Huile de palme de Malaisie : le recours culotté du régime autoritaire contre l’UE

Huile de palme de Malaisie : le recours culotté du régime autoritaire contre l’UE

 

Il faut évidemment être très culotté comme peut l’être le régime autoritaire pro islamiste de Malaisie pour intenter une action contre l’union européenne qui veut à juste titre limiter  l’utilisation de huile de palme dans les bio carburants;  en outre, la Malaisie- comme d’ailleurs l’Indonésie qui entame la même procédur-, sollicite le sage arbitrage de l’organisation mondiale du commerce alors que par ailleurs elle rejette les valeurs universelles des grandes institutions internationales.

 

Pire la Malaisie s’est ingérée dans la politique intérieure française à propos de la laïcité par opportunisme et par calcul politique pour satisfaire ses plus extrémistes religieux. Les responsables malaisiens n’ont cessé de mettre en cause »la laïcité doctrinaire française ». Théoriquement la Malaisie est un état laïque mais avec une religion d’État quasi obligatoire. Pas tout à fait une conception démocratique partagée dans les Etats modernes.

Quand le business est en cause, l’appel aux organisations internationales retrouve des vertus en Malaisie. Pourtant l’inclusion de l’huile  de palme dans les bio carburants constitue un scandale écologique et énergétique.

Le deuxième producteur mondial d’huile de palme, qui a qualifié une directive de l’UE sur les énergies renouvelables d ‘«action discriminatoire», sollicite des consultations dans le cadre du mécanisme de règlement des différends de l’Organisation mondiale du commerce, a déclaré vendredi le ministère des Industries et des produits de base des plantations dans un communiqué.

Le ministre Mohd Khairuddin Aman Razali a déclaré que l’UE avait procédé à la mise en œuvre de la directive sans tenir compte de l’engagement et des points de vue de la Malaisie, même après que la Malaisie eut donné ses commentaires et envoyé des missions économiques et techniques en Europe.

La directive européenne « signifiera que l’utilisation de l’huile de palme comme biocarburant dans l’UE ne pourra pas être prise en compte dans le calcul des objectifs en matière d’énergie renouvelable et à son tour créera des restrictions commerciales indues à l’industrie de l’huile de palme du pays », a-t-il déclaré dans le communiqué.

Le ministère a déposé la demande auprès de l’OMC en coopération avec le bureau du procureur général et le ministère du Commerce international et de l’Industrie, prenant des mesures dont il avait mis en garde en juillet contre la directive II de l’UE sur les énergies renouvelables.

La Malaisie agira en tant que tierce partie dans une affaire distincte à l’OMC déposée par l’Indonésie voisine, le plus grand producteur mondial d’huile de palme, en signe de solidarité et de soutien, a indiqué le ministère.

 

Economie, social, société : les plus lus

La pieuvre chinoise va continuer de se déployer y compris en Europe

 

La chercheuse Ni Gao observe, dans une tribune au « Monde », que les investissements chinois à l’étranger, contrariés par la pandémie et les tensions internationales, pourraient se redéployer dans les pays plus proches de la Chine. Mais un déploiement qui pourrait affecter aussi l’Europe surtout depuis qu’un accord de principe a été conclu entre la Chine et l’union européenne sur les investissements réciproques

Tribune.

 

 La Chine est devenue, au cours des dix dernières années, un acteur important des investissements directs étrangers (IDE), c’est-à-dire des investissements destinés à créer, développer ou maintenir une filiale à l’étranger, ou encore à prendre une part significative, voire le contrôle, d’une entreprise étrangère. Fin 2019, plus de 27 500 entreprises chinoises avaient investi dans 188 pays du monde. L’Asie, l’Europe et l’Amérique latine sont les destinations principales de ces investissements. Les secteurs comme la finance, l’industrie manufacturière, la vente en gros et au détail et les services aux entreprises représentaient plus de 70 % de l’ensemble de ces investissements, avec la création de 44 000 entreprises à l’étranger.

La recherche de ressources, de marchés et de gains de productivité sont les trois motivations principales des IDE des pays développés dans les pays en développement. Les entreprises occidentales ont généralement des avantages monopolistiques ou spécifiques qui leur permettent de maintenir leur compétitivité sur le marché international. En revanche, les entreprises des pays émergents comme la Chine ne possèdent pas, pour la plupart d’entre elles, ces types d’avantages lorsqu’elles souhaitent se développer à l’étranger. Elles utilisent donc l’expansion internationale comme un moyen d’accéder à des ressources qui seraient inaccessibles autrement.

Elles cherchent en particulier une mise à niveau de leur technologie à travers le processus d’internationalisation. Un nombre important d’IDE chinois en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord est réalisé dans ce but. L’amélioration des compétences est leur objectif sur le long terme, et la fusion-acquisition est le mode d’entrée privilégié des entreprises chinoises. Cela leur permet d’accéder rapidement au marché local et d’élargir leurs parts de marché à l’international, tout en utilisant une multitude de ressources existantes dans l’entreprise cible, telles que leurs réseaux de vente, les brevets, les technologies ou encore les marques.

Nouvel ordre économique

La recherche de nouveaux marchés est également une motivation importante pour les entreprises chinoises. Elles ont adopté une stratégie de proximité, en privilégiant les manageurs locaux dans des pays de culture différente, afin de s’adapter aux besoins des consommateurs. En 2019, les entreprises chinoises travaillaient avec plus de 2,266 millions d’employés non chinois à l’international, soit 60,5 % du nombre total d’employés des entreprises chinoises à l’international.

 

 

Durcissement idéologique des États-Unis vis-à-vis de la Chine ?

Durcissement idéologique des États-Unis vis-à-vis de la Chine ?

 

Pour le spécialiste des Etats-Unis Yannick Mireur, Joe Biden pourrait jouer comme son successeur la carte de la défense du « peuple américain » contre la concurrence chinoise en y ajoutant l’argument idéologique, à condition de sortir du conformisme diplomatique (article dans le monde)

 

 

Tribune. S’il est un élément de continuité prévisible de Donald Trump à Joe Biden, c’est la question chinoise. Le ton et la méthode seront évidemment différents du mode d’action chaotique du président sortant, mais son coup de pied dans la fourmilière d’une élite dirigeante américaine trop conciliante avec le rival communiste laissera plus qu’une trace dans les relations futures entre les deux pays.

En pointant ouvertement du doigt les tricheries et le mercantilisme de la Chine communiste, tout en louant à l’occasion son chef autoritaire, Xi Jinping, Donald Trump a libéré la parole et réuni dans une hostilité nouvelle à Pékin démocrates et républicains. Résonnant jusqu’à Bruxelles, où le commissaire Josep Borrell a parlé de naïveté des Européens, son style abrasif a comme sonné l’alarme.

Hongkong, Taïwan

Tirant les leçons du dialogue qu’avait voulu structurer l’équipe de Bush Jr., la présidence Obama avait déjà pivoté vers plus de fermeté, en basculant le centre de gravité militaire américain vers le Pacifique et en y engageant un projet de traité de libre-échange, le Partenariat transpacifique, vecteur d’influence économique et normative.

Mais depuis quatre ans, la rivalité économique, spécialement autour des technologies comme la 5G, s’intensifie. La rivalité stratégique en Asie-Pacifique fait craindre des risques croissant de conflit par défaut de concertation avec les dirigeants chinois. Et comme un naturel qui reviendrait au galop, la confrontation idéologique longtemps ignorée se réinstalle, à la lumière des événements scandaleux de Hongkong, des menaces sur Taïwan, et du resserrement de la surveillance technologique de la société civile à l’occasion de la crise sanitaire.

Pour les démocrates qui prennent les rênes à Washington, l’antagonisme sino-américain sera autant une bataille industrielle et commerciale qu’un affrontement politique. Tout l’enjeu est d’en faire une confrontation maîtrisée pour éviter tout dérapage dramatique.

Fermeté

Une approche idéologique ferme contre le régime d’Etat-parti, mais ouverte au plan économique pour favoriser un commerce aussi loyal que possible à rebours du mode de concurrence chinois, serait pertinente.

Elle viserait à inciter Pékin à des réformes structurelles vers plus de supervision et de transparence de marché – par exemple en matière de propriété intellectuelle –, qui pourraient bénéficier aux opérateurs internationaux présents en Chine, tout en assouplissant les mesures tarifaires imposées sur 360 milliards de biens chinois importés.

Passer de la réduction des coûts à celle des risques

Passer de la réduction des coûts à celle des risques

 

 

Jean Pisani-Ferry, professeur ­d’économie à Sciences Po, à la Hertie School de Berlin et ­à l’Institut ­universitaire européen ­de Florence

 suggère dans le onde  de passer d’un objectif de réduction des coûts à celui de la réduction des risques.

Chronique« C’est seulement quand la mer se retire qu’on découvre qui nageait sans maillot » : formulée à propos de la tourmente financière de 2008, l’image de Warren Buffett s’applique parfaitement au choc pandémique de 2020. En même temps que la réactivité de nos hôpitaux, la crise, chacun l’a vu, a mis à nu les carences de notre bureaucratie sanitaire et le déclassement de notre industrie pharmaceutique. Elle expose aujourd’hui l’excellence israélienne et le chaos américain.

Avec les faiblesses des nations, les crises révèlent aussi les failles des systèmes. Dans la tempête de 2008, les banques ont découvert qu’aussi émancipées des Etats qu’elles aient pu se croire, c’était en définitive de ceux-ci que dépendait leur survie. Réglementation, incitation et prudence se sont conjuguées pour enrayer une mondialisation financière qu’on croyait irrépressible. Résultat : les avoirs extérieurs (essentiellement créances et titres) des économies avancées, qui avaient été multipliés par quatre en dix ans, ont pratiquement cessé d’augmenter.


A première vue, il ne semble pas que la crise sanitaire ait donné pareil coup d’arrêt à la mondialisation économique. Selon les données du Bureau du plan néerlandais, les échanges mondiaux de biens sont en recul de 2 % seulement sur un an, ni plus ni moins que la production industrielle, et le fret de conteneurs est même en hausse de 6 %. La croissance du commerce mondial a certes ralenti depuis 2008, mais on n’observe pas de démondialisation.

Ne pas se tromper d’objectif

La commotion est cependant trop forte pour ne pas laisser de traces. Des décennies durant, l’impératif des entreprises a été de minimiser les coûts. Parce que l’efficacité primait sur toute autre considération se sont constitués à l’échelle planétaire des réseaux de production d’une extraordinaire sophistication, gérés sur le modèle du just in time. Les Etats eux-mêmes s’étaient convaincus que l’immensité du marché mondial garantissait à tout moment et en tout lieu la sécurité des approvisionnements.

Cette croyance n’a pas survécu à la pénurie globale de masques et d’équipements médicaux. Les réseaux de production mondiaux ont bien résisté, mais sécurité, autonomie et résilience sont partout les nouveaux mots d’ordre. De la même manière que depuis 2008 aucun banquier ne peut plus ignorer le risque de dévalorisation des actifs ou de stress de liquidité, aucun industriel ni aucun gouvernement ne peut plus ignorer le risque de rupture des approvisionnements.

Chine États-Unis : Wall Street complice de la déferlante chinoise

Chine États-Unis : Wall Street complice de la déferlante chinoise

Après des années de laxisme, républicains et démocrates ont voté comme un seul homme une loi, signée le 18 décembre 2020 par le président Trump, qui pourrait exclure à terme les entreprises chinoises de la Bourse de New York, détaille la chercheuse Isabelle Feng dans une tribune au « Monde ».

Tribune. A l’expiration des quatre années du mandat de Donald Trump, les Etats-Unis apparaissent plus divisés que jamais. Pourtant, le jour même où le Capitole était envahi, le 6 janvier, le New York Stock Exchange (NYSE) a annoncé le retrait de la cote de trois entreprises chinoises – China Telecom, China Mobile et China Unicom – à compter du 11 janvier, une décision issue d’un consensus bipartisan entre démocrates et républicains sur le durcissement de Washington à l’égard de Pékin.

Le NYSE avait d’abord annoncé cette radiation le 31 décembre 2020, en application de l’executive order (« décret présidentiel ») 13959 signé le 12 novembre 2020 et devant entrer en vigueur le 11 janvier, bannissant de la cote 35 sociétés chinoises liées à l’armée. Le NYSE s’est ensuite rétracté le 4 janvier, pour finalement reprendre sa position initiale deux jours plus tard… Les indices Dow Jones, S&P, FTSE Russel et MSCI ont, pour leur part, retiré les trois opérateurs chinois de leur cote, tandis que les banques Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley ont éliminé de leur portefeuille 500 produits financiers cotés à Hongkong en application du décret.


Ces volte-face spectaculaires mettent en relief les manœuvres en coulisse autour d’un enjeu majeur. Le décret 13959 est en effet venu compléter la loi sur la responsabilité des sociétés étrangères (Holding Foreign Companies Accountable Act, HFCAA) votée à l’unanimité par le Senat à majorité républicaine le 20 mai 2020, puis, toujours à l’unanimité, par le Congres contrôlé par les démocrates le 2 décembre, et signée par Donald Trump le 18 décembre.

Fin de partie

En dépit de son nom, qui concerne toutes les sociétés étrangères, le HFCAA vise explicitement les entreprises chinoises. Tout d’abord, au titre de la section 2 de la loi, les entreprises étrangères doivent indiquer si elles sont contrôlées par une entité juridique étrangère, et la section 3 leur impose de déclarer les noms des dirigeants et administrateurs membres du Parti communiste chinois, ou encore les engagements éventuels pris à l’égard de ce parti.

Ensuite, si les entreprises ne se soumettent pas, au même titre que les firmes américaines, aux normes d’audit édictées par la Securities Exchange Commission (SEC, l’autorité de régulation boursière américaine) pendant trois années consécutives et refusent l’inspection de leurs comptes par le Public Company Accounting Oversight Board (PCAOB), elles seront radiées du marché boursier américain. Or, un quart des 1 170 entreprises étrangères cotées aux Etats-Unis (sur un total de 6 500 environ) sont chinoises (233 de Chine, 30 de Hongkong). Et, selon un rapport du Congrès américain publié en octobre 2020, sur les 260 entreprises étrangères qui n’acceptent pas l’inspection du PCAOB, 238 sont basées en Chine et à Hongkong. Pékin interdit en effet à ses entreprises d’ouvrir leurs comptes à l’administration américaine au nom de la sécurité nationale.

Brexit : Londres commence à s’asseoir sur les contraintes européennes

Brexit : Londres commence à s’asseoir sur les contraintes européennes

 

Comme il fallait s’y attendre, Boris Johnson ne retient surtout de l’accord poste break site que la liberté de circulation des marchandises sans quotas et sans droits de douane par compte les autres obligations environnementales ou sociales sont mises de côté. C’est notamment le cas de certaines dispositions sociales

, selon le « Financial Times », à détricoter la directive européenne sur le temps de travail. Bref à s’affranchir de toute contrainte figurant pourtant dans l’accord poste break site.

L’accord encadre également la concurrence entre le Royaume-Uni et l’Union : chacun s’est engagé à maintenir des normes élevées dans les domaines de l’environnement et du changement climatique, des droits sociaux, de la transparence fiscale et des aides d’Etat. En cas de divergence importante entre les deux systèmes, des mesures de rétorsion peuvent être prises comme le rétablissement de droits de douane.

Neuf mosquées fermées…. pour raisons administratives

Neuf mosquées fermées…. pour raisons administratives

La mosquée de Pantin en fait partie. Ces dernières semaines en France, neuf mosquées ont été fermées dont huit pour des raisons administratives, a indiqué vendredi 15 janvier le ministre de l’Intérieur, avant le début du débat parlementaire sur le projet de loi « confortant les principes républicains ».

« Nous menons une action déterminée contre le séparatisme islamiste. Parmi les 18 lieux de culte qui étaient particulièrement surveillés à ma demande, 9 ont pu être fermés », a écrit Gérald Darmanin sur Twitter. Le ministre avait annoncé le 2 décembre une « action massive » et les contrôles de « 76 mosquées ».

Parmi les huit salles de prières et mosquées fermées pour raisons administratives, cinq l’ont été pour non-conformité avec des normes de sécurité. Elles sont situées à Montmagny, Goussainville (Val-d’Oise), Thiers (Puy-de-Dôme), Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) et au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis), a indiqué l’entourage du ministre.

Trois autres mosquées ont été fermées « pour des motifs variés », a ajouté l’entourage, notamment à Sevran (Seine-Saint-Denis) où un arrêté de fermeture a été pris pour une salle qui « s’était reconstituée ». Même sort à Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour une « salle non déclarée », a précisé l’entourage. Le ministre de l’Intérieur inclut dans son décompte la mosquée de Pantin, fermée en novembre pour six mois, pour avoir relayé une vidéo qui avait mis en cause Samuel Paty avant son assassinat.

L’écocide : transformé en délit…. et demain en contravention ?

L’écocide : transformé en délit…. et demain  en contravention ?

 

Le concept d’Ecocide est en train de ce ratatiner et pourrait même ce transformer en simple délit. Au départ l’écocide  devait être considéré comme une sorte de crime. Le problème c’est que toute activité humaine nécessairement porte atteinte à l’environnement. D’où les reculs successifs du pouvoir sur le champ d’application de cet Ecocide, son contrôle et ses sanctions.

 

 

L’Ecocide devient donc un délit général de pollution, aggravé car commis de manière intentionnelle et donc assorti de sanctions plus lourdes (10 ans d’emprisonnement et 4,5 millions d’euros d’amende).

 

Le délit de pollution figure donc aussi dans le texte et se définit par la « violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité » et entrainant des « effets nuisibles graves et durables sur la santé, la flore, la faune ». 

 

Il est clair que cela limite la dimension de l’Ecocide car il faudra trouver le caractère de la violation délibérée. L’Ecocide  est ramené un délit de simple pollution

La plupart des membres de la Convention dite citoyenne sont donc furieux de la transformation du concept de crime en simple délit.

 

D’où vient ce peu d’ambition ? Pour certains parlementaires, le responsable est vite trouvé. « On nous a fait des annonces en grandes pompes pour finalement, sur l’une des mesures les plus importantes du texte, réduire notre ambition. Ça donne l’impression qu’on cède au patronat – et à un peu plus d’un an de la présidentielle, ce n’est pas forcément le bon message à envoyer », souligne un député de l’aile gauche de la majorité. « Ce n’est pas le premier recul, on voit bien le lobby que peut faire le patronat et le Medef  là-dessus, et relayé par Bercy. Mais ils se plantent complètement.

 

Avec ces réactions conservatrices, ils font fausse route », avance encore Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat.  Selon le Journal du Dimanche, les organisations patronales ont réussi à peser dans les négociations, durant lesquelles « un bras de fer s’est mené ». Dans une note du 16 décembre remise au gouvernement, le Medef s’inquiète : « Surajouter un tel dispositif répressif serait une source d’insécurité juridique majeure et constituerait un signal contraire à la volonté de relance de l’économie. » Ainsi, le secteur industriel craint que ne s’accumulent les procédures judiciaires à son encontre. « Il existe aujourd’hui toutes les mesures qui permettent aux autorités de s’assurer que les industriels travaillent dans la bonne direction », assurait même mardi 12 janvier Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain, lui aussi réfractaire.

 

« Il n’y a pas de délit sans responsabilité personnelle, sans intention », avait aussi réagi le sénateur LR Gérard Longuet, ancien ministre de l’Industrie, auprès de Public Sénat« Dans le cadre d’une entreprise, qui va être responsable ? L’entreprise ? Je ne savais pas qu’elle pouvait commettre des crimes. Dans le droit pénal, c’est la responsabilité de quelqu’un qui, en toute conscience et de façon volontaire, veut commettre un délit. C’est possible. Mais on ouvre un système qui est paralysant pour la société. »

 

Veolia perd encore face à Suez

Veolia perd  encore face à Suez

 

 

Veolia s’entête évidemment dans la bataille financière et judiciaire qui vise à absorber Suez. Veolia vient cependant encore d’être débouté et ne peut jouir de ses droits sur Suez en raison de la non consultation régulière des instances représentatives de Suez.

Globalement l’image de la société devient de plus en plus floue non seulement en France mais aussi à l’étranger. Ce regroupement constitue à l’évidence une erreur stratégique grave puisqu’elle pourrait y compris se traduire par la vente de l’activité eau  à un fonds spéculatif qui ne possède aucune expérience dans ce domaine. Globalement le regroupement envisagé pourrait faire perdre des parts de marché au plan international.

Dans le contentieux social qui l’oppose à Suez et à ses instances représentatives du personnel, Veolia vient de subir un nouveau revers. Par une ordonnance rendue vendredi 15 janvier, le président du tribunal judiciaire de Paris, statuant en référé, s’est en effet déclaré incompétent pour examiner une demande présentée par le leader français de l’eau et des déchets. Veolia espérait que ce juge modifie un arrêt prononcé le 19 novembre par la Cour d’appel de Paris qui, en confirmant une décision du tribunal judiciaire de Paris du 9 octobre, suspend ses droits de vote issu de l’achat, le 5 octobre, des parts d’Engie dans Suez (29,9%), tant que l’information et la consultation des instances représentatives de Suez prévues par la loi n’auront pas eu lieu.

Depuis cet arrêt, la loi fixe en effet un délai de trois mois pour la procédure d’information et consultation, et le groupe affirme avoir transmis à Suez les éléments nécessaires dès le 5 novembre. Mais les éléments d’information semblent insuffisants aux avocats qui défendent les intérêts des salariés de Suez.

 

Coronavirus Espagne : hors contrôle avec 40.000 nouveaux cas

Coronavirus Espagne : hors contrôle avec 40.000 nouveaux cas

40.197 nouveaux cas de contamination au coronavirus vendredi, ce qui porte le nombre total d’infections dans le pays à 2.252.164.

Le taux d’incidence du virus au cours des 14 derniers jours a quant à lui atteint un record avec 575 cas pour 100.000 personnes, selon les données du ministère espagnol de la Santé.

Le nombre de décès a augmenté de 235 pour atteindre 53.314 morts au total.

Les autorités sanitaires du pays imputent cette nouvelle flambée de contaminations au non-respect des restrictions de voyage et aux rassemblements pendant les fêtes de fin d’année, ce qui a incité plusieurs régions à resserrer les mesures de restriction la semaine dernière.

À Madrid, où les restrictions sont parmi les moins sévères du pays, le couvre-feu nocturne est passé de minuit à 23 heures et les autorités locales ont demandé aux Madrilènes d’éviter de quitter leurs domiciles.

Les bars, restaurants et cafés restent ouverts, mais leur capacité d’accueil sera limitée.

Contrairement à d’autres pays européens tels que la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas, qui ont imposé un confinement national, les autorités espagnoles ont déclaré à plusieurs reprises qu’un reconfinement n’était pas nécessaire.

 

Brexit et Covid . L’exil d’1,3 millions de personnes de Grande-Bretagne

Brexit  et Covid . L’exil d’1,3 millions de personnes de Grande-Bretagne

La population britannique a chuté de 1,3 million de personnes en 2020 – son déclin le plus brutal depuis la Seconde Guerre mondiale -, selon une étude publiée par l’institut Economic Statistics Centre of Excellence. Les auteurs évoquent un «exode sans précédent» de travailleurs étrangers, lié à la pandémie de Covid-19.

Leurs calculs contestent les chiffres officiels de l’Office for National Statistics, qui n’auraient pas su identifier ce phénomène de retour d’immigrés dans leur pays d’origine, faute d’indicateurs fiables en période de restriction de la mobilité. Ils se basent sur les chiffres de l’emploi, constatant un essor paradoxal de près de 10% de salariés de nationalité britannique, au plus fort de la crise. À l’inverse, ils notent un recul de plus d’un demi-million de travailleurs étrangers sur l’année.

À l’examen de ces données, il semble que les immigrés européens en Grande-Bretagne, surreprésentés dans les secteurs des services, notamment l’hôtellerie-restauration ou les loisirs,

Chine: Enfer et extermination des Ouïghours (interview d’une rescapée)

  • Chine:  Enfer et extermination des Ouïghours (interview d’une rescapée)
  • Gulbahar, elle, est une des seules personnes à en être jamais ressorties. Finalement libérée grâce à l’action de sa fille et du Quai d’Orsay, elle a confié son histoire à Rozenn MORGAT  du Figaro. Dans Rescapée du goulag chinois, paru le 13 janvier aux éditions des Équateurs, Gulbahar raconte la torture psychologique, la faim, les interrogatoires interminables, les stérilisations forcées, et la propagande : une machine perfide et sophistiquée qui doit faire oublier aux Ouïghours leur culture et leurs traditions. Rozenn Morgat revient sur ce témoignage douloureux, et risqué : Gulbahar est la première ouïghoure à témoigner à visage découvert.
  • - Comment avez-vous rencontré Gulbahar et comment avez-vous réussi à la convaincre de livrer son récit ?
  • Rozenn MORGAT - J’ai travaillé pendant un an et demi en Chine comme correspondante à Shanghaï, où j’ai commencé à m’intéresser à la question des Ouïghours. Mais le Xinjiang étant totalement barricadé, il était impossible d’y accéder.
  • À mon retour à Paris, en 2017, je me suis penchée sur la diaspora ouïghoure en France Et j’ai rencontré Gulhumar, la fille de Gulbahar, qui m’a raconté son histoire sidérante : sa mère a été enlevée lors d’un voyage au Xinjiang où elle avait été appelée pour signer des papiers dans son ancienne entreprise. Cela faisait déjà un an et demi que sa famille n’avait plus de nouvelle. Gulhumar savait que sa mère était en camp de rééducation. Elle bataillait auprès du Quai d’Orsay pour la faire libérer. Nous sommes restés en contact, et j’ai écrit à son sujet pour Le Figaro. Puis un jour d’août 2019, Gulhumar m’appelle. Les tractations du Quai d’Orsay ont réussi, sa mère arrive à Roissy ! C’était inespéré… Nous avons commencé à nous rencontrer à trois, la fille, la mère et moi-même. Nous avons noué une relation et de fil en aiguille j’ai amorcé l’idée d’un livre : son histoire méritait d’être racontée dans toute sa précision et dans toute son horreur.
  • Pourquoi est-ce un témoignage rare ?
  • Les gens aspirés dans ces camps de rééducation n’en reviennent pas. Ou alors, ils restent au Xinjiang, totalement bâillonnés dans un endroit clôt où personne ne peut accéder. Gulbahar est une exilée qui s’est fait attraper par le système chinois : elle est la seule à avoir été sauvée de ces camps par le Quai d’Orsay et a avoir témoigné.
  • Depuis trois ans, des chercheurs et des lanceurs d’alerte, comme Adrian Zenz, ont déjà apporté des preuves de l’existence des camps de rééducation. Mais la Chine est dans le déni total et s’obstine à parler «d’école» ou de «centres de formation», sans qu’on n’ait de témoignage vivant de ce qui s’y passe. Le récit de Gulbahar est une preuve irréfutable et supplémentaire. Plus personne ne pourra ignorer l’enfer que vivent les Ouïghours.
  • Que se passe-t-il dans ces camps ?
  • Le principe est d’y laver le cerveau des Ouïghours. De vider l’individu de tout ce qu’il est : sa singularité, ses goûts, ses passions, ses envies, ses souvenirs… Ils retirent les vêtements, les cheveux, les prénoms. Gulbahar était devenue un matricule de prisonnière, le numéro 9. Les camps doivent faire oublier aux Ouïghours leur religion et leurs traditions culturelles pour en faire des communistes exemplaires, transformés par la propagande. Onze heures par jour, les prisonniers doivent répéter comme des perroquets des leçons sur la grande histoire de Chine. S’ils n’obéissent pas, ils sont punis. Gulbahar a été enchaînée pendant vingt jours à son lit sans savoir pourquoi. Les détenus vivent 24 heures sur 24 sous des néons ; on les affame, on les terrorise. C’est une vraie torture psychologique : Gulbahar a subi des centaines d’heure d’interrogatoire où on l’accusait de terrorisme, la sommant d’expier ses péchés… Alors qu’elle ne s’intéressait à l’époque pas à la politique de son pays ! En somme, on dépossède les détenus de ce qu’ils sont.
  • Il y a aussi la question de la stérilisation forcée.
  • Oui. Gulbahar raconte avoir à deux reprises reçu «un vaccin», soi-disant contre la grippe. Elle a eu des soupçons à l’époque car de nombreuses jeunes femmes affirmaient ne plus avoir leurs règles suite à ces piqûres. Elle soupçonnait également qu’un médicament soit glissé dans la nourriture pour rendre les prisonniers amorphes. C’est en rentrant en France que ses doutes ont été confirmés.
  • Pourquoi Gulbahar a-t-elle décidé de témoigner à visage découvert ?
  • C’était une décision très importante, et difficile à prendre. Les membres de la diaspora ouïghoure ne peuvent pas s’exprimer, même depuis la France. Ils sont sollicités afin d’espionner pour le compte de Pékin. Le régime menace de s’en prendre à leur famille restée au Xinjiang et l’ambassade de Chine en France refuse de renouveler leurs passeports pour les contraindre à rentrer au pays. Gulbahar a toujours sa mère et sa sœur au Xinjiang et craint beaucoup pour elles. Au fur et à mesure de nos discussions, elle a compris que son livre aurait plus d’impact si elle sortait de l’anonymat. Qu’on la reconnaissait dans le livre : un faux nom aurait pu créer une zone grise où le parti aurait pu aller s’en prendre à sa famille sans qu’elle puisse protester.
  • Comment avez-vous travaillé ?
  • Gulbahar est quelqu’un de très pudique et de très discret, soucieuse de livrer la vérité. Elle ne voulait ni exagérer, ni manquer de précision. C’est pour cela qu’elle a mis autant de temps à me livrer son témoignage. De janvier à avril dernier, nous nous sommes rencontrées par tranches de 5-6 heures. On riait beaucoup : c’est une façon de mettre à distance son traumatisme, de moquer l’absurdité de ces camps… Quand elle ne pouvait plus parler, elle mimait la grosse voix des policiers ou la marche entravée par les chaînes aux pieds. Aujourd’hui, c’est une femme éprouvée, physiquement et psychologiquement. Sa vue a baissé, elle sursaute quand quelqu’un passe derrière elle. Elle va garder des séquelles de sa déportation à vie. Son témoignage est extrêmement courageux. Elle a pris un risque énorme, en pleine conscience. L’Occident ne peut rester dans le déni de ce qui se passe au Xinjiang.

Et encore une nouvelle gamelle pour Sarkozy

 Et encore une nouvelle gamelle pour Sarkozy

  •  On venait à peine il y a quelques jours d’apprendre que l’ancienne épouse de Nicolas Sarkozy avait été indûment rémunérée par l’Assemblée nationale quand  Sarkozy était député. Cette fois, il s’agit d’une autre affaire qui constitue une sorte de trafic d’influence où Sarkozy était rémunéré par des milliardaires russes.
  • Deux affaires récentes qui s’ajoutent à la collection imposante de gamelles de l’ancien président qui pourrait ouvrir une boutique de quincaillier.
  • Une manière aussi peut-être pour Macron de tenir en laisse celui qui pourrait lui faire concurrence au nom de la droite en 2022
  • Le PNF a confirmé à l’AFP avoir ouvert une enquête des chefs de «trafic d’influence» mais aussi de «blanchiment de crime ou délit». Il n’a pas souhaité confirmer la date d’ouverture d’enquête. Une source proche du dossier a également confirmé à l’AFP ces informations.
  • Selon Mediapart, la justice anticorruption enquête depuis l’été 2020, suite à un signalement du service de renseignement financier Tracfin, sur les raisons pour lesquelles Nicolas Sarkozy est rémunéré par une société d’assurances russe, Reso Garantia, contrôlée par deux milliardaires russes d’origine arménienne, Sergueï et Nikolaï Sarkisov.

FOOT: la Ligue 1 en clair sur TF1?

FOOT:  la Ligue 1 en clair sur TF1?

 

La lutte fait rage pour reprendre le foot de la ligue 1 après le désastre financier de Mediapro qui détenait les droits. Canal+ est sur les rangs et essaye de négocier au meilleur prix. Mais il y a aussi M6 et maintenant TF1 qui propose de diffuser en clair les confrontations.

De quoi faire mal évidemment à Canal+ qui se réjouissait déjà de récupérer les matchs de ligue1 mais une diffusion cryptée bien entendu. Canal+ non sans raison a d’ailleurs insisté sur la perte d’intérêt et de valeur du football professionnel français. De fait en dépit de l’appel d’offres, les prix devraient évoluer nettement à la baisse tellement le foot français est souvent devenu insipide.

La diffusion par TF1 porterait un rude coup au groupe Canal+ déjà fortement secoué depuis des années par la politique un peu suicidaire de Bolloré qui préfère la censure à l’audience en particulier lorsqu’il s’agit d’émissions humoristiques.

«TF1 est un partenaire historique du foot français et même si nous n’avons pas vocation à acheter le championnat, nous sommes tout à fait disposés à discuter avec la LFP pour les aider à trouver une solution dans cette période difficile» explique la filiale du groupe Bouygues.

 

TF1 c’est, depuis toujours, la chaîne du football événement avec la Coupe du Monde, l’Euro et les matchs de l’Équipe de France. La Une a aussi été jusqu’en 2011, la chaîne des grandes compétitions annuelles comme la ligue des Champions. D’ailleurs, le 23 août 2020, TF1 a diffusé en clair la finale de cette compétition prestigieuse entre le PSG et le Bayern Munich

Coronavirus : « Menace générale du variant britannique » (Mircea Sofonea)

Coronavirus : « Menace générale du variant britannique » (Mircea Sofonea)

Il paraît de plus en plus évident que le variant britannique va rapidement prendre le dessus surtout en Europe  ( il y a aussi le variant sud-africain et le variant brésilien). Selon Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l’Université de Montpellier, tout doit être mis en œuvre pour observer la circulation du variant britannique et le contenir entre parenthèses (interview JDD)

 

Depuis quand ce variant circule-t-il, et que sait-on des conditions de son émergence?
Ce variant a été détecté en novembre principalement à Londres, dans le sud et l’est de l’Angleterre. Il faut savoir que le Royaume-Uni a une politique très volontariste de détection des variants : avec un effort de séquençage près de 50 fois supérieur à celui de la France, c’est le pays européen qui fournit le plus grand nombre de données de séquence de variants coronavirus SARS-CoV-2 pour alimenter la base de données GISAID. Ce qui frappe quand on analyse la séquence de ce variant, c’est qu’on y décèle un nombre important de mutations par rapport aux autres variants en circulation : on en compte une vingtaine au total, alors que les autres n’en comportent en moyenne qu’une dizaine. Bon nombre de ces mutations touchent notamment la protéine Spike, au moyen de laquelle le virus entre dans les cellules humaines pour les infecter.

Il a été officiellement détecté dans plus d’une cinquantaine de pays dans le monde

En menant des études phylogénétiques, qui permettent de suivre l’évolution du coronavirus dans le temps, on peut retracer l’émergence de ce variant à septembre, dans le sud-est de l’Angleterre. Cinq mois plus tard, on constate qu’il est non seulement présent dans des proportions élevées dans tout le Royaume-Uni et en Irlande, mais il a été officiellement détecté dans plus d’une cinquantaine de pays dans le monde.

Connaît-on les raisons de ce succès?
Il y a trois façons de voir émerger un variant qui s’installe dans le paysage génétique d’une maladie virale :

  • La première c’est le hasard. Il arrive, lorsqu’une épidémie est stationnaire ou en légère croissance, que de nouveaux variants neutres (c’est-à-dire épidémiologiquement équivalents aux autres) trouvent localement des situations qui peuvent favoriser leur propagation (rassemblement important de personnes dans un lieu clos par exemple). Si une telle situation s’offre à un variant et qu’il se retrouve à l’origine d’une flambée, il va finir par être davantage représenté que les autres variants en circulation. Tout se passe comme s’il était porté par cet effet d’amplification locale, surfant sur la vague créée localement pour se diffuser dans la population.
  • La seconde possibilité est qu’émerge un variant porteur d’une (ou plusieurs) mutation(s) qui change radicalement sa capacité à se transmettre. Si les personnes qu’il infecte sont plus contagieuses que celles infectées par les variants déjà existants, on comprend aisément que ce variant finit par se propager plus rapidement.
  • Enfin, troisième possibilité : un variant porteur de mutations qui lui permettrait de trouver une nouvelle « porte d’entrée » pour infecter des personnes qui étaient auparavant moins sensibles.

Dans le cas du variant anglais, le premier mécanisme est écarté par les analyses réalisées par nos collègues britanniques. Elles ont montré qu’une fois qu’une fois présent dans un territoire, sa fréquence a augmenté de façon relativement prédictible et homogène. Cette situation indique qu’il ne s’agirait donc pas d’un variant qui serait apparu « au bon endroit, au bon moment », et qui aurait profité de conditions favorables en marge de l’épidémie. Il semble bien se transmettre plus rapidement que les autres variants circulants, sans que ce soit lié à un effet local particulier.

En Angleterre il semblerait que l’émergence du variant britannique se soit accompagnée d’un décalage des infections vers les classes d’âge les plus jeunes. Cela plaide-t-il en faveur du troisième scénario? Ce virus infecte-t-il plus facilement les plus jeunes?
Effectivement, nos collègues de l’Imperial College ont mis en évidence une surreprésentation de près de 25% de ces classes d’âge parmi les contaminés par le nouveau variant, comparativement aux autres variants. Il faut toutefois se souvenir que la situation en Angleterre était particulière quand ce variant a commencé à se répandre : le pays était confiné, mais les écoles étaient encore ouvertes. De ce fait, il s’agissait des seuls endroits ou une transmission importante pouvait se produire. Ce qui interpelle, c’est effectivement qu’on considérait que les classes d’âges concernées sont normalement les classes d’âge qui sont moins contagieuses que les autres (même s’il n’y a pas encore vraiment de consensus scientifique sur le sujet).

Cette situation fait qu’il est difficile de discriminer entre les deux derniers scénarios : plus de contagiosité ou une contagiosité ciblant des classes plus jeunes. Pour pouvoir trancher, il faudrait vérifier ce qui se passe dans les autres pays, où les mesures sanitaires sont appliquées de façon différente (confinement avec écoles fermées par exemple). Une autre possibilité serait de vérifier si l’augmentation d’infection chez les plus jeunes constatée en Angleterre a correspondu avec l’augmentation des séquences du variant. Mais pour cela il faudrait être certains que la détection du variant a été homogène sur la période étudiée. En outre les données disponibles ne permettent pas d’établir précisément le contexte des contaminations. Quoi qu’il en soit, nous en saurons plus dans quelques semaines.

A-t-on une idée des mécanismes virologiques qui expliqueraient le succès de ce virus?
Ils sont en cours d’investigation. Une explication avancée est qu’une ou plusieurs mutations affectant protéine Spike augmentent l’affinité de cette dernière pour les récepteurs ACE2 situés à la surface des cellules des voies aériennes que le virus infecte, facilitant l’entrée de ce variant. Il en résulte une plus grande infectivité des particules virales et donc une contagiosité accrue des porteurs.  Rappelons que la contagiosité peut être augmentée de deux façons : soit les personnes sont plus contagieuses parce qu’elles produisent plus de particules virales, soit à quantité de particules virales égales, celles-ci sont plus infectieuses parce qu’elles rentrent plus facilement dans les cellules du nouvel hôte. Si la facilité d’entrée est ici augmentée, est-ce que c’est aussi le cas de la quantité de production de particules virales? On ne le sait pas encore.

Une augmentation de transmissibilité est problématique dans le cas où le système hospitalier s’avère incapable d’absorber l’afflux de malades

Ne pourrait-on pas aussi imaginer que le virus favorise des formes plus symptomatiques, dont on sait qu’elles favorisent la transmission (toux, nez qui coule…)?
Pour l’instant, rien n’indique que ce soit le cas : il n’y a pas à ma connaissance et à ce jour pas eu d’étude ayant montré une différence significative de manifestations cliniques des infections par ce nouveau variant. Globalement on n’observe pas de différence en termes de sévérité ou de létalité, ce qui est assez rassurant. A ce sujet, on a pu entendre et lire à plusieurs reprises ces derniers jours qu’un variant plus contagieux est plus inquiétant qu’un virus plus létal. Il convient de nuancer ce propos. Une augmentation de transmissibilité est problématique dans le cas où le système hospitalier s’avère incapable d’absorber l’afflux de malades. En effet, plus le virus se transmet facilement, plus le pic de tension hospitalière est élevé. Cependant, si l’on est en capacité de faire face à la vague d’hospitalisations ou si l’on s’intéresse aux conséquences de l’épidémie à plus long terme, les choses sont différentes.

Dans le contexte d’une épidémie telle que celle-ci, dont le nombre de reproduction peut monter jusqu’à 3 (en absence de mesures sanitaires), une augmentation hypothétique de la létalité quantitativement équivalente (environ +50%) serait en fait plus préoccupante si ce nombre de reproduction dépasse 1,5. En effet, elle engendrerait alors un bilan de mortalité final plus important qu’une mutation portant sur la transmission. (NDLR : aussi appelé « R effectif », le nombre de reproduction est une estimation, sur les 7 derniers jours, du nombre moyen d’individus contaminés par une personne infectée. Un R effectif inférieur à 1 signifie que l’épidémie régresse)

Dans le cas présent, quel est l’impact attendu de cette augmentation de la transmissibilité sur le nombre de reproduction?
Les chercheurs de l’Imperial College ont estimé que dans le cas de ce nouveau variant, l’augmentation de la transmission était de l’ordre de 0,4 à 0,7 unité de nombre de reproduction (par rapport aux autres variants circulants). La question qui se pose est la suivante : est-ce qu’il faut prendre en compte cette augmentation en ajoutant 0,4 au nombre de reproduction de l’épidémie (dans le cas où ce variant est effectivement capable de contaminer de nouvelles classes d’âge, ce qui lui permet d’augmenter de façon « forfaitaire » sa transmission) ou est-ce qu’il faut multiplier ce nombre de reproduction par 1,4 (dans le cas où ce virus est plus contagieux, mais sans avoir nécessairement changé de cible)?

Si ce point n’est pas simple à trancher à partir des données actuelles, il ne contraint toutefois pas les projections pour la France qui actuellement présente un nombre de reproduction proche d’1 : les deux scénarios sont alors approximativement équivalents.

L’épidémie n’est plus sous contrôle en France depuis une semaine et nous assistons actuellement à une hausse du niveau de circulation virale

Où en est l’épidémie dans notre pays? Que disent les modèles de l’effet possible de ce nouveau variant?
L’épidémie n’est plus sous contrôle en France depuis une semaine et nous assistons actuellement à une hausse du niveau de circulation virale, avec un nombre de reproduction en croissance et estimé à 1,10 (entre 1,05 et 1,15) au 14 janvier. La propagation est exponentielle, mais plus lente qu’au début du mois d’octobre, avant que les mesures sanitaires ne se renforcent. Cette hausse s’explique naturellement par l’effet du réveillon de Noël, toutefois plus modéré que ce qui était craint initialement. Mais il reste à estimer celui de la Saint-Sylvestre, qui a pu avoir un effet amplificateur de l’épidémie : les personnes infectées les 24 et 25 décembre étaient contagieuses une semaine après. Un tel effet sur l’actuelle épidémie en progression lente, auquel peut s’ajouter celui de la reprise scolaire et professionnelle de janvier, peut déclencher un net rebond. Si tel est le cas, il sera mesurable dans la semaine à venir.

Pour l’instant, en tenant compte de la sous-détection mentionnée précédemment, le variant anglais ne semble pas encore suffisamment présent pour affecter ledit nombre de reproduction au niveau national. Mais il pourrait changer la donne en deux mois. Il faut se souvenir que le premier confinement, efficace, mais extrêmement drastique, avec de lourdes conséquences socio-économiques, avait ramené le nombre de reproduction de l’épidémie à 0,7. Si ce nouveau variant augmente le nombre de reproduction de l’épidémie de 0,4 à 0,7, on voit non seulement que le contrôle de l’épidémie est perdu, mais que même des mesures extrêmement coûteuses et stringentes telles que celles mises en place pendant la première vague ne seront plus efficaces. C’est la raison pour laquelle il faut freiner au maximum la progression de ce variant.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Sécurité globale : reprise des manifs

Sécurité globale : reprise des manifs

Reprise des traditionnelles manifs contre la sécurité globale décidée dans environ 80 villes. Il est probable que la participation sera encore en baisse d’une part en raison des risques croissants de la pandémie notamment avec le virus britannique. Aussi du fait que cette question de sécurité globale paraît maintenant secondaire par rapport à la situation sanitaire de plus en plus inquiétante. Enfin il y a un phénomène d’usure classique d’autant que les organisateurs représentent surtout la mouvance d’extrême gauche.

 

Dernier élément ne sait même pas quand le projet de loi risque d’aboutir Ce texte est pour l’heure entre deux eaux : adopté en première lecture par l’Assemblée nationale, il doit être examiné au Sénat mais pas avant le mois de mars. Les députés de la majorité présidentielle avaient promis de leur côté de proposer une réécriture « avant Noël » du si controversé article 24… aujourd’hui toujours attendue.

 

Un million d’enfants et enseignants testés : quelles conséquences ?

Un million d’enfants et enseignants testés : quelles conséquences ?

 

il se confirme chaque jour dans différentes études que les scolaires constituent des vecteurs privilégiés de diffusion du virus. Certes les enfants sont rarement malades eux-mêmes mais ils transmettent la pandémie.

 

 Ce qu’a montré en particulier une étude anglaise où le virus fait des ravages. Or la France a fait pour l’instant le choix de ne pas fermer les écoles. La mise en place d’un grand plan de détection du virus pourrait amener le gouvernement à revoir sa position

Le gouvernement a annoncé jeudi le dépistage d’un million d’élèves et d’enseignants par mois pour mieux lutter contre le Covid-19. Mais toutes les modalités de l’opération ne sont pas encore connues.

Le JDD a contacté le ministère de l’Education pour obtenir des précisions, tandis que Jean-Michel Blanquer a déjà commencé à livrer jeudi quelques éléments de réponse: 

Où seront effectués les tests? Dès que trois cas de contamination seront identifiés dans un établissement, tous les personnels et élèves se verront proposer un test dans les 48 heures. D’autres établissements se verront proposer un dépistage massif, si l’Agence régionale de santé (ARS) locale le juge utile, par exemple dans un secteur où le virus circulerait particulièrement.

 

Qui sera concerné? Les tests seront réalisés sur la base du volontariat et, concernant les collégiens et lycéens, avec l’autorisation préalable des parents. Olivier Véran a précisé jeudi que les enfants pourront être testés à partir de l’âge de 6 ans (avec accord parental également), mais ils le seront seulement si nécessaire, par exemple dans la situation d’un dépistage massif opéré à l’échelle d’une ville – comme il y a eu cette semaine à Bagneux (Hauts-de-Seine) ou Roubaix (Nord).

Quels types de tests utilisés? Ce seront d’abord des tests antigéniques, mais, dans les zones géographiques où le variant britannique est suspecté de circuler, des tests PCR (nécessaires pour permettre le séquençage) pourront être pratiqués.

Qui va pratiquer ces tests?

C’est la question la plus épineuse. « L’Education nationale, seule, ne peut pas assurer un dépistage aussi massif, assure Philippe Vincent, secrétaire général du syndicat des directeurs d’établissement Snpden-Unsa.

Que se passera-t-il après la campagne de dépistage?

Pour les élèves positifs ou cas contact, la procédure habituelle s’applique.  »Mais, une fois la campagne de dépistage à l’échelle d’un établissement terminée, à quel moment devra-t-il être fermé? », s’interroge la syndicaliste Frédérique Rolet.

 

États-Unis : les banques en bonne santé mais pas l’économie

États-Unis : les banques en bonne santé mais pas l’économie

 

 

C’est sans doute le paradoxe à savoir que le déversement presque sans limite de liquidités de la banque centrale n’a guère profité à l’économie réelle. Les banques ont été les principaux destinataires de cette politique accommodante. Pour autant elles ne se sont guère montrées très généreuses en matière de prêts aux entreprises et aux particuliers.

 

Les banques ont peut-être trop bien tiré les leçons de la dernière crise. Après avoir été renfloués avec de l’argent public et imposés avec une surveillance stricte, ils ont peu de raisons de prêter à des emprunteurs qui pourraient ne pas rembourser. Pendant ce temps, de nombreux propriétaires d’entreprise ne souhaitent pas emprunter aux conditions que les banques sont prêtes à offrir. La Réserve fédérale a constaté que même avant Covid-19, moins de la moitié des petites entreprises avaient utilisé une banque pour lever des fonds au cours des cinq dernières années. Parmi ceux qui ont demandé un financement, environ la moitié ont obtenu ce qu’ils demandaient.

Pour le président entrant Joe Biden et sa secrétaire au Trésor, choisissez Janet Yellen, cela présente un problème et une opportunité. Les banques sont en bonne santé, mais l’économie ne l’est pas. Si l’un veut aider l’autre, quelque chose devra donner.

 

 

JPMorgan est un exemple. Vendredi, le PDG Jamie Dimon a annoncé des revenus et des bénéfices records pour sa banque de 430 milliards de dollars, avec une augmentation de 34% des revenus de négociation par rapport à 2020. Sa banque a aidé ses clients à lever plus de 2 billions de dollars de capital. Et Dimon a des fonds qui lui sortent des oreilles. Les dépôts de détail de JPMorgan ont augmenté d’un tiers à près de 1 billion de dollars, et le capital est bien au-dessus des minimums réglementaires. Dimon fait souvent référence à son «bilan de forteresse», et le terme est de plus en plus approprié.

Pourtant, le portefeuille de prêts de Dimon, un gigantesque 985 milliards de dollars, n’a pas augmenté. L’augmentation nette de 19,2 milliards de dollars des prêts aux consommateurs et aux petites entreprises en 2020 peut être entièrement expliquée par des prêts dans le cadre du Programme de protection des paiements. Ces prêts de secours Covid-19 sont essentiellement soutenus par le gouvernement et ne absorbent pas le capital réglementaire. Sur une augmentation de 39 milliards de dollars des prêts non consentis aux consommateurs, plus de la moitié est allée à des clients de la division de la gestion de patrimoine.

JPMorgan est le plus grand prêteur américain à déclarer des bénéfices jusqu’à présent, mais ce n’est pas le seul à garder sa poudre sèche lorsqu’il s’agit de Main Street. Les prêts de Citigroup aux petites entreprises et aux consommateurs ont à peine augmenté. Wells Fargo a augmenté ses prêts aux petites entreprises d’environ 8 milliards de dollars au cours de l’année – bien qu’il ait également déclaré avoir financé environ 10,5 milliards de dollars de prêts PPP.

Débâcle Trump: Le secrétaire à la Santé, démissionne aussi

Débâcle Trump:  Le secrétaire à la Santé, démissionne aussi

Officiellement le secrétaire d’État à la santé à démissionné du gouvernement TRUMP en raison des événements antidémocratiques du Capitole. Un motif qui s’ajoute à la situation catastrophique en matière sanitaire totalement hors contrôle.

 

Les Etats-Unis ont enregistré jeudi plus de 230 000 nouvelles contaminations et 4 069 morts. Dans l’espoir d’enrayer les contagions, les autorités fédérales ont décidé que tous les voyageurs souhaitant se rendre aux Etats-Unis par avion devront désormais présenter, à partir du 26 janvier, un test négatif au Covid-19 afin d’être autorisés à voyager, ont annoncé mardi les autorités sanitaires américaines. Ce test devra être réalisé dans les trois jours précédant le départ pour les Etats-Unis. Les compagnies aériennes seront chargées de vérifier qu’un test a bien été réalisé avant l’embarquement.

Le comité d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) doit émettre vendredi des recommandations face à l’apparition de variants plus contagieux du coronavirus, susceptibles de provoquer une nouvelle explosion de la pandémie vient de dépasser 2 millions de victimes

Le secrétaire américain à la Santé et aux Services sociaux, Alex Azar, a démissionné, invoquant l’attaque de la semaine dernière contre le Capitole, a rapporté CNN vendredi.

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