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En Russie, la dictature et surtout la misère sociale

 En Russie, la dictature et surtout la misère sociale

 

 

Les Russes ne sont pas complètement indifférents aux questions démocratiques et notamment aux violations délibérées par Poutine des libertés individuelles et collectives notamment suite à l’emprisonnement et à la condamnation de l’opposant Navallny. Pour autant , cette question est sans doute moins prégnante pour l’ensemble des Russes que la détérioration de la situation économique et sociale. Le pays est en effet en plein marasme économique et les Russes ont vu leur pouvoir d’achat de l’ordre de 15 à 20 % en peu de temps. Entre les sanctions occidentales et l’embargo imposé en retour par le Kremlin sur les importations de denrées alimentaires européennes, la pandémie, la chute du rouble et une économie depuis longtemps anémique, nombreux sont les Russes qui voient leur portefeuille maigrir.

 

Un motif de mécontentement croissant, alors que les partisans de l’opposant incarcéré Alexeï Navalny veulent mobiliser la rue à l’approche d’élections législatives en septembre.

« Avant la pandémie, nous recevions 30-40 personnes par jour, c’est désormais 50-60 personnes » qui viennent chercher des vivres, constate Elena Timochouk, employée de l’association d’aides sociales »

 

Birmanie : les militaires renforcent la répression mais la rue réplique

Birmanie : les militaires renforcent la répression mais la rue réplique

 

Depuis le début du putsch militaire la répression constitue la réponse des forces désormais au pouvoir. Ainsi au moins 400 personnes ont déjà été arrêtées. Mais la rue réplique par des manifestations et des mesures d’autodéfense. Les militaires n’ont pas encore gagné la bataille mais déploient  désormais des chars assurés du soutien politique honteux de la Russie et de la Chine. Deux  régime autoritaires tout aussi condamnables.

Les forces de l’ordre ont tiré sur des manifestants dimanche en Birmanie, tandis que des militaires étaient en train d’être déployés, faisant craindre une répression imminente du mouvement de protestation contre le coup d’Etat.

Malgré cela, la mobilisation contre le coup d’Etat ne faiblit pas avec des fonctionnaires (enseignants, docteurs, employés de chemin de fer, etc.) en grève. Dimanche, pour le neuvième jour consécutif, les Birmans sont descendus par dizaines de milliers dans les rues. A Rangoun, ils se sont notamment réunis près de la célèbre pagode Shwedagon, pour réclamer la fin de la dictature et la libération de la lauréate du prix Nobel de la paix 1991, tenue au secret depuis son arrestation.

Dans les quartiers la population s’organise avec des dispositifs d’autodéfense pour empêcher les arrestations arbitraires mais aussi opposées à la criminalité instrumentalisée par le pouvoir qui a ouvert des prisons en espérant déstabiliser un peu plus le pays est donné une légitimité à son régime autoritaire.

Banques alimentaires: la moitié sont des nouveaux bénéficiaires

Banques alimentaires: la moitié sont des nouveaux bénéficiaires

 

La crise économique et sanitaire provoque une amplification de la misère sociale. Un constat qui s’appuie notamment sur le fait  que la moitié de ceux qui ont recours aux banques alimentaires sont pour moitié de nouveaux bénéficiaires depuis moins d’un an ( pratiquement le début de la crise du Coronavirus). Le profil majoritaire des bénéficiaires est celui de personnes sans emploi, d’un revenus moyens autour de 800 €. En moyenne l’apport des banques alimentaires représente un peu moins de 100 € par mois pour les intéressés

«Dans le contexte actuel les banques alimentaires sont de plus en plus sollicitées et voient le profil des bénéficiaires évoluer (travailleurs pauvres, personnes diplômées)», selon cette étude réalisée tous les deux ans par l’institut CSA pour les banques alimentaires. «Si la perte d’emploi, la maladie et la séparation sont toujours les trois premières raisons de l’aggravation de la situation financière des bénéficiaires, l’impact de la crise sanitaire est palpable», indique l’étude. Ainsi, 12% des répondants disent que leurs difficultés financières se sont aggravées à la suite de la crise sanitaire du Covid-19.

 

Plus de 2,1 millions de personnes bénéficient de l’aide alimentaire en ce début d’année 2021, selon les banques alimentaires. Une importante augmentation du nombre de bénéficiaires, d’environ 25%, avait été enregistrée en mars 2020, mois marqué par le premier confinement. Menée du 30 septembre au 10 novembre sur près de 1.000 bénéficiaires, l’étude permet de «mesurer l’impact de la crise sanitaire sur la précarité alimentaire», soulignent les banques alimentaires dans un communiqué. Plus de la moitié (51%) des personnes aidées ont déclaré avoir recours à l’aide alimentaire depuis moins d’un an. Parmi elles, 21% y ont eu recours pour la première fois il y a moins de 3 mois et 14% entre il y a 3 mois et il y a six mois.

Plus de la moitié des bénéficiaires (52%) se rendent à l’association d’aide alimentaire au moins une fois par semaine. Les personnes aidées ont en moyenne 48 ans et 70% sont des femmes. Plus de 80% sont de nationalité française. Par ailleurs, près d’un quart des bénéficiaires ont au minimum le niveau bac. En moyenne, les ressources des bénéficiaires s’élèvent à 839 euros. 80% n’ont pas d’emploi: parmi eux, plus d’un quart (27%) des bénéficiaires sont chômeurs, 17% sont retraités. Plus de 85% d’entre eux ont un logement stable. L’aide alimentaire représente pour ces personnes une économie de 92 euros par mois en moyenne.

Enfin, 66% des bénéficiaires disent souhaiter être accompagnés par des associations. «Il apparaît difficile de penser que l’aide alimentaire puisse être dématérialisée et/ou soustraite au lien humain nécessaire aux personnes en situation de précarité», estiment les banques alimentaires dans leur communiqué, alors que le gouvernement pourrait distribuer prochainement des chèques alimentaires.

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La Chine ne veut pas fournir les données sur l’origine du virus

La Chine ne veut pas fournir les données sur l’origine du virus

C’est déjà avec beaucoup de réticences que les autorités chinoises avaient acceptées de recevoir plus d’un an après le début de la pandémie des experts de l’OMS afin d’éclairer sur les origines du virus. Les experts de l’OMS ont été sous surveillance permanente et leur champ de recherche très limitée. Pire la Chine s’oppose vigoureusement à la fourniture de données brutes concernant les premiers contaminés  à Wuhan . Les autorités chinoises ont refusé de transmettre des données brutes sur les premiers cas de Covid-19 à l’équipe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) chargée d’enquêter sur les origines de la maladie, a déclaré l’un des membres de cette équipe. L’équipe de l’OMS avait demandé à pouvoir étudier les données brutes sur 174 cas d’infection par le coronavirus identifiés lors de la toute première phase de l’épidémie, en décembre 2019, à Wuhan, ainsi que sur d’autres cas, mais elle n’a pu obtenir qu’une synthèse de ces données, a dit Dominic Dwyer, un infectiologue australien membre de l’équipe.

Les données brutes dans ce type de dossier, le plus souvent anonyme, incluent des précisions sur les questions posées aux patients, leurs réponses et la manière dont ces réponses ont été analysées, a-t-il expliqué. « C’est une pratique standard lors des enquêtes sur des épidémies », a déclaré Dominic Dwyer à Reuters, lors d’un entretien en vidéo depuis Sydney, où il se trouve en quarantaine.

Des informations capitales. Il a souligné que l’accès aux données brutes était capital, car la moitié seulement des 174 cas concernés avaient été exposés directement au marché de Huanan (Wuhan), où le coronavirus a été détecté pour la première fois. « C’est la raison pour laquelle nous avons continué de les demander, a-t-il déclaré. Pourquoi cela ne s’est pas fait ? Je ne ferai pas de commentaire. Est-ce, ou non, politique, c’est difficile à dire ». L’impossibilité d’accéder aux données brutes sur les patients sera mentionnée dans le rapport définitif des enquêteurs. Une synthèse des conclusions de l’enquête pourrait être publiée dès la semaine prochaine, a déclaré l’OMS vendredi.

Les enquêteurs, arrivés en Chine le mois dernier, y ont passé quatre semaines – dont deux en quarantaine à l’hôtel – pour tenter de déterminer l’origine précise de la pandémie mais leurs déplacements ont été encadrés par leurs hôtes chinois et leurs contacts avec la population locale limités pour des raisons sanitaires.

Une crise épistémologique de la vérité

Une crise épistémologique de la vérité

Par Hervé Brusini, Président du Prix Albert Londres, ancien rédacteur-en-chef de France Télévisions. 

 

(Tribune sur France Info)

 

Vous savez ce que l’on dit à propos de ces temps de Covid ? Nous serions actuellement sur pause; et demain, avec le retour à la vie normale, tout pourrait redémarrer comme avant. Cette vision hypothétique ne s’appliquera certainement pas au journalisme, en tout cas pas à l’information produite aux États-Unis. Là-bas, les débats sont vifs, aigus, violents. Ils touchent aux fondements de l’exercice éditorial ainsi qu’aux dirigeants des médias d’information.

Et ce grand chamboulement, ces coups de boutoir, nous concernent évidemment.

Certes les spécificités du monde journalistique américain interviennent dans un puissant remue-ménage politique, en particulier autour de l’importance accordée aux pages opinions versus celles consacrées aux informations. Mais les thèmes évoqués outre-Atlantique nous sont familiers :

  • « Diversité » – la préoccupation qui taraude notre société -,
  • « Neutralité » – l’exposé des points de vue à parité, en somme notre fameux pour/contre qui structure si souvent l’exposé journalistique,
  • « Objectivité » – ce vieux mot que l’on n’utilise plus vraiment en France, mais qui demeure sous-jacent.

A Washington ou New-York, tout cela est remis en question, interrogé, banni aux yeux de certains, et ils sont nombreux.

D’ailleurs, comme en écho, le 8 février dernier sur France Inter, Barack Obama confiait à Augustin Trapenard : « Aujourd’hui, il y a un millier de plateformes, vous avez tout l’Internet et il n’y a plus de règles convenues sur ce qui est vrai et faux »… »J’ai appelé ça une crise épistémologique, une foire d’empoigne. Et donc vous avez pu voir un président, Donald Trump, qui n’a pas été inquiété pour avoir menti tout le temps. Et ça c’est, je pense, le plus grand danger actuel pour la démocratie. « Une crise épistémologique ! », excusez du peu.

Et le discours de l’ex-président de sonner comme un appel à un monde éditorial, avec punition du mensonge, établissement de règles pour produire et diffuser du vrai…  Très vaste programme, non ? En ce moment, là-bas, on parle même d’établir les conditions d’une « clarté morale », indispensable au journalisme.

 

Un grand débat s’est donc ouvert dans le monde politico-médiatique américain, au plus haut niveau. Chaque jour apporte donc son lot de points de vue qui s’affrontent, d’invitations au statu quo, ou d’incitations au changement.

Ainsi, celui de Dan Froomkin intitulé « Ce que sera la prochaine génération des éditorialistes-reporters ». Froomkin est l’éditeur du site indépendant Press Watch. Dans son papier, il égrène avec un certain appétit, la liste des grands patrons qui cèdent en ce moment leur place à la tête de rédactions prestigieuses qu’influentes : celles du Washington Post, du Los Angeles Times, et même du New York Times.

Davantage encore dans la tourmente, James Benett, chargé des pages débats du NYT, a dû quitter le navire après avoir publié le 3 juin, la tribune incendiaire d’un sénateur de l’Arkansas. L’homme politique appelait à « envoyer la troupe » en pleine manifestation après la mort de George Floyd, victime avérée de la violence d’un policier blanc. Bennet confessa qu’il n’avait pas lu cette tribune avant parution. Révolte des lecteurs, comme d’une bonne partie des journalistes.

« Un rédacteur en chef du Philadelphia Inquirer a dû (également) démissionné pour avoir titré face aux manifestations et aux dégâts : Les bâtiments, c’est important aussi. (Buildings Matter Too) détournement du slogan ‘ Black lives Matter ‘ », a raconté récemment Le Monde.

 

Froomkin de prédire « Un moment épique… Une nouvelle génération de leaders arrive ! ».

On l’aura compris, il fait partie des tenants d’un profond changement.

Selon lui, le renouvellement éditorial du pays, s’annonce donc par la mise au rencard des sexagénaires et plus. Comme un symptôme. Mais le plus important est là : « (Les nouveaux arrivants) ont devant eux, prévient-il, de nombreux et urgents travaux de réparation ».

De quoi s’agit-il exactement ? Des chantiers de l’information à reconstruire, ceux de l’après Trump, évidemment.

Vu de Paris, on a du mal à envisager combien quatre années de présidence à coups de tweets mensongers quotidiens, d’insultes sans cesse renouvelées à l’encontre de médias qualifiés de fake news, ont pu secouer, éprouver, mettre à mal le monde de l’information US. D’autant plus, lorsque tout cela se termine un assaut sur le Capitole.

De fait, « des révoltés de la vérité » ont comme provoqué un court-circuit. Les fondamentaux de la presse sont pointés. La crise épistémologique évoquée par Obama, provoque des fissures, voire des canyons culturels, politiques, sociaux… et médiatiques. La production de l’information est au cœur de ce séisme. Événement notable, c’est une femme qui vient de prendre les rênes des pages débats du NYT. Kathleen Kingsburry, affirme vouloir « réinventer le journalisme d’opinion », tout faire pour prévenir les accidents éditoriaux. La cellule de vérification des faits, qui travaille avec le secteur opinion, a été renforcé à sa demande. Mais une grande question demeure, tout cela est-il suffisant ?

Après Press Watch, la lettre Persuasion apporte elle aussi sa contribution. Elle fait d’ailleurs de la force de conviction sa marque de fabrique. C’est Lionel Barber qui prend la plume. Ancien éditeur du prestigieux Financial Times, Barber intitule son intervention : « Trump et la vérité ». Il propose une autre vision des choses mais sur les mêmes thématiques. Lui aussi évoque le triptyque « diversité, neutralité, objectivité ». Pour autant, ses recommandations sont fort différentes.

Il ne s’inscrit pas dans le divorce avec la période précédente. Les premières lignes de son exposé donnent la tonalité : « Face à un président malhonnête, les journalistes ont recherché «la clarté morale ». Entendez, ils ont tenté de maintenir le statu quo, coûte que coûte. Camper sur les valeurs sûres éprouvées par l’histoire en quelque sorte. Pour Froomkin, c’est au contraire dans la rupture que le journalisme renouvelé, trouvera une clarté morale. Il n’hésite pas à rédiger comme un vade-mecum à l’attention des nouvelles générations. Il est à l’offensive, même si lui aussi se recommande du patrimoine historique du pays :

« Enracinez tout ce que vous faites dans les principes moraux et journalistiques de base comme le fair-play, la liberté d’expression, la vérité… vous pourriez appeler cela « clarté morale ».

L’expression constitue donc presqu’une aspiration commune. Mais sa définition peut varier du tout au tout, on va le voir. Elle parcourt en tout cas, l’actuel débat aux États-Unis. On l’imagine mal émerger dans une discussion française sur l’information. La crise de confiance que nous traversons n’emprunte pas ces mêmes voies qui évoquent comme une exigence spirituelle, une sorte de mise au clair avec soi-même. A croire qu’après l’ère Trump, les médias américains envisagent leur examen de conscience, seule issue possible à leurs yeux.

 

« La blancheur » des rédactions est ainsi évoquée au titre des principaux griefs. Dan Froomkin n’hésite pas à se faire procureur d’un procès en place médiatique, un procès qui polarise largement le pays.

« Sur la blancheur, parlons donc de la diversité économique et raciale… Je regarde notre profession, et je n’en vois pas grand-chose, accuse le journaliste. Avec le temps cela doit changer. Et cela changera, mais pas du jour au lendemain. Ce que nous devons faire en attendant c’est reconnaître les effets de cette situation. A savoir, que nous opérons depuis longtemps dans une atmosphère de blancheur institutionnelle où la blancheur et les valeurs blanches sont considérées comme la norme. Cela a corrompu ce que la génération précédente a appelé un journalisme objectif…Dans ce métier, nous écrivons et rapportons, par défaut, dans une position de blancheur. Nos sources sont trop souvent blanches et masculines. Nos lecteurs présumés – ceux que nous craignons d’offenser -sont blancs, aisés et centristes. On considère trop souvent la blancheur comme neutre. »

Dans un éditorial retentissant publié par le NYT le 23 juin 2020, le journaliste lauréat du Pulitzer, Wesley Lowery avait eu des mots bien plus durs encore pour dénoncer la blancheur éditoriale. « L’industrie du journalisme a apparemment atteint un point de rupture… Cela fait plus de 50 ans que les premiers journalistes noirs sont apparus dans les rédactions américaines traditionnelles… »

Et ils ont fait de « maigres demandes » raconte Lowery. Elles concernaient l’embauche, le salaire, l’accès à la hiérarchie, dit-il en substance.

« Ce qui est différent maintenant, c’est que les éditeurs ne détiennent plus le monopole du pouvoir d’édition, affirme Lowery. L’accès aux plateformes de médias sociaux nous permet de parler directement au public ».  

Et d’ajouter que si les salles de rédaction connaissent aujourd’hui un tumulte puissant, c’est parce qu’elles s’emploient à ce « refus laborieux de s’intégrer racialement ».

Les mots sonnent ici avec un réalisme brutal, comme un défi lancé à une société en plein tourment. Les explications, le contexte de ces discours sont connues : le mouvement Black Lives Matter et les violences policières qui l’ont engendré, le soutien, au moins tacite, apporté par l’ex président aux suprémacistes blancs, pour ne parler que des événements les plus récents. On le sait, la pauvreté, l’absence de perspective d’évolution sociale, l’isolement, contribuent depuis bien longtemps à cette pérennité des tensions raciales aux USA.

Le modèle républicain français, lui, est bien différent. Pour autant cette « blancheur médiatique » a souvent été pointée, dénoncée chez nous. Elle l’est encore. La question de la représentation sur nos écrans, se pose avec force depuis plusieurs années. Invisibles, gilets jaunes, les tenants de l’acte d’accusation d’un élitisme médiatiques sont bien connus.

Outre-Atlantique la question se focalise sur la diversité. Après avoir constaté les manquements grave du système, l’homme de Press Watch préconise son remède : « la blancheur ne doit plus être insignifiante dans les salles de rédactions. Elle doit être soulignée, étudiée et remise en question. Les voix non blanches doivent être élevées, et valorisées. »

Ses recommandations deviennent des exhortations concrètes tant à ses yeux la situation est grave. « Faites un projet de diversification de vos sources. Remettez en question vos angles morts…Reconnaissez le racisme, dénoncez-le ».   

L’ancien éditeur du FT, Barber, partage quant à lui, cette même préoccupation. Il reconnaît volontiers que Black Lives Matter et #MeToo obligent les chefs à prêter plus d’attention aux articles des reporters. Mais attention, avertit Barber, cette exigence pourrait conduire à « l’intolérance, à la censure de la part de ceux qui « veulent un changement de paradigme ».

Et d’ajouter : « Les rédacteurs en chef, les commentateurs et même certains journalistes pourraient être pris pour cibles par des militants extérieurs, mais aussi par leurs propres collègues… Bien que le désir de clarté morale de l’ère Trump ait été compréhensible, la poussée vers un journalisme plus activiste risque de polariser davantage les gens, de pousser tout le monde vers … l’abandon de l’impartialité »

 

 « Bothsidesism », tel est le mot bricolé pour résumer la question de la neutralité éditoriale aux États-Unis. Pas simple à traduire. Littéralement, le « deuxcôtisme » n’éclaire pas la chose pour un public français. On lui préfèrera l’équilibre, la parité des positions, bref l’exposé du pour et du contre qui structure si souvent nos productions journalistiques.

Mais le « bothsidesisme » est désormais un sujet hautement polémique aux USA.

Là encore D.Trump est partie prenante. Le drame de Charlotesville à la mi-aout 2017 ( Lors d’un rassemblement de suprémacistes blancs et d’une contre-manifestation de militants antiracistes, une jeune femme a trouvé la mort percutée par le véhicule d’un sympathisant nazi) fait un peu office d’acte fondateur, en tout cas provocateur. On se souvient des déclarations de Trump, s’évertuant à renvoyer dos à dos les acteurs de cette histoire. Jusqu’à affirmer qu’il y avait « des gens bien » dans les « deux » camps. Cette vision politique d’un « deuxcôtisme », un pour/contre, façon Trump fit scandale. Elle a ravivé un débat de fond qui agitait la presse américaine depuis quelques années déjà.

Au cœur des échanges, il y a ce que l’on appelle là-bas, « la fausse équivalence ». En novembre 2016, la journaliste Christiane Amanpour, en donnait déjà un exemple concret, lors d’une interview au Guardian : « Nous ne pouvons pas continuer avec le vieux paradigme (du pour/contre) à propos du réchauffement climatique, où 99,9% des preuves scientifiques empiriques sont mis à égalité avec la petite minorité de négationnistes.. »

C’est un peu ce que suggère B.Obama dans son interview récente sur FranceInter :« Je peux discuter avec n’importe qui dans une démocratie de la manière dont nous devrions aborder le changement climatique, mais je ne peux pas discuter avec quelqu’un qui dit que le changement climatique est un canular inventé par des écologistes radicaux ».

Ce credo d’un équilibre indispensable dans la présentation de deux camps, deux visions à propos d’une même question renvoie pour beaucoup à la structure politique du pays. Au royaume du libéralisme économique, Républicains et Démocrates se font face, l’équité journalistique se doit donc de respecter cette parité des points de vue.

Ce que confirme bien l’ancien éditeur du FT, Lionel Barber : « Ces questions vont au-delà de la pratique journalistique. Elles s’inscrivent au cœur de notre héritage libéral-démocratique, actuellement assiégé. L’échange rationnel et ouvert d’idées est un élément essentiel de ce patrimoine… L’expression de l’empathie, vient de l’esprit d’enquête qui prend racine dans la Grèce antique, le berceau de la démocratie. Ceux qui critiquent le « bothsidesism » dans le journalisme peuvent considérer que c’est une pratique moralement lâche, une complicité avec le mal. En fait, c’est tout le contraire. »

L’expérience de Barber en la matière est bien réelle. Il eut une rencontre avec Trump peu de temps après son élection. Dans un climat glacial, le président avait fini par lui dire : « Ça va, t’as perdu, j’ai gagné ! » « Brutalement, Trump avait recadré notre réunion, avoue Barber. Il en faisait un concours, un combat avec lui-même comme vainqueur désigné à l’avance. »

Barber ajoute que Trump a vanté ses 100 millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, face à un « fake news » progressiste comme le journal de son visiteur, le Financial Times. Malgré tout cela, malgré tous ses confrères qui considéraient déjà le président comme un « fou, mauvais et dangereux », Barner affirme que « le bon journalisme exigeait que son interlocuteur fût traité équitablement » Quatre années plus tard, il maintient sa position. Et de rappeler que lui, le britannique, avait eu les mêmes scrupules lors des débats sur le Brexit. Quand bien même, à titre personnel, il était pro-européen.

Le New-York Times, le Post qui ont adopté le même principe se voient accuser « d’altérer la démocratie ». Pire, selon le dictionnaire Merriam Webster, cette attitude « déforme et accélère cette corrosion – tout cela au nom de la neutralité, rien de moins. »

Et Dan Froomkin, le rédacteur en chef de Press Watch, de renchérir en faisant spécifiquement référence au New York Times: « Si vous aviez demandé aux rédacteurs du NYT il y a cinq ans si les gens qui simplement nient les faits, se livrent à des théories du complot, diabolisent les immigrants, et si la lutte contre une société pluraliste devrait avoir un espace égal (ou plus qu’égal) dans leurs colonnes, ils auraient dit non… »

La crise médiatique est donc bien réelle outre-Atlantique. Et si l’ancien président Obama évoque à son sujet une crise épistémologique, c’est parce que la définition même de ce qu’est un fait n’est plus une évidenceCar cela ne l’a peut-être jamais été.

 

« Les nouvelles et la vérité, ne sont pas la même chose, elles doivent être clairement distinguées. Les nouvelles ont pour fonction de signaler un événement. Pour sa part, la vérité doit mettre en lumière les faits cachés, établir les relations existantes entre les uns et les autres, brosser un tableau de la réalité sur laquelle les hommes peuvent agir. »

C’est Walter Lippman qui s’exprime ainsi dans LE livre de référence du journalisme américain, « Public Opinion » publié en 1922 et jamais traduit en France. Éditorialiste, essayiste, penseur du politique, Lippmann dénonça en son temps les « false news » de ses confrères (à propos de la révolution bolchévique en particulier), leur sensationnalisme, les stéréotypes qui faussaient leur travail. Bref, il fut l’ardent avocat de l’objectivité, préconisant le détachement, seule posture selon lui, en mesure de garantir l’exigence de lumières en démocratie.

Voilà pour la statue du commandeur US dont le philosophe Bruno Latour, n’hésite pas à dire qu’il a la dimension d’un Machiavel de nos temps modernes. C’est précisément cet héritage qui se retrouve aujourd’hui placé au milieu du grand tiraillement éditorial. On le relit aujourd’hui, comme pour y puiser quelques réponses au désarroi actuel.

La colère perceptible chez Wesley Lowery à propos de la blancheur des rédactions, pourrait s’en revendiquer, au moins au démarrage de son raisonnement. « Aucun processus journalistique n’est objectif, tranche-t-il. Aucun journaliste n’est objectif à titre individuel, car aucun être humain ne l’est. » A ses yeux, rien n’est pire alors que « l’objectivité neutre » qui caractérise la grande majorité de quelques grands médias mainstream.

« Cette objectivité neutre trébuche sur elle-même pour trouver des moyens d’éviter de dire la vérité, raille le journaliste. L’objectivité neutre insiste sur le fait que nous utilisons des euphémismes maladroits comme « le tir impliquant un officier de police ». Alors que nous devrions dire, ajoute Lowery, « la police a tiré sur quelqu’un ».

Faisant allusion au mouvement de réprobation générale après la publication de l’appel à l’intervention de la troupe, proféré par un sénateur et publié dans le NYT, il assure que « les journalistes noirs, n’appellent pas à la fin du débat public, ou à la censure des opinions qu’ils n’aiment pas. Ils réagissent seulement au traitement particulièrement médiocre d’une affaire incroyable à un moment très sensible ».

Et de parler, lui aussi, de manque de clarté morale, de la part de « chefs qui n’ont pas assez réfléchi avant de mettre à disposition d’un élu une plateforme aussi influente que celle du NYT ».

Les critiques n’ont pas manqué après cet article. Ainsi, Lionel Barber, l’adepte du « bothsidesism ». Pour lui, cette attitude risque de conduire à « l’abandon de l’idée d’impartialité, sans parler de l’objectivité ». Il n’y aurait alors plus que contradictions, tensions.

Et voilà qu’il invoque l’histoire de l’objectivité, comme pour mieux démonter à quel point on doit la préserver, ou plutôt l’adapter. Selon lui, le concept vient certes des années 20, mais plus précisément d’un calcul commercial visant à maximiser les revenus publicitaires.  Il est au cœur de ce que l’on appelait autrefois, le « journalisme libéral » affirme Barber.

A cette époque de fusions et fermetures des journaux, dit-il, ceux qui ont survécu ont su sortir de la logique partisane des publications. Puis cette objectivité aurait été mise à mal, par des épisodes comme le Mc Carthisme où les journalistes américains ont compris qu’ils ne pouvaient plus être « de simples sténographes » de la parole des puissants…Ils devaient poursuit-il, « fournir un contexte et une analyse ». Avec le Viet-Nam, les reportages se sont teintés « d’un certain degré de jugement professionnel », analyse-t-il.

Mais beaucoup de journalistes ont continué à attaquer la neutralité et l’objectivité. Enfin, les théories postmodernistes universitaires qui remettent en cause l’idée même de vérité et surtout l’explosion du web et des réseaux sociaux, auraient en quelque sorte achevé le travail, conclut Barber qui plaide pour un statu quo simplement ravivé.

Parmi ses préconisations, il y a le fait d’exploiter la technologie numérique pour améliorer les formes traditionnelles de vérification. Le voilà bien l’autre mot qui forcément accompagne l’objectivité. Le fact checking, la vérification. Dans sa lettre aux futures générations d’éditorialistes reporters, Dan Froomkin, souhaite la suppression des services de fact checking qui se sont multipliés ces dernières années.

« Je transforme tout le monde en vérificateur, proclame-t-il. La vérification ne doit pas être une activité séparée… Plus important encore, nous devrions poursuivre les conséquences des mensonges… cela signifie interrompre les menteurs connus lorsqu’ils répètent un mensonge connu. Cela signifie qu’il faut refuser aux menteurs en série, la possibilité d’utiliser les médias. »

De fait, c’est ce qu’il a fini par arriver à Trump aux dernières heures de sa présidence.

Dans ce kaléidoscope atour de l’idée d’objectivité, un patron démissionnaire a particulièrement pesé tout au long de sa pratique journalistique. On doit à Marty Baron, en partance de la tête du Washington Post, l’investigation conduite sur les abus sexuels des prêtres catholiques de Boston. Il travaillait à l’époque au Boston Globe et son enquête lui a valu un prix Pulitzer en 2003 ainsi qu’une notoriété mondiale avec le film Spotlight qui le met en scène. C’est encore lui qui signifia au journaliste Wesley Lowery que ses tweets sur les sujets comme la race, la politique « violaient les principes de l’entreprise en matière de réseaux sociaux… »

Quelle et donc la conception de l’objectivité selon Baron ? En guise de réponse, il aime à citer Lippmann, toujours la référence. « Sa pensée était que nous, journalistes avons des idées préconçues, issues de nos origines, de nos expériences de vie, rappelle Baron. L’idée d’objectivité, ce n’est pas la neutralité. Ce n’est pas un principe bilatéral, un soi-disant équilibre. Ça n’a jamais été cela. »

Baron prône l’enquête, sa rigueur, la nécessité absolue de rencontrer tous les acteurs d’un dossier… L’objectivité, selon lui, est donc l’établissement des faits, au bout d’un long processus critique, où l’on publie lorsque l’on pense avoir « suffisamment de matériel » en main. Bref, la crédibilité par l’exercice d’un questionnement journalistique offensif. Seul véritable argument à ses yeux.

A travers tous ces débats, ces guerres de positions journalistiques, le fait et sa définition apparaissent bien comme les éléments fondamentaux de cet examen de conscience collectif. Par-delà le tumulte, la rudesse des échanges, cette remise au point semble s’imposer au pays où complotisme et faits alternatifs, réunissent des adeptes en si grand nombre…

Et chez nous…

 

Certes, on l’a dit, et comment nier l’évidence, les États-Unis ne sont pas la France. Cette antienne qui consiste à voir là-bas ce qu’il va bientôt nous arriver, a quelque chose d’une renonciation à notre propre identité. Une soumission à un fatum moderne. Nous n’avons pas connu, cette déstabilisation de haute magnitude que fut la période de Trump président. Soit. Mais les outils numériques que nous utilisons viennent bien d’outre-Atlantique. Leurs effets commencent à révéler une face cruelle aux yeux de celles et ceux qui y voyaient d’abord les instruments d’une libération générale. L’éther digitale peut parfois devenir un enfer personnel et/ou collectif.

De ce point de vue, le livre récent de Samuel Laurent, est plus qu’édifiant. L’ancien patron des décodeurs du journal Le Monde signe un ouvrage intitulé « J’ai vu le monstre. Twitter va-t-il tuer la #démocratie ? ».

Par-delà la mise en cause du réseau social et de sa « violence consubstantielle », le journaliste pointe « l’écosystème du faux » que représente Twitter, un écosystème viable parce qu’il s’appuie sur un constat sans appel : « Il y a une perte de confiance générale dans les médias traditionnels, affirme Laurent. Une perte de confiance à mettre en perspective avec la présence de plus en plus fréquente de « passeurs d’infox » à la télévision et un récit global relayé par le politique qui dit : les médias nous mentent et nous manipulent. Cette croyance dans les théories conspirationnistes ou le crédit accordé aux faits alternatifs sont aussi le signe d’un désenchantement de la réalité. »

Une crise de l’information, et de sa fonction dans notre société est donc bel et bien à l’œuvre dans notre pays comme le montre, année après annés, le baromètre Kantar pour le journal La Croix depuis 1987. Via le numérique et avec lui pour moteur, cette crise apparaît massivement. Elle est si forte en certains lieux, si assourdissante dans ses conséquences, qu’elle peut donner l’envie de quitter ces espaces numériques devenus toxiques, à l’exemple de S.Laurent.

Un fait planétaire se conjugue à cette crise. La pandémie du coronavirus. Depuis près d’un an, les discours à son propos sont omniprésents, capables d’interagir avec la vie de chacun jusqu’au plus intime : la peur et la mort. Dans ce contexte inédit, l’information est demandée comme jamais, mise à l’épreuve comme jamais. La crise connaît alors un paroxysme quasi quotidien là sous nos yeux.

Et se reposent en filigrane les questions posées au journalisme par l’examen de conscience américain : 

La diversité devient essentiellement celle des territoires par rapport à un exercice gouvernemental national. Les invisibles sont célébrés, un temps. Au fil des mois, l’insatisfaction, voire la colère deviennent les composantes, réitérées, intégrées de l’information. Dans les rédactions on tente d’être fidèlement à l’écoute de cette « diversité ». L’heure de la recomposition des rédactions se pose de plus en plus, autant sur les origines sociales, qu’ethniques, ou géographiques.

La neutralité bat son plein dans ses plus sémillants pour/contre. Pêle-mêle, on est d’accord ou pas avec le confinement, son horaire, ses secteurs d’activité, son ampleur géographique… Et bien sûr, il y a l’interrogation inévitable du moment : est-on favorable ou pas à la Chloroquine, au professeur Raoult, à l’un ou à l’autre des experts… Doit-on faire confiance ou pas au patron de la santé, au ministre en charge, au chef de l’État lui-même… Le pour/contre rythme ainsi le récit qui s’étire et rebondit. Il ne laisse que rarement une mémoire.

Quant à l’objectivité, le fait qui la fonde est en souffrance. Vérité du jour, n’est pas vérité de toujours en temps de Covid. Tant s’en faut. Certes pas vraiment de faits alternatifs comme là-bas à Washington, mais succession de faits. En réalité, et cela a déjà été dit, nous faisons tous l’apprentissage en temps réel de la vérité scientifique et de ses hésitations. L’incertitude est mesurée chaque jour, à chaque instant, avec un lexique évolutif, taux d’incidence, variant… L’infographie n’est plus seulement l’attribut des labos, elle a droit de cité dans les studios, sur nos écrans. Comment alors ne pas penser au formidable livre de Lorraine Daston et Peter Galison intitulé « Objectivité ». Précisément c’est l’image qui est ici analysée. Comme un voyage qui va de l’atlas scientifique et ses fantastiques œuvres d’art scientifiques, à la photo et ses capacités de mettre en lumière un autre réel. Un cheminement à travers le temps, du XVIIIème siècle à la période contemporaine. Et l’objectivité n’est plus cette permanence intangible. L’objectivité gagne une histoire, et les faits de même.

 

 

Économie et territoire : une dizaine de métropoles et la désertification ailleurs

Économie et  territoire : une dizaine de métropoles et la désertification ailleurs

 

La mode de la métropolisation risque d’aboutir à un aménagement du territoire composé d’un côté d’une dizaine de villes de plus d’un million d’habitants concentrant une majorité d’emplois et de l’autre des zones en voie de régression voire  de désertification. Un non-sens non seulement économique et social mais aussi environnemental et sociétal. En effet l’hyper concentration qui génère effectivement une croissance endogène provoque aussi des dégâts humains et environnementaux catastrophiques. Les créations d’emplois se en effet concentrent depuis une dizaine d’années sur les aires urbaines de plus de 500.000 habitants, zones où l’on trouve les métiers les plus dynamiques – notamment les postes de cadres - au détriment des villes petites et moyennes, constate une étude de France Stratégie. Au total, c’est une douzaine de métropoles régionales qui se partagent quasiment la moitié (46%) des emplois, dont 22% pour Paris et 24% en province. Et ce marché de l’emploi à deux vitesses se creuse. La situation est inédite: entre en 1968 et 1999, la croissance de l’emploi profitait à l’ensemble du pays… avant que les territoires ne se différencient de plus en plus, et que la fracture ne se transforme en fossé entre 2006 et 2013. C’est durant cette période que les aires urbaines de plus de 500.000 habitants ont massivement créé des emplois alors que les villes moyennes, les petites villes et les communes isolées ont subi des pertes, observe l’organisme placé auprès du Premier ministre. Ce phénomène a un nom: la «métropolisation». Or cet aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres conduits le reste à la désertification.  Un exemple dans la région Pays de Loire globalement relativement dynamique . En réalité le développement est surtout concentré autour de Nantes, la ville d’Angers par exemple enregistre plutôt un tassement économique ,  la ville de Saumur recule et voit sa démographie s’écrouler ( une des rares villes où la population diminue). Au-delà dans le nord est de la région, c’est le grand désert, là où on propose d’épandre les boues urbaines des grandes villes ou d’implanter encore les inutiles éoliennes. Le  coût du foncier déjà très bas s’écroule. Par exemple on trouve un pavillon typeF4 avec jardin pour 60 000 € ( à Nantes compter quatre à 10 fois plus ). ! Mais  la mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040 certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être.

Conserver la naturalité des forêts

 Conserver la naturalité des forêts 

 

Les écologues François Ramade et Annik Schnitzler dressent, dans une tribune au « Monde », un portrait accablant de la gestion des bois et forêts périurbains par l’Office national des forêts, qui privilégie une productivité à court terme au détriment de la biodiversité.

Tribune.

 

En dépit des déclarations répétées de l’Office national des forêts (ONF) sur sa prise en compte des impératifs de préservation des écosystèmes forestiers, force est de noter que cet organisme public n’a pas changé de stratégie depuis des décennies. Les constats effectués dans les habitats forestiers français, en particulier dans les bois et forêts périurbains comme ceux d’Île-de-France, démontrent que l’ONF persiste dans une gestion « productiviste » et à courte vue des forêts, fondée sur la seule exploitation des ressources en bois commercialisable (vente de bois d’ameublement, de construction et de chauffe).

Pour répondre aux demandes de l’Etat et aux objectifs financiers qui lui sont fixés par les ministères de l’agriculture et des finances, il continue à considérer les forêts comme des champs d’arbres, à l’image des champs de maïs. Il persévère dans la recherche exclusive des rendements maximum à l’hectare, quels qu’en soient les conséquences biologiques et les effets à long terme – la responsabilité de l’Etat se trouvant ainsi engagée.


Les bois et forêts périurbains, poumons vitaux des villes, qui permettent des échappées de plus en plus nécessaires aux citadins, tant sur le plan des loisirs que sanitaire, sont le signe peut-être le plus alarmant du désastre en cours. Pour prendre un exemple, si les coupes rases d’arbres dans la forêt domaniale de la Malmaison/bois de Saint-Cucufa (Hauts-de-Seine), sous l’égide de l’ONF, peuvent être jugées peu significatives en raison de leur surface encore limitée (3 ha, sur 6 annoncés), elles soulèvent en fait des problèmes majeurs. En effet, des chênes parfois centenaires, en parfaite santé, y sont abattus au prétexte que certains châtaigniers sont atteints par la maladie de l’encre, et d’énormes engins, qui tassent les sols de façon irréversible, rasent sur leur passage tous types de troncs.

Ces abattages qui ignorent les obligations mises par le législateur à un développement durable (en particulier la loi 1086 de 2016) et sont effectués discrètement, à grande vitesse (parfois sous-traités à des sociétés non professionnelles de droit étranger), peuvent légitimement conduire les Franciliens et futurs habitants du Grand Paris à s’alarmer.

Durant des décennies, l’ONF a pratiqué le remplacement quasi systématique d’arbres feuillus par des résineux. Ont été ainsi détruits de magnifiques boisements au profit de conifères dont la croissance est rapide et donc la productivité nettement plus élevée à l’hectare. Ces résineux, qui ne sont pas à leur place du point de vue écologique, sont fragiles, sensibles aux attaques parasitaires, et leur litière est facilement inflammable, acidifiée, tandis que sa faune est moins diverse que celle des forêts feuillues originelles.

 

Finances-La Bourse de Londres passe derrière Amsterdam

Finances-La Bourse de Londres passe derrière Amsterdam

 

Récemment les autorités boursières de Londres se sont inquiétées des futures relations avec le reste de l’union économique souhaitant  qu’une collaboration ne remette pas en cause le rôle de la bourse britannique. Une sorte de politique de la main tendue. Cette déclaration montre  en réalité les inquiétudes des milieux londoniens vis-à-vis du scénario Johnson. Ce dernier envisageait en effet qu’après le brexit, le  Royaume uni deviendrait en quelque sorte une sorte de Singapour sur Tamise avec toujours un rôle toujours primordial de la bourse de Londres. Or les échanges commerciaux espérés ne sont pas au rendez-vous car les importations évitent pour une part désormais les ports britanniques quand ils sont à destination de l’union européenne (essentiellement pour des questions de complexification des procédures administratives). En ce qui concerne les marchés financiers la bourse d’Amsterdam domine désormais Londres.

En effet bourse d’Amsterdam a enregistré 9,2 milliards d’euros d’échanges d’actions par jour, contre 8,6 milliards pour Londres le mois dernier. 

À titre de comparaison, l’an dernier, Londres réalisait pour 17,5 milliards d’euros d’échanges quotidiens, suivie par Francfort avec 5,9 milliards, Amsterdam n’arrivant alors qu’en sixième position avec 2,6 milliards, selon des données de CBOE, opérateur de marché présent à la fois à Londres et Amsterdam. De même que le London Stock Exchange, qui a ouvert aux Pays-Bas une filiale baptisée Turquoise pour traiter les transactions en euros.

« La fin du PS »

« La fin du PS »

 

Alors que le PS s’apprête à licencier onze de ses salariés, Yoan Hadadi, membre de son bureau national, dénonce, dans une tribune au « Monde », « une pratique de ressources humaines hors du temps et de l’entendement ».

Tribune.

 

Alors que les Français s’inquiètent d’être à nouveau confinés, que l’Etat se cherche une stratégie face à la pandémie, que les soignants ne voient pas le premier euro arriver, que les commerçants, les salariés, le patronat tirent tous la langue, que les cafetiers ne servent, au mieux, plus que dans des gobelets en carton, le Parti socialiste passe à l’action.

Sa direction annonce de grandes décisions stratégiques. Un projet ? Il arrive. Un changement de nom ? Aussi. Mais avant tout cela, il faut « faire des choix stratégiques car le PS n’est pas une association de macramé ». Tout est dit. Le PS va licencier plus d’une dizaine de salariés. Pour ce faire, il retrouve le langage des cost-killers des années 1980.

Fini le Baron noir, on passe en mode Wall Street. On crée le storytelling à vendre. De bonnes âmes le reprennent. Et puis, patatras ! Un grain de sable dans la machine. La presse fait son travail d’information. Elle ne se contente pas du récit convenu, elle donne un autre angle. Celui des salariés.

Là, le socialiste moyen tombe de sa chaise. Il lit, relit. C’est bien « PS » qui est écrit sur le papier, pas le nom d’une banque d’affaires, d’un géant de l’acier, d’un opérateur de télécommunication ou d’une multinationale de l’IT. Le Parti socialiste sort de l’histoire, nous le savions. Désormais, il perd la mémoire.

Au passage, il est notable d’observer que les salariés ciblés par ces licenciements se trouvent pour beaucoup au sein du pôle idées. Amnésique, ce parti de la gauche qui en vient à oublier que son camp naturel est d’abord celui des salariés. Passé cette vague d’articles, la direction tente bien d’expliquer à quel point elle a le ventre qui se tord alors qu’elle licencie à tour de bras. Le mal est fait. On aurait même pu la croire si elle n’avait pas procédé d’un double manquement.

D’abord, si elle n’avait pas dans le même temps, recruté un nombre de salariés quasi égal à celui qu’elle licencie. Ensuite, si ces articles ne dépeignaient pas une pratique de ressources humaines hors du temps et de l’entendement. Un cas pratique de tout ce qu’on apprend à ne pas faire en école de commerce, en master de sciences de gestion et plus prosaïquement, dès lors que l’on se trouve en situation de management.

On ne saura jamais si la finance était réellement cet ennemi sans visage du Bourget. Il y a débat. Il y a des doutes. Il reste un bilan. Ce que l’on sait aujourd’hui avec certitude, à la lecture de tous ces articles, c’est que le wolf management serait devenu une norme au sein même du PS. Sur-mobilisation des salariés, pression à tous les étages, coups de menton, placardisations, licenciements sans critères.

Pandémie : la réponse doit être collective et internationale (Macron)

Pandémie : la réponse doit être collective et internationale (Macron)

Dans une interview au JDD, le président de la république considère qu’il faut mener la guerre contre la pandémie à l’échelle mondiale. Pour Emmanuel Macron, cette « guerre mondiale » ne sera gagnée qu’au prix de la plus grande ­coopération internationale. « Nous sommes désormais engagés dans une lutte contre les variants, qui est une véritable course contre la montre, confie-t‑il au JDD. Sans une action collective internationale rapide, efficace et solidaire, nous prenons le risque que le virus nous échappe. »

 

« Les pays africains nous interpellent à juste titre sur leur accès aux vaccins, indique le chef de l’État. L’initiative ACT-A aura permis de sécuriser plus de 2 milliards de doses de vaccins à bien meilleur prix que si chaque pays les avait négociés séparément, c’est en soi une réussite. Mais nous devons encore accélérer les efforts, car chaque semaine compte. » Au cours des prochains jours, Emmanuel Macron échangera avec ses pairs de l’Union africaine et relaiera leurs messages vendredi lors d’une réunion par visioconférence du G7 organisée par Boris Johnson, qui en assure la présidence cette année.

Comme on l’admet volontiers à l’Élysée, et pour s’en réjouir ouvertement, cette mobilisation accrue n’aurait pas été la même sans le soutien de la nouvelle administration Biden aux États-Unis. Non seulement le président démocrate a rejoint immédiatement l’OMS dès ses premières heures à la ­Maison-Blanche, mais il a également confirmé le déblocage de 4 milliards de dollars pour financer les efforts d’ACT-A. « C’était l’un de mes premiers sujets d’échange avec le président Biden », raconte Emmanuel Macron, tout en se montrant perplexe sur l’absence ou le retard d’autres grandes puissances à rejoindre l’effort collectif. « Nous devons travailler avec les Chinois et les Russes pour que les vaccins développés par leurs scientifiques s’intègrent à ce grand effort multilatéral contre la pandémie – dès lors qu’ils auront fait l’objet des certifications nécessaires par l’OMS », plaide-t‑il.

Le président de la république oublie cependant que les Chinois comme les Russes grâce précisément à leurs vaccins utilisent cet outil pour renforcer leur impact diplomatique dans de nombreux pays en développement notamment en Afrique.

L’offensive pour vacciner toute la planète afin de prendre de vitesse les variants émerge aussi dans la presse scientifique écrit le JDD. Arnaud Fontanet cosigne cette semaine un article dans The Lancet où il insiste sur la « vulnérabilité » paradoxale des pays riches. « La fin de la pandémie », écrivent l’épidémiologiste du conseil scientifique et ses coauteurs (dont Salim Abdool Karim, qui conseille le gouvernement d’Afrique du Sud dans la lutte contre le Covid‑19), ne sera « possible » que lorsque « les vaccins seront distribués de manière équitable à travers le monde ». 

Réforme des retraites:  » après la crise  » déclare Lemaire

Réforme des retraites:  » après la crise  » déclare Lemaire

 

De façon un peu intemporelle et mécanique, le ministre de l’économie a rappelé l’importance de reprendre les grandes réformes mais après la crise. Le problème évidemment c’est de s’entendre sur le concept de crise. En effet si l’on tient compte de l’évolution probable de la situation économique et sociale, il faudra plusieurs années et pas avant 2023 pour vraiment retrouver des niveaux d’activité économique comparable à ceux de fin 2019. Notons aussi qu’une perspective de réforme va se heurter au calendrier électoral avec pour les plus proches les élections départementales et régionales

 

Il y a bien entendu l’échéance centrale de l’élection présidentielle en 2022 et il paraît évident que les réformes les plus stratégiques seront mises entre parenthèses dans la perspective de cet élection.

 

Du coup, on a un peu de mal à comprendre ce rappel du ministre de l’économie à la nécessité des réformes surtout pour dire des banalités . Mais l’objectif est peut-être surtout pour Bruno Lemaire de soigner son image de marque tout autant que de rassurer Bruxelles sur le sérieux de la gestion française.

 

Au plan de la politique intérieure, les propos de Bruno Lemaire font un peu tomber à plat car ils ne trouveront pas d’écho dans les orientations à moyen terme du gouvernement. Des propos par ailleurs trop généraux comme  «La réalité a la vie dure et il y a un certain nombre de choses qui doivent rester dans nos grandes orientations politiques», a déclaré le ministre sur BFM TV.

 

«Une dette, ça se rembourse. Des finances publiques, ça doit être bien tenu», a-t-il souligné. «Aujourd’hui, on protège les Français, on protège les salariés, on protège les entreprises, mais il faudra le moment venu qu’on retrouve des finances publiques qui soient saines.» «Sur le travail c’est la même chose: nous sommes (…) le pays développé qui travaille le moins. Et dans le même temps, nous sommes le pays qui a le système de protection sociale qui est parmi les plus généreux. Ce n’est plus tenable», a-t-il poursuivi, «et les Français le savent.»

Garder un système de protection sociale généreux et efficace «a un coût», «et si on veut collectivement arriver à se le payer sans que ça pèse sur les retraites des Français (…), il faut qu’on accepte tous ensemble de travailler davantage», a expliqué Bruno Le Maire.

Birmanie : groupe d’autodéfense contre la dictature

Birmanie : groupe d’autodéfense contre la dictature

 

En Birmanie, les manifestations contre la dictature continuent. En dépit de la répression, les protestations sont assez massives pour réclamer le retour du gouvernement civil. La population craint évidemment les représailles policières et s’organise en autodéfense contre les actions policières illicites et contre la criminalité. Une criminalité montante qui pourrait bien être inspirée par les militaires pour déstabiliser un peu plus le pays et justifier des mesures de dictature encore plus sévères.

 

Des résidents ont déclaré s’être regroupés pour patrouiller dans les rues de la plus grande ville du Myanmar, Yangon pendant la nuit, craignant les raids d’arrestation des autorités et les crimes de droit commun à la suite d’un coup d’État militaire et après que la junte ait ordonné la libération de milliers de prisonniers.

D’après Reuters dans, différents quartiers de la ville, des groupes de jeunes hommes pour la plupart ont frappé sur des casseroles et des poêles samedi soir pour sonner l’alarme alors qu’ils pourchassaient ce qu’ils croyaient être des personnages suspects.

Le bureau des droits de l’homme des Nations Unies a déclaré vendredi que plus de 350 personnes avaient été arrêtées depuis le coup d’État.

Les inquiétudes au sujet des activités criminelles ont également explosé depuis vendredi, lorsque la junte a annoncé qu’elle libérerait 23 000 prisonniers, affirmant que cette décision était cohérente avec «l’établissement d’un nouvel État démocratique avec paix, développement et discipline» et «plairait au public».

États-Unis : la fin de Guantanamo ?

États-Unis : la fin de Guantanamo ?

De toute façon, cette fin promise par Obama mais non réalisées est inévitable. En effet la base servait de prison contre les islamistes et a abrité jusqu’à 800 prisonniers. Elle n’en compte plus qu’une quarantaine. Le président américain Joe Biden souhaite donc fermer l’emblématique prison de Guantanamo avant la fin de son mandat, a affirmé vendredi 12 février la porte-parole de la Maison Blanche. Interrogée lors d’une conférence de presse sur une fermeture possible de l’établissement pendant le mandat de Joe Biden, la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki a déclaré : « C’est certainement notre objectif et notre intention. »

« Nous avons donc entamé un processus avec le Conseil de la sécurité nationale (…) pour travailler avec les différentes agences fédérales et évaluer la situation actuelle (…), que nous avons héritée du gouvernement précédent », a-t-elle ajouté. Durant sa campagne présidentielle de 2016, Donald Trump avait affiché sa volonté de garder ouverte la prison de Guantanamo et « de la remplir de mauvais gars ». Le républicain avait conservé cette position une fois élu.

La prison militaire accueille des détenus liés à la « guerre contre le terrorisme » dont le Pakistanais Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau autoproclamé des attentats du 11 septembre 2001. Elle abrite encore une quarantaine de détenus, dont 26 sont considérés comme trop dangereux pour être libérés, mais les procédures légales s’éternisent en raison de la complexité de leurs dossiers.

États-Unis : hausse de la bourse mais baisse du moral des ménages

États-Unis : hausse de la bourse mais baisse du moral des ménages

 

Aux États-Unis pendant que la bourse flambe, le climat des ménages refroidit. Le moral des ménages américains a subi en février une dégradation inattendue, montrent vendredi les premiers résultats de l’enquête mensuelle de l’Université du Michigan.

 

Son indice de confiance a reculé à 76,2 après 79,0 en janvier alors que les économistes et analystes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un chiffre en hausse à 80,8 et que l’estimation la plus basse le donnait à 78,0.

 

La composante du jugement des consommateurs sur leur situation actuelle a légèrement diminué à 86,2 après 86,7 le mois précédent.

 

Celle des perspectives a reculé plus nettement, à 69,8 contre 74,0.

La faiblesse des grandes puissances face au Covid

La faiblesse des grandes puissances face au Covid

 

 Nidal Shoukeir ,professeur de communications stratégiques et relations gouvernementales note la faiblesse des grandes puissances face au C ovid.( L’opinion)

 

 Il ne fait aucun doute que le monde après la Covid-19 ne sera plus jamais le même qu’avant. Ce virus a réussi à changer radicalement son fonctionnement et laissera des traces sérieuses sur notre quotidien pour très longtemps, si ce n’est pour toujours. Ces changements touchent la plupart des domaines.

De nos pensées jusqu’à nos habitudes de travail, d’éducation, d’alimentation et notre vie sociale, l’effet de la Covid est omniprésent. Une question vitale, touchant le domaine politique et social, s’impose à nous : quelles conséquences entraînera ce virus sur les Etats, les gouvernements ou même sur le système de gouvernance mondiale que nous connaissons aujourd’hui ?

Un an après son déclenchement, cette gigantesque crise sanitaire est un tournant pour le mécanisme du système mondial avec un changement profond des tendances de la gouvernance dans ses aspects administratif, stratégique et géopolitique.

En observant les gestions de la Covid, on a remarqué la montée du nationalisme et du protectionnisme des Etats et des gouvernements, au détriment de la coopération régionale et collective.

La guerre des vaccins en est un véritable exemple. Au niveau stratégique, on note aussi un éloignement de la mondialisation et un retour aux frontières intérieures pour essayer d’assurer l’autosuffisance. La pénurie des masques, des gels hydroalcooliques, des appareils respiratoires et d’autres produits liés à cette crise est un bon indice de cette tendance.

Il s’agit d’un vrai risque qui pourrait toucher une partie fondamentale du système mondial actuel. L’espace Schengen est une fierté et un symbole de la géopolitique européenne mais il a été involontairement affecté par le virus avec la fermeture des frontières.

Au cours des premières semaines de février et mars 2020, des peuples comme les Italiens, très touchés par la pandémie, ont parfois perdu la foi en l’Union européenne. Cette remise en cause des grands ensembles va de pair avec celle montant à l’intérieur des pays, des métropoles jusqu’aux petites villes aux régions les plus enclavées.

Performance. Cela entraîne de nombreuses questions : quelle est l’efficacité des politiques gouvernementales contre le virus ? Pourquoi certains pays et pas d’autres ont-ils réussi à gérer cette crise ? Quelle stratégie de vaccination est la meilleure ? Quel système de gouvernance a été le plus performant ? Une question clé s’impose : quel est l’effet du virus sur le concept d’Etat « hyper-puissance » et d’Etat très développé ?

Si l’on jette un coup d’œil sur la liste des pays les plus touchés, les pays « hyper-puissances » comme les Etat-Unis, la France, la Russie, la Grande-Bretagne ou même très développés tels que l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne occupent les premières places.

La notion d’« hyper-puissance » est souvent évaluée au prisme du pouvoir militaire et surtout nucléaire. Mais les Etats détenteurs de la bombe atomique et d’arsenaux militaires surdimensionnés ont montré leur impuissance face à cette crise sanitaire. La Covid19 s’y est propagée sans véritable résistance, comme en témoignent les scènes des hôpitaux italiens. Ces « hyper-puissances » et les pays très développés sont aussi en retard en matière de vaccination par rapport à des pays jeunes comme Israël ou les Emirats arabes unis.

Cette crise est en passe de changer durablement le concept d’« hyper-puissance » à l’aune des nouveaux challenges et défis à relever dans notre futur proche : les réponses aux virus et aux maladies.

Le Dr Nidal Shoukeir est professeur de communications stratégiques et relations gouvernementales.

La mobilité contrainte de certains automobilistes

La mobilité contrainte de certains automobilistes

 

Le chercheur Jean Coldefy dénonce, dans une tribune au « Monde », l’inefficacité et l’injustice des zones à faibles émissions et autres mesures interdisant l’usage de la voiture dans les agglomérations françaises.

Tribune. Plusieurs grandes agglomérations annoncent la mise en place de zones à faibles émissions, visant à faire disparaître en quelques années des centres-villes les voitures de plus de dix ans ainsi que les diesels, soit près de 70 % du parc actuel. La cause semble entendue : supprimer les diesels, voire la voiture, fera disparaître la pollution dans les villes.

Pourtant, les organismes techniques officiels tels que Airparif ou Citepa, qui rendent compte régulièrement de la qualité de l’air en zone urbaine, l’affirment : l’air des villes n’a jamais été aussi pur. En trente ans, les concentrations d’oxydes d’azote (NOx) et de particules fines ont été divisées par trois ; des polluants comme le dioxyde de soufre ont quasiment disparu. Selon ces mêmes organismes, la voiture est responsable de 25 % des émissions de NOx (provenant essentiellement des diesels) et de 10 % des particules.

Il ne faut en effet pas oublier les camions, le chauffage (la moitié des émissions de particules), l’industrie et l’agriculture. Les exigences européennes sur les émissions des voitures vont renforcer l’amélioration constatée, avec, depuis 1990, une division par 30 des normes d’émissions de particules et par 20 de NOx, et les mêmes obligations entre diesels et essence.

Cela n’est étonnamment pas repris par les médias, qui ont diffusé, en imputant la cause exclusive à la voiture, l’étude de Santé publique France qui concluait à 48 000 morts du fait des émissions de particules. Cette étude prend une valeur cible de microparticules de 5 µg/m3, 5 fois inférieure à celle de l’Union européenne, valeur ne se rencontrant, comme elle l’indique, que dans les communes de montagne. Avec ces hypothèses, le modèle concluait à une fourchette de 17 000 à 74 000 morts prématurées, et de 11 avec les normes de l’UE !

Une étude plus récente, réalisée par un consortium d’ONG et elle aussi médiatisée, chiffre à plus de 1 600 euros par habitant et par an le coût de la pollution de la voiture à Paris. A la lecture, on constate que 80 % de ces coûts proviennent de particules… dont la voiture n’est responsable qu’à hauteur de 10 %. L’étude devrait plutôt proposer de bannir les vieux poêles à bois !

Gentrification accélérée

De telles approximations ne sont pas le signe d’une grande rigueur, mais plutôt d’un militantisme se parant d’attraits scientifiques. Ces raccourcis simplistes trompent la population et les responsables politiques sur l’ampleur et la cause des problèmes, ainsi que sur les solutions pour les résoudre.

Un plan européen de recherche enfin à la hauteur ?

Un  plan européen de recherche enfin à la hauteur ?

 

Le plan européen de recherche est enfin à la hauteur estiment  Mariya Gabriel, commissaire européenne à l’Innovation, à la Recherche, à la Culture, à l’Education et à la Jeunesse, et François-Xavier Bellamy, président de la délégation française du Groupe PPE au Parlement européen, et membre de la commission de l’Energie, de l’Industrie et de la Recherche .( Chronique dans la tribune).

 

 

La situation difficile que nos pays traversent actuellement nous rappelle qu’au-delà de leur contribution évidente à la vie de nos sociétés, les efforts de recherche et d’innovation sont essentiels pour faire face aux crises. La recherche a ainsi été l’un des tout premiers domaines sollicités et soutenus au plan européen pour apporter une réponse globale à la crise du coronavirus – un milliard d’euros a été mobilisé pour soutenir le développement de nouvelles méthodes de test, de nouveaux traitements et de nouveaux vaccins… Cette même recherche doit rester une priorité, pour préparer nos pays aux crises qui ne manqueront pas de survenir encore, et dont la nature n’est pas toujours prévisible. Il ne fait aucun doute que, dans les mois et les années à venir, notre réponse commune aux défis sanitaires, sociaux, économiques ou géopolitiques s’appuiera de manière décisive sur les moyens que nous aurons su allouer au monde scientifique aujourd’hui.

C’est cette conviction qui a amené l’Europe à doter Horizon Europe d’un budget de 95,5 milliards d’euros et d’un ensemble d’instruments modernes, faisant de celui-ci le programme de recherche et d’innovation le plus puissant au monde. Ce programme doit apporter jusqu’à 11 euros de gains de PIB pour chaque euro investi et suppose la création jusqu’à 100.000 emplois dans la recherche et l’innovation avant la fin de 2027. Il continuera de soutenir la recherche exploratoire par l’intermédiaire du Conseil européen de la recherche, en plus d’inciter davantage de jeunes à se lancer dans la recherche grâce au programme de subventions « Actions Marie Skłodowska-Curie ». L’objectif est double : investir dans des infrastructures de recherche d’envergure mondiale et attirer les talents du monde entier.

Les six pôles du programme couvrent tous les domaines de recherche fondamentale et d’innovation, ainsi que, pour la première fois, les secteurs de la culture et de la création, et la contribution de ces secteurs à l’innovation européenne. Afin de préserver et de promouvoir la richesse culturelle de l’Europe, la création d’un espace de collaboration numérique en matière de patrimoine culturel est par ailleurs à l’étude. Le programme soutient également l’innovation structurelle nécessaire dans les chaînes de valeur clés, contribuant ainsi à renforcer la souveraineté technologique des pays d’Europe dans des domaines essentiels, de la santé à l’industrie en passant par l’agriculture, la mobilité ou encore la sécurité. Lutte contre le cancer, neutralité-climat dans au moins cent villes européennes, lutte contre la pollution des eaux, des mers et des sols, accroissement des capacités de résiliences de nos régions face aux changements climatiques : une part majeure des objectifs poursuivis vise en outre la préservation de l’environnement, des conditions mêmes de la vie. Dans les domaines stratégiques de l’énergie, des transports, de la biodiversité, de la santé, de l’alimentation ou de l’économie circulaire, les partenariats européens avec les secteurs privé et public seront davantage en phase avec les investissements des États membres et des entreprises.

 

Pour la première fois, le programme comprend un pilier distinct d’actions en faveur des innovations de rupture – le Conseil européen de l’innovation devant être amené à soutenir les innovations les plus avancées et radicales en vue de leur mise sur le marché. Enfin, l’accès à l’Espace européen de la recherche sera élargi pour mieux exploiter le potentiel national au sein de chaque État-membre. Il a été proposé que le programme consacre 3,3 % de son budget global à cet objectif, ce qui représente une augmentation significative par rapport au précédent programme Horizon.

Les défis qui succéderont à la sortie de la crise actuelle seront colossaux, et ne pourront être relevés qu’en alliant, à une saine mobilisation des institutions européennes, les retombées d’avancées scientifiques qu’elles auront contribué à soutenir. Au-delà d’un soutien à un secteur-clé pourvoyeur d’emplois, c’est aussi un service rendu aux pays d’Europe qui, ouverts sur le monde, ont conscience de la nécessité d’assurer leur autonomie stratégique

Système de défense : la Turquie choisit la Russie !

Système de défense : la Turquie choisit la Russie !

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Il y a évidemment de quoi être de plus en plus inquiet par la stratégie adoptée par la Turquie qui confirme le choix de matériels russes stratégiques en matière de défense alors que la Turquie fait parti intégrante de l’OTAN. La question fondamentale qui va se poser c’est de savoir si la qui prend encore demeurer longtemps membre de l’OTAN.

 

La Turquie ne fera pas marche arrière sur l’acquisition des systèmes de défense russes S-400 malgré les sanctions imposées par les Etats-Unis, a déclaré jeudi le porte-parole de la présidence à Ankara, tout en indiquant vouloir résoudre par le dialogue les problèmes avec son allié au sein de l’OTAN. Washington a imposé en décembre dernier des sanctions contre la Turquie pour l’acquisition des systèmes S-400, disant y voir une menace pour son programme d’avions de combat F-35 et une incompatibilité avec les systèmes de défense partagés de l’Otan. Ankara dément ces arguments et assure qu’il n’y a aucun danger pour ses alliés de l’Alliance atlantique.

Le retour de l’écotaxe poids-lourds par la fenêtre

Le retour de l’écotaxe poids-lourds par la fenêtre

L’écotaxe poids-lourds avait été éjectée par la porte fin 2014 par Ségolène Royal. Elle revient par la fenêtre pour satisfaire les attentes des écolos. On renvoie le bébé dans les régions qui pourront donc instituer une taxe spécifique sur le transport routier. Le projet permettra aux régions

«d’instituer des contributions spécifiques assises sur la circulation des véhicules de transport routier de marchandises empruntant les voies du domaine public routier national mises à leur disposition dans le cadre d’une expérimentation».

Et pour appâter les régions, de gouvernements pourraient proposer le transfert des routes nationales aux régions et aux départements. De quoi nourrir un peu plus le portefeuille de ces collectivités locales mais aussi leurs dépenses.

 

Le gouvernement justifie cette orientation par un souci de décentralisation. On voit mal en quoi la prise en compte des dépenses des routes nationales par les collectivités locales constituerait un acte de décentralisation. C’est sans doute surtout un acte de transfert de dépenses dans lequel risquent de tomber régions et départements. Ce n’est pas la première fois que ces collectivités tomberaient dans le  piège.

 

Les départements, de leur côté, pourront «étendre ces contributions spécifiques aux véhicules de transport routier de marchandises empruntant les voies de leur domaine public routier qui sont susceptibles de subir un report significatif de trafic du fait des contributions régionales mentionnées au précédent alinéa», précise le texte. Un moyen de forcer les professionnels essayant de contourner les routes concernées de contribuer malgré tout.

 

Évidemment ce retour par la fenêtre de l’écotaxe poids-lourds a aussi été justifié par des motifs écologiques. Le problème c’est que ça ne changera sans doute pas la répartition modale. La priorité doit être ailleurs à savoir dans la qualité de des transports alternatifs comme le rail. Cela risque simplement de renchérir le coût du transport. Une sœur de retour d’une forme de la vignette en quelque sorte.

La Bourse de Londres passe derrière Amsterdam

La Bourse de Londres passe derrière Amsterdam

 

Récemment les autorités boursières de Londres se sont inquiétées des futures relations avec le reste de l’union économique souhaitant  qu’une collaboration ne remette pas en cause le rôle de la bourse britannique. Une sorte de politique de la main tendue. Cette déclaration montre  en réalité les inquiétudes des milieux londoniens vis-à-vis du scénario Johnson. Ce dernier envisageait en effet qu’après le brexit, le  Royaume uni deviendrait en quelque sorte une sorte de Singapour sur Tamise avec toujours un rôle toujours primordial de la bourse de Londres. Or les échanges commerciaux espérés ne sont pas au rendez-vous car les importations évitent pour une part désormais les ports britanniques quand ils sont à destination de l’union européenne (essentiellement pour des questions de complexification des procédures administratives). En ce qui concerne les marchés financiers la bourse d’Amsterdam domine désormais Londres.

En effet bourse d’Amsterdam a enregistré 9,2 milliards d’euros d’échanges d’actions par jour, contre 8,6 milliards pour Londres le mois dernier. 

À titre de comparaison, l’an dernier, Londres réalisait pour 17,5 milliards d’euros d’échanges quotidiens, suivie par Francfort avec 5,9 milliards, Amsterdam n’arrivant alors qu’en sixième position avec 2,6 milliards, selon des données de CBOE, opérateur de marché présent à la fois à Londres et Amsterdam. De même que le London Stock Exchange, qui a ouvert aux Pays-Bas une filiale baptisée Turquoise pour traiter les transactions en euros.

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