Mortalité : plus 9 % en un an

Mortalité : plus 9 % en un an

Sur l’ensemble de l’année 2020, la France a enregistré 54.700 décès de plus qu’en 2019, soit une surmortalité de 9%.

D’après l’INSEE le nombre de décès, toutes causes confondues, enregistrés en France entre le 1er janvier et le 22 février était supérieur de 14% à celui comptabilisé sur la même période de 2020, une proportion qui reste stable depuis le début de l’année.

Comparé à la même période de 2019, la hausse n’est en revanche que de 5%, une différence qui s’explique par le fait que la grippe saisonnière a été plus meurtrière début 2019 que début 2020, précise l’institut statistique dans son bilan hebdomadaire des décès pendant l’épidémie de Covid-19.

Depuis début janvier, la mortalité est relativement stable. En moyenne 2.140 personnes sont mortes chaque jour en janvier. Pour le mois de février, le nombre moyen de décès quotidiens « serait en légère diminution », autour de 2.000, selon des données encore provisoires.

A titre de comparaison, au moment du pic de la deuxième vague, entre le 1er et le 15 novembre, quelque 2.260 morts étaient comptabilisés chaque jour en moyenne, soit 33% de plus qu’à la même période de 2019.

A partir de mars, le suivi de la mortalité en 2021 impliquera de « privilégier la comparaison avec l’année 2019, année sans épidémie Covid », même si la grippe saisonnière a été virulente cette année-là, a par ailleurs annoncé l’Insee dans cette publication.

Ainsi, comparé à 2019, l’excédent de mortalité constaté entre le 1er janvier et le 22 février 2021 est le plus important dans les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur (+16%), dans le Grand Est (+14%) et en Bourgogne-Franche-Comté (+13%).

Sur l’ensemble de l’année 2020, la France a enregistré 54.700 décès de plus qu’en 2019, soit une surmortalité de 9%.

Vaccination : 1 million de vaccinations possibles par semaine dans les pharmacies ?

Vaccination : 1 million de vaccinations possibles par semaine dans les pharmacies ?

À partir du 15 mars les pharmacies seront enfin autorisées à procéder à la vaccination contre le Coronavirus. Évidemment ,c’est  le dispositif le plus efficace et proche de la population. Pour masquer le manque dramatique de vaccins, les pouvoirs publics et les élus locaux ont parfois monté des vaccinodromes qui dans la plupart des cas  ne fonctionnent plus faute de vaccins.

Le dispositif complexe de vaccination est d’abord complètement compréhensible ensuite la logistique n’est pas adaptée enfin et surtout au manque cruellement de vaccins. Jeudi à l’occasion d’une conférence de presse, Jean Castex a annoncé que les pharmacies auraient accès aux vaccins à partir de la semaine du 15 mars, quelques jours après l’annonce de l’accès des vaccins aux médecins de ville. Car le gouvernement a un objectif ambitieux : avoir vacciné d’ici la mi-mai « au moins 20 millions de personnes » et 30 millions à la fin de l’été. Reste à savoir si l’intendance va suivre notamment l’approvisionnement en vaccins.

L’aide des pharmaciens est la bienvenue et l’objectif n’est pas irréalisable juge Philippe Besset, le président des syndicats pharmaceutiques.

« On s’est engagés à faire 10 vaccinations par jour, qu’il y a 18.500 pharmacies en France. On peut donc vacciner 1 million de personnes par semaine dans les pharmacies. Il y a 18 semaines d’ici la mi-juillet ce qui fait qu’on pourra vacciner 18 millions de personnes », prévoit-il

18+3 qui font donc 21 millions de vaccination auxquelles il faudra ajouter 9 millions de vaccinations auprès des médecins, dans les Ehpad et dans les hôpitaux afin d’atteindre l’objectif de Jean Castex. Un chiffre élevé mais pas inatteignable croit visiblement savoir l’exécutif.

Baisse des ventes de médicaments sans ordonnance en 2020

Baisse des ventes de médicaments sans ordonnance en 2020

En 2019, le chiffre d’affaires des médicaments vendus hors prescription médicale en pharmacie avait reculé de 4%. En 2020, en pleine pandémie, celui-ci a de nouveau chuté de 9,4%, indique le baromètre annuel de l’association française des fabricants du secteur (Afipa) publié ce jeudi 4 février.

En effet, en se protégeant de la Covid-19 avec le port du masque, le respect des gestes barrières, la limitation des déplacements et des contacts physiques, les Français se sont également protégés des maladies saisonnières et ont, par conséquent, eu moins recours aux médicaments sans ordonnance, précise l’Afipa.

Conflit Airbus-Boeing : sanctions réciproquement levées

 Conflit Airbus-Boeing : sanctions réciproquement levées

 

Des sanctions réciproques avaient été décidées par l’Union européenne d’une part par les États-Unis d’autre part. Un conflit qui dure depuis des années à propos des subventions publiques que  recevraient les constructeurs automobiles des deux régions concernées. L’OMC avait autorisé l’union européenne à taxer récemment le matériel aéronautique américain de Boeing. En représailles,  les États-Unis avaient mis en place des taxes non seulement sur des avions européens mais aussi sur des alimentaires comme le vin  français..

 

Vendredi, les Etats-Unis et l’Union européenne ont provisoirement enterré la hache de guerre en suspendant pendant quatre mois les surtaxes douanières que les deux parties avaient mis en place dans le contentieux qui les oppose à l’OMC depuis dix-sept ans sur les aides respectives à leur secteur aéronautique, notamment Airbus et Boeing, jugées illégales.

 

Ce compromis porte sur les surtaxes imposées depuis octobre 2019 par Washington sur quelque 7,5 milliards de dollars (6,3 milliards d’euros) d’exportations européennes vers les Etats-Unis.

 

Balance commerciale : toujours en berne

Balance commerciale : toujours en berne

 

 

Le principal indicateur de compétitivité de la France est toujours dramatiquement dans le rouge. Sur longue période la balance commerciale accuse annuellement un déficit de l’ordre de 50 milliards alors que l’Allemagne affiche en moyenne un excédent de 200 milliards. Pour 2021, le déficit commercial de la France est ressorti stable en janvier, à 3,7 milliards d’euros, en raison de la hausse des exportations qui contrebalance celle des importations, ont annoncé vendredi les Douanes.

Les indicateurs du commerce extérieur sont toujours en berne. Selon les derniers chiffres dévoilés par les douanes ce vendredi 5 mars, le déficit des échanges de biens est resté à -3,7 milliards d’euros en janvier au même niveau que celui de décembre dernier. Ce résultat très bas n’avait pas été atteint depuis 2016. La pandémie continue de frapper durement les entreprises exportatrices tricolores.

Avec la crise sanitaire, certains économistes redoutent une accélération de la désindustrialisation et des cicatrices à long terme sur l’économie française.

La réforme électorale à Hong Kong condamnée

La réforme électorale à Hong Kong condamnée

 

La réforme électorale qui va être engagée à Hong Kong est fortement condamnée par les États-Unis. Cette « réforme électorale » vise à diluer plus encore l’influence des conseillers municipaux et des députés. Un projet de loi sera étudié par les députés dans la perspective « d’améliorer le système électoral de Hong Kong », a indiqué jeudi 4 mars l’agence de presse Chine nouvelle.

Depuis plusieurs semaines déjà, des experts pro-Pékin, des responsables politiques chinois et le gouvernement central avaient évoqué l’idée de cette réforme afin de s’assurer, selon la formule répétée en boucle, que seuls des « patriotes gouvernent Hong Kong »« Si les députés chinois adoptent ce projet de loi pour réformer le système électoral à Hong Kong, analyse la politologue Diana Fu, de l’Université de Toronto, Pékin se rapprochera de son rêve : celui d’un contrôle total » de la métropole financière. Le système électoral permet en effet un contrôle total des candidats par le parti communiste qui de fait se retrouve élus d’autant que d’éventuels candidats sont éliminés et interdits d’élection et de critique vis-à-vis du pouvoir. Bref le maoïsme sans Mao avec un président également élu à vie

Airbus : perte de commandes

Airbus : perte de commandes

 

Jusque-là, Airbus c’était assez bien sorti de la crise sanitaire et de l’écroulement de l’activité aérienne grâce à la performance de ses appareils face aux difficultés techniques que rencontrent actuellement Boeing ( 737 Max et maintenant 777). Cependant le constructeur ne peut éviter des les annulations de commandes. Dernier exemple, l ‘annulation par la compagnie aérienne Norwegian Air en difficultés de plusieurs milliards de dollars de commandes a laissé le groupe aéronautique européen Airbus avec plus d’annulations que de commandes brutes depuis le début de l’année.

Le mois dernier, la compagnie Norwegian Air a obtenu l’accord de la justice irlandaise pour annuler les 88 appareils commandés à Airbus alors que la compagnie cherche à éviter l’effondrement.

Au final, pour les mois de janvier et de février, Airbus a fait état de 92 annulations et 11 commandes brutes d’appareils, soit un carnet de commandes brutes négatif de 81 appareils.

Le groupe dit aussi avoir livré 53 appareils entre janvier et février.

 

Prix du pétrole : forte hausse

Prix du pétrole : forte hausse

 

Du fait du contingentement de la production par l’OPEP et autre producteurs de pétrole, les prix renouent avec de haut niveau et évidemment le prix du carburant va suivre et dépasser 1,50 € le litre.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a gagné 3,9% à Londres, à 69,36 dollars, un plus haut à la clôture depuis avril 2019. Le baril américain de WTI pour avril a grimpé de 3,5% à 66,09 dollars, un niveau de fin de séance plus atteint en 22 mois. Les deux contrats de référence ont gagné près de 35% depuis le 1er janvier.

Pour les producteurs cette politique de contingentement a produit ses effets en valorisant la ressource avec une production plus réduite. La question qui se posera à terme sera de savoir si forte tendance à la hausse ne sera pas nuisible à terme à la reprise économique encore fragile dans de nombreux pays. Il conviendra aussi de prendre en compte son incidence éventuelle sur l’inflation.

Bosch : 700 suppressions d’emplois à Rodez

Bosch : 700 suppressions d’emplois à Rodez

L’usine Bosch de Rodez (Aveyron) prévoit 750 emplois supprimés  sur les 1250 d’ici à 2025 avec une garantie de maintien de l’activité jusqu’en 2027. Une conséquence notamment de la baisse du diesel. Il devrait s’agir de départs volontaires et de départs anticipés à la retraite. Dès la fin de l’année le site, exclusivement dédié aux composants pour moteurs diesel (injecteurs et des bougies), ne comptera plus que 1100 salariés.

. Le déclin s’est accéléré depuis 2015, date à laquelle le «Dieselgate» a éclaté. L’affaire du trucage des émissions polluantes a d’ailleurs valu à l’équipementier allemand une amende de 90 millions d’euros.

Signe de ces difficultés, la production du site aveyronnais a été divisée par trois en quatre ans. Les réflexions sur l’avenir de l’usine ont été lancées il y a plusieurs mois. Bosch étudie  un partenariat avec sa filiale Rexroth, située à Vénissieux, dans les services industriels. L’équipementier évoque également un projet hydrogène pour des conteneurs frigorifiques.

La question est de savoir combien restera d’effectif après une éventuelle reconversion. D’emplois porteront un rude coup à la région car Bosch est le premier employeur privé du département.

 

Les enjeux de la transformation de l’agriculture française

Les enjeux de la transformation de l’agriculture française

 

Le président de l’organisation syndicale se penche dans l’Opinion  sur les enjeux de la prochaine PAC, qui couvrira la période se terminant en 2027

 

 

 

 

Les jeunes doivent être la pierre angulaire de la prochaine PAC 2023-2027. C’est très simple : à l’issue, 45% des agriculteurs seront en âge de partir à la retraite. Nous n’avons plus le droit à l’erreur. Plus que jamais, le renouvellement des générations, en France comme dans le reste de l’Europe, est LE défi de ces prochaines années pour sauvegarder notre capacité à produire mais aussi la vitalité des territoires ruraux ! Je veux y voir une opportunité, un bassin d’emplois et de vocations considérable, et j’aimerais que Bruxelles, mais aussi Paris, y voient la même chose.

Deux options s’offrent à nous : la première est de miser sur un domaine qui recrute, qui nourrit et qui crée du dynamisme local en favorisant le maintien de l’agriculture dans les territoires. Faut-il vraiment citer la deuxième : ne pas être à la hauteur des enjeux, remettre en question notre souveraineté alimentaire et l’opportunité d’une alimentation locale et de qualité.

Parce que nous n’avons plus le choix, pour sauvegarder notre souveraineté alimentaire, les jeunes ont formulé des propositions concrètes pour une politique agricole commune en faveur d’un pacte ambitieux avec les citoyens européens, qui maintienne des hommes nombreux sur les territoires, qui préserve les ressources naturelles et qui protège et rémunère les agriculteurs.

«Pour trois départs à la retraite, seuls deux jeunes s’installent: mettons un coup d’arrêt à cette perdition par un investissement conséquent! Doublons le budget à l’installation»

A l’heure des négociations européennes sur les outils de demain, et à la veille des arbitrages que devra rendre le ministre de l’Agriculture et de l’alimentation, Julien Denormandie, concernant la déclinaison française de la PAC, il est encore temps de prendre les bonnes décisions en faisant le pari de la jeunesse. A commencer par un budget à la hauteur. Aujourd’hui, pour trois départs à la retraite, seuls deux jeunes s’installent : mettons un coup d’arrêt à cette perdition par un investissement conséquent ! Allons-y réellement. Pour les jeunes, doublons le budget à l’installation en passant de 2% à 4% des aides de la PAC. Mais également en ciblant mieux les aides.

Dans un contexte de libéralisation des activités économiques, dont l’agriculture n’est pas épargnée, et pour lutter contre le subventionnement de fonds d’investissement, la concentration des terres, ou encore la rétention des aides – et du foncier –, nous appelons à un meilleur ciblage des soutiens vers les agriculteurs actifs, réellement présents sur les territoires, au service d’une agriculture durable que les citoyens appellent de leurs vœux. Cela ne peut se traduire que par l’élaboration d’une définition stricte de l’actif agricole basée notamment sur un niveau de formation, sur l’acte de production, de gouvernance de l’exploitation, sur des critères de revenu et de temps de travail, et dont les exploitants en âge de bénéficier d’une retraite à taux plein seraient exclus. Pour atteindre ce dernier point et faciliter la transmission des exploitations agricoles, nous attendons du gouvernement qu’il concrétise notamment la revalorisation des retraites à minimum à 85% du smic dans les plus brefs délais.

«Pour que l’agriculture concilie rémunération des agriculteurs et respect des attentes des consommateurs, la PAC doit accompagner la structuration de filières créatrices de valeur»

Nous soutenons une agriculture à visage humain, forte d’exploitations nombreuses, indépendantes et durables, qui maintient des voisins plutôt que des hectares : remettre l’agriculture en « mode projet », redonner une vision de long terme à ce secteur stratégique et essentiel. Pour que l’agriculture concilie rémunération des agriculteurs et respect des attentes des consommateurs, la PAC doit accompagner la structuration de filières créatrices de valeur. Pour cela, nous appelons à un renforcement des soutiens ciblés (aides couplées, aides à l’investissement) qui agissent comme levier pour mieux organiser l’amont agricole, regrouper l’offre, poursuivre la montée en gamme et permettre à chacun d’accéder à une alimentation locale, durable et rémunératrice pour ses artisans.

Enfin la vision de long terme demande de se confronter à l’urgence climatique. En tant que jeunes, nous sommes certainement la première génération d’agriculteurs à pleinement réaliser les évolutions nécessaires face au changement climatique, tout en subissant au quotidien le phénomène. Il est indispensable d’armer les jeunes pour lutter contre le dérèglement climatique et préserver les ressources naturelles, véritable outil de travail des agriculteurs. Cela passe d’abord par l’élaboration de stratégies stables et solides pour accompagner la transition écologique sur le long terme. D’autre part, adossés à une politique d’investissement qui accompagne les changements, les fameux « programmes écologiques » proposés pour la future PAC doivent être appréhendés comme une opportunité. Ils devront permettre la rémunération des pratiques agroécologiques et créer un nouveau débouché économique vertueux, en faveur notamment des énergies renouvelables, du stockage de carbone, de la protection des sols, de l’optimisation des intrants, du bien-être animal, etc.

Les évolutions climatiques imposent aussi de protéger les agriculteurs, premiers touchés par des aléas plus fréquents, plus intenses. Il faudra renforcer les moyens mais réformer les outils existants, en apportant une attention particulière à la prévention et à la formation, pour apporter une réponse efficace et durable aux agriculteurs.

Nous sommes à la fin d’un cycle, ne cherchons pas d’excuses pour la génération actuelle et celle à venir… Les jeunes sont prêts à s’engager, faire face et relever les défis maintenant, mais cela ne pourra se faire que si des actes forts et engagés concrétisent les déclarations politiques.

Samuel Vandaele est président des Jeunes agriculteurs.

Un gendarme dénonce l’explosion de la violence urbaine

Un gendarme dénonce l’explosion de la violence urbaine

Le capitaine de gendarmerie Hervé Moreau auteur du livre «Vérités d’un capitaine de gendarmerie».. dénonce l’explosion de la violence urbaine :

«La violence qui gangrène aujourd’hui notre société, comme en témoignent les récentes affaires d’affrontements entre bandes rivales dans les quartiers dits sensibles, mais aussi dans les zones rurales ou périurbaines, n’arrive pas à être prise en compte de manière judiciaire», lance le capitaine Moreau, qui vient de sortir Vérités d’un capitaine de gendarmerie, un brûlot édité à compte d’auteur et déjà vendu à plus de 5000 exemplaires sans aucun diffuseur.

 «Malgré le formidable travail mené sur le terrain par les gendarmes et les forces de l’ordre en général, combien de fois ai-je vu des auteurs d’agressions, interpellés en flagrant délit ou après une enquête minutieuse, ressortir sans aucune condamnation avec dans les yeux une expression de défi? Pendant combien de temps nos compatriotes vont-ils encore tolérer cela?» Son analyse est sans appel. Page après page, le lecteur plonge dans un univers où la tranquille campagne française prend des airs de cité sensible où tous les coups sont permis.

 

Covid France : toujours haut niveau avec 23.507 nouveaux cas

Covid  France : toujours haut niveau avec 23.507 nouveaux cas 

507 nouveaux cas ont été détectés ces dernières 24 heures, portant le nombre total de personnes positives depuis l’apparition de l’épidémie à 3.859.102, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. 439 personnes sont mortes entre jeudi et vendredi, dont 238 à l’hôpital. Au total, 88.274 malades du Covid sont décédés depuis janvier 2020.

24.765 patients sont actuellement hospitalisés (-126 par rapport à hier), dont 1397 arrivés ces dernières 24 heures. Le nombre de malades en réanimation est légèrement en hausse par rapport aux chiffres de la veille, avec 3680 personnes dans ces services (+47). 324 patients ont été pris en charge en soins intensifs depuis jeudi. Sur le pont de la vaccination, 3.392.269 personnes ont reçu une première dose de vaccin.

Réchauffement climatique : le plan mondial de Bill Gates

Réchauffement climatique : le plan mondial de Bill Gates

Pour Les Echos Planète, le cofondateur de Microsoft présente son plan d’action pour réduire à zéro les émissions de carbone du secteur énergétique mondial.

Bill Gates, cofondateur et conseiller technologique de Microsoft Corporation, est coprésident de la Fondation Bill & Melinda Gates. 

 

Voilà environ six ans que Bill Gates a décidé de s’investir activement pour lutter contre le réchauffement climatique, un engagement renforcé par la pandémie actuelle de Covid-19. Désormais persuadé qu’il faut convaincre et agir vite, et qu’il peut y contribuer, il publie chez Flammarion un livre entièrement dédié à la cause : Climat : comment éviter un désastre – Les solutions actuelles, les innovations nécessaires. L’objectif du cofondateur de Microsoft sonne comme un défi vertigineux : parvenir au zéro carbone alors que les émissions de gaz à effet de serre de la planète sont de l’ordre de 51 milliards de tonnes par an. L’ingénieur de formation concentre ses efforts sur le sujet au cœur de toutes les problématiques : l’énergie. Transformer le secteur énergétique de la planète pour le rendre propre et permettre à chacun d’en bénéficier pour continuer à se développer est devenu sa nouvelle bataille. La plus grosse partie de l’ouvrage est ainsi dédiée aux technologies existantes, et balbutiantes, dont le développement et la diffusion constituent des solutions prometteuses. Bill Gates en appelle à une mobilisation des esprits, des financements et de la volonté politique, allant jusqu’à proposer un plan concret pour atteindre l’objectif.
Il livre ses pistes de réflexion et ses espoirs dans un entretien avec Connie Hedegaard, ex-commissaire européenne à l’action pour le climat, dont nous publions en exclusivité la traduction française.

Connie Hedegaard : Permettez-moi de débuter par un aveu de ma part : pendant des années, j’ai pensé que vous ne vous intéressiez pas particulièrement au changement climatique. J’ai le souvenir très clair d’une session de Davos à huis clos, il y a quelques années. La discussion avait porté sur le changement climatique, plutôt que sur d’autres problématiques de durabilité, et vous aviez quitté la salle.

« Il est encore difficile pour de nombreuses personnes d’accepter qu’une simple réduction des émissions, sans trajectoire en direction du zéro émission, ne suffira pas.

Aujourd’hui, vous insistez avec force et gravité sur l’urgence de l’action climatique. Vous commencez votre livre en décrivant cette évolution. Initialement, il vous était « difficile d’admettre que tant que les êtres humains émettr[aient] des gaz à effet de serre, les températures continuer[aient] d’augmenter ». Ce n’est qu’après avoir consulté un groupe de scientifiques du climat « à plusieurs reprises autour de questions de suivi » que vous avez finalement « intégré » la problématique. Comment expliquez-vous ce scepticisme initial, et comment votre expérience peut-elle servir à rallier d’autres acteurs ?

Bill Gates : Le monde est aujourd’hui très différent de ce qu’il était lorsque j’ai commencé à étudier le changement climatique. Nous en savons plus désormais, et avons davantage bâti un consensus autour du problème. Mais il est encore difficile pour de nombreuses personnes d’accepter qu’une simple réduction des émissions, sans trajectoire en direction du zéro émission, ne suffira pas. Il est également difficile d’intégrer l’ampleur des innovations qui seront nécessaires pour atteindre ce chiffre zéro – pour refaçonner fondamentalement l’industrie énergétique, premier secteur d’activité mondial. Dans mon livre, j’explique ce qui m’a convaincu, et ce qui je l’espère convaincra les autres. Je souhaite que les défenseurs du climat continuent de viser l’objectif zéro émission, à travers une réduction des émissions qui nous oriente dans cette direction.

CH : Dans vos comparaisons et métaphores très imagées, vous prenez soin de rendre concrets et accessibles certains concepts abstraits ou complexes. Pensez-vous que cette approche soit essentielle pour faire enfin évoluer les mentalités de ceux qui, malgré les données et preuves scientifiques, semblent continuer de croire que nous pouvons poursuivre le cours normal des affaires ? Des approches similaires vous ont-elles aidé dans votre travail à repousser les frontières technologiques chez Microsoft, ou à promouvoir la santé et le développement au niveau mondial au sein de la Fondation Bill & Melinda Gates ?

BG : Bien que ce livre ne s’adresse pas spécifiquement aux climatosceptiques, j’espère évidemment qu’il les persuadera de la nécessité d’investir sérieusement dans les énergies propres. Les pays qui fourniront le plus d’efforts pour alimenter l’innovation dans ce domaine accueilleront la prochaine génération de sociétés de rupture – ainsi que tous les emplois et toute l’activité économique qui les accompagneront. C’est la raison pour laquelle ces investissements constituent le bon choix, même pour ceux qui ne croient pas à cette réalité pourtant incontestable dans laquelle les êtres humains provoquent des changements climatiques qui auront des conséquences dramatiques si personne ne s’attaque au problème.

L’idée s’effondre selon laquelle le fait de moins voyager en avion ou en voiture pourrait suffire. »

CH : La pandémie de Covid-19 souligne non seulement le prix à payer lorsque nous ignorons la science, mais démontre également qu’un changement de comportement rapide à grande échelle est bel et bien possible, de même que les dirigeants déterminés à résoudre les difficultés peuvent gagner en respect. Comme vous le soulignez toutefois également, la pandémie fournit un autre enseignement majeur : la diminution relativement faible (10 %) des émissions de gaz à effet de serre, conséquence positive des confinements à travers le monde, démontre que les changements de comportements, tels que la baisse du trafic aérien et routier, sont très loin de suffire. La pandémie a-t-elle produit d’autres enseignements qui s’appliquent au changement climatique ? Comment les appliquer idéalement à l’action climatique ?

Des avions cloués au sol aux Etats-Unis lors du premier confinement. Credit:Jassen Todorov/Solent/SIPA

BG : Parmi les leçons observables, l’idée s’effondre selon laquelle le fait de moins voyager en avion ou en voiture pourrait suffire : nous avons besoin d’une innovation massive permettant aux individus de continuer de prendre l’avion, de conduire leur véhicule, et de participer à l’économie moderne, sans pour autant générer d’émissions. C’est là un défi plus difficile encore que le développement et la distribution de vaccins contre le Covid-19 (la plus grande campagne de santé publique de l’histoire).

Cette même forme de coopération étroite entre les gouvernements sera nécessaire à tous les niveaux, ainsi qu’avec le secteur privé. Par ailleurs, de la même manière que nous avons tous un rôle à jouer en respectant le port du masque et la distanciation, les individus doivent chacun jouer un rôle dans la réduction des émissions. Chacun peut défendre les politiques d’accélération de la transition vers le zéro émission, et réduire la prime verte en achetant des produits à empreinte carbone faible voire nulle, de type véhicules électriques ou viande végétale. Cela permettra d’attirer davantage de concurrence dans ces domaines, et en fin de compte de réduire le prix des produits écologiques.

CH : Tout comme l’éradication de la pandémie, affirmez-vous, la lutte contre le changement climatique repose essentiellement sur les sciences et l’innovation. Dans l’ensemble, vous vous dites « optimiste quant à notre capacité à inventer [les outils nécessaires], à les déployer et, si nous agissons suffisamment rapidement, à éviter le désastre climatique ». Quelles expériences ou leçons vous confèrent cet optimisme ?

BG : J’ai personnellement constaté combien les investissements en R&D pouvaient changer le monde. Les recherches soutenues par le gouvernement des Etats-Unis et par les entreprises américaines ont rendu possibles les microprocesseurs et internet, qui ont libéré une quantité phénoménale d’énergie entrepreneuriale autour de la création de l’industrie des ordinateurs personnels. De même, les efforts fournis par le gouvernement américain autour du séquençage du génome humain ont conduit à des avancées majeures dans le traitement des cancers et autres maladies mortelles.

En ce qui concerne le zéro émission, j’observe moi-même de formidables avancées. Breakthrough Energy Ventures, le fonds privé que j’ai mis en place avec plusieurs partenaires, a investi dans plus d’une vingtaine d’entreprises qui travaillent sur des procédés à empreinte carbone faible voire nulle, pour la fabrication de ciment et d’acier, la production et le stockage d’importants volumes d’électricité verte, l’horticulture et l’élevage, le transport des personnes et des marchandises à travers le monde, ou encore le chauffage et la climatisation des immeubles. Beaucoup de ces idées ne verront pas le jour. Mais celles qui y parviennent pourraient bien changer le monde.

CH : Vous écrivez toutefois : « L’innovation n’est pas qu’une question de conception de nouveaux appareils, mais également d’élaboration de nouvelles politiques permettant de présenter et de déployer ces inventions sur le marché le plus rapidement possible ». L’Union européenne, comme désormais la Chine, commence à entreprendre cette forme d’innovation politique.

Dans un effort de rectification d’une structure d’incitation défaillante, qui échoue à prendre en compte ce que vous appelez les « primes vertes », de nombreux pays européens ont mis en place des mécanismes de taxation des émissions de CO2, du gaspillage de ressources, ainsi que de la pollution. Ces mesures politiques réorientent-elles significativement la structure incitative dans la bonne direction ? Un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières permettrait-il de favoriser cette avancée ?

Nous avons besoin d’innovations politiques au même titre que technologiques. »

BG : La tarification du carbone compte parmi les mesures qui produiront une différence, dans le cadre d’une approche globale visant l’augmentation à la fois de l’offre et de la demande relatives aux avancées en matière d’énergies propres. J’évoque bien d’autres idées dans mon livre. Pour développer l’offre d’innovation, les gouvernements pourraient par exemple accroître substantiellement (multiplier par cinq, selon moi) leurs investissements dans la R&D autour des énergies propres. Du côté de la demande, outre le prix du carbone, je pense par exemple à des normes sur la quantité d’électricité ou de carburant issue des sources zéro carbone.

« Il nous faut désormais axer le quotient intellectuel politique et technologique mondial sur l’élimination des émissions. »

Nous avons besoin d’innovations politiques au même titre que technologiques. Nous savons que les mesures politiques et les technologies peuvent ensemble résoudre les plus grands défis. Comme je le décris dans mon livre, la pollution de l’air est en le parfait exemple ; le Clean Air Act américain a formidablement permis d’éliminer certains gaz toxiques de l’air. D’autres solutions politiques incroyablement efficaces ont été mises en place aux Etats-Unis, parmi lesquelles l’électrification des campagnes, l’amélioration de la sécurité énergétique, ou encore la relance économique après la Grande Récession de 2008. Il nous faut désormais axer le quotient intellectuel politique et technologique mondial sur l’élimination des émissions. Mon équipe au sein de Breakthrough Energy, réseau d’initiatives que j’ai créé pour accélérer la transition vers des énergies propres, travaille intensément pour élaborer et promouvoir des mesures politiques audacieuses sur la voie des objectifs climatiques mondiaux.

CH : Comme vous le soulignez, les gouvernements tentent souvent d’utiliser des règles relatives à d’autres problèmes pour réduire les émissions – une approche qui équivaut à tenter de « créer une intelligence artificielle en utilisant un ordinateur central des années 1960 ».

L’introduction de nouvelles législations majeures est toutefois difficile, notamment parce que les producteurs établis s’opposent à des normes plus strictes et autres changements coûteux. Vous qui vous êtes situé du côté « réglementé » dans l’équation réglementaire, quelles solutions ou idées envisagez-vous pour résoudre le problème du retard des politiques ?

BG : Il est nécessaire que les gouvernements agissent pour résoudre ce problème – il s’agit d’opérer une transition du système énergétique mondial tout entier, à une vitesse sans précédent. Les investissements du secteur privé ne pourront aboutir sans des conditions de marché qui récompensent l’innovation et permettent la concurrence des technologies propres, un environnement que les gouvernements doivent contribuer à instaurer, en agissant de manière ciblée, fiable et prévisible.

C’est aussi pour cela que je parle d’innovation non seulement technologique, mais également sur le plan des politiques et des marchés. Les dirigeants politiques doivent réfléchir avec créativité aux meilleurs moyens d’encourager l’innovation en matière d’énergies propres, d’équilibrer les règles du jeu, et d’accélérer la transition énergétique. Mon équipe chez Breakthrough Energy travaille avec plusieurs responsables publics pour développer et promouvoir les politiques nécessaires en direction de l’objectif zéro émissions nettes.

CH : Au-delà des mesures politiques, vous appelez les gouvernements à se montrer plus audacieux dans leurs investissements en recherche et développement autour du climat. Quel rôle doivent ici jouer les universités, à la fois en termes de recherche et de transmission des connaissances nécessaires pour façonner les mesures politiques ?

BG : Les universités offrent un environnement propice aux idées et au développement de technologies propres. La science, la recherche et l’ingénierie au sein des universités à travers le monde comptent parmi les facteurs les plus importants sur la voie du zéro émission nette. Bien entendu, les découvertes doivent s’extraire du seul monde universitaire, pour éclairer des politiques nouvelles et façonner le marché. Certaines institutions académiques fournissent des efforts concertés pour aider leurs professeurs à communiquer plus efficacement, à rendre leurs recherches plus attractives aux yeux des dirigeants politiques, ainsi que pour propulser leurs découvertes technologiques en direction des entreprises et des marchés. Ces aspects sont cruciaux pour éviter un désastre climatique.

CH : Vous insistez pour dire que l’impératif moral de l’action climatique est aussi fort que l’impératif économique, dans la mesure où le changement climatique affecte de manière disproportionnée les plus pauvres de la planète. Mais l’action climatique présente également des implications en termes de répartition. Comme vous le reconnaissez, même la très faible prime verte, destinée à la décarbonation du système d’électricité américain tout entier, risque d’être trop élevée pour les ménages à faibles revenus, et les pays en voie de développement sont beaucoup moins en capacité d’opérer une telle transformation. Comment surmonter ces défis ? Vos travaux sur le déploiement d’autres technologies dans des environnements à revenus faibles produisent-ils des enseignements utiles sur ce point ?

Le dirigeant d’un pays riche devrait se demander ce que fait son gouvernement, ou sa société dans le cas d’un chef d’entreprise, pour rendre la transition écologique accessible dans le monde entier. »

BG : C’est un sujet extrêmement important. Les pays à revenu faible et à revenu intermédiaire consommeront davantage d’énergie au cours des prochaines décennies, à mesure qu’ils s’extrairont de la pauvreté. Nous aspirons tous à des énergies propres, mais ces pays ne les adopteront que si elles sont aussi peu coûteuses que les combustibles fossiles aujourd’hui.

Le dirigeant d’un pays riche devrait se demander ce que fait son gouvernement, ou sa société dans le cas d’un chef d’entreprise, pour rendre la transition écologique accessible dans le monde entier – y compris pour les pays à revenu intermédiaire et à revenu faible. L’accroissement des investissements dans la R&D et dans les mesures politiques nouvelles doit être axé sur cet objectif. Nombre des sociétés dans lesquelles j’investis travaillent sur des idées abordables pour les pays à revenu faible.

CH : Vous comptez parmi les chefs d’entreprise qui aujourd’hui reconnaissent publiquement le rôle indispensable de l’Etat dans la résolution des grandes problématiques. Même parmi ces problématiques, le changement climatique se démarque. La résolution de ce défi nécessitera-t-elle un rôle du secteur public – de manière générale ou dans un domaine particulier – plus grand encore que celui auquel sont habitués même les plus favorables à l’action de l’Etat ?

BG : La transition vers des énergies propres devra être menée de concert par les gouvernements et le secteur privé – comme l’a été la révolution de l’informatique.

Cela signifiera un plus grand rôle de l’Etat, mais seulement parce que son rôle était relativement limité jusqu’à présent. Prenez la nécessaire multiplication par cinq des investissements publics en R&D, que j’ai évoquée précédemment. Cette augmentation placerait la recherche sur les énergies propres au même niveau que la recherche médicale aux Etats-Unis. De la même manière que nous pouvons compter sur les Instituts nationaux de santé pour superviser et coordonner ce travail, nous devrions créer des Instituts nationaux d’innovation énergétique (les NIEI) pour éviter les redondances et veiller à l’utilisation optimale des ressources. Un Institut de décarbonation des transports pourrait quant à lui travailler sur des carburants à faible empreinte carbone. D’autres instituts pourraient se voir conférer une autorité et des responsabilités similaires dans la recherche sur le stockage des énergies, sur les énergies renouvelables, etc.

Les NIEI pourraient également être en charge de la coordination avec le secteur privé. L’objectif consisterait à voir les recherches émerger des laboratoires nationaux, puis conduire à des produits innovants, qu’il s’agirait ensuite de déployer sur le marché à très grande échelle. Nous avons besoin de politiques qui accélèrent l’ensemble du pipeline d’innovation, de la recherche initiale jusqu’au déploiement de masse.  Au-delà des moyens nouveaux de concevoir des matériaux zéro émission, nous pouvons tout simplement utiliser moins de choses.  »

CH : Dans un passage du livre, vous écrivez : « Au-delà des moyens nouveaux de concevoir des matériaux zéro émission, nous pouvons tout simplement utiliser moins de choses. » Certains vous répondraient que le capitalisme repose sur la consommation – plus elle est élevée, mieux c’est. Une solution réelle à la crise climatique dépend-elle d’une nouvelle vision du capitalisme pour le XXIe siècle ? Une conception disons plus qualitative de la « croissance » pourrait-elle constituer le pilier d’un tel système ?

BG : J’estime que les individus du monde riche peuvent et doivent réduire une partie de leurs émissions. Comme je l’explique dans mon livre, je prends moi-même certaines mesures pour réduire et compenser mes propres émissions. La consommation énergétique au niveau mondial est vouée à doubler d’ici 2050, en raison d’une importante croissance des pays à revenu faible et à revenu intermédiaire. La croissance est une bonne chose en ce sens qu’elle permet aux individus de vivre une existence plus productive, en meilleure santé. Nous devons cependant y parvenir sans rendre le problème climatique encore plus difficile à résoudre. C’est pourquoi nous avons besoin d’innovations qui rendent l’élimination des émissions suffisamment abordable pour chacun à travers le monde.

CH : « Ce livre évoque ce qu’il nous faut accomplir [pour éviter un désastre], et pourquoi je pense que nous pouvons y parvenir », écrivez-vous. En votre âme et conscience, pensez-vous réellement que nous y parviendrons tous ensemble à temps ?

BG : Oui, je le pense. Comme je l’écris à la fin de mon livre, je suis fondamentalement optimiste, car j’observe ce que la technologie peut accomplir, et ce que les êtres humains sont capables de réaliser. Ce qu’il nous faut, c’est consacrer les dix prochaines années à l’élaboration et à la mise en place des bonnes politiques, technologies et structures de marché, afin que le monde puisse atteindre l’objectif zéro émission d’ici 2050. Nous n’avons pas de temps à perdre.

Le rapport de l’OMS sur l’origine de la Covid-19 contesté par les scientifiques

 

Le rapport de l’OMS sur l’origine de la Covid-19 contesté par les scientifiques

Drew Hinshaw et Jeremy Page (Wall Street Journal)

 

 

Dans un contexte de tensions croissantes entre Pékin et Washington, la délégation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) partie enquêter en Chine sur les origines de la Covid-19 envisage d’abandonner la publication de son rapport provisoire tandis qu’un groupe de scientifiques internationaux appelle à organiser une nouvelle investigation.

Dans une lettre ouverte publiée le jeudi 4 mars, un collectif composé d’un peu moins d’une trentaine de scientifiques exhorte à l’ouverture d’une nouvelle enquête internationale. Selon ses membres, la délégation de l’OMS revenue le mois dernier de sa mission à Wuhan (la ville chinoise où les premiers cas ont été signalés) n’a pas disposé des moyens nécessaires pour enquêter sur les sources possibles du coronavirus, notamment pour déterminer s’il s’était échappé d’un laboratoire.

Leur appel intervient alors que les Etats-Unis, récemment revenus sur leur décision de quitter l’OMS, appellent à plus de transparence dans le cadre de cette enquête et affirment avoir l’intention d’examiner de près le rapport sur la mission à Wuhan. Ils pressent la Chine de communiquer toutes les données utiles, notamment sur les premières infections confirmées en décembre 2019 et d’autres potentiellement survenues avant cette date.

Pendant ce temps, Pékin demande que soient organisées le même type de missions dirigées par l’OMS dans d’autres pays, y compris les Etats-Unis, afin de déterminer si le virus aurait pu naître ailleurs qu’en Chine et s’être propagé à Wuhan par le biais d’emballages d’aliments surgelés.

Cet ajournement de la publication des découvertes et des recommandations de la délégation envoyée à Wuhan, à laquelle ont participé des scientifiques et des responsables chinois qui devront approuver tout futur rapport, s’inscrit dans un contexte de controverse politique et scientifique incessante autour de la recherche de l’origine de la pandémie

Le 12 février, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a déclaré que la délégation publierait possiblement la semaine suivante un rapport intermédiaire résumant brièvement la mission à Wuhan, et que le rapport complet serait diffusé plusieurs semaines plus tard. Mais ce résumé n’a toujours pas été publié et l’équipe de l’OMS est en train d’en abandonner l’idée, explique Peter Ben Embarek, spécialiste de la sécurité alimentaire à la tête de la délégation. L’équipe de l’OMS envisage de publier un résumé en même temps que le rapport final complet, affirme-t-il. Ce rapport final « sera publié dans les prochaines semaines et comprendra des découvertes majeures », a annoncé un porte-parole de l’OMS.

« Par définition, un rapport résumé ne contient pas tous les détails, a justifié le Dr Ben Embarek. Donc étant donné l’immense intérêt que suscite ce rapport, un simple résumé ne satisferait pas la curiosité des lecteurs. »

Cet ajournement de la publication des découvertes et des recommandations de la délégation envoyée à Wuhan, à laquelle ont participé des scientifiques et des responsables chinois qui devront approuver tout futur rapport, s’inscrit dans un contexte de controverse politique et scientifique incessante autour de la recherche de l’origine de la pandémie.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a accusé la lettre ouverte de vouloir faire « du neuf avec du vieux », de désigner des coupables et de manquer de crédibilité scientifique. Il a également déclaré que la délégation de Wuhan avait conclu qu’il était « extrêmement improbable » que le virus soit sorti d’un laboratoire, hypothèse qu’il ne valait donc plus la peine d’approfondir. Ni le ministère des Affaires étrangères, ni la Commission nationale de la santé chinoise n’ont répondu aux demandes de commentaires sur le rapport de la délégation à Wuhan.

Selon un exemplaire de prépublication de la lettre ouverte, le collectif de 26 scientifiques et autres experts dans des domaines comme la virologie, la zoologie et la microbiologie ont déclaré qu’il avait été « quasiment impossible » à l’équipe de l’OMS de conduire une investigation complète, et que tout rapport était probablement voué à des compromis politiques puisqu’il devait être approuvé par le volet chinois de la délégation.

Une enquête crédible nécessiterait, entre autres choses, des entretiens confidentiels et un accès plus complet aux dossiers médicaux des cas de coronavirus confirmés ou potentiels en Chine datant de fin 2019, lorsque l’épidémie a été identifiée pour la première fois à Wuhan, affirme la lettre signée par des experts de France, des Etats-Unis, d’Inde, d’Australie et d’autres pays.

Les enquêteurs devraient aussi se voir accorder l’accès à des registres concernant l’entretien, le personnel, les élevages d’animaux ainsi que les cahiers de laboratoire de tous les laboratoires travaillant sur le coronavirus, peut-on y lire.

« Nous ne pouvons nous permettre de conduire une enquête sur les origines de la pandémie qui ne soit pas absolument rigoureuse et crédible, poursuit la lettre. A ce jour, les démarches effectuées ne constituent pas une investigation rigoureuse, crédible et transparente. »

Cet appel a peu de chance d’être entendu, puisque toute future enquête nécessiterait la coopération de Pékin. En outre, de nombreux grands spécialistes des maladies infectieuses sont sceptiques face à l’hypothèse d’un accident de laboratoire à l’origine de la pandémie.

« Il est impératif que ce rapport soit indépendant, et que les découvertes des experts soient libres de toute intervention ou modification par les autorités gouvernementales chinoises afin de mieux comprendre cette pandémie et de se préparer pour la prochaine »

Quoi qu’il en soit, il exprime un mécontentement de plus en plus partagé, exprimé par les gouvernements britanniques et américains ainsi que par de nombreux scientifiques du monde entier, face à la pénurie d’informations et de données fournies par la Chine à l’OMS pour aider les chercheurs à déterminer l’origine du virus et la manière dont il a pu contaminer les humains.

« La manière dont les premières découvertes de l’enquête sur la Covid-19 ont été communiquées nous inquiète tout particulièrement et nous nous interrogeons sur les processus sous-jacents utilisés pour les obtenir », a déclaré le porte-parole du département d’Etat américain, Ned Price. « Il est impératif que ce rapport soit indépendant, et que les découvertes des experts soient libres de toute intervention ou modification par les autorités gouvernementales chinoises afin de mieux comprendre cette pandémie et de se préparer pour la prochaine. »

La Chine a assuré à plusieurs reprises de sa totale coopération avec l’OMS et nié les assertions, notamment des responsables de l’administration Trump, que le virus aurait pu provenir d’un centre de recherches de Wuhan, dont au moins un est spécialisé dans les coronavirus des chauves-souris.

Lors de sa mission le mois dernier, la délégation de l’OMS a déclaré que ses membres et leurs homologues chinois analysaient les principales hypothèses afin de déterminer l’orientation des futures recherches. A la fin de la mission, les chefs de la délégation ont annoncé qu’ils prôneraient la conduite d’études sur les manières dont le virus aurait pu se répandre à partir de différents petits mammifères, et ne recommanderaient pas de poursuivre les recherches sur un éventuel accident de laboratoire, théorie qu’ils estimaient « extrêmement improbable. »

Cette conclusion a été saluée par Pékin ainsi que par les scientifiques de plusieurs pays qui considèrent que le virus s’est répandu de façon naturelle — très probablement par le biais de chauves-souris, ensuite possiblement via d’autres animaux jusqu’aux humains — et écarte l’hypothèse du laboratoire, considérée comme une calomnie aux motivations politiques.

Pourtant, depuis leur retour de Chine, certains des enquêteurs de l’OMS ont nuancé leurs conclusions et expliqué ne pas avoir eu le mandat, l’expertise ou les données suffisantes pour avoir pu réaliser un audit de laboratoire exhaustif. Il manquait également à la délégation d’importantes données sur les premiers cas confirmés, ou sur les patients qui avaient été hospitalisés avec le même genre de symptômes auparavant.

La possibilité d’un l’accident de laboratoire « n’est définitivement pas écartée », a affirmé le docteur Ben Embarek au cours d’un séminaire la semaine dernière. Le docteur Tedros avait quant à lui affirmé en février, après le retour de la mission, que « toutes les hypothèses [demeuraient] ouvertes et [demandaient] des analyses plus poussées. »

Les signataires de la lettre ouverte sont principalement des membres d’un groupe plus large, conduit par des scientifiques français, qui partage des articles de recherche et d’autres informations sur la Covid-19 depuis décembre. Aucun n’est associé à l’enquête de l’OMS.

Parmi eux figurent Etienne Decroly et Bruno Canard, virologues moléculaires à l’AFMB, laboratoire sous tutelle d’Aix-Marseille Université (AMU) et du CNRS.

Le docteur Decroly explique s’être impliqué après avoir conclu qu’à partir des données disponibles, il n’était pas possible de déterminer si le SARS-CoV-2 « résultait d’une zoonose issue d’une souche virale sauvage ou une sortie accidentelle de souches expérimentales ».

La lettre a notamment été coordonnée par Gilles Demaneuf, data scientist français basé en Nouvelle-Zélande, et Jamie Metzl, membre du groupe de réflexion Atlantic Council et conseiller de l’OMS sur l’édition du génome humain.

D’éminents détracteurs de l’hypothèse de la fuite de laboratoire ont publié ces dernières semaines de nouvelles recherches sur des coronavirus de chauves-souris découverts en Asie du Sud-est et au Japon, qui selon eux montrent que le SARS-CoV-2 a très probablement évolué de façon naturelle pour infecter les humains.

Robert Garry, virologue à la Tulane University School of Medicine impliqué dans cette recherche, explique que lui et d’autres collègues avaient au départ envisagé la possibilité d’une fuite ou d’un accident de laboratoire, mais qu’ils avaient fini par conclure que c’était « pratiquement impossible. »

L’administration Biden n’a pas répété publiquement les assertions spécifiques de son prédécesseur au sujet des laboratoires de Wuhan.

Les signataires de la lettre ouverte disent ne soutenir aucune hypothèse en particulier mais affirment qu’il est prématuré d’exclure la possibilité d’une fuite ou d’un accident en relation avec un centre de recherches comme le Wuhan Institute of Virology, ou WIV, qui gère des laboratoires de haute sécurité et conduit des recherches approfondies sur les coronavirus des chauves-souris.

Les chercheurs du WIV nient que le virus vienne de chez eux et affirment n’avoir ni stocké de SARS-CoV-2, ni travaillé dessus avant la pandémie. Ils soulignent qu’aucun membre de leur personnel n’a été testé positif au virus.

Les signataires de la lettre ouverte indiquent que les enquêteurs devraient envisager plusieurs scénarios possibles, y compris l’éventuelle contamination d’un employé de laboratoire par un virus évoluant naturellement pendant des prélèvements de chauves-souris dans la nature, au cours du transport d’animaux infectés ou de l’élimination de déchets de laboratoire.

Ils signalent également que les enquêteurs devraient explorer la possibilité que le SARS-CoV-2 puisse être né d’expériences « à gain de fonction », lors desquelles des virus trouvés dans la nature sont manipulés génétiquement pour voir s’ils sont susceptibles de devenir plus contagieux ou mortels pour les humains.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Bérangère Viennot)

Les conséquences juridiques de l’affaire Bolloré en Afrique

Les conséquences juridiques de l’affaire Bolloré en Afrique

 

Le  coup de théâtre dans l’affaire Bolloré pour des faits de corruption au Togo est pourtant porteur de grands bouleversements pour la défense pénale », analyse l’avocat Arthur Dethomas avocat aux barreaux de Paris et de New York.

 

En refusant, le 26 février dernier, d’homologuer l’accord conclu entre les dirigeants du Groupe Bolloré et le parquet national financier (PNF), les magistrats du tribunal correctionnel de Paris ont très largement anéanti les efforts du législateur de développer la justice pénale négociée en France. Encouragé depuis deux décennies, le développement de la justice négociée repose sur les aveux de la personne mise en cause et sa coopération. Le principe est simple : le parquet propose une peine au prévenu en l’échange de sa reconnaissance de culpabilité. Si les deux parties s’accordent sur la peine, l’accord n’a – en théorie – plus qu’à être homologué par le tribunal pour éviter la tenue d’un procès.

Dans cette affaire, deux types d’accords avaient été conclus par le PNF : un premier, une Convention judiciaire d’intérêt public (CJIP), avec la société Bolloré SE et des accords individuels, des Comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), avec les dirigeants du Groupe Bolloré (dont Vincent Bolloré). Le tribunal correctionnel de Paris n’avait plus qu’à homologuer ces accords ; il a préféré désavouer le parquet national financier.

Case départ. Alors même que les magistrats du PNF s’étaient déplacés à cette audience pour souligner le succès du consensualisme dans la procédure, la présidente du tribunal a surpris tout le monde en refusant de valider les accords conclus avec les dirigeants personnes physiques du Groupe Bolloré, estimant que les peines convenues étaient inadaptées. Et, par conséquent, qu’il était nécessaire qu’un procès se tienne. Pour les dirigeants du groupe Bolloré, c’est donc un retour à la case départ. La décision de refus d’homologation n’étant pas susceptible de recours, ils seront vraisemblablement renvoyés devant le tribunal pour y être jugés.

Que reste-il des droits de la défense de Vincent Bolloré après qu’il a, lors d’une audience publique amplement relayée dans les médias, répondu par l’affirmative au tribunal qui lui demandait s’il reconnaissait sa culpabilité ?

Au-delà de toute considération propre aux faits du dossier et du cas personnel de Vincent Bolloré, cette décision est un échec de plus pour un PNF déjà passablement éprouvé. Pire, il préjudicie grandement au respect des droits de la défense dont les dirigeants doivent pouvoir bénéficier pour la suite de la procédure. Que reste-il des droits de la défense de Vincent Bolloré après qu’il a, lors d’une audience publique amplement relayée dans les médias, répondu par l’affirmative au tribunal qui lui demandait s’il reconnaissait sa culpabilité ? Quelle valeur faut-il accorder à des aveux donnés publiquement en réponse à une offre de sanction finalement révoquée ?

Présomption d’innocence. Les options dans la stratégie de défense des dirigeants du Groupe Bolloré pour le procès à venir se sont, de fait, fortement réduites et un choix qui consisterait pour le dirigeant à nier sa responsabilité pénale est plus difficile à envisager. La présomption d’innocence, dont chacun doit pourtant pouvoir bénéficier jusqu’à l’issue de la procédure, apparaît n’être plus qu’un concept juridique auquel on est prié de croire. En attendant de connaître l’issue de ce dossier, en raison de l’atteinte aux droits de la défense qui en résulte, cette décision va nécessairement mettre un coup d’arrêt au développement du consensualisme dans la procédure pénale. Dans ces conditions, quel dirigeant pourrait raisonnablement envisager d’engager une discussion avec le PNF ?

Il est évident que le tribunal doit rester souverain pour décider d’homologuer ou non un accord conclu entre un prévenu et le parquet, mais pour que la justice pénale négociée puisse réellement prospérer, en confiance, le parquet devra impérativement s’assurer de proposer des accords dont l’homologation semble acquise. A défaut, il n’y aura jamais de place pour une vraie justice pénale négociée.

Arthur Dethomas est avocat aux barreaux de Paris et de New York. Il n’intervient pas dans le dossier Bolloré

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