Electricité : 6 millions de personnes ont des difficultés pour payer

Electricité  : 6 millions de personnes ont des difficultés pour payer

 

L’étude réalisée par Wattgo permet de dessiner un « portrait-type » du ménage en situation de précarité électrique: sans surprise, le taux est plus élevé (18%) chez les locataires que les propriétaires (6%), d’autant plus s’il est locataire d’un logement social (24%) que dans le privé (15%), selon cette étude.  Logique également, le cas est plus fréquent pour les foyers dont le logement n’a pas fait l’objet de travaux d’isolation: 18% de ces ménages ont du mal à payer leurs factures, contre 8% de ceux qui habitent les logements « partiellement ou totalement isolés ». En revanche, de façon plus surprenante, les difficultés à honorer sa facture d’électricité concernent presque autant ceux qui se chauffent à l’électricité (13%) que ceux qui se chauffent « par un autre moyen » (11%), c’est-à-dire au gaz, fioul, bois… Or ceux-ci ont en toute logique une facture d’électricité bien moindre. « Ce phénomène pourrait notamment s’expliquer par le fait que les foyers anciens et mal isolés, plus sujets à la précarité énergétique, sont traditionnellement moins chauffés à l’électrique », explique Mathilde Voegtlé, chargée d’études pour Wattgo.  La société souligne aussi « la spirale » de la précarité en matière de chauffage: les foyers « précaires » sont en effet beaucoup plus équipés (33%) de chauffages d’appoint très gloutons en énergie que les autres foyers (24%). Les membres du panel devaient répondre à la question suivante: « Est-ce que vous avez déjà eu des difficultés pour régler des factures d’électricité pour votre logement actuel? » L’Insee définit elle-même la précarité énergétique comme le fait de consacrer plus de 10% de ses revenus à sa facture d’énergie, ce qui concerne d’après ses données 3,8 millions de foyers.  La principale réponse à cette nouvelle forme de pauvreté -qui se traduit par des foyers qui renoncent à se chauffer convenablement ou qui sont victimes de coupures pour impayés- a été le développement des tarifs réduits dits « sociaux » de l’électricité et du gaz pour les ménages modestes.

 

Pesticides : la France championne du monde

Pesticides : la France championne du monde

Pour la première fois l’INVS a mesuré la concentration de pesticides dans notre organisme. En se basant sur un échantillon de 400 personnes, les résultats des études de concentrations urinaires révèlent des niveaux de pesticides particulièrement élevés, plus élevés que ceux des allemands, des américains et des canadiens . L’INVS estime qu’une « attention particulière doit être portée aux pesticides organophosphorés et pyréthrinoïdes pour lesquels les niveaux français semblent être parmi les plus élevés en référence à des pays comparables« . « La consommation de certains aliments et l’utilisation domestique de pesticides (traitements antipuces ou dans un potager) influençaient de façon notable les concentrations« , ajoute l’INVS. Enfin, si la concentration moyenne de PCB a été divisée par trois en 20 ans (1986-2007) dans les analyses de sang, il y a encore 13% des femmes en âge de procréer (18-45 ans) et moins de 1% des adultes, qui avaient en 2007 des niveaux supérieurs à ceux recommandés par les autorités sanitaires. Plus de 90% des pesticides sont utilisés dans l’agriculture, le reste par des jardiniers amateurs et pour usages collectifs, comme les voies ferrées. Ces derniers mois plusieurs études ont révélé les risques de l’exposition aux pesticides, en particulier chez les agriculteurs et les viticulteurs. Mi-mars 85 médecins limousins signaient un appel contre les pesticides : trop de « signaux de danger sont au rouge : cancers, maldie de Parkinson, troubles de la fertilité… » 

 

Loi Florange reprise des sites rentables : du cinéma !

Loi Florange  reprise des sites rentables : du cinéma !

 

La proposition de loi dite Florange doit être déposée ce mardi devant l’Assemblée Nationale mais cette loi Florange ne s’appliquera pas à cette usine ! C’est en fait la promesse faite par François Hollande à Florange le 24 février 2012 sur la camionnette de l’intersyndicale d’ArcelorMittal. Le candidat socialiste assurait que s’il était élu, il ferait voter une loi qui obligerait un industriel souhaitant se séparer d’un site rentable à le céder à un repreneur.
Le paradoxe c’est que cette loi, qui doit être votée avant les vacances d’été, ne s’appliquera jamais aux hauts-fourneaux de Florange. Ce mardi, la proposition de loi sur la reprise des sites rentables devrait donc être déposée à l’Assemblée nationale. L’esprit de cette loi : c’est d’obliger le propriétaire d’un site rentable qui veut fermer à revendre à un repreneur, s’il y en a un. Une loi qui pourrait être adoptée d’ici cet été. Mia qui ne sera pratiquement pas appliquée car un site dit rentable devient vite non rentable après une période de tergiversations et d’incertitudes, en effet la demande baisse, comme le chiffres d’affaires et les résultats financiers et le site devient alors non rentable. Cas typique de Spanghero que le gouvernement a coulé ; un site qui était rentable mais que les incertitudes ont fait plonger.

Sondage présidentielles ; Hollande comme Jospin éliminé au premier tour

Sondage présidentielles ; Hollande comme Jospin éliminé au premier tour

Si le premier tour de la présidentielle avait lieu dimanche, Nicolas Sarkozy arriverait nettement en tête avec 34% des suffrages exprimés. Il serait suivi de Marine Le Pen (23%), François Hollande (19%), Jean-Luc Mélenchon (12%), tous les autres candidats obtenant un score inférieur à 10%.  Au premier tour de la présidentielle, le 22 avril 2012, le candidat Hollande avait obtenu 28,63% des suffrages exprimés, Nicolas Sarkozy 27,18%, Marine Le Pen 17,90% et Jean-Luc Mélenchon 11,10%.  Seules 59% des personnes ayant voté pour François Hollande au premier tour de la présidentielle en 2012 voteraient à nouveau pour lui, 41% optant pour un autre candidat, l’abstention ou le vote blanc ou nul. A l’inverse, 88% des électeurs au premier tour de Nicolas Sarkozy et 83% de ceux de Marine Le Pen renouvelleraient aujourd’hui leur choix.  Au second tour, 61% des Français déclarent qu’ils voteraient pour Nicolas Sarkozy et 39% pour François Hollande (contre respectivement 48,4% et 51,6% le 6 mai 2012).  Un an après l’élection, 51% des personnes interrogées « ne se prononcent pas » sur le domaine où le bilan de François Hollande est « le plus satisfaisant ».  En revanche, ils sont 62% à trouver son bilan « le moins satisfaisant » dans la lutte contre le chômage, suivi à 49% par la défense du pouvoir d’achat.  Enfin, les Français sont 54% à considérer qu’il faudrait que François Hollande change de Premier ministre (contre 17%).  Parmi les personnalités préférées comme nouveau Premier ministre par l’ensemble des Français, Manuel Valls arrive en tête avec 28% suivi par Jean-Luc Mélenchon (17%), Martine Aubry (16%).

Pour l’écolo Jean-Vincent Placé le gouvernement « va dans le mur »

Pour l’écolo Jean-Vincent Placé le gouvernement  « va dans le mur »

Le chef de file des sénateurs écologistes, Jean-Vincent Placé, franchit un palier supplémentaire dans la critique de l’exécutif. « Je souhaite la réussite de François Hollande, la réussite du gouvernement mais, malheureusement, j’ai l’impression qu’ils vont dans le mur », a-t-il déclaré hier sur France Bleu 107.1 avant de souhaiter que François Hollande « revienne dans les souliers du Bourget », en allusion au discours bien ancré à gauche du candidat socialiste à la présidentielle. Et d’expliciter : « Le gouvernement a pris un virage social-libéral vaguement consensuel avec l’Allemagne mais dont on voit les limites absolues aujourd’hui en termes de croissance. » Copé, UMP pense aussi que le gouvernement va dans le mur mais va plus loin sur l’incompétence de Hollande  Jean-François Copé, président du principal parti de l’opposition française, affirme que « la question se pose aujourd’hui de savoir si François Hollande est vraiment capable de diriger la France », dans une interview à paraître jeudi. Le gouvernement de François Hollande « n’a pas de méthode, pas de cap », affirme Jean-François Copé, président de l’UMP, dans cette interview à Valeurs Actuelles, également publiée à partir de jeudi sur le site de cet hebdomadaire. « Son gouvernement se noie dans ses contradictions. Dans l’esprit des Français, le doute s’est installé, sur les deux qualités qui, de mon point de vue, définissent l’aptitude au commandement: la compétence et l’autorité », ajoute-t-il. Jean-François Copé affirme également que l’équipe gouvernementale « s’apparente plus à un bateau ivre qu’à un gouvernement capable de conduire les destinées de la cinquième puissance du monde ».

 

Le gaspillage des 32 milliards annuels de la formation permanente

Le gaspillage des 32 milliards annuels de la formation permanente

 

La manne de la formation professionnelle (32 milliards d’euros par an) représente 1,6% du PIB, ce qui est énorme. L’argent vient de l’Etat, des régions et des entreprises.  D’après un rapport public thématique sorti en janvier 2013, plusieurs choses ne vont pas.  D’abord, les salariés qui bénéficient le plus de la formation professionnelle sont ceux qui sont déjà … les mieux formés ! Un cadre, ou un ingénieur, a deux fois plus de chances qu’un ouvrier d’avoir une formation au cours d’une année. Par ailleurs, c’est dans les grandes entreprises qu’on accède le plus à la formation. Dans les entreprises de moins de 20 salariés, 15% des personnes seulement accèdent à une formation. 51% dans les sociétés de 500 salariés et plus.  Quant aux chômeurs, seuls 10 % d’entre eux suivent aujourd’hui une formation.     La solution serait-elle d’affecter les 32 milliards d’euros de la formation uniquement aux chômeurs, comme le suggère Jacques Attali ? Pas forcément. Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail, explique que « la formation professionnelle est en soit un puissant outil de lutte contre le chômage en amont, en anticipation. Une personne qui, dans une évolution très rapide des connaissances, peut grâce à la formation professionnelle renouveler ses compétences ses capacités professionnelles est beaucoup plus à l’abri du chômage que quelqu’un qui pendant 20 ans, 30 ans 40 ans, travaille au même poste sur le même métier et sans renouveler sa connaissance ».  Reste qu’il y a d’autres problèmes dans la formation professionnelle. Celui du contrôle insuffisant des OPCA, ces organismes qui collectent l’argent. Les frais de fonctionnement y sont souvent élevés. Il peut aussi y avoir des dérives dans les centres de formation avec des stages fantômes. Quand au patronat et aux syndicats, ils sont effectivement fréquemment accusés de se servir de l’argent de la formation pour se financer, comme le dit Jacques Attali. Les partenaires sociaux ne gèrent toutefois pas l’intégralité des 32 milliards de la formation professionnelle, mais environ huit milliards.

 

Versement lybien de 500.000 euros : Claude Guéant dément

Versement lybien de 500.000 euros : Claude Guéant dément

Joint par France Info, Claude Guéant a confirmé que des documents relatifs à un versement de plus de 500.000 euros sur un de ses comptes « ont été saisis » lors d’une perquisition menée en février dernier. Selon le Canard enchaîné – qui révèle l’information dans son édition à paraître mardi – les enquêteurs auraient également découvert des traces d’importants paiements de factures en liquide. Pour Claude Guéant, ce demi-million d’euros versés sur son compte correspond à la vente « d’un bien dont j’avais fait l’acquisition il y a 20 ans ». Il s’agirait de peintures du XVIIe siècle d’un peintre hollandais. Et l’ancien ministre et directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy d’expliquer: « J’ai tous les justificatifs et ils sont à la disposition de la justice. » Cette perquisition est intervenue à la suite de l’ouverture d’une enquête préliminaire dans un éventuel financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007. L’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takiedine avait affirmé détenir les preuves d’un tel financement. Selon Claude Guéant, « il n’y a aucune espèce de financement libyen dans cette affaire. À aucun moment, je n’ai vu de l’argent libyen ni entendu parler d’argent libyen. Je suis définitif et catégorique sur ce point ». Concernant les paiements en liquide, Claude Guéant explique que « jusqu’en 2006, les cadres du ministère de l’Intérieur avaient des indemnités payées en espèces et étant bénéficiaire j’ai payé en espèces« . Indemnités dont Guéant a reconnu qu’elles n’avaient pas été déclarées.  Pour lui, il s’agit de « petites sommes d’argent ».Depuis le 19 avril, la justice a ouvert une information judiciaire. Claude Guéant s’attend « à être entendu par les juges et je souhaite être entendu pour mettre un terme à ces informations qui circulent ».

Economie, politique, société: pages les plus regardées 29 avril 2013

 chansons-poèmes de  g.bessay:

 

 

1500 milliards de créances douteuses dans les banques plombent le crédit

1500 milliards de créances douteuses dans les banques plombent  le crédit

 

. Les responsables monétaires européens sont de plus en plus agacés par les réticences des autorités nationales, des régulateurs et des banques elles-mêmes à engager un nécessaire nettoyage des bilans après des années d’atermoiements. Selon KPMG, les créances douteuses des banques européennes atteindraient près de 1.500 milliards d’euros, dont 600 milliards pour les seuls établissements britanniques, espagnols et irlandais. Dans une récente étude sur le sujet, le cabinet de consultants souligne que « toute une série d’opérations de réduction de bilan ne s’est pas encore matérialisée », les banques préférant proroger des prêts plutôt que de céder des portefeuilles et de constater des pertes. Une initiative de la BCE qui permettrait de relancer le crédit en particulier pour les entreprises petites et moyennes est largement anticipée, même si ses implications budgétaires pourraient la renvoyer après le Conseil européen de la fin juin plutôt qu’à l’occasion de la prochaine réunion du conseil des gouverneurs, jeudi à Bratislava. Pour autant, certains facteurs expliquant le rationnement présumé du crédit sont en dehors du champ d’intervention directe de la BCE. « La BCE n’a pas de baguette magique », a récemment déclaré Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE. « La banque centrale ne peut pas compenser le manque ou la mauvaise allocation des fonds propres. C’est une question qui doit être traitée, d’une manière ou d’une autre, par d’autres parties prenantes », a-t-il souligné. Les entreprises non-financières ont été les premières touchées par la chute du crédit, les banques européennes ayant réduit de 365 milliards d’euros leurs facilités de crédits au cours des quatre dernières années, soit un recul de 7,5%. Les banques espagnoles ont diminué d’un tiers leurs prêts aux entreprises tandis que leurs homologues irlandaises prêtent aujourd’hui moitié moins, selon les données de la BCE. Le crédit aux ménages n’est pas en reste avec des prêts bancaires en baisse de 8,6% par rapport au dernier plus haut.

 

Europe : révolte contre l’austérité

Europe :  révolte contre l’austérité

 

Après l’OCDE, un certain nombre de gouvernants européens parmi lesquels François Hollande, et de plus en plus d’économistes, c’est au tour du président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz de remettre en cause l’austérité actuellement en vigueur en Europe. Dans une interview publiée samedi par le quotidien belge L’Echo, il estime les gouvernements des pays de l’Union européenne (UE) vont « beaucoup trop loin ». « Concernant le niveau national, nous sommes engagés beaucoup trop loin dans la politique d’austérité. L’argument qui consiste à dire qu’avec la réduction des budgets publics, la confiance des investisseurs revient, est manifestement faux. Aucune économie nationale ne se redresse sans une relance économique avec des investissements stratégiques », explique-t-il. De son côté, dans une interview accordée  au quotidien La Libre Belgique, le Premier ministre belge Elio Di Rupo ne dit pas autre chose, jugeant que « l’austérité nuit à la santé » et que « dans les mois qui viennent, nous devons travailler au sein de l’Union européenne pour modifier le tir ».  »Les choses évoluent. Ecoutez le FMI, l’OCDE… Que disent-ils? Qu’il faut arrêter les politiques d’austérité, la zone euro étant la plus mal lotie dans le monde en termes de reprise. Ce n’est pas parce qu’on a une crise aujourd’hui qu’on va balayer tout ce qui a été acquis depuis la Seconde guerre mondiale. », estime Elio Di Rupo. . A propos de la position de la chancelière allemande, qui défend l’orthodoxie budgétaire et dont les socialistes français ont, dans un texte publié vendredi, fustigé « l’intransigeance égoïste », Martin Schulz estime qu’ »on ne peut pas accuser Angela Merkel de décider seule, alors qu’il y a 26 autres dirigeants autour de la table » au Conseil européen et que l’Allemagne « n’a qu’une voix ». « Le seul qui a contredit cette approche, c’est François Hollande, qui a demandé un paquet croissance. Mais où sont restées ces mesures ? Je vais le répéter, le 22 mai, à nouveau aux dirigeants européens » lors du prochain sommet, promet-il.  Concernant le projet européen dans son ensemble à l’approche des élections européennes de 2014, il dit « comprendre les gens qui sont déçus » et juge que « l’Union européenne est dans un état lamentable ».  »Il faut aller chercher les citoyens là où ils se trouvent. Et ils se trouvent actuellement dans une situation de scepticisme compréhensible: il y a l’inefficacité de l’Union européenne, le manque de transparence dans les décisions, une troïka qui impose certaines mesures aux pays… (…) La Banque centrale européenne, quelle est sa responsabilité démocratique? Le FMI, quelle est sa responsabilité démocratique? Il faut qu’on admette que les gens ne comprennent plus le fonctionnement de l’UE », avance Martin Schulz.

 

Austérité européenne : la mauvaise stratégie

Austérité européenne : la mauvaise stratégie

 

“La politique d’austérité a atteint ses limites”, assure José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne. C’est la première fois que Bruxelles remet en cause cette politique. Il était temps de s’apercevoir qu’une seule voie pour des pays si différents ne fonctionne pas, commente la Süddeutsche Zeitung.    Les responsables politiques se gargarisent régulièrement de la diversité européenne. Ils se réfèrent dans ces cas-là aux traditions culturelles – pour la plupart jugées intéressantes et enrichissantes – qui se sont développées au-delà de leurs frontières nationales. Ils se réjouissent de ces différences et ne demandent qu’à les préserver. Il est toutefois intéressant de noter que toute forme de ravissement, et même de tolérance, disparaît de leur esprit dès lors qu’il s’agit de diversité économique. En matière de politique budgétaire, les responsables européens sont pour l’unité monolithique. Tous les pays membres, et notamment ceux de la zone euro, doivent remplir exactement les mêmes conditions, et les performances économiques de chaque pays doivent être mesurées selon les mêmes critères. Et qu’importe si les traditions économiques européennes sont très différentes entre pays. Dans le contexte de crise actuelle, l’idée selon laquelle il faudrait tous fonctionner selon le même modèle est arrivée à ses limites. Le Portugal, l’Espagne, la Grèce et l’Irlande ont adopté de vastes programmes d’économies et de réformes afin d’assainir leurs finances et de satisfaire aux critères européens imposés à tous. Mais ils n’arrivent pas à atteindre ces objectifs. Et les dettes s’accumulent. D’un point de vue purement économique, il est parfaitement censé de vouloir d’abord réduire son endettement et de lancer des réformes pour renouer avec une croissance solide. Le problème est que, dans les faits, cette stratégie ne marche pas. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, n’a pas tort quand il admet qu’une idée politique ne doit pas seulement être valable mais que les citoyens doivent l’accepter, sans quoi elle restera inapplicable. Les sociaux-démocrates européens ont immédiatement réagi en félicitant Barroso d’être enfin sorti de son coma de cinq ans. Cela paraît peut-être démagogue mais ça n’en est pas moins vrai. Cela fait déjà longtemps que l’on sait que les pays les plus aux prises avec la crise ne voient pas leur situation s’arranger: ils réduisent leurs dépenses et votent des réformes pendant que les faillites d’entreprises se multiplient et que le chômage augmente. L’appareil d’Etat est à l’arrêt, les décisions des tribunaux ne sont plus notifiées parce que les photocopieuses sont en panne, les employés doivent apporter leurs propres stylos et rouleaux de papier toilette au travail, les hôpitaux n’ont plus de réserve de médicaments. En Espagne, un habitant sur huit vit dans la pauvreté aujourd’hui. On parle ici de situations que les habitants d’autres pays peuvent à peine imaginer. De ce constat, on peut tirer deux conclusions. Il est évident que les pays de la zone euro ne peuvent pas faire une croix sur leurs programmes d’économies et de réformes du jour au lendemain. Cela ébranlerait trop la confiance dans la monnaie européenne. Certains aménagements sont toutefois nécessaires: la commission européenne peut assouplir les règles du pacte de croissance et de stabilité pour donner beaucoup plus de temps aux pays en crise pour atteindre leurs objectifs. A terme, il faudra également s’interroger sur la pertinence de ce pacte (hier porté aux nues) et de ses règles strictes et indifférenciées. La crise le montre bien: malgré la monnaie unique, c’est la diversité économique qui domine en Europe.

 

2 millions de jeunes de 15-29 ans sans emploi et sans formation

2 millions de jeunes de 15-29 ans  sans emploi et sans formation

 

Selon le Conseil d’analyse économique (CAE), 17 % des jeunes de cette classe d’âge échappent au système scolaire ou professionnel. Plus grave encore: 900.000 jeunes ont quitté le cursus scolaire sans diplôme, donc sans aucun viatique pour l’emploi. Ce chiffre, plus élevé qu’ailleurs, est source d’inquiétude. «Si la crise a affecté l’ensemble des pays développés, nombre de pays européens connaissent des taux d’emplois des jeunes supérieurs au nôtre», soulignent les auteurs de cette analyse, Pierre Cahuc, Stéphane Carcillo et Klaus Zimmermann. Pour tenter d’inverser la tendance, le CAE prône la mise en place de deux types de mesures: celles qui amèneront le jeune vers l’emploi, puis celles qui inciteront les entreprises à l’accueillir. Ces deux axes d’un même engrenage vertueux sont forgés autour de deux idées maîtresses. Dans un premier temps, le CAE prône le développement de l’enseignement professionnel via l’alternance emploi-étude. En Allemagne, c’est une réussite: 50 % des jeunes utilisent cette possibilité, contre 25 % en France. «En outre, la hausse récente de l’apprentissage est le fait des diplômés alors que l’effort devrait être concentré sur les jeunes sans diplôme», note cette instance qui dépend directement du premier ministre. Ce constat engendre une proposition simple: réorienter les fonds alloués aux emplois d’avenir vers la formation des jeunes sans diplôme, en subventionnant 120.000 emplois avec une formation en alternance (secteur marchand) et 750.000 formations à plein temps dans les programmes de «la deuxième chance». Dans un second temps, du côté des entreprises, le CAE suggère de supprimer l’obstacle du salaire minimum pour les jeunes peu qualifiés: des allégements de charges ciblés seraient réservés aux contrats de génération pour les rémunérations inférieures à 1,6 fois le smic. «Les sommes dégagées seraient réallouées à l’accompagnement des jeunes», poursuivent ces experts qui proposent, en outre, la simplification de la rupture du contrat de travail pour motif économique. Une réelle alternative entre des CDI trop stables et des CDD qui le sont trop peu. En ouvrant le RSA aux jeunes et en triplant les moyens de l’État pour l’accompagnement, le CAE voudrait ainsi inverser les courants de cette inquiétante

 

Réforme hôpital : on verra plus tard !

Réforme hôpital : on verra plus tard !

 

 La ministre de la Santé, Marisol Touraine, s’est contentée de dégager des « orientations », ce lundi, après avoir reçu un rapport sur le « pacte de confiance à l’hôpital » des mains du conseiller à la Cour des comptes, Edouard Couty, auquel elle avait confié une mission en septembre. Il s’agit avant tout de « redonner de la force, de l’élan, de la fierté à l’hôpital », a-t-elle expliqué. Et au passage de « tacler » la droite et la loi hôpital, patients, santé et territoires (HPST), préparée par Roselyne Bachelot et votée en 2009. « Je veux tourner la page », a poursuivi la ministre. Concrètement, Marisol Touraine s’est engagée à « réintroduire le service public hospitalier dans la loi ». Mais cette notion très symbolique ne sera pas « définie avec précision » avant la loi de santé publique promise pour 2014. Les mesures les plus controversées de la loi HPST seront en partie annulées. Elles concernent la gouvernance des établissements. Nicolas Sarkozy voulait « un seul patron » à l’hôpital, le directeur. Marisol Touraine s’engage à redonner un peu de pouvoir aux médecins, via la commission médicale d’établissement qui les représente au sein des hôpitaux. Un décret en ce sens sera signé « avant l’été ». Et les patients seront mieux représentés au travers de « comités techniques des usagers » dans les grands établissements. Marisol Touraine a aussi réaffirmé son intention de réformer la façon dont les hôpitaux sont financés, mais sans annoncer de mesures précises pour l’instant. Les deux tiers de leurs ressources proviennent aujourd’hui de la tarification à l’activité (T2A). A chaque acte correspond un prix facturé par les établissements à l’assurance-maladie. Il n’est pas question de supprimer la T2A. Le rapport Couty souligne que tous les acteurs du monde de l’hôpital auditionnés pendant la mission « ont refusé le retour en arrière ». Mais le système actuel a « trouvé ses limites », et il est « inflationniste », a jugé la ministre, car il incite les hôpitaux à multiplier les actes pour accroître leurs ressources. Le système n’est pas adapté, en particulier, aux pathologies chroniques comme le diabète, estime Marisol Touraine. Au lieu « d’additionner une série de tarifications », il faudrait tenir compte d’une « prise en charge dans la durée, à l’hôpital mais aussi en médecine ambulatoire ». Le gouvernement s’engage à prendre des premières mesures pour faire évoluer la tarification dans la prochaine loi de financement de la Sécurité sociale, à l’automne. Ces orientations très générales ont été immédiatement critiquées à droite. Philippe Juvin, spécialiste des questions de santé à l’UMP, a dénoncé des « incantations » et « un enfumage », alors que, « en même temps, le gouvernement coupe les vivres à l’hôpital public ». Le ministère a annoncé la semaine dernière une baisse des tarifs que les établissements facturent à l’assurance-maladie en 2013. « On ne peut qu’être d’accord avec le discours de la ministre, qui est plein de bonnes intentions. Mais la réalité des décisions qui ont été prises la semaine dernière pénalisent l’hôpital », réagit Gérard Vincent, délégué général de la Fédération hospitalière de France, qui représente les 1.200 établissements publics. « Les arbitrages budgétaires ne correspondent pas du tout à une inflexion des politiques antérieures, mais restent construits sur les mêmes logiques d’accroissement indéfini des séjours et de baisse des tarifs », a critiqué la CFDT. « Les propositions ne sont pas à la hauteur de la crise que traverse l’hôpital public », a aussi estimé la CGT.

 

« Pigeons » : Hollande retourne sa veste

« Pigeons » : Hollande retourne sa veste

.  L’opération reconquête des milieux de l’entreprise se poursuit pour le chef de l’Etat. A trois jours des défilés syndicaux du 1er mai, c’est aux patrons que François Hollande va, en effet, s’adresser, ce lundi 29 avril après-midi, lors d’un discours de conclusion des Assises de l’entreprenariat. Une façon de leur demander d’investir et d’embaucher alors que le chômage vient encore d’augmenter pour la 5eme année consécutive.  Devant un partère de 300 chefs d’entreprises, il devrait annoncer des mesures en faveur de l’investissement et un régime fiscal favorable, comme l’avaient réclamé les « pigeons ». Sans remettre en cause l’intégration des gains réalisés lors des plus-values dans l’impôt sur le revenu, le président devrait dévoiler un système d’abattement fiscal plus favorable que celui prévu dans la loi de Finances pour 2013.   Selon Les Echos du 29 avril, deux régimes fiscaux seraient instaurés. Le premier, de droit commun, prévoirait des abattements jusqu’à 65%, l’abattement étant de 50% au bout de deux ans de détention.  Le second serait ouvert aux investisseurs dans des entreprises de moins de 10 ans, ainsi qu’à tous les bénéficiaires des exonérations actuelles (départ à la retraite, reclassements familiaux…). L’abattement maximum atteindrait 85 %. Ces régimes remplaceraient les mécanismes fiscaux existants qui varient selon le statut de l’investisseur, entrepreneurs ou non, ou le nombre de parts détenues dans le capital.

 

Patrimoine : les parlementaires PS veulent cacher leurs sous !

Patrimoine : les parlementaires PS veulent cacher leurs sous !

 

Les parlementaires PS sont en colère, ils veulent bien de la « transparence » du patrimoine mais à condition de ne pas le rendre public ! Jean-Jacques Urvoas et Jean-Pierre Sueur, ont publié mercredi un communiqué commun pour réaffirmer leur volonté d’élaborer «un mécanisme permettant de concilier transparence, contrôle et respect de la vie privée auquel a droit tout individu». C’est dire la méfiance des parlementaires, qui vont tout faire pour encadrer la publication de leurs déclarations de patrimoine, que le gouvernement les incite à faire. Avant même la présentation en Conseil des ministres des projets de loi sur la transparence de la vie publique, qualifié de «tournant pour nos institutions» par François Hollande, une réunion au sommet s’est tenue mercredi, à 8 h 30, au Palais du Luxembourg. Autour de la table, les présidents des deux Assemblées, Claude Bartolone et Jean-Pierre Bel, et les deux présidents des groupes socialistes, Bruno Le Roux et François Rebsamen, tous déterminés à se frayer une voie – législative – pour empêcher la publicité intégrale des déclarations de patrimoine des élus, «qui n’existe nulle part ailleurs en Europe», rappelle Thierry Mandon, le porte-parole du groupe des députés PS. Dans le projet de loi organique présenté mercredi, il est indiqué à l’article premier que «les déclarations déposées par le député (…) sont rendues publiques par la Haute Autorité de la transparence de la vie publique». Quatre paragraphes suivent, pour indiquer les «éléments» qui ne peuvent pas être rendus publics: les adresses personnelles, les noms des conjoints, du partenaire ou du concubin, ceux des autres membres de la famille, les indications autres que le nom du département, les adresses des établissements financiers ou encore les numéros des comptes détenus. Il est précisé qu’«un décret en Conseil d’État précise les modalités d’application du présent article». Thierry Mandon relève que «les modalités de la publication restent assez floues, ce qui laisse une marge pour protéger la vie privée des parlementaires».  Christophe Borgel, député PS de Haute-Garonne, résume l’état d’esprit de ses collègues quand il explique: «Je partage la volonté du gouvernement d’aller vers une République exemplaire. Mais ne mettons pas le petit doigt dans la République du soupçon.» Bernard Roman, député socialiste du Nord, ne cache pas son indignation: «À quoi ça sert? Qu’on me le dise! L’esprit de la République, c’est d’arriver devant les électeurs avec ses idées, pas avec sa particule et son patrimoine. Ça, c’était le suffrage censitaire. C’est fini!» Le président du groupe des radicaux de gauche, Roger-Gérard Schwartzenberg, a diffusé mercredi un communiqué explicite: «Étalage et déballage ne peuvent devenir les deux piliers de la vie publique. Il serait très regrettable d’entrer dans une démocratie du peep show». Le député radical de gauche des Charente-Maritime Olivier Falorni n’est pas en reste: «Va-t-on remonter mon arbre généalogique, et vérifier si mon arrière-grand-père n’était pas un mafieux

 

Sapin: « ne sent pas la confrontation sociale » ! Il a le nez bouché ?

Sapin: «  ne sent pas la confrontation sociale » ! Il a le nez bouché ?

« Je n’ai pas le sentiment qu’il y ait devant nous une crainte d’une confrontation – pour reprendre ce terme à la mode aujourd’hui – sociale, ni politique d’ailleurs », a affirmé M. Sapin, invité du « Grand rendez-vous » Europe1/i-Télé/Le Parisien-Aujourd’hui en France. Sept Français sur dix (70%) estiment que la France pourrait connaître une explosion sociale au cours des prochains mois, selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest France.   »On est plutôt, me semble-t-il, en tous les cas c’est la volonté du président de la République (…) et la volonté du gouvernement, dans une phase d’apaisement pour agir », a-t-il ajouté.   »C’était très difficile d’apaiser lorsque, sur le mariage pour tous, il y avait une telle montée en puissance de toutes les formes d’intégrisme, intégrisme social, intégrisme religieux, intégrisme de toute nature: l’intégrisme c’est rarement apaisant », a-t-il remarqué.   »Maintenant, rentrons dans une phase d’apaisement, je pense qu’elle peut être partagée par tous », a-t-il souligné.  La première année du mandat de François Hollande a été « un an d’action, un an de construction, un an de réorientation et (…) ce n’est pas au bout de neuf ou douze mois que l’on juge les résultats d’une action », a indiqué le ministre du Travail.  Quant à un gouvernement d’union nationale, souhaité par 78% des Français selon un sondage Ifop, il ne serait « pas efficace »: « ça voudrait dire s’appuyer sur quelque chose qui n’existe pas », selon lui.   »Il y a une majorité à l’Assemblée nationale, on ne va pas chercher une nouvelle majorité. Cette majorité, elle est là, elle est solide, elle peut débattre en son sein mais elle soutient l’action du gouvernement et du Président de la République », a-t-il déclaré.  Concernant la réforme des retraites, l’un des thèmes majeurs de la conférence sociale des 20 et 21 juin, « avant la fin de l’année, nous aurons pris les décisions qui permettront de faire en sorte que le système de retraite soit pérenne, stable, solidaire et juste à long, moyen et court terme », a noté M. Sapin.  Interrogé sur le traditionnel défilé du 1er mai, il a dit « regretter » qu’il y ait deux cortèges, d’un côté la CGT, de l’autre la CFDT.

 

Marine: Médiapart veut salir le FN avec le compte en Suisse de JM Lepen

Marine: Médiapart veut salir le FN avec le compte en Suisse de JM Lepen

La présidente du Front National, Marine Le Pen, interrogée jeudi sur l’affaire Cahuzac et notamment sur le compte suisse détenu par son père a dénoncé les agissements du patron du Mediapart, Edwy Plenel qui selon elle « cherche à salir le FN ». « Dans les hautes personnalités que l’on voit tous les jours à la télévision, il y en a une kyrielle qui ont été condamnées et qui pourtant continuent à avoir une belle carrière. » « Monsieur Ayrault, Désir, Juppé, Tapis… la liste des affaires très graves qui ont secoué la Vème République est tellement longue » a estimé sur RTL Marine Le Pen, avant d’ajouter : « Je pense qu’un grand nombre de responsables politiques de haut niveau ne font pas l’objet du contrôle nécessaire », rappelant que son père avait fait l’objet de 17 contrôles fiscaux par le passé.  Interrogée sur le compte suisse de son père, ouvert en 1981, la présidente du FN a déclaré que Edwy Plenel, le patron de Mediapart qui avait révélé l’information cherchait « à salir » le parti, ajoutant que c’était « indigne de la presse et de la classe politique ».

 

Trierweiler : nouvelle plainte pour détournement de fonds publics

Trierweiler : nouvelle plainte pour détournement de fonds publics

Xavier Kemlin ne lâche pas l’affaire. Alors que sa première plainte à l’encontre de Valérie Trierweiler pour « détournement de fonds publics » déposée en mars dernier a été classée sans suite, l’arrière petit-fils de Geoffroy Guichard et héritier du groupe Casino semble bien décidé à faire condamner la Première Dame.  Cette semaine, il a déposé une seconde plainte et accuse Valérie Trierweiler d’occuper des bureaux à l’Elysée et de bénéficier de personnels pour des fonctions « pas clairement définies » alors qu’elle n’est dépositaire d’aucune autorité légale, rapporte l’agence Sipa. Pour Xavier Kemlin, les activités de Valérie Trierweiler seraient financées par l’argent public. Il accuse donc la journaliste de recel de détournement de fonds publics, dans cette nouvelle plainte déposée devant un juge d’instruction à Paris. Me Buffard, avocat du très procédurier héritier du groupe Casino, s’est exprimé sur RTL et a précisé les intentions de son client.  « Il espère que, par cette démarche, nous aurons des informations précises sur la situation de Madame Trierweiler. » L’avocat pointe donc du doigt ce qui pose problème à Xavier Kemlin : la situation amoureuse du couple qui occupe l’Elysée.  Et l’avocat d’ajouter que son client « considère qu’à une époque où l’on nous demande une transparence totale, celle-ci doit s’appliquer à tous les niveaux de l’État, y compris au sommet ». Le conseil de l’héritier a également tenu à préciser que sa démarche « n’a rien de politique » et qu’elle n’est « téléguidé par personne » car il « n’appartient à aucun parti politique ». Une précision indispensable, s’il en est.

L’intransigeance de Merkel « dénoncée » par le PS

L’intransigeance de Merkel « dénoncée » par le PS

 

Le Parti socialiste français fustige « l’intransigeance égoïste » de la chancelière Angela Merkel et appelle à « l’affrontement démocratique » contre l’Allemagne. La charge fait suite à de vives critiques de l’aile gauche du PS à l’égard de la politique de rigueur européenne, incarnée selon elle par Angela Merkel, et d’un plaidoyer de Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, en faveur d’une « confrontation » avec Berlin là où François Hollande parle d’une « tension amicale ». Le PS développe son argumentaire dans un document de 21 pages, coordonné par le député Jean-Christophe Cambadélis, vice-président du Parti socialiste européen (PSE), qui sera soumis aux militants dans la perspective de la Convention du parti sur l’Europe prévue le 16 juin. Le Monde en publie vendredi l’intégralité. « Etre socialiste européen aujourd’hui, c’est d’abord s’indigner », peut-on lire avant une critique en règle de la politique des conservateurs européens résumée ainsi : « Les marchés avant les peuples ». « Le projet communautaire est aujourd’hui meurtri par une alliance de circonstance entre les accents thatchériens de l’actuel Premier ministre britannique – qui ne conçoit l’Europe qu’à la carte et au rabais – et l’intransigeance égoïste de la chancelière Merkel – qui ne songe à rien d’autre qu’à l’épargne des déposants outre-Rhin, à la balance commerciale enregistrée par Berlin et à son avenir électoral », est-il écrit. Le gouvernement français, qui selon le PS est le seul « sincèrement européen » parmi les grands pays de l’UE, doit « affronter démocratiquement la droite européenne » en se confrontant politiquement à la droite allemande, juge le parti. « L’amitié entre la France et l’Allemagne, ce n’est pas l’amitié entre la France et la politique européenne de la chancelière Merkel », souligne-t-il. Critiquant la stratégie diplomatique passée de Nicolas Sarkozy envers l’Allemagne, le PS considère que « la proximité » n’est pas « la facilité des embrassades ». « Le sens de la relation franco-allemande, c’est d’être porteuse de projets. Ce qui suppose l’égalité entre partenaires et l’ouverture aux autres. Nous avons vocation à être un moteur pour l’Europe », affirment les rédacteurs. La direction du PS, qui rappelle que ce projet n’est qu’un « document de travail » susceptible d’amendements, assure que le texte « n’est absolument pas anti-allemand ». « C’est un projet qui s’inscrit dans un rapport de forces avec les conservateurs européens », a-t-on expliqué à Reuters. « On assume une amitié très forte entre les peuples français et allemand, mais on assume aussi ce rapport de forces », a-t-on ajouté.

 

« Confrontation avec l’Allemagne, » le PS de Guy Mollet (Mélenchon)

Confrontation avec l’Allemagne, le PS de Guy Mollet (Mélenchon)

 

 

Mélenchon a résumé la situation à propos de l’Allemagne et du PS ; le PS parle fort comme le parti socialiste de Guy Mollet mais agit peu. En faiat un double langage puisque le PS s’agite et demande l’affrontement des doctrines économiques avec l’Allemagne mais en faiat au plan européen s »aligne, comme Sarkozy, sur l’Allemagne à Bruxelles. Le ministre du Travail, Michel Sapin, a estimé de son côté qu’utiliser le terme de confrontation avec l’Allemagne était « totalement inapproprié, inadapté ». « Il ne s’agit pas de se confronter avec un pays (….) il s’agit encore moins de se confronter avec une personne, (la chancelière) Angela Merkel », a-t-il dit lors du grand rendez-vous Europe1-i>TELE-Le Parisien. « Il s’agit de débattre en Europe à vingt-sept et pas simplement avec l’Allemagne, de la meilleure politique possible dans les mois et les années qui viennent pour faire en sorte que toute l’Europe retrouve de la croissance et que toute l’Europe remette de l’ordre dans ses finances ». Pour Michel Sapin, il peut y avoir des « débats fermes » avec l’Allemagne « mais le débat pour réorienter une politique, ce n’est pas la confrontation avec un pays et encore moins avec une personnalité ». Jeudi, Claude Bartolone a plaidé pour une tension, voire une confrontation » de la France avec l’Allemagne pour obtenir que l’Union européenne renonce à imposer rigueur et austérité à ses membres dans l’environnement de crise économique actuel. Dans la foulée, un projet de document du PS s’en est pris à « l’intransigeance égoïste » d’Angela Merkel sur le sujet, obligeant le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à intervenir pour obtenir la suppression des passages les plus virulents et à défendre, via un message « tweeté », « un dialogue intense et sincère » entre Paris et Berlin. Selon Manuel Valls, « faire croire à nos compatriotes que c’est l’Allemagne qui porte seule la responsabilité de la situation actuelle, c’est renforcer les populismes qui gagnent l’Europe. » « Il ne peut pas y avoir de recherche de bouc-émissaire qui aurait le visage d’Angela Merkel. Si elle gagnait les élections en septembre, que ferions-nous? Nous déclarerions la guerre à l’Allemagne? », a-t-il demandé. Interrogé sur le document du Parti socialiste, Michel Sapin a estimé qu’ »il peut y avoir la tendance, la volonté d’exprimer de manière outrancière la réalité d’un débat », pour ajouter: « Mais si on veut que le débat ait vraiment lieu, il faut éviter les mots qui blessent. » Sur Canal+, la présidente du Front national Marine Le Pen s’est étonnée « qu’il ait fallu tant de temps au Parti socialiste pour se rendre compte que Mme Merkel défendait les intérêts de l’Allemagne et défendait l’austérité », avec pour « seul et unique objectif de sauver l’euro. » Jean-Luc Mélenchon, du Parti de gauche, a estimé pour sa part sur France 3 que les socialistes « ont compris qu’il n’y a pas d’Europe constructible et viable qui ne passe par un rapport de force et un changement complet de cap ». Mais il a mis en garde contre un « molletisme européen » des socialistes -en référence à l’ancien dirigeant de la SFIO, l’ancêtre du PS, dans les années 1950 et 1960, Guy Mollet- à savoir qu’ »on parle très fort et après on fait le contraire », en l’occurrence qu’ils « aboient sur Mme Merkel de manière à ce qu’on ne regarde pas trop ce qu’ils sont en train de faire, c’est-à-dire du Merkel en France. »

 

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