La Chine, le vrai danger

La Chine, le vrai danger

À travers la 5G, l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, ou encore la diplomatie des infrastructures, la Chine tisse une toile d’influence globale. Ce basculement géopolitique, discret mais profond, pourrait marquer l’avènement d’un « siècle chinois ». Face à cette dynamique, l’Europe doit réagir stratégiquement pour ne pas perdre pied dans le nouvel ordre mondial. Par Xavier Dalloz, Président de XD Consulting (*) dans la Tribune
Xavier Dalloz

La Chine n’est plus simplement une puissance émergente. Elle devient progressivement le cœur d’un nouvel ordre mondial, fondé sur l’innovation technologique, la projection économique globale et une vision stratégique de long terme. Tandis que l’Occident s’essouffle à défendre un ordre hérité de l’après-guerre, Pékin, lui, avance méthodiquement, sans fracas, mais avec constance, construisant les conditions d’une domination structurelle. Pour les dirigeants économiques, ignorer ce basculement serait une faute stratégique majeure.

L’expression de « siècle chinois » incarne plus qu’un slogan géopolitique : elle suggère l’avènement d’un XXIe siècle où la Chine, forte de son potentiel économique, technologique et diplomatique, dépasse les États-Unis et redessine les équilibres globaux.

Ce repositionnement chinois s’est opéré discrètement mais profondément. Plutôt que de réagir frontalement à la guerre commerciale lancée par Washington, Pékin a choisi la voie de la consolidation stratégique.

Alors que les tensions douanières entre les États-Unis et la Chine monopolisaient l’attention médiatique, Pékin poursuivait en réalité un agenda stratégique beaucoup plus ambitieux. Loin des projecteurs, la Chine consolidait ses positions sur plusieurs fronts technologiques, industriels et diplomatiques essentiels à sa montée en puissance globale.

Premier front : le déploiement de la 5G. Alors que les discussions publiques étaient dominées par les taxes à l’importation, la Chine installait silencieusement l’infrastructure numérique de demain. Grâce à des géants comme Huawei et ZTE, elle a rapidement pris l’ascendant sur ses concurrents en déployant des réseaux 5G sur l’ensemble de son territoire, mais aussi à l’étranger, notamment en Afrique et en Asie. Ce contrôle sur l’ossature des communications numériques mondiales lui offre un levier stratégique décisif, à la fois économique et sécuritaire.

Deuxième front : l’intelligence artificielle. Pékin a fait de l’IA une priorité nationale. Avec son plan « China AI 2030″, la Chine investit massivement dans la recherche, les infrastructures de calcul, et l’application de l’intelligence artificielle dans tous les domaines – de la santé à la sécurité, en passant par les services publics. En combinant une immense quantité de données, une politique centralisée d’investissement et une absence relative de contraintes éthiques, elle se positionne en véritable concurrent des États-Unis pour la suprématie algorithmique mondiale.

Troisième front : les semi-conducteurs. Consciente de sa dépendance vis-à-vis des technologies américaines et taïwanaises, la Chine a engagé une course à l’autonomie dans la production de puces électroniques. En investissant des centaines de milliards de yuans et en soutenant des acteurs nationaux comme SMIC, Pékin cherche à maîtriser cette brique technologique essentielle à tous les secteurs d’avenir : intelligence artificielle, défense, télécommunications, automobile.

Quatrième front : la diplomatie des infrastructures. À travers son projet phare des « Nouvelles Routes de la Soie » (Belt and Road Initiative), la Chine redessine les flux économiques mondiaux. En finançant et construisant des ports, des chemins de fer, des autoroutes, mais aussi des réseaux numériques dans des dizaines de pays, elle tisse un réseau d’interdépendances profondes. Cette stratégie ne repose pas sur la conquête militaire, mais sur l’investissement et la logistique.

Cinquième front : la constitution d’un nouvel ordre économique. La Chine ne se contente plus de jouer dans le système établi par l’Occident – elle s’efforce d’en créer un autre. En s’associant avec les BRICS, en menant le plus grand accord commercial du monde (RCEP), en multipliant les partenariats stratégiques en Afrique et en Amérique latine, elle bâtit une sphère d’influence alternative.

Ainsi, pendant que les États-Unis et l’Europe débattaient de droits de douane et de déficits commerciaux, la Chine avançait avec méthode sur les véritables terrains de la puissance structurelle. Cette progression n’a rien de spectaculaire ni de tapageur. Elle est patiente, méthodique, silencieuse — mais potentiellement irréversible.

Ce basculement géopolitique n’a rien de spectaculaire. Il s’opère sans fracas, de manière discrète mais irrémédiable. Il prend forme à travers des investissements stratégiques massifs en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Il se manifeste par la création d’institutions financières alternatives au FMI et à la Banque mondiale, par l’internationalisation progressive du yuan, et par le déploiement d’un écosystème technologique complet, pensé pour échapper aux dépendances occidentales.

Face à cette dynamique, les initiatives d’innovation portées par l’Europe doivent impérativement produire un avantage concurrentiel durable. Cela ne pourra se faire uniquement par des aides publiques ou des subventions ponctuelles. Elles doivent s’appuyer sur une véritable planification technologique stratégique, cohérente et visionnaire. Cette planification devra atteindre un niveau de sophistication supérieur à celui de la Chine, intégrant la maîtrise des chaînes de valeur, l’anticipation des ruptures scientifiques et la capacité à structurer des écosystèmes d’innovation pérennes.

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(*) Xavier Dalloz dirige depuis plus de 30 ans le cabinet Xavier Dalloz Consulting (XDC), spécialisé dans le conseil stratégique sur l’intégration des nouvelles technologies dans les entreprises. Il enseigne également à l’ICN Business School, partageant son expertise avec les futurs leaders du numérique. Parmi ses engagements récents, il a co-organisé le World Electronics Forum (WEF) à Angers en 2017, Grenoble en 2022 et Rabat en 2024. Il a également introduit et animé le WEF lors du CES 2023 à Las Vegas, à la demande de la CTA.

Xavier Dalloz

Défense :  La stratégie n’est pas convaincante

Défense :  La stratégie n’est pas convaincante

François Cornut-Gentille, ex-député (Les Républicains) spécialiste des questions militaires, estime, dans une tribune au « Monde », que sur la perception des nouvelles menaces militaires et sur les efforts financiers à fournir, la France se berce d’illusions.

La France vient d’actualiser sa revue stratégique qui décrit pour les années à venir les risques auxquels notre pays se trouve confronté ainsi que les moyens d’y faire face. C’était par ailleurs le thème de l’intervention traditionnelle du président de la République à la veille du 14-Juillet. Au regard de leur importance, ces travaux et ce discours n’ont eu qu’un faible écho. Pourtant, ce qui a été énoncé aura des conséquences concrètes pour les Français dès le budget de 2026 et impliquera, sur le moyen terme, une véritable reconfiguration de l’Etat, bien au-delà de notre seul appareil militaire.

Le document ministériel analyse dans toutes ses composantes un véritable basculement dans un monde de plus en plus dangereux. La menace russe est placée au premier plan, peut-être trop, ce qui a pour effet de relativiser les autres risques qui pourtant ne sont pas négligeables. Le postulat est que la France doit être prête dès 2030 à affronter, dans le même temps, un conflit de haute intensité ainsi que des opérations de déstabilisation sur le sol national. Une sombre perspective à laquelle il faut hélas se préparer dans l’espoir de dissuader nos adversaires.

C’est là que les choses se compliquent. Car si l’on prend au sérieux le scénario envisagé – et il est malheureusement raisonnable de le faire –, il faut aussitôt dire que la revue stratégique n’est pas du tout convaincante sur notre capacité à être au niveau requis en temps voulu (2030). Certes, sur ce qu’il convient de faire, tout est vu et tout est dit ; toutefois, le passage à la réalisation est peu crédible. Les services ont édifié une sorte de ligne Maginot, qui ne tient que sur le papier. Les intentions et les fiches action sont déjà tenues pour des actes.

A l’abri de cette rassurante fiction, le chef de l’Etat peut mettre en scène sa lucidité et son volontarisme. Pour lui, l’essentiel étant acquis, il ne reste qu’à accélérer. Mais c’est ignorer quelques faits têtus qui indiquent que nous sommes encore très loin du compte.

Droits de douane : la France isolée

Droits de douane : la France isolée

Un papier du journal l’Opinion du 21 juillet soulignait le caractère chimérique de l’opposition de la France à Trump du fait de nos propres faiblesses internes

Chaque jour qui nous sépare du 1er août voit s’accroître l’inquiétude des entreprises françaises. À cette date, en effet, la menace de Donald Trump d’assommer l’Europe de droits de douane s’appliquera unilatéralement, si aucun accord n’a été trouvé d’ici-là avec le géant américain. Or, cela fait des semaines que le débat européen tourne en rond : faut-il négocier, comme l’ont fait plusieurs pays dans le monde, ou menacer ? Faut-il signer ou résister ?

Dans ce dossier essentiel pour notre avenir, le sentiment se renforce que la France est isolée. Comme ce fut le cas en 2018, lors du premier mandat de Donald Trump, avec l’imposition de droits de douane sur l’acier et l’aluminium, l’Allemagne et plus encore l’Italie sont favorables à une négociation. La Commission européenne elle-même paraît encline à chercher un compromis, l’essentiel étant d’éviter à tout prix la sanction-massue que représenterait une hausse brutale de 30 % des tarifs douaniers.

Ce n’est pas la position d’Emmanuel Macron, qui défend l’idée de représailles et semble vouloir aller au bras-de-fer avec l’administration des Etats-Unis.

Tout se passe comme si le président de la République, en bombant le torse face à Trump, avait décidé de faire de ce dossier le symbole de sa vision d’une Europe puissance. Comme s’il avait choisi la posture politique plutôt que le réalisme économique, son image plutôt que le destin des entreprises européennes. Mais que vaut le concept d’autonomie stratégique européenne, si cher à Emmanuel Macron, sans la solidité et la puissance de notre industrie et de nos services ? A quoi servirait une victoire personnelle du chef de l’Etat si elle s’accompagnait d’un affaiblissement mortel de plusieurs secteurs économiques en Europe ? Etre le plus ancien leader européen du Continent ne suffira pas à avoir raison seul contre tous.

Natalité: une baisse structurelle

Natalité: une baisse structurelle

La chute des naissances s’est poursuivie en France en 2024, de l’ordre de 2,8% sur un an, a annoncé l’Insee mardi 29 juillet. En cause, un recul de la fécondité. Autrement dit, les femmes françaises ont de moins en moins d’enfants, quels que soient leur âge et leur milieu social. La tendance est confirmée par l’indice conjoncturel de fécondité (ICF) : alors qu’en 2010 les femmes françaises donnaient naissance à 2,02 bébés en moyenne au cours de la vie, ce chiffre s’établit désormais à 1,66. Si le chiffre est en baisse, dans l’Union européenne, seule la Bulgarie fait mieux. Une situation étonnante, mais qui ne surprend pas Gilles Pison, démographe à l’Institut national d’études démographiques (Ined), interrogé par TF1info.

On peut toujours avoir des surprises, personne n’avait anticipé le baby-boom après la Seconde Guerre mondiale

En France, le nombre d’enfants par femme n’a fait que baisser depuis 15 ans, rappelle le chercheur : « Le retournement s’est fait au moment de la crise économique de 2007-2008. Cela a stoppé l’augmentation qu’on observait depuis les années 1990. » Cependant, l’Hexagone est toujours resté bien au-dessus de la moyenne de l’UE, qui s’établit en 2023 à 1,38.

Tout en bas du classement, on retrouve Malte (1,05 enfant par femme), l’Espagne (1,12) ou encore la Lituanie (1,19). Si la chute des naissances se poursuit, la France pourrait-elle atteindre ces niveaux historiquement bas ? « Ce serait très étonnant », assure Gilles Pison, qui se refuse néanmoins à tout pronostic : « Chacun peut faire ses hypothèses sur le seuil minimal que va atteindre la France et autour duquel elle va se stabiliser. Mais on peut toujours avoir des surprises, personne n’avait anticipé le baby-boom après la Seconde Guerre mondiale ! »

L’influence des politiques publiques sur la natalité

Avec la baisse de cet indicateur statistique, la France se retrouve dans une situation comparable à celle de la Bulgarie (1,81), de la Hongrie (1,55) et de la Roumanie (1,54), selon les dernières données disponibles d’Eurostat. Elle est ainsi le seul pays d’Europe occidentale aussi haut dans le classement. Notre plus proche voisin, l’Allemagne, se situe, elle, très proche de la moyenne européenne.

Malgré son décrochage relatif, la fécondité en France reste bien supérieure à celle enregistrée outre-Rhin, autour de 1,4. Pour Gilles Pison, qui est aussi professeur émérite au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, l’écart peut se creuser avec la mise en place de politiques publiques : « Berlin a développé une politique familiale importante en termes de part du budget national. Mais les mesures précises varient notamment au niveau de la scolarisation des jeunes enfants. En Allemagne, ils n’entrent à l’école qu’à 6 ans, et seulement le matin. Cela pose un vrai souci de garde pour les parents qui travaillent. »

De là à faire baisser le désir d’enfant ? Impossible de le savoir de manière certaine, mais l’hypothèse est avancée par de nombreux chercheurs : « Certaines femmes repoussent la grossesse pour continuer à travailler. En Allemagne, pendant longtemps, le fait de faire garder très tôt son bébé était mal vu. Même si ça évolue, c’est encore le cas aujourd’hui. » Les préjugés pourraient donc aussi jouer un rôle dans l’évolution de l’indice de fécondité et expliquer les différences avec nos voisins.

Selon les derniers modèles de prévision qui se projettent à horizon 2050, Paris devrait rester dans le haut du classement de l’UE, comme « depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ». Mais le seuil de remplacement des générations, fixé par l’Insee à 2,05 enfants par femme, semble s’éloigner inexorablement.

Grand âge: Vivre plus longtemps, mais moins bien ?

Grand âge: Vivre plus longtemps, mais moins bien ?

L’allongement de la vie ne correspond pas toujours à une amélioration de la qualité de vie quand les seniors perdent leur autonomie. Des travaux menés à partir de données européennes montrent que les inégalités socioéconomiques ainsi qu’une variabilité dans la qualité des soins, en particulier en maison de retraite, entrent en ligne de compte.

par Jérôme Schoenmaeckers
Docteur en Economie, Université de Liège dans The Conversation

Avec l’allongement de l’espérance de vie, de nouvelles questions émergent quant à la qualité de cette vie prolongée. Alors que l’on pourrait s’attendre à ce que la longévité soit synonyme de meilleure qualité de vie, nous avons mené plusieurs recherches, en nous appuyant sur une base de données européenne, qui démontrent une réalité bien plus complexe et contrastée.

Nous avons étudié des paramètres qui impactent la qualité de vie quand on avance en âge, comme les inégalités socioéconomiques et la variabilité dans la qualité des soins qui sont prodigués dans les maisons de retraite en Europe. Nous nous sommes également intéressés à la perception que les personnes âgées pouvaient avoir de leur lieu de vie, qu’elles résident à leur domicile ou en maison de retraite.

Une combinaison d’inégalités pour les plus pauvres
Dans une recherche publiée dans la Revue française d’économie, nous nous concentrons sur l’impact du statut socioéconomique sur la perte d’autonomie à un âge avancé. Cette étude révèle des disparités profondes et persistantes entre les groupes socioéconomiques, au détriment des personnes issues de milieux socioéconomiques défavorisés.

L’une des découvertes clés de cette recherche est l’existence d’une « triple peine » pour les individus les plus pauvres.

D’abord, ces personnes pâtissent d’une espérance de vie plus courte (selon les pays, l’écart peut aller de 4 à 7 ans d’espérance de vie). De plus, elles passent plus de temps dans un état de dépendance et, enfin, elles rencontrent davantage de difficultés en fin de vie (comme être capable de s’habiller, se laver ou se faire manger seules).

Cette combinaison d’inégalités est particulièrement préoccupante. Elle signifie en effet que les personnes issues de milieux défavorisés vivent non seulement moins longtemps, mais aussi que leur qualité de vie en fin de parcours est significativement dégradée par rapport à celles des groupes socioéconomiques plus aisés.

À noter que dans nos travaux de recherche, nous avons utilisé des données provenant d’une grande enquête longitudinale : « Survey of Health, Ageing and Retirement in Europe » (SHARE). Ces données permettent d’analyser les trajectoires de santé des individus au fil du temps, ce qui est crucial pour comprendre l’évolution de la perte d’autonomie.

Vivre chez soi ou en maison de retraite : quelle perception des personnes âgées ?
Alors que nous constatons que l’accès aux maisons de repos diffère selon le patrimoine des personnes interrogées (les personnes les plus riches seraient celles qui évitent davantage la maison de retraite), nous étudions l’impact de ce lieu de vie sur leur bien-être.

En effet, dans une autre étude très récente, nous explorons les préférences des personnes âgées quant à leur lieu de vie. Le désir de vieillir « chez soi » est souvent exprimé par les seniors qui perçoivent la maison de retraite comme une option de dernier recours. Cependant, cette étude révèle une réalité plus nuancée. En analysant les données issues de l’enquête SHARE, nous avons comparé le bien-être subjectif des personnes vivant chez elles à celui des résidents de maisons de retraite.

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Initialement, les résultats montrent que les personnes vivant en maison de retraite rapportent un niveau de satisfaction de vie inférieur à celles vivant chez elles, avec une différence de près de 8 %. Cette disparité semble renforcer l’idée que la maison de retraite est liée négativement au bien-être des personnes âgées.

Cependant, après avoir contrôlé par les variables liées à la santé, au statut fonctionnel (être capable de se laver, de s’habiller ou de se faire à manger seul) et aux caractéristiques démographiques telles que l’âge, le sexe ou encore les niveaux d’éducation et de richesse, la différence de bien-être entre les deux groupes devient négligeable.

Mais attention, quand on utilise des méthodes d’appariement, en comparant des personnes similaires dans chacun des deux habitats, le fait d’être en maison de retraite ou de soins semble avoir un impact négatif sur le bonheur.

Ehpad ou domicile : choisir la meilleure option selon son état de santé
A contrario, comme nous avons pu suivre les individus au cours du temps et particulièrement pour ceux observés plusieurs fois, nous avons constaté qu’ils expérimentaient une plus-value après l’entrée en maison de retraite et de soins.

En d’autres termes, les personnes qui se retrouvent en maison de retraite ne sont pas forcément moins heureuses en raison de leur lieu de résidence, mais plutôt à cause de leur état de santé souvent plus précaire.

Cela remet en question certaines idées reçues sur les maisons de retraite. Bien qu’elles soient souvent perçues comme des lieux indésirables, les maisons de retraite offrent, pour certains individus, un environnement plus adapté à leurs besoins de santé. Par exemple, une personne en perte de mobilité ou ayant besoin d’une assistance continue pour les activités quotidiennes peut bénéficier du cadre institutionnel de ces établissements, où des soins appropriés sont disponibles en permanence.

Les résultats suggèrent donc que, pour de nombreux seniors, le choix de vivre en maison de retraite est souvent la meilleure option en fonction de leur état de santé. Plutôt que de considérer la maison de retraite comme un échec ou une contrainte, il est important de reconnaître que ces établissements peuvent améliorer la qualité de vie de ceux qui nécessitent un soutien médical important.

À noter que, dans nos travaux, nous n’abordons pas la question des maltraitances en Ehpad qui ont pu faire l’actualité ces dernières années, notamment en France, ni celles qui peuvent survenir aussi quand une personne dans le grand âge réside à son domicile.

Enfin, les difficultés d’accès aux maisons de retraite pour tous, compte tenu de leurs coûts qui peuvent être prohibitifs, sont également des paramètres qui peuvent peser.

Surmortalité dans les maisons de retraite en Europe du Nord, même avant le Covid-19
Dans une autre étude, nous examinons la mortalité des résidents en maisons de retraite avant la pandémie de Covid-19 qui a exacerbé les problèmes existants dans ces institutions. Cette recherche s’intéresse aux écarts de mortalité entre les résidents des maisons de retraite et les personnes vivant à domicile dans différents pays européens.

Les résultats révèlent une surmortalité significative dans les maisons de retraite des pays d’Europe du Nord, du Centre et de l’Est, par rapport à ceux d’Europe du Sud comme l’Italie et l’Espagne. Pour la France en particulier, mais avec un échantillon relativement petit, l’effet n’était pas présent.

Ces différences de mortalité s’expliquent en partie par les écarts dans la qualité des soins et l’organisation des maisons de retraite. Dans les pays d’Europe du Nord, les maisons de retraite sont souvent des établissements de grande taille, gérés par des structures à but lucratif. Cela peut influencer la qualité des soins prodigués, les ressources étant parfois insuffisantes pour répondre aux besoins croissants des résidents. En revanche, dans les pays du Sud, où les soins sont plus personnalisés et où les structures familiales jouent un rôle plus important, la surmortalité n’est pas aussi prononcée.

L’étude souligne également la nécessité de réformes structurelles pour améliorer les conditions de vie dans les maisons de retraite. Une augmentation des ressources allouées aux soins de longue durée, des normes de qualité plus strictes et un meilleur soutien aux soignants pourraient aider à réduire cette surmortalité et à améliorer le bien-être des résidents.

Les grands-parents aidants davantage soutenus en cas de dépendance
Jusqu’ici, nous avons évoqué principalement les aides formelles, qu’elles aient lieu en institutions ou à domicile. Or, il est important de rappeler que le principal pourvoyeur d’aide aux personnes dépendantes est la famille.

Dans une recherche récente, nous examinons un nouveau motif derrière la « garde » des petits-enfants : la réciprocité en cas de dépendance.

Nous concevons un modèle à deux périodes, c’est-à-dire une première période, où le grand-parent est en bonne santé et capable de s’occuper de ses petits-enfants, et une seconde, où il est en situation de perte d’autonomie, pour analyser l’anticipation de cette réciprocité par les grands-parents.

En utilisant les données de l’enquête longitudinale SHARE, nous confirmons l’idée que les grands-parents qui ont gardé leurs petits-enfants quand ils étaient en bonne santé reçoivent plus d’aide quand leur santé se détériore. Et l’intensité de ce soutien des grands-parents à leurs enfants est importante ! Plus ils aident, plus ils reçoivent du soutien de leurs enfants dont ils gardé la progéniture en cas de besoin.

Réduire les inégalités socioéconomiques et dans la qualité des soins
Les résultats de l’ensemble de nos études montrent clairement que les soins aux personnes âgées, qu’ils soient prodigués à domicile ou en maison de retraite, nécessitent une attention particulière des décideurs politiques. Les inégalités socioéconomiques et les variations dans la qualité des soins entre les pays d’Europe ou encore les structures publiques ou privées créent des disparités importantes et dommageables dans les conditions de fin de vie des seniors.

Il est crucial que les politiques publiques s’attaquent à ces inégalités en améliorant l’accès aux soins, en renforçant les filets de sécurité sociale et en soutenant les structures familiales qui jouent un rôle clé dans de nombreux pays.

De plus, des réformes dans les maisons de retraite sont nécessaires pour garantir que tous les résidents, quel que soit leur lieu de vie, aient accès à des soins de qualité. L’enjeu est de taille : alors que la population européenne continue de vieillir, garantir une fin de vie digne et de qualité pour tous devient une priorité sociale et politique incontournable.

Relativiser les droits de douane

Relativiser les droits de douane

Le président américain a récemment obtenu des conditions très avantageuses pour commercer avec le Royaume-Uni, le Japon, mais aussi l’Union européenne. Les conséquences pour ces économies sont toutefois à relativiser d’après l’économiste Philippe Barbet . sur Franceinfo.

Donald Trump enchaîne les accords commerciaux. Après avoir brandi la menace de droits de douane exorbitants à compter du vendredi 1er août, le président américain a réussi à sceller d’importants « deals » avec de nombreuses puissances économiques. Le dernier en date, dimanche : celui avec l’Union européenne, premier partenaire économique des Etats-Unis. Il acte une surtaxe de 15% pour un grand nombre de produits que les Vingt-Sept exportent outre-Atlantique. En parallèle, l’UE s’est aussi engagée à passer d’énormes commandes d’énergie et d’armement à Washington, comme s’en est félicité le dirigeant républicain.

« Enorme » pour Donald Trump, « un jour sombre » selon la France : ce que l’on sait de l’accord sur les droits de douane entre les Etats-Unis et l’UE

Grâce à sa méthode musclée, le président américain est-il en passe de dicter ses conditions aux autres Etats ?

Il « a bien joué son coup », constate l’économiste Philippe Barbet, interrogé par franceinfo. Toutefois, le chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) et professeur émérite à l’université Sorbonne-Paris-Nord, nuance la réussite du milliardaire à l’échelle planétaire, en soulignant que « toute l’économie mondiale ne repose pas sur les Américains. »

Après la série d’accords signés avec le Royaume-Uni, le Japon, et l’Union européenne, peut-on dire que Donald Trump a déjà gagné sa guerre commerciale ?

Philippe Barbet : Il a remporté une partie de la bataille, et a surtout imposé ses règles face à des partenaires qu’il accusait depuis longtemps d’être « déloyaux ». D’abord, il a fixé les droits de douane à 10% pour tous les pays du monde, ce qui a permis d’augmenter les recettes fiscales et donc de baisser les impôts des Américains, sans trop gêner les importations. Ensuite, il a annoncé, tableau à l’appui, toute une série de droits de douane beaucoup plus élevés selon les pays, avec des calculs parfois absurdes et totalement arbitraires. Tout cela pour pousser à des négociations bilatérales, même avec des partenaires historiques. Enfin, il a tapé encore plus fort avec la Chine ou le Brésil par exemple, pour des raisons plus stratégiques ou politiques.

Sa méthode, faite de menaces et d’ultimatums, peut-elle fonctionner peu importe le pays qui se trouve en face ?

Certains Etats ne négocient pas, mais leur situation peut être différente. Des pays isolés, comme le Cambodge, n’ont pas d’autre choix que d’accepter ces conditions. L’Australie a accepté sans négocier, car elle n’exporte pas beaucoup aux Etats-Unis. D’ailleurs, si la France était toute seule, sans l’Union européenne, ces droits de douane n’auraient pas trop affecté notre économie. Mais ce n’est pas le cas de l’Allemagne ou de l’Italie, qui sont plus dépendantes. Et l’Union européenne, que l’on décrit comme un poids lourd, a accepté l’inacceptable, car c’est 15% pour ses produits, mais 0% pour les importations américaines… La Chine, elle, tient tête, et veut prolonger la trêve commerciale [c'est le thème des pourparlers en cours depuis lundi à Oslo, en Norvège].

Donald Trump semble très attaché aux contreparties. Le « deal » qu’il a obtenu pour l’économie américaine est-il aussi bon qu’annoncé ?

Il y a la question des retombées économiques, qui passe surtout par la fiscalité. Donald Trump affirme par ailleurs que tout le monde se bouscule pour exporter aux Etats-Unis, que les autres pays sont prêts à tout pour cela, y compris à payer des droits de douane. En plus, il obtient en contrepartie des investissements, et promet des usines, des emplois… Politiquement, c’est important pour lui, notamment avec les élections de mi-mandat en 2026. Mais il ne faut se leurrer : ce sont bien les consommateurs américains qui paieront la hausse des droits de douane, car elle se répercutera en bonne partie sur les prix de vente.

Oui, Donald Trump a bien joué son coup, mais les Etats-Unis ne sont pas notre seul débouché pour les exports, et toute l’économie mondiale ne repose pas sur les Américains. Il s’agit de la plus grosse économie du monde, mais il y a environ 80% du commerce mondial qui ne concerne pas les Etats-Unis. C’est vers ces zones que l’Europe devrait se tourner, le temps que les choses se calment. Les Etats-Unis ne veulent pas jouer le jeu, tant pis. Je pense qu’ils finiront par revenir. Mais en attendant, c’est vers des partenaires comme le Canada, le Mexique, l’Indonésie, le Japon qu’il faut aller pour reconstruire quelque chose qui ressemble à du commerce loyal.

Reconnaissance Palestine: Cela ne changera rien

Reconnaissance Palestine: Cela ne changera rien

Emmanuel Macron vient d’en faire l’annonce officielle : en septembre, la France reconnaîtra l’État palestinien. Qu’implique cette décision, que changera-t-elle concrètement et au niveau symbolique, aussi bien pour les Palestiniens que pour l’image de la diplomatie française ? Entretien avec la politiste Myriam Benraad, spécialiste du Moyen-Orient. dans The Conversation.

L’annonce officielle d’une prochaine reconnaissance de la Palestine peut-elle avoir un effet sur l’image de la France dans le monde arabe ?

On ne dispose pas de suffisamment de sondages et d’enquêtes crédibles sur l’évolution de l’opinion dans les pays arabes vis-à-vis de la France pour en juger ; mais cette annonce pourrait constituer un tournant symbolique dans la manière dont la France est perçue par les populations locales. Car la question palestinienne, on le sait bien, demeure un point de fixation durable et central dans cette région. Or, ces dernières années, l’impression s’était propagée que la France se montrait beaucoup trop compréhensive à l’égard d’Israël dans sa confrontation avec les Palestiniens. Et aussi, au fond, que la France n’était plus qu’un acteur secondaire, voire impuissant, que le temps où elle pouvait infléchir certains conflits au Moyen-Orient et peser sur les négociations était révolu depuis longtemps.

Cette annonce est-elle de nature à peser d’une façon ou d’une autre sur la situation des Palestiniens ?

Dans l’immédiat, elle ne changera malheureusement pas grand-chose. La bande de Gaza est un champ de ruines, plongée dans une crise humanitaire de très long terme dont on peine à entrevoir la fin.

Il reste que depuis le début de cette crise, même si l’influence de la France est restreinte, Paris n’a cessé, à l’échelle de toutes les instances multilatérales, de rappeler les principes du droit international, notamment humanitaire, ainsi que la nécessité d’un cessez-le-feu et d’une solution politique. La France a pris ses distances avec le hard power américain et israélien pour tenter de jouer de son soft power et, ainsi, se présenter comme le pilier d’un multilatéralisme profondément ébranlé par la guerre à Gaza.

La France copréside avec l’Arabie saoudite la conférence sur la Palestine qui vient de s’ouvrir à l’ONU. C’est un duo plutôt inédit…

Le rapprochement avec Riyad s’explique assez simplement au niveau politique. L’Arabie saoudite est un poids lourd régional, partie prenante de toutes les discussions diplomatiques, sur toutes les crises.

Sur la question palestinienne, sa position est depuis le début très ambivalente. L’Arabie saoudite demeure en effet un allié stratégique des États-Unis, qui sont eux-mêmes le premier soutien d’Israël ; dans le même temps, elle s’est jointe à la Ligue arabe pour dénoncer la situation à Gaza. La France cherche à jouer de son influence auprès des Saoudiens pour les pousser à accroître la pression sur leurs alliés américains et, à travers eux, sur les Israéliens, dans le sens d’une désescalade du conflit.

En outre, l’Arabie saoudite aura certainement un rôle majeur à jouer dans la reconstruction de Gaza : on attend beaucoup d’elle, ne serait-ce qu’en raison de sa puissance financière. Cette reconstruction ne se fera pas uniquement par le biais de Riyad, mais avec l’appui d’autres pays de la région. Il me semble d’ailleurs que la notion de régionalisation du règlement des crises au Moyen-Orient n’est pas suffisamment mise en avant. La question palestinienne est une question internationale, certes, mais elle est avant tout une question régionale, voire une question arabe.

Au-delà du financement de la reconstruction, il y a dans la vision française une dimension politique. Dans l’interview que le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot a accordée dimanche dernier à La Tribune, il déclare : « J’espère que pour la première fois, les pays arabes condamneront le Hamas et appelleront à son désarmement. »

D’un point de vue diplomatique, affirmer que les pays arabes ne condamnent pas le Hamas me paraît maladroit. En réalité, beaucoup des États voisins d’Israël, que ce soit la Jordanie, l’Égypte ou un certain nombre de pays du Golfe, ont interdit la confrérie des Frères musulmans dont le Hamas est issu et, bien entendu, également le Hamas en tant que tel.

Tous les efforts de Paris et des autres pays qui s’impliquent dans une recherche de règlement de la crise actuelle ne seront-ils pas rendus vains si Israël, comme certains de ses ministres l’ont laissé entendre, décidait d’annexer officiellement Gaza et la Cisjordanie ?

Il faut rappeler qu’avant le 7 octobre 2023, Israël avait amorcé un processus de normalisation de ses relations avec un plusieurs États de la région. Je pense évidemment aux accords d’Abraham de 2020, mais aussi aux traités de paix plus anciens, et toujours en vigueur, avec Le Caire et Amman. En outre, des négociations sont très discrètement conduites avec le nouveau pouvoir de Damas pour essayer d’obtenir une décrue des hostilités en Syrie. Au Liban, Israël est engagé dans des discussions afin d’obtenir un apaisement dans le sud de ce pays.

Israël n’a pas investi toute cette énergie à remodeler le Moyen-Orient à son avantage pour perdre ces gains ; c’est pourquoi je ne crois pas que ses élites politiques et militaires procéderont à une annexion finale de Gaza et de la Cisjordanie. Qu’Israël mue en puissance occupante pour un temps à Gaza, cette optique me semble en revanche inévitable. Toutefois, l’État hébreu aura tout intérêt à transmettre rapidement le témoin.

Et ce témoin, à qui Israël pourrait-il le transmettre ?

Je songe à une force régionale.

Pas à l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas ?

Il n’y a pratiquement plus d’Autorité palestinienne en place. Ce qui reste de cette entité n’est absolument pas en mesure de prendre en charge la bande de Gaza, que ce soit politiquement ou économiquement, au vu de l’étendue des destructions. En revanche, on pourrait imaginer, sous certaines conditions, des engagements et garanties de la part d’États arabes qui prendraient le relais et, in fine, participeraient de la recomposition d’une gouvernance palestinienne dont les contours seraient à esquisser plus précisément.

Mais la France reconnaît l’Autorité palestinienne comme étant l’unique entité à même de gérer la Palestine, donc y compris Gaza…

C’est la position officielle de Paris, en effet. Mais il suffit de se rendre en Cisjordanie pour constater que l’Autorité palestinienne n’y opère que par une gestion des affaires courantes. Si demain advient une explosion de violence, c’est l’armée israélienne qui s’y substituera, comme c’est déjà en large part le cas. On l’a encore constaté lors des affrontements des derniers mois.

Et puis, au-delà des annonces, Israël n’acceptera pas d’Autorité palestinienne forte car celle-ci, dans le passé, a aussi pris les armes contre lui. Avant l’émergence du terrorisme islamiste tel que revendiqué par le Hamas, l’OLP, des décennies durant, a recouru à l’action terroriste au nom de la cause palestinienne, dans un registre certes nationaliste. Les Israéliens n’ont donc aucune véritable confiance dans l’Autorité palestinienne.

Surtout, l’évolution récente de la société et de la classe politique israéliennes montre bien l’absence de tolérance à l’idée de vivre à la frontière un État palestinien de plein droit. Aux yeux d’une majorité d’Israéliens, ce serait courir le risque de subir un nouveau 7 Octobre. Une critique plus structurée de la guerre à Gaza émerge actuellement en Israël, y compris au sein de l’armée, mais le traumatisme est toujours trop présent. D’où les réactions violentes qui se sont exprimées contre la décision d’Emmanuel Macron, accusé par les plus radicaux d’être le promoteur d’une reconstitution de la menace terroriste palestinienne.

Autrement dit, tant qu’Israël et, derrière lui, les États-Unis, ne seront pas eux-mêmes réellement favorables à la solution à deux États, la Palestine peut bien être reconnue par plus des trois quarts des États de l’ONU, cela ne changera rien…

Effectivement. La déclaration d’Emmanuel Macron ne modifiera rien sur le terrain. Près de 150 nations ont d’ores et déjà reconnu l’État de Palestine. Cet État, du point de vue du droit international, existe par conséquent, et en réalité depuis le plan de partage de la Palestine mandataire en 1947. Cependant, sur le terrain, cet État est irréalisable pour des considérations territoriales, démographiques, politiques et sécuritaires.

Dès lors, quel avenir pour ces deux peuples ?

Après l’échec des accords d’Oslo au tournant du nouveau millénaire, on avait vu émerger une nouvelle génération, à la fois du côté palestinien et du côté israélien, qui considérait que la seule option viable était finalement celle d’un État unique, où les Palestiniens jouiraient de tous leurs droits en tant que citoyens.

Cette idée d’un État d’Israël cosmopolite, rassemblant Juifs, Arabes et autres minorités, renouait alors avec le projet initial d’une frange du sionisme historique, principalement laïque et déchirée entre son attachement à l’Europe, un nationalisme juif et ces idéaux cosmopolites. La déclaration d’indépendance de l’État d’Israël du 14 mai 1948 pose aussi que celui-ci « développera le pays au bénéfice de tous ses habitants », « sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix » et « assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe ».

Aujourd’hui, des logiques religieuses messianiques ont pris le dessus, une loi sur le caractère juif de l’État a été adoptée en 2018, et les relations entre Arabes et Juifs israéliens se sont terriblement dégradées depuis le 7 Octobre et le lancement de la guerre à Gaza. On n’a jamais été aussi loin d’une solution, à deux États ou sous d’autres formes.

Pourtant, des pistes existent, comme celle d’une confédération de deux nations souveraines qui vivraient en partenariat sur un même territoire. Un tel consociationalisme, théorie politique offrant de gérer de profondes divisions ethno-confessionnelles au sein de sociétés par des accords de partage du pouvoir, prendrait en l’occurrence le contre-pied à la fois de la solution à deux États, dont le cadre a amplement été entamé depuis l’échec des accords d’Oslo, et d’une solution à un État unique en laquelle une infime minorité continue de croire. Mais là encore, ce scénario est-il un jour susceptible de se matérialiser, tant les violences se sont partout multipliées et exacerbées entre Israéliens et Palestiniens ?

Dans l’absolu, pour qu’une option politique puisse voir le jour, il faudra que ces communautés acceptent de coexister. J’ai évoqué le durcissement de la société israélienne ; mais qu’en est-il de la société palestinienne ? Après les bombardements, des dizaines de milliers de morts et la famine générale, la population de Gaza pourra-t-elle accepter cette coexistence avec Israël ? Pourra-t-elle d’ailleurs rester au milieu des décombres ou s’achemine-t-on vers un exode inexorable, et par quels moyens ?

En effet, cet exode est-il possible aujourd’hui ?

Pratiquement pas, car la seule voie de sortie, vers l’Égypte, est fermée, Le Caire ne souhaitant surtout pas courir le risque de voir deux millions de Gazaouis s’installer sur son sol. Pour justifier le refus de les laisser entrer massivement, les régimes de la région affirment qu’Israël cherche à provoquer une nouvelle Nakba, et qu’une fois que les Palestiniens de Gaza se seront installés en Égypte, et ceux de Cisjordanie en Jordanie, le chemin du retour leur sera définitivement fermé.

Pour ces régimes, il est hors de question que les Palestiniens quittent leur terre d’origine. Ce discours suffit à justifier le maintien de la fermeture des frontières auprès d’opinions publiques certes ulcérées par le sort qu’Israël inflige aux Palestiniens, mais qui ne veulent en aucun cas que Nétanyahou ait gain de cause et que les Gazaouis soient contraints d’abandonner leurs terres. Et côté palestinien, domine le sentiment d’être assiégé par Israël, mais aussi abandonné par de supposés frères arabes qui n’ont guère mobilisé leurs armées contre Israël au-delà des déclarations souvent incendiaires.

En avril, Emmanuel Macron avait dit souhaiter qu’en contrepartie de sa propre reconnaissance de la Palestine, Israël soit reconnu par les États arabes. Ce calcul est-il voué à l’échec ?

À ce stade, il me semble que oui. Ces États peuvent en effet ignorer leurs opinions publiques, mais jusqu’à un certain point. Aucun régime arabe aujourd’hui ne veut courir le risque de provoquer une explosion de colère et un soulèvement comparable à ceux de 2011 ; or il n’est pas impossible que la reconnaissance d’Israël suscite des réactions brutales. La guerre de Gaza, depuis près de deux ans, sans même évoquer ce qui l’a précédée, a causé, pour des générations entières, en Israël comme dans le monde arabe, si ce n’est une haine insurmontable, au moins une défiance puissante et durable. Il faudra beaucoup plus que de simples mesures symboliques comme la reconnaissance de la Palestine pour surmonter l’ampleur des séquelles.

Droits de douane US: le silence coupable de Macron

Droits de douane US: le silence coupable de Macron

Le bavard président cette fois se montre particulièrement discret après la catastrophe historique des droits de douane imposée unilatéralement par l’Amérique à l’Union européenne. La responsabilité de Macron est immense. D’abord sa gestion depuis 2017 a provoqué le déraillement des finances publiques avec une augmentation de l’ordre de mille milliards et un taux de 114 % du PIB.

Cette détérioration des équilibres financiers a considérablement affaibli la voix de la France au sein de l’Europe et plus généralement au plan mondial. Pour obtenir cependant la bienveillance des autorités européennes Macron a sacrifié Thierry Breton commissaire européen à la demande de l’incompétente présidente Von der Leyen. Une présidente qui au contraire de Thierry Breton s’est laissée séduire par les sirènes fiscales américaines. En dépit de finances publiques catastrophiques, la France a pu limiter les critiques et les sanctions de l’Europe.

En compensation Macron a renouvelé son soutien à Von der Leyen et sacrifié Thierry Breton le commissaire européen le plus compétent et le plus combatif. L’affaiblissement de la France sur le plan économique, financier mais aussi politique a discrédité la voix du pays. Trump affirme non sans raison que ce que dit Macron ne compte pas. Sa voix ne compte plus au plan intérieur car ses soutiens se limitent à autour de 20 %. Elle ne compte pas davantage au plan international où ses gesticulations tant en Ukraine qu’au Moyen-Orient ne peuvent que créer que désillusions.

On peut cependant imaginer que l’intéressé va vouloir meubler et dissimuler sa responsabilité avec une nouvelle proposition bidon type moulin-à-vent ou Convention européenne de quelque chose et surtout de rien. Exemple un vaste emprunt européen pour lancer l’économie européenne mais en réalité surtout pour boucher les trous financiers du pays ou une pseudo réforme de l’Europe.

Fiscalité–un rappel de près de 2000 € pour 13 millions de contribuables

Fiscalité–un rappel de près de 2000 € pour 13 millions de contribuables

Les écarts constatés entre le montant prélevé à la source et le montant dû donne lieu chaque année à des rectifications et en 2025, pas moins de 13,1 millions de foyers fiscaux devront s’acquitter d’un solde d’impôt sur le revenu pour l’année 2024, d’après une information du Parisien .

En moyenne, ce reliquat s’élève à 1901 euros. Ce cas de figure se présente lorsque le contribuable a bénéficié d’une avance de réduction ou crédit d’impôt trop importante en janvier 2025, ou bien lorsqu’il n’a pas modifié son taux de prélèvement à la source suite à une hausse de revenus.

Droits de douane américains : un accord lamentable comme Von der Layen

Droits de douane américains : un accord lamentable comme Von der Layen

Un accord lamentable obtenu par le mafieux Trump avec l’aval de l’inconsistante présidente de la commission européenne qui s’est littéralement couchée devant le président américain

La première responsabilité de cet accord catastrophique pour l’économie européenne mais aussi mondiale incombe évidemment à Trump qui utilise ses méthodes de mafieux avec chantage, mensonges et menaces délictueuses. En clair, Trump fait sauter toutes les règles internationales relatives au commerce mondial. Mais l’Europe a aussi ses propres responsabilités qui se nourrissent de ses propres faiblesses. La première consiste à donner un pouvoir de négociation stratégique à une technocratie bruxelloise qui ne dispose d’aucune légitimité politique et souvent ignore tout des réalités. ( La majorité des experts sont des fonctionnaires des différents pays).

Faute de vrai pouvoir politique l’Europe est divisée et parvient difficilement à déterminer des axes stratégiques communs. En clair, chaque pays défend sa propre boutique quitte à démolir les politiques européennes communes. Une critique qui sera partagée par les extrêmes à gauche comme à droite en s’appuyant sur les 10 % « seulement » obtenus par le Royaume-Uni. Une différence de taille toutefois les exportations britanniques ne représentent pas grand-chose vers des États-Unis et sont très déficitaires. L’impact sera donc faible contrairement à l’union économique européenne dont la balance commerciale était jusque-là très positive.

La troisième responsabilité est liée à la fragilité interne de certains pays comme la France par exemple. Un pays dont l’autorité internationale comme nationale est largement mise en cause en raison d’un président complètement déconsidéré, d’une absence de majorité et d’une situation financière dramatique. Macron porte aussi une grave responsabilité car il a accepté de soutenir Von der Layen contre -le très efficace et très compétent Thierry Breton. Von der Layen, une présidente de la commission complètement inconsistante et qui a surtout passé son temps à éliminer autour d’elle les compétences contestataires. Son attitude lamentable devant Trump témoigne à la fois de sa faiblesse et de sa veulerie.

Les responsabilités sont donc multiples et peut-être que la principale est celle de situation politique, économique et démocratique très fragiles dans nombre de pays d’Europe; notamment en France aujourd’hui pratiquement sans véritable gestion stratégique et avec des responsables politiques largement discrédités, incompétents mais aussi ou sans courage. Voir par exemple ce débat lamentable autour du retour d’un service militaire d’une journée de « volontaires » quand il faudrait mobiliser une classe d’âge pour former de vrais soldats pendant deux à trois mois au minimum. Au mieux la France peut mobiliser 50 000 soldats quand la Russie peut compter sur plus d’un million disponibles immédiatement.

La trahison des élites laissera des traces historiques compte tenu des bouleversements économiques et financiers qu’elle va provoquer. Dans le commerce international en général ou désormais les systèmes de production sont tellement imbriqués et d’abord aux États-Unis avec l’envolée conjointe de l’inflation et de l’endettement. Heureusement cet accord ne tiendra pas longtemps mais aura provoqué des séismes économiques, politiques voire démocratiques durables notamment en Europe.

Droits de douane américain : par un accord , un dictat très flou

Droits de douane américain : par un accord , un dictat très flou

Officiellement l’union européenne et les États-Unis se réjouissent d’un accord qui n’en est pas un. D’abord parce que les Européens ont du se soumettre au droit de douane à 15 % ; ce qui est considérable si on tient compte par ailleurs de la dévaluation du dollar de l’ordre de 12,5 %. C’est contraint et forcé que l’Europe accepte ce dictat après avoir été menacée de 25 %. À noter que l’acier et l’aluminium supporte toujours des taxes à 50 %.

Pour le reste des discussions doivent encore intervenir pour préciser les orientations définitives. Quant à la promesse d’investissement vers les États-Unis c’est surtout une annonce à usage interne pour les partisans de Trump; même chose pour les promesses d’achat de matières premières énergétiques. Dans ces deux domaines la décision appartient aux entreprises et non aux Etats. Bref de promesses très floues. L’Europe a du plier sous la pression des États-Unis d’une part et sous le poids de ses propres contradictions internes d’autre part sans parler de la faiblesse personnelle de la présidente de la commission européenne qui ne pèse pas lourd en politique.

C’est évidemment à l’usage qu’on mesura les conséquences d’un pseudo accord et notamment son effet sur l’inflation et la croissance aux États-Unis et les conséquences sur l’économie mondiale et sur celle de l’Europe. Le risque est grand que ce type de décision soit néfaste aussi bien pour les États-Unis que pour les pays qui commercent avec eux. En dernier ressort ce sont les marchés financiers qui pourraient bien arbitrer notamment si le déficit américain continue d’enfler sous le poids d’une baisse de croissance et d’augmentation du déficit budgétaire. D’ores et déjà on constate un fort désengagement à bas bruit par les étrangers des obligations américaines.

Economie- Pour une souveraineté agricole

Economie- Pour une souveraineté agricole

La moisson 2025 est abondante, avec plus de 33 millions de tonnes de blé. Pourtant, les céréaliers français peinent à célébrer. Les cours s’effondrent, les coûts explosent, et la rentabilité s’effrite. Derrière des silos pleins, c’est un modèle agricole à bout de souffle.
Collectif dans La Tribune(*)

La moisson 2025 s’annonce généreuse. Après une campagne 2024 désastreuse, la France renoue avec des rendements honorables. La récolte de blé devrait dépasser les 33 millions de tonnes. Et pourtant, les agriculteurs n’ont pas le cœur à la fête. (1)

Le contrat blé sur Euronext est passé sous la barre des 200 euros/tonne. En un an, ce sont plus de 45 euros/t qui ont été perdus. L’euro s’est fortement apprécié face au dollar, laminant la compétitivité des exportations. La Russie et la Roumanie inondent les marchés. L’Ukraine reste présente malgré les quotas. L’Algérie, jadis premier débouché du blé français hors Union européenne, achète désormais russe. (2)

Les coûts, eux, ne baissent pas. Les engrais azotés, toujours chers, pèsent lourdement sur la rentabilité. Le prix de la solution azotée à Rouen a bondi de 280 euros/t à 330 euros/t en un mois. L’instabilité géopolitique, l’incertitude logistique au Moyen-Orient, les taxes européennes sur les engrais russes… tout cela entretient une tension chronique. (3)

Résultat : des volumes récoltés, mais une équation économique intenable. Même avec des rendements satisfaisants, les prix de vente restent inférieurs aux coûts de production. Le modèle craque.

Face à ce constat, il ne suffit plus de « demander des aides » ou de « réformer la PAC ». Il faut penser plus large, plus stratégique. Voici une série de propositions concrètes, articulées autour d’un objectif : reconquérir notre souveraineté agricole, énergétique et industrielle.

La France consomme chaque année environ 3 millions de tonnes d’engrais azotés (urée, ammonitrate, solution azotée). Aujourd’hui, elle dépend quasi intégralement de l’étranger pour ces intrants agricoles essentiels. Dans un monde instable, c’est une vulnérabilité. (4)

Nous proposons de créer une filière nationale d’ammoniac et d’engrais azoté, décarbonée, compétitive et tournée vers l’exportation.

Produire une tonne d’engrais azoté par électrolyse (hydrogène vert) nécessite environ 6 à 9 MWh d’électricité. Pour produire 5 millions de tonnes par an (3 Mt pour la consommation française, 2 Mt pour l’export), il faudrait entre 30 et 45 TWh d’électricité par an — soit 6 à 9 % de la production électrique nationale. (5)

Ce chiffre peut sembler élevé… mais il ne l’est pas. La consommation électrique française a baissé de 15 % depuis 2005 du fait de la désindustrialisation (soit environ 60 TWh en moins). Nous disposons donc d’un gisement de consommation disponible pour produire localement ce que nous importons à prix fort. (6)

Avec de l’électricité à bas coût (20 €/MWh ou moins, comme c’est souvent le cas lors des pics de production renouvelable), le coût de production d’une tonne d’engrais azoté décarboné est estimé entre 150 et 250 €, incluant amortissement et fonctionnement des installations. Ce prix est compétitif avec les niveaux actuels du marché (330 à 450 €/t selon le type et l’origine). (7)

Dans un premier temps, cette nouvelle filière pourrait s’appuyer sur : nos gisements de gaz de houille (anciens bassins miniers du Nord et de Lorraine), nos gisements d’hydrogène natif, récemment redécouverts dans plusieurs régions (Massif central, Pyrénées), nos installations solaires et éoliennes existantes, souvent implantées en milieu rural, dont la production intermittente est peu valorisée. (8)

Il ne s’agit pas de construire des éoliennes supplémentaires. Il s’agit de donner une utilité agricole et stratégique à celles qui sont déjà là, en les connectant à des électrolyseurs capables de produire de l’hydrogène quand l’électricité est excédentaire.

Ce serait un juste retour pour les campagnes françaises, qui ont accepté ces installations, mais n’en retirent souvent que peu de bénéfices directs.

Nous proposons de créer un compte d’épargne d’exploitation agricole : Lors des bonnes années, l’agriculteur pourrait y verser une partie de son bénéfice, en tant que charge déductible. Lors des années difficiles, il pourrait retirer les sommes, requalifiées en produit d’exploitation.

Ce mécanisme, simple, responsabilisant, permettrait aux agriculteurs de lisser leur revenu sur plusieurs années, sans dépendre des aides ponctuelles.

Aujourd’hui, l’amortissement est linéaire et rigide. Il faut permettre aux exploitants d’amortir davantage lors des bonnes années, et moins en période difficile.

Cette souplesse fiscale donnerait plus d’autonomie à l’agriculture, sans coûter un euro de plus à l’État.

Nous proposons de (re) bâtir une diplomatie du blé. Depuis 25 ans, c’est un effet de nos propres embargos, la Russie a bâti une diplomatie du blé. Elle vend du blé… mais aussi du lien politique, du crédit diplomatique, du levier stratégique. Aujourd’hui, c’est la Russie qui nourrit l’Algérie. Pas la France. (10)

L’agriculture est un instrument de puissance. Il est temps que la France se dote d’une stratégie céréalière à l’international. Nos relations avec le Maghreb, l’Afrique de l’Ouest, le Proche-Orient devraient intégrer une logique d’approvisionnement et de coopération agricole à long terme.

La souveraineté alimentaire ne s’arrête pas à la moisson. Elle doit se poursuivre jusqu’à l’assiette.

Aujourd’hui, une part significative de notre production est transformée à l’étranger. Les céréales, les pommes, la viande, le lait… quittent nos fermes pour être découpés, emballés, reconditionnés ailleurs. (11)

Il faut réimplanter des unités de transformation en France : conserveries, meuneries, laiteries, légumeries, usines de protéines végétales. Cela créera de l’emploi, de la valeur ajoutée, de l’autonomie. Cela se fera, d’une part, en baissant le coût du travail par un basculant vers l’impôt des charges sociales non contributives qui sont actuellement payées par les travailleurs et les employeurs, d’autre part en faisant des économies drastiques dans le fonctionnement de l’État [cf programme general de Nouvelle-Energie]

Nous souhaitons plus de bons sens dans les décisions nationales. Aujourd’hui, un agriculteur peut obtenir un revenu garanti pendant vingt ans en installant des panneaux photovoltaïques sur ses terres, ou des éoliennes. Mais s’il veut produire du blé, on lui explique qu’il n’y a pas de solution face à la volatilité des marchés. (12)

Ce système est absurde. Il encourage la rente au détriment de la production, l’artificialisation au détriment du vivant, l’importation alimentaire au détriment de la souveraineté.

Il est temps d’inverser la logique.

Relocalisons la production d’engrais azotés, transformons nos matières premières sur notre sol, valorisons nos surplus d’électricité, stabilisons les revenus agricoles, menons une diplomatie du blé : c’est le programme que nous proposons.

Un programme de bon sens. Un programme de production. Un programme de souveraineté.

Une France agricole, énergétique, industrielle. Voilà ce que nous devons reconstruire.

Références :

(1) Chiffres de récolte de blé : FranceAgriMer, « Bilan de la récolte 2025′, juillet 2025.
(2) Prix du contrat blé sur Euronext : Argus Media, Note de conjoncture des marchés, juillet 2025.
(3) Prix de la solution azotée : Argus Media, idem.
(4) Données de consommation d’engrais azotés en France : Ministère de l’Agriculture, Agreste, « Utilisation des fertilisants », édition 2023.
(5) Énergie nécessaire à la production d’engrais par électrolyse : IEA, « Ammonia Technology Roadmap », 2021 ; Fertilizers Europe, « Carbon Footprint of Fertilizers », 2021.
(6) Consommation électrique française et baisse depuis 2005 : RTE, « Bilan électrique 2023′, janvier 2024.
(7) Prix de l’électricité en période de surproduction : EPEX SPOT, données marché France 2023-2024.
(8) Gisements de gaz de houille : BRGM, « Ressources énergétiques du sous-sol français », 2020.
(9) Hydrogène natif en France : IFPEN et Engie, « Hydrogène naturel : potentiel français », 2023.
(10) Diplomatie du blé russe : FAO, « Wheat Trade and Geopolitics », 2022.
(11) Transformation agricole hors de France : INSEE, Agreste, « Commerce agroalimentaire et transformation », 2022.
(12) Rentabilité des panneaux photovoltaïques agricoles : CRE, « Rémunération des installations photovoltaïques », 2024.

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(*) Signataires :

Angélique Delahaye, maraichère, ancienne députée européenne.
Thierry Moisy, agriculteur, Conseiller municipal à Saint-Paterne-Racan (Indre-et-Loire). Président d’une organisation de producteurs de pommes et de poires.
Arthur Portier, agriculteur dans l’Oise. Consultant sur les marchés de matières premières.
Thomas Danrée, ingénieur agronome.
Yves d’Amécourt, ingénieur de l’école des mines d’Alès, viticulteur, ancien élu local de Gironde (conseiller général, maire, Président d’EPCI, conseiller régional). Référent agriculture, forêt, pêche, ruralité, de Nouvelle-Energie et Porte-Voix de Nouvelle-Energie, le parti présidé par David Lisnard.
Théo Legrand, consultant et auteur.

Israël-Palestine : la solution de l’État unique

Israël-Palestine : la solution de l’État unique


Si la communauté internationale dans son ensemble défend toujours, en paroles du moins, la solution dite « des deux États », il convient aussi d’examiner celle de l’État unique israélo-palestinien. Une possibilité crédible, à condition que des concessions importantes soient faites de part et d’autre.

par Monique Hirschhorn Professeur émérite de sociologie, Université Paris Cité dans The Conversation.

Une issue positive au conflit israélo-palestinien est-elle possible ? La réponse que Donald Trump vient d’apporter à cette question – transformer la Bande de Gaza en « Riviera » tout en relogeant les 2 millions de Gazaouis dans « de belles maisons » en Égypte et en Jordanie – a suscité une condamnation unanime du monde arabe et plongé la communauté internationale dans la perplexité. Aussi indécente et irréaliste qu’elle soit, cette idée met en évidence l’incapacité de la diplomatie internationale, comme si l’échec des accords d’Oslo (1993) et des tentatives qui ont suivi avait entravé définitivement l’imagination politique.

Or une autre solution existe qui, comme le rappelait Edward Saïd dans un article paru en 1999, avait déjà été proposée, avant même la création de l’État d’Israël, par des intellectuels juifs parmi lesquels Judah Magnes, Martin Buber ou encire Hannah Arendt… et que vient de reprendre à son compte, en 2024, l’historien israélien Shlomo Sand, dans Deux peuples pour un État. C’est celle de la création d’un seul État dans lequel vivraient ensemble Israéliens et Palestiniens. Une solution, qui, si l’on analyse la situation israélo-palestinienne actuelle d’un point de vue sociologique, est non seulement envisageable, mais réaliste.

L’État unique est viable
Il suffit en effet de regarder les cartes d’Israël et des territoires palestiniens pour se rendre compte que le développement ininterrompu de la colonisation en Cisjordanie a rendu quasiment impossible la solution à deux États, laquelle posait aussi le problème de l’absence de continuité géographique entre la Bande de Gaza et du partage de Jérusalem.

En revanche, en l’état actuel, le pays constitué par la réunion d’Israël et des territoires palestiniens, y compris Gaza, est viable. Avec environ 15 millions d’habitants, il aurait, sur un territoire dont la superficie (27 555 km2) est à peine inférieure à celle de la Belgique, une densité de population (544) légèrement supérieure à celle du Liban et bénéficierait d’une population jeune qui pourrait contribuer à son développement économique.

La société israélienne est déjà une société multiculturelle
Ce nouvel État serait bien évidemment multiculturel, mais au regard de ce qu’est déjà la société israélienne, c’est un bouleversement moins radical qu’on pourrait le penser, car la population israélienne est déjà une population multiculturelle.

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Elle comprend en effet, selon les statistiques officielles du Central Bureau of Statistics, plus de 21 % d’Arabes israéliens (dont une petite partie de chrétiens, de druzes et de bédouins), descendants des Palestiniens autochtones. Même si, le plus souvent, ils n’habitent pas les mêmes villes que les Israéliens – le cas de villes mixtes comme Haïfa est peu fréquent –, ni les mêmes quartiers, même si leur niveau de vie est très inférieur à celui du reste de la population israélienne et s’ils sont confrontés à de nombreuses discriminations, ils ont encore, comme l’ont voulu les fondateurs d’Israël en créant un État juif et démocratique, le droit de vote et sont représentés au Parlement (à eux deux, les partis arabes Hadash-Ta’al et Ra’am disposent actuellement de 10 des 120 sièges de la Knesset).

Quant à la population israélienne non arabe, elle est elle-même multiculturelle, car constituée par des vagues successives d’immigrants qui ne parlaient pas les mêmes langues, n’avaient pas la même culture, ne se sont pas insérés de la même manière. Pour mémoire, de la fin du XIXe siècle jusqu’en 1948, sont arrivés des Juifs d’Europe fuyant les pogroms et les régimes fascistes ; après la création de l’État, des Juifs du Moyen-Orient et des rescapés de la Shoah ; dans les années 1950, des Juifs du Maghreb, venus en majorité du Maroc ; dans les années 1960, des Juifs d’Union soviétique, qui seront encore plus nombreux après la chute de celle-ci dans les années 1990, et auxquels s’ajouteront même, entre 1983 et 1991, un petit nombre de Juifs éthiopiens, les Falachas ; enfin, jusqu’à maintenant, des Juifs venant de Russie, d’Ukraine, de France, des États-Unis…

Bien que la société israélienne ait un fort pouvoir intégrateur porté par l’usage de l’hébreu, par la fabrication d’un narratif commun et les commémorations qui l’accompagnent ainsi que par l’obligation du service militaire, elle n’a pu effacer ces différences, d’autant que le rapport à la religion n’est pas un facteur d’unification. Dans chacune de ces populations se trouvent aussi bien des Juifs ultra-orthodoxes que des pratiquants par tradition ou des laïcs, et, dans le cas des immigrants russes les plus récents qui ont obtenu la nationalité alors qu’un seul de leur grand-parent était juif, aussi bien des laïcs que des chrétiens orthodoxes.

Loin donc d’être une société « juive », la société israélienne est, comme beaucoup d’autres sociétés nationales de notre époque, une société multiculturelle, comme le montrent les fortes mobilisations communautaires qui, dans le contexte d’un régime électoral fondé sur la proportionnelle intégrale, trouvent une expression politique. Mais, comme le soulignait le sociologue Baruch Kimmerling, Israël est un État multiculturel qui ne reconnaît pas son multiculturalisme.

Un État unique ne serait pas nécessairement plus exposé au terrorisme que ne l’est actuellement Israël.
Il y a un argument qui s’oppose radicalement à la possibilité de la constitution d’un seul État, c’est celui des extrémistes israéliens qui, par exemple le général de brigade et spécialiste du renseignement Yossi Kuperwasser, voient dans tout Palestinien un terroriste en puissance qui ne veut que la destruction d’Israël.

Il ne s’agit pas de nier les manifestations de violence, qu’il s’agisse des actions terroristes – celle du 7 octobre 2023 étant la plus effroyable – ou des soulèvements populaires, les intifada, auxquelles les Israéliens ont dû faire face depuis la création de l’État ; mais il ne faut pas oublier que cette violence est avant tout une violence réactive : d’abord à la Nakba, l’exode en 1948 de plus de 750 000 Palestiniens, puis à l’occupation des territoires, à la poursuite ininterrompue de la colonisation, aux multiples mesures de répression, aux emprisonnements, aux meurtres non condamnés, aux provocations comme celle qu’a constituée en 2000 la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des Mosquées, au blocus de Gaza, aux opérations militaires…

Si la violence était aussi inscrite dans la culture palestinienne que veulent le croire une partie des Israéliens, jamais les accords d’Oslo n’auraient pu été signés. À l’inverse de ce que soutiennent les extrémistes israéliens, le souhait le plus cher d’une grande partie des Palestiniens, comme le montre une enquête socio-anthropologique menée dans la bande de Gaza de 2007 à 2019, est d’avoir la possibilité de travailler pour améliorer leurs conditions de vie. Le soutien apporté au Hamas n’est pour une grande part que l’expression du désespoir et de l’impuissance.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que, en particulier dans le monde intellectuel et artistique, des relations ont existé et existent jusqu’à maintenant entre des Juifs israéliens, des Arabes israéliens et des Palestiniens de Jérusalem, de Cisjordanie et même de Gaza. Ces relations, dont un exemple a été la création par Daniel Barenboïm de l’orchestre israélo-arabe West-Eastern Divan Orchestra, ont toujours été soutenues par la gauche israélienne dont le journal Haaretz (Le Pays), créé en 1918, reste jusqu’à aujourd’hui le porte-parole ainsi que des mouvements comme La paix maintenant.

Une solution qui suppose un changement radical dans la conception de l’État
La première condition est évidente. Quelle que soit la forme que prendrait cet État, sa création demande d’abord d’abandonner la logique militaire dans laquelle, depuis la création de l’État, les gouvernements successifs, y compris ceux de gauche israélienne, se sont trouvés enfermés, et de faire ces gestes décisifs que seraient l’arrêt de la colonisation et de la répression systématique ainsi que la remise en liberté des quelques hommes politiques palestiniens dont l’objectif est de vivre en paix avec les Israéliens.

Mais ce changement radical de politique, qui suppose préalablement la défaite électorale de la coalition au pouvoir, n’est envisageable que si une majorité d’Israéliens prend conscience que, s’ils veulent vivre dans un pays qui n’est pas continuellement en guerre, ils doivent se rallier à une conception de l’État qui va exactement à l’inverse de celle qui a conduit en 2018 au vote de la loi « Israël État-nation Juif » et à la création par Benyamin Nétanyahou, le 28 mai 2023, de l’Agence gouvernementale de l’identité nationale juive – deux étapes clés qui signent, selon le titre de l’ouvrage de Charles Enderlin, L’agonie d’une démocratie.

Dans cette nouvelle optique, la légitimité de l’État ne repose plus sur le fait d’avoir une histoire et une identité commune, mais sur le choix de vivre ensemble et de partager un même destin. Ce n’est en effet qu’à cette condition que les Israéliens, qui célèbrent la naissance de l’État d’Israël quand les Palestiniens commémorent la Nakba, pourraient vivre avec les Palestiniens. Car cet État, dont le mode de fonctionnement pourrait être emprunté à la Belgique, au Canada… accorderait à tous les citoyens les mêmes droits, y compris la possibilité pour les individus et les groupes de vivre comme ils l’entendent, de préserver leurs particularités, pour autant que cette liberté ne remette pas en question la vie commune.

Ne nous y trompons pas. En ce début du XXIe siècle où nombre d’États sont multiculturels ou le deviennent, le défi auquel doivent faire face les Israéliens et les Palestiniens est aussi le nôtre.

Cet article a été co-écrit avec Elena Qleibo, anthropologue, spécialiste de la Palestine, autrice de Gaza, S’en sortir sans sortir, Ethnographie de la vie quotidienne sous blocus, Éditions du Croquant, 2020.

Environnement-Loi Duplomb : pour une critique rationnelle

Environnement: Loi Duplomb : pour une critique rationnelle » Rubio

Face au débat soulevé par la loi Duplomb, Christophe Madrolle, président de l’UCE et conseiller régional Sud, et Raphaël Rubio, secrétaire général de l’association Egali-terre, proposent de redéfinir les cadres d’expression démocratique par la création d’un Défenseur de l’environnement.

par Christophe Madrolle, président de l’UCE et conseiller régional Sud, et Raphaël Rubio, secrétaire général de l’association Egali-terre.
Christophe Madrolle, président de l’UCE et conseiller régional Sud, et Raphaël Rubio, secrétaire général de l’association Egali-terre dans La Tribune.

« La démocratie ne peut fonctionner que si elle est soutenue par la raison », avertissait, il y a 20 ans, Jürgen Habermas, dans son ouvrage « Entre naturalisme et religion ». En ce sens, le philosophe posait un objectif, ou plutôt une exigence : « dépasser, écrivait-il, les passions partisanes pour construire un débat public éclairé et équitable.»

La récente loi Duplomb cristallise ces mêmes passions. Il est vrai que l’adoption assez expéditive du texte a pu être assimilée à un véritable « hold-up ». Son rapporteur, probablement mû par une frilosité excessive, est allé jusqu’à déposer une motion de rejet préalable. La volonté était claire : contourner le millier d’amendements déposés par les opposants. Dans cette perspective, le peuple passe à l’action. Une étudiante de 23 ans — presque une enfant — prend des airs de « Jeanne d’Arc » et rétablit, d’un trait, la légitimité de la parole démocratique. Une pétition circule, la discussion s’ouvre, la France s’engage sur le chemin d’une sorte de « guerre juste ». Le narratif paraît parfait. Une nation adulte, vent debout, réinvente sous nos yeux l’exercice de la liberté.

Et pourtant. Une analyse attentive permet de mesurer combien une série de mythes structure cette « belle histoire ». Le plus dangereux d’entre eux semble être celui de l’empoisonnement. Ce dernier est marqué par des accusations contre des groupes marginalisés ou plus récemment contre des élites perçues comme intrinsèquement malveillantes. Dans ce contexte, une angoisse similaire traverse les anti-vax et les adversaires les plus acharnés de la loi Duplomb. Tandis que les premiers assimilent les vaccins à des vecteurs de maladies ou de contrôle, les autres accusent les autorités de promouvoir des pesticides pour intoxiquer les « honnêtes gens ». Ces mouvements, bien que distincts, traduisent une crainte commune : celle de la dégénérescence. La chair du peuple, à savoir son corps symbolique, devient alors un objet politique à part entière.

Le phénomène est inquiétant. Le mélange entre « grande peur », mythe invérifiable et menace existentielle peut conduire au pire. À cet égard, il est pour nous hors de question de participer à la dévalorisation du débat public. Depuis trop longtemps, une espèce d’irrationalité colle à la peau des écologistes : méfiants envers la science, technophobes, tenants d’un naturalisme vaguement romantique, les Verts alimentent à plus soif un discours factieux, qui, in fine, se retournera contre eux !

Le mélange entre « grande peur », mythe invérifiable et menace existentielle peut conduire au pire.
La loi Duplomb, certes, est critiquable. Sa remise en cause doit toutefois être réalisée sur des bases rationnelles. Nous refusons ainsi le déploiement d’une agriculture intensive. Écologistes pragmatiques, nous désirons un système neuf, susceptible de garantir un revenu décent aux exploitants tout en préservant les sols, les ressources hydriques et la santé des consommateurs. Par ailleurs, la facilitation des mégabassines ou encore l’assouplissement des normes environnementales sont inacceptables.

Bien évidemment, la réintroduction dérogatoire de l’acétamipride, un néonicotinoïde interdit depuis 2018, constitue, à nos yeux, une menace contre les pollinisateurs.

En réalité, les questions du partage de l’eau ou de l’élevage industriel sont trop sérieuses pour être traitées au détour d’une proposition parlementaire dont les débats ont été réduits à portion congrue.

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Plus profondément, la loi Duplomb devrait être l’occasion de redéfinir les cadres d’expression démocratique. Comment dépasser les crispations partisanes et établir un équilibre entre science, société civile et travail des élus ? Une piste devrait être envisagée : la création d’un Défenseur de l’environnement.

Proposée dès 2018 par Cécile Muschotti, ancienne députée LREM du Var, cette initiative répond à l’urgence d’une écologie rationnelle.

Un Défenseur de l’environnement serait pertinent, et ce pour plusieurs raisons : il permettrait, tout d’abord, d’éteindre les fantasmes complotistes et de favoriser un dialogue factuel entre élus, scientifiques et société civile.

Il pourrait ensuite, en s’appuyant sur la Charte de l’environnement de 2005, arbitrer les conflits entre productivité agricole et préservation écologique. Nous imaginons de plus une mutualisation des instances existantes (Commission nationale du débat public, Médiateur de l’énergie), de façon à offrir un guichet unique capable de garantir la concertation.

Écologie et démocratie sont indissociables. La valeur de la parole rationnelle, libre, et structurée dans des espaces de citoyenneté apaisées doit, coûte que coûte, être renforcée.

Tel est, précisément, le sens de notre combat.

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