France: la croissance plombée par la consommation de cet été

France: la croissance plombée par la consommation 

 

 

Une nouvelle fois les perspectives de croissance du gouvernement vont devoir être révisées. En effet l’INSEE constate une stagnation de la consommation des ménages cet été. Les dépenses de consommation des ménages français en biens se sont stabilisées, avec une augmentation de 0,2% en août et une baisse identique en juillet. Sur les deux mois, c’est donc  la stagnation.  La légère baisse de juillet est due principalement au recul des achats d’automobiles et de biens d’équipement du logement. La reprise des mêmes achats d’automobiles et la progression des dépenses d’énergie ont contribué à la hausse de la consommation en août, a précisé l’Insee. Les analystes de Natixis s’attendent à un ralentissement « assez significatif » des dépenses de consommation sur l’année, tablant sur une hausse de 0,4% (après +1,3% en 2010).  On sait que c’est surtout la consommation qui tire la croissance puisque le solde des échanges est dans le rouge (75 milliards de déficit)  et que face au ralentissement mondial, les investissements se tassent. Le troisième trimestre devrait donc être assez décevant. On voit mal comment on pourrait atteindre 1.75% de croissance du PIB en 2011, on sera plus vraisemblablement autour de 1.3%, ce qui remet en cause les prévisions budgétaires et les perspectives de réduction de la dette. Le  gouvernement français annonce qu’il va poursuivre dans la voie de la réduction du déficit public, qu’il prévoit pour l’instant de réduire à 5,7% du produit intérieur brut fin 2011, 4,6% fin 2012, 3,0% fin 2013 et 2,0% fin 2014. Le gouvernement prévoit que le rapport dette publique/PIB commencera à baisser à partir de 2013. Ce ratio atteindrait selon lui 84,6% du PIB en 2011, 86,0% en 2012, 85,6% en 2013 et 84,1% en 2014. Or en l’état actuel de la situation, c’est déjà un déficit record qui s’annonce pour 2011 tant pour le budget que pour la dette. Ces  prévisions sont donc déjà dépassées.  Pour la première fois, la charge de la dette, c’est à dire ses intérêts, est en train de devenir le premier poste budgétaire de la France. Elle s’élèvera à 48,8 milliards d’euros, pour un endettement estimé à 87,4% du PIB.  Il est clair qu’avec une croissance de l’ordre de 1.3%, les perspectives officielles sont à revoir. 

INSEE : Moins de 1.5% de croissance en 2011

INSEE : Moins de 1.5% de croissance en 2011 

 

 

L’INSEE vient confirme la croissance zéro au deuxième trimestre  après une hausse de 0,9% au premier trimestre.. En cas de stagnation de la croissance au second semestre, le PIB ne pourra progresser que de 1.5%. C’est-à-dire moins  que  la prévision officielle du gouvernement 1,75%. Rien n’est sûr dans ce domaine en raison de l’environnement mondial et notamment de la crise de la dette. Il est même assez probable que le second semestre enregistrera une récession de sorte que la croissance pourrait être ramenée autour de 1, 3%. A la baisse généralisée de la croissance mondiale, il faut aussi ajouter le manque de confiance des ménages lesquels ont préféré épargner quand ils en avaient les moyens plutôt que de consommer. Les dépenses de consommation affichent en effet un repli de 0,2% au deuxième trimestre, alors qu’elles avaient progressé de 1,1% au cours des trois premiers mois de l’année. Le taux d’épargne des ménages. Est en n hausse de 1,1 point, pour atteindre 17,0%, soit son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2009. Plus inquiétant encore, les résultats des entreprises se dégradent, la valeur ajoutée et taux de marge s’avèrent en effet en recul. Selon les calculs de l’Insee, le taux de marge des sociétés non financières diminue de 0,9 point pour s’établir à 28,9%, son plus bas niveau depuis le premier trimestre 1986. C’est évidemment la conséquence de la hausse des matières premières, d’une demande atone et d’une concurrence accrue. Dans ces conditions, les entreprises ajutent leurs moyens de production avec un effet négatif sur le chômage. Finalement, rien de très nouveau dans cette analyse de l’INSEE si ce n’est la confirmation de la tendance nettement baissière de la croissance qui devrait largement se confirmer au second semestre. 

 

 

Etats-Unis: vers la récession

Etats-Unis: vers la récession 

 

 

Les tensions entre les Etats-Unis et l’Europe s’appuient sur des situations économiques respectives très dégradées dont ni les uns, ni les autres ne veulent endosser la responsabilité; Pour  ce qui concerne les Etats-Unis, les ménages américains se débattent face à une conjoncture très difficile, sans véritable espoir de voir leur situation s’améliorer à court terme, selon deux indicateurs économiques publiés mardi aux Etats-Unis. L’indice de confiance des consommateurs établi par le Conference Board est resté particulièrement faible en septembre après sa chute du mois précédent.  Cet indicateur n’a progressé que de 0,2 point pour s’établir à 45,4, alors que l’estimation médiane des analystes le donnait à 46,6. Le moral des ménages est encore très loin de son niveau de juillet (59,2). « Fondamentalement, il n’a pas varié », écrit le Conférence Board, pour qui « le pessimisme qui s’était emparé des consommateurs le mois dernier a gagné du terrain en septembre ». Du coup, on se renvoie la balle entre l’Europe et les Etats-Unis sur cette dégradation de la conjoncture. Obama attribue cette dépression économique à la situation de la dette européenne. Le président Barak Obama a estimé lundi que les décisions des Européens n’avaient « pas été aussi rapides qu’elles auraient dû » pour juguler une crise qui « fait peur au monde ». Ce qui a valu une réplique sèche du ministre des Finances Wolfgang Schäuble. « Contrairement à ce que pense (le président américain Barak) Obama, les problèmes de l’Europe ne sont pas la cause des problèmes des Etats-Unis », a asséné le ministre des Finances Wolfgang Schäuble. Il est toujours beaucoup plus facile de donner des conseils aux autres que de prendre des décisions vous concernant directement. Je peux aussi donner des conseils au gouvernement américain ». En fait, les consommateurs américains ont exprimé des inquiétudes plus grandes que le mois précédent en ce qui concerne leurs revenus espérés, ce qui est de mauvais augure la consommation et la croissance à venir.  Selon l’enquête du Conférence Board, la proportion des consommateurs pour qui il est « difficile d’obtenir » un emploi a progressé de 1,5 point par rapport à août et est désormais de 50,0%, et seuls 12,0% des Américains estiment que les offres d’emploi vont augmenter dans les mois à venir.  « La confiance des consommateurs est tombée à des niveaux dignes d’une récession », note Chris Christopher, du cabinet d’analystes IHS Global Insight.  Le moral des ménages reste « déprimé », juge son confrère Peter Newland, de Barclays Capital, pour qui les chiffres officiels de la consommation pour le mois d’août devraient permettre vendredi de se faire une idée de la relation entre la chute de la confiance du mois dernier et le niveau des dépenses des Américains. En conclusion, on s’oriente clairement vers une récession aux Etats Unis ; le risque pour Obama c’est que les inquiétudes des marchés changent de continent ; Si les marchés sont rassurés par le nouveau plan d’aide à la dette européenne, alors les menaces pourraient peser sur les marchés américains en raison d’une récession qui pourrait d’abord affecter les Etats-Unis. On comprend ainsi mieux les tensions politiques entre l’Europe (notamment l’Allemagne) et les Etats Unis. 

La croissance française encore revue à la baisse

La croissance française encore revue à la baisse 

Le gouvernement qui a déjà révisé à la baisse ses prévisions pour 2011 et 2012, ne compte plus sur une reprise en 2013 et 2014. Dans le projet de loi sur la sécurité sociale la prévision pour 2013 et 2014, la croissance est ramenée à 2%., Du coup la perspective de ramener le déficit public à 3% en 2013 dévient caduque , comme le programme de stabilité adressé à Bruxelles en avril 2011 ; En réalité, la croissance de 2011 sera de 1,2 à 1,3% ( au lieu de 2% prévu initialement), de 1% au plus en 2012, entre 1 et 1.5% en 2013 et 2014 au lieu de 2.5% . Et on ne peut écarter un scénario de récession en 2012. La prévision de ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013 est donc reporté au moins en 2015.Les projets de budget sont eux aussi obsolètes, pour 2011 la messe est dite le déficit sera proche de 7% du PIB, pour 2012 les 10 milliards d’économies de Fillon se suffisent plus, il faudra une dizaine de milliards d’économies en plus. Il faudra donc réduire les dépenses (dont beaucoup sont contraintes) ou augmenter la pression fiscale ou encore faire les deux. Augmenter la fiscalité c’est encore affecter la compétitivité déjà lourdement handicapée par des prélèvements obligatoires parmi les plus hauts du monde (officiellement 43%°). C’est donc plomber une croissance qui s’oriente vers la récession. D’après l’enquête Markit, la production du secteur manufacturier français enregistre en août sa première récession  depuis plus de deux ans  L’indice PMI de l’industrie manufacturière est revenu à 49,1 contre 50,5 en juillet, un repli plus marqué encore que celui reflété par l’estimation « flash » de 49,3 publiée il y a deux semaines. L’indice tombe  ainsi pour la première fois depuis juillet 2009 sous le seuil de 50, qui indique le seuil de récession ; cette évolution a déjà amené le gouvernement à revoir les prévisions Fillon à la baisse en matière de résultats budgétaires. Ce dernier avait seulement prévu des économies portant sur  1 milliards, or le budget est d’ores et déjà amputé de 3.5 milliards avec ce recul de l’activité. Après la stagnation au second trimestre, c’est donc bien la récession qui s’annonce. La raison principale tient au recul de la consommation des consommateurs dont le pouvoir d’achat est amputé par l’inflation. Les ménages dont le moral est au plus bas ménages prévoient de réduire leurs achats dans l’alimentaire et l’habillement. Les prochains indicateurs de l’activité seront donc encore décevants. 

Evolution de la croissance : c’est la récession

Evolution de la croissance :  c’est la récession

 Parmi les incertitudes, il y en a au moins une qui est levée, celle concernant l’évolution de l’activité économique. Depuis juillet, la croissance ne cesse de te tasser et nous allons bientôt entrer dans la récession. Une situation qui va en premier concerner les Etats-Unis si l’on en juge notamment par les indicateurs du chômage. L’Europe va suivre de quelques semaines et notamment la France dont le commerce extérieur s’écroule (déficit commercial record de l’ordre de 75 milliards en 2011), les investissements se tassent et la consommation faiblit encore du fait d’un pouvoir d’achat rongé par inflation et les inquiétudes sur l’avenir. Les pays émergents ne sont pas à l’abri du tassement général, en premier la Chine particulièrement sensible à la demande extérieure. D’après ses indices de production, elle se rapproche de la contraction. La certitude, c’est donc que nous allons connaître uen nouvelle récession mondiale. LE G20 réuni actuellement vient encore de se montrer impuissant face à cette crise ; En France , sans doute enfin conscient de la récession pour la fin 2011 et 2012, le gouvernement  vient d’annoncer des prévisions de croissance en nette baisse à 2,0% pour les années 2013, 2014 et 2015 au lieu des 2,5% prévus ; Il n’est pas même certain que la croissance reprenne à ce niveau en 2013. La prévision de déficit budgétaire à 3% pour 2013 devient utopique comme les prévisions de déficit de la sécurité sociale. Le temps des marchés n’est pas le temps des réalités économiques, financière et sociales. Il faut toujours plusieurs mois, d’abord pour mesurer l’évolution de l’activité, encore plusieurs mois pour réagir et les redressements attendus demandent encore de davantage de temps. C’est la problématique de la France mais de tous les pays développés et désormais de l’économie mondiale. Des retards, des atermoiements, des contradictions qui tiennent largement au contexte électoral qui interdisent la lucidité et la détermination à la hauteur des enjeux. Encore une fois, la certitude c’est la récession, reste encore des incertitudes sur la manière dont nous allons gérer la crise obligataire et la crise financière qui est liée. Plus l’attente sera longue et plus la facture sera lourde. Les marchés vont se charger de remplacer les gouvernances défaillantes avec malheureusement des dégâts économiques et sociaux considérables

La récession mondiale en vue

La récession mondiale en vue 

Après le jeudi noir en Europe, et encore des très fortes turbulences ce vendredi, l’interrogation majeure n’est plus taboue : la récession mondiale est-elle en vue ? Si l’on en juge par l’avis des autorités infranationales, la réponse n’est pas douteuse. Il suffit de se fier aux prévisions particulièrement pessimistes de la FED sur les perspectives économiques aux Etats-Unis. Il suffit de se rapporter au rapport de la BCE de jeudi qui considère que désormais, l’euro est clairement menacé, il suffit enfin de se référer aux prévisions économiques du FMI ou de l’OCDE. En Europe la récession se profile pour les mois à venir, il ne reste plus beaucoup de motif d’espoir d’autant que la crise obligataire européenne ne fait que s’amplifier. Cette récession viendra encore plus tôt aux Etats Unis si l’on en juge notamment par les indicateurs sur l’emploi. D’après plusieurs indicateurs ( de production et de transport), le repli économique affecte désormais aussi les pays émergents y compris la Chine dont l’économie se rapproche de la contraction. La question se pose donc de savoir si l’économie mondiale va  connaître sa deuxième récession en quelques années ; tous les éléments semblent en effet réunis. D’abord l’endettement des pays développés, la croissance en berne, le chômage en hausse et même l’inflation à un niveau encore trop élevé. Nous sommes entrés dans la deuxième phase du krach financier. Tout indique que l’Europe, le G7 comme le G20 ou encore la FED  sont aujourd’hui  impuissants à apporter des réponses satisfaisantes et que la chute va continuer. Personne ne pourra empêcher les attaques sur l’Italie et sur l’Espagne. Plus tard sur la France. L’Europe peut décider ce qu’elle veut, elle n’aura pas les moyens de soutenir-sauf à la marge- des pays de ces dimensions. La grande correction va donc avoir lieu, elle sera brutale mais nécessaire, sinon son report ne fera qu’accroître son ampleur. Le marché n’a plus confiance dans la parole des gouvernements et des banques centrales. Pas même dans la parole de beaucoup d’économistes qui prévoient régulièrement la sortie de crise. Là aussi pour s’en convaincre, il suffit de lire les dernières déclarations affligeantes du G20 : «Nous nous engageons à prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver la stabilité des systèmes bancaires et des marchés financiers, en tant que de besoin », Autant dire un aveu total d’impuissance puisqu’aucune orientation, aucune décision, aucun moyen n’est précisé. Le discrédit de la parole des autorités est complet et les  investisseurs sont désormais convaincus de l’insolvabilité des grands pays endettés.  Depuis la crise Grecque, certains analystes ne cessent de prévoir un rebond  (il y en aura mais cela ne changera pas la tendance baissière) ;  Il y a malheureusement la triste réalité de l’endettement, des déficits budgétaires, de la mollesse de la croissance et de l’emploi. Mécaniquement les déficits budgétaires ne pourront que se poursuivre et même augmenter car les mesures d’austérité à caractère structurel le plus souvent ne peuvent donner des résultats qu’à moyen et long terme. Il faudra des années et même des dizaines d’années pour apurer ces dettes colossales en Europe, comme au Japon ou encore aux Etats-Unis. La question est de savoir si le temps des marchés est le temps de la gestion de la dette. Si le manque de confiance actuel se traduit en panique alors nous connaîtront un éclatement de la bulle obligataire et  une crise bancaire puisque les établissements financiers détiennent la plus grande partie de ces actifs pourris. Au-delà on pourrait aboutir à une crise affectant la totalité du système financier.  Conséquence : d’abord un très net ralentissement de la croissance économique mondiale, la récession dans les pays développés pendant plusieurs années et une restructuration profonde du système financier. 

 

La FED pessimiste pour l’économie agit seulement sur les taux à long terme

La FED pessimiste pour l’économie agit seulement sur les taux à long terme 

 

On attendait beaucoup de décisions de la FED, finalement comme on connaissait déjà ses décisions sur les taux on a surtout retenu son analyse très pessimiste de l’économie. Du coup, Wall Street a également chuté mercredi et ne devrait pas encourager les autres places mondiales à se redresser. La Réserve fédérale a maintenu ses taux directeurs à entre 0% et 0,25% afin de soutenir l’économie et cela jusqu’à jusqu’à la mi-2013. Ainsi que nous l’annoncions hier, la Fed va acheter des emprunts du Trésor à échéance longue pour peser sur les taux d’intérêt à long terme. Cette action sur les taux longs est destinée soutenir l’activité, une action comparable à celle conduite dans les années 60 et baptisée alors « Opération Twist». La Fed devrait faire évoluer la composition de son bilan pour y renforcer la part des titres à long terme. Comme les taux d’intérêt à court terme sont proches de zéro et que son bilan est plombé par des achats de titres de dette pour plus de 2.000 milliards de dollars, la Fed se tourne vers de nouvelles formes de soutien en mettant l’accent dans son bilan sur les titres longs au détriment des titres courts Au sein de la Fed, le consensus des membres du comité de politique monétaire  a donc effectivement évolué en faveur d’une modification de la structure du bilan, dont le total atteint les 2.800 milliards de dollars, en vue d’en allonger la maturité. La FED  pense ainsi  abaisser le coût de financement du logement pour les ménages et de l’investissement pour les entreprises et veut encourager les investisseurs à se tourner vers des actifs offrant théoriquement de meilleurs rendements, comme les actions ou les obligations d’entreprise. Bref, des mesures d’accommodement monétaire qui ne sont pas négligeables mais qui ne seront sans doute pas suffisantes pour empêcher la récession de la fin de l’année. La croissance américaine a été de 1,0% en rythme annuel au premier semestre et les représentants de la Fed, comme le FMI ou l’OCDE, ont annoncé une révision à la baisse de leurs prévisions économiques. Pour la fin, de l’année la récession est maintenant en vue. Le plan Obama pour l’emploi qui est encore loin d’être adopté conte tenu des l’opposition des conservateurs dans le meilleur des cas ne donnera des résultats qu’à moyen terme. Il en est de même pour les nouvelles mesures de la FED. Au mieux, la croissance ne peut pas repartir avant le milieu de 2012. En fait si la FED maintien ses taux zéro jusqu’au milieu 2013, c’est qu’elle n’espère pas de reprise significative avant cela. Ce que confirment les récentes prévisions du FMI pour les Etas Unis comme pour l’Europe, Pour le FMI, L’Europe et les Etats-Unis risquent de plonger dans la récession l’an prochain à moins de s’attaquer rapidement à des problèmes économiques qui pourraient contaminer le reste du monde. Comme le FMI, l’OCDE demande un assouplissement des politiques monétaires. « Si, dans les prochains mois, apparaissent des signes dénotant que la faiblesse persiste ou que l’économie risque de retomber dans la récession, les taux devront être abaissés là où des marges de manœuvre existent », juge l’organisation. Et là où ces marges font défaut ( comme aux Etats-Unis par exemple) , poursuit-elle, « d’autres mesures pourraient être prises », comme des interventions des banques centrales sur les marchés de capitaux et des engagements fermes de maintenir des taux pendant une période prolongée. Les mesures de la FED répondent en partie à ces injonctions. La BCE, qui réagit comme les autres institutions européennes, toujours trop peu et trop tard s’en tient à ses taux actuels qui ne sont ni adaptés à la relance économique, ni au soutien des pays englués dans la crise obligataire. En conclusion, les institutions financières et monétaires infranationales ne pourront pas empêcher la récession économique de la fin 2011 et de 2012. Sans doute attendent-elles la prochaine crise financière pour prendre des mesures coordonnées adaptées à la hauteur des enjeux. 

La rentabilité des TGV menacée ?

La rentabilité des TGV menacée ? 

Les  péages payés par la compagnie ferroviaire pour faire rouler ses trains sur le réseau devraient augmenter de 940 millions d’euros entre 2008 et 2013, soit une croissance d’environ 75 %. Sur dix ans, la hausse serait de 145 %, assure la SNCF. « Dans les conditions économiques actuelles, le résultat courant de TGV sera nul d’ici à trois ans si on continue sur cette voie », a averti Mireille Faugère, directrice générale déléguée en charge des grandes lignes. L’an dernier, ce résultat courant tournait autour de 900 millions d’euros. L’augmentation des péages est prévue depuis très longtemps mais elle a été retardée (plus exactement ralentie) à la demande de la SNCF. Ce décalage a d’ailleurs mis le propriétaire des infrastructures, RFF, dans une position financière intenable non seulement pour financer les nouveaux projets mais même pour entretenir le réseau. Du coup, on se tourne vers l’Etat qui évidemment n’est pas mieux loti en matière d’endettement et qui porte déjà à bout de bars le ferroviaire. La question n’est pas nouvelle mais elle prend une dimension inquiétante en ces temps de disettes budgétaires. « C’est une vue de l’esprit de dire que le système ferroviaire peut s’autofinancer. Au contraire, plus le réseau ferroviaire sera important, plus il coûtera cher », déclare. David Azéma, directeur général délégué en charge de la stratégie. A la demande d’aide financière pour les TGV s’ajoute depuis peu une autre demande d’aide pour les trains d’aménagement du territoire, c’est-à-dire pour parler clair des trains hors TGV non rentables. Le problème des TER, portées eux-aussi à bout de bras par les régions, risque aussi de se reposer compte tenu d’une part des coûts d’exploitation et des modernisations nécessaires. Un premier débat s‘est déjà tenu  au conseil économique et social sur l’ouverture à la concurrence des TER.  On le sait, la question de la SNCF est en grande partie taboue et réservée aux spécialistes et aux lobbies. On peut parler des trains en retard mais nullement des problèmes fondamentaux relatifs à la gestion ou à la technologie ferroviaire. Chacun sait pourtant que sans l’aide de la collectivité, le fer serait mort depuis longtemps puisque le rail est subventionné à hauteur d’environ  50%, soit de l’ordre de 10 milliards par an alors que la dette totale du fer (SNCF, RFF, SAAD) dépasse 40 milliards. La seule évocation très grossière des ces chiffres inquiétants suscite aussitôt des polémiques sémantiques (subvention ?  Contribution ? Remboursement ?compensation ? Paiement de prestations ? Etc.). Une analyse détaillée des comptes du rail ne clarifie pas pour autant le débat car on oppose alors immédiatement des arguments corporatistes, politiques, idéologiques ou encore écolo pur et dur. Ce qui est certain, c’est que cette situation ne pourra durer. Ce qui a pu être toléré pendant longtemps était possible eu égard à la situation financière du pays. Mais depuis plusieurs années, la France est engluée dans une croissance molle, accumule les déficits budgétaires, fait grossir sa dette et devient une cible pour les agences de notation (voir les avertissements de l’OCDE et de l’agence  Standard et Porr’s ). 4000 milliards de dettes pour la France, 2000 officiellement quand on occulte certaines, soit pour être mieux compris entre 30 000 et 60 000 euros par habitant ! Le déficit du budget de l’Etat était de 150 milliards en 2010, il faudra bien le réduire y compris en exigeant davantage de rigueur de gestion et d’efficacité dans le rail. Il n’y a certes pas urgence à résoudre immédiatement  cette question car la période électorale n’est guère propice aux décisions courageuses. Le problème reviendra sur le devant de la scène vers 2013, il y a donc le temps d’engager un débat serein, argumenté à moins de se résoudre évidemment au dépérissement du rail. Le fret de ce point de vue offre un bon champ de réflexion. Depuis des années, le fret ferroviaire ne cesse de diminuer au point qu’aujourd’hui, il représente moins de 5% de parts de marchés en chiffre d’affaires. De plan en plan, de directeur du fret en directeur du fret, l’activité marchandises est devenue complètement marginale. Sur la tendance la suppression pourrait être totale d’ici une dizaine d’années en dépit des incantations écologiques des ministres eux mêmes. Certes la SNCF n’est pas seule responsable ;   certains facteurs explicatifs endogènes sont indiscutables d’autres exogènes doivent être reconnus comme l’évolution structurelle de la nature des échanges (nature des biens échangés, éclatement des lots, tension des flux etc.). Il reste que la SNCF n’a jamais été capable ni de moderniser une organisation de production devenue obsolète, ni d’améliorer sa qualité et sa compétitivité. Conséquence : 500 gares ont été fermées au trafic ferroviaire direct en quelques années. Un gâchis énorme, en complète contradiction avec les promesses gouvernementales  cent fois réitérées de  revitaliser le fret ferroviaire. Peut-être serait-il temps de s’interroger enfin sur la structure et le niveau des coûts qui constituent sans doute le handicap le plus sérieux au développement du rail. 

  

Le FMI envisage la récession pour l’Europe et les Etats-Unis

Le FMI prévoit la récession pour l’Europe et les Etats-Unis 

 L’Europe et les Etats-Unis risquent de replonger dans la récession l’an prochain à moins de s’attaquer rapidement à des problèmes économiques qui pourraient contaminer le reste du monde, a déclaré mardi le Fonds monétaire international (FMI).Le Fonds a abaissé sa prévision de croissance mondiale à 4,0% cette année et en 2012, contre 4,3% pour 2011 et 4,5% pour 2012 précédemment. De son coté, L’OCDE prévoit par exemple pour la France une croissance  de 0,2% au troisième trimestre et de 0,1% au quatrième. L’Organisation de coopération et de développement économiques admet même  une nouvelle récession dans les pays riches, dont la zone euro engluée dans sa crise de la dette. L’ ‘Allemagne, locomotive économique de la zone euro, ne serait pas épargnée, avec un recul de 0,35% du PIB au quatrième trimestre par rapport au troisième. La BCE reconnaît le net ralentissement économique de la zone euro et prévoit  1,6% de croissance en 2011, contre 1,9% encore prévus en juin Jean-Claude Trichet,  admet  l’ »énorme degré d’incertitude » qui pèse sur l’économie mondiale comme celle de la zone euro. Pour Heinrich Bayer, de la Postbank, les pronostics de la BCE, qu’il juge par ailleurs « trop optimistes », signalent que le mouvement à la hausse des taux opéré depuis avril « est provisoirement gelé ».  Marc Touati, d’Assya Compagnie Financière, craint désormais une légère contraction du PIB au troisième trimestre et une croissance ne dépassant pas 1,6% pour l’ensemble de l’année 2011.  Nicolas Bouzou (Asterès) pronostique   »une récession au quatrième trimestre ou début 2012 qui vaudrait pour les Etats-Unis comme pour la France ».  L’hypothèse gouvernementale d’une croissance de 1,75% en 2012 lui paraît dès à présent hors de portée. « Il faudra réviser du côté de 1,5% et plus probablement de 1% », estime-t-il.  Morgan Stanley s’attendait dès mercredi à une croissance « anémique » d’ici à la fin de l’année en France. Selon la banque d’affaires américaine, l’année finirait à 1,6% et 2012 plafonnerait à 0,9% seulement, en raison d’une « aggravation de la crise des dettes souveraines dans la zone euro et d’un ralentissement du commerce mondial ». Pour la France, encore une mauvaise nouvelle : le commerce extérieur français enregistre pour de juillet, un déficit de 6,46 milliards d’euros (Et 75 milliards pour l’ensemble de l’année, un record !). On ne peut plus guère compter que sur la consommation pour redresser le PIB. La croissance économique des pays développés risque donc stagner au second semestre et les banques centrales doivent être prêtes à assouplir leur politique monétaire, en baissant leurs taux d’intérêt ou en intervenant sur les marchés, a estimé jeudi l’OCDE. L’Organisation pour la coopération et le développement économiques prévoit que la croissance des pays du G7 ne devrait pas dépasser 1,6% en rythme annualisé au troisième trimestre et qu’elle devrait tomber à 0,2% sur les trois derniers mois de l’année. Elle a ainsi revu en nette baisse ses prévisions par rapport au scénario attendu en mai dernier, prenant ainsi acte du fait que « la reprise a pratiquement stoppé au deuxième trimestre dans nombre d’économies » et que le commerce mondial s’est contracté. La dégradation de la conjoncture pourrait être particulièrement marquée en Allemagne et en Italie, précise-t-elle, puisque ces deux pays devraient enregistrer un trimestre de croissance négative. L’économie allemande, la première d’Europe, devrait ainsi voir son PIB reculer de 1,4% en rythme annualisé sur les trois derniers mois de cette année, ce qui marquerait un décrochage brutal après une croissance attendue à 2,6% au troisième trimestre. L’OCDE envisage donc un assouplissement des politiques monétaires. « Si, dans les prochains mois, apparaissent des signes dénotant que la faiblesse persiste ou que l’économie risque de retomber dans la récession, les taux devront être abaissés là où des marges de manœuvre existent », juge l’organisation. Et là où ces marges font défaut ( comme aux Etats-Unis par exemple) , poursuit-elle, « d’autres mesures pourraient être prises », comme des interventions des banques centrales sur les marchés de capitaux et des engagements fermes de maintenir des taux pendant une période prolongée. En clair, si la récession se confirme pour la fin de l’année, la BCE devra aller bien au-delà du maintien des taux d’intérêt et opérer une réduction, coté Etats-Unis  faute de marge de manœuvre, ce pourrait être une nouvelle politique de type QE3 (même si on est aujourd’hui assez divisé sur ce point au sein même de la FED). 

 

Dette Grèce : vers un défaut pour novembre ou décembre

Grèce : un défaut pour novembre ou décembre 

Le dossier grec ne cesse de cangréner la stabilité européenne et au-delà l’ensemble des bourses mondiales. C’est un sujet permanent de discorde au sein de l’Europe.De ce point de vue, les déclarations des allemands, des autrichiens, des finlandais et des slovaques aux cours de la réunion des ministres des finances de vendredi ne sont guère porteuses d’espoir pour la Grèce ; il faut dire que la Grèce fait du chantage à la cessation de paiement depuis des jours et presse l’Europe de lui verser une nouvelle tranche d’aide. Une attitude que n’apprécient guère les pays du nord d’autant que les réformes promises par Athènes sont loin d’être réalisées. Du coup la réaction est plutôt négative, la prochaine tranche ne sera pas versée avant octobre et cela en fonction de la nouvelle évaluation que va effectuer le trio UE, FMI, BCE. On se souvient que ce trio avait quitté Athènes précisément pour protester contre la lenteur des réformes. Le plan du 21 juillet concernant la Grèce est plus que menacé, d’une part par la Grèce qui ne tient pas ses engagements, d’autre part par les réticences de certains pays européens qui pensent que de toute manière la Grèce est condamnée au défaut. Le ministre grec des Finances, Evangélos Vénizélos, a reconnu que le pays ne respecterait pas son objectif de déficit public pour 2011 du fait de l’aggravation de la récession.   »Une telle annonce remet en cause le second plan de sauvetage qui a été annoncé le 21 juillet. Il ne pourra pas être mis en place si le pays est incapable d’instaurer des plans de rigueur rapidement efficaces », s’est inquiété Renaud Murail, gérant d’actions chez Barclays Bourse à Paris. Pour manifester leur mauvaise humeur, les représentants de la Commission européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE) ont quitté la Grèce  et ont donc  donné dix jours au gouvernement pour faire avancer les réformes structurelles. La commission parlementaire grecque indépendante avait pourtant tiré la sonnette d’alarme en indiquant que la « la dette n’était plus sous contrôle ». Ce qui avait fait vivement régir le ministre grec des finances. »Il est clair que cet organisme », dont la mission est d’informer les commissions parlementaires compétentes, « ne dispose ni des connaissances, ni de l’expérience, ni de la responsabilité » requises, a- déclaré le ministre grec des finances. Après ces critiques, la directrice de l’organisme, l’économiste Stella Savva-Balfousia, a présenté sa démission. C’est un peu comme si en France, le ministre des finances déclarait que la Cour des comptes est incompétente ! Ce conflit entre le ministre grec et la commission indépendante,  spécialement mise en place pour suivre le budget grec, ne clarifie fie pas la situation. D’autant que des doutes de plus en plus nombreux émergent vis à vis de la solvabilité de la Grèce. La Grèce négocie actuellement le versement d’une sixième tranche du prêt accordé l’an passé. Par ailleurs, elle bataille durement pour la mise en œuvre du plan adopté par l’Europe le 21 juillet. En fait, les réticences européennes sont de plus en plus nombreuses vis-à-vis de la dette grecque qui représente 350 milliards et qui au lieu de se réduire ne fait que progresser. En cause, l’insuffisance des mesures structurelles notamment celles relatives aux privatisations, à la fiscalité et au marché du travail. Mesures très impopulaires que le gouvernement grec, qui ne veut pas se griller totalement politiquement,  ne met pas en place au rythme que souhaitent  l’Europe et le FMI. Du coup, on accumule tous les handicaps, les réformes trainent en longueur, la croissance s’écroule et le déficit s’accroit. Dans l’accord du 21 juillet, l’Europe a contraint la Grèce à vendre ses actifs (notamment ports, aéroports, trains, énergie, immobilier), une vente qui théoriquement doit rapporter de l’ordre de 50 milliards ce qui malheureusement ne permet que de ramener la dette à 130% du PIB au lieu de 150% actuellement ; Doivent s’y ajouter d’autres réductions de dépenses et de nouvelles hausses d’impôt. Evidemment compte tenu de l’asphyxie de l’économie, rien n’est sûr concernant les futures rentrées fiscales. Autant dire que la Grèce d’une manière ou d’une autre fera défaut. Mais il ne faut pas le dire pour ne pas aggraver la situation et surtout permettre la contagion à d’autres pays (y compris la France). On a aussi décidé une restructuration qui ne dit pas son nom, c’est-à-dire un allongement des délais de paiement et une dévalorisation des créances avec participation « volontaires » des créanciers notamment privés. Il s’agit de racheter de nouvelles obligations en échange des anciennes venant à échéance, cela au même taux que précédemment donc en dessous des taux du marché. En clair allongement des délais et baisse des taux d’intérêts qui constituent une dévalorisation des créances  cet échange devait avoir lieu courant août est loin d’être terminé, les banques se font tirer l’oreille car en fait de volontariat, c’est plutôt contraintes que les banques participent au sauvetage. Au sein même de l’Europe, on se montre peu pressé de mettre en œuvre l’accord du 21 juillet, certains pensent en effet que ce plan ne changera rien et que la Grèce fera finalement défaut. Pour ceux là, le plus tôt serait le mieux, il éviterait de dépenser des milliards d’euros ; Rien que pour la France, le coût actuel du soutien à la Grèce représente 15 à 18 milliards d’euros. Par ailleurs, tout aussi convaincue de l’insolvabilité de la Grèce, la Finlande, elle,  a exigé de la Grèce une contre partie de son aide en actifs. Ce qui est contraire à l’accord du 21 juillet et vient encore compliquer la mise en œuvre du plan. Objectivement quand on examine les chiffres, on ne voit vraiment pas comment le sauvetage de la Grèce pourrait réussir. La dette représente de l’ordre de 350 milliards soit plus de 150% par rapport à son PIB.  La dette à ce montant et dans ces délais d’échéance ne pourra jamais être remboursée d’autant qu’en dépit des cures d’austérité le déficit du budget qui représentait 10.5% en 2010 sera encore du même ordre en 2011. Le budget grec présente un  déficit primaire-avant même le remboursement des intérêts de la dette- qui lui interdit de rembourser cette dette. Si la Grèce devait revenir dans les clous européens, c’est-à-dire à un niveau d’endettement de 60% du PIB, il lui faudrait une vingtaine d’années à condition de dégager un excédent budgétaire primaire de  9 à 15 % selon les hypothèses de croissance de PIB. Il s’agit là d’un objectif impossible à atteindre par aucun pays au monde. L’austérité plonge la Grèce dans le marasme économique, la croissance est nettement dans le rouge (au moins -5% pour le PIB en 2011), le chômage sera de l’ordre de 20% et l’inflation près de 5%. Le problème de la dette grecque en cache un autre, d’une bien autre dimension, à savoir l’avenir de l’euro.  Il ne faut en effet guère compter sur la mansuétude des agences de notation ; Le défaut grec, partiel ou total, aurait de graves répercutions sur l’Euro et la croissance européenne. Première conséquences, la fragilisation des banques engagées dans les dettes souveraines grecques à commencer par les banques françaises. Ce n’est pas un hasard si le FMI a demandé une recapitalisation des banques européennes. Deuxième conséquence : une dégradation de la note de pays endettés comme l’Italie (toujours sous surveillance des agences de notation). La dégradation, c’est la montée des taux d’intérêt assurée, donc l’argent largement plus cher et l’inflation qui grimpe ; pour éviter la dégradation, des pays comme la France seront contraints à de nouvelles restrictions budgétaires qui vont peser sur la consommation, donc sur la croissance. Avec le défaut grec, on redoute l’effet de contagion sur d’autres pays endettés dont la France. On mesure ainsi la dimension du caractère systémique de la crise d’abord obligataire, ensuite financière puis économique. Il est clair que la Grèce porte la responsabilité première de sa situation mais la lente agonie à laquelle on la condamne n’est pas non plus très responsable. Le soutien financier ne sert à rien, la Grèce de pourra rembourser toutes ses dettes et la croissance ne cesse de s’effondrer en dépit de l’austérité. Bref l’échec total mais pourtant prévisible. Il serait temps de prendre enfin une poistion claire vis à vis de la Grèce, ou bien on assume totalement le soutien financier nécessaire pour éviter le défaut, on le dit et surtout on le fait; Ou bien, on  on décide de ne plus assurer la perfusion financière et la Grèce fait immédiatement défaut, en tout cas d’ici la fin de l’année ( ce que laisseront entendre les inspecteurs de l’UE et du FMI). Il faudra assurer les pertes mais cela dégagerait un horizon obligataire, financier et économique aujourd’hui sans aucune visibilité.

Etats-Unis Europe : des désaccords qui vont provoquer de nouvelles turbulences sur les marchés

Etats-Unis Europe : des désaccords qui annoncent de nouvelles turbulences sur les marchés 

Après les mouvements erratiques des bourses, on avait cru que les autorités internationales avaient décidé de coordonner leurs actions et leurs politiques de communication. C’et ce qui a été fait pendant quelques jours notamment avec la décision des banques centrales d’accorder les liquidités nécessaires aux banques. C’est aussi ce qui a été fait en Europe avec notamment des déclarations mesurées d’A. Merkel sur la Grèce et de Barroso sur la perspectives de euro obligations. C’est ce qui avait permis aux marchés de trouver un peu de confiance et aux valeurs de se redresser. Malheureusement à l’occasion de la réunion des ministres des finances de l’euro réunis en Pologne vendredi, toutes les contradictions sont réapparues. D’abord entre les Etats-Unis et l’Europe. Le secrétaire d’Etat américain au trésor a  reproché aux européens leurs dissensions internes vis-à-vis de dettes souveraines ; il a ensuite demandé un renforcement des moyens financiers d’ intervention, il a enfin refusé catégoriquement la perspectives d’une taxe sur les transactions financières. De son coté, l’Europe  a réfuté tous les arguments du secrétaire d’Etat américain. Considérant même que les Etats Unis étaient mal placés pour donner des leçons en matière de gestion notamment de leur propres dettes ; bref, un langage bien peu diplomatique qui n’a d’autre objet que de reporter sur l’autre la responsabilité de la crise. Cela d’autant plus que le plan Obama pour l’emploi est loin d’être adopté et que l’opposition entre les démocrates et les républicains risque d’en réduire la portée. On ne peut non plus ignorer les désaccords au sein même de la FED qui ont conduit Ben Bernanke à demeurer très énigmatique sur l’ampleur et la nature du nouvel  l’assouplissement monétaire.  A l‘intérieur de l’Europe, des dissensions sont aussi reparues avec force avec une nouvelle fois la ferme opposition du ministre des finances allemand à toute perspective rapide de création d’euro-obligations. Le Allemands s’en tiennent aux décisions déjà prises, ne souhaitent pas pour l’instant de nouveau traité et ne veulent plus s’engager financièrement pour soutenir les pays en difficultés. Pour la Grèce, on a même décidé de ne rien faire. Le versement de la prochaine tranche d’aide est repoussée en octobre après le rapport du trio BCE, UE FMI ; Pour le second plan  d’aide, aucune décision de principe non plus. De plus en plus d’Etats sont convaincus que la Grèce finira par faire défaut dans les mois à venir ; Ces différends vont lourdement peser sur les marchés la semaine prochaine et les turbulences pourraient être de grande ampleur. Reculer l’aide à la Grèce, c’est favoriser la reprise des interrogations sur la solvabilité des banques européennes, c’est surtout créer un durcissement des conditions d’accès au crédit et finalement peser sur la croissance ; Précisément, les prochains chiffres dans ce domaine seront catastrophiques, voir par exemple l’évolution du chômage aux Etats Unis et les prévisions économiques tant pour l’Europe que les Etats unis. On s’oriente très clairement vers la récession pour la fin de l’année aux Etats Unis et vers une  stagnation proche aussi de la récession en Europe. Perturbée par les différends évoqués et la détérioration des indicateurs économiques, la confiance des investisseurs, des entreprises et des ménages n’est pas prête de repartir à la hausse, à moins d’un sursaut coordonné de toutes autorités internationales. Faute de sursaut, c’est la crise assurée d’ici la fin de l’année et sans doute dès la semaine prochaine de fortes turbulences ; Il ne peut en être autrement quand on cumule crise économique crise obligataire et crise financière. 

Hausse modérée des impôts locaux mais très fortes disparités

Hausse modérée des impôts locaux mais très fortes disparités

La hausse des impôts locaux sera finalement moins importante que prévu compte tenu de l’endettement des collectivités locales. En moyenne, la progression sera de 0.9% avec toutefois des écarts particulièrement importants  de 1% à Grenoble à plus de 10% à Angers. Ces chiffres fournis par le « Forum pour la Gestion des Villes et des Collectivités Territoriales » concernent 41 villes de plus de 100.000 habitants. Pour la taxe d’habitation qui concerne tous les locataires la moyenne se situe autour de 1000 euros (976 euros) soit une hausse de 0.9% Il faut noter que les Parisiens restent les moins taxés avec 444 euros en moyenne de taxe d’habitation ; cela en raison de la structure de la fiscalité locale qui repose pour une plus grande part sur les sociétés.  Les hausses les plus modestes concernent Toulouse et à Nîmes (+0.1% et +1,2%). Les plus importantes : Angers et Marseille (+10% et +13,4%). L’impôt foncier est aussi en moyenne de l’ordre de 1000 euros  (moyenne à 961 euros), avec une augmentation  plus forte : +2,7% (donc supérieure à l’inflation qui ne devrait pas dépasser 2.5%). La hausse la lus importante concerne à Angers (+11,7) et la plus basse  Grenoble. Après +2,8% de hausse en 2010 et +5,1% en 2009, la hausse des impôts locaux cette année apparaît plus raisonnable. Ces  impôts locaux vont à la région, aux départements et surtout aux villes. Pour les régions, les finances sont encore solides mais pas pour longtemps constate l’agence Fitch. L’agence de notation avertit que les finances régionales devraient connaître «des temps difficiles dans les années à venir en raison de l’atonie des recettes face à des besoins d’investissement toujours importants En effet, Les dépenses de fonctionnement, qui se sont accrues de 12% par an entre 2004 et 2009, devraient progresser beaucoup plus lentement à l’avenir (+3% en 2010 estimé) avec la fin des transferts de compétences entamés en 2004. Pour autant, les besoins d’investissement devraient rester élevés, surtout dans les transports. En 2009, les dépenses d’investissement des régions se sont accrues de 1,3%, soit un rythme moins soutenu qu’en 2007 et 2008 lorsqu’elles avaient progressé respectivement de 8,6% et 3,2% ». Selon l’étude, «les besoins d’investissement devraient rester élevés au cours des prochaines années du fait de l’existence de grands projets d’infrastructures nouvelles (réseaux ferroviaires régionaux principalement et participation des régions aux lignes à grande vitesse) et d’importants besoins récurrents en termes d’entretien et de mise à niveau des infrastructures existantes». La situation des départements n’est pas homogène note la cour des comptes. Tous sont tributaires de l’effet de ciseaux entre dépenses et recettes ; l’impact n’est pas le même compte tenu notamment des pratiques locales différentes, parfois des héritages lourds à porter, mais aussi et surtout  pour certains, une situation socio-démographique et socio-économique qui pèse lourdement sur l’ampleur de la dépense sociale ; ces départements, sauf reprise économique également répartie, sont dans une situation de dégradation budgétaire ;la sous-estimation est assez générale en matière de  dépense sociale ; le phénomène n’est pas nouveau, il a démarré avec l’APA, il s’est prolongé avec le RSA après la quasi asphyxie initiale des services lors de la mise en place du RMI ; s’agissant du RSA, le phénomène a été aggravé pour les départements par une réalité différente des prévisions dans la répartition entre RSA socle et RSA chapeau ;L a capacité est désormais réduite pour les départements à utiliser le levier fiscal, réduit aux seules bases foncières ; le risque est de figer une situation fiscale qui est très inégalitaire entre départements ; les recettes de DMTO sont très inégalement réparties sur le territoire.  Les départements sont devenus de lourds paquebots, les marges de manœuvre existent mais supposent du temps ; ce ne peut être le résultat d’un ou deux exercices budgétaires.  Qui plus est, la réforme des collectivités à l’échéance de 2014 engendrera elle-même une remise à plat de certaines pratiques, une redistribution des compétences et, c’est son objectif, une diminution globale de la dépense publique locale. Pour les grandes villes, la situation financière est encore plus disparate avec un endettement qui varie de l’ordre de 10 000 euros par habitant pour Levallois Perret à 1000 euros environ pour Paris. Une situation qui dépend de la structure et du niveau des recettes, de la situation sociale, de l’ampleur des projets et aussi de certains emprunt toxiques . D’une manière générale, au-delà de l’environnement socio économique, la gestion locale est cependant caractérisée par la phobie des grands projets et la lourdeur des coûts de fonctionnements. Plus clairement trop de grands projets dont l’intérêt économique, social voire écologique est discutable et des superstructures surabondantes. Un seul exemple, le développement de tramway onéreux peu adapté en réalité aux dimensions de l’agglomération alors que des bus électriques en site en grande partie protégé auraient coûté dix fois mois cher . Les grands projets sont la vitrine électorale de beaucoup d’élus dont les compétences de gestion sont aussi mauvaises sinon pires que celles des autres collectivités publiques notamment celles de l’Etat.  

La hausse du chômage aux Etats-Unis annonce la récession

La hausse du chômage  aux Etats-Unis annonce la récession 

En août, il n’y avait pas eu de création d’emplois au Etats -Unis mais en septembre ce devrait êter le recul, donc l’annonce d’une reccsion économique. L’euphorie des marchés jeudi a permis d’estomper certaines statistiques économiques décevantes aux Etats–Unis. Ainsi, Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté contre toute attente lors de la semaine au 10 septembre, à 428.000 contre 417.000 la semaine précédente. Les économistes attendaient en moyenne 410.000 inscriptions au chômage. Les inscriptions de la semaine au 3 septembre ont été révisées en hausse par rapport à une estimation initiale de 414.000.La moyenne mobile sur quatre semaines s’établit à 419.500 contre 415.500 espérés. Ces chiffres s’inscrivent dans la tendance constatée en août. En effet il n’y avait pas eu de création d’emploi en août aux Etats –Unis. Le taux de chômage est stable à 9,1%. Une stabilité  relative car surtout due à la révision en baisse  des résultats de juillet : 85 000 au lieu de 115 000 annoncés ; même révision aussi en juin 20 000 emplois au lieu de 46 000 annoncés. Le privé a créé seulement 17 000 emplois alors qu’on espérait 100 000  (+ 154 000 en juillet). Dans le secteur manufacturier, on  a supprimé 3.000 emplois, alors qu’on espérait 4.000 créations d’emplois après +36.000 (révisé de +24.000) en juillet. Le public a supprimé 17.000 emplois, après en avoir détruit 71.000 en juillet (révisé de -37.000). Grâce à ces révisions en baisse des chiffres du mois précédent, on est parvenu ainsi à afficher une stabilité du taux de chômage en août. Ce ne sera sans doute pas le cas en septembre, il faudra bien admettre une hausse du chômage qui préfigure sans doute une situation de récession économique pour la fin de l’année aux Etats-Unis. Pas de quoi se réjouir à moins maintenant de compter sur le plan de relance d’Obama et sur les mesures de stimulation monétaire de Ben Bernanke. Ce plan Obama va rencontrer de sérieuses oppositions de la part des républicains et sera sans doute sérieusement raboté. Par contre, on peut penser que la FED, tirant les conséquences de cette perspective de récession, décidera de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire ; Même si les marges de manœuvre ne sont pas énormes, il ya encore des possibilités pour agir et surtout rassurer les marchés. 

Le plan emploi Obama menacé par le congrès

Le plan emploi Obama menacé par le congrès 

 

 

Obama, ce week end a clairement mis le congrès devant ses responsabilités ; Il sait en effet que son plan a peu de chances d’être adopté en l’état par les républicains. Ces derniers s’opposent en effet au financement prévu qui envisage notamment la fin des exemptions d’impôts que Bush avait décidés pour les plus aisés. Obama à par avance attaqué les républicains : «  Plus de jeux ni d’impasses. Plus de division ni de retard, Il est temps pour les gens que vous envoyez à Washington de faire passer le pays avant le parti; d’arrêter de s’inquiéter autant pour leurs emplois et de commencer à s’inquiéter davantage pour les vôtres», Obama essaye donc de contourner les républicains en tentant de s’appuyer sur l’opinion publique. Une opinion publique qui avait été très remontée lors des atermoiements pour le relèvement du plafond de la dette et la dégradation de la note américaine. L’essentiel du plan de 440 milliards repose sur une réduction de l’impôt sur les revenus de 240 milliards de dollars pour les salariés et les employeurs pour relancer la consommation et à encourager les embauches.  Barak Obama est au plus bas dans les sondages et doit régir pour avoir quelques chances d’être réélu. Selon un sondage réalisé pour le New York Times et CBS News 53% des Américains jugent négativement la performance de Barak Obama sur la question de la création d’emplois, tandis que 40% la voient d’un bon œil. Dans un sondage NBC News/Wall Street Journal, la cote de popularité d’Obama touche son plus bas niveau, à 44%. Dans une autre enquête ABC News/Washington Post, six Américains sur dix jugent désormais de manière négative la gestion par le président de l’économie et de l’emploi Il y a donc urgence pour la popularité d’Obama mais surtout pour la croissance américaine. En effet on s’oriente clairement vers une récession pour la fin de l’année notamment si l’on en juge par l’évolution du chômage. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté contre toute attente lors de la semaine au 10 septembre, à 428.000 contre 417.000 la semaine précédente. Les économistes attendaient en moyenne 410.000 inscriptions au chômage. Les inscriptions de la semaine au 3 septembre ont été révisées en hausse par rapport à une estimation initiale de 414.000.La moyenne mobile sur quatre semaines s’établit à 419.500 contre 415.500 espérés. Ces chiffres s’inscrivent dans la tendance constatée en août. En effet il n’y avait pas eu de création d’emploi en août aux Etats –Unis. Le taux de chômage est stable à 9,1%. Une stabilité  relative car surtout due à la révision en baisse  des résultats de juillet : 85 000 au lieu de 115 000 annoncés ; même révision aussi en juin 20 000 emplois au lieu de 46 000 annoncés. Le privé a créé seulement 17 000 emplois alors qu’on espérait 100 000  (+ 154 000 en juillet). Dans le secteur manufacturier, on  a supprimé 3.000 emplois, alors qu’on espérait 4.000 créations d’emplois après +36.000 (révisé de +24.000) en juillet. Le public a supprimé 17.000 emplois, après en avoir détruit 71.000 en juillet (révisé de -37.000). Grâce à ces révisions en baisse des chiffres du mois précédent, on est parvenu ainsi à afficher une stabilité du taux de chômage en août. Ce ne sera sans doute pas le cas en septembre, il faudra bien admettre une hausse du chômage qui préfigure sans doute une situation de récession économique pour la fin de l’année aux Etats-Unis. D’après Obama, ce plan  prévoit la création d’un million d’emplois et la diminution du taux de chômage d’au moins un demi-point de pourcentage. L’interrogation demeure donc vis-à-vis de l’attitude des républicains ; Il paraît peu probable qu’ils approuvent la totalité de ce plan de 447 milliards de dollars .On compte aussi  sur la décision de la FED pour un assouplissement monétaire susceptible d’accompagner ce plan. Reste à savoir si les mesures vont effectivement peser immédiatement sur l’économie. Rien n’est certain, car il y a toujours un décalage d plusieurs mois entre les décisions de ce type et les effets sur le terrain économique ; Ensuite ce plan sera nécessairement raboté par les républicains. Enfin ce plan comporte une partie consacrée à la relance du pouvoir d’achat (par la réduction d’impôts) qui en fait risque de profiter davantage aux importations qu’au PIB des Etats-Unis. En conclusion, il s’agît sans doute davantage de redonner des signes positifs aux marchés et aux acteurs économiques que d’attendre des effets significatifs et à court terme sur la croissance ; cela d’autant plus que les indicateurs prochains vont encore contribuer à affecter le moral des investisseurs et des consommateurs. 

Pacte de stabilité : sanctions plus lourdes pour une meilleure intégration budgétaire

Réforme du pacte de stabilité : sanctions plus lourdes pour une meilleure intégration budgétaire  

  

L’Union économique a  engagé  ce jeudi une vaste réforme du Pacte européen de stabilité et de croissance, qui contrôlera de manière plus sévère les déficits, la dette et les déséquilibres budgétaires avec à la clé des sanctions plus lourdes. Ces modifications doivent recevoir l’adhésion du parlement européen. En outre, il est vraisemblable qu’elles seront examinées en octobre à l’occasion de l’approfondissement de l’union économique et budgétaire au sein de la zone euro. En attendant, une vraie unité monétaire et budgétaire, l’Europe resserre les boulons. Ainsi on fixera une limite  en matière de dépenses, la  hausse des dépenses annuelles ne pourra pas excéder la hausse du PIB à moyen terme. L’objectif est d’affecter des ressources à la réduction de la dette. En cas d’écart avec la limite, des sanctions seront prises. L’objectif d’une dette  60% du PIB, déjà présent dans le Pacte de stabilité et de croissance sera suivi de plus près. En cas de dépassement de ces 60%, y compris si le  déficit est en dessous des 3% du PIB fixés par le Pacte, il y aura aussi sanction ; la dette devra être réduite à un rythme annuel de 5% sur trois années Pour la zone euro, un nouveau dispositif de sanction est prévu,  des sanctions qui pourront être prise au cours de l’exercice budgétaire en cas  de déficit excessif avec application de manière graduelle. Un dépôt financier non rémunéré de 0,2% du PIB pourra être imposé à un Etat membre, suivi d’une amende si des mesures de correction ne sont pas mises en place. Un Etat souhaitant éviter une procédure de déficit excessif proposée par la Commission européenne devra réunir une majorité qualifiée à cet effet (principe de la règle de la majorité inversé). En cas d’infractions répétées, une amende annuelle de 0,1% du PIB, adoptée avec la règle de la majorité inversée, pourrait être décidée. Un tableau de bord des déséquilibres macro-économiques sera également installé avec un mécanisme de détection précoce. Les produits des amendes résultant de l’application de ce nouveau dispositif de contrôle et de sanction seront affectés au Fonds européen de stabilité financière (FESF) ou à son successeur à partir de 2013, le Mécanisme européen de stabilité financière (MES). Ces nouvelles mesures s’inscrivent dans le processus d’intégration budgétaire qui pourrait se concrétiser à terme par la création d’euro-obligations ; cela  devrait ainsi  ouvrir un vaste chantier de réforme de l’Europe. On connait la position des uns et des autres. Jusque là, les pays du nord et en particulier l’Allemagne était fortement opposés à la mutualisation des dettes, à l’inverse des pays du sud, dont la France. Pour le nord de l’Europe, le risque est d’offrir gratuitement un parapluie obligataire aux pays laxistes sans la contrainte de la rigueur de gestion. Pour les pays du sud, c’est la possibilité d’échapper à la pression du marché sur leurs dettes en continuant de déroger aux objectifs de stabilité budgétaire. Jusque là, on a surtout assisté en Europe à l’affrontement des deux théories économiques dominantes, d’un coté l’orthodoxie à l’allemande avec priorité à l’équilibre budgétaire, de l’autre la fuite en avant des pays latins sollicitant à outrance la dépense budgétaire pour la relance de l’économie. Ces oppositions très vives, exprimées publiquement, ont provoqué un effet désastreux sur les marchés d’autant qu’aucune instance européenne n’était en capacité d’imposer la moindre cohérence. Les mêmes clivages sont réapparus avec force lors de la réunion des ministres des finances de l’euro de vendredi 16 septembre 2011. Il est clair que le temps des marchés ne correspond pas aux temps des responsables politiques ; l’absence évidente et dramatique de gouvernance européenne a  donc contraint les gouvernements à programmer une réunion les 17 et 18 octobre pour envisager une plus forte intégration économique et financière. Cette réunion pourrait aussi proposer une nouvelle réforme du traité européen pour le début 2012. Il s’agirait notamment de donner davantage de pouvoirs à l’Eurogroup et de le doter d’un président permanent ; C Herman Van Rompuy, président du conseil européen, est chargé de préparer cette réforme ;  l’Eurogroup, placé sous la coupe des ministres des finances,  se transformerait en institution officielle et permanente disposant dune superstructure administrative spécifique. Cette nouvelle structure n’est pas du goût de la commission qui aurait préféré que ce soit le commissaire aux affaires économique qui préside ce nouvel Eurogroup. Au-delà des questions de préséance, se posent des problèmes de fond sur la nature et l’intensité de l’intégration économique et financière de l’Europe. Une plus grande discipline budgétaire imposée par l’Eurogroup suppose en effet un abandon de souveraineté des Etats, d’où la nécessité de reformer le traité européen et les institutions internes aux Etats. La perspective des euro-obligations va figurer en bonne place dans l’ordre de cette réunion. Schématiquement, il s’agit d’accepter une mutualisation partielle ou totale des dettes contre la rigueur budgétaire ; C’est-à-dire une vraie intégration monétaire avec son corollaire, l’intégration budgétaire. En clair, c’est un dessaisissement au moins partiel des responsabilités nationales sur les budgets au profit de la nouvelle autorité européenne. Une autorité européenne chargée d’une part dévaluer la crédibilité économique de chaque budget national et de prendre des sanctions en cas de dérives. Ce serait évidemment un pas considérable dans la voie de l’intégration qui va demander une réforme du traité européen.  Un aspect juridique qui peut prendre du temps et dont la durée va dépendre aussi du niveau d’intégration. Cette réforme  passera aussi par  une plus grande intégration fiscale ; actuellement  les différences sont notoires entre les membres de l’union économique et les opinions publiques sont actuellement assez hostiles à plus de solidarité et de cohérence au plan européen. Il y a cependant un davantage politique aux transferts de compétences nationales vers l’Europe, les responsables des Etats pourront reporter la responsabilité de la rigueur sur Bruxelles et utiliser ainsi le parapluie européen pour imposer une austérité qu’ils sont incapables d’assumer seuls pour des motifs électoraux. Il y aura vraisemblablement de fortes réactions négatives à l’abandon de souveraineté des Etats mais finalement l’ampleur de la crise peut imposer maintenant ce qui était encore impensables il y a quelques mois, voire quelques semaines. Pour l’immédiat, le ministre allemand des finances, récuse toute nécessité d’un nouveau traité et toute éventualité d’euro-obligations. Cependant les fortes turbulences qui vont recommencer la semaine prochaine pourraient amener les uns et les autres à revoir leurs positions.

 

 

Europe : stagnation économique au second semestre

Europe : stagnation économique au second semestre 

 

La Commission économique prévoit la stagnation de la croissance pour le deuxième semestre ; sur l’année la prévision du PIB  pourrait atteindre 1,6% (1,8% en 2010).On a revu à la baisse l’hypothèse de croissance pour la fin de l’année, on espère désormais à 0,2 % au troisième trimestre et 0,1% pour le quatrième trimestre. »L’économie mondiale a connu un ralentissement et les espoirs que la crise de la dette souveraine se dissipe progressivement ont été déçus. Les risques sur la croissance restent défavorables », indique la commission. Comme on le sait, ces prévisions sont toujours un peu optimistes, on devrait donc clairement s’orienter vers la stagnation en Europe. Une consolation, si on peut dire, l’inflation dans la zone euro devrait être de  2,5% sur l’année au lieu de 2.6% attendus. Pour la France, révision aussi à la baisse pour le PIB à 1,6% contre 1,8% précédemment (le gouvernement a retenu 1.75%). L’OCDE pour sa part confirme pour la France une croissance  de 0,2% au troisième trimestre et de 0,1% au quatrième. L’Organisation de coopération et de développement économique admet même  une nouvelle récession dans les pays riches, dont la zone euro engluée dans sa crise de la dette. L’ ‘Allemagne, locomotive économique de la zone euro, ne serait pas épargnée, avec un recul de 0,35% du PIB au quatrième trimestre par rapport au troisième. La BCE reconnaît le net ralentissement économique de la zone euro et prévoit  aussi  1,6% de croissance en 2011, contre 1,9% encore prévus en juin. Jean-Claude Trichet,  admet  l’ »énorme degré d’incertitude » qui pèse sur l’économie mondiale comme celle de la zone euro. Pour Heinrich Bayer, de la Postbank, les pronostics de la BCE, qu’il juge par ailleurs « trop optimistes », signalent que le mouvement à la hausse des taux opéré depuis avril « est provisoirement gelé ».  Marc Touati, d’Assya Compagnie Financière, craint désormais une légère contraction du PIB au troisième trimestre et une croissance ne dépassant pas 1,6% pour l’ensemble de l’année 2011.  Nicolas Bouzou (Asterès) pronostique   »une récession au quatrième trimestre ou début 2012 qui vaudrait pour les Etats-Unis comme pour la France ».  L’hypothèse gouvernementale d’une croissance de 1,75% en 2012 lui paraît dès à présent hors de portée. « Il faudra réviser du côté de 1,5% et plus probablement de 1% », estime-t-il.  Morgan Stanley s’attend à une croissance « anémique » d’ici à la fin de l’année en France. Selon la banque d’affaires américaine, l’année finirait à 1,6% et 2012 plafonnerait à 0,9% seulement, en raison d’une « aggravation de la crise des dettes souveraines dans la zone euro et d’un ralentissement du commerce mondial ». Pour la France, encore une mauvaise nouvelle : le commerce extérieur français va enregistrer un déficit extérieur record de 75 milliards. On ne peut plus guère compter que sur la consommation pour redresser le PIB. La croissance économique des pays développés risque donc stagner au second semestre et les banques centrales doivent être prêtes à assouplir leur politique monétaire, en baissant leurs taux d’intérêt ou en intervenant sur les marchés, a estimé l’OCDE. L’Organisation pour la coopération et le développement économiques prévoit que la croissance des pays du G7 ne devrait pas dépasser 1,6% en rythme annualisé au troisième trimestre et qu’elle devrait tomber à 0,2% sur les trois derniers mois de l’année. Elle a ainsi revu en nette baisse ses prévisions par rapport au précédent scénario, prenant ainsi acte du fait que « la reprise a pratiquement stoppé au deuxième trimestre dans nombre d’économies » et que le commerce mondial s’est contracté. La dégradation de la conjoncture pourrait être particulièrement marquée en Allemagne et en Italie, précise-t-elle, puisque ces deux pays devraient enregistrer un trimestre de croissance négative. L’OCDE envisage un assouplissement des politiques monétaires. « Si, dans les prochains mois, apparaissent des signes dénotant que la faiblesse persiste ou que l’économie risque de retomber dans la récession, les taux devront être abaissés là où des marges de manœuvre existent », juge l’organisation. Et là où ces marges font défaut ( comme aux Etats-Unis par exemple) , poursuit-elle, « d’autres mesures pourraient être prises », comme des interventions des banques centrales sur les marchés de capitaux et des engagements fermes de maintenir des taux pendant une période prolongée . Conclusion, une fin de l’année sans croissance et un début d’année 2012 encore plus difficile avec des risques sérieux de récession. 

L’inflation en août va plomber la croissance

L’inflation qui ronge le pouvoir d’achat va faire encore diminuer la consommation des ménages.

 Les prix sont à la hausse en France en août, portant l’inflation sur un an à son plus haut niveau depuis 3 ans ; La  hausse est due surtout à l’augmentation des cours des matières premières,  au  relèvement d’électricité (+1,4% sur un mois, +7,7% sur un an) et  des prix des produits manufacturés. Ces derniers prix affichent en effet un bond de 1,6% d’un mois sur l’autre et la hausse a atteint 9,8% en un mois pour l’habillement et les chaussures et 3,3% pour les meubles. L’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,5% en août par rapport au mois précédent et l’inflation sur un an a atteint 2,2%, son plus haut niveau depuis octobre 2008, juste avant les premiers effets de la crise financière. En juillet, l’indice des prix à la consommation avait baissé de 0,4% sur un mois, ramenant sa hausse en rythme annuel à 1,9%. Les prix de l’énergie ont parallèlement poursuivi leur progression, de 0,4% par rapport à juillet et de 11,9% par rapport à août 2010. Un mouvement favorisé par le relèvement des tarifs et par la hausse continue des cours des produits pétroliers. L’indice IPCH pour l’ensemble de la zone euro sera publié jeudi; une première estimation, le 31 août, l’a donné en hausse de 2,5% en rythme annuel. Avec un pouvoir d’achat qui progressé de moins de 1%, une inflation d’environ 2% sur un an, mécaniquement la consommation encaisse le choc. C’est donc aussi la croissance qui va dévisser au second semestre . La consommation devait pourtant constituer  le principal soutien à la croissance puisque les exportations sont une nouvelle fois sont nettement dans le rouge. Pas étonnant dans ces conditions que le chômage progresse La véritable reprise ne semble pas pour demain et la sortie de crise reportée à beaucoup plus tard puisque 2012 connaîtra une croissance encore inférieure à 2011 La plupart des experts prévoyaient pourtant une hausse de cette consommation. Du coup, le scénario de sortie de crise semble avoir du plomb dans l’aile. Au cours de ces dernières années, la France avait limité les dégâts surtout grâce à la bonne tenue de la consommation ;  ainsi en 2010, les deux tiers de la croissance provenaient des dépenses des ménages dans ce domaine. Du coup la croissance pourrait être encore révisée à la baisse en 2011, d’autant que les exportations sont toujours aussi faiblardes. On comprend mieux pourquoi le chômage se dégrade.  Le scénario d’une sortie de crise paraît désormais discrédité puisqu’on aura bien du mal, sur la tendance, à atteindre 1.75% de croissance du PIB en 2011. En outre pour 2012 l’OCDE et le FMI prévoient pour la France une croissance nettement  inférieure à celle de 2011. Donc à un niveau qui sera encore trop faible pour faire reculer le chômage. Or le chômage constitue la principale préoccupation des français qui par ailleurs ne restent pas indifférents aux plans d’austérité en Grèce bien sûr, mais aussi en Irlande, au Portugal, en Espagne et en Italie. Certes la période électorale n’est guère propice pour engager des réformes structurelles pour assainir les comptes publics, ce qui nous assure d’un report de cette austérité ; à moins évidemment que les agences de notations ne s’invitent dans la campagne électorale pour contraindre la France à faire face à un endettement plus que préoccupant et qui progressera en 2011. 

Euro-obligations : ce qui peut changer en Europe

Euro-obligations : ce qui peut changer en Europe    La perspectives d’euro-obligations devraient ouvrir un vaste chantier de réforme de l’Europe. On connait la position des uns et des autres. Jusque là, les pays du nord et en particulier l’Allemagne était fortement opposés à la mutualisation des dettes, à l’inverse des pays du sud, dont la France. Pour le nord de l’Europe, le risque était d’offrir gratuitement un parapluie obligataire aux pays laxistes sans la contrainte de la rigueur de gestion. Pour les pays du sud, c’était la possibilité d’échapper à la pression du marché sur leurs dettes en continuant de déroger aux objectifs de stabilité budgétaire. Jusque là, on a surtout assisté en Europe à l’affrontement des deux théories économiques dominantes, d’un coté l’orthodoxie à l’allemande avec priorité à l’équilibre budgétaire, de l’autre la fuite en avant des pays latins sollicitant à outrance la dépense budgétaire pour la relance de l’économie. Ces oppositions très vives, exprimées publiquement, ont provoqué un effet désastreux sur les marchés d’autant qu’aucune instance européenne n’était en capacité d’imposer la moindre cohérence. Il est clair que le temps des marchés ne correspond pas aux temps des responsables politiques ; l’absence évidente et dramatique de gouvernance européenne a  donc contraint les gouvernements à programmer une réunion les 17 et 18 octobre pour envisager une plus forte intégration économique et financière. Cette réunion pourrait proposer une nouvelle réforme du traité européen pour le début 2012. Il s’agirait notamment de donner davantage de pouvoirs à l’Eurogroup et de le doter d’un président permanent ; C Herman Van Rompuy, président du conseil européen, est chargé de préparer cette réforme ;  l’Eurogroup, placé sous la coupe des ministres des finances,  se transformerait en institution officielle et permanente disposant dune superstructure administrative spécifique. Cette nouvelle structure n’est pas du goût de la commission qui aurait préféré que ce soit le commissaire aux affaires économique qui préside ce nouvel Eurogroup. Au-delà des questions de préséance, se posent des problèmes de fond sur la nature et l’intensité de l’intégration économique et financière de l’Europe. Une plus grande discipline budgétaire imposée par l’Eurogroup suppose en effet un abandon de souveraineté des Etats, d’où la nécessité de reformer le traité européen et les institutions internes aux Etats. La perspective des euro-obligations va figurer en bonne place dans l’ordre de cette réunion. Schématiquement, il s’agit d’accepter une mutualisation partielle ou totale des dettes contre la rigueur budgétaire ; C’est-à-dire une vraie intégration monétaire avec son corollaire, l’intégration budgétaire. En clair, c’st un dessaisissement au moins partiel des responsabilités nationales sur les budgets au profit de la nouvelle autorité européenne. Une autorité européenne chargée d’une part dévaluer la crédibilité économique de chaque budget national et de prendre des sanctions en cas de dérives. Ce serait évidemment un pas considérable dans la voie de l’intégration qui va demander une réforme du traité européen.  Un aspect juridique qui peut prendre du temps et dont la durée va dépendre aussi du niveau d’intégration. Ce pourrait aussi être l’occasion de faire le ménages à l’intérieur de la zone euro en éliminant de fait les pays qui ne soumettent pas à la règle commune (la première sera sans doute d’accepter la règle d’or et de fonder sur ce principe des prévisions budgétaires crédibles). Le premier ménage pourrait intervenir lors de l’adoption du nouveau traité avec l’éviction des pays dont les parlements refusent les novelles dispositions. (bref un zone euro plus réduite). Cette réforme  passera aussi par  une plus grande intégration fiscale ; actuellement  les différences sont notoires entre les membres de l’union économique et les opinions publiques sont actuellement assez hostiles à plus de solidarité et de cohérence au plan européen. Il y a cependant un davantage politique aux transferts de compétences nationales vers l’Europe, les responsables des Etats pourront reporter la responsabilité de la rigueur sur Bruxelles et utiliser ainsi le parapluie européen pour imposer une austérité qu’ils sont incapables d’assumer seuls pour des motifs électoraux. Il y aura vraisemblablement de fortes réactions négatives à l’abandon de souveraineté des Etats mais finalement l’ampleur de la crise peut imposer maintenant ce qui était encore impensables il y a quelques mois, voire quelques semaines. 

Pourquoi les banques françaises sont-elles menacées ?

Pourquoi les banques françaises sont-elles menacées ? 

Les banques françaises paraissent fragilisées du fait de leur engagement en Grèce mais ces banques sont exposées sur deux aspects. D’abord elles détiennent des obligations grecques dont la valeur est déjà dépréciée suite à l’accord européen du 21 juillet et qui le sera davantage en cas de défaut grec. Ensuite, elles disposent de filiales en Grèce qui sont encore plus exposées du fait des prêts consentis aux entreprises grecques, entreprises dont beaucoup feront faillite en cas de défaut de l’Etat grec  Les trois gros établissements bancaires français affirment avoir provisionné les décotes possibles et qu’elles disposent des fonds propres nécessaires sans qu’il soit utile de faire appel à une recapitalisation. C’est sans doute vrai pour la Grèce qui reste uen petit pays mais qu’en est-il des autres engagements de ces banques dans les autres pays méditerranéens également menacés. Rien que sur l’Italie, la seule BNP détient 24 milliards de dettes obligataires, l’engagement de nos banques (et des autres banques européennes) est autrement important sur des pays comme l’Espagne ou l’Italie. Si ces pays devaient eux aussi être menacés de défaut, les fonds propres des banques n’y résisteraient pas ; Il faudrait alors recapitaliser dans l’urgence.  Plusieurs hypothèses sont alors envisagées, soit une recapitalisation en faisant appel aux capitaux privés, c’est possible car à terme les profits pourraient être substantiels pour les nouveaux actionnaires. Deuxième possibilité, une entrée partielle de fonds publics dans le capital, une opération qui pourrait aussi être juteuse avec la probable remontée des profits et des cours. Dernière hypothèse : la nationalisation. C’est une possibilité pour les établissements en très grande difficulté car i faudra au moins garantir les dépôts. Une nationalisation qui pourrait être temporaire en attendant la réforme visant à séparer les activités de dépôt des activités d’investissement. Une réforme dont l’étude est sérieusement engagée en Grande Bretagne et qui nécessairement devra aussi être réalisée dans d’autres pays.  Dernière menace la crise de liquidité. Face aux risques de faillite, le marché interbancaire se rétrécit. Les banques préfèrent prêter à la BCE à des taux peu intéressants plutôt qu’à leur concurrentes dont elles craignent la faillite. Lundi le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet a tenté de rassurer  précisant : « Nous sommes prêts à fournir aux banques les liquidités demandées » en « quantité illimitée » et à « taux fixe » pour la zone euro. Malheureusement les discours de Trichet comme ceux des autres responsables internationaux ont perdu beaucoup de crédibilité ces derniers temps. A cet égard, La dernière réunion du G7 semble ne pas avoir rassuré les marchés. La déclaration, qui n’était pas prévue au départ, se limite à des généralités, voire des banalités, et n’apporte aucun éclairage sur les réponses des responsables monétaires et financiers à la crise. Cette dégradation ne surprendrait pas même les banques concernées : «Dans la mesure où cela fait trois mois que Moody’s a mis les banques sous surveillance, ce ne serait pas une surprise que l’agence prenne une décision», remarque l’une de ces banques, observant que «c’est la dernière agence qui ne nous a pas encore dégradés». Moody’s attribue actuellement Aa1 la dette senior de Crédit Agricole SA et Aa2 celles de BNP Paribas et de Société Générale. L’agence de notation américaine abaisserait d’un cran les notes de BNP Paribas et de Crédit Agricole et de deux crans celle de la Société Générale. Deux raisons à cela, évidemment les conséquences de la crise grecque vis-à-vis de laquelle les banques françaises sont très exposées ; une exposition qui s’élève à 4 milliards d’euros pour BNP Paribas, 1,6 milliard pour Société Générale et 320 millions d’euros pour Crédit Agricole ; Même si elles ont appliqué une décote de 21% sur cette dette, les trois banques ont donc  environ six milliards d’euros de dette souveraine grecque.  La deuxième raison découle de  la dévaluation de leurs cours en bourse  depuis  début septembre. Les autres banques européennes subissent également de lourdes pertes. C’est d’ailleurs pourquoi la dégradation pourrait affecter d’autres établissements financiers situés hors de France. JC Trichet a vainement essayé de rassurer les marchés notamment lors du dernier G7 : «Dans tous les cas, la BCE est favorable à ce que les établissements bancaires européens se recapitalisent, soit en mettant leurs profits de côté, soit en faisant appel aux marchés, soit en ayant recours au gouvernement. Une déclaration en fait qui n’est guère rassurante puisqu’elle envisage la recapitalisation, c’est-à-dire qu’elle acte en clair l’insuffisance de fonds propres pour faire face aux risques actuels. C’est ce qu’avaient déjà dit C .Lagarde, directrice du FMI, en avançant un besoin de 200 milliards de recapitalisation pour les banques européennes. Elle s’est un peu ravisée depuis en indiquant que ce chiffre était une ébauche. Pour l’immédiat, officiellement personne n’envisage le défaut grec, mais officieusement, on y pense notamment en Allemagne, aux Pays Bas et aussi en Finlande. Finalement le défaut grec arrangerait beaucoup de monde sauf les détenteurs d’obligations évidemment. Cela éviterait aux pays contributeurs de continuer à payer pour un plan qui finalement ne pourra être appliqué et coûtera donc très cher ; surtout à un moment où on assiste à une raréfaction des ressources fiscales du fait du ralentissement économique. Certains pensent que l’entêtement à sauver la Grèce conduit inévitablement à soutenir ensuite d’autres pays en difficultés financière comme l’Italie. C’est d’ailleurs une opinion exprimée publiquement par certains responsables allemands. La crise obligataire débouche inévitablement sur une crise financière. La fragilité du système bancaire européen est telle qu’on n’hésite plus maintenant à parler de nouvelles nationalisations de certaines banques. (Voir article). Après les déclarations insignifiantes tant du G7 que de la BCE ou de la FED de ces derniers jours, les marchés demeurent donc dans l’expectative.  

Déficit public français : carton jaune de la part de l’Europe

Déficit public français : carton jaune de la part de l’Europe   

 D’après le rapport annuel sur les finances publiques des Etats membres de l’UE, le ratio de la dette publique par rapport au PIB européen devrait continuer de grimper pour atteindre 83,3% en 2012, soit 20 points de PIB de plus qu’en 2007, lorsque la crise a débuté. La France dépasse cette moyenne européenne avec 23 points en plus en 5 ans. Bruxelles estime que les prévisions françaises ne sont pas réalistes notamment en ce qui concerne les prévisions de croissance. La France s’est engagée auprès de la Commission à faire repasser son déficit sous la barre des 3% de PIB, fixée par le Pacte de stabilité. La commission de Bruxelles estime que l’engagement de la France auprès des autorités européennes de faire passer ce déficit sous la barre des 3% du PIB en 2013 ne pourra pas être tenu. Ou alors il faudrait davantage d’austérité notamment en ce qui concerne le système fiscal et les retraites, des retraites dont la pérennité ne paraît pas crédible actuellement. La commission souligne aussi le poids des charges sociales qui pèsent sur la compétitivité. Bref, Bruxelles adresse un carton jaune à la gestion des finances publiques de la France. Le prochain carton pourrait être de couleur rouge mais adressé cette fois par les marchés qui ne sont pas dupes des effets de manche des  responsables politiques sur la rigueur.  Ce qui inquiète surtout, c’est le déficit primaire, c’est-à-dire le déficit non compris la dette ; Un déficit qui pourrait être proche de 3.2% fin 2011 pour 1.6% aux Pays-Bas, 1% en Autriche. A l’inverse, il n’y aura pas de déficit primaire pour l’Allemagne. Mais le Royaume Uni présente un déficit primaire encore plus important que la France environ 6% en 2011. Le trou dans les finances publiques s’était  creusé à 148,8 milliards d’euros en 2010, contre 138 milliards l’année précédente.  Le chiffre était historique. Cela représente un peu moins de 7,7% du produit intérieur brut (PIB). Le budget français a été victime d’un effet de ciseau imputable aux réminiscences de la crise : les dépenses ont augmenté et les recettes n’ont pas recouvert leur niveau d’avant 2009. Les dépenses, notamment liées au «grand emprunt» et aux systèmes de protection sociale, ont quant à elles augmenté de 15,9%, atteignant 452,7 milliards d’euros en 2010, contre 367,1 milliards l’année d’avant. En cause, les dépenses de protection sociale, liées à la progression du chômage. Le Royaume Uni, puis la France pourraient donc être visées et voir leur note AAA dégradée. De quoi alimenter la spéculation et la crise obligataire mais aussi boursière et plus largement financière. Si comme probable, la croissance se tasse, il faut donc s’attendre à un nouveau record de déficit en 2011. 

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