolage ou une rixe qui s’achève en tragédie. Plus récemment, la vogue des caméras embarquées a suscité sur Internet une floraison de vidéos de scènes de road rage, ainsi qu’une série de jeux vidéo où la conduite automobile devient un sport de combat.

En France, la réglementation sur les armes à feu empêche heureusement le même déchaînement de violence mortelle. Et les accès de road rage ne font l’objet d’aucune statistique ni du moindre débat. Mais l’expérience de la route, le sondage précité ainsi que de multiples faits divers attestent de la réalité du phénomène.

Ainsi, le 23 juin, le chauffeur d’un camion-benne ayant renversé délibérément puis passé à tabac un cycliste sur une route étroite de Charente-Maritime a été condamné par le tribunal correctionnel de Saintes à trois ans de prison dont un ferme« Je vais te mettre une branlée », avait prévenu le chauffard en sortant de son camion, furieux du geste qu’avait fait le cycliste pour lui demander de ralentir. Exceptionnelle, cette condamnation n’a pu intervenir que grâce au réflexe de la victime, qui a enclenché la caméra qu’il portait à son blouson et produit une vidéo devenue virale.

Après la Covid, la variole du singe en Europe

Après la Covid,  la variole du singe en Europe

 

Déjà 4500 cas confirmés de variole du singe en Europe et le nombre deux cas a été multipliés par trois en 15 jours.

Dans un communiqué, le directeur régional de L’OMS a appelé les pays européens à « augmenter leurs efforts dans les prochaines semaines et mois pour éviter que la variole du singe ne s’installe dans une zone géographique plus grande », alors que l’Europe compte désormais plus de 4500 cas confirmés en laboratoire, soit 90% des cas enregistrés dans le monde depuis la mi-mai.

Cela correspond à 90% des cas enregistrés dans le monde depuis la mi-mai, lorsque cette maladie jusque là endémique seulement dans une dizaine de pays d’Afrique a commencé à se multiplier en Europe.

Epicentre de cette nouvelle contagion, l’Europe compte désormais 31 pays ou territoires ayant rapporté des cas de variole du singe.

 Les experts de l’OMS avaient considéré samedi la flambée des cas comme une menace sanitaire dont l’évolution était très inquiétante, mais sans atteindre pour le moment le stade d’une urgence sanitaire mondiale.

 

Cryptomonnaies: la fin du Far-West

Cryptomonnaies: la fin du Far-West 

Les parlementaires européens ont choisi de siffler la fin du Far West, en créant notamment une déclaration obligatoire d’identité des propriétaires des cryptos. Pour ceux qui refuseraient de s’y plier, l’UE pourrait avoir recours au « name and shame » des acteurs.(un papier de la Tribune, extrait )

 

De reports, en tractations intenses dans les couloirs du Parlement européen, pour finalement aboutir à un premier dénouement. Après plusieurs mois de discussions, les trois institutions européennes qui interviennent sur le circuit de la loi (Commission, Parlement et Conseil de l’Europe) dans le cadre du trilogue, sont parvenues jeudi 29 et vendredi 30 juin à fixer un cadre plus strict pour la régulation des cryptoactifs.  »Un objectif important de la présidence française de l’UE », se félicite-t-on au Ministère de l’Economie au lendemain de la signature de l »accord à Bruxelles.

Parmi les mesures phares, celle sur l’identification de tous types de propriétaires de cryptomonnaies, rendue obligatoire pour les plateformes hébergeant ces actifs en Europe, via la disposition TFR (Transfert of Funds Regulation). Autrement dit, même pour de petites sommes détenues, c’est la fin de l’anonymat dans l’univers de la blockchain. Jusqu’ici, seules les adresses cryptées des portefeuilles numériques pouvaient être connues, car enregistrées et rendues publiques sur la « chaîne de blocs », mais pas l’identité de l’investisseur. Désormais, en obligeant de déclarer une identité, les parlementaires compte faire reculer les fraudes, dont le blanchiment d’argent et « le financement du terrorisme », explique la Commission. Particularité du texte, les portefeuilles non hébergés en ligne (sur des clés USB ou autre) devront aussi se soumettre aux mêmes déclarations d’informations personnelles, à l’image du KYC des banques (Know Your Customer).

Surtout, ce premier accord, bien que provisoire, acte un tournant dans la vision que les Vingt-Sept entendent donner à ces jetons qui promettent un monde sans intermédiaires. Parmi les parlementaires européens, des voix se sont élevées pour leur imposer la logique et le même cadre réglementaire que celui utilisé pour le monde bancaire et les actifs financiers traditionnels. « Quand vous retirez ou déposez de l’argent auprès d’une banque, tout est identifié et c’est bien normal. Il faut qu’il en soit de même pour les cryptos »expliquait à La Tribune la député européenne Aurore Lalucq.

Mais la mesure n’est pas du goût des acteurs du secteur. Dans une lettre adressé en avril aux ministres européens des finances, 40 acteurs ont contesté le principe de l’anonymat des détenteurs de cryptomonnaies. Ils défendent le droit à la protection de la vie privée des utilisateurs, versus un modèle où les plateformes vont accumuler des milliards de données personnelles que les autorités fiscales des Etats pourront potentiellement saisir. Ce sur quoi Bruxelles s’engage à faire appliquer le RGPD, son règlement pour la protection des données personnelles voté pour encadrer les géants de la Tech.

Ce texte, plus contraignant, pose aussi question en matière de souveraineté. Quid des plateformes américaines qui auraient les moyens juridiques de refuser de telles déclarations et de tels transferts de données ? Et des autres acteurs qui préféreraient s’abstenir de l’agrément européen pour continuer à garantir l’anonymat aux clients ?

« On aura recours au name and shame de ceux qui proposeront des services qui ne seraient pas autorisés en Union européenne », explique-t-on à Bercy qui a participé aux discussions à Bruxelles…….

Mais alors que le vent de la régulation souffle dans de nombreux Etats, les acteurs du secteur craignent un resserrement encore plus brutal. Après MiCA (Market in crypto assets), le premier texte européen discuté en parallèle depuis 2020 et qui définit les catégories de cryptos et le TFR, que prépare les régulateurs ?  »On ne travaille pas encore sur Mica 2« , assure-t-on à Bercy, en réponse à une suggestion faite quelques jours plus tôt par Christine Lagarde, à la tête de la Banque centrale européenne (BCE). Face à ce que certains considèrent comme le Far West, les régulateurs sont en tout cas au diapason : « il ne peut pas y avoir de création monétaire sans le contrôle de la commission européenne« , résume-t-on au ministère en France.

 

Société-Esclavage: l’odieuse traite négrière

Société-Esclavage: l’odieuse traite négrière

 

 

A partir d’un document exceptionnel, deux historiennes dévoilent la réalité économique de ce que fut la traite des esclaves sur les côtes africaines, rapporte Antoine Reverchon, journaliste au « Monde ».

 

Les travaux des historiens sur l’esclavage et la traite ont largement participé à la prise de conscience publique de la terrible tragédie qu’ont représentée la déportation et l’exploitation de millions d’êtres humains arrachés au continent africain. Mais si de nombreux travaux documentent ou modélisent le rôle économique majeur de ce commerce dans l’essor de l’économie européenne au XVIIIe siècle, très peu, faute de sources, en décrivent le fonctionnement, les acteurs, la durée et les lieux, à l’échelle micro-économique.

C’est tout l’intérêt de l’exploitation par les historiennes Anne Ruderman et Amanda Gregg, professeures respectivement à la London School of Economics et au Middlebury College (Vermont), d’un document rarissime : les livres de comptes tenus par le capitaine de La Bonne-Société, navire négrier de La Rochelle, pendant toute la durée de sa « campagne » de six mois, en 1783 et 1784. Ajoutés au plus classique livre de bord, à la correspondance avec les armateurs et aux archives des ports de départ et d’arrivée, ces livres offrent une vision atrocement « quotidienne » de ce qu’était le commerce des esclaves. Ils recensent, en effet, pour chacun des 425 esclaves achetés, ses caractéristiques, son prix d’achat (en valeur monétaire, mais surtout en quantité et type de marchandises – étoffes, armes, alcool, perles, miroirs, outils de métal, amenés d’Europe), la date d’achat et l’identité du vendeur. Car, comme le disait Anne Ruderman lors de la présentation de son papier à l’Ecole d’économie de Paris, le 15 juin, il s’agit d’« un commerce interculturel euro-africain ».

 

Parti de La Rochelle en juillet 1783, arrivé au royaume de Loango (l’actuel Angola) en novembre, le navire La Bonne-Société circule durant six mois entre une dizaine de comptoirs proches de l’embouchure du fleuve Congo, avant de partir avec 416 esclaves pour la Martinique – 12 ont été tués pendant une révolte à bord –, qu’il atteint en juillet 1784. Aucun esclave n’est capturé directement par l’équipage, qui ne séjourne jamais à terre, sauf dans la journée pour se rendre au comptoir où se déroulent les transactions : des chaloupes font la navette entre le navire ancré dans la baie et le comptoir, chargées de marchandises dans un sens et d’esclaves dans l’autre. Le capitaine fait affaire avec 119 vendeurs différents, dont près de 90 % sont africains, 40 % des notables locaux, 30 % « en partenariat » (le vendeur s’associant alors avec un autre vendeur maniant mieux la langue ou la négociation avec les Européens). Mais 50 % de ces vendeurs ne vendent qu’un seul esclave, un quart en vendent deux, 15 % trois. La transaction la plus importante concerne 30 esclaves. D’où la durée de la campagne.

Inflation : la moitié des hausses suspectes dénonce Michel-Edouard Leclerc

Inflation : la moitié des hausses suspectes dénonce Michel-Edouard Leclerc

Encore un bon coup médiatique pour Michel-Edouard Leclerc, président des centres E.Leclerc qui dénonce à juste titre les hausses suspectes qui concerneraient la moitié des produits. De fait nombre d’acteurs économiques opère des rétentions volontaires pour réduire l’offre  non seulement dans l’alimentaire mais aussi pour d’autres biens y compris industriels.« La moitié des hausses de prix sont suspectes », a estimé le patron du groupe Leclerc sur BFM. 

Michel-Edouard Leclerc aimerait y voir clair, du moins l’affiche-t-il. « J’aimerais bien que les députés (…) ouvrent une commission d’enquête sur les origines de l’inflation, sur ce qu’il se passe sur le front des prix, depuis les transports jusqu’aux consommateurs », a-t-il plaidé sur BFM TV-RMC, jeudi 30 juin. Et pour cause, selon lui, « la moitié des hausses [de prix] demandées ne sont pas transparentes, mais sont suspectes ». En juin, sur un an, l’inflation a augmenté de 5,8 %, d’après l’Insee

« L’Ukraine a bon dos », a néanmoins estimé Michel-Edouard Leclerc, jeudi. Et le patron de prendre un exemple saillant : « Quand vous avez des fabricants de produits à base de cacao qui vous invoquent l’Ukraine pour une augmentation de 15 % de tarifs sur la confiserie, sur les barres chocolatées – je parle de Nestlé, je parle de Mars – faut quand même pas déconner ! On est sur l’autre continent ! »

Habitué aux coups médiatiques, profitant de sa forte popularité auprès des Français et de son aura, le patron des magasins Leclerc cherche à dévoiler, dit-il, une « partie de poker menteur » grâce aux parlementaires. « Cela nous aiderait beaucoup d’avoir cette obligation de transparence », a-t-il ajouté. Le cas de l’huile de tournesol est également mis en exergue par Michel-Edouard Leclerc, sans livrer le détail du commanditaire : « On nous dit : ‘On va te livrer mais il faut augmenter de 34 % le prix d’acquisition de cette huile. Et dans ces conditions, on asséchera tes concurrents et on te donnera 130 % de ta demande’. »

 

Les Bourses mondiales: La descente jusqu’où ?

Les Bourses mondiales: La descente jusqu’où ? 

L’indice MSCI ACWI, qui regroupe l’ensemble des marchés boursiers mondiaux, devrait également sombrer de plus de 20 % sur la période, sa pire performance en plus de vingt ans. Au total, ce sont plus de 17.000 milliards de dollars qui sont ainsi partis en fumée depuis le début de l’année sur les Bourses mondiales.

 

 

Le pire plongeon depuis 20 ans et ce n’est pas fini , tout dépendra de la conjoncture économique possible et notamment de la perspective d’une récession hypothèse qui n’est plus écartée par la Banque fédérale américaine par la banque centrale européenne. . Les Bourses mondiales s’enfonçaient de nouveau dans le rouge jeudi, confrontées à une inflation toujours plus élevée et à un scénario de plus en plus crédible de fort et brusque ralentissement économique. A Paris, l’indice CAC 40 a clôturé sous les 6.000 points, en chute de 1,8 % sur la séance.

A Wall Street, les principaux indices boursiers s’enfonçaient dans le rouge au même moment. Le Nasdaq à forte coloration technologique s’orientait vers des pertes de plus de 30 % depuis le début de l’année, une chute inédite pour un premier semestre depuis la création de cet indice. Le S & P 500, plus large, s’orientait vers une baisse de plus de 20 % sur les six premiers mois de l’année, une contre-performance jamais vue en plus de 50 ans.

L’indice MSCI ACWI, qui regroupe l’ensemble des marchés boursiers mondiaux, devrait également sombrer de plus de 20 % sur la période, sa pire performance en plus de vingt ans. Au total, ce sont plus de 17.000 milliards de dollars qui sont ainsi partis en fumée depuis le début de l’année sur les Bourses mondiales.

 

 

 

La BCE n’exclut pas un risque de récession

La BCE n’exclut pas un risque de récession

La BCE a longtemps a contesté le caractère durable de l’inflation. Devant les réalités, elle consent aujourd’hui à reconnaître un phénomène auquel il faut s’adapter notamment par exemple face  une hausse brutale  du coût de l’argent. De la même manière, la Banque centrale européenne prévoit toujours une croissance en 2023 mais recommande cependant d’étudier le scénario de récession. La BCE invite notamment  les banques de la zone euro à intégrer dans leurs prévisions  un « scénario récessionniste ». La  BCE Évoque également le risque d’une crise du crédit à cause d’une remontée brutale des taux d’intérêt.

La  présidente de la BCE Christine Lagarde disait s’attendre à une croissance de 2,8% en 2022 et 2,1% en 2023. Toutefois, la BCE prend en compte une possible dégradation de l’environnement économique, sur fond d’inflation, de crise énergétique et de guerre en Ukraine.

L’institution basée à Francfort n’exclut pas un arrêt de l’approvisionnement de l’Europe de l’Ouest en gaz russe, sur fond de poursuite voire d’escalade de la guerre en Ukraine. Ce qui mènerait la zone euro à la récession en 2023 dans le plus noir des scénarios. La BCE souhaite que les banques intègrent ces perspectives négatives à leurs prévisions.

Autre grand risque qui plane sur la croissance européenne : la remontée des taux d’intérêt prévue par la BCE,  en théorie bénéfique pour les établissements de crédit, mais qu’une hausse brutale et désordonnée du coût du crédit constituerait un risque potentiel, notamment pour les clients très endettés.

Santé: l’indispensable soutien de la filière industrielle

L’impératif de relocalisation de la production de médicaments en France mis en lumière par la crise Covid a propulsé la sous-traitance pharmaceutique au rang d’activité stratégique, au cœur des enjeux de sécurité et de souveraineté sanitaires. Par Christophe Durand, Président de Cenexi (dans la Tribune)

 

Alors que la France ambitionne de devenir la première nation européenne innovante et souveraine en matière de santé, il est indispensable de capitaliser sur cette prise de conscience collective pour soutenir les vocations, les carrières et au final le développement de la filière industrielle de santé sur le territoire français.

Depuis la fin des années 1990, la France s’est détournée de son industrie qui a fait figure de parent pauvre dans les politiques publiques économiques mises en œuvre. Dans La désindustrialisation de la France, publié en juin 2022, Nicolas Dufourcq, directeur général de BPI dresse un constat sans appel. Entre 1995 et 2015, la France a perdu le tiers de son emploi industriel. Plusieurs millions de postes disparus, avec en toile de fond un risque pesant sur l’expertise et les compétences de l’industrie à la française.

L’industrie pharmaceutique a largement fait les frais de cette tendance de fond et une grande partie de la production de médicaments a été délocalisée au cours des dernières années dans d’autres pays. La pyramide des âges est vieillissante et tous les acteurs de la filière peinent à recruter. En début d’année, 11% des offres d’emploi du secteur n’étaient pas pourvues, principalement dans les domaines de la R&D et de la qualité tandis que seuls 28% des jeunes interrogés par Ipsos pour le LEEM se verraient travailler pour les entreprises du médicament.

Alors que les technologies industrielles n’ont jamais autant évolué, appelant un renouvellement partiel des compétences au sein des usines, le recrutement de nouveaux talents est devenu une donnée fondamentale pour maintenir la compétitivité et le niveau de qualité des sites français, tout en adaptant les qualifications aux métiers qui émergent.

Pour consolider une filière industrielle de santé en France, et in fine servir au mieux les patients, il est donc de notre responsabilité de mieux en valoriser les métiers. Ceci passera par un travail main dans la main de tous les acteurs impliqués : pouvoirs publics, laboratoires pharmaceutiques, biotechs, start-ups et bien sûr sous-traitants. Ensemble, nous devrons dans les mois à venir tout mettre en œuvre pour :

  • soutenir l’activité des façonniers, maillon crucial dans la relocalisation de la production des médicaments en France et favoriser leur développement en travaillant sur l’attractivité des bassins d’emplois où ils sont implantés
  • mieux faire connaître les parcours, la diversité et la richesse des métiers ainsi que les opportunités, actuelles et futures, dans un secteur qui peut s’adresser à tous, quel que soit le niveau de qualification, de l’agent de production au pharmacien responsable
  • adapter les formations initiales et continues aux profondes mutations de la production chimique et biologique
  • recréer les conditions de la confiance à l’égard d’une industrie, porteuse de bien commun pour mettre sur le marché au plus vite les innovations qui permettront de prévenir les maladies et de traiter les patients

Toutes les forces de la filière doivent être tendues en ce sens, avec pour ambition finale de booster la production de médicaments en France et hisser le pays comme terre d’innovation et d’industrie en santé au service des patients.

 

Esclavage: l’odieux commerce de la traite négrière

Esclavage: l’odieux commerce de la traite négrière

 

 

A partir d’un document exceptionnel, deux historiennes dévoilent la réalité économique de ce que fut la traite des esclaves sur les côtes africaines, rapporte Antoine Reverchon, journaliste au « Monde ».

 

Les travaux des historiens sur l’esclavage et la traite ont largement participé à la prise de conscience publique de la terrible tragédie qu’ont représentée la déportation et l’exploitation de millions d’êtres humains arrachés au continent africain. Mais si de nombreux travaux documentent ou modélisent le rôle économique majeur de ce commerce dans l’essor de l’économie européenne au XVIIIe siècle, très peu, faute de sources, en décrivent le fonctionnement, les acteurs, la durée et les lieux, à l’échelle micro-économique.

C’est tout l’intérêt de l’exploitation par les historiennes Anne Ruderman et Amanda Gregg, professeures respectivement à la London School of Economics et au Middlebury College (Vermont), d’un document rarissime : les livres de comptes tenus par le capitaine de La Bonne-Société, navire négrier de La Rochelle, pendant toute la durée de sa « campagne » de six mois, en 1783 et 1784. Ajoutés au plus classique livre de bord, à la correspondance avec les armateurs et aux archives des ports de départ et d’arrivée, ces livres offrent une vision atrocement « quotidienne » de ce qu’était le commerce des esclaves. Ils recensent, en effet, pour chacun des 425 esclaves achetés, ses caractéristiques, son prix d’achat (en valeur monétaire, mais surtout en quantité et type de marchandises – étoffes, armes, alcool, perles, miroirs, outils de métal, amenés d’Europe), la date d’achat et l’identité du vendeur. Car, comme le disait Anne Ruderman lors de la présentation de son papier à l’Ecole d’économie de Paris, le 15 juin, il s’agit d’« un commerce interculturel euro-africain ».

 

Parti de La Rochelle en juillet 1783, arrivé au royaume de Loango (l’actuel Angola) en novembre, le navire La Bonne-Société circule durant six mois entre une dizaine de comptoirs proches de l’embouchure du fleuve Congo, avant de partir avec 416 esclaves pour la Martinique – 12 ont été tués pendant une révolte à bord –, qu’il atteint en juillet 1784. Aucun esclave n’est capturé directement par l’équipage, qui ne séjourne jamais à terre, sauf dans la journée pour se rendre au comptoir où se déroulent les transactions : des chaloupes font la navette entre le navire ancré dans la baie et le comptoir, chargées de marchandises dans un sens et d’esclaves dans l’autre. Le capitaine fait affaire avec 119 vendeurs différents, dont près de 90 % sont africains, 40 % des notables locaux, 30 % « en partenariat » (le vendeur s’associant alors avec un autre vendeur maniant mieux la langue ou la négociation avec les Européens). Mais 50 % de ces vendeurs ne vendent qu’un seul esclave, un quart en vendent deux, 15 % trois. La transaction la plus importante concerne 30 esclaves. D’où la durée de la campagne.

Transition énergétique: abolir la charte de l’énergie

Transition énergétique: abolir la charte de l’énergie 

 

La France, comme l’Union européenne, doit s’affranchir de ce texte favorable aux géants de l’énergie, dont les règles datent d’une époque révolue où la reconstruction de la planète l’emportait sur sa préservation, estiment les experts du climat Santiago Lefebvre et Yamina Saheb dans une tribune au « Monde ».

Imaginez un monde où les grandes marques de cigarettes recevraient des milliards d’euros de dédommagement de l’Etat – et donc des contribuables –, au motif que celui-ci a décidé d’interdire la cigarette dans les lieux publics. Difficile à accepter ?

Et pourtant, appliquée aux énergies, et notamment aux fossiles, cette règle existe bel et bien. C’est l’objet du traité sur la charte de l’énergie (TCE) : tout pays signataire qui déciderait de modifier sa politique énergétique dans un sens contraire aux intérêts des énergéticiens et investisseurs peut être attaqué en justice par ces derniers. Et ce sont des milliards de dollars qui sont réclamés en dommages et intérêts.

A titre d’exemple, en 2021, l’entreprise allemande Uniper a poursuivi le gouvernement des Pays-Bas pour sa décision de fermer prématurément des centrales à charbon à la suite d’une décision de justice en faveur de la société civile pour accélérer l’action climatique.

Début 2022, le Financial Times rapporte que quatre autres entreprises portent plainte contre l’Italie, la Slovénie, la Pologne et à nouveau les Pays-Bas, à la suite de l’arrêt de projets liés au charbon et aux hydrocarbures. L’Allemagne a dû négocier un dédommagement de 4,35 milliards d’euros pour éviter des poursuites dans le cadre du traité.

En France, en 2017, l’entreprise canadienne Vermilion, opérant sur des sites d’extraction d’hydrocarbures sur le territoire français, a utilisé le risque de poursuites dans le cadre du TCE pour faire pression sur le gouvernement s’il adoptait sa loi sur les hydrocarbures mettant fin à l’exploration et à l’extraction des combustibles fossiles d’ici à 2040. Face à l’ampleur des risques financiers, les Etats sont souvent enclins à céder. La loi a finalement été modifiée.

Alors que le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) alerte sur le fait que nous n’avons plus le temps d’attendre pour inverser la tendance en matière d’émissions de carbone, que l’urgence est là, et sachant que l’énergie fossile est la première source d’émissions de carbone, ce traité vient tout simplement empêcher les Etats et territoires de décarboner leurs sociétés et de prendre les décisions fortes desquelles dépend pourtant l’avenir de notre planète.

A croire qu’aujourd’hui, les investissements des énergéticiens l’emportent sur les enjeux climatiques et l’avenir des générations futures. Loin d’être immuables, les règles de gouvernance se sont de tout temps adaptées à leur époque et à leurs enjeux. A chaque époque ses règles et ses adaptations.

Une vraie renaissance de la défense allemande ?

Une vraie renaissance de la défense allemande ?

 

 La guerre en Ukraine a incité l’Allemagne à augmenter nettement ses dépenses de défense. Une véritable révolution, qui devra surmonter des résistances anciennes à un renforcement de la Bundeswehr. Par Laurent Griot, Grenoble École de Management (GEM) et Mourad Chabbi, Grenoble École de Management (GEM)

L’invasion de l’Ukraine a agi comme un électrochoc dans bon nombre de pays européens : la guerre, la « vraie », est à nos portes et nous ne sommes pas prêts. Les débats portent sur nos capacités matérielles comme sur l’équilibre de nos alliances. La Suède et la Finlande ont soumis, mercredi 18 mai, leur demande d’adhésion à l’OTAN, et l’Italie annonce qu’elle rejoindra très rapidement les standards OTAN en termes de dépenses de défense. D’ici à 2028, son budget devrait représenter 2 % de son PIB, passant de 25,9 milliards à 36 milliards d’euros, bien que cet objectif suscite un débat passionné dans le pays.

Au milieu de ce concert de remises en cause stratégiques et budgétaires, il est un pays dont la réaction est encore plus surprenante que celle des autres : l’Allemagne. Surprenante d’abord par la brutalité du constat et la liberté de ton de ceux qui l’expriment : le 24 février 2022, le chef d’état-major des armées allemandes reconnaissait, face au début de la guerre en Ukraine :

« La Bundeswehr, l’armée que j’ai l’honneur de commander, se tient là, plus ou moins les mains vides. Les options que nous pouvons proposer au gouvernement pour soutenir l’alliance sont extrêmement limitées. »

C’est ensuite la réaction du gouvernement allemand qui a de quoi surprendre. Le 27 février, soit seulement trois jours plus tard, le chancelier Olaf Scholz déclarait :

« Face au tournant historique engagé par l’agression de Vladimir Poutine, notre principe est le suivant : tout ce qui est nécessaire pour garantir la paix en Europe sera mis en œuvre. L’Allemagne y apportera sa propre contribution solidaire. [...] Nous allons à partir de maintenant, d’année en année, investir plus de 2 % du PIB dans notre défense. [...] L’objectif est de disposer à terme d’une Bundeswehr performante, ultramoderne et dotée de technologies de pointe qui nous assure une protection fiable. »

L’exécutif a aussi annoncé la création d’un fonds spécial d’un montant de 100 milliards d’euros pour combler son retard, notamment en matière d’équipement des forces.

Sous-investissement chronique

Pour comprendre la situation budgétaire des forces allemandes, il ne faut pas se fier seulement aux chiffres de ces dernières années. Même si en 2021, la France et l’Allemagne ont consacré des budgets très similaires à leur défense - environ 53 milliards de dollars - ce niveau de dépense est relativement récent en Allemagne.

Si l’on observe les chiffres allemands et français depuis la chute du mur de Berlin, on constate une forte remontée des dépenses allemandes depuis 2018 seulement. La baisse a été constante de 1991 à 2005 (point bas) suivie d’une lente remontée jusqu’en 2018. Ainsi, l’Allemagne a moins investi dans son armée, avec une divergence très nette des trajectoires budgétaires à partir de 2001. De fait, le montant cumulé des dépenses de défense allemandes entre 2001 et 2021 est d’environ 902 milliards de dollars, là où la France a dépensé environ 1 036 milliards de dollars. La différence est donc significative.

Mais cet écart de financement est-il suffisant pour expliquer la situation que nous connaissons aujourd’hui ? Les capacités des forces allemandes sont très réduites, selon leur propre chef d’état-major. Les forces françaises, elles, sont classées par la Rand Corporation parmi les plus efficaces d’Europe, même si elles manquent d’« épaisseur » et donc de capacité à combattre dans la durée. Il nous semble que d’autres facteurs doivent être pris en compte.

En premier lieu, les structures de nos budgets sont différentes. La France dépense de façon constante environ 25 % (26,5 % en 2020) de ses budgets en équipement, l’OTAN demandant à ses membres que ce ratio soit au minimum de 20 %. L’Allemagne a quant à elle dépensé 16,9 % de son budget 2020 en équipement, un montant en nette augmentation depuis 2014 (environ 13 % à l’époque). À l’inverse, les « frais de fonctionnement et de maintenance » pèsent pour 26,4 % du budget français et pour 37,4 % du budget allemand, ce qui représente un quasi-record au sein des pays de l’OTAN. Il s’agit probablement du symptôme d’une autre faiblesse : les armées allemandes sont des monstres bureaucratiques.

Les forces allemandes souffrent manifestement d’une bureaucratie particulièrement lourde et inefficace. Sur ce point, un document publié début 2020 a eu un retentissement certain dans le pays. Il s’agit du rapport d’information pour 2019 destiné au Bundestag, rédigé par le commissaire allemand aux forces armées de 2015 à 2020, Hans-Peter Bartels.

Selon ce rapport, l’institution militaire allemande souffre de la multiplication des instances de décision, ce qui conduit à une dilution de la responsabilité et à un allongement déraisonnable des processus décisionnels. Bartels consacre par exemple une page entière à raconter comment ses propres services n’ont pas réussi, malgré trois années d’efforts, à obtenir la création pour eux-mêmes d’une dizaine de comptes d’accès au réseau intranet des forces allemandes.

Dans ce texte, l’état-major de la Deutsche Marine reconnaît qu’au sein de l’armée allemande, le respect des règles est plus important que la capacité à fournir des appareils en état de voler, pilotés par des équipages correctement entraînés. Cet état de fait rejaillit sur la motivation des hommes. La troupe considère que ses chefs n’en font pas assez pour améliorer l’efficacité de l’institution. Mais les cadres se sentent désarmés face à la lourdeur de l’organisation.

Parmi les faiblesses les plus criantes, le processus d’équipement des forces est particulièrement critiqué. Il est présenté comme dysfonctionnel, inutilement compliqué et trop long. La volonté de réduire les risques industriels en amont est ouvertement présentée comme une cause de risques pour les troupes, obligées d’aller au combat avec des équipements dépassés, voire en l’absence totale de certains matériels.

Hans-Peter Bartels regrette particulièrement le fait que l’« achat sur étagère » – c’est-à-dire l’achat d’équipements déjà existants n’ayant pas été spécifiquement conçus à la demande de la Bundeswehr – soit une pratique rare au sein des forces allemandes. Même des matériels très simples (comme des sacs à dos) sont soumis à des processus d’élaboration et d’évaluation dignes des systèmes d’armes les plus complexes.

C’est donc autant à des problèmes budgétaires qu’à la question de l’efficacité de ses dépenses que le ministère allemand de la Défense doit faire face. Ce qu’Eva Högl, l’actuelle commissaire parlementaire pour les forces armées, a bien compris : elle demande que le fonds de 100 milliards d’euros destiné aux forces allemandes soit exploité de façon moins bureaucratique.

Mais une telle évolution sera longue et laborieuse. D’abord parce que cette situation est connue en Allemagne depuis très longtemps sans qu’il n’y ait eu de vrai changement. Dans son rapport pour 2019, Hans-Peter Bartels relevait que déjà en 1978 le ministre de la Défense alors en poste se préoccupait de la bureaucratie excessive dont était victime son armée. Ensuite parce que cette situation est sans doute, pour partie au moins, la conséquence de l’approche pacifiste dominante en Allemagne.

Pour d’évidentes raisons historiques, les forces allemandes ont un statut particulier. Elles sont fermement soumises au Parlement allemand et tout est mis en œuvre pour qu’elles ne sortent « plus jamais du cadre démocratique ».

Fondamentalement, l’avenir de la Bundeswehr, sa capacité à surmonter ses faiblesses et à tenir sa place au sein de l’Alliance atlantique dépendra donc de la place que la société allemande entendra donner à son armée. Dans un discours qu’il adressait aux généraux des armées allemandes en 2005, Horst Köhler, alors président du pays, parlait du « désintérêt amical » des Allemands pour leurs armées :

« Après 1945, les Allemands sont devenus un peuple réellement pacifique et qui aime garder une distance prudente vis-à-vis de tout ce qui est militaire. »

Seize ans plus tard, l’opinion allemande ne semble pas avoir beaucoup changé. Chaque année, le centre d’histoire militaire et des sciences sociales de la Bundeswehr publie une étude consacrée à l’opinion allemande sur la politique de sécurité et de défense du pays. L’étude pour 2021 (donc réalisée avant le début de la guerre en Ukraine) confirme cette approche : les Allemands ont confiance en leurs armées. Mais les moyens d’action auxquels ils sont favorables sont diplomatiques (84 %), basés sur le contrôle des armements (72 %), la coopération au développement (70 %) et les sanctions économiques (61 %). Les opérations militaires menées par la Bundeswehr ou les exportations d’armements ne sont approuvées que par 33 % de la population.

Une évolution longue et difficile

La guerre en Ukraine a déjà provoqué une révolution en Allemagne. La célérité et l’ampleur de la réaction politique ont surpris beaucoup d’observateurs des affaires stratégiques européennes.

Berlin a rompu avec une forme de retenue particulière et solitaire en accélérant le déploiement de ses troupes ces derniers temps : envoi de navires en mer Baltique et en Méditerranée, installation de missiles antiaériens Patriot dans plusieurs pays d’Europe centrale, participation à un bataillon au sol en Slovaquie, envoi de chasseurs Eurofighter en Roumanie… Mais il sera long et difficile de renoncer à ce que Tom Enders, ancien PDG d’Airbus, qualifiait en septembre 2020 d’« abstinence de puissance ».

D’abord parce que, passée la stupeur initiale, le soutien de l’opinion allemande à la politique ukrainienne de son chancelier s’effrite : des intellectuels allemands soutenus par des responsables politiques de premier plan demandent que l’Allemagne cesse d’armer l’Ukraine et opte pour une politique visant à obliger Kiev à trouver un compromis avec Vladimir Poutine. Dans le même temps, des représentants syndicaux allemands ont profité de la fête du Travail, le 1er mai, pour dire leur désaccord face à la volonté de réarmement massif exprimée par le chancelier Olaf Scholz. Notamment de peur que cela se fasse au détriment de la paix sociale.

Ensuite parce que la situation stratégique du pays est la conséquence d’une culture politico-administrative faisant partie intégrante de la nation allemande post-Seconde Guerre mondiale. Une évolution de cette position, à supposer que l’opinion allemande y consente, sera très longue et ses résultats incertains.

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Par Laurent Griot, Professeur assistant en géopolitique., Grenoble École de Management (GEM) et Mourad Chabbi, Professeur de RI/Géopolitique, Enseignant chercheur, Grenoble École de Management (GEM).

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

La spirale inflationniste ou la spirale de la stagflation ?

  • La spirale inflationniste ou la spirale de la stagflation  ?

 

Des économistes patentés expliquent les dangers de la spirale salaire prix. Ils oublient cependant le danger de la stagflation. En effet si l’inflation n’est pas suffisamment compensée dans les salaires et plus généralement dans les revenus, c’est la consommation des ménages qui sera atteinte et qui tuera ensuite la croissance. On attendrait des économistes un discours un peu plus équilibré car d’ici quelques mois ils pourraient bien pleurer à propos des conséquences désastreuses de la stagflation. NDLR

  • Pour l’instant, sur France Info, Eric Heyer, économiste, craint une « spirale inflationniste ».
  • « On ne pourra pas aider tout le monde », prévient lundi 27 juin sur franceinfo Eric Heyer, économiste, directeur du département analyse et prévision à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a prévenu sur BFM TV lundi 27 juin que « la cote d’alerte » a été atteinte concernant les finances publiques. Le gouvernement prévoit des aides ciblées pour aider les Français aux petits revenus de faire face à l’inflation. Il doit présenter le 6 juillet en Conseil des ministres sa loi sur le pouvoir d’achat et son budget rectificatif. Le Smic va augmenter automatiquement puisqu’il est indexé sur l’inflation. Mais l’économiste craint une  »spirale inflationniste«  si cette augmentation se diffuse sur tous les salaires.
  •  Ces aides ciblées vont-elles vraiment aider les petits revenus ?
  • Eric Heyer : Bien sûr que ça va aider à compenser une partie des pertes de pouvoir d’achat. Elles sont relativement ciblées sur des ménages les plus modestes, à la fois via des prestations et les APL. C’est la bonne option parce qu’il faut bien avoir en tête, on ne pourra pas aider tout le monde. Bruno Le Maire nous dit qu’on a atteint la cote d’alerte sur les finances publiques, donc il va falloir faire des choix. Il va falloir aussi que les entreprises aident à maintenir le pouvoir d’achat et que certains ménages qui ont surépargné utilisent cette surépargne pour essayer de compenser. Ce qui a bien été indiqué par la dernière note de l’Insee, c’est que cette inflation est complètement inégalitaire, mais pas uniquement en fonction du revenu. Si vous êtes ruraux, vous êtes beaucoup plus pénalisés que si vous êtes urbains. De la même manière, ça dépend de l’âge. Si vous êtes retraité ou âgé, vous êtes plus pénalisé que si vous êtes jeune. Cela dépend aussi de votre fonction. C’est-à-dire que si vous êtes agriculteur, vous êtes bien plus bien plus impacté que si vous êtes cadre. La cible aujourd’hui de ces mesures-là, c’est plutôt vos revenus, alors qu’en fait, vous êtes fragilisé, même si vous avez des revenus un peu plus élevés. Donc, peut-être que le gouvernement devrait faire des mesures plus ciblées en fonction de votre lieu d’habitation, de votre secteur d’activité ou de votre âge.
  • Faut-il augmenter le Smic ?
  • Il y a une augmentation normale du Smic. Le Smic est indexé sur l’inflation. Donc on peut considérer que là, de toute manière, il y aura une augmentation automatique du Smic. On l’attend soit au mois d’août, soit au mois de septembre. Mais on est quasi sûr que d’ici le mois d’octobre, le Smic va être revalorisé de façon automatique dès que l’inflation augmente de 2% par rapport à la dernière hausse. Le problème, c’est que lorsque le Smic est indexé, est-ce qu’il y a une diffusion de cette hausse du Smic sur les autres salaires ? S’il y a une diffusion, on peut craindre effectivement la spirale inflationniste. Il faut bien entendu éviter parce que la banque centrale n’aura pas d’autre choix que d’augmenter très vite les taux d’intérêt et provoquer une récession. On veut à tout prix l’éviter.
  • Le gouvernement peut-il faire pression sur les entreprises ?
  • Il y a des pressions qui ont été formulées par le gouvernement sur un certain nombre de branches. Il va falloir, effectivement, que les branches qui le peuvent, augmentent aussi les salaires, mais sans donner réellement de cible. Il ne faut pas que la spirale s’enclenche, mais il faut quand même qu’il y ait une aide sur les salaires. Pour l’instant, 71% des branches aujourd’hui ont des minima en dessous du Smic.

Etats-Unis: La folie des armes

 Etats-Unis: La folie des armes 

Après un long silence, une loi fédérale et une décision de la Cour suprême reviennent, aux Etats-Unis, sur le sujet du port d’armes à feu. Elles constituent un double test pour le système étatsunien, estime la juriste Anne Deysine, dans une tribune au « Monde ».

 

Avec 4 % de la population mondiale, les Américains possèdent 50 % des armes à feu en circulation dans le monde et l’on compte 50 fois plus d’accidents causés par les armes à feu aux Etats-Unis qu’en Allemagne et 250 fois plus qu’au Japon. 45 222 personnes ont trouvé la mort par arme à feu en 2020, soit 123 chaque jour et, parmi elles, 54 % se sont suicidées. Il y a eu, en 2022, plus de 200 fusillades de masse (impliquant quatre personnes ou plus, selon la définition du groupe Gun Violence Archive) qui ne représentent pourtant que moins des 5 % des morts violentes.

En conséquence, même si ce sont ces attaques qui choquent, surtout lorsque de jeunes enfants trouvent la mort, ou lorsqu’elles sont perpétrées par des suprémacistes blancs, interdire les armes d’assaut avant 21 ans ou en totalité ne saurait être la seule solution. Pourtant, quand la majorité des dernières tueries ont été perpétrées par des jeunes âgés de 18 à 22 ans (qui ont acheté ces armes de guerre du type AR-15 ou AK-47 parfois le jour même du massacre), le bon sens pèse pour un âge minimal de 21 ans, comme pour acheter de l’alcool ou un revolver.

 

Alors que la cause principale de ces nombreux décès est l’accès généralisé et facilité aux divers types d’armes à feu, aucune loi n’a pu être adoptée depuis la loi Brady en 1994, et la moindre réforme de bon sens est bloquée au Congrès. Pourtant, les raisons ont évolué : ce fut longtemps la pression multifacette (notation des élus, publicités négatives, lobbying) de la National Rifle Association (NRA). Aujourd’hui, le port d’armes est au centre d’une guerre culturelle sans merci entre républicains et démocrates, les premiers accusant les seconds de vouloir la mort du deuxième amendement et instrumentalisant la peur de leurs électeurs en martelant que les démocrates veulent leur confisquer leurs armes.

Généralement, après une tuerie, les élus partisans du port d’armes se contentent d’attendre que le choc et la colère s’atténuent et quand, par hasard, ils proposent des mesures, il n’est pas question d’interdire les armes de guerre, même pas pour les jeunes de moins de 21 ans. Même améliorer le système de contrôle des antécédents pose problème et les mesures acceptables sont toujours à la marge : bunkériser les écoles (quid des supermarchés et des hôpitaux, qui sont aussi visés ?), armer les enseignants (ce que beaucoup refusent) et cibler la santé mentale, qui est l’un des éléments à prendre en compte. Mais ces mêmes élus républicains votent systématiquement contre les budgets alloués à la santé ; et les Etats où la violence par armes à feu est la plus élevée, comme le Texas, refusent d’adhérer à la disposition de la loi santé d’Obama, l’Affordable Care Act, qui permettrait à leurs électeurs de bénéficier du Medicaid et de la prise en charge de soins psychiatriques.

UE : la fin des moteurs thermiques en 2035 !

 UE : la fin des moteurs thermiques en 2035 !

 

Les 27 États membres de l’UE ont décidé la fin des moteurs thermiques à partir de 2035. Dommage de n’avoir ps pas été profité de l’occasion pour rediscuter du concept même de l’automobile ( en moyenne 1 t de poids pour transporter une centaine de kilos ! Une aberration écologique!). De toute manière la perspective des véhicules électriques n’est pas totalement assurée. Elle pourrait même devenir obsolète avec la percée de l’hydrogène. A noter qu’à  la demande de quelques pays, dont l’Allemagne et l’Italie, les Vingt-Sept ont cependant accepté d’envisager un possible feu vert à l’avenir pour des technologies alternatives comme les carburants synthétiques ou les motorisations hybrides rechargeables si celles-ci permettent d’atteindre l’objectif de supprimer totalement les émissions de gaz à effet de serre des véhicules.

Les ministres européens de l’Environnement, réunis à Luxembourg, ont également approuvé une extension de cinq ans de l’exemption des obligations en matière de CO2 accordée aux constructeurs «de niche» ou ceux produisant moins de 10.000 véhicules par an, jusqu’à fin 2035. Cette clause, dite parfois «amendement Ferrari», profitera notamment aux marques de luxe.Un sujet qui risque de créer une grande polémique.

Par ailleurs l’industrie automobile risque d’être sérieusement perturbée particulièrement  en Europe.

La production de véhicules a chuté de 15 % à 25 % selon les régions du monde par rapport à 2019. Ce recul pénalise les équipementiers mais aussi les concessionnaires, les loueurs et le marché de l’occasion.

En 2022, les ventes mondiales devraient encore baisser par rapport à l’an dernier, pour tomber à 79 millions de véhicules, selon le cabinet AlixPartners. On sera très loin des 94 millions atteints en 2018. En Europe, les ventes devraient se limiter à 15,9 millions (16,7 millions en 2021). En France, seulement deux millions devraient s’écouler cette année, soit autant qu’en 2020, l’année noire du Covid. 2022 sera donc tout sauf l’année du rebond pour l’industrie automobile.

Après l’effondrement causé par les confinements en 2020, les pénuries de composants ont, à leur tour, restreint la production de véhicules et donc les transactions. La fin programmée des ventes de véhicules neufs à combustion en Europe en 2035 accentue la tendance.

Crise alimentaire , la faute d’un système industrialisé et de la spéculation

 Crise alimentaire , la faute  d’un système industrialisé et de la spéculation

 

Le chercheur en agronomie Nicolas Bricas estime, dans une tribune au « Monde » ,que le G7 peut contribuer à éviter des famines, en obtenant plus de transparence sur les stocks alimentaires et en réprimant la spéculation excessive sur les marchés à terme.

 

La fulgurante ascension des prix du blé et du maïs depuis un an sur les marchés internationaux provoque une nouvelle crise alimentaire. Les premières victimes : les ménages pauvres des pays où ces céréales sont la base de leur alimentation et qui les importent massivement du marché international. Ils sont déjà fragilisés par les conséquences de la crise du Covid-19 et par la hausse des prix de l’énergie.

La hausse des prix en 2008 et 2011 avait déjà révélé la fragilité des systèmes alimentaires. Mais ces sonnettes d’alarme n’ont pas déclenché la prise de mesures pour éviter de nouvelles crises. Le G7, qui se réunissait du 26 au 28 juin, prendra-t-il cette fois ses responsabilités ? Car, comme l’a montré un récent rapport d’IPES-Food, l’origine de cette crise n’est pas la guerre en Ukraine, mais bien la fragilité d’un système alimentaire industrialisé lancé et promu par les entreprises et les pays du G7.

Depuis des décennies, les politiques agricoles avaient pour objectif de nourrir la population au moindre coût, à l’aide de monocultures et d’élevages à échelle industrielle. Le blé, le maïs et le riz ont été particulièrement choisis pour assurer cette production, et ils fournissent aujourd’hui plus de 40 % des calories consommées dans le monde. Les semences sont sélectionnées pour bien répondre aux engrais chimiques, fortement dépendants du gaz et des ressources minières en phosphate. Les cultures et leurs systèmes d’irrigation sont ultra-mécanisés, et donc très dépendants du pétrole. Une poignée de puissantes entreprises ont aujourd’hui la main sur ce paquet technique. La performance productive a encouragé quelques pays dotés d’« avantages comparatifs » à se spécialiser dans ces productions pour le marché international – notamment l’Ukraine et la Russie. La production agricole mondiale a augmenté plus vite que la population et, depuis la fin du XXsiècle, la planète produit nettement plus que ses besoins caloriques.

Et pourtant, depuis cinq ans, la courbe montrant la lente réduction du nombre de personnes en insécurité alimentaire dans le monde, que l’on observait depuis les années 1960, s’est inversée. Et ce sont les ruraux et les agriculteurs en particulier qui restent les premières victimes de la faim.

Ce constat est connu, rabâché depuis des années dans toutes les institutions politiques. L’enjeu n’est pas tant de produire encore et toujours plus, mais bien de réduire les inégalités. Pourtant, certains acteurs et certains pays qui ont tiré leur richesse et leur puissance de ce modèle agricole et alimentaire proposent d’accélérer encore cette fuite en avant. Au prétexte que les prix montent, il faudrait produire plus, cela semble de bon sens. Sauf que l’on peut faire baisser les prix autrement, que l’on peut rendre les pays vulnérables plus résilients, et que l’on peut construire de nouveaux modèles agricoles et alimentaires moins fragiles. Et la crise peut être l’occasion de changer de trajectoire.

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