Les ratés du «nouveau monde»

Les ratés du «nouveau monde»

19 juin 2017, sur 577 députés élus, 315 sont issus de la République en Marche. Un renouvellement inédit sous la Vème République conté dans un livre Tout ça pour ça publié aux éditions Plon. Danielle Bonardelle – stock.adobe.com ( Analyse du Monde)

Ambassadeurs d’un nouveau monde, les députés choisis au hasard sont jeunes, idéalistes, énergiques -les femmes y sont plus nombreuses-, conquérants, veulent réenchanter le monde. Ils n’ont pas les codes de la vie politique, s’embrassent comme du bon pain dans l’Hémicycle, prennent des selfies, apportent leur bouteille d’eau d’Evian et leur club sandwich en séance comme ils le faisaient dans les start-up dans lesquelles nombre d’entre eux travaillaient. Pour éviter les procès en amateurisme qui se font jour rapidement, les néophytes sont vite contraints de se soumettre aux rituels de la République.

«Nous avons foulé pour la première fois le sol de l’Assemblée nationale au lendemain du second tour des législatives. Nous voulions témoigner du quotidien de cette nouvelle génération de députés dont très vite les média ont relevé l’amateurisme, parfois l’incompétence et les interventions hasardeuses à la télévision» observe Wally Bordas journaliste au Figaro Étudiant, auteur de l’ouvrage qui sort le 21 janvier avec Nejma Brahim, journaliste à Médiapart.

 

Le livre déborde d’anecdotes croustillantes et de confidences désenchantées. Il décrit des élus piètres orateurs mais aussi mauvais managers. Le turn-over de leurs assistants parlementaires n’a jamais été aussi élevé dans l’histoire de l’Assemblée : après 6 mois de mandat 200 d’entre eux ont été remerciés. Il donne un coup de projecteur aussi sur la crise existentielle rapide d’élus qui ont parfois quitté de belles carrières et sont submergés par un sentiment de vacuité. Ironiquement qualifiés d’élus «Playmobil» par l’opposition parce qu’ils votent comme un seul homme tous les textes, ils enragent. «Je n’ai pas envie de faire le chat chinois de restaurant à lever la patte. Je ne sers à rien» s’énerve Valérie Petit, députée du Nord qui voulait être une force de propositions au quotidien et a quitté le groupe depuis.

Plus vite qu’ils ne le pensaient, les deux auteurs vont découvrir les couacs, les coups durs, les erreurs de casting mais aussi les pleurs, les trahisons et l’explosion du groupe. La star up nation se grippe, s’enlise.

Les députés souffrent mal de subir la férule de l’exécutif mais pas suffisamment ancrés dans leur circonscription, ils ne parviennent pas à être un relais de poids entre la France profonde et le gouvernement. Démotivés, ils se déchirent. Le groupe explose. «Pas moins de 30% des députés que nous avions interrogés avaient quitté le groupe LREM au printemps 2020» écrivent les auteurs.

Au fil des mois, les auteurs ont pris conscience que la périlleuse aventure politique de ces élus avait bien souvent eu raison de leur vie personnelle. «Les histoires d’amour ont volé en éclats. Dans la seule première année de la législature, 26 procédures de divorce avaient été engagées. Ça a continué sur le même rythme ensuite faisant de cette législature celle ou le plus grand nombre de couples ont explosé» confie-t-il. Tout ça pour ça…
Tout ça pour ça, ils voulaient tout changer, ils ont échoué , Wally Bordas et Nejma Brahim aux éditions Plon.

 

Coronavirus: croissance exponentielle attendue du fait des variants

Coronavirus: croissance exponentielle attendue du fait des variants

 

Il n’y aura pas d’annonce du gouvernement ce jeudi concernant la traditionnelle conférence sur le virus.

 

Le gouvernement est en effet en pleine expectative. Il a confirmé qu’aucune mesure restrictive ne serait levée mais ne prévoit rien d’autre de plus contraignant pour l’instant. Pourtant, la menace se fait de plus en plus important. Si l’on se fie à l’évolution de la pandémie, les chiffres se dirigent tout droit vers une hausse quasi exponentielle. Depuis plusieurs jours, le nombre de contaminés augmente comme celui des hospitalisés. On est passé depuis plusieurs jours à une moyenne de 25 000 contaminés et on s’attend du fait  des variants à une accélération de la pandémie qui pourrait concerner de l’ordre de 60 à 70 000 personnes d’ici début mars bref d’ici huit ou 15 jours, il faudra certainement un nouveau train de mesures est sans doute des formes de reconfinement.

Le spectre du reconfinement est là, même si «on peut encore l’empêcher», espère-t-on au sein du gouvernement. Avec prudence toutefois. «S’il y a une hausse importante la semaine prochaine, il est possible que nous prenions des mesures. La situation à ce stade est maîtrisée, mais il n’est pas sûr qu’elle le reste.» Avec la perspective d’un reconfinement, les inquiétudes se renforcent pour l’activité économique du pays.

Alors que les bars et les restaurants devaient initialement rouvrir le 20 janvier, si l’épidémie avait été contrôlée, l’exécutif a reporté la date sans donner d’horizon. «Nous cherchons à anticiper au maximum, pour l’ensemble des secteurs, la visibilité que nous pouvons leur donner sur leur réouverture», a indiqué Gabriel Attal.

Poutine : une propriété de milliardaire de 7000 ha

Poutine : une propriété de milliardaire de 7000 ha

 

En toute discrétion ou presque Poutine à assuré ses vieux jours d’une part en prolongeant son mandat d’une vingtaine d’années (après déjà 20 ans d’exercice) d’autre part en investissant quelques 100 milliards de roubles dans une luxueuse propriété de 7000 ha que vient notamment de révéler l’opposant Alexeï Navalny que précisément Poutine vient de remettre en prison après son empoisonnement après les services secrets russes

Avait réservé à Vladimir Poutine une petite surprise : une vidéo choc de près de deux heures dans laquelle l’opposant s’en prend aux ultimes tabous en Russie, la fortune du maître du Kremlin et les liens avec sa famille.

La vidéo mise en ligne mardi, alors que Navalny achevait sa première journée de détention à la prison moscovite de Matrosskaya Tichina (« Le silence du matelot »), a été visionnée 20 millions de fois mercredi matin. La vaste enquête menée par l’équipe de Navalny – rassemblée au sein de sa Fondation contre la corruption (FBK)- tourne autour du « palais de Poutine », un véritable « château de Versailles » de 17 700 mètres carrés édifié près de Gelendjik, dans la région de Krasnodar, sur la côte de la Mer noire.

Ce projet pharaonique, entamé il y a quinze ans et pas encore achevé, aurait coûté 100 milliards de roubles

Charte de l’islam: les masques tombent

Charte de l’islam: les masques tombent

 

Trois fédérations musulmanes refusent d’adhérer au texte sur la laïcité du conseil français du culte musulman. Comme par hasard, deux sont d’obédience turque et une autre très extrémiste sur la pratique religieuse.  D’une certaine façon, les masques tombent et les pouvoirs publics auront certainement l’occasion de surveiller de très près les activités des fédérations rebelles au conseil français du culte musulman. Cela pourrait passer par des interdictions de culte dans certaines mosquées extrémistes aussi par l’exclusion de certains du conseil français du culte musulman. Le souci démocratique qui justifie le refus des trois fédérations n’est en effet qu’un prétexte pour ne pas adhérer à des principes de laïcité qui impose de respecter les valeurs républicaines pour exercer son culte. Notons qu’il y a aussi derrière les principes de laïcité les perspectives d’une formation des imams dont des fédérations musulmanes ne veulent pas.

 

Coronavirus : alerte confirmée pour le troisième jour avec 26.784 nouveaux cas en 24 heures

  • Coronavirus : alerte confirmée pour le troisième jour avec 26.784 nouveaux cas en 24 heures

L’alerte se confirme avec depuis plusieurs jours un nombre de contaminés supérieurs à 25 000 entre parenthèses on est loin de l’objectif de 5000). Pire , on craint désormais une accélération supplémentaire des contaminations qui pourraient aboutir après de 60 000 personnes concernées par jour d’ici début février. Des chiffres qui condamneraient à un reconfinement quasi total.

 

26.784 nouvelles contaminations ont été détectées en France en 24 heures, selon les chiffres publiés ce mercredi, contre 23.608 la veille. Il s’agit du bilan quotidien le plus élevé depuis le 18 novembre qui avait enregistré 28.383 contaminations. Au total, 2.965.117 cas de Covid-19 ont été recensés en France depuis le début de la pandémie en France. 316 personnes sont mortes depuis la veille à l’hôpital, portant le total à 71.652 morts du coronavirus.

  • La tendance à la hausse des hospitalisations de malades du Covid-19 s’est poursuivie mercredi. Les hôpitaux ont accueilli 1907 nouveaux patients atteints du Covid-19, soit 81 de moins que la veille. Au total, 25.650 personnes sont hospitalisées, chiffre le plus élevé depuis le 8 décembre. 292 patients ont été accueillis dans les services de réanimation en 24 heures (-21). Le nombre de personnes admises en réanimation est toutefois en augmentation, de 2839 la veille à 2852 ce mercredi, un nombre jamais atteint depuis le 15 décembre. Le taux de positivité reste stable à 6,7% comme mardi, en augmentation par rapport à lundi (6,6%).

Turquie: la prudence des Européens vis-à-vis d’Erdogan

Turquie: la prudence des Européens vis-à-vis d’Erdogan

A  juste titre, les Européens se méfient des changements spectaculaires et brutaux d’Erdogan en matière de politique étrangère. Ainsi Erdogan qui n’avait de cesse de torpiller les pays et les chefs d’État se mettant en travers de sa politique internationale a soudain changé de position en proposant un débat apaisé avec l’Europe.

 

Sans doute une certaine obligation pour Erdogan dont la situation économique est assez catastrophique en Turquie, à cela s’ajoute une pandémie hors de contrôle d’autant que la Turquie n’a pas les moyens sanitaires pour y faire face. Les Européens méfient des «déclarations d’intentions» et veulent «des faits et des actions concrètes», a déclaré lundi Peter Stano, le porte-parole de Josep Borrell. «Nous espérons tous que les mots du président turc soient rapidement transformés en actes concrets et durables qui prouvent sa réelle bonne volonté vis-à-vis de l’UE», a déclaré à l’AFP le chef de la diplomatie du Luxembourg Jean Asselborn. Mais «personne n’a l’intention de passer l’éponge», a-t-il averti. «L’UE reste déterminée à défendre ses intérêts et ceux de ses États membres ainsi qu’à préserver la stabilité régionale», a-t-il assuré.

Les sujets de tensions sont nombreux: contentieux avec la Grèce et Chypre, implication d’Ankara dans les conflits en Syrie, en Libye et au Nagorny Karabakh, brouille avec Paris, violations de l’embargo de l’ONU en Libye sur les armes, actions militaires agressives en Méditerranée orientale. Les dirigeants européens ont tendu la main au président Erdogan en juillet 2020, mais il l’a rejetée. Ils ont décidé en décembre de sanctionner Ankara pour la poursuite de ses forages gaziers unilatéraux dans la zone économique exclusive de Chypre. Pourtant Erdogan veut renouer des liens apaisés avec l’Europe.

Les  «énormes problèmes économiques» de la Turquie ne lui permettent pas de couper les liens avec l’Europe, son premier partenaire commercial. «La baraque s’écroule et il est en train de perdre la classe moyenne», explique un responsable européen. «Les Turcs montrent patte blanche», ironise un diplomate de haut rang. «Mais les Européens attendent de voir si cette attitude est sincère et durable. Les précédents épisodes les ont affranchis», a-t-il ajouté.

L’Allemagne, première puissance économique de l’UE, mise sur l’apaisement. Son ministre des Affaires étrangères Heiko Maas s’est rendu lundi à Ankara pour saluer les «signaux positifs» adressés par le président turc et «accompagner» ses initiatives. «Avec certains États, la gifle fonctionne. Avec la Turquie, elle ne fonctionne pas», remarque l’Italienne Nathalie Tocci, directrice de l’Istituto Affari Internazionali et conseillère de Josep Borrell. «Nous espérons une détente durable dans nos relations avec la Turquie de manière à rendre caduque une nouvelle extension des sanctions en mars», confie Jean Asselborn. «Mais il est nécessaire de s’assurer qu’on est prêt, si jamais on ne laisse pas d’autre choix à l’UE», a-t-il averti.

Chine : Une petite vidéo de Jack Ma pour rassurer investisseurs et clients ?

Chine : Une petite vidéo de Jack Ma pour rassurer investisseurs et clients ?

Une petite vidéo de quelques secondes du patron d’Alibaba qui n’est pas actuellement en odeur de sainteté au sein du parti communiste chinois. Une  vidéo destinée sans doute à rassurer investisseurs et clients de l’énorme société présidée par Jack Ma .

Rien n’indique sérieusement que JacK Ma  a retrouvé grâce auprès du parti communiste chinois et cette vidéo laisse très interrogatif à la fois sur la situation du milliardaire mais aussi sur celle de son entreprise.

Il se pourrait bien qu’il s’agisse d’une manipulation grossière du parti communiste poussé à diffuser une vidéo du patron d’Alibaba pour éviter que les investisseurs ne réduisent leur position dans l’immense groupe chinois.

Bien que Ma ait quitté ses fonctions d’entreprise et ses appels de bénéfices, il conserve une influence significative sur Alibaba et Ant.

Malgré le gain boursier de mercredi, il y avait un scepticisme sur le fait que l’apparition de Ma signifiait que tout allait bien.

«Quel est son état actuel sera entièrement à Pékin de nous le révéler», Leland Miller, PDG du cabinet de conseil américain China Beige Book. «Ce que nous savons, c’est si Jack court partout, Jack se cache ou autre chose, Alibaba n’est pas en clair. Il reste encore beaucoup à voir sur l’histoire. »

Deux investisseurs qui ont vendu ou réduit leurs positions dans Alibaba ont déclaré qu’ils avaient besoin de plus de réconfort sur la société et l’environnement réglementaire avant de reconsidérer l’action.

«L’un de nos principaux critères est le leadership et nous investissons dans Alibaba parce que je respecte vraiment Jack Ma en tant que leader», a déclaré William Huston, fondateur et directeur des services institutionnels de la société indépendante de conseil en investissement Bay Street Capital Holdings à Palo Alto, en Californie. avec des actifs sous gestion de 86 millions de dollars.

« Nous savons tous que ce n’est pas parce qu’il est venu … qui explique nécessairement ce qui se passe. »

Huston, qui a réduit les positions de l’entreprise dans Alibaba l’année dernière de 8% du portefeuille à moins de 1%, a déclaré que le retrait de l’introduction en bourse de Ant avait causé trop d’incertitude.

« Tout cela nous a mis dans un état d’esprit où Alibaba n’est pas un investissement prudent pour nous à l’avenir », a déclaré Huston.

David Kotok, président et directeur des investissements chez Cumberland Advisors, en Floride, qui possède environ 4 milliards de dollars d’actifs, a déclaré qu’il détenait Alibaba l’année dernière, mais qu’il a été vendu lorsque l’introduction en bourse de Ant a été retirée.

«Lorsque vous ne savez pas quoi faire dans une situation évolutive comme celle-ci, vous ne pouvez pas utiliser l’analyse traditionnelle des valeurs mobilières pour prendre des décisions. Nous restons à l’écart et observons », a déclaré Kotok.

« Compte tenu de la réaction des investisseurs face au cours de l’action d’Alibaba, si Pékin est rationnel, il serait sage de ne pas jouer avec l’une des oies d’or du pays », a déclaré Harry Broadman, partenaire du cabinet de conseil Berkeley Research Group LLC.

Climat : Biden rejoint l’accord international

Climat : Biden rejoint l’accord international

 

Trois gestes très symboliques et très significatifs de Biden pour rompre avec la politique environnementale de Trump. D’une part les États-Unis vont reprendre leur place dans l’accord mondial sur le climat. Deuxièmement Biden s’oppose à un projet d’oléoduc avec le Canada enfin il décide d’un moratoire sur l’exploitation du gaz et du pétrole dans l’Arctique.

Biden a promis de mettre les États-Unis sur la voie des émissions nettes nulles d’ici 2050 pour égaler les réductions mondiales importantes et rapides que les scientifiques jugent nécessaires pour éviter les effets les plus dévastateurs du réchauffement climatique, en utilisant des freins sur les combustibles fossiles et des investissements massifs dans énergie propre.

Le chemin ne sera pas facile, avec les divisions politiques aux États-Unis, l’opposition des sociétés de combustibles fossiles et les partenaires internationaux méfiants préoccupés par les changements de politique américaine qui font obstacle.

«Nous nous sommes beaucoup écartés ces quatre dernières années avec un négationniste du climat dans le bureau ovale», a déclaré John Podesta, conseiller de l’ancien président Barack Obama qui a contribué à l’élaboration de l’Accord de Paris de 2015. «Nous entrons sur la scène internationale avec un déficit de crédibilité.»

Les ordonnances de Biden exigent également que les agences gouvernementales envisagent de réviser les normes d’efficacité énergétique des véhicules et les réductions des émissions de méthane, et d’étudier la possibilité de repousser les limites des monuments nationaux de nature sauvage que l’administration Trump a réduits en taille.

Alors que les défenseurs de l’environnement étaient ravis des commandes, les groupes industriels et les conservateurs les ont critiqués.

Le gouverneur républicain de l’Alaska, Mike Dunleavy, s’est moqué de la décision de Biden de fermer les travaux pétroliers et gaziers dans le Arctic National Wildlife Refuge, affirmant que le nouveau président «semble tenir sa promesse de transformer l’Alaska en un grand parc national».

L’American Petroleum Institute, le principal groupe de pression de l’industrie pétrolière et gazière du pays, a déclaré qu’il pensait que le blocage de l’oléoduc Keystone XL était un «pas en arrière».

«Cette décision malavisée entravera la reprise économique américaine, sapera la sécurité énergétique nord-américaine et tendra les relations avec l’un des plus grands alliés de l’Amérique», a déclaré le président de l’API Mike Sommers.

Brian Deese, directeur du Conseil économique national de Biden, a déclaré à Reuters que les États-Unis espèrent encourager d’autres grands émetteurs à également «pousser leur ambition, alors même que nous devons démontrer notre capacité à revenir sur scène et à faire preuve de leadership».

Pete Betts, chercheur associé au groupe de réflexion londonien Chatham House qui a dirigé les négociations sur le climat pour l’Union européenne lorsque l’accord de Paris a été conclu, a déclaré que les États-Unis devront également tenir leurs promesses par des engagements financiers.

Les États-Unis sous Obama se sont engagés à verser 3 milliards de dollars au Fonds vert pour le climat pour aider les pays vulnérables à lutter contre le changement climatique. Jusqu’à présent, il n’a livré qu’un milliard de dollars.

«Les États-Unis devront mettre de l’argent sur la table et encourager les autres à faire de même», a-t-il déclaré.

Climat, santé etc. : Biden revient sur les décisions de Trump

Climat, santé etc. : Biden revient sur les décisions de Trump  

 

Il s’agit de rompre de manière symbolique mais aussi réelle avec les orientations les plus significatives de Trump notamment sur le climat et la santé. La fameuse construction du mur avec le Mexique sera aussi abandonnée.

«Certaines des actions exécutives que je vais signer aujourd’hui vont aider à changer le cours de la crise COVID, nous allons lutter contre le changement climatique d’une manière que nous n’avons pas encore fait et faire progresser l’équité raciale et soutenir d’autres communautés mal desservies », a déclaré Biden. «Ce ne sont que des points de départ»

Biden a notamment signé un document pour entamer le processus de réintégration dans l’accord de Paris sur le climat et a publié une ordonnance de grande envergure visant à lutter contre le changement climatique, y compris la révocation du permis présidentiel accordé au litige oléoduc Keystone XL.

Parmi une série d’ordonnances concernant l’immigration, Biden a révoqué la déclaration d’urgence de Trump qui a aidé à financer la construction d’un mur frontalier et a mis fin à une interdiction de voyager dans certains pays à majorité musulmane.

Les plans du premier jour n’étaient que le début d’une vague d’actions exécutives que Biden prendrait peu après son entrée en fonction, a déclaré son attachée de presse, Jen Psaki.

« Dans les jours et les semaines à venir, nous annoncerons des actions supplémentaires de l’exécutif pour faire face à ces défis et tenir les promesses du président élu au peuple américain », a déclaré Psaki.

D’autres actions incluraient la révocation de l’interdiction du service militaire par les Américains transgenres et le renversement d’une politique qui bloque le financement américain pour les programmes à l’étranger liés à l’avortement.

Sur le plan économique, Biden a demandé aux Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis de prolonger un moratoire sur les expulsions jusqu’à la fin du mois de mars et au ministère de l’Éducation de suspendre les paiements de prêts étudiants jusqu’à la fin de septembre.

Chine : des sanctions contre Trump, de quoi rire !

Chine : des sanctions contre Trump,  de quoi rire !

 

Les Chinois récupèrent tout, les technologies des pays développés bien sûr comme les techniques de gestion politique. Ainsi la Chine vient-elle de reprendre à son compte les sanctions cette fois contre Trump , Pompeo et 28 fonctionnaires. En général ce sont des États-Unis ou d’autres pays développés qui prennent des sanctions financières contre les dirigeants de pays en développement. Tout simplement parce que ces dirigeants des pays en développement ont mis à l’abri certaine ressources publiques qu’ils se sont appropriés dans la perspective d’un éventuel départ du pouvoir.. L’enjeu économique et complètement anecdotique et les sanctions ont surtout un caractère de propagande

Brian O’Toole, expert des sanctions au sein du groupe de réflexion du Conseil de l’Atlantique, a vu la décision de la Chine comme des représailles et des «déclarations politiques plus que toute autre chose».

«Je soupçonne qu’ils utiliseront par défaut davantage une application au cas par cas qu’une restriction bien définie», a-t-il déclaré.

La Chine a imposé des sanctions aux législateurs américains au cours de l’année écoulée, mais cibler d’anciens et sortants responsables américains était une expression inhabituelle de dédain.

Pompeo, qui a déchaîné un barrage de mesures contre la Chine au cours de ses dernières semaines au pouvoir, a déclaré mardi que la Chine avait commis «un génocide et des crimes contre l’humanité» contre les musulmans ouïghours.

Blinken a déclaré mardi qu’il était d’accord avec l’évaluation.

«Le forçage d’hommes, de femmes et d’enfants dans des camps de concentration; en essayant, en fait, de les rééduquer pour qu’ils adhèrent à l’idéologie du Parti communiste chinois, tout cela témoigne d’un effort pour commettre un génocide », a déclaré Blinken.

La Chine a rejeté à plusieurs reprises les accusations d’abus dans sa région du Xinjiang, où un panel des Nations Unies a déclaré qu’au moins 1 million d’Ouïghours et d’autres musulmans avaient été détenus dans des camps.

En réponse aux allégations du Xinjiang, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a déclaré lors d’un point de presse: «Pompeo a fait tellement de mensonges ces dernières années, et ce n’est qu’un autre mensonge audacieux.

«Ce politicien américain est connu pour mentir et tricher, il se fait la risée et le clown.»

Le langage révolutionnaire et caricatural propre à Mao et qui revient nettement d’actualité en Chine.

Manifestation anti française au Mali où la chienlit s’installe

Manifestation anti française au Mali où la chienlit s’installe

 

Le Mali descend doucement mais sûrement vers la chienlit entretenue par les différents groupes d’oppositions et les groupes terroristes. Parmi ceux-là,  les islamistes manipulés et soutenus de l’extérieur occupent le devant de la scène en instrumentalisant la présence des forces armées françaises. Il n’y a pas si longtemps la France était ovationnée pour avoir sauvé le régime, elle est maintenant conspuée par des forces d’opposition d’obédience islamiste.

 

La France va d’ailleurs être contrainte de retirer une partie de ses forces pour deux raisons. D’une part parce que l’opinion publique malienne est très travaillée par le courant islamiste antifrançais, d’autre part parce que les forces françaises sont notoirement insuffisantes pour assurer la sécurité sur un territoire (Mali et pays voisins) 10 fois grand comme la France avec seulement 5000 personnes.

 

En outre jusque-là l’Europe  s’est à peu près désintéressée de la question n’apportant que des aides anecdotiques. Le pouvoir malien est surtout caractérisé par une grande faiblesse et n’influence en fait que certaines grandes zones urbaines délaissant le reste au islamiste.

La France a déployé des troupes au Mali en 2013 pour aider à chasser les militants islamistes qui avaient occupé le nord du pays après avoir détourné une rébellion touareg.

Bien que les combattants aient été expulsés des principales villes, le Mali n’a pas réussi à se stabiliser tandis que les militants se sont regroupés et ont mené des attaques dans une insurrection prolongée.

La violence s’est propagée dans les États voisins, a attisé les tensions ethniques et intercommunautaires et a rendu de larges pans du nord semi-aride du pays ingouvernables.

Mardi, le président Emmanuel Macron a déclaré que la France pourrait ajuster ses opérations militaires dans la région du Sahel. Des sources diplomatiques et militaires s’attendent à ce qu’un retrait partiel de la France soit annoncé d’ici la mi-février.

Le président malien par intérim Bah N’daw a remercié mardi les armées étrangères, dont la France, pour leur soutien continu.

Economie, social, société : les plus lus

Industrie textile « planter les arbres ne suffit pas »

Industrie textile « planter les arbres ne suffit pas »

Le problème de l’écologie de la filière textile mérite mieux que des mesures marginales, estiment Guillaume Carton et Julia Parigot, professeurs de stratégie, dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Faguo, De Fursac, Timberland… de plus en plus de marques de prêt-à-porter plantent des arbres pour afficher leur conscience écologique ! Alors que ces marques se préparent à brader des tonnes de vêtements invendus lors des traditionnels soldes d’hiver, l’impact environnemental de cette pratique située bien en dehors du cœur de métier de l’industrie textile est susceptible d’être questionné.

Planter des arbres fait partie des nombreuses initiatives du prêt-à-porter qui se sont démultipliées depuis plusieurs années déjà pour relever les défis écologiques du XXIe siècle. En tête, de plus en plus de marques intègrent des matériaux recyclés dans leurs produits, à l’instar de l’équipementier Adidas, qui a lancé en 2016 une chaussure fabriquée à partir des plastiques issus des filets de pêche abandonnés dans les fonds marins.

L’initiative est louable. Plutôt que d’utiliser de nouvelles ressources, il s’agit ici de réutiliser des déchets par le recours aux matériaux recyclés comme le fait Adidas ou par la récupération des chutes de tissus des maisons de haute couture.

Afin de diminuer la consommation de nouvelles ressources, les marques et les distributeurs cherchent aussi à donner une seconde vie aux produits. Profitant de l’essor de Vinted, la plate-forme leader en France de la vente entre particuliers de vêtements et accessoires de mode d’occasion, ils lancent leurs propres plates-formes du marché de l’occasion ou de partage, favorisent la réparation, etc.

Enfin, des marques plantent des arbres pour compenser leurs émissions carbone. Pour réellement les compenser, il faudrait cependant planter près de trois fois plus d’arbres que les 80 millions plantés chaque année en France…

Surproduction et destruction

Alors que les marques de prêt-à-porter semblent multiplier les initiatives vertueuses pour l’environnement, elles s’apprêtent cependant à brader leurs vêtements lors des soldes d’hiver. La survie des soldes montre qu’aucune de ces initiatives ne résout le principal problème de cette industrie : la surproduction de vêtements qui, en bonne partie, ne seront pas vendus mais purement et simplement détruits.

Le ministère de la transition écologique estime que, chaque année, en France, entre 10 000 et 20 000 tonnes de vêtements partent en fumée. Pour faire face aux défis climatiques, plutôt que de planter des arbres (ou utiliser des matériaux recyclés ou se lancer dans la seconde main), c’est l’industrie du prêt-à-porter qui est à réinventer.

 

 

la Ve République en danger

la Ve République en danger

 

Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde » s’inquiète d’une forme d’activisme qui menace la Ve République

(Extrait)

 

 

Chronique. En écho aux secousses démocratiques que vivent les Etats-Unis ressurgit en France le débat autour de nos institutions. Jusqu’à la fin du quinquennat, François Bayrou se battra pour tenter d’imposer le scrutin proportionnel aux élections législatives de 2022. Constatant que les « démocraties hypermajoritaires » sont arrivées à un stade où elles créent de l’« affrontement » et de la « violence », le président du MoDem veut que les minorités soient mieux représentées à l’Assemblée nationale. « Comment comprendre que Marine Le Pen fasse 35 % à la présidentielle et 1 % des députés », s’étonnait-il dans L’Opinion, en décembre 2020.

La durée de la crise sanitaire liée au Covid-19, l’ampleur de l’endettement qu’elle fait naître, la profondeur de la crise économique et sociale engendrée par la récession imposent un minimum de cohésion nationale. « La proportionnelle est le seul moyen de former les larges rassemblements dont le pays a besoin », renchérissait le centriste dans Le Monde, le 22 décembre, inspiré par le modèle allemand de la coalition.

 

Sur l’analyse, difficile de lui donner tort et pourtant… comment oublier que la Ve République est née de l’échec de la IVe, de l’incapacité de cette dernière à rendre efficace le régime des partis et à résoudre le problème du moment qu’était la guerre d’Algérie ?

A ce jour, François Bayrou n’a pas remporté la bataille de la proportionnelle. En revanche, le constat qu’il dresse rejoint celui de beaucoup d’autres acteurs publics : « le prix à payer » pour la stabilité des institutions « n’a cessé de croître », déplore le sénateur LR Philippe Bas, dans une tribune au Monde, le 14 janvier. L’ancien secrétaire général de l’Elysée y dénonce la verticalité du pouvoir, le cantonnement du Parlement dans une simple fonction d’approbation, la méfiance de l’exécutif à l’égard du Sénat et la pauvreté du dialogue avec les élus locaux. Autant de maux diagnostiqués depuis longtemps mais qui, à force de s’aggraver, finissent par éroder « la vitalité de la démocratie ».

Procès en impuissance

Longtemps, le passage au quinquennat a fait figure de grand accusé. Tout se serait déréglé après la décision, validée par référendum en l’an 2000, de raccourcir de sept à cinq ans le mandat présidentiel pour l’aligner sur celui des députés. L’obsession, à l’époque, était d’éviter les cohabitations. Personne n’avait cependant anticipé que le scrutin présidentiel, précédant de quelques semaines l’élection des députés, allait tout régenter. Procédant de l’élection d’un homme, les membres de la majorité se trouvèrent ramenés au rôle de godillots, et ceux de l’opposition à celui de figurant.

Pour la Chine, marginaliser pour mieux écraser

Pour la Chine, marginaliser pour mieux écraser

«Pour la Chine, marginaliser pour mieux écraser Biden comme le pays sauveteur de l’économie mondiale, estime la sinologue Alice Ekman dans une tribune au « Monde ». (Extrait)

Tribune. La Chine va continuer à tracer sa route après l’investiture de Joe Biden, comme elle l’a fait au cours des huit dernières années. Car la rivalité sino-américaine était déjà profonde et idéologique avant l’arrivée de Donald Trump. « Nous devons construire un socialisme qui est supérieur au capitalisme, et poser les bases d’un avenir où nous gagnerons la position dominante », déclarait déjà Xi Jinping en janvier 2013, face aux membres du comité central du Parti communiste chinois.

A Pékin, la crise pandémique n’a pas remis en question cette ambition. Au contraire, la Chine a déployé une diplomatie des masques, puis des technologies et des vaccins (dons et ventes d’équipements de protection, tests, caméras thermiques, systèmes de vidéoconférence, etc.) à destination d’un nombre important de pays – y compris en Afrique, Amérique latine et Asie du Sud-Est. Certes, la crise pandémique et les campagnes de propagande qu’elle a lancées ont détérioré l’image de la Chine dans certains pays, européens notamment, mais beaucoup d’autres restent ouverts aux propositions chinoises.

 

Accords bilatéraux et multilatéraux

Ces derniers mois, alors que les Etats-Unis étaient en période de transition électorale, la diplomatie chinoise a redoublé d’activisme pour signer des accords bilatéraux et multilatéraux. Mi-novembre, quatorze pays de la région Asie-Pacifique ont signé avec la Chine un Partenariat régional économique global (RCEP). Fin décembre, un accord de principe sur les investissements a été signé entre la Chine et l’Union européenne (CAI). Cet activisme chinois se prolongera sans aucun doute après l’investiture de Joe Biden. Pékin estime que 2021 est une année d’opportunités à saisir, alors que l’administration américaine sera en premier lieu occupée à gérer le Covid-19 sur le territoire national.

Dans ce contexte, il ne faut s’attendre à aucun adoucissement de la politique chinoise au Xinjiang ou à Hongkong. Les arrestations et mandats d’arrêt contre des représentants politiques et activistes hongkongais continueront probablement à se multiplier dans les prochains mois, à l’approche des élections législatives prévues en septembre, et à toucher un nombre croissant de citoyens étrangers – sous le couvert de la loi sur la sécurité nationale adoptée par Pékin en juin 2020.

Les limites du numérique éducatif

Les limites du numérique éducatif 

Le professeur de lettres et écrivain Aymeric Patricot explique, dans une tribune au « Monde », que « le numérique reste un outil, dont l’éclat ne doit pas faire oublier la valeur de ce qu’il véhicule ».

Tribune. La crise sanitaire et le confinement n’ont fait qu’accélérer la voie que prend l’éducation nationale sur le chemin du numérique. Cours à distance, documents sur fichiers, corrections sur écran, autant de pratiques acceptées dans l’urgence mais que l’institution nous incite à adopter, par petites touches, depuis des années, dans une perspective affichée de modernisation.

 

Je n’ai rien contre cette évolution. Non seulement je comprends l’utilité des écrans tactiles et des applications pédagogiques, mais j’ai du goût pour ces progrès. Je ne vois pas trop, après tout, quel genre de fatalité les rendrait néfastes – la télévision n’avait-elle pas, en son temps, suscité des controverses ? Dans ma vie privée, je consomme de la musique numérisée, des films sur Netflix et des jeux vidéo ; en tant qu’enseignant, j’envoie des vidéos par mail, j’organise des ciné-clubs et j’emporte mon enceinte portative pour des extraits musicaux. En somme, je ne suis pas réfractaire à l’idée que la circulation accélérée des contenus permise par le numérique relance à une échelle inédite la révolution déjà opérée par Gutenberg.

Mes infinis découpages-collages

Malgré tout, je reste curieusement réfractaire à bien des usages. Je ne me résous pas à faire lire mes élèves sur tablette ni même à projeter des documents sur le tableau. Je ne me résous pas à truffer de documents l’espace numérique de travail. A la rigueur, créer ma page où les élèves se rendraient s’ils le souhaitent pour quelques lectures complémentaires. Mais j’ai déjà du mal à avoir recours à des manuels. Non seulement les textes proposés ne correspondent pas à ceux que j’ai lus, mais je me sentirais paresseux, et même corseté par une structure proposée par d’autres.

Pire, je n’ai jamais passé autant de temps à peaufiner mes documents photocopiés. Une part conséquente de mes préparations consiste à découper des extraits de livres que je possède – je ne veux pas me contenter d’extraits sélectionnés par d’autres – et à les organiser sur des pages A4. Pour la plupart des professeurs, le fantasme n’est-il pas toujours de tirer la substantifique moelle de livres qu’ils ont le plaisir de lire, de commenter, de tenir entre leurs mains, voire de griffonner, de surligner, d’agrémenter de commentaires ?

J’ai même continué mes infinis découpages-collages à l’occasion du confinement. On aurait pu croire qu’à l’heure des visioconférences et des fichiers joints la pratique du polycopié tomberait en désuétude… Mais, après quelques cours filmés, quelques enregistrements de mes cours, j’en suis revenu à mes découpages, que je prenais en photo pour les joindre à mes mails. L’idéal aurait été d’envoyer par courrier le résultat de mon travail… Et ce n’est pas d’un scanner ou d’une caméra que j’aurais dû encombrer mon bureau, mais d’une antique photocopieuse et de ramettes A4 !

Ce Cyberautoritarisme qui menace la démocratie

Ce Cyberautoritarisme qui menace la démocratie

Comme l’Ouganda, de nombreux pays africains restreignent les accès numériques lors d’élections ou de troubles sociaux, observe, dans sa chronique du Monde, Marie de Vergès. Un cyberautoritarisme qui affecte aussi l’économie.

Chronique. Aux Etats-Unis, Donald Trump dénonce une élection entachée par les fraudes et se voit privé de réseaux sociaux. En Ouganda, l’opposant Bobi Wine dénonce une élection entachée par les fraudes et se voit privé de réseaux sociaux. Mais la comparaison tourne court rapidement. Outre-Atlantique, la suspension des comptes d’un président sortant embarqué dans une rhétorique toujours plus outrancière a été décidée par la Silicon Valley. Tandis qu’en Ouganda, c’est le régime qui a coupé l’accès à Internet à la veille du scrutin présidentiel du 14 janvier, pénalisant l’opposition mais également l’ensemble des internautes de ce pays d’Afrique de l’Est.

Cette mesure radicale, orchestrée par l’indéboulonnable autocrate ougandais Yoweri Museveni (déjà trente-cinq ans au pouvoir), a évidemment fait couler beaucoup moins d’encre que le bannissement de Donald Trump sur Twitter. Il faut dire que la répression en ligne est devenue monnaie courante en Afrique ces dernières années. Presque une banalité. Au moins 15 pays africains ont restreint ou coupé l’accès aux réseaux sociaux lors de manifestations ou d’élections depuis 2015. Comme la Tanzanie qui a limité l’accès à Internet lors du scrutin présidentiel d’octobre.

 

L’Ethiopie est également adepte de la déconnexion forcée. Toutes les télécommunications ont ainsi été interrompues avec le Tigré lors de la guerre qui vient d’opposer cette province rebelle à l’armée fédérale éthiopienne. Déjà en juillet 2020, le pouvoir avait bloqué Internet dans le pays pendant presque un mois, après l’irruption de violences provoquées par l’assassinat du chanteur et militant Hachalu Hundessa.

Tuer dans l’œuf toute insurrection

Dans la même veine, des gouvernements africains renforcent discrètement leur arsenal juridique pour contraindre l’utilisation des réseaux sociaux. Au Nigeria, les autorités ont relancé un projet de réglementation de ces plates-formes, quand la mobilisation contre les violences policières battait son plein à l’automne. Il s’agit officiellement d’empêcher la diffusion de discours de haine. Mais certains membres de la société civile redoutent qu’une telle loi, une fois votée, octroie aux autorités le droit de contrôler l’usage d’Internet.

En période d’élections ou de troubles sociaux, les tenants du cyberautoritarisme disent vouloir éviter la propagation de fausses rumeurs susceptibles de dégénérer en émeutes. La méthode est surtout efficace pour maintenir sous cloche les voix dissidentes et tenter de tuer dans l’œuf toute insurrection populaire. Mais aussi attractif soit-il pour des régimes peu soucieux de la liberté d’expression, ce verrouillage numérique a aussi un coût, loin d’être nul.

Accord investissement Chine–UE : levier ou assommoir ?

 

 

Mathieu Solal , journaliste de l’Opinion à Bruxelles, tente d’analyser les bénéfices couts de l’accord de principe sur les investissements passés entre la Chine et l’union économique

,De quoi rassurer les firmes du Vieux Continent présentes en Chine, qui déplorent leur marginalisation face aux champions chinois. « Les concessions de la Chine sont alléchantes sur le papier. Il faut toutefois demeurer prudent car cela reste des promesses qui, en outre, portent surtout sur des secteurs où les champions sont déjà en position de force », pose le sinologue Jean-Pierre Cabestan, directeur de recherche au CNRS.

« Vu la manière dont la Chine s’est comportée par le passé, on peut avoir des doutes sur sa sincérité. Elle s’est par exemple engagée de longue date à mettre un terme aux transferts de technologie forcés, mais organise une production forcée sur le territoire chinois pour les obtenir de fait », renchérit Françoise Nicolas, directrice du centre Asie de l’Institut français des relations internationales (Ifri).

Réciprocité. Pour dissiper les craintes, la mise en œuvre de l’accord devrait reposer sur un mécanisme d’arbitrage qui ne sera toutefois ouvert qu’aux Etats et pas aux entreprises s’estimant lésées, ce qui laisse planer le doute sur son efficacité, vu la frilosité des Vingt-Sept à s’engager dans des bras de fer diplomatiques contre Pékin.

« Le point fondamental de l’accord sera sa mise en œuvre, estime le chercheur de la Fondation pour la recherche stratégique Antoine Bondaz. L’efficacité du mécanisme de règlement des différends sera importante et l’existence du traité pourrait permettre d’imposer des sanctions ou des mesures de rétorsions. Si les Chinois ne respectent pas l’accord, il faut qu’il soit clair qu’ils en perdront les bénéfices ainsi que les bénéfices acquis. Qu’ils soient conscients que faute de réciprocité, notre marché peut se fermer à eux ».

Pour en arriver là, les Vingt-Sept devront faire preuve de l’unité et du courage qui leur ont jusqu’ici fait cruellement défaut face à Pékin. De ce point de vue, la concrétisation du livre blanc sur les subventions étrangères, présenté l’été dernier par Bruxelles et qui contient des mesures fortes et inédites pour lutter contre la concurrence déloyale sur le marché européen, représentera un test.

Au-delà des doutes sur la sincérité chinoise, les critiques ont surtout fustigé le défaut d’engagement contraignant de Pékin sur l’abolition du travail forcé, alors que le sort des Ouïghours dans la région du Xinjiang n’en finit pas de défrayer la chronique. La Chine se serait ainsi engagée à « mettre en œuvre efficacement » les conventions de l’Organisation internationale du travail qu’elle a ratifiées, et à œuvrer à « la ratification des conventions fondamentales de l’OIT, y compris sur le travail forcé », selon le résumé de l’accord publié par Bruxelles.

Les Vingt-Sept et Bruxelles se retrouveront dos au mur, paradoxalement contraint de sanctionner Pékin s’ils souhaitent mettre en œuvre l’accord qu’ils ont trouvé avec lui

« Œuvrer à la ratification, ce n’est pas un engagement ferme, estime Françoise Nicolas. Les analystes chinois proches du pouvoir disent d’ailleurs que la Chine ne bougera pas d’un iota sur cette question ». La déclaration de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, selon laquelle l’accord d’investissement fournirait « un levier à l’UE pour combattre le travail forcé », n’est que poudre aux yeux, selon toutes les sources interrogées.

La France, qui avait annoncé une semaine avant la signature par la voix de son ministre délégué au Commerce extérieur, Franck Riester, ne pas soutenir un accord dépourvu d’engagements contraignants en ce sens, a dû manger son chapeau. « On peut regretter cette erreur de communication, lance Antoine Bondaz. Le ministre a tracé une ligne rouge complètement intenable politiquement. Il ne faut pas se voiler la face : ce traité ne pouvait pas régler la question du travail forcé en Chine. Ce qui ne veut pas dire que l’Europe ne dispose pas de leviers sur le sujet. »

Tomates et coton. Si elle en dispose bien, elle ne les active pas. Alors que les Etats-Unis ont multiplié les sanctions à l’égard de la Chine, interdisant la semaine dernière encore les importations de tomates et de coton du Xinjiang, l’Europe reste immobile sur le sujet comme sur les graves atteintes à la démocratie à Hong Kong.

La roue pourrait toutefois tourner : en décembre, les Vingt-Sept ont convenu de créer un régime de sanctions contre les individus accusés de porter atteinte aux droits de l’Homme, sur le modèle du Magnitsky Act américain. Surtout, la perspective de la ratification de l’accord sino-européen par le Parlement européen devrait contraindre la Commission et les Etats membres à prendre des sanctions. Unanimement critiques sur le projet de traité, les eurodéputés ne se laisseront convaincre qu’à ce prix.

Effrayés par les potentielles mesures de rétorsion chinoises, les Vingt-Sept et Bruxelles se retrouveront ainsi dos au mur, paradoxalement contraint de sanctionner Pékin s’ils souhaitent mettre en œuvre l’accord qu’ils ont trouvé avec lui. Désireux de continuer leur expansion sur le marché européen et d’éviter de se retrouver esseulés face à un partenariat transatlantique renouvelé, les Chinois ne devraient néanmoins pas tout faire capoter en cas de sanctions européennes.

« Il faut s’attendre à des contre-mesures, c’est logique. Mais elles seront moindres si les mesures ciblent les individus impliqués au Xinjiang. Le rapport de force marche dans les deux sens, et il n’y aura pas d’Europe puissance sans levier de puissance », conclut Antoine Bondaz.

 

 

Afrique, des élections qui n’ont plus de sens

Afrique, des élections qui n’ont plus de sens

 

Il est clair d’une façon générale les élections dans nombre de pays ne sont plus de nature à satisfaire les attentes démocratiques des peuples. Ceci vaut pour le monde entier  mais particulièrement en Afrique.

 

Nathalie Delapalme est directrice exécutive de la Fondation Mo Ibrahim — du nom de son créateur, un milliardaire anglo-soudanais et entrepreneur dans le domaine des télécommunications —, qui a pour mission d’aider l’Afrique à se débarrasser de ses dictateurs corrompus et publie l’indice Ibrahim de la gouvernance, qui établit un classement des performances réalisées par les 54 pays du continent. (Interview dans l’opinion)

Quels enseignements tirez-vous du dernier indice Ibrahim ?

Six Africains sur dix vivent dans un pays dont la gouvernance est meilleure qu’en 2010. Mais, pour la première fois depuis 2010, le niveau de gouvernance globale en Afrique baisse (- 0,2 point) en 2019. C’est un signal à prendre en compte. En fait, la progression ralentissait depuis plusieurs années au point d’aboutir à ce résultat qui traduit une évolution divergente des dimensions de la gouvernance. Des progrès ont été réalisés en matière de développement économique et humain. Toutefois, ils s’essoufflent et ne sont plus en mesure de compenser la dégradation du système démocratique, de l’état de droit, de la participation de tous à la vie politique et économique, des libertés et droits fondamentaux. Tout miser sur le développement économique et humain n’est pas soutenable à long terme et représente un pari fragile dans notre monde globalisé. Aucun gouvernement ne peut se prémunir contre l’impact, inattendu et dévastateur, d’un choc exogène comme la Covid.

Quels sont les bons et les mauvais élèves ?

Pour une vision complète, il faut considérer à la fois le point d’arrivée et les tendances. En 2019, sont en tête de peloton Maurice, le Cap Vert, les Seychelles, la Tunisie, le Botswana et l’Afrique du Sud. Mais la trajectoire de Maurice et de l’Afrique du Sud se dégrade depuis quelques années. Sur la décennie, les pays qui progressent le plus sont la Gambie, la Côte d’Ivoire, la Tunisie, les Seychelles, le Zimbabwe, l’Ethiopie, la Somalie, l’Angola, le Tchad et la Namibie. Les détériorations les plus fortes sont relevées en République démocratique du Congo, aux Comores, au Mali, au Nigeria, au Malawi, en Afrique du Sud, en Erythrée, en Zambie, au Cameroun et au Lesotho.

La tendance va-t-elle s’inverser en Ethiopie (en guerre civile) et en Côte d’Ivoire (en crise post-électorale)

La Côte d’Ivoire et l’Ethiopie figurent tous deux parmi les dix pays qui ont le plus progressé sur la décennie écoulée (respectivement 18e et 31e). Mais les progrès marquent le pas depuis quelques années, avec des points d’alerte. En Côte d’Ivoire, les indicateurs relatifs aux procédures de passation des marchés publics, à l’égalité en matière de représentation politique, à l’espace accordé à la société civile, ou à l’accès au logement, se dégradent. En Ethiopie, la tendance est préoccupante pour dix des 79 indicateurs, notamment ceux relatifs aux déplacements forcés de population, aux droits de propriété, au réseau de transport, aux relations du travail, a l’impartialité du système judiciaire.

Le Ghana est souvent érigé en modèle de démocratie. La situation ne s’est-elle pas détériorée sous la présidence de Nana Akufo-Addo ?

En 2019, le Ghana se classe encore dans le top ten (8e). Mais la tendance générale n’est pas bonne. On constate depuis 2010 une détérioration de deux des quatre dimensions principales de la gouvernance : Sécurité et règle de droit ; Participation, droits et inclusion. Des progrès incontestables ont certes été obtenus en termes de développement économique et humain, notamment pour l’accès au digital et aux services financiers, le contrôle des maladies transmissibles, l’état civil et le système statistique, l’égalité d’accès aux services publics, le cadre des échanges commerciaux. Mais d’autres indicateurs régressent : impartialité du système judiciaire, procédures de passation des marchés publics, droits de propriété, corruption dans le secteur privé, liberté des médias, droits digitaux, capacité fiscale.

« Pour la première fois en 25 ans, l’Afrique va rentrer en récession. La chute drastique de la demande extérieure, la mise à l’arrêt du tourisme, les mesures de confinement souvent sévères ont réduit presque à néant les perspectives d’activité, d’emploi, voire de survie pour les plus fragiles »

Comment se porte l’Afrique du Sud ?

L’Afrique du sud, deuxième PNB du continent, se situe encore au 6e rang en termes de gouvernance globale et les composantes relatives à la participation et à l’état de droit se sont améliorées. Mais, sur dix ans, sa performance a perdu presque un point, donc elle est très en deçà de l’évolution moyenne du continent. Sont en recul des composantes essentielles du développement humain (protection sociale, accès au logement, réduction de la pauvreté, libertés individuelles) tandis que la criminalité et la corruption progressent. Les opportunités économiques sont toujours importantes mais leur croissance enregistre un déclin régulier.

Et l’Algérie post-Bouteflika ?

Le niveau de gouvernance est meilleur qu’en 2010. Il est tiré par un progrès notable en termes de développement humain et économique, particulièrement en matière d’environnement réglementaire des affaires et de la concurrence (en partant d’un niveau assez bas), de réseau de transport, de téléphonie mobile, d’accès au logement, d’inscription à l’école, d’application de la loi, de procédures judiciaires, de pluralisme politique, et de corruption. Restent des points noirs : respect de la loi, droits de propriété, procédures de passation des marchés publics, espace de la société civile, liberté des médias, liberté d’expression et de croyance, accès à l’information, élections démocratiques, accès aux soins de santé.

L’irruption du coronavirus ne va-t-il pas amplifier le mouvement de détérioration ?

Il risque de peser sur l’ensemble des progrès économiques et sociaux d’autant que la pandémie continue à s’étendre (au 15 décembre, on dénombrait 2 401 953 cas répertoriés, plus 22 % en un mois) malgré la forte réactivité de gouvernements instruits par l’expérience Ebola. L’Afrique du Sud, le Maroc, l’Egypte, la Tunisie et l’Algérie sont les pays les plus atteints. Cette crise pèse sur des structures sanitaires déjà fragiles, et réduit l’attention accordée à d’autres pathologies, au moins aussi graves. Elle a provoqué la déscolarisation de nombreux élèves, une limitation excessive de libertésla hausse des violences à l’encontre des femmes, des restrictions démocratiques injustifiées. Son impact est dévastateur sur les plans économiques et sociaux. Pour la première fois en 25 ans, l’Afrique va rentrer en récession. La chute drastique de la demande extérieure, notamment de matières premières, la mise à l’arrêt du tourisme, les mesures de confinement souvent sévères ont réduit presque à néant les perspectives d’activité, d’emploi, voire de survie pour les plus fragiles. Si l’on y ajoute aux effets du changement climatique, cette crise sanitaire doit être l’occasion de définir un modèle de croissance plus vert, plus créateur d’emplois locaux, plus autonome, plus équitable, plus inclusif.

« La perte de confiance, voire la défiance, envers leurs Etats s’accroît fortement. C’est en réalité un mouvement mondial. Les Etats apparaissent impuissants à régler les défis du monde contemporain et à répondre aux attentes élémentaires  »

De plus en plus d’élections sont contestées. La démocratisation en cours est-elle en danger ?

Le modèle démocratique apparaît fragile et franchement contesté, notamment par la jeunesse africaine. Dans un monde ou l’information et l’expression des sentiments sont devenues permanentes et réactives, il apparaît difficile de continuer à fonder le système démocratique sur la seule tenue, tous les cinq ans au mieux, d’élections présidentielles estampillées « libres et transparentes » par des observateurs extérieurs. Cette qualification même a été fortement dévalorisée, voire dévoyée, notamment en RD Congo. Les Africains ont perçu le choix d’une communauté internationale qui a fermé les yeux sur la vérité des urnes pour permettre l’avènement d’une alternance de façade. Dans trop de cas, l’élection n’inspire plus ni confiance, ni même respect. Il faut « remettre l’église au milieu du village » et revenir à la signification même du principe démocratique.

Les populations semblent aussi de plus en défiantes envers leurs Etats…

La perte de confiance, voire la défiance, envers leurs Etats s’accroît fortement. C’est en réalité un mouvement mondial. Les Etats apparaissent impuissants à régler les défis du monde contemporain (pandémies, terrorisme, changement climatique, insécurité digitale) et à répondre à leurs attentes élémentaires (accès à l’emploi, qualité des transports, sécurité du voisinage, gestion des déchets). Les deux plus grandes villes africaines, Le Caire et Lagos, gèrent des populations équivalentes à celles de la Côte d’Ivoire ou de l’Angola, les 14e et 15e pays les plus peuplées du continent… Sans aller jusqu’à considérer qu’on a atteint les limites du système westphalien, la gouvernance locale est appelée à jouer un rôle croissant, y compris dans la gestion des risques globaux.

S’inspirer de la modélisation des pandémies animales

S’inspirer de la modélisation des pandémies animales

 

 

Le président du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires plaide pour une prise en compte des savoirs pluridisciplinaires pour endiguer la pandémie de Covid( interview dans l’Opinion

Un vétérinaire devrait bientôt intégrer le conseil scientifique pour éclairer de son point de vue de spécialiste de la santé animale la gestion de la crise de la Covid-19. Une nomination qui va dans le sens de la démarche « one health », qui consiste à considérer la santé des hommes, des animaux et des plantes comme un tout interdépendant.

Jacques Guérin, ex-praticien rural devenu expert, est président du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires depuis 2016.

Le monde vétérinaire a l’habitude de gérer les épizooties, équivalent des épidémies pour les animaux. Que peut-il apporter dans la compréhension de la crise sanitaire actuelle ?

Nous avons une certaine habitude de la modélisation des crises sanitaires animales qui peut nous permettre d’alerter. Par exemple, lorsque la Suède a décidé de laisser circuler le virus sur son territoire pour atteindre une immunité collective, des vétérinaires se doutaient que cela ne fonctionnerait pas. Sur la base des modèles animaux, il faut qu’environ 70 % à 80 % d’une population aient acquis une immunité pour obtenir une protection collective. Avec un gros risque, celui de favoriser les mutations du virus si l’immunité collective n’est pas atteinte. Le monde vétérinaire est revenu de cette approche il y a plus de vingt ans, dans le cadre du traitement de la diarrhée virale bovine. Même chose pour la maladie d’Aujeszky qui touche les porcs. Les éleveurs ont eu du mal à accepter que la vaccination soit le seul moyen de s’en débarrasser. Son obligation a permis d’assainir le cheptel en France puis, dans une deuxième phase, d’arrêter la vaccination pour lui substituer une surveillance épidémiologique. Il y a parfois des résurgences dues au contact d’animaux domestiques avec les sangliers, mais elles sont contenues.

Un vétérinaire devrait, bientôt, intégrer le conseil scientifique qui aide le gouvernement à envisager la pandémie. C’est une bonne nouvelle ?

Nous ne sommes pas des donneurs de leçons. Le problème de la médecine humaine est qu’elle parle de ce qu’elle connaît de façon de plus en plus spécialisée. C’est la même chose pour les spécialistes des animaux. Cela nous fait perdre de vue une culture médicale généralisée. L’approche « one health » de la santé, à l’inverse, considère que la santé des hommes, des animaux, des plantes participe d’un grand tout et doit être envisagé d’une façon pluridisciplinaire. La durée de vie des humains a considérablement augmenté parce qu’on sait bien soigner les pathologies. Mais l’approche reste autocentrée sur l’homme malade. L’élément limitant, désormais, c’est le socio-écosystème — l’environnement au sens large, ce qui inclut les interactions sociales — dans lequel il évolue. C’est pour cela qu’il faut bâtir des ponts entre disciplines, pour avoir une vue générale de la situation. Une sorte de dézoom. Cela ne se limite pas aux apports vétérinaires, d’ailleurs. Quand on utilise les analyses des eaux usées pour déceler le virus, ce qui donne un temps d’avance pour observer sa prévalence, c’est une approche « one health ». Nombre de compétences, y compris en sciences humaines, peuvent concourir à créer un environnement défavorable à l’émergence des pathogènes.

« L’approche globale “one health” n’a pas encore irrigué notre culture administrative. On n’envisage pas, par exemple, l’apprentissage de l’hygiène, du lavage des mains, comme une cause globale »

Mais cette approche n’est pas nouvelle… On semble la redécouvrir !

Effectivement, à chaque crise sanitaire, on en parle, puis on passe à autre chose. L’OMS, l’OIE (son équivalent pour les animaux), le Programme des Nations unies pour l’environnement, tous en sont convaincus. Mais l’approche globale « one health » n’a pas encore irrigué notre culture administrative. On n’envisage pas, par exemple, l’apprentissage de l’hygiène, du lavage des mains, comme une cause globale. Et pourtant, on le voit : les gestes barrière font chuter les cas de grippes, de gastro, de bronchiolites. Cela va se traduire sur les comptes de la Sécurité sociale. C’est une problématique collective et non de santé individuelle. Exactement comme le vaccin : il faut l’envisager dans une démarche de santé collective.

L’élevage, pendant cette pandémie, fait l’objet d’attaques. Des ONG comme L214, qui mène une campagne médiatique, pensent que le moment est venu d’en finir, car il favoriserait les pandémies. Quel est votre regard de vétérinaire ?

Les lanceurs d’alerte sont supposés être crus, parce qu’ils sont des lanceurs d’alerte, mais ils ne sont jamais responsabilisés sur ce qu’ils disent. C’est conceptuel, dogmatique. Nous, vétérinaires, sommes là pour avoir un regard neutre, scientifique sur le débat, être des tiers de confiance entre l’éleveur et la société. Un éleveur, s’il veut produire, doit avoir un animal en bonne santé et un environnement propice. Et le niveau des élevages a considérablement progressé en France. Le problème se situe non dans l’élevage, mais dans le raccourcissement des chaînes de contamination, notamment en Asie ou règne une grande promiscuité entre la faune sauvage, la faune domestique et les humains.

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