« L’Iran et la “loi de la jungle” »

« L’Iran et la “loi de la jungle” »

Parce qu’elle « embastille de manière systématique des universitaires », la République islamique d’Iran est devenue « inaudible », estime Jean-François Bayart, professeur à l’IHEID, à Genève, dans une tribune au « Monde ». Il répond à la tribune du ministre des affaires étrangères du gouvernement iranien, publiée le 12 août dans le « Monde ».

 

Tribune. 

 

J’ai lu avec attention la tribune de Mohammad Javad Zarif, ministre des affaires étrangères de la République islamique d’Iran, dans Le Monde du 12 août. J’en partage l’inquiétude. Comme il l’écrit, nous sommes « confrontés à un choix décisif : maintenons-nous collectivement le respect de l’Etat de droit ou retournons-nous à la loi de la jungle ? ». Comme lui, je pense que l’administration Trump est responsable de la crise dans laquelle sont à nouveau plongées les relations entre l’Iran et une part des autres Etats du système international. Je sais que les Etats-Unis n’ont jamais respecté l’accord de Lausanne de 2015, pas même le président Obama qui en était le signataire. J’admets volontiers que les Iraniens puissent s’estimer grugés, dans la mesure où leur pays n’a jamais engrangé les bénéfices promis d’un accord qu’il a pour sa part respecté. En tant qu’analyste politique, je puis expliquer la colère ou la mise en œuvre de contre-stratégies qu’inspire cette frustration.

Arrestations et condamnations

Mais, malheureusement, le propos de Mohammad Javad Zarif est voué à rester inaudible en France bien qu’une partie non négligeable de sa classe politique et surtout de ses journalistes ou de ses universitaires soit ouverte à son argumentation. Car l’Iran a lui-même contribué à ce retour à la « loi de la jungle » en laissant en son sein des forces recourir à des mesures arbitraires et préjudiciables à sa propre réputation, je dirais même à son honneur. L’arrestation et la condamnation à de lourdes peines de prison d’universitaires étrangers, sous des accusations loufoques d’atteinte à la sécurité de l’Etat ou d’espionnage qui ne trompent personne, ont un effet dévastateur sur la crédibilité de sa politique étrangère.

Parmi ces universitaires figure une citoyenne française, chercheuse éminente de l’un des établissements d’enseignement les plus réputés de Paris. J’ai nommé Fariba Adelkhah, directrice de recherche à Sciences Po, arrêtée le 5 juin 2019 à Téhéran, et condamnée à cinq ans de prison, sans avoir pu bénéficier d’un procès équitable, pas plus que ses collègues soumis au même sort.

Que Mohammad Javad Zarif m’épargne l’argument habituel de ses diplomates et du porte-parole de son gouvernement, selon lequel Fariba Adelkhah est citoyenne iranienne. Citoyenne iranienne, Fariba Adelkhah l’est sans conteste, et passionnément. Elle a même vigoureusement protesté contre les autorités pénitentiaires de la prison d’Evin qui ne lui ont pas permis de voter aux dernières élections législatives. Mais cela ne légitime en rien l’injustice dont elle fait l’objet. En outre, Fariba Adelkhah, qui est arrivée en France en 1977 pour y suivre des études, y est restée pour des raisons professionnelles et a fini par en demander la nationalité parce que notre pays était devenu sa seconde patrie, comme pour tant d’autres étrangers qui sont venus s’y former et enrichir notre culture ou notre économie sans pour autant renoncer à leurs origines. Aux yeux de la France, Fariba Adelkhah est donc citoyenne française, en même temps qu’iranienne.

Démystification des algorithmes pour la compréhension humaine

Démystification des algorithmes pour la compréhension humaine

 

Aurélie Jean, docteure en sciences et entrepreneure : explique dans l’opinion les limites des algorithmes pour la compréhension humaine.

 « Nous ne voulons pas endosser le rôle d’arbitre de la vérité. » Cet argument développé par Mark Zuckerberg pour se justifier de ne pas avoir à trancher ce qui peut être publié sur sa plateforme devient intenable alors que les réseaux sociaux s’installent toujours plus dans notre quotidien. Mais si ce n’est pas au patron de Facebook de tenir ce rôle, d’autres le peuvent-ils ? C’est ce que cherche à savoir l’Opinion dans cette série estivale.

Galilée l’affirmait : la nature est un livre écrit en langage mathématique. Tout phénomène, selon lui, pourrait être décrit par un système capable de capturer l’essence des mécanismes qui le constituent. Les philosophes recherchent le sens ultime des choses alors que les scientifiques recherchent des explications. Aux premiers, la quête du pourquoi, aux seconds l’exploration du comment. Par leur travail explicatif, les scientifiques traquent les erreurs qui font avancer cette recherche de vérité. Aujourd’hui, à nos sentiments, nos expériences et nos raisonnements parfois mathématiques, s’ajoutent le calcul et la logique algorithmiques. On s’efforcera ici de répondre à une question a priori banale, mais qui suppose une connaissance du fonctionnement des algorithmes, de leurs limites et de leurs potentiels, face à notre pensée bien humaine : les algorithmes détiennent-ils la vérité ?

La méthode algorithmique repose sur un dosage subtil d’empirisme et de rationalisme — pourtant traditionnellement distingués, voire opposés, dans le passé par nombre de philosophes. Les algorithmes explicites possèdent par définition une logique décrite par les humains. Dans cette logique on trouve par exemple des structures conditionnelles — si une condition est validée alors une opération algorithmique est exécutée —, des équations mathématiques souvent complexes, des conditions d’usage ou encore des hypothèses.

Parti pris. L’algorithme explicite fait alors appel principalement au raisonnement de ceux qui le conçoivent. On comprend, dès lors, qu’il modélise un phénomène à partir d’une observation et d’une compréhension du monde inévitablement subjective. Cela posé, la simulation qui en résulte permet de soulever des corrélations jusque-là purement conceptualisées, des couplages inconnus entre composantes du phénomène, ou des incohérences face à la réalité ou à ce qu’on pensait d’elle. Comme une meilleure compréhension des mécanismes de maladies, de phénomènes climatiques ou de manifestations sociologiques…

Contrairement aux algorithmes explicites, les algorithmes implicites possèdent une logique entièrement construite par apprentissage sur des données choisies et labellisées par les scientifiques. D’une certaine manière, cette approche s’inspire de l’empirisme par une utilisation brute des scénarios du phénomène à simuler symbolisés par les données d’apprentissage. Un jour, on pourra peut-être entraîner un algorithme entièrement sur des données non labellisées, mais il restera toujours le choix de ces données. Même sur des tailles gigantesques, celles-ci captureront toujours une réalité et non la réalité dans sa totalité. Rien ne permettra de démontrer le contraire.

Qu’ils soient explicites ou implicites, les algorithmes sont le fruit d’une construction humaine plus ou moins supervisée, avec ses biais et son prisme. Ils permettent de démontrer des concepts jusqu’ici induits ou tout simplement pensés, de trouver des solutions à des problèmes encore difficiles à mathématiser, ou de mettre en lumière des relations de causalité encore jamais soulignées. Cela dit, les algorithmes ne saisissent pas toute la réalité, ils se contentent de traduire une réalité induite par le raisonnement, sur un problème que notre logique a formulé, et dont nous analysons les résultats avec, là aussi, un parti pris inconscient.

Limites. Ce sujet rejoint une autre idée préconçue selon laquelle les algorithmes seraient capables un jour de tout modéliser — et, partant, de tout simuler. Cette position est invivable : on ne pourra jamais dire qu’on a tout observé ou tout capturé du monde qui nous entoure, car pour atteindre un tel paradigme il faudrait s’affranchir de l’idée même de monde. Les algorithmes qui permettent également d’apporter des éléments prédictifs sur un phénomène, deviennent pour les hommes l’outil suprême pour devenir maîtres de leur destin. L’algorithme deviendrait alors l’héritier des augures, des haruspices et autres devins. Mais là encore, il ne peut détenir la vérité future, par notre incapacité de confirmer l’intégralité de sa représentation du réel sans approximation, interprétation ou encore omission.

Penser les algorithmes comme détenteurs ultimes de la réalité, c’est s’interroger sur l’idée que celle-ci peut toujours être décrite analytiquement. Le cas de l’amour, par son caractère incapturable et indémontrable, affaiblit le principe même de véracité par une description analytique. Sans contredire Galilée, on admettra les limites des algorithmes à s’emparer de la vérité sur tout et à tout moment, car de la même manière que tout ne peut pas s’exprimer avec des mots, tout ne peut pas s’exprimer avec la logique actuellement formalisée, même complexe et fortement abstraite.

Le physicien nobélisé Richard Feynman disait que « le paradoxe n’est qu’un conflit entre la réalité et notre sentiment de ce que la réalité devrait être ». A la réalité résonne ici la vérité du monde que les philosophes tentent de trouver depuis plus de 2000 ans. Les algorithmes permettent de soulever de nombreux paradoxes par le niveau d’abstraction et la complexité de leur logique. Mais nous ne serons jamais à un paradoxe près… et nous aurons toujours besoin de philosophes !

Docteur en sciences et entrepreneure, Aurélie Jean est auteure du livre L’apprentissage fait la force, aux Editions de l’Observatoire.

Des particules microplastiques dans des organes humains

Des particules microplastiques dans des organes humains

Des chercheurs de l’Université d’Etat de l’Arizona ont analysé 47 échantillons d’organes humains, prélevés d’une banque de tissus destinée à étudier les maladies neurodégénératives, et leurs conclusions sont sans appel. Des poumons aux reins, en passant par le foie et la rate, des microplastiques et nano plastiques ont été détectés dans chaque échantillon, relève le quotidien « The Guardian », qui parle d’une première. Leurs résultats ont été présentés lundi et n’ont pas encore été soumis au processus d’examen par leurs pairs.

Les microplastiques peuvent héberger des produits chimiques toxiques et nuire à certaines créatures marines. Les moules perdent ainsi de leur adhérence lorsqu’elles y sont exposées. Les humains y sont exposés en consommant de la nourriture, en buvant de l’eau ou encore en respirant.

Dans le détail, les scientifiques ont identifié des dizaines de types de plastiques, dont le polyéthylène téréphtalate (PET) notamment utilisé dans les bouteilles de boissons en plastique et le polyéthylène utilisé dans les sacs en plastique. Ils ont également retrouvé du bisphénol A, une substance chimique qui impacte notamment la reproduction des animaux.

Prochaine étape pour les scientifiques : mieux comprendre ce qui se trouve dans les tissus, pour mener par la suite une étude épidémiologique et évaluer les résultats potentiels sur la santé humaine. Les donneurs de la banque de tissus avaient fourni des informations sur leur mode de vie, leur régime alimentaire et leurs professions. Des données qui pourraient permettre de déterminer les principales façons dont les personnes sont exposées aux microplastiques.

Une posture d’équilibriste du gouvernement entre l’économie et la santé

Une posture d’équilibriste du gouvernement entre l’économie et la santé

De toute évidence, la posture d’équilibriste du gouvernement entre les préoccupations économiques et sanitaires demeure très fragile. Sur le plan économique, les scénarios s’obscurcissent avec la remontée des contaminations. On espérait une croissance en baisse de 11 % en 2020 mais la remontées du virus fait craindre maintenant une croissance en diminution de 14 % d’après les institutions d’études économiques. Le gouvernement a donc décidé très récemment de renforcer encore les mesures de prévention sanitaire mais dans le même temps ne peut pas tuer complètement économie.

En même temps, le gouvernement est bien contraint de prendre en compte la remontée significative de la vague virale. Les hésitations du gouvernement se vérifient  par exemple à travers ses positions très hésitantes quant à la généralisation du port du masque à l’extérieur. Le problème c’est qu’en sectorisation et en décentralisant les règles sanitaires, le pouvoir risque d’alimenter les incohérences et les contradictions.

 Attendues ce mardi, les propositions du gouvernement pour renforcer les règles sanitaires suscitent déjà les réserves du patronat. Prévue dans deux semaines, la rentrée scolaire provoque de son côté l’appréhension chez les enseignants et les parents d’élève. Ancien « Monsieur Déconfinement », Jean Castex connaît là sa première épreuve de vérité, un mois et demi après son arrivée à Matignon .

La semaine dernière, un Conseil de défense s’est tenu sur la question du rebond de l’épidémie. Depuis, les données ne se sont pas améliorées et l’exécutif adopte un ton de plus en plus ferme pour faire respecter les gestes barrière. Mardi dernier à Montpellier, Jean Castex a appelé à une réaction vigoureuse des Français. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a enchaîné sur le même ton le lendemain sur France 2.

 

Climat : La fonte du Groenland

Climat : La fonte du Groenland

Le changement climatique pèse lourd sur les glaciers et la fonte de la calotte glaciaire menace des dizaines de millions de personnes à travers le monde. Dans les années 1980 et 90, la calotte glaciaire perdait environ 450 gigatonnes (environ 450 milliards de tonnes) de glace par an, remplacée par les chutes de neige, ont relevé les scientifiques après l’analyse de quelque 40 ans de données. A partir des années 2000, la fonte s’est accélérée, grimpant à 500 gigatonnes mais n’a pas été compensée par les chutes de neige.

« La calotte glaciaire du Groenland perd de sa masse à un rythme accéléré au XXIe siècle, ce qui en fait le plus important contributeur à l’élévation du niveau de la mer », souligne l’étude. Toutefois, si la fonte des glaciers groenlandais liée au changement climatique est extrêmement préoccupante, d’autres membres de la communauté scientifique estiment prématuré de parler d’un point de non-retour.

 

« Nous ne savons pas de combien les concentrations en gaz à effet de serre vont augmenter », a expliqué à l’AFP Ruth Mottram, climatologue de l’Institut danois de météorologie (DMI). Les résultats publiés dans Nature Communications Earth and Environment montrent que « même si nous stabilisions les températures (et les émissions de gaz à effet de serre) au niveau actuel, la calotte glaciaire continuerait à fondre, mais seulement jusqu’à ce que sa taille soit à nouveau en équilibre avec le climat », a-t-elle indiqué.

D’après une autre étude récente de l’université de Lincoln (Royaume-Uni), la fonte des glaces au Groenland devrait contribuer à hauteur de 10 à 12 cm à la hausse du niveau des mers d’ici 2100. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat avait estimé en 2013 que le niveau des mers monterait de 60 centimètres d’ici la fin du siècle.

Bruit de bottes dans le golfe Persique

Bruit de bottes dans le golfe Persique

 

l’Europe et la France doivent jouer leur rôle de médiateur en condamnant avec fermeté l’usage abusif de l’option militaire pour Emmanuel Dupuy*, président de l’Institut Prospective & Sécurité en Europe (IPSE)– chronique dans la tribune:

 

 

Il y a quelques jours, la revue Foreign Policy nous apprenait que, en juin 2017, l’Arabie saoudite avait l’intention d’envahir le Qatar. Pensé en concertation avec les Émirats arabes unis (EAU), ce projet visait à « punir » Doha pour sa politique étrangère jugée trop indépendante vis-à-vis des positions dominantes et dominées par Riyad et Abou Dhabi au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG). En prévoyant de transformer le Qatar en protectorat, Riyad et Abou Dhabi souhaitaient aussi réimposer leur leadership régional dans un contexte de bras de fer tendu avec l’Iran.

Cependant, ce plan n’a pas été mis en œuvre même si, à la place, il en a résulté, en juin 2017, un long blocus auquel a su faire face le Qatar, eu égard à la résilience de la « gazomonarchie », deuxième exportateur de gaz naturel (GNL). La prestigieuse revue américaine a notamment précisé que c’était Donald Trump en personne qui avait alors émis son veto au roi saoudien Salman ben Abdelaziz.

Il y a quelques jours, les EAU décidaient d’officialiser leur rapprochement avec Israël, en ouvrant des relations diplomatiques, rejoignant ainsi l’Égypte et la Jordanie qui avaient fait de même en 1979 et 1994.

Une région aux fractures incandescentes

Cette décision, fragilisant de facto la position palestinienne, conforte aussi l’idée selon laquelle cette décision a été prise dans la même logique opposant les États du golfe Persique, sur fond de crise entre le Qatar et le Quartette (EAU, Arabie saoudite, Bahreïn et Égypte), d’accusations de rapprochement avec l’Iran et désormais d’options diplomatiques de plus en plus divergentes sur les dossiers libyens et syriens.

Même si le président américain était connu à l’époque pour être un fervent partisan de l’axe Riyad-Abou Dhabi-Tel Aviv, ses plus proches conseillers lui avaient rappelé que ce coup de force risquait de mettre gravement en danger la base américaine d’al-Udeid. Situé au sud de Doha, ce camp – qui peut abriter jusqu’à 10 000 soldats – représente la plus grande base militaire de l’US Army en dehors du sol des États-Unis et constitue la base arrière de son action armée contre Daesh en Syrie et en Irak.

L’option militaire reste ainsi, pour certains responsables politiques de la zone, une voie légitime de règlement des conflits, dans une région du monde déjà traversée par des lignes de fractures incandescentes entre les rives septentrionales et méridionales du Golfe. Celles-ci fragilisent et touchent les populations, mettent en péril l’approvisionnement international en pétrole et en gaz et fragilisent, de facto, tous les efforts menés depuis des années par certains États, dont la France, pour lutter contre des défis aussi considérables que la lutte contre le terrorisme ou la prolifération des armes de destruction massive (ADM).

 

Certes, la défense de l’intérêt national demeure une priorité pour les États et nul ne peut remettre en cause cette réalité qui a toujours guidé les acteurs de la scène internationale. Mais cette considération doit-elle, pour autant, nous laisser passif et silencieux face à des comportements dangereux ?

C’est, en ce sens, qu’il est important que la société civile, la communauté académique, les think tanks ainsi que les parlementaires se mobilisent pour que l’opinion publique prenne enfin conscience que, dans un monde où la sécurité collective est devenue l’affaire de tous et où la conflictualité entre États ne peut se réduire à un jeu à somme nulle, ce genre de provocations nous éloigne de la paix et de la stabilité auxquelles les peuples de cette région du monde aspirent. Au sein du Golfe, même s’il convient de garder des liens étroits avec tous les États, notamment ceux qui ne partagent pas entièrement notre vision de la démocratie, à l’instar de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, cette lecture « réaliste » des rapports de force ne doit pas pour autant nous interdire de tenir un langage de vérité avec nos alliés.

Car l’invasion du Qatar aurait eu deux conséquences majeures. Non seulement, elle aurait plongé le golfe Persique dans le chaos faisant ainsi basculer tout le Moyen-Orient dans un nouveau cycle de violences. Mais, de plus, elle aurait envoyé un signal dévastateur pour tous ceux qui caressent la sombre idée que la brutalité et l’usage de la force non régi par le droit international peuvent constituer une voie légitime pour sceller des différends et ainsi remplacer la diplomatie.

L’impuissance de l’Europe en question

Devant ce triste constat, il importe à l’Europe, en général, et à la France, en particulier, de jouer davantage son rôle de médiateur et de facilitateur. À cet égard, l’actuelle dérive inextricable de la situation en Libye doit également nous interpeller. L’impuissance de l’Europe a permis de transformer ce pays central du pourtour méditerranéen en théâtre des rivalités extérieures où ce sont désormais des puissances aux relents expansionnistes comme la Turquie et la Russie qui tiennent les rênes.

Au cœur de la région du Golfe et en Méditerranée orientale, cet effacement européen risque d’avoir les mêmes effets. Déjà meurtrie par le drame sans nom du Yémen, la péninsule Arabique ne peut se permettre une nouvelle tragédie, notamment à l’heure où la communauté internationale se mobilise pour freiner le risque terroriste et résorber la crise sanitaire de la Covid-19 et la récession économique qui s’en suit.

Sur ce sujet, l’apport de notre pays demeure capital. La France doit ainsi être au rendez-vous de cette histoire, comme elle le fut au début du Vingtième siècle au Levant, en 1990-1991 dans le golfe Persique ou en 2003-2004 en Irak durant la guerre.

Aider les PME françaises à s’implanter en Afrique

Aider les PME françaises à s’implanter en Afrique

Olivier de Maison Rouge*, avocat d’affaires, spécialiste du droit de l’intelligence économique, docteur en droit, explique qu’il faut aider les PME françaises à s’implanter en Afrique ou se préparer à être marginal sur ce continent. (Chronique dans la tribune)

 

 

Dans l’imaginaire collectif, l’Afrique a longtemps été le pré carré des entreprises françaises. La « Françafrique » a malheureusement véhiculé cette image ternie à tort. Mais comme toutes les idées stéréotypées, celle-ci a pu un temps contenir une part de vérité ; il convient désormais de la nuancer. Si les entreprises françaises n’ont, en valeur absolue, jamais été aussi présentes sur le continent africain, elles sont en net recul relatif sur un marché en pleine croissance : depuis vingt ans, les exportations françaises vers le continent africain ont certes doublé (de 13 à 28 milliards de dollars entre 2000 et 2017), mais dans un marché dont la taille a quadruplé… D’où une division par deux des parts de marché tricolores en Afrique. Sur le plan géographique, le recul est particulièrement important en Afrique francophone. Certes, 50 % du commerce total de la France avec le continent africain s’effectue avec le trio Algérie-Maroc-Tunisie, mais ce trio est suivi de l’Afrique du Sud, du Nigeria et de l’Égypte, tous trois anglophones. La situation des entreprises françaises est également une question de taille : les grands groupes profitent largement des restes de la « Françafrique », les PME sont quant à elle à la peine.

L’importante présence des grandes entreprises francophones a (trop) souvent été le résultat d’activités réalisées « dans l’ombre » et aux marges de la légalité. Les exemples, encore de nos jours, ne sont malheureusement pas rares. La filiale nigérienne de la multinationale des télécoms Orange - qui compte 2,5 millions de clients et a réalisé 86 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018 - quittera bientôt le pays à la suite d’un contentieux l’opposant aux autorités fiscales, qui ont mis ses locaux sous scellés pendant un mois et lui réclament 33 millions d’euros.

 Un environnement économique sulfureux

Le groupe Bolloré, qui gère 16 terminaux à conteneurs sur le continent africain, a vu son PDG et plusieurs autres de ses cadres être mis en garde à vue dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour « corruption d’agents publics étrangers » et portant sur les conditions d’obtention en 2010 des terminaux de Lomé, au Togo, et de Conakry, en Guinée. Le groupe est soupçonné d’avoir utilisé leur filiale de communication Havas pour faciliter l’arrivée au pouvoir de dirigeants africains en assurant des missions de conseil et de communication sous-facturées, dans le but d’obtenir de lucratives concessions portuaires. Le géant du nucléaire Areva (devenu Orano) a quant à lui été accusé de n’avoir pas respecté ses obligations en matière de santé et de sécurité (manipulations à mains nues et sans protections, absence de dosimètres individuels…) dans le gisement d’uranium – aujourd’hui totalement abandonné – de Bakouma en Centrafrique. Un site minier qui appartenait à la société canadienne Uramin, dont le rachat en 2007 par Areva lui avait valu une enquête judiciaire pour escroquerie.

Cet environnement économique sulfureux dont ont su profiter les grandes entreprises françaises s’est développé par l’entremise de « Messieurs Afrique », le premier et le plus célèbre étant Jacques Foccart. À la tête du Secrétariat général pour les Affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974, cet ancien résistant a mis en place un circuit diplomatique parallèle, permettant aux relations avec les États africains fraîchement décolonisés d’être gérées directement au niveau de la présidence française. Parallèlement à ses collaborateurs officiels, Jacques Foccart s’appuyait sur un réseau plus secret, en marge de la légalité républicaine, qu’il appelait lui-même ses « circuits courts ». Depuis son départ, l’Afrique continue à occuper une place à part et les grands principes de la politique foccartienne sont maintenus, tels que la « paix française ».

Un marché aux nombreuses spécificités

Si les grands groupes français ont su tirer profit de cette « zone grise » entretenue depuis soixante ans, la situation des PME est, elle, bien différente. Alors qu’elles sont au cœur du tissu économique de l’Afrique subsaharienne (elles représentent 90 % du tissu entrepreneurial et 60 % des emplois à l’échelle du continent), les très petites, petites et moyennes entreprises font souvent face à d’importants obstacles. Selon un rapport de l’Agence française de développement (AFD) de 2019, les TPE/PME d’Afrique rencontrent, au-delà des problèmes « classiques » partagés par bon nombre d’entreprises partout dans le monde (problèmes liés aux fournisseurs ou sous-traitants, modification des caractéristiques du marché en cours de projet…), des obstacles spécifiques tels que l’état des infrastructures locales, un environnement politique et social instable ou un environnement financier handicapant. Ces problématiques s’incarnent concrètement dans des retards de paiements par les clients (État inclus), ou dans un déficit d’offres de lignes de crédit adaptées aux besoins des PME par les banques africaines.

 

Cette situation concerne bien entendu toutes les entreprises en activité en Afrique, PME françaises comprises. Mais contrairement aux grands groupes qui peuvent se prévaloir d’une présence ancienne sur le continent, d’une importante force de frappe financière et d’un soutien de l’État français, les PME doivent faire face seules aux spécificités d’un marché africain qui est en réalité la somme de dizaines de marchés ayant chacun leurs spécificités (nécessité ou non d’installer des expatriés, gestion du risque de change, protection contre l’instabilité politique…). Une situation difficile pour les PME tricolores, la situation du leader historique de fournitures militaires MagForce International en est un exemple regrettable. Le président de cette entreprise s’est notamment fait connaître pour son efficacité et sa discrétion dans les affaires militaires. Après avoir pris la tête de l’entreprise, créée en 1998, Robert Franchiti a bâti sa réputation sur sa longue tradition de travail avec les pays africains. Une collaboration de plus de vingt ans qui n’aura pourtant pas protégé la PME, cette dernière ayant été victime de concussion.

C’est sur ces PME que l’État français devrait porter son attention en leur assurant un soutien maximal, dans une logique gagnant-gagnant avec les États et les populations d’Afrique. En effet, alors que la croissance économique fulgurante que connaissent de nombreux pays d’Afrique subsaharienne depuis une décennie ne s’est globalement pas accompagnée d’une création d’emplois ni d’une répartition plus équitable des richesses, les entreprises françaises ont créé au bas mot 620.000 emplois formels et non subalternes sur le continent, offrant d’importantes opportunités de mobilité sociale aux jeunes Africains, nos entreprises n’hésitant pas à confier la direction de leurs filiales africaines à des salariés ayant grandi sur le sol africain.

Couvertures santé et formations à la clé

Ces emplois s’effectuent par ailleurs dans de meilleures conditions que dans les entreprises concurrentes, en particulier en matière d’accès à des dispositifs de couverture santé pour les salariés et leur famille. Cet impact qualitatif s’incarne également dans les actions de formation et d’inclusion menées par les entreprises françaises, contribuant ainsi à structurer les écosystèmes locaux. Il est également important de rappeler que les contributions des entreprises françaises aux budgets locaux en impôts dépassent le montant de l’aide publique française au développement : au Tchad par exemple, la vingtaine d’entreprises françaises implantées représentent 9% des recettes fiscales du pays.

La France jouit encore indéniablement d’une relation privilégiée avec de nombreux pays d’Afrique francophone, mais pour combien de temps ? Avant que l’érosion de ce lien historique et culturel au profit des pays émergents - Chine en tête - ne relègue irrémédiablement l’Hexagone au statut de partenaire de second rang, les autorités françaises doivent redéfinir leur politique africaine en misant beaucoup plus sur les PME, plus réactives, et plus à même de s’adapter aux réalités d’un continent africain en pleine mutation.

* Auteur de Droit de l’intelligence économique. Patrimoine informationnel et secrets d’affaires (Lamy, 2012) et de Droit du renseignement. Renseignement d’État, renseignement économique (LexisNexis, 2016).

La reprise économique française sous la menace sanitaire

La reprise économique française sous la menace sanitaire

La France a été l’un des pays les plus touchés par la première vague du Coronavirus en raison d’une impréparation totale et d’une valse hésitation quant aux mesures sanitaires  à prendre. Dans la précipitation, la France a été contrainte de se soumettre à un confinement prolongé avec une quasi paralysie de l’économie.

 

La conséquence est une chute de la croissance récemment évaluée autour de 11 %. Le problème c’est que le pays est loin d’être sorti de l’auberge. En effet se multiplient les formes de résurgence du virus. Une contamination sans doute moins forte que lors de la première vague mais une remontée suffisante pour apporter des conséquences dramatiques à l’économie.

 

Les derniers scénarios avec cette réapparition des contaminations font apparaître une baisse supplémentaire de 3 % du PIB, soit au total 14 % de baisse sur l’ensemble de l’année 2020. Un nouveau choc sanitaire serait très dur à supporter pour l’économie. Ce nouveau choc enfoncerait l’activité dans une récession encore plus violente, estimée à -16% selon la Banque de France et -14% selon l’OCDE pour 2020.

 

Les ayatollahs de tous poils qui conduisent vers l’obscurantisme

Les ayatollahs de tous poils qui conduisent  vers l’obscurantisme

 

 

L’époque est à la radicalité dans les différentes chapelles qui constituent les extrêmes de la société. Il y a bien sûr les vrais ayatollahs religieux qui orientent et dirigent certaines minorités actives dans les banlieues dont certaines sont transformées en ghettos où aucun service public ne peut pénétrer sans dommage. Mais d’une certaine manière, il y a aussi les ayatollahs civils. Ceux  de l’extrême gauche qui rêvent  encore du grand jour, de la révolution, des nationalisation et plus globalement de l’étatisation  dans tous les domaines. Bref la résurgence d’un communisme qui ne dit pas vraiment son nom. On compte évidemment aussi les ayatollahs de l’extrême droite animé par la drogue  du nationalisme et du rejet de tout ce qui était étranger.

Bref le retour du racisme et de l’enfermement dans les frontières. Les ayatollahs sont aussi présents dans d’autres champs économiques et sociétaux. Ainsi au plan économique, il y a les ayatollahs de l’ultra libéralisme qui pensent  que le marché peut résoudre toutes les questions économiques, sociales, environnementales et sociétales. Voir à cet égard leurs réactions idiotes vis-à-vis de la réhabilitation de politiques prospectives dans le cadre du plan. Comment peut-on espérer que le marché pourra résoudre des questions économiques, technologiques ou sociétales qui doivent s’inscrire dans une perspective de 30 à 40 ans . Comment penser sérieusement que la marchandisation de la société est  le remède à tous nos maux.

Autre champ d’exercice de certains ayatollahs : celui de l’écologie. Eux  aussi très radicaux et complètement imperméables non seulement aux différences des autres mais aussi aux réalités. Des ayatollahs écolos bobos qui veulent changer tout de suite y compris si cela doit conduire à la misère sociale des millions de chômeurs. Bref une société de plus en plus éclatée et composée de sortes de sectes qui se replient sur elle-même, refusent même le débat, l’existence d’autres points de vue. Un terrain favorable pour l’installation un jour de l’anarchie ou d’une forme de dictature. L’urgence est sans doute aujourd’hui au réapprentissage démocratique, à la tolérance et  au dialogue , préalables essentiels pour faire société moderne.

Crise Biélorussie: sommet européen mercredi

Crise Biélorussie: sommet européen mercredi

Un sommet extraordinaire des 27 dirigeants de l’UE aura lieu mercredi 19 août par visioconférence pour discuter de la situation en Biélorussie, a annoncé lundi 17 août le président du Conseil européen. «Le peuple biélorusse a le droit de décider de son avenir et d’élire librement son dirigeant. La violence contre les manifestants est inacceptable», a déclaré Charles Michel, président du Conseil européen sur Twitter.

. Confronté à la plus grande vague de protestation depuis son arrivée au pouvoir en 1994, le président biélorusse, Alexandre Loukachenko a reçu ce week-end le soutien de Moscou, un allié historique malgré des tensions récurrentes entre les deux pays.

L’Allemagne, qui assure la présidence de l’Union européenne, a menacé lundi d’étendre les sanctions déjà décidées contre des responsables de la Biélorussie, après les violences contre les manifestants réclamant le départ de M. Loukachenko, à la suite à sa réélection contestée.

L’Union européenne a décidé vendredi de sanctionner la répression en Biélorussie lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27. Une liste de personnes accusées d’avoir organisé et procédé à la répression va être établie et elle sera soumise pour approbation aux États membres, ont décidé les ministres vendredi. La Biélorussie est toujours sous le coup d’un embargo sur les ventes d’armes et de matériel pouvant être utilisé pour la répression. Quatre personnes sont déjà interdites de séjour dans l’UE et leurs avoirs ont été gelés depuis 2016.

Lagardère sauve sa peau… pour un temps !

Lagardère sauve sa peau… pour un temps !

 

C’est la seconde fois en très peu de temps que Lagardère sauve sa peau. La dernière fois c’était il y a quelques semaines quand Lagardère était menacé de perdre le pouvoir sous la pression du fonds spéculatif Ambert . Grâce à Sarkozy, Bolloré était entré au capital de Lagardère pour s’opposer aux velléités du fonds. Lagardère n’a cependant pas tenu ses engagements vis-à-vis de sa société de commandite qui lui permet de demeurer à la tête de son groupe.  Bolloré s’est donc allié avec le fonds spéculatif pour tenter d’éjecter Lagardère de la direction de son groupe. Lagardère a cependant réagi juridiquement et financièrement. Il a en outre bénéficié de l’appui financier de Pinault . Il a pris de vitesse tout le monde avec une réunion anticipée des organes de direction. Lundi après midi, un conseil de surveillance du groupe Lagardère s’est réuni pour renforcer ses actions stratégiques face à la crise du covid et réorganiser sa gouvernance.

Côté opérationnel, le groupe Lagardère réaffirme sa stratégie assise sur deux pôles : l’édition et le Travel Retail. Pour le Travel Retail, touché de plein fouet par la crise du covid qui paralyse le trafic aérien, le groupe a mis en place des mesures qui évitent de consommer trop de cash. Au premier semestre 2020, le groupe avait brûlé 587 millions de liquidités. La filiale travel retail a donc négocié avec certains propriétaires d’aéroports un partage des revenus en contrepartie de la suppression des loyers. Pour l’édition, le groupe se dit prêt à saisir toutes les opportunités de croissance et officialise ainsi sa candidature au rachat de l’éditeur américain Simon & Schuster valorisé à près d’un milliard d’euros. Un pari extrêmement audacieux au moment où le groupe Lagardère a creusé sa dette à plus de 2 milliards d’euros et ne dispose plus que de 1 milliard d’euros de trésorerie et de lignes de crédit.
Au niveau de la gouvernance, le groupe a décidé de faire entrer à son nouveau conseil de gérance les deux responsables des branches d’activité : Arnaud Nourry, le patron de Hachette Livre et Dag Rasmussen, celui du travel retail.

Surtout, le conseil de surveillance a reconduit le mandat de gérant d’Arnaud Lagardère pour 4 ans, devançant ainsi l’échéance qui était prévue en mars 2021

Cela devrait réactiver le conflit ouvert par Vivendi et Amber Capital. Le 10 août, les deux premiers actionnaires (23,5% pour Vivendi et 20 % pour Amber) ont passé un accord pour demander la convocation d’une nouvelle Assemblée générale afin d’entériner la nomination de 4 nouveaux membres au conseil de surveillance (trois pour Amber Capital et 1 pour Vivendi). Les deux alliés ont jusqu’au 20 août pour formuler cette demande auprès du groupe Lagardère. En cas de refus de ce dernier, Vivendi et Amber porteront leur demande devant le tribunal de commerce. Le but des deux nouveaux alliés est de forcer Arnaud Lagardère à renoncer à sa commandite, structure juridique qui lui permet de maintenir son contrôle sur le groupe même s’il ne dispose que de 7,26 % du capital. Mais, en renouvelant par anticipation le mandat d’Arnaud Lagardère, le conseil de surveillance coupe l’herbe sous le pied d’Amber et de Vivendi qui voulaient y mettre fin.

Le sauvetage pourrait bien être temporaire, Lagardère a en effet reconnu être endetté à hauteur de 215 millions d’euros alors que sa participation dans Lagardère ne vaut plus que 145 millions d’euros. Lagardère peut sans doute compter sur l’appui de Macron qu’il a aidé lors de la prise du pouvoir et qu’il continue de soutenir dans les médias qu’il détient.

Afrique et dette chinoise: le piège réciproque

Afrique et dette chinoise: le piège réciproque

 

 

En toute discrétion, la Chine investit depuis des années en Afrique non seulement pour étendre son influence politique mais aussi pour piller les ressources. Le deal consiste pour la Chine à financer  des équipements. Les capitaux investis sont ensuite remboursés soit de manière classique mais à des conditions financières lourdes, soit en fourniture de matières premières. Le prix à payer pour l’Afrique se révèle très onéreux dans cette opération. Pour la Chine depuis la crise sanitaire,  cela pourrait devenir aussi une opération à risque. En effet déjà enfoncée dans une dette insondable, l’Afrique pour s’en sortir n’a comme solution que de faire défaut. Les prêteurs doivent renoncer à une partie de leur dette y compris la Chine qui en détient à peu près 30 %.

Pékin a fait savoir qu’il participe à l’accord du G20 annoncé en avril, qui prévoit une suspension de paiement des remboursements pour les pays les plus pauvres jusqu’à la fin de l’année. Une extension sur 2021 est en discussion. Mais ce report – jugé insuffisant par les pays africains – ne représente qu’une petite partie de l’endettement total du continent, estimé à 365 milliards de dollars, dont un tiers est détenu par la seule Chine.

Selon l’université Johns Hopkins, entre 2000 et 2017, 143 milliards de dollars sont partis de la Chine vers le continent pour construire routes, ponts, stades et hôpitaux sous la bannière des «nouvelles routes de la soie», en prêtant massivement selon des conditions très critiquables. Des conditions cependant acceptées par les pratiques trop habituelles de corruption de la part des dirigeants des pays.

Coronavirus États-Unis : et des écoles à nouveau fermées

Coronavirus États-Unis : et des écoles à nouveau fermées

 

D’une certaine manière, on peut dire qu’il y a deux types de stratégies en matière de prévention sanitaire vis-à-vis du Coronavirus dans les écoles. En France, on définit un protocole très contraignant mais pratiquement inapplicable alors qu’aux États-Unis faute de contraintes de prévention clairement établies,  les écoles préfèrent fermer. Une solution qui pourrait bien toucher aussi la France à la rentrée.

La rentrée dans la plupart des écoles, collèges, lycées et universités américains doit avoir lieu d’ici la fin du mois ou début septembre. En l’absence de directives contraignantes à l’échelon national, certains établissements ont opté pour l’enseignement à distance, d’autres pour le retour en classe, d’autres encore pour un modèle combinant les deux formules.

Mais le manque de personne ou la multiplication des cas d’infection a obligé une partie d’entre eux à renoncer rapidement à l’enseignement en classe.

L’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill a ainsi annoncé lundi qu’elle basculait en enseignement à distance intégral pour les étudiants de premier cycle, des tests ayant révélé une propagation rapide du coronavirus. Pour l’instant, 177 étudiants sont placés à l’isolement et 349 en quarantaine sur un total d’environ 19.000 en premier cycle.

En Géorgie, trois lycées du comté de Cherokee ont dû renoncer à l’enseignement en classe en raison d’une augmentation du nombre de cas positifs.

En Arizona, un district scolaire a dû annuler des classes, le personnel s’étant placé en arrêt maladie en arguant du fait que les conditions de sécurité n’étaient pas réunies.

Dans l’Oklahoma, les responsables d’un district scolaire ont rapporté avoir appris qu’un lycéen avait effectué sa rentrée alors qu’il avait été testé positif et qu’il n’avait pas achevé sa quarantaine.

Le nombre de nouveaux cas d’infection au niveau national baisse depuis quatre semaines mais il reste élevé dans de nombreux Etats et le chiffre des décès reste proche de 1.000 par jour. Au total, l’épidémie a fait plus de 170.000 morts aux Etats-Unis selon un décompte de Reuters.

Puy-du-Fou : Bachelot justifie le copinage de Villiers-Macron

Puy-du-Fou : Bachelot justifie le copinage de Villiers-Macron

 

La ministre de la culture était à la peine pour tenter de justifier l’autorisation donnée au Puy-du-Fou d’accueillir 9000 personnes au lieu de 5000. La conséquence évidemment des relations très particulières qui lient de Villiers à Macron . Observons qu’il s’agit de la seconde autorisation exceptionnelle consentie au puy du fou. Un arrêté de la préfecture de Vendée a en effet autorisé le Puy du Fou à accueillir jusqu’à 9. 000 personnes pour son spectacle nocturne, le samedi 15 août, suscitant une controverse.

“Il n’y a eu aucun passe-droit pour le Puy du Fou”, a déclaré lundi Roselyne Bachelot sur BFMTV, en soulignant que la dérogation préfectorale avait été accordée moyennant le respect de “normes de sécurité très contraignantes”. Notons à propos de ces normes qu’aucune distance nouvelle n’était imposée aux spectateurs !

La préfecture de la Vendée a expliqué dans un communiqué diffusé samedi avoir “répondu favorablement, à titre exceptionnel, à la demande présentée par le Puy du Fou” au vu de la faible circulation du virus dans le département et des engagements pris par le parc vendéen: trois tribunes séparées et accessibles par des flux de circulation distincts, port du masque obligatoire, distribution de gel hydroalcoolique, etc.

“C’est ce qui s’est passé pour le Puy du Fou et ce qui se passera pour tous (…) les organisateurs de manifestations de plus de 5.000 personnes qui demanderont des dérogations”, a assuré la ministre en ajoutant que les organisateurs de spectacles assis qui “demanderont (une dérogation) l’obtiendront” sous réserve d’accepter les contraintes sanitaires.

La ministre de la Culture a précisé qu’une autre dérogation pourrait être accordée au Puy du Fou pour le week-end prochain.

“L’éventuelle attribution d’une telle dérogation pour les spectacles du week-end du 21 et 22 août s’appuiera notamment sur une réévaluation de la situation sanitaire ainsi que sur le respect effectif des engagements lors de la représentation du 15 août”, avait précisé le préfet dans son communiqué.

Coronavirus France : très forte baisse nombre de cas

Coronavirus France : très forte baisse nombre de cas

 

493 nouveaux cas confirmés en 24 heures, après 3.015 dimanche et 3.310 samedi. Ce dernier chiffre était le plus élevés depuis la levée du confinement à l’échelle nationale en mai.

Si le nombre de nouveaux cas est donc divisé par six environ, celui des patients hospitalisés a en revanche augmenté de 65 en 24 heures pour atteindre 4.925, sa troisième hausse quotidienne consécutive.

Sur ce nombre, 384 se trouvent dans un service de réanimation, soit huit de plus que dimanche.

SPF a également enregistré 19 décès dus au COVID-19 en 24 heures, ce qui porte le bilan total de l’épidémie à 30.429.

La hausse marquée du nombre de nouvelles contaminations au cours des dernières semaines a conduit de nombreuses villes, dont Paris et Marseille, à imposer le port du masque à l’extérieur dans les quartiers les plus animés pour tenter d’enrayer la propagation du virus.

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