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Vaccination : Une stratégie mais sans tenir compte de la logistique !

Vaccination : Une stratégie mais sans tenir compte de la logistique !

Par Aurélien Rouquet, Neoma Business School (*) les problèmes initiaux tiennent plutôt à la stratégie retenue, dont on va voir que mécaniquement, elle induisait une logistique complexe et une vaccination plus lente à démarrer.( Chronique dans la Tribune)

 

Ce qui est donc ici en cause, c’est ainsi le fait qu’en amont, le gouvernement n’a pas intégré suffisamment les contraintes logistiques, et qu’en aval, il n’a pas réussi à expliquer au grand public pourquoi la logistique vaccinale démarrait plus lentement que chez nos voisins, et notamment en Allemagne. Bref, ce n’est pas tant un problème logistique, qu’un problème de stratégie et de marketing !

1ᵉʳ temps : la conception de la stratégie vaccinale

Pour le comprendre, il faut repartir du point de départ, qui est l’élaboration de la stratégie vaccinale. Au cours de la deuxième moitié de l’année 2020, la Haute Autorité de Santé charge un groupe de travail de formuler des recommandations. Composé de plusieurs médecins et d’un sociologue, celui-ci passe en revue la littérature médicale pour élaborer sa stratégie.

Alors que l’on sait par définition que les quantités de doses seront initialement limitées, l’enjeu principal est de déterminer qui vacciner en priorité. Pour cela, les experts se fondent sur deux critères de priorisation : « le risque de faire une forme grave de la Covid-19 et le risque d’exposition au virus ». Cela les conduit à proposer une stratégie fondée sur cinq phases successives.

La première doit selon eux cibler les résidents et personnels des Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), ce qui représente environ un million de personnes. La seconde phase prévoit ensuite d’étendre la vaccination aux plus de 75 ans, aux personnes de 65 à 74 ans, ainsi qu’à certains soignants. Enfin, trois autres phases sont prévues afin d’étendre peu à peu la vaccination, qui devrait se conclure avec le public le moins à risque : les plus de 18 ans sans comorbidité. De manière générale, ce phasage répond à un objectif explicitement formulé par les experts, qui est de se servir de la vaccination d’abord pour diminuer les formes graves et faire baisser la pression sur les hospitalisations.

À ce stade, on peut noter qu’aucune considération logistique ne semble avoir été prise en compte par les experts, qui s’appuient sur une stricte vision médicale. Le terme n’est ainsi mentionné qu’une fois, et encore, pour souligner que des clusters ont pu se développer dans des « services logistiques ». Les experts ont cependant intégré dans leur stratégie le rapport difficile des Français à la vaccination, et insistent sur la « nécessité d’une information claire et accessible ».

2ᵉ temps : la logistique après la stratégie

Partant des recommandations de la Haute Autorité de Santé, le gouvernement va alors travailler à la mise en place de la logistique qui permet de soutenir la stratégie définie. Quel est ici l’enjeu ? Amener le vaccin dans les milliers d’Ehpad qui sont disséminés partout en France, car on ne peut évidemment pas demander aux résidents de se déplacer dans des centres de vaccination.

Pour les approvisionner, deux flux sont alors prévus, qui s’appuient sur les circuits logistiques traditionnels. Environ 25% des Ehpad sont approvisionnés par une centaine de pharmacies d’hôpitaux dont elles dépendent. Il est donc décidé de charger ces pharmacies hospitalières d’organiser la livraison des vaccins. Pour cela, il est prévu de doter celles-ci, quand elles n’en possèdent pas, de congélateurs pour stocker le seul vaccin disponible : celui de Pfizer/BioNtech qui doit être conservé à -70°C.

Par ailleurs, 75 % des Ehpad sont approvisionnées par une pharmacie référente. Sachant qu’il est matériellement impossible de doter ces milliers de pharmacies des fameux congélateurs, l’État choisit alors logiquement de passer par des dépositaires. Six plates-formes logistiques sont prévues pour centraliser les stocks et toucher toute la France.

Ces plates-formes, qui disposeront elles aussi de congélateurs en vue de stocker les vaccins de Pfizer/BioNtech, auront ensuite la charge dans un second temps d’approvisionner par le biais de tournées les pharmacies référentes situées dans leur zone, qui elles-mêmes pourront enfin approvisionner les Ehpad.

 

Pour ce qui est du calendrier, le gouvernement, alors qu’une incertitude existe sur la date de validation par l’Agence européenne du médicament du vaccin Pfizer/BioNTech, qui doit intervenir entre fin décembre et début janvier, prévoit un démarrage réel de la campagne début janvier.

3ᵉ temps : le lent déploiement de la logistique

Cependant, sous la pression de l’Allemagne, l’Europe autorise le déploiement de la vaccination avec une semaine d’avance, dès le 21 décembre, et la présidente de la Commission européenne lance officiellement la campagne européenne le 27 décembre. Ces annonces prennent alors un peu de court la France, qui n’est alors pas tout à fait prête : comme l’a révélé Mediapart, les congélateurs, s’ils ont été livrés avant Noël, ne sont pas encore tous installés et qualifiés.

De plus, cette période des fêtes n’est évidemment pas très propice pour lancer les vaccinations dans les Ehpad. Entre Noël et le jour de l’An, alors que le nombre de vaccinés augmente rapidement chez la plupart de nos voisins européens, le compteur reste ainsi bloqué à quelques centaines en France. Alors qu’ils ont commencé en même temps que nous, ce retard sur nos voisins suscite l’incompréhension et conduit beaucoup de commentateurs à pointer du doigt la logistique.

La cause de ce retard à l’allumage tient d’une part, comme on vient de le souligner, à l’accélération du calendrier européen, qui prend de court la France. Mais comme on va le voir, elle s’explique d’autre part aussi et surtout par le fait que nos voisins ont choisi d’autres stratégies vaccinales, qui ont induit des logistiques distinctes !

Ainsi de l’Allemagne, qui dans une première phase, a prévu à la fois de toucher les résidents et personnels des Ehpad, comme la France, mais aussi le public à risque : les personnes très âgées, les personnels soignants et les personnes atteintes de pathologies à risque. Pour cela, au côté d’une logistique ciblant ses Ehpad, dont on peut supposer qu’elle suit peu ou prou les mêmes étapes que la logistique mise en place en France, l’Allemagne a dès l’origine prévu le déploiement de « vaccinodromes ». Par nature, ce second schéma logistique permet aux Allemands de très vite augmenter le nombre de personnes vaccinées.

Avec ces vaccinodromes, on supprime d’abord certains maillons qui sont nécessaires pour atteindre les Ehpad. Ce sont en effet ici les personnes qui viennent au vaccin, et on comprend que le temps d’écoulement entre le moment où un vaccin entre dans la chaîne logistique, et le moment où il atteint le patient est ici plus court.

Par ailleurs, pour vacciner en Ehpad, la difficulté est de déterminer avant l’expédition depuis les lieux de stockage, combien il faut exactement envoyer de doses de vaccins dans chaque Ehpad, ce qui est loin d’être simple. Il faut en effet obtenir en amont le consentement des résidents, ce qui suppose de se coordonner avec les médecins des Ehpad (sachant que tous les Ehpad n’en ont pas), d’interagir éventuellement avec la famille de ces résidents (cas des résidents ayant Alzheimer, pour lequel il faut parler à la tutelle, etc.), dans une période des fêtes qui est peu propice (absence éventuelle de certains soignants en vacances, difficulté à joindre les familles de certains résidents sous tutelle, etc.).

L’enjeu est pourtant crucial, car il ne faut surtout pas décongeler trop de doses, au risque de les perdre et alors qu’on en possède un nombre limité ! À l’inverse, un tel problème ne se pose évidemment pas dans le cadre d’un vaccinodrome. En effet, s’il y a des anti-vaccins, il y a aussi de très nombreuses personnes désirant être vaccinées, et la demande dans ces lieux est pour l’instant très supérieure au nombre de doses disponibles, comme l’illustrent les queues que l’on peut constater un peu partout dans le monde.

Il y a d’autant moins de risque de perdre des doses, que les vaccins sont soit stockés sur place dans les congélateurs, soit livrés plusieurs fois par semaine depuis un stock qui n’est pas très loin, et qu’on peut dans ces structures bien plus facilement ajuster la quantité nécessaire à la demande. Au bilan, la logistique qui sous-tend un vaccinodrome est donc bien plus rapide à démarrer !

La communication est d’autant plus difficile que dans les médias, personne ne connaît grand-chose à la logistique, et qu’au sein du gouvernement, nul n’est capable de venir donner de telles explications. Pire, le monsieur Vaccin du gouvernement a même reconnu dans une interview accordée à LCI qu’il ne connaissait rien à la logistique !

5ᵉ temps : une révision de la stratégie vaccinale

Alors qu’à la suite du cas des masques, puis des tests, la logistique étatique derrière la gestion de l’épidémie a fait l’objet de nombreuses critiques, et que la confiance dans les capacités logistiques de l’État reste bien faible, la bataille de la communication apparaît comme clairement perdue. Le gouvernement n’a alors d’autre choix que de remettre en cause toute sa stratégie vaccinale et de chercher par tous les moyens à faire augmenter rapidement le nombre de personnes vaccinées.

Pour cela, le ministre de la Santé Olivier Véran étend dès le 31 décembre la vaccination aux soignants de plus de 50 ans, puis le 5 janvier annonce qu’elle sera bientôt ouverte à toutes les personnes de plus de 75 ans. Alors qu’il avait exprimé ses réserves sur les vaccinodromes, au vu du désir fort de vaccin d’une partie de la population, il annonce également l’ouverture de centres de vaccinations.

Sur le plan opérationnel, il est demandé aux hôpitaux pivots qui disposent de congélateurs de mettre rapidement sur pied des centres de vaccination pour pouvoir commencer à vacciner les soignants de plus de 50 ans. Progressivement, ces centres et d’autres qui sont mis en place en lien avec des collectivités locales se déploient un peu partout dans toute la France. Cela permet ainsi dès la première semaine de janvier de faire augmenter le nombre de personnes vaccinés. Le vendredi 8 janvier, ce sont ainsi selon le site Vaccin Tracker 34 305 personnes qui ont été vaccinées en une journée.

Construire la stratégie avec la logistique

Que retenir finalement de cette séquence et quelles leçons le gouvernement doit-il en tirer ? Que dans cette crise, les éléments et contraintes logistiques sont déterminants et doivent être pris en compte en amont (formulation des stratégies) et en aval (communication).

Ainsi, ce dont est coupable le gouvernement, c’est d’avoir pensé sa stratégie vaccinale d’abord, puis d’avoir organisé ensuite la logistique de cette stratégie. Cela a été une erreur car, comme je viens de l’expliquer, cela a conduit à opter pour la stratégie qui était la plus complexe logistiquement à mettre en place. Cette stratégie induisait nécessairement un démarrage lent, alors pourtant que de nombreux Français qui croient aux vaccins n’attendent qu’une chose : que cela aille vite. En termes d’image, un tel choix était ainsi mauvais politiquement.

 

 

L’erreur a été d’autant plus remarquée que le gouvernement, alors pourtant que la lenteur du départ était parfaitement prévisible, n’a pas réussi à communiquer sur le sujet. La faute au fait qu’en dépit du rôle clef de la logistique dans cette crise, le gouvernement n’a pas jugé bon de mettre en avant une personne chargée de la logistique capable d’en faire la pédagogie auprès du grand public (on peut cependant noter que le gouvernement a nommé à la suite de cette crise un nouveau responsable de la logistique de la vaccination).

La performance logistique, un impact sanitaire

Mais sur le fond ce qui reste pour moi le principal problème de cette logique séquentielle (1) élaboration de la stratégie vaccinale puis 2) mise en place de la logistique, tient au fait qu’elle a conduit le gouvernement à ne pas considérer dans sa stratégie le critère de la « performance logistique », alors pourtant que ce critère me semble clef sur le plan sanitaire.

Dans un contexte où les doses de vaccin sont reçues au compte-gouttes et au fil de l’eau, du fait des capacités de production limitées, l’enjeu sur le plan médical est non seulement de déterminer qui en priorité doit recevoir les vaccins, mais aussi d’être capable d’administrer le plus vite, sans perdre de doses, les vaccins dès qu’ils sont reçus !

Plus vite on transforme les doses réceptionnées en personnes vaccinées, plus vite on pourra en effet évidemment faire reculer l’épidémie, diminuer les hospitalisations, les morts, etc., faire repartir l’économie et profiter enfin à nouveau des bars, restaurants, théâtres et cinémas !

Pour cela, il s’agit d’une part sur le plan logistique de perdre le minimum de doses de vaccins, et d’avoir d’autre part une stratégie vaccinale en flux tendus qui permette que le temps d’écoulement entre le moment où l’on reçoit les doses et le moment où elles sont injectées soit le plus court possible. La stratégie développée par la Haute Autorité de Santé aurait ainsi clairement du prendre en compte ces aspects qui ont été totalement oubliés…

S’ils avaient été intégrés, une conclusion logique aurait alors été qu’il fallait dès le départ, en plus du flux à destination des Ehpad, mettre en place des vaccinodromes pour pouvoir au plus vite utiliser les doses disponibles. Car au vu du temps nécessaire pour démarrer la campagne dans les Ehpad, il y avait bien suffisamment de doses en stock pour dans le même temps commencer à vacciner d’autres segments de la population. Ainsi, rien ne légitimait que les doses dorment dans les congélateurs sur des plates-formes !

De plus, s’appuyer d’entrée de jeu sur deux circuits logistiques aurait permis d’avoir plus d’agilité logistique. Or une telle agilité parait ici cruciale, au vu des incertitudes qui existent tant sur les approvisionnements (quels vaccins vont finalement être autorisés et quand ? Combien de doses les fabricants vont-ils pouvoir livrer ?), que sur les bonnes pratiques en termes de vaccination (faut-il deux doses espacées de 3 semaines ? De six semaines ? Une seule dose ? faut-il utiliser le flacon pour faire six doses au lieu des cinq prévues ?).

Quelle évaluation ?

Pour conclure, si l’on sort du temps présent et qu’on se projette dans les prochains mois, un enjeu va être d’évaluer collectivement et sereinement la stratégie vaccinale française. Pour cela, il est clair qu’il faut absolument aller au-delà du seul indicateur simple actuellement utilisé consistant à compter le nombre de personnes vaccinées.

Précisément, un enjeu va être de regarder deux indicateurs qui sont familiers de tous les responsables logistiques et autres supply chain managers : les délais et la qualité. Combien de temps en moyenne met la France, une fois que des vaccins ont été livrés par les usines pharmaceutiques dans ses plates-formes logistiques, pour vacciner la population ? Quelle est la proportion de doses reçues que l’on perd, parce que l’on n’a pas respecté la chaîne du froid, cassé un flacon, etc. ?

Il serait dans cet esprit intéressant que les journalistes qui suivent le sujet demandent des comptes au gouvernement, et que les indicateurs correspondants puissent faire l’objet d’une communication. Dans le même ordre d’idée, l’État devrait aussi communiquer sur le nombre de personnes qu’il a vacciné au sein de chacune des tranches prioritaires de population qui avaient été identifiées dans sa stratégie vaccinale. Car l’urgence est bien sûr de vacciner d’abord certaines personnes en priorité, urgence qui semble elle aussi avoir été oubliée par la folie médiatique consistant simplement à compter le nombre de personnes vaccinées ! Quoi qu’il arrive, il est clair que l’on va continuer de parler de logistique dans les mois prochains…

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(*) Par Aurélien Rouquet, Professeur de logistique et supply chain, Neoma Business School

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

4ᵉ temps : un déficit de pédagogie logistique

Alors que ce retard au démarrage peut notamment s’expliquer par l’accélération du calendrier et le choix stratégique qui a été fait de cibler d’abord les seules Ehpad, face aux critiques qui se multiplient, le gouvernement tente entre Noël et le jour de l’An de défendre sa stratégie. Il explique que son objectif consistant à cibler en priorité les résidents des Ehpad se justifie par le fait que les résidents représentent 30 % des morts.

Cependant, une telle explication ne peut pas suffire pour faire comprendre le retard au démarrage. Pour y parvenir, il faut rentrer dans les détails logistiques, et suivre le long déroulé que je viens de présenter plus haut. Ce long déroulé reste peu compatible avec le temps médiatique, les critiques des différents partis politiques qui tous s’engouffrent dans la brèche, et surtout avec les cartes qui circulent sur Twitter et comparent le nombre de personnes vaccinées dans les différents pays avec la France qui n’aurait vacciné jusqu’à présent que « Mauricette ».

Croissance France : la rechute en janvier

Croissance France : la rechute en janvier

 

La chute de l’activité a été importante en novembre notamment une baisse de l’ordre de 20 % de la consommation, au total pour le mois -11 % pour le.PIB  Un très léger redressement avait été constaté en décembre avec -7%, mais ce rattrapage connaîtra une pause en janvier, selon des données publiées mercredi par la Banque de France.

La  rechute devrait se confirmer en janvier d’après l’INSEE, avec une activité « quasi stable » dans l’industrie, le bâtiment et les services, selon les chefs d’entreprises interrogés entre le 21 décembre et le 7 janvier derniers.

La Banque de France table ainsi pour janvier sur une activité toujours en deçà de 7% de son niveau d’avant-crise, comme en décembre, du fait du maintien et même du renforcement des mesures de lutte contre l’épidémie de Covid-19.

La Banque de France table ainsi pour janvier sur une activité toujours en deçà de 7% de son niveau d’avant-crise, comme en décembre, du fait du maintien et même du renforcement des mesures de lutte contre l’épidémie de Covid-19.

Mais cette anticipation « doit être interprétée avec prudence car elle peut masquer un manque de visibilité, compte tenu de la forte incertitude sur l’évolution de l’épidémie », prévient la Banque de France.

 

L’évolution de l’activité dépendra in fine de l’adaptation des mesures prises par le gouvernement, alors que le conseil de défense qui se tient mercredi pourrait entériner de nouvelles restrictions, dont une extension du couvre-feu.

L’activité devrait ainsi encore rester 6% en dessous de son niveau d’avant-crise durant le premier trimestre, selon les dernières prévisions de la Banque de France publiées mi-décembre.

Elle tablait alors sur un rebond du PIB de 5% cette année, soit un peu moins que la prévision de 6% établie par le gouvernement. Notons que les institutions internationales prévoient à peine 4 % de croissance pour le PIB 2021.

Biodiversité : la déforestation n’a cessé de progresser

 Biodiversité : la déforestation n’a cessé de progresser

En dépit des discours et des vaines promesses, étude du Fonds mondial pour la nature (World Wide Fund, WWF) vient repréciser l’étendue des dégâts. Les hectares de forêts perdus entre 2004 et 2017 atteignent 43 millions, soit l’équivalent de 80% de la superficie de la France métropolitaine, alerte l’ONG, qui pointe du doigt un responsable principal : l’agriculture et l’expansion de ses surfaces.

Le WWF identifie notamment 24 « fronts » qui, pendant cette dernière quinzaine d’années, ont été particulièrement frappés par la déforestation mondiale. Ils sont situés dans les zones tropicales et subtropicales, et concentrent 52% de la déforestation à ces latitudes. Neuf se trouvent en Amérique latine.

Sebastien Lecornu, le ministre pris la main dans le sac ?

Sebastien Lecornu, le ministre pris la main dans le sac ?

Sébastien Lecornu est soupçonné d’avoir favorisé les intérêts de la Société des autoroutes Paris Normandie (SAPN) lorsqu’il était président du conseil départemental de l’Eure.

Selon Libération, dans sa déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), le ministre dit avoir touché, 7.874 euros brut de « jetons de présence » en tant qu’administrateur de la SAPN (autoroutes Paris Normandie) entre juillet 2016 et juin 2017.

Il était alors président du département de l’Eure et aurait approuvé plusieurs délibérations de la collectivité ayant trait à la SAPN, selon le Canard enchaîné et Libération.

D’après le cabinet du ministre, le mandat exercé par Sébastien Lecornu l’a été « façon totalement transparente ».

« Sébastien Lecornu a tout simplement poursuivi une pratique historique ( ben voyons), à la suite de son élection, en siégeant pendant un an au sein du conseil de la SAPN », écrit-il dans un communiqué repris par la presse.

Perspectives économiques : la BCE maintient son optimisme excessif

Perspectives économiques : la BCE maintient son optimisme excessif

 

 

Difficile pour la Banque centrale européenne d’être à la fois crédible économiquement et d’entretenir en même temps le climat des affaires. La Banque centrale a décidé de ne pas modifier ses perspectives de croissance en 2021.

Pourtant, les institutions internationales de prévisions prévoient à peine 3 % d’augmentation de la croissance en 2021, soit un point de moins que précédemment. On est loin du niveau de fin 2019 et à ce rythme, il faudra plusieurs années pour retrouver une activité au volume équivalent à celui d’avant la crise sanitaire. « Ce qui serait un motif d’inquiétude, ce serait qu’après la fin mars, ces Etats membres aient encore besoin de mesures de confinement et que, par exemple, les programmes de vaccination avancent au ralenti », a expliqué Christine Lagarde.

Plusieurs économistes indépendants ont déjà revu à la baisse leurs prévisions de croissance; Bank of America n’attend ainsi plus que 2,9% de rebond du PIB de la zone euro, soit un point de moins qu’auparavant.

Christine Lagarde a réaffirmé qu’en cas de besoin, la BCE pourrait encore augmenter son programme de rachats de titres sur le marché lancé en mars dernier, le PEPP (programme d’achats d’urgence face la pandémie), dont le montant a été porté le mois dernier à 1.850 milliards d’euros et la durée prolongée jusqu’en mars 2022.

Mais elle a aussi évoqué l’hypothèse que cette enveloppe ne soit pas utilisée en totalité.

Macron veut-il vraiment sortir de la crise sanitaire ?

Macron veut-il vraiment sortir de la crise sanitaire ?

 

Des observateurs indiquent que Macron souhaiterait sortir du bourbier du Coronavirus pour mettre en avant son action passée et surtout dégager  un projet en prévision de 2022. Le problème, c’est que le chef de l’État n’a pas grand-chose à présenter dans son bilan et l’immobilisme sera sans doute de mise jusqu’en 2022.

 

La question est de savoir si cela constitue un handicap un atout pour lui. En effet , si l’on examine l’évolution de sa popularité, on se rend compte que la crise du Coronavirus lui a redonné une audience même si globalement beaucoup condamnent en tout cas critiquent les contradictions et la lenteur de la politique sanitaire.

 

Cette crise sanitaire permet de mettre sous le boisseau beaucoup de questions justifiant des réformes structurelles. Celle des retraites bien sûr mais aussi celles concernant le séparatisme, la sécurité, le climat ou encore l’explosive question des retraites. Il n’est pas sûr que sur ces derniers sujets le Parlement soit en capacité d’aller au bout de la réflexion et d’une proposition de loi.

 

On s’aperçoit par ailleurs un peu tous les jours que la crise sanitaire est sans doute plus profonde qu’on ne le dit. Une crise qui devait se régler en quelques mois et qui maintenant a déjà occupé plus d’un an. Aucun expert ne prévoit d’une sortie crise encore avant le début 2022. Ce qui signifie que tous les jours ou presque le gouvernement aura l’occasion de s’exprimer sur un sujet finalement assez consensuel même si les avis divergents sur les modalités de prise en charge de cette question.

 

D’une certaine façon, Macron s’installe en infirmier en chef de la France malade car l’instrumentalisation de la crise sanitaire lui profite politiquement. Sur ce sujet ,il est difficile pour l’opposition de se singulariser. Encore davantage de faire émerger les grandes questions économiques et politiques qui se posent au pays. Notons enfin que le concept de conseil de défense permet en toute légalité de mettre entre parenthèses le rôle du Parlement et au-delà une bonne partie de la vie politique. Plus que jamais le pays vit dans une république qui a rarement été aussi centralisatrice et monarchique.

 

Cambodge : le procès de la honte

Cambodge : le procès de la honte

 

Plus de 100 personnes vont être traduits en justice au motif qu’ils se sont opposés au pouvoir en place. Un vrai procès de la honte qui bafoue tous les droits internationaux dans un pays déjà meurtri par la misère, la dictature et le Corona virus

 

Le régime de Hun Sen, au pouvoir depuis 23 ans a dissous le Parti du sauvetage national du Cambodge en 2017 et  tente par tous les moyens de diviser l’opposition, très populaire parmi la jeune génération. A l’intérieur du pays, ses sympathisants sont ciblés par une répression féroce. Ses membres les plus en vue, exilés, sont maintenus à distance et semblent même avoir été bannis des pays voisins.

Le procès de Phnom Penh, organisé en deux phases, devrait donc s’ouvrir sans ses principaux accusés. Mais tous ceux qui comparaîtront ne sont pas pour autant des anonymes et la figure de Theary Seng, une avocate américano-cambodgienne, pourrait se révéler embarrassante pour le gouvernement. Cette militante des droits de l’homme, ancienne partie civile dans le procès contre les ex-dirigeants khmers rouges, a refusé de s’exiler. Aujourd’hui, elle semble déterminée à démontrer l’iniquité de la procédure qui la vise : « Ce n’est pas un vrai procès, mais une mise en scène politique dans laquelle des acteurs jouent des rôles de juges et de procureurs, avec un scénario déjà écrit », déclare-t-elle.

Le CNRP a été interdit et son chef Kem Sokha arrêté avant une élection en 2018, permettant au Parti populaire cambodgien du Premier ministre Hun Sen de remporter tous les sièges parlementaires, suscitant l’inquiétude internationale.Le directeur régional d’Amnesty International pour l’Asie-Pacifique, Yamini Mishra, a déclaré dans un communiqué: «Ces procès de masse sont un affront aux normes internationales d’équité des procès, aux engagements du Cambodge en matière de droits humains et à l’état de droit.»

Réseaux sociaux : l’interdiction de Trump était nécessaire mais pose la question de la régulation d’après Twitter

La semaine dernière, Twitter, basé à San Francisco, a supprimé le compte de Trump, qui comptait 88 millions d’abonnés, invoquant le risque de nouvelles violences après la prise du Capitole par des partisans du président.

«Le fait de devoir prendre ces mesures fragmente la conversation publique», a déclaré Dorsey sur Twitter ici .  »Ils nous divisent. Ils limitent le potentiel de clarification, de rédemption et d’apprentissage. Et crée un précédent qui me semble dangereux: le pouvoir qu’un individu ou une entreprise a sur une partie de la conversation publique mondiale. »

Dans son fil Twitter, Dorsey a déclaré que même s’il n’était pas fier de l’interdiction, «les dommages hors ligne résultant d’un discours en ligne sont manifestement réels, et ce qui motive notre politique et notre application avant tout.»

Même ainsi, a-t-il ajouté, «Bien qu’il y ait des exceptions claires et évidentes, je pense qu’une interdiction est un échec de notre part pour promouvoir une conversation saine.»

A à long terme, le précédent «sera destructeur pour le noble objectif et les idéaux de l’Internet ouvert», a-t-il déclaré.

2022 : la fin de la gauche ?

 

Un papier du M onde observe que des personnalités marquées à gauche seront sans doute présentes lors de l’échéance électorale de 2000 22 mai le plus souvent des personnalités sans parti qui d’une certaine manière vont entériner la fin de la gauche.

 

 L’unité est un combat, à gauche, dont l’objectif semble s’éloigner faute de combattants. A moins d’un an et demi de l’échéance présidentielle, la gauche apparaît paralysée, incapable de représenter une alternative crédible face au duo Macron-Le Pen qui s’annonce. Même les partisans les plus fervents d’une alliance commencent à s’inquiéter sérieusement, affirmant sentir le « parfum de la défaite ».

Il y a à peine six mois pourtant, c’était à qui clamait le plus fort son désir d’union. Le premier confinement, mettant provisoirement fin au jeu des appareils, poussait à un foisonnement de réunions virtuelles entre partenaires et à une profusion de textes prônant le rapprochement des gauches. En mai, une tribune signée par près de deux cents figures intellectuelles et politiques de la gauche et de l’écologie appelle à une « initiative commune » pour sortir de la crise.

Fin août, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) comme le Parti socialiste (PS) rivalisent d’amabilités, en s’invitant notamment à leurs universités d’été respectives. Olivier Faure, le numéro un socialiste, se dit prêt à se ranger derrière un écologiste et avance son plan prévoyant primaire des idées et contrat de gouvernement. Seule La France insoumise (LFI) ne cache pas sa méfiance devant cette concorde affichée. Telles les claques organisées dans les congrès étudiants, les proclamations sonnent en effet un peu faux.

Premières bisbilles

Le vernis a commencé à se fissurer dès septembre, avec la préparation des régionales. Alors que la direction du PS enjoint à ses partenaires de faire alliance pour faire bloc face à la droite et à l’extrême droite et préfigurer ainsi l’association électorale possible en 2022, les Verts signifient leur volonté d’y aller seuls. « On trace notre route en rassemblant les écolos. La campagne présidentielle est encore loin », expliquait ainsi David Cormand, eurodéputé et ancien secrétaire national d’EELV. Dans la foulée, ils fixent la date butoir de leur primaire à fin septembre 2021. L’automne 2020 n’aura ensuite été qu’une succession d’annonces de candidatures.

Jean-Luc Mélenchon (LFI) s’est déclaré le premier, comptant bien prendre une longueur d’avance dans la course présidentielle. Le député des Bouches-du-Rhône, qui doit restaurer un crédit politique entamé, occupe le terrain espérant que les socialistes et écologistes vont s’abîmer dans les mois à venir en négociations. S’il veut espérer encore une fois incarner le vote utile à gauche, rien n’est plus dangereux que cette hypothétique candidature commune. Les communistes ont embrayé, assurant, eux aussi, vouloir porter leurs couleurs à la présidentielle.

La terrible méfiance vis-à-vis des élites

La terrible méfiance vis-à-vis des élites

Pour le député MoDem, Jean-Louis Bourlanges savoir et expérience étant contestés, le débat public sombre de plus en plus dans l’irrationnel (interview dans l’Opinion)

 

Le fossé qui sépare les gouvernants et les Français ne cesse de se creuser. La crise sanitaire semble l’approfondir encore. Comment est-on arrivé à cette quasi-rupture ?

Le «  modèle rationalisateur  », qui définissait la Ve République par un effort de développement rationnel de l’action publique, est en pleine crise. Il avait été très bien décrit par Georges Lavau, qui fut l’un de mes maîtres à Sciences Po. Il reste certes le modèle des élites traditionnelles et de la haute fonction publique, mais le savoir, le raisonnement, le devoir de cohérence sont désormais ressentis comme des instruments de domination et de répression. « On nous demande de plus en plus d’efforts », soupirent les Français. Ce à quoi la classe dirigeante répond : « On ne peut plus rien faire dans ce pays. » Cette crise est couplée à la désillusion du progrès, à la conviction que l’avenir sera moins prometteur que le passé. Au cours des quarante dernières années, la fin de l’exode rural et la stabilisation en nombre des classes moyennes-supérieures ont figé la société et bloqué l’ascenseur social. La lutte des classes, ou des castes, a pris le pas sur l’ambition d’une promotion collective.

Les Français rendent-ils leurs élites totalement responsables de cette fin du progrès et de l’ascenseur social ?

Ils mettent profondément en cause toute forme de hiérarchie. Les mœurs évoluent, l’éducation se développe, le savoir moyen aussi mais sans s’accompagner d’une véritable maîtrise des enjeux sociaux, politiques ou même techniques. Le développement des connaissances générales, combiné à une absence de débouchés, produit une société de « demi-habiles », pour parler comme Pascal, capables de tout contester mais peu soucieux de dégager des solutions réalistes. Cette explosion du savoir s’accompagne d’un renouvellement si rapide des connaissances et des techniques que l’équilibre traditionnel des générations s’en trouve bouleversé. « Si vieillesse savait, si jeunesse pouvait » : voilà le nouvel adage qui définit les rapports entre les générations ! L’homme d’expérience n’a plus d’autorité. Dans ce contexte, le développement du complotisme et l’irrationalité du débat public explosent. Les événements du Capitole nous montrent qu’un nombre croissant de gens vivent désormais dans un monde parallèle. Il suffisait d’ailleurs d’écouter Trump depuis des années pour constater que ses discours n’ont plus aucun rapport avec la vérité. Dans le climat relativiste actuel, celle-ci n’est même plus une valeur.

«La gauche s’est trouvée prise dans un double mouvement de libéralisme culturel et de ressentiment social. On ne s’y bat plus pour la conquête du pouvoir, on y exalte la haine de classe»

A quand faites-vous remonter cette évolution ?

Parmi les causes, je relèverai l’effondrement des deux religions qui dominaient le débat il y a cinquante ans, le christianisme et le communisme, l’un et l’autre porteurs de sociétés extrêmement hiérarchisées. Les OS étaient à la base de la pyramide communiste. Celle-ci était encadrée par les corps intermédiaires que constituaient les ouvriers de la métallurgie et les contremaîtres, et elle était dirigée par les cadres, les intellectuels et les enseignants du parti. Tout cela reposait sur une vision extrêmement ordonnée du monde, sur une idéologie du progrès et sur la foi dans « les lendemains qui chantent ». Avec l’effondrement du communisme, la gauche s’est trouvée prise dans un double mouvement de libéralisme culturel et de ressentiment social. On ne s’y bat plus pour la conquête du pouvoir, on y exalte la haine de classe, l’hostilité à « ceux d’en haut ». La droite, devenue païenne, à la fois anarchiste et populiste, a connu une évolution comparable. L’encadrement d’un peuple fidèle, respectueux et docile, était assuré par l’Eglise, le patronat, l’armée, les maîtres et les juges. Cette société de soumission a volé en éclats et a fait place à ce que Tavoillot appelle un « peuple-roi », un peuple simultanément autoritaire et réfractaire à toutes les tutelles, puisant dans le rejet des hiérarchies intermédiaires une culture hyperindividualiste et agressivement despotique. Il s’agit là d’une tendance lourde, renforcée par le pseudo-égalitarisme du numérique et qui est en passe d’emporter ce qui reste de démocratie représentative.

Vivons-nous toujours les conséquences de ces bouleversements ?

Oui car ces structures n’ont été remplacées par rien. Il ne reste qu’une société sans corps intermédiaires, des Français qui ne croient plus au rôle du Parlement. Le peuple se méfie des élites et les dirigeants rasent les murs. Ils font des lois, faute de pouvoir vraiment changer les choses. L’opposition se réfugie dans l’anathème et le dogmatisme. L’avenir, pas plus que le soleil et la mort, ne peut se regarder en face.

Comment gouverner dans ce chaos ?

On voit bien le dilemme pour Emmanuel Macron. Il peut tenter de recomposer une société politique idéologiquement diversifiée quitte à renoncer à son omnipotence au profit d’un Parlement relégitimé par la proportionnelle. Il peut à l’inverse laisser libre cours à ses tentations néo-bonapartistes et, à l’aide de quelques gadgets pseudo-citoyens, continuer d’exercer sur un peuple atomisé et nivelé un pouvoir de moins en moins partagé, mais de plus en plus guetté par l’impuissance.

Coronavirus : prévoir en France la même situation qu’en Angleterre (Anne-Claude Crémieux, professeure)

Coronavirus : prévoir en France la même situation qu’en Angleterre (Anne-Claude Crémieux, professeure)

« On a, dans cette crise, parfois considéré que ce qui arrivait à nos voisins ne nous arriverait pas », rappelle Anne-Claude Crémieux, professeure en maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Louis à Paris et membre de l’Académie de médecine. « Aujourd’hui il faut se rendre à la raison : ce qui arrive à l’Angleterre va nous arriver », alerte-t-elle ce mardi 12 janvier sur RTL.

L’infectiologue souligne que le problème n’est pas de savoir si cela va nous arriver, mais quand : « peut-être a-t-on un peu plus de temps qu’eux, et là il faut utiliser ce temps pour s’organiser, pour vacciner ». Pour savoir réellement combien de temps la France a devant elle pour faire face au variant britannique, il faut attendre qu’un « état des lieux précis » soit dévoilé dans les prochains jours.

En effet, la question fondamentale est de savoir « quel est le taux de pénétration du virus sur le territoire français », assure Anne-Claude Crémieux. « Soit nous sommes encore avec 1 à 2% de virus variant sur le territoire, on a un peu plus de temps, ça se compte en semaines. Soit on est déjà à 10 à 20% et il faut se préparer à vivre la situation anglaise dans les jours qui viennent« , prévient la professeure.

 

L’infectiologue rappelle que « ce variant se diffuse extrêmement rapidement, il est capable de mettre en tension extrême le système de santé, il faut donc à la fois imaginer que s’il est présent de façon importante sur le territoire on doit utiliser toutes les mesures de freinages qui sont à notre disposition et il faut accélérer la campagne vaccinale« .

Un variant « dangereux » de par sa propagation très rapide. « On sait qu’il est plus transmissible, aux environs de 50% plus transmissible que les souches antérieures. On sait qu’il n’est pas plus virulent, c’est-à-dire qu’il ne donne pas de formes plus sévères et ce qu’on attend de savoir de manière certaine, c’est qu’il n’a pas d’impact sur le vaccin », dit Anne-Claude Crémieux.

« Ce mutant va remplacer les souches qui sont actuellement circulantes », indique la professeure en maladies infectieuses, qui prévient que la Covid-19 peut encore varier : « au début on disait que ce virus mutait peu, finalement on vient d’apprendre qu’il était capable de muter et d’intégrer un grand nombre de mutations dans son génome. À terme, cela veut dire qu’il va continuer à muter et il faut se préparer à l’idée que les vaccins vont être obligés au fur et à mesure d’intégrer ces modifications ».

Bruno Lemaire soutient l’économie comme la corde soutient le pendu

Bruno Lemaire soutient l’économie comme la corde soutient le pendu

 

Changement de discours chez le ministre de l’économie il y a encore quelques semaines, Lemaire annonçait la fin du soutien indéfectible du gouvernement à l’économie et la remise à l’ordre du jour de la rigueur. Mais la pandémie version troisième phase est passée par là et le discours change encore.

 

À demi-mots Bruno Lemaire celui qui critiquait le slogan quoi qu’il en coûte de Macron revient sur ses déclarations antérieures récentes et annonce un prolongement des aides  économiques. Mais une aide  qui ressemble à la corde qui soutient le pendu.

 

La troisième vague explique sans doute ce nouveau revirement gouvernemental. On pensait en effet que 2021 serait l’année du redressement en tout cas d’un certain rattrapage. Le gouvernement avait même fixé une perspective d’augmentation de la croissance à 6 %. Un objectif plutôt en dessous de 5 % d’après des institutions internationales.

 

Un objectif qui pourrait être atteint sans mesures de confinement. Mais on s’oriente de plus en plus vers des mesures davantage respectives voire vers un confinement total en raison notamment de la progression du virus britannique.  Partout autour de la France, on reconfirme d’une manière ou d’une autre. C’est vrai en Allemagne, surtout en Grande-Bretagne, en Espagne. On voit mal pourquoi la France serait à l’abri le moment venu.

 

Du coup, de  nombreux d’activités vont continuer d’être interdites, paralysées ou en tout cas freinées. Pour l’hôtellerie restauration on escomptait au début de la crise un taux de défaillance de 30 % maintenant on envisage les 50 %. Les mêmes taux de faillite sont à prévoir dans nombre d’autres activités fortement touchées par les mesures respectives du gouvernement.

 

Il y a aussi et peut-être surtout la question du moral des investisseurs et des consommateurs. De ce point de vue, on vient de prendre connaissance que la la consommation avait chutée de 20 % en novembre. Un véritable plongeon qui ne rassure pas sur les résultats de 2021 mais surtout indique une tendance structurelle à la baisse pour la croissance. Tous les observateurs s’attendent à une vague de faillites sans précédent mécaniquement accompagnée d’une vague de licenciements qui va tuer le moral des acteurs économiques.

 

Alors que le soutien financier devait s’arrêter fin 2020 voire début 2021, le dispositif est prolongé voire amplifié aussi bien par exemple pour le chômage partiel, que pour le fonds de solidarité ou même la prolongation des délais pour le remboursement des emprunts type PGE.

 

La poursuite du soutien à ces entreprises se décline en plusieurs axes. D’abord, le maintien du dispositif de chômage partiel à 100 % aussi longtemps que les fermetures le nécessiteront. Le fonds de solidarité s’apprête ensuite à être, une nouvelle fois, musclé. « Il est évident que le plafond d’aides de 200.000 euros n’est pas suffisant pour les petites chaînes hôtelières, les groupes de restauration ou les salles de sport, a ainsi concédé Bruno Le Maire. Je souhaite que toutes ces entreprises puissent, au-delà de la subvention pour la perte de chiffre d’affaires, si elles ont des charges lourdes non couvertes, cocher une case supplémentaire et que cette compensation puisse aller jusqu’à 3 millions d’euros sur la période de crise. ». Le dispositif est en cours de négociation à Bruxelles et devrait être annoncé dans les prochains jours.

Le remboursement des prêts garantis par l’État (PGE) sera enfin assoupli. La Fédération bancaire française (FBF), que le ministre a applaudie, se déclarant prête à décaler automatiquement à 2022 la première année de remboursement de tous les prêts des secteurs fermés. « Nous aimerions que le différé de remboursement de deux ans puisse être automatique pour les entreprises du commerce, plaide Yohann Petiot, délégué général de l’Alliance de commerce, qui représente de grandes enseignes de l’habillement et des grands magasins. Mais ensuite, les difficultés à rembourser seront grandes… »

 

Quelle que soit l’issue des prochaines semaines, la France sortira de cette vaste épreuve passablement surendettée. Bercy table pour fin 2021 sur une dette équivalente à 122,4 % du PIB. Le ministre ex-LR, qui se présente depuis le début du quinquennat comme la vigie des finances publiques, est attendu sur ce point. Mais il assume là aussi ne pouvoir s’engager sur aucun calendrier. « Le rétablissement des finances publiques ne se fera que quand la crise sanitaire sera derrière nous », s’est-il contenté d’avancer, remettant donc l’effort de rationalisation des dépenses publiques à l’après-présidentielle de 2022.

Les sciences face à la transition écologique (fondation Hulot)

Les  sciences face à la transition écologique (fondation Hulot)

Dans cet ouvrage publié chez Odile Jacob, une trentaine de scientifiques, membres de la Fondation Nicolas Hulot, mettent en garde contre les usages contestables qui peuvent être faits du discours et de l’autorité scientifiques pour servir des intérêts économiques.( Le Monde)

Livre.

 

 Jamais la science n’a été aussi présente dans l’espace public, son capital symbolique capté de toutes parts, sa prestigieuse caution âprement revendiquée par les responsables politiques, les capitaines d’industrie, les lobbyistes ou les organisations militantes. Et pour cause : l’activité scientifique nourrit autant l’innovation technique et la croissance qu’elle permet d’évaluer l’impact – bénéfique ou délétère – de tout l’éventail des activités humaines sur la santé ou l’environnement. On le voit avec la crise due au Covid-19 : la science a pris tant de place qu’elle se confond parfois avec le politique, semblant indiquer au pouvoir la seule ligne de crête praticable pour affronter une menace.

 « La » science ? Le conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot (FNH) a judicieusement préféré parler « des » sciences, au pluriel. Pour ses vingt ans d’existence, cet aréopage d’une trentaine de scientifiques engagés signe un ouvrage qui interroge la place des sciences dans une société supposée entamer une transition écologique.

Diversité de disciplines

Au reste, le conseil scientifique de la FNH n’aurait guère pu parler de « la » science, sans se trouver légèrement à contre-emploi. Parmi les membres du conseil, on trouve en effet des philosophes, des économistes, des climatologues, des historiens, des écologues, des mathématiciens ou encore des juristes. Et même un astrophysicien. Cette diversité de disciplines et donc de sensibilités scientifiques donne à l’ouvrage son originalité, et toute la profondeur de son analyse.

Y sont explorés, dans six chapitres largement autonomes, les rôles que peuvent jouer l’acquisition et la transmission du savoir dans la transition écologique – bien que celle-ci, omniprésente dans les discours, demeure encore largement absente des politiques publiques.

Le premier de ces rôles est bien sûr celui de l’expertise et de la consolidation des connaissances acquises. Avec, comme exemple majeur, celui du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le célèbre panel de scientifiques qui, depuis la fin des années 1980, rassemble et synthétise l’ensemble du savoir disponible sur le changement climatique. Et fixe le consensus scientifique sur lequel l’action politique peut – ou pourrait – s’appuyer.

Mais les auteurs n’en restent pas à cet exemple qui, à lui seul, donnerait de l’activité scientifique une image par trop idéale, comme si la connaissance nécessaire à l’action faisait toujours l’objet de consensus apaisés, projetant sur la société une rationalité bienfaisante. Au contraire : le conseil de la FNH met aussi en garde sur les usages contestables qui peuvent être faits du discours et de l’autorité scientifiques, notamment par le détournement du doute méthodique par des intérêts économiques contrariés. Car le doute, disent en substance les auteurs, s’il est l’un des moteurs de la démarche scientifique, peut aussi s’avérer un frein puissant et entraver la prise de décision, en instrumentalisant les incertitudes inhérentes à l’acquisition de toute connaissance.

Oléron : des éoliennes incompatibles avec la biodiversité ?

Oléron : des éoliennes incompatibles avec la biodiversité ? 

L’implantation d’éoliennes au large d’Oléron (Charente-Maritime) en zone Natura 2000, dans un secteur doublement protégé par le droit de l’environnement, est incompatible avec les exigences des directives européennes, juge, dans une tribune au « Monde », le professeur Laurent Bordereaux.

Tribune.

 

Après des années d’atermoiements et à la suite de la tenue du Conseil maritime de la façade Sud-Atlantique du 14 décembre 2020, la Commission nationale du débat public (CNDP) devrait très prochainement être saisie du projet controversé de parc éolien « posé » en mer d’Oléron. Vu l’ampleur des enjeux socio-économiques et environnementaux en présence, celle-ci pourrait alors décider – classiquement et selon toute vraisemblance – d’organiser un débat public pour en confier l’animation à une commission particulière. Mais est-il pertinent de soumettre au débat un projet si problématique ?

Si l’on doit prendre acte de la volonté du gouvernement d’accentuer le développement des énergies marines renouvelables (EMR) dans l’inéluctable processus de transition énergétique, surtout au regard du potentiel maritime français, on peut s’étonner de la validation politique du projet d’Oléron, tant les enjeux écologiques sont ici importants. Ce dernier serait-il un élément incontournable de la production non nucléaire d’électricité et de la filière EMR (au point de prendre de réels risques juridiques) ?

Car le parc éolien marin aujourd’hui envisagé au large du port de pêche de la Cotinière présente tout de même la singularité d’être localisé en pleine zone protégée, à savoir au cœur d’une vaste zone classée au titre du dispositif européen Natura 2000 et dans le périmètre du parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis, créé par décret en 2015. Ces deux instruments de protection de l’environnement relèvent certes d’une logique que l’on peut qualifier de « droit souple », en ce sens où ils sont animés par un esprit de conciliation et que la législation afférente n’y interdit pas en soi les activités économiques.

Un projet en pleine zone Natura 2000

Mais ils ne sont pas pour autant dépourvus de tout effet contraignant, loin s’en faut… Les pouvoirs publics peuvent-ils sérieusement avoir en tête un tel projet industriel éolien compte tenu des forts enjeux de protection de la biodiversité marine ? Les procédures ayant conduit à la création de la zone Natura 2000 concernée et du parc naturel en place ont en effet souligné toute la richesse écologique du site, au titre de ses habitats ainsi que de la faune aviaire et marine.

En la matière, le document stratégique de la façade Sud-Atlantique, récemment adopté, ne s’avère pas d’un grand secours : s’il localise bien l’implantation d’éoliennes offshore au large d’Oléron, il référence également le secteur considéré comme étant à haut potentiel environnemental, n’étant pas à une contradiction près. Il paraît donc fort peu à même de jouer le rôle pilote que le législateur a souhaité confier, semble-t-il, à ces instruments de planification marine d’un genre nouveau.

« La priorité de la santé environnementale » (Philippe juvin)

« La priorité de la santé environnementale » (Philippe juvin)

Alors que la transmission de virus de l’animal à l’homme pourrait s’accélérer, Philippe Juvin, le chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou, constate que la France court après le Covid-19 et n’est dotée d’aucun outil moderne de veille épidémiologique ou de surveillance environnementale.

Tribune. Les leçons que nous devrons tirer de l’épidémie sont nombreuses. L’importance des plans de crise, la fin de l’hyperadministration et de la lourdeur bureaucratique, la nécessité d’un système de santé robuste et agile, le retour d’une parole politique transparente, sincère, pour rétablir la confiance, une plus grande indépendance vis-à-vis de l’étranger, l’importance des nouvelles technologies de fabrication de vaccins… Toutes ces observations sont connues et devront être suivies d’effets pour éviter de revivre la même déroute en cas de nouvelle menace.

Mais cette épidémie pose également des questions plus profondes, liées aux relations entre la santé et l’environnement, et à notre capacité à préserver l’environnement et à le surveiller avec des objectifs sanitaires.

D’après l’Organisation mondiale de la santé animale, 60 % des pathogènes capables de causer des maladies à l’homme viennent de l’animal. Les virus du MERS ou du SARS, le parasite du paludisme, le virus Zika, celui du Nil sont parmi les plus connus. Depuis cent ans, deux nouveaux virus d’origine animale ont été découverts chez l’homme en moyenne par an.

Pathogènes jusqu’ici cantonnés aux animaux

Cette transmission de virus de l’animal vers l’homme pourrait s’accélérer et nous exposer à de nouvelles épidémies dans un futur proche. Car il y a maintenant de solides arguments scientifiques pour affirmer que, outre le changement climatique, la croissance intensive de la population, la déforestation et le développement de marchés d’animaux sauvages favorisent le contact de l’homme avec des espèces animales dont il était naturellement éloigné, et que chacun de ces nouveaux contacts augmente les chances de passage vers l’homme de pathogènes jusqu’ici cantonnés aux animaux.

Une publication du Lancet en 2019 rappelle qu’il y a plus de 1,5 million de virus chez les mammifères et que seulement 260 sont connus chez les humains : les virus inconnus représentant donc 99,9 % de l’ensemble. Le même travail évalue de 631 000 à 827 000 le nombre de virus zoonotiques inconnus et capables d’infecter l’homme. Après le Covid-19, le risque de nouvelles épidémies par agents pathogènes émergents est donc immense.

Prévenir et détecter précocement

Ces données appellent à définir des stratégies pour prévenir et détecter précocement ces passages entre espèces. On en a vu le caractère destructeur avec le Covid-19, puisque cette maladie est bien la conséquence du passage d’un virus animal à l’homme, même si les voies précises n’en sont pas encore élucidées.

Nucléaire États-Unis : le renouveau au nom de la cause écologique

Nucléaire États-Unis : le renouveau au nom de la cause écologique

Biden veut faire de la lutte contre le changement climatique l’un des piliers de son administration et a soutenu la recherche et le développement de technologies nucléaires avancées.

Les réacteurs nucléaires génèrent une électricité pratiquement sans émissions, ce qui signifie qu’ils peuvent contribuer à atteindre des émissions nettes nulles issues de la production d’électricité dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Les États-Unis ont environ 94 réacteurs traditionnels, sur les 440 dans le monde, mais la hausse des coûts a contraint de nombreuses usines à fermer et cinq autres devraient fermer cette année dans l’Illinois et à New York. L’énergie nucléaire fait face à la concurrence des centrales électriques qui brûlent du gaz naturel bon marché et abondant et des énergies renouvelables, notamment éolienne et solaire.

Le secteur de l’électricité aux États-Unis se caractérise par une large prédominance des combustibles fossiles : leur part dans la production d’électricité atteint 62,1 % en 2019, dont 23,3 % pour le charbon et 38,4 % pour le gaz ; la part du nucléaire est de 19,5 % et celle des énergies renouvelables de 18,1 % (hydroélectricité : 6,5 %, éolien : 7,2 %, solaire : 2,6 %, etc.).

Par comparaison en France ,à ce jour, il y a 19 centrales nucléaires et 58 réacteurs répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain. Placée au 2e rang mondial en matière de production d’énergie nucléaire, la France est fortement dépendante de ses centrales. En effet, dans le mix énergétique français, le nucléaire est la première ressource servant à produire de l’électricité. Selon RTE, en 2017, 71,6 % de la production totale d’électricité en France provenait des centrales nucléaires. Le point sur les centrales nucléaires en France.

En outre, dans le monde entier, les centrales nucléaires sont confrontées à des coûts de maintenance et de sécurité croissants, notamment la protection contre les attaques de militants ou les réponses réglementaires à la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en 2011.

Cinq nouveaux réacteurs nucléaires ont été mis en service l’année dernière en Chine, en Russie, en Biélorussie et aux Émirats arabes unis, selon Sama Bilbao y Leon, le directeur général du groupe industriel, l’Association nucléaire mondiale.

Trump : destitution avant ou après la fin de son mandat

Trump : destitution avant ou après la fin de son mandat

il ne reste que neuf jours avant la fin du mandat de Trump. Un délai sans doute trop court pour obtenir une destitution par le Parlement. Reste que la procédure engagée pourrait se poursuivre après le départ de Trump. L’objectif n’est pas tellement de l’éjecter de Maison-Blanche mais surtout d’empêcher une éventuelle candidature en 2024

Mais il est peu probable qu’une censure satisfasse les démocrates furieux. La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, a déclaré lundi aux députés démocrates lors d’une conférence téléphonique qu’elle refusait une simple censure à l’égard de Trump et qu’elle souhaitait une véritable destitution au motif de tentative d’insurrection.

Des milliers de partisans de Trump ont pris d’assaut le siège du Congrès mercredi dernier, forçant les législateurs qui certifiaient la victoire électorale du président démocrate élu Joe Biden à se cacher dans un assaut déchirant contre le cœur de la démocratie américaine qui a fait cinq morts.

La violence s’est produite peu de temps après que Trump a exhorté ses partisans à marcher sur le Capitole lors d’un rassemblement où il a répété de fausses déclarations selon lesquelles les élections du 3 novembre avaient été «truquées» contre lui.

Les démocrates ont officiellement introduit lundi une accusation de destitution, accusant Trump d ‘«incitation à l’insurrection».

Les démocrates de la Chambre ont destitué Trump en décembre 2019 pour avoir fait pression sur l’Ukraine pour qu’elle enquête sur Biden, mais le Sénat contrôlé par les républicains a voté pour ne pas le condamner.

Même si la Chambre destituait à nouveau Trump, le Sénat ne devrait pas retourner à Washington avant le 19 janvier.

Le chef démocrate du Sénat, Chuck Schumer, a exploré des moyens de rappeler la chambre à une session d’urgence, a déclaré un assistant démocrate principal, bien que le chef de la majorité républicaine, Mitch McConnell, devrait y consentir.

Une condamnation pour destitution nécessite une majorité des deux tiers, ce qui nécessiterait au moins 17 votes républicains. Jusqu’à présent, seule une poignée de législateurs républicains ont déclaré publiquement qu’ils envisageraient de voter pour la destitution.

Les démocrates prendront le contrôle du Sénat une fois que les vainqueurs du récent second tour des élections en Géorgie seront assis, ce qui créera un partage 50-50 avec la vice-présidente élue Kamala Harris qui tiendra le vote décisif après son entrée en fonction avec Biden.

Afghanistan : violation de la loi par Trump

Afghanistan : violation de la loi par Trump

Sans doute pour faire parler de lui, Trump décide de passer outre une loi qui interdit actuellement de diminuer les effectifs américains en Afghanistan. Une manière pour Trump d’exister dans un champ politique de plus en plus réduit et qui pourrait même aboutir à une destitution avant la fin de son mandat ou après.  L’action du Pentagone mettra probablement en colère les législateurs républicains et démocrates opposés à de nouvelles réductions de troupes et renouvellera les inquiétudes concernant le mépris de l’administration Trump sortante pour le Congrès, même dans ses derniers jours.

«S’ils poursuivent le retrait, ce serait une violation de la loi», a déclaré un assistant du Congrès, s’exprimant sous couvert d’anonymat.

L’arrêt du retrait pourrait mettre en péril le processus de paix en Afghanistan soutenu par les États-Unis, car un accord de février 2019 avec les talibans appelle à un retrait complet des troupes américaines d’ici mai en échange des garanties de sécurité des insurgés.

La législation a donné à Trump le pouvoir de dérogation d’urgence pour poursuivre le retrait. Mais il a dit qu’il devait dire au Congrès pourquoi une renonciation est «importante» pour l’intérêt national et expliquer en détail pourquoi.

L’assistant du Congrès a déclaré que la Maison Blanche n’avait fourni aucune communication de renonciation.

Certains responsables militaires américains ont exhorté Trump à ne pas couper la force au milieu d’une vague de violence en Afghanistan et ce qu’ils ont dit était l’incapacité des talibans à mettre fin à la coopération avec Al-Qaïda comme l’exige l’accord de février 2020 avec les insurgés.

Un autre responsable américain a déclaré que le retrait était déjà en cours lorsque la loi est entrée en vigueur, et que ce n’était pas quelque chose qui pouvait être changé «en un clin d’œil».

Le responsable n’a pas exclu la loi ralentissant le retrait avant que Trump ne quitte ses fonctions le 20 janvier, lorsqu’il est remplacé par le démocrate Joe Biden, le vainqueur de l’élection présidentielle du 3 novembre.

Joe Biden : grande alliance démocratique contre la Chine ?

Joe Biden :  grande alliance démocratique contre la Chine ?

Un article du Wall Street Journal évoque l’éventuelle sainte alliance internationale que voudrait Biden s’opposait à l’envahissement de la Chine.

 

 

 

Dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Pékin dans plusieurs domaines, Joe Biden entend, ces quatre prochaines années, persuader les démocraties occidentales de rejoindre les Etats-Unis pour faire pression sur la Chine. Une démarche diamétralement opposée à celle de son prédécesseur, Donald Trump, qui avait décidé de faire cavalier seul.

Xi Jinping, le président chinois, est dans le même état d’esprit, mais avec une longueur d’avance : menant une course évidente au leadership mondial, il a tenté, ces dernières années, d’attirer les alliés traditionnels des Etats-Unis dans l’orbite économique de l’Empire du Milieu.

L’actualité sino-américaine de la semaine a fait remonter le sujet dans la liste des priorités de Joe Biden. Lorsqu’il prendra ses fonctions présidentielles à la fin du mois, il devra choisir de conserver (ou non) les mesures récemment prises par l’administration Trump : sortie de la cote des sociétés télécoms chinoises qui sont cotées à la Bourse de New York, interdiction des transactions réalisées par des applications chinoises (plateforme de paiement Alipay incluse) et placement sur liste noire des principaux fabricants de puces chinois et d’autres entreprises.

Il lui faudra aussi choisir à quel point il fera pression sur Pékin au sujet de Hong Kong et de la répression qui s’y déroule.

Pour Joe Biden, l’Amérique doit s’appuyer sur une pression multilatérale, sans quoi Pékin dressera les pays les uns contre les autres en leur offrant un accès préférentiel à son immense marché

La politique du nouveau président américain vis-à-vis de la Chine repose sur ce qu’il appelle le « sommet pour la démocratie », alternative au fonctionnement autocratique de Pékin, ont expliqué des conseillers de Joe Biden interrogés pendant et après la campagne électorale. Les Etats-Unis chercheront également à constituer des groupes de taille plus modeste pour travailler sur certains sujets précis, notamment les télécoms et l’intelligence artificielle.

Pour Joe Biden, revoir la politique américaine à l’égard de la Chine signifie rejeter l’approche qu’avait adoptée l’administration sortante.

Donald Trump s’était en effet opposé aux alliés des Etats-Unis sur les questions de commerce et de sécurité lorsqu’il s’en était pris à la Chine en lançant des poursuites devant les tribunaux américains, notamment pour obtenir la fermeture ou la cession de l’application chinoise de partage de vidéos TikTok aux Etats-Unis.

Finalement, c’est la teneur même de la relation sino-américaine que le président sortant a bouleversée en attaquant Pékin sur toute une palette de sujets. Il a également fini par convaincre le Congrès et le peuple américain que la Chine n’était pas qu’une concurrente, mais bel et bien une menace pour le statut de leader mondial des Etats-Unis.

Pour Joe Biden, l’Amérique doit s’appuyer sur une pression multilatérale, sans quoi Pékin dressera les pays les uns contre les autres en leur offrant un accès préférentiel à son immense marché.

« La Chine a toujours une porte de sortie : sa relation économique avec les autres pays, résume Jake Sullivan, futur conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden. Ce n’est qu’en fermant ces portes que l’on poussera la Chine à cesser ses pratiques commerciales abusives. »

Mais compte tenu de l’intérêt que présente l’immense marché chinois, il risque d’avoir du mal à convaincre ses alliés de faire front commun contre Pékin. La Chine et l’Union européenne ont d’ailleurs signé un traité d’investissement il y a peu et les alliés des Etats-Unis expliquent qu’après quatre années d’approche unilatérale, ils doutent de la volonté américaine de s’engager dans une alliance multilatérale à long terme.

De leur côté, les dirigeants chinois veulent essayer d’apaiser des tensions qui se sont intensifiées sous la présidence Trump, affirment des responsables. Pékin entend ainsi envoyer Yang Jiechi, directeur du bureau de la commission des affaires étrangères du comité central du Parti communiste chinois, à Washington dès que Joe Biden aura pris ses fonctions pour travailler sur la coopération entre les deux pays, ont rapporté des sources proches du dossier.

A brève échéance, c’est de la guerre commerciale dont il faudra s’occuper. L’un des enjeux est le prix que la Chine serait prête à payer (si tant est qu’elle accepte de le faire) pour que les Etats-Unis mettent fin aux droits de douane qui frappent quelque 370 milliards de dollars de produits chinois. Les conseillers de Joe Biden ont déclaré qu’il ne les suspendrait pas dans l’immédiat et qu’il souhaitait étudier l’impact des tarifs douaniers sur l’économie américaine et consulter ses alliés avant d’agir. Les organisations qui représentent les secteurs d’activité opposés aux droits de douane veulent, elles, que Joe Biden négocie des concessions.

Pékin, de son côté, semble pressée d’attendre. « Joe Biden lancera tôt ou tard une renégociation de l’accord commercial puisque le dispositif actuel n’est pas réaliste, affirme Shi Yihong, conseiller en politique étrangère auprès du gouvernement central. C’est d’ailleurs aussi ce que souhaite la Chine. »

A plus long terme, la stratégie multilatérale de Joe Biden s’appuiera sur une idée qu’il partage avec l’administration Trump : la Chine remet en cause le leadership économique et politique des Etats-Unis au XXIe siècle. Le nouveau président accuse ainsi Pékin de voler les technologies mises au point par des entreprises américaines, de subventionner ses entreprises publiques de façon abusive et de piétiner les droits de l’homme.

Certains conseillers qui avaient travaillé avec lui à l’époque où il était vice-président de Barack Obama, dont l’administration avait coopéré avec Pékin pour enrayer la crise financière et sur d’autres sujets, affirment que l’ère du rapprochement est terminée, même si les Etats-Unis continueront de compter sur Pékin pour avancer sur la lutte contre le changement climatique et d’autres priorités de l’administration Biden.

« La difficulté, c’est de gérer tout cela de façon à avoir tous les outils nécessaires pour remporter ces différentes compétitions contre la Chine, explique Antony Blinken, ancien membre de l’administration Obama nommé secrétaire d’Etat par Joe Biden, tout en gardant les canaux de coopération ouverts quand c’est dans notre intérêt. »

La démocratie avant tout

L’ambition première de Joe Biden sera un « sommet pour la démocratie », un dispositif conçu, a-t-il expliqué l’an passé dans le magazine Foreign Affairs, « pour raviver la flamme et l’objectif commun des nations du monde libre ». Ce projet s’inspire du sommet sur la sécurité nucléaire de 2012 que le président Obama avait organisé pour tenter de limiter la prolifération des matières nucléaires.

Le chef de l’Etat chinois avait été convié. Joe Biden, lui, entend exclure Xi Jinping et les autres dirigeants autoritaires.

Pendant la campagne, il a évoqué la création d’un « front uni d’amis et de partenaires désireux de contrer les pratiques abusives de la Chine ». Même si certains anciens experts de Barack Obama doutent que Joe Biden l’exprime aussi explicitement, le sommet enverra sans conteste un message clair.

Les conseillers du nouveau président ajoutent que l’idée sera aussi de défendre des formes plus spécifiques de multilatéralisme. Jake Sullivan évoque ainsi les accords du Plaza conclus en 1985 comme exemple de coopération économique internationale réussie. Washington et ses alliés avaient alors décidé d’intervenir pour faire baisser le taux de change du dollar.

« Le monde est divisé en deux : les techno-démocraties et les techno-autocraties, explique Antony Blinken. Les techno-démocraties n’ont pas vraiment réussi à s’organiser entre elles »

Il a également salué les pressions exercées par les Etats-Unis, le Japon et l’Australie sur la Chine pour qu’elle renonce à sa mainmise sur les terres rares, des matériaux indispensables à la fabrication des produits high-tech. Katherine Tai, représentante au Commerce de la future administration Biden, avait mené l’offensive américaine sur ce dossier.

L’équipe de Joe Biden voudrait également convaincre les grandes démocraties de forger des alliances sur les questions technologiques, indiquent ses conseillers, notamment pour le développement de nouvelles technologies moins dépendantes des équipements 5G produits par Huawei, les conseillers du nouveau président estimant que les efforts de l’administration Trump pour mettre des bâtons dans les roues de l’équipementier chinois ont échoué parce que les Etats-Unis ne possédaient aucune alternative efficace.

Parmi les pistes envisagées figure l’interdiction de vendre des technologies de fabrication de semiconducteurs de pointe à la Chine (des technologies essentiellement détenues par des entreprises américaines, japonaises et néerlandaises) pour que les fabricants chinois aient plusieurs générations de retard.

« Le monde est divisé en deux : les techno-démocraties et les techno-autocraties, explique Antony Blinken. Les techno-démocraties n’ont pas vraiment réussi à s’organiser entre elles. »

La colère qui monte au sein des alliés des Etats-Unis, agacés par l’agressivité de Pékin, pourrait jouer en faveur de Joe Biden, la reprise en main de Hong Kong et la diplomatie belliqueuse de la Chine ayant encore aggravé les tensions.

Sur le plan rhétorique au moins, l’équipe de Joe Biden a déclaré que les droits de l’homme seraient un sujet prioritaire. « L’administration Biden-Harris sera aux côtés du peuple de Hong Kong et s’opposera à l’assaut de Pékin contre la démocratie », a tweeté mardi soir Antony Blinken après que la police hongkongaise a arrêté des opposants politiques.

En pratique, la marge de manœuvre est limitée. Donald Trump, lui, s’était assez peu intéressé à Hong Kong et aux autres questions de droits de l’homme (notamment la répression contre les musulmans dans la région du Xinjiang), même si, l’an passé, son administration avait fini par sanctionner des dirigeants hongkongais impliqués dans la répression et interdire l’importation de coton du Xinjiang. Le président sortant n’avait pas pris de mesures plus drastiques, qui restent donc à la disposition de son successeur : empêcher les banques chinoises d’accéder au dollar ou chercher à désarrimer le dollar de Hong Kong du dollar américain, une décision qui pénaliserait les établissements financiers américains présents en Chine.

Autre option largement étudiée : faciliter l’émigration aux Etats-Unis des résidents hongkongais ciblés par la répression.

Certains conseillers de Joe Biden pensent néanmoins que la nouvelle administration sera aussi divisée sur la question des droits de l’homme que l’administration Clinton ne l’était à ses débuts. Bill Clinton avait finalement cessé de faire pression sur la Chine et mis l’accent sur les relations économiques.

Enthousiasme très modéré

Après quatre années d’unilatéralisme trumpien, et le risque d’un retour de l’homme d’affaires ou l’arrivée d’un politicien de la même trempe en 2024, les partenaires potentiels risquent de faire preuve d’un enthousiasme très modéré à l’idée de se joindre aux Etats-Unis dans une bataille contre la Chine.

« Vous demanderiez donc aux pays de renoncer à des opportunités dans la seule grande économie mondiale en croissance pour quoi ? Pour s’allier aux Etats-Unis, un partenaire qui n’est pas fiable », s’est insurgé Jorge Guajardo, ancien ambassadeur du Mexique en Chine qui conseille désormais des sociétés qui visent le marché chinois.

La liste des participants au sommet pourrait elle aussi provoquer des remous, l’envoi d’une invitation à Taïwan risquant notamment de mettre Pékin en colère. La présence potentielle de l’Inde, en dépit du sectarisme croissant de son gouvernement, pourrait semer le doute sur les affinités démocratiques des participants. Mais exclure le pays pénaliserait une éventuelle alliance.

« L’Inde n’acceptera ni conditions ni exigences de la part des Etats-Unis en vue d’une union contre la Chine », a déclaré Sreeram Chaulia, doyen de la School of International Affairs de l’université O.P. Jindal Global à Sonipat, en Inde.

L’administration Trump considérait les conclaves économiques internationaux comme des événements inutiles et néfastes aux intérêts américains. Selon un responsable de l’administration Trump, l’équipe de Joe Biden risque de se noyer dans un marathon de pourparlers et de voir la direction des opérations lui échapper.

Pour obtenir le soutien des Européens, Washington devra supprimer les droits de douane sur l’acier imposés par Donald Trump, estiment les experts. Mais au risque de provoquer la colère de certains syndicats industriels et de leurs soutiens démocrates

« L’idée, c’est de prendre les décisions que personne ne veut prendre, puis les autres vous suivent, explique-t-il. Comme ces ressorts magiques qu’ont les enfants, ceux qu’on pousse d’une marche et qui descendent l’escalier tout seuls. »

De leur côté, les pays occidentaux ont peur de voir la Chine et son marché s’éloigner. Fin décembre, après sept longues années de négociation, l’Union européenne a conclu un accord d’investissement avec la Chine, qui place Xi Jinping en position de force vis-à-vis de la nouvelle administration, tout en rappelant que le soutien européen n’est pas acquis d’avance.

Dans un tweet publié le 21 décembre, donc avant la conclusion de l’accord, Jake Sullivan a semblé admettre ce changement de contexte : « l’administration Biden-Harris serait heureuse de mener une concertation avec nos partenaires européens au sujet des inquiétudes communes concernant les pratiques économiques de la Chine ».

Pour obtenir le soutien des Européens, Washington devra supprimer les droits de douane sur l’acier imposés par Donald Trump, estiment les experts. Mais au risque de provoquer la colère de certains syndicats industriels et de leurs soutiens démocrates.

Ambitions chinoises

De son côté, Pékin poursuit ses propres ambitions multilatérales pour attirer les alliés économiques des Etats-Unis dans son orbite. Par le passé, le pays préférait traiter avec chaque partenaire de façon individuelle, partant du principe que son économie lui donnerait un avantage, mais la guerre commerciale avec l’administration Trump l’a fait changer d’avis.

Pour Xi Jinping, les approches multilatérales sont plus productives, ont expliqué des responsables chinois. La Chine a ainsi intensifié ses efforts pour s’inscrire dans le cadre des organisations internationales, notamment l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) et l’Onu. « Si vous maîtrisez les règles, explique un responsable proche du président chinois, vous maîtrisez le jeu. »

Pékin a également proposé de fournir son vaccin contre la Covid aux pays africains pour renforcer son image de puissance mondiale charitable.

En novembre, le pays a conclu un accord commercial régional (le Partenariat régional économique global) avec quatorze pays, dont le Japon, la Corée du Sud et l’Australie. Sa volonté d’y parvenir s’est renforcée au fur et à mesure de l’imposition de nouvelles sanctions par l’administration Trump.

Les dirigeants chinois ont expliqué à leurs homologues japonais qu’un accord leur donnerait du poids vis-à-vis de Washington, puisque Tokyo aurait d’autres débouchés que le marché américain, a raconté un diplomate asiatique proche des négociations. « Aujourd’hui, ils considèrent le Partenariat comme un atout vis-à-vis des Etats-Unis », a précisé cette personne, expliquant que l’accord permettrait une intensification des échanges commerciaux entre la Chine et les autres signataires même si les Etats-Unis décidaient, eux, de s’éloigner.

Plus récemment, Xi Jinping a déclaré que la Chine pourrait « envisager favorablement » une adhésion à l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), qui regroupe onze pays d’Asie et d’Océanie. Pour ce faire, il faudrait que Pékin autorise la libre circulation des données et modifie ses entreprises publiques, des changements que l’administration Trump n’avait jamais réussi à obtenir dans le cadre de négociations bilatérales.

Xi Jinping estime néanmoins qu’il pourrait être intéressant de renouer une relation de travail avec son homologue américain, selon des responsables chinois. Celui qui vise un troisième mandat, fait inédit en Chine, sait qu’il sera jugé, en interne, sur la manière dont il gère le dossier américain, ont-ils ajouté

En 2017, Donald Trump avait annoncé le retrait des Etats-Unis de la première version de l’accord, alors simplement baptisé Partenariat transpacifique, estimant qu’il détruirait des emplois. Le partenariat avait généré tant de colère des syndicats et des démocrates que Joe Biden a déclaré qu’il faudrait une renégociation pour que les Etats-Unis envisagent de le ratifier.

Pékin, de son côté, joue sur l’ironie de la situation : les Etats-Unis refusent en effet d’adhérer à un accord dont les règles ont été fixées par les négociateurs américains mais qui a été retoqué par le président américain. Les sceptiques, eux, se demandent si Pékin veut vraiment apporter les changements nécessaires, affirmant que cela pourrait être une manière de forcer la main des Occidentaux lors des négociations.

Xi Jinping estime néanmoins qu’il pourrait être intéressant de renouer une relation de travail avec son homologue américain, selon des responsables chinois. Celui qui vise un troisième mandat, fait inédit en Chine, sait qu’il sera jugé, en interne, sur la manière dont il gère le dossier américain, ont-ils ajouté.

Pékin se montre toutefois prudente vis-à-vis de la nouvelle administration, estimant que le qualificatif de « voyou » utilisé par Joe Biden pour évoquer Xi Jinping n’est pas de bon augure. Si le président chinois veut améliorer les relations entre les deux pays, il n’a jamais caché sa volonté d’asseoir le pouvoir de la Chine et de moderniser son économie.

Et, de son point de vue, les questions de souveraineté l’emportent sur tout le reste. Malgré les critiques des pays étrangers, il a renforcé l’emprise de Pékin sur Hong Kong et le Xinjiang, deux dossiers que la Chine considère comme des problèmes internes, et autorisé ses diplomates à répliquer avec force aux attaques contre le pays.

Mais le principal point sensible reste Taïwan, que la Chine considère comme une province rebelle. L’an passé, l’armée chinoise a multiplié les entraînements ciblant l’île, même si rien n’indique qu’une invasion soit en préparation.

Tensions tarifaires

Joe Biden devra aussi surmonter l’inextricable problème des droits de douane. Pendant deux ans, l’administration Trump a imposé des droits de douane sur 370 milliards de dollars d’importations chinoises, soit trois quarts de ce que le pays vend chaque année aux Etats-Unis. L’an passé, un accord a été signé ; il prévoyait que Pékin augmente très fortement ses achats de produits américains, même si la promesse ne semble pas encore tenue.

Alliée traditionnelle de Pékin à Washington, Business Roundtable, une association qui regroupe les plus grandes entreprises américaines et des organisations sectorielles, veut que Joe Biden utilise la suppression des droits de douane pour obtenir des concessions de la Chine sur des sujets sur lesquels l’administration Trump n’avait pas eu gain de cause, notamment les subventions aux sociétés chinoises ou les pratiques agressives des entreprises publiques.

L’équipe de Joe Biden n’a pas promis de nouvelles négociations, notamment parce que le sujet fait partie des points dont le nouveau président veut d’abord discuter avec ses alliés, selon Jake Sullivan. « Il ne veut pas s’enfermer dans une seule approche », explique-t-il.

L’une des questions sera notamment de savoir si Joe Biden écoute Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, et d’autres, qui plaident pour un sommet avancé du G20 consacré à la relance de l’économie mondiale et à la lutte contre la pandémie. Le sommet s’inspirerait de ce qu’avait organisé Barack Obama en 2009, peu après son élection, pour enrayer la crise financière.

Il donnerait un rôle prépondérant à la Chine, permettrait aux présidents Biden et Xi de se rencontrer en amont et pourrait suggérer une autre trajectoire qu’un front commun contre Pékin pour la politique américaine.

Charlene Barshefsky, ancienne représentante au Commerce de Bill Clinton qui avait participé aux négociations pour l’entrée de la Chine dans l’OMC, se montre toutefois réservée : « compte tenu des retombées stratégiques, qu’elles soient bilatérales, régionales ou mondiales, souligne-t-elle, c’est un exercice complexe, pas une opération de communication. »

Rajesh Roy à New Delhi, Laurence Norman à Bruxelles et Jacob M. Schlesinger à Washington ont contribué à cet article

Traduit à partir de la version originale en anglais

Capitole : la pente glissante des démocraties

Capitole : la pente glissante des démocraties

L’envahissement du Capitole prouve que les accommodements face aux comportements antidémocratiques de dirigeants élus sont une pente glissante sur laquelle il est dangereux de s’engager. Editorial du « Monde ». (Extrait)

 

 Donald Trump, explique Marine Le Pen, « n’a pas mesuré la portée de ses propos sur une partie des gens » auxquels il s’est adressé dans sa harangue devant la Maison Blanche, le 6 janvier.

Pour la présidente du Rassemblement national, appeler quelques milliers de manifestants aguerris à marcher sur le Capitole après les avoir chauffés à blanc pendant une heure pour empêcher les parlementaires de certifier les résultats d’une élection qui leur a été « volée » ne prêterait donc pas à conséquence. Même lorsque celui qui a lancé cet appel est président des Etats-Unis depuis quatre ans et a montré qu’il savait parfaitement jouer du pouvoir d’intimidation des milices d’extrême droite. Et même lorsqu’il attend plus de deux heures, une fois que les manifestants ont pris d’assaut le Capitole, pour leur demander de s’en retirer.

Marine Le Pen mesure-t-elle la portée de ses propos ? En trouvant cette excuse à Donald Trump, elle légitime une manœuvre qui a abouti à la suspension du processus démocratique pendant plusieurs heures. Elle-même n’a reconnu l’élection de Joe Biden que jeudi 7 janvier, une fois que le Congrès avait certifié les résultats, soit deux mois après le scrutin. Même Vladimir Poutine l’a précédée.

La tentative d’insurrection dirigée depuis la Maison Blanche est une leçon pour toutes les démocraties, en particulier celles de nos pays européens ; la réaction de Mme Le Pen ne la rend que plus claire. L’expérience prouve désormais que l’ambiguïté, les accommodements que l’on peut trouver face aux comportements antidémocratiques de dirigeants élus sont une pente glissante sur laquelle il est dangereux de s’engager.

« Les mots des présidents, a relevé le président élu Joe Biden, ont un sens : ils peuvent inspirer, mais ils peuvent aussi inciter. » On a sans doute, aux Etats-Unis et ailleurs, sous-estimé la dérive de Donald Trump, la force de son verbe, la puissance de sa démagogie, les distances qu’il prenait avec l’Etat de droit. Les excès de ce président d’un nouveau type, pensait-on, seraient balisés par les institutions démocratiques, dont la solidité était à toute épreuve.

Ils ne l’ont pas été. Cette leçon vaut pour tous les dirigeants de démocraties qui flirtent avec le populisme ou dévoient l’Etat de droit. Certains viennent de le comprendre. Boris Johnson, le premier ministre britannique, a condamné jeudi, avec vigueur, le comportement de Donald Trump, autrefois frère d’armes du Brexit.

Dévoiement insidieux

Le premier ministre tchèque, Andrej Babis, a sagement remisé depuis jeudi sa casquette rouge, copie du couvre-chef « Make America Great Again » des trumpistes, sur son profil Twitter, au profit d’un masque anti-Covid.

Le premier ministre slovène, Janez Jansa, qui, rompant l’unité européenne, avait félicité Donald Trump pour sa réélection alors qu’il était battu, s’est fait moins enthousiaste, même s’il ne laisse pas planer de mystères sur ses sympathies dans le choix de ses Retweet.

Peut-on s’accommoder du dévoiement insidieux de la démocratie dans certains pays de l’Union européenne ? A la lumière de ce qui s’est passé à Washington, la question prend une acuité nouvelle. Elle doit notamment être posée aux partis soucieux de la démocratie qui, à l’image de la CDU de la chancelière Angela Merkel et du parti Les Républicains, continuent d’accorder la protection du groupe parlementaire européen PPE au parti du premier ministre hongrois Viktor Orban, suspendu mais pas exclu. A ce jour, M. Orban n’a pas condamné les événements de Washington.

VARIANT BRITANNIQUE : la menace qui va imposer le reconfinement

VARIANT BRITANNIQUE : la menace qui va imposer le reconfinement

Le  virus premier importé de Chine était déjà difficile à contrôler. Mais la situation devient hors contrôle quand le virus britannique et où le virus sud-africain prend le dessus. Ce qui est inévitable car c’est toujours le virus le plus dynamique qui remplace les autres.

Ainsi le généticien, Axel Kahn, aussi président Ligue contre le cancer affirme dans: « Il y a eu énormément de dégâts collatéraux pour les personnes atteintes de cancer ». Il a notamment mis en garde contre l’arrivée des deux « mutants », dont « le V1, l’anglais » qui présente une grande « capacité d’invasivité ».

À Marseille par exemple , les analyses à la suite de la découverte d’un probable « cluster » de la souche anglaise du Covid-19 à Marseille se poursuivent. Sur les 23 contaminations examinées, le maire Benoît Payan annonce ce dimanche soir que 8 correspondent au variant anglais.

L’enquête n’est pas terminée à Marseille, mais la situation virale est déjà jugée « inquiétante ». Benoît Payan, le maire socialiste de la ville, s’est exprimé à deux reprises pour évoquer le cluster du variant anglais du Covid-19, détecté dans la cité phocéenne.

Avant cette prise de parole, Benoît Payan et Michèle Rubirola se sont exprimés plus tôt, ce dimanche à 15 heures, lors d’un point presse organisé dans une caserne des marins-pompiers.

« Désormais chaque minute compte pour endiguer la propagation de la souche anglaise », a alors prévenu l’édile: « Il nous faut réagir immédiatement, nous souhaitons que l’on sorte des schémas habituels de la crise et tout faire pour tracer, tester et isoler en urgence tous les porteurs potentiels de la souche britannique. »

 

Le problème c’est qu’on est bien incapable de quantifier le nombre de personnes atteintes par le virus britannique voir sud-africain.

 

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